Arnaud BOCCO


Messagers de Womé! Où est votre foi?

Maladresse – Précipitation – Superstition. Voilà la trilogie qui n’a en rien arrangé le sort de MARANATHA, accueillant GBOHLOE-SU, en cette 23 ème journée de l’exercice en cours.

L’évangélisation projetée n’a vraiment pas eu lieu en cette après-midi au stade de Womé. D’abord dame nature elle-même avait tenu à dire son mot avant le début des hostilités. Un sérieux orage a dû retarder le début de la partie, puis place au jeu.

MARANATHA semblait plutôt sûr de ses ambitions apostoliques. Les Messagers débutent la partie, tambour battant et assiègent très souvent le camp des visiteurs. La défense de GBOHLOE-SU plie mais ne rompt point. Derrière l’une de ces nombreux assauts infructueux, il avait de la place pour une contre-attaque. DOUMBIA adresse une passe déviée par Ulrich QUENUM. AGUIDI Roland récupère, file au but et trompe le portier de Maranatha. La foi des Messagers est mise à l’épreuve de la mer. Jésus calmera-t-il la tempête?

De retour des vestiaires, les consignes changent. Les photographes sont contraints manu militari, d’abord de changer de côté puis ensuite de quitter carrément la pelouse. Sans doute, étaient-ils à l’origine des nombreuses ratées des locaux. *<>* Disent les stadiers, comme pour se justifier. Malgré tout Maranatha bute sur un portier des Requins Mâles, impérial, décidé à garder ses cages inviolées.

Après avoir conquis l’air de jeu, la frustration part à la conquête des tribunes. La loge officielle est atteinte. Le barbu (suivez mon regard) buvant sa pile entre une équipe visiteuse très têtue puis des locaux méconnaissables et maladroits, crie à un photographe : <<tais-toi là-bas !!!>> C’était chaud.

GBOHLOE-SU fidèle à sa tradition de tutoiement des grosses écuries, remporte les trois points mis en jeu et se tire indemne de Womé.

Sur la double confrontation, les Messagers de Fiwokpo encaissent la paire de gifles et voient le titre s’éloigner, la frustration en maquillage au visage.

_Arnaud BOCCO, de retour de Womé. 😎😎😎

Gbégnédzéanyi.


TOGO: Le pari perdant des dirigeants, sur l’ignorance de leurs concitoyens

<<Si tu ne peux organiser, diriger et défendre le pays de tes pères, fais appel à des hommes plus valeureux…

Si tu ne peux être impartial, cède le trône aux hommes plus justes…

Si tu ne peux exprimer clairement tes pensées, donne la parole aux griots.>> extrait de l’hymne de l’empire du Ouasoulou, 19 ème siècle.

   Il sonnait 20h GMT ce mardi, quand tout a semblé s’arrêter au Togo. Un ministre de la République venait de donner le compte-rendu du conseil des ministres extraordinaire tenu ce jour. À peine avait-il terminé son allocution qu’une impression de malaise avait commencé par atteindre les togolais. Presque plus rien n’allait comme avant. On ne pouvait se transmettre des civilités comme jusqu’à il y a un moment. La vie a ralenti. Sur les réseaux sociaux, c’était la paralysie. Bref, les autorités togolaises avaient décidé de priver les paisibles citoyens de la déjà piètre connexion internet qui leur permettait de vaquer tant bien que mal à leurs occupations quotidiennes. Ce qui semblait partir comme un simple disfonctionnement était en effet un plan bien ficelé, réfléchi, nourri et mis en exécution. Les togolais venaient d’être coupés du reste de la planète terre.
    C’est en effet un réel malaise que de parler du Togo comme d’une réelle démocratie, à l’aune du troisième millénaire où tout semble aller à une vitesse supersonique et où chaque seconde qui passe, compte dans le quotidien économique social et que sais-je encore, des populations de la planète entière. Ailleurs, l’on est généralement fier de la qualité de connectivité qui est offerte aux hommes qu’on dirige, de la place que son pays occupe sur l’échiquier du concert des nations démocratiques, de la bonne impression que les autres envient à soi. Mais après tout, à chacun ses priorités, son orgueil, son désir de faire bien ou ses avidités éhontées. 

    Les autorités togolaises, si on peut leur concéder une once de bon sens, semblaient vouloir contenir les débordements sur les réseaux sociaux, des différentes marches que profilaient à l’horizon et les commentaires pas toujours exacts que semblaient en faire quelques individus. Mais à ce jeu, il faut reconnaître que Faure Essozimna GNASSINGBÉ et ses lieutenants s’y prennent de la manière la plus maladroite car aujourd’hui, ce monde virtuel qu’est celui de l’internet est une véritable pieuvre que l’on ne peut apprivoiser. S’il est un conseil à leur donner, c’est de songer à démocratiser, à rendre au peuple togolais son dû et à se faire plus obéissant face à des concitoyens qui ont fait d’eux ce qu’ils sont.

    Une pareille situation avait été créée dans un pays frère, la République Démocratique du Congo en effet. Et à propos, un grand éditorialiste s’était prononcé comme suit: <<Tout cela est assez pathétique! Toutes ces contorsions , ces exercices de style alambiqué  ne suffiront pas à dissiper cette impression assez minable que les dirigeants de la RDC sont convaincus que pour ne pas avoir à affronter les interrogations et la mobilisation de leur peuple contre ce qui se manigance , il leur suffit de le plonger dans le noir. Sevrer les populations d’information, les priver de communication. Il est proprement affligeant qu’au moment où d’autres ailleurs dans le monde se battent pour que tous les peuples notamment en Afrique aient accès à internet, il y ait des individus qui ne voient dans cet outil que les dangers que cela pourrait représenter pour leur pouvoir. Faut-il comprendre qu’un peuple instruit, cultivé, informé se laisse  moins facilement abuser que celui qui est maintenu dans l’obscurité; mais l’on est triste pour les gens qui prennent de telles décisions, parce que les dirigeants qui parient sur l’ignorance de leurs concitoyens sont perdant quelles que soient les causes qu’ils défendent.>>

    Ce dimanche soir 10 septembre 2017, après presque une semaine de sevrage, les togolais ont été reconnectés au monde, comme si leur cervelle avait été suffisamment exorcisée de l’évidence qui leur permettait de discuter entre eux en hommes civilisés, de s’apesantir sur la situation politique de leur pays bref, de se comporter en peuple intelligent, soucieux de rattraper le retard accumulé sur ses congénères d’ailleurs.

    Titubante et hésitante à l’image de la démocratie chancelante du pays, la connexion internet semble laissée à disposition de gens qui ne sont pas dupes, et, Dieu seul sait jusqu’à quand encore!

    Nous sommes là au cœur de la carence de leadership qui ruine aujourd’hui le devenir de ce pays. Comment qualifier une telle attitude? Du mépris? De l’irresponsabilité? De la nonchalance? Il y a un problème quoi qu’il en soit, et il est grave!!!
                                                  Gbégnédzéanyi.


Ce moment où l’on aimerait être kényan: les peuples qui s’affranchissent

 <<La grandeur d’un pays réside dans sa fidélité à la constitution, dans le strict respect de la loi et surtout dans la crainte de Dieu.>> David MARAGA

Scènes de liesse et concert de klaxons dans les rues de Kibéra, Bahiti, Lang’ata et autres, à Naïrobi! Stupéfaction surprise et étonnement sur le continent! Pour une troisième fois seulement dans l’histoire du monde et une première fois dans l’histoire de cette Afrique trop meurtrie par les errements de ses fils, une cour suprême contrecarre les aspirations d’un pouvoir en place.

Quel bonheur de voir un État africain se soustraire au club des cancres de la démocratie pour affirmer clairement sa souveraineté et son désir d’avancer sur les voies de la liberté…

Elle est vraiment lourde de conséquence, cette décision de la cour suprême kényane invalidant le scrutin présidentiel tenu au mois d’août passé, et qui donnait comme victorieux, le président sortant Uhuru KENYATTA, après avoir commencé par jeter le pays dans l’éternel cycle d’irrégularité- contestation-violence-et éternité au pouvoir.

