Aly Badra Coulibaly

Au pays de l’émergence 2020, «Le gombo» se cultive en toute terre et en toute saison

Une classe ( photo google)
Une classe ( photo google)

Le « Gombo », dans l’argot ivoirien est synonyme « d’affaire, de business, de recherche d’argent ». Un gomboiste est donc un affairiste, un homme d’affaire, un businessman…Cette histoire d’examens blancs dans la circonscription dirigée par la DREN-ET Abidjan 3, montre combien les esprits sont fertiles quand il s’agit de culture de ce légume dans l’éducation. Le Ministère de tutelle s’est chargé d’organiser le tirage et l’impression des cartes scolaires (oui c’est pour harmoniser bien sur et mieux contrôler, ce qui est normal). En le faisant, un des «gombos» des DREN-ET est ainsi «arraché» dit-on. La nature ayant horreur d’un vide, il faut vite combler la brèche. En la matière et quand en dessous il y a l’odeur du « blé », certains esprits trouvent vite.

Bref, « Si tu vois la grenouille courir en saison sèche, pose toi beaucoup de questions. » Ces paroles ne sont ni du tonitruant artiste très « exilé » Serges Kassy, ni du sentimental Daouda. Mais du peuple ibo selon l’excellent C. Achébé. Allons donc droit au but…heu aux faits…

La Direction Régionale de l’Education National et de l’Enseignement Technique Abidjan 3a mobilisé trois semaines de l’année scolaire 2013-2014 pour organiser les examens blancs à l’endroit des élèves de 3e et de terminales de sa circonscription couvrant, en grande partie les communes de Yopougon, Attécoubé et Songon.

Calendrier des Examens
Calendrier des Examens Blancs

La décision de cette évaluation partielle régionale, selon certains directeurs des études et chefs d’établissements n’a fait l’objet d’aucune programmation initiale. Elle est tombée d’un coup, au moment où chaque établissement, comme à leur habitude se mobilisait pour organiser ses propres examens blancs. Selon des langues indiscrètes, la motivation de la prise en main de l’organisation de ces examens blancs est purement financière.

Bon gré mal gré, les Ecoles se sont pliées à la décision, demandant aux enseignants de transmettre des propositions d’épreuves accompagnées de corrigés et barèmes. Selon le calendrier initial,

Si les activités de la première période se sont déroulées telles que prévues, celles de la seconde ont dépité candidats, enseignants, chefs d’établissements par le cafouillage organisationnel des choses, si on peut dire en usant de cet euphémisme qualifiant. Sinon, tout fut piètrement orchestré. Et comment? Récit des événements dignes d’un film de Bauer…

La deuxième journée des épreuves fut le réel début du chemin de croix des candidats. Route du calvaire dont l’emprunt n’épargne point à celui qui s’y engage, des risques d’ulcère de colère. Après la tranquille première journée du mardi 25, élèves comme enseignants furent accueillis par la nouvelle, le lendemain, d’un changement – inadmissible et révoltant – de programme. Pour les séries techniques G1 et G2 (Comptabilité) , en lieu et place des épreuves de Français et de CMC, il leur a été demandé d’affronter les épreuves de Mathématiques prévues pour le lendemain. Impossible. Il aurait fallut avertir la veille du changement, afin que les candidats puissent s’outiller. Monsieur B., Directeur des études d’un établissement de la place révèle : « ce n’est que la face caché de l’iceberg. En ce moment même, nous avons aussi des problèmes avec les épreuves des mathématiques des élèves de 3e. Les épreuves qui nous sont parvenus sont truffées d’erreurs. On attend donc qu’on nous apporte de nouvelles épreuves. Au niveau des épreuves des de langues des Série B (Economie sociale), il y a une inversion. Nous avons reçu des épreuves de Série A (littérature). Pourtant les programmes sont palpablement différents. Nous allons demander aux élèves qui sont déjà énervés d’attendre avant de prendre nos responsabilités. » Tout au long de la journée, des erreurs de débutant souvent irritantes se sont multipliées, paralysant des centres de composition. Traore Koller, élève en classe de Tle A au Groupe St. Cityl, explose en nous confiant : « Les enfants de 3e ont attendu jusqu’à 11h pour débuter ce jour leur première épreuve de la journée et ceux devant composer l’épreuve d’Espagnol, n’ont pas reçu d’épreuves. Vraiment cet examen est un échec, car le rythme entache notre motivation. » Au final, il a été demandé aux élèves dans certains centres de s’appéter à composer dans l’après midi conformément au programme initial. Un rattrapage du calendrier sera fait l’après midi du lendemain jeudi 27, normalement prévu, comme jour de repos.

 Jeudi fut presque tranquille. Presque parce qu’encore les épreuves de Droit ne correspondaient à aucun élément du programme officiel des classes d’économie. « Le sujet donné, nous confie un enseignant de la matière, est du programme des étudiants des BTS 2 en Transport Logistique et non du niveau terminal ». On aurait pu dire « C’est grave ». Mais fallait-il attendre vendredi, normalement dernier jour de composition, pour constater combien la bêtise organisationnelle s’est amplifiée, s’est embellie, comme pour couronner le tout de la palme d’honneur de l’échec planifier. L’épreuve d’Etudes de cas dure 5h. Ce vendredi, les candidats devaient la débuter à 8h. Mais les sujets n’étaient pas disponibles jusqu’à 13h. Et quand les organisateurs ont eu l’amabilité de les acheminer, elles étaient encore bourrées de fautes graves et en nombre insuffisant. Couac de couac. La malédiction poursuivrait-elle donc cette évaluation régionale ?

Par ci par la colère et grogne constaté. Les élèves ont voulu forcer, comme à la bonne époque, par cafouillage, l’arrêt du cours des choses ; les responsables du centres, quant à eux, optimistes, ont passé toute la matinée à rassurer, calmer les ardeurs et téléphoner. Mais en vain. Le président du Centre GSOY de Yopougon, Monsieur Diarrassouba, a ramené à 14h, les candidats chez eux. Les dernières épreuves se dérouleront sous forme de devoir dans chaque établissement et les copies seront acheminer pour que les Secrétariats puissent achever le processus.

De part en part, du début à la fin, et comme si une malédiction planait, les examens blancs, organisés par la DREN-ET Abidjan 3 cette année ont laissé observé le manque de sérieux accordé à la chose. La prestation de cette institution est indigne. Comme s’il fallait faire les choses pour les faire. « L’organisation a totalement foiré » pour reprendre un propos entendu. La DREN-ET devra trouver des motifs en béton armé pour expliquer la qualité très médiocre de sa prestation. La question du temps ne devrait point être ni invoquée ni évoqué car les enseignants, sont unanimes : « Les sujets ont été transmis dans les délais impartis et conformément aux exigences ».

Les fonctionnaires de la DREN-ET, pour rappel, sont en majorité des anciens enseignants devenu soit conseillers, soit inspecteurs pédagogiques. Ils coordonnent pour la plus part et selon leur spécialité, les unités pédagogiques (UP= ensemble des enseignants d’une même discipline et présents dans les établissements sous l’administration d’une DREN-ET). Alors comment en est –ton arrivé à ces nombreuses bévues et erreurs ? La commission de sélection des épreuves, n’a-t-elle pas pris la peine ou le soin de vérifier les sujets avant de les transmettre à l’impression? Le nombre de candidats serait-il à cette période de l’année méconnu des services en charges des effectifs? D’après un enseignant « l’argent est déjà partagé. Le DREN-ET n’en a que faire des épreuves, ni du bon déroulement d’un examen. Ce qui l’interesse, c’est combien eux ils gagnent. Les autres DREN-ET on réussi leur examen avec brio, la notre ici, n’est composée que de gomboїstes au sens littéral et profond.»

Vive les comportements de l’émergence on sera tous riche hein…

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Dans mon quartier le pain est fabriqué par des «grouilleurs»…

Image google.
Image google.

Les ivoiriens peuvent s’accorder. Très peu de boulangeries dans la capitale, tout comme celles à l’intérieur du pays ont recours à des professionnels, issus des rares écoles de boulangers, pour la fabrication du pain. Une façon peut-être pour les propriétaires de fuir les salaries dignes et leurs cortèges de revendications.

Comment le constater, le penser et ne pas le dire ? Les ivoiriens aiment le pain comme leur garba national. Ils le consomment comme toute nourriture sans toutes fois penser aux conditions de production ainsi qu’à la qualification de ceux qui le fabrique. A force de vouloir même savoir ce qui motive cette consommation à l’aveuglette, vous pourrez entendre dire « ce qui est dans ton ventre là, c’est ce qui est pour toi » ou encore « c’est quand c’est salle que c’est doux même » (cette phrase concerne le garba). Parole d’affamés, de fous et de lucides. Ne vous étonnez pas. Le constat est amer et justifié. En même temps captivant.

Des débrouillards habiles mal payés…

Au delà des guichets où se glissent les petites monnaies en échange de baguettes chaudes ou froides, pains dit de campagne ou boulette…selon le moment de l’opération, se cachent de véritables chaines de travail organisée à la libanaise. Comme dans les zones industrielles du pays, les travailleurs des boulangeries œuvrent laborieusement pour produire le pain. Labeur qui n’est point payé à sa juste valeur. Normal. Si on peu le dire car, rare sont les travailleurs des boulangeries qui sont qualifiés. Ce sont de débrouillards qui à force de pratiquer, sont devenus experts. Ils ne cherchent que du travail. Rien de plus. Avec le temps, les bonnes habitudes et les bons reflexes viendront.

Moussa est commis de boulangerie. Un veritable bourlingueur. Bien avant il a passé 15  ans à gérer une photocopieuse. Puis s’est converti en aide électricien avant de commencer à travailler comme caissier de boulangerie puis promu commis. A cette position, il est chef d’équipe. Et chaque membre de son équipe a une histoire aussi longue que la tienne. Richard l’incontournable pétrisseur n’a que 18 ans, mais a le métier déjà dans l’âme. Culotte aux fesses, comme c’est la mode, laissant apparaître un caleçon aux couleurs non encore trouvés dans aucun cercle chromatique, sans chaussure, il est devenu musclé à force de soulever des dizaines de sacs de 50 kg de farine chaque jour; de casser des blocs de glace. Les jours où il ne travaille pas, il gère un jeu vidéo sous un préau dans son quartier. Richard sait donner de la couleur au pain. Sa recette secrète, pour faire briller le pain, quelques carreaux de sucre au mélange et le pain devient doré comme l’or akan au sous un soleil senoufo, nous confie le commis.

Le mortier de pétrissage dépassé,  entre en scène Habib et Joseph, pour la pesée, le découpage et le façonnage. Façonneurs, ils le sont depuis trois ans. A l’origine, le premier est briquetier et le second chargeur. Ici, la vie est tranquille. Même si le salaire ne vient pas, chaque jour, il y a au moins deux pains garantis. Cela suffit et rassure la panse.

Entre planches, tapis sales et four chaud se trouvent le doyen Mathieu et Théo. Les enfourneurs, comme on les appelle ici, s’occupent de la cuisson du pain et du rangement dans les casiers. Le doyen a fait le tour de tous les petits métiers. Ses rides en disent long sur sa vie.  Théo, lui est un déscolarisé qui se « cherche ». Pour être  enfourneur, il faut avoir des muscles, de la souplesse, de l’endurance et un métabolisme de batraciens. Ces deux personnes ont tous leurs sens aiguisés. Dans la chaleur ambiante de l’usine, Théo a la recette pour refroidir le four. L’air circulant à peine, de temps en temps il jette un gobelet d’eau dans les fours et voila que tout est rafraichi. Cette trouvaille non conventionnelle, pour abaisser la chaleur, ne présente pas moins de danger, qu’on le penserait. En attendant que le pain, ne cuisse, il se permet d’écraser un bout de cigarette. « C’est interdit, selon le commis, mais chacun fait ce qu’il veut ici ». Ou chacun est sa propre mesure de toute chose, disons. Enfin, quand tout sort des mains habiles, il faut vendre.

Moumouni, est au guichet depuis longtemps. Il ne sait rien faire d’autre dans sa vie que vendre du pain. Il compte, vend et fait les compte à son commis.  Pétrisseur, façonneur, enfourneurs, guichetier, commis,…c’est une belle chaine de débrouillards aux mains habiles. Le commis contrôle cette équipe souvent composée de truands qui n’hésitent pas à faire sortir le pain en cachette ou avec la complicité du guichetier. S’il manque de vigilance, il devra rembourser chaque perte.

Intérieur d'une boulangerie (Four, Tapis, Caisses)
Intérieur d’une boulangerie (Four, Tapis, Caisses)

Dans la chaleur des fours surchauffés, des mains viriles masculines de corps musclés et tout en sueurs manipulent la farine de jour comme de nuit. Sans repos. Un petit café « serré » de temps à autres ou une cigarette à la main devant un four de gaz redonne le tonus. Il faut atteindre le nombre de pétrins (environ 730 pains/pétrin équivalant d’un sac de 50kg de farines) qu’a demandé le Gérant pour mériter sa ration et sa paye.

Les travailleurs ou ouvriers dans les boulangeries du pays en effet, sont des journaliers dont le salaire est versé chaque quinzaine du mois. Ce salaire varie entre 30.000FCFA et 75.000FCFA selon la tache. Les taux journaliers se présentent ainsi : Le pétrisseur touche 4000FCFA, le façonneur et l’enfourneur 3000FCFA, le Guichetier 3500FCFA, le Commis 4500FCFA. Si tout effort mérite récompense, il faut reconnaitre que ces derniers sont sous payés.

Le salaire, tout comme l’environnement de fabrication du pain ivoirien ne sont pas reluisants. Le patron n’employant pas de professionnels, quoi d’étonnant si le pain se fabrique dans des conditions insalubres. Impossible de voir le tapis sur lequel le pain est placé pour vouloir toujours le consommer. Autant, il est horrible d’imagine la sueur dégoulinante du corps de tous ces jeunes, sans combinaisons de travail, entrant et sortant, touchant à tout. On tirera la conclusion bien à l’ivoirien « ça tue pas africain ». Pourtant, si les agents des services d’hygiène traquent les vendeurs de garba, pour leur manque de notion élémentaires d’hygiène, ils devraient songer souvent à visiter les tréfonds de nos boulangeries.

Sans assurance, sans mesure de protection, sans vêtement de travail ni promesse de contrat d’embauche, le travail dans les boulangeries reste passionnant, émouvant, gratifiant, mais aussi et surtout dangereux. Quand des amateurs manipulent la nourriture, le feu et le gaz surchauffé, il faut, un jour craindre le pire. C’est aussi une question de santé publique.

– Photo BADRA – Les noms sont d’emprunt pour garder l’anonymat des personnes.


Côte d’ivoire – EPP Djonikro, L’ECOLE QUI PLEURE

Une vue de la cours de l'ecole
 Une vue de la cours de l’école

Yopougon, Ile Boulay, Epp dudit lieu. L’endroit – comme ses plages privées, son air pur, sa végétation de cocotiers, sa fameuse baie dite des milliardaires, dont les immenses maisons cossues observables d’un bord des rives de la lagune Ebrié à un autre – donne une idée du statut de ceux qui y vivent tout en faisant rêver. Pourtant, dans une broussaille de cocotiers abandonnés, une clairière. On se croirait dans une aventure de Mister No, super héros de BD. Quatre bâtiments biens construits, à l’apparence, trahissent le décor de la plantation industrielle. Les deux premiers sont des salles de classes de l’insolite école insulaire. Ceux à l’entrée, où se trouve la pancarte annonçant l’activité qui s’y déroule, devraient servir de logements pour quatre (4) instituteurs. Mais à les observer de près, aucun enseignant, n’a depuis, l’ouverture – surement à cause de l’isolement – daigné déposer ses valises là. Le vide étant l’ennemi de la nature, la conséquence est dure ou pas à dire: plus de plafonds. Les portes, les fenêtres, le sanitaire, les câbles électriques ont disparu. Dieu seul sait, grâce à qui ?

Dans la cours, envahie d’herbes sauvages, se dressent un mat chancelant et deux acacias peinards  aux branches démesurées qui ombragent presque la moitié de l’immense cours mal entretenue. Les élèves devraient se réjouir de les avoir en ces temps de chaleurs suffocantes. Un tour dans les salles de classes béatement ouvertes impose à conclure que l’école est à l’abandon. Diantre quelle race d’instituteurs travaille dans ce décor irritant et pitoyable ? Ils devraient être ni tribuns, ni humains. Sadiques à la limite. Aucun de leurs enfants ne fréquenterait cette école. C’est sûr. La beauté du cadre scolaire, devrait disposer aux études. Mais là, c’est l’horreur, la saleté, la désolation.

Une salle de classe, à l'EPP Djonikro
Une salle de classe, à l’EPP Djonikro

Les classes sans portes sourient largement à tous les passants. Les tables bancs sont quasi inexistantes. Et pour les quelques unes qu’on pourrait compter, et qui ont la chance de meubler le triste décor des six (6) classes, gisent au fond, entassées, poussant à hué et à dia leurs râles derniers, comme si elles attendaient un menuisier pour les assembler, avant que des ménagères opportunistes ne les transforment en bois de chauffe. Le plafond, quant à lui a été arraché. Œuvre sans doute d’entrepreneurs véreux. Le sol est sans charme. Ici et là, des nids poussiéreux dignes de poules en période de ponte, rivalisent de laideur avec les trous dans les placards moisis qui, inlassablement attendent le jour de leur transfert dans les poubelles de l’arrière cours.

