ABIDJANAIS

Tabaski: Astuces pour réussir la fête !

C’est ce samedi 4 octobre que se célèbre, chez moi en Côte d’Ivoire,  la fête de Tabaski cette année. Nous avons pour habitude de célébrer la fête du mouton, comme on la surnomme, avec nos amis musulmans. Mais comment se passe cette fête pour certains non-musulmans comme moi ? Voici des petites astuces pour « abuser » du mouton de vos amis. 

1 – Le repérage

A quelques jours de la fête, commencez à faire la liste de vos amis que vous savez musulmans. Il y a plusieurs moyens pour les repérer. Le premier moyen, le plus efficace, c’est de faire une publication sur facebook ou Twitter avec le bon hashtag bien sûr. Pour la circonstance le hashtag préconisé est #Tabaski

2 – Le tri  

Après la publication, un tri doit être fait parmi les commentaires. Il est important de mettre un accent particulier sur les amis qui sont effectivement musulmans et les classer par ordre d’affinité.

3 – La confirmation

Après le tri, avoir une confirmation d’invitation devient primordial. Il faut alors les isoler en message privé sur Facebook, soit en Direct Message Twitter ou même SMS. Dans le cas extrême, vous pouvez employer la manière forte: l’appel téléphonique. C’est sûr que l’un de vos prospects cédera. 

4- Le planning

Il n’y pas de planning à faire quand vous avez une seule invitation. Mais il peut vous arriver d’avoir deux, trois voire même quatre invitations. Dans ce cas, un vrai planning s’impose.  Et oui pour ne rien manquer, il faut un programme avec une trajectoire circulaire pour faire d’une pierre plusieurs coups. 

5 – La fête !

Le repérage, le tri, la confirmation et le planning effectués, vous pouvez vous rendre chez vos hôtes le jours j avec la certitude de les « soutenir » dans cette tâche difficile qu’est de manger du mouton le jour de fête.

Mais attention il y a des erreurs à ne pas commettre. Il faut éviter de tomber sous le charme d’un mets trop succulent et de trop manger; vous riquez de na pas finir votre course circulaire. Aussi faut-il avoir en tête que le mélange de trop de nourriture peut conduire à autre chose. Heureusement que le lendemain de la fête cette année est dimanche. Vous pourrez donc rester tranquillement vous coucher dans le divan en veillant scrupuleusement que la chasse d’eau soit bien fonctionnelle ; le nombre de tour que vous y ferez risque d’être conséquent. 

Bonne fête de Tabaski depuis Abidjan.


Côte d’Ivoire : les salaires des ministres cumulards

Avez-vous une idée de ce que gagnent individuellement un ministre, un député, un maire ou un président de conseil général ? Savez-vous qu’il y a des personnes qui cumulent au moins deux, voire trois de ces fonctions chez nous en Côte d’Ivoire ? Je les appelle des cumulards. Mais ce qui me pousse à écrire ce billet, c’est le salaire des cumulards. Je me demande en effet, combien peut toucher un ministre-député-maire-conseiller régional comme manne pécuniaire. Un article du Journal De l’Economie est éclairant à ce sujet.

J’ai pu au passage découvrir, dans ma petite enquête, que 25 de nos ministres sont des cumulards. Que touchent-ils alors comme salaire ? Je sais que les ministres ivoiriens touchent entre environ 3 830 000 et 5 750 000 francs CFA (du moins ce sont les chiffres officiels depuis 2010 sous l’ancien régime). Pour les députés, je ne connais pas les chiffres officiels, mais leur salaire oscillerait entre 1 500 000 et 1 700 000 francs CFA. Une simple addition nous donne alors une idée approximative du salaire du ministre-député. Oh que non ! Les choses ne marchent pas comme ça dans ce domaine. Quand tu es ministre, tu ne peux pas exercer ton mandat de député.

En Côte d’ivoire un ministre qui est élu député doit céder la place à son suppléant qui jouira de tous les droits et privilèges du député. La réciproque est confirmée. Donc le ministre-député n’a pas deux salaires comme je le pensais, mais plutôt un seul (celui de ministre). Mais Il est évident que lorsque le ministre est remercié, il reprend son poste à l’Assemblée nationale (une porte de sortie en quelque sorte). Quant au ministre-maire ou au ministre-président du conseiller régional, il jouit pleinement de ses indemnités liées à son poste d’élu local et son salaire de ministre. Ici il y a un vrai cumul de poste et de salaire. 

A votre avis que cherche un ministre-député par le cumul ? Puisque l’argent n’est pas le problème parce qu’il n’y a pas de cumul de salaire. Son trop grand amour pour sa région alors ? Cela reste à vérifier. J’espère que vous n’attendez pas que je vous dise que l’hypothèse de la porte de sortie au cas où il serait démis de sa fonction  ministérielle est la plus plausible là. En ce qui concerne le ministre-maire ou le ministre-président du conseil général, l’affaire reste à suivre… 

Que pensez-vous de ces cumulards ?


FPI, merci d’avoir donné le pouvoir à Ouattara pour pour 5 ans de plus !

Il arrive des fois où je me pose des questions pour savoir comment les africains ont compris la politique. Le comportement du Front Populaire Ivoirien (FPI), le plus « grand » parti d’opposition en Côte d’Ivoire vient me conforter dans ma position de penser que les africains ne savent pas vraiment ce que c’est que la politique. Je n’arrive pas comprendre pourquoi un parti politique qui veut revenir au pouvoir s’exclut entièrement de la scène politique nationale.

Au début quand le parti de l’ex président de la Côte d’Ivoire (Laurent Gbagbo) a boycotté les élections législatives pour protester notamment contre sa détention, je vous avoue que je n’avais pas vraiment compris. Mais je me suis dit que c’était un peu normal puisqu’ils avaient trop de membres « importants » en prison. Ensuite, contribuer au bien-être des populations n’était pas votre priorité; donc ne pas prendre part aux élections municipales était compréhensible. Je vous l’accorde.

Mais à analyser votre manière de faire, je me rends compte que seul votre mentor Laurent Gbagbo était le seul à avoir compris la politique. Je suis abasourdi quand je vois que Gbagbo est le seul moyen de négociation du FPI pour prendre part à la vie politique  ivoirienne. Revenir sur la scène politique ne vous intéresse pas vraiment sinon, vous n’alliez pas balayer toute participation aux activités politiques du revers de la main. Je digère difficilement les raisons qui vous ont poussé à quitter la Commission Électorale Indépendante. Si quelqu’un vous a fait croire que toutes ces manœuvres pourront contribuer à la libération de Laurent ou de Simone Gbagbo, il vous a fait bâtir un château de cartes sur une table mal équilibrée. Le vent viens, il s’écoulera votre château. Quand allez-vous comprendre que le fondateur du FPI est à La Haye pour un bon temps encore ? Laissez donc tomber votre faux de crédo de « Gbagbo ou rien » et avancez au rythme du pays. Si vous ne voulez pas le faire tant pis pour vous; le pays avance bien sans vous non ? Et ne compter pas revenir au pouvoir dans les 10 année à venir.

