Les Pépites de Mondoblog : la Blogosphère à Dakar (suite et fin)

Si une majorité des blogueurs présents à Dakar pour la formation Mondoblog trépignait d’impatience de dévoiler son ressenti de la dizaine de jours passés dans la capitale sénégalaise, une autre partie, non moins importante, a préféré prendre un certain recul, afin de mettre un peu d’ordre dans ses émotions. Question, on l’imagine, de faire un compte-rendu à tête reposée. En fin de compte, on remarque que, tout comme les premiers blogueurs à avoir évoqué la formation, ceux qui ont attendu un peu plus longtemps ont eux aussi vécu une expérience qui leur a beaucoup appris sur l’autre, mais aussi sur eux-mêmes.

Le premier à qui le voyage de Dakar a fait découvrir de nouvelles facettes de sa propre personnalité fut Willy Fonkam, qui a rédigé un article dans lequel il liste les quatre choses qu’il apprises sur lui-même et  les camerounais lors de la formation. Son compatriote Florian Kaptue a de son côté relevé les exceptions dakaroises, qui consistaient essentiellement aux petites différences qu’il a trouvées entre ce pays et le sien.  Andriamialy, après son séjour en terre sénégalaise, pose un regard rétrospectif sur Dakar, le quartier d’Antananarivo dans lequel il a grandi. Un quartier insalubre et défavorisé, qui en fin de compte, a très peu de points communs  avec la capitale du Sénégal. Pour la blogueuse Togolaise Djifa Nami, découvrir cette ville d’Afrique de l’ouest a été une véritable renaissance. Elle révèle que de prime abord, elle nourrissait quelques appréhensions quant à ce voyage, lequel s’est finalement avéré être une dizaine de jours magiques, entre ateliers de formation, découvertes de personnes provenant d’un peu partout dans le monde et découverte de la ville. Elle a en outre profité pour féliciter l’équipe organisatrice de la formation pour son excellent travail de coordination.

Worlgenson Noël évoque « l’autre expérience » de cette formation en revenant lui aussi sur les opportunités de rencontres et d’échanges interculturels qu’elle a permis. Il note tout de même que les consignes sécuritaires sous la houlette desquelles le séjour à Dakar était placé (conséquemment aux attentats terroristes de novembre à Paris, puis à Bamako), quoique nécessaires, ont quelque peu amoindri le plaisir qu’aurait été ce séjour. Pour Wébert Charles, ce voyage a été l’occasion de faire un peu de tourisme et ses pérégrinations l’ont mené au musée Leopold Sédar Senghor. L’ambition qu’il nourrissait étant celle de découvrir ce que lisait l’homme d’Etat et écrivain. Il a consulté ses livres et a remarqué qu’ils tournaient autour de trois grands thèmes : l’universalisme, le pacifisme et l’africanisme.

Il y a des blogueurs pour qui le voyage en terre sénégalaise a été une réelle course d’obstacles. La plus malchanceuse de tous fut la Guinéenne Dieretou Diallo dont le voyage a débuté par les réflexions racistes d’un douanier, a continué par l’oubli de son bagage par la compagnie aérienne qu’elle avait emprunté pour rallier Dakar et a abouti sur la perte de ses pièces personnelles quelque part à Dakar. Malgré tout cela, elle avoue que son séjour dans le pays de la Téranga a été une belle expérience humaine, exquise et inoubliable. Pour la Mauricienne Carole, Dakar a surtout été un gavage au riz, préparé sous des formes aussi diverses que variées. Elle évoque aussi le long séjour qu’elle a passé dans les airs pour partir de sa petite île de l’océan Indien pour Dakar. Un voyage dans les airs qui n’a pas été de tout repos pour Habibou Assoumane, lequel partant de Niamey au Niger, a découvert qu’il était sujet au mal de l’air. La dernière soirée dakaroise du Togolais Gilbert Lowossou n’a pas été de tout repos, puisqu’elle a viré à l’épouvante quand un autre blogueur et lui sont tombés sur ce qui s’apparentait à une cérémonie traditionnelle et que des danseurs masqués se sont soudain mis à poursuivre tout le monde avec des machettes.

Cette rencontre de Dakar a soulevé dans l’esprit de Roger Mawulolo des questionnements sur le rôle des blogueurs l’a poussé à s’interroger sur les divers degrés d’engagement de ceux-ci. Il en est finalement arrivé à une catégorisation, en mettant d’un côté les blogueurs thermomètres et de l’autre les blogueurs thermostats. On terminera sur une note légère, en évoquant les différentes étapes du parcours de la bière que quelques blogueurs invétérés ont si assidûment suivi. Un parcours qui a été dévoilé par le même Roger Mawulolo.

Focus sur « Les mots d’Emma »

Le blog « Les Mots d’Emma » est tenu par Emma Lucien, une jeune blogueuse qui vit à Port-au- Prince, la capitale haïtienne. Sur cet espace, la jeune femme dépeint un quotidien où prédominent une extrême pauvreté et une très grande précarité (la république d’Haïti figure dans le peloton de tête des pays les plus pauvres du monde). Elle y raconte le combat des jeunes pour s’en sortir, dans un pays encore visiblement marqué par la double dictature des Duvalier et toujours traumatisé par le terrible tremblement de terre de janvier 2010. Féministe assumée, Emma publie aussi sur son blog des billets acerbes décriant l’absence de liberté des femmes, le regard que la société haïtienne pose sur elles. Un regard essentiellement  teinté de manque de considération, de violence et souvent de déshumanisation. Emma aborde sur son blog de sujets graves mais en usant d’une très belle plume, qui sait se faire à la fois chatoyante et piquante. Emma se sert de ses mots pour parler du difficile quotidien des haïtiens, mais aussi de l’espoir d’un avenir meilleur pour son pays qui, malgré tout, subsiste en elle.

1 Commentaire

  1. Super article qui résume presque bien les choses et le vécu de tout un chacun! Je dis « presque » car dans mon cas, je trouve que le mot « gavage » au riz est un peu fort, car j’ai beaucoup apprécié le tiep et je n’ai pas eu la sensation d’en être gavée 🙂 Il n’est pas encore trop tard pour le dire : bonne année 2016!

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