Enfin, le bureau, qui semble – d’après un écriteau, être celui du Directeur est dans un sale état. Il n’a jamais servit probablement. Ses placards muraux qu’on aperçoit d’une brèche de la fenêtre avant, faites de mauvais bois, sont totalement tombés sous les coups des incisives coriaces de termites. Le soir venu, des centaines de cafards ayant trouvé logis en cet endroit devenu lugubre et transformé en cuisine ou entrepôts de matériel de cuisine – d’après le grand nombre de marmites qui se laisse voir – font leur ballet idyllique. Le sieur directeur , n’a pas trouver mieux, que d’installer ses quartiers dans l’une des deux classes du second bâtiment au lieu d’affronter la réalité de l’aménagement de son espace de travail.

Des Bancs d'élèves Epp djonikro
Des Bancs d’élèves Epp djonikro

Un nouveau tour dans les salles de classes, permet d’observer que le  noir tableau affiche la date du 26 novembre comme date des derniers cours. Cette école serait-elle fermée en pleine année scolaire ? Pourquoi ? Des renseignements, pris, auprès d’un curieux passant, confirme nos soupçons. L’école est fermée à la demande des enseignants. En effet, un cultivateur des environs, pour avoir raison des herbes têtues de son petit champ de manioc, aurait pulvérisé un mélange nauséabond d’herbicide qui à mis à rude épreuve les narines des locataires des environs du fameux champ. Face donc à l’odeur et pour ne point mettre en danger la santé des enfants, les chers enseignants, tout irrités par l’acte du paysan, ont suspendu.

Les parents las de voir leurs enfants à la maison, ont entamé des négociations. Et si elles aboutissent à une reprise immédiate, l’école devrait recevoir la visite d’inspecteurs sanitaires, et/ou d’éducation pour donner une bonne leçon de civisme aux tenants des lieux. On ne pourrait admettre que l’éducation soit possible dans un environnement aussi hostile, à cause du manque d’entretien et de la simple volonté de bien tenir la chose publique.

En octobre 2013, Mme Kandia Camara, Ministre de l’Education nationale et de l’enseignement technique est ‘tombée en larme’ si on peu le dire, face à l’état très délabré de l’école primaire, Marché – Banco 2 de Yopougon. Cet établissement, présentait le visage d’un fumoir de bidonville, véritable repère des bandits invétérés et redoutés de Port Bouét2. L’Etat a immédiatement engagé des travaux titanesques de réfection. Toutes fois suffit-il si la bonne volonté de ceux qui y travaillent, n’est pas sollicitée pour l’entretien. Il suffit d’un peu de volonté, pour dissuader des vandales ou des paysans de commettre des actes  et forfaits condamnables. Car, nombreuses sont les écoles publiques de la capitale ivoirienne qui souffrent des mêmes maux.

NB Credit Photo : Badra


2014: La Cote d’Ivoire sur les sentiers de l’émergence…

Travaux de la nouvelle autoroute du nord (Ph. Google)
Travaux de la nouvelle autoroute du nord (Ph. Google)

Le 31 soir, comme de coutume, le Président Alassane Ouattara (AO) a adressé à la nation ivoirienne, son message de nouvel an. Un discours plein de promesses qui fondent l’espoir et l’espérance et qui annonce aussi les couleurs des nouvelles campagnes électorales.

Si celui de l’an dernier a été marqué par la fameuse expression  »l’argent travaille », celui de ce 31 décembre 2014 a mis en évidence de nouvelles comme  »AUGMENTATION DES SALAIRES » « EMPLOIS »  »SECURITE »…Tout au long de l’année, ces expressions tourneront en boucle dans l’esprit et sur les langues des ivoiriens. En attendant que le Christ arrive, relisons le discours présidentiel et à chacun son commentaire… 

MESSAGE A LA NATION DE SEM ALASSANE OUATTARA

 PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Ivoiriennes, Ivoiriens, mes chers Compatriotes,
Chers Amis de la Côte d’Ivoire,

Nous voici au seuil de 2014, une nouvelle année pleine d’espoir. C’est un moment privilégié pour moi de m’adresser à chacune et à chacun de vous. Cette année, je le fais le cœur plus léger.

En effet, notre économie connaît une forte reprise. Tous les indicateurs le traduisent éloquemment et placent notre pays parmi les dix premières nations en croissance dans le monde. Cette performance est reconnue par tous nos partenaires, notamment les grandes institutions internationales. Les résultats sont visibles de tous en matière de réhabilitation et de construction de nos infrastructures économiques et sociales. On le constate dans les secteurs des routes, de l’eau, de l’électricité, de l’éducation et de la santé. Toute la Côte d’Ivoire se modernise.
Les infrastructures en cours de réalisation sont à la hauteur de notre ambition de doter notre Pays de ce qui fait la force de tout Etat moderne, à savoir des routes, des autoroutes, des ponts, des ports et aéroports modernes. Nous pouvons citer en exemple, l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro, le Pont Henri Konan-Bédié, les échangeurs de la Riviéra 2 et de Marcory, l’autoroute Abidjan-Bassam, les ponts de Jacqueville, Bouaflé et Beoumi. Bientôt nous réaliserons les travaux de réhabilitation et d’élargissement du boulevard lagunaire ainsi que les travaux d’extension et de modernisation du Port Autonome d’Abidjan.

L’année 2014 verra la fin de la pénurie d’eau potable à Abidjan, grâce notamment aux travaux d’approvisionnement à partir de Bonoua. De même, près de 100% de la population ivoirienne aura accès aux services de télécommunication, grâce à l’utilisation d’une nouvelle technologie.

Chacun a pu noter également l’attention portée aux logements sociaux. L’engouement que suscite cette opération est la preuve de son opportunité. Nous allons poursuivre cette politique d’accession à la propriété pour les ménages à faible revenu et à revenu intermédiaire. Ainsi, dans quelques années, l’épineux problème du logement connaîtra une forte atténuation, à Abidjan et dans les villes de l’intérieur.

Mes Chers compatriotes, chers frères, chères sœurs,

Je sais qu’il y a encore, et à juste raison, certaines impatiences. Je les comprends, mais je peux vous assurer que nous sommes sur la bonne voie, celle qui mène vers la prospérité. Nous avons d’importantes réformes à achever pour faire sentir les effets de nos performances économiques sur votre quotidien. C’est le cas de la lutte contre la vie chère. Oui, la vie est chère et nombreux sont nos compatriotes qui éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts, surtout après plus d’une décennie de crise. Le gouvernement fait donc de la lutte contre la vie chère une priorité.

Nous prenons cette question à bras- le-corps. C’est pourquoi, j’ai demandé au gouvernement de renforcer la concertation avec tous les acteurs, afin que des réponses concrètes soient apportées en 2014 à la situation des prix.

Nos excellents résultats économiques doivent se traduire nécessairement par une amélioration des revenus et un effort en faveur des plus démunis. C’est dans cet esprit que nous avons décidé d’augmenter de manière substantielle le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) qui est passé de 36.607 francs CFA à 60.000 francs CFA. Comme vous le savez, les salaires des fonctionnaires étaient bloqués depuis 1988, soit un quart de siècle. Le Gouvernement a donc décidé de la revalorisation des salaires et du déblocage des avancements des fonctionnaires dès janvier 2014, avec étalement des effets financiers sur cinq ans.

Ainsi, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’avec ces mesures, chaque fonctionnaire verra son salaire augmenter régulièrement, améliorant ainsi son pouvoir d’achat. Avec le déblocage et les revalorisations effectuées, c’est une augmentation des salaires des fonctionnaires de 137 milliards et 700 millions de F CFA qui aura été consentie pour 2013 et 2014.

Par ailleurs, l’Etat a maintenu cette année encore, en dépit des aléas du marché international, un prix rémunérateur du Cacao, du Café et du Coton afin de garantir à nos parents paysans une amélioration de leurs revenus et de leurs conditions de vie.

Dans le même élan, après avoir lancé en 2013 les bases d’une restructuration de notre système sanitaire, nous avons décidé de la mise en place de la couverture maladie universelle dans le courant de l’année 2014. La CMU permettra ainsi à tous les ivoiriens d’avoir un meilleur accès aux soins de santé.

Mes Chers Compatriotes

Notre pays change. Notre pays progresse. Notre pays se transforme.
Les visites d’Etat que nous avons commencées sont autant d’occasions pour donner l’impulsion nécessaire à la création de pôles économiques régionaux. Elles se poursuivront en 2014 et les années suivantes. En effet, elles offrent de grandes opportunités en plus des mesures incitatives contenues dans notre code des investissements. J’invite donc les investisseurs nationaux et étrangers à s’impliquer davantage dans les programmes régionaux de développement.
Par ailleurs, le Forum « Investir en Côte d’Ivoire », qui se tiendra à la fin du mois de janvier 2014 est une plateforme qui leur est destinée.

Mes Chers Compatriotes, chers frères, chères sœurs,

L’emploi, particulièrement l’emploi des jeunes, demeure également une priorité ; un réel sujet de préoccupation.
Le rythme actuel de création d’emplois ira encore plus vite avec notamment les mesures nouvelles prévues pour l’année prochaine. Malgré les difficultés rencontrées, l’objectif de création de un million d’emplois sur cinq ans est toujours à notre portée.
Nous envisageons également d’accroître l’accès au microcrédit pour les projets des jeunes et d’augmenter les allocations du Fonds d’Appuis aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) pour les femmes.
Ces mesures offriront une véritable bouffée d’oxygène, à côté de l’agriculture, qui demeure le principal secteur pourvoyeur d’emplois. Je voudrais à nouveau rendre hommage à nos parents paysans, qui font preuve d’une grande ardeur au travail, ce qui a permis l’accroissement des produits vivriers ainsi que ceux d’exportation.

Mes chers Compatriotes,

La forte amélioration de notre indice de sécurité, qui est passé de 3,8 à 1,3 en un an, montre que la sécurité de nos concitoyens est mieux assurée partout dans le pays. Le retour de toutes les organisations internationales dans notre pays, notamment la BAD dans les prochains mois, en est un témoignage éloquent. Les différentes opérations menées par nos forces de défense et de sécurité ont largement contribué à maîtriser le phénomène des coupeurs de routes, même si cela demeure une préoccupation des populations. Nous sommes déterminés à éradiquer ce fléau. Je voudrais renouveler ici mes félicitations à nos forces de défense et de sécurité pour leur engagement. L’année 2014 sera marquée par la mise en œuvre de la réforme de notre secteur de la sécurité et la consolidation de nos capacités sécuritaires. Elle verra également l’intensification de la lutte contre la corruption et le racket.

Mes Chers Compatriotes,

En tant qu’héritier du Président Félix Houphouët-Boigny, dont nous venons de commémorer le 20ème anniversaire du décès, je sais, comme vous, que la condition essentielle pour atteindre nos objectifs est la préservation d’un climat de paix, préalable indispensable à tout développement. Nous allons donc poursuivre inlassablement nos efforts dans le sens de la réconciliation et de la cohésion nationale. Je me suis personnellement engagé dans ce domaine. Cela s’est traduit par des mesures de décrispation unanimement saluées. Dans ma volonté de rassembler toutes les filles et tous les fils de notre pays, j’ai instruit le gouvernement de poursuivre le dialogue avec l’Opposition.

Je viens également de demander au Garde des Sceaux, que la justice examine à nouveau une mesure de mise en liberté provisoire de certains détenus de la crise postélectorale.
La porte reste donc ouverte à tous, à nos frères et sœurs des partis d’opposition. Je les exhorte à participer pleinement à un débat démocratique civilisé et apaisé, respectueux de l’Etat et des Institutions. Nous devons tourner résolument le dos aux comportements qui peuvent fragiliser le climat de paix et la cohésion nationale. J’ai confiance en la volonté de la grande majorité des ivoiriens à favoriser la paix et la quiétude dans notre pays.

Par ailleurs, nous allons poursuivre et intensifier la politique de retour volontaire des Ivoiriens réfugiés à l’extérieur, avec l’appui inestimable du HCR et des pays concernés.
Mes chers compatriotes

Durant l’année qui s’achève, la Côte d’Ivoire a retrouvé sa place dans le concert des Nations. Nous continuerons d’approfondir nos relations de bon voisinage et de renforcer nos liens avec les autres pays. La confiance retrouvée en notre pays, a ouvert la voie à d’importantes et nombreuses visites, en Côte d’Ivoire de Souverains, de Chefs d’Etat et de Gouvernement, ainsi que de hautes personnalités en 2013. Cette dynamique va se poursuivre en 2014 avec l’arrivée attendue d’autres éminents Chefs d’Etats et de Gouvernements.

Mes Chers Compatriotes, chers frères, chères sœurs,

Comme vous, j’ai foi en l’avenir radieux de notre chère Cote d’Ivoire qui mérite plus que jamais son nom de « terre d’espérance ». Ensemble, nous allons poursuivre notre route vers l’émergence. Je sais pouvoir compter sur vous tous. Oui, notre pays deviendra émergent en améliorant le quotidien de chaque ivoirien. Ce n’est pas une simple envie mais une volonté et cela, grâce à notre détermination au travail et à une prise de conscience collective de notre responsabilité commune. En définitive, il faut bâtir une Côte d’Ivoire nouvelle et un ivoirien nouveau dans « l’union, la discipline et le travail ».
Cet ivoirien nouveau devra s’approprier les valeurs du travail et prendre conscience de son rôle dans notre société. Ensemble, nous y parviendrons.
Je sais que nous sommes capables de donner le meilleur de nous-mêmes pour notre chère patrie.

Mes chers compatriotes, chers amis de la Côte d’Ivoire,

Je vous souhaite à vous-même, à vos familles ainsi qu’à vos proches, une très bonne et heureuse année 2014!
Je forme le vœu d’une paix consolidée en Côte d’Ivoire, en Afrique et dans le monde.
Bonne Fête à tous.
Vive la République.
Vive la Côte d’Ivoire »

MARDI 31 DECEMBRE 2014

Bonne et heureuse année à tous


JOURNALISTES ET BLOGEURS A L’ECOLE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Les participants (Ph.Badra)
Photo de famille des participants (Ph.Badra)

A l’initiative des ONGs Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE) et Action en faveur de l’homme et de la nature (AFHON), des journalistes de la presse écrite et des blogueurs, ont été conviés ce jeudi 10 octobre, à un atelier d’information et d’échanges sur les questions de changements climatiques et l’état du processus REDD+ en Côte d’Ivoire en présence de M. Koné Drissa, assistant du Point Focal du Bureau Changements Climatiques Côte d’Ivoire.

Avec pour thème « Phénomènes climatiques extrêmes et plaidoyer en faveur de l’adaptation » l’atelier s’est tenu au Centre de Recherches et d’Action pour la Paix (CERAP) d’Abidjan, avec une trentaine de participants. Il a été pour les ONG initiatrices « le cadre idéal pour attirer tout d’abord l’attention des médias ivoiriens sur le dernier rapport de la Banque mondiale qui présente une analyse des derniers développements scientifiques sur le climat afin de mieux comprendre les risques du changement climatique pour le développement(…) Et d’expliquer aux participants le mécanisme de la Redd, ce mécanisme dans lequel s’est engagé l’Etat Ivoirien depuis juin 2010 pour atténuer les effets du réchauffement Climatique sur les populations. »

Ces objectifs ont fait l’objet de deux communications animées respectivement par messieurs David COULIBALY, Directeur exécutif de AFHON et Nicaise BEDJE Spécialiste en gestion environnementale et en développement durable à JVE-CI.

En insistant sur le rôle et la responsabilité des différents acteurs tant au niveau des pollueurs que des victimes, les intervenants ont informé l’auditoire sur la triste réalité des changements climatiques dans le monde en général et en Côte d’Ivoire et invité chacun à agir à son niveau car « nos forets, c’est notre avenir ». A dicté M.BEDJE en fin de sa présentation.

Face à ce sombre tableau décrit par la Banque Mondiale, il revient aux organisations de la société civile intervenant dans le domaine de l’environnement de mener des actions en vue d’informer, de sensibiliser les populations sur les défis auxquelles elles sont confrontées. Elles doivent de même proposer des stratégies innovantes et conduire un plaidoyer audacieux vis-à-vis des Parties prenantes avec un focus sur l’adaptation aux changements climatiques. En cela, les hommes de médias peuvent être, selon Ange BAIMEY, Directeur de JVE Cote d’Ivoire «  des portes voix des populations ». Car poursuit-il en faisant un rapprochement avec un drame récent, comme pour avertir  « Si nous voulons réduire de plus en plus de « Lampedusa », il nous faut également nous attaquer à la question des changements climatiques ».

 Ce dialogue avec les hommes de médias s’annonce comme la première d’une série.

