jeogo

Au Canada tu peux maintenant fumer légalement du cannabis mais…

Un magasin de la Société québécoise du Cannabis
©Lomézoom

C’était une promesse de campagne (en 2015) de celui qui deviendra Premier Ministre du Canada quelques semaines plus tard: Justin Trudeau (et son parti, le Parti Libéral du Canada).

Eh bien! la promesse est “tenue” puisque depuis le 17 Octobre 2018, fumer un joint au pays du Hockey n’est plus pénalisante mais il y a des limites et restrictions. Tout est encadré par des lois et règlements.

Dans un État fédéral comme le Canada où les luttes de pouvoirs et de compétences sont habituelles entre les provinces et le gouvernement fédéral, les choses ne sont pas linéaires. Par exemple, l’âge légale pour acheter, donner ou fumer tranquillement son pot diffère en fonction des provinces entre 18 et 19 ans ou plus – comme les 21 ans qui pourraient être de mise au Québec.

Qui peut vendre ?

L’argument numéro 1 donné par les Libéraux de Justin Trudeau est que la légalisation du cannabis entraînerait une moins-value pour le « crime organisé » réputé avoir le monopole de la distribution et de la vente. Pour contrer cela, le cannabis sera maintenant produit dans certains cas par des entreprises qui sont légalement reconnues : qui paient des impôts. Dans la plupart des cas, ce sont des sociétés créées spécialement par les provinces qui vont vendre le cannabis à travers des magasins et sites internet (exemple de la SQDC au Québec); dans d’autres provinces, les privées qui veulent aussi une part de la cagnotte vont pouvoir aussi vendre du cannabis.

Les mécontents

Les provinces. Même si c’est de l’argent supplémentaire dans les poches, elles se plaignent de ne pas avoir la plus grosse part du gâteau alors qu’elles devront régler les problèmes liés à la légalisation: problèmes de santé, sécurité routière, sécurité publique, etc.

Culture personnelle

Qui peut cultiver du cannabis et en quelle quantité ?

Ici aussi les règles diffèrent selon les provinces. Dans certaines provinces, les gens peuvent cultiver jusqu’à une certaine quantité (en grammes) de pot chez eux. Dans d’autres comme le Québec, c’est NON.

Où peut-on en fumer ?

Il est interdit de consommer/fumer du cannabis dans certains lieux publics (notamment où il y a une majorité de mineurs). Sur ce plan, il y a des dissensions entre certaines provinces et leurs municipalités. En plus, les règlements municipaux ne sont pas les mêmes de villes en villes. Conseil : vérifier bien les règlements municipaux

Le milieu de l’emploi.

Ici, chaque entreprise (publique ou privée) met en place les règles qui lui tente. Par exemple, Air Canada interdirait à certains de ses employés (ex. les pilotes et agents de bord, le personnel chargé d’enregistrer les bagages, etc.) de consommer du cannabis, même en dehors des heures du travail. Des restrictions existent aussi pour les militaires, les policiers, etc.

Aussi

Un propriétaire de logement peut interdire à ses locataires la consommation de cannabis sur sa propriété. Le bémol, fumer une cigarette dans les immeubles à logements est prohibé mais ça n’a jamais empêché des locataires de n’en faire qu’à leur tête.

L’entrée en vigueur de la légalisation (17 Octobre 2017) a créé un grand engouement digne d’un « vendredi fou » ou « Boxing day ». De longues files d’aficionados devant les magasins de vente de Cannabis se sont apparues malgré le fait que les prix du marché clandestin seraient inférieurs à ceux des magasins accrédités; des magasins ont dû fermer provisoirement pour rupture de stocks.

Par contre plus d’un mois après, les files d’attente ont disparu, l’engouement du début semble s’estomper.

Ce qui est sûr, la légalisation a donné une certaine liberté et assurance aux consommateurs de cannabis qui aujourd’hui se baladent publiquement avec des sacs/emballages montrant fièrement qu’ils sont adeptes du bon vieux joint réputé pour ses vertus mais aussi ses défauts.

Conseils : Vérifiez les lois et règlements. Certaines dispositions varient selon la province.

Kédèééé!!!


Les réformes à la togolaise

Parler de réformes, c’est parler de problématiques et d’imperfections criantes qui nécessitent des changements positifs. Le problème avec les réformes est qu’un camp ne les veut pas vraiment ou du moins sans rien avoir en retour, car en gros, le statu quo l’arrange; un autre camp les désire et les veut désespérément parce que ça l’arrange aussi. Et il y a au milieu de tout ça, la population, qui n’a pas nécessairement la maîtrise de ces enjeux politiques; la seule chose qu’on lui dit et lui répète, c’est juste « Réformes ».

Vois-tu , au Togo, le mot « Réformes » nous place dans un  univers parallèle au Togo de 2017 où le temps de réalisation ne se compte plus en jours ou en mois comme je l’avais mentionné dans un billet précédent, mais en années, dizaines d’années. Pour en comprendre l’ampleur, il suffit de partir faire le tour du monde en marchant. Sois rassuré(e), lorsque tu reviendras au Togo, tu n’aurais rien manqué : les réformes t’attendront.

Vois-tu, l’actuel président est au pouvoir depuis 2005, et le mot « réformes » apparait quotidiennement depuis au moins 12 ans dans ses discours. Les médias publics en sont obsédés. Bref, c’est le mot le plus populaire (pour de bonnes et de mauvaises raisons) dans la classe politique, même si ça penche plus d’un bord que de l’autre. Ces douze dernières années, ce mot, merci, a même dépassé « dialogue » dans le panthéon politique togolais.

Vois-tu, l’un des enjeux principaux de cette histoire de réformes, surtout constitutionnelles, est la question de la limitation du nombre de mandats présidentiels consécutifs, en gros ramener les choses à la normal en passant de mandats illimités à seulement deux.

Vois-tu, chez nous, à l’époque où le mot « dialogue » dominait le panthéon politique sans, comme d’habitude, rien apporter de positif, c’est-à-dire avant 2005, grâce à une modification constitutionnelle – qui a fait école depuis, sur le continent – le président de notre république peut se représenter autant de fois qu’il le souhaite; sans surprise, il le souhaite toujours. Le parti au pouvoir, majoritaire au parlement, veut qu’un traitement particulier soit accordé au président actuel, qui, je le répète, en est à son troisième mandat qui prendra fin en 2020. Ce traitement est qu’on remette son ardoise à Zéro, et donc qu’après 15 années au pouvoir, il puisse briguer deux autres nouveaux consécutifs. Au total, une possibilité de faire un quart de siècle, et qui sait, attaquer le demi- siècle ?

Tu dois aussi savoir que  le fauteuil présidentiel togolais est une affaire de records de Guinness.

Vois-tu, dans notre pays, nous avons des élections qui se déroulent et finissent toujours avec des problèmes; nous trainons un système judiciaire largement défaillant. Nous assistons à des détournements non voilés de fonds publics; nous facilitons un endettement du pays galopant avec des prêts qui ne servent pas à améliorer la vie de nos populations. Chez nous, le clientélisme est à la mode. Nous avons aussi, un chômage endémique (surtout chez les jeunes, qui sont, aujourd’hui, désespérés d’aller voir ailleurs), un système de santé alarmant avec des hôpitaux sous-équipés, un peuple résigné avec une fatalité atteignant une proportion exponentielle. Tous ces maux et une multitude d’autres, sont des symptômes d’un pays malade qui a besoin de soins intensifs, et parler de réformes sans en faire, gagner du temps, ou appliquer des mesures qui aggraveront les choses, ne peuvent soigner notre pays.

Vois-tu, les réformes nécessitent plusieurs conditions, notamment la bonne foi, la bonne volonté et la recherche de l’intérêt général. Malheureusement, dans notre pays, il y a toujours, et comme d’habitude, un manque criant de ces éléments.

Vois-tu, nous devons garder à l’esprit que « l’impossible n’est pas togolais ».

Que les réformes positives, qui améliorent les choses et apportent la démocratie… soient avec nous.

 

Kéèdèèè!

 

 


Les affaires «sous les tables» à la Togolaise

 

Lomé (Lomézoom)
Lomé-Togo (Photo-Lomézoom)

 

Elles sont bien connues, ces affaires qui font souvent la Une des journaux togolais. Elles ne surprennent plus personne même si leur ampleur n’arrête pas d’atteindre des proportions exponentielles.

Le financement de nos routes et infrastructures

Ce sont les affaires des routes construites « sur papier » qui n’apparaissent jamais dans la réalité ; l’histoire des boulevards qui n’apparaissent que lorsque le calendrier togolais le souhaite et qui sont inachevés. Ce sont des affaires qui concernent des routes qui deviennent des armes de destruction massive et des canaux de distribution de maladies aux populations.

Des personnes au-dessus des loisla mauvaise gestion et les détournements de deniers publics

Nos affaires voient aussi l’apparition ou la réapparition de la classe des « intouchables-version togolaise », des gens au-dessus des lois. Les affaires sous les tables concernent des ministres menteurs mais décorés pour « service rendu » à la nation pendant que les deniers publics disparaissent dans la nature. Ce sont les magouilles des grands patrons des sociétés d’État qui plongent nos compagnies nationales dans le gouffre financier pendant qu’eux-mêmes s’en tirent plus fortunés que jamais, parce qu’ils sont des « intouchables ».