Soyez francs envers vous-même. Pensez-vous être capables de battre cette fusion que le RDR vient de faire avec le PDCI ? Non je ne crois pas ? Le PDCI-RDR sera trop fort pour vous en 2015, tant que vous ne saurez pas que c’est en vous unissant et cherchant des alliés que vous pourrez espérer quoi que ce soit. 2020 ? N’y rêvez pas ! Le PDCI-RDR par la voix de son représentant actuel, Allasane Ouattra, a parlé d’alternance politique en 2020. Si vous ne savez pas ce que cela veut dire, laissez-moi vous l’expliquer. En 2020 le RDR, parti au pouvoir pour deux mandats successifs (2010-2015 & 2015-2020), va laisser la place au PDCI pour au moins un mandat; toujours dans leur alliance de PDCI-RDR. Donc si vous êtes malins, laissez Gbagbo de côté et cherchez à gagner le cœur des ivoiriens pour espérer revenir sur la scène politique.

Sinon pour le reste vous nous agacez ! Salut chez-vous !

 


Mousser contre Ebola : mieux vaut du savon

Depuis environ plus d’une semaine en Côte d’Ivoire, le dérivé du Ice Bucket Challenge a été initié par la blogueuse Edith Brou pour sensibiliser les Ivoiriens contre Ebola. En copie de l’Ice Bucket Challenge, on ne se verse pas de l’eau glacée dessus, mais plutôt de l’eau mousseuse; d’où le nom du concept « Mousser contre Ebola ».

« Mousser contre Ebola » consiste à : se faire verser de l’eau mousseuse sur soi et à lancer un défi à trois personnes qui devront à leur tour en faire autant pour la poursuite de la chaîne des défis. Ils ont 24 heures pour réussir ce challenge. S’ils réussissent, celui qui a lancé le défi devra distribuer trois désinfectants par défi réussi à son entourage.  Celui qui ne le fait pas, sera traité de poule mouillée et devra partager 9 désinfectants (produit hydroalcoolique) pour les mains à son entourage. Dans le principe de Mousser contre Ebola, une personne ne peut être nominée deux fois.

Mais certains spécialistes prétendent que les produits hydroalcooliques ne tuent pas le virus. L’alcool est un antiseptique volatil – son action est limitée dans le temps. C’est un bactéricide (tue certaines bactéries), faiblement fongicide (élimine ou limite le développement des champignons parasites des végétaux), virucide (tue les virus) de façon variable et non sporicide (ne tue pas les spores qui sont des organes pluricellulaires comme le virus Ebola). Mais on peut utiliser un produit hydroalcoolique après un lavage des mains à l’eau et au savon. Cependant, un lavage réalisé immédiatement avant une friction en diminue l’activité et augmente les intolérances. En un mot les produits hydroalcooliques ne peuvent pas tuer le virus Ebola. Le savon reste donc le meilleur élément pour lutter contre le virus.

Je fais donc partie de ces personnes qui pensent que pour bien « Mousser contre Ebola », il est plutôt judicieux de distribuer des savons autour de soi plutôt que des produits hydroalcooliques. Dans tous les cas, depuis ce buzz médiatique qu’a généré « Mousser contre Ebola », les commerçants des produits hydroalcooliques ont revu leurs prix à la hausse. Il faut donc se rabattre vers le savon qui peut être moins coûteux et plus efficace. Certaines personnes l’ont compris, et j’espère bien que d’autres suivront leur exemple. Il est bien de « Mousser contre Ebola », mais mieux vaut payer le gage des défis avec du savon.

Mousser contre Ebola avec du savon.

Je ne pourrais finir cet article sans donner quelques conseils pour bien se laver les mains et pour lutter contre Ebola. Pour bien se laver les mains, il faut le faire suivant les images ci-après, plusieurs fois par jour pendant au moins 30 secondes (avant de manger, après une sortie de table, etc.). Il faut désinfecter tout à l’eau de javel et éviter de manger et de toucher les animaux de brousse, morts ou vivants.

Bien se laver les mains pour lutter contre Ebola
Bien se laver les mains pour lutter contre Ebola

N’oubliez pas de signaler rapidement tout cas suspect au 143 ou au 101, si vous êtes en Côte d’Ivoire. Pour plus de conseils, cliquez sur ce lien https://prevention-ebola.gouv.ci.

Tous ensemble on peut lutter contre Ebola !


L’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire forme au blogging parlementaire

Le vendredi 15 août 2014, l’Association des Mondoblogeurs Ivoiriens (AMI) en collaboration avec l’Assemblée Nationale Côte d’Ivoire, a organisé une séance de formation sur le blogging parlementaire au sein de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

L’AMI en collaboration avec l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, a organisé une rencontre de formation. En plus des blogueurs écrivant pour la plate-forme RFI-Mondoblog, certains journalistes confirmés de la presse papier, des étudiants journalistes et des web journalistes étaient de la partie.

Le sujet qui a rassemblée tout ce beau petit monde était « Le blogging parlementaire ». Est-il possible de parler d’un sujet que nous ne maîtrisons pas ? Suy Kahofi (blogeur chez RFI-Mondoblog), le modérateur du jour, nous a convaincu qu’il n’était pas possible de parler de blogging parlementaire si on n’arrivait pas faire la distinction entre Assemblée Nationale et Parlement – en un mot il fallait connaitre l’Assemblée Nationale; son historique et son mode de fonctonnement.

La séance a donc commencé autour de 09 heures GMT par un exposé, à nous, offert par Monsieur Dadi Martial, Assistant administratif au service débat parlementaire de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Il nous a donc instruit en long et en large sur l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Mais bien avant son intervention, un quiz pour tester les connaissances des apprenants du jour sur l’institution qui nous recevait, a été fait. Beaucoup d’entre nous ont pu se rendre compte qu’ils n’avaient qu’une idée vague de l’Assemblée Nationale et son mode de fonctionnement. Cette formation était donc à point nommé pour les participants.

Aujourd’hui, ceux qui ont bien suivi l’intervention de Monsieur Dadi devraient être à mesure de donner l’historique de cette institution depuis les conseils généraux d’avant les indépendances jusqu’à la forme actuelle que nous lui connaissons. Avec la pluie de questions qui tombaient sur le formateur de cet atelier, nous en avons appris un peu plus sur les députés et leur rôle dans la prise des décisions. Devant intervenir seulement sur l’historique de son institution, l’Assistant administratif au service débat parlementaire a été « forcé » de rentrer dans certains points concernant l’atelier à venir (le fonctionnement), compte tenu de l’orientation des questions. Quorum, questeur, projet de loi, proposition de loi, session ordinaire, session extraordinaire sont des notions qui ne nous sont plus étrangères.

A sa suite Suy Kahofi, un peu plus habitué à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire et se connaissant plus au blogging parlementaire  a donné des astuces pour nous permettre aux invités 

« d’être plus outillés afin de (bien) rendre les informations sur l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, notamment, sur les projets de loi et les différentes sessions de ladite institution » comme le dit Zak le messager (auteur du blog Les Zak-tus du Messager.)

