Andriamialy

Le programme de la semaine des top 5 de Lay Corbeille

Voici, donc le programme des 5 tops 5 de la semaine prochaines. A retrouver et à partager sur Lay Corbeille.

Lundi : 5 marques dont les noms sont d’origine malgache

Mardi : Les 5 étapes de l’affranchissement du mondoblogueur

Mercredi : Les 5 attaques du dragon les plus mortelles

Jeudi : 5 faux amis surprenants de la langue malgache dans le monde

Vendredi : Les 5 règles de la Révolution Moramora

A lundi sur Lay Corbeille.

 

 


5 jours de top 5 du 27 au 31 Avril 2015 sur Lay Corbeille

Bonjour chers lecteurs,
Je vous annonce que du 27 au 31 Avril 2015, je publierai sur Lay Corbeille 1 top 5 journalier sur des sujets variés.

Je m’impose cet exercice pour trouver de nouveaux sujets, évacuer tous les sujets, peut-être intéressants, en suspens dans mes « brouillons » et aussi pour, donc, me ré-exercer à écrire tous les jours; chose que je ne fais plus depuis quelques temps. Pour l’instant, les sujets ne sont pas arrêtés mais il y aura des trucs sur Madagascar, comme toujours. Si possible, je mettrai pour un ou 2 articles en version, ici ou sur lay andriamialy,  Et ce seront des top 5, c’est à dire qu’ils seront surprenants, parfois intrigants, parfois drôles…, en fin, j’espère.

Voilà, c’était une petite auto-promotion, un teaser 🙂 . Rendez-vous pour la semaine prochaine.


6 plats malgaches typiques avec des noms en français

Je reviens sur la gastronomie malgache. Une gastronomie quasi-millénaire, donc les plats malgaches sont riches et variés.

Mais en terme de spécificités et même de bizarreries, elle ne peut pas rivaliser avec les autres civilisations qui ont des milliers d’années de plus que Madagascar. Aujourd’hui, je vais vous citer 6 aliments, inventions plus ou moins récentes pour le malgache, puisque leurs noms sont en français. A l’occasion, je donnerai d’autres noms de plats que je connais.

6- Le « sur plat »

Je dois avouer que le « sur plat » n’a pas vraiment sa place dans ce classement. Ce n’est pas un plat typiquement malgache mais bon, je ne voulais pas faire un top 4. Alors, quitte à faire un top 5 pourquoi ne pas ajouter un sixième. Si vous ne l’avez pas deviné, c’est juste une contraction du nom d’origine qui est « œuf sur le plat » ou œuf au plat. Le « sur plat », ici comme dans le monde entier est cuit sur un côté, sur les deux côtés ou le jaune qui dégouline, salé, poivré, avec de fines herbes, etc. Mais, généralement, ce nom marche même si le cuisinier a fait plonger l’œuf dans de l’huile bouillante, ce qui s’apparente plutôt à l’œuf frit. Et donc, avec un œuf, nous faisons aussi des omelettes, des œufs durs, rarement des œufs pochés, brouillés ou à la coque. Je me souviens, un chinois sur place a appris à mes parents à faire des œufs durs salés lors d’un voyage dans l’Est de l’île. Ce qu’on mange le plus c’est l’œuf de poule mais aussi l’œuf de cane, de caille et de perdrix. Bref, les œufs sont des aliments essentiels dans la cuisine malgache. C’est sûrement dans ce pays, terre des anciens oiseaux éléphants, qu’on faisait les plus grands œufs à la coque de tous les temps.

5- Le Bonbon Anglais

Le Bonbon Anglais est une boisson gazeuse qui par métonymie est devenue synonyme de limonade à Madagascar. Les malgaches adorent.

Pour les étrangers, on aime ou on n’aime pas, chacun décide. Certains le trouvent trop sucré ou sans goût. Je pense que c’est selon ses habitudes dans ses pays respectifs. Moi-même, qui ai visité beaucoup de pays, je n’ai pas aimé toutes les limonades que j’ai gouté. Même à recette égale, on sait bien que les Coca-cola de tous les pays, par exemple, diffèrent un petit peu dans le goût; ce que Coca-Cola Company attribue à la subjectivité du goût puisque paraît-il, la recette est la même partout. A mon avis, c’est à cause de l’eau utilisée et qui est à la base de toute boisson. On a déjà fait un comparaison, un jour, entre deux bouteilles d’une même marque d’eau de source produite en France et à Madagascar. Moi, je trouvais que l’eau malgache était plus douce alors que l’étranger qui me parlait l’a trouvé plus fade.

La raison de la présence du Bonbon Anglais dans cette liste est son nom atypique. Pourquoi l’entreprise qui la produit l’a appelé ainsi? Une limonade, par essence, c’est du jus de citron. Il faudrait, peut-être gouter à tous les bonbons acidulés fabriqués en Angleterre pour savoir lequel a inspiré ce nom.

4- Le Pain l’achards (mofo lasary)

Une fois que l’on comprend le mot « achards », il est facile de deviner que c’est un sandwich fait à partir d’un pain et des achards, souvent de carottes. Mais l’appellation « pain l’achards » est absurde puisqu’on a déjà les mots bien malgaches mofo=pain et lasary=achards. Mais bon !

Souvent, les gens ajoutent dans leurs sandwichs des nems, des sambos ou des steaks. Par contre, il est devenu indispensable de mettre des achards dans tout sandwich malgache. Il supplée ou remplace les salades. D’ailleurs, on a du mal à distinguer les achards et les salades à Madagascar.

Il y a eu un temps, quand j’étais jeune, un peu avant d’avoir un début d’ulcère, je mangeais exclusivement du « pain l’achards » à midi, entre 2 cours. Les achards, avec sa vinaigrette mollissait le bâtard, creux à la croûte tranchante. Mais bon, j’ai quand même évité de peu l’hôpital et j’ai perdu une dent. Donc, conseil aux étudiants et travailleurs pressés, un sandwich peut remplacer le déjeuner de temps en temps mais pas tous les jours.

3- Le composé (kompoze)

On peut faire le rapprochement avec la salade composée . Dans les gargotes d’Antananarivo, le composé s’est pourtant éloigné un tantinet de ce plat. Si tu commandes une kompoze, tu auras droit à une assiette avec de petits tas de ce que le gargotier a dans sa vitrine : un peu macédoine, un peu de misao (Mine Sao), un peu de spaghetti, divers achards et salades, composés mais qui ne se touchent pas, cela fait de belles compositions. Libre à toi d’ajouter des bouts de pains, un Sur Plat, des nems, sambos, catless, boulettes, etc. Tiens ça me rappelle Composé, le surnom d’un ancien camarade de classe. Il a eu ce surnom parce que lorsque le prof de français a demandé les plats favoris de chacun La plupart a répondu avec les classiques ravitoto au coco, ravitoto au porc, langues aux petits pois, viande et haricots ou autres succulents plats malgaches. Certains auraient énoncé des noms de plats gastronomiques compliqués et c’est pour ça qu’il a répondu, par malice, qu’il préfère plus que tout le Composé. Hommage ! J’ai déjà un problème pour me souvenir des prénoms de tout le monde, alors, lorsque le surnom est si beau, ce n’est plus de ma faute.

C’est quoi le ravitoto? Vidéo de NiRina

On se perd. Pour le coup, je vous ai fait un plan avec Paint (logiciel de dessin), d’un composé probable (avis très personnel ) pour votre prochaine visite dans une gargote gasy.

kompoze

2- le Caca-Pigeon

Sachet de caca-pigeon à 200 Ariary
Sachet de caca-pigeon à 200 Ariary

Ici, même si le nom sonne bien français, il est peu probable qu’il fasse référence aux excréments de volatile. Le caca-pigeon est un snack fabriqué avec de la farine frite aux allures de vermicelles frites avec des variantes. C’est un plat que les indiens, surement à travers l’île Maurice, nous ont appris à faire, comme les achards, justement. Mais depuis, il s’est malgachisé. Je pense, donc, à une francisation du nom à partir d’un nom malgache qui lui serait issu du créole ou de l’indien. Ainsi, le nom, ce n’est pas une raison de faire un plat  pour coprophages. D’ailleurs, si on cherche, on trouve nombre de choses qui se mangent dons les noms sont des abominations ailleurs. Rien qu’entre le Sud de Madagascar et le reste il y a le « tabia » qui désigne les gonades mâles de l’être humain. Donc, dire qu’on mange du voatabia (tomate) à Tana n’a pas le même effet à Taolagnaro puisque là-bas, cela se comprend (noix de tabia).

Le caca-pigeon, cousin éloigné du bretzel, est omniprésent à Madagascar, dans la rue, dans les salons, dans les buffets et cocktails. J’ai trouvé des équivalences à Maurice, en Afrique avec les soufflets de mais frits ou en Europe avec les amuse-gueules en farines diverses. Mais, le caca-pigeon malgache reste quand même unique.

 

macaron gasy
Sachet de Macaron

1- Le macaron

Conséquence du caca-pigeon, ce que les malgaches appellent « macaron », ce n’est pas la petite friandise que vous avez en tête. C’est plutôt un aliment sucré fait de sortes de caca-pigeons agglomérés par du caramel auquel on ajoute depuis quelques temps des graines de sésames, un délice. Mais, revers de la médaille, qu’est-ce que ça bousille les dents!

On nous a envoyé récemment un truc qui y ressemble de Thailande mais à la place du caca-pigeon, c’était du riz soufflé. Le nom du truc était en Thaï, donc, je ne sais pas comment ça s’appelait. Tiens, c’est vrai que beaucoup de monde aime la cuisine thaï (en malgache thaï se prononce comme tay=caca, du caca pigeon thaï, ha ha, la boucle est bouclée).

Donc, sur un même étal, je dirais spécialisé, vont se côtoyer les sachets de caca-pigeon, macaron, cacahuètes, riz soufflés, divers chips de pomme de terre, de patate douce, de banane plantain, etc. et des pâtes de fruits (banane, tamarin, etc.)

 

Voilà, donc, 6 aliments malgaches que vous ne trouverez pas, pour la plupart, ailleurs même si le nom est bien français. Ce qui ne résume pas un centième du répertoire gastronomique malgache. Je vous invite à voir, découvrir et gouter aux plats malgaches. Si vous êtes hors du pays, il y a des sites, des blogs , des livres de cuisines ou des amis malgaches qui existent.


Madagascar restée française, l’autre scénario, rêve ou cauchemar?

A l’occasion du 29 Mars, date à laquelle Madagascar commémore ses martyrs de la guerre d’indépendance. Cet article m’a été inspiré par une question que j’ai vu sur le mur d’un groupe Facebook de la part de quelqu’un que je ne connais pas. Il ou elle a écrit : « Si quelques malgaches ne se sont pas rebellés (contre la colonisation française) en 1947, où en serions-nous aujourd’hui? ». C’est une question tendancieuse mais je veux bien donner ma vision sur ce point. Je ne vais pas trancher pour dire que oui ou non, les malgaches ont eu raison de demander l’indépendance mais je voudrais seulement peindre une Madagascar en 2015 s’il n’y a pas eu la séparation avec la France. Donc, ceci est une pure FICTION. Vous aimerez ou non, c’est à vous de juger.

Madagascar

Madagascar est une île de l’Océan Indien qui est, en terme de superficie, le plus grand territoire français d’Outre-Mer (aussi grand que la France métropolitaine et le Benelux réunis). Sa capitale administrative est Tananarive (1,5 millions d’habitants).

Environnement

Une flore luxuriante

Madagascar est recouverte dans sa majeure partie d’une forêt tropicale humide. La plupart de sa flore est endémique. Elle abrite 7 espèces de baobab (contre une espèce seulement pour le continent africain). La forêt tropicale couvre le Nord, l’Est et dans une moindre mesure l’Ouest de l’île. Les hautes plateaux ont subi une déforestation systématique à cause de l’agriculture et surtout de la culture sur brulis utilisés jusqu’à récemment par les malgaches. Le Sud présente un climat semi aride et il y a une forêt d’épine, unique au monde.

Une faune unique

Madagascar a une faune endémique exceptionnelle. Les plus surprenants sont les lémuriens mais l’endémisme concerne aussi les reptiles et les insectes.

Histoire

Période pré-royaumes

Avant le 18ème siècle, Madagascar était peuplée par différents tribus issus d’immigration asiatiques et africaines anciennes et récentes. Cette période que les historiens rapprochent à une préhistoire malgache est encore mal connue.

Les royaumes

A partir du 18ème siècle, plusieurs petits royaumes ont émergé un peu partout dans l’île. La plus grande était le royaume Mérine qui à son apogée a recouvert une grande partie de Madagascar.

La colonisation

On considère que Madagascar est devenue colonie française en 1898 lorsque le royaume Mérine, déjà en déclin, a abdiqué devant un détachement de moins de cents soldats français et sénégalais. Cette version est contestée par d’autres historiens qui retiennent des dates antérieures se rapportant à d’autres allégeances ou soumissions de royaumes côtières comme premières installations françaises sur l’île.

La guerre d’indépendance

Inspirés par d’autres colonies en Afrique et en Asie, des nationalistes malgaches ont mené des guerres contre la colonisation. Les épisodes marquantes suivent les deux grandes guerres lorsque les combattants reviennent du front sans avoir reçu les honneurs ni les indemnisations à la hauteur de leurs sacrifice pour la France. En 1947, des milliers de malgaches ont trouvé la mort lors d’une insurrection durement réprimée par l’administration coloniale. Cette insurrection a conduit au référendum qui a fait de Madagascar une territoire Française d’Outre mer en 1960.

Le rattachement à la France

Le rattachement à la France est la partie la plus contestée de l’Histoire de Madagascar. En effet, c’est par référendum que le peuple s’est prononcé alors que les nationalistes continuent de clamer que ce mode de scrutin n’était pas adapté à cause de la répartition géographique des malgaches. Beaucoup de malgaches en age de voter n’auraient pas pu exprimer leur vote.

Statut

Madagascar, par rapport à tous les autres DOM-TOM, possède un statut particulier. Territoire d’Outre-mer, elle jouit d’une relative autonomie et possède son propre gouvernement et ses deux assemblées (53 sénateurs et 152 députés) . Elle est composée de 67 départements qui ne sont pourtant pas des départements d’outre-mer. Elle est dirigée par un gouverneur proposé par la Chambre basse et désigné par le Président de la République Française pour un mandat de 5 ans. Le gouverneur tient le rôle de Chef de l’État pour tout ce qui est de l’administration des affaires courantes. Toutes les grandes décisions sont prises par le gouvernement français.

