Petite socologie des « call box » camerounaises

Petite socologie des « call box » camerounaises

Cette activité est née suite à l’explosion du téléphone portable au Cameroun. Elle génère des revenus qui aident de nombreuses familles au Cameroun.

On ne peut plus envisager à Douala, les rues sans call-box. Car ils sont devenus incontournable pour communiquer avec des proches. Cette activité génératrice de revenus est née à cause de l’explosion du téléphone portable dans notre pays.

On distingue plusieurs acteurs dans la filière « call-box ». Nous avons ceux qui sont autonomes, installés à leur propre comptes et d’autres qui sont salariés. Les premiers sont ceux qu’on appelle les distributeurs de crédits. Ils sont partenaires avec les compagnies de téléphonie. « Il faut déposer une caution pour être partenaire Orange ou MTN » affirme Péguy G distributrice de crédits. Une fois la caution déposée, à votre tour vous devenez une petite entreprise de téléphonie, avec vos abonnés. Précisions importante, les prix sont librement fixés.

Les patrons, pour atteindre leur objectif, recrutent des commerciaux qui se chargent de ravitailler les sous partenaires ou les employés. Ils sont rémunérés au prorata du chiffre d’affaire réalisé chaque mois.  Péguy G révèle que le pourcentage de commission est de 2% du revenu total.

Le milieu du call-box a connu de nombreuses mutations. En 2005 le prix de l’impulsion variait entre 150 FCFA et 200 FCFA voire 300 FCFA par endroit ; mais aujourd’hui le prix de l’impulsion varie entre 50 et 75 FCFA selon que vous appeler un numéro Orange ou un numéro MTN et surtout en fonction de la concurrence. L’impulsion est de 0 a 59 s. Viviane LEBOU call boxeuse chevronnée, nous affirme que les operateurs de téléphonie leur facture l’impulsion à 75 F les 30 premières secondes et ajoute à  la facturation 25 F tout les 10s supplémentaires. Pour elle, le gain intervient seulement à fin du mois lorsqu’on fait les comptes. Disons que chaque mois ce sont les patrons qui se taillent la part du lion alors que leurs employés sont payés 25000 FCFA dans le meilleur des cas. Caroline qui est autonome, nous avoue qu’elle réalise un bénéfice journalier d’environ 2000 F soit un plus de 60.000 FCFA chaque mois et qu’elle s’en sort sans trop grande difficulté. Notons que le profit majeur se fait lors du transfert de crédit.

Le transfert de crédit a remplacé les cartes de crédits. « Si tu prends les cartes ça va caler dans tes mains tu vas faire comment ? » nous dit Caroline. Raison pour laquelle la majorité des call-boxeurs(es) ont opté pour le crédit transférable afin de pallier le problème de cartes de recharge. On parle d’EVD pour MTN et carte électronique pour Orange. Rares sont ceux qui en vendent encore, et surtout difficile à trouver les clients qui en demandent. La seule carte encore prisée c’est la carte de recharge Orange de 1000 F utilisée pour débloquer sa ligne en cas de coupure.

En près de 10ans d’existence, le métier a beaucoup évolué. Au départ les call-boxeurs confinés dans les boxes, attendaient patiemment que le client vient à eux. Mais aujourd’hui vous pouvez les voir assis sous un parasol dans des endroits impossible à imaginer. Et pour joindre les deux bouts, ils vendent également d’autres produits tels que les cigarettes, les bonbons, les arachides, les caramels, les biscuits et bien d’autres. Plus étonnant, il existe désormais des call-boxeurs ambulants. C’est une véritable « drague ». Téléphones en main et les différents prix épinglés sur le corps, ces hommes et femmes vous accostent dès que vous pénétrez leur giron. Ils investissent très souvent les stations à essences et les agences de voyage.

Le call-box est un métier ouvert à tous. Premièrement abandonné aux femmes, aujourd’hui ce métier accueille une population non négligeable d’hommes. Il peut être saisonnier, à temps partiel ou même à plein temps tout dépend de chacun. « Il faut la persévérance pour réussir dans ce métier » nous déclare Viviane LEBOU ce que tout le monde dans le métier partage. Car les call-boxeurs sont souvent victime de vol ou de confusion de numéro ce qui engendre des pertes parfois énormes. Toutefois quand les bénéfices sont rondement gérés, la fin du mois est un pur bonheur pour les ménages concernés.

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