Emile Bela

LA COOPERATION AU DEVELOPPEMENT: Et si on en parlait ?

J’ai une passion énorme pour la Coopération Internationale au Développement. Mon Mémoire de Master portait sur le thème, « La Coopération Non Gouvernementale Face aux Défis du Développement Rural au Burkina Faso ». A travers ce thème, j’ai essayé de mettre en rapport l’affluence des organisations non gouvernementales au Burkina Faso et leur apport au développement rural. Le Burkina Faso est l’un des pays d’Afrique subsaharienne qui compte le plus grand nombre d’ONG sur son sol et dont le budget dépendait environ (en 2011) à 80% de l’aide publique étrangère, selon les chiffres de la Direction Générale de la Coopération (DGCOOP).

Toutefois, malgré cette présence massive, le pays est à la traîne. Mon postulat de départ était que cette contribution devrait avoir un faible impact, et s’il en était le cas, il devrait y avoir des facteurs dans ce processus qui échappent au contrôle et/ou peu maîtrisés par les dirigeants du pays.

C’était passionnant comme sujet de recherche. J’ai appris beaucoup de choses. J’ai rencontré, dans les coins reculés du pays, dans l’extrême Nord, ces paysans qu’on qualifierait aussi d’experts aux pieds nus, qui connaissaient mieux la terre que quiconque, maîtrisaient les aléas du climat et détenaient des « secrets » ou technologies qui remontent à plusieurs années qui leur permettaient de cultiver la terre pour survivre. Leurs capacités de résilience, en un mot, forcaient l’admiration.

Au fil des années et de ma carrière, je me suis cconsacré à ce domaine, formulé et/ou exécuté des projets de développement. J’ai poussé plus loin pour comprendre le jeu des acteurs impliqués dans le processus de développement international. Quels sont les acteurs ? Qui fait quoi ? Comment ? Pourquoi ? Quels sont les intérêts en jeu ? Quels rôles jouent les institutions multilatérales de développement ? Comment fonctionne le système de l’aide internationale au développement que l’éminente économiste Zambienne Dambisa Moyo qualifie « d’Aide Fatale » dans son célèbre ouvrage du même titre ?

J’ai parcouru l’Afrique dans ses cinq régions (Nord, Sud, Est, Ouest et Centre) et suis parvenu à la même conclusion. Il n’y a que les régimes qui changent dans tous ces pays, l’approche de développement, elle, reste identique. On se croirait dans un même village.

La coopération internationale fait ressortir l’impact local des politiques internationales, met en évidence la dimension transversale de certaines approches, la limite de certaines théories. Elle montre surtout le jeu des alliances, les relations qui se font et se défont au gré des intérêts des parties impliquées. Elle présente comment ce qui se décide derrière les portes du somptueux bâtiment des Nations Unies au cœur de New York affecte nos vies, et celles de nos grands parents aux tréfonds de nos villages…

On est partie de la première révolution industrielle pour être aujourd’hui à la quatrième avec ses spécificités, notamment l’actualité des secteurs de l’intelligence artificielle, de la réalité virtuelle, de la blockchain etc, que décrit le célèbre économiste Allemand, Klaus Schwab, fondateur du Forum Économique Mondial. La Coopération internationale au développement définit et régit le fonctionnement du nouvel ordre mondial et ses mécanismes de fonctionnement… Autant de sujets aussi complexes que passionnant.

J’ai décidé d’en parler ici, sur mon blog, et aussi à travers ma chaîne YouTube.

Dans les semaines qui suivent, Dieu voulant, nous allons, pour ceux qui s’y intéressent, embarquer dans une aventure qui parlera de la coopération internationale au développement.

Certaines notions seront expliquées, selon ma compréhension… Vous allez aimer ou peut-être pas, mais ce qui reste certains, vous apprendrez quelques choses.

Je vous invite donc à vous abonner à mon compte YouTube « Emile Bela » et à ma page Facebook « Emile Bela ». Suivons-nous aussi sur T

witter pour continuer la discussion: @ebelak

En attendant, prenez bien soin de vous et des autres.

#FaisonsLessentiel


Le monde vous appartient, possédez-le !

