yaomariette

Ma ville est sale et j’ai honte!

Ma ville est sale et j’ai honte !

Chez nous on dit qu’on ne montre pas son village de la main gauche, cette main étant traditionnellement utilisée pour faire des choses moins valorisantes. Autrement dit on ne montre pas son village ou sa famille sous un mauvais aspect. Aujourd’hui je n’ai d’autre choix que de dire ce qui est : Abidjan est sale.

Il n’est pas possible d’arpenter les rues d’Abidjan sans enjamber une flaque malodorante, des ordures qui débordent, des crachats ou autres fluides corporels que les passants ont bien voulu partager aux autres. On ne manque pas d’être littéralement écœuré dans certaines parties de la ville en arpentant les rues à pieds. Même les quartiers les plus résidentiels n’y échappent pas. Il suffit de sortir un peu de sa cité.

« Interdit de jeter les ordures ici sous peine d’amende ! »

Cette indication est devenue ridicule parce que c’est souvent bien à cet endroit que la population jette ses ordures. Comme pour défier les interdictions, les rebelles se mettent là et contribuent à envahir correctement cet endroit avec des immondices. Les habitudes ont la peau dure et personne ne pense être responsable de l’environnement que nous partageons tous.

Mettre simplement ses ordures dans un sac poubelle et bien le fermer est déjà difficile pour beaucoup. On renverse juste sa bassine là et le vent s’en chargera. Les caniveaux faits pour évacuer les eaux de pluie servent de canal direct de vidange de casseroles.

La mafia de la salubrité

Je dis mafia parce qu’on ne sait pas réellement comment se coordonne l’assainissement de notre environnement. On paie pourtant avec nos factures d’électricité des redevances télé et salubrité. Un camion affrété par le ministère en charge passe normalement dans chaque quartier à des heures spécifiques pour le ramassage. Toutefois il est encore indispensable de payer des éboueurs de quartier qui eux passent pratiquement tous les jours avec leurs tricycles prendre les ordures ménagères.
Pourquoi paie-t-on ces derniers alors qu’il y a déjà une organisation étatique sensé assainir l’environnement ? Ne payez pas les jeunes de quartiers et les camions de la ville ne passeront pas non plus. Vos sacs poubelles empilés devant vos portes vous feront chanter jusqu’à ce que vous cédiez.

Comment cela se fait-il ? Comment s’entendent-ils pour partager nos gains ? On ne sait pas. Tout ce qu’on sait c’est qu’on doit payer. En moyenne 2000 francs CFA par foyer/mois.

Des initiatives citoyennes pour redresser nos comportements

Si vous êtes sur la toile vous avez déjà certainement lu quelque part « un jour Abidjan sera comme Kigali ». En effet le Rwanda est un bel exemple de réussite en matière de propreté et d’environnement salubre. Des groupes se forment pour tenter de corriger ces habitudes qui nous tuent à petit feu. Un changement comportemental est indispensable à toutes les échelles si on veut un jour avoir une ville dont nous sommes pleinement fiers.


Chez moi Charlie n’a jamais vécu

Les rares caricatures qu’on peut apercevoir dans les dernières pages de certains journaux sont de bien gentils dessins. On ne va jamais trop loin. On n’attaque pas vraiment. On peut rire, mais sans trop prendre position. On ne sait pas où on pourrait finir.On pourrait nous obliger à rendre notre démission. On pourrait sanctionner notre journal. On pourrait nous enlever et nous bastonner. On pourrait nous mettre en prison. On pourrait nous tuer.


Ma lettre au président indien en visite en Côte d’Ivoire

Bonjour monsieur le Président ou Namaskara uncle comme on dit chez nous.
Entre nous il n’y a plus de protocole, c’est la famille.
Orange, Blanc, Vert, entre nos drapeaux il n’y a que 90 degrés d’inclinaison. Nous partons dans des directions différentes mais certainement sur les mêmes valeurs.
« La paix n’est pas un vain mot mais un comportement », ces mots d’Houphouet Boigny résonnent encore dans nos esprits autant que le combat de Gandhi pour la dignité humaine et la justice sociale.

Uncle, quand j’ai appris ta visite chez moi j’ai été surprise et heureuse. C’est la première fois que la plus haute autorité indienne met les pieds sur notre sol en visite officielle.
Mais il est vrai qu’il y a longtemps que nous partageons des valeurs économiques et peut être même idéologiques.
Depuis quelques années j’entends de plus en plus parler de ces partenariats, de ces accords et même de ces bourses que tu offres à la communauté africaine.

Le commerce bilatéral entre l’Inde et la Côte d’Ivoire est passé de 345 millions en 2010-2011 à 842 millions USD en 2014-2015. Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, l’Inde a accordé une ligne de crédit d’un montant de 156 millions USD au gouvernement de Côte d’Ivoire pour financer des projets de développement. J’ai appris que ces projets touchaient à des secteurs très divers, tels que le transport public, l’électrification rurale, l’autosuffisance en riz, la transformation des noix de cajou, l’extraction d’huile végétale, le traitement des fibres de noix de coco ou encore le traitement des produits de la mer et le pôle de biotechnologies.(Source: MEA)

Incredible India

La paix, l’amour, les couleurs mais aussi la douleur.
Uncle, tu ne le sais peut être pas, tu n’es président que depuis 2012, mais tes compatriotes ont beaucoup de mal avec nous.
Nous (africains) avons une grande part de responsabilité dans ses heurts que nous vivons. On a tellement idéalisé ton pays, on s’est trop vite senti chez nous chez vous. A nos aises on a investit votre territoire sans penser qu’on pouvait vous blesser par nos attitudes. Ce n’était pas intentionnel.
Ton pays m’a accueilli, m’a donné le savoir que je mets aujourd’hui au service du mien. Ton pays m’a fait rêvé, m’a fait grandir. Je savais que j’étais noire mais je ne m’étais jamais sentie noire.