Politique

Il y a 4 grandes tendances politiques à Madagascar : la droite, représentée par l’UMP qui est au pouvoir depuis 2003, la gauche socialiste avec le Parti Socialiste Malgache (PSM), l’écologie représentée par le Parti Vert et les indépendantistes du MLM (Mouvement pour la Libération de Madagascar). Cette situation est parfois défavorable pour Madagascar lorsque le gouvernement local n’est pas de la même couleur que celui en pouvoir en métropole.

A côté de ces 4 partis, il y a des dizaines de petits partis qui représentent en totalité 5% des sièges des deux assemblées. Il faut noter l’existence du 2M (Madagasikara ho an’ny Malagasy), un parti illégal qui mènerait une lutte armée pour l’indépendance mais qui ne se manifeste que sporadiquement (dont la célèbre Attaque d’Ampèfe et la prise d’otage du navire de croisière Océane). Le 2M est dans la liste des organisations terroristes selon l’ONU et on pense que ses membres ne dépassent pas le nombre de 5 000.

Géopolitique

Madagascar possède un emplacement stratégique dans l’Océan Indien. Elle est une base militaire de premier ordre pour toutes les interventions militaires de la France et de l’OTAN dans l’Océan Indien, en Afrique subsaharienne, en Proche Orient et dans le Sud de l’Asie. C’est notamment de Diégo-Suarez et de Majunga que des bombardiers français décollent pour les missions au dessus de l’Océan Indien et l’Est de l’Afrique. 4 de ses ports sont également des escales privilégiées pour tout navire voguant dans l’Océan Indien et le Canal du Mozambique, à savoir, Diégo-Suarez, Tamatave, Mananjare et Fort-Dauphin.

Démographie

Madagascar compte en 2012 15 millions d’habitants, ce qui en fait le territoire français le moins peuplé au km². Les principales villes en nombre d’habitants sont :

– Tananarive : 1,5 millions

– Antsirabé : 1 millions

– Tamatave : 730 000

– Diégo Suarez : 500 000

Les autres villes à plus de 100 000 habitants sont Majunga, Fianare, Fort-Dauphin, Tuléar,

Population

Les habitants de Madagascar sont appelés les malgaches. 60% de la population habite à la campagne ou sur les côtes. Il existes de nombreuses communautés qui cohabitent :

– Les Ambaniandro, environ 27% de la population, sont les descendants des malgaches venus d’Asie. Ils occupent les hauts plateaux au centre de l’île.

– Les côtiers représentent 36% de la population et occupent les côtes de Madagascar. Ils proviennent de 15 ethnies différentes dont les plus importants sont les Sakalave et les Betsimisarake.

– Les descendants des noirs (mainty) cohabitent avec les Ambaniandro et seraient au nombre de 2,4 millions (16%).

– Les français originaires de la France métropolitaine représentent environ 20% de la population

– Les autres communautés sont les chinois, les indo-pakistanais, les arabes, les juifs et les africains.

Religion

La religion à Madagascar est principalement dominée par l’Église Catholique de France. La population est très religieuse. Il existe 20 évêchés répartis dans toute l’île qui réunit la majorité des malgaches. Néanmoins, du fait de l’éloignement avec la métropole, un organe central a été créé pour gérer l’activité de l’église dans l’île et aussi pour donner des indications sur le culte et les sacrements. Ainsi, on peut dire qu’il existe un catholicisme bien malgache.

Le protestantisme est aussi bien installée à Madagascar. L’Église Protestante Malgache existe depuis le temps des royaumes (19ème siècle). Il existe aussi une église anglicane, vestige de l’influence anglaise sur l’île au 19ème siècle. On note aussi l’essor des mouvements réformés comme les adventistes, les baptistes et les témoins de Jehovah.

L’islam, l’hindouisme et le bouddhisme sont essentiellement pratiqués par les communautés d’origine étrangère. Néanmoins, on dénote une multiplication des conversions à l’islam ces dernières années.

Bien que marginal, il faut noter l’existence d’une religion traditionnelle, animiste malgache. En effet, on trouve toujours partout sur le territoire des autels pour les sacrifices rituels près des stèles, des rovas (palais royaux) et des tombeaux. Il est connu que les malgaches, même chrétiens, continuent de faire des cultes animistes à certaines occasions. Certaines ethnies pratiquent aussi le tromba, un culte des ancêtres.

Santé

Le paludisme est la maladie la plus mortelle chez les malgaches. Chez les enfants de moins de 5 ans, il présente un taux de mortalité de 3,5 pour mille. L’essentiel du programme sanitaire malgache est axé sur la lutte contre cette maladie. Les autres maladies courantes sont la grippe et la diarrhée. Il faut noter que Madagascar possède aussi des programmes de lutte contre la tuberculose, le choléra et la peste noire qui font régulièrement des victimes dans la population. Le taux de prévalence du Sida est aussi parmi les plus élevés en France.

Économie

Madagascar présente un contraste économique très marqué. En effet, elle abrite à la fois les départements les plus « riches » et les plus en difficultés de France.

La ville d’Antsirabé est au centre de la plus vaste zone de culture de France. Elle produit essentiellement des légumes et des céréales. Des industries transforment les matières premières sur place. Ce qui fait d’Antsirabé et sa périphérie la 4ème zone industrielle de France en terme de productivité. Tamatave est le premier port de l’ile. Il sert d’étape à tous les voyages dans l’Océan Indien. C’est aussi par Tamatave que l’essentiel des exportations malgaches part. Le Sud  est un riche territoire minier qui produit principalement de l’Ilménite, mais aussi de l’uranium et des pierres précieuses. Le principal port du Sud est Fort-Dauphin. Le Nord produit grâce à son climat chaud et humide des produits tropicaux comme le café, la vanille, le girofle. Le reste de l’île dépend surtout du tourisme.

Dans certaines régions de Madagascar, le chômage est le plus élevé de France (entre 25 et 30%). La raison serait la faible éducation des jeunes et le manque de création d’emploi. Une partie des malgaches vit dans une certaine précarité.

Culture

Langue

Le Français est la langue officielle mais plusieurs langues sont utilisées dans l’île. Dans les villes et sur toutes les côtes, on parle le créole malgache, un mélange de français, d’anglais et de malgache ancien qui a été beaucoup influencé par les créoles des Mascareignes. Dans les campagnes, on continue de parler les différents dialectes du malgache, langue ancestrale sur l’île.

Coutumes

Les malgaches pratiquent des coutumes ancestrales dont les principales sont la circoncision et le retournement des morts. Depuis 1996, la circoncision rituelle n’est plus autorisée qu’à l’âge de 15 ans révolus, sur avis médical et consentement écrit de l’enfant. Pourtant, vu le nombre élevé de circoncision pour raison médicale sur les enfants de moins de 5 ans, on soupçonne que les médecins malgaches délivrent de fausses attestations pour contourner la loi. Le retournement des morts est devenu une fête symbolique pendant laquelle la famille organise une grande fête pour les convives alors que des professionnels renouvellent les tissus qui recouvrent les restes des ancêtres dans le caveau familial. Autrefois, ces restes étaient au centre des festivités (les convives devaient les toucher) mais pour des raisons sanitaires évidentes, cela est actuellement interdit.

Le mariage malgache est des plus longs au monde. En effet, il y a 3 étapes, le mariage traditionnel, le mariage civil et le mariage religieux.

Gastronomie

Les malgaches consomment beaucoup de riz. Le riz est à la base de tous leurs plats. Les plats typiques malgaches sont le ravitoute, le romazave et le riz aux brèdes.

Musique

La musique folklorique malgache est le salegy.

Media

Presse écrite : Le Malgache (quotidien), Une Semaine A Mada (Hebdomadaire), Femme malgache et Andao (Mensuels)

Radio : Mada 1ère, Gasy FM, Trace FM, Nostalgie, NRJ et Rires et Chansons

Télévision : Mada 1ère, Mada 2, France 2, France 3, France 5 , France O, France 24, Arte,

La place du riz

Les malgaches ont une affinité particulière avec le riz qu’ils consomment 3 fois par jour. Cette plante et nourriture est aussi présente dans nombre de leurs expressions, proverbes, coutumes et festivités.

Artisanat

L’artisanat malgache est réputé comme des plus beaux au monde. Il s’agit de la fabrication d’objets usuelles ou décoratives en métal, en pierres précieuses ou semi-précieuses, en bois, en cuir et en tissus.

 

Attention

Je rappelle, pour finir cet article que  tout ce qui est écrit plus haut est de la pure fiction. Si Madagascar était restée territoire français, je ne sais pas du tout comment nous serions à cet instant si encore on existait. En effet, il ne faut pas oublier « l’Effet Papillon » qui dit qu’une petite variation dans l’histoire passée peut avoir des grandes répercussions sur le présent. Alors, peut-être que mes parents ne se seraient jamais rencontrés et je ne serais pas là à écrire cet article. Mais voilà, je ne blâme pas ceux qui ont botté les français hors de Madagascar et je ne juge pas ceux qui ont gardé la nationalité française et qui aujourd’hui jouissent de cette situation pour fuir la misère malgache. Je sais que le fait d’être malgache c’est quelque chose de plus grand que la nationalité et Dieu sait si des personnes aiment ce pays, quelles que soit les couleurs de leurs peaux ou le pays ou elles sont nées.

Quoi qu’il en soit, en revenant sur les évènement de 1947, je suis fier de mes ainés qui ont combattu pour obtenir notre indépendance. Mais je sais bien qu’en parlant d’indépendance, le combat n’est pas fini.


Madagascar : les autorités interdisent la manifestation du 28 mars

Demain samedi 28 mars 2015, un rassemblement et une marche « de la libération » sont prévus à Antananarivo, capitale de Madagascar. Cette manifestation est d’ores et déjà interdite par les autorités arguant la crainte « justifiée et prouvée » d’émeutes alors que les organisateurs continuent d’affirmer leur intention de faire cette marche.

C’est Alain Ramaroson qui lance aujourd’hui un appel à maintenir cette marche pour exiger la démission de quelques ministres. Il l’a déjà annoncé, donc, c’est juste une confirmation. Alain Ramaroson a été l’un des leaders de la  » révolution orange  » de 2009 ayant conduit à la prise du pouvoir par Andry Rajoelina. Longtemps accusé de s’enrichir illicitement sous la transition, il s’est, au contraire comporté en victime depuis la mort de sa nièce et ministre de la Population en exercice, Nadine Ramaroson, lors d’un naufrage de vedette. En effet, il a toujours clamé que c’est un complot qui a tué sa nièce. Depuis l’élection de Hery Rajaonarimampianina à la tête du pays, on ne l’a pas trop vu. Enfin, c’est très relatif.

L’homme prétend réagir au regard d’une situation sociale désastreuse. Ce qui est une cause juste; les Malgaches devenant de plus en  plus pauvres. Le prix du riz vient d’atteindre des sommets inimaginables. Le coût de la vie augmente à la vitesse V. La prise en charge par le gouvernement des conséquences des catastrophes naturelles ne répond pas aux attentes des victimes. Qu’il s’agisse des mesures prises après la sècheresse et la famine dans le Sud, des cyclones, des inondations, des glissements de terrain dans les autres parties de l’île, aucune mesure n’est perçue comme suffisante ou appropriée par la population ou les observateurs. Les infrastructures tombent en morceaux, mais les solutions ne sont toujours que provisoires.

De l’autre côté, les agissements du parti H.V.M. et des proches du pouvoir font l’objet de critiques. Les mouvements de contestation atteignent plusieurs secteurs tandis que le gouvernement semble gérer le tout en faisant la sourde oreille ou même en prenant des décisions très suspectes. Même les « victoires » du régime posent des questions. Bref, ce n’est pas un hasard si le pays est classé à haut risque tant les tensions sont fortes à tous les niveaux.

Voilà pourquoi Alain  Ramasoron veut tirer la sonnette d’alarme, mais peu de gens lui font confiance. Les rumeurs de déstabilisation vont bon train. Elles ont été confirmées à la radio (journal de la Radio Antsiva 97.6 F.M. de ce midi). Il y aurait eu une distribution d’armes, d’argent et même un sacrifice bovin. C’est pour cela que la préservation de la paix a été évoquée pour le refus, attendu, de l’autorisation à cette manifestation. Les forces de l’ordre indiquent déjà qu’elles vont prendre leur « responsabilité » face aux manifestations non autorisées pour protéger le peuple et leurs biens. Des hommes avertis ? On sait, déjà, par expérience comment ces forces protègent bien le régime en place.

Dans ce contexte des questions se posent concernant Alain Ramasoran. Ce monsieur est soupçonné d’agir pour lui-même ? Sinon, pourquoi gesticule-t-il comme cela ? Quelles sont les chances pour que ses actions puissent pousser 4 ministres d’un gouvernement HVM à la démission? Et si, par miracle, il y parvient, se contentera-t-il de cela ou bien quelles sont ses vraies ambitions ? Alain R. est peut-être un fin politicien, un opportuniste qui voit le meilleur moment pour se montrer, estimant que le gouvernement est dans une très mauvaise passe.

Je ne suis pas devin, ni prophète, ni même analyste pour pouvoir prédire ce qui se passera demain. J’espère seulement qu’il n’y aura rien de dramatique. Le 26 janvier et le 7 février sont des dates qui prouvent que le pire peut aussi arriver. Je sais qu’il faut agir et réagir, d’une manière ou d’une autre, mais justement, les centaines de morts dans les manifestations depuis le début de cette crise (car pour moi, elle n’est pas finie) doivent avoir donné aux Malgaches la triste leçon que trop souvent en politique « ny lehibe no miady ka ny ankizy no voaporiporitra » (devinette :  » les grands se battent et ce sont les enfants qui se font écraser? » et la réponse est « le mortier et le pilon« ). Alors personnellement demain, Sabbat, moi, je me reposerai et je prierai pour ma patrie.


Bonne année (nouvel an malgache) quand même!

