Elle vend du sexe et « c’est Dieu qui l’a voulu »

Elle vend du sexe et « c’est Dieu qui l’a voulu »

Le plus vieux métier du monde élit, de plus en plus, domicile à Dakar. Un tour dans quelques coins et recoins de la capitale sénégalaise dans la nuit vous donne l’impression d’être perdu tant la journée les gens sont religieux mais la nuit « tous les chats sont gris ».

J’ai plusieurs fois entendu parler de ce coin de Dakar où le sexe se vend la nuit. Alors j’ai décidé une nuit d’y faire un tour pour savoir réellement ce qui s’y passe. Il est environ minuit lorsque j’arrive sur les lieux. Alors que les uns se pressent pour rentrer chez eux, d’autres viennent juste de commencer leur activité. Sur un grand carrefour, des taxis, une dizaine, sont immobilisés, des filles qui n’ont pas besoin de décliner leur identité inondent l’endroit. Mini jupe, pantalon moulant, bref tout ce qui peut exciter un homme est au rendez-vous.Les clients aussi ne manquent pas. Seul hic, le service semble onéreux. Alors que j’observais il y a, en effet, un jeune client qui s’est approché de moi et a engagé la conversation. Il me dit « affaire bi daffa cher » (comme pour dire ça coûte cher). Une fille lui aurait demandé 10 000 F CFA pour la passe soit un peu plus de 10 euros.

Les taxis de la prostitution

Difficile de décrocher une d’entre elle sans se mettre dans la peau d’un client. Et bien j’ai tenté le coup. Je croise alors une fille bien roulée qui ne laisse personne insensible. Elle m’explique, en me prenant bien sûr pour un désireux, que la passe coûte 10 000 F CFA si le client ne veut pas aller dans un hôtel, dans ce cas elle le conduit chez elle. Cette somme inclue les frais de transport aller  et retour dans un taxi. Les taxis qui sont immobilisés sont donc leurs partenaires de travail qui attendent aussi des clients. Ils se chargent de transporter les prostituées et reçoivent en contrepartie un pourcentage sur la somme qu’elles encaissent. Elle continue son explication : « les hôtels coutent entre 7000 et 10 000 F CFA, ce qui fait environ 20 000 F pour un client qui souhaiterait satisfaire sa libido à l’hôtel.

Argent ou désir sexuel ?

Pourquoi cette fille est-elle une prostituée ? C’est la question qui m’est passée dans la tête et que je lui ai demandée après avoir hésité longtemps. Elle hésite et me demande pourquoi cela m’intéresse. « Rien, juste pour le plaisir de le savoir. En tout cas tu ne donne pas l’ère d’une personne qui fait ça pour l’argent ». Elle me répond : «c’est Dieu ». Comment ça Dieu ? « J’ai le loyer à payer qui coûte 125 000 F (environ 200 euros). J’ai des frères en Europe qui me m’envolent de l’argent mais cela ne couvre que les frais du loyer. Je dois pourtant satisfaire mes autres besoins comme les habilles et produits pour filles »

Finalement j’ai compris qu’elle est dans ce métier pas parce qu’elle est pauvre, puisque c’est l’une des raisons qu’on donne souvent, mais parce qu’elle a plus d’ambition que ces moyens. Elle a loué, en effet, selon ce qu’elle m’a dit, un appartement dans un quartier résidentiel de Dakar où le loyer coûte excessivement cher alors qu’elle aurait pu se trouver un logement deux ou trois fois moins cher que ce qu’elle occupe et utiliser le reste de l’argent que ses frère lui envoient pour ses autres besoins. Mais elle a choisi la facilité et c’est « Dieu qui l’a voulu ».

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