C’est quoi « être noir » ?

Etre noir chez toi c’est être au bat de l’échelle, c’est être dévisagé, c’est être insulté, c’est être stigmatisé.
C’est être agressé parce qu’on ne veut pas de toi là. C’est être racketté parce que tu n’es pas d’ici.
C’est te faire refuser un appartement parce que les noirs ne sont pas propres, sont bruyants et vendent de la drogue.
Ce n’est pas avoir le secours de la police quand tu te retrouves dans une violente embuscade. C’est ne pas avoir les premiers soins à l’hôpital sans vérification de ta carte de séjour.
Tant de clichés qui sont une réalité que j’ai vécue, que nous avons vécue mes frères noirs et moi.
Je me suis rarement sentie en sécurité chez toi. Trop souvent je me faisais interpeller dans la rue ; trop souvent je voyais des visages me regarder avec insistance, des chauffeurs de rickshaw nous insulter et cracher par terre quand on était pas d’accord avec le tarif qu’ils voulaient nous imposer.
J’avais pourtant mis une kurta sur un pantalon ample. Je n’étais pas mal vêtue, je vous respectais.
Trop souvent j’ai eu peur le soir ou quand je voyais des attroupements.

Quand j’appris ta visite ce 14 juin 2016, tous les souvenirs sont remontés à la surface. Ton pays m’a fait grandir, m’a appris à être tolérante. Je devais expliquer régulièrement que l’Afrique n’était pas un pays, que chez moi il y a des immeubles et des centres commerciaux, mais ça ne me peinait plus.
J’ai appris à être l’ambassadrice de mon pays. J’ai appris à aimer mon pays. Ton pays m’a apporté des expériences incroyables, des souvenirs exaltants et des amis que je garderais pour la vie.
Mais uncle maintenant que tu es venu nous rendre visite, que tu nous connais mieux, prends soin de mes frères qui sont encore chez toi. Demande à tes policiers de nous protéger, a tes compatriotes d’être patients et conciliants.
Nous voulons rester chez toi parce qu’on s’y sent malgré tout chez nous.
Nous ne sommes pas si différents.

Bon retour chez toi.
Merci pour tout.


Abidjan accueille le festival Africa Poésie

Abidjan accueille du 5 au 7 mai 2016 le festival Africa Poésie qui rassemble des poètes venus du Cameroun, du Mali et de la Côte d’Ivoire. Durant ces 3 jours des scènes seront ouvertes à plusieurs endroits de la capitale pour des ateliers, des panels de discussion et des spectacles.

Le lancement du festival Africa Poésie a eu lieu ce jeudi 5 mai à la galerie J. Stepholy. L’Ivoire club écriture et la société des artistes et poètes du Cameroun, initiateurs de ce festival, n’auraient pas pu trouver meilleur cadre que l’enceinte d’une galerie d’art lieu par excellence d’exposition de la créativité.

Les amoureux des mots, de la puissance de leur sens et de la rythmique de leur cadence ont pris part à cette soirée dédiée à la poésie et au slam.
C’est dans une ambiance soutenue par une musique instrumentale africaine qui remplis délicatement la salle d’exposition que les invités ont naturellement fait une halte devant les oeuvres d’art avant de s’installer. Il serait en effet impossible de passer par la salle d’exposition sans que le regard ne soit attiré par les masques, les sculptures et les tableaux présents.

La tambin, cette flute traversière africaine encore appelée flute peule, a réveillée l’assistance de sa sonorité vive et ouvrit ainsi une atmosphère propice à la liberation de ces vers. Les poètes, slameurs et conteurs se sont succédés pour déclamer leurs creations littéraires devant un public admiratif.

L’africain est-il poète?
20160505_203836L’Afrique se réclame détentrice de l’art oratoire. C’est en effet le principal moyen de transmission de notre culture. Les chants, les contes et les danses ont fait partis de notre quotidien et la jeune géneration veut montrer que cet art vit encore.
Le continent africain a son lot de déboires mais sa culture survit.

Pour le président des écrivains de Côte d’Ivoire, M. Macaire Etty, c’est l’art qui nous humanise. La poésie a été longtemps réservée aux initiés et le festival a pour mission d’agrandir le cercle des amoureux de la poésie ainsi que d’éveiller les consciences africaines.
C’est également dans cette optique que M. Jean Cyrille Lerro, gérant de la galerie J. Stepholy qui promeut l’art africain contemporain, a ouvert ses portes pour la tenue de cet événement.

L’art vit en Afrique et l’Afrique vit dans l’art.

La tenue de ce festival dans la capitale abidjanaise n’est pas un hasard. Un dynamisme autour de la culture et de la littérature se fait de plus en plus vivant. De l’école des poètes au collectif « Au nom du slam » de jeunes poètes et slameurs se font ambassadeur de la culture et mettent leur quotidien en rimes.

Ci- dessus l’extrait de la prestation de l’étudiant, poète urbain.

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 Images de la soirée

 

Retrouvez ci-dessous le programme du festival

africa poesie 2016 Jeudi 05 mai 2016:
-A 18h30, Galerie J. Stepholy (Cocody-2-Plateaux, près de la Commission Nationale de la Francophonie) : Ouverture du Festival Africa Poésie.

Vendredi 06 mai 2016:
– A 14h30, Collège Haris d’Adjamé : Conférence sur le thème : Poésie et Slam : similarités ou amalgames ? Conférenciers : Bee Joe(Slameur) et Marchal Seri (Poète).
– A 16 heures, Librairie Carrefour Siloé (Cocody Saint Jean) : Dédicace du Livre  »Les larmes de Dieu » de Macaire Etty.

