TheLegend

[Podcast] Douk Saga, héros national

Douk saga

En 2001 c’est dans la boite de nuit parisienne l’Atlantis que nait le coupé décalé porté Douk saga. Le Coupé Décalé va replacer la Côte d’ivoire comme la plaque tournante de la musique africaine et un homme va incarner ce mouvement. Il se fera appeler président, l’ouragan terrestre, la pointure au-dessus, le héros national.

Djeli vous raconte aujourd’hui l’histoire de Doukouré Stephane Hamidou  (Douk Saga), le créateur du coupé décalé.

Références musicales

– Douk Saga  » Sagacité »
– La jet set « Hommage à Douk Saga «


[Podcast] Paquinou chez les Baoulés

Paquinou en pays baoulé

L’identité culturelle d’un peuple se nourrit de moment de communion. D’instants qui ressourcent son âme et consolide ses fondements. La fête de pâques « Paquinou » en Côte d’Ivoire en est la parfaite illustration.

Chaque année depuis bientôt 30ans, les baoulés ethnie du centre de la Côte d’Ivoire ont fait de la fête de pâques un moment de réjouissance. Loin de sa signification première lié au christianisme la fête de pâques devenu “Paquinou” en pays baoulé prend un tout autre sens.

Cette fête est un retour aux sources comme une marque d’allégeance à la grandeur du peuple baoulé. Djeli vous raconte aujourd’hui l’histoire de paquinou.

 


[Podcast] Le Zouglou, une épopée musicale

Le zouglou, une épopée musicale

Pendant les années 90, la Côte d’Ivoire est un pays en effervescence ou la jeunesse s’est décidé à embrasser la lutte et cette lutte a besoin d’un écho qui porte, audible par tous et compris de tous. 

Le Zouglou sera cet écho qui transcendera les clivages d’une population qui retrouve l’orgueil de la lutte.
Porte-voix de toute une génération, Le Zouglou constitue dès son éclosion une arme politique portant des coups persistants à la forteresse du pouvoir. Aujourd’hui djeli vous raconte l’histoire du Zouglou une épopée musicale.


[Podcast] Gbagbo ou le sens de l’histoire

Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo a été pendant 10 ans président de la république de Côte d’Ivoire d’Octobre 2000 à Avril 2011. Son histoire, son parcours ne peuvent être dissociés de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire. De Mama petit village de l’ouest du pays à la présidence jusqu’à la cour pénale internationale, La marche de Laurent gbagbo s’est toujours inscrite dans le sens de l’histoire.  Djeli vous raconte aujourd’hui 4 etapes de la vie de Laurent Gbagbo.

« Comprendre l’histoire d’un homme c’est suivre ses traces, remonté ses pas, suivre son destin. L’histoire est une boussole. Les grands hommes sont ceux qui comprennent le sens de l’histoire. Ils sont des éclaireurs et leur marche s’inscrit dans la grande histoire de l’humanité. Loin d’être des saints leur parcours est semé de contradictions, d’errements, d’échecs, de renoncement mais le jugement de l’histoire s’abat sur eux avec clémence et mansuétude. »


[Podcast] La fille et le vieil homme

Dans cet épisode Djeli raconte l’histoire d’une jeune fille victime d’abus sexuel.
Cette fiction a pour ambition de nous interpeller sur ce fléau courant en Côte d’Ivoire mais trop peu mis en avant.
A travers ce numéro Djeli veut apporter son soutien à toutes les victimes et dénoncer avec vigueur ces abus.

« Lorsqu’on a 13 ans, on doit être protégée et éduquée. Les relations sexuelles, ne peut rester un sujet tabou dans la famille et à l’école quand on connait les conséquences du manque d’éducation. Parler communiquer informer tel doit être le rôle des parents. L’école doit elle aussi venir en appui de cette éducation sexuelle qui nous fait défaut et qui conduit à de grands drames. Lutter contre les prédateurs sexuels ne plus cautionné ne plus voir sans rien faire ne plus pardonner sans justice. Le coupable doit payer il faut sortir de nos schémas qui favorisent l’impunité constante et qui engendre de nombreuses frustrations. Un homme de 40 ans ne doit pas avoir le droit d’enceinter une mineure sans conséquence. Il doit être puni sans que cela ne pose de question. »

Références musicale de l’épisode
– Toumani Diabaté & Ballaké Sissoko Récital duo de kora
– Asa, Eye Adaba




La playlist du dimanche #2

Aujourd’hui Djeli podcast vous propose une playlist retro  !!! Les classiques de la musiques ivoiriennes.