Tratry ny Asaramanitra (Bonne fêtes) quand même! Bonne année, Joyeuses fêtes du nouvel an malgache (Asaramanitra, Alahamadibe, Fandroana, etc.). En effet, aujourd’hui, c’est le nouvel an malgache mais malheureusement, ce n’est pas vraiment la fête. Je me pose des questions.

Photo à la une : Afindrafindrao, la danse d’ouverture par Rabetsihala

Quel nouvel an?

Je ne peux pas dire quelle année nous sommes dans le calendrier malgache. En effet, il n’y a pas ce décompte des années. Peut-être qu’au début, ou quelque part dans l’Histoire, il y avait bien un compte des années qui passent mais lorsque l’utilisation même du calendrier a failli se perdre à jamais, il ne faut pas trop espérer, non plus. Mais comme dit la page wikipedia sur le sujet, la fête du nouvel an est en résurgence ces derniers temps, c’est déjà ça. Le calendrier malgache est, donc, lunaire comme le calendrier chinois ou d’autres dans ce cas. Le nouvel an est déterminé chaque année selon la date de la nouvelle lune précédant l’équinoxe du 21 Mars. Cette année, c’est tombé le 20 Mars.

Ce calendrier malgache n’a pas été inventé par les malgaches en observant le ciel, les astres, les cycles des planètes. Il faut rester humble et se remémorer que ce qu’on avait avant l’influence européenne et surtout la colonisation par la France, on les a reçu en héritage des migrations et échanges avec les civilisations qui ont fabriqué Madagascar : l’Asie, l’Arabie, l’Afrique et l’Europe par les navigateurs portugais. Il suffit de rapprocher les mois malgaches avec les mois arabes pour comprendre que ce sont des arabes qui nous ont appris à compter les jours de l’année. On peut seulement dire qu’il est antérieur au calendrier grégorien qui est officiellement en vigueur actuellement. Pour des raisons pratiques, on ne va pas l’adopter en remplacement du grégorien puisque dans la mondialisation, on se retrouverait isolés. Même si on est le plus affirmé des nationalistes, ce serait idiot de revendiquer une grande place pour ce calendrier malgache. Le retour à l’Ariary, en comparaison,  était un coup de communication et financier assez habile profitant d’un élan de nationalisme en sortie de crise de 2002 pour diviser la monnaie par 5 avec l’augmentation logique du coût de la vie qu’on a tous vécu en conséquence (comparable au passage à l’Euro en France). Et pourtant, les malgaches n’ont pas, non plus inventés la monnaie. Pour moi, le Franc malgache (Iraimbilanja) était aussi malgache que l’Ariary (nom probablement dérivé du portugais « real »). La Zone Franc, on l’a quitté déjà en 1972.

Quel valeur donner au nouvel an malgache?

Du symbolique, surement mais pas seulement. Les calendriers lunaires sont, par exemple, beaucoup plus efficaces dans l’agriculture et Madagascar est composé à 80% d’agriculteurs (selon la légende). Tu ne peux pas dire, « je vais semer mon riz tous les 17 octobre de chaque année (au hasard) » qu’il pleuve ou qu’il grêle.  Mais avec une bonne connaissance des phases de la Lune, tu peux déterminer les bons moments pour faire les choses. En malgache, cela s’appelle : « fanandroana » qui est, depuis toujours, mal traduit par « astrologie ». Les mpanandro (ceux qui exercent le fanandroana) sont, donc, des astrologues et selon les religieux et autres scientifiques, ce sont des charlatans, des sorciers, des démoniaques. Et pourtant, jusqu’à ce jour, les malgaches continuent à consulter ces érudits et même la plupart d’entre nous savons toujours regarder les phases de la lune avant de désigner un jour de fête (mariage, réunion de famille) pour éviter la pluie, par exemple. Car oui, il y a l’astrologie dans le fanandroana, celui qui dit que tous ceux qui sont nés en Janvier ont des points communs, (ce que j’accepte, déjà puisque tous sont nés en janvier) et qui prédit les destins des gens (ce qui m’est moins acceptable). Et il y a le fanandroana qui fait de l’astronomie,  de la météorologie, de la géologie, etc. et qui, sommes toutes, représente la science du temps des Ntaolo (ancêtres) et ce serait une perte pour nous, malgaches, de les jeter comme des détritus.

Sacrifice du zebu, photo Rabetsihala
Sacrifice du zebu, photo Rabetsihala

Je disais, donc, qu’il y a beaucoup de symbolisme dans cette résurgence du nouvel an malgache. Cette fête montre une envie de retrouver des valeurs perdues, une identité qui se perd et peut-être une nostalgie des gloires passées.

C’est là que les détracteurs trouvent les arguments pour dénigrer le nouvel an malgache. Pour certains, comme je l’ai déjà expliqué plus haut, ce serait une fête païenne, une hérésie et leur situation de bon chrétien, ou bon musulman, leur interdit toute participation. On peut les comprendre lors des manifestations où l’on honore les ancêtres avec des sacrifices rituels. Pour d’autres, il s’agit d’une fête pour certaines catégories, castes, qui veulent revenir du temps des clans et des royaumes. Dans le récurrent conflit de génération, bien entendu, toute fête traditionnelle est considéré comme un « truc » de personnes âgées qui ne peut pas intéresser les jeunes.

Mais si l’on veut polémiquer, on peut toujours trouver des raisons pour ou contre. On dira que c’est pareil pour la Saint Sylvestre et le 01er janvier. Certains y trouvent une occasion pour un nouveau départ et y vont de leurs bonnes résolutions. D’autres en profitent pour faire les pires folies de leurs vies puisque comme dans beaucoup de fêtes, il y a alcool, drogues, sexe et bagarres à profusion. Il y en a qui choisissent cette date pour se marier pendant que d’autres se suicident. Et pourtant, à bien y voir, ce sont 2 jours qui se ressemblent. A minuit, il n’y a pas de flash dans le ciel ou de voix divine qui proclame le nouvel an, c’est juste une page de l’agenda qui se tourne.

Bref, le nouvel an malgache doit être un choix qui se pose, sans s’imposer. C’est au malgache de savoir s’il a envie ou non de marquer l’évènement puisque tant que quelques personnes continuent à garder l’Alimanaka (Almanach) malgache, le mois de l’Alahamady viendra tous les ans.

Quel avenir pour cette fête?

Exposition Tsinjo Dia au Tahala Rarihasina, photo Layandri
Exposition Tsinjo Dia au Tahala Rarihasina

Le nouvel an prend de plus en plus de place chaque année et ce depuis quelques années. Cette année, des manifestations sont prévues notamment au Tahala Rarihasina Analakely. Ce 20 Mars, une longue marche est organisée. J’imagine que dans quelques années, ce sera une date incontournable dans la vie des malgaches. Mais je le dis, ce ne sera jamais un vrai nouvel an sans jour férié.

Je me souviens qu’il y a eu une période dans ma jeunesse ou je voyageais beaucoup à Singapour. C’est une île située dans une zone très chaude et comme dans les villes côtières malgaches les affaires là-bas commencent tard, vers 9-10 heures du matin mais continuent jusqu’à très tard le soir. Mais ils travaillent, beaucoup. Sauf qu’ils ont beaucoup de jours fériés. Justement, tous les « nouvel an » pour toutes les communautés composant la population de Singapour sont fériés ainsi que les fêtes religieuses des confessions présentes. Moi, j’ai cette triste conclusion : le nouvel an chinois est férié dans un pays en dehors de la Chine mais le nouvel en Malgache n’est pas férié dans le pays des malgaches.

Je pense qu’on peut, vraiment, faire mieux pour notre nouvel an à nous. Il faut, pour cela donner plus de dimensions à ce jour. Si l’on se cantonne à parler de valeurs ancestrales, d’identité malgache, cela restera un évènement élitiste. Référons-nous, encore, au nouvel an chinois. C’est devenu une fête planétaire, où l’on danse, on s’offre des cadeaux, etc grâce aux chinois répartis dans le monde mais aussi parce que de plus en plus de non-chinois y participent. C’est une façon de répandre leurs valeurs, aussi, ne l’oublions pas. Alors, pourquoi les malgaches ne feraient-ils pas des méga-fiestas partout dans le monde pour que le monde entier sache que c’est le nouvel an malgache?

Je rêve, ou pas. Mais c’est mon idée, quitte à fêter le nouvel an (même malgache), faisons une vraie fête, quoi! Mais aujourd’hui, on est tous au boulot et à l’école, comme un jour normal… Bonne année quand même!


Le problème de Madagascar n’est pas le HVM mais Chewbacca

Vous direz ce que vous voudrez sur le HVM à Madagascar. J’ai pour eux une défense en béton, une catenaccio et je vais vous prouver qu’il faut changer votre compréhension de ce que nous croyons vrai ou pas. Croyez-moi, vous serez un peu perdu mais à la fin, vous ne comprendrez plus grand chose sauf j’espère, l’essentiel.

La première chose qui vous vient à l’esprit lorsque vous faites le bilan de ces quelques mois de Hery Rajaonarimampianina à la tête du pays c’est qu’il n’y a pas grand chose à dire. Selon vous, ce n’est pas un bon et apaisant R.A.S. mais une manque totale de matière à mâcher. Mes amis! Un jour, un élève a fait un devoir de français. L’histoire n’aurait pas eu de signification si le devoir était en Mathématiques mais là n’est pas là question. Notre élève, donc, a peut-être fait une sortie tardive la nuit d’avant ou bien était simplement un cancre (mais l’histoire prouvera le contraire). Toujours est-il que lorsqu’il a rendu son devoir, celui-ci était la copie parfaite de la page Wikipedia traitant le sujet. Vous dites que cela n’a rien à voir et vous avez raison! De plus, pour ne pas se faire prendre, et c’est là qu’il montre un peu d’intelligence, l’élève a changé la page Wikipedia. Maintenant, suivez bien! L’histoire ne nous dit pas s’il a eu ou non une bonne note mais cela démontre bien que si cet élève a réussi à duper des milliers de personnes pendant des semaines juste pour éviter un nul en français, vous devez pas vous insurger de ne trouver aucune réalisation à attribuer aux gouvernements de la 4ème République : aucun kilomètre de route, aucun pont, aucune dispensaire, aucune mesure populaire ou populiste, rien, mais le bilan est quand même très positif.

Vous dites, aussi, que le HVM fait main basse sur tous les secteurs économiques et financière du pays. Certains iront jusqu’à pronostiquer que cela va précipiter la fin (suicide) de cette empire. Je vais vous parler de suicide. Rabearivelo s’est suicidé, Beregovoy s’est suicidé, Dalida s’est suicidé mais personne ne peut affirmer que c’est pour la même raison. D’autre part, si vous entrez « suicide » dans Google, il va vous proposer entre autres la recherche « suicide sans douleur ». Pensez, chers lecteurs, qu’il y a donc des personnes qui utilisent Google pour trouver le meilleur moyen pour se tuer sans douleur. Ce que je crois c’est que cela n’existe pas. Au contraire, on sait maintenant que pendant plusieurs minutes après la mort, le cerveau continue de fonctionner. Alors, évitez le suicide sauf si vous êtes sur de ne pas le regretter au moment où votre cerveau cherche par tous les moyens à vous ranimer et s’emballe alors que votre corps est tué au bout d’une corde ou sous un kilo de sédatif… le cauchemar. Qu’est-ce que cela a à voir avec le H.V.M.? Rien du tout. Et c’est ce que vous devez retenir. Cela n’a rien à voir du tout. Les malgaches disent bien « Tsipaky ny miala aina » (soubresauts de l’agonisant) et les djihadistes se tuent bien volontiers pour avoir des palais et des vierges.

Enfin, pour ceux qui parlent partout de complot. Avez-vous simplement pensé combien il était dangereux pour les scorpions de s’accoupler? Vous ne trouvez pas la relation? C’est normal. Mais le scorpion a quand même un dard mortel au bout de la queue. Mais, heureusement, les scorpions ne s’accouplent pas comme le feraient les araignées ou les chiens. Et ça, vous ne le saviez pas. Ce sont, en fait, chez les mantes religieuses et la plupart des araignées que les femelles dévorent les mâles pendant ou après la copulation. Et c’est là que l’on peut comprendre pourquoi les mâles de ces espèces sont physiquement plus faibles que les femelles. Mais chez le scorpions, les protagonistes peuvent simplement se piquer et se tuer par erreur à cause de l’énervement, de l’excitation, de la peur. Et tout ceci n’a rien à voir avec le sujet, je le conçois. Mais, quand même, vous ne saviez pas ces choses là sauf si vous avez déjà un diplôme en biologie ou si vous avez regardé Nat Geo Wild ou Thalassa pendant vos jours de congé. Alors, si vous ne savez pas que le scorpion mâle féconde la femelle sans avoir à la monter, alors, vous ne pouvez pas dire qu’il y a un complot en cours à Madagascar.

Ainsi, vous ne pouvez rien affirmer sur ce que vous pensez être vrai même si, apparemment, vous avez raison. Beaucoup d’entre vous pensez encore, et ceci est un tout autre sujet, que Chewbacca est un gorille alors qu’il est un Wookie de la planète Kashyyyk, ce qui est tout à fait autre chose. Et pourtant, il a permis de monter de belles raisonnements comme celle-ci afin que vous passiez un bon moment de lecture sans oublier de tisser de bons liens.


Sacrée TEDxWomen, Antananarivo 2015 (#tedxtnr2015)

Une TEDx, c’est une conférence à but non lucratif destinée à répandre de bonnes idées. Le 7 mars dernier, j’ai, un tout petit peu, assisté au TEDx d’Antananarivo consacré aux femmes , une TEdxWomen, donc, et sous le thème « Motivation et Passion ».

Pourquoi un tout petit peu ? Le 7 mars était jour du Seigneur. L’on sait que le samedi c’est sabbat chrétien et moi, adventiste que je suis, je m’efforce d’observer ce jour. Observer, cela signifie que je dois me concentrer sur les choses spirituelles. Le matin, j’étais à l’église. A midi, quand je suis rentré, je suis tombé malade, une forte grippe, et je me suis assoupi. Vers 16 heures, je me suis réveillé en sursaut et en petite forme, mais j’ai décidé que même si sabbat n’était tout à fait fini, j’allais assister aux dernières heures de la TEDx.

