Luc Kouade

L’ivoironie ou la francophonie made in Côte d’Ivoire

Un mot sur « l’Ivoironie »

On ne peut pas être un pays aussi multiforme en infrastructures, en matières premières, en ressources humaines, en références sportives, en pratiques culturelles, sans initier, par le prétexte d’un concept, une mise en musique de toutes ces faveurs pour propulser le développement et la cohésion sociale. La Cote D’ivoire, pays d’espérance ô combien éprouve par les avatars du temps, en a grand besoin. Elle en a grand besoin  pour faciliter sa fusion dans le creuset des nations  du monde

L’idée du concept

Ce concept pourrait s’appeler  ivoironie, une déclinaison de la francophonie  à l’Ivoirienne. Il y a à saluer la francophonie en tant que  vision universelle ou plateforme de brisée des barrières entre les Etats, mieux, les étants, dans le vaste empire francophone. Si la francophonie  n’existait pas, il eut fallu créer quelque  chose qui en ferait office.                                                                                                     

Car, il n’y a pas de salut en dehors de la coalisation de centaines d’entités étatiques, économiques, géographiques ou culturelles, si ces dernières ne se brassent  pas autour de quelque affinité qu’elles partageraient  communément. Nous voulons  dire que la coalisation, pacte du désir du vivre ensemble, a la vertu de palier les insuffisances, manques et lacunes du singleton isolé.

ivoironieDe la francophonie à l’Ivoironie

Aujourd’hui, la langue française, en tant que mercure spirituelle de la civilisation française,  transcende la seule France pour être  un ciment fédérateur de plusieurs civilisations éparses. On peut s’en réjouir littéralement. On peut, en effet, s’extasier de la francophonie, ce concept magiquement magnétique d’un ensemble   de phénomènes culturels et politiques ayant pour support véhiculaire le français, moyen de transcendance de particularismes et de constitution de diversités. Sous ce rapport, la francophonie est un atout curatif  pour chacun des pays francophones.

Toutefois, la francophonie aurait maille à se constituer si les Etats que son ombre  recouvre sont en guenilles. Pour  l’urgence, donc, d’adhérer à cette  forme universelle fortificatrice, il y a lieu d’ouvrir une  lucarne sur la Côte d’Ivoire, pays essentiel du monde francophone.

Pour sauver, donc, la francophonie et contribuer à son rayonnement, il parait, non urgent, mais, nécessaire, de songer à la problématique de la vitalité sociale, économique, politique et culturelle de la gâchette de l’Afrique de l’ouest, vivier électrisant de la francophonie.

Depuis près de deux décennies, la Cote d’Ivoire est en proie à des anicroches sociopolitiques qui, désespérément, ne finissent plus que par  fragiliser le tissu  social, à tout le moins, le sentiment d’appartenance  commune. Bien opportunément, l’Ivoironie se propose de  préserver,  vertueusement, peut-être, ce sentiment d’appartenance commune au nom des valeurs naturelles, infrastructurelles, humaines, culturelles  dont les Ivoiriens  disposent et sur lesquelles, aussi triste que cela puisse paraitre, les consciences, à l’usure des événements vécus, semblent s’éteindre. D’où le slogan de l’Ivoironie : « Au milieu de nos différences, soyons  d’accord sur ce qui ne nous différencie pas».

L’Ivoironie, une lueur d’espoir pour la paix en #CIV

Ce qui, peut être, peut atténuer les tensions sociales, politiques et militaires, c’est la  conscience qu’on a en commun des biens qui ne sont plus que patrimoniaux. Ce sont : le 3e pont , l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro, Laurent Pokou, Drogba Didier, Yaya Touré, le Zouglou, le Coupé-décalé, le Nouchi valorisant , Félix Houphouët Boigny, le placali, le kabato ; le Café –Cacao , le port autonome,  l’hôtel Ivoire, le palais de la culture, l’Hymne  national, le drapeau  Orange-Blanc-Vert, Cisse Cheik Salah, Muriel Ahouré, le felicia, nos fleuves Comoé, Bandama et Sassandra, la fertilité de notre sol, la Basilique de Yamoussoukro, la Cathédrale du plateau , nos danses traditionnelles, le mirage des immeubles du plateau….

Si, donc, les Ivoiriens ont conscience des ces valeurs qu’ils ont en commun, ils se devraient de limiter, autant que possible, l’expression  de leurs désaccords, de peur d’altérer le patrimoine, ce qui  offrirait le risque de faire disparaitre, fût-il symboliquement, ce beau pays.

Ce faisant, l’Ivoironie se proposerait d’être un outil de sensibilisation à la réconciliation. Les politiques, de façon avisée, ont parlé d’émergence  économique ; c’est d’ailleurs bien vu. Cette émergence a nécessairement  besoin  de l’Ivoironie qui  en constituerait un souffle, un cadre  conducteur, un bout-en-train. L’Ivoironie, donc, au nom du principe selon lequel toute émergence est consubstantielle au consensus  social,  relativement  s’entend. L’Ivoironie est, donc, un pacte consensuel  qui s’érigerait  en label psychique  de l’Ivoirien nouveau.

Vers un enterrement du concept diviseur d’ivoirité…

Ce faisant, l’Ivoironie concernerait, et les Ivoiriens naturalisés et ceux d’origine, et même les amis de la Cote d’Ivoire. Les Ivoiriens de la diaspora y trouveraient l’occasion, non seulement, de se fédérer dans l’intérêt supérieur de la mère-patrie, mais, aussi, de rester ombilicalement connectés au navire Ivoire dont ils contribueraient de plus bel à l’essor.

Ivoiriens de la diaspora

La Côte d’Ivoire attend beaucoup de ses filles et de ses fils expatriés pour divers motifs. Tandis que l’Ivoironie attiserait en ces derniers la flamme nostalgique du pays, elle les inciterait à être inventifs et à décupler leurs énergies pour servir la cause commune : La Côte d’Ivoire.

Ce faisant, les Ivoiriens expatriés deviendraient des modèles de dignité pour leurs pays d’accueil. Telle a toujours été la volonté d’HOUPHOUET. Tel serait conforme au désir du père de la nation qui avait un regard d’intérêt éloquent pour les pays où ses compatriotes étaient fortement représentés, et ce, pour la bonne image de la Côte d’Ivoire et dans l’intérêt du pays d’accueil.

Tout simplement, l’hospitalité jouit d’une lucarne de rayonnement lustral dans l’exégèse du concept de l’Ivoironie, réflexe valorisant d’un pays qui a une légendaire réputation d’hospitalité ; tout obéirait à un axiome : savoir recevoir, c’est aussi savoir être reçu.  

Décisivement, l’émergence tant tambourinée impose que la Cote d’Ivoire s’ouvre  au monde, à ses voisins, prioritairement. L’Ivoironie, donc, est une universalité ayant pour épicentre  la Côte d’Ivoire. Le tout est d’adhérer  à l’ambiance mentale, naturelle, sociologique de ce pays. La Côte d’Ivoire doit exister pendant qu’elle est le reflet du monde, et vis-versa.

En un mot,

on va dire de l’ivoironie qu’elle est un ferme engagement des Ivoiriens à participer à la vaste civilisation qu’inscrit la francophonie. Car, la francophonie, d’autant plus qu’elle inscrit une macro-vision transnationale, elle se décline en plusieurs micro-visions nationales.

En définitive, l’Ivoironie, du fait qu’il est un cycle initiatique, nous le concevrons  en des modules diversifiés, de telle façon que chaque Ivoirien y trouve pour son compte, pour l’amener à aimer la Côte d’Ivoire et à en prendre soin, de sorte à garantir son ouverture au monde.

Cérémonie de lecture du manifeste de l’Ivoironie

L’Ivoironie, «au milieu de nos différences, soyons d’accord sur ce qui ne nous  différencie pas.»

Professeur Toh Bi Emmanuel

Concepteur de l’Ivoironie


L’aventure au campus : entre frasques et succès !

« La joie d’avoir obtenu le BAC, se transforme en soucis sur le campus ». Les paroles de cette chanson, générique de la série Campus disait donc vrai?

Plutôt, quand nous étions encore au secondaire, nous partagions tous l’ambition de faire des études supérieures à l’université. Après donc l’étape  du baccalauréat, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous abordions le campus et toute la chaleur qu’elle avait à offrir.

Bienvenu sur le Campus !

 

Amphithéâtre de l’Université Alassane Ouattara

La vie dans les débuts était belle, faut le dire, car les « monnaies de voyage » [1]répondaient encore aisément aux besoins des jeunes étudiants que nous étions.

