Alpha Oumar Baldé

Mon blogue, mon confident

L’arme du blogueur, par Alpha Oumar Baldé CC doudoufine.mondoblog.org

Il y a sans doute actuellement en Guinée des dizaines de blogueurs comme moi, hébergés sur différentes plate-formes, surtout des blogueurs qui parlent de politique, des guides touristiques, loin de toute idée littéraire. Mais aussi des journalistes. On écrit  pour informer. Pour promouvoir son produit ou ses services. Pour guider les touristes, etc. On tient son journal personnel que l’on partage avec le monde : son enfance, ses vacances, ses malheurs ou bien ses amours… On écrit parfois pour critiquer, dénoncer une situation, un système, une décision. On écrit parfois pour écrire, se faire plaisir à soi-même, essayer ses idées, relever ses défis personnels, ses propres challenges ; jouer avec ses propres mots et ses propres émotions. Parfois on sort la sonnette d’alarme parce que l’on constate un manquement à la justice, à l’environnement comme la pollution, le changement climatique ou tout simplement pour sensibiliser ses concitoyens afin qu’ils prennent beaucoup plus de responsabilités dans leurs actes. Parfois on écrit de petits bouts de poèmes… tout simplement.

Petit à petit on se construit une identité et l’on gagne un certain poids dans la blogosphère, nationale et internationale. On est lu et apprécié, parfois pas… et c’est ce qui fait toute la beauté de cette passion qu’est le blogging. Quand on reçoit un commentaire, qu’il soit positif ou bien négatif, cela nous prouve que ce que nous écrivons suscite de l’intérêt aux yeux des internautes.

Bloguer c’est aussi créer son propre nid, un cocon de petits bouts d’idées que l’on assemble et que l’on partage, et cela aide. On décharge son trop plein de stress et de frustrations de la vie quotidienne et par cela on vit mieux, en tout cas sereinement. On partage ses moments de joie et de tristesse. On rit, on s’amuse à travers des histoires drôles et intéressantes que l’on partage à ses lecteurs.

Et quand on en a parfois marre, on se dit stop et l’on cesse sans presque s’en rendre compte de publier des articles. On supprime un billet de son blogue ou bien on le ferme carrément. On disparaît pour un moment, qui peut être long ou pas, et l’on se donne des vacances. Parfois parce qu’on est vraiment en manque d’inspiration, en manque d’idées. Le puit s’est asséché car la muse de l’écriture est parti et nous a abandonné…

Plus souvent, quand on ne ferme pas son blogue, on revient en force. On est revigoré, on se sent requinqué et l’on reprend goût à l’écriture. La muse de l’écriture nous fréquente à nouveau et nous chante ses plus belles chansons pendant que nous tapotons gaiement sur le clavier de notre vieil ordinateur.

Parfois, l’avenir nous révèle de belles surprises à travers notre blogue. Comme une gratification venue de nulle part, du bon Dieu sans doute, qui nous récompense et nous encourage dans notre activité : des stages de formation et des prix nous sont offerts. Une valeur ajouté à notre CV qui est très précieuse car elle nous permet de nous démarquer du lot et à se distinguer de nos concurrents dans la recherche de l’emploi. On gagne ainsi facilement un travail grâce à son blogue qui nous a permis de nous construire un CV remarquable qui attire l’attention de tous les employeurs. Nous obtenons un emploi, nous devenons ainsi indépendant financièrement grâce à notre blogue. C’est ainsi que l’aventure continue, notre aventure, sur de bonnes perspectives…

Cinq ans, dix ans ou plus, c’est avec émerveillement que nous découvrirons que nous avons à notre actif des centaines d’articles qui traitent chacun d’une belle époque de notre vie. Oui c’est ça un blogue : une toile sur laquelle nous déposons, couche après couche, les plus belles couleurs qui illuminent notre quotidien et qui parfois nous ont réveillés tard la nuit. Et c’est cela sans doute, le vrai journal intime. Intime par son contenu et surtout par les souvenirs de nous, de notre société et de notre époque qu’il a su conserver grâce à nous pendant que nous nous confions à lui : notre ami, notre confident.

 


Sur le pont de Madina (deuxième partie)

Marché de Madina, Alpha Oumar Baldé CC doudoufine.mondoblog.org

Après un laps temps de repos qui lui a permis de reprendre son souffle, Amadou fut interpellé par un vendeur un peu spécial :

– Patron, patron, bonsoir !

– Bonsoir.

– Patron, regardez, j’ai ici avec moi une belle veste qui vous irait à merveille, pourquoi ne pas l’essayer ?

Et sans même donner le temps à Amadou de lui répondre, le vendeur sorti une belle veste de son sac qu’il brandissait fièrement devant les yeux de Amadou qui s’émerveillèrent.

Effectivement, c’était bel et bien une magnifique veste à la couture très soignée. Un blaser cousu à la main au tissu doux sur lequel Amadou posa sa main pour sentir la texture. Puis il demanda :

– ça coûte combien ?

– Ah patron, 200.000 francs seulement ! Et c’est avec son pantalon. Le vendeur tira de son sac le pantalon en question et le tendit à Amadou.

– Ah d’accord. Et le dernier prix alors ?

– Patron, pour vous, je vous laisse à 180.000 francs dernier ; sans discuter ! C’est le meilleur prix sur le marché. Dans les centres commerciaux, cette veste se vend à 500.000 francs, dernier. Mais moi je vous la vends ainsi à petit prix : 180.000, cadeau !

– OK ; il fait nuit, je ne vais pas trop discuter avec toi car je n’avais pas prévu d’acheter quoi que ce soit aujourd’hui et ma voiture est tombée en panne… Donc si tu es d’accord pour me laisser à 150.000 je peux la payer ce soir sinon, on se dit au-revoir, OK ?!

– D’accord patron, pas de soucis, envoyé l’argent.

Marché conclus, Amadou acheta la veste au prix extraordinaire de 150.000 francs guinéens, une veste de luxe qui, normalement, ne coûterait pas moins de 500.000 francs guinéens. Et Amadou était content, on pouvait lire à nouveau la joie sur son visage ! Cette nouvelle acquisition vient d’effacer son petit souci de voiture. « Tiens, je sortirai avec cette veste le 31 décembre ! » se dit-il intérieurement !

Le vendeur a fini d’emballer la veste dans un sachet en plastique noir. Il prit soin de bien l’attacher, de telle sorte que personne ne puisse l’ouvrir et d’y jeter un coup d’œil. A moins que l’on ne le déchire.

– Tenez, merci patron !

Amadou prit son sachet ou je devrais dire son ballon, tellement ce sachet était bien serré et bien rond à tel point que seuls des ongles biens dures pouvaient en venir à bout et l’ouvrir ! Il le prit et s’en alla vers le carrefour où les taxis l’attendaient, impatients.

Amadou n’a eu aucun mal à obtenir une voiture ce soir ; il prit place dans un taxi de Conakry et fila droit vers son domicile…


Une lettre à mon cadre

Cher patron,

Aujourd’hui, je ne ferai aucun détour : j’irai droit au but. Comme on le dit souvent dans la cité : « l’argent ne fait pas le bonheur ! » mais en tout cas pour vous, l’argent a fait votre bonheur !

