Sadya

Mon pénible et excitant voyage en bus de Bamako à Accra

Je n’ai pas pris l’avion. Et alors? Ça change quoi? L’essentiel c’est d’arriver à destination. J’avais aussi envie de vivre cette aventure, une première pour moi : aller seule dans un pays en bus. J’ai quitté Bamako le mercredi 11 Avril 2018 pour rejoindre Accra, pour une formation en anglais, immergée dans un pays anglophone. Mon voyage a été pénible pour le corps mais très instructif pour l’esprit! Je vous raconte…

Ceux qui me connaissent savent que les voyages et moi ont toujours fait bon ménage. Mais je vous rappelle que la distance qui sépare Bamako d’Accra est de 1473 Km.

Mon père m’a déposé à la gare à 06h45. La séparation a été dure, vue la complicité que j’ai avec lui. Pour ne pas donner libre cours aux larmes, il n’a même pas attendu les formalités, il m’a déposé rapidement et est parti sans regarder en arrière. J’ai laissé glisser quelques larmes que j’ai vite essuyées.

Ensuite, quelle ne fut pas ma surprise, à l’enregistrement des bagages, lorsque j’ai appris que l’on doit payer quelques verroterie pour faire enregistrer ses valises (à partir de 1000 F par valise) et ce après avoir payé le billet pour le transport. J’ai quand même payé, tout ce qui m’importait c’était de partir pour réaliser mon rêve.
J’ai quitté Bamako à 08h00 avec la compagnie de transport « Bani ».

Le début d’un long voyage…

Sur la route, j’apprécie le paysage : la vraie beauté de la nature, la profondeur et la diversité de ce grand territoire qu’est le Mali. Après une ou deux heures de route, nous arrivons au premier poste de contrôle de Bougouni, à 149 km de Bamako.

On nous a demandé de sortir pour passer au contrôle des pièces d’identité. Une fois descendues du bus, ma copine Diala Doukouré et moi, nous sommes dit qu’on avait du temps pour chercher les toilettes… Il s’en est fallu de peu pour que le bus parte sans nous! On a dû courir à 100 à l’heure! C’est dans ces moment-là que nous découvrons nos talents d’athlètes. Rires. 

Nous avons continué le voyage avec enthousiasme, en regardant un film Burkinabé sur un ancien combattant à la recherche de sa pension. Ça a détendu l’atmosphère. Nous sommes arrivés à Sikasso à 13h40 pour une pause. On en a profité pour déjeuner et prier.

Abus de pouvoir des policiers

Prochain arrêt : le poste frontalier de Heremakono, le dernier du territoire malien. À ce poste, ils doivent prendre les pièces d’identité de chaque passager pour mettre des cachets sur les passeports. Nous étions toujours au Mali et les maliens ne sont pas censés payer tant que l’on est sur ce territoire! Ce sont les non-maliens qui doivent payer une somme de 1000 à 2000 francs CFA, ça varie selon leur humeur.

Mais la corruption existe à tous les niveaux, elle gangrène l’administration, particulièrement au sein de la police. Pour que les pauvres voyageurs puissent avoir leurs pièces et remonter à bord, tout le monde a dû payer. On m’avait sifflé que les maliens ne doivent pas payer et j’ai quand même dû payer les 1000 francs pour ne pas retarder les autres…

Mais voulant chercher loin, j’ai cherché à savoir pourquoi on m’avait pris cet argent, à moi et à tous les autres d’ailleurs! Leur réponse a été de me confisquer mon passeport… Juste pour avoir réclamé mon droit de citoyenne malienne! De l’abus de pouvoir! Le policier, se sentant intimidé par les regards et les protestations des autres voyageurs, a fini par me le rendre, avec un faux-semblant de professionnalisme. De toute façon, j’ai mes deux armes pour dénoncer ces abus : mon bic et mon cahier de notes!

Moi, cherchant de l’inspiration, CP: Diala Doucouré

Après cet incident, nous avons repris la route… avec des contrôles interminables! Des descentes à chaque poste pour le contrôle des pièces : le poste de Koloko, la police transfrontalière du Burkina, la Gendarmerie et trois autres postes dont je n’ai pas demandé le nom à force… A chacun de ces postes, nous avons dû payer 1000 ou 2000 francs CFA.  Nous sommes finalement arrivés au poste de Bobo à 19h25.

Nous avons enfin pu prendre un dîner. Figurez-vous que j’ai pris des brochettes. C’était la seule chose qui pouvait passer… Sinon c’était de la bouillie, du riz, de la salade ou de la viande rôtie. Comme si nous avions le choix de toute façon! On mange. Si ce n’est pas de la viande Hallal, Dieu nous pardonnera après. J’espérais juste ne pas avoir de diarrhée!

J’ai continué la route en discutant de tout et de rien avec Diala et les autres, avant de tomber de fatigue, dans la fraîcheur de la nuit.

Une nuit sans fin…

CP: Diala Doucouré

Aux environs de 00h30, l’apprenti nous a réveillé et nous a ordonné de descendre du bus. Après quelques minutes d’attente, ils nous ont annonçé que le bus avait une panne et que nous repartirions le lendemain. Nous étions à deux villages de la frontière entre le Burkina et le Ghana, à Dissine.

En pleine nuit, au milieu de nulle part, dans l’obscurité totale! Avec comme seuls signes de vie des voitures de voyage qui nous dépassaient et le bruit des hyènes. On était tous sans espoir. Avec l’envie de dormir, mais la peur du vide nous empêchait de fermer l’œil.

Je suis rentrée dans le bus, il faisait très chaud… Une chaleur rassurante, alors que, dehors, j’entendais des bruits bizarres. Je pensais aux sorciers, aux animaux sauvages, et, pire, aux coupeurs de route*! J’ai fini par descendre du bus, pour essayer de dormir par terre, mais c’était impossible avec le vent. Je suis définitivement rentrée dans le bus pour dormir quand le vent est devenu très frais et violent. La fatigue a fini par m’emporter. J’ai dormi d’un sommeil peu profond. L’inconfort et la peur s’en étaient mêlés.

Je me suis finalement réveillée à 05h00 pour la prière. J’ai rejoint la petite bande que nous avions formée (les êtres humains se rassemblent en fonction de leur état d’esprit) et nous avons commencé à camper, à discuter de tout et de rien, à jouer de la musique, à apprécier la nature dans sa splendeur et sa spontanéité… Ben, la vie est belle! Et puisqu’on était là pour longtemps autant s’y habituer.

Notre bande à coté du bus, CP: Penda Diallo

Vers 13h00, nous nous sommes refroidis, la chaleur et la faim ont commencé à faire leur effet. C’est à ce moment que nous nous sommes renseignés sur l’état du bus. Le mécanicien n’était toujours pas arrivé pour commencer le dépannage… Certains passagers, mécontents, ont pris d’autres bus qui passaient par là… Mais, nous, nous étions tellement bien que nous sommes restés.

Un membre du groupe est parti à la recherche de nourriture. Il est revenu trente minutes plus tard avec une grosse assiette. Nous avons accouru vers lui, tels des lions affamés, prêts à croquer leur proie. Il avait amené des pâtes à base farine et du pain. Le seul hic, c’est qu’il y avait beaucoup de piments! Mais on a mangé quand même. Le plat fini, je me suis rendu compte que le bonheur était en constante évolution, qu’il dépend du contexte et de l’état dans lequel on se trouve. Qu’il suffit de peu pour être heureux!

Cette expérience, sans nul doute difficile, était l’une des plus belles expériences de ma vie.

Un aperçu de la foret de Dissine, là où nous avons eu la panne – CP: Diala Doucouré

Le mécanicien est arrivé peu après, et vers 17h00, nous revoilà sur notre route. Nous avons repris le trajet là où nous l’avions laissé. C’est comme ça le parcours du voyageur : il continue toujours sa route, sa mission, sans regarder en arrière…

Une quinzaine de minutes plus tard, nous sommes arrivés à la brigade territoriale de Ouessa (Burkina Faso). Et c’est là que le sport a recommencé : descendre avec les pièces et attendre qu’on nous appelle et remonter dans le car.
Nous avons franchi la frontière du Ghana à 18h15.

A la frontière du Ghana, CP: Diala Doucouré

Les contrôles ont été plus rigoureux les uns que les autres. Ils ont contrôlé toutes les valises, toutes les pièces, tous les carnets de vaccination, la destination et l’adresse à laquelle l’on se rend, et pour combien de temps. C’était vraiment long, nous en avons profité pour échanger nos francs CFA en Cedis Ghana, pour acheter une puce du pays. Certains ont dîné. Pas moi. J’avais peur d’avoir la diarrhée en route. Rires. 
À 20h00, nous quittions enfin ce poste. Nous sommes arrivés à Kumasi, le vendredi à 09h00 du matin. Nous avons déjeuné là-bas, toujours en causant, car il y avait une 2ème panne… mais moins grave que la dernière. Nous sommes reparti pour Accra à 12H00.

À 16h30, nous arrivions enfin à Accra… avec ses embouteillages.


J’ai fait beaucoup de remarques entre Kumasi-Accra que je partagerai dans mon prochain article, également mes impressions sur la ville.
Mais le plus important, c’est de savoir que je suis bien arrivée à Accra! Cette ville tant rêvée! Malgré les couacs et les épreuves dont je sors grandie.

 

* coupeurs de route : hommes armés qui attendent en bordure de route pour piller les voyageurs


Orange Téléphone, une application utile et agréable!

J’ai fait il y a quelques jours, la découverte d’une application qui m’est très utile depuis que je l’ai installé et je me devais de le partager avec mes lecteurs qui la testeront et l’adopteront  sans doute. L’application se nomme Orange Téléphone, c’est un bouton d’appel pas comme les autres. Elle présente plusieurs fonctionnalités qui vous permettront de prendre le contrôle sur vos appels.

Comment j’ai découvert Orange Téléphone?

Je cherchais un bon et chic restaurant pour diner entre amies sur Go Africa Online et j’ai été interpellée sur la page d’accueil par la vidéo. Elle présentait l’application et mettait en évidence un certain nombre de services qui m’ont tout de suite plu comme la reconnaissance des numéros frauduleux, l’existence des numéros d’urgence sur l’application et bien plus comme tout le monde recevoir des appels.

C’est quoi Orange Téléphone?

Orange Téléphone est une application gratuite  de marque Orange permettant de passer et de recevoir des appels et de faciliter notre quotidien

Son utilisation quotidienne est gratuite et les mises à jour, ne consomment pas beaucoup votre forfait Internet

Orange Téléphone protège…

Capture d’ecran de l’application

La protection de l’application offre deux fonctionnalités :

  • La protection anti spams : Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous mais étant une bloggeuse, mes coordonnées personnelles sont parfois faciles à avoir ce qui m’expose aux appels frauduleux. Cette fonctionnalité de l’application permet de détecter des appels qui ont pour objectif de vous escroquer ou vous arnaquer. L’application vous le signalera en appel indésirable ou en spam et vous pouvez bien sûr bloquer l’appel.
  • Les numéros d’urgence : Un adage dit qu’il vaut mieux prévenir que guérir à cet effet il ne faut pas attendre les situations d’urgence pour chercher des numéros pratiques. Bon nombre de la population ignore encore qu’il y a des numéros qu’il faut contacter lorsque nous faisons face à certaines situations. Orange Téléphone met à votre disposition des numéros d’urgence et partagent votre géolocalisation avec les pompiers.
La fonctionnalité anti-spams
Fonctionnalité appels d’urgence

Elle permet aussi de créer facilement des rappels pour ne pas oublier de passer des appels importants. Le contact ou le numéro à appeler  sera mis en avant dans les  favoris. L’utilisateur peut même  ajouter une description pour se  souvenir de l’objet de cet appel  par exemple. (Ce n’est pas une bonne chose ça ?)

La fonctionnalité rappel

 

Dans l’application, il y a aussi la possibilité d’accéder à tous les services d’Orange& moi et enfin de retrouver facilement  les codes des services  pratiques d’Orange (Sewa, Orange Money, Forfait, Connaitre son numéro etc.) Depuis le clavier, il suffit de  composer # pour afficher les  principaux codes USSD Orange  du pays.