Pour toutes informations complémentaires : ONG JVE– Côte d’Ivoire jve.ivoire@yahoo.fr / ONG AFHON – afhoncotedivoire@yahoo.fr


L’ARGENT TRAVAILLE,10 RAISONS – ENTRE AUTRES – D’Y CROIRE

Alassane Ouattara à l'ONU (Ph.Google)
Alassane Ouattara à l’ONU (Ph.Google)
 « Quand on se promène librement dans une ville ivoirienne aujourd’hui sans la crainte d’un contrôle au faciès ni d’une traque au pseudonyme, il serait bienséant de songer qu’on le doit à certains hommes » Franklin Nyamsi, Agrégé de philosophie.

La phrase, fait école. Elle est devenue populaire. Dans les ironies, des discussions sérieuses, les ivoiriens utilisent la phrase dite, avec  sourire d’ailleurs, par le Président Alassane Ouattara (AO), au cours de son discours de nouvel pour l’année 2013 : « l’argent travaille ». En lançant cette phase, le Président a évoqué les plaintes légitimes des populations dont-il a écho, sur la cherté de la vie et a voulu rassurer. Nous présentons ici, quelques grands travaux entre autres, qui justifient, l’affirmation présidentielle.

C.K.Banny, Président du CDVR
C.K.Banny, Président du CDVR (Ph.Google)

#1-L’institution d’une Commission Dialogue Vérité Réconciliation (CDVR). Au lendemain du 11 avril 2011, date à laquelle le Président Laurent Gbagbo est tombé, comme annoncé par son successeur et l’évidence des choses, « comme un fruit pourri », la Côte d’Ivoire avait besoin de se réconcilier avec elle-même. La chienlit identitaire et fratricide (celle qui visait a indexé les musulmans, les nordistes, les barbus, les porteurs de bagues,… comme des étrangers donc des rebelles et des diables) instaurée par l’ancien régime devrait disparaître des souvenirs et des mémoires.

Sur un fond d’inspiration et de pastiche du modèle Sud africain, le Président Alassane OUATTARA a jugé juste de lancer sa présidence sur fond de réconciliation : faire renaître une Côte d’Ivoire comme le Père Fondateur l’avait conçu, avec des hommes, qui œuvrent dans une cohabitation pacifique au développement national. Situer les responsabilités, réinstaurer le dialogue, amener les ivoiriens à se remettre avec courage en cause dans l’histoire macabre récente, écouter, sonder les causes, identifier les coupables…sont des étapes nécessaires à la réconciliation.

Une des SOLUTIONS de Monsieur SOLUTION était d’instituer la CDVR. Panser les plaies et les douleurs, recouvrer l’unité d’antan, repartir ensemble mains dans la main. A coup de milliards, le Président Charles Konan BANNY, ancien Premier Ministre et ancien Gouverneur de la BECEAO, travaille pour réaliser ce projet herculéen. Campagnes médiatiques et pubs de sensibilisation, écoutes des populations, installation de section régional et local, visites de terrain… Le Budget allouer à cette lourde machine, travaille. Même si pour le moment, aucun résultat n’est visible aux yeux du citoyen lambda, la CDVR, travaille.

#2- Le pont de JacquevilleDepuis longtemps, le département de Jacqueville voulait un pont. Le nouveau régime a fait de ce vœu une priorité. Le projet de construction du pont tant annoncé et attendu est dans sa phase d’exécution.

Colonne du Pont de Jacqueville en construction (Ph.Badra)
Colonne du Pont de Jacqueville en construction (Ph.Badra)

Estimé à plus de 18 milliards de francs CFA, le pont de Jacqueville se dessine de plus en plus. De part et d’autre de la lagune, une ligne de piliers sortant des profondeurs de la lagune est désormais visible.  Ces supports de forte armature serviront à accueillir le tablier sur 600m de longueur pour 10m de large.  Le pont de Jacqueville est très attendu par les populations qui continuent de souffrir des caprices du bac et des pinasses artisanales qui servent à relier la presqu’île au reste du territoire ivoirien.

Financés Banque Arabe pour le Développement Economique de l’Afrique (BADEA), l’exécution des travaux est confiée à la société égyptienne Arab Contractors. Vu l’allure des travaux, les populations de cette zone touristique et de production de Coco, de pétrole et de gaz naturel, ont fort espoir de pouvoir circuler sur le nouvel ouvrage à partir du mois de janvier 2014. Comme ce pont, celui de Bouaflé a été réhabilité. Ainsi travaille l’argent.

#3- L’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Les nombreuses missions du Ministre d’antan de l’économie et des finances, SEM. Charles Diby, auprès des Institutions de Bretonwood à permis à la Côte d’Ivoire d’atteindre le point d’achèvement PPTE.

Question à un ivoirien (Ph. Google)
Question à un ivoirien (Ph. Google)

Le processus qui avait été entrepris, puis s’était arrêté pour raison des nombreuses crises sous l’ère Gbagbo, à atteint son terme pour la grande joie des Nouveaux Maîtres d’Abidjan.  On ne devrait pas être fier avec toutes les ressources dont-on dispose d’être dans le lot des Pays Pauvres Très Endettés. Combien de pays asiatiques, européens, même d’Est, américains font partis de cette catégorie ? Mais bon voilà, l’Afrique à ses réalités en termes d’histoire de la Bonne Gouvernance.

Dans notre cas, les crises ont laissé des trous et des dettes énormes. On peut se réjouir du fait que l’argent qui a travaillé en finançant les nombreuses missions, délégations d’experts financiers et économistes, a été utilisé à bon escient. La preuve, avec le PPTE,   le pays d’après l’économiste J-C. Tiemele bénéficie de nombreux avantages, entre autres « l’allègement attendu est de 3 milliards de dollars US au titre du PPTE et de 2 milliards de dollars US au titre de l’IADM. Le total de l’allègement attendu est ainsi de 5 milliards de dollars US, environ  2 500 milliards de F CFA. … ». C’est aussi ça, un bel exemple de l’argent qui travaille.

#4- Les multiples voyages du Président. A la politique d’isolement et de la préférence nationale doublée d’un patriotisme incongru, se substitue une politique d’ouverture au monde, de participation aux débats internationaux… Bref la logique Gbagbo est aux antipodes de celle de Ouattara. Quand le premier faisait décoller l’avion présidentiel, c’était plus pour tourner dans le pays. Le deuxième, lui atterri le matin, le temps de changer de costume pour redécoller l’après midi.

Le PR de retour d'un voyage (Ph. FB Présidence.CI)
Le PR de retour d’un voyage (Ph. FB Présidence.CI)

Le Président Alassane Ouattara, n’as pas de temps  On devrait s’interroger sur le coût des voyages qu’il effectue. Voyages dont le nombre lui a valu le baptême de #Mangellan. Certainement Alassane Ouattara est informé de tous les surnoms que certains médias lui affublent.

Toutes fois il peut s’en défendre. La Côte d’Ivoire est au travail. Et tout le monde doit contribuer. Pendant que le Gouvernement, le Président de la République, him self, met la main à la patte, multiplie les rencontres, réponds à toutes les invitations, pour rassurer qu’une normalité est instituée redonner confiance aux investisseurs et partenaires au développement.

Pour cela, il ne faut pas lésiner sur les moyens. Peut importe qui supporte ces frais ou qui les supportera. Il faut de l’argent pour faire bouger l’avion présidentiel, afin que ce dernier, fasse revenir les investisseurs. C’est aussi ça, l’argent qui travaille. Pour faire des bénéfices, il faut bien investir. Même si le kérosène coûte hyper cher, la dépense, cela n’est rien face aux enjeux. Le tout étant de rendre le pays à l’horizon 2020. Ainsi travaille l’argent.

#5- Des Universités Bling Bling à 119 milliards. Une promesse de campagne : construire de nouvelles Universités. Mais voila, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. La crise post-électorale a contribué au flétrissement du cadre universitaire ivoirien. Un cadre, politisé, devenu un bastion de menace, de violence et souvent transformé en lieu d’entrainement, de recrutement, le logement de milicien, ou de cache d’armes. Ces situations ont conduit à la fermeture des universités stricto sensu. Durant plus d’un an, tout a presque été rasé, reconstruit, réhabilité, pour offrir aux jeunes un cadre d’études propices et digne pour une facture de plus de 119 milliards de francs CFA.

Des salles de TD à l'U.FHB (Ph.Google)
Des salles de TD à l’U.FHB (Ph.Google)

Les universités ivoiriennes sont désormais fièrement belles. Bling bling on peu dire. Mais la beauté ne suffit pas, pour un lieu de la pensée. A la beauté des bâtiments et du cadre, devraient s’ajouter l’équipement qui arrive à compte goûte. Et la capacité d’accueil n’a pas augmenté. Conclusion : les amphis et salles de classes sont toujours surpeuplés.

Toutefois, « pour le départ nouveau » le Président de la République a offert à sa jeunesse des universités modernes. D’Abidjan à Korhogo, via Bouaké et un détour par Daloa, le pays compte désormais cinq (5) Universités et de nouveaux enseignants. Il avait promis la construction de nouvelles universités, on espère que la réhabilitation des anciennes, ne tiendra pas lieu de construction.

On a même ajouté, un peu d’inutile et au détriment du nécessaire. Les étudiants, qui attendent devant le CHU et l’entrée de l’école primaire méthodiste de Cocody au soleil, parfois sous la pluie, les bus irréguliers pour rentrer, peuvent désormais se distraire grâce à l’écran géant, placé à une des entrées, et qui projette des films en 3D, de la pub… De quoi distraire même les ambulanciers qui transportent des malades. Il y a aussi des bus électriques pour faciliter le déplacement au sein du vaste établissement. Un don du groupe Bolloré. Dieu seul sait combien de temps cela va durer. Pendant ce temps les étudiants ne se lassent pas de crier qu’ils ont besoin de bibliothèque. Assurément, l’argent y travaille.

#6- Le carrefour Indénie, Melkro et la baie de Cocody. L’endroit est réputé pour les inondations inquiétantes en saison des pluies. Dès les premières heures de sa prise de pouvoir, AO, s’est engagé à résoudre le problème du carrefour Indénie et de ses environs : carrefour dit MelKro (village de Mel.) à l’entrée de Cocody par la corniche (chemin présidentiel) et la baie lagunaire dont la fermeture s’est accélérée. Des pelleteuses, des camions bennes, de bulldozers ont été mobilisé pour vider l’endroit. En amont, des basins de rétention de sable et de déchets solides ont été construits. Enfin, sur les tronçons de la corniche, une machine achetée en Suède à au moins 200 millions se charge tranquillement de vider l’immense baie lagunaire, qui ressemble aujourd’hui à une bananeraie.

Travaux d’aménagement du carrefour l'indenie (Ph. Google)
Travaux d’aménagement du carrefour l’indenie (Ph. Google)

L’endroit a déjà englouti de nombreux milliards au cours de la dernière décennie et il continuera d’en engloutir. Mais par la force du travail de l’argent et la volonté des autorités pour les usagers et riverains peuvent lancer des ouf de soulagement. Car depuis, les débordements d’eau, les inondations sont pour l’instant des souvenirs. L’argent travaille pour l’entretien constant des bassins quand ils s’ensablent trop au grand regret, de tous ces débrouillards, qui jouaient la boussole et le GPS aux automobilistes en période de crue et d’inondation, pour quelques pièces. Ainsi travaille l’argent.

#7- Cette histoire de 3e Pont d’Abidjan dit Pont Henry Konan Bédié et

(Ph. Google)
(Ph. Google)

d’Echangeurs. Ce sont des méga infrastructures que tout Abidjan attend. Chacun s’enthousiasme de la logistique déployées et la progression des travaux à Cocody ou à Marcory. L’histoire du 3e Pont d’Abidjan ne date pas de l’ère AO. Elle se matérialise sous son gouvernorat.

L’ouvrage, qui va coûter au final au moins 190 millions d’euros,  commence sur le Boulevard François Mitterrand à hauteur de l’Ecole nationale de Police. Sur 2,7 km, il traverse Cocody pour arriver près du domicile de Mme Thérèse Houphouët. Il traverse ensuite la lagune Ebrié sur environ 1600 m pour aboutir 2km après au boulevard Giscard d’Estaing avec un échangeur moderne de trois niveaux au carrefour de l’ancienne bâche bleue. L’ensemble du parcours correspond à 6, 7 km. Il s’agira d’un pont à péage. AO s’ait trop chercher l’argent.

Le pont Riviera-marcory présentera plusieurs avantages : le dés-engorgement du trafic ; l’allégement sur les ponts Félix Houphouët-Boigny et Général de Gaulle qui permettra leur réhabilitation ; enfin, la réduction d’une pollution. Ainsi travaille l’argent.

#8- Le prolongement de l’Autoroute du Nord : Abidjan – Yamoussoukro. Un autre chantier far d’un coût global de 136 milliards de francs. Le prolongement de l’autoroute du Nord jusqu’à la capitale politique et administrative du pays. Le projet a été annoncé sans être réalisé par les régimes précédents. Il faut mettre cela au compte des crises et des problèmes de trésorerie.

Travaux de la nouvelle autoroute du nord (Ph. Google)
Travaux de la nouvelle autoroute du nord (Ph. Google)

Aujourd’hui, c’est chose faite de Singrobo à Yamoussoukro, le tronçon de 85,9 kilomètres est fin prêt. 95% des travaux sont déjà réalisés.  Et le Président de la République, Alassane Ouattara veut impérativement ouvrir l’usage de la nouvelle autoroute le 11 décembre 2013.

Pour constater l’évolution des travaux, le Premier ministre à effectué le 15 septembre dernier, une visite de terrain au terme de laquelle il a annoncé que la réhabilitation du tronçon de l’ancienne autoroute allant du corridor de Gesco, à la sortie ouest d’Abidjan, à Singrobo, est imminente. Une couche de 5 centimètres d’épaisseur sera ajoutée pour lui donner une nouvelle jeunesse. Enfin l’autoroute sera dotée d’un poste à péage, puisqu’il s’agit d’une autoroute payante et sera une voie rapide. Il n’y aura pas de policiers. Un système de vidéo surveillance sera établit et sa gestion, confiée à un concessionnaire international.

Et au journaliste Donatien Kautcha de dire :  « Le nouvel homme fort d’Abidjan, Alassane Ouattara qui a décidé de faire des infrastructures routières l’une de ses feuilles de route à pu trouver les moyens nécessaires pour achever les travaux en si peu de temps.  On peut donc dire qu’avec ce prolongement de l’autoroute du nord, le développement amorcé par la Côte d’Ivoire depuis peu n’est plus qu’un slogan, mais une réalité ». Ainsi travaille l’argent.

#9- La construction du barrage de SOUBRE. Les moments de délestage ont horrifié les ivoiriens. Ils ont aussi permis de comprendre les limites du pays en termes de distribution d’électricité à une population des les besoins électriques vont croissants. Le lundi 25 février, le Président AO, démarre l’année 2013 avec le premier coup de pioche du barrage hydroélectrique de Soubré. Cette grande infrastructure permettra à la Côte d’Ivoire de respecter ses engagements vis-à-vis de ses partenaires extérieurs.

La fin du règne de Delestron est proche (Ph. google)
La fin du règne de Delestron est proche (Ph. google)

Le barrage de Soubré constitue un ouvrage important dans le plan global défini pour assurer à moyen terme l’équilibre de l’offre et de la demande en électricité. Le projet d’aménagement hydroélectrique de Soubré aura une puissance de 275 MW et un productible annuel d’environ 1 100 GWh. Ce barrage deviendra le plus grand du pays devant celui de Taabo (210 MW et Buyo (165MW). Delestron, tes jours sont comptés. Ainsi travaille l’argent.

#10- Le renforcement de la « Sécurité » nationale. Difficile de dire que le citoyen ivoirien est à l’abri des braquages, d’agression, de vol, larcins,…A la faveur de la crise de nombreuses petites armes ont été distribuées ici et là. L’Etat multiplie les actions pour rassurer les ivoiriens. Dans l’armée le désordre vestimentaire observé en fin de crise est réglé. Les composantes de la Grande muette, sont désormais identifiables par des uniformes précis. Abidjan est sous vidéosurveillance.

Remise d'équipement au CCDO (Ph.Google)
Remise d’équipement au CCDO (Ph.Google)

Le Ministre de délégué à la défense, et celui de l’Intérieur et de la sécurité national semblent maîtriser leur sujet. En terme de logistique, les véhicules dans lesquelles les hommes en tenues, paradent dans les villes séduisent et donne à l’armée des allures modernes.

Mais faut-il noter que si les braquages isolés sur les routes ont diminué, ainsi que les bruits de bottes de mitraillettes à l’Ouest et certaine région du pays, la lente intégration des ex combattants, non payés, mais parqués dans les résidences universitaires, les camps de regroupements et autres lieux, inquiète plus d’uns. Ces jeunes sans revenus fixe et réel, rompus au maniement des armes sont souvent les commanditaires des cas d’insécurités dans le pays. Réussir le pari de la sécurisation du pays était un défi important pour le mandat d’AO. A ce jour, on peut se frotter les mains, en constatant que pour la question, l’argent à bien travaillé.

Le Président de la République, Alassane Ouattara poursuit ses grands projets de développement de la Côte d’Ivoire. L’école presque pas gratuite, Le Pont Henri Konan Bédié, les logements sociaux, l’autoroute de Grand Bassam-Abidjan, les travaux d’adduction d’eau à partir de la nappe phréatique de Bonoua, le pont de Bouaflé, le réprofilage de la côtières, …justifient le travail de l’argent pour une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2020.


