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Guinée : un trafiquant d’espèces protégées tombe dans le filet d’INTERPOL

BALLA DLes agents du Bureau Central National d’Interpol, avec l’appui du projet GALF (Guinée Application de la Loi Faunique), ont procédé, le vendredi 25 mars dernier, à l’arrestation d’un présumé trafiquant d’animaux protégés dans la préfecture de Coyah. M. Balla Doumbouya, est soupçonné, avec la complicité de l’ancien responsable de la convention CITES en Guinée, d’être impliqué dans l’exportation de lamantins et chimpanzés, espèces intégralement protégées par la loi guinéenne et par les conventions internationales. L’auteur présumé de ce crime faunique a été placé sous mandat de dépôt et son dossier est en instruction judiciaire.

L’histoire remonte à l’arrestation de Thierno Barry en août 2015, pris en flagrant délit de détention et de commercialisation de deux singes à nez blanc. Ces derniers devaient être exportés en Jordanie avec un permis CITES signé par Ansoumane Doumbouya, ancien chef de l’organe CITES en Guinée (Convention internationale sur le commerce des espèces sauvages de la faune et de la flore menacées d’extinction). Dès lors, une chasse aux trafiquants a été déclenchée par la justice guinéenne.

Quelques jours après, le commandant Ansoumane Doumbouya était arrêté. L’opération a été menée par le BCN d’Interpol, avec le soutien de GALF, qui fait partie du réseau EAGLE NETWORK présent dans 9 pays d’Afrique pour aider les gouvernements africains dans la lutte contre la corruption et le trafic d’espèces. Cet homme fort de l’administration guinéenne se voit reprocher, entre autres, d’être impliqué dans la livraison frauduleuse de permis CITES aux trafiquants durant son mandat à la tête de la CITES et même après sa révocation.

Une fois le démantèlement de ce réseau de trafiquants entamé, une autre grande cible était visée : Balla Doumbouya. Directeur de « Doumbouya Pets Company », compagnie fictive guinéenne spécialisée dans le trafic international d’espèces, il employait Thierno Barry. Balla Doumbouya, identifié comme un des plus importants trafiquants présumés de ce réseau, a longtemps ravitaillé les marchés asiatiques en espèces intégralement protégées avec la complicité de Ansoumane Doumbouya, qui lui fournissait les permis CITES. Balla Doumbouya est responsable de l’exportation illégale à travers le monde de plus d’une douzaine de lamantins en Asie, des chimpanzés, et de nombreuses autres primates protégés : oiseaux, reptiles, etc. Ce trafic international, qui a duré plus de 10 ans, aurait engrangé des centaines de milliers de dollars, compte tenu du prix de vente d’un seul Lamentin : 50,000 US dollars.

Un permis CITES présenté par Balla Doumbouya en 2013 au nom de sa compagnie avait été rejeté par les services du contrôle douanier de l’aéroport international Conakry Gbessia. Il était question de l’exportation de lamantins en Asie, une espèce intégralement protégée par la loi guinéenne et les conventions internationales. Une exportation illégale, donc.

Selon certaines sources, Balla Doumbouya ayant pris vent de l’arrestation de l’ancien directeur de la CITES et de Thierno Barry, avait décidé de quitter la capitale pour se cacher. Sept mois plus tard, Balla Doumbouya décide de rentrer à Conakry sans se douter de la recherche active dont il faisait l’objet. Il a été arrêté à son retour par les hommes d’Interpol avec l’appui de GALF.

Toujours est-il qu’en septembre 2015, la CITES avait confirmé officiellement sur son site web l’arrestation d’Ansoumane Doumbouya tout en félicitant les autorités guinéennes et les encourageant à poursuivre la lutte contre le commerce illégal d’espèce sauvages. Après celui de la drogue et des armes, le trafic faunique constitue aujourd’hui le 4ème crime organisé le plus important dans le monde.

Balla Doumbouya a été placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Conakry et le dossier se trouve dans les mains du juge d’instruction du TPI de Kaloum en attendant la suite de l’instruction et probablement la tenue de la première audience.

Affaire à suivre…


Tougué : Un homme mis aux arrêts pour trafic de 231 kg de viande de brousse !

photobozibéavoguiphotobozi2 Le 20 mars dernier, un homme a été mis aux arrêts à Horè Kollet dans la préfecture de Tougué par les officiers du corps des Conservateurs de la Nature, grâce à l’appui de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique). Bozi Béavogui, présumé auteur de ce crime faunique a été pris en flagrant délit de détention, circulation, commercialisation et complicité d’abattage d’espèces protégées. Il était en possession de commercialisation de   10 sacs de viande de brousse boucanée. La justice de paix de Tougué a été saisie et le dossier est actuellement en phase d’instruction pour la suite de la procédure.

Suite à une dénonciation faite par le projet GALF au Juge de paix de la préfecture de Tougué relative à un trafic d’espèces animales protégées  dans cette circonscription, qu’une opération d’arrestation a été effectuée. Le mis en cause, Bozi Béavogui a été mis aux arrêts le 20 mars 2016 en détention de 10 sacs de viande de brousse faisant  un total de 231 kg. Cette importante quantité était composée d’espèces suivantes : les cynocéphales, les singes rouges et les phacochères. Selon des spécialistes de la faune, les deux premières espèces sont partiellement protégées par le code faunique. Lors de son audition, le présumé trafiquant a reconnu les faits qui  lui sont  reprochés et a dénoncé trois autres chasseurs, tous de Horè Kollet un village situé à 30 km de la préfecture de Tougué. Les enquêtes se poursuivent afin de leur mettre aux pour qu’ils soient entendus sur procès-verbal. Selon nos sources, M. Bozi Béavogui est spécialisé dans le financement en argent et en munitions aux chasseurs. Après abattage, il procède lui-même au boucanage et au  remplissage dans les sacs pour ravitailler les marchés de Conakry et de  Nzérékoré, précisent les mêmes sources. De telles pratiques sont prévues et punies par le code de protection sauvage et de la réglementation de la chasse. Il faut rappeler que la région du Fouta en Moyenne Guinée est de nos jours devenue le théâtre du trafic d’espèces animales protégées. Après l’affaire des 1855 kg de viande de brousse saisie et incinérée  dans les temps à Labé et tout récemment à Dalaba avec 106 kg de viande de brousse dont le procès avait fait grincer les dents des défenseurs de l’Environnement,  cette autre saisie vient encore relancer le débat sur l’enjeu de la criminalité faunique en Guinée. Pour le moment, le dossier est dans les mains de la justice de paix de Tougué pour des fins d’investigations judiciaires. Espérons que la décision qui tombera de ce procès ne soit pas similaire à celle rendue par la justice de paix de Dalaba sur l’affaire des 106 kg de viande de brousse.

 

Affaire à suivre….

 

 

  


Trafic de viande de brousse à Dalaba : Le procès qui fait grincer des dents au département de l’Environnement !

dalabaplusLa justice de paix de Dalaba a rendu en public le mardi  1er mars 2016 sa décision finale sur le cas des 106 kg de viande de brousse saisie des mains des trafiquants. Dédé Koivogui et sieurs, ont été condamné  à 6 mois de prison assortis  de sursis. Pour le Ministère de l’Environnement qui conçoit peu dissuasive une telle décision, a fini par interjeter l’appel auprès de la Justice de Paix de Dalaba par l’intermédiaire de l’agent judiciaire,  constitué partie civile.

A rappeler que Dédé Koivogui et trois de ses complices ont été instantanément mis aux arrêts les 07, 08 et 10  février 2016 en flagrant délit de trafic et de commercialisation de 106 kg de viande de brousse. Cette importante quantité de viande de brousse était essentiellement composée des espèces animales intégralement protégées par la loi guinéenne. L’opération  a été pilotée par le corps des conservateurs de la Nature de la zone  grâce au soutien de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique).

Après leur audition  dans les locaux de la direction des Eaux et Forêts de Dalaba suivie de la rédaction des procès-verbaux par les agents des Eaux et Forêts, les présumés trafiquants ont été déféré devant le juge d’instruction  qui, à son tour finira à les mettre sous mandat de dépôt. Ainsi, le 02 mars 2016, les présumés trafiquants ont comparu devant le président de l’audience de la justice de paix de Dalaba. Ils sont poursuivis pour abattage, circulation, commercialisation de viande d’espèces animales protégées. De telles pratiques sont prévues et punies par le code faunique guinéen en ses articles  163 et 164.  Dans la salle d’audience, la partie civile à travers son avocat a brillé par son absence qui, pourtant avait adressé une lettre de constitution aux autorités judiciaires de Dalaba. Selon la procédure, cette lettre de constitution mandatait l’avocat de se constituer partie civile pour défendre les intérêts de l’Etat pendant l’audience. Ce qui n’a pas été fait.

