habesha

Blog contest – infidélité, relations extraconjugales

Qui sommes nous pour juger ? Voilà ce qui m’est venu en tête en pensant au sujet de l’infidélité et des relations extra conjugales.
Ce blog contest veut décidément ma peau.
Pour aborder ce sujet mettons nous dans la peau de Lucie, Laura et Karl.

Lucie a enfin eu son mariage de rêve,  2 enfants plus tard elle est toujours aux petits soins avec son cher Karl. Seule ombre au tableau ces coups de fil nocturnes et les missions à répétition qui la prive de son mari. Son amie Aida à qui elle s’est confiée a évoqué l’existence d’une maîtresse. Non pas son Karl, elle préfère ne pas y penser. Et si c’était vrai ? Elle ne pourrait pas le supporter mais un divorce serait le déshonneur…

Laura de son côté s’interroge sur cette histoire qui n’en fini pas. Karl a réussi à se libérer pour un weekend. C’est un bonheur de passer ces quelques jours avec lui mais elle sait que ce sont des instants volés. Elle pense quelquefois à l’autre femme, elle connaît son prénom et a vu son visage… une belle femme. Son coeur se resserre, cette femme ne mérite certainement de souffrir mais Karl et elle sont si bien ensemble.

Karl a encore réussi à inventer une mission. Lucie est si compréhensive, devait il annuler et tout arrêter avec Laura ? Il ne pouvait pas il lui avait promis. Combien de fois il avait voulu yout arrêter mais il se sentait si faible.

Dans cette histoire aucun parti pris. Tout le monde diabolise la maitresse sans valeur, la femme sans caractère et le mari lâche. Qui sommes nous donc pour juger ? Le jour où les êtres humains seront des robots, les données seront tout simplement rentrés et nous fileront « droit ».
Pour l’heure, nul ne sait à quelle place il sera demain. Une Lucie, une Laura ou un Karl.
Bon rdv demain pour le lien des autres challengeurs.

Eli, Miam comme titre, ça promer !

Tchoupinov, tellement inspiré qu’il a fait 2 parties

Bikanda, mamamia, il a avoué son crime, il faut seulement cliquer et lire son article 🙂

Dany, qui en profite pour faire sa demande à Armelle en live !

Armelle plus connu sous le nom de Leyopar qui était aussi très inspiré et a écrit sur l’adultère en 2 parties (Dany, elle a déjà répondu à ta demande ? )

 

 


Mon ressenti sur l’immigration clandestine en Afrique, blog contest

Immigration clandestine en Afrique, voilà la thématique du Blog Contest de ce mois.

Ma perception du sujet, adolescente

Etant plus jeune, lorsque j’entendais parler et débattre mon entourage sur l’immigration clandestine, il y avait 2 camps : ceux qui pensaient que les immigrés que l’on retrouvait dans les trains d’atterrissage étaient des courageux et ceux qui pensaient que c’était des faiblards, la honte même du pays et du continent. Moi j’étais partagé car rien n’est ni tout noir ni tout blanc.
Puis comme toujours, j’ai découvert une partie du décor en voyant l’humiliation et les contraintes de l’immigration légale à l’Ambassade de France au Cameroun, à Douala. J’ai vu des personnes faire la queue sous une pluie battante et des personnes âgées qui n’avaient même pas un siège où s’asseoir et devaient patienter des heures, à l’extérieur du bâtiment tandis qu’un vigile traitait la foule pourtant polie en pestiférée, bâton en main. Cela n’a pas été mon cas mais cette expérience n’en est pas moins restée douloureuse et amère. A quel point pouvait on nous déshumaniser juste pour un titre de séjour ?

3 femmes puissantes (SPOILER), un documentaire, le film la pirogue et les médias

La pirogue, film de Moussa Touré
Image de https://cine.ch/film/la-pirogue

Ceci n’est pas un fourre-tout mais ma perception de l’immigration clandestine en crescendo. Une autre déchirure pour moi a également été la lecture de 3 femmes puissantes de Marie N’diaye où la 3ème femme puissante, poussée par des circonstances incontrôlables est candidate à l’immigration et malgré toutes ses souffrances, sa combativité, l’aventure se termine très mal pour elle.

Voilà comment je vois les immigrés qui se tassent par dizaine, centaine dans une embarcation de fortune en voulant améliorer le quotidien de leur famille, en voulant se donner une chance de réaliser des rêves qu’on ne leur permet pas, ce sont des combattants d’un autre type.

Le désespoir, la bonne fortune du cousin qui lui a réussi à construire son immeuble et une maison au pays, d’une personne à une autre les motivations sont différentes. Le film de Moussa Touré, La pirogue que j’ai eu la chance de voir dépeint parfaitement ce mirage sans toutefois faire des protagonistes des misérables mais des êtres humains comme vous et moi. La boîte pour laquelle je bossais à l’époque de la sortie du film, avait assuré les projections dans les banlieues dakaroises, et mes collègues me racontaient les témoignages poignants qui suivaient la projection. Un frère parti disparu, un rescapé, un candidat …

Pour tout arranger ou rien en fait, les médias nous passent des images de naufragés à la pèle, en déshumanisant l’information, en rediffusant en boucle des images d’horreur. Tout est déshumanisé.

L’idée même de traiter ce sujet immense avec objectivité est impossible, car trop d’objectivité rend finalement insensible et inhumain.

Qui est donc finalement responsable ? Les Etats africains qui donnent un sandwich aux immigrés qui reviennent après avoir été rapatriés sans promesse d’emploi ni de soutien psychologique ? Les Occidentaux qui protègent leur frontières et traitent les demandeurs assez sévèrement ? Les immigrés qui ont gâché les chances des autres candidats en entrant illégalement sur les territoires « eldorado » ?

Si vous avez la réponse, dîtes le moi car ce sujet ne me donne que des maux de tête.