De l’argent, vous en avez beaucoup ! Tellement beaucoup que vous êtes obligé d’en confier à votre banque qui vous dit ceci :

– « oh, là ! Monsieur, quelle belle somme vous nous confiez là ; puis-je vous demander d’où provient tout ça ?! »

– « Rien à f**tre, tenez ; prenez un peu et f**tez-moi la paix ! »

– « D’accord Monsieur, sachez qu’ici – dans cette banque – le client (qui a beaucoup d’argent) est toujours le roi et doit, en conséquent, être traité comme tel ! »

– « (…) »

Eh oui, c’est vous le roi ! Un compte bancaire avec plus de six chiffres et en devises étrangères, c’est tout à fait votre image, ça ! Vous avez des comptes dans toutes les grandes banques du pays et même ailleurs – vous savez, le genre de comptes que l’on appelle « offshore » ! Ces comptes « offshore », véritables trous noirs, dans lesquels sont engloutis tout l’argent de l’état que vous faites sortir en douce…

Des chiffres, vous en avez la-bas ; les devises, vous en connaissez ! Et vous savez comment les obtenir. Vous avez plein de petites combines et pleins de couloirs obscurs par lesquels vous passez pour faire sortir en douce l’argent de l’État, votre magot, votre « précieux » que vous obtenez – oh – très facilement !

Comment ?

Pour l’obtenir, pfff, rien de plus simple pour vous, n’est-ce pas ?! Une petite signature et hop-là, le tour est joué !

Pas un jour ne passe sans que vous ne fassiez votre farce et que vous ne sortiez votre belle tronche de paresseux au gros ventre que la paresse elle-même a répudié – euh – pour faire quoi au juste ? Et bien ce que vous savez faire le mieux dans ce bas monde c’est-à-dire : le vol, et le détournement de fonds publiques !

Vous vous adonnez à fond dans « votre » métier ; la preuve : votre brave corps en porte les stigmates… C’est quoi ce ventre là ; hein, mon patron !?

Ne seraient-ce pas tout ces millions qui ressortent par là, qui enflent au point que les gens vous confondent à des – je vous laisse deviner quoi – qui coassent. Attention à vous, voyez-en avec votre médecin car un gros ventre c’est pas bon ça ! Il faut que vous recrachiez un peu, sinon la (di)gestion administrative en pâtira et tout l’organisme de l’état se paralysera ! On appelle ça de l’AVC (Argent Volé ou Corrompu), ça paralyse tout l’organisme étatique et pas que – si seulement vous vous en soucier un peu ( de la santé) de vos concitoyens, peut-être vous comprendriez ! Non ? Laissez-moi vous expliquez :

Tout ces millions là étaient destinés à plusieurs ventres mais vous vous en êtes accaparés et – seuls – vous les avez engloutis ; résultat : votre ventre est devenu plus gros que les camions citernes qui circulaient dans nos quartiers défavorisés pour distribuer de l’eau potable, vous vous en souvenez ?

Une citerne à eau potable

Vos cheveux sont devenus gris comme les hôpitaux que vous pillez et que vous avez poussez à l’agonie. Et maintenant, ne vous étonnez pas de boiter car les nids-de-poules ça créer des accident de voie publique, vous êtes tombé dans votre propre trou ! Et maintenant, ne vous étonnez pas de voir que vous êtes coincés entre deux montagnes de déchets, des immondices que vous n’arrivez pas à gérer et à collecter convenablement. Mais ce n’est pas grave vous préférer faire la promotion de l’analphabétisme en disant à vos chers enfants, qui sont en fait ceux de vos concitoyens, de rester à la maison : congés forcés pour le petit écolier guinéen pendant que tous vos enfants sont parti poursuivre leurs études à l’extérieur. Cela fait des semaines que nos élèves ne vont pas à l’école. Voyez-vous où on en est ? La situation de l’organisme étatique est devenue critique : il y a grève (de la faim) partout !

Les élèves ont faim, ils manquent de savoir et de nourriture ! Les enseignants ont faim, ils manquent de salaires, de salaires et encore de salaires – alors que vous vous accaparez de tout notre argent et que vous le gardez pour vous seulement ! C’est ça la vérité. Bien-sûr que si ! Mais quand on vous le dit, quand on vous le reproche : vous devenez plus rocailleux que nos routes, nos pauvres vieilles routes délabrées !

Excusez-moi, mais il faut que l’on vous le dise : nos routes sont mauvaises

Elles sont vieilles et n’ont pas été rénovées correctement. Pour celles qui ont pu être retouchées, vous constaterez qu’elles ont vites été délabrées parce que leur rénovation a été bâclée. Comment expliquez-vous qu’une route construite il y a plus de vingt-ans soit en meilleur état que celle que vous construisez de nos jours ? À peine deux ans de vie, elle sont parsemées de nids-de-poules et les panneaux photovoltaïques ne marchent plus : tout simplement le travail a été bâclé !

Comme le dit une autre assertion très populaire dans ma cité :

« Petit-argent donne petit-travail »

Vous avez donnez un « petit-argent » pour confectionner de nouvelles routes qui ne tiennent même pas plus de deux ans alors que les anciennes, elles, ont tenu plus de 20 ans minimum ! Et je vous parle même pas de la situation dans le pays profond que vous avez abandonné et où voyager est devenu synonyme d’aventure tellement les pistes rurales sont devenues impraticables et avec un risque de se faire dépouillé par des coupeurs de routes !

Vous le comprendrez mieux si vous descendez de vos voitures ‘’VA’’ climatisées tout terrains et que vous pataugiez dans la boue ou la poussière comme tous les citoyens lambda. En ce moment, et seulement en ce moment là que vous comprendrez le calvaire des guinéens – vos compatriotes !


Sur le pont de Madina (première partie)

Circulation fluide sur le pont de Madina après le « déménagement » des vendeurs qui occupaient le trottoir…

Ce soir-là Amadou rentrait du boulot avec le sourire. C’était au début du mois de décembre et il a reçu son salaire, un virement bancaire qu’il pourra accéder n’importe quand et n’importe où dans les agences de sa banque. Mais cela ne représente pas la raison principale de sa joie. Ce matin-là, en plus de son salaire, Amadou avait reçu sa prime de fin d’année : celle qui correspond au fameux 13ème mois dont en raffolent les fonctionnaires de grandes sociétés privées. Cette prime, il l’utilisera pour payer les loisirs et les sorties de fête de ce mois et peut-être pour les vacances en famille … bref sans toucher à son vrai salaire qui lui est réservé pour payer le loyer, les impôts et les autres frais du quotidien…

Amadou rentrait tranquillement du boulot dans sa voiture quand soudain il entendit un bruit bizarre en provenance du moteur de son véhicule qui venait de lâcher . Il se gara du mieux qu’il pu puis jeta un coup d’œil dans son capot.

Après maintes tentatives pour rallumer la voiture, il décida d’appeler son mécanicien. Celui-ci le joindra au bout d’une demi-heure et finalement il optera pour lui laisser seul avec sa voiture et à rentrer chez lui car il commençait à faire nuit et Amadou loge loin.