Dans leur argument, le juge de paix et le greffier en chef de Dalaba, soutiennent unanimement qu’ils auraient reçu la lettre de constitution de l’avocat tardivement. C’est-à-dire, après avoir tablé sur le dossier, a précisé un des juristes de GALF qui s’était en rendu sur les lieux.

Selon Mamadou Saidou Déba Barry, coordinateur du projet GALF, l’avocat avait bel et bien entretenu au téléphone le juge d’instruction de Dalaba pour l’informer qu’il y aura un avocat qui est constitué à cet effet.

Contrairement à cette procédure, les autorités judiciaires de Dalaba ont programmé la tenue de l’audience le mardi 02 mars 2016 sans informer ni le département de l’Environnement, ni l’avocat qui était constitué à cet effet.  Dans son verdict, le président de l’audience a condamné à 6 mois de prison assortis de sursis les 4 trafiquants impliqués dans le dossier. Selon le code faunique guinéen, la loi retient une amande maximale de 150.000Gnf et une peine maximale d’un an à tout contrevenant. Par contre, le verdict rendu ne tient pas compte de cette évidence, car le président de l’audience n’a fait que prononcer la peine sans prévoir ce que la loi dit. Pire, les dommages et intérêts prévus par la même loi n’ont pas été pris en compte par la décision. Concernant le produit saisi, la décision rendue ne fait aucunement cas si toute fois la viande doit être incinérée ou pas.

Sur quoi se fonde une telle décision ? Quelle est la destination de la viande de brousse saisie ? Quelle influence a pesée sur la décision ? Autant de questions qui restent sans réponse.

Pour l’instant, le département de l’Environnement et des Eaux et Forêts par la voix de l’agent judiciaire de l’Etat a interjeté l’appel.

Affaire à suivre…..

 

Fatou Kourouma

 

 


Dalaba : Trois personnes mises aux arrêts pour trafic de 106 kg de viande de brousse !

dalabaplusAprès quatorze ans d’activité de trafic de faune, trois personnes ont été mises aux arrêts le dimanche 07 février 2016 en flagrant délit de trafic, circulation et commercialisation de 106 kg de viande de brousse au plein cœur de Dalaba dans la région foutanienne. L’opération a été conduite par un haut responsable du Ministère de l’Environnement appuyée par les agents conservateurs de la ville de Dalaba avec le soutien de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique). Madame Dédé Koivogui et son complice Mamadou Yero Diallo sont les principaux auteurs de ce crime environnemental. Selon les articles 163 et 164 du code faunique, de telles pratiques sont punissable à la hauteur de l’infraction commise.  Leur ambition était déjà connue, commercialiser cette viande boucanée au montant de  1.150.000GNF.

Suite à une dénonciation faite par le projet GALF basé du côté de Conakry  au procureur de la République près du tribunal de première instance (TPI) de Kaloum, faisant état d’un trafic d’espèces animales protégées dans cette localité qu’une mission a été planifiée par le Ministère de l’Environnement et autres services connexes de la protection naturelle.  Elle visait à mettre en place une stratégie d’opération d’arrestation de ces deux individus cités dans ce dossier.

Ainsi, M. Diallo Mamadou Yero qui, par complicité avec Dédé Koivogui a été mis aux arrêts au centre-ville  de Dalaba alors qu’il était en train de transporter les deux sacs et demi de viande de brousse pour livrer les produits à son client. Aux dires d’un agent conservateur, il est mis en cause pour trafic, circulation, commercialisation et complicité d’abatage d’espèces animales intégralement protégées.

Lors de son audition dans les locaux des Eaux et Forêts de Dalaba,  le présumé trafiquant a dénoncé devant le pool des conservateurs la nommée Dédé Koivogui qui,  selon lui, serait la propriétaire du colis. Et que, cette dernière serait du côté de Kakory, située à 35 km de la ville de Dalaba.

Informés, les agents des eaux et Forêts de la localité avec l’appui de GALF se sont rendus  sur les lieux afin de mettre main sur elle.Selon les témoins recueillis sur place, cette dame  habite cette localité durant des décennies et a fait du trafic animal sa principale activité. Pour tromper l’apparence des conservateurs de la nature, elle se fait passer pour une gérante de bar de vente d’alcool et autres articles divers qui hantent de nos jours la jeunesse, a laissé entendre un des habitants de la localité.Dans un commentaire d’un agent conservateur, la présumé trafiquante est très prudente et très confiante dans sa manœuvre. Car, développe-t-il, elle ne se déplace jamais, mais ce sont les gens qui font la transaction à sa place au risque de ne pas se faire appréhender.

A en croire aux indiscrétions, Madame Dédé Koivogui a élargi son réseau vers la sous-région ouest-africaine, en l’occurrence la Sierra Léone. Car, une fois que sa marchandise est prête pour être distribuée à ses clients,   elle fait appel à ce vaste réseau qui va enfin ravitailler les marchés de Conakry, Nzérékoré, Macenta et la Sierra Léone, argumente un environnementaliste de la place.

Pendant son audition, Dame Dédé Koivogui a pointé du doigt un des chasseurs du nom de Thierno Ibrahima Sow, habitant dans une des bourgades de la localité. Selon elle, celui-ci travaillerait avec elle dans le cadre de ses activités.

Si tôt, une troisième opération fut mise sur pied par le corps des conservateurs de la nature en vue de l’écouter.  Ainsi, trois trafiquants ont été simultanément mis aux arrêts les 24 heures qui ont suivies l’arrestation de Mamadou Yero Diallo de par qui la chaine a été ouverte.  Devant le juge de paix de Dalaba, les mis en cause ont dénoncé deux autres chasseurs qui seraient impliqué dans ce dossier. Il s’agit notamment de Djouldé Sow et Barry Séry, tous des villages environnants.

Le Juge de paix a fini donc par délivrer un mandat d’amener contre les deux personnes afin qu’elles comparaissent toutes.

Quant aux trois présumés trafiquants, ils ont été mis sous mandat de dépôt à la maison centrale de prison de Dalaba pour des fins d’instruction.

Fait marquant qui a presque attiré l’attention de tous, est celui de l’attitude de la dame Dédé Koivogui. Se disant être apparentée à un haut officier de l’armée guinéenne, elle donne dans ses explications, l’impression de n’être pas soucieuse du problème. Ce qui signifierait qu’elle a derrière elle, une main forte qui parviendra à remettre en cause toutes les charges faites à son encontre et la permettre de recouvrer librement la liberté comme cela est le quotidien  en  Guinée.  Puisque, dans un rapport publié par Transparency International, l’indice de perception de la corruption pour 2015 de la Guinée est placé à   139ème sur 167, soit le 28ème pays le plus corrompu au monde. Dame Dédé aurait –elle raison de n’accorder aucun crédit à cette affaire ?

Se prononçant sur le dossier, Col. Mamadou Bhoye Sow, point focal de la criminalité faunique dira : « Nous avons finis de dresser les procès-verbaux dès leur première audition et nous avons conduit les dossiers vers la justice. La femme dans notre enquête proactive,  s’est résignée de nous dire amples informations sur son travail. Attendons la décision de la justice pour développer tout commentaire ». Nous sommes restés sur notre faim au niveau des trois présumés trafiquants pour avoir leurs versions des faits. Les deux sacs et demi de viande de brousse soit 106 kg ont été conduits devant les autorités judiciaires pour la suite de la procédure.

 

Affaire à suivre….

 

Fatou Kourouma


Trafic de chimpanzés à Boké : Le procès sur l’affaire Alseny Camara et Youssouf Camara renvoyé pour le 23 février 2016 !

photoyoussouftpibokéLe tribunal de première instance (TPI) de Boké a initialement tenu son audience le mardi 26 janvier 2016 sur l’affaire Alseny Camara  et Youssouf Camara, poursuivis pour trafic d’espèces animales intégralement protégés par la loi. Après le suivi minutieux des différents interrogatoires des accusés et dans le souci de la manifestation de la vérité, le président de l’audience a finalement renvoyé le procès pour le 23 février 2016.