Je vous invite à lire également les articles des blogueurs qui participent à ce Blog Contest :

► Le penseur 

► Tchoupinov 

► Bikanda  

► Dany

► Leyopar 

A très bientôt, pour des sujets plus joyeux espérons-le.


Le cinéma camerounais, blog contest

Depuis le mois de mai, je n’ai publié aucun article sur Mondoblog. Différentes causes mais surtout un temps de réflexion que je m’étais imposé. Mes différentes activités me poussent à écrire sur des sujets qui n’ont rien à voir avec la ligne éditoriale voulue au départ pour ce blog, je suis donc restée un moment en hésitation.
Devais-je continuer l’aventure ? Ecrire pour écrire ?
Après avoir été contactée par des blogueurs camerounais pour un challenge mensuel, la question s’est à nouveau présentée à moi. La thématique du premier article étant le cinéma camerounais, y avait-il de la place entre mes articles mode, capillaires et gourmands de mon blog personnel ?
Mondoblog s’est donc révélé être la plateforme idéale pour ce sujet et bien d’autres qui dorment dans mes tiroirs. Me voici donc de retour, espérons-le pour un bon moment.
Pour commencer, petit voyage à travers le temps
Aussi loin que remontent mes souvenirs le cinéma a toujours fait partie de ma vie. Enfant, je regardais les films sans trop les comprendre. Adolescente j’étais une vraie accro du cinéma le Wouri , aujourd’hui fermé (Akwa-Douala). J’avais notamment un gros coup de cœur pour les projections du mercredi dites « mercredi des jeunes » « coup double ».
Je pouvais ainsi regarder de gros blockbuster américains pour la maudique somme de 700 Fcfa – Rajoutons 150 Fcfa voir 200 Fcfa de pop corn, une salle qui commentait chaque action du chef bandit ou de l’acteur principal : « cours, il va te rattraper » « il est derrière toi » ou « c’est un piège »; et parfois même une salve d’applaudissements quand le « bon » sauvait tous les otages et triomphait du méchant.
A la maison également nous étions inscrits à une vidéothèque de Bonapriso (Douala). On y prenait 2 cassettes VHS par semaine, vous devinez aisément qu’aucun film camerounais ou encore africain ne figurait malheureusement sur notre liste. Avec le recul, je ne me souviens avoir vu aucun film africain ou camerounais au cinéma. Les productions hollywoodiennes avaient le vent en poupe dans mon coeur et celui des propriétaires de cinéma.
Quand aux chaînes de télé locale, la CRTV (chaîne nationale) a longtemps eu le monopole et diffusait une fois par semaine des classiques du cinéma africain tels que Le grand blanc de Lambaréné de Bassek Ba Kobhio , quelques films du défunt réalisateur ivoirien Henri Duparc ou encore le maître des éléphants de Patrick Grandperret (film français avec parmi les artistes de la BO Isnebo du groupe Kawtal donc considéré pour moi à l’époque comme film camerounais ).
Il faut également noter que quelques productions locales coproduites par la chaîne ont eu leurs beaux jours : l’étoile de Noudi, le revenant et j’en oublie certainement d’autres. A cette époque, le cinéma camerounais pour moi et beaucoup de jeunes de l’époque n’existait pas. Le cinéma c’était Bruce Willis, Chuck Norris , Keanu Reeves, Denzel Washington etc. Bref nous étions tous américains.
Et puis je suis arrivée à Dakar.
La nostalgie du pays me fait découvrir des vidéos sur Youtube des séries et des courts métrage diffusés sur une nouvelle chaîne privée camerounaise, Canal 2. 15 voir 20 minutes de fous rires et le tour est joué, je me sens revigorée.
Quelques années plus tard, je passe un entretien pour un poste sur un projet de plateforme de films africains … c’est à ce moment que j’ai découvert l’autre facette de la réalité. Documentaires, courts métrages, longs métrages, séries, films d’animation allant de la très bonne qualité à la moins bonne bien sûr mais les productions existent bel et bien ! Combien sont diffusées sur le grand écran ? Pourquoi les salles de cinéma à l’époque ne diffusaient ni productions locales, ni productions africaines ?
Pire encore, aujourd’hui les salles de cinéma ont quasiment toutes fermées, la magie du grand écran a disparu dans plusieurs capitales africaines. Nos producteurs pour se faire connaître doivent courir de festivals en festivals et dans leur propre pays leurs noms sont inconnus. A qui la faute ? Nous, l’ex colon (sur qui on rejette tous nos maux, pas américain pourtant), Hollywood? Je pense que nous avons tous une part de responsabilité même si internet et le téléchargement illégal sont souvent accusés.
Pour la petite anecdote, pas plus tard que cette semaine, je regardais Dakar Trottoirs du réalisateur sénégalais Hubert Laba NDao sur Canal + Afrique (qui pour la petite info diffuse des films africains chaque semaine, c’est pas beau ça? ) et une amie me demande si je pense qu’elle peut télécharger (gratuitement) le film sur internet. Je vous dispense des 20 minutes de la longue tirade que je lui ai servie.
Une nouvelle vague est pourtant là, l’espoir est permis
► La découverte de jeunes réalisateurs qui créent des modèles économiques pour faire connaître leur travail: cas du blanc d’Eyenga de Thierry Ntamack dont le DVD était à 1000 Fcfa seulement !
Le cinéma au prix d’une bière consiste à faire des films de qualité à budget réduit = Au lieu d’acheter une bière au même prix tu gagnes un bon moment garanti fous rires et investissement santé 
► Les plateformes de téléchargements de films africains légaux.
Oui, il en existe ! Africafilms.tv est celle que je recommande évidemment 
Si vous avez une assez bonne connexion, une carte d’achat en ligne, je vous invite à aller sur la plateforme Africafilms.tv et vous verrez les films répartis par pays dont le Cameroun. Pour chaque téléchargement/achat une somme est reversée aux ayants droits des films. Ils existent d’autres plateformes de ce type telles mais j’avoue que je ne maîtrise pas leur modèle économique ou si le visionnages des films profitent aux ayants droit.
► Autre modèle économique, Youtube.
En signant avec des plateformes légales de diffusion de films présentes sur Youtube, les producteurs/réalisateurs camerounais, et d’autres pays d’Afrique, reçoivent une certaine somme par selon nombre de visionnage. SVP quand vous regardez un film ou une série africaine sur Youtube essayez juste de vérifier sur quel profil le film se trouve. S’il s’agit d’une plateforme légale, dîtes vous que vous contribuez aussi à la survie du cinéma camerounais voir africain. 
Sur la chaîne Youtube d’Africafilms.tv, une série camerounaise que je recommande particulièrement Les déballeurs + Foyer Polygamique qui ont un succès fulgurant.
► Le cinéma mobile – cas de mobiCINE (Dakar – Bamako – Haïti) et qui sait peut être un jour une des villes du Cameroun.
Pour – de 500 Fcfa, vous pouvez assister à une projection en plein air dans les différents quartiers de Dakar. Le + ce sont les projections dans les écoles. La plupart des projections (excepté Viva Riva) pour l’instant sont gratuites pour les spectateurs car financées par un organisme ou par la mairie de Dakar. Le modèle économique en place: un projectionniste formé (exploitant), un film sécurisé par un système informatisé, à chaque projection l’ayant droit (réalisateur/producteur) reçoit une contrepartie, un déplacement rapide et léger dans les différents quartiers (Triporteur avec un écran + ordinateur et un groupe  électrogène à son bord).