Après avoir essayé cette application, vous ne vous en passerez plus car l’essayer c’est l’adopter.

Accès aux services Orange

Pour la télécharger rapidement cliquez ici

 

Téléchargez l’application, mettez en commentaire vos captures d’écrans sans oublier de partager autour de vous pour en faire profiter d’autres personnes.

Vos commentaires sur Facebook en utilisant le Hashtag #OrangeTelephone Sadya Toure ou Sadya TOURE Officiel

Sur Twitter : @ToureSadya

Sur Instagram: miss_sadya

 


Lorsque des jeunes du Mali signent un ouvrage collectif : 200 poèmes pour Ramata Diarra

La nuit du 13 Mai 2018, à Fana, un village environnant de Bamako, une petite fillette de 5 ans a été lâchement et sauvagement enlevée et arrachée des bras de sa maman. Peu après, elle a été retrouvée décapitée et éventrée. Pour dénoncer ces ignominies d’un autre siècle, des jeunes s’unissent pour signer un ouvrage collectif intitulé « 200 poèmes pour Ramata Diarra »

Cette histoire a choqué et indigné plus d’un sur les réseaux sociaux, les médias classiques du Mali et la presse internationale. Tous témoignant de leur indignation face à tant de bestialité et l’incompréhension de tels actes en 2018, un siècle où des organisations de défense des Droits de l’Homme sont créées chaque jour et où l’on se dit « civilisés ». Cette initiative a été inspirée par Aicha Diarra, présidente de l’organisation ‘’La Voix du Mali’’ et également jeune écrivaine militante des Droits de l’Homme.
La chasse aux albinos…
Il faut dire la vérité, ce n’est pas une pratique récente mais avec les différents moyens de communication, de plus en plus de personnes osent dénoncer cette pratique, briser le silence. Depuis des années, les albinos subissent au Mali rejet et tueries, surtout à l’approche des élections présidentielles. Ils sont victimes de sacrifices humains et de superstitions. C’est devenu une habitude d’assister pendant ces périodes à leurs enlèvements ou à leurs assassinats. Certaines croyances disent que les marabouts et féticheurs peuvent fabriquer des gris-gris qui procurent la richesse et le pouvoir à partir des cheveux, du sang, de la tête ou des parties génitales d’un albinos. Cela est dû à une culture de l’ignorance pure diffusée par certains individus malfaiteurs que nous appelons marabouts et féticheurs. Beaucoup d’entre eux sont des dangers pour notre société en termes de vie humaine et de stabilité sociale. Aucun système n’est mis en place pour contrôler ces pratiques et aucune réglementation éthique ne leur est reconnue. Donc n’importe qui peut se lever, dire des balivernes et on y assiste sans dire mot ou sans rien faire. Selon Ikponwosa Ero, experte à l’ONU :
« Les albinos sont un groupe en danger, menacés de disparition méthodique si rien n’est fait pour arrêter ces atrocités. »
Le rejet et les sacrifices rituels dont les albinos sont victimes sont des pratiques qui remontent à très longtemps et qui continuent de hanter les croyances populaires car certains sont incapables de donner une définition biologique à cette différence naturelle. Souvent, ils sont définis comme des êtres possédant de la magie.
Qu’est-ce que donc l’albinisme ?
L’albinisme se définit comme « une anomalie génétique et héréditaire qui affecte la pigmentation et se caractérise par un déficit de production de mélanine Elle fait partie du groupe des photo-gènodermatoses, affections génétiques de la peau aggravées par la lumière solaire qui touche les mammifères, y compris les êtres humains, les oiseaux, les poissons, les amphibiens, les reptiles etc. et sont appelés Albinos. Ce déficit peut aller jusqu’à l’absence totale de pigment mélanique dans l’iris et les téguments (épiderme, poils et cheveux, plumes), malgré la présence normale en nombre de cellules pigmentaires ou mélanocytes.
Pourquoi cet ouvrage collectif ?
Dans la nuit du 13 Mai à Fana, après avoir été arrachée à sa mère, Ramata Diarra petite fillette de 5 ans a été retrouvée quelques temps après égorgée, décapitée et éventrée. Tels sont les témoignages de sa mère, une inconsolable mère meurtrie par la perte de son enfant et de la manière la plus cruelle « Ils ont pris mon enfant, aux aurores, j’ai vu l’homme. Il a quitté la cour avec mon enfant, j’ai essayé de le poursuivre, mais je n’ai pas pu l’avoir. J’ai crié, j’ai crié et les gens sont sortis, les voisins aussi pour nous aider. Nous n’avons pas pu le rattraper », a confié la mère de la fillette qui est revenue pour sauver sa seconde fille.
Le cas de Ramata Diarra n’a laissé personne indifférent. On a vu des photos circuler sur les réseaux sociaux de cette pratique qui est toujours aussi répandue car l’État ne fait presque rien pour lutter contre cette croyance. Par ailleurs, les bourreaux ne sont jamais identifiés alors qu’ils devraient être mis aux arrêts. On croirait même que l’État cautionne ces pratiques puisque leur silence est accusateur et la société civile qui n’en parle pas devrait engager le débat, mener des sensibilisations autour du sens même de l’albinisme. Cette petite fille est une victime de trop, c’est pourquoi ils sont nombreux à rassembler leurs voix pour demander justice et protection de nos frères et sœurs albinos. L’ouvrage collectif est destiné à susciter l’indignation, la révolte et la mobilisation afin de lutter contre cette pratique inhumaine, dégradante, avilissante qui, a coûté la vie à un nombre incalculables de nourrissons, d’enfants, d’adolescent(e)s , de femmes et d’hommes au motif qu’ils étaient albinos.
Ils sont plusieurs à participer à cet ouvrage: des écrivains, des bloggeurs, des journalistes, des enseignants, des étudiants pour mettre fin à la chasse aux albinos. Un adage dit : « Seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin ». Ce projet en est l’illustration parfaite.
A travers la fillette Ramata Diarra, un hommage sera rendu à tous les albinos ayant perdu la vie dans les mêmes circonstances. Cet ouvrage vise, à travers des écrits, à trouver les mots pour maintenir vivante la mémoire d’une enfant victime de croyances superstitieuses rétrogrades, et par la même occasion à secouer une société qui s’est appropriée cette superstition caractérisée par son indifférence et son absence d’engagement militant.

Pour participer à cet ouvrage, écrivez un mail à cette adresse : ramatadiarraalbinos5ans@gmail.com
Nous espérons essuyer les larmes de sa famille : « Je souffre, tout le monde dans les parages souffre. Son père et moi, nous sommes meurtris et fatigués. Ce que nous souhaitons c’est que ce genre de pratique cesse, que tout le monde se lève et qu’on trouve des solutions. » Dixit Hawa Touré la mère de la victime.


Hello from Ghana : perdue dans les rues et les lieux historiques

J’ai fait un voyage de Bamako à Accra. Dans mon article précédent, je racontais les coulisses de mon voyage et sur celui-ci je raconte le reste.

Sur la route reliant Kumasi à Accra, j’ai découvert beaucoup de choses et j’ai fait mon analyse de ces découvertes. Arrivée à la Côte de l’Or (nom du Ghana pour ses richesses en or avant d’être exploité par les colons britanniques) je me suis aventurée dans les rues, j’ai déniché des lieux symboliques et je vous en parle…

Sur cette route serpentée qui me parait interminable, qui semble n’avoir pas de fin, je flirtais avec mes deux amants (bic, crayon), en me laissant charmer par tout ce que je voyais. J’étais tombée en amour pour ce pays. Au fur et à mesure que le bus avançait, j’avais l’impression que la capitale (Accra) n’était plus très loin (ce qui en réalité n’était pas le cas). Chaque village avait son petit paradis, j’ai remarqué que la grande majorité des villages du Ghana étaient totalement indépendants de la capitale car disposant eux-mêmes de toutes les infrastructures nécessaires pour ne pas vivre au dépend de la capitale. Les villages avaient leurs propres hôpitaux, leurs écoles, leurs lieux de culte, des banques, des maisons spacieuses et luxueuses avec une architecture héritée de la colonisation britannique et que les villageois ont récupérés en leur manière. Et je me dis que c’est cela le développement ! Malgré l’immensité du territoire ghanéen, les villages vivent bien et mettent en valeur leurs ressources naturelles.
Arrivée à Accra, j’ai d’abord cru me trouver aux États unis, j’ai tout de suite apprécié la rigueur des automobilistes dans la circulation, il y avait aussi de hauts building,  la ville est sacrément propre. Aux populations, focus sur leurs occupations, chacun cherchant à survivre. La société Ghanéenne a attiré mon attention dans le sens où hommes et femmes sont tous industrieux, engagés pour le développement de leur pays, on constate un patriotisme sans pareil qui explique là où ils sont de nos jours.
Je me suis aventurée dans les rues, pour bien profiter il faut prendre le Trotro (transport en commun), ils sont doués pour vous faire faire le tour d’Accra à moins de 10 Cedis. Je suis allée dans les lieux connus (ou non) pour démystifier cette ville qui est si grande.

Moi dans le Trotro( transport en commun)

J’ai d’abord visité Accra Mall, un centre commercial où chaque personne peut trouver ce qu’elle cherche (supermarché, restaurants, points de beauté, voitures, téléphones, cinéma etc…) Ma visite là-bas a coïncidé avec un mardi, heureusement car le mardi, dans tous les restaurants de la ville si vous achetez une pizza on vous en offre une autre et c’était un régal. Ensuite je suis allée sous les ponts un peu en face d’Accra Mall pour prendre des photos montrant ce moyen urbain et moins populaire dans les pays africains francophones : le graphite

Dans les rues d’Accra

 

Toujours dans les rues d’Accra
Jamais sans mon calepin et mon bic

Après cela, direction le Mémorial Kwame Nkrumah pour en savoir plus sur l’Histoire du pays et cet illustre icône du panafricanisme, précurseur de l’indépendance du Ghana non moins ancien président du Ghana. Lors de la visite, j’ai interviewé Monsieur Mohamed Awell Yigan, le guide touristique du Mémorial Kwame Nkrumah (l’intégralité de l’interview dans un nouvel article). Il nous a édifié sur le choix du dit parc pour le dédier à Kwame Nkrumah. Sont aussi exposés là-bas les tombes du couple Nkrumah (lui et sa femme Fatiya Nkrumah), ses livres, ses photos prises lors de ses tournées en tant que président et lors de son exil en Guinée, ses effets personnels comme ses bic, son bureau, le téléphone fixe, les meubles, ses habits, les livres qu’il a écrit, sa voiture et le cercueil dans lequel il fut transporté. Deux statues de l’homme y sont également.

Le monument de Kwamé Nkrumah au Mémorial portant son nom, c’est ici qu’il aurait annoncé l’indépendance du Ghana

Après avoir écouté avec passion toute l’Histoire du mémorial, je suis allée à la place dédiée à la Liberté et à la Justice, qui a été construite en 1957 et qui s’appelle ‘’Place of Freedom and Justice’’. Cette place représente la liberté et la justice lors de l’indépendance. Elle signifie que tous les Ghanéens, hommes, femmes, jeunes et vieux ont le droit de jouir de la vie, de la liberté et de la possibilité de poursuivre le bonheur comme ils l’entendent. Cette place, qui fait face à la place de l’indépendance, est tout aussi symbolique pour les Ghanéens. J’ai interviewé le guide touristique des lieux qui nous a enmené sur la toiture (ce qui est une faveur car c’est normalement réservé  aux délégations officielles, nous étions les premières maliennes à avoir accès à ce lieu !) longue de 8 étages de 10 marches.

 

A la place de la Liberté et de la Justice
Au sommet de la Place de la Liberté et de la Justice

 

Après cette journée riche en apprentissage, j’avais l’impression de m’endormir moins bête et j’aime l’idée de raconter cette aventure.
Tout au long de mon séjour, je vous ferai découvrir d’autres lieux qui me semblent importants à partager. Je vous raconterai aussi comment j’essaie de m’adapter dans ce pays en tant que francophone, et j’écrirai aussi mes aventures quotidiennes.

L’intégralité de l’interview dans le prochain article.