Poursuivis pour capture, détention et commercialisation d’un bébé chimpanzé, Alseny Camara et Youssouf Camara avaient été mis aux arrêts par les services de la police régionale, l’Interpol de Conakry avec le soutien de GALF le 25 novembre 2015 au centre-ville de Boké. Les deux présumés trafiquants étaient en flagrant délit de détention illégale, capture et commercialisation d’un bébé chimpanzé qu’ils tentaient de vendre à 5.000.000 GNF. Une espèce intégralement protégée. Lors de la rédaction  du procès-verbal, Alseny Camara a dénoncé un certain Elhadj Diassy(en cavale). Ce dernier, selon lui, serait responsable de la capture du bébé chimpanzé en brousse. Suite à cette dénonciation,  un mandat d’amener a été délivré par le juge d’instruction du TPI de Boké pour entendre le prévenu. Lors  des enquêtes policières pour dénicher le réseau, un troisième complice du nom de Mounir Conté alias Môkélenkô a été mis aux arrêts et entendu sur procès-verbal au commissariat central de Boké. Il sera plus tard déféré devant le parquet du TPI pour la suite de la procédure.

Ainsi, quatre accusés devraient se présenter devant le tribunal ce mardi 26 janvier 2016 pour donner leur version des faits sur ce dossier. Il s’agit notamment d’Alseny Camara, Youssouf Camara, Mounir Conté et Elhadj Diassy. Parmi les quatre, seuls Mounir Conté et Youssouf Camara ont pu comparaitre. Les  deux autres à savoir Alseny Camara dont son état de santé ne le permettait d’être au rendez-vous et Elhadj Diassy, toujours en fuite.

Plaidant non coupable  devant le tribunal, Mounir Conté se dit ne pas reconnaitre son implication dans ce trafic faunique. Le sieur Youssouf Camara, développe-t-il, aurait arraché le téléphone dans ses mains pour récupérer le contact téléphonique  d’une personne qui,  selon eux, serait venu les demander un chimpanzé en vente.

Prenant la parole, Youssouf Camara  qui a reconnu les faits pour lesquels, il est poursuivi a rejeté à bloc les accusations de Mounir Conté  faites à son encontre. ‘’ C’est Mounir Conté qui m’a remis le numéro de téléphone du client et voilà que j’ai à faire à la loi’’, se défend-t-il.   Tout au long de leur interrogatoire, chacun des accusés tente de noyer l’autre ou de facto, rejeter la responsabilité sur Alseny Camara, absent dans la salle d’audience pour des raisons sanitaires

Constituant  partie civile, le ministère de l’Environnement par l’entremise de l’agent judiciaire de l’Etat a tout d’abord débuté son intervention par une critique acerbe du fait que Youssouf Camara ait bénéficié d’une liberté provisoire sans aucun acte judiciaire. Car, demande -t-il à Youssouf Camara, de quel pouvoir t’es-tu autorisé pour venir s’habiller librement dans les locaux du tribunal en tenue pénitentiaire pour se présenter devant la barre ?

Aussi, il a continué à enfoncer le clou par un procédé interrogatoire afin d’amener les deux accusés à reconnaitre l’infraction commise. Car, argumente-t-il, ‘’ Si on ne s’y connait pas dans un quelconque domaine, on ne peut se porter candidat pour accomplir une mission donnée. La personne est venue demander à tout le monde dans un lieu public en l’occurrence un bar café qu’elle veut un chimpanzé. Sachant tous que la mission est impossible, personne ne s’est manifesté sauf vous deux.’’ ‘’ De tout compte fait, la cour appréciera et j’espère qu’elle fera appliquer à la lettre la loi’’ a-t-il conclut son intervention.

Au regard des versions contradictoires des deux accusés, le Ministère Public a sollicité auprès du président de l’audience un renvoi du procès pour une  date ultérieure. Ce qui permettra, renchérit-il, l’amélioration de l’état de santé d’Alseny Camara et l’arrestation éventuelle d’Elhadj Diassy afin que tous comparaissent devant le tribunal.

Se prononçant sur le dossier, le président de l’audience a entériné le souhait exprimé par le Ministère Public en renvoyant le procès pour le 23 février 2016. Ce qui permettra de confronter  tous ceux qui sont impliqués dans le dossier afin que le droit soit prononcé au strict respect des textes, a-t-il conclut son commentaire.

Sauf que ce beau discours du président de l’audience ait été mis à nue par le comportement de  Youssouf Camara, un des détenus. Car celui-ci, pendant que les autres détenus avaient été escortés au tribunal par les gardes pénitentiaires, notre bouillant Youssouf Camara est rentré dans la salle d’audience joliment habillé en tenue civile. Pire, c’est à côté juste du bureau du substitut du procureur qu’il ira s’habiller librement en tenue pénitentiaire pour se présenter devant la barre.  L’on se demande de quel droit s’autorise-t-il, pour agir ainsi ?

Fatou Kourouma

 


Trafic de chimpanzés à Boké : Une audience minimisée par le Tribunal de Première Instance !

phototpibokéLe tribunal de première instance (TPI) de Boké a rendu en public mardi 15 décembre 2015, sa décision concernant l’affaire Moriba Gbélémou, arrêté quelques jours plutôt pour capture, détention et commercialisation d’un bébé chimpanzé, une espèce intégralement protégée. Minimisant l’importance de son infraction, Moriba Gbélémou est condamné à 3 mois de prison ferme.

Poursuivi pour capture, détention et commercialisation d’un bébé chimpanzé, Moriba Gbélémou a été mis aux arrêts  dans la soirée du  27 novembre 2015 à Tinguilinta, située à 55 km de Boké  par une équipe de la police conduite par le substitut du procureur de la République près du TPI de Boké avec le soutien du GALF.

Plaidant coupable devant le président du tribunal M. Moriba explique sa condition humaine défavorable qui l’aurait conduit à commettre l’infraction. Car, poursuit-il, ‘’ je devrais vendre le bébé chimpanzé à 16.000.000 GNF pour subvenir aux besoins de ma famille, sachant que l’acte était illicite’’.  Ainsi, se torde-t-il les doigts, ‘’la pauvreté est  la raison de ma mésaventure’’.

Pour le Ministère de l’Environnement constitué partie civile,  passant en revue des préoccupations récentes des chefs d’Etat du globe lors de la COP21 qui statuait sur ‘’ la croissance verte et la problématique climatique’’ a demandé  à ce que le droit soit dit dans toute sa splendeur. Car, précise-t-il, le sieur Moriba était tout simplement attiré par l’appât du gain, les 16.000.000 GNF qu’il devrait recevoir en mettant en danger la vie du bébé chimpanzé, espèce intégralement protégée par la loi. Ainsi, a-t-il ajouté, fait aggravant, le sieur Moriba a dans le passé travaillé dans la protection des chimpanzés.  Il aurait en effet participé à plusieurs reprises à des campagnes de sensibilisation et d’information initiées par WCF, une organisation non gouvernementale en tant que ‘’guide’’, ce qui ne l’a pas empêché de s’impliquer dans le trafic de chimpanzés et d’en être même un acteur important dans la région de Boké. Le sieur Moriba se réclame ancien chasseur alors qu’il continue à pérenniser le braconnage dans cette région à travers un vaste réseau.

Emboitant le pas de la partie civile,  le Ministère Public énumérant  les recommandations liées à la problématique de l’environnement, a interpellé toutes les populations de Kakandé à s’impliquer d’avantage dans la préservation de la faune et de la flore pour maintenir un écosystème durable. C’est pourquoi dans son intervention, il a demandé au président de l’audience de retenir Moriba Gbélémou dans les liens de la répression pour capture, détention et commercialisation d’une espèce intégralement protégée.

Contre toute attente, le verdict annoncé par le tribunal de Boké ce mardi 15 décembre 2015 sur l’affaire Moriba Gbélémou est loin de satisfaire le législateur vu la gravité de l’infraction. Pour la répression, Moriba Gbélémou est condamné à une peine minimale de 3 mois de prison ferme suivie d’une amende 90.000GNF. Au titre du dommage causé à l’Etat Guinée, il est sommé de payer un montant de 500.000GNF comme dommages et intérêt au Ministère de l’Environnement.  Cette décision est encore plus incompréhensible car elle est à l’opposé de ce que le substitut du Procureur, représentant le Ministère Public, avait requis à la précédente audience : 1 an de prison ferme, c’est-à-dire la peine maximale.

Dans la région de Boké, il semble y avoir des ressortissants étrangers impliqués dans ce trafic alors de telles décisions de justice ne sont pas de nature à dissuader tous types de trafiquants.

