Bassératou

Le mariage des enfants, une triste réalité!

Elle n'a souvent les yeux que pour pleurer
Elle n’a souvent les yeux que pour pleurer.

Le mariage. Ce lien sacré entre un homme et une femme est une des étapes de la vie les plus souhaitées dans les sociétés, surtout africaines. La vie à deux dans un foyer semble obligatoire dans certaines contrées. Comme le Niger. Malheureusement dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest, le phénomène du mariage précoce demeure une triste réalité, malgré les campagnes de sensibilisation expliquant les conséquences néfastes que cela peut engendrer. « Le Niger est un pays à forte dominance islamique, et le mariage est une nécessité voire une obligation », souligne  un journaliste nigérien.

Il est évident que les femmes qui ne sont pas mariées sont stigmatisées par la société». Si bien que dans certaines localités éloignées et même dans la capitale, beaucoup de jeunes filles dès l’âge de 11 ou 12 ans sont contraintes au mariage pour honorer la famille. C’est d’ailleurs une question de tradition de marier les jeunes filles de «très bonne heure» dit-on au Niger. La loi nigérienne n’est nullement contre le mariage précoce puisqu’elle l’autorise à partir de 15 ans. A cet âge, une jeune fille doit se trouver sur les bancs de l’école. Malheureusement, le  Niger selon l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance) a le taux le plus élevé au monde de mariages précoces.

Les statistiques révèlent qu’une fille sur trois est mariée avant l’âge de 15 ans et 75 % des femmes de 20 à 24 ans sont mariées avant l’âge de 18 ans. Le phénomène est si tenace que malgré les efforts consentis par les organisations internationales telles que l’Unicef, le mariage des enfants persiste. Une triste réalité qui démontre une fois de plus le difficile combat pour l’éducation de la jeune fille et par ricochet l’épanouissement de la femme dans certains endroits de l’Afrique. Il faudrait tout de même garder espoir!

Bassératou KINDO


Burkina Faso : le non au référendum sur les réseaux sociaux

charles,Journaliste et blogueur, ce jeune Burkinabè vit depuis peu en Belgique. Engagé et partisan de la paix, de la liberté de presse et d’expression, il a lancé une campagne le 19 mai  2014 contre la tenue du référendum sur les réseaux sociaux notamment sur Facebook, Twitter… Un référendum, si toutefois, il est tenu, permettra au président burkinabè Blaise Compaoré, de briguer un troisième mandat. Charles Samir Somé nous parle justement de son initiative et de ce qu’il pense de la situation politique nationale.

Depuis une semaine, vous avez lancé une campagne contre le référendum sur les réseaux sociaux. Pourquoi une telle initiative ?

Avant tout propos je voudrais vous remercier pour l’intérêt que vous portez à cette campagne. Je tiens à préciser qu’au départ, l’idée n’était pas une campagne, mais une volonté personnelle d’exprimer sur Facebook mon refus du projet du référendum au Burkina Faso. Vu l’intérêt qu’a suscité ma publication du 19 mai auprès de mes amis (es) sur Facebook, l’idée nous est venue d’en faire une campagne. « C’est le lieu pour moi de dire merci à toutes ces personnes qui ont adhéré à l’idée et qui continuent de le faire massivement jusqu’à présent. Je voudrais dire un merci particulier à Ramata Soré, ma grande sœur chérie, pour son apport au succès de ce concept. La campagne antiréférendum dénommée : « Je dis NON et toi ? » est avant tout une action citoyenne.

Cette campagne vise à réaffirmer à l’opinion nationale et internationale le refus du peuple burkinabè dans sa grande majorité de toute tentative de modification de la Constitution en son article 37 avant 2015. Au regard de l’actualité politique nationale, le président du Faso et ses partisans ne dissimulent plus leur volonté de passer par un référendum pour sauter le verrou de l’article 37 afin que Blaise Compaoré demeure au pouvoir après 27 ans de règne. Nous estimons qu’il est temps que ceux qui sont contre le référendum expriment aussi et à visage découvert leur désapprobation et leur rejet systématique vis-à-vis d’une telle mascarade. D’où le lancement de la campagne « Je dis NON et TOI ? »

Les images de la campagne, c’est-à-dire les photos des personnes qui refusent le référendum sont sur un fond noir. Y a-t-il un sens à une telle disposition ?