J’ai pris ma petite 205 et en quelques minutes, je me suis présenté, sous la pluie, à l’hôtel Panorama. A l’intérieur, les intervenantes se relayaient pour prendre la parole pendant une dizaine de minutes. Les deux personnes que je connaissais n’étaient pas encore exprimées: Amintsoa, que j’ai rencontrée lors d’un Morning Talk à la Banque mondiale et Liliane, avec qui j’ai collaboré quelques semaines dans son journal en ligne ledaily.

Je me suis assis et j’ai pris quelques photos en écoutant les témoignages, les exhortations, les conseils de ces femmes sur scène.Toutes les interventions étaient motivantes et passionnantes. J’ai été particulièrement touché par le témoignage de Mbolatiana  qui a parlé de son combat pour les autistes. Je me suis senti interpellé, car j’ai un enfant hyperactif qui a été renvoyé de l’école et c’est l’un des plus « calmes » de la fratrie de 5. Eh oui, à Madagascar, c’est toujours difficile d’être différent.

Ce que j’ai ressenti, c’était que tout ce que j’entendais, tout ce que je voyais, était « sacré ». Je sentais que cette salle était, en quelque sorte, sanctifiée. Etait-ce la fièvre ou parce que je séchais l’église un sabbat après-midi? Je ne crois pas. Au contraire, je comprenais que tout ce qui se disait, là, pouvait changer le monde, en bien. Et c’est, paraît-il le but de toutes les religions, proposer un monde meilleur. Attention, même si les TEDx ont leurs adeptes, ce ne sont pas une sainte institution et elles n’ont pas la vocation de le devenir. Et pourtant, je les troquerais bien contre les cultes de certains charlatans et gourous qui promettent fortune, santé et bonheur dans des prêches hypnotiques. Pendant ce TEDx, j’ai compris que l’acte vaut bien mille paroles et il faut louer ces femmes qui ont agi et qui agissent chaque jour en se donnant en exemple afin que les manières, les mentalités, les jugements changent.

Après les interventions, il y a eu un cocktail où les gens présents pouvaient se congratuler de la bonne TED et on m’a demandé si j’allais, donc, bloguer dessus. J’ai répondu que je cherchais encore comment j’allais écrire mon article. Mais bon, j’ai été malade plusieurs jours après. J’ai repris le boulot en milieu de la semaine, encore dans les vapes. C’est pour cela qu’aujourd’hui, je n’ai pas vraiment d’article sur TEDxWomen 2015, mais je promets que je vais partager des photos quand je pourrai, sur ma page Facebook.

Dans ces discussions, lors du cocktail, on s’était dit que, oui, c’était une bonne conférence mais que, de toute façon, l’intérêt ne se limite pas à l’évènement. Il faut créer une dynamique autour de ce qui a été dit et partagé. Que les bonnes paroles, dites pendant ce TEDxWomen, ne soient pas vaines! Donc, bravo à toute l’équipe TEDx.  Le pouvoir aux femmes! Et vivement les prochains TEDx Antananarivo.

 


#WeSelfie2015 ou autre chose, faisons une bonne action pour Madagascar

Jusqu’au 06 Mars, avec le hashtag #WeSelfie2015, l’association Les Amis du Père Pedro collecte nos selfies pour les revendre 0.50 Euro l’une (encore une blague au second degré). L’argent récolté servira à bâtir de nouvelles maisons pour les plus démunis d’Antananarivo. L’occasion, pour moi de recenser quelques actions à suivre et à soutenir pour cette année de grâce 2015 à Madagascar.

 

Illustration : « toi et moi (nous sommes) malgaches »

 

#weselfie2015, votre photo qui construit des logements

Pour ceux qui ne le savent pas, le Père Pedro est un religieux catholique qui a pris pour mission d’aider les pauvres d’Antananarivo en leur offrant un logement et du travail. #WeSelfie2015 qui serait à l’initiative de Camille Lassaux et Coralie Verron est un moyen ludique et pas fatiguant du tout de réunir des sommes pour l’oeuvre du missionaire. C’est si réconfortant de voir ces selfies de toutes nationalités qui oeuvrent tous pour le même but. Et pour une fois, la cible est Madagascar, alors, pourquoi ne pas vouloir un buzz?

Bien sûr, il est légitime de se demander pourquoi ne pas, tout de suite, donner l’argent mais demander aux gens de faire des photos comme cela. Moi, je ne connais pas les rouages de ces mobilisations sur le net. Pourtant, je pense qu’en demandant aux gens de faire quelque chose, on les concerne et ainsi, le succès de l’action est partagé. Alors, si ce n’est pas encore le 07 mars 2015,participez au #weselfie2015, ça ne coûte pas un bras.

 
 
#izahomalagasy, le combat contre la nature vengeresse
 

Autre problème, autre combat. Les photos de profil arborant un « Izaho Malagasy » (Je suis malgache) dans le même style typographique que le célèbre « Je suis Charlie » se font remarquer ces derniers temps dans les réseaux sociaux. C’est une réaction aux dégats, aux blessures et décès causés par les intempéries lors de cette saison des pluies. Faut-il expliquer plus longuement? La pluie, c’est tous les ans mais elles s’intensifient avec le réchauffement climatique. Et les dégâts sont attendus mais ils sont, malheureusement amplifiés par le manque d’entretien des maisons et des infrastructures, le manque de rigueur dans leurs confections, au laxisme, à la pauvreté.

Je ne connais pas l’association Gasy ‘Zah. Je ne suis pas en train de faire leur pub et je ne suis pas responsable de ce qu’ils font. Mais j’ai vu sur les réseaux sociaux qu’ils font des actions humanitaires. J’ai, donc, choisi leur slogan pour illustrer cet article. Mais il y a une mobilisation générale autour de ces catastrophes naturelles. J’ai déjà évoqué ici les hashtags #madaflood, #madatondradrano, #madainondations. Il vous sera facile de trouver une association, une action, une oeuvre caritative à soutenir d’une manière ou d’une autre.

Et puis, comble des malheurs, il ne faut pas oublier que pendant ce temps, le Sud de Madagascar est en proie à la sècheresse et à la famine (Kere). Là-bas aussi, il y a quelque chose à faire.

Association Gasy ‘Zah

 

Alors, je vais vous apprendre comment on dit « Izaho Malagasy ». En malgache, l’accent se met souvent sur l’avant dernier syllabe. Le « o » se lit « ou » et les terminaisons en voyelles sont presque toujours quasiment caducs (muets). En effet, ces dernières voyelles sont comme juste soufflées à la fin des mots. Ce qui donne dans si on lisait en français : « Izàou Malagass ».

Car, même si les instigateurs de ces projets veulent exhorter d’abord les malgaches qui ont déjà l’entraide dans leur culture, lorsqu’on reprend et qu’on adapte le slogan de « Je suis Charlie », c’est parce qu’on rêve que le monde entier se sentira pour un temps malgache, noyé, enseveli, affamé et sans abri. Alors, « Je suis malgache », « I am malagasy » ou « Izaho Malagasy » changera la face de ce pays.

 

#wakeupmada, quand on vulgarise les actions citoyennes

Et comme le hasard fait bien les choses, je dois aussi vous parler du 06 Mars 2015 comme d’un jour que Wake up Madagascar, un mouvement citoyen, a choisi pour manifester contre l’octroi de véhicules 4×4 aux députés de Madagascar. Eh oui, j’ai vite fait le rapprochement entre les deux dates. Pour ce qui est de la légitimité ou non de l’octroi de 4×4 aux députés, c’est encore un débat qui n’est pas fini. Je sais qu’un député est un élu et qu’il a des missions. Je sais aussi qu’à Madagascar, les routes sont très mauvaises et que certains endroits seraient difficilement accessibles, même en Monster Truck. De l’autre côté, il est clair qu’un petit pays comme Madagascar ne peut pas se permettre de donner des véhicules de centaines de millions d’Ariary à chacun de ses élus sans distinction; « parce que le pays a besoin d’argent » ailleurs comme dit le slogan de Wake Up Madagascar. Les priorités semblent très évidentes et ce n’est pas dans les avantages pour les politiciens.

Malheureusement, ce problème est devenu un sujet de « chantages déguisés« , de pressions entre les pouvoirs à Madagascar, les députés exigant du gouvernement l’achat de puissants V8 sous peine de motion de censure tandis que le Président a dans sa manche la dissolution de l’assemblée. Wake up Mada, qui est un mouvement citoyen ayant déjà eu quelques succès se fait le porte parole, à la place des solombavambahoaka (litt. ceux qui s’expriment la place de la bouche du peuple – traduction = députés) pour dire tout haut ce qui serait la vraie volonté du peuple.

Si vous aussi, vous êtes de leur avis, ou si vous voulez soutenir l’une ou l’autre des actions de #wakeupmada, vous pouvez partager leurs idées, et les soutenir à votre manière (cliquez sur l’entre-titre ou l’image ci-dessous pour accéder à leur page facebook).

#Wakeupmada

 

 Et pourtant, on a des 4×4 made in Madagascar.

Voilà, des actions sur Madagascar parmi d’autres que l’on peut retrouver facilement sur le net. C’est bizarre mais dans notre vie moderne, on peut, par de simples clics, faire des choses. Ma part était de les partager via cet article et les faux culs peuvent toujours m’accuser de manque de fierté, de pudeur ou d’amour propre mais je vais me citer à un certain degré. Car oui, Madagascar est ravagée, elle est méconnaissable, alors chers touristes, ONG, missions humanitaires, simples êtres humains de bon coeur, « ne venez pas, sinon,… venez pour nous sauver ».


#madagascar , #madatondradrano #madasousleau ou #madaflood

Certains internautes malgaches viennent de lancer le hashtag #madaflood ou #madatondradrano que l’on pourrait traduire par #madainondation. En effet, depuis plusieurs semaines, la capitale Antananarivo et d’autres parties de l’île sont victimes de la montée des eaux. Ceci est, donc, une alarme à qui peut entendre.

Oui, il nous faut un « vonjy rano vaky » (litt. sauvetage sur une digue rompue, sens : aide d’urgence). Parce que le redouté tondra-drano ( #tondradrano) est en train de tuer en ce moment dans la capitale de Madagascar.

L’heure n’est pas aux accusations pour dire qui est responsable. On sait bien qu’il y a le réchauffement climatique. Mais comme on dit « Sira latsaka an-drano ka tsy himpody intsony! » (Le sel tombé à l’eau ne revient plus). Ce qui veut dire que nous, être humains avons passé beaucoup de temps à polluer notre atmosphère. Maintenant, il est temps de faire face aux conséquences. Ce qu’il faut faire aujourd’hui, c’est de définir une politique pour, d’une part, freiner ce phénomère et d’autre part, pour se protéger de ses effets néfastes. Et à Madagascar, c’est là que le bât blesse.

Tant de fois, par exemple, des personnes, politiciens, écologistes, ou simples citoyens ont dénoncés, combattus les remblayages sauvages des parties basses de la plaine d’Antananarivo. Je dis sauvage parce que, naturellement, de part le monde, l’urbanisation est un phénomène inarrêtable. Mais pour éviter les drames, il faut bien faire les choses. C’est peut-être un « vaut mieux tard que jamais » mais heureusement, les autorités commencent à mieux surveiller ce genre de travaux et même à intervenir pour les arrêter. Mais les remplayages n’expliquent pas tout. C’est une vision générale qui manque. C’est tout le projet d’urbanisation d’Antananarivo qui est à remettre en cause. Et ce projet, cette vision, doit provenir des politiques mais doivent être inculqués à tout un chacun car c’est tout le monde (façon de parler) qui construit n’importe comment, qui pollue, détruit les infrastructures, etc. Souvenez-vous que « Miriorio foana ny angidina fa any anaty rano ihany no iafarany » (La libellule volète partout mais à la fin, elle revient à l’eau).

Alors, je vais être bref pour mon article. Il est temps, comme je l’ai dit au début, de se secourir, de se donner la main. Même si on ne peut faire qu’une petite action, c’est toujours important. C’est pour cela que ces internautes que j’ai cité plus haut lancent des hashtags. Cela ne se mange pas, cela ne couvre les sinistrés pas mais c’est ce qu’ils peuvent faire. En faisant pareil, on va rendre positif l’adage « Ny erikerika mahatondra-drano » (Les crachins peuvent amener une inondation) quand de petites actions peuvent, ensemble, déplacer les montagnes.

Mais après, quand on passera en hiver austral, froid et sec, on ne fera pas de cette saison de pluie un « ririnin-dasa tsy tsaroana » (Un hiver passé déjà oublié). On ne va pas répéter toujours les mêmes ereurs et continuer à boucher les canaux, remblayer les plaines, bâtir en terre ou en bois près des digues, ne pas entretenir les murs de soutènements, ne pas entretenir les routes, et toutes ces idioties qui sont, au final, mortelles. On ne va pas condamner déjà les dizaines de tananarivéens qui mourront noyés ou écrasés par la boue ou éléctrocutés en 2016 parce qu’on ne fera rien pour changer les choses. Car, « Aleo misoroka toy izay mitsabo » (litt. Mieux vaut prévenir que guérir).


10 vidéos malgaches (et 100 autres liens) de ma liste des chansons parfaites

J’aime la musique. J’en écoute à longueur de temps : dans la rue, au boulot, parfois toute la nuit. Et j’écoute de tout et comme certains me le disent aussi, du n’importe quoi. Peut-être que c’est vrai, mais quand même, je me défends souvent en répliquant que ce que je recherche, c’est la bonne mélodie, qu’importe les paroles. Et parfois, je trouve que certaines chansons sont simplement parfaites.

Ce que j’appelle la chanson (parole et musique) parfaite, à mes oreilles, c’est d’abord celle qui commence par un thème banal ou non mais qui ensuite se développe d’une manière tellement logique que l’on devinerait presque la suite jusqu’à la fin dès la première écoute. Et oui, là, je peux faire référence à du Mozart mais je n’ai pas le temps de tout expliquer comme dans ce lien de blog . Mais, en plus, il faut qu’elle soit esthétiquement irréprochable. Je ne veux pas dire qu’il faut des structures bien carrées comme Bach l’aimerait selon la légende. J’aime, au contraire les rhapsodies. Mais même si le compositeur va dans ce sens, il faut que le tout reste beau. Et puisque de l’esthétique, il n’y a pas de loi, je dirai qu’il faut que la chanson parvienne dans les conditions optimum : haute qualité de son, chaine ou casque Hi-fi, silence complet autour, position semi-allongé, lumière tamisée, aucune pensée négative, yeux mi-clos, respiration calme…je me perds. Je disais donc, qu’il faut que la chanson, écoutée dans ces conditions parvienne à vous faire atteindre l’orgasme auditif que seuls les malades de mélomanie connaissent.

