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Blida, Bab Sebt pour tourner en rond

Désert urbain ! Bab Sebt pour tourner en rond. Un qualificatif  pouvant illustrer le quotidien d’un lieu qui pourrait re-devenir mythique. De porte de début de semaine de l’époque ottomane, ouvrant sur le dynamisme d’une ville à vocation commerciale et agricole à la Bab Sebt permettant d’arpenter un boulevard Trumelet garni de bigaradiers du temps de l’occupation française puis les premières années d’indépendance et l’effervescence d’une jeunesse embrigadée dans les mouvements politiques et les associations sportives, les grands débats aux ciné club, centres culturels algérien et français (tiens ?), les passages de groupes de filles et garçons des deux seuls lycées  de la ville, Ibn Rochd et El Feth, une maison de la Presse bondée, avec des livres à la portée de tous, l’affichage des programmes de la semaine pour les sept salles de cinéma que comptait la ville. Les cafés Novelty et Milk Bar du bas rivalisant avec La Paix, L’Exquise, le Rendez-vous du haut du boulevard et de la Place du 1er  Novembre pour servir au quart de tour une clientèle attablée avec l’unique titre de quotidien d’information, la carafe d’eau et le verre reluisant précédant toute commande. Jeannot, Kabrane, De gaulle, Patiguel : personnages hauts en couleurs, passant au travers de défilés de police militaire surgissant du néant.

Place du 1er Novembre, endroit mythique de Blida. Ph Mekfouldji

Service national, révolution agraire, quartier réservé ramèneront leur flux de migrants ; la mue s’opérait imperceptiblement. Les tables de café ne s’essuyaient plus, le verre d’eau ne suivait plus, l’affichage du programme cinématographique  hebdomadaire ne s’opérait plus, les enceintes militaires se délimitaient et se fermaient, créant deux espaces –ou deux mondes : civils et militaires. Coopératives d’entreprises remplaçant les centres de jeunesse, marchandise de souk El Fellah revendue à même le sol cultivaient –ou enracinaient le souci de remplir l’estomac. Les salles de cinéma commencent à disparaître, tout autant que les fièvres du samedi soir puis une ouverture brutale sur la « voix du peuple » du mois d’octobre, des symboles de l’Etat incendiés, quelques morts puis une anarchie s’enlisant, une errance et vint la décennie où il s’agissait beaucoup plus de survivre.

Bab Sebt Quartier central de la ville de Blida Ph. Mekfouldji

Les autochtones ont perdu la boussole ! Les coopératives immobilières, les lotissements sans plan directeur, les entreprises privées fermant à tour de bras devant la déferlante du « bazar » où tout s’importait et se vendait par la faute d’une faune sauvage voulant in-volontairement la mise à mort de l’esprit résistant de l’Algérien en général. La résistance n’a plus lieu d’être et c’est le déficit de civisme qui frappe tout le monde.

Bd Laïchi, avec un Blidéen devenant un des symboles de la ville Ph Mekfouldji

Trottoirs occupés par des commerces de jean’s et de parapluies made in, des mannequins sous différentes poses, des librairies et des commerces qui se transforment en fast-food, le « tout à l’estomac » qui fait déglutir ! Bab Sebt devient anonyme ! La « normalisation » par le bas bat toujours son cours…

Une propreté rarement constatée Ph. Mekfouldji

C’est la mort métaphorique d’un lieu.


De ma fenêtre, Blida est contée

Expérience d’une nouvelle rédigée à trois, chacun de son côté. La thématique est « De ma fenêtre ». Nous nous y sommes mis à trois, Rima au Liban, Samantha au Sénégal et moi en Algérie, pour évoquer nos impressions et décrire ce qui nous passe par la tête. Une belle initiative sur Mondoblog, à renouveler je pense…
L’honneur m’a été donné de commencer : « De ma fenêtre, Blida est contée ».

Le lever du soleil tardait ! Je me morfondais dans mon coin, incapable de bouger, surtout depuis l’accident fatal qui emporta ma femme et notre enfant aîné. La lumière me faisait oublier quelque peu cette profonde tristesse dont je n’arrivais point à me détacher. Cela remonte à vingt ans déjà. Le sort –mauvais- s’est acharné sur moi. J’ai perdu à la fois deux êtres chers et mon travail. Je perçois toujours un salaire mais finie la rencontre avec les collègues, fini le brouhaha de la classe, finies les disputes avec l’administration… Alors de ma fenêtre, Blida est contée.

Une classe de collège à Blida. Ph. Mekfouldji

Que dire encore des corrections de copies et de la sensation de servir à quelque chose dans ce bas monde. Depuis l’accident, je reste là à longueur de journée, à scruter le ciel, à prier le destin ou le hasard pour qu’une personne passe au bas de ma fenêtre. C’est vrai que la télé m’apporte les nouvelles du monde mais où sont celles du quartier, les médisances, les remarques et observations sur chacun et chacune de nos habitants du quartier ? Seuls Djamel et Ali, des amis de longue date, peuvent me faire part non pas des ragots mais de l’information capable de me lancer dans un imaginaire qui remplit mon temps. Que peuvent savoir les êtres de la solitude quand ils n’ont jamais été emprisonnés ? Que peuvent-ils savoir alors qu’ils n’ont jamais été empêchés de bouger, de se mouvoir ?

J’étais donc là à me morfondre, lorsqu’un bruit distinct de talons tapant le sol, à un rythme que seules les femmes savent imprégner, me fit tourner les yeux du côté de la fenêtre largement ouverte. Il faudra que je dise à Djamel de me chercher un maçon afin d’apporter des correctifs à cette ouverture : 3X3 serait la norme maintenant ! Je dois brasser large…

Fenêtre fermée pour un pigeon. Ph. Mekfouldji

Je vis d’abord une poitrine secouée par l’élan brusque de la marche puis une tête à la peau noire avec des cheveux si longs que je n’en voyais pas le bout, sans doute pris également par le visage et la couleur de la peau ! Une jeune femme, la trentaine, un jean serré, une chemise claire qui faisait ressortir la fore des seins, et des lèvres en avant, comme si elles voulaient capter quelque chose ou s’exprimer à haute voix. Une femme originaire du Sénégal ? du Niger ? du Mali ? de l’Angola ? Je l’ignore. Je ne le saurai que lorsque je l’aurai entendue parler ou lorsqu’elle aura l’occasion de se présenter… Elle s’arrêta juste au-dessous de ma fenêtre et ouvrit un journal. Je ne pouvais lire et rallonger le cou me faisait souffrir. Une idée de génie (?) me vint : je fis tomber le roman que je lisais, « Nos richesses » d’une jeune
romancière algérienne, Kawther Adimi, et, du 2ème étage, j’ai crié : « Faites-moi monter mon livre, je suis handicapé ! » Je n’aimais pas ce mot mais que ne doit-on pas faire afin d’arriver à ses fins. Trois minutes après, on frappa à ma porte.

  • Entrez, c’est ouvert !

Une belle femme noire –est-ce raciste de ma part de préciser la couleur de la peau ?- était debout à l’entrebâillement de la porte, inspectant les lieux d’un simple regard circulaire.

De quel pays peut-elle être ? Ph. Mekfouldji

Je l’invitais d’un mouvement de la tête à entrer. Elle le fit en oubliant de fermer…la bouche. Elle état sûrement étonnée de me voir allongé sur un lit, les jambes écartées. Il m’était impossible de joindre les deux membres inférieurs, suite à l’accident qui m’a fait perdre jusqu’à l’usage de « ces deux roues humaines ». Elle prenait confiance au fil des minutes qui passaient et osa faire deux pas en avant. Elle avait une allure fière, celle de la jeunesse ayant acquis de l’expérience et qui ose aborder toute situation avec un sourire en coin. Elle posa le livre sur un angle du lit et me posa une question à laquelle je ne m’attendais point : « Pourriez-vous me présenter cette auteure en quelques mots ? » J’étais tout content intérieurement ! Cela allait me faire de la compagnie pour un bon bout de temps, certes un temps relatif mais qui me changerait de la monotonie des heures qui passent à longueur de journée sans que rien de significatif ne se déroule. « Une auteure qui s’affirme dans le ciel de la littérature algérienne francophone » commençais-je et elle m’arrêta gentiment : « Non, j’aimerais avoir une idée sur le contenu, la thématique traitée dans ce livre. » Je n’ai pas osé lui demander ce qu’elle faisait comme études ou comme travail, ni même d’où elle venait, même si je commençais à me dire intérieurement qu’elle devait sans doute être originaire d’une de nos villes du Sud : Adrar, Ouargla, Tamanrasset… Je mis du temps à répondre à sa question mais j’eus tout de même la politesse de l’inviter à s’asseoir. Elle s’exécuta après une hésitation qui me sembla feinte, dur que j’étais dans le jugement des gens après deux décennies d’immobilisme. Je lui ai demandé d’aller à la cuisine et de nous servir une boisson fraîche. Là encore, elle marqua un temps qui me parut long. Elle avait un bras tendu et la tête tournée vers la porte d’entrée. Allait-elle décider de partir ? de fuir cet handicapé qui cherchait sûrement de la compagnie ?