Delta Groupe – Sapiou
Les soeurs Comoe – Abidjan pon sou
Francois Lougah – Kouclizia
Ernesto Djédjé – ziboté
Bailly spinto –Taxi sougnon
Bailly Spinto- Monouho
Amedée Pierre – Soklokpeu
Amédée Pierre –Moussio
Alpha Blondy- Bintou Were Were –
Guei Victor – Lékiné
Jane Agnimel – Zoum
Sidonie La Tigresse – Apindrin
Allah Thérèse – Indépendance

 

Vous pouvez retrouver une partie de ces titres dans l’épisode 3 de Djeli à écouter ici

 


La playlist du dimanche #1

Le 19 septembre 2018, la Côte d’Ivoire commémorait les 16 ans du début d’une guerre qui aura durée 10 ans. A partir de cette date les artistes ivoiriens ne vont cesser de dénoncer cette guerre absurde. Djeli Podcast vous propose aujourd’hui une playlist spécial « artistes engagés ivoiriens ».

Bonne écoute !

 

Pat Sacko feat. Petit Yod – On est fatigué
Collectif Zouglou – David contre Goliath
Collectif Youssoumba – Effort de paix
Collectif 1+1 – On est fatigué
Dj Tévecinq – Décaler dans la paix
Collectif Zouglou – Liberez mon pays
Pat Sacko , Vieux Gazeur – Article 48
Ode à la patrie
Nou la epi zot – Donne-moi ta peine
Gadji Celi – Ne touchez pas mon pays
 


Pourquoi les jeunes Africains ne doivent pas renoncer à leur nationalité

« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » Ernest Renan

Cette question de la nation et de l’appartenance à une communauté nationale est une interrogation prégnante au sein de la diaspora africaine. Nombreux sont ces jeunes issus de la diaspora qui après avoir terminé leurs études dans des pays étrangers décident de faire la démarche d’appartenir à une nouvelle communauté nationale. En faisant ce choix « ils expriment clairement leur désir de continuer la vie commune au sein de cette nouvelle communauté, Ernest Renan» délaissant de facto leur nation d’origine.

Les raisons du choix

Pourquoi cette diaspora consent-elle à poursuivre une aventure nationale dans des pays qu’elle n’hésite pas à pourfendre avec la plus grande véhémence, s’indignant à chaque dérapage raciste, protestant à chaque intervention militaire ou à chaque discours rempli de condescendance ?

Néanmoins, prenons du recul sur ce choix. En vérité ce jeune africain qui accepte de prendre la nationalité de son pays d’accueil justifie son choix de la manière la plus rationnelle qui soit. Prendre la nationalité d’un pays figurant parmi les plus puissants du monde c’est avant tout pour lui un moyen de servir ses intérêts et de maximiser ses chances de réussite dans un monde globalisé. Être Français, Américain, Anglais, Suisse, Canadien, c’est entre autres pouvoir voyager sans avoir à remplir la paperasse, pouvoir travailler plus facilement dans n’importe quel pays du globe, pouvoir se faire rapatrier en cas de troubles dans son pays d’origine, se faire soigner dans les meilleurs hôpitaux et avoir la possibilité de vivre dans un pays sans trouble politique. Le raisonnement de cette jeunesse africaine est froid, efficace, pragmatique. Il se résume assez facilement : mettre toutes les chances de son coté, assurer ses arrières. On ne se revendique pas Français ou Américain, on se revendique possédant un passeport français ou américain, la nuance est ténue mais elle existe.

Peut-on émettre une quelconque critique sur ce choix ? Peut-on reprocher à ces jeunes de penser à l’avenir de leurs enfants ? Peut-on leur reprocher de se sentir frustrés quand on leur dit que le monde s’ouvre à eux mais qu’il leur est impossible d’aller à sa rencontre ?

Reconsidérer l’idée de la nationalité

Derrière se cache encore cet éternel réflexe de colonisé. L’obtention de la nationalité se transforme en fête, on se félicite d’être devenu Français ou Américain. On est fier d’avoir obtenu ce sésame comme s’il s’agissait de la naissance d’un enfant. On angoisse pendant tout le processus d’obtention comme si notre vie en dépendait. On accepte les pires humiliations. Ce papier est plus qu’un simple outil de voyage, il revêt une signification particulière.