C’est dans une belle ambiance conviviale que les participants se sont séparés en se donnant rendez-vous pour la seconde « session ordinaire » de formation qui se fera sur le fonctionnement de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.


Quelle commune d’Abidjan êtes-vous ?

Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire compte dix communes. Ce billet va vous faire découvrir les  particularités de chacune d’entre elles.

Abobo : La Guerre

Cette commune est surnommée « la guerre », pas parce qu’il s’y est passé une guerre ou qu’il s’y passe très souvent des guerres, mais parce qu’elle a une population réputée pour sa violence. Les Abobolais (comme on les appelle), composés en majorité de Malinkés, sont très solidaires dans la violence. Avec eux, c’est « tous pour un, un pour tous ». Et les bagarres des Abobolais sont souvent très violentes avec pour armes principales, couteaux et machettes. Si vous ne savez pas manier ces armes, c’est une commune à éviter.

Adjamé : Attention aux voleurs ! 

Adjamé est le dernier recours quand vous avez fini de faire le tour des points de vente de votre quartier sans trouver l’article que vous cherchiez. C’est la commune d’Abidjan avec le plus grand nombre d’espace de vente, d’où le plus grand taux de fréquentation de la population abidjanaise. Cela fait donc d’Adjamé une commune avec un grand nombre de pickpockets. Attention à vos porte feuilles si vous y faites un tour.

Atécoubé : La commune perdue d’Abidjan

Vous connaissez certainement la position de la Gambie par rapport au Sénégal – un Etat dans un autre. C’est le cas de cette commune de la ville d’Abidjan. Elle est incrustée entre Adjamé et Yopougon, des sortes qu’il est difficile de la délimiter pour le profane.

Cocody : La bourgeoisie

A Abidjan, le nom Cocody rime avec riche. En effet, les premières plus belles constructions de la ville se trouvaient dans cette commune. Pour y habiter, il fallait donc avoir un lourd portefeuille. Et jusqu’à aujourd’hui c’est un luxe d’habiter Cocody. Pour la location mensuelle d’un studio que vous trouverez à 40.000 FCFA à Yopougon, il sera question de débourser 70.000 voire 80.000 FCFA à Cocody. Tu veux habiter Cocody, alors aies confiance en tes poches.

Koumassi : Zone de turbulence. Tous à vos pirogue !

C’est l’une des communes dites populaires de notre ville. Dans cette commune, une bagarre entre des gamins peut entraîner une échauffourée générale de quartier. Tout le monde est, pour on ne sait quelle raison, tout le temps sur le qui-vive. Si vous êtes de passage à Koumassi, faites en sorte à ne pas marcher sur les pieds de quelqu’un au risque d’être tabassé. Mais si vous êtes ceintures noire 3ème dan en Tae-Kwondo et que vous aimez faire preuve de vos compétences en arts martiaux, vous devrez y être à l’aise.

A côté de cela il faut maintenant ajouter le fait que le quartier devient impraticable à la moindre pluie parce qu’inondé . Si vous voulez habiter Koumassi, soyez sur d’avoir les moyens de vous acheter un canoë-kayak.

Marcory : Europe bis

Si vous chercher les « blancs » à Abidjan, il faut prendre la direction de Marcory. C’est le quartier qui regorge le plus grand nombre d’Européens. Marcory, c’est aussi la commune qui renferme un grand nombre de bars et boites de nuit chics. Il y en a pour tous les goûts, tous les styles et tous les prix. Qui dit bars et boîtes, dit aussi filles de joie. Si vous en cherchez, rendez-vous à Marcory. Le plaisir charnel y est assurément garanti.

Plateau : Parlons affaire

C’est la commune des affaires en Côte d’Ivoire. Vous y trouverez donc les sièges de la plupart des grands établissements financiers, des maisons de téléphonie, des librairies, des centres commerciaux et des hôtels de luxe. Mais à côté de tous ces business, il faut souligner que le Plateau abrite plus de 2000 habitants.

Port-Bouet : Akwaba

Pour tous ceux qui sont déjà venus Abidjan par avion, c’est la première commune que vous avez foulé. Vous avez certainement vu ce bidonville – Gonzagville- qui occupe les trois quart de cette commune. Ne tenez pas compte de ce que vous voyez là, parce que les bonnes choses sont à des kilomètres plus loin. Dans tous les cas, welcome to Abidjan !

Treichville : Le vrai modernisme

Treichville est à ma connaissance, la commune d’Abidjan où les rues et les avenues ont des noms. C’est la commune préférée des chauffeurs de taxi. Treichville n’est pas comme ces communes où vous avez du mal à donner rendez-vous à une personne. A Treichville, pas besoin de dire : non loin de Sococé, juste à côté de la station service rouge-bleu. Il vous suffira plutôt de dire : Rue 12, avenue Jacques Anoma. Treichville, c’est aussi le premier contact avec Abidjan par voie maritime – Le Port d’Abidjan s’y trouve.

Yopougon : la Joie

C’est vraiment la cité de la joie ! C’est la commune où l’on trouve des maquis à chaque cent pas; sans exagérer. Et la bière coule dans cette commune 7 jours sur 7, je vous assure. Mais ce qui me plait le plus dans cette commune, ce sont ses filles. Vous avez dit sexy, attendez le weekend, mettez-vous bien au coin d’une rue, et comptez les filles qui passent avec des robes dépassant les genoux. Vous en trouverez moins que celles dont les robes restent sur les cuisses. Si vous avez de l’argent pour faire couler les bières, vous pouvez les saluer ; vous en aurez certainement une pour la soirée. Vive Yopougon, vive la cité du zouglou, vive la joie !


Football en Côte d’Ivoire : c’est quoi un vrai supporter maso?

Si vous suivez certains Ivoiriens fans du foot et des Éléphants de Côte d’Ivoire sur les réseaux sociaux, vous avez certainement une ou plusieurs fois vu ce groupe de mots : « Supporter Maso » (#SupporterMaso). Et cela, à chaque fois que l’équipe nationale de football de Côte d’Ivoire joue. Qui est donc ce Supporter Maso des Éléphants de Côte d’Ivoire ?

Le Supporter Maso (SM) est ce fan des éléphants de Côte d’Ivoire qui, à force d’être habitué aux débâcles de son équipe, prétend être insensible à sa défaite. Mais tout au fond de lui, c’est tout le contraire qu’il éprouve.  Voici 5 petits signes qui le trahissent.

Il est prêt à tout pour suivre un match des Éléphants 

Un Supporter Maso ne peut manquer pour rien au monde un match de son équipe. Si le match doit se jouer à des heures de travail, il ne faut compter sur lui pour quoi que ce soit. Il met les bouchées doubles pour finir ce qu’il a à faire avant le coup d’envoi. Même si le match a lieu tard dans la nuit – comme ce fut le cas lors de leur premier match à la Coupe du monde 2014 (01:00 GMT) – le SM est prêt à veiller pour vivre chacune des actions de la rencontre.

