Mariette Yao

Non je n’ai pas repris la gym, j’ai décidé de cuisiner africain!

Comme à chaque période de repos, je cherche à expérimenter quelque chose de nouveau.
Cette fois j’ai décidé de mettre à la cuisine africaine, quoi de plus normale pour une
africaine.

Sauf qu’avec la modernisation on est tous un peu habitué à manger la cuisine variée du monde
donc à cuisiner mondial.

Du coup quand on se met sérieusement à la cuisine locale on en sort pas forcement indemne les premiers instants.
J’ai décidé pour la première semaine de relever le défi du foutou¹ réussi.
Le foutou réussi a pour caractéristique d’être ferme, d’une belle couleur jaune presque luisante,
sans grumeau et qui se coupe bien à la fourchette.

Pour cela il faut piler dans un mortier traditionnel du manioc et de la banane préalablement bouillis.
En position assise à 25 ou 30 cm du sol, sur un tabouret, le dos bien droit et les jambes de côté,
on tient le pilon dont le poids varie entre 1 et 3 kg selon les modèles.
Pour la technique d’écrasement efficace du manioc, il faut incliner le pilon d’environ 15 degré
et piler fermement une série de plusieurs coups et rassembler ensuite la matière d’une poignée
souple vers le centre.

Après quelques essais les gestes viennent naturellement et on a moins mal au bras.
Pour équilibrer les travail de mes deux bras,  j’ai décidé de défier la tradition en pilant avec chacun
de mes bras à leur tour.

Ce qui me donne dans cette position ma séquence de gym avec haltères de 5 min chaque
bras, le ventre rentré en respirant entre chaque pose.
Les effets se feraient ressentir déjà. Enfin il ne me reste plus qu’à trouver le moyens de faire
travailler mes jambes en cuisinant africain.

 

1.foutou: plat ivoirien de banane pilée

foutou


Tabaski : Sacrifier un mouton, devoir d’honneur?

La communauté musulmane en particulier celle de Côte d’Ivoire célèbre ce 15 octobre 2013
la fête du sacrifice appelée Aïd El Kébir, ou Tabaski en Afrique de l’ouest.

Cette importante célébration musulmane marque la fin du pèlerinage vers les lieux saints de l’Islam. A cette occasion une bête sans défaut doit être sacrifiée selon les recommandations de l’Islam.

Il est dit dans un hadith:

« Tout musulman qui dépense avec joie son argent pour s’acquitter de cette tradition, et qui, ce faisant, achète un mouton digne de ce nom, sans aucun défaut, en ayant en vue la seule face de Dieu loin de toute ostentation, Dieu fera, le jour du jugement dernier, un long mur entre cet homme et l’enfer, et incha Allah il n’y entrera point. » Ce ne serait pas une obligation quand le fidèle ne dispose pas de moyens.

Le gouvernement ivoirien à cet effet a veillé à ce qu’il n’y ait pas rupture de bétail puisqu’il provient principalement du nord du pays et des pays limitrophes comme le Burkina Faso et le Mali.
Cependant, comme toutes les années les prix ont flambé à l’approche de la fête.
Les vendeurs justifient ces prix par les frais routiers, le racket etc mais ceci est un autre débat.

Annoncé par le gouvernement pour un prix variant entre 60 000 fcfa et 150 000 f cfa le mouton la réalité est tout autre sur le marché.
Quand bien même il serait a ce prix, combien de famille ivoirienne peuvent se le permettre aisément?

Ce rituel musulman apparaissant comme un devoir d’honneur finalement, est un casse-tête pour nombre de responsable de famille.
Devoir d’honneur envers son Dieu, envers l’Islam, envers sa famille?
Il serait difficile quand les voisins fêtent de ne garder en vue que la face de Dieu et ne pas ruminer ses frustrations quand on a pas les moyens.

Source : 1. Les prix flambent
2.Le prix des moutons sur le marché ivoirien