Être citoyen d’un pays c’est embrasser son histoire et sa grandeur, accepter ses contradictions, être solidaire de ses erreurs et de ses échecs et supporter ses compromissions. Être Américain c’est vivre avec la cicatrice ineffaçable de l’esclavage et du massacre des peuples autochtones, mais c’est vivre la promesse du rêve américain et signer à Philadelphie avec les pères fondateurs en 1776 la déclaration d’indépendance. « Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie. » Ernest Renan

Le continent a besoin de modèles, d’une génération qui va accepter de faire des choix difficiles et irrationnels, d’une jeunesse qui arrêtera de montrer que l’avenir se trouve ailleurs. Elle doit accepter les faiblesses du présent, avoir une posture ferme. Elle doit montrer qu’avec un passeport faible, une nationalité sans atout, elle peut aussi créer les conditions du possible. Elle doit s’engager pour que les générations futures ne se posent plus la question de savoir si être Ivoirien, Camerounais, Nigérien est la meilleure option pour s’assurer un avenir meilleur. Dans le fond, ne devient-on pas Américain ou Canadien pour se déresponsabiliser ? Pour ne pas subir les conséquences d’être Ivoirien ou Camerounais ?

La nationalité est un tout

Cette diaspora trouve de nombreuses justifications, elle se cache derrière une vision pragmatique pour cacher son inaction. Elle essaie de se convaincre que son action pour le continent sera plus efficace avec un autre passeport ou qu’avoir un deuxième passeport n’aura aucune influence sur sa volonté d’être actrice du changement. On peut lui accorder le bénéfice du doute et affirmer que dans certains cas la nationalité n’influe pas sur la volonté d’agir pour son pays.

Il n’en demeure pas moins qu’elle envoie ici un message négatif, un message qui plaide pour la facilité et qui nous ramène à un statut de dépendance, comme si être étranger était le seul moyen d’aider nos pays. Comme s’il fallait encore, pour nous en sortir, que nos ex-colonisateurs nous accordent le droit de faire partie de leur nation. Nous perdons chaque jour le combat du symbole ; toutes nos questions et nos solutions trouvent leurs réponses ailleurs. Une nationalité s’accepte dans sa totalité et non en partie, elle est un tout.

Les générations précédentes peuvent servir d’exemples. Combien de jeunes talentueux, qui après leurs études ont obtenu la nationalité de leur pays d’accueil avec cette même vision et n’ont eu aucun impact sur leur pays d’origine ? Ils ont perdu leur fougue, n’ont aujourd’hui même plus la capacité de s’insurger. Hier Français de raison, ils sont aujourd’hui Français de cœur et le passeport de leur pays d’origine n’est plus qu’une relique leur rappelant par à-coups les idéaux de leur jeunesse.

NJA


Djeli #4 : la voix des victimes

Côte d’Ivoire : la voix des victimes

19 septembre 2002, date sombre pour la Côte d’Ivoire. La guerre éclate. Des bourreaux tuent. Femmes violées, enfants mutilés, hommes assassinés, nation défigurée. La souffrance des victimes. Djeli se fait aujourd’hui l’écho de cette souffrance. Des victimes parlent, les martyrs ont une voix qui porte. Entendez, écoutez pour ne pas oublier. Dans le silence, la voix des victimes résonne.


Djeli #3: Assabou l’Histoire oubliée

Assabou L’histoire oublié

57 ans que les peuples réunis sur la terre d’Eburnie ont décidé de bâtir un avenir commun sous la conduite de Dia Oufoué. L’histoire de cette nouvelle nation a trop longtemps été racontée à l’aune de la grandeur d’un seul homme mais un seul homme peut-il porter sur ses seules épaules la destinée d’un peuple si grand ? L’histoire racontée reste trop souvent à la gloire d’un homme occultant ainsi la part d’ombre de son régime. Djeli vous compte aujourd’hui l’histoire des prisonniers d’Assabou.