 

Nos affaires sous les tables, ce sont des appels d’offres biaisées avec des entrepreneurs choisis sans qu’ils aient le moindre équipement. Dans nos affaires sous les tables, on trouve aussi des milliardaires. Nos affaires, ce sont aussi des directeurs d’organismes gouvernementaux qui acceptent d’envoyer des gens en mission sous certaines conditions : « Seulement si tu me donne la moitié de ce que tu gagneras », ou « Ça fait longtemps que tu me plais, dîne avec moi ce soir, et je t’envoie en mission tous frais payés »

La dette du Togo

Les affaires à la togolaise sont l’une des causes de l’endettement de ce pays. Des emprunts contractés (des milliards) au nom du peuple pour financer des projets qui ne servent pas les populations ou qui disparaissent dans la nature sans que personne ne rende des comptes. Je me rappelle qu’il y a quelques années, les autorités togolaises avaient célébré l’atteinte par le Togo du point d’achèvement de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés); le site Republic of Togo avait titré « Réussite impressionnante », prouvant encore une fois l’écart abyssal entre ses nouvelles et la réalité au Togo .

Nos affaires  au Togo, ce sont la corruption à peine voilée, l’impunité, le népotisme, le tribalisme et les détournements des deniers publics. C ’est aussi l’enrichissement illicite sans conséquence, au vu et au su de tout le monde parce qu’on se considère « intouchable ». C’est l’opulence grandissante et malhonnête de quelques-uns et l’extrême pauvreté de la majorité. C’est le chômage désespérant de la jeunesse.

Ce sont ces pratiques qui ruinent notre pays, et il faut y mettre fin, pardon!

 

Kèdéèèè!


Palmarès africain des chefs d’État qui ont marqué 2016

Lomézoom.Photo montage

Je suis l’actualité de moins en moins : ça me désespère. Cette année, j’ai été comme un crocodile qui passe son temps dans le marigot sans sortir la tête de l’eau. En tout cas l’année se terminera dans quelques heures, et bon débarras. C ‘est donc le moment parfait pour sortir le nez et sentir tout ce qui a été marquant et prendre des résolutions pour 2017.

À Lomé, les nouvelles, comme d’habitude, ne sont pas étonnantes. On nous annonce que les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont devenus « un tremplin » pour les objectifs du développement durable (ODD). En tout cas, le chômage aussi reste le tremplin pour l’extrême pauvreté et le déclin de la jeunesse togolaise qui vous regarde.

« Émergence » est encore une fois de plus le mot de l’année, loin devant « alternance », « démocratie » et tous les autres tralalas. Notre émergence est prévue pour l’horizon 2030.Il reste cependant à définir le mot « horizon ». Le compte à rebours lui, continue : Tic-tac tic-tac … il reste 13 ans.

Voici donc, mon palmarès des chefs d’État qui ont marqué 2016 :

 À tout seigneur tout honneur. Mon homme n°1 de l’année 2016 est le premier fils de la nation, monsieur le Président de la République togolaise.

Ce prix lui est décerné pour la onzième année consécutive. Dans une Afrique de l’ouest où les burkinabés ont fait fuir Compaoré et accueilli l’alternance, où Boni Yayi du Bénin est parti se reposer, et où Nana Akufo Ado vient d’être le nouveau dans la classe au Ghana, le fils de la nation togolaise lui, continue sa poursuite résistible du record de mandats et reste ferme dans sa volonté de nous mener à l’émergence. En plus, il a réussi à organiser son fameux sommet sur la piraterie maritime dont le reste de la population se fiche.

La deuxième place de mon palmarès prouve que tout est possible en Afrique, mais surtout au Bénin. Patrice Talon le milliardaire est devenu président de la République. Pourtant ancien ami du Président Boni Yayi, il a dû prendre la poudre d’escampette à la suite d’accusations de tentative d’empoisonnement du Président. Ensuite, comme cela se fait si bien à Cotonou, monsieur Talon a su former l’alliance nécessaire pour battre « l’homme de la France ». Tout est bien qui finit bien pour lui. Il s’est engagé à faire un seul mandat … mais si le peuple lui demande…

N° 3 n’est nul autre que “ l’homme du Bye-bye” Joseph Kabila. Il m’a appris personnellement une chose : si tu ne veux pas partir quand ton mandat finit, gagne du temps. Fais tout pour qu’il n’y ait pas d’élection et demande à l’UA de t’envoyer un facilitateur pour t’aider à organiser un dialogue national.

Numéro 4

Yayah Djameh.Le président sortant gambien est un personnage à part, sûrement sorti d’un roman d’Amadou kourouma. Il avait dit qu’il resterait Président encore des millénaires, avant d’appeler son challenger Adama Barrow pour le féliciter ; son conseil : « sans la stabilité, rien n’est possible en Afrique… good Luck », le tout avec un sourire. Quelques jours plus tard, “le marabout en boubou blanc” fit un turnover de 360 degrés : « je ne partirai pas ». Affaire à suivre.

N° 5 ira à Faustin-Archange Touadera, nouveau président de la République Centrafricaine. Il devra réaliser l’impossible.

Ensuite dans l’ordre ou le désordre nous avons Alassane Ouattara et sa nouvelle constitution pour … ; Pierre Nkurunziza pour son sanglant troisième mandat ; Salva Kiir et Riek Machar pour leur lutte de pouvoir irresponsable ; etc.

Conclusion, la lutte habituelle continue entre deux maladies sur le continent : l’optimisme et le pessimisme. Une concurrence entre deux forces : l’espoir et le désespoir.

Vivement 2017 Tic-tac tic-tac !

Bonne année 2017 🙂

 

 

 

 

 


Afrique : Comment « remporter » une élection sans trop se fatiguer ?

1) Organiser l’élection soi-même, et laisser son ministre proclamer les résultats.

2)Acheter des électeurs.

3)Falsifier des cartes d’électeurs pour faire voter les mineurs et les étrangers.

4)Réussir le miracle mathématique d’avoir au moins 101% des suffrages dans son fief.

5)Avoir la Cour constitutionnelle par la poche, les couilles ou la gorge.

6)Avoir des amis dans des capitales occidentales adeptes de la « Realpolitik ».

7)Menacer, martyriser, tabasser, emprisonner, zigouiller tous les contestataires qui feront du bruit dans le pays.

8)Évidemment, avoir l’appui des gardes et forces du désordre pour faire le sale boulot.

9)Couper la connexion Internet et les réseaux de téléphone mobile.

10)Tendre la main à ses adversaires mais menacer de la retirer rapidement.

11)Proposer un Gouvernement d’union nationale.

12)Prêter rapidement serment.

13)Faire le discours de l’année, en te plaçant comme l’élu de tout le monde et appeler au calme et au rassemblement.

14)Inviter les observateurs qui trouveront que “les fraudes et les irrégularités ne portent pas atteinte au résultat final dans sa globalité”.

15)Laisser le temps faire les choses si des sanctions et suspensions arrivent, et surtout, ne pas oublier les mots magiques qui assouplissent toutes les organisations agences et partenaires internationaux : Dialogue et Gouvernement d’Union nationale.

16)Commencer par penser à un autre mandat, et comment faire pour l’avoir sans trop se fatiguer.

 


Lettre à un Homme-poisson

Lettre à un homme-poisson

Photo: Lomezoom.mondoblog.org
Photo: Lomezoom.mondoblog.org
Même si ce froid gèle des choses, je veux venir quand même.

Homme-poisson est une traduction personnelle de l’argot du mot mina (Lomé) ¨Ésimélan¨.Il est très souvent attribué à un concitoyen qui est parti vivre en occident.¨Ésimélan¨ veut dire animal de mer; celui qui a traversé la mer.Bref, mon Homme-poisson (Ésimélan) est l’homologue togolais du mot Mbenguiste.

Bon cousin, maintenant que tu es là-bas depuis longtemps, que tu es devenu un homme-poisson que tout le monde envie dans le quartier, il est tant que tu nous sauves ici, parce que ça chauffe .La dernière fois j’ai eu du mal à payer mon loyer .Je te dis, c’est la galère. Pour être franc, moi aussi je veux venir là-bas .Oui ! Tu as dit que c’est là où les fesses gèlent comme de la viande dans le frigo .Mais disons-nous la vérité : avoir les fesses gelées de temps en temps, statistiquement, le risque fatal est très négligeable comparé à la chaleur ambiante et au chômage d’ici.

1) il est tant que tu me trouves un(E) correspondante là-bas .Je suis ouvert à tout, même si ma préférence va vers les filles Coca-Cola, pour ne pas me répéter. En plus, tu sais que je ne suis pas raciste. Mais, dis-moi, elles sont comment, les filles gothiques ?

2) J’ai un message pour toi, de la fille qui habite dans la maison jaune derrière le bar “Tourne-la-tête-et-regarde”. Elle te dit bonjour; elle insiste pour que je lui donne ton Facebook, parce qu’elle a décidé unilatéralement de t’épouser depuis que tu vis là-bas, même si elle ne t’a jamais rencontré.

3) Et vieux! Je t’annonce que Koffi Dieu-seul-sait vient encore d’avoir un refus à sa nouvelle demande de visa. Cette fois-ci, son plan consistait à arriver d’abord en Allemagne, puisque c’est porte ouverte ces derniers temps. Le motif de son voyage pour le visa fut : court séjour pour formation pratique dans l’humanitaire. Malheureusement pour lui, les allemands à Lomé lui ont dit ¨NICHT¨ , même  s’ils ont pris ses pauvres francs CFA .Bref, c’est son troisième refus  de l’année. Mais tu le connais, il ne renoncera pas tant qu’il ne mettra pas les pieds sur les Champs Élysées. Il continue d’affirmer :¨Qu’ils le veulent ou pas, un jour je deviendrai un homme-poisson¨.