Allait-elle partir ? Ph. Mekfouldji

Abdelkrim MEKFOULDJI, le Doyen


Que vive le livre !

Rencontre avec M. Mahfoudh, libraire d’un genre spécial, installé en plein centre de Blida. 

Le livre semble l’occupation principale de ce sexagénaire bien dans sa peau. À la seule vue des étagères encombrées de livres dans l’étroit appartement qu’occupe M. Mahfoudh au centre-ville de Blida, nous avons envie de crier : Que vivre le livre ! Huit mètres de mur sur une hauteur de plus de deux mètres, voilà les dimensions de l’espace réservé aux livres. Toutes éditions, tous thèmes et plus d’un siècle de vie : nombreux sont les livres, ici, qui ont été sauvés du feu ou d’un devenir comme emballage de cacahuètes et d’épices diverses.

Mahfoudh dans son antre. P. Mekfouldji

« Lorsqu’ils connaissent mon existence, des gens m’appellent pour venir les « débarrasser » de leurs livres, après le décès d’un de leurs proches » affirme, presque malicieusement, ce sexagénaire qui fut responsable d’un bureau d’études dans l’administration locale. « J’ai aménagé mon espace dans la seule optique de disposer d’un lieu pour ranger ces livres qui me proviennent de partout. » D’anciens collègues, des amis d’enfance, des connaissances à travers les réseaux sociaux alimentent le bonhomme, qui occupe ainsi admirablement son temps ! « Vous ne pouvez pas penser le nombre de livres qui aurait pu finir leur vie bien avant que je ne m’en occupe » ajoute le « bouquiniste ». Il n’hésite point à se rendre à Alger, Bouira, Chlef, Tizi Ouzou pour vendre des livres ou en acheter, selon les annonces.

Peu d’espace pour bouger… Ph. Mekfouldji

Mahfoudh vient de renforcer son réseau à l’international grâce à des membres de la famille qui « rentrent » au pays avec quelques titres commandées chez des bouquinistes de France et de Belgique, et qui trouvent preneurs chez les étudiants algériens. « Je m’intéresse à toutes les filières et j’essaie de dresser un état des besoins. On me vient d’Oran uniquement pour un titre nécessaire à la soutenance d’une thèse, notamment dans les filières scientifiques » assure le parfait francophone. Autre exemple insolite : il a fait la connaissance d’un bonhommede nationalité turque, amateur de musique andalouse, venu en taxi depuis la capitale Alger sise à 50 km… Afin de se porter acquéreur de vinyles de célèbres chanteurs algériens comme Ahmed Serri ou Dahmane Benachour.

Livres et disques sont la vie de Mahfoudh. Ph. Mekfouldji

Lorsqu’on lui demande quel est l’impact des jeux vidéo sur l’amour des livres, M. Mahfoudh assure que l’activité de lecture existe toujours. Mais pour la préserver, il souhaite que les enseignants y mettent du leur, afin de mieux faire connaître les auteurs. « Un enfant aime toujours lire et écouter les fables de La Fontaine, rêver avec les aventures du « Petit chose » et les classiques de la littérature française ont toujours leurs lectrices et lecteurs » révéle-t-il.

Mahfoudh rêve d’une génération qui revient à la lecture. Ph. Mekfouldji

Sur une table basse sont empilées les œuvres complètes de Lénine, en français. À notre interrogation, il répond que c’est la commande spéciale d’un lecteur amoureux du personnage historique et de ses idées.

Même le match était oublié… Tout pour le livre ! Ph. Mekfouldji

Pendant notre entretien, le match de Champion’s League Chelsea – Barcelone se déroule sur petit écran. Mais le sexagénaire préfère largement la compagnie des livres, et son sourire en dit long sur son amour à la chose écrite ! Avec lui, le livre a encore de beaux jours en Algérie !


Algérie Yennayer

En Algérie, c’est la première fois cette année qu’on fête officiellement Yennayer, le nouvel an berbère. Pourtant, il y a quelques années, quand le président Bouteflika pouvait encore parler, il avait pratiquement juré de ne jamais officialiser Yennayer. Que s’est-il passé entre-temps ? Personne n’arrive à comprendre. En Algérie, il est difficile de suivre comment se font et se défont les relations en haut lieu…

Tous les foyers s’achètent en cette période de quoi contenter tout le monde (Ph. Mekfouldji)

 

Dernière trouvaille parmi les incohérences que connait le pays (rappelée par Chawki Amari, billettiste pour le quotidien algérien « El Watan ») : les élections pour les communes et les départements, ont permis d’assister à un nivellement par le bas pour les élus !

Des médecins dépassés par de simples employés, des ingénieurs qui n’arrivent pas
à rivaliser avec des candidats du cycle primaire, des enseignants qui se font
« rouler » par des chauffards, des veilleurs de nuit, des concierges… Seule
explication : les « heureux » élus appartiennent au parti au pouvoir (ou parti du
pouvoir), le FLN, celui-là même qui aurait dû entrer au musée en 1962, dès
l’indépendance.
Aujourd’hui, le résultat des élections locales fait que nombre de non-diplômés se
retrouvent dans les centres de décision. Blida, 4ème ville d’Algérie par le nombre
d’habitants et par la densité de sa population, est dirigée par un maire inculte, un

homme qui appartenait à un autre parti politique mais qui a étonnement rejoint le
FNL et… qui a été élu !

 

Blida, ville paisible, sujette aux rapaces… (Ph. Mekfouldji)

 

Les « décideurs » lui ont promis une grande ville et un bel avenir « familial ». Mais à qui reviendront les centaines d’hectares de terres agricoles, les terrains dans les zones industrielles existantes ou à créer, comme par exemple dans les environs de Bouinan (une future grande ville qui se situera à 10 km de Blida et qui sera desservie par l’autoroute, ainsi que par une voie ferrée à venir) ? Aux décideurs ?

 

Blida se développe vite (Ph. Mekfouldji)

 

Même étonnement au niveau économique : la fameuse Fédération des Chefs d’Entreprise (FCE) regorge de « copains » qui se voient attribuer toutes les autorisations pour les constructions automobiles et les industries, par le moyen de coopérations décidées par des ministères… dont certains ont à leurs têtes des nondiplômés ou titulaires de « diplômes de complaisance ». C’est par exemple le cas de Tahar Khaoua, ministre chargé des Relations avec le Parlement, dont le diplôme vient d’être annulé par le Tribunal de Bir Mourad Raïs et, comme l’écrit si bien le billettiste d’El Watan, « un député sans diplôme est mis en relation avec un ministre sans diplôme par un autre ministre avec un faux diplôme ». Une autre ministre, ou du moins ex- ministre de la Solidarité, Mounia Meslem, vient d’être également épinglée pour « diplôme de complaisance ».

Tahar Khaoua, ministre des Relations avec le parlement, et Mounia Meslem, ex-ministre de la Solidarité sociale, ont été déchus de leur diplômes de master à la faculté de droit de l’Université d’Alger 1. (Crédit Ph.  |  Par , 13/12/2017)

 

Comment arrive-t-on à s’en débrouiller ? Quelle est la valeur de ces diplômes à l’achat ? En échange de quoi sont délivrés ces « sésames » ? Même l’Université algérienne bat de l’aile et on nous annonce un chaos prochain, avec toutes les augmentations auxquelles le simple citoyen doit faire face… Yennayer ne s’annonce donc pas de façon optimiste pour les 42 millions d’Algériens !

https://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/la-crise-expliquee-par-le-diplome-28-12-2017-359494_173.php


P’tit Vichy, plage paradisiaque

A quelques kilomètres à l’ouest de Cherchell, une crique à l’abri de la route nationale offre son eau, ses arbres, son personnel accueillant aux touristes, aux estivants : c’est la plage de P’tit Vichy !