Djeli #2 : Ceux qui partent

Ceux qui partent affronter l’aventure 

En 2017 selon l’OIM 116 296 migrants sont venus s’échouer sur les plages italiennes espagnoles et grecques en quêtes d’une vie meilleure. Ils sont les victimes silencieuses mais nombreuses d’un système qui ne peut leur offrir une vie décente. Au péril de leur vie ils affrontent les pires conditions pour pouvoir eux aussi avoir droit aux rêves. Les raisons de leurs départs sont diverses et restent incompréhensibles pour ceux qui dans leur confort et s’interrogent sur le choix de ces jeunes qui défient la mort. Ce sont 116 296 histoires singulières qui méritent d’être racontées.

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Mansa

Depuis maintenant plus de huit siècles les griots de la lignée des Kouyaté racontent l’histoire de celui que l’on appelle le Lion du Mandingue : Soundjata Keita Mansa (roi des rois) de l’empire Mandé. Ecoutons Balla Fasséké premier de la lignée des Kouyaté, griot du Mansa, nous raconter une partie de cette histoire :

C’est en l’an 1190 que naquit Soundjata keita , fils du roi du Mandé Naré Maghann Konaté et de la femme-buffle Sogolon Koudouma. Après une enfance difficile due à son infirmité il fuit le royaume de son père chassé par sa belle mère pour se réfugier dans le royaume de Nema où il apprend l’art de la guerre et devint un combattant d’exception sans nul égal.

Lors de son exil il apprend que le royaume de son père a été dévasté et est désormais sous la domination du roi-sorcier Soumangourou Kanté alors Empereur du Sosso. Désireux de libérer son peuple du joug du roi sorcier, le lion du Mandingue va lever une armée et fédérer autour de lui d’autres royaumes sous domination. C’est le début d’une guerre épique opposant deux guerriers d’exception.

Le sort de cette guerre se jouera lors de la sanglante bataille de Kirina en 1235 qui se solda par la victoire de Soundjata : L’empire du Mandé venait de naitre.

Afin de donner à son nouvel empire des bases solides Soundjata va réunir autour de lui les notables de l’empire afin d’élaborer une charte pour régir la vie de sa communauté.

C’est ainsi que va naitre le Dunya Makilikan (Injonction au Monde) ,véritable déclaration des droits humains et acte fondateur de l’empire du mandé. Cette déclaration se positionne comme un acte révolutionnaire voulu par un homme d’exception: Soundjata Keita.

«toutes ces paroles m’ont été donnée pure de tout mensonge, je l’ai donc transmise sans altération aucune»

Ecoutons Balla Fasséké nous lire l’injonction au monde:

1. Les chasseurs déclarent :

Toute vie (humaine) est une vie

Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie,

Mais une vie n’est pas plus « ancienne », plus respectable qu’une autre vie,

De même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie.

2. Les chasseurs déclarent :

Toute vie étant une vie,

Tout tort causé à une vie exige réparation.

Par conséquent,

Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin,

Que nul ne cause du tort à son prochain,

Que nul ne martyrise son semblable.

3. Les chasseurs déclarent :

Que chacun veille sur son prochain,

Que chacun vénère ses géniteurs,

Que chacun éduque comme il se doit ses enfants,

Que chacun « entretienne », pourvoie aux besoins des membres de sa famille.

4. Les chasseurs déclarent :

Que chacun veille sur le pays de ses pères.

Par pays ou patrie, faso,

Il faut entendre aussi et surtout les hommes ;

Car « tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface

Deviendrait aussitôt nostalgique ».

5. Les chasseurs déclarent :

La faim n’est pas une bonne chose,

L’esclavage n’est pas non plus une bonne chose ;

Il n’y a pas pire calamité que ces choses-là,

Dans ce bas monde.

Tant que nous détiendrons le carquois et l’arc,

La faim ne tuera plus personne au Mandé,

Si d’aventure la famine venait à sévir ;

La guerre ne détruira plus jamais de village

Pour y prélever des esclaves ;

C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable

Pour aller le vendre ;

Personne ne sera non plus battu,

A fortiori mis à mort,

Parce qu’il est fils d’esclave.

6. Les chasseurs déclarent :

L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour,

« D’un mur à l’autre », d’une frontière à l’autre du Mandé ;

La razzia est bannie à compter de ce jour au Mandé ;

Les tourments nés de ces horreurs sont finis à partir de ce jour au Mandé.

Quelle épreuve que le tourment !