Sans esprit de gestion et fraîchement dérobés au gîte des parents, c’est plutôt cette pseudo-indépendance, gage d’un libertinage sans précédent qui attisait notre joie. Dorénavant, plus personne ne nous imposerait des restrictions en matière de conduite. N’était-ce pas le bonheur ? Peut-être.

Bonheur très vite passé à la nivaquine. En seulement quelques semaines, les finances étaient à zéro en raison du rythme de vie accéléré que nous vivions, et vu nos statuts de novices, fallait soit recourir aux parents pour certains ou « se chercher » [2]pour d’autres.

C’est là le point de départ de l’aventure estudiantine!

A partir de là, chacun empruntait le chemin qui selon lui, le mènerait à sa destinée promise ou du moins à la réalisation de l’objectif fixé dès avant de quitter le toit familial.

Ceux parmi nous qui avaient le courage et les aptitudes aux grouillements[3] se ruaient très vite dans la ville pour trouver de quoi arrondir les fins de mois. Ceux par contre qui prenaient gout à la facilité s’adonnaient à maintes entreprises avec le même but, avoir coute que coute les moyens de leurs pitances.

Du côté des mâles, rien d’odieux à signaler à part que certains s’adonnèrent plus tard à la drogue. À ce sujet, il faut dire que les mauvaises compagnies et surtout le suivisme de la tendance ont été de mise. A part ça, rien de grave.

En outre, certaines des jeunes dames, loin d’être identiques aux premiers, ont de jour en jour dégringolés en accordant à la débauche des prétentions bien plus rémunératrices et déshonorables.

Le commerce du sexe

 

Une ou plusieurs relations prétendues amoureuses pour de l’argent ; relations adultérines, bizi et si tout cela ne suffisait pas, elles passaient à la vitesse supérieure aux coins des rues de la ville sous les manteaux de prostitution.

Elles faisaient ainsi le trottoir pour trouver de quoi survivre. Quoi qu’il en soit, et qu’importe les raisons qu’elles évoqueront, la prostitution n’est pas un dernier recours sauf si l’on adhère au défaitisme.

Plus tard certaines d’entre elles, abandonnèrent les études tandis que les autres s’assagissaient pour s’adonner à des petits commerces et autres activités lucratives plus juteuses subordonnées aux études.

Comme pour dire que le vent de l’insouciance est passé et n’est plus prêt de souffler à nouveau.

A présent plus aucun détour possible,

Cap sur l’objectif de départ, à savoir, obtenir son diplôme de fin de cycle pour enfin affronter les réalités du monde professionnel. Cependant, cette ambition n’est partagée de tous, non en raison d’une volonté prononcée mais à cause d’attitudes incompatibles aux objectifs.

Alors que plusieurs s’adonnaient à la bosse pour espérer tirer leurs épingles du jeu des sessions universitaires, une masse se distinguait de tous. Je veux parler des soi disant syndicalistes qui au gré d’arguments contraires à leurs actes œuvraient à la violence en recouvrant de honte toute la sphère éducative ivoirienne.

Syndicaliste en marche sur le campus
Syndicaliste en marche sur le campus

 

 

Leurs actes de barbarie ne sont plus à décrier car connu de tous en Côte d’Ivoire, et les victimes, étudiants comme enseignants gardent jusqu’à ce jour des séquelles d’agressions et de lynchage. Une véritable jungle estudiantine grâce à ceux là.

Dieu merci, cette forme d’animosité n’est pas partagée par une frange majoritaire et c’est là, une lueur d’espoir pour cette génération de relais. Enfin, retenez que cette séquence aussi palpitante de l’aventure au campus n’est pas à jauger qu’en négation, pour autant qu’elle renferme un tournant crucial de nos vies.

Pour finir comme toute bonne histoire, il faut honnêtement reconnaître que ce tournant de la vie au campus a son côté fascinant et tout de même nostalgique. Mais c’était comme nombre d’étapes de la vie, un passage et fallait donc se contenter d’y passer.

Alors, je dis Bye Bye…     

[1] Argent de poche, donné par les parents pour s’assurer pendant un certain temps

[2] Trouver soi-même les moyens de sa subsistance

[3] Quête de petits boulots et prise d’initiatives pour se trouver une place au soleil


Et si le monde se réveillait un matin sans internet ?

D’hier à aujourd’hui

Le monde dans son essence est paré de multiples questionnements auxquels seul son auteur pourrait répondre. Chaque jour qui passe est un nouvel amas de préoccupations qui traverse le temps. Nous nous préoccupons de notre gagne-pain, de notre quiétude, de nos avenirs, de nos vies et de celles de ceux que nous aimons, de comment faire fortune…

Des interrogations à n’en point finir. Chacune des ères passées l’a été avec son cortège de circonstances et de problèmes et bien évidemment, toutes celles qui suivront le seront avec les leurs. Enfin, à chaque époque ses réalités.

Et la nôtre, celle d’un monde interconnecté, d’une société dite de l’information où le numérique a conquis les habitudes de plus de la moitié du globe, n’en est pas exempt. A voir de près les exigences du moment et celles des époques dites passées, cela ne fait pas l’ombre d’aucun doute, « le monde a évolué ».

Un monde sans internet ? Venons-en au fait !

Dans ce monde nouveau, « l’internet », apparut dans les années 1970, conditionne l’essentiel des habitudes de travail, de communication, des pratiques didactiques, de divertissement…

En gros, internet est à ce jour incontournable et parvient à rassembler en un même espace, même si cela parait invraisemblable environ 3,8 milliards des 7 milliards habitants que compte la planète.

En cela, il m’est arrivé soudain, comme certainement à plusieurs d’entre vous, de me demander ce qui arriverait si un beau matin internet disparaissait.

A vrai dire, cette interrogation fut à mon goût tel un maléfice. Et je voudrais rassurer avant tout que mon intérêt n’y siégerais aucunement. Tout de même permettez que la question soit posée.

Qu’arriverait-il si le monde se réveillait un matin sans internet ?

Sur certains réseaux sociaux, des avis sont bloqués et les esprits notamment de jeunes gens ne parviennent à concevoir la continuité d’un monde sans internet. @Noé Sangaré, un jeune internaute ivoirien dira à propos que : « cela marquera la fin du monde ».

Comme tout bon débat, des idées divergentes se font entendre. @Joel Dekli affirme donc pour sa part : « avec le si, bien malin qui pourra répondre. Mais pour ma part, mieux vaut rappeler que le monde a existé avant internet, donc si il se réveillait un matin sans internet, il ne reviendra qu’à la case départ ».

S’exprimant donc à l’instar de cet avis, d’autres soutiendront qu’internet n’est pas inhérent au monde, et donc que les hommes s’adapteront à son absence éternelle si il venait à disparaître un de ces matins.

Pour ma part

Si internet disparaissait du paysage technologique, c’est tout un immense tas de données qui s’envolerait sans parler d’une grande partie de la multitude d’emplois générés par l’avènement du numérique dans ce monde technologique autrefois conquis uniquement par des procédés analogiques.

La fameuse silicon valley de San Francisco ne serait plus que vestige d’un passé connecté et les GAFA dans cette veine verront leurs influences et leurs puissances économiques réduites à néant du fait de l’inactivité qui découlerait de l’absence d’internet.

Sans internet dans ce vaste monde, l’idée unificatrice et communicationnelle d’un village planétaire serait jetée aux oubliettes et avec, les nombreux partenariats et relations tissés par le biais des réseaux sociaux et autres canaux de connectivité virtuelle. En bref plus question de secteur quaternaire !

Les rapports de force d’un point de vue géopolitique et du contrôle ou de l’espionnage des flux de communication longtemps reprochés à certains Etats puissants du globe ne seraient plus que gloires anciennes.

L’information dans ce cadre reviendrait à ses formes traditionnelles et la formation ne se contenterait hélas, plus que de ses aspects historiques et rudimentaires. De la sorte, les pressions démographiques des décennies passées donneront aux infrastructures existantes une masse d’apprenants quasi insoutenable.

La liste des dommages que pourrait causer la disparition de la toile est longue et concernera sans aucun doute, presque la totalité des secteurs d’activité existant.

REVENONS SUR TERRE

Enfin, revenons à la réalité du moment et tout en s’imprégnant des spectaculaires révolutions enclenchées par l’adoption d’internet dans les routines de l’activité humaine, savourons ses exploits, qui sont ceux d’un monde connecté, d’une société unifiée sans distinction de race et de nationalité, d’une optimisation perpétuelle des procédés, des formes de travail sans cesse diversifiées et attrayantes, d’un développement partagé…

Cet article vous a t-il plu ?