Il dû marcher une centaine de mètres pour rejoindre le pont du grand marché de Madina. Pont par lequel il devrait passer pour rejoindre les taxis en destination directe de son lieu de résidence qui se situe dans la haute banlieue de Conakry. Il arrivait en sueur sur le pont de Madina après avoir gravi les nombreuses marches de celui-ci puis il fit une pause. C’est décidé, Amadou va reprendre sa gym très certainement car il s’est rendu compte de sa faiblesse dans les jambes et de la proéminence de son ventre. Toutes  ces heures qu’il passait assis dans son bureau climatisé lui ont fait prendre du poids et pousser le ventre. Ah, ce ventre, Amadou le détestait depuis son très jeune âge . Il se rappelait quand il était encore ce jeune étudiant svelte qui aimait se moquer des cadres. En classe, il profitait des heures creuses pour improviser de petites scènes de comédies dans lesquelles il imitait un grand fonctionnaire avec un gros ventre. Il enroulait une veste de l’un de ses camarades puis l’enfonçait sous sa chemise simulant ainsi un gros ventre. En même temps, il imitait la démarche et surtout les discours de ces fonctionnaires avec le ton qui va avec le charisme dont ils s’efforçaient de montrer. Ah Amadou, si seulement tu pouvais imaginer ce jour que voici : tu es devenu comme eux – ces fonctionnaires – toi aussi, avec ton gros ventre, essoufflé après une petite marche et quelques marches d’escaliers !…

Après ce laps temps de repos, Amadou peut enfin continuer son chemin, il est moins essoufflé… Mais à peine qu’il fit son premier pas, il fut interpellé par un vendeur un peu spécial :

– Patron, patron, bonsoir !

(…)


La police verte de Conakry

La police verte de Conakry
Et qui te dira ce qu’est la police verte de Conakry ?
  • La police verte de Conakry est chargée de l’assainissement de la ville . Notamment :
  1. En luttant contre le jet d’ordures dans les caniveaux et les abords des routes de la capitale .
  2. En interpellant toute personne surprise en train de jeter des ordures sur la voirie publique en dehors des poubelles installées aux abords des carrefours .
  3. Avec l’aide de la garde communale, lutter contre les occupations anarchiques des abords des routes par les vendeurs .
  4. Le ramassage d’ordures.
Circulation fluide sur le pont de Madina après le « déménagement » des vendeurs qui occupaient le trottoir…


Première rencontre

La première fois qu’Alpha vit Aïcha, il la trouva franchement petite. Elle lui déplut, enfin. Il n’aimait pas comment elle parlait. Un flot de paroles qu’il n’arrivait pas du tout à suivre. Lui qui était de nature calme, plutôt timide… mais en ce qui concerne les femmes, Alpha en avait de l’expérience, et du goût ! Il admirait cette petite femme ; elle avait la vingtaine, mais on aurait cru voir une poupée. Elle était mignonne, bien-sure ! Ses cheveux étaient lisses ce jour-là, bien tenus. Les cheveux lisses, ça demande des soins constants et Alpha aime ça : «  Voici une fille qui prend soin d’elle », se dit-il intérieurement. Il admirait maintenant la silhouette de cette charmante jeune fille…
Alpha ne saurait pas si elle était svelte ou ronde car elle portait un boubou, ce soir-là. Il la regardait, ses yeux scrutaient le moindre centimètre carré que pouvait laisser entrevoir ce magnifique tissu  traditionnel du Fouta que portait la jeune fille. Il lui en demeurait une impression vague, générale, de honte et d’attirance. Il se demandait même pourquoi. Il avait complètement baissé sa garde oubliant de voiler le regard séducteur qu’il lançait inconsciemment en direction de Aïcha !

La jeune fille lui sourit, ses joues se creusèrent puis elle se tut subitement, et personne n’osa rompre le silence. Alpha détourna son regard, visiblement gêné car la jeune fille à tout lu sur son visage ! Elle n’avait pas besoin d’un interprète pour sentir avec quelle intensité les yeux du jeune homme brillaient de milles feux quand il la regardait.

Une brise de vent frais de l’harmattan souffla sur la joue de Aïcha qui frissonna ; Alpha en obtient le prétexte idéal pour rompre le silence qu’il ne supportait plus :

– « Tu as froids ? »

La jeune fille lui répondit par un hochement de la tête puis sourit de nouveau. Ses joues se creusèrent…

– «  ça alors, une Foutaniènne qui n’ose pas la fraîcheur ?!» Cette phrase réussi à détendre l’atmosphère et  rompit définitivement le silence. Aïcha rit de nouveau et ses dents blanches émerveillaient Alpha qui pouvait continuer à rêver, beaucoup plus détendu maintenant…

La conversation est relancé, moins rapide. Cette fois-ci, Aïcha – bien détendue elle aussi – prenait le temps de bien articuler ses mots qui sonnent telle une mélodie harmonieuse dans les oreilles de Alpha. Progressivement, une complicité commençait à s’installer entre les deux jeunes gens.

Ce soir-là, ils se racontèrent à tour de rôle leurs vies. Ils s’échangèrent des regards doux, timides et très charmants puis vint le moment où il fallait se dire au-revoir. Alpha raccompagnait Aïcha qui habitait à deux pas du petit restaurant où Alpha l’avait invité. Elle lui tenait la main, car la jeune fille s’est rendue compte de la timidité de Alpha qui ne lui déplaisait pas du tout – bien au contraire, elle aimait cela. Elle lui dira plutard par texto : « t’es tt simplmt waouh ! ».


Étudier la Médecine en Guinée, un parcours de combattant

Faculté de Médecine.
Chacun  d’entre nous qui arrive ici est rempli d’espoir et est près à se jeter dans le vide par amour pour ce métier oh bien que noble qu’est celui de sauver des vies. Pour cela nous sommes prêts à sacrifier une bonne et belle partie de notre vie – notre jeunesse – pour y arriver. Être Médecin, sauver des vies demande beaucoup de sacrifices. Il faut étudier, se consacrer entièrement à ses études. Les années que nous passerons dans les différents hôpitaux seront les meilleures mais aussi les plus pires de nos vies ! Nous serons mis à rude épreuves, certains d’entre nous s’en sortirons et mèneront un belle carrière et d’autres échoueront et finiront par opter pour d’autres métiers moins exigeants car ici en faculté de Médecine seuls les plus courageux d’entre nous et les plus chanceux pourrons réussir. Pour être Médecin le chemin à parcourir est long et croyez-moi il n’y a que les plus courageux d’entre nous qui y parviennent : l’intelligence n’est qu’un coup de pouce !
Nous avons repris les stages cliniques depuis plus d’un mois ; l’épidémie du virus Ebola qui avait suspendu le stage précédent n’est plus qu’un mauvais souvenir qui nous a laisser un goût amère ! Les stages pratiques, nous les réalisons dans les différents Centres Hospitalo-universitaires de Conakry.

Aux yeux des Médecins qui nous encadrent, nous ne sommes ni plus ni moins que des stagiaires autant dire rien, personne ! Ils nous ordonnent de faire la ronde dans les salles des patients afin de vérifier leurs paramètres vitaux et remplissage des fiches de surveillance : le monitoring en quelque sorte, vu que les hôpitaux manquent cruellement (pour ne pas dire n’ont pas) d’équipement de surveillance des fonctions vitales des patients et pas que… donc le stagiaire est la machine qui est chargée de surveiller tout ! Cela représente une lourde responsabilité.

Nous recueillons les différentes plaintes des patients et nous sommes là quand les seniors réalisent les soins aux malades, nous écrivons les prescriptions et nous travaillons jusqu’à l’épuisement et surtout sans nous plaindre ! Mais cela ne nous dit rien, on encaisse et on se tait. Nous savons que tous les gestes qu’ils nous ordonnent de faire nous permettent de nous rapprocher des patients afin d’acquérir de l’expérience ce qui est le but ultime de notre formation !

Travailler de nuit, avoir des horaires complètement décalés avec des nuits blanches nous rend complètement en décalage par rapport au monde : on n’est pas dans le monde hein !