► Les festivals  locaux & internationaux qui permettent de mettre en avant des pépites.
→ Le Festival Ecrans noir qui a lieu chaque année en début juin/juillet à Yaoundé la capitale en est à sa 18 ème édition Voir leur page Facebook 
→ Le Ficod, Festival du court métrage de Douala
→ Les différents festivals internationaux permettent également de se faire connaître par la diaspora et par les autres pays.
Avec le réalisateur/acteur camerounais Ebenezer Kepombia alias Mitoumba de la troupe Les déballeurs (la chanson reste dans la tête… ils sont venus pour déballer tandaaan). Ses séries sont visibles sur la chaîne Youtube d’Africafilms.tv

Serait-ce le temps, la distance avec mon pays ou mon passage à Africafilms.tv qui ont recadré ma façon de voir les choses ? Probablement mais aussi internet.

J’ai arrêté de juger la valeur d’une production en comparant aux modèles américains ou autres productions qui n’ont pas les mêmes moyens que les producteurs de notre pays/continent et ne vivent pas les mêmes réalités. Je suis tombée amoureuse de ces films où le décor n’est pas tout lisse, où on va dans les ghettos mais aussi dans les grandes villas, où parfois la perche apparaît sur le plan, bref oui ça aussi c’est le cinéma !

Voilà, article fleuve et j’aimerai en parler encore mais bon il faut s’arrêter. Je vous invite à lire également les articles des blogueurs qui participent à ce Blog Contest :

► Le penseur 

► Tchoupinov 

► Bikanda  

► Dany

► Leyopar 

A bientôt.


Macabo et système de santé.

Au départ je voulais intituler cet article A nos actes manqués mais après avoir fait un tour sur Twitter aujourd’hui je crois que le terme qui s’y prête c’est l’expression camerounaise Avoir le macabo*. Laissez moi vous expliquer.

 

avoir le macabo

Tout a commencé par une douleur au dos, ensuite par un soi disant paludisme. Il y a plusieurs semaines de cela, j’apprends que je suis sélectionnée pour aller à Abidjan dans le cadre de la formation Mondoblog, quelle ne fût pas ma joie ! C’était sans compter sur mon organisme qui allait me jouer le coup le plus bas.

Un système de santé qui fait froid dans le dos …

3 médecins, le chiffre est planté. J’ai souvent entendu parler des erreurs de diagnostics dans les hôpitaux au Sénégal ou encore au Cameroun, je dois avouer que je ne l’avais jamais vécu. Le premier m’a simplement donné des calmants, le second un traitement contre le paludisme et jusque là je n’allais pas mieux. La troisième a en quelques minutes identifié la provenance de mon mal … il faut noter que durant le laps de temps qui s’est écoulé avant que je ne tombe sur elle, j’ai dû ingurgiter un bon nombre de médicaments. Voilà une autre spécialité des médecins dans nos chers pays, c »est à qui en prescrira le plus grand nombre.

Je crois que ma stupéfaction a atteint les sommets quand le deuxième médecin que je consultais a commencé à douter de mes propos. La scène :

– J’ai du mal à respirer docteur depuis la dernière fois (oui j’ai été assez bête d’y retourner deux fois),  j’ai l’impression de manquer d’air parfois …

– Comment ça ? la dernière fois tu n’avais pas ce symptôme, tu es bien sûre ?

Moi tellement sidérée par sa question, je lui ai tout simplement dis: je ne vois pas l’intérêt d’inventer un nouveau mal qui n’existe pas …

– Bon, on va vérifier cela, si tu insistes.

J’avais juste envie de crier, lui sauter à la gorge et j’en passe. Il m’ausculte et se rend effectivement compte que mes poumons sont encombrés … il a juste renchérit, « tu n’avais pas ce symptôme la dernière fois … » La cerise sur le gâteau, en partant, il me tapote dans le dos et me dit: « il faut être courageuse, tu n’es pas assez courageuse ». Je me suis dis si j’avais toute ma force, le même âge que lui, un peu plus de muscles, on en serait venus aux mains.

Conclusion 

Voilà donc notre système de santé: on doute des dires du malade, il n’ y a pas de place pour la considération ou la gentillesse, les diagnostics sont faits à la légère. Si je n’étais pas allée consulter un troisième médecin, j’aurai continué un traitement pour le paludisme et pour un début d’asthme.  Il y a encore tant de chemin à faire. Je pense à ces malades qui remettent entièrement leur confiance aux médecins, qui ne laissent peut être pas comme moi la place au doute, comment leur aventure se termine t-elle ?