Il n’y a pas de signification quelconque par rapport aux couleurs des affiches que nous publions.

Quels sont les objectifs que vous poursuivez à travers cette campagne ?

Il s’agit dans un premier temps de mobiliser le plus grand nombre de Burkinabè à travers le monde via les réseaux sociaux afin qu’ils s’expriment sur ce projet . Dans un second temps, il s’agit d’empêcher la tenue du référendum comme le souhaite le pouvoir en place et le cas échéant inciter les électeurs à voter NON.

Depuis le lancement combien de personnes ont adhéré ? 

A ce jour, il est difficile d’estimer le nombre exact d’adhérents. Quant aux demandes, elles affluent quotidiennement si bien qu’on peut se dire par moment débordé.

Internet, on le sait, n’est pas accessible à un grand nombre de personnes au Burkina. Pensez-vous que le message atteindra une certaine cible, comme les populations rurales ?

C’est évident que, Internet et notamment les réseaux sociaux sont toujours réservés à une certaine catégorie de personnes dans des endroits précis. Mais nous pensons que les internautes burkinabè, aussi minime que soit leur nombre serviront de relais auprès de ceux qui n’ont pas la chance d’avoir accès à cet outil. Parce qu’il faut que chacun s’implique à quelque niveau que ce soit pour qu’au moment venu que tout le monde soit au même niveau d’informations et qu’ensemble comme un seul homme nous disions non à ce projet mafieux.

Est-vous satisfait de votre initiative ?

Pour le moment je ne parlerais pas de satisfaction. Je dirais plutôt que je suis agréablement surpris par l’envergure de cette campagne et l’engouement que cela suscite auprès des utilisateurs de Facebook. Il faut rappeler que c’était au début une initiative personnelle.

D’une façon générale, quelle est la lecture que vous faites de la situation socio-politique du Burkina Faso.

Il est évident, selon moi que le peuple burkinabè a soif de changement à tous les niveaux. Raison pour laquelle le régime Compaoré doit faire preuve de responsabilité en acceptant ce besoin de changement afin d’éviter de mettre en péril la cohésion nationale.

Avez-vous la certitude que le référendum n’aura pas lieu au regard des démarches et des convictions certaines du parti au pouvoir ?

Il serait prétentieux de ma part de certifier que le référendum n’aura pas lieu. C’est justement pour cette raison que nous devons rester vigilants et continuer la mobilisation contre ce projet impopulaire et inopportun.

Charles K. Somé est très critique sur certaines questions politiques. De quel bord politique est-il ?

A ce jour, je ne milite dans aucun parti politique

Qui êtes-vous justement ?

Un citoyen burkinabè ordinaire. Un patriote épris de justice, cyber activiste. Blogyeur sur www.borromee04.wordpress.com et administrateur de la page Facebook Espace De Liberté

 Selon beaucoup de personnes 2015 est une année de tous les dangers pour le Burkina, qu’en pensez-vous ?

De façon générale en Afrique, les années électorales sont parfois redoutées à tort ou à raison. Le sort du Burkina Faso en 2015 est entre les mains des acteurs politiques. Pour ma part, j’ose croire qu’ils feront preuve de maturité politique avec pour objectif principal l’intérêt national.

Quel est donc votre souhait ?

Mes souhaits sont simples : pas de référendum. Pas de révision de l’article 37. Pas de Sénat.

Et du changement 2015.