Non mais… Baver par certains moments et puis craquer et enfin prendre du recul sur la situation, s’auto-évaluer pour corriger ses défauts et enfin arriver à suivre le rythme, voilà le chemin tracé et voilà le dogme que nous sommes obligés de suivre ! Les anciens sont déjà passé par là, ils ont réussi ; pourquoi pas nous !? De nos jours, ils représentent l’élite, demain se sera à nous de les remplacer. Demain ce sera nous l’élite, nous devons travailler dur  pour mériter cette responsabilité future !
Le travail est un outil pour être heureux dans cette vie, le travail nous rend libre. Quand on commence à se sentir bien dans son travail c’est une excellente chose car cela nous rend beaucoup plus  performant et beaucoup plus productif.

En tant que nouveau, en tant que « bleu » nous savons comment reconnaître les signes de la satisfaction de nos maîtres quant à la qualité de notre travail que nous abattons tous les jours. Parmi ces signes il y a bel et bien : le respect ; la confiance ; le droit d’être appelé par son nom et enfin plus de bienveillance à notre égard c’est-à-dire l’assouplissement des tâches à accomplir et l’adoucissement des éventuelles sanctions ! Mais gare à toi le petit, le « nouveau » : ces signes sont souvent trompeurs car ils ne sont jamais définitifs. Tu dois te battre, persévérer pour pouvoir garder tout ces petits privilèges que les grands nous accordent. Les grands, les seniors ont des humeurs très changeantes qui fluctuent en longueur de journée !

A l’heure du bilan, si certains d’entre nous sont certains d’avoir réaliser un grand pas en avant, d’autres mesurent encore le chemin qui leurs restent à parcourir pour faire partir des médecins de demain. Quant à moi je garde patience, je baisse la tête et j’endure car l’avenir nous réserve plein de surprises comme nous le dit ce célèbre adage : « petit à petit l’oiseau fait son nid », ne brûlons pas les étapes – l’humilité précède la gloire : restons humbles !


Doudou, réactualise ton billet  » l’erreur est humaine »

Je vous aime mes amis, surtout les plus sincères d’entre vous. Vous êtes là quand je crois que je n’ai besoin de personne et vous veillez sur moi malgré tout car vous voulez mon bonheur. Pour cela, vous n’hésitez pas une seule seconde à me conseiller et à me rappeler à l’ordre surtout quand vous remarquez que je commence à m’égarer sur le droit chemin.

– « Je te comprend car je te connais. Mais pas eux. Le problème c’est l’interprétation qu’ils vont donner à ton billet. » Annadjib

Le 04 décembre, dimanche, j’ai publié un billet et je sais que beaucoup d’entre vous l’ont lu. Certains ont aimé, ont compati, s’y sont retrouvé, ont rit ou encore se sont moqué … et d’autres comme notre président fondateur du Gondwana Mondoblog ont rougis et se sont ‘’très-très’’ fâchés contre moi ! Désolé…

Dans mon article précédent ‘’Mondoblog à marché sur mes doigts’’, très pertinent – avouons-le, est une chaude critique à propos de la sélection des mondoblogeurs pour la formation qui s’est déroulée à Madagascar. Si dans l’ensemble nous sommes d’accord sur le fait que vous avez manger du riz là-bas, à Madagascar et que vous avez fait la fête. Vous, mes chers amis et mon président fondateur, vous avez attirer mon attention sur un facteur primordial qu’est le respect et la convivialité. Vous avez parfaitement raison ! Sur ce point là je reconnais avoir agit sous l’effet de la colère … Je ne le dirais jamais assez : l’erreur est humaine, et vous me l’avez rappeler :

Simon :« Bonjour Alpha Oumar Baldé ,

Chaque année c’est la même, il y a des gens sélectionnés (une minorité) et des gens non-sélectionnés (une majorité)…Désolé que vous fassiez partie de la deuxième catégorie.

Sachez que, en tant que co-fondateur de ce projet, je prends ce genre d’article très au sérieux.
Comme vous le dites si bien « l’erreur est humaine »
https://doudoufine.mondoblog.org/2016/09/04/attention-lerreur-humaine/
Vous citez également Gilbert Louvain (si il a raison, j’eu aussi aimé savoir qui il est)
« Avant de critiquer il faut savoir se mettre à la place de celui ou de ceux que l’on critique. »

Alors oui, l’erreur est humaine, et d’ailleurs se sont des êtres humains qui sélectionnent chaque année les blogueurs « les plus méritants » parmi 100 voire 150 blogueurs. C’est souvent un arrache-cœur de savoir qu’on a pas réussi faire rentrer tel ou tel blogueur dans la sélection. C’est aussi une joie d’avoir rattrapé tel candidat grâce à un procédé ouvert (avec les anciens sélectionnés) de sélection. Parce que oui, aussi, en tant qu’être humain, nous lisons chacun de vos billets, on vous imagine à distance, on essaye de vous aider avec bienveillance, et on s’attache…Ce serait tellement plus pratique d’inviter les 50 blogueurs générant le plus de trafic, le plus de likes…Ce serait tellement plus facile de faire une newsletter automatisée. Nous ne fonctionnons pas comme ça, l’être humain et le respect de l’autre sont au coeur du projet et je peux le démontrer très facilement.

Sachez que chaque année, nous rattrapons ce type d’erreurs, en invitant des blogueurs de saisons précédentes qui ont soit échappé à nos radars, soit qui n’ont pas (à cause de leurs études, de leur travail) pu montré de quoi ils étaient capables.

Enfin, et là c’est moi qui suis faché, nous n’avons jamais été « avare et insatisfait »…Si vous avez compris cela de Mondoblog, alors on s’est mal compris.

Si dans toutes critiques peut se cacher un fond de vérité…Les critiques, pour être constructives, doivent néanmoins être bienveillantes et pas gratuites…Votre article, sous le coup de l’énervement, comporte en effet plusieurs erreurs, approximations, voire mensonges de votre part.

Je suis ouvert à en débattre avec vous .»

« avant de critiquer il faut savoir se mettre à la place de celui ou de ceux que l’on critique. » Gilbert Louvain

Voilà un beau proverbe sur lequel j’ai longuement médité avant d’écrire ce billet. Je sais maintenant que vous n’êtes pas avare et éternellement insatisfait, la preuve Ousmane à bien été nourri, là-bas, à Madagascar ( intellectuellement et aussi par du riz!)…

Voilà, je vous devais des excuses car vous êtes mes aînés. En tant qu’africain, guinéen, il est de coutume chez moi de demander pardon à ses aînés quand ceux-ci se fâchent contre vous. Je me suis égaré, je l’ai compris (mais trop tard) et j’en suis profondément désolé. Si je vous ai fait part de mon mécontentement c’était pour me libérer de toutes mes rancunes car je n’en garde jamais. Je n’aime pas les rancunes, ce n’est pas ‘’doudou’’.

Moi je vous pardonne… me pardonnerez-vous ?

Je remercie Annadjib, Sally billaly Sow et Ousmane Diallo qui m’ont beaucoup conseillé. Merci également à Réné Jackson, à Soucaneau Gabriel et aussi à ABLOGUI pour l’intérêt que vous accordez à mes articles (et à moi). Et … courage à tous les Mondoblogueurs : les gondwanais lambda ( ceux de la ‘’majorité’’) et les « en-haut-de-en-haut » ( ceux de la ‘’minorité’’) !

Encore une fois pardon. Pardon à tous ceux de près ou de loin que j’ai agacé ou manquer de respect. Je m’en excuse et je suis profondément désolé.

Merci.