Je ne peux, pourtant pas, vous partager les 400 morceaux ou plus de ma playlist. Je dirai comme exemples qu’il y a de la musique classique comme  Miserere de Allegri, Domine Jesu Christe de Mozart, Que ma joie demeure de Bach, Habanera de Bizet que j’écouterais en boucle toute la journée sans problème (L’amour est un oiseau rebelle…). Il y a aussi de vieux morceaux comme Someone to watch over me,  Georgia on my mind, Wonderful world ou La vie en rose. Je trouve aussi que beaucoup de chansons de Brassens sont parfaitement bien écrites et Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons. Et rapidement dans la même catégorie : La chanson des vieux amants, Les feuilles mortes , La bohème ou Le poinçonneur des Lilas. De l’anglophone avec Something, How deep is your love,  Hotel California, Loving You, The boxer , Morning has broken ou Bohemian Rhapsody. Je ne suis pas si vieux! Il y a aussi du Hip Hop de ma jeunesse : Changes de Tupac ou Try again de Aaliyah sont incontestablement des morceaux immortels. Mais dans mon adolescence, j’affectionnais le Ragga Muffin avec par exemple le Tease me de Chaka Demus and Pliers, Mr Loverman de Shabba Ranks, l’inusable Boom Shack-A- Lack d’Apach Indian ou le réutilisable I like to move it des Real 2 Real. J’affectionne aussi la musique sud américaine et surtout le Bossa Nova. Coisa Mais Linda ou Pecado en revassant au bord de la mer, c’est le pied. Je ne parle plus de tous les morceaux de Bob Marley ou de Michael Jackson. Et bien sûr, il y a des chansons nouvelles qui méritent d’être qualifiées (par moi) de parfaites. Vous les connaissez déjà très bien et sachez que je les écoute aussi, pour certains, les Sean Paul, Black e=Eyed Peas, Beyonce, Pharrell Williams, John Legend, Milky Chance et les autres. Ce ne sont que des exemples.

Voici, maintenant, 10 exemples de chansons malgaches qui, pour mon avis personnel, peuvent être considérées comme parfaites. Ce n’est, donc, pas un top 10 et il n’y a, je pense, pas de gloire à être dans ma liste de lecture. Je vais, en quelque sorte partir des chansons anciennes vers les plus récentes. Et la limite de 10 que je me suis imposé va faire que certaines chansons, peut-être plus belles ne seront peut-être pas listées. Je m’en excuse d’avance mais entre les vidéos, je vais mettre beaucoup d’autres liens youtube ou autres.

Notez que la chanson est chantée jusqu’à la fin puis répétée quelques tons au-dessus. Cette chanson « Nosy tanindrazako » (Mon île, terre de mes ancêtres), comme une deuxième hymne nationale est une prière pour la patrie (ou matrie en malgache). Je vous ai choisi la version avec le légendaire Ludger Andrianjaka.

https://www.youtube.com/watch?v=JNQqp0HYlZ8

Mifankatiava ihany (Aimons-nous encore, tant qu’on est vivants). C’est la chanson qui se chante dans toutes les fêtes : mariages, réunions de famille. Seul Ba-gasy de ma liste, elle représente les centaines de morceaux caractéristiques et fiertés de la musique traditionnelle malgache. Ce sont peut-être les premières compositions malgaches non religieuses à être écrites et c’est normal que beaucoup de ba-gasy montrent de la rigueur. Il suffit, alors qu’ils soient assez beau pour que ces morceaux passent les générations. Allez, cadeau ce lien vers vorom-potsy (oiseau blanc) et ses accords mineurs si mélancoliques. Voici aussi une chanson à la forme d’opérette : Adin’ankizy (querelles d’enfants).

https://www.youtube.com/watch?v=e_6zoJKZn40

Logiquement, je vais vous parler du vakodrazana . Je ne me lasserai jamais d’écouter n’importe laquelle de ces oeuvres. En effet, ce spectacle, proche de l’opérette contient une mélodie simple, répétitive et bien ornée par de la musique souvent improvisée, une jolie danse asiatique codée voire martiale,  et les paroles qui sont des récits ou des conseils pleins de leçons et d’humour visant à éduquer les jeunes et les moins jeunes. Ici, c’est le « Mpivaro-kena sy mpivaro-damba » (le boucher contre le mercier) où les chanteurs comparent tour à tour les avantages et les inconvénients pour une jeune fille d’accepter pour époux un vendeur de viande ou un vendeur de tissus.

Et donc, tout ça, à la base serait un rythme ternaire 12/8 qui est commun à l’Afrique de l’Est et aux iles de l’Océan Indien. A Madagascar, il y a une syncope provoquée par un deuxième temps qui presque partout dans le monde est faible mais dans notre musique, elle est appuyée. Ce rythme est le Salegy. Voici « Torine » (prénom tirée surement de Victorine) de Hazolahy qui est un tube à Madagascar malgré qu’il n’y ait que des instruments traditionnels. Mais bien sur, il y a beaucoup d’artistes Salegy : Vaiavy Chila, Fandrama, Jerry Marcos, Toto Mwandjani sont quelques noms déjà très connus. Ici, je peux faire un hommage à Docteur JB et Rasoa Kininike qui nous ont déjà quitté. Cette dernière, mal connue dans les villes aurait ratissé les campagnes où elle remplissait toutes les plus grandes salles et les stades et ce n’est qu’à sa mort que l’on s’est rendu compte de son extrême popularité . Mais le Salegy fait son petit bonhomme de chemin. Toto Mwandjani peut même vous donner des cours de guitare dessus. Hery Puissance avec son « Aza omena pi » (ne lui donnez pas de l’alcool) me fait toujours autant rigoler.Tsiliva avec son titre éponyme a popularisé une version très rapide du Salegy : le Kilalaky.

https://www.youtube.com/watch?v=Rab_wgQcS-8

Et comment parler de Salegy sans mentionner le roi jaojoby. Mais cette fois-ci, c’est une version ralentie de cette musique, le Malesa que Jaojoby présente dans ce vieux clip e « E! Tiako » (Eh, toi que j’aime)

https://www.youtube.com/watch?v=tVuWjV6yomQ

Tout autre chose. Voici un autre chanson que tous les malgaches connaissent : « Hanaraka anao » (Je te suivrai) de Mahaleo. Il suffit que vous voyez l’Olympia (salle de spectacle parisien) rempli à ras-bord dans le clip pour vous imaginer qu’à Madagascar, et ce depuis un demi siècle, ce groupe remplit des stades. Je ne peux pas m’empêcher de donner d’autres liens comme vers Raha manan’elatra (si j’avais des ailes) ou hay hay hay(alors donc!).

Et j’ouvre avec cela la grande parenthèse sur ce qu’on appelle ici le Folk gasy. Dans la période 1970-1990, tellement de bon morceaux nous ont bercé dans un style bien malgache mais prenant des inspirations dans la musique française (Brassens, Brel), américaine (Folk, country) et latine (tango, Bossa Nova, Cha cha cha, etc.). Ces artistes sont Lolo sy ny tariny, Tselonina, Mireille, Levelo, Ifanihy et les autres. Et les titres qui me viennent rapidement à l’esprit sont zakarandah (Jacaranda) , Any alavidavitra any (…indray mba mitady, vas donc chercher plus loin) , le « suicidaire s’abstenir » Misy kalo ,version Fara Gloum (Il y a des chansons), Iangolao vaitra (Boudes beaucoup!), Ireny saofera ireny (Ces chauffeurs),  ou Ravaomaria (c’est un nom de femme). C’est toujours sur la même vague que les chanteurs comme Eric Manana ou les Feo Gasy, Kolibera, Telo Fangady, etc. continuent de surfer. D’Eric Manana, en parlant de lui, j’aime beaucoup de morceaux dont Fitiavana Kely (Petit amour), Mila Rano (Besoin d’eau), Tsy afa-bela (…aminao, Jamais quitte de toi) et le récent Izay ratranao dia feriko (tes blessures sont mes plaies)

Le style Kaiamba a eu son essor dans cette période également. Les chansons kaiamba sont devenus aussi incontournables dans tous les playlists et les jeunes ont repris le flambeau puisque quelques jeunes sur la palissade avec une guitare, aujourd’hui, ça doit chanter du Mahaleo, du Lolo et du Kaiamba.(Oui, oui, maintenant, il y a du Félicien également, je veux dire du Théo Rakotovao). Mais revenons à nos Kaiamba. Et, au hasard, voici quelques titres incontournables : Kotrobaratra (le tonnerre) , Anjarantsika roa (notre destin à tous les deux), Afom-pitiavana (le feu de l’amour), sipa voadona (une fille traumatisée). Tiens, cela me fait penser que j’écoute aussi beaucoup de Clo Mahajanga : Fialonana (La jalousie), Tora-bato miverina (boomerang), ou Tongava mifona (viens demander pardon), sont quand même super bien faites.

Je voulais parler de Solo Andrianasolo, de Rija Ramanantoanina et de Lalatiana qui nous ont régalé pendant des années avec des morceaux jazzy. De leur temps, qui ne connaissait pas Hay ve ka nisy (…raozy nokoloinao tamiko, Je ne savais pas que tu as planté une rose en moi) ou Raha tsy ho ahy (…irery ianao, si tu n’es pas pour moi seul) de Rija? Et si aujourd’hui ces morceaux sont encore au top, c’est qu’ils sont très très bien. De Lalatiana, il faut juste évoquer Avelao (…aho , Laissez moi) ou Tsiaro anao (Souvenir de toi) et déjà les connaisseurs chantonnent.

Ici, la vidéo c’est Isaky (Chaque fois),  composition de Bessa, ce qui fait aussi le quota de Bessa (suivez le lien pour la recherche google), cet immense compositeur dans ma liste.

https://www.youtube.com/watch?v=M6bBNZdpSys

Henri Ratsimbazafy est aussi un immense compositeur malgache. Et même si j’apprécie ses ba-gasy et ses chorales, je trouve ses compositions de variétés vraiment toutes extrêmement abouties. Et c’est l’occasion d’énumérer quelques autres chansons de variétés malgaches qui traversent les années sans aucun souci et que moi, j’aime beaucoup. Il y a les tubes de Njila, Raha hiverina (…aho, Si je reviens), Ilazao (…ny famonjena, Dis-leur le sauveur), Sasa-miandry (fatigué d’attendre), et les dizaines d’autres. Personnellement, je préfère Izahay sy Malala (Moi et ma bien aimée) et Aleo izy ho any (Qu’elle reste là-bas!). Et, donc, on peut aussi citer les Poopy, Bodo, Landy, Haingo, Johary, etc. Tiens, voici le lien pour le Raha nofy (Si c’est un rêve)version Poopy et Njakatiana,ce qui me dispensera de chercher un tube du mondialement connu Njakatiana. Ah si! il faut mettre Mivoleza (Changes!) avec Parson Jacques, quelle chanson! Et Misy antony (Il y a une raison) de Haingo avec Lalatiana. Alokao de Johary est juste sublime. J’ai failli oublier la chanson d’amour du siècle dernier à Madagascar 1+1=1  (pas besoin de traduction) de Poopy, Mbolatiana et Ricky, le ménage à 3 le plus écouté en ce temps-là. Il y a avait des gars, parce qu’il n’y avait que des cassette audio de 60 ou 90 minutes, ils avaient enregistré cette chanson, rien que cette chanson, pour remplir les deux faces de la cassette afin de l’écouter en boucle toute la journée.

https://www.youtube.com/watch?v=ciSYRVY9vsU

« Eny sa Tsia » (Oui ou non) vocifère le jeune Mirado, chouchou des ados malgaches. Le rock malgache, cela vaut ce que ça vaut. Je trouve, seulement, que les morceaux de slow rock sont les meilleurs. Slow Rock, selon mon Yamaha PSR 270 (puisqu’il n’y a pas de page wikipédia dessus) est une sorte de Rock ‘n Roll au ralenti. Mais pour moi, ce sont de bon slows sur une orchestration rock ou hard rock et c’est une matière parfaitement maîtrisée par les artiste malgaches . Les exemples de liens : Mosoara (mouchoir) de Iraimbilanja, Fitia nindramina (Amour emprunté) de Kiaka, Dila (Partie) de Apost, Tsy irery ianao (Tu n’est pas seul) de Dillie, Maratra ambom-po (Fierté blessée) de Mage 4, Leo (Ecoeuré) d’Ambondrona et j’ajouterai Efa voatondro (C’est le destin) de ‘Zay puisque Zay est aussi rock qu’autre chose et l’autre chose c’est du Zay.

https://www.youtube.com/watch?v=gVTenm59h94

Terminons dans le slow avec Mahatsiaro (Se souvenir) de Stéphanie. Vous comprendrez que je préfère les chansons douces aux rythmes endiablés. Stéphanie Tsakarao est une chanteuse du Sud de Madagascar. Cette région produit régulièrement des stars comme Tsimihole, Salala ou Koike. Salala a été célèbre en reprenant a capelle le ba-gasy « Ny lanitra mangamanga » (Le ciel bleu) des Antsaly avec Olombelo Ricky mais les connaisseurs savent que leur chef d’oeuvre s’appelle Goa Naho Kepeke.

Ce clip de Stéphanie, le plus récent de ma liste est aussi le représentant de toute la nouvelle génération. Certains de ces nouveaux artistes font de belles chansons. J’avoues que je ne connais pas tout. Parfois, je me perds quand ils font de la musique occidentale, africaine ,américaine ou caribéenne en changeant la prononciation du malgache pour que cela sonne différemment. De toute façon, dans quelques années, on verra qui vont rester dans ma bouche et dans mon coeur comme ces quelques derniers morceaux : Efa eto (Je suis là) de Do Rajohnson, Rava (Détruit) de Samoela, les raps  Diam-penina (Tes écritures) de Spy-D, Tam mbola kely (Quand on était petit) des 18,3 ou Misaotra (Merci) d’Agrad.