Selon un juriste et analyste des questions liées au trafic de faune, toutes les dispositions prévues par le code faunique guinéen  et les intentions majeures du trafiquant  aurait dû être prise en compte pour prononcer une sentence maximale sur un tel délit flagrant et créer un facteur de dissuasion. Car poursuit-il, la Guinée a été suspendue en mars 2013 de la Convention CITES (Convention internationale des Nations Unies sur le commerce des espèces animales de la faune et de la flore sauvage menacée d’extinction) compte tenu du trafic massif de chimpanzés qui se faisait avec la complicité de certaines autorités qui délivraient frauduleusement des permis mais aussi de la minimisation des peines liées à ces infractions.

Ainsi, conclu-il, dans un rapport d’Interpol,  de 2007 à 2012, le pays a exporté  plus de 130 chimpanzés, 10 gorilles en Chine et des bonobos, des espèces intégralement protégées par la loi et par la CITES. Le prix d’un chimpanzé sur le marché international a-t-il poursuivi, se négocie environ 20.000 euros et un gorille 40.000 euros. Ce trafic de grands singes en Guinée, uniques dans le monde, a donc représenté  plus de 3 millions de dollars.

Le commerce illégal des espèces sauvages est un crime organisé  au niveau national et international qui implique des réseaux organisés et professionnels et qui est lié aux autres types de crime organisé tels la drogue et les armes.  Il ne s’agit pas de simple braconnage mais d’un phénomène complexe qu’on ne peut combattre qu’en appliquant la loi  dans toute sa rigeur. Dans certaines régions, il s’agit aussi d’une question de paix et de sécurité car des groupes terroristes utilisent le trafic d’ivoire pour financer leurs actions et déstabiliser l’Afrique.

Malgré le durcissement du ton des autorités accompagnées par les institutions et ONG spécialisées dans la lutte contre le trafic, un toilettage au niveau des instances judiciaires de l’Etat reste et demeure une préoccupation des nouvelles autorités afin de redorer le blason de la Guinée aux yeux du monde.

 

Fatou Kourouma


Trafic de chimpanzés : un autre coup de filet des autorités de Boké !

Le parquet près du tribunal de première instance (TPI) de Boké et les agents du commissariat central de la police ont procédé le vendredi 27 novembre 2015 à l’arrestation d’un  trafiquant d’espèces animales intégralement protégées. Moriba Délamou, présumé auteur de ce crime faunique a été mis aux arrêts à Tinguilinta, à 55 km de la région de Kakandé. Il a été pris en flagrant délit de détention et de commercialisation d’un bébé chimpanzé, espèce intégralement protégée.

C’est après une dénonciation du projet Galf (Guinée application de la loi faunique) basé du côté de Conakry au procureur de la République près du tribunal de première instance faisant état d’un trafic illicite d’espèces animales protégées dans la localité qu’une autre opération d’arrestation d’un trafiquant de chimpanzés a eu lieu. Elle a été conduite par le procureur accompagné par les hommes du commissariat central de la police de Boké.

Moriba Délamou est tombé dans le filet de la police le vendredi 27 novembre 2015 à Tinguilinta, à 55 km de la région de Boké. Il était en flagrant délit de capture, de détention et de circulation d’un bébé chimpanzé, espèce intégralement protégée par la loi guinéenne. Il a été conduit dans les locaux du commissariat central de la police de Boké pour être entendu.

L’on se rappelle encore la toute première opération d’Interpol de Conakry et des cadres du ministère de l’Environnement en collaboration avec des agents de la police centrale de Boké en date du 25 novembre 2015 au plein cœur de la ville. Alseny Camara et son complice Youssouf Camara ont été appréhendés en flagrant délit de détention et de commercialisation d’un bébé chimpanzé.

Malgré l’engagement du gouvernement guinéen dans la lutte contre le braconnage, capture et toute autre forme de la criminalité faunique, la région de Boké semble être devenue ces derniers temps le nid des trafiquants et leurs complices.

Cette affaire suscite une attention particulière de la communauté internationale qui apporte tout son soutien au gouvernement surtout le ministère de l’Environnement et celui de la Justice à travers des projets de formation et de sensibilisation. Quant au substitut du procureur de Boké, il promet d’enrayer le phénomène de la criminalité faunique dans sa circonscription.

Même son de cloche au niveau du Col. Mamadou Bhoye Sow, point focal de la criminalité faunique au ministère de l’Environnement : « Je suis chargé d’arrêter et de faire arrêter toute personne impliquée dans la commercialisation et la détention d’une espèce intégralement protégée au niveau de la Guinée et de sous-produits de ces espèces. Notamment la peau de panthère, de lion et de chimpanzé. »

Il faut souligner que le Comité permanent de la Convention sur le commerce des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction (CITES) a adressé un avertissement à la Guinée pour que cet Etat agisse de manière à réduire le commerce illicite des espèces sauvages.

Le sieur Moriba Délamou quant à lui, n’est pas un ignorant de l’interdiction de toute capture, de braconnage, de détention et circulation, voire même de commercialisation des espèces animales protégées dans la région de Tinguilinta. Selon les enquêtes préliminaires Moriba a participé activement en tant guide pour la sensibilisation avec WCF (Wild Chimpanzé Fondation). Le bébé chimpanzé a été reconduit au centre de conservation des chimpanzés de Faranah pour sa réinsertion et le présumé braconnier a été mis sous mandat de dépôt à la prison civile de pont de fer de Boké. Son audience est prévue pour demain mardi 1er décembre 2015.

Il faudrait que de telles décisions répressives se multiplient pour non seulement freiner la chaîne des réseaux de trafiquants sur toute l’étendue du territoire guinéen, mais aussi permettre au pays de retrouver une réelle image auprès des conventions internationales auprès desquelles la Guinée est signataire.


Criminalité faunique: Deux trafiquants guinéens de chimpanzés mis aux arrêts à Boké !

photochimpanzébokéC’est lors d’une opération conjointe du ministère de l’Environnement, de l’Interpol de Conakry et des agents de sécurité du commissariat central de Boké par appui technique de GALF (Guinée Application de la Loi Faunique) que deux trafiquants d’espèces animales protégées ont été arrêtés en pleine ville de la région de Kakandé le 24 novembre 2015.  Les deux  présumés trafiquants étaient en flagrant délit de détention et de commercialisation d’un bébé chimpanzé, espèce intégralement protégée.

Selon un des activistes de la lutte contre la criminalité faunique, c’est suite à une dénonciation faite au Procureur de la République faisant état d’un trafic illicite d’espèces animales protégées dans la région de Boké  par le projet GALF, basé du côté  de Conakry, qu’une infiltration a été faite pour démasquer le réseau. Ainsi, poursuit-il, après avoir infiltré le réseau, le Ministère de l’Environnement et des Eaux et Forêts a mis en place  une stratégie d’arrestation de ces deux  présumés trafiquants, mis en cause de capture et de commercialisation d’un bébé chimpanzé, espèce animale intégralement protégée. Après l’arrestation, précise-t-il,  Youssouf Camara et Alseny  Camara,  ont été conduits au commissariat central de Boké pour être entendu sur procès-verbal.

A l’image des autres  régions de la République de  Guinée, la région de Boké n’a pas été à la marge des campagnes et des sensibilisations de la population sur la protection de la faune et de la flore, initiées par des organisations non gouvernementales (ONG) et d’autres Institutions spécialisées dans la protection de l’environnement.

Mamadou Saidou Déba Barry, coordinateur du projet GALF, explique : « Avant, le projet AGIR de l’Union Européenne avait  mené des campagnes de sensibilisation  sur la problématique de la préservation de la vie des chimpanzés et les autres animaux intégralement et partiellement protégés ». Ainsi, poursuit-il,  de 2007 à 2011, l’Institut Jane Godall s’était aussi intervenu dans ce sens en utilisant tous les canaux de communication pour discuter avec toutes les couches sociales sur l’enjeu majeur lié à la protection de la faune et de la flore sauvage.

Malheureusement, déplore-t-il, certains individus continuent à s’aventurer dans ce trafic animal comme si les efforts consentis sont nuls et non avenir.

Prenant la parole, M.  Mamadou Conté, chef section Environnement et des Eaux et Forêts de Boké se dit de poursuivre ses investigations sur le dossier pour pouvoir démasquer le réseau. Et de poursuivre que, pendant au moins quatre ans, une ONG avait mené  ses actions de sensibilisations en utilisant les panneaux comme moyens de communication à tous les niveaux. Donc, conclut-il, la section Environnement et des Eaux et Forêts de la région de Boké est à pied d’œuvre pour continuer l’investigation et situer éventuellement la responsabilité de cet acte illicite.