Samedi 07 mai 2016:
A partir de 9 h, à la Médiathèque (Non loin de la mairie de Treichville) : Activités autour du Festival Africa Poésie;
A 14h30: Final du Concours du Festival Ivoirien de la Création Poétique chez les jeunes.


Renaissance

Je ne savais pas ce qui me manquait,
Jusqu’à ce que je trouve ce qui me comble.

Tu remplis mon cœur de mouvements joyeux,
Je remercie tout le jour la providence de t’avoir mis sur ma route.
 
Nos chemins se sont croisés et recroisés jusqu’à ce que nos cœurs se rencontrent.
Nous étions prêts et tout le reste est devenu une évidence.
 
Comme une naissance nouvelle de mon être,
Ou un réveil de mes sens émerveillés par la douceur naissante de ce voile d’amour qui me caresse délicatement.
Nous étions prêts et tout le reste est devenu une évidence.


Yako Bassam

Aux âmes vaillantes la torpeur n’aura point d’effet.
Le signe de l’unité fera reculer toute forme d’adversité.
Les cris et la désolation semés ne feront que triompher l’amour.
Terreur et panique propagées en plein jour.

Au nom de quoi, au nom de qui ?

Hier nous étions atterré, déposséder de nos vies innocentes.
L’humanité perdait tout son sens.

Au nom de quoi, au nom de qui?

La brise maritime ne nous berce plus de douceur.
Elle emporte avec elle toute notre douleur.
Nous avons couru pris au piège de la mort.
Comme le ressac de la mer nous allons et venons encore.

Frappé mais toujours plus vivant.
Nous continuerons de travailler unis dans la discipline.

Bassam, je pose mes mots sur ton cœur blessé.
Le Monde, je pris pour toi.

 

*yako: exprime la compassion dans le langage ivoirien


La nigérisation de la Côte d’Ivoire

La jeunesse ivoirienne perd pied face à la vague de l’influence nigériane qui souffle sur l’Afrique. De la coloration musicale à la tenue vestimentaire, la Côte d’Ivoire bouge au rythme de ses frères du Nigeria.

La culture cette appartenance qui fait la fierté d’un pays, la continuité d’un peuple, la pérennisation de l’histoire d’une nation.
Si la mondialisation nous rapproche, la culture nous distingue, et ce pour le bien de la mémoire d’une patrie, d’un groupe ethnique.

Si on n’a pas encore compris le bien-fondé de la conservation de sa culture en Côte d’Ivoire, c’est qu’on a un véritable problème (identitaire ?).

Il y a quelques jours une amie attirait mon attention sur un phénomène que j’avais plus ou moins remarqué que j’appellerais la nigérisation de l’Ivoirien. Il s’agit de l’influence nigériane qui souffle sur la Côte d’Ivoire depuis quelque temps tant au niveau musical que vestimentaire.

C’est l’Afrique qui gagne me dira-t-on !

L’Afrique bouge et je ne pas en être moins fière. Mais où nous plaçons-nous dans cette mouvance en tant qu’Ivoiriens ? Je ne peux nier me laisser moi-même entraînée par ce rythme entraînant que produit l’industrie nigériane. Quand pour faire de l’argent on pense qu’on doit produire des disques naija ça m’attriste. Il y a tellement de rythmes de chez nous qui peuvent être modernisés pour apporter la fraîcheur nécessaire à faire bouger la jeunesse ivoirienne. Le meilleur exemple d’artiste qui a réussi dans la durée à imposer la musique du terroir serait Meiway et la nouvelle génération gagnerait à en faire de même.
L’afrobeat propulsé dans les années 70 par l’un des meilleurs artistes africains, Fela Kuti, impose le respect. De là se sont greffés plusieurs rythmes qui font bouger aujourd’hui notre continent.

Qu’est-ce qu’on a de plus si on fait comme les autres ? En termes de rythmes modernes, on a le Zouglou, le coupé décalé et ses dérivés qui font leur chemin à l’international. Attachons-nous à nos valeurs et montrons au monde que nous avons du talent.

Et si copier leur musique ne suffisait pas, on copie également leurs tenues vestimentaires.

Les Nigérians sont romantiques. Ils produisent de nombreuses chansons d’amour avec des clips vidéo meublés de scènes de mariages qui font rêver. Les femmes sont belles avec leurs tenues traditionnelles, les hommes sont majestueux et les fêtes grandioses. Tout pour faire rêver notre belle jeunesse ivoirienne. Maintenant quand on célèbre nos mariages traditionnels, on porte des tenues nigérianes, on mange de la nourriture nigériane. Il n’y a rien de mal à célébrer une autre culture, ce serait même signe d’ouverture d’esprit, mais pas au détriment de la nôtre.

Quand on célèbre un mariage traditionnel au-delà de l’union des époux, c’est une occasion unique de perpétuer la tradition et de passer à la nouvelle génération les us ancestraux. Chaque groupe ethnique se doit de faire cette transmission, sinon elle se meurt. En Afrique on possède la tradition orale et très peu de livres où l’on explique toutes nos pratiques traditionnelles. Il faut qu’on se sente garant de la mémoire de notre groupe ethnique, de notre culture.

Nous avons tellement de tenues traditionnelles en Côte d’Ivoire qui rivalisent de beauté d’une région à une autre. Il faudrait qu’on les arbore fièrement et les montre aux autres.

Puisqu’on a maintenant en plus une mémoire numérique je crée ce wiki Traditions Cote d’Ivoire pour que tous les Ivoiriens puissent y poster en photo la tenue de chez eux avec une description. Sur les différentes plateformes de microblogging avec l’utilisation de #CivTraditions, je me chargerais également de les répertorier.