4) Sinon, ici on vit toujours à la togolaise, le chômage est toujours avec nous .Les réformes invisibles continuent. Les remerciements au chef de l’État – fils de la nation sont demeurent lassants; personne ne sait pourquoi on remercie.Conclusion : l’amnésie nationale poursuit son ascension fulgurante.

5) J’aimerais avoir un PC … mais … bon… que Dieu te bénisse.

6) Je dois 3 mois de loyers, … peux-tu me dépanner ?

7) Comme nous vivons dans deux mondes différents, voici l’actualité dans le mien : Le conseil de la détente de l’Entente vient de ressusciter, et à sa tête on a mis un jeune de 50 ans. Les membres sont arrivés à la conclusion qu’il fallait un compétiteur qui veut battre des records de mandats. Sa mission sera de ren-Faure-cer les liens d’amitié, de consolider la paix et la sécurité dans la région etc.

Un petit peu plus loin, Koffi alias Benoît 16, celui qui fait du Ndombolo s’etait fait prendre la semaine dernière en faisant du Taekwondo. C’est une unité de Commandos qui est allée l’arrêter. Mais tout est bien qui finit bien; il est ressorti avec la promesse de ne plus recommencer.

Dis-moi, as-tu appris la bonne nouvelle ? Nos soucis avec le paludisme sont finis. En plus la solution était sous nos yeux pendant tout ce temps: les poules. Apparemment (selon une étude réalisée par des suédois) les moustiques suceurs de sang ne supportent pas le parfum naturel des poules. Penses-tu que ça peut valoir un prix Nobel ?

En tout cas, moi j’aimerais bien investir dans l’élevage…mais… c’est le manque de moyens qui m’empêche. Je viens quand même d’acheter une poule que je compte installer dans ma chambre toutes les nuits. L’avenir nous dira le reste. On garde espoir!

Allez! Prends soin de toi

Ton frangin, Esso Dieu-est-vainqueur

Kédèééé !!!


Tracasseries administratives à la togolaise !

Si tu arrives à survivre aux formalités administratives togolaises, tu seras capable de survivre à tout, tu pourras même sans problème devenir négociateur en chef des Nations-Unies. L’administration togolaise c’est un monde en soi, un autre monde dans une autre époque. Le monde de demain mais dans lequel le passé a usurpé la place du futur. Me comprends-tu ? Ici, tout fonctionne sur le mode de « demain ». Un « demain » mais sur le long terme si tu vois ce que je veux dire ! Si on te répond : « revenez dans un mois », il ne s’agit pas des 30 ou 31 jours du calendrier grégorien, il faut compter selon le calendrier togolais, 31 jours + X (X hypothétique) ….

Il faut dire que l’administration publique togolaise est constituée d’hommes et de femmes courageux qui, malgré le manque de moyens, font un excellent travail. Mais, malheureusement, cette même administration emploie aussi trop de gens incompétents et de mauvaise volonté. Ils vont au boulot pour faire des commérages, vautrés dans leur fauteuil. Ils entassent les dossiers et les citoyens peuvent toujours attendre. Sincèrement, si tu déposes un dossier, un conseil : commence tes prières parce qu’il faut s’attendre à tout, c’est le début du marathon. Si tu ne le savais pas, tu le sais désormais : l’impossible n’est pas togolais. Pour une simple signature, il faut attendre une période hypothétique…. « revenez dans un mois », et un mois après :  » ce n’est toujours pas prêt, revenez … » Ce n’est pas aux calendes grecques qu’on te renvoie mais aux «calendes togolaises » !

Ici, tout est fait en mode ra-len-ti. On sait tous que le ralenti a créé une vraie révolution dans la retransmission des matches de foot, hé bien laisse-moi te dire qu’il a sûrement été inventé dans un bureau à Lomé ! Pas de doutes là dessus ! Sinon, comment comprendre qu’il faut plus d’un an à un citoyen pour récupérer son diplôme d’université ? La réponse est la même, mois après mois :  » il n’est pas encore signé « , re-ve-nez…

Fut une époque où faire légaliser des documents exigeait beaucoup de patience. Il faut avouer que de nos jours les choses se sont améliorées. Les autorités ont créé un « Guichet Unique » pour « faciliter les procédures administratives aux opérateurs économiques ». Mais quid du citoyen lambda dans tout cela ? Re-ve-nez…

Il y a aussi une autre catégorie de fonctionnaires ou d’agents de l’État, la catégorie des plus coriaces. Ils ne parlent pas beaucoup, simplement ils attendent de toi « un geste ». Ils ont une maladie qui n’a pas été répertoriée par l’OMS : la maladie des gens qui voient l’argent partout. Ils sont pourris. Un conseil de frère citoyen, rester ferme malgré leurs menaces « non c’est non ». Moi je les appelle les a-r-gents de l’Etat. Avec ces a-r-gents de l’Etat, des citoyens ont battu tous les records de délais pour un passeport !   » L’impossible n’est pas togolais » .

Billet d’humeur pour dire que les mauvais comportements et autres tracasseries sont toujours bien ancrés dans la société togolaise, c’est un mal qui ne lâche pas, comme une sangsue. C’est une véritable gangrène, et avec elle, l’émergence du Togo a du souci à se faire.

Kèdéèè.


Le peuple pour 2016

Le peuple
Le peuple

Le peuple

Tu le rencontres tous les jours

Tu l’insultes, lui craches dessus

Tu le tabasses de temps en temps

C’est lui qui t’élis, qui te réélis

Tu l’appelles tous les jours

Pour toi, c’est par sa volonté que tu es là, à occuper ce fauteuil que tu refuses de quitter.

C’est le même peuple que tu instrumentalises pour tes plans diaboliques

Le peuple, tu le fous en prison quand ça te chante

Tu le massacres à la machette ou au missile Tomahawk, à la bombe atomique ou à la Kalachnikov

Tu détruis sa terre, son désert et ses forêts

C’est lui que tu veux sauver par tes invasions

C’est le peuple que tes ventes et livraisons d’armes assassinent.

C’est en son nom que tu commets tes crimes

C’est aussi pour lui que tu prétends faire ton coup d’État.

Le peuple ne t’a rien demandé

Il ne t’a pas demandé de l’envoyer en exil ou de le transformer en réfugiés et en sans-abris

Il ne t’a pas demandé de détourner l’argent qui n’est pas à toi.

Il ne t’a pas demandé de construire un château pour le regarder de haut pendant qu’il croule  sous ses maisons en tôles

Il ne t’a pas demandé d’aller te balader dans Manhattan ou sur les Champs Élysées pendant qu’il essaie de survivre en recyclant de l’acier des dépotoirs

Il ne t’a pas demandé d’acheter des appartements et hôtels particuliers luxueux

Il ne t’a pas demandé de fusionner  ton compte bancaire à celui de l’État.

Sais-tu au moins que le peuple, c’est ton voisin que tu éclabousses quand ton convoi passe en trombe dans les rues ?

Sais-tu que les gens dont tu confisques la liberté sont le peuple ?

Sais-tu que ton peuple se meurt et c’est toi l’assassin ?

Sais-tu que malgré sa jeunesse, ton peuple à des rides ?

Sais-tu que ton peuple nait, grandit et meurt dans la pauvreté ?

Sais-tu que ton peuple croule sous l’épidémie du chômage ?

Sais-tu qu’il ne veut plus voir ta face de dinosaure ?

Sais-tu qu’il n’a plus rien à foutre de tes campagnes électorales à coût de milliards ?

Sais-tu que le peuple en a marre de ta guerre ?

Vas-tu enfin reconnaître qu’il est las de tes conquêtes ?

Vas-tu enfin ouvrir les yeux sur l’enfer de l’endettement ?

Juste le temps d’un instant, laisse le peuple en dehors de tes tripatouillages constitutionnels

Laisse-le respirer et apporte-lui un peu de réconfort

Laisse-le rêver et manger

Laisse-le marcher et changer

 Laisse le peuple tranquille, fous-lui la paix, vis ta vie, il vivra la sienne.

 Bonne année  2016 au peuple


Groto à la togolaise

Liste non exhaustive des  attributs du groto à la togolaise
Liste non exhaustive des attributs du groto à la togolaise

NB: le groto essaie de ne pas être un pédophile, il a juste au moins deux fois la vingtaine et le double de l’âge de ses chéries.

 Les temps sont durs à Lomé : chômage, vie chère, le prix de l’essence à la pompe qui monte… Résultat, les gens sont mécontents, et vous connaissez la suite.Mais, je peux vous assurer que nous prions toujours pour qu’on ne trouve pas de pétrole au Togo.

 Dans cet univers rectangulaire où chacun essaie de survivre avec ses moyens, une certaine catégorie de personnes tente quotidiennement d’atteindre le bonheur. C’est le GROTO. Rassasié à la maison, affamé dehors !

 Il part de chez lui le matin en disant à son épouse : « Chérie, ne m’attends pas trop pour dîner ».

« Encore? Ton patron-là ne sait pas que tu as une famille ? »

« Qu’est-ce que tu veux c’est le boulot ma chérie ; nous sommes sur un projet important ».