Vos réponses personnelles à la question « Qu’arriverait-il si le monde se réveillait un matin sans internet ? »
sont donc attendues en commentaire.

 


Taxi-moto: les nouveaux acteurs du crime à Bouaké

Nostalgie d’une ville chargée d’histoire

Quelques décennies plutôt, Bouaké ville secondaire du fabuleux archipel ivoirien était couverte d’un blason dont on pouvait clamer la renommée culturelle au monde. Mais, pendant pratiquement une décennie entière celle-ci a souffert de tensions socio-politiques qui ont amèrement participé à faire décroître son prestige d’alors.

Des foires commerciales, aux festivals carnavalesques en passant par les multiples manifs culturelles…, et bien la liste des événements dont on ne garde que des souvenirs et qui  offraient à la ville son aura enchanteur est exhaustive.

A présent, elle n’est plus qu’une ruine de désolation et vestige d’une rébellion qui n’y a laissé qu’un principe déshumanisant : la loi du plus fort.

Loi à retombée délétère de laquelle, ceux de la race humaine épris d’animosité tirent pour une part considérable, l’essentiel des moyens de leur subsistance et qui constitue sans conteste le socle d’une hégémonie imbue de violence.

Bienvenu dans le  Bouaké nouveau!

Comme dirait une célèbre citation : « Les mauvaises habitudes corrompent les bonnes mœurs ». Plus que jamais, la jeunesse de cette ville, est en proie à cette règle qui semble-t-il représente un principe fondateur de son gagne-pain. Bienvenu à Bouaké !!!

Ici à Bouaké, le climat sécuritaire sans hyperbolisme, est inquiétant et particulièrement dangereux. Emprunter une ruelle inconnue même en plein jour est une erreur à ne jamais commettre, à plus forte raison se fier à une personne que vous rencontrez à peine.

Ces derniers jours, une tendance d’agressions et de vols répétés, perpétrés par des individus à moto fait progressivement parler d’elle et laisse très souvent ses victimes dans l’agonie de blessures à l’arme blanche. D’où sortent donc ces personnes mal intentionnées et quels sont leurs modes opératoires ?

Les origines du problème

Le contexte de la crise militaro-politique de 2002 avait plongé la ville dans un chaos à la fois infra structurel et économique, du moins pour ce qui concerne les personnes sans armes et a obligé plusieurs d’entre elles à migrer vers les zones sud de Bouaké.

Cependant, l’inexistence de cadres fiscaux et la porosité des frontières aux extrémités nord et ouest du pays, occupées alors par les forces rebelles, a fini par accoucher d’une récurrence de trafics de tout genre, en particulier celui des appareils électroménagers et des motos (connues sous les appellations X1 et Apsonic).

Ce faisant, l’activité des taxis s’est vue freinée en raison du « no man’s land » que représentait la ville et éventuellement du risque qu’encouraient les véhicules d’être pris de force par les hommes forts du temps en occurrence les rebelles insurgés contre le pouvoir du président Laurent Gbagbo.

Image de la rébellion en 2002 à Bouaké

Face à cette situation qui évidemment constituait un frein à la mobilité, de nouveaux acteurs ont fait leur apparition en la personne des taxis-moto qui n’étaient autre que des rebelles, des jeunes gens déscolarisés du fait de la crise, des adeptes de petits métiers en incapacité d’exercice…

En ces débuts, l’activité s’est avérée particulièrement lucrative et la bienvenue pour pallier aux soucis de mobilité. Au fil du temps et avec le contexte après guerre de l’unification des régions, ce problème de développement n’est plus qu’archive de la crise quand bien même le phénomène des taxi-moto subsiste à toujours en s’accordant des prétentions criminelles.

Ces derniers mois, une pile de plaintes reçues au sein des cinq (05) commissariats de la ville a témoigné d’une tendance criminelle nouvelle, à savoir des vols et agressions orchestrés par des taxis-moto sur des clients et quelques fois à l’endroit de simples passants.

Modes opératoires

Aux heures avancées de la nuit et souvent même en plein jour, deux acolytes circulant à moto, munis d’armes blanches, d’un procédé insolite agressent des passants et emportent argent, bijoux, téléphones portables…

Ou encore, lorsque vous sollicitez les services d’un taxi-moto, un détour lors de votre voyage peut vous couter des biens et au pis des cas la vie.

« Mon coup de gueule »

Sans se voiler la face, ce phénomène est une des nombreuses conséquences de la crise qui même disparue laisse traîner encore des germes de violence et particulièrement de frustrations dans le camp de ceux que l’on nomme exclusivement « les démobilisés ».

Ces ex-soldats de la rébellion qui à la différence de certains de leurs camarades éprouvent énormément de difficultés à se réinsérer dans le tissu social que confère l’absence de crise créent donc à travers ce penchant au crime les conditions de leurs subsistance.

Si donc leurs revendications quant au paiement de primes de guerre par le gouvernement ivoirien peinent à trouver une issue favorable, nos démobilisés trouvent coûte que coûte les moyens de leur pitance quitte à opprimer les bonnes mœurs.

Cependant les faits ne sont pas qu’imputables à ceux-ci, car en matière de crime, croyez-le, il y a plus qu’un acteur et si l’on admet que le crime n’est jamais parfait, alors les mains du marionnettiste qui agite ses pantins finira par être vu.

Avant tout, prenez garde à là où vous marchez quand vous êtes à Bouaké ! A bon entendeur, Prudence !

 

 


Le web 2.0 : la fin du monopole des grands médias

Contexte d’apparition

L’apparition au cours de la décennie 2000 d’une nouvelle tendance du web dite web 2.0 est venue sonner le glas d’une démocratisation poussée de l’outil virtuel d’information et de travail qu’est internet.

Le web 2.0, à travers la panoplie des innovations engendrées s’est offert telle une aubaine aux internautes du monde pour déconcentrer au mieux la diffusion de l’information et d’y contribuer au moyen des canaux nouveaux que sont les réseaux sociaux et les blogs (principalement).

La déconcentration de l’info via le web 2.0

En effet, de cette diffusion de l’information dont les grands médias (chaines de télévision ; radios ; journaux et magazines) détenaient le monopole, les attributs du web 2.0 ont ouvert le champ à une tendance participative et plus réactive avec dorénavant des flux de données massives à gérer.

Ce Web 2.0 et ses rejetons qui ont conquis particuliers ; entreprises et même médias classiques ont désormais laissé libre court à des flux variés d’informations aux diverses formes : textes ; sons et vidéos.

A l’ère actuelle de la société de l’information ou les outils issus des technologies numériques attisent l’engouement de plusieurs à travers la galaxie tout entière, le web 2.0 vient aussi apporter son grain de sel à l’élan de mondialisation amorcé depuis belles lurettes en facilitant le rapprochement des peuples par la connectivité et cette ardeur au partage dont seul les réseaux sociaux détiennent le secret.

Dorénavant, pour traiter d’informations relatives à des événements particuliers, plusieurs acteurs sont de mise allant des grands médias aux profils de réseaux sociaux. Comme dirait certains internautes ivoiriens « Avec Facebook comme canal d’information, l’information est diffusée en temps réel pour atteindre le maximum de personnes ».

Cependant, la connexion massive des populations aux réseaux sociaux et autres dérivés du web 2.0 à travers le monde, donne lieu très souvent à une extension accrue de fausses informations (intox).image intox

 

 

 

 

 

 

 

 

Une situation qui tend particulièrement à déshériter de crédit l’info en vogue via certains profils de réseaux sociaux, au profit de celle détenue et divulguée par les grands médias qui en dépit de leur caractère parfois propagandiste émanent de personnalités susceptibles de les assumer.    


Côte d’Ivoire : lutte contre la cybercriminalité, le rôle participatif des internautes

 

robots-lanceurs

La révolution numérique, fer de lance de la nouvelle économie mondiale a, on ne peut, plus démontrer son utilité au développement des secteurs d’activités (industries, commerce, éducation, formation, armée, etc.) que n’importe laquelle des innovations qu’a connu l’histoire.

A ce jour, elle s’est avérée être l’un des piliers majeurs de croissance de plusieurs économies mondiales (Etats-Unis ; Chine ; Japon ; Russie etc.), et ambitieusement un espoir de développement pour des Etats du tiers monde dont la Côte d’Ivoire.

Si d’une part l’ère numérique a suscité au monde ou moins à la Côte d’Ivoire une aube d’affirmation du potentiel  intellectuel et évolutionniste, elle a d’autre part laissé libre court à une tendance régressive incarnée par la cybercriminalité.

Quelle en est l’origine en Côte d’Ivoire et qui sont les cybercriminels ivoiriens ?