Surtout lorsque l’opprimé ne dispose d’aucun recours.

L’esclave ne jouit d’aucune considération,

Nulle part dans le monde.

7. Les gens d’autrefois nous disent :

« L’homme en tant qu’individu

Fait d’os et de chair,

De moelle et de nerfs,

De peau recouverte de poils et de cheveux,

Se nourrit d’aliments et de boissons ;

Mais son « âme », son esprit vit de trois choses :

Voir qui il a envie de voir,

Dire ce qu’il a envie de dire

Et faire ce qu’il a envie de faire ;

Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine,

Elle en souffrirait et s’étiolerait sûrement.»

En conséquence, les chasseurs déclarent :

Chacun dispose désormais de sa personne,

Chacun est libre de ses actes,

Chacun dispose désormais des fruits de son travail.

Tel est le serment du Manden

A l’adresse des oreilles du monde tout entier

«toutes ces paroles m’ont été donnée pure de tout mensonge, je l’ai donc transmise sans altération aucune»

Le retour vers la connaissance du passé n’est pas synonyme d’hérésie mais une simple volonté de créer un futur sur des bases qui nous sont propres.Il nous faut comprendre que le temps est venu de penser par nous mêmes comme l’ont fait les chasseurs du Mandé. Sans une connaissance et une interprétation lucides du passé, le futur d’un peuple ou d’une nation ne peut s’écrire dans la vérité.

Je suis Soundjata Keita

Nous sommes Soundjata Keita

Que l’Afrique retienne le nom de ses Héros

NJA


Fréderique Brully Brouabré

Fréderique Brully Brouabré

Il est de ceux qui ont marqué la culture ivoirienne de par son talent et sa singularité. Son oeuvre, immense s’inscrit dans une optique de réappropriation identitaire et célèbre l’inventivité d’un homme qui à su faire de son art un écho. Brully Brouabré, se positionne comme une figure importante du paysage artistique et intellectuel africain, et nous rappel au travers de chacune de ses créations l’importance de vivre en accord avec son histoire. 3 ans après sa mort,  son oeuvre intemporelle se doit aujourd’hui d’être connue.

Brully Brouabré

 

Née en 1923 à à Zépréguhé dans la région de Daloa dans l’ex-colonie ivoirienne, le jeune Brully Brouabré manifeste une vive curiosité pour l’environnement qui l’entoure.  En 1939 , il est exclut de l’école pour s’être rebellé contre les exactions du système colonial.

En 1940 il part faire son service militaire en métropole. À son retour, il devient fonctionnaire de l’administration coloniale et exerce diverses fonctions au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Le 11 mars 1948, il reçoit une révélation divine. Voici comment il nous raconte cette vision: « lorsque le ciel s’ouvrit devant mes yeux et que 7 soleils colorés décrivirent un cercle de beauté autour de leur Mère-Soleil, je devins Cheik Nadro: celui qui n’oublie pas ».

L’oeuvre de Fréderique Brully Brouabré

A partir de cette date Cheik Nadro devient un artiste aux multiples facettes utilisant tous les modes d’expression artistiques : peinture, dessin, écriture… La pertinence et la diversité de son œuvre lui confère le statut de philosophe, de penseur, de peintre qui voue son travail à la cause africaine.

Brully brouabré

 

Son œuvre est particulièrement marquée par la création d’un Alphabet Africain qui a pour objectif de fixer et de transmettre le savoir du peuple Bété dont il est originaire . Pour construire son alphabet il s’est inspiré de figures géométriques découvertes sur des pierres d’un village du pays Bété :Bekora.

Brully Brouabré

Toute son œuvre va se bâtir autour de cet alphabet qu’il va utiliser pour retranscrire tout ce qu’il observe : ses songes, ses révélations et ses réflexions sur l’humanité.

Le 28 janvier  2014, Brully Brouabré artiste ivoirien multi-dimensionnel rejoint le cercle des immortels. Il nous lègue une oeuvre pléthorique et foisonnante qu’il nous revient de connaitre. L’influence culturelle de Brully Brouabré est aujourd’hui incontestable.

 

brully Brouabré

Je suis Brully Brouabré

Nous sommes Brully Brouabré

Que l’Afrique retienne le nom de ses Héros.