 Arrivé au boulot, il travaille bien sûr, mais trouve aussi le temps de passer quelques appels et d’envoyer des SMS codés à un certain Mr MESSAN. Un cellulaire dont madame ne connait pas l’existence. Le monde évolue, le groto aussi; il peut désormais crypter ses messages.

Il est aussi devenu très prudent parce que madame possède un pouvoir : elle sait craquer les mots de passe des téléphones et des adresses électroniques.

Avec des yeux plus puissants que tous les gadgets des CSI, elle peut aussi déceler le moindre indice, le moindre poil/cheveu étranger, le moindre battement inconnu, la moindre fatigue bizarre chez monsieur. Pour contrecarrer les compétences de madame dans le domaine de l’espionnage, ll possède sur Facebook, un compte fantôme, inconnu de madame, où il exerce sa liberté d’expression. Et surtout, il a un mot magique : GYM. C’est son Backup.

Monsieur affirme aussi qu’après le boulot, il se pourrait qu’il aille au Gym, la nouvelle importation togolaise pour perdre un peu de graisse :

«Tu y entres gros, tu en sors musclé ».

 L’excuse passe parce que le costume-cravate de Monsieur dissimule un ventre en progression irrésistible.

 Après le boulot, monsieur appelle Mr Messan : « retrouve-moi au rond-point ».Avec une paire de lunettes et une tête bien ronde qui lutte sans merci contre la calvitie, il part à l’aventure. Dans les rues de Lomé (surtout), c’est lui le parrain du secteur de la drague en live.

 Un groto, c’est comme James Bond, mais plus pacifique. Il possède comme lui des gadgets, et fait des choses à l’insu de M (madame).Pas moins de deux cellulaires dans les mains (iPhone et Samsung Galaxy) pour montrer son pacifisme dans la guerre que se livrent les deux géants, et aussi parce que dans ce milieu l’habit fait le moine et le matériel ouvre les cœurs. En plus, il y a des chéries pro iPhone ou anti Samsung et vice versa.Il ne joue pas à James Bond dans son quartier, c’est trop risqué.

 Quand le groto parle, on reconnait en lui un agent double et l’on prend des notes :

 Écoute ma chérie, si tu ne veux pas que madame, ma femme te déchiquette en petits morceaux, tu dois faire exactement ce que je te dis.

 Premièrement, quand je viens te rendre visite dans l’appartement que je paie pour toi, dis à tes voisins qui posent trop de questions que je suis ton oncle et appelle-moi tonton.

 Deuxièmement, pas de textos . Ne m’appelle pas non plus sauf en cas de force majeure. Sur mes téléphones, tu es Mr Messan. Moi je saurai te contacter via mon Facebook de l’ombre ou mon Cellulaire fantôme.

 Trois, ne va pas crier sur tous les toits que tu me connais bien. Maintenant que tu sais que je suis marié, écoute bien : madame ma femme est très gentille de nature, mais, par pitié, c’est une lionne qu’il ne faut pas mettre en colère.

 Quatre, ne me demande pas de quitter ma femme pour toi, c’est elle qui m’a épousé et non le contraire.

 Cinquièmement, si tu ne veux pas que ma femme me fasse la peau, si l’on se croise à l’église, on ne se connait pas, on ne se parle pas.

 Six, je ne veux pas te voir avec des frères et des cousins fabriqués; car on dit chez nous que la confiance n’exclut pas le contrôle.

 Le groto n’a pas besoin d’Ashley Madison pour faire ses choses. Il travaille sur le terrain, à l’ancienne et a de puissants arguments. Il connait ses atouts et est conscient de la vulnérabilité des autres; donc il ne perd pas son temps à la drague :

 Si tu m’aides à rajeunir, je te prends en charge

 Si tu prends bien soin de moi, je t’ouvrirai une boutique au grand marché avec assurances incendie.

 Si tu es gentille avec moi, je paierai tes études de BTS.

 C’est donnant donnant, tu me donnes, je te donne, chérie-coco.

 Avec un peu de chance, je tu seras mon deuxième bureau.

 C’est ça la vie d’un homme, d’un groto à la togolaise. Toujours à la recherche du bonheur, toujours à l’affût des chéries, toujours en mode James bond et Travail tard au bureau.

 Avec lui, c’est Noël toutes les semaines, parce que tonton Noël est généreux avec ses chéries et en tout temps.

Un agent secret de classe internationale à la recherche de l’espionne qui l’aimera

Un homme prêt à satisfaire aux besoins et réaliser les rêves des autres.

Dans cette guéguerre pour le bonheur, le groto ne fait pas de quartiers.

Si vous le croisez, jeunes femmes, FUIEZ ! Jeunes hommes PRIEZ !


Togo: F. Hollande, pourquoi tu n’es pas venu chez nous ?

 

François Hollande et Tonton Boni Yayi( le loué) à Paris. Photo: AFP PHOTO / POOL / THIBAULT CAMUS ( via RFI)

Depuis que j’ai appris par mes sources que François Hollande s’apprêtait à entamer une tournée en Afrique, je me suis dit, sourire aux lèvres que cette fois serait la bonne. Il viendra nous rendre visite, il nous serrera la main, on le verra à Lomé au Togo. J’imaginais des communiqués de la TVT et de Radio Lomé annonçant , la visite du « Frère et ami », et insistant qu’il mérite l’attention de toute la nation.

J’imaginais François-président, descendre de « son oiseau de fer », avec madame, belle et souriante, à l’aéroport international du « Père de la nation »; je l’imaginais prendre les gerbes de fleurs de bienvenue; je l’imaginais le regard surpris devant les majorettes et les haies de fans représentant toutes les couches sociales de la nation, ressuscitées pour l’occasion.

Nos rues, boulevards et grands carrefours magnifiquement  nettoyés ; les grands sorciers et marabout du pays auraient pour une fois travaillé en symbiose pour suspendre les dernières pluies du mois de juillet; j’imaginais le drapeau français flotter sur le palais des congrès. J’ai même poussé mes illusions si loin que j’ai imaginé François-président sur une moto 125 (pas un scooter) sillonnant clandestinement Lomé la nuit, avec moi comme guide. Croyez-moi, j’aurais fait volontiers le voyage express Canada-Paris-Lomé juste pour ça.

Mais malheureusement, les illusions portent bien leur nom: elles ne se réalisent jamais. François-président n’est pas venu. Il a préféré aller ailleurs.

Pourquoi François-président, tu nous évites ? Pourquoi tu ne viens pas en tournée à Lomé ?

Tu vois François-président, tu aurais pu être la star à Lomé, même devant Adébayor ; on t’aurait tout donné.

Si c’est pour éviter d’apporter ton soutien à l’homme de l’émergence, pouvons-nous te comprendre ? Oui!

On t’aurait laissé nous sermonner au nom de la démocratie; on t’aurait laissé dire ce que tu veux, sans t’intimider ou te menacer avec nos forces armées et notre agence nationale de renseignement.

On t’a entendu louer notre voisin de l’est, le Bénin -avec tonton Boni– et sermonner de loin les autres (Tonton Pierre du Burundi par exemple).

Nous aurions espéré t’entendre chez Papi Eduardo en Angola, mais nous te comprenons, il faut aussi faire les choses au nom de l’économie. En ce temps de crise, il vaut mieux éviter de contrarier le Papi Eduardo. Pour la France, ton cheval de bataille est l’emploi. Angola-gate, paix à ton âme.

Parlant d’économie, on aurait pu aussi te donner des contrats au Togo; pour toi, on aurait fait  attendre les chinois, on t’aurait donné la priorité au nom de l’économie. Les patrons de sociétés françaises auraient pu être choyés, comme Bolloré, car nous avons aussi des chantiers. Nous sommes aussi – il parait- en croissance, et, au nom de la France, tu peux aussi avoir confiance – à tes risques et périls- en l’avenir économique du Royaume Togo.

Même le Cameroun t’a vu, avec Grand-papa Paul et il parait que vous avez parlé du grand Héros Ruben Um Nyobe. Notre « père de la nation », aussi un recordman de longévité aurait souri dans sa tombe en te voyant assis dans les fauteuils cossus du palais du « Roi » Paul. À Lomé, tu aurais pu aussi essayer les canapés de notre nouveau palais présidentiel, et en profiter pour  dire à l’homme « FAURE « de l’émergence togolaise, premier fils de la nation, que les petits togolais ne veulent pas, par pitié, vieillir avec lui.

Comme tu n’as pas pu aller sermonner personnellement tonton Joseph (ou bien l’économie a eu la priorité en RDC ?), nous espérons quand même que tu lui glisseras quelques noms, par téléphone. Au nom des droits humains, qu’il laisse sortir les jeunes du mouvement « Filimbi » et leurs amis.

Espérons aussi que tu pourras causer aussi par téléphone au gentil grand-tonton Dénis du Congo; ce n’est pas mal du tout, tous ses mandats; son peuple n’a pas besoin de nouveaux troubles. Nous savons que la francophonie est déjà prise mais peut-être que tu pourrais lui proposer un poste de président de la secrétaire générale de la Francophonie ? Tout le monde n’est pas Tonton Blaise du Burkina Faso.

Au nom de la lutte contre Boko Haram, pourquoi l’oncle Idriss ne n’a pas vu à Ndjamena ?