<<La grandeur d’un pays réside dans sa fidélité à la constitution, dans le strict respect de la loi et surtout dans la crainte de Dieu. À la question de savoir si les illégalités et irrégularités ont affecté l’intégrité de l’élection, la cour est d’avis que c’est le cas et par conséquent, la validité de l’ensemble du scrutin est remise en cause. >> a affirmé le juge David MARAGA, président de la cour suprême de ce pays. Quel cran! Quel courage!

Sur ce continent où on est plus habitué à la réticence des oppositions politiques à aller manifester leur désaccord avec les résultats de scrutin devant les cours, ce désir abouti de l’opposant septuagénaire Raila ODINGA qui peut peut-être caresser le rêve de ses envies de président, sonne comme une note d’espoir, un début de construction vaille que vaille d’un réel édifice démocratique en Afrique, beaucoup plus solide que ce qui a été obtenu à ce jour.

Pour se faire mieux comprendre, prenant son air le plus solennel, la cour suprême kényane a affirmé ce qui suit: « la commission électorale a failli et fait preuve de négligence, ou refusé de couvrir les élections en accord avec les lois électorales. Y’a-t-il irrégularités lors du scrutin? Oui! Poursuit le juge, il y en a eu dans la transmission des résultats, avant de conclure, avec la précision et l’assurance de ceux qui sont sûrs de leur mission, les résultats de l’élection présidentielle sont donc nuls et non avenus.

En attendant que les juges fournissent dans quelques jours les éléments qui leur ont permis de rendre un tel verdict, que les uns ou les autres le veuillent ou non, il faudra reconnaître qu’un vent de renouveau démocratique souffle sur ce continent. En Afrique de l’ouest où l’on s’est visiblement habitué à voir s’éterniser au pouvoir des dirigeants qui sont au final devenus pesants et indésirables dans le quotidien des peuples, on a vu organisées entre les années 2015 et 2016, au moins une dizaine de scrutins présidentiels qui ont vu quatre candidats sortants, déchus de leur piédestal, phénomène quasi inimaginable quelques décennies auparavant.

On n’organise pas des élections pour les perdre!!! Se disait-on fièrement dans les cercles des pouvoirs en place.

En ce début de mois de septembre 2017, cet État de l’Afrique centrale déjà par le passé avili par les errements de sa classe politique vient de donner une leçon de grandeur à ses pairs. Même si dans soixante jours, puisque c’est le délai fixé par la cour pour réorganiser un nouveau scrutin, l’opposition kényane n’arrivait pas à remporter lesdites élections, au moins cette espèce de fatalisme qui décourage d’avance les candidats aux différentes élections sur le continent ne trouvera plus de réel écho. C’est en effet une belle jurisprudence à laquelle d’autres pays, d’autres nations doivent offrir un bon retentissement en prenant à chaque fois que cela se doit, le courage de dire les choses telles qu’elles se présentent, sans jamais devoir songer à faire plaisir seulement à un parti un clan ou un simple individu.

À ces toutes missions dites d’observateurs internationaux qui viennent superviser les scrutins, l’échec retentissant de celle qui a opéré ce 08 août 2017 au Kénya, pour avoir conclu avec une pointe de perfidie, à des élections déroulées dans les meilleures conditions, l’on a envie de crier honte, pitié et incompétence.

Au président sortant Uhuru KÉNYATTA, s’il est un conseil à donner, c’est de se plier à cette décision de la cour, comme a-t-il semblé déjà le faire, malgré lui, et ce ne serait que marque de grandeur d’âme, car persister dans un éventuel forcing ne pourrait que lui causer des désagréments. <<Des millions de kényan ont fait la queue, ont fait leur choix, et six personnes ont décidé qu’elles iraient contre le choix du peuple>> a-t-il affirmé en substance. Et justement, pour tâcher d’être parfait dans ce qui se joue comme un véritable tournant dans la destinée des peuples, il faudra trouver le moyen de rehausser le niveau de sécurité autour de David MARAGA le président de cette cour suprême, pour que l’on ne vienne pas dire à la face du monde que ce fils du continent aujourd’hui éclairé à écrire de belles pages de l’histoire, aurait subitement décidé de se donner la mort, ou que sa voiture aurait fini dans des ravins, ou encore qu’ils se serait volatilisé dans la nature. Bref! Dieu nous en garde, qu’il ne lui arrive pas malheur en chemin!

    En 2015, Sylver  PAGARITCHÉ, président de la cour constitutionnelle du Burundi avait fait preuve d’une grande bravoure en révélant les menaces de mort proférées contre lui et ses pairs jugés constitutionnels si jamais ils se prononcaient contre la légitimité d’un troisième mandat que convoitait le président de la République Pierre N’KURUNZIZA. Après avoir mis au grand jour ce qui se tramait dans l’ombre, le président de la cour a choisi de fuir plutôt que de se décrédibiliser; de ce courage qui manque tant dans cette Afrique. À sa place, d’autres valideraient cette injustice par couardise par servilité et surtout pour l’intérêt qu’ils pensent souvent en tirer en espérant gagner une place au bord de la mangeoire, lorsque leur « champion » aura réussi son coup de force.

    Plus tôt en mai 2009, la cour constitutionnelle du Niger a également trouvé le cran pour contrecarrer les projets de référendum du président Mamadou TANDJA aux fins de modification du régime électoral pour se porter à un troisième mandat, violant de ce fait la loi fondamentale. Certes, il s’est résolu à dissoudre cette cour ainsi que toutes les autres institutions de la république contrariant ses desseins, pour ensuite se faire réélire en août 2009. Mais déjà en février 2010, le sort l’a rattrapé sous la forme d’un coup d’État que l’on se devrait presque d’applaudir. <<La démocratie a besoin d’hommes courageux et crédibles>> comme dirait quelqu’un. 

    Hommes courageux à l’image de François Akila BOKO encore plus tôt en 2005 au Togo où, ministre de l’intérieur, cet homme a préféré démissionner après avoir levé le voile sur les sombres projets par lesquels le pouvoir entendait imposer son candidat Faure Essozimna GNASSINGBÉ, envers et contre la vérité des urnes. Après cela, monsieur BOKO a dû s’éclipser pour sauver sa peau. La suite, on la connaît.

    << L’espoir des peuples africains réside dans le fait que quelle que soit la brutalité des régimes, ils demeurent des François BOKO, des Sylver PAGARITCHÉ>> ou encore des David MARAGA. Jean-Baptiste PLACCA.

Gbégnédzéanyi.


Vous avez dit vieilles gloires? La République n’en a cure

« Faites les hommes heureux, vous les rendrez meilleurs. » Par cette pensée de Victor HUGO, je désire tant voir s’il existe encore des raisons de se saigner, à la recherche de l’excellence pour ce pays le Togo, lorsqu’il ne reste aux mérites des fils de la nation que d’aller se perdre dans l’estuaire du néant.

Lorsque la ferveur d’un week-end de fête dans les hauteurs de la chaîne de l’Atakora sera retombée laissant place à la quiétude de la ville de Kpalimé aux attraits touristiques, que les tambours de groupes de supporters se seront tus et que leurs trompettes n’auront plus de décibels à cracher, il faudra se rasseoir et repenser le sort que l’on désire fait subir à ceux qui ont d’une manière ou d’une autre, servi la nation togolaise.

Cette fin de semaine coïncident avec la commémoration de la descente de l’Esprit Saint sur les apôtres du Christ, un fils de la nation, sans doute éclairé par ses longues années de culture n’a pas cru si bien faire en rassemblant dans le Kloto les quelques anciennes figures du football togolais que les âges ne sont pas encore arrivés à engloutir.

Dans une cérémonie légère par son symbole mais lourd de sens, GARÉ Félix alias « Tchétché » (gardien de but) DOSSOUVI Kowouvi Jean, de l’équipe de football de la Modèle de Lomé, MÉBOUNOU Clément Kpadé, (défenseur émérite de l’Étoile Filante de Lomé), AJAVON Raymond, TINGA Sawoè, HOUNTITÉ Mayé ou encore HOUNKPATI Hermann alias « Ressort », (libéro de la Modèle). Tous sont des acteurs des années du lendemain des indépendances. Ils ont pour une énième fois, demandé des efforts à leurs articulations craquelant sous le poids de l’usure, à leurs corps si fatigués mais si résistants, pour honorer de leur effective présence une cérémonie qui à jamais restera gravée dans leur mémoire.