 

NJA

 

 



Indépendance ou La fin de la longue nuit

Un seul homme peut-il porter sur ses seules épaules la destinée d’un peuple si grand ? Un soir d’aout 1960, le peuple d’Eburnie quittait enfin la longue nuit du colonialisme.

22 octobre 1946, ils étaient 148 à embarquer sur la frégate F707 de la marine nationale Française. Ces 148 jeunes sélectionnés parmi les meilleurs élèves de la colonie ivoirienne s’apprêtent à poursuivre leur formation en métropole. Premier député de la colonie à siéger au parlement français, Dia Houphouët vient de tenir une promesse de campagne : former une génération de cadres ivoiriens. Visionnaire, il vient de poser les premières fondations de cette nation en devenir. Ces 148 jeunes devront être prêts lorsque le soleil des indépendances se lèvera sur la terre d’Eburnie.

Alcide Dioulo, Alphonse Bissouma Tape, Bakary Coulibaly, Brou Marie-Thérèse, Camille Adam, Ernest Boka, Gervais Coffie, Jean Konan Banny, Jean-Baptiste Pango, Joseph Aka Anghui, Memel Fôte sont du voyage. Arrivés le 20 novembre 1946 en métropole, les 148 premiers boursiers de Côte d’Ivoire débutent leur quête de connaissance pendant que sur leur terre règne un parfum de révolte.

Le temps du combat

1945, Alexandre Douala Manga Bell, Gabriel d’Arboussier, Jean-Félix Tchicaya, Yacine Diallo, Fily-Dabo Sissoko, Sourou Migan Apithy, Lamine Guèye, Léopold Sédar Senghor et Dia Houphouet rentrent au palais Bourbon pour représenter les peuples colonisés d’AOF et d’AEF.

Pionniers du combat pour l’indépendance, l’abolition du travail forcé et du code l’indigénat, l’attribution de la citoyenneté française à tous les ressortissants d’Outre-mer, la liberté de réunion et d’association de la presse seront leurs premières victoires face au système colonialiste. Ils créent également le Rassemblement Démocratique Africain à Bamako en 1946, parti qui rassemblera sous un même étendard tous les mouvements africains luttant pour l’émancipation des colonies.

Le combat pour l’indépendance prend un tournant décisif avec la création du rassemblement démocratique africain (RDA). Dia Houphouet futur ex-leader nationaliste mène la fronde contre l’administration coloniale qui ne pourra pas résister longtemps à la pression de l’histoire. Soutenu dès sa création par le parti communiste, le RDA et sa branche ivoirienne, le PDCI ne vont cesser d’être combattus par l’administration coloniale qui ne tolère par les accents indépendantistes de ce mouvement.

Les dirigeants du RDA subiront brimades, humiliations, licenciements, emprisonnement, intimidations. Le RDA ploie sous les coups de butoir du colon qui ne se ménage pas pour réprimer ce mouvement soutenu par les masses africaines.

Dans la colonie ivoirienne, la répression contre le RDA et son chef se fait intense. La colonie est en ébullition.

Ainsi trois ans après le départ des 148 aventuriers, l’administration coloniale dirigée par le gouverneur Péchoux arrête le 6 février 1949 plusieurs dirigeants du PDCI-RDA. Bernard Dadié, Mathieu Ekra, René Séry-Koré, Jean-Baptiste Mockey, Albert Paraïso, Philippe Vieyra, Jacob Williams. Seul manque à l’appel Dia Houphouet.

« Ils nous braquaient de leurs fusils et nous ont demandé qui était armé. J’ai levé le doigt. Ils m’ont demandé de sortir mon arme. Je leur ai brandi le stylo que j’avais dans la poche. Ils ont ri, les crétins ! C’est avec ce stylo que, de l’intérieur de la prison de Bassam que j’ai écrit mes « carnets de prisons » et les articles qui ont mis le feu à l’administration coloniale », Bernard Dadié.

Enfermés à la prison de Grand Bassam, les prisonniers entament une grève de la faim. Dehors le peuple se soulève pour demander la libération de leurs leaders. Les femmes prendront la tête de ce mouvement. Le 24 décembre 1949 elles marchent sur la prison pour demander la libération des membres du PDCI-RDA et lancent le boycott des commerces français. Elles subiront les foudres d’un régime aux abois. L’histoire se souvient d’Anne Marie Raggi, Marie Koré, Maguerite Sackoum, Odette Yacé et de Mme Ouezzin Coulibaly.