Jeudi à Abidjan : mariage, cascades et arrosage

Une mariée (Photo Badra)
Une mariée (Photo Badra)

Le mariage est un acte d’union qui s’accompagne généralement de réjouissance. D’un peuple à l’autre, d’une culture à une autre, d’un coin du monde à un autre les pratiques et le folklore autour, sont personnalisés et personnalisables. En Côte d’Ivoire, les rituels qui précèdent et accompagnent les mariages de certaines corporations et corps de métiers donnent des frisons, par l’étrangeté, l’absurdité et la dangerosité du spectacle.

Si à Bamako au Mali « les dimanches » sont des « jours de mariage » selon la célèbre chanson du célébrissime couple aveugle Amadou et Mariam, les jeudis sont, à Abidjan, jour de célébration de la plupart des mariages musulmans. A Abidjan, dans les communes populaires comme Adjamé, Abobo, Yopougon, Koumassi, les jeudis sont marqués du réveil au coucher de vrombissement de moteurs, de bruits exacerbant de klaxon, de fanfares, de défilés improvisés et énervants « souvent » des véhicules de transport en commun (Wôrô-wôrô, gbaka…), de passage en liesse d’hommes, de femmes en uniforme. Bref, les jeudis, quand il y a mariage, les petits dioulas (le mot ici étant à la fois une expression générique originelle, englobant tous les petits corps de métiers : mécaniciens, chauffeurs, commerçants, vendeuses, mâcons, plombiers…) sont excités comme s’ils allaient à la plage.

De façon particulière, le folklore et les attitudes qui entourent ces événements heureux d’union sont à la fois spectaculaires, émouvants, souvent inquiétants et effrayants selon le statut ou l’appartenance due ou de la mariée à telle ou telle corporation. Deux groupes retiennent notre attention.

#Les hommes des métiers roulants

Professions garagistes, chauffeurs, ferrailleurs, vendeurs de pièces détachées dans les casses. Ils sont des cousins d’un même métier. Leurs traits communs sont les engins roulants. Peu importe que ces engins soient bi, tri ou quadricycles. Le mariage d’une personne de cette catégorie se dessine selon le schéma suivant. Le matin tous les cousins, amis, sympathisants arborent un t-shirt à l’effigie des mariés. Dans le dos, le nom du gourou financier, le « babatché » est en bonne place.

Pendant que les mariés se préparent chacun de son côté pour la mosquée, un groupe d’amis papotent autour du thé à la demeure de Monsieur le futur marié. Ce groupe est important et boire le thé avec quelques doses de ce qu’ils savent est capital pour la suite des événements. C’est le commando (composé d’amis proches et de bons cascadeurs) qui sera chargé de récupérer ou d’enlever de gré ou de force, avec élégance ou brutalité la mariée dans son cercle de danse chez ses parents. Dans les rues, un autre groupe sème la pagaille.

Si c’est un mécanicien ou un ferrailleur qui se marie, tous les apprentis en véritable horde de zinzins souvent trop mal élevés et/ou indisciplinés vont s’armer de tout le stock disponible d’huile de vidange et envahir les rues du quartier. Si vous les rencontrez un jeudi, qui que vous soyez, laissez-leur le chemin. Et si par malheur, vous êtes surpris de vous retrouver sur leur passage et qu’ils vous demandent d’acheter de l’eau ou autres choses pour se désaltérer, faites de votre mieux pour les satisfaire, sinon, vous aurez votre dose de peinture et de salissure volontaire. Les auteurs disparaîtront après leur sale besogne. L’idée de cette pratique est de montrer que leur chef ou patron va se mettre la corde au cou. Et pour l’occasion, tous les véhicules, même, les plus fumeux renaîtront.

Si dans un autre cas, c’est un chauffeur qui se marie, vous risquez d’être mouillé. Simple effet collatéral d’un rituel corporal. Avant, le jour même ou après le jour de célébration si vous vous soupçonnez d’être dans un gbaka ou wôrô wôrô d’un nouveau marié, ses amis n’auront aucun égard pour vous les clients, vous les rois selon l’expression. De n’importe quelle posture, ils largueront leur bombe de sachets d’eau sur le concerné. En effet, le jour de mariage d’un homme de ce corps de métiers, les conducteurs ont initié le rituel de l’arrosage. Toutes les eaux sont bonnes pour la pratique. Ils s’arrosent avec tout ce qui leur passe par la main. Souvent avec une brutalité digne de ce milieu d’anciens gnanbro, cokseurs, rabatteurs, syndicats. Et s’ils n’arrivent pas à l’avoir, un membre de sa famille peut être une cible de consolation. Et enfin, toute la journée, les tintamarres des klaxons détruiront le silence et le calme de la ville.

Dans ce groupe, lié par les engins roulants, le mariage se déroule comme suit. Soit les parents se rendent chez la mariée pour la célébration, la présence de l’homme n’étant pas une nécessité, soit les familles se donnent rendez-vous à la mosquée pour l’officialisation du couple. Ensuite, la mariée rejoint le domicile de ses parents. Elle est confiée aux femmes qui la préparent sur tous les plans. Le repas de midi passé, le soir est consacré aux danses. La raison de tout le travail des femmes. Les shows de danses sont le moment privilégié pour elles de présenter leurs dernières acquisitions vestimentaires.

A partir d’une certaine heure, le fameux commando, sentant que leur ami a besoin de sa femme, décide d’aller chercher cette dernière. C’est leur femme désormais. C’est le moment des cascades, des bruits des moteurs chauffés à bloc, de toutes les démonstrations dangereuses que possibles avec leurs vétustes bolides, souvent empruntés. D’aucuns racontent qu’il y a un autre rituel. Le commando qui récupère la femme, souvent se charge de coucher avec la mariée avant de l’amener chez son mari. Faire un dernier coup, question de vérifier si la marchandise est bonne où que sais-je encore. On entend de plus en plus parler de ce type de pratique mafieuse, qui s’apparente à un viol collectif condamnable.

La récupération de la mariée peut se faire dans la douceur ou le cafouillage. Comme elle quitte sa famille pour une autre, une tradition souhaite que les femmes s’y opposent symboliquement, question de montrer au commando, que leur fille est encore leur fille. Mais les hommes étant les hommes et les femmes aussi, l’exécution de cette tradition peut se terminer quelquefois dans la violence, avec des blessures, dans la bagarre entre femme et homme, dans le cafouillage où déchirement, dépouillement se pointent.

Enfin, la mariée une fois extirpée est accompagnée chez son homme, qui dans l’impatience de l’attente fait crépiter les téléphones de ses amis d’appels, de sms et de bips. Le cortège qui l’accompagne est constitué d’une ribambelle de véhicules transportant vielles femmes, amies de toutes sortes, des individus souvent mêmes inconnus, mais curieux de savoir dans quelle piaule la mariée sera introduite. Sur les toitures des véhicules, accrochés aux portières, le corps à demi exposé aux vitres, les accompagnateurs se donnent en spectacle et donne du spectacle aux observateurs. Et les cascadeurs au volant, « font plaisir ». Ils montrent leur savoir-faire dans le maniement du volant. Chacun y va de son mieux, pour rendre le jour inoubliable.

# Les gos et femmes des marchés

Commerçantes en général. Vendeuses d’arachides, de pagnes, de poissons, de médicaments en particulier. Propriétaires d’étable dans un coin de rue, de magasin au Forum des marchés d’Adjamé, sur le boulevard Nangui Abrogoua ou au Grand marché de Tingrela, d’un préau dans le marché Roxi etc. elles rêvent toutes « du jour de leur jour ». La nouvelle du mariage d’une fille de ce lot provoque des effets de liesse et Dieu seul sait de combien de joie, d’envie, d’affairage et de jalousie dans les marchés du pays. Sans communiqué officiel, les « sons » vont dans ces endroits à la vitesse lumière. Fatou se marie ce jeudi. La copine de mon cousin qui sortait avec le fils de ta cousine va se marier avec le petit fils du vieux vendeur de colas dont les enfants sont derrière l’eau. C’est le « jeudi » de Mariam qui est arrivé…Bref dans nos marchés, un mariage est une occasion de « farotage » pour les uns, de démonstration de pouvoir pour les autres, et j’en passe.

Dans ce secteur où les femmes sont les seules MDL (maîtresses des lieux), la solidarité est de mise comme chez les cousins liés par les engins roulants. Elles n’hésitent pas à sortir la grande et grosse artillerie. Elles sont prêtes à tout pour que la célébration soit le sujet de conversation des marchés les jours suivants. En général, mes sœurs dioulas cherchent de l’argent pour deux choses : s’acheter des boubous, des bazins, des pagnes à des coûts indignant pour paraître lors de baptêmes et mariages et payer par le travaillement les griottes et griots des temps nouveaux pour simplement dire, entendre leur nom et éloge au micro.

La femme dioula est par excellence bosseuse et débrouillarde. Du matin au soir, elle se tue à la tâche pour s’occuper soit des enfants, soit de la famille. Mais une grande partie de ses économies est destinée aux festivités où elle s’invite. Elle ne rêve que de pagnes. Souvent peut accepter de voir sa famille crever de faim, son fils faire deux jours d’école buissonnière pour simple manque de cahier, son homme se décarcasser pour payer l’argent de la popote que de mettre la main sous le pagne pour participer. Mes sœurs dioulas, sont ce qu’elles sont. Je ne dis pas qu’elles sont toutes ainsi, mais c’est le prototype de la femme dioula. Très battante, mais d’une pingrerie légendaire et remarquable au quotidien par ses plaintes et complaintes. Elles disent toujours, « ne jamais rien avoir ». Et donc pour elles, tout est matière à négociation, même quand le trajet coûte 100 FCfa.

Les femmes des marchés, quand il s’agit de mariage, sont mieux organisées que les hommes. Toujours à jours de leurs nombreuses cotisations et tontines initiées pour ces occasions. Tenez-vous bien, mes sœurs dioulas sont d’une rancune très franche et directe. Si tu ne participes pas à ton tour, personne ne lèvera le pouce. Et il faut craindre dans ce milieu une fête ratée. La déprime risque de vous tuer. C’est pourquoi le mariage d’une femme des marchés est l’affaire de tous. Celles-là s’occupent de vendre le pagne choisi pour l’uniforme, celles-là sont aux petits soins de la mariée quand elle entre dans sa période de préparation, c’est-à-dire trois jours avant le jeudi, tandis qu’un autre groupe s’occupe du folklore, de la logistique. Le mariage, c’est plus l’affaire des femmes que des hommes.

Le jour du mariage, elles se mobilisent à la mosquée et prennent le soin de préparer dans le secret des femmes la chambre nuptiale. Une fois ce décor planté, c’est le tour de la soirée, puis la sortie de la nouvelle mariée, le lundi qui suit la célébration. Lorsque celle-ci signe son retour dans les marchés, c’est jour de chants, de danses, et d’arrosage au rythme des fanfares. De blanc vêtu, dans des t-shirts devenus moulants à force d’être mouillés, se laissent voir tous les « seins clairs » aux nichons intrépidement redressés,  soigneusement entretenus, et dont on imagine la lisseur, la mollesse, et la douceur sous des caresses. De quoi faire branler tous les esprits libres.

Les filles s’arrosent mutuellement dans une ambiance ludique et ordonnée. Pas comme les hommes dont le rituel de bizutage s’apparente à la barbarie. C’est aussi l’occasion pour les vendeuses d’eau en sachet de faire bonne recette. La mort du cabri du voisin rend agréable l’odeur de la sauce d’un autre. D’ailleurs si on ne lésine pas sur les moyens pour organiser un mariage, pourquoi réfléchir quand on sait qu’un sachet d’eau ne coûte que 10 F Cfa. Un sachet par ici, paf, on mouille celle-ci ou celle-là. Même le passant ou la passante récolte son lot de bénédiction. De quoi énerver souvent dans ces rues achalandées et sales de nos boulevards commerciaux.

Les imams, les vieillards auront beau s’échiner à fustiger ces pratiques, à sensibiliser et conseillers, les jeunes et leur entourage, n’entendent rien. La jeunesse est souvent têtue. Si votre jeudi arrive et que vous voulez vous mettre à l’abri de débordement de quelque ordre que ce soit, faites appel à des scouts. Ils sauront quoi faire.


#Jacqueville – Des toilettes sur pilotis

Toilette sur pilotis à N'djem et enfant en posture (Badra)
Toilettes sur pilotis à N’djem et enfants (Photo Badra)

N’Djem est un village dont les limites sont bercées par deux lagunes. Ebrié et Aby. Point d’entrée et de sortie du département de Jacqueville, c’est un village animé. La pêche, l’agriculture et le commerce occupent ses populations.  A son embarcadère qui ne désempli jamais, tangue un colossal bac donc le coup de réparation a conduit à son abandon et une partie du fameux pont dit de Jacqueville. Les petites vendeuses de tôfis (un bonbon traditionnel fait de lait de coco), de gâteau amidon (une autre recette ivoirienne propre aux zones côtières faite d’une combinaison d’amidon de manioc et de sucre), de bananes douces vraiment naturellement mûries  vous accueillent, avec des sourires commerçants quand vous y posez les pieds.

Outre son décor pittoresque,ses maisons en bambou, son ambiance de chantier, son air  tranquille régulièrement marqué par le vrombissement des petits bateaux-taxis,  ce qui frappe l’attention de tout passant et choque souvent les entendements, ce sont ces toilettes suspendus sur l’eau. Toilettes sur pilotis. Tout sort et tombe dans un plouf mélodieux dans l’eau pour le bonheur des poissons qui ont fini par rapprocher leur habitat de ces lieux. Qui est fou ? En ces périodes de disette, il ne faut pas refuser la nourriture.

La méthode étant tellement efficace, qu’elle est une astuce pour apprendre à pêcher. La matière fécale serait un bon appât. Les enfants qui s’essayent à la pêche, dans ces villages ont souvent recours à la méthode observée. L’astuce du maître consiste à déféquer sur un bout de filet à l’abandon, et les bons poissons, ou quelques poissons accourent pour se laisser capturer.

En parlant des toilettes sur pilotis, l’ingénieur qui a imaginé cet artifice d’évacuation et de soulagement comme on le dit chez nous, n’a pas effectué d’études d’impact environnemental ou sanitaire. Pour l’inconscient collectif de cette zone, tout comme dans ceux de la plus part des villages riverains du pays, en effet, faire des toilettes sur pilotis est une stratégie qui épargne tout une communauté de frais, souvent exorbitant, de creusage de fosses sceptiques. Ce même inconscient convainc, des esprits trop naïvement pingres que l’eau coule. Parce qu’elle coule, on peut se laver à deux (2) mètres des bordures, puiser l’eau destinée à la boisson cinq (5) mètres plus loin et déféquer ou uriner un peu en avant cela n’affecte en rien la qualité et la propreté de l’eau. Comme s’il s’agissait seulement de propreté.

A N’Djem, on pense que quand l’eau coule, elle emporte toutes les insanités qu’on y déverse. En effet, l’observation est loin d’être fausse. Elle est d’ailleurs d’une éloquence scientifique. Toutes fois puisque les villages sont en ligne, et que l’écoulement emprunte un sens ou un autre, les insanités sont simplement entraînées vers d’autres lieux, exposant ainsi d’autres populations qui sans savoir ce qui se passe en amont, juge l’eau par sa clarté et non, sa qualité, ignorant tout ce qui a pu se passer bien avant. Ces dernières aussi, de part leur activités, exposent d’autres populations et ainsi de suite, la chaîne poursuit son chemin macabre.

En voulant se mettre à l’abri d’éventuelles dépenses en infrastructures sanitaires, les riverains, sans le savoir, contribuent à la création d’autres situations? Ils polluent leur environnement et mettent en danger la santé et la vie de leurs enfants et de toute une population insulaire. Les déchets fécaux qui tombent, et qui sont avalés par les poissons, reviennent dans les marmites. On remange ce qu’on rejette.  Drôle de recyclage. Plouf, ça tombe, plouf plouf plouf on peut entendre les poissons se battre et se débattre pour avoir un morceau de la précieuse ambroisie et plouf dans le filet pour prendre la direction de la marmite.

L’Etat pour des raisons de pollution du fond marin, a interdit la pêche et la consommation des poissons de Jacqueville. Cette mesure prise par le Ministère de l’environnement et du développement durable, il y a quelque mois est salutaire. Les causes des pollutions ne peuvent pas uniquement se trouver dans l’attitude de quelques individus, qui pour faire bonne recette, n’hésitent pas à déverser des produits chimiques aux effets mortifères dans l’eau. Il faudrait aussi ausculter les effets des déchets humains. Enfin, inviter les populations côtières à de meilleures pratiques sanitaires ou les contraindre d’une manière ou d’une autre à détruire les toilettes sur pilotis.