Tout de même, il n’a pas manqué de soulever d’énormes difficultés logistiques liées à leur travail en ce concerne les patrouilles et des couvertures des zones : « Nous avons d’énormes problèmes liés aux moyens de déplacement pour la couverture des zones réservées. Pour nos déplacements entant que conservateurs de la nature, certains parmi nos éléments sont obligés de marcher à pied ou d’utiliser nos maigres moyens. Ces problèmes nous rendent la tâche très difficile. Nous sollicitons un appui de l’Etat pour résoudre ce problème.  ».

Quant au Col. Mamadou Bhoye Sow, point  focal de la lutte contre la  criminalité faunique auprès du Ministère de l’Environnement, la lutte engagée par le Gouvernement Guinéen contre la criminalité faunique  est une préoccupation majeure. Car, ajoute-t-il, la Guinée entant que membre de la Convention de la CITES (convention internationale sur le commerce des espèces de la faune et de la flore sauvage menacées d’extinction) est suspendue depuis 2013 et présentée comme le leader mondial de l’exportation des espèces animales intégralement et partiellement protégées. Selon lui, la machine de la répression de tout trafiquant faunique est mise en place afin de redorer le blason du pays aux yeux des institutions comme la CITES.

S’adressant aux expatriés basés du côté de Boké, Colonel Sow déclare : « Je mets en garde tout le monde y compris les expatriés qui sont là et qui font la commercialisation des animaux intégralement protégés. C’est le moment pour eux de mettre un terme au trafic animal dans cette région.  Nous sommes au courant et continuons avec les enquêtes pour mettre la main sur n’importe qui que ce soit et le soumettre à la rigueur de la loi. »

Les deux présumés trafiquants ont été déférés devant le parquet du Tribunal de Première Instance (TPI) de Boké  et mis sous mandat de dépôt à la prison centrale le mercredi 25 novembre 2015 pour le reste de la procédure judiciaire. Les enquêtes préliminaires ont conduit à l’arrestation d’une troisième personne qui, dit-on, serait impliquée dans ce trafic animal et aurait été placé devant les autorités de la police judiciaire pour être entendu sur procès-verbal pour la manifestation de la vérité.

Le bébé chimpanzé  âgé d’un an et demi  a été reconduit au centre de conservation des chimpanzés(CCC) dans le Parc du Haut Niger  de Faranah pour  une rééducation et réintégration de son milieu habituel. L’audience des présumés trafiquants est prévue pour le mardi 02 décembre 2015 au tribunal de première instance (TPI) de Boké pour que le droit soit prononcé dans toute sa rigueur en vue de  mettre un terme à la criminalité faunique en Guinée.

A rappeler que la Guinée est devenue en ces derniers temps, la plaque tournante de la criminalité faunique de l’Afrique. Selon un rapport de l’Interpol, de 2009 à 2012, plus de 130 chimpanzés, 10 gorilles et des bonobos ont été exportés de la Guinée vers l’Asie via les réseaux organisés.

Ainsi, de telle décision répressive prise par les autorités guinéennes, permettra de dissuader les autres trafiquants d’espèces animales intégralement et partiellement protégées en vue  de garantir un développement durable pour les générations futures.

 

  


Prix Ian Redmond Conservation Award du GRASP 2015 : Le guinéen Mamadou Saidou Déba Barry de GALF parmi les lauréats !

phtotosaidoulaureatLa deuxième édition du prix ‘’ Redmond Ian Conservation Award ‘’ qui s’est tenu au mois de juillet 2015 à Kota Kinabalu, Sabah, en Malaisie a été marquée par la sélection d’un indonésien et trois africains, qui ont été les récipiendaires de ce prix qui récompensent les écologistes qui  se battent sur la ligne de front pour la préservation des grands singes en Asie et en Afrique. Parmi les trois africains, figurait M. Mamadou Saidou Déba Barry, coordinateur du projet ‘’ GALF’’ (Guinée-Application de la Loi Faunique) qui appui l’Etat Guinéen depuis quelques années dans la lutte contre le trafic de faune international. Ce prix, qui est organisé en partenariat avec la Fondation Born Free, a été créé pour encourager l’innovation,  les partenariats,  le leadership, et pour offrir de l’espoir dans le domaine de la conservation des grands singes. Il rend également hommage à  Ian Redmond, qui a contribué  à la création de GRASP en 2001 sous la roulette du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement).

A rappeler que le partenariat pour la survie des grands singes(GRASP) est une alliance unique de 100 gouvernements nationaux, instituts de recherche, organisations de conservation, agences des Nations Unies et entreprises privées engagés pour la survie sur le long terme des grands singes et de leurs habitats en Afrique et en Asie.

Ainsi, le GRASP travail au plus haut niveau politique pour la conservation des chimpanzés, gorilles, orang-outans et bonobos sur des problématiques variées telles que le trafic illégal, la perte des habitats, le suivi des maladies, le développement durable, et la collaboration transfrontalière.

Au titre de la  deuxième édition de ce prix, quatre personnalités ont été sélectionné par la commission du GRASP composée de grands experts en la matière pour recevoir des récompenses. Il s’agissait entre autre :

  • Peter Apell de l’Ouganda, qui forme les vétérinaires locaux et effectue des soins d’urgence sur les grands singes capturés dans des pièges dans le cadre du Programme de surveillance et l’intervention sanitaire des Chimpanzés (CHIMP).
  • Mamadou Saidou Déba Barry de la Guinée, activiste du Réseau EAGLE et enquête sur le commerce illégal des grands singes et d’autres espèces sauvages en voie de disparition  par le biais du  projet Guinée Application de la Loi Faunique (GALF).
  • Edwin Sabuhoro du Rwanda, qui favorise la conservation à base communautaire et de moyens de subsistance alternative dans et autour du Parc National des Volcans dans le Village culturel Iby’Iwacu.
  • Jamartin Sihite de l’Indonésie, qui a réintroduit avec succès 167 orangs-outans dans les forêts sauvages et protégées depuis 2012 par la Fondation.

Revenant sur les travaux conduisant à la sélection de M. Barry au titre de cette deuxième édition du prix Ian Redmond Conservation Award, il faut rappeler que de nombreuses enquêtes  qui ont débouché sur l’arrestation des trafiquants de grands singes et leurs complices à Conakry et à l’intérieur du pays. Ainsi, une dizaine de chimpanzés avaient été saisis lors des opérations du GALF que cordonne M. Barry avec l’appui du Ministère de l’Environnement et des Eaux et Forêts, des agents de la sécurité et d’Interpol. Ces trafiquants et leurs complices de nationalités guinéennes et étrangères notamment des chinois ont été mis derrière les barreaux pour être soumis à la loi.

Au-delà donc des arrestations des trafiquants et leurs complices, GALF sous la roulette de M. Barry et de Charlotte Houpline qui a lancé le projet en 2011, veillent scrupuleusement à la lutte contre la corruption qui pollue l’Environnement judiciaire dans ce combat. C’est dans ce cadre même, qu’un haut fonctionnaire du département de l’Environnement chargé auparavant de l’organe de gestion de la Convention CITES en Guinée avait été arrêté en août dernier et mis sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry. Il est soupçonné d’être impliqué dans une gestion anarchique de cette Convention Internationale qui réglemente le commerce internationale des espèces de faune et flore.

Dans une correspondance adressée à GALF,  M. Ian Redmond, un de ceux qui ont contribué au lancement du GRASP dira : « Le travail de ces quatre personnes est une source d’inspiration. Je suis fier de reconnaître ces individus exceptionnels qui font preuve du type de vision novatrice dont nous allons avoir besoin si nous voulons que les grands singes survivent et prospèrent dans leurs habitats naturels.  Alors que nous sommes en pleine préparations des négociations sur le climat de Paris (décembre 2015), la reconnaissance internationale de l’importance des forêts tropicales n’a jamais été aussi grande. Les grands singes font partie des «jardiniers de la forêt» les plus importants et nos lauréats ne sont pas seulement les sauveurs de ces singes, ils jouent également un rôle important dans le maintien des forêts et la stabilité du climat, pour le bénéfice de tous ».

Pour M. Barry, l’important dans la lutte n’est pas le nombre élevé des arrestations qui se font, mais plutôt le caractère dissuasif à la criminalité faunique à l’encontre de tous ceux qui seront tenté de menacer la vie des grands singes.  Rappelons que la Guinée est malheureusement le leader mondial de la contrebande de grands singes, en effet entre 2009 et 2012, plus de 130 chimpanzés, 10 gorilles et des bonobos ont été exportés en Asie via de vastes réseaux organisés, ce qui constitue les plus grandes exportations illégales de grands singes dans l’histoire et dans le monde.