Il possède tous les maillots des éléphants

Comme vous devez le savoir, pour chaque compétition internationale, les équipementiers proposent de nouveaux maillots pour toutes les équipes. Eh bien, le SM ne manquera rien de tout ce qui est nouveau maillot de son équipe.

Ils ne se découragent jamais quelque soit le temps de jeu

Même quand son équipe est menée au score dans les ultimes minutes de jeu, le SM a la ferme assurance qu’elle peut renverser la vapeur. Il ne cesse de l’encourager à la victoire. Et gare à celui à côté de lui qui va dire que les carottes sont cuites.

Il n’accepte jamais que l’on dénigre son équipe en sa présence

Vous ne voulez pas avoir affaire à un SM ? Ne parlez pas en mal des Éléphants de Cote d’Ivoire  en sa présence. Il est capable sur le coup d’être violent verbalement. Et faites un effort pour vous contenir, sinon cela peut dégénérer en une bagarre.  Le SM n’a jamais tort quand il s’agit de défendre son équipe. Donc vous êtes prévenus ; prenez garde à vous.

Il promet ne plus supporter les éléphants …

Après une défaite douloureuse de son équipe, le SM promet sur tous les toits ne plus supporter cette dernière. Mais il sera à l’aéroport pour l’accueillir avec des cris de joie dans le cas où la Fédération le demande. Le SM se dit toujours que la prochaine fois sera la bonne et que c’est l’arbitre qui leur à fait un sale coup dans leur élimination précoce. À la première prestation de son équipe, il sera le premier à porter son maillot et se mettre devant son petit écran avec des espoirs renouvelés et prêt pour la compétition. Ce que j’admire le plus chez le supporter maso c’est son slogan: « Supporter Maso un jour, Supporter Maso toujours ».

Et vous, comment appelle-t-on les inconditionnels supporters dans vos pays? 


Miss Côte d’Ivoire: un concours à scandale

Le 27 juin 2013, je décriais dans un billet (cliquez ici), le concours de beauté Miss Côte d’Ivoire. Aujourd’hui encore, quasiment à la même période, je me mets derrière mon clavier pour me conforter dans ma position.

J’ai toujours reproché à ce concours dit de beauté qu’il n’était d’aucune utilité pour nos sociétés africaines. Je juge que la plupart des critères de  ce concours ne reflètent pas les vrais critères de beauté que la plupart des hommes vivant sous nos tropiques recherchent chez une « vraie » femme africaine. Mais diantre pourquoi toujours vouloir copier l’Occident à l’aveugle ! Ce qui est le plus frustrant dans cette histoire, ce sont les moyens faramineux mis à la disposition du Comité d’Organisation pour promouvoir ce concours.

Les récompenses données à ces filles qui ont, pour la plupart d’entre elles, du mal à réciter un texte qu’elles ont appris d’avance, pourraient servir à accentuer leur éducation scolaire et universitaire, qui à mon goût n’est pas au beau fixe. Certaines personnes accordent une si grande importance à ce concours que la corruption s’y est glissée. Oh honte !  Je ne vais pas m’aventurer à dire des choses dont je n’ai pas vérifié la véracité, mais il parait que c’est une sorte de prostitution, une prostitution déguisée. Vrai ou faux, l’avenir nous le dira. Mais je suis tenté de croire en ces assertions si je m’en tiens à une vidéo scandale qui a fait le tour du web ivoirien.

Ainsi, le dimanche matin à mon réveil, je fais un tour sur le web pour savoir ce que j’ai manqué pendant mon temps de déconnexion. C’est alors que j’apprends que la mère d’une des candidates a fait un scandale après la proclamation des résultats du fameux concours de « la plus belle » fille de Côte d’Ivoire. Raison du scandale ? Je vais me contenter de retranscrire ses dires : « Tu as abusé de moi. Tu vas mourir…».

Après tout ceci, comment ne pas avoir la force de dire que le concours Miss Côte d’Ivoire a de vilains dessous qu’il va falloir mettre au clair. Je ne sais pas comment l’organisation de ce concours se passe dans vos pays, mais chez nous en Côte d’Ivoire, beaucoup de choses restent à faire et à parfaire. Je campe donc sur ma position pour dire que ce concours est d’une inutilité absolue pour notre jeunesse et notre pays.


Éléphants de Côte d’Ivoire: pourquoi tant de débâcles?

Eléphants de Côte d'Ivoire
Éléphants de Côte d’Ivoire

Nous sommes à une dizaine de jours de la plus grande messe du football. Et les Eléphants de Côte d’Ivoire, tout comme les autres équipes qualifiées sont en pleine phase de préparation. Après leur défaite contre la Bosnie-Herzégovine le samedi 31 mai dernier, je porte mon analyse sur les résultats peu reluisants des Éléphants de Côte d’Ivoire et de leur sacré coach Lamouchi.

La plupart des ivoiriens ont tiré à boulet rouge sur le sélectionneur de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire, Sabri Lamouchi, après leur match perdu contre l’équipe bosniaque 1-2. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ceux qui pensent que l’entraîneur des Éléphants n’est pas à la hauteur de ce grand rendez-vous de football qui se déroulera du 12 juin au 13 juillet au Brésil.

1-   Lamouchi n’est pas le problème

Quand « le stagiaire » a été choisi pour être à la tête de la première équipe africaine au classement FIFA, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Mais jusqu’à preuve du contraire, il a pu remplir les missions qui lui ont été confiées. Je parle entre autres de notre qualification pour les CAN 2013 et 2015, de même que celle pour la coupe du monde 2014. Si je m’en tiens aux interventions de la Fédération Ivoirienne de Football, elle est satisfaite des résultats de sieur Lamouchi. Le problème de nos prestations manquées se situe donc ailleurs. Si nous n’avons pas de trophée avec cette génération, c’est bel et bien la faute aux joueurs.

2- Les joueurs sont la cause principale de nos échecs

Un homme politique a dit un jour : « Si tu es un prêtre qui, après être passé chez plusieurs curés, trouve qu’aucun d’entre eux n’est bon, alors tu pourrais être le mauvais toi-même». Je pourrais le dire aussi à nos éléphants. Si plusieurs entraineurs (je ne vais pas les citer ici) sont passés à votre tête, et que vous n’arrivez pas depuis à gagner un seul trophée, alors c’est vous le problème. En tant que fan du football, je suis presque tous les grands championnats d’Europe. Quand je vois les prestations de nos pachydermes en clubs et que je les compare avec celles en équipe nationale, j’ai mal au cœur. Que de la méchanceté ! En un mot, les ennemis des Éléphants, ce sont les Éléphants eux-mêmes. N’en voulez donc pas à Adébayor quand il dit :

«Je n’ai jamais cru en eux. C’est le pays (la Côte d’Ivoire) qui va toujours vous décevoir. Ils ont eu le meilleur attaquant d’Europe avec Didier Drogba. Ils ont actuellement le meilleur milieu de terrain avec Yaya Touré, mais aussi un des meilleurs attaquants d’Angleterre avec Wilfried Bony. Mais il n’y a pas de solidarité. Ils vont parler, rire et s’amuser ensemble, mais, le moment venu, ils oublieront de faire leur travail. Comment se fait-il que lors des quatre ou cinq dernières années, ils n’ont pas gagné la Coupe d’Afrique des nations ? Tout le monde veut passer pour le héros et c’est ce qui est en train de tuer la Côte d’Ivoire ». 