Interview réalisée par Bassératou Kindo


Passeports diplomatiques : En avez-vous vraiment besoin pour convaincre le peuple ?

passeportMardi 22 avril 2014 sur la toile et dans certains journaux. La nouvelle est «triste». Certainement pour des responsables du dernier des partis politiques, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Des leaders de ce parti, démissionnaires du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) parti au pouvoir, notamment Clément Sawadogo et Victor Tiendrebeogo par ailleurs Larlé Naaba, ont été informés de l’annulation de leur passeport diplomatique. Pourquoi?

 

Les raisons vont d’un sens à un autre. Quant aux commentaires que ce soit sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter…, les sites internet ou même dans les grins de thé, chacun va de sa compréhension sur la situation.Si les uns estiment qu’il est tout à fait normal de retirer ce «sésame» à certains d’entre eux parce qu’ils ne remplissent les conditions de le posséder, comme cela se fait habituellement, d’autres par contre pensent qu’il s’agit de leur barrer la route de Kossyam. Autrement dit, leur empêcher d’aller à la conquête de l’électorat au niveau extérieur. Pour Djibril Bassolet, cela semble être de bonne guerre de retirer le passeport diplomatique à certains leaders du MPP puisque, dit-il: «ces derniers effectuent des missions à l’étranger pour salir l’image du Président Blaise Compaoré et dénigrer le Burkina Faso».

En clair, la raison du retrait du document diplomatique dont les privilégies, aussi paradisiaques soient-ils, est tout simplement d’empêcher les MPPiste d’aller dire du mal de Blaise Compaoré à l’extérieur du pays. Une sanction? Une mesure répressive? Décrie-t-on au niveau de l’autre camp.

Mais a-t-on vraiment besoin de ce document pour mener à bien des missions? Est-ce une décision surprenante quand on sait que ce sont les mêmes qui infligeaient les mêmes torts –s’il en est- à ceux qui étaient contre leur gestion du pouvoir? N’ont-ils pas, eux aussi fait des victimes dans ce sens ? Ce petit privilège est-il donc plus important que leur engagement à vouloir offrir plus que le meilleur au peuple burkinabé dont ils se glorifient ?

Aussi, combien de Burkinabé qui se battent jour et nuit pour le rayonnement du pays n’ont jamais possédé de passeport diplomatique mais ne s’en sont jamais plaints? Ne devaient-ils d’ailleurs pas le restituer dès lors qu’ils ont quitté leur fonction, dès lors qu’ils ne cautionnent plus le système? Si bien que certaines personnes estiment qu’ils auraient dû avoir honte de se plaindre.  La rupture de confiance étant établie entre eux et Blaise Compaoré qui est «le propriétaire» des passeports diplomatiques, il devrait savoir que ce dernier ne leur permettra plus d’aller parler en son nom. Et même contre son nom et la diplomatie qu’il incarne.

Qu’à cela ne tienne, ces désormais anciens diplomates burkinabé en quête du pouvoir ont-ils nécessairement besoin de passeport diplomatique pour battre campagne? N’y a-t-il pas d’autre priorité que ce «papillon»? La politique, c’est aussi cela. User de tous les moyens pour contrecarrer l’adversaire et ceux qui se sont vu retirer le passeport le savent mieux que quiconque. Autant donc se ressaisir pendant qu’il est temps pour gagner la confiance des Burkinabé dont certains commencent déjà à douter de la bonne foi des leaders du «bébé» des partis de l’opposition.

Bassératou KINDO


Réparation de clitoris, bientôt un hôpital à Bobo

Malgré les mesures répressives, l’excision se pratique toujours de façon clandestine au Burkina Faso, avec toutes les conséquences que cela comporte pour les victimes. Afin d’aider à juguler les effets de cette pratique, Bobo-Dioulasso abritera bientôt un hôpital de réparation des clitoris. L’ouverture de l’établissement est prévue pour le 7 mars 201DSC065664, sous la présidence de la Première dame du Faso, Chantal Compaoré.