Faut-il le rappeler que chaque  gagnant du prix Ian Redmond Conservation Award a reçu une plaque du GRASP avec mention en lettre d’or du nom du bénéficient et 5000 $ pour le projet au sein duquel il évolue.  Cela a été rendu  possible grâce au soutien du GRASP et la Fondation BornFree pour encourager des initiatives des uns et des autres dans le domaine de la protection de la biodiversité.

En prenant une telle initiative, le GRASP à travers ses partenaires  entend donner un signal fort à l’endroit du monde en général et à l’Afrique en particulier, dans la préservation des espèces en voie de disparition et la lutte contre toute formes de criminalité faunique.

 

Tamba Fatou Oularé


Guinée : les enseignants contractuels exigent leur intégration

Lundi 10 août 2015, à Conakry les locaux du ministère de l’Enseignement pré-universitaire ont été pris d’assaut par un groupe d’enseignants contractuels. Les manifestants en colère réclamaient entre autres leur intégration sans condition à la fonction publique.

Ces enseignants ont loyalement servi l’Etat guinéen en dispensant des cours dans les établissements publics de la capitale et de l’intérieur du pays sans salaire correct. Les années précédentes, le gouvernement guinéen avait organisé un concours d’intégration à la fonction publique. Les candidats ont constaté en passant le concours que les normes fixées n’avaient pas du tout été respectées. Notamment, le respect du principe de la compétence, la transparence dans le suivi des opérations du concours pour éviter toute forme de corruption habituelle. Certains candidats ont payé pour être sur la liste des admis, déplore un enseignant.

Au regard de leur parcours, les enseignants demandent de facto, une intégration sans condition dans le fichier de la fonction publique guinéenne. Un des manifestants explique :

« Après un certain nombre d’années de services rendus à la nation, nous pensons être à la hauteur de la tâche. Nous ne voulons pas participer au fameux concours, car nous avons vu comment le précédent s’était passé. Ceux qui avaient des relations ou de l’argent ont réussi au grand dam de ceux qui tirent le diable par la queue. Nous ne touchons que 470 000GNF par mois. Comment vivre correctement avec cette somme.

 

 

 


Deux trafiquants de chimpanzés arrêtés en Guinée-Conakry

Mamady Cissé et Daouda
Mamady Cissé et Daouda Condé

 Après avoir abattu la mère d’un jeune chimpanzé le 31 mars dernier, Mamady Cissé et Daouda Condé ont été interpellés en flagrant délit de détention, circulation et commercialisation illégale de faune sauvage. Les deux braconniers et trafiquants de grands singes ont été arrêtés le 18 avril à Tiro, au bord de la rive du fleuve Niger en Guinée-Conakry lors d’une opération conjointe du ministère de l’Environnement, de la gendarmerie et du projet Galf (Guinée-Application de la loi faunique) sous la supervision du procureur de la République de Faranah.

Pour l’heure, ces 2 hommes sont détenus dans la prison civile de Faranah et seront jugés le 28 avril 2015. Le petit chimpanzé capturé a maintenant une deuxième chance. Il a été dirigé sur le centre de conservation des chimpanzés, un sanctuaire situé dans la zone qui recueille des animaux issus du trafic pour les réintroduire dans la nature à l’issue d’un processus de réhabilitation.

Grâce à l’appui du Galf, de nombreux trafiquants ont été arrêtés et condamnés en Guinée, le changement s’opère peu à peu. Depuis 4 ans ce projet cible les grands trafiquants, son objectif est de lutter contre l’obstacle majeur à l’application de la loi : la corruption. Ce modèle de projet est appliqué dans 10 pays et forme le réseau EAGLE (Eco Activists for Governance et Law Enforcement).

Dans un contexte de corruption massive et de défaillance de la justice, le pays est une plaque tournante du trafic de faune à l’échelle internationale. Grands singes, ivoire, peaux, reptiles, perroquets, ailerons de requins et lamantins sont exportés illicitement par des réseaux criminels organisés. Le pays a une histoire relativement longue de commerce illégal d’espèces inscrites aux annexes de la Convention CITES.

Depuis 2007, plus de 130 chimpanzés et 10 gorilles ont été vendus à la Chine avec des permis CITES valides qui déclaraient les animaux comme élevés en captivité, code « C », alors qu’aucune installation d’élevage en captivité n’existe en Guinée. L’ampleur de ce trafic est sans précédent, il s’agit des plus importantes exportations illégales de grands singes dans le monde. Ces chimpanzés ont tous été capturés dans la nature. Selon les estimations du GRASP il faut tuer 10 chimpanzés pour obtenir 1 bébé vivant, ce qui signifie que si 130 chimpanzés sont passés en contrebande, 1 300 sont morts.


Guinée : Ebola baisse les revenus des prostituées !

Image prostitutionLe virus Ebola qui touche depuis décembre 2014 la Guinée, la Sierra et le Liberia en Afrique de l’Ouest continue de dicter ses lois malgré l’engagement des Etats et partenaires.  Affectant tous les aspects de la vie socioéconomique, l’épidémie ne semble pas épargner l’activité des professionnelles du sexe dans les rues de Conakry. Les revenus de ces dernières baissent et leurs conditions de vie se dégradent.

La prostitution qui est reconnue comme le plus vieux métier de la planète perdure encore dans la capitale guinéenne. Pour subvenir aux besoins vitaux, certaines jeunes filles dont la tranche d’âge varie entre 15 et 30 ans se livrent à cette pratique. Tard la nuit à Conakry, il n’est pas étonnant de rencontrer ces filles et dames habillées sexy à la recherche des clients. De l’aéroport international de Conakry Gbéssia, en passant par la route qui remonte vers Bambéto jusqu’à Cosa dans la commune de Ratoma, elles s’y trouvent quelle que soit la saison. Faisant semblant d’attendre les taxis, elles ne ratent aucune occasion pour tomber sur leur proie. Les lieux les plus réputés sont : Kaloum, cité chemin de fer dans les abords du ministère de la Jeunesse et des Sports ; Taouyah, reconnu sous le nom de ‘’Transit’’ ; Kipé vers le carrefour du centre émetteur ainsi que Bambéto’’et Matoto derrière la cité Rusal.

Vendre son corps pour de l’argent ?

Si la majeure partie de ces prostituées sont dans ce métier pour avoir de l’argent, certaines par contre le pratiquent pour un simple plaisir sexuel. Fatoumata Kanté élève de son état explique : « Je pratique ce métier pour subvenir à mes besoins.  Je suis élève d’une école privée de la place et je dois payer les frais de mes études. Ma maman n’est pas avec mon père et quant à celui-ci, il n’a plus rien pour nous aider. Donc voilà la raison qui me pousse à me livrer aux hommes pour préparer mon avenir ». Zenab Sow quant à elle est mère de famille, et son mari se trouve en Angleterre : « J’avais un bébé de deux mois quand mon mari m’a quittée. Aujourd’hui, cet enfant a dix ans et son père n’est pas toujours revenu. Il m’envoie de l’argent, mais cela ne suffit pas. Je suis surveillé dans la belle famille où il m’a laissée. Ainsi pour me mettre à l’aise, je sors souvent, même si le garçon ne me donne rien. L’essentiel qu’il m’attire, j’aime le plaisir charnel, je le fais avec lui et puis c’est fini », affirme-t-elle.

Quant aux prix, ils se négocient d’un point à l’autre et d’une fille à une autre. Entre 25 000 GNF, 40 000 GNF et 50 000 GNF par moment. C’est prix sont aussi cassables d’un client, une négociation est permise. Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie, l’urgence sanitaire avait été décrétée par les autorités gouvernementales et sanitaires en interdisant les regroupements et les rites traditionnels, mais ces mesures n’ont pas connu long feu.