Aujourd’hui je vais beaucoup mieux mais j’ai raté une belle occasion de rencontrer de nouvelles personnes et surtout de suivre une formation en web journalisme, j’ai le macabo* pour cette raison mais ne dit-on pas la santé avant tout ? J’ai aussi un goût amer car je me rends compte qu’on ne peut pas faire entièrement confiance à ceux qui nous soigne, il faut rester vigilant même devant le médecin le plus bardé de diplômes, ce sont des être humains après tout.

Allez à bientôt.

*Le macabo est une tubercule cultivée au Cameroun. Avoir le macabo signifie, avoir du mal à avaler la pilule, avoir du mal à digérer ou accepter une situation.


Douala, retrouvailles

Un mois entier sans écrire, mais tranquillisez-vous, j’ai une bonne excuse.

Préparatifs et voyage éclair à Douala mobilisaient mon attention. Et oui ! la niak est retournée au bercail pour quelques jours.

C’est vrai qu’il y a aussi Internet au Cameroun me direz-vous,  mais après 4 ans sans manger du vrai « ndolè » et du poisson braisé, comprenez mon émotion.

 

image

Très peu de mésaventures, beaucoup de bons moments et surtout une vision d’ensemble qui a beaucoup changé, dans le bon sens.

Cette fois, il n’y a pas eu que les retrouvailles familiales, les sorties restaurant et boîte nuit, il y a eu beaucoup plus, mais pas assez encore.

Ce qui n’a pas changé 

Les embouteillages interminables, les conducteurs de moto taxis « benskins » toujours aussi suicidaires, la paranoïa ambiante et l’agressivité en mode normal.
Je vais essayer de détailler pour les non-Camerounais, les motos taxis prennent parfois deux passagers sur leur engin, ils n’ont pas de casque et n’ont aucun respect pour un quelconque code de la route. Leur seul mot d’ordre : passer à tout prix. Dire que j’étais une fidèle cliente autrefois … ça aussi c’est une autre histoire.

Quand je parle de paranoïa ambiante, c’est le fait d’être constamment sur le qui-vive. Ayant grandi à Douala, je suis naturellement dotée de cette caractéristique qui a légèrement baissé en séjournant à Dakar. Mon entourage a donc joué sa partition  : « Ne sors pas seule » – « Si tu prends un taxi, assieds-toi côté portière » – «  Laisse ton téléphone si tu vas au marché » bref un peu too much, mais sait-on jamais ?

Pour terminer, l’expérience qui a failli me laisser un goût amer. L’agressivité en mode normal. C’est le surnom que j’ai trouvé car le lieu où l’action s’est passée aurait dû être le centre de la politesse même. Dans deux sociétés de services (compagnie aérienne et opérateur téléphonique) malheureusement de renommée internationale, je n’ai pas su faire la différence entre une hôtesse d’accueil et une mégère. Nous sommes connus pour avoir du répondant, mais il faut vraiment qu’il y ait des limites dans les entreprises fournissant des services.

Tous ces points étaient de minuscules grains de sable, car malgré tout j’ai hâte de revenir pour un plus long séjour.

Ce qui m’a donné envie de revenir pour un séjour plus long

L’effervescence de créativité qu’il y a dans la ville, mais aussi sur la Toile. Loin de la victimisation c’est des personnes combatives que j’ai vues. On coupe la lumière et alors ? On coupe l’eau et alors ? Recharge tes batteries dès qu’il y a du jus, fais tes réserves d’eau quand la pression revient. La nouvelle génération ne veut plus fuir, elle a décidé de ne pas se laisser abattre par le pessimisme ambiant.

Bref affaire à suivre.


Femme nue, femme noire ou femme multicolore ?

Bien le bonjour ou le bonsoir à vous chers lecteurs !

Aujourd’hui je vais parler d’un sujet qui m’émeut et malheureusement me « dépasse ».  Le titre évocateur devrait pour la première partie vous rappeler le magnifique poème du président poète, mais la suite ne correspond pourtant pas, car la version originale c’est bien … Femme nue, femme noire. Oui ça c’est la version originale avant que les industries des cosmétiques ne s’en mêlent, avant que les canons de beauté véhiculés dans les clips vidéo ou autres publicités ne viennent faire leur lavage de cerveau. Femme nue, femme noire, ode à la beauté noire, c’était avant !

Quand je suis arrivée à Dakar, j’avais en images les Sénégalaises rencontrées au Cameroun. Entre autres, une amie de ma famille, d’une beauté renversante et d’un magnifique noir chocolat. Quel choc de découvrir aussi ici les femmes multicolores ou arc-en-ciel. Dans l’appellation ça semble beau, mais dans la réalité , on est très loin de la beauté que suggère un arc en ciel.

Source: Dakaractu.com

Le phénomène existe aussi au Cameroun, car beaucoup de femmes se dépigmentent malheureusement.  Mais je dois avouer qu’ici c’est le « higher level ». On peut croire que ce sont seulement les femmes issues des couches populaires qui le font, détrompons-nous ! les intellectuelles n’y échappent pas. Quand je parle d’intellectuelles, je fais surtout allusion aux femmes qui ont fait des études, travaillent, ont une certaine aisance financière et surtout connaissent les conséquences de l’utilisation des crèmes qui dépigmentent.

Les campagnes publicitaires sans détour

Un produit appelé Khess Petch a réussi à créer le buzz sur la toile il y a un an de cela en suscitant une contre campagne Nuul Kukk – un jeu de mots le premier voulant dire toute blanche ou toute claire et le second toute noire. Une contre campagne à laquelle j’ai participé à mon humble niveau, comme j’étais fière de voir cette vague de révolte, ce souffle nouveau, ce contrepoids à une industrie florissante et destructrice.