Le Livre « Être une Femme Ambitieuse au Mali » : Les grandes étapes de la Campagne autour de la sortie au Lancement Officiel

Cela fait trois semaines que le livre « Être une Femme Ambitieuse au Mali » de Sadya TOURE a officiellement rejoins les librairies et les bibliothèques du Mali et du monde paru chez Innov Éditions. Je souhaite donc partager avec vous chers lecteurs, abonnés, le parcours tonitortueux et à la fois motivant derrière le lancement à succès de ce dit livre.

Rappelez-vous…
Une page officielle sur Facebook avait été créée le 15 Novembre 2017 avec le Nom Sadya TOURE Officiel

https://www.facebook.com/sadyatoureofficiel/?hc_ref=ARQu0VLlEacMB5UuYoC0mvuhpjhq1KmX9-qVExunL8VkFEOr8WFbZvqfx-HwlrIVYnU

Cette page avait pour but de communiquer sur la venue de ce nouveau bébé qu’on a surnommé « Être une Femme Ambitieuse au Mali » qui s’inscrit dans le cadre d’une contribution modeste mais non des moindres aux grands débats autour de l’autonomisation des femmes, l’Égalité des chances et de la Parité entre les sexes.
Le livre dépeint la société malienne qui étouffe ses filles par le poids de certaines traditions. Il traite principalement de la condition de la jeune femme leader dans une société aussi conservatrice que le Mali, de l’excision, du mariage précoce, du décrochage scolaire des jeunes filles, de la violence conjugale et de manière générale comment la femme leader vit son leadership surtout si elle nourrit de grandes ambitions. Dans le livre, l’auteur utilise un style qui se rapproche de l’essai et du roman et elle aborde ces débats d’un point de vue sociétal comment nos sociétés actuelles contribuent à nourrir ce système et cette domination patriarcale sur les femmes qui se transmet par l’éducation de surcroit par les femmes elle mêmes. Elle raconte comment l’héroïne du livre lutte contre les préjugés de la société, contre certains codes et idées préconçues en étant fidèle à elle-même et à ses valeurs morales et spirituelles. Le livre met aussi en lumière comment nous pouvons nous inspirer de bons nombres de cultures africaines qui respectaient la dignité de la féminité et pouvoir s’y appuyer pour redonner à la femme la place qu’elle mérite vraiment.
Les premières actions et les dates à retenir…
Avant de commencer je voudrais remercier quelques personnes ressources qui m’ont aidé sur comment mener une belle campagne digitale, des conceptions et d’autres conseils.
Je commence par Aliou Badara Barry, Amadou Maiga, Marie Lo depuis le Sénégal, Marcelin Yayra du Togo, Zounou Maiga, Souleymane Kouma, Lalaicha Maiga, Mariam Nafogou, Abdoulaye Mahamadou Touré, Ousmane Makaveli Traoré, Abdoul Hassan Cissé(Pacha) je vous remercie pour votre apport dans la communication, la diffusion et les partages.
Une page a été créée pour entamer une stratégie de communication agressive sur les réseaux sociaux et elle a eu de bons résultats car tout au long de trois mois, le buzz a été créé autour du livre bien avant que le livre ne soit disponible.
Le teasing sur le livre a débuté le 01 Décembre 2017 et a pris fin le 18 Décembre. La fin du Teasing était le dévoilement de la Couverture du Livre et cette publication a eue beaucoup de likes, de commentaires et 111 Partages.
Le 21 Décembre 2017, j’étais reçue pour la deuxième fois en audience avec Mbaranga Gasarabwe, représentante spéciale adjointe pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali ( MINUSMA), coordinatrice résidente des Nations Unies, Coordinatrice de l’Action Humanitaire et Représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour le Mali pour la préface du livre qui a été un parcours de la combattante car il a fallu trois mois pour qu’elle dépose sa précieuse signature sur le livre.
Le Samedi 10 Février 2018, j’étais dans ma ville natale Tombouctou la cité des 333 Saints pour les activités rentrant dans le cadre du Pré lancement du livre à la Bibliothèque Fondo Kati dans le quartier Hamabangou. Cette activité a été rendue possible grâce au concours de vaillants jeunes qui ont à la limite volé des billets d’avion à la MINUSMA afin que j’honore ma promesse de célébrer ma succes story avec les miens. Il s’agit d’Alhousseyni Aguissa, de Youssouf Ag Ibrahim, mes chaleureux remerciements à la Bibliothèque Fondo Kati, aux jeunes de Hamabangou, aux autorités locales présentes, à Sankore Labs, à Sahel Studio, à Doniblog.

A la ceremoniede pré lancement du livre à Tombouctou, CP: Abdoulaye Touré
La table des Officiels de la Ceremonie, CP: Sahel Studio

Le maitre de ceremonie Mahamane Sangaré, CP: Sahel Studio
Photo de groupe à la fin de la cérémonie

Après la ville de Bilal Soudan(Tombouctou), c’était dans la ville des trois caïmans(Bamako) qu’il fallait célébrer le baptême de ce bébé.
Les démarches se sont avérées périlleux mais très fortes en challenges.
Nous étions reçus en audience le 06 Mars 2018 par le Ministre de la Culture Madame N’Diaye Ramatoulaye Diallo afin qu’elle parraine la cérémonie officielle de dédicace.
Le jour tant attendu s’approchait à grands pas et nous étions doublement sous pression : l’organisation et la venue un peu tardive des exemplaires du livre qui sont de justesse arrivés à Bamako le 21 Mars 2018. Un premier shoot en terme d’avant gout fut réalisé par Sahel Studio.

 

Avec mon père car il a beaucoup contribué à la rédaction de ce roman

(Dieu merci le livre est là il reste des détails, des appels par ci, des mails par-là, des choses à aller chercher mais du calme demain sera quand même l’un des plus beaux jours de ma vie, papa et maman seront là tout comme tes proches et ta famille….)
Coïncidence ou coup du Destin?
Pour ceux qui connaissent l’Histoire du Mali savent que le 22 Mars est une date mémorable où le cours de l’histoire a été changé à jamais deux fois de suite! Le 22 Mars 1991, les femmes et les élèves sont sortis pour dire non au régime de l’époque après 23 ans de dictature ce qui s’est bien sur terminé en bain de sang. Le 22 Mars 2012, les femmes de Kati sont descendus sur Koulouba pour demander des comptes au président Amadou Toumani Touré sur la situation du Nord ce qui s’est terminé par un putsch.
C’était une parenthèse pour montrer que cette date était très importante pour le Mali et que l’Histoire du Mali retiendra qu’une jeune fille de 21 ans a lancé son livre à la même date.
Le lancement fut une réussite avec au moins la moitié du stock de livres achetée sur place, des parents amis, camarades, collègues venus de partout pour magnifier ce jour. Je vous remercie tous ici pour votre présence et votre soutien en ce jour si mémorable. Les images parlent mieux….


Nous partions en rupture de stock à partir du 30 Mars 2018 mais dès le 14 Avril 2018 de nouveaux exemplaires sont disponibles partout dans le monde en passant la commande aux numéros suivants : (00223 76 03 52 68) et le (00223 76 04 87 63) ou envoyez un mail à l’adresse suivante : innovedition@gmail.com
Les 05 et 06 Avril 2018, ont eu lieu le lancement du livre en milieu scolaire notamment au Lycée Notre Dame du Niger et au Lycée Ba Aminata Diallo toutes deux des lycées de jeunes filles. L’objectif de ces conférences étaient d’inspirer les jeunes filles qui commenceront bientôt la vie active à se réaliser elles-mêmes; à se battre pour leurs rêves et à diffuser les grandes lignes du livre.

Quelques liens des articles sur le lancement du livre…

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://www.journaldumali.com/jdmtv/sadya-toure-auteure/&ved=2ahUKEwiA0Ky3wK3aAhWPJSwKHZTJDlMQFjAGegQIAxAB&usg=AOvVaw0WFxsXpjDO6iC9lpOu7yZt

 

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://www.maliculture.ml/&ved=2ahUKEwjqwtCKwq3aAhXIdCwKHaNRApc4ChAWMAJ6BAgGEAE&usg=AOvVaw2B_vRrfVm68impZZ8IDUVb

 

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://www.trendsmap.com/twitter/user/maliculture_ml&ved=2ahUKEwjqwtCKwq3aAhXIdCwKHaNRApc4ChAWMAh6BAgBEAE&usg=AOvVaw3RNjk8UFEhseezh0LDehJj

 

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://www.trendsmap.com/twitter/user/maliculture_ml&ved=2ahUKEwjqwtCKwq3aAhXIdCwKHaNRApc4ChAWMAh6BAgBEAE&usg=AOvVaw3RNjk8UFEhseezh0LDehJj

 

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://m.youtube.com/watch%3Fv%3DXy2yvbNXeIY&ved=2ahUKEwjqwtCKwq3aAhXIdCwKHaNRApc4ChC3AjAAegQICBAD&usg=AOvVaw2sys7ab6sLb6AF1NaQDUgd

 

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://rue223.com/2018/03/23/musee-sadya-toure-et-son-livre/amp/&ved=2ahUKEwiA0Ky3wK3aAhWPJSwKHZTJDlMQFjARegQIBhAB&usg=AOvVaw0ETPyux3luA0lcsTXVxewK&ampcf=1

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://drapeau-blanc.over-blog.com/2018/03/17-24-mars-la-semaine-de-la-francophonie-au-mali.html&ved=2ahUKEwiA0Ky3wK3aAhWPJSwKHZTJDlMQFjATegQIAhAB&usg=AOvVaw1JRtPjAqu_TmWiPmOOkbOV

 

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://niarela.net/societe/bamako-lancement-officiel-du-livre-intitule-etre-une-femme-ambitieuse-au-mali&ved=2ahUKEwiA0Ky3wK3aAhWPJSwKHZTJDlMQFjAAegQIBRAB&usg=AOvVaw0KlR893rHGXkoHQEiG8dCT

 

https://twitter.com/ImpactHubBKO/status/978654966767374337?s=20

 

https://www.google.ml/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://m.facebook.com/events/220789858472191/&ved=2ahUKEwiA0Ky3wK3aAhWPJSwKHZTJDlMQFjAEegQIARAB&usg=AOvVaw0kqcSstnD0z451x_0EzNI4

Nous disons merci à toute la presse traditionnelle aussi notamment: Le Journal le Combat, L’Essor, Les Échos, la radio Mikado FM, l’Office de radiodiffusion et de télévision du Mali( ORTM), la chaine de télé marocaine 2M TV, le Journal du Mali et la presse internationale notamment le site de la Francophonie.

Des Tweets, Retweets et partages sur le livre et la cérémonie de dédicace…

 

  • Parce que nous leurs sont reconnaissants pour tout, un grand merci à tous nos partenaires et sponsors qui ont embarqué dès le début jusqu’à nos jours :
     Ministère de la Culture,
     Nations Unies au Mali,
     Musée National du Mali,
     Azalai Hôtels,
     Futur Vision,
     SunCom Technologies,
     Africa Scène,
     Supertech,
     Eau Minérale Kati,
     Innov Éditions,
     Sequoia,
     Phiphi+,
     Tirera Films,
     Nour Communication

C’est quoi la suite? De nouveaux projets? Un nouveau livre? Ou juste des Conférences sur celui-ci?
La vente et la promotion du livre continuera ce qui est impératif. La perspective à très court termes, c’est de voir comment traduire le livre en d’autres langues d’abord l’Anglais et le reste suivra.
Appuyer par des actions concrètes et pragmatiques les idéaux du livre car d’autres personnes, des organismes et des fondations s’intéressent à cette cause, notre cause.
Pour rester informés de la suite n’hésitez pas à me suivre sur mon blog, sur mes différents réseaux sociaux.
Facebook: Sadya Toure
Sadya TOURE Officiel
Instagram: miss_sadya
Twitter: @ToureSadya
LinkedIn: Sadya Touré
Blogs: www.patrimonde.mondoblog.org
www.almanebere.wordpress.com


Une année de blogging : rétrospective et perspectives

Une année de blogging ça se fête! Joyeux anniversaire à moi-même (rires) et merci à tous d’avoir rendu mon adhésion dans ce monde facile. Cet anniversaire est pour moi l’occasion de faire un retour sur le passé : faire une introspection, voir si les objectifs qui étaient fixés au départ ont été respectés, sinon se projeter dans le futur, se donner les moyens d’atteindre les objectifs qui n’ont pas encore été atteints et s’en fixer de nouveaux.