N’Djem, n’est pas un cas unique, si on estime que ces toilettes sont des dangers à la fois pour l’environnement et pour la santé. S’il vous arrive d’être un jour sur la belle île de Jacqueville, s’il vous arrive d’avoir des envies de balades  quand l’aurore se pointe, si au cours d’une balade matinale, des villageois vous dépassent à répétition et en ordre ;  ne pensez pas que tous vont chercher à humer de la bonne air fraîche et saline de la mer en guise de cure par voex nasale. Bien au contraire, ils vont polluer la quiétude de la nature sablonneuse des bords et plages. Le pagne noué à la hanche pour les hommes et autour de la poitrine pour les femmes, les pas pressés ou lents,  petits sacs ou sachets contenant un objet rouge semblable à un instrument de laboratoire, mais qui en réalité sert à stimuler la libération du corps par voie anale… ne sont que des signes caractéristiques de villageois maillot officiel et munis de leur arsenal de toilette.

On comprend du coup que d’un endroit à un autre de la bande, les habitudes sanitaires sont différentes mais conduisent à la même réalité déconcertante : dans les villages de l’île les habitants n’ont pas l’habitude de se construire des toilettes. Ils aiment la liberté das vastes espaces. Parce que N’Djem ne s’ouvrent pas sur la mer, mais plutôt sur des lagunes, le mode est de mettre les toilettes sur l’eau ou de déféquer directement dans la lagune. Parce que les autres villages sont limités par l’océan, les plages servent automatiquement de toilettes et dépotoirs.

Sassako, Avagou, Akrou, Andoumangan… sont de beaux villages. Leur propreté est admirable. Leurs vastes plages parsemées de cocotiers, de loin, semblent bien entretenues. Et elles le sont. Mais en s’y promenant, il s’impose à toutes personnes étrangères de faire attention. Le passage est accompagné de petites senteurs divines, et les regards peuvent avoir la chance d’admirer en grandeur nature, de belles crottes humaines, artistiquement sculptées par les exploits de quelques anus trop rassasiés d’attiéké (semoule de manioc farci à la vapeur) et de fruits de mer.

En ces lieux, se mettre ne position de libération, sous un pagne, est un fait banal. On s’offusquerait en d’autre espace de voir un homme ou une femme, sur le point de se libérer, on pourrait même crier au manque de pudeur. Mais ici, point besoin d’alerté le monde à la vu d’un individu qui ne veut que satisfaire un besoin physiologique, donc répondre à un appel légitime de la nature. Ainsi, de jour comme de nuit, personne ne se cachent. Si de loin vous apercevez un vieillard ou un enfant, un homme ou la fille que vous avez abordé la veille, accroupi, ne soyez pas choqué. Cette personne est simplement en position de méditation d’urgence. Un petit trou dans le sable, une crotte moelleuse qui disparaîtra aussitôt fini sous le sable, par un coup de pied machinal. Et la vie continue après comme de rien fut.

En attendant que ces populations changent d’habitudes et modifient leur relation avec les bordures de l’océan qui berce leurs villages, les passants devront  s’accommoder.


Bapo, un village ivoirien éclairé à l’énergie solaire

village
Bapo (photo Badra)

Le petit village de Bapo se trouve dans le département de Jacqueville, à 6,5 km du village de Akrou, qui lui est à 5 km de la ville. Situé en bordure de la lagune Ebrié entre les pipelines qui drainent le gaz naturel et les cocoteraies villageoises. Faisant face aux villages de Taboth (devenu célèbre grâce au groupe Mapouka Taboth cadence et de Allaba (sous-préfecture de Dabou), Bapo était un beau village animé en raison de la présence de son bac et embarcadère à l’époque où la Société ivoirienne de coco râpé (SICOR) existait.

Aujourd’hui il se réduit à un simple village de deux rangés de maisons de fortune avec en son bout un cabanon en brique, hermétiquement fermé et dont la toiture supporte six (6) panneaux solaires. On peut voir à l’entrée du village, 6,5km avant deux pancartes fières qui invitent à la découverte du village éclairé par l’énergie solaire.

Bapo, est fier de ses huit (8) poteaux électriques qui éclairent le village. Pour le moment, les ménages ne sont pas servis, mais au moins il y a de quoi éclairer les rues et les aires de jeux nocturnes des enfants, des gardiens de la nuit, des amoureux. Il y a même un hangar collectif où chacun peut profiter de la télévision et recharger son téléphone.

En optant pour cette source presque gratuite, le village de Bapo s’inscrit dans la logique du développement durable certes, mais surtout, marque une transition très écologique et économique qui lui épargne les tracasseries d’alimentation en fuel du vieux groupe électrogène dont son électricité dépendait. Il se soustrait aussi de la dépendance d’une compagnie nationale, qui depuis quelques temps s’illustre par les coupures intempestives et gênantes. Ce type de projet d’électrification rurale, se présente comme une alternative de remplacement à encourager dans le nord de la Côte d’Ivoire où de nombreuses zones sombrent farouchement encore dans le noir. Le président de la République en à lui-même fait le constat et annoncé de nombreuses dispositions pour pallier la situation à une date sine die. Paroles de politicien.

En effet, depuis 2010 la Cote d’ivoire, vit la galère des coupures intempestives d’électricité. Les motifs se résument à la vétusté de l’appareillage de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) détentrice unique du droit de commercialisation de l’électricité grand public dans le pays. Parallèlement, la demande augmente en raison de la poussée démographique liée aux migrations de la crise ivoirienne, aux sabotages des réseaux électriques pour les distributions et commercialisations illégales du courant…

Ces diverses raisons, doublées de l’incapacité à satisfaire tous les ménages, ont contribué en 2010 à l’exécution d’une politique de délestage programmée afin de satisfaire chaque région et chaque ménage. Ainsi selon des jours, des heures et des zones, l’électricité était distribuée pour que l’Etat garde, sauve sa face.

Dans l’euphorie des crises électriques est né un personnage devenu célèbre de DELESTRON, l’anti-héros du délestage qui se plaît à couper le courant dans nos vies. Depuis 2013, de nombreux efforts de renforcements ont été effectues. Toutes fois, le malin héros  DELESTRON, n’hésite pas à frapper quand on manque de vigilance.

Photo(Crédit:Aly Coulibaly)

Photo(Crédit:Badra)

Ce personnage imaginé au bon moment, traduit l’indéniable malaise de nos Etats qui maintiennent les pays, sous le joug d’une dépendance d’entreprise coloniale, et du faible écho des efforts d’ONG qui s’échinent à faire comprendre et adopter les plans d’énergies alternatives. Il faut libéraliser le secteur et promouvoir les énergies alternatives. Le futur pourrait en dépendre.


Journée Mondiale du blog : Avis de MondoBlogeurs

(Photo Badra)
(Photo Badra)

« Le 31 août 2013 marque la Journée Mondiale du blog. Depuis quelques années, des personnes de toutes les sphères font appel à ce moyen de communication, devenu incontournable pour communiquer, dialoguer, présenter leurs produits, … Les Mondoblogueurs ont décidé d’immortaliser cette journée de la manière la plus simple possible : répondre à la question suivante : que représente le blogging pour eux ? Ce billet qui a vu la contribution de plus d’une dizaine de Mondoblogueurs donne les points de vue de ce qui ont participé à l’édition de cet article. » (Par  le 31 août 2013)

Photo(Crédit:Mondoblog)

1-Limone, Tunisie

Dernièrement, j’entendais un étudiant de l’école nationale de journalisme de Tunis s’insurger de l’inutilité du blog après la révolution. Un futur journaliste contre le blogging. Contre la diversité des points de vue rendue possible par Internet et la levée de la censure. Le blogging pour moi, c’est le bouleversement du schéma traditionnel de l’information, la fin du monopole des médias, la possibilité donnée à chaque citoyen d’avoir son mot à dire dans l’espace public.

2-Salma Amadore, Cameroun

Le blogging pour moi représente une activité qui me permet d’exercer le journalisme que j’ai toujours voulu, celui qui part des faits et des expériences des gens pour parler d’un sujet. Tenir un blog me permets de m’exprimer comme je veux, sans trop de sévérité. Pour moi qui a l’expérience des rédactions, j’ai été très frustrée des fois de devoir réécrire ou mettre aux oubliettes un article à cause « de la ligne éditoriale » du journal. En bloguant, je suis libre, je suis moi, je suis l’autre qui me lis et veut aussi me dire sa part de réalité. Loin de la routine des autres canaux d’information qui nous plongent dans la routine avec des mêmes personnalités, les mêmes stars, le blog est proche de l’homme ordinaire, c’est l’homme ordinaire qui est au centre du blog, celui qui veut s’exprimer et ne le peut pas dans les chaines officielles, trouve dans le blogging, le moyen de s’exprimer, d’échanger et de s’enrichir de nouvelles connaissances.

3-Baba Mahamat, Centrafrique

Il ne fait aucun doute, le blogging à inévitablement changé la face du monde. Le blogging est devenu une forme d’expression très prisée par des personnes et structures dans divers domaines. Il permet d’échanger avec les lecteurs qui sont participent à son animation. Il y a dans le blogging, l’esprit de mettre les lecteurs au centre en interagissant avec eux grâce à des commentaires autres formes de partage. Ce qui le rend différent du média traditionnel est le fait que n’importe qui peut tenir un blog et ce, sans une formation préalable contrairement au journalisme par exemple. Une manière de communiquer est née grâce au blog, le journalisme citoyen. En Centrafrique où les événements ont comlètement  bouleversé la vie de paisibles citoyens, bloguer me permet de brosser la situation extrêmement difficile que vivent mes citoyens et en profiter pour dénoncer une tragédie oubliée par la communauté internationale, qui aurait pu être évité si l’intérêt du peuple était au centre des préoccupations au détriment des considérations personnelles.

4-Josiane Kouagheu, Cameroun

Bloguer pour moi, c’est tout simplement être moi. Ecrire pour dénoncer et interpeller, sans mensonge et sans maquillage.

 5-Osman Jérôme, Haïti

Sans trop de crânerie, je dirais que, le blogging est pour moi, ce que la raison est pour le philosophe. Car cela me permet de pénétrer  la profondeur de la réalité quotidienne de mon paysRéalitéque j’essaie de parler sur mes blogs avec un ton un peu différent des médias classiques.

Depuis le jour que j’ai commencé à bloguer pour de vrai, je ressens  que, quelque chose a changé en moi en tant que citoyen. Après plus de deux ans de d’activité, désormais, je me sens plus engagé, plus concerné dans la lutte de la nouvelle Haïti, dont je suis un fanatique.

6-Mylène Colmar, Guadeloupe

Lancer un blog, écrire un billet, puis un autre, et encore un autre, en veillant à se renouveler, à livrer des informations (de son point de vue) intéressantes, à garder un œil critique. Animer un blog, lire les commentaires des lecteurs, se réjouir des compliments, répondre aux questions, défendre son point de vue et faire entendre sa voix. Tenir un blog, avec difficulté, parfois, avec plaisir, souvent, avec sincérité, toujours.

7-Pascaline, France

« Deux ans. Voilà deux ans que j’écris et que le blogging à pris une place de plus en plus importante dans ma vie. C’était d’abord une distraction, un moyen pour moi de prolonger mes écrits universitaires d’une manière beaucoup plus ludique, en racontant et en vivant de belles sorties culturelles. Puis, c’est aussi devenu un moyen de compter ma vision du monde, mes voyages, mes passions tout en réfléchissant au regard que je portais dessus, en le déconstruisant. Aujourd’hui, c’est devenu un biais indispensable par lequel je développe ma pensée, mes idées, en les confrontant aux lecteurs. Leurs réactions me font avancer, réfléchir, remettre en question dans mon écriture mais aussi dans cette vision du monde. Indispensable donc, pour demeurer une « femme qui interroge ». »

 8-Aurore, Allemagne

Le blogging ou la valise 2.0.

Bloguer, c’est plier, empiler et ordonner au fond d’une valise virtuelle et planétaire des souvenirs, des avis, des incertitudes, des débats, des rencontres, des tous et des riens, des pleins et des vides, du futile, du sérieux, des histoires, de la poésie, des coups de gueule, des coups de joie, des injustices, des dénonciations, des déceptions, des messes basses, des combats, des confidences, des incertitudes, des Révolutions…

9-Babylas Serge de SOUZA, Benin

Blogueur par passion

C’est à la faveur d’un stage en médias et démocratie à Copenhague au Danemark en octobre-novembre 2010 que je me suis essayé au bloging. Ma passion pour le web journalisme me  permettra plus tard d’intégrer la deuxième édition de Mondoblog où, grâce à un encadrement judicieux, j’ai pu véritablement apprendre le b, a, ba, les contraintes et les exigences du blogging et de la publication en ligne.

Après la formation MondoblogDakar 2013, je revisite régulièrement mes connaissances à l’aune des innovations majeures, des mutations et des nouveaux développements du secteur médiatique, au jour le jour en tant que blogueur.

Aussi, pour moi, le blogging est une manière d’être, une forme d’expression parmi tant d’autres et pourquoi pas, un formidable espace d’échange, de partage.

 10-Ladji Sirabada, Côte d’Ivoire

Mon blog, mes amis, le monde, la chaleur…

Parce que je blogue, j’appartiens à une communauté qui écrit et qui crie, qui saupoudre et qui fustige; une communauté qui arrange et souvent dérange, qui chante tout en interpellant, qui enseigne et renseigne, qui appelle et interpelle, qui éduque, distrait, et s’occupe…

Parce que je blogue, je convoque bon gré, mal gré une communauté qui se renseigne ou enseigne, qui partage ou s’enferme, qui se satisfait ou se plaint de, qui encourage ou insulte, qui consomme sans ou avec modération, qui dit merci ou merde, qui félicite ou blâme…

D’un coté ou d’un autre, en bloguant, je me mets à la croisée de plusieurs chemins. Chemins de confrères. Chemins de lecteurs. En bloguant, je partage mon monde ou ce qu’il y a à partager pour ne point me sentir seul.

 Mon histoire du blog, commence avec la neige. Le blanc qui tombe et qui plonge le noir dans le lointain souvenir de la chaleur des terres ancestrales  et des miens.

En tombant, en m’enfermant dans un univers que je qualifiais  »aussi d’exotique », le blanc, m’a offert des pages blanches à remplir, m’invitant à me soustraire de la solitude, du dépaysement, d’un monde dans lequel, je me suis retrouvé, par concours de circonstance divine.

Mon blog fut, mon bois de chauffe. Il fut la vitrine de présentation de mon nouveau monde…

A chacun, je souhaite une expérience de blogging…pour un monde plus ouvert, sans barrière et avec beaucoup de chaleur…

Je bloggue; bloguons donc, puisque c’est la ten-dance.

11-Nelson Deshommes, Haïti

C’est une phrase magique qui a ouvert mes yeux sur le monde du blogging: « La beauté de l’internet c’est qu’on apprend en marchant ». Et dépuis lors, je fais de ce slogan ma principale source de motivation. En effet, le blogging est pour moi un centre d’apprentissage. Il m’est aussi un moyen de peaufiner mon écriture, et surtout d’apporter ma contribution dans la présentation d’une autre Haïti aux yeux du monde. Dorénavant, un blog est un instrument de communication où chacun peut placer son mot sur le dévenir de notre planète. Maintenant avec un blog, n’importe qui peut marquer d’une autre manière et de façon indélébile son passage dans ce monde.

12. Berliniquais, Martinique 

Pour moi, le blogging, c’est ma deuxième grande passion. Comme chacun sait, ce que j’adore par-dessus tout, c’est de chanter sous la douche. Mais malheureusement, quand je chante sous la douche, il n’y a personne pour m’écouter. C’est triste à mourir. En revanche, lorsque j’écris dans mon blog, le monde entier peut lire mes humeurs. Donc pour moi, écrire un blog, c’est un peu comme chanter sous la douche devant un large public ébahi d’admiration. Quel bonheur!

 13-Boubacar Sangaré, Mali

Parlons du blogging mais pas pour y consacrer un billet qui appelle, comme chacun le sait, chaque fois un sérieux et une application énormes. Il est tout simplement question de livrer son point de vue sur ce phénomène dont la fièvre a saisi le monde, singulièrement dans sa composante jeune.

Alors, c’est un avis très personnel que je vais livrer. Quand on me parle du blogging, je ne peux pas ne pas penser à dire que, dans un monde qui se débat dans l’entonnoir des crises politiques, économiques voire sociales, tenir un blog ne peut qu’offrir une possibilité de calmer la soif de s’exprimer qu’éprouvent des millions de femmes et d’hommes repartis dans tous les pays. Et surtout à un moment où les idées sont l’arme privilégiée dans la « guerre des places » qui oppose d’abord les grandes puissances, et accessoirement toutes les nations. Ainsi, le blog, en tant que site personnel, donne l’opportunité de prendre part à ce concert des idées qui animent le monde.

Pour le petit et modeste journaliste que je suis, qui tient un blog depuis bientôt une année, le blogging a été un espace où il défend ses convictions, sa position sur un sujet qui fait ou non la Une de l’actualité locale ou d’ailleurs. Et ce qui a le plus éveillé mon intérêt pour cette activité, c’est le droit à la subjectivité dont jouit le blogueur. Le droit de dire son ressenti du moment et ses impressions propres. Ecrire à la première personne du singulier (je) une analyse dans laquelle se retrouveront beaucoup de lecteurs, me parait plus responsable  que l’emploi du « Nous » que le journalisme trouve objectif, mais qui me semble manquer de sérieux. C’est aussi indiquer que le blogging est un espace, aussi grand que le rêve. C’est, bref, un déversoir !