Instant de vive émotion à chaque évocation de leur nom par le speaker, assorti d’un bref aperçu de leur carrière chargée d’histoire. Le charmant public du stade municipal de Kpalimé, dû à chaque fois retenir son souffle, pour voir avancer ces vieillards de plusieurs étés, quelques-uns aidés par de jeunes dames dévouées à cet effet.

Un trophée, puis une enveloppe, voilà la symbolique reconnaissance que le promoteur de l’événement, Serges Tété BÉNISSAN, a bien voulu mettre dans la sacoche de ces anciens footballeurs. Pas à titre posthume cette fois-ci, comme on a si pitoyablement développé cette sombre habitude de le faire pour ceux dont le cadavre a la chance d’échouer aux mains des autorités togolaises. C’est donc de leur vivant qu’ils auront connu ce privilège, qu’ils auront reçu cette reconnaissance.
De retour dans la capitale, lorsque du fond du bus à bord duquel, ensemble avec ces vieilles gloires du football togolais, j’ai fait le déplacement de Kpalimé, je voyais ces figures mémorables descendre, chacune à la destination qui lui convenait le mieux, un sentiment de profonde tristesse s’est emparée de mon âme. Je me suis surpris à laisser perler sur ma joue gauche une larme que j’ai dû promptement rattraper pour ne pas laisser transparaître ma fragilité émotionnelle aux yeux des confrères qui prenaient place avec moi.

Ma tristesse, ce n’était pas tant la séparation d’avec ces anciennes gloires qui ont si bien gagné mon estime et que je voyais presque sûrement pour une dernière fois, mais c’était plutôt la pensée de combien de talents brilleront encore dans l’indifférence, combien de fils et filles de la nation resteront encore bons juste pour la beauté de l’expression, combien de valeurs l’on s’interdira de tirer vers le haut, c’était cette pensée-là qui me dévastait. C’est assez désolant de voir que dans ce petit État de l’Afrique de l’Ouest, abritant seulement quelques six millions d’âmes, l’on a pu développer à ce point un tel sentiment de déni de l’excellence, de promotion de la futilité et d’indifférence envers ceux qui essaient de porter loin le nom du pays.

Il m’a été assez difficile de soutirer quelques mots aux récipiendaires du jour, tant la rancœur aura grimpé dans leur cœur. De leur temps, ils ont servi la nation avec comme seule motivation, la fierté, la passion et l’envie de servir. Des sentiments qui, aujourd’hui n’ont pas quitté le cœur des enfants du pays, mais qui au gré du temps, laissent place à la méfiance et à la lassitude. « Du temps où nous jouions pour la sélection nationale, alors que nous étions allés livrer un match à Conakry, ma maison a été cambriolée. J’ai tout perdu. Pour toute réponse, le président d’alors GNASSINGBÉ Éyadéma m’a répondu : je ne puis rien pour toi. Le football que vous pratiquez ne rapporte rien aux caisses de l’État togolais. » Voilà les quelques mots que j’ai pu voler à un des lauréats, à son insu.

Quand on a à charge le management de tout un peuple, on ne peut pas se comporter comme si les bourses de l’État étaient une propriété privée, comme si les exploits réalisés par les citoyens relèvent du néant, comme si les sentiments de frustrations par rapport au bien commun resteront à jamais éloignés de son piédestal installé dans les hauteurs du palais royal. Il n’est jamais trop tard pour commencer à bien faire. À l’exemple du promoteur de l’événement, opérons une profonde transformation en nous et autour de nous. Redressons nos manières de faire. Le Togo espère beaucoup de ses enfants. Avec sympathie et scepticisme les jeunes générations nous regardent faire et attendent les résultats. Allons-nous trahir la Patrie en agissant comme des singes qui font quelque chose et n’ont jamais rien fait?

Serges Tété BÉNISSAN a accompli sa part du devoir de mémoire. Et nous autres ?
Gbégnédzéanyi.


JAMMEH Yahya en atelier pour la réécriture de la démocratie, à la gambienne…



<<Chassez le naturel, et il revient au galop…>> Voilà un adage qui par ces dernières heures, sied si bien à la Gambie et à son président entre-temps sorti, Yahya JAMMEH, adage dont l’auteur m’échappe en tout cas, tant le degré de la forfaiture, elle-même sortie du commun, m’impressionne. Il est parfois sur ce continent des choses tellement trop belles, des réactions à la limite trop justes pour être vraies, trop intelligentes pour être conservées. C’est la sombre impression que Yahya JAMMEH l’actuel président gambien donne depuis un peu plus de deux semaines.



<<Autant j’ai accepté les résultats car j’ai cru que la commission était indépendante et honnête, désormais je rejette les résultats en totalité. Laissez-moi répéter: je n’accepterai pas les résultats>>. Voilà la toute dernière nouveauté sortie sur le continent par l’un des dictateurs dont l’Afrique désirerait tant se débarrasser.
Faudra-t-il que je reverse dans un petit rappel des faits…?
Il y a une semaine, les élections présidentielles organisées sur cette bande de terre cloîtrée dans le ventre du Sénégal, donnaient l’opposant de vieille date Adama BARROW vainqueur du scrutin. Avec 260,515 voix contre 212,099 pour le président sortant puis 102,969 voix pour Mama KANDEH le troisième au classement, monsieur BARROW s’était révélé le successeur naturel de celui a qui Dieu lui-même s’est toujours adressé, celui pour qui Allah le miséricordieux daigne descendre de son piédestal pour murmurer des choses à l’oreille. Et comme encore poussé par ce présage heureux, Yahya JAMMEH a donné l’impression de se démarquer de ses pairs autocrates qui eux autres au fil du temps, se sont révélés comme n’étant nés que pour être président de leur République. Le désormais président sorti est même allé au-delà des espérances, en passant un coup de fil à son adversaire aux fins de le féliciter de sa victoire, de le congratuler de son exploit. Bref, Yahya JAMMEH reconnaissait contre toute attente sa défaite aux élections présidentielles. Mais justement parce que le meilleur ne relève pas du naturel dans le quotidien de cette « sombre » Afrique, il ne restait plus que cette dernière sortie en date du dictateur gambien, pour rappeler à tout le monde que cette reconnaissance manifestée à l’égard de son challenger la semaine passée n’en était pas vraiment une, et que cette impression de conversion que le monde entier avait commencé par avoir de lui, n’était que factice.
Yahya JAMMEH espère donc reconquérir l’électorat, en réclamant à la commission électorale, l’organisation d’un nouveau scrutin. Quelle bassesse!
Ce qui a pu pousser Yahya à ce revirement…


Sentant les privilèges liés de la fonction lui échapper désormais, Yaya n’a sûrement pas pu digérer le fait de redevenir simple citoyen lambda, simple gambien comme tous les autres après tous les délices qu’il a connus lorsqu’il était perché là haut. Pire, ayant eu écho de l’intérêt un peu trop prononcé que la justice pourrait commencer à avoir à l’encontre de sa personne, le dictateur a sûrement cru devoir tout clore, en revenant sur sa parole, en se desaisissant volontiers de la bonne impression que l’on a commencé à se faire de lui ailleurs. Avant même d’espérer rentrer dans le glorieux cercle restreint des dirigeants que l’on pourrait donner en exemple, Yahya JAMMEH s’est résolu à ne point s’accommoder d’une quelconque félicité.
Comment penserait-il arriver à ses fins..?