Lors d’une promenade nocturne, nous voici à 22 heures au carrefour de ‘’Transit’’ à Taouyah dans la commune de Ratom. C’est une jeune fille qui vient à  notre rencontre : « Bonsoir joli garçon, et veux-tu blaguer un peu avec moi ? Ce n’est pas si cher comme tu penses, juste 40 000 GNF ». Pendant que nous cherchons à négocier pour la nuit arrive un autre groupe qui casse le prix de la première. Pour chacune d’elle, 20 000 à 25 000 GNF. Une chaude discussion s’engage et nous profitons de la situation pour s’éclipser. A 2 heures du matin,  la curiosité nous ramène à l’intérieur d’un bar connu, ‘’Le bar Nzérékoré’’ situé au carrefour de l’ex-‘’Hôtel Gbéssia’’ sur la transversale aéroport et Bambéto. Là, deux chambres de passage sont disponibles et les clients sont en file d’attente. Il y a plus de clients que de chambres. De 15 000 à 2 0 000 suffisent largement. Vers 3 heures du matin,  nous revenons à l’aéroport où la situation est rocambolesque. Une femme d’une trentaine d’années nous interpelle : « Salut, êtes-vous prêts à vous réchauffer ? » Nous engageons la discussion. Mère de 3 enfants, selon elle, elle est obligée de se plier à cette pratique pour payer les frais d’études de ses enfants, car personne ne lui vient en aide. Tout de même, elle reconnaît la gravité de ce qu’elle fait et le risque auquel elle s’expose, mais elle déplore : « Avant Ebola, mon revenu nocturne avoisinait 250 000 à 300 000 GNF. Maintenant, tout le monde a peur et les clients viennent rarement, nous sommes obligées de casser les prix pour trouver au moins quoi manger le lendemain » .

De l’avis de spécialistes, les liquides biologiques, les contacts directs avec un malade d’Ebola, le lavage des corps de victimes d’Ebola, le sperme et la consommation de la viande de brousse constituent des voies de contamination. Si la lutte contre Ebola est une préoccupation majeure des trois pays touchés par Ebola en Afrique de l’Ouest, il faut reconnaître que la présence du virus a causé une chute importante des revenus de certains professionnels du sexe en Guinée en cette phase terminale de l’épidémie.


Congo-Brazzaville: Trois trafiquants d’ivoires de la RDC mis aux arrêts à Pointe- Noire !

photocorrigéepointenoireC’est dans la soirée du 25 mars 2015  qu’Azowa Mputo, Mouaba Lazard et Kibossa Serge ont été arrêtés en flagrant délit  pour détention et commercialisation illégale de trois pointes d’ivoires sculptées qui font parties des produits d’espèces  intégralement protégées par le code faunique de la République Congolaise.  L’opération s’est passée à Pointe- Noire au camp 31 juillet situé dans le 2ème arrondissement de Mvou_Mvou. 

Mettre un terme à la criminalité faunique au Congo-Brazzaville, telle est l’option prioritaire des autorités. Pour gagner le pari, le ministère du développement durable et de l’économie forestière  accompagné des agents de la gendarmerie nationale en partenariat  étroit  avec le projet d’appui à l’application de la loi sur la faune (PALF) ont procédé à une telle  opération. Ces trois individus tous originaires de la République démocratique de Congo ont été écroués à la gendarmerie et déferrés à la maison d’arrêt, pour être entendu devant le procureur du tribunal de grande instance de Pointe-Noire le 04 avril prochain. Notons que l’article 113  du code faunique congolais cité ci-dessus stipule : << Quiconque aura abattu, importé, exporté ou fait transiter sur le territoire national, les espèces protégées et ou leurs trophées, est passible d’une peine pouvant atteindre 5ans de prison ainsi qu’une amende allant jusqu’à 50 millions de FCFA>>. Malgré cette interdiction de la loi, le braconnage des éléphants et d’autres espèces hautement protégées perdure encore et qu’il faut admettre que  cette activité ne profite qu’à un certain nombre d’individus. Selon les enquêtes, les Asiatiques seraient les plus grands trafiquants de ces espèces. Un trafic qui procure de retombées financières intéressantes. Car une  pointe d’ivoire sculptée est vendue à 2000$. D’après les ONG internationales de conservation et de protection de la nature, l’Afrique centrale a déjà perdue plus de la moitié de sa population d’éléphants. Au Congo, rien qu’au parc national de Nouabalé Ndoki situé au nord du pays, entre 2009 et 2011,  5000 éléphants ont été tués. Si rien n’est fait, l’Afrique ne gardera qu’un  vieux souvenir de l’histoire des éléphants comme celle des dinosaures.

Au terme de la préservation d’un avenir durable de l’écosystème, une conférence internationale sur l’exploitation illégale et le commerce illicite de la flore et faune d’Afrique aura lieu, du 27 au 30 avril 2015 à Brazzaville.

 Channielle Oboua


Informatique : l’obstacle de certains diplômés guinéens en quête d’emploi

Image internetEn Guinée, malgré la diversité des facultés et centres de formation en informatique, cet outil précieux et incontournable dans le monde moderne reste de nos jours un véritable cauchemar pour certains jeunes diplômés en quête d’emploi. Dans leur volonté de décrocher un travail conséquent et sortir du chômage, ils sont confrontés à ce problème devant les recruteurs.
Les raisons sont diverses : pour les uns la précarité de la vie fait qu’ils manquent de moyens financiers pour se former en informatique auprès des centres et instituts évoluant dans ce domaine. Selon eux, les prix de formation sur certains logiciels sont trop élevés et le goût de la vie est cher.
Quant aux autres, ils pointent du doigt les autorités éducatives à tous les niveaux du fait qu’elles ne s’emploient pas dans la formation des étudiants en informatique au cours de leur cycle de formation académique et professionnelle. Estimant que, si l’informatique est de nos jours une préoccupation mondiale et un outil efficace dans le monde du travail, ces cours devraient être programmés dans tous les départements et secteurs d’activité pour faire profiter à tous.
Lors d’un passage dans un grand carrefour de la place, je vois un grand attroupement de jeunes autour d’une affiche d’avis de recrutement d’une ONG de la place. Je fonce tout comme un autre blogueur pouvait le faire, histoire de s’assurer de quoi il s’agissait. Sur les lieux, je vois une lueur espoir se lire sur le visage d’un jeune qui est diplômé en génie informatique. Pour cause, les descriptions des postes à pourvoir se confirment à son profil. Car il est mentionné dans l’annonce ‘’ Maîtrise parfaite de Word et Excel est obligatoire’’. Entant que diplômé en génie informatique, il ne se présentait pour lui aucun obstacle pour faire valoir sa candidature.
Devant la joie de ce jeune qui s’activait déjà à rassembler ses dossiers pour tenter sa chance, se tenaient certains jeunes qui se voient bloguer par cette exigence des recruteurs. J’ai compris tout de suite par cet incident, la réalité que vivent certains jeunes diplômés guinéens ne sachant manipuler l’outil informatique.
En termes de la place qu’occupe l’informatique dans le monde actuel, les politiques guinéennes devraient d’avantage s’employer dans ce domaine pour garantir l’avenir de leur jeunesse et lutter contre le chômage.


Loi faunique : Deux trafiquants guinéens des animaux intégralement protégées mis aux arrêts !

Image de l'article à publierCe samedi 07 mars 2015, une opération mixte composée des éléments d’INTERPOL, du Ministère de l’Environnement et du projet GALF a été mené au quartier de Kakimbo dans la commune de Ratoma et a permis de démanteler un réseau de présumés trafiquants fauniques.
Youssouf Donzo et son complice Aboubacar Sylla ont été arrêté en flagrant délit de détention, de circulation et de commercialisation de 6 crocodiles, 3 vautours, une tortue du désert, toutes des espèces intégralement protégée par le code de faune et réglementation de la chasse en vigueur en Guinée depuis 1997. Un singe patas a également été saisi alors que le pays est en alerte Ebola.
Ils tentaient alors de vendre ces espèces protégées pour la somme de 62 000 000 GNF (62 millions), un crocodile vivant valant déjà 6 millions.
Le sieur Youssouf Donzo, prétendu éleveur d’animaux domestique à Kakimbo, se livrait à ces activités illégalement et est impliqué dans un réseau de trafic de faune sauvage protégée, en complicité avec certains chasseurs de Dubreka et Coyah qui l’approvisionnaientt. Il a développé cette activité durant plusieurs années sous couverture de son activité d’éleveur.
La détention, la circulation et la commercialisation de ces espèces mortes ou vivantes – de même que leurs trophées- est formellement interdite par la loi guinéenne.
Ces animaux vivants saisis sont mis à la disposition de la Direction Nationale des Eaux et Forêts afin de leur rendre la liberté. Quant aux présumés trafiquants, ils sont actuellement en garde à vue en attendant leur déferrement au parquet du Tribunal de Première Instance de Dixinn.
Nous y reviendrons !
Image de l'article à publier


Politicards guinéens, on en a marre de vos chimères

Depuis l’adoption du multipartisme en Guinée, la gestion de l’Etat et la course au pouvoir se sont frayé un chemin vers les stratégies ethniques et communautaires. En encourageant la haine ethnique et identitaire, ces politicards empoisonnent notre vie. La jeunesse consciente vous dit qu’elle en a marre de vos discours discordants et diviseurs.