C’est désormais une réalité. Longtemps en construction dans la ville de Sya vers la sortie, sur la route de Banfora, l’hôpital de réparation de clitoris en Afrique occidentale sera fonctionnel à partir du 7 mars prochain. « Ce sera le premier hôpital spécialisé dans la réparation du clitoris des victimes de mutilations génitales féminines », indique un communiqué publié par l’ONG Clitoraid, une organisation basée aux Etats-Unis. Baptisé Kamkaso, c’est-à-dire la maison de la femme, ou encore l’hôpital du plaisir (puisque, selon le communiqué, l’intervention permettra de restaurer leur dignité féminine ainsi que leur capacité à éprouver le plaisir physique qui leur avait été enlevé contre leur gré).

La bâtisse a été construite grâce à des dons et aux efforts de bonnes volontés du monde. Et déjà, l’engouement des femmes excisées est manifeste. En effet, alors que l’hôpital était en construction, environ 300 femmes se sont inscrites pour bénéficier de l’opération chirurgicale qui ne dure que 45 minutes. D’ailleurs, précise le communiqué, elle sera gratuite pour toutes celles qui en manifesteront le désir. Le choix de Chantal Compaoré pour présider la cérémonie d’ouverture n’est pas fortuit. La présence de celle-ci qui a toujours dénoncé l’excision honorera les responsables de Kamkaso. La directrice de la communication de Clitoraid, Nadine Gary soutient d’ailleurs que : « Bénéficier du soutien et de la présence de Chantal Compaoré le 7 mars sera une façon unique de célébrer cette ouverture ».

En ouvrant l’hôpital, les responsables entendent aider autant de victimes que possible à bénéficier de cette chirurgie. Ils rappellent toutefois qu’il convient de décourager une pratique qu’ils  qualifient de « barbare ». Car, « lorsque les effets des MGF peuvent être gratuitement inversés par la chirurgie, à quoi cela servirait-il de continuer à infliger ces mutilations ? ». Les chirurgiens, qui sont pour la plupart, des bénévoles américains de Clitoraid, notamment les docteurs Marci Bowers et Harold Henning Jr réaliseront les interventions dans le nouvel hôpital et formeront d’autres chirurgiens.

Rael ou Foldès ?

L’hôpital du plaisir, selon le communiqué, est le fruit de la vision du guide spirituel  RaelMaitreya. Pourtant le Dr Pierre Foldès réfute tout lien avec la secte raélienne. La récupération par cette secte, selon La dépêche du Midi, est vivement dénoncée par le Dr Foldès. « L’avenir des femmes victimes de mutilations sexuelles et leur prise en charge passent par une totale confidentialité et une liberté absolue de conscience », insiste-t-il. Pour lui, l’investissement douteux de mouvements religieux et sectaires ne permet pas de les assurer. Pourtant Abibata Sanon, l’une des responsables du projet soutenu par le Mouvement raélien qui annonce elle aussi l’ouverture de la même clinique soutient que l’idée vient de leur mouvement. Mais, a-t-elle ajouté, ce ne sont pas eux qui financent le projet. Interrogée par l’AFP, Abibata Sanon a confié que Clitoraid est une association à but non lucratif dans laquelle travaillent des raéliens comme des non-raéliens. Pour l’heure, les femmes inscrites sur la liste viennent du Kenya, du Mozambique, d’Ethiopie, du Sénégal, du Mali, de la Côte d’Ivoire… Dans le monde, 125 millions de femmes ont subi une mutilation sexuelle, aussi appelée excision. L’excision, d’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), consiste en l’« ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres ». C’est donc pour les aider que le Dr Pierre Foldès, chirurgien au Centre hospitalier de Poissy-Saint-Germain et médecin humanitaire, a mis au point en 1994 une technique de reconstruction vulvaire. Le samedi 22 février, des membres du mouvement raélien s’activaient avec les travaux pour que tout soit fin prêt avant le 7 mars.