Je pense la même chose que ce monsieur. 

A dire vrai, la logique voudrait que je ne crois pas en cette équipe nationale, mais mon cœur et mon patriotisme me disent que les prestations peuvent changer d’une compétition à une autre.

 


Mondoblog Abidjan (Acte 2)

Comme dit dans mon billet précédent, je viens vous raconter la formation Mondoblog Abidjan 2014 qui se tient actuellement à l’Hôtel Tereso à Grand-Bassam. Vous avez donc ici une vidéo qui raconte les jours qui ont suivi l’acte 1.

Rendez-vous très prochainement pour la suite …

 


Mondoblog Abidjan (Acte 1)

Pendant dix jours – du 2 au 12 mai, se tient à Bassam à l’Hôtel Tereso la formation des blogueurs de Mondoblog, un projet propulsé par l’Atelier des médias RFI. Etant parmi les (heureux) choisis pour cette formation, j’y serai donc pendant ces dix jours. Je vous raconterai  ma première aventure Mondoblog durant cette période. 

Il est 18 h 45 environ, ce 2 mai, quand j’atterris au Tereso Hotel à Grand Bassam. Je connaissais déjà la ville, mais pas de ce côté. Sur la liste, je suis le premier ivoirien à arriver ; je sais ce que vous pensez. Mais ce n’est pas grave! Mieux vaut arriver tôt que tard. « Bonsoir madame, je m’appelle Abidjanais et je suis ici dans le cadre de Mondoblog ». Elle me sort la liste des participants et là, je tique un peu. Mon nom ne figure pas sur la liste. Je lis et relis, aucun Marck-Andy. Je cherche donc à vérifier si tous ceux que je connais et qui doivent participer à la formation sont inscrits sur la liste. Après vérification, je me rends compte qu’aucun Ivoirien n’a son nom sur la liste. Mais sur présentation de mon attestation de logement et de mon invitation, le Tereso accepte de m’installer dans une chambre en attendant l’arrivée des organisateurs. Une première chambre visitée, pas trop chic à mon goût – qu’est ce que vous croyez ? J’ai quand même le droit de choisir non ? La deuxième me convient mieux ! Je m’installe donc.

La première des choses que je vérifie, c’est la connexion Wi-Fi que je ne trouve nullement d’ailleurs. Direction ? La réception pour savoir si l’hôtel a une connexion WI-FI et demander le code par la même occasion. Qui trouvai-je à la réception ? Zak Le Messager, Mariette et ma méga Star Babeth. Petits cris de joie des retrouvailles. Devant loger à deux par chambre, les deux paires furent très vite formées.

Après installation, c’est la balade dans l’hôtel, juste le temps de se familiariser avec le cadre qui nous accueille pour cette formation. En pleine balade et familiarisation avec les blogueurs francophones venus d’un peu partout de la planète, un des responsables du Tereso nous fait savoir que les Ivoiriens n’ont pas droit aux chambres. Petite panique donc !

Je sors donc tous les documents qui attestent que nous faisons bel et bien partie des personnes à héberger. Mais le directeur de l’hôtel est serein et insiste que si nous restons ce sera à nos frais. C’est alors que Babeth sort le grand jeu. Elle appelle le grand manitou Ziad Maalouf. Après un échange avec le directeur, les choses rentrent dans l’ordre.

C’est tout ce qu’il faut retenir pour cette journée 1… 


Abidjan : le bouc émissaire de l’affaire Awa Fadiga trouvé

Décidément cette affaire Awa Fadiga ne cessera de faire couler les eaux sous les ponts, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger. Je suis certain que vous savez de qui je veux parler ; cette jeune fille (mannequin) décédée le 25 mars 2014 au CHU de Cocody à Abidjan.  Depuis le début de cette histoire j’ai observé les choses de loin, vu la tournure qu’elles prenaient.

Certaines personnes, pensant se sentir plus touchées par la disparition brusque de cette jeune dame, ont fait de leur mieux pour exprimer leur amertume sur les réseaux sociaux. Cela me faisait sourire à chaque fois que je voyais des explications différentes les unes des autres. Mais la décision prise par le gouvernement en Conseil des ministres du 9 avril 2014 concernant cette affaire me fait sortir de ma tanière pour exprimer mon indignation. Et oui, je suis indigné. 

Les autorités de ce pays  « en voie d’émergence » nous ont fait savoir qu’une enquête concernant la mort d’Awa Fadiga était cours. Je ne m’y connais pas trop en droit, maisje pense qu’il faut attendre les résultats de l’enquête avant de prendre des (grandes) décisions relatives à l’affaire. Je pense franchement que cela n’a pas été le cas cette fois. Mais cela ne m’étonne plus de nos gouvernants africains ; en situation de crise, ils trouvent toujours un bouc émissaire. Désolé donc pour vous M. le directeur de CHU de Cocody! Vous êtes le wagon du train qui pouvait être détaché sans grand bruit sur le bateau Ivoire ‘émergent’. Vous deviez vous y attendre cher directeur puisqu’il est très rare pour nos dirigeants africains de débarquer leurs compagnons de course quand bien même ils ont commis des fautes lourdes. Sinon comment comprendre que ce n’est qu’après le bruit fait autour de cette affaire qu’on mette en place un plan d’action sanitaire pour la réhabilitation du CHU. Or donc, pendant les Conseils de ministres, notre ministre de la Santé ne parlait pas de l’état défectueux du matériel de travail du CHU. Elle ne savait pas que le scanner de CHU ne marchait plus. Ah oui, c’est normal ! Je parie qu’elle ne se rappelle pas de la dernière fois où elle a mis les pieds au CHU de Cocody. De quoi parlait-elle donc quand la parole lui a été donnée à ces rencontres de ministres ? Je pense que la vie des Ivoiriens ne se limite pas seulement à la lutte contre le sida et à la lutte contre l’excision.  Mais quand tu t’appelles Raymonde Goudou Coffié et que tu es la filleule d’un élément super influent dans le navire Ivoire, on ne peut pas te débarquer aussi facilement que cela. Je comprends au fil des années, cette portion de la chanson du groupe Zouglou Espoir 2000 : « Aujourd’hui à Abidjan, relation est mieux que diplômes…ton papa n’est pas docteur tu ne peux pas être infirmier, tu veux, tu veux pas, le pays est dirigé » et c’est vraiment dommage pour une nation qui se veut « émergente » à l’horizon 2020′. Sous d’autres cieux, par amour de leur pays, certains auraient démissionné. Mais chez nous, ce mot n’existe pas dans le dictionnaire de nos ministres. Et pour sévir, le gouvernement tape sur le maillon le plus faible, celui qui n’a pas de parrain ou de marraine influent. Yako à tous ceux comme qui comme nous n’ont pas de parrain aux ‘bras long’.