L’on pourrait se targuer d’avoir fini par comprendre la raison pour laquelle il y a quelque moment, le dictateur a gradé un certain nombre de militaires qui composent son armée. Visiblement préparait-t-il des hommes, ces fidèles qui voudraient bien rester à ses côtés quand le sinistre mal de la perpétuité au pouvoir viendrait à le reprendre. Yahya JAMMEH devra donc s’atteler à dompter de nouveau son peuple, à forcer la docilité de celui-ci.
Un sombre épisode profile à l’horizon, exactement comme on le redoutait dans le cas burundais avant la présidentielle d’il y a un an, alors que la communauté internationale et consorts, regardaient hébétés le carnage orchestré par N’KURUNZIZA, sans vraiment rien dire. Comme si cela ne suffisait pas que ce dernier massacre son peuple.
Je ne saurais terminer ce billet en manquant de citer David ANANOU, un écrivain togolais qui épiloguait comme suit aux termes de son oeuvre Le fils du fétiche<< Maintenant que partout s’impose impérieusement le problème de l’évolution, il importe avant tout de faire acquérir à nos âmes la taille de leur âge afin qu’elles puissent combattre le bon combat. Opérons une profonde transformation en nous et autour de nous. Purifions nos moeurs. Mettons un peu de lumière dans nos pratiques. L’obscurantisme est peu favorable au progrès. L’Afrique espère beaucoup de ses enfants. Avec sympathie ou scepticisme, les étrangers nous regardent faire et attendent les résultats. Allons-nous trahir la Patrie en agissant comme les singes qui font toujours quelque chose et n’ont jamais rien fait?>>

Gbégnédzéanyi.


TOGO: enfin le championnat de football de l’élite

    

Crédit-photo: Arnaud BOCCO
Au Togo, après deux ans d’interruption, le championnat de football de première division a repris ses droits en ce dimanche 11 septembre 2016. Sur toute l’étendue du territoire national quatorze clubs se sont affrontés pour l’obtention de la première place au classement.

    Fortunes diverses pour les pensionnaires de l’élite togolaise à l’issue de cette première journée du championnat national de football de première division.
Deux années en effet se sont écoulées de la fin de l’exercice précédent, c’était en date du 30 octobre 2014 avec le sacre de SEMASSI de Sokodé.
    Ainsi donc, à l’apparente bonne forme des clubs dont les préparatifs les présentaient comme devant prendre les devants dès l’entame, s’est substituée une contre performance, au profit des supposés mal empoints.
    Au stade municipal de Lomé et sous les lunettes vigilantes du sélectionneur national Claude LEROY, #SEMASSI le champion en titre n’a pas su se faire respecter par l’#OTR, ex #As_DOUANES de #Lomé. Score final, 0-0.
    Le dynamique togolais (#DYTO) de #Lomé sur ses propres installations du stade de #Kégué s’est fait surprendre par #MARANATHA_FC de #Fiokpo, 1-0 sur une réalisation de Klouko Kokou Claude.
    Hold-up parfait d’#AGAZA qui faisait le plus long déplacement chez #FOADAN de #Dapaong 1-0.

 

   Belles opérations de #GBIKINTI de #Bassar, de #KOROKI_MÈTÈTÈ de #Tchamba et d’#UNISPORT de #Kouloundè face respectivement à #ASKO de #Kara, #ANGES de #Notsè et #KOTOKO de #Lavié. Scores à l’arrivée, 2-0, 3-0 et 1-0.

    L’#As_TOGO_PORT de Lomé, à #Kpélé_Kponvié, contraint #GOMIDO au partage des points; 1but partout.
    En tout et pour tout, dix buts ont été marqués dont le premier de la saison par Tchao Rafiou de #KOROKI_MÈTÈTÈ dès la 7ème minute jeu.

Au sortir de cette première journée, le classement se présente comme suit:

1er- KOROKI-MÈTÈTÈ

2ème- GBIKINTI

3ème- AGAZA

4ème- MARANATHA

5ème- UNISPORT

6ème- AS TOGO PORT

7ème- GOMIDO

8ème- SEMASSI

9ème- AS OTR

10ème- KOTOKO

11ème- DYTO

12ème- FOADAN

13ème- ASKO

14ème- ANGES
                                                                               Gbégnédzéanyi.


Emmanuel ADEBAYOR : mue et mutation; vers un retour aux premiers amours?

Emmanuel ADEBAYOR…

    À l’évocation du nom de cette étoile du football, même à l’esprit de la vieille none des îles Vanouatou, il revient l’idée d’un attaquant rompu à la tâche qui trouvait toujours le moyens de se défaire des défenses les plus alertes.

    Mais Shéyi fut, plus qu’il n’est. Oui, nous parlons de cet homme à un temps pas présent parce que depuis un moment relativement long, Emmanuel ADEBAYOR n’est plus Emmanuel ADEBAYOR. Certes, l’homme garde toujours l’ora qui pèse à la nuque des défenseurs; mais à y voir de près, la lame autrefois tranchante du rejeton de Kodjoviakopé s’est entre-temps émoussée.
Shéyi, la mue en maître à jouer…


    Au commencement, l’homme qui a forcé la fin de la carrière du défenseur camerounais Raymond KALLA était un milieu de terrain. Sa mutation en avant-centre est l’oeuvre du champion du monde 1998, Didier DESCHAMPS qui alors entraîneur du club de la principauté Monaco a vu en l’homme, plus qu’il n’en avait l’air. Coup d’essai, coup de maître, le pari a réussi. Ainsi donc de l’AS MONACO jusqu’au REAL de MADRID en passant par ARSENAL et MANCHESTER CITY, Emmanuel ADEBAYOR a pu confirmer tout le bien que l’on pensait de lui. Même si dans les compétitions continentales, le capitaine de l’équipe nationale du Togo n’a pas eu un parcours très reluisant, il a toujours su se rendre pardonnable par ses coups de génies.
    Shéyi, la mutation en serviteur…


    À défaut de continuer d’être le goléador adulé du public sportif togolais, Shéyi Emmanuel ADEBAYOR que l’on a essayé  » d’enterrer » un peu trop tôt continue de prouver aux uns et autres qu’il reste vivant. Il le faisait savoir entre-temps lors d’un conférence de presse en ces termes: << s’il est quelqu’un qui doit me faire arrêter le football, c’est la nouvelle génération d’attaquants qui vient, c’est-à-dire les PLACCA FESSOU et autres. Il n’appartient pas à un quelconque coach de me mettre sur la touche.>>

    Et cette nouvelle génération d’attaquants, c’est précisément elle que le seul ballon d’or que le Togo ait connu à ce jour, a poussé de l’avant en cette dernière journée des éliminatoires de la coupe d’Afrique des nations Gabon 2017. Outre le fait d’avoir par manque de concentration loupé un penalty, il est apparu clair qu’ADEBAYOR a été l principal artisan de la victoire du Togo contre le Djibouti en ce dimanche après-midi du 04 septembre 2016. La vieille outre que l’on songeait a ranger à jamais s’est encore montrée très utile, ce qui jette la perspective d’une re-mutation de celui qui longtemps à régné sur l’attaque de l’équipe nationale du Togo.

    Plutôt que de le  laisser sur la touche pour ses dernière s contre performances, en l’occurrence son bilan d’un seul but en six mois passés avec le club anglais de CRYSTAL PALACE, Emmanuel ADEBAYOR au vu de ses dernières prestations a encore beaucoup  à donner comme ses lumineuses passes toujours servies sur un plateau d’or à ses futurs successeurs qui le lui rendent si bien en transformant ses passes en buts.

    Emmanuel ADEBAYOR, désormais milieu de terrain, pourquoi pas? Ne serait-ce pas une bonne expérience à tester?
                                                                               Gbégnédzéanyi.



Desiderata…

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Crédit photo: Arnaud BOCCO

 Adieu! Adieu!

 Voici que je m’en vais, libéré du joug de la chair;
Car l’Eternel a fait sonner pour moi mon heure;
Avec le souci du serviteur qui a voulu plaire à son Créateur,
Je m’en vais;
Ne vous apitoyez point à mon sujet, j’ai vu la face du Seigneur;
N’alarmez point mes gens;
Car mon divin destin est préférable;
Je m’en irai voir les miens, je m’en irai voir les vôtres.
Et vous autres, vous ne vous cacherez point de ma vue,
Car ici bas, s’est achevé mon périple;
Soyez forts, chantez à mon sujet
Jubilez, sautez à la Gloire du Saint-Béni-Soit-Il!

 Pour moi, tu ne t’es point pressé!
Mais pour l’autre, dépêche!

 « Revenez au Seigneur, et le Seigneur retournera Sa Face vers vous », dit Malachie;
Reconsidérez l’Oeuvre! Rendez-grâce!
Et « aimez-vous les uns les autres comme vous a recommandé votre Seigneur.

 Gbégnédzéanyi.