La cybercriminalité, en ses débuts n’est aucunement le produit d’esprits criminels ivoiriens. Les précurseurs de ces escroqueries organisées via internet en Côte d’Ivoire sont des ressortissants nigérians et parfois des camerounais (Source : PLCC).

Cependant, des jeunes ivoiriens communément appelés « brouteurs », d’âges compris entre 13 et 30 ans pour la plupart s’en sont appropriés à un degré excessif, attribuant à la capitale abidjanaise le blason de la ville africaine à la plus mauvaise « e-réputation » en 2013, volant ainsi la vedette à la capitale Nigériane.

Les techniques à leur actif sont de plus en plus sophistiquées. Hameçonnage (fishing), arnaques à l’héritage, aux sentiments, à la loterie, à la commande de matériels et promesse de paiement par carte de crédit ou virement bancaire, détournements de courriers destinés aux banques, escroqueries à la voiture d’occasion, etc.

Le palmarès de ces Cyber-délinquants est exhaustif. En 2012, le préjudice de leurs actes s’élève à 40 millions de dollars. En 2013, la Côte d’Ivoire est reléguée au rang des pays les plus à risque en matière de e-commerce.

C’est de ce fait toute l’économie numérique ivoirienne qui est taxée d’un discrédit d’escroquerie, d’insécurité et de fraude.

La réponse gouvernementale aux Cyber-crimes

Face à la recrudescence des Cyber-crimes et aux préjudices causés par ceux-ci, des mesures drastiques ont été prises par les instantes gouvernantes. A cet effet, une plateforme – Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC) – a été mise en place en 2012 avec une brigade « anti-broutage ».

Elle a pour mission d’intercepter les activités suspectes sur internet et de transmettre des données à la police scientifique afin de procéder à la traque et aux interpellations de cybercriminels. En 2015, le nombre de Cyber-délinquants interpellés s’élève à 205 dont 189 hommes (92%) et 8 jeunes filles (8%).

Cybercriminels interpellés

En plus des précédentes mesures, une opération d’identification des abonnés au téléphone mobile a permis de recenser plus de deux (02) millions d’abonnés.

A côté de cela, le recensement des Cyber-cafés sur toute l’étendue du territoire et l’adoption d’un projet de loi relatif à la lutte contre la cybercriminalité et la protection des données ont été de mise dans le dispositif de Cyber défense ivoirien.

Au regard des dispositions prises et du climat défavorable à la cybercriminalité, les cybercriminels ou « brouteurs » vont opter dans un premier temps au refuge dans les villes de l’intérieur où le contrôle des services de la police scientifique est presque inexistant, pour ensuite s’exiler au Maroc- pour certains – lorsque la quiétude dans lesdites localités s’avérait être incertaine.

Le rôle participatif des internautes dans la lutte pour l’éradication du phénomène

A croire l’effectivité dans l’application des mesures publiques évoquées ci-dessus, les services de police et la justice ivoirienne sont à pied d’œuvre pour limiter le plus possible les actes de vandalisme perpétrés dans le cyberespace notamment contre des cibles étrangères.

Mais, Les Cyber-délinquants ivoiriens à l’image des actifs de l’e-emploi, demeurent avant tout des internautes très actifs sur la toile, qui au fil du temps ont acquis une bonne maîtrise de l’usage des technologies virtuelles.

Si nous nous accordions au principe militaire qui sous-tend que si vous voulez chasser des loups, il vous en faut d’autres, l’implication des tiers dans la lutte contre la cybercriminalité devrait participer nécessairement de la stratégie de défense et de sécurisation de l’espace virtuel qu’est internet.

Etant donné le caractère secret des données à disposition des services de sécurité (PLCC, DITT, Police Scientifique, Brigade anti-brouteurs, etc.) en charge de la lutte contre la cybercriminalité, elles ne sauraient se retrouver en de mauvaises mains.

Ainsi, la lutte participative de la population d’internautes en Côte d’Ivoire se résumerait globalement à une stratégie de prévention privilégiant d’une part l’information relative aux techniques d’approches cybercriminelles et par la suite à une dénonciation active d’éventuels actes de déprédation sur internet.

En pratique, il sera question

Pour le volet informationnel  de dévoiler périodiquement et activement les  nouvelles stratégies cybercriminelles autres que celle déjà connues. Par ce fait, c’est plus d’une population d’internautes qui sera avisé des manœuvres prochaines de nos Cyber-escrocs et autant de portefeuilles et de biens qui se verront mis à l’abri et sécurisé.

Pour ce qui relève de la dénonciation, il faut noter en prélude que la proximité des internautes avec les criminels est un atout majeur d’autant plus que nous préconisons au titre de cette lutte participative une implication de ces populations qui ont vocation à tenir de façon récurrente la chandelle aux Cyber-délinquants.

Concrètement, pour dénoncer les actes de délinquance orchestrés sur internet, il faudra aux personnes taguées de civisme de procéder dès identification de contenus cybercriminels (arnaques à l’héritage, aux sentiments, à la loterie, promesse de paiement par carte de crédit ou virement bancaire, etc.) à :

Alerter les autorités compétentes du délit en cours et transmettre si possible l’identité des présumés criminels afin de faciliter d’éventuels arrestations

Signaler OnLine les messages et publications de sources suspectes à son réseau sur les réseaux sociaux et à ses contacts par e-mail et messages téléphoniques afin d’informer le plus de personnes possibles de la menace en cours

Bloquer la réception continuelle de courriels indésirables (spams) dans les boites de messagerie électronique et dans certaines circonstances procéder à leurs signalisations

Dans la mesure du possible, sensibiliser son réseau, ses contacts et son entourage aux risques  cybercriminels dont nous avons connaissance. Quoi qu’il arrive, demeurons actifs à la lutte et contribuons au mieux à l’assainissement du cyberespace et du climat économique ivoirien.

La ligue des blogueurs ivoiriens a déjà sonné l’entame du combat opposant blogueurs et « brouteurs » en Côte d’Ivoire. Nous disons à notre tour que pour un cyberespace sans risques, une révolution numérique effective et un taux de risque cybercriminel quasi nul, la guerre ne fait que commencer.

 

BLOGUEURS VS BROUTEURS, LE DUEL NE FAIT QUE COMMENCER !!!!!


Duels acrobatiques au concours de hip hop

Mercredi 26 juillet 2017, six jours se sont écoulés depuis l’entame des VIIIe jeux de la francophonie en Abidjan. Aux portes du Palais des sports de Treichville cet après-midi, l’affluence est massive rien que pour voir concourir les crew hip hop qui se sont donnés rendez-vous ce soir à partir de 20H00.


Aux environs de l’heure promise, l’ambiance est déjà à son sommet, il faut croire que la population abidjanaise n’a pas voulu se faire raconter l’événement. A notre arrivée en salle, le Sénégal et la France se tiennent en respect. Mais très vite, une légère supériorité des « pokemon » aura raison des dakarois. Prochaine Battle, la République démocratique du Congo fait face à la jeune équipe du Maroc.

Gestes de Ouf,
Sauts hyper dangereux

La chorégraphie de nos amis de Kinshasa est super risquée. A priori, une démo hors du commun. Hélas, impossible de savoir si c’est le trop plein d’audace ou la trop grande prise de risques qui a coûté la place aux congolais. Sur ce coups-là, les marocains s’en sortent et sont qualifiés pour la grande finale avec certainement le souvenir d’une prestance adverse qui de peu a failli leur coûter la défaite.

Ainsi, au moment où tous s’attendent prochainement à une bataille chorégraphique qui déterminera le second finaliste de cette soirée, c’est contre toute attente que l’on assiste au travers de la bataille France-Cameroun, à ce qu’on pourrait appeler une finale anticipée. Oui, un choc de titans, une Battle serrée ou s’entrechoquent extravagance et talent. Nul n’a envie que ça se termine, mais comme le dit si bien un adage africain : « Les bonnes choses sont de courte durée ».

Suite à une victoire de l’équipe camerounaise, les « pokemon » sont éjectés et n’ont plus espoir qu’en cette médaille de bronze qu’ils obtiennent en s’imposant à l’adversaire malheureux, victime de l’équipe marocaine. A l’issue donc de cette VIIIe édition des jeux de la francophonie, la République Démocratique du Congo s’en tirera bredouille des compétitions hip hop.

La Finale

Moment de trêve avant la grande finale, le DJ met le feu aux platines et …, l’un des membres du jury de cette discipline de danse urbaine s’illustre majestueusement de ce qu’on pourrait lui imputer à raison comme art de prédilection, à savoir la danse hip hop.