Tout cela n’a malheureusement pas servi à grand-chose. Les campagnes d’affichage présentant un idéal de beauté « claire » continuent avec des produits sous différents noms. La fameuse crème qui avait suscité tant de débats sur Internet et ailleurs sponsorise l’une des séries populaires du moment … Je vous laisse imaginer l’impact sur les téléspectatrices …

Parfois essayer de comprendre avant de juger

J’ai essayé plusieurs fois d’entamer la conversation avec des femmes qui sont passées ou sont toujours dans cet engrenage. L’une d’elles qui a réussi à arrêter, car au bout d’un moment découragée par son conjoint, m’avoue à demi-mot : j’avais remarqué qu’à chaque fois qu’une femme claire passait, les hommes se retournaient et en plus aux cérémonies (baptêmes, mariage et autres), le cameraman filme toujours les femmes claires au détriment des autres.

D’autres m’ont avoué sans se cacher qu’elles le faisaient et qu’en ce moment (l’instant où on en parlait) elles étaient en pause, car « fauchées ». Mais dès qu’elles ont une rentrée d’argent, elles ne vont pas hésiter à racheter le saint Graal.

Ce qu’on n’enseigne pas 

La peau noire a environ 36 carnations, elle est la moins sujette aux problèmes de peau, elle vieillit moins vite. Bref, c’est un capital santé et beauté par essence. Pourquoi vouloir devenir alors une femme multicolore ?  Il faut préciser que lorsque le produit qu’on utilise est fini, le naturel revient au galop et ce n’est ni beau à voir, ni bon à sentir.

Au niveau international, la tendance commence à s’inverser. On voit de plus en plus de femmes noir ébène qui sont médiatisées, mais au niveau local je dois dire que le chemin est encore long. Femme nue, femme noire, je veux te chanter encore et encore. Tu es belle, tu es fière, arrête de te détruire la peau …

C’était mon article émotion du moment.

A bientôt.

 


Salutations made in Dakar

As salam aleïkoum chers lecteurs ! Voici mon premier billet de 2014 ! Je vous souhaite le meilleur pour la nouvelle année, mais surtout d’aller au bout de vos challenges. Je souhaite aussi écrire sur cette plateforme avec régularité est pour moi un véritable challenge. Espérons que la constance soit au rendez-vous tout au long de cette année.

Je me suis rendu compte que je ne saluais pas en commençant mes billets et pourtant je vis sur la terre des salutations, je devrais en prendre de la graine. Ici on ne dit presque jamais « Bonjour » mais As salam aleïkoum, nangadef ?*(comment ça va?) + au moins 5 minutes de salutations …

J’avais l’habitude de dire bonjour (je suis bien élevée quand même), mais seulement dans deux cas: lorsque je connais la personne que je salue, ensuite lorsque j’arrive dans un lieu où si tu ne salues pas, tu n’obtiendras pas ce que tu es venue chercher. Mais ça, c’était avant le Sénégal.

Première remontrance

Quelques mois après mon arrivée à Dakar, ayant gardé la bonne mauvaise habitude de ne saluer que ceux que je connaissais, je me vois interpeller par un monsieur d’un âge avancé assis avec deux autres hommes un peu plus jeunes sous le seul arbre en face de notre immeuble. « Non, mais vous les niaks, vous êtes impolis quoi!  Ce n’est pas bien, il faut saluer les gens. »

J’étais à deux doigts de lui dire « mais je ne vous connais pas ! et en plus vous me traitez de niak ! » ( je ne m’étais pas encore appropriée le terme) et  je me suis rendu compte que ce n’était pas mon égal. Si vous avez grandi au Cameroun, vous connaissez bien ce terme et vous savez toute la force qu’il renferme. J’ai donc répondu poliment, « mais je n’ai pas salué parce que je ne vous connais pas et en plus vous étiez de l’autre côté du trottoir ». Et là il me dit : « Même si tu ne nous connais pas, tu passes tous les jours devant nous avant de rentrer chez toi, qu’est ce que ça te coûte de dire bonjour ? »

Vieux Monsieur 1 Habesha

Hors mis cette expérience qui je dois dire m’a quand même rapprochée des voisins, mais aussi de quelques habitants du quartier, je dois dire que c’est toujours très particulier pour moi de voir les gens se saluer .

Chronomètre en main ça peut parfois faire plus de 5 minutes avant d’aborder le vrai sujet de la conversation.

Conversation type (j’ai traduit directement, mon logiciel wolof est en panne)

– As salam aleïkoum

– Wa leikoum Salam

–  Çava?

–  Ça va

– Ça va bien ?

– Oui oui ça va

– et la famille ?

– Tout le monde va bien

– Ah c’est bien, Dieu est grand ! et les affaires ?

– ça va

– ah tu manges ton argent seule hein !

– Quel argent ? Dakar est difficile

– Mais ça noce quand même un peu ?

– non même pas

–  Et la santé ? s’il y a la santé c’est l’essentiel

– Oui par la grâce de Dieu ça va

La suite ? Ne pas oublier de lui retourner les mêmes questions … Faut pas être pressé.  Et là j’ai fait la version abrégée.

Même quand on appelle un taxi, il faut d’abord le saluer. Essaie donc de faire ça à un chauffeur de taxi à Douala …

Sinon moralité de toute cette histoire ? Il y a un proverbe africain, certainement sénégalais qui dit : saluer ou sourire n’a jamais blessé la bouche de personne. 

Au prochain billet, qui est pour très bientôt (résolution 2014)!


Le cercle des grands hommes disparus

Un long moment que je n’ai pas posté d’articles, ce ne sont pas les sujets qui manquent pourtant. Encore un détour de mes chocs culturels pour parler d’un sujet d’actualité.

Sur les réseaux sociaux, la disparition du vieil homme a suscité diverses réactions. On s’accorde tous à dire que lorsqu’une personne âgée disparaît, c’est naturel, c’est le cycle de la vie. La grande différence, c’est que cet homme, c’était Nelson Mandela.