Pour finir, je vais seulement dire aux autorités de ce pays que l’ « émergence » doit passer aussi par la justice dans la responsabilité des fautes et la répartition égale des sanctions.

Ministre de la santé de Côte d'Ivoire
Ministre de la santé de Côte d’Ivoire


Nouvel an: Mes vœux pour la Côte d’Ivoire

Credit FlickR: Sheilapic76
Credit FlickR: Sheilapic76

Nous sommes en début d’année. Indéniablement, comme tous les autres débuts d’année, tout le monde recevra des souhaits de « Bonne et heureuse année ». Les voies utilisées diffèreront d‘une personne à l’autre. Là où certains utiliseront un SMS, d’autres préfèreront des posts sur Facebook ou un appel téléphonique… Le  jeune abidjanais que je suis ne veut pas rester en marge de ces souhaits de meilleurs vœux. Dans ce billet, je dis mes vœux pour ma très chère Côte d’Ivoire.

2014 commence maintenant. Et pour ce nouvel an, je souhaite pour ma Côte d’Ivoire une vraie réconciliation. Mon vœu le plus cher est de voir un pays où la méfiance et l’hypocrisie ne fassent plus partie du quotidien des ivoiriens, mais que ces mots laissent la place au mot « franchise ». Je veux un pays où quand tu diras que tu t’appelles Coulibaly, on ne te colle pas automatiquement une étiquette de RDR (Rassemblement Des Républicains – un parti politique ivoirien). Grande serait ma joie quand un jeune ivoirien ayant pour patronyme Tapé ne sera pas indexé tout de suite comme étant un partisan de Laurent Gbagbo. Et je sais que cela est possible si tous les ivoiriens y mettent un peu de leur cœur. Que des analphabètes se comportent de la sorte, et je pourrais comprendre. Mais que des personnes lettrées, ayant fréquentées les plus grandes universités d’Afrique ou même de l’Occident et parfois même occupant de hautes fonctions dans ce pays se comportent de la sorte, je trouve cela aberrant. Mettons un peu d’eau dans notre vin en laissant de côté nos préjugés et considérons les qualités humaines de notre prochain plutôt que de chercher la rage sur un animal qui a tous ses vaccins à jour. 

Je souhaite aussi pour ma Côte d’ivoire que les ivoiriens sachent qu’un état, c’est une continuité. Que les partisans du président actuel Alassane Dramane Ouattara (ADO), puissent regarder ceux de l’ancien président Laurent Gbagbo (LG) en face, et reconnaître que certains projets en cours de réalisation dans ce pays ont été conçus par l’ancien régime. De leur côté, que les partisans de LG puissent reconnaître devant ceux de ADO que les travaux qu’ils n’ont pu réaliser pendant leur mandat sont en bonne évolution et que c’est la Côte d’Ivoire qui sera gagnante à la fin de ces grands travaux en cours d’exécution. Je veux que pour cette année à venir qu’on ne critique plus pour critiquer ; mais qu’on le fasse en apportant des solutions.

Je souhaite enfin pour cette année 2014, une jeunesse ivoirienne et pourquoi pas africaine, plus entreprenante et plus innovatrice. Que cette jeunesse sache que personne ne viendra construire son avenir à sa place. La Bible, le livre saint des chrétiens, ne dit-elle pas que : « Celui qui cherche trouve et l’on ouvre à celui qui frappe » ? Que ceux qui ont des yeux pour lire, lisent et comprennent ce qu’Abidjanais a dit.

Bonne et heureuse année 2014.

Paix en Côte d'Ivoire
Crédit images: abidjantic.info


Quand les élus locaux ne comptent que sur le Président de la République…

L’actualité en Côte d’Ivoire la semaine dernière était sans doute la visite du chef de l’Etat Alassane Dramane Ouattara à Bouaké. ADO, comme on l’appelle chez nous ici à Abidjan, était en effet dans la région du Gbêkê – au centre de la Côte d’Ivoire – pour une visite d’Etat. Pour cette visite, Bouaké a repris fière allure et mérite désormais son nom d’antan, « la seconde ville de la Côte d’Ivoire ». Mais le jeune ivoirien et abidjanais que je suis, tout en approuvant le contexte de cette visite, se pose des questions sur certains autres aspects de cette dernière; Je pointe du doigt nos élus locaux.

Le fait pour Bouaké de recevoir le Chef de l’Etat était très attendu par la population, vu le nombre de personnes présentes au stade municipal de Bouaké, le jour du dernier meeting du Président Ouattara. Les populations l’attendaient parce que, de ma mémoire de jeune ivoirien né dans les années 80, la visite d’un chef d’Etat ivoirien en fonction à Bouaké date de belle lurette. Président Ouattara en le faisant, valorisait ainsi cette région «délaissée» par ses prédécesseurs. Il était donc important de lui rendre la part belle en se mobilisant massivement pour la réussite de cette visite.

Je suis Baoulé (une ethnie de la Côte d’Ivoire), fils de la région, donc je connais un peu notre mentalité. Le Baoulé aime les honneurs. Et quand tu lui fais honneur, il te la rend de la plus belle des manières. Cela se justifie donc. Mais cette mobilisation se justifie aussi par le fait que, de l’argent (une belle somme je le signale) a été injecté dans les préparatifs de cette visite pour  la réhabilitation de certaines infrastructures. Des villages ont même été électrifiés et fournis en eaux courantes. Il faut donc être des ingrats pour ne pas réserver un accueil chaleureux à celui par qui cela est arrivé. Cette visite, il faut le reconnaître, a fait beaucoup de bien à cette région. Cela montre que le pays est vraiment «recollé». Mais une question d’une amie, originaire de San Pédro (dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire) a attiré mon attention. « Donc il faut que le Président se déplace dans une région pour que les infrastructures de cette région soient réhabilitées quoi ? » m’a-t-elle demandé le plus simplement possible.

Je me suis donc rendu à l’évidence qu’en tant que bon africain, je n’avais pensé qu’à moi, ma région et ses villages environnants. J’avais oublié que mon pays comptait 31 régions et que le Président de la république n’allait pas certainement pouvoir faire le tour de toutes ces régions. Question donc ! Quels rôles jouent effectivement nos élus locaux dans leurs Districts, conseils généraux et mairies ? S’il faut attendre la visite du chef de l’état pour penser au développement économique et social des régions, je pense que cette histoire d’ «émergence à l’horizon 2020 » est une utopie. L’inactivité de nos élus locaux est en effet un frein à cet objectif. Mais je comprends aisément cette inactivité non sanctionnée électoralement par les populations de ces élus locaux pour ne pas dire ces «Elus pour soi». Nous sommes une population à 51% analphabète (selon l’UNESCO). Et l’africain analphabète ne pense qu’à son ventre; une fois rassasié il ne pense plus à son devenir sur une longue durée. Ces «élus pour soi», ayant compris cela, reviennent chaque fois vers la fin de leurs mandats pour faire don de quelques sacs de riz, des bidons d’huile, un peu d’argent liquide et hop le cycle reprend. Cinq nouvelles années et attendre que le chef de l’état fasse un geste pour le développement socio-économique de la région. Quel dommage! 