Voilà mes 10 vidéos. Ce n’est pas assez pour vous montrer toutes les chansons malgaches qui m’ont marqué, c’est un aperçu. Je répètes, ce n’est pas un top 10 mais juste un petite reflet de ma liste de lecture. J’espère que cela vous a permis de (re)découvrir des talents malgaches.


Nouvelle : l’intérieur

Quand A’ri s’est réveillé ce matin, les yeux dans les lumières étoilés des trous de son toit, il avait l’esprit brumeux. Tout se mélangeait dans sa tête. Il se sentait perdu, sa tête tournait et il transpirait. Il lui a fallu un long moment avant que tout ne redevienne clair.

A’ri se souvient. Cette nuit n’était qu’un rêve : le tigre, les éléphants, les macaques qui le poursuivaient dans la forêt, les filles qui dansaient, les soldats qui s’entretuaient, la pirogue qui se balançait, et la pluie qui ne cessait. Pourquoi fuyait-il sans ses parents? Ses parents lui tendaient leurs mains. Mais leurs visages étaient flous et on lui a dit de courir, vite. Ses pieds étaient si lourds. Quand il s’est réveillé, il était plus fatigué que la veille. Mais c’est une journée nouvelle qui l’attendait.

A’ri est sorti de sa case. Il regarde le petit village au bord de la mer. C’était le même. C’était la même rangée de petites maisons. C’était la même façade océanique, la même épaisse forêt qui domine à l’arrière, les mêmes enfants qui jouent le matin comme il faisait dans l’Ancien monde. Mais A’ri voit plus loin, en bas, le premier campement. C’est le témoin que, A’ri n’est pas né ici. Il est parti de chez lui il y a très longtemps. C’est là qu’ils ont débarqué après des mois sur la mer quand A’ri était un petit enfant. Il voit les immenses pirogues renversées qui ont servi de toit et quelques meubles en bois pourris qui ne tiennent plus debout. C’est là qu’ils ont passé une année entière à se battre pour survivre. Il a fallu construire de nouvelles pirogues, plus petites et plus nombreuses. Il a fallu aux hommes étudier l’océan, trouver les zones de pêche, éviter les pièges. A’ri et les siens ont mal vécu cette année où ils n’ont pas mangé de riz, car il fallait créer les rizières et planter les graines qu’ils ont gardées comme des trésors. Mais ce n’était pas le plus dur.

Le danger venait de la forêt. A’ri connaissait sa forêt. Mais celle-ci était différente. Dans les arbres, des monstres énormes aux yeux des démons épiaient la nuit. Certains garçons ne revenaient pas de leur chasse, attaqués par ces monstres. Car A’ri et ses amis chassaient depuis qu’ils ont atteint l’âge de décider. Mais il n’y a avait aucun buffle, aucune antilope, aucun animal assez grand pour nourrir le village lorsque la pêche était impossible sauf des oiseaux géants. Et il fallait s’adapter pour les attraper tant ils courent vite entre les branches. Des sortes de macaques sautillaient dans les arbres. Certains étaient agréables à voir, mais il fallait toujours s’en méfier et ils ne se mangent pas. Des serpents et des reptiles énormes rampaient aussi dans le sol humide. A’ri a toujours eu peur des serpents même si, ici, ils ne semblent pas être dangereux. Dans l’eau de la rivière, il y avait d’autres monstres encore plus terrifiants que dans la forêt. Et il y avait aussi des hommes.

A’ri se souvient toujours de la première fois où il a vu l’homme de la forêt. Ce dernier tapissait dans l’ombre en train d’épier le village quand A’ri l’a vu de dos. C’était un petit homme puissant et trapu, à la peau rayée verte et noire. Il était vêtu de feuilles et avait une sagaie en bois à la main. A’ri n’a pas su quoi faire. Il avait peur, il était surpris et lorsque l’homme s’est retourné, il lui a fallu le temps d’un souffle pour disparaître sous les feuilles. Il ressemblait à l’être décrit dans les contes du vieux du village mais il semblait plus habile et plus intelligent que ce qu’il a décrit. Mais tout cela est loin maintenant. Depuis, ils ont découvert quelques villages, des campements près de la côte et à l’intérieur des terres. Ce n’était pas une île déserte comme on le pensait. Certains étaient amicaux, d’autres se sont défendus et sont devenus des ennemis. C’est pour cela que le village a été transféré plus haut et a été clôturé de la sorte. Le plus bizarre c’est que, A’ri n’a plus revu l’homme de la forêt et personne parmi les habitants de la forêt ni près de la rivière n’a pu lui donner des indices sur lui.

Près de la source de la rivière, ils ont découvert un peuple adorable. Ils sont pacifiques et ils connaissent très bien la forêt. Leur langage était inintelligible et il a fallu longtemps avant qu’ils ne sachent parler de la même manière qu’A’ri. Mais ils ont aussi donné beaucoup de noms nouveaux de plantes, d’animaux, de pierres. Depuis, les deux peuples s’entraident et par le mariage, certains sont entrés dans la famille. A’ri, lui-même a pris comme épouse une fille de ce village. S’il n’y avait pas les ennemis et les dangers de la forêt et de la mer, A’ri se serait cru dans le paradis que sa mère lui a décrit dans son enfance.

Mais ce matin, A’ri sait que c’est le grand jour. Il a entendu du peuple de la rivière que cette terre n’est pas une île. Il y aurait des personnes qui ont marché à l’intérieur vers l’Ouest pendant un mois et qui n’ont vu qu’une forêt, belle, nouvelle, immaculée à perte de vue sans jamais voir le bout de la terre. Cette information a trotté longtemps dans la tête de A’ri. Cette forêt peuplait ses rêves et ses cauchemars. L’inconnu l’attirait et le brûlait de l’intérieur comme un feu de bois et aujourd’hui, il allait assouvir sa soif et allait explorer l’intérieur du pays.

A’ri n’a jamais su pêcher. Même si son père était un grand pêcheur, ses parents étaient morts avant le grand voyage et il n’a jamais eu de maître pour lui enseigner cet art. Il sait par contre très bien chasser et il aime la forêt plus que tout autre endroit.

Mais aujourd’hui, il a l’âge de partir. A’ri sait que pour lui, c’est le meilleur choix. Ils sont quelques-uns à avoir eu cette idée. A’ri et sa femme, des amis de son village et d’autres jeunes du village de la rivière se sont réunis depuis quelques temps et ont tout préparé : les vivres, les armes, les outils, les graines de riz et tout le reste.

Bien sûr, ils ont reçu la puissante bénédiction des anciens. C’est un honneur et même une obligation de pouvoir créer un nouveau clan et cela n’est jamais arrivé depuis le débarquement. A’ri, l’orphelin comme certains l’appelaient est maintenant prêt à devenir un homme. « Ne va pas trop loin », lui dit sa tante et tutrice « et reviens nous voir de temps en temps ». Mais A’ri et ses amis ont d’autres ambitions. Ils veulent partir loin, le plus loin possible.

A’ri sait que devant lui c’est l’inconnu. Mais lorsqu’il part ce matin sans se retourner, son chemin est éclairé par le soleil. Il sait qu’il fait ce qu’il y a à faire. Il repense à la mer de forêt qu’on lui a raconté. Il s’imagine explorer cette immensité parcelle par parcelle et découvrir de nouvelles choses, des merveilles, des trésors. Il en mourra peut-être sans jamais être revenu sur ses pas et dans des siècles, personne ne saura qui il était, mais tous ceux qui profiteront de cette île, alors, seront des témoins qu’il a un jour existé et qu’il est venu sur ces terres pour trouver le bonheur.


Madagascar, pays le plus beau, le plus pauvre, le plus heureux, et puis quoi encore?

Dans le monde entier comme à Madagascar, les statistiques et les chiffres prennent le pouvoir. Sondages, classements, data journalisme, indices et autres envahissent le net, les journaux et les médias, les bureaux et les administrations. Mais que sont ces chiffres ? Faut-il leur faire confiance ? Et comment les utiliser ?

photo : Madagascar demography, wikipedia

Des chiffres accablants et des classements loufoques

Sans surprise, les classements les plus récurrents concernent la pauvreté de Madagascar. Selon certaines données, ce pays est parmi les derniers concernant le PIB et le RNB, dans le classement FIFA, etc. . D’autres données indiquent qu’il fait partie des  pays les plus pauvres. Quelle que soit la formulation, ces chiffres sont désespérants. A cela, il faut ajouter les évaluations de la sécurité, de risques sanitaires qui découragent les visiteurs. Il y a les risques élevés pour les investisseurs lorsque les statisticiens calculent les probabilités de crises politiques, sociales. Des perspectives peu reluisantes, en somme.

Mais tant de fois on a pointé du doigt cette vision basée sur des chiffres subjectifs comme le PNB ou sur des estimations basées sur des paramètres non quantifiables qui amènent à des conclusions pessimistes. Ainsi Madagascar était le deuxième pays au risque de coup d’Etat le plus élevé en Afrique en 2014, mais nous l’avons tous constaté, il n’y a pas eu de coup d’Etat. Il y a aussi des classements alternatifs dans lesquels l’île fait bonne figure.

Ainsi, Madagascar serait un pays parmi les plus « happy » de la planète. Et si on vit tous les jours avec les Malgaches; lorsqu’on les voit sourire et on les entend rire à longueur de journée, malgré la pauvreté, on se demande si ce classement n’est pas quand même un meilleur reflet de la réalité. Et voilà que les WCA (World Countries Awards) auraient décerné pour cette année tous ces principaux titres à Madagascar et aux Malgaches :

  • Pays le plus beau du monde : Madagascar
  • Capitale la plus belle du monde : Antananarivo
  • Meilleure cuisine du monde: cuisine malgache
  • Peuple le plus aimable de la planète: les Malgaches
  • Gens les plus drôles et intelligents sur terre : les Malgaches
  • Hommes les plus charmants : les Malgaches
  • Femmes les plus ravissantes : les Malgaches
  • Humains les plus humbles de la planète : les Malgaches

N’est-ce pas pathétique…

Croire ?

Moi, cela fait longtemps que je n’ai plus eu de réaction émotionnelle face aux chiffres sur Madagascar. Lorsqu’on me dit que je suis pauvre parce que je n’ai que 2 dollars par jour dans mes poches, je pense que cela peut me suffire à Madagascar. Et si au contraire, on m’assure que la vie ici est rose, je souris simplement parce qu’il n’est pas difficile de prouver le contraire. Cela fait un temps que je ne laisse plus couler plus mes larmes pour les plantes et animaux que les traitres à la nation déciment à des fins commerciales. Je ne m’étonne même plus qu’un Malgache puisse avoir dissimulé des centaines de millions d’euros en Suisse et « grâce à lui « et d’autres nous sommes à la 92e place d’un autre classement, celui de la honte.

Bien entendu, lorsqu’on fait des statistiques, le résultat est toujours une moyenne, un pourcentage, une courbe, un classement. Il est difficile d’en faire l’interprétation dans la vie quotidienne. Si 80 % des Malgaches sont pauvres, je ne peux pas l’appliquer à mon corps et dire que mon tronc et mes membres sont pauvres tandis que ma tête est riche, si ma tête fait 20 % de mon corps. Et chez d’autres Malgaches, la richesse serait d’autres parties du corps. Ce sont des études faites à partir de données recueillies sur un échantillon plus ou moins large. Aujourd’hui, j’ai 35 ans et je ne me souviens pas avoir été interrogé par des enquêteurs sur mon niveau de vie. Sûrement, il y a des moyens plus discrets de recueillir des informations, mais quand on sait qu’aucun résultat d’élection à Madagascar n’a jamais été contesté, lorsqu’on s’étonne que le gouvernement sorte un taux d’inflation à 6,1 % alors que le panier de la ménagère ne cesse de devenir de plus en plus cher, comment croire que toutes les données qui sont remontés reflètent exactement la réalité ?

Je n’irai pas à dire qu’il ne faut pas croire tous ces chiffres. Il faut savoir relativiser et aussi se dire que ce ne sont que des chiffres, la réalité offre plus de sensations.

Et aussi

Les mauvais résultats ne sont pas des fatalités. Même si, malheureusement, on a pris l’habitude d’entendre les pires chiffres sur notre pays, rien ne dit qu’ils resteront comme tels pour toujours. Alors tout ce qu’il est possible de faire est le bienvenu pour changer les choses. Le contraire, c’est-à-dire, subir la honte à longueur de temps sans broncher, sans vouloir prouver qu’on mérite mieux s’appelle du masochisme.

De l’autre côté, on ne peut pas se satisfaire de classements flatteurs quand on a le ventre vide. Je me souviens d’un ancien slogan d’une entreprise locale qui disait : « Nous n’avons pas de palace, mais notre nature est 5 étoiles ». Bah, ce n’est pas pour autant que je dormirai au milieu de la forêt vierge sans moustiquaire.

Mais on n’a pas besoin de chiffres pour savoir qu’on est bien ou mal dans sa vie. On n’a pas besoin d’envoyer une flopée de jeunes enquêteurs pour savoir que son voisin a besoin de notre aide. Et sauf si on est vraiment très riche, très puissant, il est difficile de voir plus loin qu’autour de soi-même. Alors, il faut faire ce que l’on peut. Et si tout le monde le faisait…

 


11 expressions culinaires utilisées dans la vie quotidienne à Madagascar

A Madagascar, comme partout dans le monde, on aime manger. On mange trop souvent pour survivre, hélas. Mais heureusement, il y a des occasions où l’on goûte aux douceurs de la vie.

Car, pour un malgache, la vie est aussi un grand plat qui se mange. Et c’est pour cela que j’ai choisi comme credo de mon blog que « tsy misy mangidy tsy andramana » (rien n’est amère avant qu’on y goute). J’ai, donc, choisi, comme menu du jour, 11 expressions se rapportant à la bouffe mais qui sont utilisées justement, ou parfois très bizarrement dans la vie quotidienne des malgaches.

photos : wikipedia

Les condiments

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salière, photo wikipédia

1- Mamy, telina : (mamy = doux, sucré ; telina = avalé avec plaisir)

Pour ces deux mots, il n’y a pas de mystère. C’est bien quand on aime, quand on adore quelqu’un ou quelque chose qu’on dit qu’il, elle ou c’est « mamy ». La vie est « mamy ». Rentrer chez soi est « mamy ». Un petit bébé est aussi « mamy ». Après, on ajoute que c’est « telina » lorsqu’il s’agit d’une bonne action à laquelle on exprime ses remerciements. On dit par exemple qu’on a apprécié le don de matériel pour la Commune par l’Association des Anciens Élèves. Littéralement, on dira qu’on a aimé déglutir ce geste plein de charité et de camaraderie.