BONNE JOURNEE JOURNEE


L’électricité en Afrique, un problème majeur de développement : analyse et explications selon les Mondoblogueurs

Par  le 23 août 2013

« Nous avons tous ou presque, les mêmes problèmes, les mêmes douleurs, les mêmes aspirations. L’électricité demeure un défit indéniable dans nos différents pays, surtout en Afrique mais insurmontable ? Personne ne peut nier les causes et les conséquences de ce problème». Telle est la substance du mail que j’ai envoyé sollicitant la contribution des Mondoblogueurs pour ce billet collectif qui donne le point de vue ainsi qu’une analyse de la situation de l’électricité dans quelques pays d’Afrique.
Photo(Credit:jlgagnaire.com)Photo(Credit:jlgagnaire.com)

Le Roi soleil

Je pense qu’on ne saura jamais assez remercier Dieu pour toutes ses merveilles. C’est justement parce qu’il a fait des choses inexplicables qu’on dit qu’il est au dessus de tout. Oui je reconnais, il est très fort, car j’imagine un seul instant si cet astre nommé soleil appartenait aux hommes, ce que nous serions devenus.

Morts depuis longtemps sans doute. Il en est de même pour l’air, vous imaginez une société Aes-air ou Cam Air ou je ne sais comment la nommer, mais une société qui serait chargée de nous fournir de l’air quotidiennement pour notre survie ? Nous serions tous morts par manque d’air (une sorte de délestage de l’air). Par « nous » je parle des pauvres car je pense que les riches se feraient un plaisir énorme d’acheter des réserves d’air et tant pis pour les autres.

Y a qu’à voir comment ils sont insensibles aux cris de la population face aux nombreuses coupures intempestives d’électricité. Insensibles face à la fourniture insuffisante en énergie électrique dont une majeure partie de la population est victime. Nous pensions être enfin sauvés quand le groupe AES-sonel est venu au Cameroun. C’était la promesse pour nous : des factures moins chères, d’un réseau constant d’électricité, une équipe à notre écoute, bref une société rien que pour nous. C’était un leurre. Aes/sonel nous a fait découvrir un nouveau mot : « Délestage » finalement devenu« détestage » tellement la rage montait peu à peu.

Aes coupait le courant quand elle voulait sans nous prévenir. Aes nous faisait payer un entretien de compteur pendant des années sans trop savoir pourquoi. Aes augmentait le prix du kilowatt quand cela l’enchantait, Aes c’était finalement plus investit dans le business des mines que dans sa mission première : nous fournir de l’électricité. Elle est partie par la petite porte et rien n’a changé.

« Energizing Cameroon » un slogan fort qui vous pousse à apprendre la langue de Shakespeare, mais vous perdez vite votre enthousiasme et préférez de loin la formule populaire « Obsurizing Cameroon » quand vous revenez à la réalité. Avec ça,  nous parlons chaque jour de développement au Cameroun, je pense que ce n’est pas pour demain en tout cas (2035, peut-être) et de nombreux camerounais seront sans doute morts avant que le reste n’atteigne le bout du tunnel, un tunnel obscur (prenez vos bougies s’il vous plait).

Comment penser au développement quand suite à des coupures d’électricité, des congélateurs ne fonctionnent pas et que trois jours voire une semaine après, quand c’est rétabli, les commerçants nourrissent les populations avec du poisson ou de la viande faisandée ? Comment penser au développement quand, lorsque l’Etat veut encourager les PME et qu’un jeune ouvre une scierie, elle ne fonctionne pas pendant des semaines, alors qu’il a des employés à payer ? Comment vouloir s’arrimer au reste du monde et l’usage des nouvelles technologies par la jeunesse quand par manque d’électricité, une salle d’informatique dans un établissement X ne peut fonctionner pour que les élèves en profitent ? Comment, comment,

J’ai vu des choses, des parents désespérés qui devaient forcer leurs enfants à apprendre sous l’éclairage d’une bougie ou d’une lampe tempête. Parlant de la lampe tempête, je me rappelle que durant mon enfance, on en achetait pour mes grands parents aux villages. Mais de nos jours, elle est devenue bien plus utile en ville qu’ailleurs « ancienne sonel » c’est son nom chez nous. J’ai vu des enfants morts, calcinés parce qu’ils apprenaient avec des bougies et se sont endormis éternellement. Si les enfants sont l’avenir d’un pays, alors notre avenir se fera t-il avec des Machabées ?

 

Photo (Crédit:Samla Amadore)

Photo (Crédit:Samla Amadore)

Si la situation a ainsi dégénéré, c’est aussi la faute de l’état pas assez présent pour frapper le poing sur la table. Les membres de l’état toujours occupés à inaugurer les Barrage de X, le Barrage de Y « qui fonctionnera en 2035 ». Nous sommes en 2013, il nous reste 22ans à supporter cette situation, en tout cas l’espoir fait vivre. Les populations ont beau revendiquer mais si cela entre dans les oreilles de sourds que faire ? Comment être content de payer une facture d’électricité très chère quand on est dans le noir constamment ?

La dite société a sans doute changer d’équipe dirigeante, mais les problèmes subsistent, déjà à Bamenda j’assiste à plus de trois coupures par jour. Bizarre car je me dis que les problèmes dont je parle ne sont la réalité que d’une tranche de la société. Une tranche de la société parce que déjà un nouveau produit d’AES a été lancé il y a quelques jours : Easylight. Parait qu’avec Easylight, il est possible de voir l’évolution de sa facture en s’inscrivant et en inscrivant le numéro de votre abonnement. Le règlement des factures par le téléphone mobile est aussi possible.

Initiative louable mais qui, je le regrette ne colle pas à la réalité une fois de plus. Pour s’inscrire, voir sa facture ou encore imprimer sa facture par le net, il faut de l’électricité (ce dont nous manquons actuellement en milieu urbain, je ne parle même pas des zones rurales).

Heureusement ou malheureusement des camerounais ingénieux se sont tournés vers le Roi Soleil. Heureusement parce que désormais nous avons des lampes, des panneaux, des torches, des téléphones et même des ordinateurs solaires. Malheureusement car en saison pluvieuse il sera difficile de les utiliser vu comment le climat est instable. Ces outils quotidiens solaires nécessitent sans doute, encore des recherches approfondies pour une plus longue autonomie et une durée de vie plus grande. Quand ce sera fait, faudra revoir le prix car pour que chaque famille jouisse des technologies solaires, faut bien que  le prix de ces outils colle à la réalité de son pourvoir d’achat.

Une équation qui, j’en suis sure sera résolue, je préfère m’arrêter là, il fait nuit et vu que je suis dans l’obscurité je n’ai pas envie d’écrire sous l’éclairage d’une bougie.

Au Cameroun, tout le monde est aveugle à la tombée de la nuit

Le cargo roule à vive allure. Dans le car, une vive dispute a éclaté entre une femme bien en chair dont le large postérieur occupe une bonne partie du siège et une autre femme, plus mince. Les autres passagers s’y mêlent. La dispute devient générale. Je ne parviens plus à suivre les informations à la radio. «Mais taisez vous. Laissez-moi suivre mes infos. Depuis hier, il n’y a pas d’électricité à la maison », lance-je. Trop tard ! Mon Dieu j’ai crié ! «Que vont-ils me dire ?», me demande-je toute peureuse. Dans ma tête, je passe déjà en boucle tous les noms d’oiseaux dont on va me traiter. Dans un cargo à Douala, on est lavé d’injures. Ce n’est pas moi qui le dis. Les conducteurs de ces engins sont d’ailleurs appelés «hors la loi ». Même les policiers en ont peur. Surprise !

-Ah ma petite toi aussi ? Regarde mes bras ? Les moustiques m’ont tout mangé cette nuit. Trois jours que je n’ai pas d’électricité. Si je tiens ces hommes, je les tue. Maudite Aes Sonel (société en charge de l’électricité au Cameroun), peste le chauffeur.

J’ouvre mes yeux tout ronds. Pour une fois dans le cargo, le conducteur n’injurie pas. Il ne discute pas non plus, il accepte. Autour de moi, la vive dispute a cessé. Mes deux voisins de derrière qui parlaient avec passion du Fc Barcelone et de Messi se sont tus. Les deux femmes aussi. «Tu parles ma fille. J’ai déjà perdu des centaines de mille de F Cfa à cause d’eux ! Je suis à Douala comme si j’étais au village d’avant, sans lumière », me dis ma voisine avec colère. Et à chacun de me raconter sa petite histoire sans lumière. Et à eux de me conter leur vie d’aveugle. Et ces enfants, ces hommes et femmes qui ont péri dans un incendie. Ces commerces incendiés. Des 23 passagers, chacun avait quelque chose à dire. Dieu, en mal, en pire d’Aes Sonel. «Il n’y a pas d’électricité au Cameroun», m’a dit un vieux papa, sourire édenté à sa descente. Et il m’a regardé plein d’espoir :

Ma fille tu crois que je peux aller là bas et leur dire (Aes) de ne plus couper ma lumière parce que je paie ma facture tous les mois ? Tu sais je n’ai jamais passé un mois sans le faire. Je préfère régler ma facture et rester affamé. Je peux ?

J’ai eu honte de répondre à mon papa. D’ailleurs, qu’aurai-je pu lui dire ? Tout le monde vit sans lumière au Cameroun. On a des barrages, le soleil et tout. On s’en vante ? Mais, on devient tous aveugles à la tombée de la nuit !

Il y a bien des années que les centrafricains ont ancré dans leur dictionnaire le mot coupure ou délestage. L’électricité en RCA, un pays ne possédant presque pas d’industries à l’exception de l’entreprise d’un libanais qui fabrique de l’eau minérale Oubangui est une denrée rare au sens propre du terme. Les problèmes de cette fameuse entreprise, l’unique et parapublique, dénommée Enerca (Energie Centrafricaine) sont légion. Les citer, on pourrait passer toute une nuit en prenant des somnifères. Mais, même si les difficultés techniques et d’organisations ne sont pas à cacher, la mauvaise gestion de cette structure a fait d’elle ce qu’elle est de nos jours : juste une silhouette et du squelette.  En plus d’un problème d’amortissement des appareils qui souvent datent de l’époque coloniale, le vol d’électricité par la plupart des consommateurs n’arrange non plus la situation. En fin de compte, tous les problèmes ont trouvé une place.

Les conséquences de ces problèmes sont indiscutables. Le délestage que le centrafricain est obligé de gèrer à la longueur de la journée n’a pas de nom. Encore au début des années 2000, on pourrait faire semblant de se vanter en regardant les séries télévisées qui passait à l’unique chaine disponible gratuitement en Centrafrique, la TVCA (Télévision Centrafricaine) en début de la soirée, un luxe qu’il faut avoir les reins solides avant de prendre maintenant avec un groupe électrogène. Mais vers les années 2003, la situation s’est considérablement détériorée.

Je me plaignais tout comme tous les autres habitants de cette heure de délestage programmé dans chaque quartier, mon quartier subissait de 18 heures à 19 heures, mais en 2003, l’électricité ne manifestait que pour quelques heures, difficilement 8 heures de temps. Avec le temps, les habitants de mon quartier et moi sommes habitués à voir la lumière apparaitre de 5 heures à 7 heures (et il faut surtout avec beaucoup de chance) et de 16 heures 30 min à 18 heures. Chaque habitant s’est imposé cette contrainte au fil de temps qui a considérablement influencé sur le niveau des élèves et étudiants, le syndrome de la baisse de niveau. Des usagers en passant par les entreprises qui se comptent sur les bouts de doigt, les bars qui ne mettent plus assez de musique à certaines heures, nul ne peut ignorer la conséquence du manque de l’énergie chez le centrafricain.

Les problèmes de la société d’énergie centrafricaine sont surmontables. Le début doit être une volonté politique des dirigeants à opter pour une gestion transparente de ladite entreprise. Il faut que l’Etat investisse dans l’achat de nouvelles turbines sans oublier la mise en marche des autres sources d’énergies dont Boali 2 et 3 en plus de Boali 1 déjà opérationnelle, et autres matériels et pièces qui ont subi des amortissements au fil du temps. Que des jeunes techniciens compétents soient formés, envoyés dans de grandes écoles d’électricité et de mécanique, que l’Etat pense à une politique de vulgarisation de l’énergie solaire qui est largement adopté dans certains pays. L’Enerca tout comme la plupart d’entreprises de gestion d’énergie en Afrique devrait être privatisée. La privatisation n’est pas une si mauvaise idée même si les entreprises telle que AES- Sonel au Cameroun peine à gagner la confiance des consommateurs qui se plaignent de la pénurie de cette denrée rare. Ainsi, privatiser l’Enerca pourrait être un dernier recours pour sauver Enerca dans sa chute inéluctable.

« J’étais dans ma chambre en train de rédiger un travail de recherche, à Rabat. Soudain, le courant est parti la nuit pendant près d’une heure. Le lendemain, pendant la journée, il est parti également pour une heure. Ce sont des cas rares à Rabat où je me trouve sans obscurité. En ces deux instants, je me rappelai de mon pays, la Guinée. Dans mon pays, l’électricité est avec l’eau, des denrées rares malgré l’existence de matières (château d’eau de l’Afrique de l’ouest, conditions climatiques diversifiées et favorables). L’Etat a dépensé 260 millions $ pour assurer l’électricité dans le pays. Mais cela n’a été que de la poudre dans les yeux. Que peu d’heures de courant irrégulières au cours de la semaine.

Il est aisé de faire de triste constatation. On peut constater la vétusté des installations, malheureusement peu ou pas entretenues. On peut voir le détournement des fonds. Comme l’échec dans la construction du barrage de Garafiri qui reste un cauchemar dans l’esprit du Guinéen. Pour cela, des Guinéens de toutes classes avaient contribué. La dépendance des centrales thermiques fait que l’Etat continue à dépenser beaucoup avec des résultats faibles. Aussi, faut-il ajouter les faiblesses des gestionnaires de l’Electricité De Guinée (EDG) et la faible considération par elle de l’ampleur du problème. Le recours aux micro-barrages est pourtant possible mais ceci est peu pensé comme alternative.

Tout cela fait subir à l’Etat des pertes colossales et de la révolte au niveau des peuples. Les micro-entrepreneurs dont leurs sources en dépendaient entièrement  en souffrent. Le vendeur d’eau glacé ne peut plus car l’électricité a disparu. Ce qui chauffe les classes sociales basses, se trouvant anéanties. C’est pour cela, que les émeutes de Ratoma, Dixinn… étaient pas inévitables.  Mais on ne saurait oublier le nouveau contrat signé entre l’entreprise Aggreko et le gouvernement guinéen récemment. Pour 10 millions $, cela devrait fournir 50 méga watts à la Guinée pendant six mois. Et aussi, la construction du barrage hydro-électrique de Kaleta. La Guinée peut s’inspirer du Maroc par la diversification des sources énergétiques: barrages, éolien… Le Maroc s’est fixé pour vision d’atteindre 42% de production d’énergie renouvelables.

Au cours des dix dernières années, les questions de délestages n’ont jamais quitté le devant l’actualité guinéenne. Entre promesses qui ne seront point tenues, communiqués accusant la sécheresse d’avoir tari les fleuves ou les intempéries ayant causé la chute des câbles électriques et violentes protestations, notamment dans les rues de Conakry la capitale, EDG (Electricité de Guinée) ne cesse de nous faire vivre des images qui n’honorent pas du tout les appellations ‘ châteaux d’eau de l’Afrique occidentale’ ou encore ‘ scandale géologique’ que les scientifiques ont donné à la Guinée.

Si on se réfère à des centaines de millions $ que le gouvernement a investi dans ce secteur entre 2011 et ces dernières semaines pour endiguer la pénurie d’électricité, tout porte à croire que les fonds ont été mal gérés voire détournés de leur destination finale. Plus on enregistre des investissements, plus le courant électrique se fait rare dans les foyers. Pourtant la Guinée Conakry est le pays le plus arrosé d’Afrique de l’ouest  et c’est  sans compter les potentialités minières telles que la bauxite, l’uranium, l’or…dont elle dispose.

Ce triste constat n’est pas sans conséquences sur le plan économique et sécuritaire. En effet, toutes les usines, tous les bureaux des administrations publiques et privées sont alimentés par des groupes électrogènes au moment où 1 Litre de pétrole est vendu à 9 500  GNF à la pompe.

D’ailleurs, certaines PME dont le fonctionnement dépend directement à l’électricité ont fini par mettre la clé à la porte, plongeant ainsi de nombreux travailleurs dans le chômage. En marge des manifestations contre les délestages, plusieurs actes de vandalisme à l’encontre de l’EDG ainsi que les pillages des commerces ont été dénombrés.

Aujourd’hui, tenir les  points de charge de téléphones portables est devenu une activité lucrative qui permet à quelques diplômés chômeurs de joindre les deux bouts.