J’espère que certains d’entre vous comprendrons ce proverbe Baoulé sur lequel je finis ce billet: « Si tu es dans la même pirogue qu’une personne et que tu perces cette pirogue, vous risquez de vous noyer tous les deux. »

Visite du chef d'état à Bouaké
Visite du chef d’état à Bouaké


Sport en Côte d’Ivoire: Lettre ouverte à Sabri Lamouchi

Sabri Lamouchi

Après la qualification des Éléphants de Côte d’ivoire à la coupe du monde de football 2014 au Brésil, le jeune abidjanais que je suis, fan du football, amoureux de son équipe nationale, écrit une lettre fictive à Sabri Lamouchi, le sélectionneur de l’équipe nationale de football de Côte d’Ivoire. Et cela se fait dans un esprit fair play et comique.

 Bonjour Coach Sabri,

Je suis presque certain que tu t’attendais à une lettre de ce genre venant de la part d’un ou de plusieurs ivoiriens. Si certains l’ont déjà fait, lis aussi la mienne car elle ne sera pas de trop. Je tiens d’abord à te dire merci d’avoir rempli ta mission. En effet, le 28 mai 2012 quand tu prenais la tête de notre équipe nationale, ta mission était de nous qualifier pour le mondial brésilien. C’est chose   faite, merci donc! Quelle est donc ta prochaine  mission avec la Dream Team de l’Afrique en matière de football ? Ne me dis pas que c’est de gagner la coupe du monde en tout cas. Je n’aime pas trop tout ce que les ivoiriens disent de toi ; mais à y regarder de très près, ils n’ont pas totalement tort. Bon nombre d’entre nous (les passionnés de football en Côte d’Ivoire) a contesté ta nomination à la tête de nos pachydermes sous prétexte que tu n’avais jamais entrainé une équipe nationale avant la notre, donc tu étais sans expérience. Quand j’ai appris que ton copain  Sidy Diallo t’avait préféré à de grands entraîneurs de renom, j’ai tiqué et même failli piquer une crise. Je savais qu’il allait être difficile de faire de grandes choses avec toi. La preuve, notre élimination en quart de finale contre le Nigéria alors que tous les observateurs du monde du football nous accordaient au moins la finale de la CAN 2013. Mais comme tu ne t’appelle pas Zahui, ton copain Sidy t’a défendu mordicus nous faisant savoir qu’il ne t’avait jamais demandé de gagner la coupe d’Afrique, mais plutôt de nous qualifier pour le mondial brésilien. Puisque tu as réussi ta mission et que je t’aime bien, je vais te donner un conseil de petit frère. Avec ce style jeu – je dirais même avec ce jeu décousu – que tu as donné à notre équipe, je te promets que nous ne pourrons pas obtenir un seul point au mondial, donc démissionne. Tu as en mémoire ton premier vrai test contre le Mexique non? Le 14 août dernier Mexique nous battait 4-1, juste pour te rappeler. Pour éviter le ridicule au Brésil, je te conseille de partir de la tête des Eléphants. Il y a plusieurs ivoiriens qui pensent comme moi hein. La preuve, une page Facebook créee pour ton départ fait le buzz actuellement. Ahi tu ne savais pas quoi ! Clique ICI pour voir combien de fois les ivoiriens veulent que tu partes. Je suis Community Manager donc je suis bien placé pour te dire qu’une page Facebook qui fait environ 9000 fans en moins de trois jours sans promotion, c’est vraiment rare. En tout cas moi tu ne m’as pas encore convaincu avec les Eléphants. Bon je ne vais pas être trop long. Je sais que mon message est suffisamment clair ; mais comme j’ai tes contacts, je saurai t’écrire toute fois où j’aurai quelque chose d’autre à te dire. Réfléchis bien et quitte la tête de l’équipe de Côte d’Ivoire pour le na pas te  faire humilier…

 Un homme prévenu en vaut deux !!!!

 


Afrique, si nos hommes politiques savaient s’arrêter…

Si je demande à chacun de vous de me donner une définition au groupe de mots « grand homme », les réponses diffèreront certainement d’une personne à l’autre. Pour moi, un « Grand homme », c’est celui qui naît  devient une référence pour sa génération et laisse ses traces dans les archives de l’humanité afin que les générations après lui, puissent s’en servir comme modèle. Jésus Christ, Bouddha, Mahomet, Einstein, Molière, Pélé, Lincoln, De Gaulle sont ceux qui me passent par la tête au moment où j’écris ce billet. Il y a peu de cela, j’ai ajouté un autre « grand homme » sur ma liste ; Usain  Bolt ! Pourquoi ? A Bruxelles, dans le cadre du meeting de la Ligue de Diamant, « l’hommefusée », a expliqué qu’il songeait à se retirer après les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2014. « Je pense que ça serait le moment idéal, en étant au top et après avoir dominé pendant de longues années (depuis 2008 sextuple champion olympique et huit fois champion du monde, détenteur de trois records du monde : 100 m, 200 m et 4 × 100 m) », a confié le Jamaïcain, dans des élocutions rapportées par le quotidien sportif l’Equipe. Voici un Monsieur qui a compris que dans la vie, il faut savoir se fixer des objectifs, se donner les moyens de les atteindre et se retirer avec tous les honneurs et la notoriété quand on n’y est parvenu.

 Politiciens africains, emboîtez-lui le pas !

 Si nos hommes politiques en Afrique – à un degré moindre dans les pays anglophones – pouvaient respecter cette logique qui est un chemin sûr pour rentrer dans l’histoire ! Combien sont-ils ; ces hommes politiques africains qui se retirent de la scène politique de leur propre  gré ? Je ne saurais vous le dire ! J’espère vivement que nos jeunes politiciens qui se battent aujourd’hui  pour ravir la place aux dinosaures politiques, ne viendront pas nous chanter ce refrain que nous connaissons déjà : « Le temps qui nous était imparti était peu devant les objectifs que nous nous étions fixés » ou encore « Nous avons trouvé le pays dans un état que nous n’espérions pas ». Laissez-moi vous dire messieurs, que le temps ne suffira jamais à l’être humain. C’est plutôt à lui de s’imposer  des limites. Vous gagnerez donc à suivre l’exemple de ce jeune  jamaïcain !