Le debut d’une belle histoire d’amour…

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais vous raconter comment m’est venue l’idée d’être blogueuse. Il y a des années, je détestais écrire, pourtant on ne cessait de me dire que j’avais une belle plume mais je me refusais à cet exercice. Je me souviens qu’en 2015, lors du festival de Selingue, j’ai rencontré un blogueur du nom de Moussa Magassa qui s’était présenté en tant que blogueur. J’avoue que je me suis dit « c’est quoi ça encore ? Je parie que c’est juste pour bluffer » et quand il m’a demandé d’adhérer à l’association d’ici je l’ai catégoriquement rejeté.
Mais début février, une rencontre m’a bouleversée et m’a positivement déstabilisée à propos du blogging. Lors de son passage à Bamako pour les Journées de la Beauté et du Bien Être, j’ai rencontré l’imminente, l’audacieuse et belle Fatou N’Diaye, icone de la blogosphère française. J’ai alors commencé à m’intéresser à ce nouveau métier que l’on s’approprie. Après avoir été atteinte du virus, j’ai demandé conseil auprès de plusieurs blogueurs, notamment sur mon idée de commencer enfin à bloguer et aussi sur le créneau que je voudrais défendre : la promotion des patrimoines culturels du Mali, d’Afrique et du monde. Ce sujet m’inspire à plus d’un titre, et c’est comme cela que le 24 février je publiais mon premier article sur mon premier blog : www.almanebere.wordpress.com
Avec pour titre : Sadya décida et le blog fut!
Un premier article visiblement réussi, vu le nombre de partage sur toutes les plateformes (Facebook, Twitter, etc).
Puis je me rendais à Dakar pour une formation de cinq semaines et je publiais un deuxième article sur ma première expérience en avion, avec pour titre « Une gaou dans l’avion ».
Celui-là aussi m’a valu plusieurs nouveaux abonnés. Lors de mon séjour à Dakar, nous étions 230 jeunes à recevoir cette formation, et nous avions initié des activités pour les festivités du 8 mars, Journée Internationale de la Femme. Ma contribution modeste fut à travers ma plume. Un article sur le féminisme : rendre hommage aux femmes à travers une journée, les nombreuses luttes qui ont finalement payées, les manifestations de sa célébration dans les entreprises, dans les familles… et mon opinion propre sur cette journée. Là encore j’ai gagné plus de 200 abonnés. Enfin l’article sur ma visite à l’Ile de Gorée ayant pour titre ‘’Je suis une fille d’esclaves!’’, cet article a touché aux sensibilités de tous ceux qui se sont un jour rendus à Gorée.

Une autre belle aventure
Mi-mars, je postulais au concours RFI organisé pour les jeunes talents blogueurs francophones. Les résultats sont tombés un mois après. J’étais admise au concours et je faisais désormais partie de la grande communauté des bloggeurs francophones RFI Mondoblog, ce qui impliquait un nouveau blog avec leur nom de domaines, plus d’ouverture au monde et plusieurs opportunités. Trois semaines après je publiais mon premier article sur mon nouveau blog : www.patrimonde.mondoblog.org Cet article je l’ai écrit à mon retour de Tunisie (Sousse), son titre ‘’Sousse, une ville somptueuse et pétrie d’histoires !’’
De fil en aiguille, j’ai commencé à mieux comprendre le blogging, je prenais un plaisir fou à partager mes voyages (qui étaient pour la plupart pour mes actions bénévoles, mes découvertes etc.)
Ensuite il y a eu une longue pause, à un point tel que j’ai perdu beaucoup d’abonnés. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que j’étais effectivement suivie. Lorsque je rencontrais des amis virtuels à des activités on me demandait : « je ne vois plus d’articles sur ton blog » ou « tu as arrêté d’écrire? »
Ces commentaires me hantaient, me poussaient à trouver un article à écrire. Mais mon souci de sincérité faisait que je me suis à chaque fois refusée à écrire sur un site que je n’avais pas encore visité, je préfère voir de mes propres yeux et écrire.
Cette longue pause s’explique par le fait que, dans mes objectifs pour l’année, je devais finir de rassembler et d’ordonner mes écrits pour sortir mon livre. Objectif réalisé et j’espère que ceux qui attendaient mes quelques phrases sauront comprendre ce silence.
Septembre, mon blog m’a valu de participer à un programme de formation de trois semaines, organisé par l’ambassade des États Unis d’Amérique au Mali, sur le rôle des journalistes et blogueurs dans la résolution des conflits. Cette formation était sanctionnée par une attestation.
En Décembre, mon blog fut retenu parmi les blogs de référence pour communiquer autour d’un évènement à dimension nationale pour une organisation internationale.
En Janvier, j’obtenais un contrat de consultation pour la communication autour d’un projet de livre d’une grande figure politique nationale du Mali.
En février, nous (mon blog et moi) paraissions dans le numéro dédié aux femmes qui travaillent dans le digital du magazine Sadio Mag disponible également en ligne : www.sadio.osmose-events.com
Mes perspectives pour ce nouvel âge sont : réanimer mon premier blog en retranscrivant en anglais les articles qui seront publiés sur le présent blog, obtenir toujours plus d’avis personnels sur des sujets qui me passionnent, promouvoir plus de sites que ça n’a été fait jusque maintenant, et plus de folies et de passions à partager !

Finalement notre amour a survécu

Image symbolisant la fete autour d’un anniversaire

Quand j’y repense, je crois que nous avons fait du chemin mon blog et moi et je suis fière de mon bébé qui a aujourd’hui un an. Je nous souhaite de belles années encore couronnées d’excitants voyages, d’articles poignants sur les réalités du monde, de beaux sites historiques à faire découvrir, beaucoup, beaucoup de voyages, de passions, de folies.


Mamadou Igor Diarra pense que c’est Possible au Mali et moi j’affirme que ce sera possible au Mali !

C’est Possible au Mali de Mamadou Igor Diarra est un livre paru chez les Editions Cherche Midi le Janvier 2018. De sa sortie à nos jours, il a connu un tel succès que le livre est actuellement en rupture de stock tant ce livre est plein d’enseignements, de vérités méconnues des citoyens. Découvrez dans l’article les grandes lignes du livre après lecture.

C’est Possible au Mali est un livre est un ouvrage unique, d’une rare sincérité, d’une lucidité implacable et d’une grande valeur morale qui retrace la vie de Mamadou Igor Diarra, un homme politique brillant, un cadre de banque hors pair, un patriote dans tous les sens du terme, un citoyen malien et surtout un des descendants de la lignée de Da Monzon Diarra. Il parle de sa vie et des évènements qui l’ont marqué mais pas que, il partage aussi avec nous son expérience de vie où l’on peut tirer des leçons de ses succès aussi bien que de ses échecs.

La couverture du Livre C’est Possible au Mali

Qui est Mamadou Igor Diarra?
La première partie se résume essentiellement au type d’enfance qu’il a eu car fils d’un ingénieur aérien malien et d’une mère Ukrainienne.
Il explique ce que cela fait d’être un enfant ‘’Métis’’ dans ce pays de Neige Blancs et d’Hommes blancs non habitués à ce brassage car n’ayant pas connu la colonisation vers les pays Africains. Mieux il relate la grandeur du Mali de l’époque, ce grand Mali que les braves hommes aimaient tant. Ces hommes avaient le vrai sens du patriotisme, de l’amour de la Nation, le sens du service sans rien attendre en retour.
Etant en Russie, il rêvait de son pays lointain dont il entendait que des éloges de la part de ces dignes fils, son destin se chargea de le guider vers sa patrie et mieux sur les terres de ses ancêtres Da Monzon Diarra à Ségou dans la ville de Markala.
Il s’adapta rapidement à la vie de campagne. Sa transition de la neige à la terre rouge, des jouets de la Russie aux Champs de Markala, de la glaciale relation humaine de la Russie à la chaleur trop humaine et la multiple parenté du Mali lui forge un enracinement évident.
Il met l’accent d’une part sur bon nombre de valeurs sociétales qui existaient au Mali qui ont certes servi à devenir l’homme accompli qu’il est aujourd’hui.

Un parcours très inspirant mais pleines d’embuches…

De fil en aiguille, le jeune se démêle à terminer ses études et sera un ‘’Diplômé sans emploi’’ comme chaque malien l’a un jour été d’ailleurs. Son corps d’origine fut la Banque alors que tout laissait promettre une carrière militaire. Il a choisi ce métier de banquier par amour et l’exerce avec rigueur, avec beaucoup d’améliorations et d’innovations à travers ses postes de responsabilité. Le secteur bancaire a connu un boom tant sur le plan de l’image externe que sur la vie directe des populations. Sa force dans sa gestion a été de reconsidérer l’un des secteurs les plus porteurs mais les moins valorisés au Mali car ayant lui-même été paysan dans son enfance lointain.
De cadre compétent à la Banque avec à son actif plusieurs succès, l’Homme sentît l’appel de Dieu pour le remercier de ses bienfaits. Après cette purification à la Mecque, cette fois, c’est le pays qui l’appelait. Dans un premier temps ministre sous le président Amadou Toumani Touré, il raconte à quel point il est difficile d’être un homme politique, comment la mission de servir son pays peut se révéler périlleux, rude et cela avec un effet direct sur ses proches. L’aspect le plus marquant c’est la relation ambiguë qui existe entre le travail farouche et de titan que fait l’Etat et ce que nous les gouvernés voyons. Il montre combien la gestion de l’Etat est lourde et combien les actions peuvent prendre du temps avant de se matérialiser. Mais tous ces défis lui ont permis de comprendre que l’amour pour sa patrie peut emmener à tous les sacrifices nécessaires. Ce sentiment l’anime alors durant toute sa carrière au service des maliennes et des maliens.
Dans ses fonctions au plus haut niveau de l’état, on découvre un homme farouche, militant de la politique du concret, de ce qui est palpable, pragmatique. Tout cela se couronne par un succès et une satisfaction personnelle, morale et un sentiment d’accomplissement qui se limite entre l’homme et sa conscience puisque sa motivation première a toujours été de servir son pays, sa patrie, rehausser l’image du Mali. Ce qui n’est pas sans critique de personnes de mauvaise volonté, des personnes frustrées il y en a eu et il y en aura toujours et des sacrifices de voir certaines relations se détériorer car pour la patrie il faut qu’il y ait bien des concessions !

La Jeunesse, principal pilier du développement
Dans le troisième chapitre, Mamadou Igor DIARRA conseille, conscientise la jeune génération sur des défis auxquels le Mali fait face et qu’il doit relever à travers cette même jeunesse illustré notamment par ce passage à la fin du chapitre 2 à la page 108 : « Aujourd’hui l’Homme est au cœur des évènements, ne l’oublions jamais. Mon lointain ancêtre Ngolo Diarra, était un jeune homme lorsqu’il était monté sur le trône de Ségou en 1766, après des années d’anarchie. Il fut le premier roi de la dynastie des Ngolosi. Et c’est en pleine vigueur que Soundiata Keita avait remporté en 1235 la victoire de Kirina, face à l’armée du roi Sosso Soumaoro Kanté, un épisode glorieux qui avait ouvert la période la plus prospère de notre histoire ancienne et marqué le début de l’Empire du Mali. Un pays qui avait dominé l’Afrique de l’Ouest pendant plusieurs siècles. Les deux premiers présidents du Mali Modibo Keita et Moussa Traoré, étaient loin des 50 ans quand ils avaient accédé à cette fonction. Notre administration, notre Etat doivent désormais être plus poreux aux talents juvéniles qui se manifestent.
L’âge ne doit plus jamais être un frein » Par ce passage Igor attire l’attention des politiques sur le potentiel que représente sa jeunesse et qu’ils ne doivent pas rester en marge du développement du pays.