Toutes les vies se valent, mais il y a des vies qui ont été pleinement vécues et qui rentre honorablement dans l’histoire, en l’occurrence la sienne.

Nelson Mandela's quote
Source https://geekszine.com

Pourquoi tout le monde se sent si concerné, si proche, si touché ? A cause des valeurs disparues.

Vous vous souvenez de ce film: le cercle des poètes disparus ? Moi je mettrais le cercle des grands hommes disparus. Martin Luther King, Gandhi, Nelson Mandela, Thomas Sankara… La liste peut se prolonger au gré des convictions.
J’ai peur que cette époque où après mûres réflexions on pouvait accepter ses torts, retravailler sa personnalité pour être quelqu’un de meilleur, triompher de la violence par la non violence. Cette époque où des hommes étaient prêts à se battre au péril de leur vie pour des idéaux justes, et bien que cette époque disparaisse à jamais.

Une époque de courage

Le courage de quitter le pouvoir pour laisser les autres aussi essayer de faire mieux, le courage de régler les conflits par la discussion, par la sagesse, le courage de penser aux autres et pas seulement à soi, le courage de penser à l’héritage qu’on laissera derrière soi.

Il suffit de regarder l’actualité, de suivre les infos, de lire les blogs et les journaux pour se rendre compte que le monde ne tire pas de leçons de ses blessures, les anciennes victimes sont les nouveaux bourreaux… Qui rentrera donc encore dans ce cercle?

A Dakar, comme ailleurs tout le monde a manifesté son émotion.

Un hommage lors de la dernière rencontre des blogueurs sénégalais le 6 décembre, différents partages sur la toile, la présence du Président sénégalais aux obsèques… Sur ce dernier constat, pas besoin parallèle.

Allez au prochain billet.


Le marché Sandaga

L’un des lieux à visiter lorsqu’on découvre une ville, dit-on, c’est son ou ses marchés.

Bien avant de venir à Dakar, je connaissais le marché Sandaga… de Douala. Oui, le célèbre marché a un jumeau. Contrairement à celui de Douala, au marché Sandaga de Dakar on trouve tout, absolument tout. Si on devait comparer ce serait l’équivalent du marché central.

Source: Senegalvision.com

On trouve quoi exactement dans ce marché?
Si vous cherchez des vêtements à prix accessibles= Sandaga ; des produits cosmétiques = Sandaga ; des téléphones = Sandaga ; des lunettes = sandaga ; des produits dits touristiques = sandaga ; des vivres = sandaga. Il faut en fait signaler que le marché se trouve dans une bâtisse mais tous les commerces aux alentours et même plus loin sont assimilés au marché Sandaga.

Astuces
Lorsque vous êtes novices et voulez vous rendre à Sandaga, de grâce faites vous accompagner soit par un résident aguerri, soit par un local. Pourquoi? Hé bien parce que selon deux critères les prix peuvent flamber. Vous êtes étranger, donc potentiel pigeon (c’est le cas dans tous les pays du monde), vous êtes clairs de peau, vous avez forcément de l’argent. Plus la peau est claire, plus le prix va augmenter.

Par ailleurs, il y a aussi une catégorie de personnes qu’il faut éviter ou alors s’en méfier: les rabatteurs. Très avenants et sympathiques, ces gars ont le marketing dans le sang. Ils sont capables de vous faire acheter ce que vous ne voulez pas. Ils apostrophent souvent en plusieurs langues ou testent même avec les noms des pays: « ah my sister », ou alors, « ah ça c’est mon amie mais ça fait longtemps », » vous cherchez des tissus ? », « ah ça c’est le Cameroun, Etoo fils ». Bref, il y en a pour tous les goûts.
Deux astuces si on veut soi-même négocier les prix, car tant que ce n’est pas un supermarché ou une boutique avec prix affiché, tout se négocie. Déjà avoir le champ lexical du « wakhalé » ou marchandage (wagniko*, amul khaliss*). Ensuite selon le prix donné, tout tenter, même diviser par 2 et seulement ensuite augmenter au fur et à mesure.

Une autre technique qui a fait ses preuves mais qui peut être à double tranchant. Donner son prix, négocier, s’en tenir au montant final et faire semblant de partir énervé mais marcher lentement pour laisser au vendeur le temps de vous rattraper. Il y a aussi le risque du contraire, le vendeur ne fait pas cas de vôtre départ. Alors un conseil: si vous tenez à cet article ou ce produit, achetez-le en ravalant votre orgueil (après avoir affirmé que vous n’aviez que 500 Fcfa en tout et pour tout en poche, sortir un billet de 2000 Fcfa).

Le marché Sandaga et ses environs aujourd’hui
Dans la politique d’assainissement de la ville, en sachant que le marché se trouve non loin du plateau, qui est le quartier résidentiel et administratif dakarois mais surtout celui du château palais présidentiel, tous les rabatteurs et vendeurs ambulants qui occupaient la chaussée ont été chassés et relogés. La bâtisse, qui porte le nom de « marché Sandaga », a quand à elle été victime d’un incendie. Coïncidence? Il faut dire que cet édifice était vétuste et avait été montré du doigt plusieurs fois comme danger public.

Aujourd’hui on peut se balader dans la ville sans craindre de rabatteur, quoique, les gars sont toujours en place mais se font très  discrets. Le grand paradoxe : ce que je critiquais me manque. Oui ça me manque de les entendre m’apostropher et de commencer la discussion avec eux, ça me manque un peu d’être encerclée par deux ou trois vendeurs en même temps, chacun essayant de me refiler sa marchandise au risque d’être pickpocketisé. J’ai peur que ce coin, ce marché ne devienne trop aseptisé, trop déshumanisé…

Allez au prochain billet.

*Wagniko = Baisse le prix.

*Amul khaliss = Je n’ai pas d’argent.


Parallèles naïfs

Avant de replonger dans ma série d’articles illustrant mon choc culturel, je voudrais parler de quelques « parallèles » que mon esprit a soulevés hier.