#P’tit Vichy Vue sur la crique de P’tit Vichy

Des jeunes ont aménagé l’espace et installé des tables et des chaises pour le confort des familles. « P’tit Vichy, plage paradisiaque » pour des dizaines de familles au quotidien ! Une administration, une infirmerie, un bistrot, des rochers le long de la crique et qu’on peut atteindre par un sentier éclairé : ça sent les vacances ! Que dire lorsqu’il est organisé chaque weekend un spectacle musical gratuit ? Les campeurs -il y en également- sont aux anges puisque jeunes et moins jeunes y trouvent de quoi s’éclater.

#P’tit Vichy  Une crique protégée des vents

La famille Ikhider Abdellah tient à rassurer visiteurs et habitués : la sécurité est totale ! « Nous recherchons le bien-être de nos vacanciers et veillons du matin au soir, même la nuit, afin que ces personnes nous reviennent chaque année. C’est notre objectif ! » assure Ahmed, la quarantaine, et qui veille au grain.

# P’tit Vichy Un personnel aux petits soins

Il va jusqu’à transporter le matériel des familles arrivant sur la plage. Il faut faire remarquer que les tables sont disséminées sur une superficie de plus de 300 m de long. L’emplacement d’un rocher plat dominé par un petit roc propose aux jeunes de quoi montrer leurs capacités dans l’art de plonger. Le rocher plat où sont disposés également tables, chaises et parasols permet à des familles d’avoir réellement les pieds dans l’eau et les enfants facilement surveillés dans leurs ébats. P’tit Vichy, plage paradisiaque réellement ! Elle l’est avec les pins donnant et de l’ombre et des senteurs, les roseaux formant une clôture séparant la plage de champs cultivés et de la route nationale. Les ordures sont ramassées au fil de la journée, les corbeilles jonchent toute la plage, les toilettes -pour hommes et pour femmes- reçoivent au quotidien la femme de ménage. Une supérette propose des articles aux estivants, à des prix très abordables, et empêchant de faire son marché en dehors de la plage. Un vrai confort ! Une unité de la protection civile est sur place et toute urgence se trouve rapidement prise en charge.

#P’tit Vichy Les vacanciers aiment se retrouver sur ce rocher plat

L’entreprise familiale et amicale a obtenu l’autorisation de gestion depuis ce 1er juillet et elle compte renouveler le bail l’année prochaine, « à partir du moment où cela plaît aux familles » conclut Ahmed, aidé dans cette tâche par Yahia, Yacine et le « grand » Abdellah. Un grand effort de rénovation de la plage a été entrepris. Entre la réservation d’une table avec quatre chaises pour la journée et le parking sécurisé, la famille dépense moins de dix euros/jour. Rafik, un chef de famille, affirme : « Pour ce paysage et cette organisation, j’aurais payé le double ! » Un autre estivant s’était montré content que les organisateurs aient pensé à une petite salle de prière. De petits barbecues sont offerts pour chaque table, à l’estivant de se procurer (s’acheter) le charbon.

#P’tit Vichy Barbecue de conception bio pour certains

Le confort est assuré dans ce lieu appelé depuis très longtemps « P’tit Vichy », en référence à la ville de Vichy en France et ses paysages montagneux. La détente est assurée à l’ombre des chênes ; la mer accessible immédiatement encourage petits et grands, les petits rochers regorgent d’oursins que certains se font un plaisir de cueillir. Les petites barques ont fait leur apparition dans cette crique tout autant que les jet-skis, gardés -toutefois- à distance par les maître-nageurs.

#P’tit Vichy Les embarcations à moteur n’approchent pas trop

Le camping, par tentes familiales, a été aménagé sur une vaste esplanade, pouvant accueillir jusqu’à une trentaine de familles, soit plus d’une centaine d’estivants à la fois pour des séjours plus ou moins longs.

La saison tire à sa fin et chacun se donne rendez-vous pour l’année prochaine !


Cuisine estivale

Fini le Ramadan, place à la saison estivale, la vraie. Elle signifie vacances, farniente, envie de se délasser. Parler cuisine devient un sacrilège, surtout pour la femme. Aussi, chacun recherche la moindre recette en harmonie avec la cuisine estivale et exigeant le moins d’effort possible. Les jeunes filles, généralement à la maison en cette période, demandent à travers le réseau des échanges de recettes simples mais attirantes.

Quoi manger en été et… avec qui ?

Ainsi, sur la table de juillet, les plats de frites, de purée, de steak, de poissons grillés pullulent. La cuisine estivale bat son plein ! Assila agrémente avec des salades pendant que Bachira cherche des boissons rafraîchissantes qui désaltèrent. Mina aère la maison afin de mieux faire passer ce qui se mange et ne pas suffoquer ou s’étrangler. « Nous n’avons pas de recettes préparées à l’avance » déclare Assila.

Les gâteaux et les fruits passent mieux en été

Bachira parle de salades de poivrons et de tomates, légumes de saison. « Nous devons multiplier leur consommation tant que ces légumes sont fraîchement récoltés » dit-elle.

Fruits à volonté

Au marché de Blida, tout le monde reconnaît la baisse sensible des prix, au grand soulagement de la ménagère. « Nous pouvons consommer fruits et légumes frais à volonté » assure un sexagénaire retraité. La mercuriale demeure « souriante » avec un couffin plein pour 600 DA (~4,5 euros). Pomme de terre (pour les frites), poivrons pour les salades, laitue et aubergines n’ont jamais dépassé les 100 DA. Le smicard algérien ou le père de famille nombreuse se retrouve en cette saison. L’économie réalisée pourrait agrémenter davantage la table avec les gâteaux et les fruits.

Gâteaux à toutes les occasions

Qui dit saison estivale dit également vacances au bord de la mer. L’Algérie bénéficie de plus de 1.300 km de côte. Cependant, l’organisation des séjours demeure dans le domaine du bricolage. Le Maroc et la Tunisie dépassent ainsi de loin la vaste Algérie en matière de tourisme international. Même les Algériens se retrouvent en nombre élevé en Tunisie, délaissant la côte algérienne pour absence d’infrastructures. Que dire alors de la cuisine au niveau des restaurants près des plages ? Beaucoup de familles se plaignent des prix pratiqués et de l’absence de…poissons tout juste près de la mer.

Poissons qui se font rares

L’Etat algérien vient de nommer -enfin- un ministre du tourisme. Les retombées en sont attendues d’ici la mi-août si ce n’est pour la saison hivernale et les aventures au grand Sahara.


Presbytère en pleine cité

Avec la colonisation de l’Algérie, dès 1830, il y eut des malheurs, des morts, des destructions, des expropriations, des tortures, des viols et il y eut quelques éclaircies avec toute une administration laissée en place, érigée d’abord afin de servir les intérêts des Français d’Algérie –des pieds-noirs- puis des indigènes autochtones. Il y eut également des missions d’évangélisation, un presbytère en pleine cité fait office de témoignage, et notamment dans les montagnes de Kabylie et surtout, en fonction de l’avancée de l’armée de colonisation. Eglises, presbytères, chapelles sont érigés pour mettre en confiance les nouveaux colons mais également pour amadouer tous ces petits indigènes et leur offrir une nouvelle religion.

Cité à Boufarik se démarquant par le pneu et le presbytère

La Mitidja, vaste espace agricole adorée par les colons, fut totalement occupée en 1848, soit à la reddition de l’Emir Abdelkader. L’armée installait des casernements pour la protection des citoyens européens contre les invasionsde tribus. Des relais étaient assurés entre les différentes bourgades, annihilant toute idée de reprise des terres. Pas plus d’un quart d’heure pour les soldats en cas d’attaque indigène. Ainsi, les villages étaient distants de 6 à 8 kms en moyenne et c’est ainsi que la région vit fleurir Mouzaïa, Chiffa, Soumaa, Chebli, Birtouta, Bougara, Beni Mered, Boufarik. Cette dernière bourgade n’était qu’un immense champ inondé et il y eut des travaux de drainage dès les premières installations en 1836. Les terres d’indigènes étaient expropriées et offertes sur un plateau aux colons venus à la recherche de l’Eldorado. Il leur fallait cependant construire une administration, une chapelle, une école et un poste de gendarmerie. Il est recensé 120 résidents français permanents en 1838, bien loin des 80.000 habitants (estimation2015), soit une augmentation en moins de deux siècles, de près de 660%. Entretemps, Boufarik est devenue une daïra (sous-préfecture) et jouit de son statut d’agglomération à 35 kms d’Alger. D’où également ce presbytère en pleine cité, avant au milieu d’une végétation.