En tout cas François-président, j’ai été déçu de ce rendez-vous manqué, mais je continuerai à te soutenir pour un nouveau mandat, à te parler de démocratie et de droits humains au Togo et en Afrique.

Je suis content que le fétiche togolais a bien marché pour régler un peu  ton problème d’impopularité en France.

La prochaine fois, tu pourras venir nous voir.

Ton fan de toujours, Jeogo .

Kèdèèè !

 

 

 

 

 

 

 


Le chômage à la togolaise

Déjà à l'université, on s'entraine pour affronter la galère du chômage
Déjà à l’université, on s’entraîne pour affronter la galère du chômage

 «Eh ! Toi là-bas, oui toi, chômage… laisse-nous tranquille !»

 Tu te réveilles le matin, tu fais ta prière (à qui tu veux), et tu sors de la maison pour commencer ton pèlerinage. Tu ne prends pas de taxi, ni de zemidjan, et surtout pas l’autobus Sotral (tu n’as pas envie de t’asphyxier dans cette jungle ambulante de gens prêts à t’arracher la tête pour trouver une place  » debout sur un pied  » (on peut des fois y expérimenter partiellement l’état d’être siamois).

Tu prends donc la vielle méthode, «la Johnny Walker», en attendant de faire réparer ta bicyclette : direction : centre-ville. Mais un petit arrêt s’impose, parce qu’il te faut ta potion magique pour faire l’aller du pèlerinage sans t’évanouir.

Tu t’arrêtes donc chez madame Lonlonno. Dans le coin, on la surnomme « Panoramix». Sa potion, la bouillie « Akassan » a du succès.

En te voyant arriver, la bonne dame assise derrière la marmite remplie de potion bouillante dit : « Mon fils, ça va ? Viens viens, tu n’as pas besoin de faire la queue comme tout le monde. Allez prends ça, elle te donne un bol plein de bouillie dans la main. Puis elle ajoute avec un sourire :  « Aujourd’hui, c’est double ration pour toi, juste pour toi, gratuit, ça va booster ton énergie, tu en as besoin ».

Tu remercies madame Lonlonno, et tu vas t’asseoir. Pendant que tu avales ta bouillie bien chaude, tu jettes un coup d’œil aux alentours, parmi les clients qui utilisent la même technique de «soufflage» pour dompter la potion «volcanique».

Quelques-uns parmi eux ont sans doute ton âge, mais on est plus vraiment dans la même catégorie ; toi tu es en pleine carrière de chômeur (temps plein), eux sont chômeurs à temps partiel et entrepreneurs l’autre partie du temps. Ils sont dans le business des deux roues, celui des taxis motos pris en bail chez un investisseur.

«Trois ou quatre années d’études supérieures pour finir sur une moto», mais au moins, tu fais quelque chose de ta vie en attendant.

Il faut être têtu comme une chèvre affamée

Le chômage enlève progressivement le brin d’espoir mais te fait avoir des mamans supplémentaires. Ah ! La femme togolaise, un cadeau du ciel, elle t’adopte sans problème.

 «Ewuuuuéééé! » s’écrit, madame Lonlonno (comme toute Togolaise digne de ce nom, elle sait exprimer son dépit dans un cri) «… Togooooo!  Que fais-tu de tes enfants maaa !? Nos jeunes souffrent hein ! Bonne chance mon fils hein, ça va aller hein, du courage ».

Ainsi, en montant sur le siège arrière du zed réquisitionné par madame Lonlonno pour toi, tu cries en laissant ton microbe de l’optimisme s’exprimer : « Quand, je serai PDG de Togo Telecom, je vous achèterai une villa à Togo 2000 ».

«EEh!amiiih! Vous entendez ça ? bientôt, je vais déménager dans les beaux quartiers », s’exclame avec joie la dame à la suite de ta déclaration publique.

Tu es en route, et tu pries pour que la journée qui commence soit décisive. Tu supplies aussi le zed d’aller doucement, tu ne veux pas crever avant de devenir PDG et de tenir ta promesse solennelle.

C’est comme ça que la journée commence, pleine d’optimisme, de potions magique,s de promesse future. Dans son milieu, on te voit déposer des CV confiés au Bon Dieu et à tes ancêtres; une petite promenade sur la plage pour laisser ton esprit s’évader loin de tout et regarder ton ombre tenter de se laisser avaler par la mer.

À la fin de la journée, on te voit revenir à la maison en longeant les murs. Tu repasses comme d’habitude par la bicoque de la mère adoptive que le chômage t’a trouvée; mais elle n’est plus là; sa journée aussi est finie, mais elle est certainement dans une église du coin en train de prier pour toi, pour sa villa, et pour le pays.

C’est ça le parcours d’un chômeur au Togo, une période qui te fait vieillir. Pour y survivre, il faut être têtu comme une chèvre affamée.

Un parcours digne des 12 travaux d’Astérix

Un parcours qui te fait changer de camp : d’abord « Dieu », ensuite « je ne crois plus en rien, sinon pourquoi me laisse-t-il souffrir comme ça ? » Enfin « Dieu est grand, il m’a fait trouver du travail ».

Un parcours jonché de mines style : « Tu veux épouser ma fille hein ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Heuuu! En fait, je suis à la recherche… »

« Ahhh! Ma fille veut épouser un recherchiste… vous allez vivre de quoi ? L’amour ne remplit pas le ventre hein ! »Bref, tes tentatives d’accouplement sont difficiles. Personne ne veut t’accorder la permission d’épouser sa fille. Le temps que tu fasses ton Téléthon pour remplir les conditions non négociables de la dote, c’est too late ! l’amour… n’attend pas le chômeur.

Le chômage est un virus qui menace la survie des jeunes Togolais. Il arrive sans s’annoncer et te met sur la liste des personnes en voie de disparition.

Un virus qui vous oblige à utiliser les gros moyens : la potion magique.

Un virus qui contamine tout dans votre vie.

Un virus devant lequel le fameux « sérum-ANP E» du gouvernement tremble.

Un virus qui prend en otage l’avenir de la jeunesse togolaise.

Dans ton chômage à la togolaise, tu te poses aussi ces questions : « Pourquoi, dois-je nécessairement avoir besoin de papa, tonton ou tata “bras longs” pour trouver du travail ? Pourquoi dois-je finir premier de classe ? Les premiers, venez travailler, les deuxièmes attendez votre tour, c’est cela ? »

L’un des éléments de la devise éternelle de notre pays est : Travail.

Travailler dur pour faire avancer le pays, mais aussi je le crois, avoir du travail, avoir la chance d’accomplir quelque chose. Nous en sommes loin, très loin.

Je vous l’affirme, le jour où ce virus arrêtera d’ouvrir la terre sous nos pieds, ce pays se mettra véritablement sur la voie de l’émergence que nous vendent nos gouvernants.

Kèdèèe!!!


Boko Haram : gros jurons de Maiduguri

Maiduguri, vue du Google occidental
Maiduguri, vue du Google occidental

Il y a quelques semaines, j’ai été témoin d’un miracle; j’ai vu Maiduguri, là où tout a commencé, apparaître sur une carte du monde.Elle est apparue subitement sur un écran dans une station de métro « occidental ».C’était un Maiduguri sans Shékau ,sa barbe qui gratte et son écran occidental, sans Jonathan « Bonnechance » et son sourire.Mais un Maiduguri avec moi en plein milieu.Et au lieu de verser des larmes de crocodiles, mon seul réflexe devant cette ville meurtrie et symbole d’une tragédie qu’on a laissé pourrir fut un juron, un gros juron originaire de Maiduguri .

Je me suis demandé quelle serait la réaction de Yusuf Mohamed là où il est ,face à ce qu’il a crée et qui provoque des souffrances à ses propres concitoyens, et des migraines à l’UA et au monde.Lui, jeune nigérian qui partit chercher l’inspiration de ce qu’il voulait faire dans la vie.Il prit donc la route, regardant la direction de sa foi, sur le chemin de son destin, qu’il ne savait pas encore tragique.Yusuf débarqua donc en Arabie saoudite pour un pèlerinage particulier.

Quelques temps après, le jeune Yusuf revint dans son Nigeria natal par la petite porte.Mais il était différent, et dégageait quelque chose d’indescriptible.À Maiduguri, Yusuf commença la mission pour laquelle il était revenu : transformer le Nigéria, avec ou contre son gré, car pour lui, son pays n’était pas tourné vers la bonne direction.

Plus question pour les petits nigérians d’aller se poudrer les visages de craies, apprendre one, two, three… et les A, B,C,D….Non à l’éducation exportée par les blancs :Tous à l’école coranique.

Pourtant , Yusuf, qui sans doute avait perdu le sens de la réalité, a oublié qu’à la fois l’éducation et les méthodes qu’il voulait imposées et celles qui ont été exportées par le colon des décennies plus tôt, n’avaient rien d’authentiquement nigériane.

Malheureusement « Boko Haram«  est né.

Personne ne prenait au sérieux ce qu’on appelait « secte« .Puis un jour poussiéreux de juillet 2009, Maiduguri connut le pire : des cadavres par ci ,des blessés par là.Dans cet amas de cadavres , gisait aussi Yusuf, zigouillé par les forces nigérianes.Mais ça, c’était au temps de Yar’adua, parce que celui de « Bonnechance » va venir en 2010.

Cela a fait du bruit, et les médias en ont parlé.Le Nigeria, quant à lui, pensait en avoir fini.Tout le monde a donc réinstallé son miroir d’illusion.