Prendre en compte notre histoire pour batir avec la jeunesse le Mali de demain, Dixit Mamadou Igro Diarra
D’autre part, il montre combien il est attaché à ses principes combien il est vigoureusement fier de ses origines de Bambara un peuple reconnu pour son intégrité, leur franc parler sans langue de bois et surtout leur rigueur
L’homme au-delà de sa vie, donne des perspectives pour l’essor du Mali, donne espoir qu’un Mali nouveau est possible, il aborde dans le même sens du fait que l’histoire joue un rôle important dans notre vie et notre identité et comment utiliser cette histoire pour rebâtir un futur radieux pour notre Mali à tous.
Il donne enfin des pistes, des comportements à adopter non pas en instituteur mais sur la base de ses expériences et insiste sur l’urgence de changer les comportements, rétablir la solidarité sociale, reconquérir les ressources de l’Etat et faire de la jeunesse la priorité. Les mots d’ordre que je retiens de ce livre sont : Action, Pragmatisme, Concret, Potentiel de la Jeunesse, Amour de la Patrie, Intégrité, Honnêteté, Volonté Farouche de redonner au Mali sa grandeur et Innovation.
Merci pour ces lignes et merci d’inspirer les jeunes générations Mamadou Igor Diarra.
Mamadou Igor Diarra croit fermement que c’est possible au Mali et moi j’affirme avec conviction que ce sera possible au Mali !
#CestPossibleauMali


TEDx Faso Kanu, le rendez-vous stimulant des jeunes du Mali

TED est une organisation à but non lucratif qui rassemble des esprits brillants dans leur domaine pour partager leurs idées avec le monde. Depuis 1984, les conférences TED sont devenues une référence mondiale pour les jeunes. Fort du succès rencontré, le concept a été décliné localement en TEDx. Créé en 2009, ce programme permet à des universités, des écoles, des entreprises, des bibliothèques ou tout autre groupe de personnes motivées de profiter d’une expérience similaire à celle de TED en organisant leur événement local. Chaque projet local est validé par les équipes de TED. Le Mali à l’instar des autres n’est pas restée en marge de cette dynamique avec comme mot d’ordre ‘’Notre Potentiel’’.

C’est quoi TED?

TED par définition qui signifie : Technology, Entertainment, Design car au départ c’était des conférences autour de la technologie, du divertissement et de la conception mais vu le succès rencontré et l’impact des conférences TED, il a été élargi à la culture, aux Sciences et à plusieurs autres domaines. Depuis sa création en 1984 en Californie, TED poursuit un Objectif simple : propager les idées qui méritent d’être partagées. Animé par sa communauté curieuse et dynamique, TED est aujourd’hui un mouvement global qui contribue à faire évoluer notre regard porté sur le monde grâce à la puissance des idées.

TED au Mali: rêve de Koudedia KONATE
TEDx au Mali est un rêve qui désormais est devenu réalité grâce à l’audace d’une malienne Koudedia KONATE avec l’aide de Malika DANICAN et Amandine MURE-RAVAUD.

Comité Organisateur TEDxFasoKanu

Initiée par des membres de l’équipe des conférences TEDxUQAM Women, l’idée TEDx FasoKanu est née de la volonté de souligner l’importance de la contribution des jeunes maliens au développement économique et social du pays. Ainsi, à travers le partage d’idées et projets novateurs, le dynamisme malien est mis à l’honneur, en donnant la parole à des hommes et des femmes qui s’engagent à changer les choses dans leur pays. FasoKanu qui signifie Amour de la Patrie est pour l’organisatrice un moyen de rendre hommage au dynamisme malien, de rendre hommage aux hommes et Femmes du Mali qui font de grandes et belles choses, qui font rayonner le Mali partout dans le monde mais qui sont méconnus des Maliens.

Une Première au MALI
Le Mali accueillera pour la première fois les célèbres conférences TEDx, connues à travers la planète visant à promouvoir le potentiel et le dynamisme malien, donner la parole à des hommes et des femmes qui se battent pour donner un sens à leur vie, à faire tomber les barrières, à créer leur propre ‘’demain’’.

18 minutes Pour bousculer le
Monde

TEDx Faso Kanu c’est des intervenants toujours plus extraordinaires qui exposent, en moins de 18minutes, De brillants speakers qui sont des références dans leurs domaines respectifs viendront partager leur expérience et les fruits de leurs réflexions avec un prestigieux public.

8 Conférenciers, 8 Nouvelles Idées…

Ils sont tous des Maliens, et nous viennent du monde de la Technologie, de la Mode, de la Culture, de l’Entreprenariat, de l’Environnement, de la Société Civile, du Leadership etc.
Il s’agit de : Fatoumata SANGHO, leader de la société civile qui donnera des idées sur le thème « Une autre Intelligence pour développer l’Afrique »
Seyni NAFO, ambassadeur du Mali pour le Changement Climatique qui aura pour thème « Le climat c’est sérieux, ce n’est pas l’environnement », Mariam DIALLO Leader d’association qui partagera ses réalités autour de « Souffrir pour Etre Femme », Issam CHLEUH Entrepreneur fondateur Impact Hub Bamako nous partagera sa pensée sur « Une Afrique sans VISA », Alioune Ifra N’DIAYE acteur culturel et Fondateur Blonba va montrer les vertus d’un Citoyen avec le thème « Citoyen, Matière première », Antoine DIARRA Directeur Associé Voolinks nous montrera qu’ « En Afrique aussi 1+1 =0 » Assetou GOLOGO fondatrice de la marque Tamacali nous fera un plaidoyer de conscientisation sur « Mali, Scandale Sensoriel », Namissa THERA Fondatrice de la marque Ika’Look qui va valoriser le « Made In Mali ».

Programme des Conférences, CP: Comité Organisateur TEDx FasoKanu

 

TEDx Faso Kanu, Notre Potentiel c’est le rendez à ne pas du tout rater.
Bon vent à l’équipe d’organisation et vivement les éditions prochaines.
Puisse le contenu de ces Conférences vous déstabiliser positivement !

Lancement Part II (Bamako)

Tedxfasokanu, à la découverte de NOTRE potentiel !SaoKiss Picture Simbala Sylla Moh Coulibaly Fatouma Lansry Rama Anna Haï Brunø Hmd Monique Konaté Badou Traore

Publiée par Tedxfasokanu sur Mercredi 29 novembre 2017


Je pensais être une fille d’esclave, je suis encore une sœur d’esclave !

J’étais en visite à l’Ile de Gorée au mois de mars dernier lors de ma formation au Centre Régional de Leadership de Dakar YALI (Young African Leadership Initiative), j’avais écrit un article sur mon premier blog avec pour titre ‘’Je suis une Fille d’Esclaves’’ car j’estimais que cette page honteuse et douloureuse de l’Afrique était restée derrière mais avec la découverte d’un commerce de migrants africains (noirs) en Libye, je réalise que cette page n’est pas totalement tournée.

L’esclavage est encore là, oui encore au 21ème siècle, à l’ère ou les machines ont remplacé la main d’œuvre humaine, en 2017 encore il existe des esclavagistes pire quand ce sont des africains qui exploitent leurs frères africains contrairement à quelques siècles auparavant, où ce sont les colonisateurs (blancs) qui étaient les esclavagistes.
L’Ile de Gorée VS La Libye :
Du Trafic Humain à l’Esclavage (Gorée)
Le XVe siècle voit l’avènement d’une pratique barbare qui perdurera au moins trois siècles : le commerce triangulaire. Les Européens, soucieux de se procurer à moindre coût de la main-d’œuvre pour travailler aux colonies, mettent en place un trafic humain. Les riches propriétaires terriens ont en effet besoin de bras pour cultiver leurs champs. Des navires qui partent en Afrique à la recherche d’esclaves qu’ils achètent aux rois indigènes contre quelque verroterie et les conduisent en Amérique. Les esclaves ayant résisté à la terrible traversée sont alors vendus dès leur arrivée au port. Ceux qui tombaient malades, étaient jetés à la mer pour réduire des risques de contamination ou de se lancer dans un processus de soins médicaux. Quinze à vingt millions d’hommes, de femmes et d’enfants seront déportés en quatre siècles dans des conditions atroces par les négriers. Les chambres de pesage étaient réservées aux hommes qui devaient passer outre-mer mais qui n’avaient pas encore 60 kilos, il fallait donc les ‘’mettre en forme’’ avant de passer outre-mer.

Esclaves de Gorée, CP: Almanabere

Du Commerce Humain à l’esclavagisme(Libye)
C’est un traitement scandaleux et inhumain qui exhume chez les Africains de lointains et douloureux souvenirs surgis d’un passé que l’on croyait révolu. Un commerce immoral qui prolifère dans l’indifférence totale dans une Libye dévastée par la guerre.
Des migrants subsahariens « échangés » entre 200 et 500 dollars pour ensuite être affectés à des travaux de maisons libyennes. D’autres séquestrés, torturés et obligés à appeler leurs familles afin qu’elles payent leur libération. En Libye, dénonce l’OIM dans un communiqué, des centaines de migrants et de migrantes subsahariens sont vendus publiquement dans des « marchés » ou des garages. Après avoir acheté des humains, ceux-ci deviennent leur « propriété ». Certains étaient libérés après avoir convaincu, sous la torture, leur famille de verser entre 300 000 francs CFA (environ 480 dollars) et 600 000 francs CFA (970 dollars environ) via un transfert. Les femmes migrantes sont victimes de sévices corporels et contraintes aux travaux domestiques de leur « acheteur », ou sont réduites en esclaves sexuelles.

Images des Migrants, CP: Courrier du Soir

Les pratiques « esclavagistes » en cours en Libye et le commerce qu’elles vont contribuer à faire naître, sont presque comparables à celles du temps de l’esclavage dont l’île de Gorée, au large de Dakar porte encore les vestiges avec sa très visitée « Maison des esclaves ».
Je suis la Fille et la Sœur d’Esclaves mais je ne suis pas une Esclave !
L’île de Gorée constitue jusqu’à nos jours, une page honteuse et douloureuse de notre histoire, et nous sommes encore hantés par cette partie de notre histoire. Oui nous venons de cette terre qui a tant souffert et qui continue de souffrir de ce crime contre l’humanité, nous ne pouvons pas changer cela, nous avons un parent qui a vécu cela, oui je suis une fille et une sœur d’esclaves mais cela ne fait pas de moi une esclave je suis libre d’aller où je veux de faire, ce que je veux. Le cas de la Libye est encore plus douloureux car elle est cette fois infligée par des confrères africains de la Libye.
Comment doit se retourner Muhammad Kadhafi dans sa tombe ! Lui qui a passé toute sa vie à œuvrer pour une Afrique Unie.
Je n’accuserais personne car nous sommes tous responsables de ce qui se passe en Libye. Moi la sœur ait je dissuadé ou fait des actions pour convaincre mes frères de ne pas croire au rêve Européen ? Vous les transporteurs qui vous enrichissiez sur le mirage de ces jeunes qui acceptiez de les amener sur la mer sachant que la vie n’est pas rose de ce côté êtes tout aussi responsables. Enfin mes frères et sœurs, pourquoi aller travailler comme des Esclaves pour un autre pays sachant qu’il y a tant à faire au Mali, chez soi. Et si on travaillais dans la dignité dans notre propre pays ce n’est pas mieux ? Oui au travail mais non à l’Esclavage.
Les Esclavagistes je ne les accuse de rien car si une personne arrive au point où elle s’enrichit sur le dos d’êtres humains, de manière barbare et inhumaine, elle ne mérite plus d’être appelée « Etre Humain ».
Je suis une sœur d’Esclaves mais je n’en suis pas une parce que je pense que le paradis est la maison aux cotés de papa et maman, à travailler durement pour mon pays.
Je préfère toujours qu’on me dise Sœur d’Esclave à sœur d’Esclavagiste !

Pour lire mon article sur l’Ile de Gorée cliquez sur ce lien:

 

Je suis une fille d’esclaves !

 


Harcèlement Sexuel : un manifeste pour une éducation au bris du silence et au respect de soi !