Ci-dessous une tenue traditionnelle en pays Aboure, la nouvelle accouchée fait sa sortie officielle.

tradition-akan

 


A chaque jour suffit sa peine !

Hier matin, je me suis levée relativement tôt pour aller à mon entretien. Relativement tôt parce que mon réveil n’a pas sonné ce matin-là. Je me suis levée en sursaut pour prendre ma douche et me mettre en route.
20 minutes à attendre au bord de la route et aucune voiture ne passe.
Je commençais à m’inquiéter quand un passant me fit comprendre que la grève des taxis avait commencé ce matin. Oh mon Dieu comment peuvent-ils décider de s’arrêter de travailler sans prévenir ? Pensais-je. Me voilà en train de marcher aussi vite que je peux pour rejoindre la grande voie. Dans ma course folle, je manquai de tomber, ralenti par un caillou, quand je vis une connaissance qui me prit dans sa voiture, pour me conduire dans la zone de mon entretien. Dans la zone, enfin, à environ 1 km de ma destination. Je regardai ma montre, j’étais définitivement en retard. Je repris ma marche les larmes aux yeux pendant une quinzaine de minutes.

J’arrivai enfin sur le lieu d’entretien complètement en nage. Après avoir pris quelques renseignements à la réception, je trouvai une place pour m’assoir. Tout le monde me regardait, je continuais de transpirer à grosses gouttes. J’essayais de me concentrer sur ma présentation et les éventuelles questions de mon interlocuteur.
Malgré la climatisation de la salle, je sentais toujours une chaleur dans mon corps. Je pensais au stress.
Mon estomac me faisait quelques signes, mais je ne prêtais pas attention. Je cherchais un mouchoir en vain dans mon sac pour m’éponger, quand ma voisine m’en proposa. Je sentis ensuite une violente douleur dans mon estomac. Ça ne pouvait pas être ce que je pensais. Pas aujourd’hui.
Je palpais doucement mon ventre pour essayer de comprendre ce qui se passait. Apparemment, ce n’était pas les papillons du stress mais plutôt le ragoût de la veille qui cherchait sa sortie vers le sud.

A ce moment je me mis à prier. Je demandai à Dieu de me conférer tous les pouvoirs qu’il m’avait promis à mon baptême pour exorciser mon ventre. C’était une réelle force du mal qui tourmentait mon pauvre ventre. J’apposai ma main sur la partie douloureuse. 2 minutes après, pas de miracle. Je dus me lever pour aller demander les toilettes.
J’avançais d’un pas hésitant et les fesses serrer vers le comptoir. La réceptionniste me fit signe de la main pour m’indiquer les toilettes. C’est quand on est proche de la délivrance que les muscles veulent se relâcher. La salle d’attente était pleine et je me dirigeais doucement vers la porte à côté. Mes fesses se relâchaient et je laissai échapper un petit pet fluet. Je priai qu’il soit assez discret, quand le rire d’une personne me fit comprendre que tout le monde avait entendu.
Je rejoignis la salle d’eau pour évacuer le mal en regardant droit devant moi. Dans la précipitation la fermeture éclair de mon pantalon craqua. Mon chemisier trop court pourrait cacher à peine l’ouverture. Des bruits tantôt sourds tantôt puissants en sortaient, mais à ce stade que pouvais-je faire ? Je regardai ce qui sortait de moi. Je n’étais plus une lady juste un estomac malade. Je tirai trois fois la chasse d’eau, rien ne sortait, pas d’eau. Je dus laisser les toilettes dans cet état. Je retournai malgré tout dans la salle pour attendre mon tour.
J’étais maintenant face à mon interlocuteur et je tentais de m’assoir délicatement dans le fauteuil qu’il me désignait. Je crus mourir quand son regard tomba sur mon pantalon ouvert.

 

PS : Ceci est une fiction je suis une lady :3


Tout augmente, sauf le fruit de notre labeur

Tout début a une fin.
Tout commencement peut se prolonger en éternité.

Je me suis adossée au baobab croyant trouver la solution.
Malgré tout le soleil continuait de brûler mon crâne nu.
Mes mains continuaient de creuser à la recherche de bénédictions.
Mes poches ne se remplissaient pas non plus.

Elles travaillent les mains les plus glorieuses,
Et elles reçoivent une récolte fructueuse.
Quel est donc le secret ?
On évoquait son nom quand on parlait de solution.
Il paraît que le chef du village en face est venu à bout de la région.
Les guerriers ont combattu et n’ont rien obtenu.
La tête baissée nous allions,
Seulement, la taxe sur nos récoltes a encore augmenté.

L’eau de la rivière n’arrive toujours pas à l’autre bout de la contrée.
Les femmes portent toujours leurs enfants sur le dos.
Ils sont encore présents nos maux,
Quand on prend le pont pour aller de l’autre côté remplir nos seaux.
Quelle est la solution pour mes enfants que je nourris ?
Je leur dis de venir s’adosser contre le baobab pour trouver de l’ombre.
On se couchera là jusqu’à ce que la pluie nous apporte ses fruits.


Fête des générations chez les Abourés

Les Abourés sont un peuple lagunaire du sud-est de la Côte d’Ivoire faisant partie du grand groupe ethnique Akan. Une fois par an, les membres de cette communauté célèbrent la fête des générations qui rassemble tous les natifs du village vivant sur place ou ailleurs. Elle est le signe de la maturité d’une nouvelle génération. C’est aussi l’occasion unique de retrouver la grande famille et de renouer avec les traditions.

Cette fête se déroule sur deux jours. La veille au soir, tous les garçons des différentes générations se rassemblent pour allumer de longs flambeaux qu’ils transportent à bouts de bras dans tout le village reprenant en cœur le chant des guerriers.
Les femmes ne sont pas autorisées à participer à cette procession qui se termine au cimetière du village. Les hommes se gardent bien de dévoiler ce qui se passe une fois là-bas. Après, c’est le retour à la cour familiale, celle des grands-parents, en attendant avec impatience le lendemain matin.