Presbytère pour Jésuites depuis 1836

Une architecture ayant survécu à tous les temps, demeure en pleine cité, là où existaient des champs d’arbres fruitiers, c’est le presbytère de Jésuites, qui ne paie pas de mine. Aïssa Mennacer, 64 ans, y a érigé son logis, lui ayant demeuré célibataire et ne jouissant d’aucune pension. Il aimerait bien retaper l’intérieur mais personne ne songe à lui acheter de la peinture, du matériel ou, tout bonnement, lui avancer de l’argent.

L’occupant des lieux, un SDF…

Aujourd’hui, le lieu est devenu une curiosité architecturale de 20 m² avec un dôme qui rappelle les coupoles de la ville d’El Oued, ville aux mille coupoles. Erigée au milieu des arbres et d’une végétation drue, elle impose sa présence maintenant au milieu d’immeubles d’habitation rectangulaires et aucun responsable local n’a songé à lui donner un peu d’élan. N’était-ce la plante grimpante recouvrant une bonne partie de la construction, on aurait dit un four au milieu de la Cité, surtout avec la canicule ambiante. A quelques mètres, un pneu de tracteur assure  le respect du croisement de deux allées de la cité qu’on connait sous le nom de « cité 18 », déformation de « cité des Jésuites ». Les jeunes sont en vacances et au chômage pour la plupart. La piscine qui vient d’être inaugurée est accaparée par les équipes sportives. L’idée d’un créneau horaire pour chaque groupe de bâtiments pourrait être une solution, en attendant mieux.

Deux architectures qui coexistent, sans gêne


Pénible mois de ramadan

Difficile de jeûner par autant de chaleur et des conditions de travail très pénibles ! Pénible mois de ramadan avec des candidats au bac devant supporter une chaleur de plus de 30°C dans des salles mal aérées et non climatisées. Des manœuvres bétonnent dans de grands espaces destinés à devenir des immeubles d’habitation avec, derrière eux, des promoteurs acculés par les délais de livraison. Des enseignants à l’université obligés de procéder à la correction de centaines de copies pour les examens de fin de semestres et pour les rattrapages de synthèse. Des chauffeurs-livreurs  contraints d’acheminer la marchandise par n’importe quel temps ! Il faut de tout, même des gardiens de champs d’arbres fruitiers qui vous jurent qu’ils ne dorment que d’un seul œil durant plus de quinze jours afin que la récolte du patron se déroule sans trop de pertes.

Blida déserte dans la journée

Dans les foyers à forte population par famille, pénible est le mois de ramadan également ! Foyers avec parfois jusqu’à quinze personnes, la femme arrive difficilement à être fin prête à l’heure du f’tour. Dur dur de préparer deux à trois plats et les différentes entrées ainsi que la soupe.

Table de ramadan préparée avec grands soins

Aïcha, habitante du centre-ville, se plaint de ne pas retrouver une main s’associant aux charges du potager : « Je fais la vaisselle juste après le manger avant de tomber raide dans mon lit parce que ma belle-fille se croit dans un hôtel. » Pénible mois de ramadan pour cette sexagénaire. Une autre femme, Meriem, n’a que des garçons, cinq, qu’il faut contenter chacun à sa manière. « J’ai celui qui n’aime pas les légumes frits, un autre qui n’aime pas les légumes secs, un troisième qui continue à se croire à la rue et réclame des sandwichs. »

Table garnie avec soins

La chaleur n’est pas le seul handicap puisque l’état moral des jeûneurs influe également sur le comportement. Les cas de disputes dues à la nervosité sont fréquents, notamment au marché. À Blida, le souk est pris d’assaut dès 11h et tout s’écoule avant 16h, soit cinq heures d’intenses échanges qui débouchent généralement sur des altercations, la majorité étant sans gravité. Mais il arrive que ces échanges verbaux se terminent par des blessures graves, voire même des assassinats comme cela vient d’être relaté dans la presse nationale du côté de Bouira (100 km à l’est d’Alger) où un vieil homme a tiré sur une belle-sœur et ses deux enfants juste avant le f’tour avant de prendre la fuite.

Eviter toute source de disputes durant le ramadan

Au fil des jours qui s’allongent lentement, les nerfs des travailleurs subissent les affres de l’abstinence et de la chaleur excessive. Il vaudrait mieux éviter tout contact rapproché, toute remarque déplacée pendant près de seize heures au quotidien. N’empêche ! Certains ont trouvé durant ce mois de quoi s’occuper, le farniente étant le fort de nombre de Blidéens.

Soirées source d’achat également, dans des ruelles envahies par les commerces parallèles

Nous sommes loin de la piété, des soirées musicales en ce pénible mois de ramadan, par 40° à l’ombre !


Bourrage des urnes lors des dernières élections en Algérie

Vous avez dit « vote démocratique » ?

Déception totale des électeurs et des citoyens abstentionnistes à Blida suite aux résultats du dépouillement des bulletins de vote pour les élections législatives qui ont eu lieu le 4 mai dernier.  On ne peut pas parler de « vote démocratique » ! Ces mécontents déclarent que les urnes avaient été manipulées. Bourrage des urnes ! Sinon, comment expliquer que les partis habituellement favoris à Blida, département de plus d’un million d’habitants, ne se voit élire que trois listes sur 22 ? Avec 10 élus pour le Parti au pouvoir, deux pour le second parti puis le vide avant le repêchage d’un candidat d’une liste indépendante. On parle ouvertement de bourrage des urnes lors des dernières élections.

Bulletins nuls dépassant les 1,7 million.

Participation dérisoire

A la fin, ces législatives algériennes ont subi l’affront de l’absentéisme avec un taux de participation qui atteint difficilement les 35%. Et il faudra en ôter le nombre de bulletins nuls approchant les 18%, soit près de 80% de citoyens refusant ces législatives.

Le nombre d’inscrits en Algérie étant de 8,2 millions, seuls 2,3 millions ont voté ! Et encore, plus de 1,7 millions de citoyens ont introduit des bulletins considérés comme nuls ! Cela démontre le refus de ces législatives où ne s’étaient présentés que des personnes « prétentieuses ». Des affairistes voulant arracher une retraite dorée, ou d’autres à la recherche de l’immunité parlementaire tellement elles sont trempées dans les affaires douteuses. Vous avez dit « vote démocratique » ?

Des bureaux vides partout

Résultats biaisés

Le parti au pouvoir, le FLN – non celui de l’histoire de la Révolution algérienne, s’est vu octroyer 164 sièges sur les 432 possibles. Cela lui donne une majorité écrasante. Une mobilisation de toute l’administration étatique, des moyens colossaux mis à la disposition des communes mais un désintéressement flagrant des citoyens. Même le Premier ministre a incité les Algériennes à « frapper » leurs maris et les obliger à aller voter de force ! Une honte bue…

Les soucis sont ailleurs

Blida, ville de plus d’un million d’habitants, dispose de 13 sièges à l’Assemblée mais tous ces élus ne vont plus réapparaître durant leur mandat. Le jeudi 4 mai, jour des élections, 1711 bureaux de vote répartis sur 265 centres de vote devaient mobiliser près de 700.000 électeurs a vu une participation de 287.000 électeurs, près de 41%. Un taux plus fort que la moyenne nationale ! Cependant, nombre d’observateurs ont parlé le soir même du scrutin de bourrage des urnes. Vous avez dit « vote démocratique » ?

Des législatives refusées dans certains villages

Le commun des citoyens évoque avec un sourire bien large l’absence réelle de transparence, de démocratie en ce mois de mai de l’année 2017…en attendant les communales.

ça dort en attendant …


Le cimetière chrétien à Blida à l’abandon

Le cimetière chrétien de Blida est laissé à l’abandon et les morts sont sans défense ! Pourtant, l’ambassade de France avait promis l’emploi à temps plein de trois jardiniers…

Déjà, en 2005, lors du déplacement des restes de personnes de confession chrétienne des cimetières de bourgades des environs de Blida comme Ouled Yaïche et Chiffa, le Consul général de France en Algérie avait évoqué le renforcement du personnel d’entretien du seul cimetière encore « en activité » : celui de la rue Yousfi Abdelkader à Blida.