Mais comme le diable est dans les détails, Boko Haram a su renaître de ses cendres, grâce à une main invisible qui chie et lance du « Money money« . Ce « money money«  invisible a fini par trouver la main de Shekau qui aime passer à la TV.Même s’il veut éradiquer l’éducation occidentale, ce dernier aime l’écran « Boko ».Il adore se filmer dans sa petite brousse du nord nigérian.Peut-être que dans une autre vie , il a été présentateur à la Télé ou acteur défilant fièrement sur les tapis vert de Nollywood et rouge d’ Hollywood.

Pendant ce temps, son excellence Jonathan « Bonnechance » célébrait somptueusement le mariage de sa « daughter » avec notamment des Iphones plaqués or.Après tout,cela n’arrive qu’une fois dans la vie; les pannes électriques , délestages , Lagos qui aime jouer à son festival préféré de groupes électrogènes, toutes ces choses-là par contre ,peuvent durer éternellement.

Shékau , se plaît de plus en plus devant la caméra .Pourtant il n’a pas l’attention qu’il voudrait; il a zigouillé des jeunes étudiants dans des écoles et internats mais , quelque chose coince : on ne parle pas de lui.

C’est à ce moment que la main invisible lui rend visite dans son sommeil pour lui montrer la voix de la célébrité mondiale.Ainsi vint l’épopée « Bring back our girls » avec sa Twittomanie et sa Facebookfolie ;ses gens célèbres qui se prennent en photo avec une pancarte;des politiciens qui passent à la Télé hurler et promettre; des associations qui sortent de terre;Tout le monde a voulu montrer sa solidarité.

Avec son gros coup maléfique, Shékau qui aime tant les écrans, a finalement réussi à faire le tour du monde en quelques jours sans sortir sa barbe qui le gratte de plus en plus.Le Nigeria ne lui suffit plus.

« il faut voir grand » lui dit la main invisible.

Jonathan »Bonnechance », lui, n’est pas content , il désapprouve ce genre de publicité.Même si c’est gratuit,l’image de son pays en pâtit.Il est furieux.Comment des illuminés ont-ils fait pour enlever des centaines de jeunes filles sans laisser de trace?

Devant, les parents des filles, des coups de fils, des gens célèbres qui lui rendent visite, « Bonnechance » comme un fin politicien, rassure et promet .

Malheureusement , « Boko haram«  continue sa résistible ascension…

Aux dernières nouvelles,Shékau continue sa carrière de terroriste devant la caméra occidentale. Jonathan « Bonnechance » est en pleine campagne (avec son arme fatale : son sourire qui apporte la chance) pour assurer son chaud fauteuil de président. Yusuf, lui, continue son voyage sous nos pieds.De nouveaux acteurs sont apparus : l’UA qui aime les bons discours et les gros mots, le Cameroun et son roi lion qui finalement a commencé par rugir face à la menace, et les autres…

Mon histoire  de jurons de Maiduguri ne s’arrête certainement pas là.Qui vivra verra.

Kèdéèè!!!


Togo : comment je suis devenu l’héritier de l’indépendance

Mon drapeau, mon beau drapeau!
Mon drapeau, mon beau drapeau!

Ouf! J’ai pris une pause imméritée d’une dizaine de jours. Bon, si vous ne le saviez pas, je me prépare à fêter. Non, ce n’est pas mon anniversaire; je fête actuellement l’un des plus importants moments de l’histoire du Togo. Aujourd’hui , j’ai pleuré-nous, togolais, sommes très émotifs– j’ai ri, j’ai fait un trio spécial : manger, manger, manger ; enfin, tout combiné quoi !

C’est le jour de l’indépendance, le 27 Avril, Vive le TOGO !!!

Petite confidence, j’ai ma propre histoire rattachée à toutes ces années de commémoration de l’indépendance, et c’est tout ça que je fête aujourd’hui . Que des souvenirs !

Cette fête m’a accordé la liberté de m’asseoir sans crainte.

« Cette fête nous a permis de survivre pendant les périodes difficiles… de reprendre des forces » : Éwoééé ! Voilà mes fesses qui parlent. Après tout, ce sont les premières concernées dans ce souvenir qui me plonge sans mon consentement dans l’enfance de l’école primaire : Quelle époque !!!

Le 27 Avril a toujours été très spéciale pour moi : C’était un répit de l’école, un temps pour reposer mes fesses, oui !mes chères petites fesses que le maître d’école prenait pour un   tam-tam…

Finalement, je réserve ce chapitre pour une autre fois .Mais sachez que si mon maître et son serviteur (le bâton)  nous  avaient suivi, mes fesses et moi, certainement qu’aujourd’hui, que je le veuille ou non, je serais Président de la République avant l’âge et mes fesses, elles, seraient couvertes de caleçons griffés Yves Saint-Laurent. Qui aime bien, châtie bien!

C’est aussi une époque où les seules choses qui m’intéressaient  sur un  calendrier, ce sont les jours fériés et leur positionnement .Le Jackpot, ce sont les week-ends prolongés, et les cadeaux chômés-payés  du feu-général.

27 Avril, c’est chacun son plan, chacun son profit, chacun sa gueule de bois, chacun ses maux de tête :

C’est par exemple, le jour où les Grand theft Auto-moto-porte-monnaie maximisent leurs profits à la plage. Mon ami, le business d’abord; dans ce métier, le jour de fête est c’est l’horaire Temps plein.

C’est le jour où les filles sont cooool, le sourire au rendez-vous ; même quand tu trembles, tu peux leur adresser la parole sans qu’elles t’envoient au Pandémonium avec un seul juron.

C’est Noël en plein mois d’Avril.

Allez Trèves de bavardages, je n’ai plus 10 ans, et mes fesses sont émancipées depuis longtemps… et depuis que j’ai attrapé le microbe de l’optimismeça ne tue pas hein ! –  ma vision a changé, l’indépendance n’est plus une histoire d’enfant ou d’ingénu, c’est bien plus important.

Je dois une reconnaissance éternelle aux pères, mères, fils et filles, qui ont sacrifié leur temps, leur énergie et leur vie pour ce jour.

Je leur demande aussi pardon, car nous avons oublié que pour eux, Indépendance n’était pas juste un mot, une retraite au flambeau et un discours au journal de 20h.

Nous avons oublié qu’Indépendance ne veut pas dire : manger, boire, vomir et aller dormir.

Nous avons oublié que le 27 avril est le symbole d’une indépendance « retrouvée », parce que l’indépendance, mon ancêtre l’avait bien avant qu’un aventurier allemand nommé Nachtigal (paix à son âme) ne se perde sur une côte d’Afrique occidentale à bord de la SMS MÖWE.

Togolais qu’avons-nous fait de cette indépendance? Qu’avons-nous fait de l’héritage qu’on nous a laissé ? Que voulons-nous faire de cette nation pleine de rêves et de courage ?

Bonne fête de l’indépendance à tous et à l’année pro…

Kèdèèè !!!


Togo : quand je serai grand, je serai sapeur-pompier !

Grand-marché de Lomé en flammes. pompier je t'ai soutenu et je te soutiendrai
Grand-marché de Lomé en flammes.
Pompier togolais, je t’ai soutenu, et je te soutiendrai!

Il y a eu un incendie dans une maison à Lomé récemment. Et comme d’habitude, les gens sont mécontents parce que nos combattants du feu n’ont rien pu faire. Il faut dire qu’à Lomé, les gens ne respectent pas les sapeurs-pompiers, on les traite d’inutiles.

J’ai observé un spectacle saisissant dans le voisinage d’un ami dans une ville nord-américaine, lors d’un incendie dans un appartement. J’ai vu une armée de pompiers; j’ai vu des types habillés comme des cosmonautes (en jaune) arriver.

Eh! Ils n’ont pas eu pitié du feu là hein! Ils ont cassé ce qu’il fallait casser, brisé ce qu’il fallait briser, sauvé ce qu’il fallait sauver, et le travail était fini.

Nous avons tous applaudi et chacun a continué son chemin. J’étais ébahi ; et comme j’avais l’habitude de dire dans mon enfance lorsque je voyais Chuck Norris revenir indemne d’une guerre après avoir sauvé tout le monde : Eh ! Le Blanc est puissant !!!

Je comprenais enfin pourquoi le petit-Blanc rêve souvent de devenir pompier.

Retournons à Lomé, où devenir un  jour pompier ne fait même pas partie des cauchemars des enfants togolais : pompier ééh ? C’est quoi ça ?

Donc, sous d’autres cieux les sapeurs-pompiers sont de véritables héros, respectés; ils gagnent assez bien leur vie : c’est une vocation.

À Lomé, en cas d’incendie, quand vous appelez les sapeurs-pompiers, il faut prier, vraiment, pour qu’ils arrivent à temps.

Ils doivent d’abord remplir leur camion d’eau (je ne sais pas comment ça s’appelle). Ensuite, il faut qu’ils trouvent le chemin pour arriver sur les lieux.

C’est vrai quoi! Pour vous aider, les pompiers doivent d’abord arriver sains et saufs. Si vous ne le savez pas, il y a des obstacles qui n’ont pas de noms dans les ruelles de Lomé.

Ah! J’allais oublier, Google Map a du pain sur la planche chez moi à Lomé.

Lisez-moi ça ! Et vous serez témoin d’un parcours de sapeurs-pompiers :

-Les pompiers : Euh! C’est où le feu dans le quartier ?