Les générations se divisent en trois catégories : les aînés, les cadets et les benjamins. Dans chaque famille les enfants se répartissent selon leur ordre d’arrivée.

Quelques semaines avant la fête, un pagne est attribué à chaque génération. Les membres préparent leur tenue en fonction de leur catégorie et il est interdit de la porter avant le jour-J
Le matin de la célébration arrive donc. A l’aube chaque génération se retrouve dans une cour pour danser. Quelques heures plus tard, chacun revêt son uniforme, se recouvre le corps de kaolin et rejoint le point de rassemblement.

La cérémonie démarre en bord de lagune avec la présentation du chef guerrier de chaque génération et de ses protecteurs sur une grande pirogue. Chaque pirogue passe devant l’assemblée qui encourage avec des applaudissements les membres de la pirogue. Les tambours retentissent. Le chef guerrier esquisse quelques pas de danse.
Après avoir été choisi, il doit accomplir son devoir de chef jusqu’à ce qu’il n’ait plus les capacités physiques de le faire. On le prépare physiquement et mystiquement avant le jour de la célébration dans le plus grand secret.

Après la parade lagunaire, les groupes selon les générations se forment. A la tête, celui que j’appellerai l’éclaireur. Il ouvre la marche après avoir vérifié qu’il n’y a pas de pièges invisibles aux yeux du commun des mortels. Les hommes de la génération avec les tambours et leur hochet en main pour la rythmique leur emboîtent le pas. Ils sont suivis par celui que j’appellerai le protecteur. Cette personne peut être une femme. Elle tient en main des liqueurs pour des libations, des oeufs et une poudre blanche. Juste derrière elle se trouve le chef guerrier qui veut avoir une allure effrayante. Il est paré d’une tenue en peau d’animaux, un couvre-chef orné de miroirs, un tissu rouge autour de la taille et son corps est entièrement recouvert de poudre blanche.

Une personne reste près de lui en tenant le tissu rouge relié à sa taille. Les femmes encouragent le chef guerrier de leurs chants et lancent quelques piques en chansons aux autres groupes rivaux. Cette rivalité entraîne une démonstration de puissance mystique que l’on pourrait assimiler à de la magie noire.
La procession est stoppée à  des moments par des attaques que les éclaireurs et ceux qui ont le don de voir l’invisible tentent de déjouer. On pourra voir subitement une personne de la foule tomber en transe, une autre casser des œufs frais sur sa tête ou verser de l’eau.
Un protecteur du chef fait le tour du groupe en soufflant une poudre blanche. Le guerrier peut à présent danser vers les femmes qui continuent de chanter et de l’encourager. Il fait un petit saut les deux bras en l’air indiquant la direction à prendre, la marche continue donc dans le village.

Toutes les générations se retrouvent enfin sur la grande place du village où tout le monde danse et se sépare sur une note de gaité. De grandes tables sont dressées dans chaque cour familiale pour recevoir la grande famille et les étrangers venus pour l’occasion. C’est un moment de partage convivial.


La Côte d’Ivoire en action avec le bénévolat

Quand je regarde autour de moi je me dis qu’il y a de l’espoir pour la jeunesse africaine. Cette jeunesse consciente qui sait se détacher de la politique et des politiciens pour tendre la main à son prochain.
Quand je regarde autour de moi je me dis aussi que le web peut aider à redorer le blason de la jeunesse africaine. Celle qui ne trouve pas d’excuse bidon comme le remboursement de la dette coloniale pour escroquer les occidentaux.

Sauvons-nous nous-même.

Le samedi 14 mars j’ai chaussé tennis et t-shirt à l’effigie de l’évènement pour donner un peu de mon temps et de mon énergie aux filles de l’orphelinat de grand Bassam.
Cet orphelinat qui existe depuis 1971 dans la vielle capitale ivoirienne, abrite 130 filles du primaire et du collège qui y suivent leur éducation.

Sous l’initiative de Ray le bénévole, qui a principalement utilisé les réseaux sociaux pour relayer ses informations, les internautes ivoiriens ont pu se fédérer autour d’un thème: Le repas du cœur.
Le repas du cœur se veut être un repas fait du fond cœur avec les apports de donateurs en faveur de ceux qui en ont le plus besoin.

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Après plus d’un mois de campagne intensive de nombreux dons en nature ont pu être réunis pour la réussite de ce jour. Le repas du cœur pour cette première édition a rassemblé 110 bénévoles, des étudiants et de jeunes travailleurs en majorité.

C’est dans une très bonne ambiance que nous nous sommes rendu le matin à l’orphelinat pour mettre en place la décoration et les jeux qui ont servi à animer cette journée.

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Pendant qu’une séance de maquillage artistique sur les jeunes pensionnaires avait lieu, des bénévoles en plus de cuisinières locales s’activaient en cuisine. Certains prêtaient main forte dans le réfectoire et d’autres sur l’aire de jeux.

La séance de jeux a ensuite pu commencer avec le château gonflable, le trampoline, la chasse aux trésors etc.

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Par petit groupe les bénévoles ont fait de leur mieux pour égayer les enfants qui n’ont pas hésité à se mettre dans le bain.
En fin d’après-midi six fillettes ont pu célébrer conjointement leur anniversaire qui s’est clôturé avec la coupure du gâteau.

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C’est le cœur heureux que nous avons quitté l’orphelinat en nous promettant de revenir et de pousser nos actions plus loin.