Scène de ménage au nouveau quartier de Bè-kpota: un invité de trop dans la cour du sergent Wiyao

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Crédit photo: Arnaud BOCCO

  Une belle-mère disait-on, cela se conserve le mieux possible. Mais si entre-temps, la crise économique est passée par vous, et que la gamelle familiale se révèle avoir un invité de trop, tous les moyens semblent bons, pour s’en débarrasser.

 En se réveillant ce matin, le Nouveau-Quartier de Bè-Kpota n’était que sonné par le joyeux vacarme qui a bercé son sommeil la veille.

 Wiyao est le seul corps habillé du Nouveau-Quartier de Bè-Kpota. Il n’a depuis toujours été connu que comme sergent de l’armée de son pays. Sa femme Prénam et son jeune garçon âgé de quelques mois seulement, constituaient avec lui, une famille plutôt remarquable et presque enviable, tant personne n’avait jamais entendu d’histoire prévenant de leur cour. C’est fort de ce constat que Wiyao se grouillait dur pour satisfaire les besoins de son petit monde. Mais seulement voilà, tout se gâta lorsque sa belle-mère, maman de Prénam, sans se douter du supplice qu’elle imposait à son gendre, décida de prolonger son séjour à Lomé, auprès de la petite famille, séjour qui déjà obligeait notre vaillant sergent à jouer de la grosse caisse et de la pioche pour rassembler le surplus quotidien exigé par la gamelle familiale. Au début, Wiyao pensait qu’il ne s’agissait que d’une simple visite de quelques jours, et que la vieille s’en retournerait vite fait d’où elle avait surgi. Il s’était leurré. Et c’est précisément face à cette déconvenue que le héros de notre histoire changea sombrement d’humeur dans la maison. Wiyao commença donc à rentrer du boulot bien tard, lui qui n’était pas connu pour être un noctambule. Pour mieux « digérer » les soucis nés de cet encombrement et des dettes qu’il a engendrées, il se mis également à boire. Tout ceci se faisait sans que le voisinage s’en doute, jusqu’à ce soir d’avril où revenu du boulot, Wiyao n’avait pas eu droit à son seau d’eau qui chaque soir, devait patienter à la salle de bain pour qu’il puisse se défaire de la crasse accumulée durant la journée. Prénam sa femme n’avait visiblement pu trouver aucune raison assez valable, à ce manquement. Le comble, c’était que sa part du dîner n’était pas non plus sur la table, et pour raison, sa belle-mère, entre-temps revenu d’un des nombreux réveils spirituels qui animent la ville de Lomé, s’en était emparée.  » n’nan n’avait rien mangé de toute la journée. Alors quand elle est revenue, je n’ai pu m’empêche de lui céder la pâte de mil qui restait. » Voilà ce que Prénam a répondu à son mari.

    Stupéfaction de notre sergent, pour qui il n’en fallait pas plus pour réveiller la colère, colère qui n’avait que trop été étouffée en sa personne. Wiyao s’empara de sa ceinture et entrepris d’apprendre à sa femme qu’un sergent était tout sauf méprisable.

 Le coup de jeûne forcé, il savait que sa femme n’était pas suffisamment bête pour le lui faire. Ce ne pouvait être qu’une idée provenant de la vieille. Un autre soir, rentrant de sa virée nocturne, il avait déjà surpris une de ces conversations qui se terminait par cette injonction de la vieille: « les hommes, c’est comme cela qu’il faut les traiter si l’on entend les avoir toujours aussi dociles. » Wiyao qui a attendu aussi patiemment l’occasion de prouver le contraire à cette vieille, ne pouvait pas rater le coche. Il commença malgré lui à rouer de coups sa dulcinée qui couru promptement se réfugier auprès de sa mère. Notre sergent ne souhaitait que cela. Faisant semblant de rater la fille, il malmenait la vieille. Prénam s’esquiva et devança sa mère au portail, hurlant que son homme était devenu.

 Avant que le jour se fut levé, Prénam et sa mère étaient bien loin de domicile de Wiyao le sergent.  Ce dernier en souffrira quelques jours, mais se dit-il, « au moins, cette vieille paysane ne reviendra plus lui pourir la vie avant bien longtemps. Pour sa femme, il trouvera sûrement le moyen de la faire regagner le domicile conjugal. »

    Une belle-mère, disait-on par le passé, était même plus chère que sa femme à soi. Mais depuis que la vie chère a pris place dans les quotidiens, tous les moyens sont bons, pour se débarrasser de certaines d’entre elles.
 
                                Gbégnédzéanyi.


Le coup de frein à la dynamique burkinabé

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    Quand même le statut de pays démocratique ne suffit plus pour se sentir épargné de la furie des barbus d’AQMI, à quoi devra-t-on s’attendre pour ce qui est des pays ou la gouvernance tangue?

    Une révolution presque enviable, une transition presque parfaite, assortie d’élections présidentielles exemplaires, voilà qui, au vu du théâtre qui se joue actuellement à Ouagadougou, semblait trop beau pour un continent comme le nôtre, quand on sait que le meilleur n’a pas toujours été le principe dans le quotidien de l’Afrique.

    Au soir de ce vendredi 15 janvier 2016, alors que tout le continent venait de prendre connaissance de la formation du nouveau gouvernement à l’issue des presque parfaites élections présidentielles au « pays des hommes intègres », l’on s’est juste senti tombé d’un peu haut, à la tombée de la nouvelle de ce que l’on pourrait appeler le « remake » du Radisson blue de Bamako.

    En effet, se sentant trop absent dans le quotidien de ce pays pour lequel tout semble trop bien marcher, les djihadistes de AQMI, entendez Al-Quaïda au Magreb Islamique n’ont trouvé mieux que de s’attaquer au restaurant « Kapuchino » puis à l’hôtel « Splendide » de Ouagadougou.

    Ces barbus doivent sûrement avoir senti recevoir un coup à l’orgueil. Eux qui sont devenus un sujet de préoccupation internationale, eux qui sont devenus si importants dans le landerlot politique de certains États, comment ont-ils pu ne pas saper la trop bonne dynamique de ce pays qu’est le Burkina? Comment avaient-ils laisser ce pays prospérer au point de se voir octroyer le titre de « meilleur élève au cours de démocratie »!?! Il fallait donc se rappeler d’existence aux uns et aux autres; et c’est ce qu’ils ont fait.

    Selon les informations dont on dispose, aux environs de 19h30, des hommes armés investissent le « Splendide hôtel » de Ouaga. Ils tirent des rafales aux fins de terroriser les occupants de l’hôtel et s’engouffrent dans les locaux de l’établissement. Selon les dires fe Yaya BOUDANI, correspondant de Radio France International à Ouagadougou, « les assaillants ont pris soin de ne laisser s’échapper aucun des occupants de l’hôtel. »

    À l’heure où nous sommes, on sait juste qu’une soixantaine d’otages ont été libérés, pour une vingtaine de morts et un peu plus d’une trentaine de blessés.

    Voilà un bien triste bilan pour un pays que l’on n’a pas encore fini de donner en exemple. Un pays que jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’on a toujours considéré comme le meilleur élève au cours de démocratie, sur ce continent où le quotidien ne devient que trop lassant, où l’on a une insatiable envie de voir un truc nouveau.

    On sait que le Burkina est un pays qui n’a pas une tradition très musulmane comparativement à ses autres pairs sahéliens. Un pays qui ne devrait pas être très facilement convertible, si tel était le dessein projeté par les djihadistes. Alors pourquoi dont aller s’exercer sur un théâtre où ils n’auraient pas grand-chose à gagner. À mon humble avis, il n’est pas bien important pour l’heure de s’atteler à cette question. L’idée à laquelle il faudra se faire, c’est que désormais aucun pays absolument ne se trouve plus à l’abri des envolées belliqueuses de ces « fous d’Allah ». Ils pourraient désormais, choisir de s’essayer au Togo, de secouer le Bénin, de visiter le Ghana, ou encore de retourner au Mali. Ce genre d’inquiétude se résume si bien dans les mots de ce passant à qui la Rfi a tendu son micro:  » ça pourrait être n’importe où! Ça pourrait être au marché! Je pouvais être là-bas! »

    La sécurité, cela me parait la chose la plus enviable pour un pays. S’il venait à la perdre, que lui resterait-il si n’est se retrouver écartelé entre bandes armées, telle la Lybie, telle la Syrie?