Comme il fallait s’attendre, le manque de lumière pendant la nuit facilite aux malfrats dans  l’accomplissement de leur sale besogne. Récemment, le ministère de l’énergie a annoncé la signature d’un contrat de location de groupes électrogène d’une capacité de 50 MégaWatt avec une entreprise britannique pour la fourniture de l’électricité à la capitale. Coût de la transaction: 11 millions $,  pour une durée de six mois  à compter du 31 août prochain. Cependant, un barrage hydroélectrique de 240 MégaWatt est en construction en ce moment à Kaleta. À en croire les experts, la mise en service de ce barrage va résoudre définitivement le problème.

Ladji SIRABADA, Côte d’Ivoire

BAPO : de l’énergie électrique au solaire, transition réussie

Le petit village de Bapo est situé dans le département de Jacqueville, à 6,5 Km du village de Akrou, qui lui est à 5km de la ville. Situé en bordure de lagune ébrié entre les pipelines qui drainent le gaz naturelle et les cocoteraies villageoises et faisant face aux villages de Taboth (devenu célèbre grâce au groupe Mapouka Taboth cadence et de Allaba (Sous préfecture de Dabou), Bapo était un beau village animé en raison de la présence de son bac et embarcadère à l’époque où la Société ivoirienne de coco râpé (SICOR) existait.

Aujourd’hui il se réduit à un simple village de deux rangés de maisons de fortune avec en son bout un cabanon en brique, hermétiquement fermé et dont la toiture supporte six (6) panneaux solaires. On peut lire à l’entre du village, 6,5km avant deux pancartes fières qui invitent à la découverte du village éclairé par l’énergie solaire.

Bapo, est fière de ses huit (8) poteaux électriques qui éclairent le village. Pour le moment, les ménages ne sont pas servis, mais au moins il y a de quoi éclairer les rues et les aires de jeux nocturnes des enfants, des gardiens de la nuit, des amoureux. Il y a même un hangar collectif où chacun peut profiter de la télévision et recharger son téléphone.

En optant pour cette source presque gratuite, Bapo s’inscrit dans la logique du développement durable certes, mais surtout, marque une transition très écologique et économique qui la soustrait des tracasseries d’alimentations en fuel du vieux groupe électrogène dont son électricité dépendait, et aussi de la dépendance d’une compagnie nationale, qui depuis quelques temps s’illustre par les coupures intempestives et gênantes. Ce type de projet d’électrification rural, se présente comme une alternative de remplacement à encourager dans le nord de la Cote d’Ivoire où de nombreuses zones sombrent farouchement encore dans le noir. Le Président de la République en à lui-même fait le constat et annoncé de nombreuses dispositions pour pâlier la situation à une date sine die. Paroles de politicien.

En effet, depuis 2010 la Cote d’ivoire, vit la galère des coupures intempestives d’électricité. Les motifs se résument à la vétusté de l’appareillage de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE) détenteur unique de droit de commercialisation de l’électricité grand publique dans le pays, au manque absolu de concurrence alors, à la forte demande de la poussée démographique liée aux migrations de la crise ivoirienne, aux sabotages des réseaux électriques pour les distributions et commercialisations illégales du courant…

Ces diverses raisons, doublées de l’incapacité à satisfaire tous les ménages, ont contribué en 2010 à l’exécution du politique de délestage programmé afin de satisfaire chaque région et chaque ménage. Ainsi selon des jours, des heures et des zones, l’électricité était distribuée pour que l’Etat garde sauve sa face.

Dans l’euphorie de crises électriques est né un personnage devenu célèbre de DELESTRON, l’anti héros du délestage qui se plait à couper le courant dans nos vies. Depuis 2013, de nombreux efforts de renforcements ont été effectues. Toutes fois, le malin héros de DELESTRON, n’hésite pas à frapper quand on manque de vigilance.

Photo(Crédit:Aly Coulibaly)

Photo(Crédit:Badra)

Ce personnage imaginé au bon moment, traduit l’indéniable malaise de nos Etats qui maintiennent les pays, sous le joug d’une dépendance d’entreprise coloniale, et du faible écho des efforts d’ONG qui s’échinent à faire comprendre et adopter les plans d’énergies alternatives. Il faut libéraliser le secteur et promouvoir les énergies alternatives. Le futur pourrait en dépendre.


Les trois lacs pétrolifères de la commune d’Abobo

Devanture de la Mairie d'Abobo (Ph.Badra)
Devanture de la Mairie d’Abobo (Ph.Badra)

S’il y a une commune dont le nom, à Abidjan, est associé à tout ce qui ne peut ni surprendre, ni étonner, c’est bien Abobo. A Abobo, il n’y a ni mer, ni lagune. Pourtant on y trouve un port maritime virtuel très célèbre. Le deuxième du nom de la ville d’Abidjan. En ce port travaillent toutes les catégories de chômeurs et de vagabonds dont la fertilité de l’imagination a toujours eu le dessus sur la naïveté de leur compagnes. Marechal DJ et la série ivoirienne Ma famille que mes chers amis camerounais aiment tant, ont crée, institué, institutionnalisé et pérennisé l’idée du virtuel port d’Abobo. Ce port aurait été idéal vu toutes les activités nées de la simple idée de son existence, avec ses faux travailleurs, mais il est purement idéel.

A défaut de port, la nature, ayant horreur du vide, a doté cette commune de lacs, qui si je ne m’abuse, produiront bientôt du pétrole. Dans lacs nés de nombreux rejets d’eaux usées sorties tout droit des nombreuses concessions bâties sans système d’évacuation d’eau usée, ou de restes très têtus des dernières pluies se dessinent des atomes d’or noir. Restes qui, sans pouvoir s’évacuer, ou trouver un chemin d’écoulement vers des caniveaux bouchés et très vite rebouchés, ont pris sièges en des endroit très stratégiques de la commune du ministre du pétrole, l’honorable député et maire Toungara, lui-même ayant de très nombreux honorables députés, ministres et maires adjoints dans son conseil.

On se demande, si en dehors des élections, où il fallait mettre à contribution toute sa verve savoureuse pour récolter des voix et remporter des élections, ces derniers ont remis les pieds dans la commune. Impossible ou inquiétant si la réponse doit être positive. Et pour cause des eaux sales et fétides ont pris siège à des endroits où personne ne peut passer sans les voir. Je tenais pour l’occasion à l’avenir de mon WikoCinkslim dakarus de mondoblogus, pour ne pas le sortir en ces lieux et immortaliser ces endroits. Trois petits lacs ont maintenu notre regard…

#1 Le lac devant la Mairie…

Abobo, gare (Ph.Badra)
Abobo, gare (Ph.Badra)

La Mairie d’Abobo est située en plein centre de la commune. Le Bureau Ivoirien des Droits d’Auteurs (BURIDA), la Police économique, le Ministère de la santé doivent urgemment installer des unités de surveillance aux environs de cet endroit pour le bien être des populations et l’avenir de l’économie du pays. Le bâtiment, qui ressemble à un fumoir, n’a rien d’une administration dirigée par les sacraux patrons du pétrole, de l’énergie, de l’éducation, de la communication nationale et des saints leaders de la jeunesse du partie au pouvoir. On se demande quels conseils se donnent-ils mutuellement pour rendre belle leur commune.

Mais vu le décor qui entoure le bâtiment, on se demande, si en dehors des périodes électorales, ces hautes personnalités font l’effort de passer de temps en temps dans leur commune. Malgré la présence de ces hautes autorités, l’édifice tout comme son environnement choque. Coté Adjamé, les femmes anangos (nigériane) et leurs multiples objets de vente en plastiques se disputent la place avec les vendeurs de friperies, d’ignames etc., le dos est carrément transformé en une gare sans espace de circulation jouxtant une grande poubelle. La devanture du bâtiment est occupée par des commerciaux des agences de communication cellulaire, les gérants de cabines, les vendeuses de pain et de toutes les chinoiseries récupérées dans les zones industrielles. Il y a aussi des vagabonds, de voleurs dont on ignore encore l’objet réel de sa présence.

Et de l’autre coté de la voie, le grand espace est pris d’assaut chaque matin par tous les petits cireurs de Abobo derrière rails mais aussi et surtout par des nombreux vendeurs de médicaments traditionnels venus tout droit du Mali, du Niger et de la Guinée proposer leur service aux milieux d’ivoiriens atteints de kôkô (hémorroïde). L’autre versant de la clôture est occupée par mes tantes vendeuses de pommes, d’arachides, et des Taxis et Dinas décevants les quartiers Bloc Célibataires, Habitat, 4 étage, Akeikoi…

Enfin, juste à l’entrée, sans que cela ne préoccupe personne, la cerise sur la gâteau. Le lac. L’eau qui y stage est devenue verte de moisissure. La dessus planent des hordes de moustiques et de petites mouches qui se délectent de ce jus tellement fétide qu’il faut un cache nez quand on s’y trouve. Ce lac est le lac de la honte. Toute fois, il n’y a peut-être rien d’anormal, car si le pétrole est un dépôt de sédiments, peut-être que le destin de ce lac est de devenir un jour pétrole en rendant riche tout le salmigondis de population abobolaise en quête de pitance quotidienne pendant que « l’argent travaille ». Et oui, Abobo sera un jour un champ pétrolifère, car des lacs, il y en a partout et devant toutes ses institutions. Après la Mairie, la brigade de gendarmerie.

#2 Rond point de la gendarmerie…

Cet endroit est bien animé et bien connu. C’est même un repère pour de nombreuses personnes. L’endroit est aussi dangereux de jour que comme de nuit, malgré sa proximité avec le hakirisso (cours de la conscience) de feu Tangara Seed Goda est même transformé en marché. Ce matin, dans le wôrô wôrô, deux femmes discutent.

La première : Ici là aussi est salle ho !

L’autre : Ça va aller ma chérie. Les gens commencent à comprendre que ce n’est pas le pouvoir, mais ce sont les gens qui doivent changer leurs habitudes. Un jour Abobo sera comme Cocody et dépassera Yopougon. Tu vois avant, Yopougon était comme ici, mais aujourd’hui, les quartiers comme Maroc, Ananeraie…Sont des exemples à suivre…

Abobo, Rond point de la gendarmérie ( ph.Badra)
Abobo, Rond point de la gendarmérie ( ph.Badra)

Cette dame est une éclairée. Elle a encore la foi. Combien en existe comme elle dans ce bled? La conversation nous conduit devant la brigade de gendarmerie. Un rond point qui à force de persévérance des tradipraticiens improvisés, venus de on ne sait où exactement et des vendeuses de feuilles et de tubercules, est devenu un célèbre marché.

Juste devant la clôture, des gens aux métiers inconnus sont assis. Ces personnes sont effrayantes de par leur posture. Voleurs ou corps habillés en tenues banalisées ? Les Murs de la gendarmerie sont occupés d’un coté par des vendeurs de sacs et syndicats de transporteurs, tandis que l’autre pan est décoré par des revendeurs de vieux journaux et de téméraires turfistes qui croient encore pouvoir faire fortune dans les jeux de hasards.

Ce haut lieu de défense de la commune a subit, il y a quelques années, la furia des populations fatiguées des abus des ses locataires avant d’être occupé par des FRCI et une confrérie de dozos (chasseurs traditionnels) en période de crise et post crise électorale, puis rétrocédé aux gendarmes pour l’exercice de leur devoir. Encore sur le mur sale et délabré on peut lire la devise Pro patria Pro lege. Et pourtant au nom de l’amour de cette même Patrie, les hommes en tenue sont insensibles face à la catastrophe qui se constitue devant leur brigade.

En effet, un autre lac y est né. En pleine rue, plus large que celui de la mairie. Sa présence est révélatrice d’un autre malaise que vivent nos zones urbaines: tous les conduits d’évacuation qui ont eu la chance d’exister, sont bouchés et aucun service technique de nos communes ne daigne faire de leur entretien et débouchage, une priorité. Après, on se plaindra des inondations et des dégâts qui suivent… Ce lac est particulier. Sa source est constituée par les eaux des dernières pluies qui refusent de descendre. Du moins, elles ne peuvent descendre. Sa présence permet de temps en temps aux naturothérapeutes installés juste à coté, de lancer quelques malédictions à l’endroit de quelques automobilistes imprudents, qui les arrosent en vrombissant leurs moteurs et pneus…Gnamokéde ni filé (regardez moi ce batard)…

Dans des pays normaux ou dans ceux qui rêvent de véritables émergences en 2025 ou dans une commune normale, les Services Techniques auraient vite pris le taureau par les cornes en aspirant l’eau stagnante et qui du coup menace la structure du bitume. En d’autres circonstances, les hommes en tenue, se seraient mobilisés pour soigner l’entrée de leur lieu de travail. Mais qui a le temps et pourquoi la chose publique devrait être l’affaire d’une corporation ? L’armée c’est pour le racket et non le nettoyage. Hum l’Africain… Enfin passons ce lac, rentons dans Abobo pour une autre découverte débilitante, le lac du super marché…

#3 Enfin le lac de la Rue des maquis d’Abobo…

IMG_20130615_090626Entre les résidences universitaires d’Abobo, devenues bastion d’anciens d’ex-combattants toujours en attente de la régularisation de leur statut et d’individus de toutes sortes, souvent transformées en ménages où prospèrent depuis deux ans des couples, et un supermarché de la chaîne de CashIvoire, se dresse une rue qui mène à une ribambelle de maquis et de restaurant. C’est la rue où les nuits sont bruyantes, chaudes et animées chaque soir à Abobo.

A l’intersection, stagne depuis quelques mois une eau rougeâtre que les automobilistes se plaisent à traverser pour refroidir leurs vieux moteur. En face, les propriétaires du super marché n’ont trouvé d’idées géniales que d’y dresser un pont de fortune avec des caisses, afin de permettre à leurs clients d’accéder au bâtiment commercial. Stratégie palliative et irresponsable. Le Ministère de l’environnement et du développement durable a pourtant lancé une campagne invitant chacun à nettoyer devant sa porte. Pour les propriétaires de ces lieux, l’entretien revient à la mairie ou au district. Il y a toujours des conflits quand il s’agit de partager les responsabilités de celui qui doit nettoyer depuis la création des Districts.

Notre eau rougeâtre a progressivement rongé le goudron et fait son nid. Elle refuse comme les autre de descendre parce que là ; il n’y a point de vannes d’évacuations ouvertes. Partout il y a de la boue. Cela doit faire sourire de joie les autorités de la commune, car parait-il encore, que le pétrole sort de la boue. Alors pourquoi faire disparaître la base d’extraction des futurs barils d’or noir au non d’une fichue esthétique urbaine? Tant que ça ne tue pas Africain, y a pas de mal à voir disparaître cette marre, nid des moustiques qui alimente les quartiers environnant de doses de paludisme. Et même si la commune et le supermarché ne nettoient pas les propriétaires des maquis et restaurants, auraient eux aussi, à leur tour, pu s’organiser pour arranger la route qu’empreinte leurs clients. Mais nada. Cela n’est pas de leur ressort. Tout le monde s’en fou. Que l’argent vienne aussi travailler.

Le pétrole en pleine rue. N’est-ce pas, une si mauvaise nouvelle. Si la découverte du premier gisement de pétrole à conduit le Président Houphouët Boigny à boire sa première coupe de champagne dans les années soixante dix, imaginez le nombre de bouteilles que les nouveaux dirigeants pourraient boire, à la joie de la découverte de gisements en plein air et de surcroit à Abobo ? Cela permettra à l’argent de mieux travailler.

En attendant que le pétrole soit, pensons un peu à notre environnement ou bien on vous fera écouter le tube des années 92 du groupe les SALOPARDS. Peace.


Willy Edoo Roger. Un jeune africain, vivant ailleurs…

Pour mieux apprendre, il faut enseigner. Avec l’intelligence artificielle, tout devient possible’ – Willy Edoo Roger, passionné des NTIC au service de la Formation.

Willy Edoo Roger (Photo Willy Edoo)
Willy Edoo Roger (Photo Willy Edoo)

La jeunesse africaine, à notre époque se nourrit de la culture du lointain, cultive le gout de l’ailleurs. Et pour causes : la situation socio-économique dans certains pays africains, l’inadéquation formation-emploi, le chômage et le manque d’espoir, la chronicité des crises et changements politiques, associées au couple népotisme-corruption obstruant l’égalité des chances à l’accès à l’emploi, la saturation des universités nationales cinquantenaires… Pour ces milles et une raisons, de nombreux jeunes choisissent d’immigrer ou de s’expatrier.

Willy Edoo Roger, jeune camerounais de 27 ans à l’enthousiaste communicatif et mordu d’informatique, fait partie de cette génération de jeunes africains de et dans la diaspora, qui nourrissent le rêve de créer une Afrique meilleure, grâce aux compétences qu’ils vont acquérir en Europe durant leur formation. Avec lui, on peut affirmer que le rêve se partage.

Ce jeune plein d’énergies et de sourires, sportif par moment, amoureux de théâtre et de Koffi Olomidé,  nostalgique des saveurs culinaires et des fraîcheurs du lac de sa vallée natale, auteur…vit à Lille depuis septembre 2012, où il prépare un Master en Ingénierie Pédagogique multimédia. Profitant de son parcours et de son expérience à l’internationale, Willy a découvert de nombreuses potentialités que les nouvelles technologies de l’information offrent pour l’apprentissage et le développement. S’il avoue que son rêve « est d’être le plus utile à la communauté, d’aider les jeunes Africains, à s’intéresser d’avantage aux études pour faire la différence »…son souhait  est que « les Etats conçoivent des programmes adaptés aux besoins des jeunes ». Au Pays des Eléphants, a rencontré, notre bonhomme qui, à cœur ouvert partage un peu de lui en répondant à nos questions.