Plus d’info sur l’orphelinat des filles de Bassam : https://orphelinatbassam.com/


Monologue d’un malade

Je suis malade et ils rient.
Les gens de l’autre côté de la porte,
Ils rient, ils prennent du bon temps.
Je suis là dans mon lit et je souffre.
Ils savent pourtant que je vais mal.
Pourquoi ne viennent-ils pas à mon chevet,
Prier, me mettre un gant froid sur le front,
Me passer du baume sur la poitrine,
Me masser les pieds?
J’arrive à peine à tenir sur mes pieds.
Ces pieds que je prenais pour aller gagner le pain qu’ils mangent aujourd’hui.

Trois jours que j’ai de la fièvre et personne ne panique.
Ma gorge est sèche.
Ils devraient venir me porter l’eau à la bouche.
Où pourrais-je trouver la force?
Ce matin Marie est passée furtivement me toucher le front.
Je ne lui ai rien dit pensant qu’elle s’attarderait un peu plus.
Elle est reparti aussi vite qu’elle est entrée me laissant seul avec mon mal.
Je senti à l’odeur de ses mains qu’elle a cuisiné un poulet.
Cela m’a un peu ouvert l’appétit.
J’aime beaucoup le poulet sauté aux petits légumes qu’elle me propose de temps à autre.
Elle le sait!
Veut-elle m’obliger à me traîner pour aller lui demander de me nourrir ?
Les malades ont aussi besoin de manger.
Enfin quand ils peuvent.
M’en veut-elle encore pour sa soupe que j’ai repoussé hier soir?
J’avais l’estomac noué, elle devrait le comprendre.
On ne force pas un estomac qui ne peut rien recevoir.

Derrière la porte Jaques et Julien rient avec Marie.
Sont-ils venus me narguer avec leur joie de vivre?
Moi leur ami de si longue date.
Mon mal mérite pourtant soins et silence.

 


Décembre: le cœur des hommes est en solde et le corps des femmes aussi

C’est le jeu du chat et de la souris, du poseur de lapins et de la doublée*.

A Abidjan, décembre est le mois où le cœur des hommes est en solde et le corps des femmes aussi.

Plus intense que février la saison officielle des amours, décembre reste le mois des bilans. Plus le temps de prendre son temps ou d’attendre le train de l’attachement qui se fait trop lent.

Les hommes clament partout qu’ils ne se laisseront plus avoir par ces femmes qui ne deviennent belles qu’en cette période et réclament une contrepartie pour entretenir cette beauté qu’elle braderait tout de même au plus offrant.

Les femmes jurent qu’elles ne se laisseront plus avoir par ces hommes qui ont passé l’année à profiter de leurs largesses et qui à l’approche des fêtes de fin d’années établiront un climat tendu rien que pour pouvoir s’échapper, le 24 ou le 31 décembre, avec la nouvelle beauté rencontrée au coin de rue.
Celle même qu’ils se défendaient d’avoir avec eux parce qu’ils ne sont pas pour l’attrait de ces moments d’échanges éphémères de fin d’année.

Poulets sans propriétaires*

Ecoutez-les parler, regardez-les agir. Ce que la bouche dit le corps ne suit pas. Sacrées pulsions ! Elles sont trop belles les filles en décembre. Il paraît même que celles qui ne le sont pas feraient exprès.

Ces cœurs d’artichaut attendent ce mois pour laisser éclater plus que jamais leur frivolité.

Alouette, gentille alouette je te plumerais. 

Ecoutez-les parler, regardez-les agir.

Certaines affirment que puisqu’ils se méfient tous en décembre des agissements de leurs dulcinées c’est en novembre que tous les pièges sont posés.
Qu’il soit particulièrement amoureux, que celui qui a les poches vides s’abstienne!
Personne ne veut terminer l’année mal accompagnée.

Avoir une partenaire toute l’année et passer les fêtes seul, ce serait comme économiser pour acheter un cadeau et se faire voler le jour même de l’achat.
Et puis vers qui se tourner pour une étreinte sulfureuse au passage à la nouvelle année?

 

 

Lexique ivoirien

Doublé : personne à qui on a posé un lapin

Poulet sans propriétaire : personne sans attache


Pourquoi sommes-nous sur cette terre ?

J’attends beaucoup de la vie et je pense que j’en ai le droit malgré le chaos actuel dans lequel nous vivons.

Pourquoi sommes-nous sur cette terre ?
On se pose la question à un moment ou un autre de notre vie. Alicia Keys a répondu à sa manière en disant :  » Nous sommes là pour chacun d’entre nous ». La puissance de cette question l’a poussée à créer un mouvement (We Are Here) et faire de ses fans des soldats de la paix. Quel bel objectif de vie!

Je continue d’attendre beaucoup de la vie même si ces attentes me laissent souvent dans un état de manque. J’aime à dire, on n’en a pas assez d’une vie pour faire tout ce qu’on veut de sa vie. Être là où on est supposé être et se sentir bien, en phase avec ses convictions, c’est peut-être le début.

Trouve dans ton cœur une place pour aimer simplement sans attente, sans intérêt : c’est peut-être même la définition de l’amour, du don de soi.
C’est quoi aimer son prochain ?
J’ai passé la soirée du 11 octobre 2014 au dîner de bienfaisance de la Fondation Mireille Hanty. ONG pour laquelle je me suis engagée à faire la campagne JeDisNonCiv sur le net. Cette campagne avait pour objectif de sensibiliser sur le fait que des enfants naissent, grandissent en prison au-delà de la limite d’âge autorisée par la loi. Ces enfants-là évoluent dans ce milieu inapproprié, sans suivi médical, sans aller à l’école, sans avoir un espace à eux.
La fondation a donc pris le pari de scolariser ceux qui étaient en âge d’aller à l’école, emmener des pédiatres, des pédopsychologues, des médicaments en prison, ce qu’elle a réussi. Jamais auparavant des enfants n’avaient été sortis de la prison le temps d’une journée scolaire et ramenés auprès de leurs mères puisqu’ils sont obligés d’y rester.