C’est la grande finale. Marocains et camerounais s’affrontent pour la première place. Même rythme, toujours le même enthousiasme et bien entendu la même rage de vaincre à laquelle tous ont porté un toast. Au final, les coéquipiers de Yaya le camerounais triomphe de la battante équipe du Maroc qui sans tricher aura donné tout le meilleur d’elle-même.

Merci @Issouf avec qui j’ai co-écrit l’article
Crédits Photos : Benjamin Yobouet

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jf2017: la Côte d’Ivoire dit Akwaba à la francophonie

Huitième édition des jeux de la francophonie, toute la grande sphère francophone s’invite en Côte d’Ivoire. L’ambiance éprise de festivités au sein de la perle des lagunes, la chaleureuse capitale abidjanaise témoigne de la convivialité et de l’hospitalité reconnue au peuple ivoirien.

francophonie
jeux francophonie

Un défi à relever

L’événement, à n’en point douter est autant de taille que le challenge que s’est portée volontaire la Côte d’Ivoire de relever en en étant hôte. Depuis déjà quelques jours, plus de 4000 athlètes francophones ont foulés le sol ivoirien avec fort probablement un double objectif, participer aux différentes compétitions et découvrir l’infinie richesse culturelle ivoirienne.

Des mets locaux aux nombreuses attractions folkloriques, c’est sans conteste un choix très diversifié de merveilles que seront appelés à faire l’ensemble des spectateurs et participants des VIIIe jeux de la francophonie.

Côté sécurité, les forces de l’ordre sont plus que jamais préparés pour faire de l’événement mondial une réussite rassurait le Ministre de l’Intérieur Sidiki Diakité lors de sa visite sur le lieu des festivités ce 21 juillet.

Nos dragueurs et dragueuses abidjanais quant à eux ne se font pas prier pour être de l’événement. Déjà, les échanges de contacts font forts entre blancs et noires et entre blanches et noirs. Suivez donc mon regard.

Autre part, la multitude des artisans, acteurs du tourisme ivoirien et par ailleurs promoteurs des richesses du terroir se fraient pour une majorité des chemins au milieu des foules pour exhiber leurs fabrications.

On peut dire que les jours à venir seront débordants de surprises. Pour le reste, il incombe aux ivoiriens dans leur totalité de rendre la Côte d’Ivoire fière de l’initiative responsable à laquelle elle s’est portée volontaire.

ENSEMBLE, NOUS DISONS DONC AKWABA A LA GALAXIE FRANCOPHONE !!!


A l’approche des jeux de la francophonie, la Côte d’Ivoire sous le feu des mutineries

mutineries

Après Rabat et Casablanca (Maroc, 1989), Paris (France, 1994), Antananarivo (Madagascar, 1997), Ottawa et Hull (Canada, Canada-Québec, 2001), Niamey (Niger, 2005), Beyrouth (Liban, 2009), et Nice (France, 2013), c’est à la Côte d’Ivoire qu’est légué le flambeau des huitièmes Jeux de la francophonie.

La ville choisie pour abriter les festivités est la chaleureuse métropole abidjanaise connue également sous l’appellation « Perle des lagunes ». Si pour certains l’événement qui réunit les 77 Etats et gouvernements de la sphère francophone est une compétition, l’appréhension des populations ivoiriennes en est tout autre.

En effet, elles y perçoivent l’opportunité rêvée de faire la promotion culturelle du pays et de partager comme tout bon hôte le meilleur du terroir ivoirien avec la communauté francophone.

Des danses traditionnelles aux savoureux mets locaux, c’est un choix très diversifié de surprises que seront appelés à faire les jeunes talents artistes et sportifs de la grande galaxie francophone.

Du côté des restauratrices

l’enthousiasme est de taille et l’événement à ne manquer sous aucun prétexte. Tantie Hélène, restauratrice du quartier blockauss dans la commune de Cocody traduit l’appropriation de l’événement par les siennes en ces termes : « On les attend, ils n’ont qu’à venir gouter nos plats, ils vont couper leurs doigts ».

A l’image de celle-ci, ce sentiment de gaieté semble animer les cœurs de plusieurs au nombre desquels, les princesses de nuit dont nous nous sommes gardés de recueillir les impressions.

Cependant l’émotion n’est résolument pas partagée par l’ensemble de la population abidjanaise. L’ambiance du côté des étudiants s’avère plutôt morose.

Pour cause, ces derniers ont assisté l’an dernier, impuissant au déménagement de certains condisciples des campus universitaires réservés alors pour servir de dortoirs aux athlètes des huitièmes jeux de la francophonie.

L’un d’eux s’exprimait à propos : « Nous ne sommes pas contre l’initiative de faire abriter les jeux de la francophonie par notre pays. Mais nous avons été choqués par la manière dont nous avons été mis à la porte de nos dortoirs au profit des athlètes ».

L’ascendance de nouveaux acteurs

Si seulement les difficultés ne se résumaient qu’à cela, l’événement ne serait que réussite. Dimanche dernier, une cinquantaine d’ex-combattants ivoiriens démobilisés ont bloqué vers 10h00 l’entrée nord de Bouaké (ancien fief de la rébellion), pour réclamer une prime de 18 millions de FCFA.

A croire cependant les menaces de ceux-ci, les festivités risquent de prendre un tournant amère si les attentes ne sont pas comblées. Pour l’instant, les revendications ne s’observent qu’à Bouaké, mais vu le prix que sont prêt à payer ces ex-combattants pour le paiement des primes de guerre promise, la quiétude de l’événement est à redouter.

En dépit même des mécontentements, notons toutefois que cet événement à portée mondiale suscite en Côte d’Ivoire l’implication active des autorités politiques et d’une frange majoritaire de la population au point qu’il serait convenable que tous s’en approprie.

Par ailleurs, le caractère intempestif des revendications mutines enregistrées les mois précédents, ne semble guerre de concert avec l’intérêt que représente ces VIIIe jeux de la francophonie.

Un appel à la conscience citoyenne

Ainsi, loin de vouloir traduire les supplications d’un gouvernement pris au piège d’une embuscade de revendications, nous réclamons au nom de l’intérêt national, l’unité de toutes les parties et le patriotisme en ces moments cruciaux ou la Côte d’Ivoire se fait hôte du monde francophone.

En attendant, disons jour j-6 aux VIIIe jeux de la francophonie!!!!!!!

jeux de la francophonie


Géopolitique et financement du terrorisme

La chute du mur de Berlin (1989), l’éclatement du bloc soviétique (1991) et les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis consacrent l’entame d’une nouvelle ère dans le clivage géopolitique mondial.

L’antagonisme des deux blocs (Est et Ouest) où chacun savait contre qui et quoi il se battait, a laissé la place à une situation tumultueuse par l’émergence de nouveaux acteurs toujours plus nombreux et aux desseins difficilement prévisibles. Les nouvelles formes de rivalités économiques, les conflits géopolitiques à la base d’extrémismes violents sont apparus en même temps que la mondialisation (Foliard R., 2008) et représentent à ce jour les menaces majeures à l’échelle internationale. Cependant, le terrorisme islamique reste au cœur des préoccupations avec son fort pouvoir de nuisance. Les 3000 morts des attentats du 11 septembre et les multiples hécatombes que l’on dénombre chaque année à travers le monde confère à cette autre menace un caractère particulièrement préoccupant, couronné d’un facteur de déstabilisation redoutable qui en fait la plus grande menace sécuritaire du siècle.

Initialement non-circonscrit en un espace et évidemment pas l’action explicite de gouvernements, le terrorisme requiert et dispose d’une surface financière conséquente à son fonctionnement. A ce sujet, plus d’un s’interrogent sur la source de ces ressources financières qui alimentent si bien le terrorisme  et lui procure des moyens de destruction (armes et technologies) effroyables.

Quelles sont donc les origines du terrorisme et que laisse présager le terrorisme moderne ?

D’où proviennent les ressources de financement du terrorisme islamique ?

Tout au long de notre analyse, les préoccupations ci-dessus exprimées seront traitées afin d’éclairer la lanterne de plusieurs sur ce phénomène qui attisent de plus en plus la curiosité des médias et des populations.