DD témoigne

« Je suis une jeune femme, d’une trentaine d’années. J’ai été faire la réparation, tout  s’est très bien passé. Au début, j’avais peur, mais je crois que j’ai eu tort. L’opération a duré seulement une cinquantaine de minutes et la cicatrisation un mois. On ne doit pas en principe entretenir de relations sexuelles pendant trois mois après l’opération. La mienne s’est vite cicatrisée et j’ai commencé à le faire au bout d’un mois et demi. Je crois que les femmes ne doivent pas avoir peur. Beaucoup ont des douleurs, de tous genres, lors des rapports sexuels,  sans doute à cause de l’excision. C’est donc l’occasion pour elle de réparer ce qui a été coupé afin de bien jouir de leur plaisir.»

Bassératou KINDO


Elle noie son bébé de deux mois

imagesbbebbbbPoursuivie pour infanticide, Ramata n’était pas comparante le lundi 17 février dernier, jour de son jugement. Le dossier a ainsi été jugé par défaut et elle a écopé de la peine d’emprisonnement à vie avec mandat de dépôt. En 2009, l’accusée est venue à Bama depuis le Mali, avec une grossesse presque à terme. Orpheline de père, elle est tombée enceinte à l’âge de 15 ans. Ramata a entretenu des relations sexuelles avec deux hommes (Oumarou et Madou). Impossible de savoir qui est le véritable auteur de sa grossesse. Comme son état lui interdisait d’aller dans sa famille, elle a pris la direction du Burkina pour accoucher chez des connaissances de ses parents. Deux mois plus tard, elle jette le nouveau-né dans un canal. Les autorités policières retrouvent le petit corps. Interpellée, elle ne nie pas son acte. Elle reconnaît avoir jeté son bébé parce qu’elle ignorait qui en était le père. Les faits, selon le parquet, sont constants. Ramata a volontairement donné la mort à son bébé. D’où la requête de la peine d’emprisonnement à vie. Une requête suivie par le tribunal, qui établit cette peine, avec mandat de dépôt.

 « J’étais amoureux d’elle »

Au rôle de la première session de la Chambre criminelle du tribunal pour enfants, l’affaire du viol entre deux mineurs a été tranchée le lundi 17 février 2014. Les faits ont eu lieu dans le village de Kofila à quelques kilomètres de Bobo-Dioulasso.  Soumaïla, âgé de 17 ans est accusé d’avoir violé Jeannette, âgée elle aussi de 17 ans. Il y a deux ans, le 16 février vers 18 heures, lorsqu’elle revenait du lycée, elle a été accostée par Soumaïla, qui déclare devant les juges, qu’il était amoureux d’elle. Soumaïla l’a trimbalée donc dans les buissons et abuse d’elle. Il avoue avoir entretenu ces relations sexuelles sans protection. « Je regrette mon acte », dit-il aux juges. Le père de la victime qui s’est constitué partie civile a réclamé la somme de 15 000 FCFA, représentant les frais de soins pour sa fille. Le tribunal a reconnu Soumaïla coupable de viol et l’a condamné à 5 ans de prison avec sursis.


Si c’est ainsi, légalisons l’avortement alors !

images3Pas moins de 105 000. Voici un nombre, certainement non exhaustif, des avortements enregistrés au Pays des hommes intègres en 2012. Soit 25 femmes enceintes pour 1 000 dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans. « Des chiffres qui font froid dans le dos », comme l’a si bien titré notre confrère du lefaso.net. Ces résultats sont issus d’une étude réalisée par l’Institut supérieur des sciences de la population (ISSP) de l’université de Ouagadougou au Burkina Faso en partenariat avec Guttmachter Institute. Elle a été rendue publique le 12 février 2014 en présence de personnes de plusieurs catégories socioprofessionnelles. Un rapport de 40 pages qui dépeint une réalité ou plutôt un phénomène qui ne cesse de grimper.