Selon l’encyclopédie libre Wikipédia, ‘’ la politique, au sens de politeia, renvoie à la Constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d’une communauté, d’une société, d’un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d’autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d’individualités et/ou de multiplicités.

La Guinée qui a adopté et instauré la démocratie dans les années 90, manque encore d’une vraie classe politique soucieuse des préoccupations de sa population. La première classe politique guinéenne, composée de Pr Alpha Condé, M. Jean Marie Doré, M. Bah Mamadou, M. Siradio Diallo, etc., avait une vision commune. Faire de la Guinée un pays démocratique et prospère. La solidarité était encore là pour mener à bien la lutte contre le régime qu’ils qualifiaient de corrompu du feu président Lansana Conté. Pendant ce temps, on ne parlait pas de propos diviseurs et de stigmatisation des uns par rapport aux autres comme nous le constatons aujourd’hui. Le tissu social était là et c’était d’ailleurs plus amusant pour un Guinéen de passer par le système de cousinage à plaisanterie pour se rapprocher de l’autre.

A la mort du président Lansana Conté, à la faveur d’un putsch, le capitaine Moussa Dadis Camara s’impose mais peu à peu, sa gestion et son entêtement à ne pas écouter ses conseillers suscitent l’hostilité de son entourage. Victime  d’une tentative d’assassinat par un de ses gardes rapprochés, il est contraint de quitter le pouvoir. C’est autour de cette conquête du pouvoir que, lors de la présidentielle de 2010 qui devrait ramenait le pays à l’ordre constitutionnel, la Guinée a connu une des plus grandes élections démocratiques. Pas moins de 24 candidats étaient en lice. Le pire s’est produit lors du second tour de la présidentielle qui devait se jouer entre le plus vieux et opposant historique Alpha Condé du parti du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) et El. Hadj Mamadou Cellou Diallo de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Les débats entre les deux hommes volaient bien bas ce qui a suscité de grandes déceptions chez les électeurs.

Depuis l’investiture du Pr Alpha Condé, des avancées significatives sont de nos jours visibles dans certains secteurs,  mais le projet de la réconciliation nationale doit encore être revu pour devenir une réalité. Et beaucoup de problèmes perdurent : le chômage, l’éducation, la corruption, l’amateurisme dans la gestion publique, etc. En outre, je suis vraiment outré de voir encore certains commis et ministres de l’Etat qui en lieu et place d’efficacité continuent à promouvoir de la haine et de l’ethnocentrisme dans leurs débats.

Il est évident qu’en Afrique, le pouvoir du premier mandat est souvent consacré aux récompenses pour la conquête du second mandat, mais il est aussi fondamental de placer les hommes à la place qu’ils méritent. On en a marre de vos politiques diviser la nation et contribuer aux replis identitaires. Il est temps que ces diviseurs cèdent la place à la jeunesse consciente et qui n’a qu’une préoccupation : oeuvrer au développement du pays.


Conakry : L’exploitation des enfants prend de l’ampleur

photo crédit: google
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En Guinée, malgré la lutte acharnée des autorités et les ONG contre l’exploitation des enfants, le phénomène continue de prendre de l’ampleur. Dans les grands marchés de la capitale et aux abords des routes et plaque d’embarcation, il n’est pas étonnant de rencontrer ces tous petits à la recherche du quotidien. Certains parents sous prétexte de la pauvreté, poussent leurs enfants à la mendicité ou toute autre activité les procurant de l’argent. Exposés sous un soleil ardent, ces pauvres enfants trouveraient mieux leur place à l’école ou dans un centre d’apprentissage professionnel pour une garantie de leur avenir.

L’exploitation des enfants en Afrique prend de l’ampleur en ce 21ème siècle. Sous l’emprise d’une éducation traditionnelle qui estime que travailler pour ses parents, procure de la bénédiction. Les pires travaux des adultes sont accomplis en majorité par des enfants. Notre pays la Guinée n’est pas à la marge de cette réalité. Si certains parents sous prétexte de la pauvreté, conduisent leurs enfants à la mendicité et aux activités commerciales, c’est le cas contraire pour d’autres qui agissent par leur propre esprit de méchanceté. Ces enfants dont la tranche d’âge varie entre 10, 13, 14 ans vivent un vrai calvaire. Pour en savoir plus, je me suis rendu à leur rencontre.
Mohamed Fofana est âgé de 14ans, il est orphelin de père, abandonné par sa mère, il vit avec sa tante. Il nous explique sa vie au quotidien : «je sorts très tôt le matin sans même prendre le petit déjeuné, et je rentre tard le soir. Je revends les galettes de ma mère au marché. Le soir en rentrant, j’achète les petits condiments pour le lendemain. C’est moi qui cherche la dépense. Je n’ai aucun avenir par ce que je n’ai pas été à l’école et je n’ai aucun métier. »
Fatoumata Binta Bah, âgée seulement de 12 ans, est fille unique et issue d’une famille pauvre. Ses parents ont décidé de l’envoyer chez sa tante en ville pour être scolarisée. Malheureusement, l’histoire de Fatoumata a basculé en cauchemar. Car au lieu qu’elle aille à l’école, elle sert plutôt de domestique chez sa propre tante. « C’est moi qui fait tout ce qui est travaux ménagers malgré mon âge. Et cela quelque soit le poids du travail, je n’ai pas le droit de dire non. »
Sâa Fodé Dembadoudou, âgé 10 ans, a quitté sa pauvre famille polygame à Guékédou, ville située 680km au sud du pays, est vendeur de gâteaux : « Quand je quittais ma famille, on m’avait fait savoir que j’allais étudier malheureusement c’est un cauchemar. Je vends les gâteaux au marché de Koloma pour subvenir au besoin familial. Seulement, les enfants de mes oncles, tous partent à l’école. Quant à moi, il me fait savoir qu’il n’a pas assez d’argent pour payer mes études. Ma vie se résume à cette activité et de grave, je ne fais aucun métier qui puisse me garantir l’avenir. ».
L’on se demande à quoi sert la présence des défenseurs des droits des enfants dans notre pays ?


Education : La misère des enseignants guinéens du privé

enseignantprivéReportée à une date ultérieure compte tenu de la propagation du virus Ebola, la reprise du chemin de l’école guinéenne ne fait pas que des heureux. Parmi ceux-ci, les enseignants des établissements et institutions d’enseignement privé, tirent le diable par la queue. Payés au prorata du travail effectué, ces pauvres bouffent craie passent en ce temps un véritable calvaire qui, après avoir passé 3 mois de vacances sans salaire, comptaient se frotter les mains dès la reprise des activités.

Initialement prévue le 03 octobre de chaque année, la rentrée des classes en Guinée a connue un report par les départements en charge de l’Education Nationale. Ce, pour sécuriser la vie des élèves et étudiants en milieu scolaire et universitaire contre l’épidémie à virus Ebola. Quand on sait que depuis l’annonce de la maladie en mars 2014, le pays a atteint un chiffre inquiétant de victimes.
Selon Dr Mickel Quinzeur de CDC Atlanta qui, lors d’une conférence de presse avec Dr Sakoba Kéita, déclare que depuis le début de l’épidémie jusqu’à la date du 6 novembre, la Guinée a enregistré 1 813 cas dont 1 079 décès. Et dont voici la répartition : cas confirmé 1 552 dont 875 décès 53,3 % ; cas probables 200 cas dont 200 cas pour décès et cas suspect 55. Au total 579 personnes sont sorties guéries des centres de traitement soit 37,3 %.
Si le report de la rentrée des classes pour rentre plus sécuritaire la vie des encadreurs, enseignants, élèves, étudiants et parents d’élèves pendant cette persistance du virus mortel est partagé par certains citoyens, d’autres trouvent leurs intérêt englouti. C’est le cas des enseignants évoluant dans les établissements et institutions d’enseignement privé de Guinée.
Sans contrat et ni embauche permanente, ils sont recrutés à la base d’un test et après le calvaire commence. Payés à la tâche autrement dit au taux horaire enseigné dans le mois, ces pauvres enseignants passent toute l’année de prestation sans la moindre capacité d’épargne. Car dès la fin des 9 mois de l’année scolaire, le contrat prend fin et ils sont livrés à eux même.
Contrairement à ceux qui enseignent au public, pas de plainte. Car même s’ils ne travaillent pas ils perçoivent leur salaire en temps normal.
En étroite collaboration avec les fondations, les autorités du système éducatif doivent revoir la situation de l’enseignement privé pour réduire la souffrance de ces braves enseignants qui participent au développement du pays.