-un passant : Oh! C’est derrière ̎Chez Tonton  ̎ !

-Les Pompiers : C’est quoi ̎ Chez Tonton ̎ ?

-un passant : C’est un magasin d’alimentation générale

-Les pompiers : Ok! Et on fait comment pour arriver là-bas?

-un passant : Bon ! Continuez tout droit! Après deux corners – c’ est comme ça que nous appelons les intersections de rues – vous tournez à gauche; vous allez voir un mécanicien; tournez à droite encore, puis prenez le deuxième corner, c’est là-bas, juste à côté de la maison d’Ankounô, la vendeuse d’Ayimolou (riz au haricot).

Pendant ce temps le feu est content, il se marre devant les gens qui tentent de l’éteindre avec leurs bassines d’eau.

Les pompiers finissent par arriver après avoir franchi tous les obstacles : contourner un dépotoir en pleine rue qui ne dérange personne, puis le marécage qui s’est installé en pleine rue et qui ne tarit jamais.

Ils sont donc là (mais ce n’est pas une armée), le feu aussi; on va voir qui gagnera.

Chacun fait de son mieux, mais à un moment donné quelque chose d’inhabituel arrive : l’eau des pompiers est finie. Le feu reprend de la puissance.

Un des futurs sinistrés ne craignant pas pour sa vie, mais pour l’écran plat neuf acheté il y a une semaine crie : « Awô, ma Samsung –laaa, s’il vous plait pompier-chef, sauvez-la ! »

La réponse du pompier : « Faire quoi? Tu me prends pour un kamikaze ? Vas-y toi-même, on va te regarder. »

À la fin les flammes ont eu raison de la chambre du gars, de son écran plat, de tout.

Tout ça pour dire que la réalité des pompiers togolais n’est pas simple. Ils sont sous-équipés, et manquent de formation.

Personnellement, je ne connais qu’une seule caserne de pompiers à Lomé, leur quartier général; je ne sais pas s’il y en a d’autres. Comment vouloir que les pompiers arrivent vite sur le lieu d’un incendie s’ils doivent traverser la ville entière ?

Je le répète, pour combattre le feu, il faut des gens motivés et bien équipés.

On n’a pas les moyens !

Les autorités togolaises doivent alors faire un choix : acheter des gaz lacrymogènes et autres conneries antiémeutes ou bien équiper et former nos sapeurs-pompiers à la hauteur de leur tâche.

Et qu’enfin l’enfant togolais puisse dire : « Quand je serai grand, je serai pompier »

Kèdèèè!


France : François Hollande, tu as besoin d’un fétiche togolais !

(capture d'écran):Les guignols de l'info
(capture d’écran): Les guignols de l’info

« S’il y a un fétiche protecteur dans le foyer, l’impopularité ne pourra jamais vous atteindre. »

Cher François, monsieur le Président, ceci n’est pas une lettre, mais plutôt une confidence.

Il y a environ 22 mois, à ton arrivée à la « magistrature suprême », j’ai constaté avec surprise que tu n’étais pas vraiment riche, et qu’un seul château-résidence secondaire d’un acrobate togolais pouvait facilement engloutir toute ta fortune.

Depuis lors, je me suis senti concerné par ton sort, par tout ce que tu fais ou pas. C’est comme ça que j’ai appris que tu es très impopulaire. Déjà!

Les médias ne parlent que de ça : sondages relatifs à ton taux de popularité. Même les guignols de l’info s’en mêlent.

Je pensais que ça allait s’arranger. Malheureusement, je me suis trompé; et le verdict est tombé aux municipales : la vague bleue est passée par là. Les choses vont de mal en pis pour toi.

On dit que tu es le président le plus impopulaire de la Ve République.

J’ai essayé de comprendre POURQUOI les Français ne t’aiment pas ou ont cessé de t’aimer en aussi peu de temps, en utilisant quelques critères tirés d’un historique personnel :

  • Tu n’es pas riche, tu es un homme simple et tu n’as pas de château comme à Lomé
  • Je ne sais pas si tu as un garage climatisé, parce que ça existe aussi à Lomé
  • Dis-moi, as-tu déjà caché de l’argent dans un puisard ? je ne crois pas, parce qu’il y a des histoires comme ça à Lomé
  • Es-tu démocrate ou Démoncrate ? Chez moi les deux existent. C’est long à expliquer; disons que c’est l’étape ultime de la démagogie, une fusion entre Dic… (Heu ! Le mot refuse de s’écrire) et Dé… (ce mot aussi) : je ne veux avoir des problèmes.Peux-tu voir si Le Petit Robert et Le Larousse peuvent insérer « Démoncratie » dans leur édition de 2015 ?
  • Je ne crois pas non plus que tu sois expert agrégé en élections transparentes, parce qu’un expert ne perd jamais.
  • Ahan! Tu ne tiens pas tes promesses ? Je ne sais pas.

 Tu ne réponds pas à ces critères. Je ne sais pas ce qui peut expliquer tant d’impopularité.

Alors, j’ai réfléchis, j’ai consulté quelqu’un pour ton compte –son nom est invisible– et finalement trouvé la solution à tes problèmes :

Tu as besoin d’un fétiche, un puissant Fétiche togolais.

Oui! Un bon fétiche! C’est ce qu’il te faut, ça t’apportera l’amour du peuple français.             Un remaniement ministériel ? Pouf! Ça ne règlera pas le problème.

Avec, un puissant fétiche, tu deviendras magicien, un vrai, tu pourras transformer les chiffres : taux de chômage, taux de croissance, taux de popularité, etc.

Un fétiche, s’il le faut, endormira de gré ou de force les Français. Ça marche dans le rectangle togolais, ça marche dans le parallélogramme africain, pourtant, nous sommes des initiés et nous avons la tête dure. Ça marchera à coup sûr dans l’Hexagone.

Chacun ira s’occuper de ses oignons et te laissera tranquille pour redresser la France.

Tu sais, un fétiche aurait prévu longtemps à l’avance l’affaire Cahusac et tous ses tralalas, pour éviter que tu le nommes ministre.

Avec un bon fétiche, tous les jeunes Français deviendront entrepreneurs : en tout cas c’est ça la solution miracle dans mon rectangle togolais. Ceux qui ne voudront pas, peuvent partir à l’aventure avec leurs maux de tête et pousser leurs jurons là-bas…

Alors, François suis mon conseil, parce que 2017 s’annonce très mal pour toi.

Pour un fétiche, il n’est jamais trop tard, tu pourras garder ton fauteuil pour un autre mandat, et si tu le désires, comme cela se fait dans le parallélogramme africain, être « Président à perpétuité », mais je ne sais pas si les gens de l’Hexagone aimeront. En plus l’Union européenne, ce n’est ni la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) ni l’Union africaine.

Tu peux venir à Lomé quand tu voudras, mais sans ton scooter, parce que je ne garantis pas sa sécurité. Aucun antivol ne peut résister aux Grand Theft  Auto-Moto de Lomé.

Hein! Prends plutôt un Zémidjan, c’est Radio Togo national et international, donc tu n’auras pas besoin d’Internet pour t’informer ou twitter. En plus, il connaîtra sûrement un féticheur désigné. Dis au Zed  d’aller mollo, car, assurance maladie? On ne connaît pas à Lomé, c’est chacun pour soi et Dieu pour personne au CHU.

Tu devras bien expliquer ton problème au Féticheur. Ton prix sera le sien, au nom de l’amitié qui unit nos deux pays, et qui a uni tes prédécesseurs de la Ve République à notre Père de la nation. Et aussi parce que tu n’as pas abandonné la Centrafrique et le Mali.

Tu trouveras le fétiche qu’il te faut à Lomé. Celui qui te permettra aussi d’enterrer le Front national; aucun féticheur ne les aime ici : c’est mauvais pour les affaires franco-togolaises et franco-africaines. Peut-être que  le féticheur te demandera un petit service de temps en temps : un visa, juste pour faire du tourisme. Tsoh!! Il ne va pas durer!!!

Voilà donc la solution à tes problèmes : un Puissant fétiche. Et rappelle-toi du mot magique pour y avoir accès : « Bokônô »; je répète : « BOKÔNÔ ».

Et encore une fois, du courage!

Signé, ton fan, Jeogo l’ambassadeur de Lomé, depuis l’Amérique du Nord.

Kèdèèè!


Togo : Politicien, quel genre d’acrobate es-tu ?

Photo montage
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J’ai appris cette semaine qu’un homme politique togolais , a décidé de dire au revoir à ses nouveaux amis.

J’ai voulu en savoir plus, alors, j’ai appelé un ami ,en me disant : lui, devrait savoir. Et j’ai été servi :

«  Et alors !Toi là! Arrête de me donner des maux de têtes avec ces histoires .Il n’y a rien à comprendre.Tous des acrobates!!!…Eh! avec tous tes maux de tête, tu continues, tu es vraiment têtu.Dans ce pays maintenant, c’est chacun pour soi,tu manges ou tu te fais manger.Leurs histoires de politiques là-( un juron)-ce n’est plus mon problème… »

Mon ami aura tout vu dans notre Togo, plus rien ne l’étonne .C’est un traumatisé.

 Il a poussa un juron et nous avons changé de sujet.

Acrobate ? ça m’a rappelé un billet de Togocouleurs, dans lequel le PM était qualifié de « Caméléon politique ».