2- Manisy sira (rajouter du sel)

C’est aussi, je crois, assez facile à deviner. On parle de rajouter du sel dans une conversation et surtout dans une dispute lorsque l’une des personnes, au lieu de rajouter du miel ou un peu de « mamy », rajoute du sel : des informations croustillantes, des souvenirs amers, des mots bien piquants. Ce qui a pour résultat d’envenimer la situation.

3- sakay sy maso (le piment et l’œil)

Cette expression désigne deux personnes qui ne peuvent pas se voir. Ce serait l’équivalent de « chien et chat » en France. A chaque fois que ces deux-là se rencontrent, c’est la guerre. Mais comme dans la vie courante, il est rare de voir quelqu’un se mettre du piment sous la paupière, les deux protagonistes évitent simplement de se croiser. On dit alors qu’ils sont comme le piment et l’œil.

 

Les jurons, bases de la recette

Oui, dans tous les pays, il faut connaître assez vite les gros mots et les jurons pour être vite au parfum lorsqu’ils sont utilisés.

4- Mihinana ny tsy fihinana, ny fatiny, ny amaniny, ny tainy (manger ce qu’il ne faut pas manger, variantes : son propre cadavre, ses excréments, son urine)

Au delà du dégoût que provoquerait une telle situation, manger l’immangeable n’est pas seulement une image qui est appliquée pour désigner, ou se moquer de quelqu’un qui a pris une grosse gamelle. Elle marque, même la déchéance de la personne qui est souillée par l’impureté qu’elle a ingurgitée. En quelque sorte, on ne dit à Madagascar qu’une personne a mangé sa « merde » que lorsque qu’elle a mérité ce qui lui est arrivé. Sauf si vraiment, on la déteste à mort, alors, on tendrait à la maudire à longueur de journée, ce qui est normal.

5- Kendan’ny taolana (étouffé par un os)

L’os, dans cette expression, désigne une trop grosse difficulté. Les autres morceaux : le gras, les muscles et même les tendons peuvent être avalés après une bonne mastication. Mais gare à toi si tu essaies d’avaler un os, même une petite arête de poisson. Et c’est comme ça dans la vie, il y a des choses qu’on ne peut pas combattre.

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Crevette, photo wikipédia

6- Mitsako tsy misy (mâcher du vide)

Cette expression se rapporte à déception. Lorsqu’une personne fait des calculs, des prévisions et qu’elle espère un gros bénéfice, le malgache lui dit de ne pas trop espérer pour ne pas mâcher du vent. Cela me fait penser au crocodile qui ouvre grand sa mâchoire pour attraper sa proie. Sa mâchoire est difficile à rouvrir à cause des dents crochues alors, il n’a qu’une seule chance lors de son attaque et s’il rate, ses dents se referment sur…rien.

7- Patsa iray tsy omby vava (une crevette trop grosse pour la bouche)

Cette expression désigne, bizarrement, la fatalité, un accident imprévisible. Il n’est pas rare de voir des articles de journaux avec cette expression. Cela donne mot à mot des phrases à la Godzilla comme : « Un 4×4 roulant sur la RN7 a rencontré une crevette trop grosse pour sa bouche« .

 

Les 4 pierres pour cuire le tout

Continuons dans le bizarre. Pour mes fidèles lecteurs, j’ai déjà expliqué cette dernière partie dans mon autre blog. Il s’agit de 4 expressions autour de la cuisson mais dont 2 d’entre elles ont pris petit à petit des significations totalement à côté de la plaque (chauffante, si je puis dire). Pour mieux comprendre, le foyer traditionnel malgache est fait de 3 « toko » (pierres) disposés en triangle et au milieu duquel on allume un feu de « kitay » (bois). On met dessus une « vilany » (marmite) dans laquelle on met le « vary » (riz). Ensuite, on cuisine le  « laoka » (accompagnement) qui peut être une soupe (ro, rony).

8- Tsy toko tsy forohana = ni tas de pierre, ni braises

Donc, logiquement, on dirait que cette expression veut dire que le monsieur ne peut pas allumer son foyer puisqu’il n’a pas les matériaux pour le construire ni les restes de feu à raviver. Pourtant, personne ne sait par quelle magie, les malgaches d’aujourd’hui l’utilisent pour dire que c’est beaucoup, voire innombrable. Cela donne des expressions, insensées, comme : « Une somme d’argent, ni tas de pierre, ni braises, a été dérobée dans la banque« . Insensées, oui, mais le malgache va comprendre.

9-Tsy misy ny atokona = Rien à mettre sur le feu

fatapera : foyer métallique à charbon de bois
fatapera : foyer métallique à charbon de bois

Un peu plus logiquement, cette expression est utilisée par un étudiant qui ne trouve rien à pondre à l’examen. Cela donne comme phrase : « Lors des épreuves de Maths, je n’ai rien eu à mettre sur le feu« ; signifiant, donc, qu’il aura 0/20.

10- Tsy kitay tsy vary [maina] = ni bois, ni riz

Pour cette expression, également, la logique est respectée. Elle est même la seule qui a gardé la signification des 4 expressions mises l’une après l’autre. Mais elle n’est pas très utilisée. Elle désigne les pauvres ou les personnes en difficulté financière pour être poli. Dans le sens large, elle peut désigner le perdant, le non diplômé, celui qui ne réussira pas sa vie et à qui on interdit à sa fille toute fréquentation. « Non, tu ne dois plus revoir un garçon qui n’a ni bois ni riz comme lui! »

11- Tsy rony tsy ventiny = ni  la soupe, ni les morceaux

Donc, cette dernière aussi a pris une tournure bizarre. On croirait qu’elle est la suite de la précédente puisque le monsieur n’a pas de riz et en plus il n’aura pas de quoi l’accompagner, ni en soupe ni en sauce. Et pourtant, cette expression est aujourd’hui utilisée pour dire que quelque chose est arrivée sans raison apparente. C’est surtout lorsqu’une personne agit sans que les autres ne comprennent le pourquoi de l’action que l’on s’exclame : « Mais, sans soupe ni morceaux de viande, elle a tout de suite piqué sa crise« .

Bref, on m’a dit dans l’autre article que les expressions évoluent. Je suis d’accord qu’il se peut que les mots se transforment, que les phrases et les significations se perdent mais je dois avouer que le résultat est, parfois, tout à fait risible. Heureusement, nous aimons rire un peu de temps en temps et j’espère que vous avez apprécié ce petit plat que je vous ai mijoté.


A Madagascar, je vis dans une cocotte-minute

Antananarivo, Madagascar. Je me réveille. J’ai mal à la tête. Je n’ai pas bien dormi. Mais je me lève, je me prépare et je vais doucement prendre ma place dans le trafic.

Mais je vis dans une cocotte-minute posé sur un fatapera*. Je suis sous pression. Je suis presque cuit.

Ici, la chaleur fait monter la vapeur des étendues d’eau. Puis les nuages s’accumulent et une pluie acide et brûlante emporte tout sur son passage. On suffoque, on se noie, on se meurt sous des tas de boue, de pierres, de dettes et de malheurs. Et le vent qui tournoie fait voler les fenêtres, les toits, les projets, les espoirs. Il faut alors marcher, pendant des heures, pendant des jours en faisant attention à ces trous sur la route qui avalent les piétons, les voitures, les petits commerces, les entreprises. Cela fait longtemps qu’on a commencé cette longue marche. Mais on est juste dans une cocotte-minute, on tourne en rond.

Heureusement, il y a parfois des endroits, des moments où il fait moins chaud. C’est là qu’on se tapit, qu’on s’agglomère, qu’on établit nos chez nous. Moi, quand je suis chez moi, je me sens en sécurité. Même si les autres le qualifient de zone rouge, pour moi, elle n’est ni vermeille ni écarlate, elle est amarante et presque rose. C’est parce qu’il y a les autres. On se soutient, on se protège, on se surveille.

Je sais bien que toute cette situation est irréelle. Ce n’est pas normal. Ces clous et ces boulons n’ont pas du tout leur place dans une cocotte-minute. Combien de fois cela a failli exploser? Je ne sais plus. Ils jouent avec le feu, ces gredins! Ils font toujours monter la pression. Ils ne te laissent pas souffler. Mais, heureusement, ils surveillent la mécanique pour que cela continue, quand même, à tourner. Les soupapes défectueuses sont souvent remplacées.

On remplace les soupapes qui se bouchent. C’est comme cela qu’on fait jusqu’à ce qu’on trouve un de ces jours, peut-être, le moyen d’éteindre le feu.

Soupape, quelle noble situation. On rêve tous de devenir un jour une de ces brillantes têtes brûlées qui tournoient majestueusement et de plus en plus à mesure qu’on leur envoie la pression au derrière. On sait bien que la gloire ne dure guère, mais beaucoup se disent en les regardant que le jeu en vaut surement la chandelle. En plus, ces soupapes et les autres pièces chromées ne reviennent presque jamais dans la cocotte. On imagine qu’elles vont dans un monde meilleur. Le monde que l’on ne peut qu’entrevoir sur les miroirs magiques.

Tenez, revoilà les souffleurs. Mais arrêtez d’attiser ce feu, inconscients ! On veut de l’eau, de l’eau, de l’eau bien froide. Ne jetez pas cette huile sur le feu, assassins ! Crions plus fort, ils sont comme sourds. Mais ils sont sourds, ils sont surtout fous, c’est la fin…

Antananarivo, Madagascar. Je me réveille. J’ai mal à la tête. Je n’ai pas bien dormi. J’ai fait un horrible cauchemar. Mais je me lève, je me prépare et je vais doucement prendre ma place dans le trafic. Du courage ! Dehors, il fait encore chaud et humide.

*fatapera : réchaud à charbon de bois.


Je suis homo-nyme

Juste après les attentats du début janvier en France, on a été nombreux sur la planète à être Charlie. Mais bien entendu, on ne s’appelle pas tous Charlie, heureusement.

Image : Messierus Dupont et Dupond par Belianis

 

Je suis un homo -nyme

Moi, je suis assez anticonformiste. Lorsque je trouve que tout le monde fait une chose, je le fais aussi jusqu’à ce que je trouve que ce n’est pas bien, ou que ce n’est pas obligatoirement bénéfique. Et je cherche vraiment la petite bête. Je remets tout en question, tout le temps. Je dirai que si tout le monde sur Terre s’appelait Charlie, Charlie René, Charlie de Gonzague, Charlie Chaplin ou Charlie Ranaivoson, je serais le premier à crier « Hey! On ne peut pas tous être Charlie!, c’est trop bête. »

Mon nom est Ranaivoson. et c’est le nom malgache le plus répandu au monde. Faites vos recherches, moi je sais d’expérience que les Ranaivoson (variantes : Ranaivosoa, Ranaivosaonina, etc.), qui ne sont pas tous de la même famille sont les plus nombreux à Madagascar, et parmi les malgaches à l’étranger aussi. Il suffit de prendre les résultats du Bac malgache pour s’en rendre compte. Mon prénom est Andry, et c’est pareil, c’est incontestablement le prénom qui existe dans toutes les familles malgaches ou presque vu qu’il peut aller tout seul ou se greffer à n’importe quel autre prénom malgache : Andritiana, Andrinirina, Andriamialy, etc. A 9 ans, pour vous dire, on était 5 Andry dans une classe de 30 élèves.

Mais je ne suis pas mon homonyme

Donc, je connais bien l’homonymie. Je sais que parfois, c’est amusant voire curieux. D’autres fois, c’est quand même plus bizarre, voire flippant. C’est comme la fois ou mon nom était dans la nécrologie du journal Midi Madagasikara, ou l’autre fois ou mon homonyme était riche ou qu’un autre gagnait aux jeux. C’est navrant. Et les fois où un Ranaivoson se fait pincer pour vol, cambriolage, meurtre ou viol, on a envie de dire tout de suite : « Je ne le connais pas! » à qui veut entendre.

Moi, après les attentats en France, j’ai tout de suite pensé à tous les Coulibaly et les Kouachi. J’ai écrit un statut Facebook que seuls mes amis peuvent voir, bien sûr, avant que l’Express ne publie un article dessus. coulibaly

Et c’est vrai, il ne faut pas faire d’amalgame sur les noms. Et il ne faut pas tout mélanger, non plus. Si je suis Kouachi, je ne suis pas forcément le petit frère d’un terroriste, ou sa cousine. Si je suis Coulibaly, ce n’est pas forcément que j’approuve ce qu’un de mes homonymes a fait mais peut-être que j’essaie de comprendre. Si je suis Charlie, cela ne veut pas dire que je me sens provocateur, blasphémateur ou juste drôle.

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Et c’est pour ça que je peux affirmer que je n’ai aucune honte à dire que je me sens Charlie Coulibaly. J’ai fait la recherche dans Facebook et ils sont nombreux. Ce sont des homonymes.

 


Mort de Félicien, héros de la téléréalité et d’internet à Madagascar

Félicien Rakotomalala est la plus célèbre des 13 à 20 victimes recensées (car on continue de compter) lors du passage de la dépression tropicale Chedza à Madagascar. A l’heure où j’écris ces lignes, son corps est acheminé vers sa ville natale, dans le sud de madagascar et on se prépare partout à le rendre hommage à son passage.

Photo : capture d’écran TV Plus

Une star modeste et éphémère

imagesFélicien a participé à l’émission de téléréalité de la Tv Plus qui s’intitule Kopi Kolé. Le principe du concours est, comme le nom le laisse deviner, de copier un(e) chanteur(se), dans sa voix, son physique et son attitude. Moi, question téléréalité, je fais partie de ces gens qui ne regardent pas les « primes » mais qui ne ratent jamais les bêtisiers. Je ne suis pas vraiment d’accord avec les téléréalités gasy qui apprennent aux jeunes à se conformer à ce qui existe et non à se trouver son propre style. Le mérite de Kopi Kolé est, cependant, d’avoir permis de mettre en avant des sujets tabous comme le travestissement lorsque des garçons copie-collaient des chanteuses et vice versa. Pour l’histoire, le premier gagnant de Kopié Kolé a, lui, copié la chanteuse Poopy et le fait qu’il soit un garçon, « normal », ne l’a donc pas handicapé aux yeux des juges et des téléspectateurs.