Gbégnédzéanyi.


BOKO est HARAM et pourtant…

Chers tous et toutes, tenez mes civilités les plus distinguées. Le genre de truc que tout bon campagnard sait faire le mieux, du moins dans le sud de mon Togo natal. Ici comme ailleurs l’on a depuis un bon moment maintenant appris à copier les …. Il paraît que c’est chez eux que l’on se dépasse sans se lancer le moindre bonjour. Moi yé sai pas oooh !    Bon…


Évala : l’autre fête nationale du Togo

« Il n’est d’éternellement beau que ce qui ne peut servir à rien. » Disait Théophile Gautier Si cet homme revenait tout de suite à la vie et se décidait à visiter mon pays le Togo, il se rendrait à l’évidence qu’il s’était leurré et qu’il a mené plein de gens en bateau. Il verrait par lui-même qu’il est de ces choses éternelles qui dans nos Républiques bananières, s’étaient imposées comme hyper belles, et qu’elles n’ont depuis toujours, servi à quelque chose d’éternellement « bien »: la cause nationale notamment.


  En ce début de vacances d’été et depuis que mon pays fut, il y a toujours eu ce moment de trêve où le fonctionnement de l’administration se plonge en hibernation. Ce moment où la cause nationale s’impose et jette presque tout à l’arrière-cour des priorités. Il s’agit en effet de cet instant où il ne convient pas d’avoir quelque besoin que ce soit, surtout à devoir se faire servir de manière pressante par l’administration togolaise; sinon tant pis. Bref, presque tout l’appareil d’Etat se met en vacance.

Voici donc! Moi, j’ai fréquenté à l’école primaire privée laïque « les Abeilles ». J’ai eu d’assez bons maîtres. Ils se sont même mis en quatre pour recenser nos fêtes traditionnelles propres au Togo et nous les enseigner; le devoir les y contraignant. Je me suis donc donné la peine d’en retenir la majeure partie. Il s’agit entre autres, de Dézan (fête du palmier), Ayizan (fête du haricot), D’pontr (fête des ignames), Agbogbozan (fête de la muraille agbogbo), Adzinoukouzan, Kpéssôssô (fête de la prise de la pierre sacrée), mais aussi et surtout Évala ! C’est pourquoi cette dernière a suscité le plus mon intérêt, vous comprendrez bientôt.

Retournons encore une dernière fois dans mes classes de primaire pour rappeler que mes maîtres ont également pris le soin de me montrer la différence entre ces fêtes traditionnelles et les fêtes nationales qui requièrent l’intérêt de tous sans distinction. Seulement, voilà ! Depuis toujours, les choses ont donné l’air de donner tort à ces gars qui auraient commis le péché de changer de place à l’une de ces réjouissances villageoises, qui en fait, a plus une apparence de fête nationale. Il s’agit en effet de la fête « Évala » en pays Kabyè.

Ce qui saute aux yeux du profane, lors de cette fête, c’est de voir de jeunes garçons, qui dans un élan d’initiation se mettent deux à deux pour rivaliser d’ardeur au travers de vives empoignades avec en fond sonore un joyeux vacarme. Un bruit digne de « montagnards » sortis tout droit de la préhistoire: c’est Hamadou KOUROUMA qui a dit.

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« S’il m’était donné d’opérer une nouvelle classification des fêtes dans mon pays, « Évala » serait érigé en fête nationale; je vous en conjure! »

Voilà en fait une fête traditionnelle qui a depuis toujours eu le privilège de s’apparenter à une chose publique. Elle a même acquis des « prérogatives de puissance publique »; les fameuses « 3P », chères à tout apprenti juriste.

Évala est la seule fête traditionnelle qui au Togo, bon gré mal gré, mobilise les plus grosses pointures de l’appareil d’Etat. Durant cette fête, les fauteuils de l’administration restent vides pendant plusieurs jours : un air de vacances tombées de nulle part flotte sur me pays. Vous savez enfin mieux que moi qu’il n’ y a que pendant Évala que nos écrans de télé sont pris en otage par d’intrépides empoignades avec la collaboration essentielle de la Télévision togolaise, notre chaîne nationale.

Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira de vous toute sorte de mal pour avoir assisté à Évala! Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande à la cour royale.

Au-delà de tout, voici mon inquiétude. Moi je rêvais d’être président de la République. Mais depuis que je me suis fait à l’idée que le nombre de mandats présidentiels n’est pas près d’être limité, je me suis ravisé. Sinon, si j’avais pu accéder à la magistrature suprême, j’aurais élevé la fête traditionnelle de chez moi à ce pôle d’attraction. Jean-Pierre est mon ami. Plus courageux que moi, il se présentera envers et contre tout à la prochaine élection présidentielle. Et si par un heureux hasard il gagnait (le rêve étant permis), il voudrait faire de même pour la fête traditionnelle de chez lui. Puis Agossou quand il y sera, puis Akpénè, puis Tchilalo, puis Kampatib, puis Wiyao, puis Nathalie, jusqu’à la lie.

Le Togo, une démocratie normale.

Gbégnédzéanyi.


GUELI Koffi ou la pépite qui aiguise les appétits

Crédit-photo: Arnaud BOCCO

Rompre avec la monotonie des frustrations politiques qui tapissaient nos colonnes, stigmate de combats rondement menés sans aucun espoir de les remporter, et baigner dans un environnement nettement plus reposant, voilà ce qui nous a poussé à trancher littéralement avec ce que nous avions l’habitude de vous proposer. Pour ce faire, « le point de l’observateur » s’est donc mis en quatre pour vous recueillir les mots d’un jeune footballeur togolais, qui, par ses prestations draine pas mal d’attentions vers Bâta en Guinée équatoriale où nous avons du nous rendre. GUELI Koffi répond donc aux inquiétudes qui doivent sûrement être les vôtres en ce moment précis où il semble en passe de se faire enrôler sous le drapeau d’un pays autre que le sien. Voici son coup de gueule.

-GUELI Koffi, bonjour.

-Bonjour monsieur.

Comment vous allez?

    –Bien bien!

Après être passé brièvement dans l’élite togolaise, vous avez parcouru entre autres le Stade Mandji de Port-gentil au Gabon, le Rayon Sport de Kigali, l’ASFA Yenenga du Faso et aujourd’hui, vous êtes au Déportivo Mongomo de la Guinée équatoriale. Alors, la première question qui nous vient à l’esprit est de savoir quelle comparaison vous en faites avec la division première togolaise.

    –Merci. Le championnat togolais a un bon niveau, mais les moyens manquent. Par contre ici, le niveau n’est pas mal et vous avez du voir par vous-même, c’est plutôt bien organisé.

Quand vous dites que les moyens manquent au Togo, qu’entendez vous par ce manque de moyens?

    –Les clubs togolais ne sont pas structurés comme il le faut et les subventions accordées aux clubs ne leur permettent pas de réaliser de grandes choses. C’est au Togo seulement que vous pouvez encore voir un joueur avec un salaire en bas de cent milles francs CFA.

Ah oui? C’est dire que vous gagnez beaucoup ici maintenant! Non? Ça doit faire rêver là!

    –Pas mal pour moi! Pas mal! Je ne me plains pas de ma situation.

Alors, pour faire beaucoup plus sérieux, dites-nous, comment se déroule votre saison ici au Déportivo Mongomo? Vous avez suffisamment de temps de jeu? Vous avez combien de buts à votre actif?

    –Bien bien pour le moment! Au début je n’avais pas assez de temps de jeu, mais aujourd’hui Dieu merci, je suis au devant de la scène avec huit buts en douze matchs de championnat et deux autres buts en trois matchs de coupe de la Guinée.

On dit de vous que vous avez le flair du but, cela se confirme-t-il comme cela?

-Tout va bien pour le moment, et comme on ne pas danser et se voir soi-même entrain de le faire si bien, je remercie seulement Dieu et je laisse les commentaires se faire!

Cela vous dirait de mettre ce talent au service de la sélection nationale togolaise?