Dans un kiosque de Conakry

« Si je gagne cent millions je m’achèterais une belle voiture, ou un appartement, ou (…) »

Cafe me, par Sunnywinds* CC Flickr.com
Cafe me, par Sunnywinds* CC Flickr.com

Ainsi donc, le sujet de l’argent met de l’ambiance dans les conversations et fait rêver plein de jeunes sans boulot assis dans les kiosques aux abords des petites ruelles des quartiers de Conakry. L’argent est devenu au même titre que la politique, le sujet favoris des chômeurs du kiosque… chômeurs ou pas, une chose reste claire : ils n’ont rien à faire de toutes leurs heures « sup » imposées et ils sont très disponibles pour jacasser de tout et de rien. Au fait, si tu veux te joindre à leurs réseaux sociaux, tu dois d’abord écouter le CV de toutes les personnes avec qui tu tchatche !

CV, c’est quoi au juste ?

– C’est leurs curriculum vitae, enfin, la version ‘’historique’’ de leurs parcours scolaire ! Et comme ils sont très très gentils, il te l’offrent, que tu le veuilles ou pas, il te haranguent de récit auto-biographiques. Et que te diront leurs récits ? Tu le sauras quand tu te « poses » à coté de l’un d’entre eux et que tu lui offre un petit café noir. Oh, il est aux anges !  Et pour te montrer qu’il est vraiment, je dis bien « aux anges », il t’étale son CV en retour pour te gratifier.

Toujours plus beau, toujours plus intelligents, et toujours pas riches… Ces petits griots des kiosques de Conakry font leurs propres éloges comme s’ils étaient des chefs d’états, des excellences déchues qui ont fait le tour de la terre et donc du pays et qui ont toujours dans leurs bagages intellectuels un trop plein de connaissances inutiles et qui se tordent le pouce en critiquant le gouvernement et l’occident qu’ils accusent de complotistes.

Tout est argent, y compris…

– Le football ! Comment, me diras-tu ?

Et bien, le football c’est de l’argent, le football c’est leur gagne pain ! Dans le kiosque, le football a deux significations : la première fait allusion au ballon rond c’est-à-dire le débat inutile autours de Léo Messi et Christiano Ronaldo, et la seconde signification c’est la loterie ! Et mon bonhomme en avait un sacré paquet !

Tandis que son excellence me faisait un exposé détaillé sur son parcourt qui lui a mené jusqu’à son « excellence », il glissa inconsciemment sa main dans sa poche pour ramener ses billets de loterie qu’il caressait tout doux. Tout doux car il le sait ! Il sait que parmi ses tickets se trouvera un jour celui qui lui offrira ses cent millions… qui sait, peut-être qu’il le tient en ce moment même ? Son sport à lui, c’est le football… des combinaisons de loteries, c’est ça sont sport préféré et ça lui coûte sa « peau des fesses » pour le pratiquer. Et croyez moi, je peux vous garantir qu’il est très sportif vu le nombre de tickets qu’il détient dans sa main !

– la politique. On parle beaucoup de politique dans le kiosque, et parfois de politiques

Après le brillant exposé de mon cousin Diallo/Camara (ceci est un cousinage à plaisanterie), celui-ci commença à nous faire un petit rappel sur l’actualité avec bien-sure le sujet incontournable du moment : le résultat des élections présidentielles en Amérique ! Un résumé minitieux qui n’est rien d’autre que la copie conforme de celui qu’il a écouté le matin sur les antennes de la radio RFI. Il nous parle de la nouvelle situation politique, économique, et géo-stratégique suite à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Et quel orateur, même l’homme à la clope de chez RFI ne lui arrive pas à la cheville !

Et quand il parle de politiques, c’est à la suite des reproches qu’il a fait au gérant du kiosque : « je n’aime pas tes politiques, hein (…) » c’est vrai, il a raison, il y a politique et politiques mais franchement, je ne sais pas la différence entre la politique et les politiques…peut-être que mon CV à moi n’ai pas assez remplit pour que je sois à mesure de faire une distinction entre ces deux termes ? Mais par-contre je suis assez qualifié pour faire la distinction entre un travailleur et un chômeurs :-D !

Mais – mon ami – ce n’est pas en restant assis dans ce kiosque que tu feras avancer la Guinée, mon Cher !



A la découverte d’une Bluezone de Conakry

BlueZone (Basket)

Tout jeune de Conakry serait d’accord avec moi pour dire que les lieux de loisir dignes du nom sont rares dans la capitale et la plupart d’entre eux sont payants. Les Bluezones font parties des rares nouveautés qui sont actuellement gratuites ici à Conakry, du moins pour l’instant, espérons que ça le restera ainsi pour toujours. Pour ma part, j’ai beaucoup entendu parler de ces fameuses « Bluezones » et je l’avoue que cela a un peu piqué ma curiosité ; alors j’ai voulu savoir de quoi ça avait l’air … Direction : la Bluezone de Sonfonia qui était la plus proche de mon lieu de résidence !

La Bluezone de Sonfonia est implantée près de la Grande université ‘’Général Lansana Conté de Sonfonia’’. Je me suis promené dans ses locaux et voici mon constat en pénétrant dans la zone :

Tout d’abord, ce qui m’a marqué en arrivant sur les lieux, c’est la facilité d’accès : l’entrée est gratuite. Mais néanmoins vous êtes priés de vous lavez les mains au chlore car nous n’avons pas oublié le récent passage de la maladie à virus Ebola. Ce que je fis volontairement et, nouveau que je suis, je me suis attarder un peu sur le tableau à l’entrée où il était mentionné les quelques règles qui régissent l’établissemBlueZone de Sonfonia - taleauent.                     Un de mes amis me poussa vers la porte parce qu’il était réellement impatient (eh oui je n’étais pas seul sur ce coup-là) . Je le suivais donc, non pas par obéissance, mais parce que j’avais fini ma lecture de ces fameuses règles !

Ensuite, je pénétrais dans l’enceinte, je ressenti alors comme une espèce de téléportation. Si je me suis senti étranger sur ce lieu c’est parce que tout simplement la zone était bien propre et ordonnée. Les gens circulaient dans les allées dans tout les sens mais – chose étonnante – personne ne jetait un bout de papier ni autre chose d’ailleurs. Ici tout était vraiment propre – « nickel » ; ce qui est très rare dans les autres lieux de loisir à Conakry d’habitude l’on butte sur des sachets en plastiques et les cannettes de sodas jetés n’importe comment par terre. Je constatais donc avec étonnement que La règle n°1 inscrite à l’entrée de la zone a bien été respecté : La propreté. BlueZone de Sonfonia (propre)

 

Voici un beau modèle à suivre pour notre ville ; reste à savoir pourquoi les rues de Conakry sont si salles malgré tant d’« efforts » ?!

 

Je continuais mon bout de chemin ou si vous préférez, ma visite. Dans cette Bluezone il y a quatre bâtiments juxtaposés : en face de l’entrée principale, il y a une « salle d’informatique », ensuite une « salle de détente » puis une « salle de classe » et enfin une « salle polyvalente ». Oui-oui, je sais, il y a beaucoup ‘’d’entre les guillemets’’ qui se suivent mais j’ai voulu conserver « l’originalité » des noms des salles que je cite. Ok. Le sol était recouvert de granite sur une bonne partie de la zone ; le reste de la surface était nu quant aux allées, elles étaient recouvertes de dallettes et délimitaient de petits espaces gazonnés. Les arbres, plantées fraîchement n’ont pas encore atteint leur maturité. Tout au bout de mon parcourt – car la zone est vaste – je découvrais un grand terrain de Basket qui est en fait constitué de trois « mini » terrains juxtaposés côte à côte.