Le harcèlement sexuel, un terme contemporain mais une pratique médiévale ! Qui d’entre nous n’a jamais fait face aux enchainements hostiles des hommes à caractère sexuel quel que soit le lieu ou le type de relation avec la personne ? Chacune a son expérience et les témoignages tombent souvent comme la pluie lorsqu’une personne en parle. Ce phénomène qui es tût dans une société aussi conservatrice comme le Mali pourtant non moins fréquente n’a que trop duré. Dans cet article je vous dirais ce qui favorise le harcèlement sexuel et comment donner une autre éducation aux filles leur permettant de l’éviter au pire d’y faire face.
C’est quoi le Harcèlement sexuel ?
Le harcèlement sexuel est un enchainement d’agissements hostiles et à connotation sexuelle dont la répétition et l’intensité affaiblissent psychologiquement la victime. Elle peut viser à intimider la victime, à la dominer ou à obtenir un acte sexuel. Il désigne aussi les sollicitations de faveurs sexuelles au travail sous peine de sanction.
Le harcèlement affaiblit les victimes car on porte atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant pouvant souvent conduire au viol ou toute autre atteinte à l’intégrité psychologique ou physique de la personne.
Halte aux préjugés !
Les médias s’attardent à parler du harcèlement sexuel en milieu professionnel pourtant la réalité est toute autre au Mali de par les témoignages reçus et certaines expériences vécues, les personnes qui harcèlent sont pour la plupart des proches, des parents, des frères, des amis ou connaissances de la famille ce qui explique le plus souvent le silence des victimes. Le Mali est une société très conservatrice et fortement ancrée dans les idées reçues surtout s’il s’agit de la femme. On apprend aux filles à respecter foutrement au point d’oublier les autres valeurs qui leur ont été apprises, elles préfèrent garder le silence non pas par plaisir mais parce que la société leur a exigé et ces hommes savent que leur victime ne parlera pas. Même si elles en parlent, elles ne sont plus victimes mais coupables, l’on dira qu’elles l’ont cherché ou qu’elles ont été consentantes juste parce que ce sont des femmes .On leur éduque à baisser la tête, à se taire surtout un sujet aussi tabou que le harcèlement qui a très souvent pour finalité le viol.
Ce mal qui gangrène nos sociétés n’est en réalité que le théâtre d’une éducation axée sur les apparences. On a toujours appris à bien paraitre devant les gens mais qu’en est-il des valeurs que nous avons réellement ? Comment on s’attarde à cacher des zones d’ombres tout en paraissant comme personne modèle aux yeux de la société.
Ceux qui font subir le harcèlement à leurs proches sont très souvent nos amis, des modèles pour nous et ce qui fait le paradoxe c’est que ceux qui se disent la voix des sans voix ou les défenseurs de la justice ou du droit des minorités sont ceux-là qui ont ces cotés sombres. C’est pourquoi il est difficile que les victimes se prononcent de peur d’être blâmées par la société car les femmes ont toujours tort et sont les plus indexées en cas d’harcèlement ou de viol. Le pire parfois c’est que les femmes n’ont tout le temps pas conscience qu’elles font objet d’harcèlement tellement que c’est monnaie courante dans nos sociétés. Les préjugés ont la peau dure ! Puis qu’il n’y a aucune légitimité au Mali (jusqu’à preuve du contraire) qui punit le harcèlement sexuel en milieu rural, urbain, familial ou professionnel, partout il est important d’apprendre un certain nombre de choses aux filles afin qu’elles gèrent mieux ce délit.
Oui au respect des autres, mais encore plus au respect que l’on se porte !
Puis que le modèle quant à l’éducation des hommes ( à être des prédateurs ou des machos pour les femmes, à vouloir les contrôler et les rabaisser) est ancré dans un certain esprit, Apprenons aux filles à respecter les autres, à se respecter dans le sens où aucune personne quel que soit son statut ou son âge ne doit manquer de respect à une fille ou une femme donc n’ayez pas de respect pour ceux qui n’en ont pas pour vous. Rabaissez ceux qui cherchent à vous rabaisser et qui ne voient en vous qu’un désir charnel.
Apprenons à nos sœurs la différence entre élégance et extravagance. On peut bel et bien être belle, séduisante ou encore sexy sans pour autant se dénuder ou jouer aux allumeuses. Force est aussi de reconnaitre que certaines femmes font tout pour faire objet d’harcèlement pour avoir des faveurs au boulot ou des faveurs de quelque nature. Stop nous sommes des femmes et être femme est un ensemble il faut savoir s’imposer à la force du respect que l’on a pour soi, de nos convictions et de nos valeurs. Les femmes qui se respectent désengagent moralement certaines personnes qui ont l’intention de les exercer cette pression.
Apprenons également aux filles de ne pas toujours se taire sous la pression ou la honte parce que la personne est un proche, dénoncez les d’un geste, un cri pour alerter les parents ou l’entourage. Communiquons sur la sexualité aux filles très tôt car les filles sont vulnérables quand elles ne sont plus avec leurs parents avant qu’elles aient la mauvaise expérience de vivre le harcèlement, parlez-leur librement de cela et des attitudes à adopter si le cas se présente.

CP: Ac-reims.fr

Apprenons à communiquer librement sans tabou aux filles, à être des amies et sœurs pour elles et non des mamans froides et loin d’elles, développons leur estime de soi et surtout qu’elles disent haut ce que beaucoup pensent tout bas et à dénoncer les coupables. Même si la loi ne prévoit pas de punitions pour ces personnes, leur dénonciation les rendra moralement incrédibles aux yeux de la société et ainsi les autres prédateurs penseraient milles fois avant de faire subir à d’autres femmes ce délit. Apprenons aux garçons le respect de la personne principalement de la femme et éduquons les à être de bonnes personnes pas à corriger leur apparence en faisant d’eux des loups pour les femmes. Ainsi nous aurons à éduquer nos enfants dans un climat plus favorable à leur épanouissement et leur développement.
Cependant il faut aussi reconnaitre qu’il y a des hommes qui se font harceler par des femmes et elle se manifeste aussi partout comme dans le cas des femmes. Ils constituent aussi une minorité dans ce contexte et doivent aussi accepter de dire et de ne pas accepter ce qui est leur droit le plus élémentaire.

Pour plus d’informations cliquez sur ce lien où j’ai répondu aux questions du Journal du Mali sur le sujet.

https://www.journaldumali.com/2017/11/07/harcelement-sexuel-prennent-parole/


Mon voyage dans la ville du Meguetan

Vous n’avez jamais entendu parler de la ville du Meguetan ? Koulikoro ça vous dit ? La deuxième région du Mali a abrité la plus grande rencontre nationale : la convention nationale des jeunes citoyens actifs de la Jeune Chambre Internationale. En bloggeuse passionnée de voyages, de découvertes et de culture, j’ai encore pris plaisir à prendre avec moi mes éternels amis : stylos, calepins, appareil photo pour vous faire découvrir cette ville.

Vous n’êtes jamais allés à Koulikoro ou vous n’avez même pas entendu parler de cette ville ? Pas grave, je vais vous faire voyager et vous aurez envie de laisser tout ce que vous avez pour programmer une visite là-bas, car Koulikoro c’est une bonne destination pour les amoureux de la nature et pour ceux qui veulent fuir le brouhaha de Bamako pendant le week-end sans avoir à courir des centaines de kilomètres.
Koulikoro est une petite ville qui est construite entre des collines et le fleuve Niger ce qui fait que la ville est sollicitée en période de forte chaleur pour les avantages qu’offre le fleuve pour se détendre à la plage entre jeunes ou entre la famille.

La colline du Nianankoulou, CP: MarthainMali

Koulikoro est la deuxième région administrative du Mali, située sur les rives du fleuve Niger à 59 Kilomètres (37 miles) en aval de la capitale du Mali Bamako (donc très proche de Bamako pour passer un week-end de détente). Elle s’étend sur 90 120 km2. Son chef-lieu est la ville de Koulikoro. La région de Koulikoro a été le siège de plusieurs grands empires qui se sont succédés au Mali : empire du Ghana, royaume de Sosso, Mali. La région de Koulikoro est limitée au nord par la Mauritanie, à l’ouest par la région de Kayes, au sud par la Guinée et la région de Sikasso et à l’est par la région de Ségou.
Sur le plan historique, c’est sur le site de Koulikoro qu’a eu lieu la grande bataille historique, en 1235, entre Soumaoro Kanté, roi du royaume de Sosso, et Sundjata Keïta, roi du Mandé, futur empereur du Mali. Dans la colline sacrée (Nianan Kulu) aurait disparu Soumaoro Kanté.

Image symbolisant la bataille de Kirina dans l’épopée Mandingue, CP: Djehutygraphics.com

La bataille de Kirina opposa en 1235 l’armée du roi Sosso Soumaoro Kanté et l’armée de Sundjata Keïta et ses alliés. Après la chute de l’empire du Ghana et avoir vaincu militairement les petits royaumes, les Sosso dominaient toute la région. Le roi Soumaoro Kanté faisait régner la terreur. Sundjata Keïta, de retour de son exil dans le royaume de Mena, s’allie avec les différents rois malinkés réunis à Siby : Kamandjan Kamara, roi de Siby, son cousin Tabon wana Fran Kamara, roi des forgerons Camara, Siara Kouman Diabaté, Faony Diarra Kondé, roi du pays de Do. Il défie Soumaoro Kanté. La bataille de Kirina survient après plusieurs batailles. Blessant Soumaoro avec un ergot d’un coq blanc, son Tana (totem), il l’oblige à prendre la fuite. Soumaoro disparaît dans les montagnes de Koulikoro, poursuivi par Sundjata Keïta. La capitale du royaume de Sosso est rasée. Cette victoire de Sundjata Keïta fait de lui le « mansa » (empereur) reconnu par tous les autres rois alliés. C’est le début de l’empire du Mali qui domine l’Afrique de l’Ouest pendant plusieurs siècles.
Selon les autochtones de Koulikoro, cette colline est jusqu’à nos jours hantée et ceux qui avaient commencé à y construire ont fini par abandonner, car ce serait un endroit habité par des Djinns, d’autant plus que Soumaoro aurait disparu dans ces collines. Pour marquer les lieux et faire connaitre l’histoire aux générations futures, un mur fut construit.

La place dediée à la bataille de Kirina, CP: Moctar Diakite

Sur un autre plan, la ville de Koulikoro a été fondée au début du XVIIIe siècle par un Bambara, Dioba Diarra, qui, venant de Faroko dans le cercle de Ségou, s’est installé avec son frère, d’abord à Kele, puis à Kélan et Kayo avant de s’installer au pied de la montagne (« Koulo koro » en bambara qui veut dire sous la colline). Ce qui était au départ un simple hameau devint un village puis la capitale du Meguetan, une principauté bambara affiliée au Royaume bambara de Ségou.
Koulikoro s’est développée avec la ligne du chemin de fer Dakar-Niger.

Photo de l’arrivée de la missionnaires en 1898, CP: Wikicommons

Le 10 décembre 1904, le premier train entrait en gare de Koulikoro, terminus de la ligne reliant la capitale sénégalaise au Niger. En 1979, Koulikoro devient la capitale administrative de la deuxième région du Mali.

Photo de l’hotel de ville, CP: Gallerie Wikicommons

De nos jours, Koulikoro est à l’image de la 2ème capitale du Mali et est fréquentée par beaucoup de Bamakois en période de chaleur et pendant les week-ends. La région est aussi célèbre pour son théâtre culturel de marionnettes et a à son actif plusieurs festivals de renom qui sont les rendez-vous des maliens et des expatriés. Plusieurs musiciens célèbres en sont originaires, dont le Cheval Blanc de la musique malienne Salif Keita et Rokia Traoré.
J’espère que vous avez aimé l’article, en attendant une autre destination, n’oubliez pas de vous abonner et de commenter si vous voulez partager d’autres informations.

La colline du Nianankoulou où disparut Soumaoro Kanté, CP: Bouba


La symbolique des Portes de Tombouctou

Suite à mon voyage à Tombouctou, un deuxième article était prévu pour expliquer quel message se cachait derrière les portes et les fenêtres de la ville de Tombouctou.

Quiconque ayant visité Tombouctou ou tout simplement vu les photos s’est dit : c’est original, ces portes et ces fenêtres. Et ceux qui ont visité les pays du Maghreb, surtout le Maroc, auront remarqué la ressemblance avec l’architecture de Tombouctou.

Un métier qui se transmet de père en fils…

Diamtendé est une famille, à Tombouctou, qui est la seule autorisée à produire les portes et les fenêtres de la ville. Diam fait référence aux spécialistes qui font le travail de fer et du bois.