Un portail ouvert et un cimetière à l’abandon

Douze ans après, le cimetière laisse voir une forte végétation, des caveaux profanés, des saccages faisant honte à la France et à l’Algérie. Des élèves de Terminales, venus faire une sortie d’études, ont été témoins en ce mois d’avril de l’état d’abandon et ont été choqués de voir les trous béants de certaines sépultures : « pourquoi ? »

Sépulture hors de sa tombe

L’histoire véhiculée par les tombes, les caveaux et les sépultures, à travers les noms de familles, les dates, les ornements, les « œuvres d’art » devrait être préservée par tous.

Végétation enfouissant le travail d’art

Constat amer de jeunes lycéens

« Je n’aurais jamais pensé qu’un tel travail de sculpture pouvait exister à l’intérieur ! » s’étonne Akila avant que Mustapha ne jette un coup d’œil par l’ouverture d’une tombe. Tous deux se révoltent de l’absence de défense pour ces os, ces êtres humains aujourd’hui décédés.

Noms chargés d’histoire

Cimetière chrétien : des tombes chargées d’histoire

Pourtant, les imprimeries Mauguin, Orta, les familles Daniel, Martinez conservent encore des souvenirs de leur passage à Blida à travers des noms de lieux, des noms de magasins, et Esma, jeune fille née en 2000, bien après l’indépendance du pays donc, revendique cette part d’histoire de la ville et voudrait bien écrire ces pages afin que la mémoire demeure. Le colonialisme français avait institué des cimetières par dizaines dans la Mitidja, riche pleine qu’il s’agissait de mettre en valeur. L’arrivée des colons depuis 1842 encouragea la construction d’églises, de chapelles, d’écoles et…de cimetières pour ces nouveaux arrivants.

Le départ des colons en 1962, à l’indépendance de l’Algérie, ne pouvait être accompagné de leurs morts et il s’agissait alors de faire respecter ces lieux par l’Ambassade de France. Au fil des années, l’abandon caractérisé donna lieu à des scènes de saccages, de profanation, non pas pour une différence de religion, non pas par vengeance, mais par vandalisme gratuit. Tout lieu abandonné favorisant son occupation par des groupuscules de désœuvrés, de laissés-pour-compte de la société.

Sépultures sans identité, rouille

Aujourd’hui, les cimetières des villages environnants ont été vidés de leurs os et les espaces libérés versés au domaine public avec édification d’espaces verts.

Os ramenés en 2013

Cependant, nulle excuse ne pourra justifier le cimetière chrétien à Blida à l’abandon, maintenant qu’il demeure le seul à être pris en charge.


L’enseignement en français

Tout étudiant arrivant à l’université algérienne découvre que l’enseignement en français semble une règle dans les modules et matières dites scientifiques, technologiques ou dans les facultés de médecine, d’aéronautique…

 

Un enseignement des langues rigoureux

Enseignement à l’université algérienne

Facultés des sciences informatique et autres mathématiques, à technologie de pointe, sont dispensées en langue française ! Les étudiantes et étudiants se trouvent désemparés, eux qui avaient étudié dans les cycles du collège et du lycée en langue arabe, se retrouvent dès leur entrée à l’université confrontés à l’écueil de la langue. L’enseignement en français des matières dites scientifiques et technologiques se déroule « normalement » et rares sont celles et ceux qui trouvent que c’est anormal dans la politique algérienne et c’est aux intéressés de se débrouiller pour comprendre.

 

Personnel d’encadrement à l’Institut En nour

Les écoles de langues 

Ainsi, la course aux études du français langue étrangère fait dérouler le tapis aux instituts de langues, aux écoles privées de langues. Des étudiants n’hésitent pas à passer une année blanche afin de se perfectionner dans la langue de Molière. Chaque année, c’est près de 400.000 nouveaux bacheliers dont plus de la moitié s’inscrit dans les filières scientifiques, nécessitant alors un minimum de niveau en FLE pour la compréhension des cours. Un simple calcul donne au moins 150.000 étudiants chaque année à la recherche de cours intensifs.

 

Ecoles de langues avec moyens modernes

Des instituts de langues, certains agréés par l’Etat, dispensent cet enseignement ciblé réparti par niveaux et adoptant des méthodes importées directement de France à travers le département culturel de l’ambassade de France à Alger,

Engouement pour les langues dès le jeune âge

ou à travers les réseaux d’importation de manuels et CD d’apprentissage des langues.

L’Institut En Nour de Blida

A Blida, l’Institut privé En nour, doyen des établissements, assure ces formations pour les langues anglaise et française depuis près de 25 ans. Pour le FLE, certains parents inscrivent leurs enfants dès le cycle primaire, se préparant ainsi très tôt à l’acquisition des langues étrangères ; des entreprises turques, coréennes, chinoises et égyptiennes n’hésitent pas à y former leurs cadres pour un minimum de communication avec les « décideurs » algériens, sans passer par les traducteurs.

Témoignage d’une étudiante

L’enseignement du français est réparti sur dix niveaux, nécessitant une mobilisation de vingt mois pour l’étudiant à raison de six heures hebdomadaires. L’étudiant ressort avec une attestation de réussite mais est-il suffisamment formé pour affronter les études supérieures ? Maroua, étudiante en niveau 4 et poursuivant des études de sciences économiques, déclare qu’elle retrouve un peu de détente à travers son passage à l’Institut, n’étant pas contrainte à des apprentissages « très techniques ». Pour elle, « l’enseignement en français demeure une des contradictions de la société algérienne. »

 

Promotions successives

  Origine des étudiants

Le prix de la formation, assuré intégralement par les parents, ne semble pas être une gêne pour ces jeunes qui n’hésitent pas à venir de villes et villages à 40 km à la ronde : Arbaa, Miliana, Boufarik, Beni Mered, El Affroun ainsi que le chef-lieu Blida, apportent chaque année un flot sans cesse grandissant de ces apprenants, démentant ainsi le slogan étatique d’une arabisation de l’université.

Attestations et diplômes sont remis à l’issue

Les sciences francophones en Algérie ont encore de l’avenir et la ministre de l’éducation nationale, Mme Nouria Benghebrit, ne semble point y trouver une contradiction, tout autant que le ministre de l’enseignement supérieur, les deux se trouvant sans doute happés par le flot important de la masse juvénile du pays.

 


Eaux thermales de Hammam Melouane

Les eaux thermales de Hammam Melouane, dans la région de Blida, demeurent un lieu de vacances privilégié pour une grande partie des citoyens du nord du pays. En effet, c’est par familles entières et depuis les premiers envahisseurs de l’ère coloniale que les eaux thermales de Hammam Melouane sont recherchées pour leurs bienfaits au vu de leur richesse en gaz rare, en fer, en magnésium, en azote.

Entrée de Hammam Melouane

La légende veut que lors de la présence ottomane, la fille d’un bey gouvernant a retrouvé l’usage de ses membres ; plus près de nous, un séxagénaire venu de France ressortit à pied, marchant et tout heureux de son « indépendance » après y être entré paralysé. Les histoires de ce type foisonnent et des familles y croeint tellement qu’elles n’hésitent point à faire don d’un coq, en offrande au saint homme de la région, Sidi Slimane.

A l’époque coloniale, unique bâtiment

La « baraka » est demandée également par les femmes et les jeunes filles qui n’hésitent point à jeter du henné dans les bassins des thermes et à allumer des cierges, au grand dam des responsables des structures d’accueil qui veillent à garder les endroits propres.

Justement, au complexe hôtelier sis à l’entrée de la commune et dont l’inauguration remonte à une dizaine d’années, le personnel est aux petits soins avec la clientèle affluant en grand nombre durant ces vacances de printemps.

Entrée du complexe hôtelier

« Je ne peux pas ne pas ramener ma femme et mes filles à cet endroit depuis six ans » affirme un père de famille. Une vieille femme déclare consacrer plus du tiers de son pécule de retraite à soigner ses rhumatismes par les eaux thermales de Hammam Melouane : « Je suis allé dans nombre de villes thermales mais je crois que cet endroit est celui qui correspond le mieux à mes maladies de vieillesse et je n’hésite pas à venir, même seule ! »

Hall de réception de l’hôtel Zaïm

MM. Belkacem et Mohamed Saadi, du personnel d’encadrement du complexe hôtelier, parlent fièrement de ce lieu très recherché pour les cures. « Ces eaux permettent même de se relaxer pour les personnes victimes d’angoisses ou de dépression et nous offrons notamment cet espace étendu sur près de 3.500 m² avec quatre étages et 90 chambres aux fédérations et associations sportives ainsi qu’à la Caisse d’assurances à travers des conventions » précisera M. Belkacem.

