Régler la question des discriminations par en bas

Régler la question des discriminations par en bas

Comment régler la question de la lutte contre les discriminations? Institutions, associations, politiques, beaucoup sont ceux à se pencher régulièrement sur cette question. A Evry, c’est une association locale de jeunes, Réagir, qui a souhaité traiter la question en organisant une journée de ciné-conférence, le 21 octobre dernier.

Préjugé, prénotion ou a priori, nous avons tous nos impressions sur les personnes que nous rencontrons. Petits, grands, gros, noirs, handicapés, musulmans, femmes : pour toutes ces motifs, et d’autres encore, chacun peut être victime d’un ou plusieurs de ces critères qui va l’écarter par rapport à quelqu’un d’autre. Que cela soit pour obtenir un emploi, ou encore un logement. Mais pénaliser quelqu’un en raison de critères non objectifs est préjudiciable. En France, c’est un délit, il s’agit d’une discrimination.

Depuis 2005, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) est chargée de mettre en place des dispositifs nationaux et de répondre aux victimes des discriminations. Parallèlement, des collectivités se dotent de délégations et de services « égalité des droits – lutte contre les discriminations ». Elles financent des programmes locaux, visant à la sensibilisations du grand public. Sur le terrain, de multiples acteurs tentent au quotidien de travailler pour un meilleur vivre ensemble et une compréhension mutuelle. Ce sont les éducateurs, les travailleurs sociaux, mais également les militants associatifs, au coeur des quartiers.

Dans cette optique, c’est à Evry, au théâtre de l’Agora, scène nationale, que l’association Réagir invitait, le 21 octobre dernier, plusieurs professionnels, associatifs et personnalités à venir discuter d’une nouvelle manière d’étudier la question des discriminations. Autour de la diffusion de films français et québécois, il s’agissait d’échanger d’une manière singulière, en se servant des exemples fournis par ces formats vidéos.

Trop peu d’initiatives sur les questions de discriminations émanent directement des personnes concernées, dans les quartiers. Là où on souffre de son patronyme, de son origine sociale ou géographique, de ses caractéristiques ethniques. Si il faut saluer ce genre de journée, nous pouvons déplorer qu’elles restent trop peu nombreuses et marginales. Du côté des pouvoirs publics, la tendance ne semble pas aller vers une confiance de ces acteurs de terrain, soupçonnés bien souvent de manque de sérieux dans ce qui est mis en place. Le choix se porte plus vers de grosses structures nationales, abonnées aux débats télévisuels, mais en réalité éloignées des problèmes concrets que vivent les gens au jour le jour.

Ce constat ne peut que continuer à creuser le fossé qui existe entre deux France. Celle qui a le droit de citer, y compris sur les questions liées aux quartiers. De l’autre, une France silencieuse, qui ne trouve pas le moyen de prendre la parole. Ce décalage peut s’expliquer par le manque d’interlocuteurs rencontrés dans les quartiers. Mais le rôle des institutions n’est-il pas justement de tout faire pour entendre les urgences qui s’expriment chez les plus fragiles socialement? Car tant que certains français se sentiront appartenir à cette seconde zone, la société ne pourra pas avancer convenablement.

Tout comme l’association Réagir, c’est peut-être directement dans les quartiers, auprès des acteurs de terrain, qui vivent au jour le jour ces problématiques, que les réponses peuvent être trouvées. Sans solution miracle, mais par un travail au quotidien, les pouvoirs publics pourraient faire d’avantage confiance aux initiatives par le bas.

Un rendu succin de cette initiative est disponible ici

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