HISTORIQUE ET DEFINITION DU TERRORISME

Historique du terrorisme

L’idée du terrorisme ne date pas de notre ère. En effet, elle a traversé le temps et les époques en s’adaptant et s’accordant des prétentions plus destructrices. D’après l’historien Flavius Joseph cité par Calauzènes J. (2012), les manœuvres terroristes tirent leurs origines du premier siècle lorsque les Zélotes (juifs extrémistes) assassinaient des dignitaires romains et hébreux, pour s’insurger contre la domination latine. Plus tard, notamment aux XIe et XIIe siècles, la secte chiite ismaélienne des Assassins (ou Haschischins, plus communément appelé Nizarites), exécutèrent régulièrement des croisés en pratiquant déjà les attentats suicides. A côté de ceux-là, les exemples des Thugs (Indouistes adorateurs de Kali) en Inde du XIIIe au XIXe siècle et des Aniotas (hommes léopard) en Afrique ne sauraient échapper à la mémoire historique du fait terroriste.

Zélote juif au premier siècle

Pourtant, le mot « terrorisme » fait son apparition en France en 1794 pour caractériser les actions publiques de répression et d’intimidation ayant cours lors de la révolution française. Mais, la notion actuelle du terrorisme fait son apparition au XIXe siècle et l’une de ses manifestations inoubliables demeure le fait déclencheur de la première guerre mondiale à savoir l’assassinat à Sarajevo (le 28 Juin 1914) de l’archiduc François-Ferdinand et sa femme, sous l’égide de Gavrilo Princip, activiste d’un groupe nationaliste (La main noire) luttant contre la présence autrichienne en Serbie.

image caricaturale de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo

Le terrorisme: essai de définition

L’une des préoccupations qui demeure jusqu’à présent objet de débat, est la définition exacte du terrorisme. Là-dessus, les avis s’accordent difficilement et il faut dire que cette facette de la polémique ne relève que de l’occident.

En dépit de ce fait, certaines définitions retiennent notre attention. En effet, selon l’ONU en 2004, « Le terrorisme » se définit comme « toute action qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles à des civils ou à des non-combattants, lorsque le but d’un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d’intimider une population, ou de forcer un gouvernement ou une organisation internationale à prendre une quelconque mesure ou à s’en abstenir » ou encore « Des actes criminels qui, à des fins politiques, sont conçus ou calculés pour provoquer la terreur dans le public ».

Pour Calauzènes J. (2012) c’est le dépassement de la guerre conventionnelle qui consiste à perpétrer des attentats à l’endroit de populations, pour ce qu’elles sont et la volonté de créer la confusion et l’affolement dans le camp ennemi.

Ainsi donc, subsiste une abondante littérature traitant de la définition du terrorisme. Pour autant, nous nous limiterons à celles-ci.

Le terrorisme, aujourd’hui est un fait majeur et l’envergure des actes ainsi que les moyens à disposition des groupes terroristes laissent présager la disponibilité pour ceux-ci de larges surfaces financières conséquentes. Quelles en sont donc les sources ?

LE FINANCEMENT DU TERRORISME

Les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, ont marqué un tournant décisif aussi bien dans l’extension du terrorisme moderne que dans la lutte pour son éradication. Le rapport de force opposant de ce fait les Etats membres de l’ONU aux acteurs du terrorisme moderne affichait alors un déséquilibre désavantageux aux militants de l’islam radical. Mais ces dernières années, contre toute attente, ceux-ci  se sont avérés bien plus puissant et préparés qu’on ne le pensait. La vague incessante d’attentats qui se sont succédé a fait montre de leur force et particulièrement des moyens techniques et financiers dont ils disposent. Pour autant, les groupes terroristes ne sont des états encore moins des entreprises pour prétendre à la légitimité de la logistique et des finances dont ils disposent. Chose qui nous amène à s’interroger sur la provenance desdits moyens.

Attentats 11 septembre 2001

A ce sujet, certaines pensées politiques notamment occidentales tendent à imputer à certains gouvernements le financement des activités terroristes tandis que d’autres parlent de manœuvres économiques propre aux terroristes.

Le rôle des états dans le financement du terrorisme

L’implication des monarchies du golfe

Le financement du terrorisme dans sa forme définitionnelle revient d’après le FMI et la banque mondiale à « l’aide financière, de toute forme, au terrorisme ou à ceux qui encouragent, envisagent ou s’engagent dans ce cadre ». A propos, il faut noter en prélude que l’implication de certains Etats dans le financement du terrorisme ne relève aucunement d’une volonté affirmée, non plus d’une implication directe dont des preuves tangibles sauraient justifier. Cependant, des soupçons relatifs à de probables fonds décaissés par des Etats au profit de groupes terroristes font irruption au sein des analyses géopolitiques partout dans le monde.

Au nombre de celles-ci, notons les propos de Encel F. (2016) qui, à raison ou à tort dénonçait les rôles respectifs des gouvernements Qataris et saoudien dans le financement des groupes terroristes reconnus par l’ONU. Il dira à cet effet que : « la matrice idéologique et financière de l’Etat Islamique (ou Daech) émane de l’Arabie Saoudite et du Qatar ». Ainsi, le financement s’opérant des Etats aux filiales djihadistes s’effectue parfois au biais de la Zakat (aumône en islam) offerte sous forme d’œuvres caritatives aux mosquées, pour ensuite se transformer en fonds d’achats d’armes à travers des réseaux salafistes adeptes du djihad (pour ce qui concerne la France). En Afrique de l’ouest aussi, les aides de l’Arabie Saoudite et du Qatar aux terroristes revêtiraient ce même schéma.

 

Géopolitique et financement du terrorisme

L’intervention turque

La Turquie d’Erdogan, selon des accords de l’union européenne, est subventionnée pour constituer un rempart au terrorisme et particulièrement à l’action de Daech. Mais au lieu de cela, elle représente plutôt une plateforme transitaire à travers laquelle les camions de citerne de pétrole brut (propriété de l’Etat islamique), ressource hautement bénéfique se fraient un chemin vers les marchés mondiaux. Non seulement cela, mais aussi, la Turquie selon certaines sources médiatiques aurait soigné des combattants de l’Etat islamique. Mieux elle interdit la surveillance aérienne des services de sécurité européens sur son territoire. Toute chose qui concoure à la discréditer et à lui assigner une casquette d’allié au terrorisme.

Les aides de dirigeants politiques africains

Dans un rapport produit par le Groupe d’Actions Financières (GAFI, 2016), l’organisation faisait mention d’éventuels complots existant entre des dirigeants politiques nigérians et Boko Haram. Lesquels témoigneraient de fonds décaissés par des dignitaires du gouvernement nigérian à destination du groupe terroriste et de complicités consistant à fournir aux membres de Boko Haram les adresses d’autres dirigeants du pouvoir aux fins de véhiculer des messages de menaces.

Comme annoncé en prélude de cette première partie consacrée aux implications étatiques dans le financement du terrorisme, les affirmations ci-dessus énoncées ne sont que le produit de réflexions géopolitiques et de fait épars d’actualité. En conséquence, les préjugés y sont de mise. Tout de même, le financement du terrorisme ne saurait s’expliquer que par des analyses spéculatives sans fondement réel. C’est la raison pour laquelle nous nous évertueront dans cette seconde partie à décortiquer le financement du terrorisme sous ses formes les plus rémunératrices et partant les mesures essentielles prises par les Etats pour endiguer la croissance des flux financiers à destination du terrorisme.

Les autres sources de revenu et les moyens de lutte contre le financement du terrorisme

Les sources de financement du terrorisme

Le financement du terrorisme revêt un caractère organisé et dissimulé à travers des activités licites et illicites. Quoi qu’elle renferme, l’activité génératrice de revenus aux cellules terroristes implique des stratégies économiques bien définies. Ceci dit, on peut les regrouper selon le Groupe d’Action Financière (GAFI) en quatre catégories de typologies qui sont entre autres :

  • Le financement du terrorisme par le commerce et d’autres activités lucratives
  • Le financement du terrorisme par des organisations non gouvernementales (ONG), des organisations caritatives et des prélèvements
  • Le financement du terrorisme par la contrebande d’armes, de biens et de devises par les passeurs de fonds
  • Le financement du terrorisme par le trafic de drogue

Le financement du terrorisme par le commerce et d’autres activités lucratives

 

  • En 2012, la US Drug Enforcement Administration (DEA) et d’autres organismes fédéraux de répression criminelle ont mis à nu un réseau de blanchiment de capitaux opérant à travers le système financier américain et le marché des automobiles. A l’issu de ce programme, des fonds ont été transférés du Liban aux États-Unis afin d’acheter et d’expédier des voitures d’occasion vers l’Afrique de l’Ouest pour la revente. Les bénéfices du trafic étaient expédiés au Liban avec les revenus du trafic de stupéfiants. Le réseau démantelé par la DEA impliquait des partisans du Hezbollah.
  • A travers l’Afrique de l’ouest, subsiste des compagnies au travers desquelles des productions agricoles locales sont exportées et revendues à forts coûts et dont les retombées profiteraient à certains membres de groupes terroristes (Boko Haram) pour la location d’appartements et l’acquisition d’engins explosifs improvisés.
  • Au Nigeria, le propriétaire d’une société de télécommunication interpellé par les services de renseignement faisait aveu d’un soutien financier et logistique de son entreprise à la secte islamiste Boko Haram.
  • Dans le courant de l’année 2012, la Cellule de Renseignements Financiers (CRF) sénégalaise a intercepté des flux de capitaux provenant de Dubaï à destination de sociétés immobilières fictives localisées en Afrique de l’est, en Amérique du nord, en Europe et en Mauritanie.