En compagnie de membres de l’hôtel

Des sièges larges pour massages sont éparpillés à travers le large salon d’accueil, près de la réception. Cafétéria, restaurant, boutiques agrémentent ce haut lieu de villégiature sis à moins de 40 km d’Alger la capitale et du chef-lieu de la wilaya (département) de Blida.

Sièges de massage

A la sortie de l’hôtel, des bus déversaient une marée humaine, toute heureuse et pressée de se retrouver au contact des bains chauds. Le long de la rue sont disposés des produits de l’artisanat local,

Produits de l’artisanat de la région

du pain local fait maison proposé aux curistes avec des œufs bouillis. Des aménagements extérieurs, notamment une piscine pour enfants, des aires de jeux et de détente, sont en chantier, en voie de finition.

Chantier future piscine et jeux aquatiques

Le large parking, pouvant laisser place à quelque 300 véhicules,

Entrée parking du complexe

sera notre dernière visite au lieu avant d’entamer la brève descente sur Blida, passant par les monts de l’Atlas tellien.


Myriam Sultan, la reine du Malouf

Ce vendredi à la salle Ibn Zeydoun de Riadh El Feth à Alger se produit Myriam Sultan, la reine du Malouf, native de Constantine. Elle est de retour au pays, comme elle le fait régulièrement,  après quelques mois d’absence. Le médecin vétérinaire qu’elle est n’oublie guère qu’elle possède une voix qu’il serait un crime de calfeutrer.

Myriam Sultan, reine du Malouf

La chanteuse excelle dans le genre Malouf de la musique dite andalouse et le regretté Fergani, -décédé au mois de décembre dernier,  grand maître du genre, l’avait encouragée à poursuivre sur cette voie, elle qui n’a pas hésité introduire du rythme, de la joie dans ce style si mélodieux, comme en écho au grand rocher de Constantine, aux ponts et aux ruelles en pente, à la médina… des arrangements qui permettent de brasser large à travers la Méditerranée. Elle a introduit de nouveaux rythmes avec un cran et une assise qui la placent dans la droite ligne des divas Faïrouz, Keltoum, Warda. La basse et le piano côtoient la derbouka, le tar et le violon ! Ainsi, l’oxygénation va permettre de voyager, d’étaler des ponts entre les musiques, les pays, les airs, pour atteindre l’universalité. Elle revient au classique et se dit adepte des deux styles, des deux genres, « en fonction également du public que nous avons en face ».

Triomphe garanti

Tous les derniers récitals sont du genre classique, notamment ses deux passages à Constantine au mois de décembre dernier.

Depuis son plus jeune âge, la virtuose se mettait en évidence dans les fêtes familiales et scolaires et sa belle voix la portera de Constantine jusqu’à Paris, en passant par Marseille où elle s’y trouvait pour des études supérieures de médecine. En dehors du cursus scolaire, elle suivait à Constantine des cours de solfège et de piano, lui assurant ainsi une maîtrise de plusieurs instruments. Elle ose et réussit la composition musicale, l’écriture de ses poèmes et nombre de ses milliers de fans lui en sont reconnaissants, admirant la beauté des vers alliés à des airs enivrants.

« Ton éloignement me torture,
Je passe mes nuits et mes jours à souffrir et à exprimer des sons de douleur… »

Le malouf devient plus rythmé, dansant grâce au choix de passages de noubas arrangés aux sonorités modernes, autant que pour les artistes chanteurs Mbarek Dakhla ou Abdelaziz Benzina.

Très active depuis 1994, voilà un quart de siècle, Myriam Sultan a à son actif plusieurs CD, dont « L’âme et la corde » en 1997, où elle a repris des grands classiques de la musique orientale, Oum Kaltoum en tête. Elle participa l’année d’après, en 1998 au CD de Juan Carmona « Antes ».

Dans le costume traditionnel constantinois

Grand succès en 2000 avec l’album « Waâlache », dont elle signe la plupart des titres. Elle ose dans cet album une composition world music « Waâlache »,  morceau, qui est aussi le titre de l’album et qui obtiendra le premier prix en novembre 2000 Musique du Monde de l’Adami, FCM, France MP3.  Myriam tenta également avec succès une reprise Malouf « Bil hawa ». Elle était lancée et un des maîtres actuels de la musique Malouf, Abdelhakim Bouaziz, l’y encourage. Constantine, la maman, les racines dans toutes leurs profondeurs sont honorées.

Pont mythique de Constantine

Alger avait Fadila Dziria, Qacentina possède désormais Myriam Sultan, un nom prédestiné. C’est la voix sacrée du Malouf, reconnue en tant que telle par tout le monde de la musique andalouse. Même le regretté Fergani qu’elle appelait au téléphone lors de son hospitalisation en France, « voulait qu’on fasse un album ensemble en 2008 ; il demeure toujours vivant, cet homme humble et correct» ne manquera pas de préciser Myriam Sultan.

Avec le regretté Med Tahar Fergani

Depuis un peu plus d’une année, elle retourne au Malouf traditionnel de par l’accompagnement par des orchestres du genre classique, notamment à la mairie du 13° à Paris ainsi que pour le coffret féminin « commandé » par le ministère de la culture algérien à travers madame Ali Khodja. « C’est acoustique à 100% » selon l’artiste ainsi que les deux récitals donnés à Constantine les 15 et 18 décembre 2016.

Sultan chante

Elle n’hésite pas à chanter l’amour, à le sacraliser, l’attente, la patience devant l’être aimé

Le charme de l’être aimé m’a séduit.
Son éveil et son intelligence m’ont subjugué.
Quand il sourit, mes yeux en deviennent ivres.
Oh mes nuits, et ma patience,

L’artiste souriante, sûre    d’elle-même et de son art

Elle chante sa ville également, elle qui y vit désormais éloignée mais y retournant 3 à 4 fois par an :

Que faire ? Dieu m’a infligé l’épreuve de l’amour,
oh ma gazelle et ma beauté, guéris mes blessures.
Séparé de toi, mon corps dépérit,
et je perds toute patience.
Offre-moi le bonheur de te revoir,
D’autres pourront le comprendre comme un hymne à l’amour… les deux se croisent, se rencontrent, …


l’ISTA à Blida

L’Institut des Sciences et Techniques Appliquées à l’agroalimentaire -ISTA- de Blida s’ancre dans le monde universitaire de la wilaya de Blida depuis décembre 2016 et semble avoir reçu un boom avec la dernière visite que lui a consacrée SE l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Emié, ce lundi 6 février 2017.

L’ambassadeur Bernard EMIE, à l’ISTA de Blida

Le partenariat franco-algérien dans ce domaine se donne comme perspective à court terme la création de 100 instituts de ce type, le premier étant celui de Ouargla et le 6ème à être inauguré étant celui de Blida. Les étudiants auront un cursus de trois années pour l’obtention d’une licence. Les étudiants se sont déclarés très satisfaits des cours et des manipulations aux laboratoires,

Etudiantes heureuses d’exhiber leur savoir

des sorties sur le terrain, très loin en quelques sorte des multiples problèmes subis par leurs camarades de l’université de Saâd Dahlab où les facultés d’architecture, de pharmacie et de chirurgie dentaire sont secouées par des grèves à répétition. « Nous n’avons raté aucun TP et la totalité des 30 heures hebdomadaires sont assurées » déclarera Amina. « Une bonne ambiance règne au sein du groupe que nous formons et nous ne regrettons guère notre inscription » diront pour leur part des jeunes venus de Djelfa, à quelque 300 km de Blida.

Etudiants venus de différentes régions du pays

« C’est une micro Silicon Valley avec ses espaces dédiés à la formation et à la recherche » assura avec un sourire en coin le recteur de l’université de Blida, M. Abadlia, présent pour la réception de la délégation française aux côtés de MM. Ammour et Moussaoui, du secteur économique privé à Blida, représentants des entreprises privées collaboratrices de l’université dans ce projet que la directrice, madame Lynda Boutekrabt, qualifiera d’engagement réel, loin des conventions vitrines.

Université et entreprises ensemble à l’ISTA Blida

Les filières visées dans un premier temps demeurent celles dont le secteur économique dans la région excelle, à savoir la meunerie, les boissons et le lait et ses dérivés. « il restera à l’avenir à se spécialiser dans le management et s’ouvrir sur la qualité de la vie, la conserverie des fruits et légumes ainsi que les transformations agricoles » précisera M. Ammour qui, aux côtés des entreprises SIM et MAMA, ont rénové l’espace alloué au nouvel institut.

