Bah, elle n’existe pas, votre Afrique-là

Crédit image: blog.slateafrique.com

Ce samedi, j’ai rendu visite à un bébé. Un bébé spécial. L’un de ces malheureux enfants-là qui perdent une très grande partie d’eux avant de naître. Un bébé né des mois après la mort de son père tué à la guerre, ou ce qu’on peut appeler ainsi pour faire honneur à sa mémoire. Parce que le père, absent éternel, n’avait pas été tué à la guerre, comme il ne combattait pas, mais dans une attaque de barbares drogués, prétendant réclamer une indépendance qu’ils ne méritent pas, eux qui sont d’éternels prisonniers de la haine et de la barbarie.

Je revois ce matin de janvier 2012, où arrivant à l’école, je butai sur un grand attroupement aussi bruyant que consterné. Une étudiante venait d’être transférée, en coma, vers un centre hospitalier. Elle venait d’apprendre, par un site internet, la mort de son mari exécuté, avec un grand nombre de militaires maliens, dans une attaque d’un camp militaire au Nord du Mali par les rebelles touaregs. Elle était enceinte du défunt. Pour la jeune fille de vingt-deux ans qu’elle était, apprendre la mort de son mari qu’elle venait d’épouser, et dont elle portait la grossesse, était déjà un très grand cauchemar, mais l’apprendre juste par hasard, sur un site internet où elle s’était connecté pour avoir des informations de son pays… son cœur avait presque lâché.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *