Crédit:

Michelle Ymele : « Derrière les camions de bananes plantains, vous les verrez à pas de course ! »

Au Cameroun, on appelle « Bayam-Selam » ces femmes qui achètent des vivres et approvisionnent les marchés. Dans ce Mondoblog audio, la blogueuse camerounaise Michelle Ymele nous explique ce que font ces revendeuses qui font vivre les marchés du pays !

« Debout à la première lueur du jour, elles n’ont qu’un seul objectif : trouver la meilleure marchandise. », explique la Mondoblogueuse. « Derrière les camions de bananes plantains, vous les verrez à pas de course ! » Pendant que beaucoup sont encore en train de dormir, de nombreuses femmes cherchent des vivres toute la nuit dans les marchés d’approvisionnement. Elles sont appelées « Bayam-Selam », ou « Acheter et vendre » en pidgin. Parcourant des kilomètres pour rejoindre les zones reculées, comme la brousse ou les grands marchés de déchargement, elles achètent des aliments qu’elles vendent par la suite dans les marchés locaux.

 

© Iwaria

Mondoblog audio – Michelle Ymele sur les Bayam Selam

Si vous souhaitez écouter le Mondoblog audio, redirigez-vous vers le lien ci-dessous :

Les mamelles nourricières du pays

Si le chiffre exact de Bayam Selam n’est pas connu, d’après la présidente fondatrice de l’Association des Bayam Selam du Cameroun (ASBY), Marie Biloa Mbala, elles sont estimées à des millions de personnes sur l’étendue du territoire national. « La profession est ouverte à tout le monde, n’importe qui peut-être Bayam Selam, surtout qu’on n’a pas besoin de rédiger des tonnes de lettres pour être recrutée dans le métier », souligne avec humour Marie Mbala Biloa, lorsque Michelle Ymele lui demande qui peut être Bayam Selam.

Sur les marchés, elles sont facilement reconnaissables. La Mondoblogueuse nous décrit une « posture de guerrière » et un « vestimentaire typique ». En plus d’un chapeau tissé en paille et de longues chaussettes, elles arborent au-dessus de leur pantalon une robe en tissu ample qui couvre tout le corps, appelée « Kaba ». Malheureusement, « ce style vestimentaire leur a créé une fâcheuse réputation », regrette Michelle Ymele. Elles seraient qualifiées « de femmes sales, qui ne se lavent pas, qui ne peuvent pas se marier, qui s’adressent mal aux clients », explique la Mondoblogueuse. Michelle Ymele évoque aussi les propos de la présidente de l’ASBY, qui s’alarme des risques de viols ou des soupçons d’infidélité auxquels font face les Bayam Selam.

L’ASBY, l’association qui agit « pour le petit peuple »

Pour « briser les barrières, faire taire les préjugés et redorer l’image de la femme Bayam Selam », Marie Mbala Biloa va fonder l’ASBY en 2004. « J’étais Bayam-Selam, aujourd’hui Dieu m’a appelé pour que je les accompagne. Tout ce que nous faisons c’est pour le petit peuple », explique celle qui se définit comme « porte-parole des sans-voix ». Avec près de 3 millions de membres à travers le Cameroun et plusieurs antennes sur le continent, l’ASBY vise à renforcer les capacités des Bayam Selam, notamment en les formant à la gestion des financements, à la sécurité sanitaire et à l’accueil des clients.

« Découvrez Asby, l’association camerounaise des Bayam Selam » – France 24

Caroline Renaux

Étiquettes
Partagez

Auteur·e

caroline

Commentaires