Le financement du terrorisme par des organisations non gouvernementales (ONG), des organisations caritatives et des prélèvements

  • A propos des ONG, il est important de savoir que des enquêtes menées aussi bien en Afrique qu’en Amérique ont permis de dévoiler la complicité de certaines ONG basées au moyen orient d’avec des organisations terroristes. Les investigations menées afin d’identifier la provenance et la destination des fonds des organismes en question ont prouvé leur affiliation à Al-Qaida, au Hamas et au Djamaa al islamiya.
  • A côté de cela, des collectes de fonds des membres de certaines organisations font office de finance. Des marabouts, placés en des zones stratégiques des grandes villes sont aussi mandatés d’une double fonction. La première qui est d’espionner et la seconde qui consiste à engager des personnes à priori vulnérables et des enfants, à la mendicité dont les revenus garantissent la pitance de certains membres de Boko Haram.

Le financement du terrorisme par la contrebande d’armes, de biens et de devises par les passeurs de fonds​​​​​​​

  • En plus des activités citées plus haut, le trafic d’armes aux frontières africaines, irakiennes, syriennes et libyennes constituent outre leurs facteurs de nuisances, une source de financement commune à l’ensemble des groupes terroristes. En Irak, les équipements militaires américains récupérés à l’armée irakienne à la prise de Mossoul font objet d’un trafic prolifique à Daech. Aux frontières malienne ; burkinabé ; nigérienne et nigériane, la porosité procure au trafic d’armes une aisance pour les contrebandiers. En 2012, deux trafiquants d’armes, membres de Boko Haram interpellés aux frontières burkinabé et nigérienne par la police des frontières, portaient respectivement 8 000 000 FCFA  et 35 000 euros.
  • Aux frontières des pays arabes en proie au terrorisme et des Etats africains à dominance musulmane, l’interdiction pour la police de fouiller les femmes profite allègrement aux passeuses de fonds qui pour certaines sont porteuses d’engins explosifs. Le fait est récurent et laisse entendre les implications d’AQMI (au Mali), de Boko Haram (au Nigeria) et de l’Etat Islamique (EI) (en Irak, Syrie et Lybie).
  • A l’instar des précédents, une activité fortement génératrice de revenus aux groupes terroristes est le chantage organisé autour des enlèvements et des prises d’otages. Selon Sara Daniel (2016), la prise d’otages a rapporté depuis Juin 2016 (la prise de Mossoul) plus de 100 000 euros à l’EI. De plus, l’impôt révolutionnaire établi dans les territoires occupés par l’Etat islamique, couronné du butin (313 millions d’euros) emporté de la banque centrale de Mossoul ont contribué significativement à rendre l’organisation autonome.

Le financement du terrorisme par le trafic de drogue​​​​​​​

  • A l’image des activités de contrebande, le trafic de drogue constitue pour les filiales terroristes une source majeure de financement. En 2009, l’US-DEA, a intercepté des cargaisons commerciales de stupéfiants en provenance des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie), dont des membres d’Al-Qaida et d’AQMI serait convoyeurs à travers l’Afrique. Cette alliance (FARC-Al Qaida-AQMI), sans aucun doute vient porter un toast au narcotrafic déjà en vogue dans la zone sahélienne et gonfler suffisamment le portefeuille terroriste.
  • En 2011, un narcotrafic triangulaire dirigé par Ayman Joumaa, reliant  l’Amérique latine ; l’Afrique et l’Europe, a été investi par des services de sécurité américain. Il en est ressortit que le convoi des cargaisons d’héroïne et de cocaïne qui rapportait en moyenne 200 millions de dollars par mois, était assuré par le Hezbollah qui en percevait des commissions assez lourdes.
  • A côté de cela, des soupçons pesant sur une certaine complicité entre la BLC (Banque Libano-Canadienne) et le réseau de drogue de Joumaa ont suscité des enquêtes au sein de ladite banque. Selon les résultats de l’enquête, le caïd utilisait depuis 2006 des comptes de divers bureaux de changes de la banque pour blanchir plus de 66 millions de dollars, produits du trafic de stupéfiants.
  • Au cours du mois de février en 2011, des charges d’héroïne appartenant aux Talibans afghans ont été confisqué par la US-DEA avant qu’elles soient écoulées par un certain Maroun Saade à travers l’Afrique de l’Ouest.

 

Ainsi donc, le financement du terrorisme loin de plaire est une autre facette des problèmes actuels du monde. Organisé selon divers modes opératoires, le financement participe de l’essentiel des acquis terroristes de destruction. La porosité des frontières en Afrique, l’incivisme et la fraude sont cependant acteurs de cette dynamique qui sans cesse endeuille le monde.  Malheureusement, ils sont nombreux, individus ; associations ; organisations et Etats qui y contribuent soit pour se faire du profit ou pour apporter des soutiens aux idéologiques extrémistes. Mais, si les groupes terroristes parviennent à trouver des moyens d’exercice, il est bienheureusement des Etats, des organismes privés et publics qui eux s’attèlent vivement à contrer l’aide financière. En quoi consistent donc leurs actions ?

Dans cet autre volet de l’analyse géopolitique, nous verrons les stratégies de lutte contre le financement du terrorisme.

Les moyens de lutte contre le financement du terrorisme

Cette étude, outre le fait qu’elle révèle des pratiques effectives liées au financement du terrorisme, admet des limites en raison de son manque d’exhaustivité. Mis à part ce fait, il faut s’accorder sur la réalité selon laquelle le terrorisme tout comme son financement, est une plaie du siècle présent et que le contrer reviendrait à trouver son chemin dans un labyrinthe. Tout de même, le terrorisme ne demeure pas moins une œuvre humaine et donc susceptible d’être freiné.

Pour se faire, aliéner les moyens de son financement est une solution pragmatique et efficace. Selon donc les sources et les stratégies de financement, nous avons élaborés un ensemble de solutions qui semble adéquat à la lutte.

Il s’agira en pratique pour les Etats de :

  • Mettre en œuvre les dispositions de l’ONU et du GAFI à propos de la lutte contre le financement, plus précisément la production, la circulation et l’utilisation des fonds dans chaque pays
  • Suivre au mieux les manœuvres des mendiants de rue, les collectes de fonds dans les lieux de culte des zones réputées abritant le terrorisme, afin de veiller à la non-implication des populations aux activités extrémistes
  • Optimiser les prestations des services de renseignement et favoriser l’infiltration des agents au sein des groupes terroristes dans le but de recueillir des informations
  • Surveiller efficacement les activités et les opérations des ONG et des organismes de bienfaisance sans pour autant porter préjudice à leurs fonctions, en vue d’identifier ceux qui collabore avec des groupes terroristes
  • Mettre au point des mesures de surveillance et de contrôle des dons faits aux ONG, ainsi que informer les notaires sur leurs obligations
  • Entreprendre avec d’autres états des partenariats de formation sur les techniques d’enquêtes et de poursuite d’opérations de démantèlement des réseaux financiers du terrorisme
  • Renforcer les mesures transfrontalières de lutte contre le trafic d’armes à travers les collaborations et des initiatives régionales
  • Développer des synergies entre les pays frontaliers afin d’améliorer la sécurité, la surveillance des frontières et les échanges d’informations entre les autorités douanières
  • Créer un cadre régulateur visant à intégrer les secteurs formels et informels dans l’optique d’une régulation et d’un suivi des activités des blanchisseurs de capitaux et financiers du terrorisme
  •   Prendre des mesures rigoureuses contre la corruption des services de sécurités intérieures et frontalières

 

Dans une perspective régionale ou internationale, la lutte contre le financement du terrorisme reviendrait à :

  • Intégrer le terrorisme et le financement du terrorisme dans les systèmes régionaux d’alertes précoces des conflits et catastrophes pour surveiller et évaluer le financement des terroristes et de leurs sympathisants, en collaboration avec les organismes nationaux, universitaires et la société civile (GAFI, 2016)
  • Développer des plateformes régionales de formation grâce au GAFI pour faciliter le partage d’expériences entre les acteurs et autorités concernées, dans le but de renforcer les capacités opérationnelles (GAFI, 2016)
  • Augmenter l’aide technique aux organismes nationaux spécialisés, y compris les cellules de renseignements financiers (CRF).
  • Soutenir les initiatives sous – régionales de renforcement des capacités et accroître la coopération régionale et internationale, y compris les dispositions pour le partage de l’information sur une base continue (GAFI, 2016).

