Ces politiciens qui changent de camp comme de vêtements

Ces politiciens qui changent de camp comme de vêtements

Le mercredi 13 octobre 2010, lors du journal de 20h de la RTS (Radiodiffusion Télévision du Sénégal), un groupe de responsables du Parti Socialiste a rejoint officiellement les rangs du Parti Démocratique Sénégalais. Devant le Président de la République, les nouveaux adhérents ont déposé symboliquement leurs anciennes cartes membre du PS sur la table où était assis le Président Wade. La retransmission de cet événement participe à la bataille psychologique que se livrent le parti présidentiel et l’opposition en vue des élections présidentielles de 2012. Tout le monde au Sénégal sait que la campagne a déjà débuté car, il ne se passe pas un jour sans que la RTS ne diffuse dans son journal des messages ou des rassemblements de partisans visant à soutenir la candidature du Président Wade.

Mais ce qui nous intéresse dans tous ces agissements, c’est un phénomène que l’on a vu se multiplier depuis l’avènement de l’alternance : la transhumance. Ce mot utilisé en élevage pour désigner la  migration saisonnière d’un troupeau de bête, est désormais employé par les Sénégalais pour qualifier les va-et-vient incessants des politiciens. Bon nombre de personne ont bénéficié de ce phénomène qui est devenu une sorte de mode, voire même une coutume dans l’arène politique sénégalaise. Parmi les plus célèbres, l’on peut donner à titre d’exemple l’actuel ministre de l’intérieur Ousmane Ngom qui, alors que le PDS était encore dans l’opposition, avait rejoint les rangs du PS et une fois le PDS au pouvoir, il est revenu comme si de rien n’était. Autres exemples avec l’ex Premier Ministre, Idrissa Seck qui a quitté le parti libéral après l’Affaire des chantiers de Thiès (ville où il est le Maire), formant même son parti, Réwmi (Le pays) et qui s’est réconcilié il y a quelques mois de cela  avec son « père spirituel ».  Un autre ex Premier Ministre, Macky Sall a rejoint l’opposition après avoir été démis de ses fonctions. Il a lui aussi crée son parti, l’APR (Alliance Pour la République).

Et les Sénégalais dans tout çà ? Comme la majeure partie des africains, ils sont spectateurs de tout ce grand manège. Soucieux d’un lendemain meilleur et d’un avenir prometteur, ils sont écartelés entre les promesses faites par les uns et les autres. S’ils sont désireux du changement, ils ont aussi peur de l’inconnu. Finalement, ils se retrouvent entre le marteau et l’enclume car les politiciens sortent toujours vainqueurs. Même s’ils perdent une élection, rien ne les empêchent de retourner leur veste comme ils ont l’habitude de le faire.

À propos de l'auteur

Ameth DIA

Blogueur sénégalais, ancien Sanaarois, passionné de jeux vidéo (particulièrement de MMORPG), de Naruto, grand fan de Sexion d'assaut et supporter de l'équipe de France de football.

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