Pourriez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours?

Permettez-moi d’entrée de dire bonjour aux abonnés de votre site et chaleureuses salutations à vous-même. Merci de m’accueillir sur votre espace de communication. Cela fait un peu plus de 27 ans que le petit Village de Nnemeyong dans le département  du Dja et lobo avec “Sangmélima la belle” comme capitale départementale m’a vu naître.

C’est dans cette ville paisible et studieuse que j’ai réalisé mon parcours scolaire primaires et secondaire jusqu’en 2004 année où j’obtins mon baccalauréat. Puis je m’installai à Yaoundé pour poursuivre mes études supérieures. 3 ans après je faisais partie des rares étudiants qui sortent  de la faculté de science avec une licence en biologie des organismes animaux. Après une année master en hydrobiologie et environnement pas très satisfaisante, ma passion pour les TIC m’a menée à m’inscrire en Master Technologies innovantes/informations stratégiques. J’ai obtenu mon diplôme à la fin de l’année académique et par la suite j’ai mis mon expertise au service informatique du  Ministère de l’économie de la planification et de l’aménagement du territoire du Cameroun, puis au Catholic Relief Services(CRS)…avant d’effectuer un mission de 12 mois à l’AUF au Vanuatu pour développer des cours en ligne dans le cadre du prestigieux et sélectif programme de volontariat international de la francophonie.

Comment vous est venue  la passion des TIC?

Dès le lycée, la médiathèque municipale de Sangmélima (dont je déplore la démolition au profit d’un restaurant au prétexte que les livres ne rapportent pas à la mairie) et la bibliothèque du lycée ont toujours été mes lieux préférés. A l’université, à la bibliothèque universitaire,  je passais des heures devant l’un des quelques postes disponibles. Cela m’a permis de me former à la recherche d’informations sur ordinateur. Il faut reconnaître qu’à cette époque, l’accès à l’outil informatique n’était pas facile, la maîtrise de son utilisation sortait de l’ordinaire. C’est donc la conjugaison du besoin de connaissances et la nécessité de maîtriser cet outil qui a fait croître ma passion pour l’informatique.

Willy Edoo Roger (Photo Willy Edoo)
Willy Edoo Roger (Photo Willy Edoo)

Avec toutes vos activités, comment gérez-vous votre quotidien ?

Mon credo est « ne jamais limiter nos défis mais toujours défier nos limites. » Les difficultés sont des mines d’ors à exploiter. Pour y arriver je ne fais qu’une chose à la fois et pas plus de deux heures à une même chose. Je me suis rendu compte que les alertes et les discussions me volaient beaucoup de temps mais elles donnent aussi des informations intéressantes! Je me suis donné des heures précises pour traiter mes mails (deux fois par jour 11h et 15h) les réseaux sociaux dans la soirée et les médias pour l’actualité. Lorsque ces journées sont terminées, je me consacre à moi en améliorant mes compétences soit en suivant des formations en autonomie ou encore en ligne comme par exemple avec coursea. C’est un bon moyen d’apprendre et et se former sans dépenser trop d’énergie et de finances. La jeunesse africaine devrait s’approprier ce moyen.

Comment et pourquoi êtes-vous en Europe ? N’avez-vous pas trouvez d’occasion de formation sur le continent ?

L’Afrique est un continent qui n’a pas encore assez développé ses relations internes. Pour se développer, elle doit pourvoir à sa jeunesse un environnement d’affaires et d’études plus paisible et plus serein. Cultiver les échanges académiques, économiques et culturels est une nécessité pour la valorisation de sa diversité culturelle. Mon pays, le Cameroun, qui est une “Afrique en miniature”, des efforts sont faits pour l’éducation des jeunes et l’adéquation enseignements-besoins reste un challenge. Ce qui rend le rêve difficile.

Ma mission de volontariat international m’a donné l’envie d’approfondir mes connaissances dans le domaine de la formation en ligne et de l’intelligence artificielle. Des recherches sur les établissements formant dans ce domaine m’ont orienté vers Lille1 qui est parmi les quelques (2) universités en France qui proposent ce type de  formation. Mes recherches m’ont permis de constater aussi que l’Algérie a des compétences dans le domaine mais malheureusement je n’ai pas pu trouver plus d’informations sur les possibilités de formation.

Pensez-vous que le volontariat apporte une valeur au (parcours)background des jeunes diplômés Africains ?

Certainement, sur le plan professionnel l’apport est important pour les jeunes diplômés de vivre une expérience professionnelle de niveau international. Au-delà les relations qui se nouent font de ces jeunes des citoyens du monde. Avec la Francophonie, l’accès aux personnalités est d’une facilité déconcertante. Au-delà les gens sont très chaleureux et loin de toutes les pressions imaginables.

Le volontariat est un système de partage d’information et de formation. Le partage de l’information permet de mieux percevoir l’impact de ces informations. Les gens bien informés peuvent en principe mieux décider. C’est ce que nous apprenons quand on vit dans la diaspora. La diaspora justement représente pour moi une partie de la population qui est à la recherche des ressources (humaines, financières, environnementales…) qu’elle n’a pas chez elle. En migrant je vais à la découverte d’autres horizons d’autres modes de penser, pour mieux comprendre les autres et me comprendre moi-même. Ce n’est que par un séjour qu’on peut mieux cerner les causes du succès. Mon souhait est que cette expérience puisse durer 2 ans minimum pour permettre aux jeunes de mieux s’approprier leur métier.

Pour terminer, vous êtes un jeune auteur. Quelque mots sur votre manuel…

Je travaille en ce moment à la mise à jour de mon livre qui parle de la conception de cours avec le logiciel Opale Avanced. Son titre c’est: L’ingénierie pédagogique avec Opale Advanced.  C’est un manuel pour la conception des cours adressé aux Formateurs qui veulent utiliser ce logiciel open source, disponible en version numérique. 

En attendant de vous lire, Au Pays des Eléphants, vous dit merci et à bientôt…


ANASUR- Une nouvelle mésure pour lutter contre l’insalubrité urbaine

Pré-collecteur d'ordures (Photo Badra)
Pré-collecteur d’ordures (Photo Badra)

« Finie la période de sensibilisation, maintenant place à l’action » Tels sont les mots du journaliste Ali Diarrassouba, sur RTI1 au journal télévisé de 20h du 26 juin 2013, pour annoncer le démarrage des actions de sanction par la brigade de salubrité, de toutes les personnes qui, de par leurs activités salissent l’espace urbain de la capitale économique Abidjan (la verdure longeant l’Autoroute de nord). Pour l’occasion, un reportage montrant des policiers de la brigade en question en action. Un Menuiser et une Tenancière de restaurant ont été les premiers contrevenants interpelés. Ou les premières victimes. Le premier est accusé de salir les bords de l’autoroute. La deuxième, coupable de ne pas tenir son lieu de commerce dans des conditions hygiéniques prescrites et acceptables. En direct, le premier s’est acquitté d’une amande de 10000 FCFA. Selon le Commissaire interrogé, cette amende varie part de 10000FCFA à 50000FCFA. Les contrevenants ont la possibilité de payer sur le champ ou, peuvent se rendre aux guichets de l’Agence nationale de Salubrité urbaine (ANASUR) pour régler la note.

Ils ont, d’après le reportage résisté, puis payé, après explication. Pour ce coup, on devrait dire chapeau à l’ANASUR pour l’initiative et cette action. On pourrait déjà saluer ces braves policiers pour cette opération d’éclat. Parce que nos villes sont sales. Très sales. La beauté de notre Abidjan est flétrie par des comportements inciviques. Il faut donc éduquer l’ivoirien, le punir. Parce que un peu de chicotte, peu faire changer. Et il faut du changement. Mais. Oui mais. Car de nombreux beaux projets, de nombreuses belles initiatives et actions ont étéannoncées avec beaucoup de boucan médiatique.Après, rien. Elles sont passées aux oubliettes jusqu’à ce que de nouvelles actions soient annoncées en fanfare pour le plaisir du peuple.

En tenant compte de mon expérience des satisfactions très courtes, (pardon, brèves) des actions et mesures d’éclats prises pour le bien-être des populations et pour que l’ivoirien soit plus fier de son pays, je m’abstiens de toutes félicitations. Je jouerai même le pingre en compliment. L’avare. J’attends de voir l’endurance de ces agents dans l’exercice de leur fonction et dans l’application stricte de cette mesure. Sanctionner tous les salisseurs publiques. Je me garde de toutes acclamations au regard de ce proverbe,  de ce illustre village inconnu, qui dit ‘Si ton sogoni s’est une fois tromper, dit toi, qu’il te trompera souvent.

Ce n’est point du pessimisme. Mais je suis curieux de savoir combien de temps cela pourrait durer. Jusquà quel niveau de satisfaction les agents commis à cette tache feront leur travail selon les règles de l’art. Je me souviens, qu’une année, de telles mesures avaient été prises pour règlementer le petit commerce dans la commune du Plateau. Ou pour assainir la cité Administrative du pays. Les vendeurs ambulants avaient été chassés. Une brigade spécial, doté de beau véhicules mise en place pour traquer les petits gérants de cabines, les vendeuses d’eau, de bananes braisés et quoi d’autre…? Les beaux vigiles, avec leur T-shirt gris, estampillés CIVESS ou je ne sais quoi, ont traqué, traqué, confisqué, saisi les téléphones, recharges… qui ont ensuite disparu…Le Plateau était assaini. Ses trottoirs dégagés. Mais tout fut comme un feu de paille. Chassé, votre nature, je vous garanti, qu’il reviendra en TGV. Les vigiles ont commencé à être les complices, les amis des petits vendeurs des trottoirs. Ils les protégeaient. Et recevaient des commissions. Parce qu’on ne les payait plus régulièrement. Parce que ce projet, une fois mis en route, n’était plus une priorité. Aujourd’hui, en dehors de la Sorbonne qui a disparu, les trottoirs sont plein de tout type de vendeurs ambulants. Le cas du Plateau, n’est qu’un exemple. Un cas parmi tant d’autre que montre la flexibilité de la dextérité de l’ivoirien quand il s’agit de l’intérêt public, de mener à bout un projet, une mesure.

Messieurs les membres de la brigade. Si je me réfère au reportage, et selon votre deuxième contrevenante, votre action doit être juste et impartiale. Il s’agit d’hygiène, de cadre de vie. Donc de la vie. Il faudra traquer toux ceux qui salissent et polluent nos villes. Pas d’exception. Pas seulement les pauvres commerçants, débrouillards. Mais aussi les « grands » industriels, dans les Zones.  Pas seulement les espaces visibles. Allez dans les méandres de nos quartiers. Que les vendeurs de GARBA, n’échappent pas à vos filets afin, que l’ivoirien, bonnement, ne soit pas fier de dire « on aime, c’est doux quand c’est sale ». Il y a ces Lavages-autos de fortunes qui bouchent nos caniveaux. Venez à Abobo, et partez dans toutes les communes, traquer tous ceux qui évacuent leurs eaux usées des ménages sur les voies publiques. N’oubliez surtout pas les Religieux, les Ecoles, etc tous les Afficheurs de la place publique. Oui, ces affiches un peu partout, détruisent le charme de nos villes. La liste n’est pas exhaustive, mais vous savez ce que vous avez à faire.


Le racket en Cote d’Ivoire, un problème têtu

Une scène de ménage entre policiers et conducteurs
Une scène de ménage entre policiers et conducteurs  (© Photo – Badra)

 

C’est un phénomène désormais encré dans les habitudes des personnes véreuses conscientes qu’elles ont un pouvoir quelconque. Le racket (ou encore les dessous de table, les mouillages de barbe, les frais de café et de bière…,) peut s’observer en direct ou en différé dans plusieurs milieux de la société ivoirienne. On peut se faire racketter, soit parce qu’on est en situation régulière ou pas (absence d’une pièce d’identité, ou d’un document de votre véhicule, ou à cause un flashage suspect de radar),  soit pour booster ou simplement faire accepter un dossier. On peu aussi se faire racketter, pour être admis ou voir votre malade admis aux urgences dans les différents CHU d’Abidjan. A l’ombre, les choses de l’ombre. Il faut être des les arcanes de ces lieux pour comprendre et voir comment, les choses se passent. C’est pourquoi, nous avons décidé de jeter un coup d’œil sur les acteurs du racket, qui ne s’en cachent plus. Il s’agit de celui des Hommes en Tenue.

 Les voyageurs sans papiers, les ressortissants d’autres pays, les propriétaires de véhicules à 2 ou plus de 4 roues ont au moins une fois été confrontés au racket des policiers, des gendarmes et des FRCI. Les premiers s’intéressent aux pièces des usagers des véhicules de transport en commun et du véhicule, tandis que les derniers s’improvisent contrôleurs d’identité. Pourtant on dit que c’est fini. Ce fut un moment, l’impression a eu avec grande joie. Malheureusement la période de crainte étant passée, les anciens démons ont refait surface. Et ce, malgré les nombreux efforts de l’Etat (création de Police militaire, de brigade anti racket etc.), la situation devient critique.  Le trajet international de la Côtière, par exemple, est l’un des théâtres où se déroule régulièrement de cette pratique. Corridors officiels ou improvisés, positions souvent incompréhensibles des Motards ou routiers, aucun véhicule ne traverse les herses sans laisser quelque chose, aucun usager ne peut faire le trajet, sans être importuné ou irrité. Un coup de sifflet, le véhicule s’arrête. Le conducteur n’a pas le choix et en Afrique, on a toujours peur des hommes en Tenue. L’agent de Police ou de Gendarmerie s’empare des pièces et s’éloigne ou le convoyeur les lui apporte. Dans les deux cas, le convoyeur descend en courant et revient. Aux corridors dressés, souvent anarchiquement sur cet axe (de 3 à l’époque (Km17, Dabou entrée et sortie), il existe désormais 9 sur un trajet de 120 km (Yopougon cimetière, Km17, Bimbresso, Carrefour Jacqueville, Dabou entrée et sortie, Toupah, Irobo, Grand-Lahou…)). Si vous avez le temps d’observer vous comprendrez ce qui s’est passé entre l’agent et le convoyeur. Dans d’autres situations les passagers payes tous les frais d’un contrôle d’identité. Le cas de l’axe de la Côtière n’est qu’un exemple.

Dans la ville d’Abidjan, les sachets bleus servent désormais aux policiers comme outils de collecte des documents confisqués ou expiré lors des contrôles de routines. Dans le cas d’espèce, les papillons qui sont remis sont repris ou détruit aussitôt que le propriétaire « parle français ». Ces images et cette petite vidéo disent long sur une pratique que les ivoiriens veulent voir disparaître.

Il y a aussi le racket des agents des eaux et forets. Ces messieurs sont la terreur des vendeuses de produits vivriers, de poissons, les propriétaires de bidons d’huile de palme, de crabes poilus etc. Si vous avez un sac de charbon, une glacière de fruit de mer, un régime de banane, un sac d’attiéké etc ;  que votre paquet soit destiné au commerce ou pas, soyez prêt à « donner quelque » avant de pouvoir continuer votre voyage.

Si éventuellement vous arrivez en Eburnie par la voie aérienne avec des nombreuses valises ou pas, vous aurez affaires aux autorités sanitaires, policières et enfin douanières de l’Aéroport Félix Houphouët Boigny. Ces derniers sont plus intéressés par le contenu et le volume de vos bagages. Leurs yeux brillent quand un avion se pose sur le tarmac. Leurs méthodes : soit l’intimidation, soit la négociation. Tout dépend de votre ora et humeur. Aussi des leurs. Avant même que vos bagages ne passent au scanner, certains veulent savoir le contenu. Si vous refuser, on considère que vous refuser de coopérer. Pourtant, la machine devrait vérifier et après, si c’est le cas, vous passer à la caisse. Si vous avez de nombreuses valises et que vous êtes au poste de contrôle douanier, vous pouvez être confronté à ce type de situation.

Douanier : Bonjour Monsieur, douane de Côte d’Ivoire. Qu’avez-vous dans vos valises ?

Voyageur : Des vêtements et des affaires personnelles…

Douanier : Vos vêtements sont-ils neufs ou anciens ?

Voyageur : heu…

Comme ci vous n’avez pas le droit d’avoir des habits neufs. Si vous continuez la conversation, il risque de faire appel à ses acolytes pour vous intimider et vous envoyer dans une chambre où vous assisterez à l’ouverture de vos valises.

Sur les routes, comme dans les points d’entrée en Eburnie, le citoyen lambda peut constater qu’entre les discours d’assurance des politiques et la réalité, il y a de grand rattrapage à faire. Pour parler comme le comédien Adama Dahico il y a une dizaine d’année, au cours d’une émission Tempo ; si rien n’est fait de sérieux et d’efficace, bientôt, « les scouts aussi iront siffler sur les routes ». Ce qui certainement est loin d’arriver.