M. Ammour, représentant du secteur privé

Le partenariat public/privé avec une spécificité pour les PME-PMI très bien implantées à Blida permet à l’ISTA de se placer comme leader dans la formation. « Nous formons utilement avec des programmes adaptés aux besoins des entreprises et nous saurons innover afin de nous positionner dans le marché mondial » dira M. Ammour. La théorie est assurée par l’université à hauteur de 60% à travers l’amphithéâtre, les travaux dirigés et la formation pratique offerte sur le terrain ; l’élaboration des programmes se fait en étroite collaboration avec les entreprises, privilégiant l’innovation pouvant assurer la compétitivité, un projet gagnant-gagnant.

Espace aéré à l’ISTA BLIDA

La visite de SE l’ambassadeur de France en Algérie témoigne de la volonté de s’impliquer dans ce partenariat où la France est également bénéficiaire, sachant que les perspectives de relations étroites s’est illustrée juste le lendemain par la visite du responsable de France Export Céréales à l’ISTA, M. Richard GUIRAGOSSIAN. Faut-il rappeler que Blida couvre 40% des besoins nationaux en dérivés de Blé et que l’Algérie importe plus que tout autre pays une très grande quantité de Blé ? Il demeure le premier importateur dans le monde de blé dur et le second pour le blé tendre. Les derniers achats s’élèvent à plus de 600.000 tonnes pour le mois de janvier et la France se classe dans le peloton de tête des pays assurant la livraison à l’Algérie de ce produit, l’accompagnant notamment par des spécialisations et des formation, d’où ce projet de 100 ISTA pouvant combler le déficit en main d’oeuvre qualifiée.

Les premiers pas ont été assurés à Blida grâce à l’ISTA et l’avenir permettra d’engager davantage le partenariat Université-Entreprises, pour la recherche, l’innovation, le marché du travail.


Khaymet El Hadj Brahim

Khaymet El Hadj Brahim à la sortie du petit village de Soumâa, petit par sa superficie mais célèbre de par l’implantation de l’université Saad Dahlab de Blida, renfermant plus de 40.000 étudiants, impose désormais sa présence.

Khayma dans un style mauresque

Un restaurant de type saharien, géré par trois familles réunies, perce grâce au bon accueil, au style des tapisseries au mur et au sol, donnant l’impression de fouler les pieds d’une khaima- tente du Sahara- en plein cœur de la Mitidja. On se déchausse à l’entrée de khaymet El Hadj Brahim

Dès l’entrée, les chaussures sont enlevées

et on déambule pieds nus à l’intérieur des trois salles où des familles entières viennent goûter et apprécier les plats traditionnels de plusieurs régions des portes du désert algérien : Bou Saâada, M’sila, Djelfa, Biskra. Nombre de visiteurs et de clients du Nord retrouvent dans cet espace leurs origines puisqu’ils sont originaires de ces villes mais habitent le nord du pays pour plusieurs raisons.

Décor propre aux régions du Sud de l’Algérie

La clientèle est reçue dès l’entrée par un personnel vêtu de la tunique saharienne, un habit traditionnel qui rajoute au charme des lieux. Le plafond porte des couvertures de laine où le rouge domine et les pentes imposées à cette tapisserie créent cette impression de « khayma » dont le restaurant tire le nom, « Khaymet El Hadj Brahim , gérée par trois familles dont les liens confortent encore davantage la « petite » affaire. Mourad, Salim et Hadj Nacer, l’aîné, sont présents et redoublent de vigilance afin de répondre à toutes les exigences d’uneclientèle composée de la classe moyenne, notamment. En effet, les prix pratiqués sont à la portée de pratiquement tout le monde et même la quantité y est.

Plats traditionnels

Tchekhtchoukha, Z’viti, Berkoukess, couscous, h’miz : des plats aux consonances plus que nostalgiques pour ces cadres de l’intérieur du pays, obligés de travailler à Alger et Blida et devant accepter quotidiennement des menus à la sauvette. A la khaymat El Hadj Brahim, ils retrouvent les senteurs de leurs origines des hauts-Plateaux algériens et ils ramènent eux-mêmes d’autres clients, ravis qu’ils sont de leur montrer un pan de leur gastronomie.

Menu en langue arabe

Blida se devait de posséder ce genre de restaurant et elle s’en trouve fière. Reste aux autorités à améliorer l’accès au site, surtout que l’extension de la capitale Alger du côté de Bouinan va ramener encore par centaines une clientèle avide de nouveauté.

Menu bien expliqué par un personnel avenant

Tables basses, poufs, lumière tamisée, personnel accueillant, prix abordables :

Mobilier typiquement saharien

autant de facteurs qui assurent la pérennité de cette Khayma qui va faire, à coup sûr, des émules un peu partout au nord du pays.


Le ciné s’invite au lycée de Blida

Cinéma au lycée, thématique réservée à Bachir Derrais, producteur et réalisateur de renom en Algérie, présent dans l’enceinte du lycée privé En Nadjah de Blida juste avant les vacances d’hiver.

Invité par M. Mekfouldji et l’administration, celui qui finalise son dernier film dont le montage financier devant prendre l’ensemble des dépenses a rencontré plusieurs difficultés, s’est déclaré heureux d’être en face de jeunes.

Derrais présent au lycée

 

Il parla d’emblée de l’Histoire véhiculée par le film : « Je me dois d’être collé à la réalité de l’époque et ce n’est pas facile avec des moyens limités ! »

 

Des lycéens collés à ses lèvres poseront des questions sur la manière de réaliser les films, les costumes d’époque, l’absence d’archives en Algérie, la disparition des salles de cinéma.

Métiers du cinéma expliqués par Derrais

 

Ce fut l’occasion pour Bachir Derrais de secouer quelque peu la léthargie des jeunes Algériens en les incitant à exiger des responsables locaux la création de salles de cinéma, de salles pour jeunes, d’instaurer des cycles de formation dans les domaines du cinéma : « Un institut d’arts dramatiques existait ! Il faudra le rouvrir ! » dira-t-il avec force.

Il rappela que le cinéma permet la création de milliers d’emplois : décors, costumes, studios, musique, montage sont des domaines où la jeunesse algérienne pourra s’éclater. « Je ne vous dis pas de quitter l’enseignement ! Il faut s’assurer le diplôme du bac puis tenter sa chance dans les domaines où vous vous sentez apte » précisera-t-il à celles et ceux qui se montraient emballés par la perspective de devenir actrices et acteurs, costumiers ou réalisateur.

Public jeune attentif

Abordant le contenu de son dernier film, Larbi Ben M’hidi, un héros de la révolution algérienne, Bachir Derrais rappela que l’Etat n’aime pas qu’on parle de ces héros là parce que plusieurs d’entre eux ont été assassinés par leurs frères d’armes. C’était le silence dans la salle de conférences ! « Il vous appartient de découvrir tous les pans de la Révolution de 1954 de votre pays ; les acteurs de cette période sont encore au Pouvoir et les clans existent toujours et même le cinéma en subit le coup. »

C’était quelque peu fort pour de jeunes lycéens mais on devinait chez Bachir Derrais cette envie de secouer le cocotier. Le cinéma au lycée c’est également cette vérité. Il parlera de sa jeunesse, de son envie de faire des films, de ses luttes avec les autorités pour faire accepter des projets, allant jusqu’à s’autofinancer et intervenir dans toutes les étapes de la réalisation d’un film.

Derrais explique avec ferveur

Revenant à son film sur un héros bien identifié, il révèlera qu’il lui aura fallu plusieurs années pour amasser des témoignages, consulté des archives en France afin de présenter un grand film à la mesure du personnage. « Il sera un document historique pour les historiens parce qu’il se base sur des faits réels » précisera l’intervenant.

Ainsi, c’est aux historiens de venir à lui et non l’inverse, démontrant la rareté des documents d’histoire et mettant en accusation les autorités françaises qui détiennent l’histoire du pays dans leurs lieux d’Aix-en-Provence et ailleurs.

Fin de l’intervention de Derrais

« Vous devez, vous la jeunesse, demander la récupération des archives, la récupération de votre Histoire récente » conclura Bachir Derrais, au grand regret des filles et des garçons qui en voulaient plus sur ces pages de cinéma et d’histoire, loin des manuels scolaires.

Le cinéma au lycée a ouvert une brèche !