BlueZone de Sonfonia - le terrain

Ici des amateurs de Basket-ball faisaient leurs entraînements à côté des Footballeurs et c’étaient pratiquement tous des ‘’sportifs du Dimanche’’ à en juger par leurs vêtements qui ressemblaient plutôt à des tenues mi-salon qu’à de véritables maillots de sport. Au bord du terrain se tenaient quelques spectateurs qui vibraient à chaque fois que le ballon plongeait dans le panier.

Là-bas : des jeunes filles sautaient à la corde au rythme des chants qu’elles synchronisaient avec leurs pas comme s’il s’agissait d’un orchestre. Et quel travail ! Cela se voyait par la sueur qui perlait sur leurs fronts et par leurs sweat-shirts trempés de sueurun véritable sport qui brûle des calories !

Plus loin, l’on pouvait voir un groupe de danse répéter sa chorégraphie à l’aide d’un téléphone portable qui diffusaient des mélodies concoctées par nos DJ – Beatmakers du coin !

Dans la « salle polyvalente » se tenait en fait un cours de karaté, du « taekwondo » . Nous assistâmes à quelques postures de combat et à la démonstration du maître. Il montrait à ses disciples comment parer à l’attaque d’un adversaire et comment mettre celui-ci à terre sans trop d’effort. Les élèves regardaient attentivement et nous (les curieux) nous regardions « passionnément », après tout quel est ce curieux sur terre qui refuserait un tel spectacle !? Et c’était à couper le souffle, époustouflant ! Dans ce Dojo tout allait très bien ce soir sauf une seule chose qui m’embarrassait et c’était l’absence des filles !

Les filles étaient présentes dans tous les recoins de cette « zone » mais pas celui-ci, pourquoi ? Sans doute parce que le karaté ne leur plaît pas tant que ça. Mais en réfléchissant un peu j’ai écarté cette déduction puisque des filles, il y en avait tout près de moi c’est-à-dire dans le box des spectateurs (ou des curieux) mais pas sur le tapis, aucune ! Auraient – elles peurs des sports de contact ou bien serraient – elles ‘’complexées’’ de pratiquer ce type de sport ? À ces deux questions nul ne saurait y répondre avec exactitude puisque comme on le dit souvent :

« le coeur de la femme est un océan de secret »

Quel est-donc ton secret, hein « coquinette » ?

Après cette belle démonstration le maître décréta la pause et j’en ai profité pour m’éclipser vers la salle voisine pour dénicher un petit groupe de jeunes rappeurs ; ils s’étaient enfermés dans la « salle de détente », apparemment ils travaillaient leurs textes et s’échangeaient des idées. Va falloir bosser les gars, les textes sont un peu moche à mon avis – désolé… Je quittais rapidement cette cacophonie pour aller me réfugier dans la salle la plus tranquille du coin, même la salle d’informatique étaient bruyante comparée à celle-ci et bizarrement je ne voyais pas de monde par ici non plus. Et j’étais ébahi en lisant le nom de la salle en sortant : « salle de classe » ! BlueZone de Sonfonia - la salle de classe

Ce nom à lui seul à suffit pour mettre la trouille à tous ceux qui « oseraient » y pénétrer !…

 

 

Voila, je crois que tout à été dit… ah oui, j’oubliais, il y a de l’eau potable pour tout le monde !

BlueZone de Sonfonia - pompes

 

Une visite très très sympa que je me promets de répéter encore et encore jusqu’à ce que le disque se raye – oups, j’allais dire jusqu’à ce que les bâtiments deviennent tout sales ou à défauts deviennent payants !


Guinée : la rentrée scolaire 2016 dans la morosité

Ecole Primaire Publique Mekoviade, David Stanley CC flikr.com
École Primaire Publique Mekoviade, David Stanley CC flikr.com

 

Le 4 octobre, les élèves guinéens ont repris le chemin de l’école. Et comme pour chaque rentrée scolaire, les parents d’élèves s’acquittent du mieux qu’ils peuvent de leurs devoirs vis-à-vis de leurs enfants en leur achetant les fournitures scolaires et en mettant la main dans le porte-feuille pour payer les frais d’inscription à l’école. Grâce à cela, les enfants marchent fièrement dans les rues vêtus de leurs nouvelles tenues fraîchement cousues par le tailleur … En Guinée, la rentrée scolaire rime toujours avec enfants qui se promènent le matin et à midi en tenue kaki et carrelés. Et comme l’on dit aussi que l’exception confirme la règle alors ce mardi 04 octobre est donc cette grande exception en Guinée.

En se promenant le matin dans les rues de Conakry, c’est la morosité totale que l’on remarque près des écoles. Ce 4 octobre est différent parce qu’il ressemble à une banale journée, une rentrée scolaire sans tenues scolaires et sans bruits dans les classes, quoi de plus anormal et de si mystérieux à la fois !

La conjecture actuelle dans le pays est à l’origine du vide que l’on constate dans les classes. Beaucoup d’enseignants et d’élèves étaient absents dans les classes. Ce qui n’a pas empêcher les cours de débuter avec ceux qui étaient venu malgré tout. Plusieurs élèves ont suivi les cours dans leurs vêtements ordinaires ou avec leurs anciennes tenues qu’ils ont rafistolés pour l’occasion. La majeur partie de ceux présents à l’école était en classe d’examen car c’est toujours mieux de venir tôt à l’école pour prendre contact avec leurs professeurs et suivre l’explication des programmes de cours.

Ainsi marque le début des cours pour l’année scolaire 2016 – 2017 dans une morosité sans précédent mais cela s’explique aisément par la conjecture qui frappe les foyers guinéens qui ont subit un lourd tribu lors du récent passage de l’épidémie du virus Ebola qui à mi le pays à genou. Même si les salles de classe étaient plutôt vides dans l’ensemble, avec l’évolution des cours, l’espoir est qu’une remontée en flèche des effectifs des classes est toujours possible car les parents y travaillent dur ( très très)…


Au menu du jour : #28septembre

 

Stade du 28 septembre parJeff Attaway from Abuja, Nigeria CC commons.wikipedia.org
Stade du 28 septembre par Jeff Attaway from Abuja, Nigeria commons.wikipedia.org

Tout d’abord, revenons sur quelques événements marquants de notre histoire :

Nous sommes le 28 septembre 1958, un grand referendum est organisé en Guinée qui était à cette époque une colonie française. Le peuple de Guinée participa à un vote pour décider si « Oui » ou « Non » il voulait continuer à être sous dépendance française. Le 28 septembre 1958, le NON l’emporta avec une majorité écrasante ! La Guinée fut la seule colonie à rejeter le projet de constitution qui visait à l’intégrer dans la communauté française. Grâce à ce vote, le 2 octobre 1958 plus tard, la Guinée proclame son indépendance et depuis ce jour elle accède à la souveraineté nationale ! Fin de l’histoire…
Nous sommes le 28 septembre 2009, soit 51 ans plus tard, le peuple se rassembla pour un meeting politique au ‘’stade du 28 septembre’’, un stade qui porte le nom de la date du grand referendum qui s’est tenu en 1958, vous me suivez j’espère ? Pendant que les manifestants criaient ‘’Vive la démocratie’’ et scandaient d’autres slogans encore plus beaux, un groupe de militaires sorti de nul part tira à balles réelles sur eux faisant état de centaines de morts et d’innombrables blessés selon cet article de Human Rights Watch (HRW). Ces mêmes ‘’lakoro’’(soldats pourris) se sont aussi jetés sur certaines de nos sœurs pour les violer, faits confirmés dans ce même rapport de Human Rights Watch. Une marche pacifique pourtant, une marche des fils et filles de la Guinée pour réclamer Démocratie qui se termina en véritable cauchemar. Fin de l’histoire…