Qu’est-ce qui peut donc pousser les femmes à s’adonner à cette pratique qui peut leur être pourtant fatale ? Les raisons varient d’une situation à une autre, mais toujours est-il que le but final est de se débarrasser d’un fœtus en gestation sans autre forme de procès. Aussi bien chez les femmes mariées que les jeunes filles. Toutefois, selon l’étude, « les femmes burkinabè en âge de procréer qui ont recours à l’avortement n’ont pas un profil type ». Elles sont en effet, plus jeunes, mieux éduquées, plus susceptibles de vivre en ville, d’être non mariées et sans enfant. Ces données concernent certainement les citadines. Qu’en est-il alors des rurales ? Il existe bien des cas d’avortements clandestins et non des moindres dans les campagnes. Malheureusement, ces dernières contrairement aux citadines se trouvent confrontées aux soins post-avortement en cas de complication. Pour la plupart de manière traditionnelle, 41 % des avortements ont été faits avec justement les praticiens traditionnels. L’on apprend par ailleurs que 23 % des femmes ont mis un terme à leur grossesse. L’étude enseigne que des avortements ont été pratiqués par des sages-femmes, des maïeuticiens, des assistants en santé. De plus, environ 4 sur 10 femmes qui ont avorté ont utilisé une potion ou des hautes doses de médicaments, de produits caustiques comme de l’eau de javel ou de la lessive. Il est à retenir que 32 % de toutes les grossesses au Burkina sont non intentionnelles. Et 1/3 de ces grossesses se terminent par un avortement.

Les conséquences de ces actes que posent des femmes, de gré ou de force, ne sont pas étrangères à la société. Si ce ne sont des complications, ce sont des hémorragies et dans les pires des cas, si la femme ne devient pas stérile, elle en périt tout simplement. Pourquoi donc ne pas légaliser purement et simplement l’avortement ? Comme on le dit autrement sous d’autres horizons, l’Interruption volontaire de grossesse (IVG). Il faut légaliser l’avortement pour permettre à la femme de disposer de son corps et de son avenir quand elle veut. Cela lui éviterait de prendre des risques qui peuvent lui être fatals. Quand on sait surtout que les responsabilités sont partagées et incombent à la société entière.


Pourquoi pousser sa conjointe à l’avortement ?

femme-ennceinte-du-mondeIls sont nombreux les hommes qui poussent de gré ou de force leur conjointe à l’avortement. Loin d’être un phénomène, c’est plutôt une réalité à laquelle beaucoup de femmes font face sans savoir à quel saint se vouer. En témoigne justement cet exemple d’épouse tourmentée qui cherche depuis un moment la personne qui voudra bien l’aider à se débarrasser du fœtus de ses entrailles. Elle n’a pas, en effet, vu ses règles et tous les signes corporels montrent qu’elle est enceinte.

Comment donc annoncer la nouvelle (bonne ou mauvaise, c’est selon) à son époux qui non seulement a toujours considéré son quatrième enfant comme le benjamin, mais aussi n’imagine pas un instant que son épouse tombe enceinte. En un mot comme en mille, plus question d’agrandir la famille. Ce qui laisse à croire qu’un enfant n’est pas le bienvenu dans la famille, il faut bien « l’éviter ». Au risque de supporter toutes les conséquences qui peuvent en découler. Combien sont-elles ces femmes au foyer qui  traversent de pareilles situations sous nos tropiques ? La question qui se pose est comment un époux peut-il se permettre de tels agissements alors que les responsabilités incombent à tous les deux ?

En effet, des hommes s’étonnent toujours lorsque leur conjointe annonce une grossesse. « Comment tu as fait ? Ou encore, comment cela est-il arrivé ?  Mais, ce n’est pas possible ! ». Comme si les choses s’étaient passées en son absence et qu’il n’en est pas comptable. On dira sans doute qu’il revient à la femme de prendre ses précautions. Et parmi ces précautions, le choix par exemple de contraceptifs en vue de planifier ou d’espacer les naissances. Mais est-ce une décision individuelle ? De plus, quand on entretient une relation sexuelle sans protection, il est normal qu’il y ait des risques de grossesse. Aucun homme ne peut jurer qu’il n’en est pas conscient encore moins les hommes mariés.