En parcourant mon fil d’actualité Twitter, je tombe sur le hashtag #PBDLA. Je vous arrête tout de suite, il n’y avait pas de problème « particulier » hier à Douala, mais plutôt la visite du chef de l’Etat dans la capitale économique.

D’après les différents posts des twittos, qui ne voyaient ni le convoi, ni les routes, car barrées ou « assiégées » et comme le kongosseur l’avait relaté  pour Yaoundé, c’est la BMP (BM double pieds) qu’il fallait emprunter dans ces cas là.

Source: https://www.la-definition.fr

Et naïvement j’ai essayé de me remémorer … ai-je déjà vécu cette situation ici à Dakar ?

Tout d’abord, je dois souligner que j’ai vu, pas aperçu de très loin, mais à quelques centimètres de moi l’ancien président sénégalais plusieurs fois à différents événements, touristiques culturels ou autres. Quant à l’actuel, j’ai déjà traversé la route je ne sais combien de fois et son convoi passait juste après à toute vitesse.

Les routes barrées, la seule fois où j’ai eu vent de cette situation, c’était lors de la visite de l’oncle Sam … mais on sait tous que l’oncle Sam et bien c’est l’Oncle Sam …

Pour l’accessibilité du palais présidentiel, je passe quasiment devant chaque week-end quand j’ai des courses à faire au Plateau. On peut d’ailleurs prendre la pose avec les gardes du palais à tout moment de la journée.

Une fois à Douala, j’ai eu vent de la visite de quelqu’un d’important. Je ne peux certifier que c’était le« grand chef », peut-être un de ses ministres? Je ne me souviens plus exactement de la date, mais je me rappelle de ce qui s’est passé … je sortais du complexe sportif de Bonanjo pour prendre un taxi, et à mon grand étonnement pas une mouche, et là un grand gaillard sorti de je ne sais où qui me fait signe de rebrousser chemin …

Devinez quelle a été ma réaction instinctive de survie ? Au lieu de rebrousser chemin en marchant, et bien j’ai détalé comme Usain Bolt.

Vous ne voyez pas où je veux en venir ? Moi non plus, c’est juste mon esprit naïf qui parlait.

Allez, au prochain billet


Je suis une niak, j’accepte

Comme je le disais tantôt je suis arrivée au Sénégal depuis 7  ans déjà. Étrangère donc,  mais plus précisément, étrangère de l’Afrique centrale, vous verrez cette distinction a son importance dans mon histoire. Ce constat anodin je n’en saisissais pas l’ampleur jusqu’au jour où j’entendis ce qualificatif : niak.

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Photographe: Simone Gilges

 

Au début, un terme qui fait mal … 

« Vous les niaks là » « Niak Bi ». C’est de cette façon que j’ai connu ce terme. A l’époque, un ami sénégalais parlait de nos habitudes diverses et variées : boire de l’alcool, manger du porc, parler très fort dans les lieux publics, le concubinage, les femmes faciles, les femmes musclées. Oui, il a  aussi mentionné cette caractéristique.

En bref, beaucoup de préjugés, quelques vérités, mais surtout une stigmatisation qui n’était pas nécessaire.

Plusieurs définitions m’ont été données. Un vieil homme sénégalais à qui j’avais posé la question m’a expliqué l’origine du mot. A la base niak désignait les étrangers, ceux qui vivaient de l’autre côté. Les habitations étant séparées par des clôtures, ceux qui n’étaient pas à l’intérieur pouvaient être considérés comme un danger potentiel, comme sauvages. Et là, aucun rapport peut-être, mais la chanson du dessin animé Pocahontas m’est revenue tout d’un coup : « Mais si dans ton langage, tu emploies le mot sauvage, c’est que tes yeux sont remplis de nuages ».

Le temps qui passe ayant une incidence sur les mots, niak est devenu le terme utilisé pour les non-Sénégalais d’Afrique noire. Excepté les cousins maliens, les Guinéens et les Gambiens.

Un mot qui prête à confusion 

Combien de fois dans une conversation anodine ne m’a-t-on pas dit : « Ce gars ou cette fille, c’est ta compatriote ». Et moi de répondre: « Ah il/elle est Camerounaise»et la personne de surenchérir « non c’est un Ivoirien, mais c’est un niak comme toi non », ok. La Côte d’Ivoire est en Afrique de l’Ouest et moi je suis Camerounaise.

Combien de fois j’ai entendu : « Mais toi tu es niak, tu n’es pas comme nous ». Justement si, je suis aussi comme vous avec mes différences. Au lieu de nous séparer, elles devraient nous rapprocher.

Une amie sénégalaise qui a découvert récemment le blog m’a demandé de changer le nom, car «c’est péjoratif ». Et bien, j’ai décidé d’embrasser cet état.

Aujourd’hui, je me réapproprie le terme car au fond chacun a son « petit» nom

Les Français sont bien appelés toubabs, les Nord-Africains nar. Je dois avouer qu’en plus d’être une niak j’ai aussi été confondu plusieurs fois à une toubab et à une nar. Mais je préfère garder l’extrême qui semble être la niak.

Dans d’autres contrées, les étrangers ont aussi un nom. Au Cameroun, tous les Nigérians sont des Biafrais même ceux qui n’ont rien à voir avec le Biafra (ce qui inclut qu’ils sont bandits ou experts en contrefaçon). Les Sénégalais sont appelés saï saï* ou saï tout simplement.

Au final chacun a son petit nom, mais quand on reçoit le sien ça fait moins rire évidemment.

Oui mes compatriotes parlent souvent d’une voix forte, mangent le porc et aiment la bière même si je ne corresponds pas à toutes ces caractéristiques, j’accepte. Oui j’accepte ce nom. A moi de ne plus ressentir la lourdeur de ce mot qui peut parfois tomber comme un coup de poignard ou comme une simple boutade.

Signée la niak.

Allez, au prochain billet.

Saï saï = garçon ou homme pas sérieux, beau parleur. 