Nous somme le 28 septembre 2016, aujourd’hui donc, et l’on se demande toujours pourquoi ils ont travesti notre fête nationale !? Pourquoi, après sept ans jour pour jour, il n’y a toujours pas eu de justice pour les victimes de ce drame national !? Mais pensons à toutes ces femmes, à nos sœurs et à nos mères qui ont mal dans leurs chaires et qui souffrent le martyr dans leurs esprits à cause de ce qu’elles ont subit le 28 septembre 2009. Pourquoi justice tarde-t-elle encore à se faire pour le bien de ces dames qui sont – je vous le rappelle encore – nos mères et nos sœurs ? Elles méritent bien un peu d’attention, après tout ce qu’elles ont subit. Et tous ces blessés de l’époque, et tous ces morts alors ? Rendons les hommages :

Comment tout cela peut-il rester impuni dans un pays libre et où l’on dirait qu’il règne -jusqu’à preuve du contraire – une liberté d’expression. Ne dit-on pas que la démocratie c’est la voix du peuple, par le peuple et pour le peuple ; ne dit-on pas que ‘’Vox populi Vox dei’’ ? Le 28 septembre 2009, un voix a parlé ( celle du peuple) et une autre voix l’a étouffée. Étrangler serait mieux adapter pour décrire cet acte.
Et la presse dans tout ça ? Les radios et les journaux écrits foisonnent ici en Guinée mais – oh mon Dieu – que de voix si éteintes, qui passent leurs journées à nous arranger de publicités, pourquoi les stylos ne fonctionnent-ils pas pas sur ce sujet ? Et sur ce coup, l’on pourrait tirer la conclusion à savoir que les journalistes ne veulent(ou ne peuvent) pas faire la tâche qui leur revient de droit. Et même sur twitter, je me posais des questions : Le journalisme d’investigation existe-t-il en Guinée ?


Si oui, tout cela nous amènerait à nous demander si nos journalistes ne seraient-ils pas que des marionnettes aux ficelles tirées par les pouvoirs du Palais Sékoutouréya … Chers journalistes, je n’ai rien contre vous, simplement : le dossier du 28 septembre, voilà du vrai travail pour vous, mes chers. Ne laissez pas les médias internationaux venir couper le gazon sous vos pieds et vous répliquez implicitement ou explicitement : « c’est à la justice de s’en occuper ». D’accord, attendons la justice aussi longtemps qu’elle traînera, le peuple lui ne meurt jamais. l’histoire continue …


Quand une femme vous dit : « je n’ai rien à me mettre »

Ah, les femmes ! Quelle merveille, les femmes ! Si belles, si magnifiques. Si seulement une harmonie régnait entre vos corps et vos esprits. Pour ce qui est du corps : rien à dire ! Telle une lumière venue du paradis vous éblouissez nos yeux et les fonts briller de tous les feux. Depuis les belles rondeurs jusqu’aux tailles les plus fines, vous faites saliver tous les hommes sur terre depuis la nuit des temps jusqu’à nos jours. Inutiles de rappeler que nous les hommes ne pouvons vivre sans vous. Et même au paradis, on ne peut vivre sans vous ! D’ailleurs, la meilleur récompense ici bas et dans l’au-delà c’est la femme. Femmes : si seulement, sur terre, vous aviez une harmonie entre vos esprits et vos corps !

Delphine Seyrig, CC Christopher Dombres
Delphine Seyrig, CC Christopher Dombres

« Je n’ai rien à me mettre »

Oui, on entend souvent Mademoiselle ou bien Madame dire « je n’ai rien à me mettre, aujourd’hui ». A l’occasion d’un baptême, d’un mariage, d’une fête et chose étonnante encore à l’occasion d’une simple balade, une de ces balades les plus ordinaires qui soit et qui ne nécessiterait aucune attention particulière du côté vestimentaire si ce n’est que de veiller à ce que l’on soit dans des habits propres et – en bonus – bien repassés ; on les entend se plaindre, encore.

« Je n’ai rien à me mettre », allons voir cela ! Deux coups de serrures et attention à vous : les habits débordent de l’armoire où ils sont rangés, vous risquez même d’en prendre plein dans la figure. Mais malgré cette petite vérification et après lui avoir maintes fois dit qu’elle ne devrait pas « se plaindre » puisque visiblement elle ne manquait pas d’habits à un tel point que son armoire en débordait ; Madame, Mademoiselle, continuent leurs chansons :

« Je n’ai rien à…

me mettre »

Monsieur, visiblement dépassé, se met dans tous ses états et il arrive qu’il gronde et devienne tout rouge !

« Mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi, hein ? Je sacrifie presque la moitié de mes économies pour t’acheter des habits de luxes et consort et toi !… Tu continues encore à te plaindre ! Regarde ton armoire, elle est pleine à craquer et tu me dis que dans tous ça tu n’a pas une seule tenue que tu pourras mettre ce soir ? ».

Attention, Monsieur, à ne pas fâcher Madame ou Mademoiselle sinon votre « p’tit-ange » se transformera vite en diablesse et vous récolterez les pots cassés : la sauce sera salée ce soir, tellement salée que vous ne pourrez même pas avaler une cuillère. Les femmes ont leurs manières à elles de faire la grève et elles n’ont nul besoin de syndicats pour arriver à leurs fins.

Un problème d’humeur(s)

Ne vous tourmentez pas, Monsieur, le problème ne vient pas de vous. Le problème c’est l’humeur, je devrais dire ‘’les’’ humeurs car les femmes en ont plus d’une et elles sont très variées.

Quand une femme vous dit qu’elle n’a pas de quoi se mettre sur le dos, elle veut dire en réalité « en cette circonstance et dans mon humeur actuelle, j’aimerais porter ceci ou cela ». Les femmes s’habillent selon leurs humeurs qui changent pratiquement tous les jours. Et ne vous étonnez pas de voir que malgré une armoire remplie à craquer, elles réclament encore des vêtements. En fait, ces vêtements représentent la réincarnation de leurs humeurs. Puisque leurs humeurs ne peuvent êtres contenues dans une seule armoire, alors ses habits à elle ne peuvent être contenues dans une seule armoire : le reste de ses « humeurs » est dans les grandes boutiques ! Et c’est la raison pour laquelle les femmes courent vers les boutiques pour faire du shopping, elles adorent cela – faire du shopping.

Que faire ?

Eh bien il vous suffit de leur accorder de l’attention. Les écouter, même si on a un bon match qui passe à la télé, on peut bien faire ça. Ça ne vous coûte rien de la complimenter par la suite, c’est le seul moyen de lui prouver que vous vous intéressez à son bien-être. Quant à l’humeur, elle est fugace, elle se dissipera avec quelques mots doux que vous lui direz en caressant sa joue !

Il ne faut surtout pas critiquer ni râler sur les « humeurs » de Madame/Mademoiselle quand elle vous le fait savoir. Attention, ne râler surtout pas sur elles car cela les met dans une nouvelle humeur : « il ne m’aime pas », Aïe ! Gare à vous Monsieur si vous les mettez dans cette humeur, la sauce sera salée (très-très) !


Mon Bout-de-Chou

Petits petons, Anne CC Flickr.com
Petits petons, Anne CC Flickr.com

Un bout-de-chou dort dans mes bras

Comment ne pas t’aimer ?

Comment t’aimer ?