Il est vrai que par moment, ces situations de grossesses inattendues peuvent être le fruit de l’infidélité de certaines femmes au foyer, mais cette éventualité est rare. De tels cas malheureux sont simplement à proscrire et peuvent alors expliquer que l’homme exige l’avortement ou dans le pire des cas, répudier purement et simplement sa femme. Mais il convient d’admettre que dans la plupart des cas, le chef de famille est bien l’auteur de la grossesse.

Et même que là, à chaque fois, on a tendance à jeter l’anathème sur la femme, qui selon les « féodaux », est maîtresse de son corps. Puisqu’à leur avis, elle doit évidemment connaître ces jours d’ovulation. Qu’à cela ne tienne, l’avortement clandestin, on le sait, présente d’énormes risques et le pire est bien la mort. Pourquoi donc exposer la femme ? Il sera sans doute difficile de dresser des statistiques de ces cas. Mais, une chose est sûre, elles sont nombreuses les femmes qui subissent ces épreuves dans leur foyer. Dans le silence.

 


Royal Air Maroc, pourquoi tant de mépris pour les clients ?

« Monsieur, ne me touchez pas ! Ne me touchez plus comme ça ! Vous n’en avez pas le droit ! C’est notre avion. Ok ! ». Ces propos très agressifs, irrespectueux à la limite du dédain ont été tenus par un steward de la compagnie Royal Air Maroc à l’endroit d’un client du vol AT 543 du 13 décembre 2012 à destination de Niamey via Ouagadougou. Et cela, tout simplement parce que le client de nationalité burkinabé voulait comprendre pourquoi après plus d’une heure d’attente, l’avion tardait encore à décoller.

A-t-il donc commis un grave péché en posant gentiment cette question de compréhension ? N’avait-il pas le droit de chercher à savoir ? D’autant plus qu’il a payé ! En tous les cas, pêché ou pas, ce n’est pas nouveau, ces comportements inhumains, dégradants qu’on peut assimiler à du racisme qu’ont toujours adoptés, notamment des hôtesses et stewards de ces compagnies à destination des pays africains. Ils traitent les clients comme des chiens, des moins que rien…, si bien que l’on se demande s’ils ont quémandé ou payé le billet d’avion.

En effet, ce vendredi 13 décembre, Royal air Maroc (RAM) qui devrait normalement décoller à 20h30 à Casablanca a accusé plus d’1h30 mn de retard. De plus, a-t-elle embarqué des passagères expulsées d’Arabie Saoudite. Une vingtaine de femmes toutes relativement âgées qui dictaient, elles-aussi leur loi, parce qu’elles ne voulaient pas s’asseoir à côté des hommes. L’avion décollera enfin à 21h47 avec un autre calvaire pour les voyageurs : l’accès aux toilettes. « Monsieur, allez-y vous asseoir. Vous ne pouvez pas aller aux toilettes », lançait le même steward insolent à deux hommes qui avaient envie de se soulager. Sans broncher, ils ont rejoint leurs sièges. Pourquoi ce refus ? Demande un passager qui commençait en avoir gros sur le cœur.

Avec un air de zèle, le steward lui répond que les toilettes ne sont pas en bon état et qu’il s’agit d’une question de sécurité. N’importe quoi !!! En effet, ceci n’est que des exemples parmi tant d’autres, le calvaire et la torture que font subir les stewards aux passagers à destination des pays de l’Afrique noire.