Le wolof, cette barrière qui nous rapproche

 

Le wolof, un must pour s’intégrer au Sénégal.                                           Source : Amazon.com

C’est en conquérante que j’ai foulé la terre de Senghor pour la première fois.  J’avais appris ses poèmes à l’école, et j’avais entendu sa voix plusieurs fois à la radio ou à la télé (ses discours ont été retransmis plusieurs fois). Pour la danse aussi,  j’avais l’habitude de regarder les concerts de Youssou Ndour retransmis fréquemment sur notre chaîne nationale la CRTV (Radio -Télévision camerounaise). J’allais être plus Sénégalaise que les Sénégalaises et mon français allait être limpide comme de l’eau minérale.

Cependant la compétition s’annonçait rude. Tous les Sénégalais que j’avais rencontrés à Douala s’exprimaient avec une telle éloquence !

Voici donc venue ma première expérience linguistique.

Arrivée à l’aéroport du nom de l’illustre président poète à 4 heures du matin, je n’eus pas le temps de faire la causette. Le soir même m’aventurant enfin à l’extérieur, j’essaie de faire un brin de causette avec le boutiquier du bas de l’immeuble. Pas un mot de français ! C’était à coup de Dégoul Wolof? Dégouma français*. Je me suis dit : ce boutiquier doit venir du village, ce n’est pas bien grave.

Le lendemain, au marché.

Pas une seule phrase entière en français. Les Dieux étaient-ils tombés sur la tête ? Je ne cherchais pas à avoir une conversation de littéraire, mais tout de même, avec certains marchands il fallait connaître le nom de ce qu’on voulait … en wolof ! Sinon pas la peine d’espérer quoi que ce soit.

A l’université

Je ne vais pas vous dire que le français n’était pas aussi la langue utilisée, ou alors incomprise, ne paniquez pas. Pour les cours, le français était utilisé, mais il est arrivé que le professeur sorte deux ou trois mots wolofs jusqu’à ce qu’il se souvienne de la présence des niaks dans la salle (c’est qui ceux-là? ne vous inquiétez pas j’en parle dans mon prochain article).

Les étudiants aussi s’exprimaient en français pour les cours, mais dès qu’il y avait quelques secondes de pause, retour au wolof. Il m’est arrivé de me retrouver en pleine conversation avec un groupe d’étudiants et deux secondes après, sans savoir comment, toute la discussion avait viré au wolof et impossible de la ramener vers Molière.

Il faut s’adapter pour mieux s’intégrer 

Après des jours de frustration, j’ai fini par apprendre quelques mots et croyez-moi ma vie a bien changé. J’ai même pu  me rendre compte qu’il suffisait de mettre un seul mot wolof dans une phrase en français et les langues se déliaient. Ceux qui ne connaissaient aucun mot français arrivaient soudainement à vous comprendre. A condition évidemment de mentir sur la durée déjà passée sur le territoire. Oui, car si vous dites que vous êtes installés au Sénégal depuis 5 ans et que votre wolof est quasi inexistant, c’est à peine si on ne vous toise pas.

Après 7 ans passés à Dakar, je continue à dire que je suis arrivée  … il y a un an de cela.

Les Sénégalais veulent que les visiteurs parlent leur langue et n’hésitent pas à se proposer pour des cours. Tous ceux qui sont passés par ici ont retenu au moins un mot en wolof. La dernière fois, ma grand-mère qui a fait ses études d’infirmière ici, m’a sorti quelques mots en wolof au téléphone, son séjour remonte à plus de 50 ans aujourd’hui.

Bref, ce que j’ai pris comme un obstacle au début se révèle être pour moi un outil parfait d’intégration. Je ne vais pas faire de parallèle avec les langues locales au Cameroun où plus de 200 ethnies cohabitent… C’est un autre débat. On parle français et anglais, vaut mieux ne pas chercher à imposer une langue locale d’une ethnie ou d’une autre, ce serait mettre le feu à une poudrière.

Allez au prochain billet, ba bénène yonne*

 

Dégoul Wolof? Dégouma français*  = Tu ne comprends pas le wolof ? Je ne comprends pas le français.

ba bénène yonne* = A la prochaine.  


Etre mondoblogueur, le défi!

On commence toujours par le début … du moins je crois. C’est donc toute surexcitée, il faut l’avouer que j’ai ouvert ce fameux mail : je venais d’être sélectionnée!

Marathon, green card, gagnante de la fameuse loterie de Bill Gates (ça vous parle vous aussi)? Que nenni, il s’agissait d’un mail du réseau de Blogueurs d’RFI, Mondoblog qui m’informait de ma sélection parmi les 150 prochains mondoblogueurs!

mondoblog

En une minute, j’ai eu envie de crier « Hourra » ensuite « Noon!« . « Hourra » parce que j’étais immensément fière d’avoir été sélectionnée (je n’y croyais pas trop) et « Noon » parce qu’il fallait donc relever le défi. Oui, un vrai défi, vous avez-vu les blogs de mes compatriotes Florian, René Jackson, Natila? ou encore ceux que je  lis souvent Sinath, Faty, Aphtal ?

Vais-je arriver à trouver les bons sujets, être sé-rieu-se, avoir un style qui émeut et déchaîne les passions (j’exagère un peu là). Pas que je sois superficielle, mais j’ai plutôt la vieille habitude de parler de loisirs, un peu comme pour fuir la réalité. Donc là, c’est la panique à bord! Des règles, de la constance dans les publications, une charte, un nouvelle plateforme à maîtriser … HELP! Pas de majuscules, c’est agressif! ça y’est je ne suis déjà plus là.

Adieu recettes de cuisine, balades dans les expositions, découvertes de lieux exotiques. « Mais non! Si tu peux toujours en parler ».  Qui a dit ça? qui a parlé? Bon, il faut que le stress retombe.

Allez au prochain (vrai) billet! si je ne prends pas la poudre d’escampette d’ici là.