    –Pourquoi pas? Le rêve de tout jeune, c’est d’arborer la tunique de son pays, donc si l’occasion le permet, je dirai Dieu merci!

Vous semblez donc disposé à répondre à l’appel de votre Togo natal, mais seulement voilà, il y a quelques jours, le président du Déportivo Mongomo en la personne de CANO l’artiste, intime l’ordre à GUISON Blaise votre coach, lui qui ne semblait pas très imbu de vos prestations, ce qui plus tard lui coûtera d’ailleurs son poste, de vous faire jouer en quart de finale de la coupe de la Guinée. Vous profitez pour mettre une fois encore tout le monde d’accord avec un but et une passe décisive. À la fin du match le sélectionneur du N’zalang national vous invite à faire partie de son écurie, le président de la fédération reviendra également à la charge. Pendant ce moment, dans la mère patrie, l’on ne se bouscule pas pour mieux faire les choses, voire vous convoquer en sélection. Ce doit être bien tentant pour vous non? Seriez-vous prêt à servir sous les couleurs d’une autre nation?

    –Servir une autre nation en effet, ne m’est jamais venu à l’esprit. Mais aujourd’hui, je fais face à une situation délicate. Mon seul souhait c’est d’arborer la tunique de mon pays, mais voilà que rien ne bouge du côté du 228 pour le moment. Et puisque << nul n’est prophète en son pays>>, si pour l’heure, mon pays ne me fait pas confiance et qu’un autre veut profiter de mon talent, tant mieux! À défaut du chien, on amène le chat à la chasse! Il t’aidera à attraper ne serait-ce qu’une souris!

En servant sous un drapeau étranger, êtes-vous sûr de pouvoir le faire à coeur joie?

    –Servir sous les couleurs d’une autre nation, ce peut être possible si cette dernière reconnaît votre valeur!

Tout semble dit!
    Alors, parlons un peu de vous. Pour un footballeur du sud du Sahara, vous avez plutôt un remarquable speech! Comparativement à vos homologues qui n’ont pas cette facilité d’expression dans la langue de Molière! Sans toutefois vouloir nous montrer indiscret, nous est-il donné de connaître votre niveau d’étude?

    –Sans me vanter, je sais que j’ai fréquenté, mais pour mon niveau d’étude, je n’en parle pas souvent.

GUELI Koffi, nous arrivons presque à la fin de notre entretien, voudriez-vous profiter de notre micro pour dire un mot à des proches? On sait que vous avez un frère qui a tout donné pour que vous arriviez au niveau où lui n’a pas pu en tant que gardien de but, vous avez également un petit neveu qui ne jure que par vous malgré toute la pléiade de stars qui existent aujourd’hui dans le monde du football, puis vos parents et vos amis, qu’ avez vous à leur dire?

-Je voudrais à travers votre micro, tout d’abord vous remercier pour le boulot que vous abattez pour l’évolution du football africain en général et celui du Togo en particulier. Un grand merci à tous ceux qui de près ou de loin ne ménagent aucun effort pour ma réussite; mon frère, mes soeurs, mes neveux et nièces. Mes entraîneurs, et présidents par qui je suis passé ne sont pas du reste. Je ne puis citer tout le monde, donc merci à tous et surtout à vous autres hommes de médias qui faites de nous ce que nous sommes. Merci et que le Tout Puissant nous protège pour un lendemain meilleur.

GUELI Koffi, merci.

    -Je vous en prie.

GUELI Koffi a dit.


« Afôkou » ou danger: Nkurunziza crie au malheur

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Confectionner ses ambitions à proportion de ses moyens et à la mesure des possibilités dont on dispose, cela ne doit sûrement avoir que du bénéfice.

En annonçant ce mercredi 12 mai 2015, sur les ondes d’une radio privée, la destitution du président de la République, le général Godffroy NYOMBARÉ, accompagné d’une poignée de hauts responsables de l’armée burundaise, eux tous profitant des mouvements de contestation relatifs au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA, croyaient sûrement pouvoir venir à bout de ce régime après seulement quelques jours de combat autour des médias d’Etat essentiellement. C’était sans compter avec la détermination de la garde présidentielle et des équipements dont elle était pourvue.

Sans même s’assurer de ce que ces mutins seraient à même de remporter la partie, la presse internationale, dans un élan de fuite en avant a commencé à peindre un paysage digne d’un après Pierre NKURUNZIZA. Même des journalistes aux voix nettement plus autorisées sont allés si vite en besogne en prophétisant qu’il ne resterait plus au président burundais qu’à obtenir l’asile politique auprès de son homologue tanzanien, qui lui, se devrait de le retenir. L’on voudrait bien savoir au nom de quel principe!

Seulement voilà que telle une vulgaire buchette d’allumette, la mutinerie qui a eu la bien malheureuse inspiration de se greffer sur une contestation populaire tout aussi moribonde, s’est éteinte devant le surarmement, si j’ose m’exprimer ainsi, de la garde présidentielle. Tout cela ne fait pas du tout bon pour la démocratie africaine en générale, et pour l’équilibre du Burundi en particulier.

A présent tous ceux qui commettaient la légèreté de banaliser un coup d’Etat, devront se faire à l’évidence qu’il s’agit en fait d’une chose qui se prépare, d’une entreprise qui se réfléchit mûrement. Suis-je presque tenté de dire: ou ça passe, ou ça passe.

Toutes les populations des autres États d’Afrique qui oseraient se laisser contaminer par le syndrome du 30 octobre burkinabé, devraient réfléchir par plusieurs fois au dessein qu’elles seraient tentées de projeter. Je pense à la RDC, au Congo Brazza, et pourquoi pas au Togo?

Et ensuite?

  Ensuite, il conviendrait de constater avec regret que c’est un boulevard qui s’ouvre devant la furie répressive du président NKURUNZIZA Pierre, qui sûrement devrait considérer qu’il faisait juste un tarif minimum à l’endroit des populations contestataires de son projet de troisième mandat.

Déjà que monsieur Pierre est revenu de sa cachette beaucoup plus ragaillardi que jamais, avec la confiance et la détermination de celui qui a su triompher de ses ennemis, et que les plus grosses pointures de la mutinerie commencent à être mis au « gnouf », le peuple burundais devrait avoir bien du souci à se faire.

Le troisième mandat tant désiré par le président devrait être obtenu sans grandes difficultés, les libertés publiques devraient être encore plus mises à mal et dans cette morosité réelle, c’est la population qui se trouverait beaucoup plus martyrisée.

S’il est un conseil que je puis donner à Pierre N’KURUNZIZA, c’est de se montrer tolérant envers ses dissidents, et s’il se sent beaucoup trop orgueilleux pour devoir se priver d’un troisième mandat présidentiel, il devra s’atteler à organiser un scrutin électoral propre et dépourvu de toute souillure. Il devra avoir le courage de s’éclipser au cas où l’on ne votait pas pour lui. Il n’y a que comme cela qu’il pourrait confirmer qu’il n’est pas en fait le dictateur sanguinaire que l’on disait de lui.

Gbégnédzéanyi.

Gnouf: prison (dans le langage militaire d’Afrique).

« Afôkou »: Danger en Éwé (vernaculaire parlé dans le sud du Togo.)

Gbégnédzéanyi: j’ai dit en Éwé


Chronique d’une victoire aux antipodes de la normale: Faure triomphe sans gloire

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Crédit photo: Arnaud BOCCO

Êtres humains normalement constitués, à l’état de nature sujets à orgueil, à fierté et à imposture, nous savons tous l’envie que cela donne que de vouloir faire savoir à tout le monde lorsque nous réalisons un exploit hors de l’ordinaire. Un examen de réussi, nous espérons être congratulés de tout le monde. Un geste inhabituel de réalisé, l’on se doit de nous aduler! Même pour d’irrecommandables insanités commises, l’être humain cherche parfois à être reconnu de ses semblables: un air de défi s’il en est, aux bonnes moeurs. Mais ce qui devrait frustrer, intriguer et donner à réfléchir à tout individu doué de raison et de toute la jugeote possible, c’est de devoir réaliser un exploit à la mesure d’une élection présidentielle remportée, et de ne susciter même pas les ovations de ses pairs. C’est en substance la pièce de théâtre qui se joue actuellement au Togo, chez moi.