Crédit photo africatopsports.com
Crédit photo africatopsports


En Côte d’Ivoire les décisions prises par l’Etat ne sont jamais appliquées

Les gouvernements africains fonctionnent différemment de ceux des pays dits développés. Dans ces Etats les problèmes sont analysés de fond en comble avant toute prise décision. Ce qui n’est pas toujours le cas sur notre continent noir. En Côte d’Ivoire par exemple, des décisions d’interdiction sont prises au sommet de l’Etat, et quand il s’agit de les appliquer, c’est le jour et la nuit.

Des décisions prises et non appliquées

En avril dernier, l’on nous annonçait, l’interdiction de fumer dans les lieux publics. C’est avec joie que certains citoyens conscients des dangers du tabac ont accueilli cette bonne nouvelle. Tandis qu’ils s’extasiaient et ne tarissaient point d’éloges sur le bien-fondé de cette mesure, certains d’entre nous, plus réalistes, avaient planché sur les méthodes et infrastructures dont disposait l’Etat de Côte d’Ivoire pour que cette décision soit respectée. Nous étions dans le vrai ! Dans la mesure où jusqu’à ce jour (6 mois après) rien de concret n’a été fait pour la mise en pratique de cette résolution. Les fumeurs continuent de nous pomper l’air, détruisant au passage notre santé, avec leur fumée. Jusqu’à présent, je n’ai vu personne payer une amende pour avoir fumé dans un lieu public.

 Quelque mois plus tard, ce sont les taximètres qui par une grève, protestaient contre les autorités, qui peinent à prendre des mesures répressives, contre les voitures banalisées communément appelées « Wôrô-Wôrô ». Ces derniers, menacés depuis des mois, de mise systématique en fourrière par le ministre Hamed Bakayoko, continuent à circuler en toute impunité dans la ville d’Abidjan, sans que la menace ne soit mise à exécution. De quoi énerver les professionnels des transports… Encore une fois, une décision prise sans être appliquée !

Quid des nouveaux décrets pris par le gouvernement

Puis ce fut le coup du décret n°2013-327 du 22 mai 2013 portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation, de la détention et de l’utilisation des sachets plastiques pris par le président de la République de Côte d’Ivoire.  Ici encore la machine a coincé (si je m’en tiens à la presse abidjanaise). En effet, « la mise en vigueur de ce décret pris depuis le 22 mai sera pour ce 22 novembre » selon le quotidien Nord-Sud du 5 octobre 2013. La dernière née de toutes ces décisions gouvernementales est l’interdiction du téléphone portable au volant – adoptée le vendredi 18 octobre à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire. Sur cette décision, j’ai quelques petites questions à poser. De quels moyens disposent les forces de l’ordre pour prouver qu’une personne était en communication au volant ? N’est-ce pas là une histoire de « ta parole contre la mienne » ? Puisque je suis (et beaucoup d’autres personnes aussi, j’en suis sûr), en mesure de supprimer les derniers appels de mon téléphone en une fraction de seconde ? Mon téléphone me sera-t-il confisqué pour analyse ? J’image déjà la lutte qu’il y aura lorsque les agents de police voudront prendre les téléphones pour vérification des derniers appels…

Il est vrai que l’Oser (l’Office de la sécurité routière) nous apprend que 10 % des accidents de la circulation en Côte d’Ivoire impliquent une conversation téléphonique. Mais je pense qu’il faut s’assurer des moyens de répression avant de prendre ce genre de décision. Ce n’est pas parce que l’Occident prend certaines résolutions en fonction de son niveau d’évolution que nous, Africains, devons en faire autant ! Nous devons tenir compte de nos réalités propres. Quand, l’Afrique en finira avec le suivisme aveugle ? Africains, revoyons nos comportements copistes !

Et vous, quel est votre avis sur le problème ?


Retrait de la CPI: Ma lettre aux présidents Africains!

Les 11 et 12 octobre, des chefs d’états africains se sont retrouvés à Addis-Abeba pour des échanges au cours d’un sommet extraordinaire. L’objet principal était le retrait des pays africains de la Cours Pénale Internationale (CPI). D’un regard lointain, le jeune Abidjanais que je suis, écris une lettre fictive aux présidents africains pour leur faire part de ce que je pense de cette décision.

Chers Présidents,

Vous recevez ce courrier parce que vous avez eu une attitude que je n’arrive pas à comprendre. Pourquoi voulez-vous vous retirer de la CPI? Je suis certes très jeune, mais quand je dois prendre une décision importante de ma vie, je réfléchis à plusieurs reprises. Je peux même réfléchir pendant une semaine, alors que certains le font en une journée. Je suis choqué de savoir que, ce n’est qu’après plus de 10 ans que vous vous rendez compte que vous vous êtes « faits avoir » par l’occident qui ne condamne que des africains à la CPI. Est-ce à dire que nos leaders politiques africains prennent des décisions avant de bien réfléchir et comprendre les contours et les pourtours « des pièges » que l’occident leur pose? Je vous le dis en toute franchise; je ne veux pas que vous vous retirez de cette CPI. Cela serait une honte pour vous-même. Il faut avancer clairement vos inquiétudes et vous battre pour que nous n’ayons pas droit à seulement une CPA – Cours Pénale Africaine – mais plutôt une VRAIE CPI. Ils penseront (les occidentaux) que votre retrait est pour encourager l’impunité chez nous en Afrique. D’ailleurs même, est-ce que ce retrait massif est possible; quand je sais que vous n’êtes même pas solidaires? Pendant que certains d’entre vous, ne faisant pas confiance à leurs mécanismes judiciaires nationaux, ne jurent que par la CPI, d’autres pensent que la CPI sert d’outil politique. Laissez tomber cette histoire de retrait s’il vous plait. Pensez-vous que la Côte d’Ivoire, le Botswana, le Malawi ou encore la RDC sont prêts à vous suivre dans votre volonté d’abandonner la Cours de Madame Bensouda ? Je ne pense pas. Monsieur Uhuru Kenyatta, vous et votre allié Sud africain, vous pouvez vous retirer ; mais ne comptez pas sur vos collègues des pays précités pour vous suivre. Vos intérêts sont divergents; il est donc mieux d’agir en solitaire, plutôt que de vouloir un mouvement de masse. Et puis encore, dites-moi s’il vous plait messieurs, avez-vous signé en un mouvement de masse ou individuellement? Si oui pour le mouvement individuel, pourquoi voulez-vous alors aujourd’hui un mouvement de masse pour le retrait ?

Je ne vais pas continuer à vous ennuyer avec ce discours de jeune africain, qui pense que la VRAIE AFRIQUE va naître avec notre génération et non celle des béni-oui-oui de l’occident que sont nos leaders actuels. Ces dirigeants qui ne pensent qu’à leurs intérêts personnels avant de penser à ceux de leurs peuples ; c’est leaders qui voient leurs opposants en des ennemies qu’il faut éliminer ou mettre en quarantaine et non en des adversaires qu’il faut dominer par les idées et des actes de développement. Bref ! Je sais que mon mot ne comptera pas; mais que celui qui a des oreilles entende ce que Abidjanais a dit.

Vignette Union Africaine
Crédit image: tv5