Comme les états, les organismes régionaux et internationaux, les banques ont une part importante à assumer dans le processus de contre lancé à l’endroit des stratégies de financement du terrorisme. Ainsi donc, il serait question pour ceux-ci de :

  • Exiger un plafond de transactions liquide aux particuliers et aux entreprises dans les banques en tenant compte des dynamiques économiques des différents états
  • Signaler sans préavis aux autorités étatiques les transactions d’une certaine envergure (exorbitante) et d’une certaine récurrence
  • Déclarer obligatoirement les transferts physiques de capitaux en provenance d’autres pays, et plus particulièrement ceux à réputation terroriste
  • Mettre en place des mesures de vigilance renforcée (vérification de l’origine des fonds, du motif de la transaction ou de l’identité du bénéficiaire), pour toute opération impliquant des montants inhabituellement élevés
  • Entreprendre des mesures de gel pour des capitaux aux origines suspectes

A la suite des solutions proposées, nous pouvons affirmer sans risque de se tromper que la lutte contre le financement du terrorisme, à l’observation des mesures ci-dessus pourrait sérieusement impacter les activités des groupes terroristes. Mais, étant donné le caractère premièrement idéologique du terrorisme moderne, l’information active des faits terroristes et la propagande anti-djihadiste sauront satisfaire aussi les attentes.


Côte d’Ivoire : le rôle participatif des internautes pour lutter contre la cybercriminalité

 

La révolution numérique, fer de lance de la nouvelle économie mondiale, a démontré son utilité pour le  développement de nombreux secteurs d’activités (industries, commerce, éducation, formation, armée, etc.), son apport est unique dans l’Histoire. Elle est un pilier de la croissance mondiale (Etats-Unis ; Chine ; Japon ; Russie etc.), et repésente un espoir de développement pour des Etats du tiers monde, dont la Côte d’Ivoire. D’un côté l’ère numérique crée de l’espoir, car elle permet d’évoluer, mais de l’autre côté elle inquiète, car elle laisse libre court à une tendance négative : la cybercriminalité.

Quelle en est l’origine en Côte d’Ivoire et qui sont les cybercriminels ivoiriens ?

La cybercriminalité, en ses débuts n’est pas le produit d’esprits criminels ivoiriens. Au départ, les précurseurs de ces escroqueries organisées via internet en Côte d’Ivoire sont des ressortissants nigérians ou, parfois, des camerounais (Source : PLCC). Mais de jeunes ivoiriens (âgés de 13 à 30 ans environ), communément appelés « brouteurs », se sont depuis emparés de ces escroqueries, attribuant désormais à la capitale abidjanaise le blason de la ville africaine à la plus mauvaise « e-réputation » en 2013, volant ainsi la vedette à la capitale Nigériane.

Les techniques à leur actif sont de plus en plus sophistiquées. Hameçonnage (fishing), arnaques à l’héritage, aux sentiments, à la loterie, à la commande de matériels et promesse de paiement par carte de crédit ou virement bancaire, détournements de courriers destinés aux banques, escroqueries à la voiture d’occasion, etc. Le palmarès de ces cyber-délinquants n’est pas exhaustif. En 2012, le préjudice de leurs actes s’élève à 40 millions de dollars. En 2013, la Côte d’Ivoire est reléguée au rang des pays les plus à risque en matière de e-commerce. C’est de ce fait toute l’économie numérique ivoirienne qui est taxée d’un discrédit d’escroquerie, d’insécurité et de fraude.

La réponse gouvernementale aux cyber-crimes

Face à la recrudescence des cyber-crimes et aux préjudices causés par ceux-ci, des mesures drastiques ont été prises par les instantes gouvernantes. A cet effet, une plateforme – Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC) – a été mise en place en 2012 avec une brigade « anti-broutage ». Elle a pour mission d’intercepter les activités suspectes sur internet et de transmettre des données à la police scientifique afin de procéder à la traque et aux interpellations de cybercriminels. En 2015, le nombre de cyber-délinquants interpellés s’élève à 205, dont 189 hommes (92%) et 8 jeunes filles (8%). En plus des précédentes mesures, une opération d’identification des abonnés au téléphone mobile a permis de recenser plus de deux millions d’abonnés. A côté de cela, le recensement des cyber-cafés sur toute l’étendue du territoire et l’adoption d’un projet de loi relatif à la lutte contre la cybercriminalité et la protection des données ont été de mise dans le dispositif de cyber défense ivoirien. Au regard des dispositions prises et du climat défavorable à la cybercriminalité, les cybercriminels ou « brouteurs » vont opter dans un premier temps au refuge dans les villes de l’intérieur où le contrôle des services de la police scientifique est presque inexistant, pour ensuite s’exiler au Maroc (pour certains) lorsque la quiétude dans lesdites localités s’avérait être incertaine.

Le rôle participatif des internautes dans la lutte pour l’éradication du phénomène

A croire l’effectivité dans l’application des mesures publiques évoquées ci-dessus, les services de police et la justice ivoirienne sont à pied d’œuvre pour limiter le plus possible les actes de vandalisme perpétrés dans le cyberespace notamment contre des cibles étrangères. Mais les cyber-délinquants ivoiriens, à l’image des actifs de l’e-emploi, demeurent avant tout des internautes très actifs sur la toile et ont acquis avec le temps une bonne maîtrise de l’usage des technologies virtuelles. Vu l’ampleur des fraudes, l’implication de tiers (internautes et autres actifs de l’e-travail) dans la lutte contre la cybercriminalité doit participer de la stratégie de défense et de sécurisation de l’espace virtuel qu’est internet.

Etant donné le caractère secret des données à disposition des services de sécurité (PLCC, DITT, Police Scientifique, Brigade anti-brouteurs, etc.) en charge de la lutte contre la cybercriminalité, elles ne sauraient se retrouver en de mauvaises mains. Ainsi, la lutte participative de la population d’internautes en Côte d’Ivoire se résumerait globalement à une stratégie de prévention privilégiant d’une part l’information relative aux techniques d’approches cybercriminelles et par la suite à une dénonciation active d’éventuels actes fraudeurs.

En pratique, il sera question – pour le volet informationnel – de dévoiler périodiquement et activement les  nouvelles stratégies cybercriminelles autres que celle déjà connues. Par ce fait, c’est toute une population d’internautes qui sera avisée des manœuvres prochaines de nos cyber-escrocs et autant de portefeuilles et de biens qui se verront mis à l’abri et sécurisé.

Pour ce qui relève de la dénonciation, il faut noter en prélude que la proximité des internautes avec les criminels est un atout majeur d’autant plus que nous préconisons au titre de cette lutte participative une implication de ces populations qui ont vocation à tenir de façon récurrente la chandelle aux cyber-délinquants.

Concrètement, pour dénoncer les actes de délinquance orchestrés sur internet, il faudra aux personnes taguées de civisme procéder dès identification de contenus cybercriminels (arnaques à l’héritage, aux sentiments, à la loterie, promesse de paiement par carte de crédit ou virement bancaire, etc.) à :

< Alerter les autorités compétentes du délit en cours et transmettre si possible l’identité des présumés criminels afin de faciliter d’éventuels arrestations

< Signaler on line les messages et publications de sources suspectes à son réseau sur les réseaux sociaux ainsi qu’à ses contacts par e-mail et messages téléphoniques afin d’informer le plus de personnes possibles de la menace en cours

< Bloquer la réception continuelle de courriels indésirables (spams) dans les boites de messagerie électronique et, dans certaines circonstances, procéder à leurs signalisations

 

Dans la mesure du possible, sensibiliser son réseau, ses contacts et son entourage aux risques cybercriminels dont nous avons connaissance. Quoi qu’il arrive, demeurons actifs à la lutte et contribuons au mieux à l’assainissement du cyberespace et du climat économique ivoirien.

La ligue des blogueurs ivoiriens a déjà sonné le combat opposant blogueurs et « brouteurs » en Côte d’Ivoire. Nous disons à notre tour que pour un cyberespace sans risques, une révolution numérique effective et un taux de risque cybercriminel quasi nul, la guerre ne fait que commencer.

 

BLOGUEURS VS BROUTEURS, LE DUEL NE FAIT QUE COMMENCER !!!!!