Tu es si douce, si innocente

Ta respiration si calme, si harmonieuse

Tu es une mélodie qui défile sous mes yeux.

C’est à toi que j’écris ces mots,

C’est pour toi que j’écris ces mots.

J’espère que tu les liras, demain

Demain, tu seras grande

Demain t’appartient

Dors ma petite, dors mon bout-de-chou

Tu es l’avenir, tu es Demain

Chou-chou de mon cœur,

Chou-chou de ta maman

lorsqu’elle était enceinte, lorsqu’elle t’a accouchée

Chou-chou quand elle te donne le sein

Demain est un grand jour,

Demain tu auras un nom

Ce ne sera plus Chou-chou

Mais pour moi tu resteras toujours mon bout-de-chou

Alors dors mon bout-de-chou

Comment ne pas t’aimer ?

Comment t’aimer ?

Demain, tu me le dira. Tu y arriveras car tu es Demain.

Tu me liras et tu me le diras

J’ai hâte qu’on soit demain

Dors mon chou-chou, dors mon Demain

Chou-chou de ta maman,

      Chou-chou de mon cœur


Bonne fête de Tabaski à toutes et à tous !

Une fête religieuse, Alpha Oumar Baldé CC doudoufine.mondoblog.org
Une fête religieuse, Alpha Oumar Baldé CC doudoufine.mondoblog.org

Aujourd’hui, il ne faut rien laisser au hasard, c’est la Tabaski. Et comme toutes les Tabaski, j’ai pris le soin de choisir la tenue que je mets et j’ai pris le plus grand soin de ma toilette. J’ai mis longtemps à me préparer et le résultat en valait la peine : je suis habillé comme un prince 😉  Direction la mosquée !

Les rues sont très animées. Des groupes de gens dans leurs accoutrements partaient en direction de la mosquée, des motos zigzaguaient entre les flaques de boue.

Arrivé à la mosquée, les groupes de fidèles avaient déjà pris place. Une foule dense et colorée écoutait religieusement le sermon de l’imam. Je me joins à eux naturellement, le cœur léger…

Eh oui, c’est une tradition aussi en Guinée : tant vaut ton mouton, tant vaut ta Tabaski ; merci à mon frère Mawulolo pour ce beau billet, bonne fête à toi !

L’autre tradition c’est bien sûr de souhaiter bonne fête à sa famille, à ses amis, et surtout de leur réclamer les « salimafo ».

Donc c’est le lieu pour moi pour souhaiter bonne fête à toute ma famille, à mes ami(e)s et à toute la communauté musulmane d’Afrique et d’ailleurs. Bonne fête de Tabaski à vous mes frères et sœurs et surtout mes « salimafo ».

Mes « salimafo » également à toute l’équipe de Mondoblog, à mes ami(e)s Mondoblogeurs et à mes lecteurs également. J’espère que notre aventure sera agréable ensemble, main dans la main, nous irons loin, très loin 😉 !

Je pense également à notre chère planète, ce monde dans lequel nous vivons, et pour cela j’ai fais un vœu, une prière pour que cesse les conflits armés et que toutes les âmes puissent manger à leur faim dans le monde.

Encore une fois : bonne fête à toutes et à tous. Je vous invite, vous êtes les bienvenus chez moi, vous êtes la bienvenue dans mon cœur. Pour finir, à mes cousins Camara et Diallo je les conseillerais de manger avec modération, sinon, après la fête ce sera la défaite 😀 !


En route vers Tougué !

Une fleur de Tougué
Une fleur de Tougué

Depuis longtemps, je rêvais de ce voyage et il me fallut un an pour le préparer, car tous les renseignements qui m’ont été données ici et là insistaient sur un point : un tel voyage ne s’improvisait pas. Maman était l’une des plus réticentes à l’idée que je parte au village…

Malgré toutes les mises en garde, je décidais à me rendre à Tougué en voiture.

L’Afrique a ses valeurs, ses mystères que le monde occidental ignore ou du moins décide d’ignorer. Mais nous, enfants du pays, savons très pertinemment de quoi il s’agit : sorcellerie et magie noire ; d’où les inquiétudes de maman !

Un matin, j’embarquais dans un taxi impressionnant. Vu de l’intérieur, cette voiture ne m’inspirait guère confiance. Pour vu que son moteur tienne le coup, en tout cas une panne en pleine brousse serait le pire scénario que je pouvais m’imaginer et serait ainsi une confirmation de toutes les mises en gardes que j’ai reçu ici et là. « Des contes pour enfants ! », me rassurais-je intérieurement.

Un nuage de fumée s’éleva et notre voiture s’éloigna. Je voyais de loin maman debout, les yeux pleins de larmes. Je partais, le cœur lourd…

Quand nous arrivâmes à la route nationale, je me senti des ailes. La traversée de la basse-côte, l’arrivée à Mamou, la « ville-carrefour », me procura un grand plaisir. Un magnifique paysage, une nature verte à perte de vue. Rien d’autre ne m’intéressait.

De longues heures se sont écoulées ainsi pendant lesquelles s’alternaient plaines boisées, plateaux verdoyant et massifs montagneux. Finalement, nous fîmes halte à la sortie de Mamou en fin de soirée pour manger et se dégourdir les jambes. La route est longue et nous en étions au dernier quart restant ! Jusque là il n’y a pas eu un incident de parcourt et la route bitumée était praticable malgré les nids-de-poule…

Les vendeuses attendaient notre arrivée. Elles nous présentaient toutes sortes de nourritures. Il y en avait pour tous les goûts. Chacun se dirige vers la salle à manger. C’est une vaste salle décorée de guirlandes, éclairée par des lustres et meublée de chaises et de petits bancs fixés à des tables. Celles-ci (les tables), étaient couvertes de nappes de tissus traditionnels et garnies de couverts en plastiques, majoritairement. Après le repas, les plus courageux d’entre nous se retrouvaient dehors pour prendre l’air et marcher un peu ; les moins courageux restaient sur place comme après une rupture de jeun ou comme un bon match de football. La fatigue se lisait sur tous les visages.

Quelques instants plus-tard nous voici de nouveau sur la route, décidés à terminer notre parcourt, le soleil s’était couché. Pendant notre escale, les autres véhicules nous avaient rejoins et ensemble nous formions un immense convoi. Le reste du parcourt n’était pas sécurisant. En effet, la route était non bitumée et elle est traversée par de nombreux cours d’eau, ce qui la rendait impraticable. La progression était très pénible et il fallait se retrousser les manches en cas d’enlisement d’un des véhicules du convoi. Une seule règle était d’actualité : « on ne laisse personne derrière ».

Ce voyage me révéla toute la vérité, car pour la première fois de ma vie, j’entendais parler de l’existence des coupeurs de routes, ici en Guinée. Mon cœur ratait un battement et j’en ai eu la chaire-de-poule ! Mais, notre convois qui était « fort » d’une vingtaine de véhicules faisait trembler toute la montagne lors de notre passage et cela me rassurai beaucoup : l’union fait la force !

Pendant la traversée, des amitiés se nouèrent, on promet de s’écrire, de se téléphoner, de se revoir ; promesse aussitôt oubliées car chacun est bientôt pris par de nouvelles occupations quotidiennes et ne se souvient plus de ses compagnons de route. La plupart d’entre eux ont rejoint un village voisin et les rares rencontres ont lieu à la ville à l’occasion du marché hebdomadaire.

Ce sont des moments que l’on oublie pas. J’avais réalisé un de mes (nombreux) rêves et je me sentais une âme de héro en arrivant à Tougué.