Il y a quoi dans les livres?
« La curiosité mène à tout :parfois à écouter aux portes,parfois à découvrir l’Amérique. » …
Aux frontières de la soif est un livre entrainant et envoûtant. Pour ce livre , Kettly Mars, invitée d’honneur de la 20e édition de Livres en folie, a reçu en 2011 la bourse de la société du rhum Barbancourt à la création artistique. Le livre sera disponible à la 22ème édition de la foire du livre d’Haïti. On est en janvier 2011. Une année à peine après le séisme. Fito…
En avril 2015, je participais à une rencontre avec Eric Delphin Kwégoué, proposée par l’association 63 Regards de Tours; et découvrais à cette occasion une écriture théâtrale singulière, et une culture de moi méconnue, par les échanges publics avec l’auteur, et par les mises en voix de ses textes proposées par des étudiants de l’Université François Rabelais de Tours …
Il est des pays que l’on rêve de visiter. A défaut d’avoir pu me rendre encore en Haïti, je visite l’île par sa littérature et sa musique; et avec deux amis estimés, je vous propose de vous arrêter sur trois auteurs : Yanick Lahens, Jacques Stephen Alexis, Frankétienne…
Romain Gary, Cavanna, Lydie Salvayre. Qu’ont-ils en commun ? Voyons, voyons… Trois auteurs français reconnus… Ah, ils sont fils et fille d’immigrés, et le moins que l’on puisse dire, c’est que les débuts de l’histoire française de leurs familles n’ont pas été des plus simples… Pour chacun de ces auteurs, je vous propose une escale dans une de leurs œuvres, un roman autobiographique, où il est justement question de leur…
Livres en folie, c’est la grande messe du livre organisée chaque année à l’occasion de la fête Dieu par le journal Le Nouvelliste et la Unibank. Elle a vingt-deux ans cette année. C’est beaucoup de chemins parcourus, d’expériences partagées, de passion, d’amour et de folie pour la cause du livre. Cette cause si juste, me direz-vous ! Depuis 1995, la foire n’a pas pris une ride. Voici onze bonnes raisons…
En ce mois de mai français gris et pluvieux, où certains passent la Nuit Debout pour appeler le gouvernement à plus de justice sociale, sur fond de démantèlement du Code du Travail, voici un roman syntone, et qui n'oublie pas d'être drôle.
La musique résonne dans ses oreilles. Il est resté debout, même s’il est fatigué de sa nuit, fatigué de sa nuit passée à rendre la monnaie à des gens qui n’auraient pas dû être au volant de toutes ces voitures qui ont besoin d’essence. Il déteste les dimanches matin. Il sait que sur tous ces gens à qui il rend la monnaie, tous ces gens qui achètent cafés, thés, bonbons pour se réveiller, un, au moins, n’atteindra jamais sa destination. Certains s’y prennent parfois à trois fois pour lui tendre assez d’argent, encore dans les brumes de la soirée de la veille. Qui n’en finit plus. Qui n’en finira pas. Il est midi, l’heure de rentrer faire la sieste. Il a mis son casque sur les oreilles, celui que lui a offert sa nièce à Noël. Un casque de marque Bose. Le meilleur paraît-il. Il n’en sait rien, mais ce qu’il sait, c’est que le son est diablement bon. Une fois qu’il pose ce casque sur ses oreilles, il sent la nuit s’en aller, il ne pense plus à tous ces gens bourrés au volant de leur voiture pleine d’essence à brûler, il ne pense pas non plus à la douceur du canapé qui l’attend, il vit la musique. Sa musique.
Il y a énormément de choses que je ne fais pas parce que je n’ai pas le temps. Toujours débordée, toujours pressée… Dans mon monde, on ne s’arrête pas tellement. Alors je passe souvent à côté d’expériences formidables… Ce bouquiniste, par exemple, devant lequel je passe plusieurs fois par mois en me disant ‘‘j’irai quand j’aurai le temps ». La pire excuse du monde, tu ne trouves pas ? Parce que…
Elle avait été repérée dans le métro un matin. Elle faisait partie de ces filles qui n’ont besoin de rien lui avait-on dit. Ce on était une elle. Melody. Elle s’était dit dès le début que ce n’était sûrement pas son vrai prénom. Cette femme devait s’appeler Brigitte. Ou Véronique. Elle ressemblait à une amie de sa mère qui s’appelait Véronique. Une femme aux cheveux éternellement blonds, aux yeux tirés, au fond de teint…
Très cher Benjamin, j’ai beaucoup hésité et réfléchi par sept fois avant de t’écrire. À vrai dire, je ne savais pas trop quoi dire, comment ou par quoi commencer. C’est pourquoi, au moment où j’écris ces mots, j’avoue être très nerveuse. Ce n’est pas très grave. Je me ferai fort d’accomplir ce devoir de mémoire. Benjamin – pardon « benji », je préfère ce nom – sache que j’ai changé. Benji, j’ai…
Il avait trop bu. Il avait vraiment trop bu. Ses muscles s’engourdissaient peu à peu. Lui qui dansait il y a dix minutes, s’était assis il y a cinq minutes et s’enfonçait maintenant dans le canapé. Il continuait à taper des mains sur ses cuisses mais même cela était devenu difficile. Un concert de jazz manouche, voilà où il s’était rendu ce soir en sortant du boulot. Avec des copains, ses copains de toujours, ses copains de Berlin, ceux qu’il avait connu en arrivant huit ans plus tôt. Huit ans ? Douze en fait. Douze ans… Ses copains de bière, ses copains de club, ses copains de drogue, ses copains qui avaient eu des enfants, qui s’étaient mariés, qui avaient divorcé, buvaient trop eux aussi. Ses copains qui dansaient maintenant. Il avait trop bu. Enfin pas tant que ça, des bières à l’apéro oui, un « kurz » en arrivant. Des bières, combien, trois, cinq ? Et puis il avait terminé les cocktails des copines de ses copains. Si, il avait bu. Trop bu.
Elle poussa la première porte. Elle avait du chercher ses clés longtemps avant de faire ce geste. Parce qu’elles n’étaient pas dans la poche avant gauche de son sac. Non elle n’y était pas. Pourtant elles y étaient toujours. Pourtant elle dormait soi-disant toujours chez elle. Alors les toujours il était temps de les oublier. Elle avait cherché dans la poche arrière droite, puis dans la poche arrière. Enfin elle…
Il y a quelques années, je revenais du marché. Maman m’a envoyé chercher de la tomate. Elle avait oublié d’en acheter. En fait, elle oubliait souvent un petit quelque chose. Je ne sais pas comment ni pourquoi mais c’était comme cela. C’était soit le charbon, soit l’huile, soit l’oignon. Bref, ce sont les histoires de femmes. Et le marché en question se trouvait à l’autre bout de la ville. Imaginez…
Si c’était un film, je me rendrais chez toi vers minuit, je prendrais un livre, je m’assiérais sur le pas de ta porte, m’endormirais vers deux heures. A ton retour, vers trois heures, tu me caresserais la joue pour me réveiller, me demanderais ce que je fais là d’une voix douce, je clignerais des yeux, ensoleillée, mon cœur se ferait tambour. Tu m’aiderais à me relever, je m’adosserais au mur,…