Ce mardi 28 avril 2015, la Commisson Electorale Nationale indépendante (CENI), par la voix de son président  IssifouTaffa TABIOU proclamait les résultats du scrutin présidentiel auquel les togolais ont plus ou moins participé sur l’ensemble du territoire de ce tout petit État d’Afrique de l’ouest, qui par ses agissements et ses frasques, se montre parfois assez atypique par rapport à ses voisins immédiats, et pas seulement.

 

Sans toutefois vouloir m’appesantir sur ces sempiternelles bruissements d’élections truquées, de bourrage d’urnes ou de fichier électoral corrompu dont moi citoyen lambda je n’ai d’ailleurs pas la preuve, une seule et unique chose qui bouscule sans cesse ma quiétude, est l’apparente indifférence des chancelleries internationales à l’égard de la victoire du président Faure.

 

Nous savons tous le ballets auquel ces gens se livrent à l’égard de leurs pairs; excès de zèle oblige, lorsque ceux-ci, consciemment, ou, le plus souvent par maladresse, se rendent capable du meilleur.

 

Appels téléphoniques par ci, messages de félicitation par là, réchauffement des relations internationales plus loin, et j’en passe  et des meilleurs. Mais dans le cas du Togo, presque rien de tout cela à l’issu du verdict final.

 

Cette élection que le président, « Miabé Faure » (« notre Faure ») a remportée haut les mains, sans bavure, sans infusion de sang, sans même la moindre contestation solide, lui qui est né pour gouverner ce pays, lui qui sur tout ce territoire est le seul capable de conduire comme il se doit les destinées de cette nation, l’on se demande pourquoi les grands de ce monde restent si timides à son égard. L’on s’intrigue à la seule idée de ne pas les voir se livrer à l’exercice d’accoutumée auquel les relations d’égal à égal les oblige.

 

L’on se rappelle qu’avant même que les résultats annoncés aux togolais ne soient livrés à la stupeur de tous, des intermédiaires à la personne des présidents ivoirien (Allassane OUATARA) et ghanéen (Dramani MAAMA) ont du venir appuyer sur l’accélérateur de la commission électorale. Même ceux-ci n’ont daigné officiellement congratuler leur homologue togolais.

 

Même la France qui reconnaissait sans la moindre hésitation la victoire d’Allassane OUATARA dans le dernier scrutin présidentiel de la Côte d’Ivoire, a préféré retourner à sa vieille tradition de prudence en ce qui concerne l’ingérence dans les affaires intérieures d’un État tiers. Seul le représentant des Nations Unies en Afrique de l’ouest, Mohamed Ibn CHAMBASS a feint de reconnaître la victoire de Faure  dans un chuchotement à peine perceptible de la fameuse formule d' »élection crédible, transparente et équitable. »

 

L’on est au comble de la forfaiture: un air de foutage de gueule savamment orchestré.

 

Et après?

 

Et puis après, mais rien!
Le lendemain matin, l’air cachant mal le sentiment de dépit qui les animait, le mécanicien du quartier était à son poste de travail, le menuisier à califourchon sur le toit de l’immeuble en construction, le « zémidjan-man » avait sa moto enfourchée entre les jambes.
Même l’opposition politique, si fidèle à ses habitudes contestataires s’est vue prise à contre-pied. Elle n’a même pas eu le temps de râler comme d’habitude. Et dans la foulée, la cour constitutionnelle a confirmé le résultat que l’on disait provisoire.  Le président déclaré, sans tambour ni trompette  et dans la stricte intimité de son parti a ensuite prêté serment, puis c’est reparti pour cinq autres longues années de gouvernement à « la sauce Faure. » N’allez pas me demander ce qu’est « la sauce Faure »! Sinon, suivez mon regard…

 

  Et alors?

 

Et alors, mais plein de choses! En attendant que l’opposition togolaise se dote de réelle stratégie politique pour espérer contrer les aspirations du pouvoir en place, le président Faure devra le plus tôt possible s’atteler réellement aux préoccupations de l’heure.

 

Il s’agit en effet de se mettre au diapason des exigences démocratiques qui par ces temps d’ouverture d’esprit, se résument à la limitation de mandats à deux au maximum.

 

Faudra-t-il ensuite solutionner les nombreuses, réelles et indispensables aspirations du fonctionnaire togolais lambda qui menace de reverser dans ses mouvements de grève à répétition; lui qui paradoxalement, aurait préféré renouveler sa confiance au prince.

 

Le président Faure devra enfin jeter un regard de compassion du côté de l’apprenant togolais qui jusqu’à ce jour se demande toujours si étudier est pour lui un droit, ou une faveur à lui octroyée par la clémence de ses dirigeants. Tout cela fait vraiment beaucoup. Et il n’y a que comme cela que l’on ne nous traitera plus de pays démocratique, juste par charité chrétienne.

Gbégnédzéanyi.

 

Miabé Faure: l’un des nombreux slogants de campagne du président Faure.
Zémidjan-man: conducteur de taxi-moto.


Que la lumière soit…

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Comme toutes les semaines, les juristes en gestation de la Faculté De Droit de l’Université de Lomé, armés de leur courage indien et persuadés que le meilleur pour eux reste à venir, se sont encore empaquetés dans l’amphithéâtre A Droit, bravant la chaleur accablante et l’insoutenable inconfort pour suivre leur traditionnel cours des « entreprises en difficultés ».

A peine avait-on commencé par lire les premières lignes que piouf!!! Haut-parleurs et microphones se sont décidés à ne plus émettre de leur son. De quoi frustrer enseignant et apprenants contraints à partir de cet instant à jouer malgré eux au jeu de cache-cache auquel la Compagnie Énergie Électrique du Togo les obligeait. Cet état de chose a dû me rappeler un éditorial que mes oreilles ont surpris à la Radio France International il y a quelques années. Appréciez avec moi la faculté qu’ont les penseurs de ce continent de pouvoir rappeler par le simple coup de plume, à nos dirigeants, leurs incapacités et pourtant!

<< Que de pénurie de leadership! Disons éclairé, de ne pas entendre les messages de rugissement du fleuve Congo est tout au moins le signe d’une incurable surdité.

 Mais comment demander à des dirigeants qui n’ont rien su tirer de l’énergie et de la vitalité de leur jeunesse, de faire accoucher à la nature le courant pour y radier une économie qui en réclame pour décoller? Certes, il arrive à des États relativement bien gérés tels l’Afrique du sud, d’être durement atteints par les pénuries, et donc le délestage. Mais tous ne sont pas atteints de la même façon.

 Au fond, le taux de couverture d’un pays en termes d’énergie électrique permanente pourrait être un critère de mesure, sinon de bonne gouvernance, du moins, de la volonté des gouvernants de développer leurs nations.

 Dites-moi combien de barrages vos dirigeants ont construit et je vous dirai quels rêves ils nourrissent pour votre peuple.

 Dès 1961, Kwame N’KRUMAH à qui l’on reprochait beaucoup ses rêves de grandeur, a fait construire sur la volta dans les gorges d’Akossombo, le fameux barrage hydroélectrique du même nom. Les principaux voisins du Ghana dépendent encore aujourd’hui de l’électricité produite par cet ouvrage.

 Abidjan, Brazza, Dakar, telle une maladie honteuse, l’épidémie de délestage gagne les capitales africaines les unes après les autres. La présence du courant électrique devient un luxe dans les maisons et les entreprises surtout les plus petites n’en finissent pas de dépérir du fait de l’incapacité à produire de manière régulière.

 À quoi sert-il de parler de développement, si l’Afrique ne peut s’offrir l’énergie nécessaire à son industrialisation? Voilà cinquante ans que l’on nous vante le site d’Inga, dont le débit exceptionnel du fleuve Congo suffirait à alimenter toute l’Afrique sub-saharienne.
 
 Éternel projet dont le seul handicap est d’être situé en Afrique noire et pas en occident ou en Asie.

 INNNGA!!! Son nom résonne dans nos têtes comme une affligeante preuve de l’incapacité de nos dirigeants à réellement se mettre ensemble pour sortir leur peuples des ténèbres.>>

Jean-Baptiste PLACCA a dit!

Gbégnédzéanyi.