En voici donc une compagnie internationale qui dit desservir plus d’une centaine de pays mais malheureusement n’a cure des normes de l’aviation en ce qui concerne la gestion de la clientèle. Même pas le minimum ; à moins que ce ne soit de la discrimination raciale ? Ces comportements de steward, faut-il le dire, ne se constatent guère quand il s’agit des destinations vers des pays européens. Quelle est donc cette différence entre les Occidentaux et les Africains ? Sans doute qu’ils connaissent leur droit et ne laisseront jamais un steward, soit-il, les bafouer.

En plus de ces actes pernicieux, les passagers de la compagnie Royal air Maroc (RAM) ont toujours la peur au ventre pour leurs bagages. Vendredi 13 décembre, ils étaient plus d’une dizaine à ne pas retrouver les leurs à destination. Samedi 14 décembre, plus d’une vingtaine. En outre, le peu de bagages de certains passagers sont décadenassés, cassés et des objets volés. Ce fut le cas d’un autre Burkinabè qui s’est vu voler un ordinateur dans sa valise le vendredi 13 décembre. Pour tout dire, c’est un enfer de voyager avec la RAM. « Si je pouvais mener une campagne de communication pour encourager les gens à éviter cette compagnie, j’allais le faire sans regret », a souhaité un des anciens fidèles de la RAM. Comme lui, ils sont nombreux à se promettre d’éviter de voyager la prochaine fois avec cette compagnie.

Bassératou KINDO


La France et ses mendiantes….

Des mendiants, il en existe en France. Dans la ville de Lyon, une forte présence de femmes mendiantes dans les rues attire l’attention. A l’entrée d’un des plus grands centres commerciaux de Lyon dans le troisième arrondissement sise à la Part dieu, une jeune femme d’environ 30 ans avait tout simplement estampillé sur un morceau de carton ceci : « Aidez-moi, j’ai faim ». Assise devant sa petite boîte en plastique contenant déjà quelques centimes d’Euros, elle portait un jean et une chemisette. L’allure assez sérieuse mais dont la situation ne semblait pas aussi criarde, l’on se demande ce qui pousse une si jolie femme à la mendicité.

Un autre endroit, une autre réalité. A Saint-Étienne, une autre ville française située à 45 minutes de train de Lyon, une jeune fille, qui visiblement, avait un peu plus de 23 ans était assise au bord de la chaussée. En plus d’être enceinte, elle tenait un petit garçon d’environ un an. Aux passants, elle leur demandait des centimes d’Euros pour s’occuper sans doute de sa famille. Pourquoi une si jeune femme, pire avec un nourrisson et attendant un autre encore s’adonne à la mendicité ? Ses conditions de vie sont-elles si dégradantes pour qu’elle se mette à quémander ? Est-elle de nationalité française ? Ces questions n’auront malheureusement pas de réponses. « Je ne parle pas bien le français. Je suis de la Bulgarie. Je suis Bulgare…. », a-t-elle effectivement répondu dans un français approximatif, avec un air d’indifférence. La jeune dame semblait, a vu d’œil, ne pas se faire du souci quant au regard méfiant et critique de certains passants. La seule chose qui l’a préoccupait, était sans conteste, d’avoir le maximum d’Euro avant le coucher du soleil. La mendicité n’est donc pas le propre des Nations pauvres. Elle n’est pas aussi propre à un sexe donné.

En effet, elles sont nombreuses, les femmes qui mendient dans ce pays. Dans les ruelles, à la sortie du métro, dans les arrêts des tramways, des bus…elles sont là. Vielles ou jeunes femmes, assises dans un état piteux attendant les âmes sensibles qui laisseront toujours parler leur cœur.

Mendie-t-on aussi en France, un pays considéré par beaucoup de gens surtout en Afrique comme l’Eldorado, le paradis sur terre ? Se demanderont certaines personnes. La réponse est malheureusement OUI. Et les mendiants font autant pitié que ceux qu’on rencontre en Afrique, car en France, il n’est pas rare de rencontrer même des couples en train de mendier. Que fait alors l’Etat Français pour ne serait-ce que réduire cette pratique peu honorable qui tend à devenir un phénomène ?