C’est une famille que Kankou Moussa aurait amenée au moment de la construction de la grande mosquée de Djingari Ber en 1325. La construction de la mosquée a duré pendant cinq ans. Kankou Moussa, au cours de ses voyages, amena un architecte du nom de El Saheli, des Égyptiens spécialisés dans la maçonnerie et des menuisiers yéménites. Ils avaient pour mission de construire les portes et les fenêtres de la grande mosquée Djingari Ber. Les Tombouctiens avaient été séduits par l’architecture, la beauté et leur manière de travailler, alors ils convainquirent ces artistes de rester et de dorénavant faire les portes de la ville. Seule cette famille a le droit de confectionner des portes et des fenêtres de Tombouctou. C’est un métier qui est devenu héréditaire.

L’histoire derrière ces chefs d’œuvres…

A Tombouctou, tous les étrangers qui viennent et les habitants essaient d’imiter ce qui est bon et rejettent ce qui est mauvais parce que tout n’est pas bon à prendre chez l’autre. Ce sont des portes qui ont été modifiées, elles ne sont pas similaires à celles de l’Egypte ou du Yémen mais les modèles en sont inspirés.

On appelle ces portes Algadou Gambou. La grande partie en fer représente la mère dans une famille, en dessous, le cercle le plus petit symbolise les enfants, et le cercle entre les deux représente le père qui est le chef dans une famille et qui veille sur les enfants et la mère.

Personnellement, je pense que le fait que celle qui symbolise la mère soit la plus grande de toutes les pièces de la porte est une manière de mettre en valeur et de montrer la place qu’occupe une femme.

La partie de la porte qui represente la maman, les enfants et le papa, CP: Sadya TOURE

De l’autre côté, nous avons l’oiseau blanc, voyageur qui transmet toujours des messages.

L’oiseau en haut qui apporte des messages, CP: Sadya TOURE

En bas, il y a les pièces en forme de carré avec du rouge à l’intérieur, mais qui encerclent un autre dessin. Ce symbole met en valeur le social, l’union dans les familles. Le rouge veut dire que quelles que soient les querelles qui peuvent exister entre les membres de la famille ou entre les familles, il ne faut jamais rompre les liens du sang et favoriser la cohésion.

La figure qui prône les valeurs sociales, CP: Sadya TOURE

Les autres trous sont l’arrivée des étrangers qui frappent à la porte. On a la possibilité de regarder de l’intérieur qui frappe, et au centre la symbolique du père de la famille ne doit être frappée par personne d’autre que lui.

En plus des portes de Diamtendé, il y a les fenêtres qui ont été confectionnées par les mêmes menuisiers. On les appelle les Fenêtres Jalouses. Elles sont appelées ainsi parce qu’il y a certaines festivités funèbres et religieuses auxquelles les femmes n’ont pas le droit de prendre part. « Elles restent à la maison en essayant d’observer les hommes au travers des différents trous, car naturellement la femme est jalouse et veut toujours savoir ce que les hommes font dehors, » explique Alpha Mahamane Yattara historien et interprète à la MINUSMA de Tombouctou.

Les fenêtres jalouses, CP; Sadya TOURE

Selon l’histoire, elles auraient été mises derrière les fenêtres parce que la femme d’un chef des guerriers Harmas, également fille du chef de l’autre camp, les Songhois, aurait dévoilé le secret des Songhois qui étaient sur le point de finir avec les combattants Harmas. Seuls ses trois fils étaient restés et pour sauver ceux-ci de la mort, elle dévoila le secret du camp de son père au camp de son mari, ce qui leur permit de remporter la bataille. C’est alors que les Songhois ont pris la tangente et se sont réfugiés à Hombori. C’est la raison pour laquelle les femmes ont été mises derrière les fenêtres, car ils disent qu’il ne faut jamais avoir confiance en la femme ou lui confier son secret.

Ces portes et ces fenêtres font aujourd’hui partie du patrimoine culturel national. On en retrouve quelques-unes à Bamako chez les Tombouctiens assez conservateurs qui pour des raisons de travail se sont installés dans la capitale. Toute cette variété et cette science montrent combien Tombouctou est riche, oui très riche en histoires.

Le prochain article qui marquera la fin de la série sur ma visite à Tombouctou parlera de la signification des 333 Saints.


J’étais au puits de Bouctou

Du 08 au 10 Aout 2017, j’ai eu à effectuer une visite dans la cité des 333 saints Tombouctou. Etant originaire de Tombouctou, ce voyage m’a permis de me ressourcer, d’apprendre un peu plus sur mon histoire celle des Harmas, de faire des visites historiques et des excursions sur les dunes de sable.

Tombouctou suscite l’intérêt aux quatre coins du monde  c’est une ville qui est réputée pour être mystérieuse car on ne peut jamais tout connaitre sur cette ville même les grands historiens ne connaissent pas toute l’histoire que regorge cette terre, elle est réputée ville savante et de science pour les manuscrits qui datent depuis plusieurs générations. Elle a aussi une renommée de terre sainte car c’est une terre qui a hébergé beaucoup de saints d’où l’appellation la ville des 333 Saints.

Les portes de Tombouctou, CP: Sadya TOURE

L’histoire de Tombouctou commence en 1080 lorsque des Touaregs Imaq Charren qui nomadisaient entre les abords d’Arawane, une localité qui se situe à 250Km de Tombouctou et vers le Fleuve Niger. Ils y cherchaient des pâturages. Au cours de leur voyage, ils les arrivaient de se stationner à Amadia (35 km de Tombouctou)  qui était une terre très fertile remplie d’arbres e=ou les animaux auraient suffisamment à manger mais l’endroit n’était pas adaptée à la vie humaine car il  avait beaucoup d’insectes et de moustiques qui empêchaient les hommes d’y rester longtemps c’est alors qu’ils se sont encore déplacés et leur destination fut Tombouctou. Ils ont creusés un puits et l’ont confié à une vieille femme qui s’appelait Bouctou et lorsque l’on demandait ces hommes où ils allaient ils répondaient « Nous allons à Tim-Bouctou » qui signifie en Tamashek le puits de Bouctou (le nom de la vieille dame).Cette femme a refusé de partir malgré les tentatives de ses petits-enfants elle refusa de les suivre sous prétexte que c’est ici sa place et que sa vie c’est désormais de garder le puits et les affaires de ceux qui partaient à la recherche de pâturage. Grace au refus de cette dame, une grande ville pleine de mystères et d’histoires porta son nom.

Le puits fait maintenant partie des patrimoines culturels de la ville et est jalousement gardé au musée municipal de la ville.

Le Puits de Bouctou, CP! Sadya TOURE

Tombouctou, Quelle place pour la femme après avoir été fondé par une femme…

Le musée municipal de Tombouctou est le lieu où sont conservés les objets anciens de la ville, des objets qui donnent des repères sur l’historique de nos aïeux, sur leur manière de vivre et les différentes ethnies qui se sont succédé.

Dans le musée, une grande partie est réservée aux instruments de musique traditionnels dont le Tamtam appelé ‘’Ndiarka’’ parce qu’à l’époque il n’y avait pas de télévision ni de moyens de distraction et c’était à la femme tombouctienne de faire tout pour garder son mari à la maison et après le diner la femme se mettait à jouer de la musique. « Je dirais bien nos grands-mères connaissaient bien la valeur de l’homme » commenta Alpha Mahamane, guide touristique à Tombouctou.

Toujours dans le musée, sont exposées les différentes parures qu’utilisent la femme Tombouctienne pour se rendre à des cérémonies et les treize condiments qui font la cuisine Tombouctienne. A la base, l’art culinaire de Tombouctou comprend 12 condiments mais le 13ème n’est autre que le sable car le vent souffle tellement au Nord que l’on retrouve le sable dans toutes les sauces.

Tombouctou est une ville dont l’Histoire ne tarit jamais et dont on ne se lasse de découvrir et de faire découvrir. La suite de l’Histoire des 333 Saints et de l’Architecture Tombouctienne qui d’ailleurs donne une grande place à la femme dans un autre article de blog.

 

 


Le Mali ne s’arrête pas à Bamako

Du 23 au 29 Juillet 2017, j’effectue une visite à Sikasso la ville du Kenedougou (ville arrosée, ville humide) pour participer à la 11ème édition d’Oxyjeunes. Au cours du trajet reliant Bamako à Sikasso, j’ai fait un constat aberrant que je ne pouvais pas garder pour moi.

Le voyage est toujours bien pour la personne qui voyage et on dit même que lorsque l’on voyage, il faut avoir deux seaux le premier pour donner et le deuxième pour recevoir Tout ce que l’on peut dire c’est que j’en ai beaucoup reçu surtout en humilité et en grâce. J’ai eu la chance de sillonner quelques pays en Afrique et beaucoup de régions du Mali avec nos activités associatives mais je n’avais jamais prêté aussi attention aux choses les plus évidentes et  les plus simples. La vie dans la capitale nous fait oublier l’essentiel, la chaleur humaine, l’attention, un sourire, une compassion mais pas de la pitié. Nous voilà à moins de 60 Kilomètres de Bamako que nous avons l’impression d’être dans une forêt, on aurait dit qu’on était à 200 kilomètres de Bamako hors de ces fumées nauséabondes que dégagent les multiples véhicules. La nature verdoyante en cette période hivernale s’étendait à perte de vue. Hors de tout bruit, juste la nature et moi rien n’avait d’importance.

Juste la Nature et Moi à quelques kilomètres de Bamako, CP: Souleymane Kouma

Nous nous sommes arrêtés en chemin pour faire des courses et faire des besoins et c’est là que je me suis rendue compte de toutes les faveurs dont on jouit pourtant nous n’apprécions jamais ce que l’on a, nous passons notre temps à nous plaindre. Ce petit village dont je tairais le nom est aux alentours de Bamako pourtant ces habitants  ne jouissent d’aucuns privilège d’être à côté de la capitale. Une ville qui pourtant a toutes les raisons de  se plaindre  de ne pas avoir d’électricité, de ne pas avoir accès à l’eau potable et d’être obligée d’aller puiser de l’eau au puits avec des maisons faites de banco et de devoir craindre une forte pluie qui va tout emporter. Malgré tous ces problèmes, j’ai été profondément  marquée par le bonheur que ces personnes expriment, toujours conviviales, des personnes qui prennent la vie du bon côté comme si nous n’étions pas sur la même terre. A Bamako nous parlons de droits des femmes de droits des Enfants, de leadership est ce que ces personnes pourront comprendre cela ? Est-ce que les besoins essentiels ne sont pas plus importants que les droits ?Pourtant ils semblent heureux sans tout ça.

Village Kodialanida, CP: Overblog

Pendant que j’étais en pleine méditation avec la nature, je fus très blessée de voir un village qui avait été victime d’inondation, le village de Thiola. Toutes les personnes ayant leur maison inondée étaient arrêtées au bord de la route comme si le fait de regarder les voyageurs passer les faisait oublier leur peine d’être sans toit sous une forte pluie. Durant un moment dans le bus il y eut une ambiance glaciale nous pouvons imaginer ce que ces personnes vivent mais nous ne pouvons jamais comprendre. Ces personnes avaient d’autres priorités que de parler de constitution enfin, s’ils savent ce que c’est et qu’est ce qui est dit dedans.

 

Tachons réellement de penser à cela le Mali ne s’arrête pas qu’à Bamako, il faut voyager au fond du Mali pour connaitre les vraies problèmes. En tout cas de ce voyage, mon défis c’est de connaitre mon chez moi, de m’imprégner des vraies préoccupations de la population même si je ne peux rien faire pour eux, je n’ai que mon sourire sincère à les offrir et sentir leurs peines en l’espace d’une seconde avant de retourner à Bamako la ville artificielle. Ne l’oublions jamais Le Mali ne se limite pas à Bamako.

 

 


Mandela Day symbole d’activisme ?