Blida se cherche

Depuis quelques mois, Blida se cherche et se recherche une nouvelle destinée ! A moins qu’on veuille lui redonner son lustre d’antan… Mais quels sont les mobiles pour mobiliser des gens peu amènes, que le plus humble des citoyens reconnait comme homme d’affaires peu honnêtes et dont les origines de leurs récentes richesses laissent perplexes ?

Stèle en re-construction à Blida

Le pays a vécu une décennie noire, la dernière avant le XXI°siècle. En cette période où nombre d’intellectuels avaient trouvé la mort, une mort violente, des richesses se montraient au grand jour, issues du néant… Des entreprises étatiques florissantes fermaient les unes après les autres et les murs, par un tour de magie, appartenaient désormais à des « hommes d’affaires », parfois incultes, mais qui savaient reposer sur des épaules et des casquettes possédant le Pouvoir. Des intellectuels tombaient, comme par hasard, les gens de la Plume étaient majoritaires : Tahar Djaout, Laâdi Flici, Saïd Mekbel, Mustapha Abada, Smaïl Yefsah, Mahfoud Boucebci, Abdelmadjid Yacef, Youcef Sebti, Abdelkader Alloula, Pr Belkhenchir, Djillali Lyabès, Asselah père et son fils, Rabah Stanbouli et tant d’autres, amenant ainsi la question non pas de : « Qui tue qui ? » mais « pourquoi ces gens-là ? » Saïd Mekbel, journaliste et chroniqueur, avait déclaré que le choix de ces médecins et de ces journalistes obéissait à un seul mot d’ordre : « Ils se ressemblent ». Ce curieux phénomène avait amené l’Etat, un peu tardivement, à domicilier les journalistes dans un « bunker ».

Saïd Mekbel

Aujourd’hui que l’argument sécuritaire est quelque peu oublié, le pays vivant dans une relative quiétude, revenant d’années plus que ténébreuses, on constate que la jeunesse du XXI°siècle, la génération n’ayant pas vécu les affres d’une période lugubre, ignore jusqu’au sens du terme « république », l’école ne lui apprenant rien ! Le jeune aujourd’hui se défonce dans l’alcool, quelque peu, la drogue, surtout et évacue ainsi tout ce qui peut le ramener à la réalité quotidienne.

Blida se veut ville propre

A Blida, les collégiens et lycéens, tout comme les étudiants, brillent par leur analphabétisme, courant derrière le diplôme, lequel n’est point une preuve d’un Savoir acquis mais une assurance pour un éventuel emploi qu’ils n’honoreront point.La contestation tourne surtout autour du transport, de la bouffe, de la réduction des emplois du temps ! Aucune protestation pour plus de connaissances, de disponibilité de livres et documentation. Lors de recrutement de personnel, les entreprises et les administrations se plaignent du niveau zéro des connaissances. « On me ramène des jeunes collés à leurs smartphones, incapables de rédiger une seule phrase correcte » s’écrie un jeune chef d’entreprise formé en Europe et revenu au pays.

Quel devenir pour ces jeunes ?

Dernièrement, l’écrivain et universitaire Amine Zaoui, en conférence dans un établissement privé de Blida, le lycée En Nadjah, en face d’élèves de classes terminale, déclara à la fin : « la pâte existe ! » Il n’a point constaté un niveau dans les échanges mais s’est montré pédagogue en tablant sur l’avenir. En attendant, la ville fleurit artificiellement grâce aux bons soins du préfet de la région, le wali, qui sollicite le secteur privé pour embellir davantage la ville. « Il aurait pu les faire intervenir pour trouver de l’emploi aux jeunes, pour créer des bibliothèques, des musées, des maisons de jeunes » dira un vieil habitant de la ville.

Le cheval avance au pas, lui qui est fait pour les grandes courses ! Ses sabots foulent le bitume alors que la terre est sa prédilection.

Style policiers canadiens ou fanfaronnade ?

Encore une contradiction dans cette ville qui demeure fort sympathique !


Amin Zaoui dans un lycée

Il est enfin venu à Blida !

Promesse tenue ! Zaoui à Blida
 Promesse tenue ! Zaoui à Blida

Le romancier en vogue en Algérie, Amin Zaoui, a pu trouver une après-midi afin de satisfaire la demande de jeunes lycéens de classe de Terminales à Blida pour venir échanger avec eux, débattre de multiples sujets et offrir une séance dédicace à la fin. L’auteur, invité par l’administration de l’établissement privé En Nadjah, s’était vite trouvé à l’aise pour étaler une biographie assez riche et orienter le débat, en homme malin, sur les choix idéologiques de ces jeunes qui, au même titre que tous les jeunes en Algérie, ne savent plus à quel(s) saint(s) se vouer. Amin Zaoui dans un lycée, lui qui est habitué des salons littéraires, des universités, des colloques ! « J’ai été subjugué par cette jeunesse » dira-t-il à la fin.

Zaoui reçu au lycée avec des dattes
 Zaoui reçu au lycée avec des dattes

Amin Zaoui, ancien directeur de la Bibliothèque Nationale durant toute une décennie et évincé pour une sombre affaire de visa d’édition accordé en 2004 à Mohamed Benchicou pour son livre dénigrant le président algérien, « Bouteflika,une imposture algérienne », a toujours mis la littérature comme réponse à toute situation. « Festin de mensonges », « Le sommeil du mimosa », « La chambre de la vierge impure », « Le dernier Juif de Tamentit », lui gagnent à chaque fois des milliers de lectrices et lecteurs, des tous jeunes aux retraités et qui le rassurent, à ce qu’il disait déjà en 2013 : « Cela me rassure sur l’existence d’une demande de lecture ».

Les bibliothèques communales et d'établissements scolaires doivent pallier les prix prohibitifs
 Les bibliothèques communales et d’établissements scolaires doivent pallier les prix prohibitifs

Cependant, les prix prohibitifs ou hors d’atteinte des bourses moyennes limitent ce nombre. Cela implique tout simplement l’urgence de l’ouverture de bibliothèques en nombre suffisant dans les communes et les écoles. Amin Zaoui dans un lycée : c’est un appel à tous les auteurs pour qu’ils envahissent ces espaces afin de redonner goût à la lecture, imposer le livre aux côtés des smartphones et autres jeux vidéos !

Les romans de l’auteur invoquent beaucoup le premier cercle familial ; Amin Zaoui évoquera devant les jeunes lycéens la mère qui n’avait jamais cessé de lui raconter des histoires, le berçant tout aussi bien que la tante et le père, jusqu’à lui inculquer cet amour pour la lecture, le voyage, l’évasion par les mots. « J’avais toujours les meilleures notes en rédaction, que ce soit en français ou en arabe » écrira-t-il dans « Festin de mensonges », paru chez Fayard en 2007 et traduit en anglais, en italien, en serbe. Il faut dire que Amin Zaoui est un parfait bilingue, étant à l’aise aussi bien en français qu’en arabe et un de ses livres en langue arabe, Le Hennissement du corps, était toujours interdit de diffusion  en 1985 pendant que « Le huitième ciel » avait été brûlé par les intégristes.

Encourager la lecture par tous les moyens
 Encourager la lecture par tous les moyens

En 1995, il avait trouvé refuge en France après avoir été menacé de mort. En 2000, il sera nommé directeur de la Bibliothèque Nationale et ce poste ne l’empêchera point de poursuivre ses publications et donner un véritable élan à la BN avec tout un cycle de conférences et de manifestations diverses qui déplairont à la classe politique régnante. Le coup fatal vint également de la conférence donnée par le poète syrien Adonis, son ami.

Un incendie au paradis, dernier ouvrage
 Un incendie au paradis, dernier ouvrage

Son dernier ouvrage, paru en 2016 aux éditions Tafat, « Un Incendie au paradis », évoque les femmes -sujet de prédilection de Zaoui-, les religions et les cultures. « La vie a besoin d’utopie pour souffler le sens du rêve dans les jours et dans les mots » assure celui qui maintient une chronique hebdomadaire, « Souffles », dans le quotidien francophone « Liberté  » où il donne rendez-vous à ses admiratrices et admirateurs pour les entretenir sur la société et le monde qui l’entoure, un monde en plein s changements.

Un public très attentif
 Un public très attentif

Les lycéennes de l’établissement de Blida se sont données à coeur joie pour l’interroger sur ses sujets d’écriture, ses engagements, son style d’écriture et l’auteur s’était dit à l’issue très heureux d’avoir pu vivre ces instants avec cette jeunesse scolaire, la première qu’il eut en face de lui en Algérie.