Cette campagne m’a tenue en éveil intellectuellement, émotionnellement, et grâce à elle j’ai pu satisfaire mon envie d’aider les autres.
J’ai vu à cette soirée beaucoup d’amour. J’ai vu beaucoup de partage. J’ai vu la présidente de la fondation déborder d’amour, donner ce qu’elle avait au fond d’elle-même. A ces instants, je débordais moi aussi d’amour, ce que je ressentais depuis le début de la soirée avait fini par embuer mes yeux.
J’ai vu l’assemblée suspendue à ses mots. J’ai compris dans son regard ce qu’était la profondeur du combat. J’ai vu des gens réaliser pourquoi ils étaient là ce soir et pas ailleurs.

Pourquoi sommes-nous ici? Que l’on croie à la destinée ou pas, au fond, nous sommes là pour chacun d’entre nous.


La crise du quart de siècle

Les études faites par les spécialistes de la santé mentale sur la crise du quart de siècle sont moins nombreuses que celles sur la crise de la quarantaine. La première étant pourtant toute aussi réelle et ressentie par beaucoup de jeunes adultes passé les 25 ans.

21 ans: l’âge officiel du passage au monde adulte, de la maturité, de la majorité civile et pénale.
La vérité c’est qu’à 21 ans on est pour la majorité, étudiant vivant chez ses parents ou sur un campus sans revenu régulier. On est donc encore sous la protection morale et financière de ses tuteurs.

Sorti à peine de l’adolescence on peut s’intoxiquer à l’alcool en toute légalité. C’est la fête avec les amis tous les weekends ou presque. On profite des beaux jours de l’insouciance.

Quelques années plus tard il y a ce passage brutal auquel personne ne t’a préparé. Tu te cognes la tête contre ces règles non dites de ce monde.

Ils l’appellent le monde réel.

Tu le voyais mais tu n’étais pas obligé de t’impliquer, d’assumer plus de responsabilités.
Tu arrives à un stade où tu n’es plus vraiment tout jeune. Il y a des activités que tu ne peux plus assumer.
Tu aimes les jeux-vidéos mais aussi les dîners chics entre amis.
Tu aimes aller en club mais un bon brunch ou un barbecue le dimanche ferait aussi l’affaire pour se détendre.
Tu regardes toujours tes Mangas mais aussi le journal télévisé pour t’informer sur ce monde réel ou avoir de la conversation le lendemain au bureau.
Tu es engagé dans une relation ou pas mais la majorité de tes amis le sont.
Des bébés commencent à apparaître dans le groupe alors que tu es encore à boire de la bière, manger des frites et du Nutella au dîner parce que tu avais la flemme de faire à manger.
Tu es suffisamment adulte pour avoir un compte en banque mais quelques fois pas assez pour prendre un appartement.
Tu entres dans le moule du formatage sans trop savoir comment tu es arrivé là et comment t’y prendre.

C’est le schéma classique du costume le matin.  L’air grave tu laisses prétendre que tu assures mais au fond tout ce dont tu as envie c’est d’une glace pour te réconforter face à tous ces changement.


Après le CDD et le CDI, le CFF.

On a tous déjà entendu parler des CDD (Contrat à Durée Déterminée) et CDI (Contrat à Durée Indéterminée) mais saviez-vous qu’en Côte d’Ivoire il existe un autre type de contrat pour le travailleur?
Le CFF : le contrat façon façon.

Façon ici dans le langage ivoirien signifie bizarre, la répétition du mot accentue l’ambiguïté de la chose.

L’Afrique me direz-vous. L’Afrique où la tradition de l’oralité se perpétue, où la poignée de main fait office de signature. On se fait confiance nous.

Une situation que beaucoup de jeunes travailleurs connaissent ici

Après un entretien avec le directeur général/des ressources humaines/comptable/chef de projet/etc, le patron en somme, tu es engagé pour une période d’essai.
C’est tout heureux que tu te dis enfin tes qualités sont reconnues. Tu ne signes rien, n’exiges pas que les détails sur ton salaire te soient expliqués. Il serait trop tôt pour parler d’argent.

Une tape sur l’épaule, on t’encourage, tu souris et avances

Tu es arrivé donc au terme de tes deux mois d’essai, tu n’es pas relancé par ton patron mais tu viens tôt chaque matin et repart le soir comme un employé modèle.
A la fin du mois tu reçois ta prime moins les imprévus. Ce qui veut dire que si on t’avait proposé 50.000 fcfa et que les choses ne vont pas très bien, tu recevras 40.000 fcfa ou 30.000 fcfa ou rien du tout.

De temps en temps  si tu es en baisse de régime, on te rappelle que même cette position indéfinie que tu occupes est recherchée par des centaines de jeunes aux mêmes aptitudes que les tiennes.
Après avoir été avili par le système et avoir entendu plusieurs portes claquer, les miettes deviennent du pain acceptable.

Tu surfes sur les vagues de l’incertitude

Il y a 6 mois que tu es là, tu as appris par toi-même parce que ton boulot c’était de faire les courses de ton supérieur ou parce que personne n’a eu le temps pour toi. Tu n’as hérité que du travail « ingrat » mais c’est normal.

Tu aurais dû évoluer un peu quand même après avoir passé trois fois ta période d’essai. Si depuis on ne t’a rien dit au sujet de ton embauche, qu’on ne t’a pas renvoyé et que tu es là malgré tout… Bien, tu peux te considérer en CDI. Enfin, un CDI moral que l’une des deux parties peut rompre à tout moment.