Célébré le 18Juillet, date de naissance de Nelson Mandela qui a vécu entre 1918 et 2013, le Mandela Day reconnu par les Nations Unies en Novembre 2009, demande à tous les acteurs ou citoyens du monde entier de dédier 67 minutes de leur journée pour poser un acte citoyen surtout lutter contre la pauvreté. Cet appel à l’action fait de cette journée voire de ce mois, un symbole d’activisme,de don de soi au profit de la communauté 

Citation Célèbre de Nelson Mandela, CP: Google

Depuis la première dizaine journée du mois de Juillet, une bonne partie des sites web des Organisations Non Gouvernementales est ornée par une bannière Orange, les fils d’actualités de Facebook ou encore de Twitter sont remplis de messages et de photos de cette grande figure monumentale de l’Afrique incitant à l’action avec comme mot d’ordre  «  Passez à l’Action, inspirez le changement. Faites de tous les jours le Mandela Day ». Le 18 juillet est pour le monde associatif sud-africain en particulier et africain en général l’occasion de créer des campagnes sur des valeurs que promouvait l’icône surtout de lutter contre la pauvreté.

Un combat qui continue…

La jeunesse africaine qui s’implique de plus en plus en intégrant les Organisations de la Société Civile ou en créant des plateformes pour faire entendre leur voix s’est vivement manifestée. Difficile de se connecter à un quelconque réseau social sans tomber sur une action posée par des jeunes. Chaque association selon son domaine d’intervention : du don de sang, à la plantation d’arbres ou aux pratiques protégeant l’environnement, du don de vivres et d’habits l’essentiel est d’impacter.

Mandela Day mise en avant de l’engagement individuel et de la solidarité au quotidien !

Il apparait clairement dans presque toutes les citations célèbres de Madiba( le nom du clan tribal de Nelson) que le changement c’est d’abord l’individu et qu’on ne peut rien changer dans ce monde si nous n’incarnons pas nous même ce changement et que ce changement fasse partie des valeurs de chacun. Mandela a consacré toute sa vie à promouvoir la liberté et de ce fait je n’aime pas cette manière d’être solidaires ou de poser des actions uniquement à cette date ceci doit être notre mission de tous les jours et continuer ce qu’il a mis longtemps à construire.

Ton combat ne restera pas vain Madiba.

Rest In peace ( Répose en Paix)

 

 

 

 

 


Sambè Sambè au Mali

Le ramadan touche déjà à sa fin. Pour récompenser les fidèles pour un mois d’abstinence, il s’est achevé par une fête appelée Aïd El-Fitr ou « fête de ramadan ». Cette fête tant attendue a été célébrée dans beaucoup de pays le dimanche 26 juin. Je vous fais vivre la journée d’Aid El-Fitr au Mali.

A trois jours de la fête, les filles remplacent les foulards par de belles coiffures et les mosquées sont progressivement désertées. La veille, le marché rose de Bamako est plein à craquer car les Maliens attendent très souvent la dernière minute pour faire leurs achats : pour la cuisine comme pour les habits, les chaussures ou les accessoires de fête. Les salons de coiffure, c’est encore pire. J’ai dû patienter cinq heures pour me faire une coiffure de moins de deux heures. Les hommes, eux, ont d’autres chats à fouetter. Ils vont chercher des bœufs ou des moutons.

La veille, dès 19h, les messages de bonne fête commencent à tomber comme de la pluie. Le jour de la fête tout le monde se réveille à l’aube. Les femmes, pour faire la cuisine, et les hommes, pour aller à la prière du matin. Avant d’aller à la prière, chaque chef de famille doit faire l’aumône au nom de toutes les personnes qui sont à sa tutelle. Il remplit des bols de mil. Chaque bol est un don à une personne qui est dans le besoin. Quelques minutes avant la prière, voilà les hommes tous bien habillés, tandis que les femmes sont en cuisine entre joie et potins.  Après la prière, tout le monde va saluer les familles voisines dans l’excitation, la convivialité et la bonne humeur. Tout le monde se salue et demande pardon. On présente ses vœux et on rappelle tout son amour à ses proches.

Il est enfin 13 heures et on sent déjà la bonne odeur émaner de la cuisine. Cette odeur envoûtante et enivrante, c’est l’aspect le plus important de la fête. Quant aux enfants, ils se mettent sur leur 31 et, à la différence des personnes âgées, qui ne vont saluer que leurs proches, les enfants font du porte-à-porte pour avoir de l’argent ou des friandises. Une fois les plats prêts, ils sont partagés et tout le monde mange ensemble. Après le déjeuner, certains jouent de la musique, d’autres font le grin. Moi, je vais dormir tranquillement pour récupérer de la fatigue de la journée.

Le reste de la journée est consacré aux salutations en ville. On y voit tous genres de style comme à la Dakar Fashion Week. Un proverbe de chez moi dit : « Si l’on veut épouser une femme, il ne faut pas le faire le jour de la fête » Pour la simple raison qu’elles sont toutes belles et on ne sait plus qui l’est réellement.

La nuit, c’est la fête. Il y a toujours des soirées privées, des dîners de gala, des soirées karaoké, des animations orchestrales. Les restaurants, les boites de nuit sont pleins à craquer et quel que soit ton goût tu trouveras ta pointure.

La fête de ramadan est vraiment un moment symbolique pour les musulmans. C’est aussi l’occasion de s’amuser et de récompenser le temps d’abstinence.


C’est parti pour le Yokoro ou « Bouffonnerie d’enfants »

Le ramadan ayant débuté depuis quelques jours déjà, c’est maintenant le moment de la traditionnelle pratique ‘’Yokoro’’. Cette pratique est courante au Mali, elle commence au 10ème jour du mois de ramadan. Le Yokoro est une tradition unique, elle avait fait l’objet d’une pétition qui demandait qu’elle fasse partie des patrimoines culturels immatériels de l’Unesco.

Sitôt venu le 10ème jour du mois de ramadan, quand la nuit tombe, filles et garçons prennent d’assaut les ruelles de la ville et prennent en otage toutes les maisons. Les garçons sont armés de bâtons ou de baguettes avec de vielles boîtes de conserves en guise d’instrument de percussion. Les filles portent des calebasses remplies d’eau sur la tête et portent des louches traditionnelles. Tous ces enfants volent un sourire à chaque personne qu’ils croisent. Les garçons qui s’adonnent à cette pratique sont nommés » Yokoro » et les filles « Salawale-wale ». Ce mouvement est hérité d’une longue et riche tradition : dans le temps, cette pratique était faite pour faire l’aumône de l’année, surtout durant le mois de ramadan.

Des enfants déguisés en Yokoro, CP: UNICEF

Cette tradition malienne, qui permet aux enfants de faire le Yokoro, consiste à faire du porte à porte en chantant et en battant les instrument de musique cités plus haut, les enfants dansent jusqu’à ce que les familles leur donne de l’argent ou des céréales. Toutes les contrées du pays et tous les quartiers dans toutes les villes vibrent au son de la musique et au rythme de la danse que font ces enfants, et ce durant le reste du mois de ramadan. Ils font rire par leur posture, surtout les garçons qui n’hésitent pas à se mettre de la craie sur tout le visage et à porter de gros boubous, en mettant des habits sous leur ventre pour imiter les vieux au ventre rebondi. Ils font toutes sortes d’acrobaties… l’essentiel c’est qu’on les récompense !

Des filles qui font le Salawale wale, CP: Malick Sidibé

La ville de Tombouctou (dont je suis originaire) tremble aussi au putsch de ces enfants qui viennent frapper aux portes des habitants. A Tombouctou on appelle cela  ‘’Djoroidje’’. Les manières de procéder sont les mêmes que dans le reste du pays, la seule différence c’est que les chansons sont traduites dans la langue autochtone : le Sonrhaï.

L’argent récolté grâce à ces sorties nocturnes est précieusement gardé par une personne qui a été désignée par le groupe, généralement le plus âgé. Après le ramadan, les enfants font la fête grâce à l’argent qu’ils ont récolté. Ils préparent de bons plats et doivent ensuite apporter le reste de la nourriture à la déesse de l’eau, dans le fleuve, afin qu’elle veille sur tous les enfants pour les années à venir. Pour respecter le rite, la personne qui apporte la nourriture au fleuve la verse et continue son chemin sans se retourner.

Je me souviens dans ma tendre enfance avoir moi même fait le « Salawale wale », mais aujourd’hui, au fil des années, cette pratique s’estompe et se perd. De nos jours, les enfants ne font plus correctement le Yokoro… dans la tradition les chansons sont spécifiques, elles s’apprennent, tout comme la manière de frapper les instruments. On dit même que, compte tenu de leur signification, les chansons du Yokoro doivent être chantées uniquement pendant le mois de ramadan, d’autant plus qu’en Afrique, la parole est sacrée !

Malheureusement, les enfants se font de plus en plus rares dans cette pratique, c’est la raison pour laquelle, l’an dernier, de nombreux acteurs de la culture malienne ont engagés une pétition à l’endroit de l’Unesco. L’objectif était d’intégrer le Yokoro dans la liste des patrimoines d’expressions à pérenniser. Quoi qu’il en soit, je pense que les parents doivent jouer leur rôle de passeur, transférer les connaissances pour que les jeunes générations continuent de nous ébahir en nous rappelant nos délicieuses années d’enfance.


A Bamako, le ramadan rime avec paix et solidarité, mais aussi avec « mauvaise humeur »!

Le mois de ramadan est un moment sacré très attendu par les musulmans. Ce rituel, qui a lieu chaque année pendant un mois est l’occasion pour les musulmans de se faire pardonner leurs péchés et de formuler des vœux. Cette année, le ramadan, qui est prévu pour le samedi 27 mai, fait objet de débats à Bamako.

Le ramadan est là…
Le ramadan est toujours attendu avec un grand enthousiasme par les musulmans car c’est un mois béni, un mois de pardon, de tolérance, de partage et surtout c’est le mois où on cherche refuge auprès de Dieu. Mais le ramadan c’est aussi le mois du jeûne. Le jeûne qui est une preuve de don de soi, supporter la faim et la soif n’est pas une épreuve facile pour les fidèles. Surtout lorsque le ramadan coïncide avec une période de forte chaleur. A Bamako, la chaleur entraîne un phénomène particulier chez certaines personnes : la mauvaise humeur  ! Ce à quoi il faut ajouter le jeûne… Dès la veille du ramadan, d’aucuns commencent à s’inventer des maladies comme par exemple l’ulcère (appelé « Fouroudimi » en bambara) pour excuser leur peur du rituel. Pour d’autres, le début du ramadan suscite de l’engouement, ceux-là commencent très bien puis, au bout d’une semaine, tombent soudainement malades, d’une maladie inconnue d’après ce qu’ils disent ! (Rires). D’autres encore, jeûnent devant les gens, mais, quand il commence à faire chaud, n’hésitent à avaler une gorgée d’eau dès qu’ils sont seuls ; et ils continuent malgré tout de faire croire qu’ils sont à jeun.

J’ai faim, j’ai soif
Le comble est à observer dans la circulation à l’heure où les gens se rendent au bureau : c’est bonjour embouteillage avec toute sorte d’altercations entre les usagers de la circulation, et retard au bureau systématique. Tout cela du à l’effet de la faim et de la soif… Parfois, un simple compliment à l’endroit d’une personne peut prendre une mauvaise tournure.  A 13h on regarde sa montre et on se dit que la journée passe vite car il est déjà l’heure de prier. A 15h30, les bouches commencent à sécher sérieusement, on commence à être déshydraté, c’est en général à ce moment-là que l’on se dit que l’heure n’avance pas du tout… Sur le trajet de retour du bureau, chacun se précipite pour rentrer chez soi en achetant tout ce qu’il voit de délicieux sur le chemin, en se disant : « après la rupture je vais te manger ! » Une fois à la maison, on essaie de dormir avant la rupture du jeûne, mais impossible : la faim et la soif sont là pour nous tenir compagnie. A 18h30, on s’assoit à côté de mets préparés pour l’occasion et on regarde l’heure toutes les secondes en espérant que le moment de la rupture arrive. Enfin, à l’appel du muezzin, plus question d’attendre, on prend d’assaut tout ce qu’il y a à manger jusqu’à avoir de la peine à faire la prière du crépuscule.

Voici un aperçu des tracasseries du ramadan ! Mais en dehors de ces petits détails, qui font aussi la magie du ramadan, c’est un mois important, où les fidèles musulmans réitèrent leur foi envers Dieu. Le mois de ramadan est un moment de paix et de solidarité, qui se termine avec une fête, pour clôturer en beauté.