 Le PM, n’est pas le seul.

 Au Togo, la politique est un sport acrobatique.Chacun fait ce qu’il peut pour donner un bon spectacle tout en faisant attention de ne pas se briser les os.

 Les Propposants:(Euh!ce mot vient directement de mon dictionnaire personnel)

Ce sont les collaborateurs invisibles du Premier fils de la nation-chef de son État. Ils PROPOSENT au Chef de l’État, leur participation au gouvernement d’Union Nationale et donc un poste de Ministre (le rêve).

 Les opposants

Dans ce groupe, on peut trouver l’opposition radicale -je ne sais pas qui leur a donné ce nom-les membres ne se font pas confiance.

Ça promet , ça promet, mais le père Noël ne passe jamais.

Information : on peut voir les plus courageux et assidus à la plage tous les samedis.

 Lépervier déplumé

C’est le frère de la nation qui a voulu être le Premier Fils du pays à la place de l’original.S’il est chanceux,on le reverra.

 Le professionnel international

Il a une expérience chez les Yovo (blancs). On ne le voit et ne l’entend que tous les 5 ans.Pas avant , parce qu’il est très occupé dans son autre pays.

 Le blessé de guerre 

Ancien propposant ou pas, ce qui est sûr , c’est qu’il a pris la brousse, ou, par pirogue, il a traversé un ou deux marigots pour se retrouver au Bénin ou au Ghana.Ensuite, un avion pour aller goûter à l’hiver français ( c’est la France qu’on connaît !!!).

Pourquoi? Parce ce qu’il a fâché Quelqu’un.

 Les chasseurs de primes 

Ils n’ont ni favori ni sauveur.Ils offrent leur service au plus offrant.Tu paies, ils te suivent.Tu ne paies pas , ils iront voir ailleurs.

 La petite histoire

 « … Tu vois un bonhomme crier à en perdre la respiration  » c’est ça ou rien,votez pour le Coq votez pour le Développement  ».À côté de lui, un coq blanc (la mascotte) qui se croit au paradis, parce qu’il savoure du maïs séché à volonté.Le message est clair :  »nous allons manger le Général et son Maïs » ( l’emblème des Rassembleurs).

Tout le monde applaudit, parce que chacun essaie de visualiser son futur :  »Hum! avec le Développement qui s’annonce….. »

Mais comme dans ce Togo où les miracles prévalent sur la réalité, c’est le contraire qui s’est produit : le Maïs et le Général ont dégusté du poulet bien braisé.Quant au Développement ….

Quelques années après, le bonhomme réapparaît ( il a connu d’autres acrobaties avant que le Général-Père-Président ne casse sa pipe).Le Premier fils de la nation remplace le Père ; il est Faure,et il fait naître la Colombe (emblème) qui ne mange pas de Maïs.Son but est d’ UNIR tout le monde.

Notre bonhomme acrobate ne veut plus souffrir sans son Coq,après tout, Oiseau c’est oiseau. il devient PM.

– Il faut faire la Réconciliation!

-Mais PM, ça va être quand ça ? Et le Développement?

-Mon pti, tout est en marche !!! »

 (To be continued)….

 C’est ça la politique Made in Togo.Quand ça te prend, tu ne peux plus y échapper, les maux de tête commencent, et les jurons, et ….

Je me suis longuement demandé comment raconter un tel traumatisme.

Mon ami m’a donné ce conseil : « utilises l’option Terre à terre, sinon tu vas les faire pleurer »

C’est ce que j’ai essayé de faire, sans aucune volonté d’offenser.

Pourtant c’est vrai : toutes ces acrobaties me donnent  souvent envie de pleurer…

 Kèdèèè ./


La Une des médias : Centrafrique 0 – Ukraine et Loi anti-gays 3

Photo montage
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J’ai du chagrin, je suis un peu en colère. Les gens vont dire que je suis jaloux, mais hoooo! Je ne vais pas maigrir.

La faute à l’actualité, la faute aux médias et tout leur tralala.

Depuis plusieurs jours, lorsque j’allume la télé : UKRAINE

À la radio, la chaîne d’information que j’ai captée, diffuse une émission au cours de laquelle, des gens plus ou moins célèbres sont invités à parler d’eux, à donner leur opinion sur un sujet d’actualité, etc. C’est un genre de « Talk-Show » télé et radiodiffusé très suivi ici.

Petite précision : tout ça se passe pendant que je me trouve dans le froid polaire nord-américain.

Durant, l’émission, une journaliste et un spécialiste aussi invités, vident leur sac et sortent le mot magique : UKRAINE.

Sur le plateau, ils s’indignent tous de la situation, ils sont remontés contre Vladimir,« …c’est la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, sauf en  Bosnie qu’on voit autant de morts dans les rues en Europe…c’est inadmissible ». Ils ne sont pas Ukrainiens, mais en tant qu’humains, ils sont révoltés.

Ma tension monte. Je pousse un juron pour faire passer la frustration. Au plus profond de moi, je compatis aussi aux durs moments que vit le peuple ukrainien. Je zappe un peu… puis j’éteins la télévision avec un autre juron. Et je vais dormir. C’est dimanche.

Le lendemain, c’est la même rengaine, les médias nord-américains ne parlent pas de la tragédie centrafricaine.

Pour moi ça sous-entend : « Des Africains qui s’entretuent , ce n’est pas nouveau. On s’en fiche. Quand ça atteindra au moins 800 000 morts, on ira faire quelques reportages et on pourra aussi interviewer deux ou trois salopards futurs pensionnaires de la CPI (Cour pénale internationale ».

Les médias sont très puissants ici, et très souvent l’opinion publique s’y réfère pour avant d’agir ou de réagir. Les gens ne prennent conscience des tragédies qui ne se déroulent pas chez eux que lorsque les médias en parlent et en reparlent.

Au moment où je rédige ce billet (à la va-vite), c’est la loi anti-gays en Ouganda qui fait la manchette des médias sur le plan international ; et le « petit Yovo (blanc) » essaiera de savoir dans quel coin du monde se trouve ce pays. Quant à son président Yoweri Museveni, je l’imagine en train de pousser un énorme juron de satisfaction pour sa soudaine impopularité .

Pendant ce temps, ici, le massacre de jeunes collégiens au Nigeria est passé inaperçu ; pendant ce temps les Centrafricains essaient de survivre.

C’est parce qu’on parle des drames et qu’on les dénonce qu’on peut les arrêter.

Alors, chers médias, montrez plus d’attention s’il vous plaît !!!

Kèdè ./


Mandéla: un Héros qui vient de s’en aller !

Nelson_Mandela-2008_(edit)

Ce billet est une réédition de Le courage du Héros mandéla, que j’avais publié en Juillet dernier.

Aujourd’hui, j’apprends que le héros vient de s’en aller; et c’est très humblement que je réédite ce hommage.

Mes yeux de petit garçon africain ne comprenant encore rien au monde, ont vu à la télé un vieil homme grand et souriant, le poing levé vers le ciel.

Mes oreilles  de jeune adolescent ont entendu tant d’éloges à propos de lui, de son combat, de son sacrifice et de ce qu’il représente pour son pays.

Ma pensée de jeune homme a parcouru sa vie à travers plusieurs œuvres littéraires dont  le formidable Mandela’s way : fifteen lessons on life, love, and couragede Richard Stengel ; et le très inspirant Conversations with myself, de Mandela lui-même.

Mandela a souffert, beaucoup, vivant l’oppression de son peuple, il a connu la prison, vingt-sept années: cet homme a failli être détruit; mais il a tenu bon parce qu’il croyait fermement que sa lutte était juste et légitime, il croyait au bon combat.

Mandela avait compris qu’il pouvait utiliser l’arme la plus forte pour gagner : l’AMOUR

Il a su convertir une possible haine en amour; transformer la colère en irrésistible  sympathie.

Mandela a su choisir l’espérance en une Afrique du Sud meilleure, un pays sans Apartheid; il s’est, avec courage, mis au service de son pays, sans arrière-pensée, mais en toute humilité.

Le véritable héros est  aussi celui qui sait dominer sa colère et sa haine

Mandela en est la preuve vivante. C’est pourquoi il est un exemple à suivre, et qu’il fait la fierté de son pays et de son continent.

Tous ces hommes et femmes d’État actuels ou futurs à travers l’Afrique, devraient trouver en lui l’inspiration et le courage nécessaires au moment de prendre des décisions, et gouverner non  dans l’oppression et la haine mais plutôt dans l’amour et la justice. Ainsi, ils trouveront, au plus profond d’eux-mêmes, le héros qu’ils devraient être pour leur peuple. Il n’est jamais trop tard pour ça.

Nelson Rolihlahla Mandela, est et restera légendaire dans le cœur des gens. Et quelle que soit l’issue de son nouveau combat, il l’a déjà gagné, c’est pour cela qu’il restera ÉTERNEL.

Hommage à tous ces héros et héroïnes connus ou dans l’ombre, qui chaque jour, avec courage et amour, contribuent à rendre ce monde meilleur.

Au moment où je réédite ce billet, Mandéla vient de gagner son dernier combat.Pour une rare fois je finis par ces mots en anglais:

One Legend,one Africa.
Mandela Has Win His Last Contest.
Africa Has lost A hero,but The man Still an Inspiration.HE showed us to be proud to be black,to be african.He showed us love and forgiveness.Bye Bye Madiba.