Si tu as la chance de tomber dans une compagnie ou tu apprends le métier avec des seniors, tant mieux! Tu considères cela comme tes années sacrifices.  Tu persévères en espérant que les choses évoluent. On ne sait jamais. Après tout, on a tous commencé sous payé avec la motivation et l’énergie de notre jeunesse comme soutient.
Se battre dans la vie c’est peut être ça.

Mais je pense qu’on ne construit pas sa carrière sur des espoirs.


Chéri n’oublie pas que le Mondial ne dure qu’un mois

Les péchés que vous commettez aujourd’hui seront retenus contre vous et ressortis des tiroirs le moment voulu, méfiez-vous très chers !
C’est connu, une femme ce n’est pas rancunier, mais ça aime bien garder les dossiers.
Quand je te disais, oui c’est bon on est passé à autre chose, en fait j’avais croisé les doigts.
Aussi cliché et sexiste que cela puisse être, c’est toi en caleçon et moi ramassant les bouteilles de
bière vides qui fait mon quotidien de ce Mondial.

Te voir assis ainsi la télécommande à la main, les yeux rivés sur le plasma, me désole.
Oui je suis une fille, j’ai besoin d’attention et de complicité même pendant la Coupe du monde. Je ne te savais pas aussi engagé, ardent. J’aurais aimé que tu transposes cette fougue ailleurs… suis mon regard.

Toutes ces soirées karaoké où tu ne faisais pas l’effort de te mettre dans l’ambiance et maintenant je te vois mimer l’hymne national d’équipes étrangères. Tu ne les connais même pas ces hymnes.
Main sur la poitrine : aller allleeeeeer tu te vois sur le terrain.
Je te regarde de loin après avoir  tenté  de suivre quelques matchs avec toi.

Ils sont nombreux à ne pas vouloir regarder la compétition avec leur moitié. Elles poseraient trop de questions. Comme si les règles du football étaient si compliquées à comprendre.
En voyant Balotelli lutter avec une chasuble ou Ribéry essayant de faire deux phrases correctes, je ne crois pas. Je reconnais que ce tacle est facile, mais bon sang accordez-nous un peu de crédit.

Tu sais que le foot je le tolère et j’arrive même à vivre avec passion 1 h 30 quand c’est notre équipe nationale qui joue. Mais si toutes les minutes tu dois me lancer un appel parce que ta fébrilité te pousse à dévorer tous ces paquets de chips de pomme de terre et que pour ne pas manquer une action tu ne peux te lever…
Même à la mi-temps on ne peut pas avoir de conversation avec toi.
Mais oui c’est le temps des débriefs. Tu refais toute l’organisation de l’entraîneur.
Si tes potes sont là alors je n’espère même plus. J’attends sagement que l’euphorie passe.
Je fais bon usage de ma connexion Internet et de mes séries télévisées. Et après je peux bosser un peu ou lire ou dormir.
Mais chéri n’oublie pas que la Coupe du monde ne dure qu’un mois.


Parlons Hindi: 10 mots courants

En plus du décor surréaliste et du rythme trépidant de l’Inde, ce qui interpelle les étrangers ce sont les interjections et la gestuelle qui accompagne la parole.

Voici, selon moi, le top 10 des mots et interjections Hindi que vous entendrez certainement au cours d’une conversation en hindi ou en anglais.

1- Acha

Acha (prononcez a-tcha) est une façon d’acquiescer équivalente du OK – ou je suis d’accord – qui s’accompagne souvent d’un balancement de la tête de gauche à droite qui peut être déroutant la première fois, ne sachant pas si la personne dis oui de la bouche et non de la tête.

2- Pakka

Pakka ou exactement en français, ponctue les phrases pour assurer l’authenticité de la chose.
This is 100% pakka :  ceci est sure à 100 %.

3- Yaar

Yaar qui signifie mon ami, mon pote est souvent ajouté à la fin d’une phrase pour impliquer la personne avec qui on parle.
Yaar est utilisé seulement pour le genre masculin.

4- Arey

Equivalent de Eh en français est une interjection pour interpeller une personne.
Arey! don’t move yaar! :  Eh! Ne bouge pas mon pote!

5- Ek minute

Ek minute qui signifie littéralement une minute est le symbole de la minute indienne qui équivaut bien souvent à une bonne demi heure.  Surtout dans les restaurants.
It will take ek minute only : ça ne prendra qu’une minute. Si vous entendez cette phrase apprêtez vous à patienter.

6- Namaskara ou Namaste

Namaskara en kannada langue majoritairement parlé dans le sud de l’Inde ou Namaste pour vous dire bonjour en Hindi.
On vous saluera régulièrement dans la rue, que ce soit des inconnus ou vos voisins.

7- Chalo chalo

Chalo signifie allons. La répétition du mot montre l’empressement. Dans le langage courant, les mots sont doublés pour accentuer l’action.
Habituez vous au rythme indien. Chalo chalo, allons vite.

8- Ila

Je n’ai pas ou c’est fini. Combiné avec paisa (l’argent) est peut être la première phrase qu’un touriste devra apprendre. Avec le nombre de personnes en détresse qu’on rencontre dans la rue et qui à la vue des étrangers se précipitent pour mendier.
Paisa ila : je n’ai pas d’argent.

9- Chal

Ok ou bon/bref qui met fin à une conversation.
Chal, I got to go now : Bon, je te laisse maintenant (à la fin d’un appel téléphonique).

10- Aiyo

Aiyo d’un ton grave et désespéré exprime ici la déception. Similaire au Oh non, aiyo est souvent accompagné de la paume ouverte pointant vers l’interlocuteur.
Aiyo you broke my mug again: Oh non tu as encore brisé ma tasse.

 

Pour apprendre l’hindi: https://www.ilanguages.org/fr/hindi.php