Le 22 mars 1950 le procès des dirigeants débute, Dia Houphouet leader du PDCI ne viendra pas soutenir ses compagnons. Prétextant une maladie, il préfèrera se réfugier à Yamoussoukro se contentant d’un simple télégramme de soutien.

« Regrette absence côtés vaillants camarades, victimes colonialistes aux abois- STOP mauvais état santé m’a empêché exprimer vive voix solidarité avec sublimes défenseurs peuple opprimé d’Afrique… Sommes… entièrement d’accord sur but à atteindre émancipation Afrique… Union avec forces démocratiques métropolitaines groupées autour avant-garde Parti communiste français, union avec forces démocratiques monde entier sous direction grand socialisme Union soviétique guidé par chef génial le grand Staline en vue créer par lutte commune condition réaliser avènement, ère liberté, paix, Fraternité. » Dia Houphouet

Repli tactique ou trahison

La répression contre le RDA devient sanglante et meurtrière, le colon tue à Bouaflé à Séguéla et à Dimbokro. On compte plus d’une centaine d’innocents tombés sous les balles du colon. Les réunions du PDCI-RDA sont interdites. L’étau se resserre autour du chef du RDA, la rumeur de son arrestation couve, un mandat d’arrêt est lancé contre lui le 26 janvier 1950. Acculé par le gouverneur Péchoux, il craint pour sa vie.

Un homme sera le symbole de la violence et de l’acharnement du colon, le 29 janvier 1950 le sénateur Victor Biaka Boda membre actif du PDCI et fervent nationaliste meurt en martyr dans des conditions troubles.

La mort du sénateur est un tournant dans le combat pour l’émancipation de la colonie ivoirienne, Dia Houphouet se réfugie en France loin du tumulte et s’apprête à céder sous la pression de l’occupant. Le 18 octobre 1950, le RDA publie un communiqué qui acte son desapparentement au parti communiste.  Cet acte de reddition marque la fin des idéaux nationalistes du RDA. A partir de cette date le PDCI-RDA ne sera plus qu’un faire-valoir. C’est le début de la collaboration de Dia Houphouet.

 «Oui mes frères, un vent de nationalisme souffle sur le monde entier- la mystique de l’indépendance qui ne règle rien, qui ne règle pas les rapports entre les hommes. Avec foi, nous africains et j’entends tous ceux qui travaillent ici pour un avenir meilleur blancs et noirs nous tous nous devons unir nos efforts dans un esprit de compréhension mutuelle et de confiance totale afin que nous puissions opposer victorieusement à cette mystique : celle de la Fraternité » Dia Houphouet

Les idées indépendantistes et anticolonialistes trouvent un écho puissant dans le Paris des année 50, les 148 étudiants ivoiriens baignent dans ce foisonnement idéologique et se préparent à rentrer pour servir leur pays.

La décennie 50 sera calme, les soubresauts de la fin de la décennie 40 sont loin. La collaboration avec le colon se passe sans encombre. Sékou Sango, Dignan Bailly, Kacou Aoulou, Ouezzin Coulibaly, Victor Djedje Capri, Auguste Denise, Etienne Djaument animeront la vie politique pré-indépendance.

L’union Française, la loi cadre, la communauté Française finiront par accoucher d’une indépendance factice, octroyée sans combattre. Le 7 août 1960 Dia Houphouët devient le premier président la nouvelle république de Côte d’Ivoire. Les 148 aventuriers prennent pour certains le chemin du retour pour participer à la construction de ce nouvel Etat. Fort des compétences acquises ils sont prêts à relever le défi du développement. Mais leurs espoirs seront vite étouffés…

A suivre

NJA


Djeli #1 : cette Côte d’Ivoire qui gagne

Côte d’Ivoire ( 2000-2010) : Chronique d’une décennie que l’on croyait perdue 

En Côte d’Ivoire la décennie 2000-2010 semble être celle des pleurs et des larmes. C’est dans cette atmosphère de terreur et de déclin que le génie ivoirien va se manifester avec un éclat sans pareil. Pendant 10 ans sous la menace des balles, Abidjan influencera l’Afrique et même le monde. C’est des plus grandes tragédies que naissent les plus belles inspirations. Retour sur cette Côte d’Ivoire qui gagne.