Les ors barock n’roll de Dresde
Dresde n’est qu’à deux heures de train de Berlin et offre mille possibilités de balades, de découvertes culturelles et de soirées agitées du bocal.
La musique résonne dans ses oreilles. Il est resté debout, même s’il est fatigué de sa nuit, fatigué de sa nuit passée à rendre la monnaie à des gens qui n’auraient pas dû être au volant de toutes ces voitures qui ont besoin d’essence. Il déteste les dimanches matin. Il sait que sur tous ces gens à qui il rend la monnaie, tous ces gens qui achètent cafés, thés, bonbons pour se réveiller, un, au moins, n’atteindra jamais sa destination. Certains s’y prennent parfois à trois fois pour lui tendre assez d’argent, encore dans les brumes de la soirée de la veille. Qui n’en finit plus. Qui n’en finira pas. Il est midi, l’heure de rentrer faire la sieste. Il a mis son casque sur les oreilles, celui que lui a offert sa nièce à Noël. Un casque de marque Bose. Le meilleur paraît-il. Il n’en sait rien, mais ce qu’il sait, c’est que le son est diablement bon. Une fois qu’il pose ce casque sur ses oreilles, il sent la nuit s’en aller, il ne pense plus à tous ces gens bourrés au volant de leur voiture pleine d’essence à brûler, il ne pense pas non plus à la douceur du canapé qui l’attend, il vit la musique. Sa musique.
Elle avait été repérée dans le métro un matin. Elle faisait partie de ces filles qui n’ont besoin de rien lui avait-on dit. Ce on était une elle. Melody. Elle s’était dit dès le début que ce n’était sûrement pas son vrai prénom. Cette femme devait s’appeler Brigitte. Ou Véronique. Elle ressemblait à une amie de sa mère qui s’appelait Véronique. Une femme aux cheveux éternellement blonds, aux yeux tirés, au fond de teint…
Ce texte sera publié le 2 mars sur le site du webzine Girlshood dans la rubrique Regards Croisés. En attendant le voici en avant-première 😉 Je suis une femme de langue, j’aurais pu dire « de lettres », mais on aurait perdu une occasion de sourire, faussement outré. Je dis langue car c’est mon amie Birgit qui me l’a soufflé l’autre jour : Sprache en allemand. Je m’intéresse à la…
Si c’était un film, je me rendrais chez toi vers minuit, je prendrais un livre, je m’assiérais sur le pas de ta porte, m’endormirais vers deux heures. A ton retour, vers trois heures, tu me caresserais la joue pour me réveiller, me demanderais ce que je fais là d’une voix douce, je clignerais des yeux, ensoleillée, mon cœur se ferait tambour. Tu m’aiderais à me relever, je m’adosserais au mur,…
Est-ce qu’on écarte les bras en croix quand on est amoureux ? Est-ce qu’on grimpe sur son vélo, pédale, prend de la vitesse, dévale la butte pour rejoindre la piste de décollage, pédale encore plus vite, le vent dans le dos, est-ce qu’on se redresse, lâche le guidon, s’assoit droit sur sa selle, est-ce qu’on écarte les bras, comme ça, comme un enfant qui court trop vite, enlève son bonnet, laisse…
J'ai vu tes donzelles extatiques se balancer dans des nacelles cotonneuses, tes amants d'un matin s'envoyer en l'air en public, tes persiennes enflammées de soleil les jours d'été... j'ai vu ton terrible cerbère tatoué s'adoucir pour un baiser donné devant ta porte, tes groupes préférés planer au-dessus de ta scène balayée par des vidéos électriques
Je décroche la moitié de la sphère bleue accrochée au clou, tout en haut, contre le plafond. “Ist das Kunst oder kann das weg?”, se moque l’employé de la société que nous ne payons pas, qui nous a été imposée. Par terre, de la poussière qui se mêle aux cheveux, de la mitraille et des confettis. Plein. Nous quittons l’appartement. Banana Jo a été emporté, Gulliver est décédé, c’est Serge…
Au club de football « Türkiyemspor Berlin 1978 », les adolescentes turques d’un quartier à forte population immigrée se font une place dans une communauté tiraillée entre la tradition patriarcale et la modernité occidentale. À l’occasion de la Journée de la femme, voici un hommage aux courageux architectes de cette initiative s’impose. Deux expressos ultra-corsés fument sur notre table. Au restaurant Südblock, l’un de ces lieux de convivialité multikulti (multiculturels) et gay-friendly…
“BERLIN, 1937. La secrétaire du rabbin Horowitz surprend le vénérable érudit plongé dans la lecture de Der Stürmer, tabloïd nazi très populaire et particulièrement virulent. Bouleversée, elle ne parvient pas à dissimuler sa consternation. « Oï! Oï! Oï! Sauf votre respect, Rabbi, mais ça va pas la tête, de lire des choses comme ça?! Vous êtes devenu complètement maso ou quoi? — Calmez-vous, Rebekka, calmez-vous. Bien au contraire, je me porte…
L’eau ruisselle sur une surface plane, ouverte, probablement du carrelage. Il y a cet écho particulier qui fait penser que la pièce est grande, vide, peut-être une fontaine dans le hall d’un bel immeuble, quelque chose comme un puits de lumière, avec des plantes tout autour, un « mur végétal intérieur », comme on les appelle, et, du ciel, viendrait couler cette eau que l’on entend, cette eau que l’on…
Février! Des gros bisous aux cousins verseau et aux frères poissons 🙂 Une atmosphère berlinoise toute en musique ce mois-ci! Entre nouveau roman et nouvelle émission, AB se fait plus cool ^^ Mais pas moins fwesh. Surtout que Malte passe au niveau 2 : Berliner Schautze A bis Z pour encore plus de vocabulaire berlinois. Des bisous.
« Tu sais, ce serait bien que tu ailles infiltrer la manif de Pegida de ce soir, devant l’Hôtel de ville », m’avait suggéré, avec le sourire sardonique de celle qui vient d’avoir une idée particulièrement géniale et tordue, la rédac’ chef du petit magazine berlinois où je travaille en ce moment. "
En février 2013, je publiais un article sur la "coke scene" à Berlin en forme de lettre ouverte à certains de mes amis cocaïnomanes. Je pensais alors qu'on ne pouvait pas aider quelqu'un à s'en sortir, sans que cette personne ne le veuille elle-même. Un an après, je vois les choses un peu différemment