Souvenir d’une Afrique unie

Souvenir d’une Afrique unie

Il était une fois à Castor, un quartier de Dakar, où de pauvres gens donnaient un bon exemple des États-Unis d’Afrique aux dirigeants africains. Plusieurs nationalités se côtoyaient dans la pauvreté sans considération d’origine. Hélas ! Ces gens ont été dispersés par une mesure du gouvernement sénégalais qui n’a duré que le temps de son annonce.

Si les dirigeants Africains tergiversent encore sur la question des États Unis d’Afrique, ce n’était pas le cas chez certains groupes de personnes qui avaient déjà donné le ton. Oui ! Ce concept se construisait petit à petit hors du champ politique. Il suffisait de faire un tour à Castor pour s’en rendre compte. Sur les lieux se côtoyaient des personnes démunies en quête de moyens de subsistance. Elles vivaient en entente sur le même territoire, dans la même souffrance, malgré leur différence.

Une fois sur place, on ne pouvait que se réjouir de l’intégration africaine qui s’y était installée même si c’était dans des conditions déplorables. Des familles entières (père, mère et enfants) étaient assises en plein carrefour. Elles mangeaient sur place, en pleine rue, comme ils l’auraient fait chez eux.

Mais au-delà de cette pauvreté, ces personnes avaient, peut être, réussi, sans s’en rendre compte, l’intégration  africaine. Là où nos dirigeants ont échoué ou n’arrivent pas encore à trouver un consensus pour des raisons personnelles. Elles avaient bâti les Etats Unis d’Afrique (du moins elles vivaient ensemble) sans aucune considération de frontière.

Elles étaient Maliennes, Nigériennes, Gambiennes, Burkinabés, Guinéennes, Sénégalaises, bref plusieurs nationalités africaines s’y côtoyaient. Toutes à la recherche de la pitance. C’est du moins ce qu’un jeune malien, un habitué du coin,  m’avait confié. Ce dernier n’avait pas voulu en dire plus parce qu’il disait ne pas vouloir, seul, parler de la situation d’un groupe de personnes qui auraient pu penser qu’il les avait trahi. En effet, un d’entre eux avait une fois parlé à un journal de la place et cela avait été mal interprété par les autres. Depuis, la décision de ne plus parler aux médias sans le consentement des autres avait été prise. Quelle entente ! Cela supposait qu’aucun d’entre eux ne peut parler, même à son nom propre, sans l’aval des autres. Cela supposait aussi qu’il fallait un porte-parole pour parler de leur situation. Une seule voix donc pour tous les autres. Et si l’Afrique s’en inspirait?

N’est-ce pas l’image même qu’offre l’Afrique ? Des pays sous-développés dans un même continent et tous ont un même objectif : sortir du sous-développement. Sauf que dans ce cas précis, il n’y a pas d’entente pour supprimer les frontières et bâtir les Etats Unis d’Afrique : un seul Etat, une seule population, un seul drapeau, une seule monnaie, un seul chef d’Etat et une seule voix, comme les mendiants, pour représenter l’Afrique partout où besoin sera. Et si les chefs d’Etats africains suivaient cette voie ?

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