J’entendais, donc, parler d’un certain Félicien qui copiait très bien Théo Rakotovao, le chanteur du groupe Mikea. J’ai senti dans les remarques et les commentaires de mes amis qu’il a séduit plus d’un et qu’il se détachait du lot malgré sa modestie et sa simplicité. Un soir, ma femme, qui ne regarde pas tant que ça la télé, m’a même recommandé de regarder un gars à la télé qui chantait la musique du sud et qui n’est pas mal du tout. La musique du Sud, car Théo Rakotovao n’est pas si bien nconnu du grand public. C’est donc Félicien qui a, logiquement et sans contestation, remporté le vote du public et la finale de la saison 2 de Kopié Kolé, tant son talent est reconnu.

La chaîne de télé et les sponsors ne se contentent pas dans ces shows là des émissions en direct et du suivi des candidats dans leurs quotidiens. Lorsque Félicien a effectué le voyage à l’île Maurice qu’il a gagné, on lui a consacré  plusieurs émissions. Les malgaches ont, alors, su que c’était son premier voyage à l’étranger, c’était son baptême de l’air et que dans toute sa famille, il doit être le seul à avoir eu cette chance. Comment un(e) jeune malgache ne peut-il pas s’identifier à un tel parcours? Ce conte de fée à la Cendrillon ne peut pas mieux s’appliquer que dans un pays pauvre comme Madagascar.

https://www.youtube.com/watch?v=vfK5FCc51eY

Comme tous les gagnants de ce genre de shows, pourtant, on n’a plus entendu parler de Félicien pendant quelques temps. Il avait des projets, surement, comme tous les jeunes. Il a fait des études. Il avait toutes ses chances dans la chanson. Il avait toute la vie devant lui. Mais le drame est arrivé.

Le drame

C’était pendant le passage du cyclone Chedza de la semaine dernière. Vous savez, il y a des moments comme ça où on ne voit plus le soleil pendant plusieurs jours et que tout est chaos et stress. C’est dans cet ambiance que les mauvaises nouvelles sont arrivées les uns après les autres. Il y a eu des digues brisées, des ponts coupés, des glissements de terrains, des maisons effondrées, des quartiers inondés, des noyades. Les catastrophes habituels en saison cyclonique, quoi!

Et puis, la rumeur s’est enflée sur Facebook. Félicien serait enseveli sous une coulée de boue. Il y a eu des incrédules, c’est vrai. Mais en quelques minutes, les premières photos sont arrivées. Des photos pris avec des téléphones portables sans doute, vu la qualité des images. C’est comme cela que les facebookers malgaches ont suivi en live les évènements.

Oui, sur facebook, il y avait de tout. Certains s’improvisaient reporter. Il y a eu aussi des prières. Il y a eu des poèmes, des témoignages. Il y a eu des expressions de frustrations, de colères de tristesse. Certains s’en prenaient aux pompiers, aux secouristes, aux badauds. D’autres accusaient Dieu, le gouvernement, le plan d’urbanisme. Mais il y avait surtout les photos.

Peut-être que dans les autres pays on a l’habitude mais moi, cela me gênait de voir ces clichés volés, que je ne vais pas montrer ici. C’est voyeur, c’est violent, c’est inadéquat : les secouristes qui enlèvent la boue, les badauds qui se réunissent,  le corps qui est entraperçu et dégagé presque 2 jours après, le corps sale et meurtri, les photos prises dans la morgue, et ainsi de suite.

Mais, ce serait, dit-on, un moyen de montrer, de témoigner l’amour et le respect à l’égard de Félicien.

The show must go on

Photo par Steeve Scott Donmingez
Photo par Steeve Scott Donmingez

Comme pour tous les grands artistes malgaches, Félicien a eu droit à une veillée funèbre dans un stade où des milliers de fans ont supporté la famille dans son malheur. On a comparé la nuit à un grand spectacle. Mais ce n’en été pas vraiment un. Théo Rakotovao, le modèle a même entonné ce que les gens appellent désormais « la chanson de Félicien »; quand l’original n’est pas aussi populaire que la copie. Ensuite, le cortège qui le ramène chez lui dans le Sud est salué partout où il passe. Maintenant que je fini d’écrire ce texte,

TV Plus n’a pas du tout manqué l’occasion de « rendre hommage » à son ancien protégé. Biographies, rediffusions, reportages sont en boucle depuis plusieurs jours.fb2

Photo par Dea Cool
Photo par Dea Cool

Il y a des gens qui pointent du doigt cette attitude de Tv Plus. C’est vrai qu’ils « remuent la boue qui sèche » comme dit l’expression malgache. C’est vrai aussi qu’il y a eu d’autres morts à part Félicien pendant ces jours sombres. Il y a eu des enfants emportés par les crues, il y a eu des milliers de sinistrés. En plus, personne ne se souciait plus de Félicien, comme de tous les autres candidats de téléréalités, et tout ce qui se passait autour de son accident et sa mort peut sembler démesuré.

Malgré tout, je sais pourquoi Félicien doit être célébré en héros qu’il est. Cette hyper-médiatisation est peut-être le lot de toutes les célébrités.

Mon hommage

Félicien, je ne te connais pas. Si je m’adresse à toi, je sais bien que tu es mort et que tu ne peux pas me lire. J’écris à celui qui peut me lire. Car tu nous a quitté trop tôt. Tu as été fauché en pleine gloire comme une étoile filante qui a illuminé notre ciel pendant un court moment. Est-ce que quelqu’un se rendait compte que tu étais à ce point aimé et chéri? Est-ce que toi, tu le pensais lorsque tu parcourais encore les rues presque incognito après ton triomphe à la télé? On ne connaissait pas tous ton adresse avant d’avoir vu ta maison dans les réseaux sociaux. Certains d’entre nous n’avaient même pas eu vent de tes exploits et se sont exclamés : »C’est vrai qu’il est jeune le Félicien! » en voyant ta photo dans Facebook. Mais tous se sont inclinés car tous reconnaissent ton talent et ta modestie. Ils ont été par milliers à t’accompagner jusqu’à ta dernière demeure. Tu te rends compte du potentiel qu’aurait eu ton premier album?

Ta mort a été spectaculaire, on n’a pas perdu une miette. Elle a peut-être ajouté un peu plus à ta légende mais on ne tiendra en mémoire que tes prestations sur la scène de TVplus. Tu as donné une grande leçon d’humilité et de modestie et c’est ce qui est resté gravé dans la tête et le cœur des gens. C’est pour cela que tu es devenu un héros. Un héros des temps modernes qui sera tellement vite oublié, hélas. Tu as fait ton buzz! comme on dit.11708_633088663502965_6204820834934544867_n

J’espère que Dieu décide de te sauvegarder. Et j’espère que les jeunes malgaches suivent ton exemple en restant humble et à toujours croire à leur chance malgré l’adversité. Car il ne faut pas en faire trop, il n’y a pas besoin de derrière qui twerk ou de voix qui blues. On peut gagner en restant soi-même. Oui, même si la règle générale impose maintenant de se conformer aux plus grands pour se faire remarquer, tu as montré qu’on peut gagner en prenant exemple sur ceux qui ont réussi et en imposant ton propre style.


Les Malgaches ne sont pas tous Charlie

Le monde entier a voulu être Charlie Hebdo pour montrer sa solidarité dans la condamnation des actes terroristes dont a été victime la France et notamment le journal satirique Charlie Hebdo le 07/01/2015. A 10 000 km de là, les Malgaches ont aussi été émus par ces évènements. Pourtant, comme dans beaucoup de pays, les réactions sont diverses.

Photo : Capture BFM-TV

Les Malgaches ne sont pas derrière Sahondra

 

D’abord, c’est le premier constat. Les Malgaches sont de plus en plus connectés au monde. Les nouvelles de l’attentat sont parvenues ici en même temps qu’en France puisqu’on a pu les avoir sur Internet, sur les chaînes satellitaires et les radios. Donc, si ces évènements n’ont pas fait beaucoup de vagues à Madagascar, ce n’est pas par manque d’informations.

Lorsqu’on entend les gens discuter, en famille, dans la rue, dans les bureaux, on voit que beaucoup ont analysé le drame. Parfois, quand certaines personnes ne connaissent pas très bien Charlie Hebdo, d’autres viennent à la rescousse pour expliquer quel genre de journal c’est. On le compare à d’autres publications malgaches sans jamais trouver un équivalent. Ici, les caricaturistes sont timides, toujours politiquement corrects, et jamais ou presque jamais provocateurs.

Dans les années 1970, le groupe malgache « Raozin’ny Paradisa » a sorti un 45 tours. Sur une des faces, il y avait une chanson nommée Sahondra, qui est  un prénom féminin et de l’autre côté, il y avait une chanson qui s’intitulait : « Tara » et disait : « Tard, ton amour est arrivé trop tard ». Depuis, lorsqu’une personne n’arrive pas à suivre une conversation ou bien n’est pas au courant des évènements on lui dit : « Tu es vraiment de l’autre côté de Sahondra » pour dire « T’es pas à la page »

Les Malgaches ne sont pas Zefa, non plus

 

En général, l’image perçue de Charlie Hebdo est négative. Sans doute, un tel journal ne survivrait pas longtemps à Madagascar. Déjà, les autorités malgaches ne sont pas complaisantes. On a déjà eu plusieurs cas de personnes inquiétées pour des oeuvres satiriques considérés comme diffamatoires. Et faut-il le rappeler, la loi malgache interdit désormais n’importe quelle manifestation de la liberté d’expression dès qu’elle est considérée par le sujet de la critique comme une attaque personnelle.

Ensuite, pour les Malgaches, le sacré est sacré. La majorité se dit chrétienne. Donc, beaucoup se sentent offusqués par ces images où le journal a mis en scène Dieu, son Fils et le Saint- Esprit dans des positions indécentes. La majorité des chrétiens malgaches est catholique et n’aime pas, non plus, que l’on touche au pape ou à ces sous-fifres. Il y a, bien entendu, les musulmans qui ne peuvent pas approuver les caricatures du prophète, car on ne peut pas représenter le prophète en image. Et pour tous, le sacré des autres doit être respecté, même si on ne les comprend pas.

Pourtant, les quelques expériences d’attaques terroristes pendant la crise malgache de 2009-2012, même si beaucoup ressemblaient à des farces, ont laissé des traces dans la tête des Malgaches et surtout des habitants de Tana. On sait ce que c’est de sortir avec la peur. La peur pour soi, et la peur pour notre famille, nos enfants. L’acte de terreur, est si lâche, si imprévisible et si répugnant que naturellement, le Malgache, même avec la meilleure compréhension qui soit ne peut le justifier.

Donc, pour beaucoup, Charlie Hebdo cherche les embrouilles, et s’ils ne méritent pas une telle attaque, on dira que peu de Malgaches irontaussi loin dans la provocation même au nom de la liberté d’expression.

Et aussi, de l’autre côté, l’attaque terroriste est disproportionnée par rapport au fait que ce ne font que des dessins. L’avis général est que ceux qui l’ont perpétrée ne sont que des illuminés, des drogués, des fous. Certains pensent même au complot (sans avoir lu les théories du genre sur le net).

Zefa est le diminutif de Joseph, l’époux de Marie. Dans les expressions populaires, il désigne l’idiot à qui Marie aurait fait croire qu’elle a été mise enceinte par le Saint-Esprit. Ainsi, il désigne surtout le crédule à qui on fait croire n’importe quoi.

 

Pour le Malgache, Rakotozafy est Alexis

Si France a déifié la liberté d’expression comme elle l’a fait avant avec Liberté, Raison ou Fortune, pendant que les terroristes se considèrent comme des martyrs d’Allah, leurs victimes  sont naturellement désignées martyrs de la liberté d’expression. Et bientôt, on lapidera peut-être des croyants au nom de laïcité. Que Dieu, ou la Raison nous garde d’une telle dérive.

Bon, je ne rends ici que les impressions de certaines personnes autour de moi et sur les réseaux sociaux qui ont parlé de ces évènements. Dire « Je suis Charlie » ne serait pas totalement innocent. C’est peut-être pour ça que peu de journaux et presque pas de blogueurs malgaches ont écrit à ce sujet.

La France a été un pays colonisateur de Madagascar et est toujours le premier partenaire financier et économique de l’île. Les Français sont les plus nombreux à Madagascar parmi les expatriés et la France héberge la plus grande diaspora malgache. Cette relation n’est pas aimée par tous les Malgaches et la France a toujours été accusée de néocolonialisme et d’être responsable, de près ou de loin, de toutes les crises politiques et sociales à Madagascar.

charlieJe n’irai pas à dire que les supposées manoeuvres de la France sont comparables aux yeux de certains à des actes de déstabilisation et de terrorisme envers notre chère patrie. Je dirai que, peut-être, certains citoyens ne sentent pas ce Liberté, Egalité, Fraternité scandée par l’Hexagone dans la relation entre les 2 pays. Et ce n’est pas seulement contre la France, je me souviens après le 11 septembre 2001 les mêmes remarques comme : « Les Américains sont trop arrogants », « ils vont bien attaquer des gens dans leurs pays, alors, maintenant, c’est à  leur tour. »

Moi, je l’ai mis sur mon compte, que je suis Charlie parce que je ne fais pas ce genre d’analyse de qui est Charlie et si Charlie est un saint ou un démon. Moi, je suis Charlie parce que j’aimerais juste qu’on ne me tape pas sur les doigts lorsque j’écris mon blog. Je suis Charlie, car j’ai besoin quelques fois de dire le fond de ma pensée. Et je suis Charlie car je désapprouve l’usage de la terreur quelle que soit la raison.

De Madagascar, même si nombre de nos compatriotes et familles sont en France, Charlie Hebdo est un problème français. Et Dieu sait si les Malgaches aiment la France… ou pas.

Rakotozafy Alexis est le nom et prénom d’une seule et même personne, mais dans une certaine conversation, une personne qui n’a pas tout suivi a fini par demander : « Qui est Rakotozafy et qui est Alexis? » La réponse est que c’est une même personne. C’est pour cela que lorsqu’on demande par exemple qui est François et qui est Hollande, on répond « Rakotozafy est lui-même Alexis ».