Photo : James Coleman

Quand j’étais petit, mon père me disait qu’un vieillard de 100 ans qui a vécu dans un seul village n’a pas la même expérience de vie qu’un jeune qui a fait 100 villages. Il avait pour arguments qu’il fallait voyager, s’ouvrir aux autres, apprendre d’eux. Il parlait différentes langues et s’en enorgueillissait. Je l’enviais pour ça uniquement, mais en ce moment-là, je ne comprenais pas pourquoi il fallait forcement sortir de sa zone de confort pour d’autres lieux quand on a tout chez soi. Je me demandais comment et pourquoi je devrais quitter mon pays pour un autre. On nous avait tellement fait croire que la Côte d’Ivoire avait tout, et était ainsi le pays « le plus doux au monde ». Mais le temps a fait son effet et au fil des années, cette conception a pris des rides.

J’ai compris beaucoup de choses que mon père me disait et développé progressivement un intérêt pour l’aventure, pour la culture des autres aussi. J’ai surtout compris que le meilleur moyen d’avancer dans la vie, c’est d’aller vers l’inconnu. Je me suis intéressé à la littérature et me suis fait orienter en série littéraire parce que les livres m’aidaient à voyager sans bouger. À l’Université, j’ai plutôt opté pour les langues (peut-être pour faire comme mon père) mais surtout je me suis intéressé à la civilisation américaine, vu le processus de peuplement des États-Unis et le caractère cosmopolite de ce peuple.

Je priais et jeûnais pour voyager, mais bien moins pour découvrir d’autres choses qui pourraient contribuer à mon développement personnel et professionnel que pour satisfaire une simple curiosité d’adolescent. Surtout, pour faire bling-bling, c’est-à-dire visiter et prendre des photos sur des lieux touristiques, ou contempler le paysage depuis le hublot d’un avion à 1000 pieds d’altitude, me retrouver au-dessus des nuages, me prendre en train de manger dans un avion – je me demandais toujours comment cela était possible de manger dans un avion. Mes arguments en ce temps-là se résumaient majoritairement à ceux-là.

J’avais 25 ans quand, pour la première fois, je suis sorti de la Côte d’Ivoire dans le cadre d’un voyage d’étude. Ce voyage a déclenché toute la suite. Depuis lors, aussi bien pour des raisons professionnelles qu’académiques et personnelles, j’ai parcouru le monde, rencontré des peuples, tissé des relations d’amitié et appris de nouvelles choses. Je me souviens du gros coq que m’a offert cet éleveur que j’ai rencontré à l’occasion d’une mission avec ma collègue Pascaline Kiemde, dans un village dans l’extrême nord du Burkina Faso en 2011, parce que je lui avais donné un sachet d’eau minérale qu’il a bu et dont il a renversé quelques gouttes dans les bouches de ses deux gamins.

Je me souviens de l’accueil si chaleureux auquel nous avions eu droit lors d’une mission en Casamance sur l’intégration régionale en août 2015. Le peuple Casamançais, un peuple sobre et enthousiaste de gens qui vous donnent le peu qu’ils ont la main sur le cœur. Que de belles expériences… Je mesure aujourd’hui pleinement la portée de ce que mon père me disait. Demain, j’en parlerai à mes enfants.

En attendant, et c’est ici l’objet de ce billet, je prends prétexte de mon expérience personnelle pour parler à certains jeunes (étudiants) dont certains sont quasiment en fin de cycle mais qui n’ont traversé aucune frontière, ne disposent même pas d’un passeport et dont d’autres n’envisagent même pas voyager un jour de leur vie hors de leur pays. Si toi qui lis cet article tu te retrouves dans ce cas, sans te donner de leçon, permets-moi de te dire que tu commets une grosse erreur.

Le Père Denis Maugenej, alors Directeur du Centre de Recherche et d’Action pour la Paix, disait que « lorsque vous restez chez vous, vous vous désolez, mais quand vous allez chez les autres, vous vous consolez ». Sortir de son pays, découvrir d’autres réalités, au-delà de bien d’autres avantages qui en découlent, te permettra de mieux apprécier ce dont tu disposes chez toi, d’en prendre soin ou de l’améliorer. Mieux, à un certain âge, à un certain niveau de formation, sortir de son pays apparait non plus comme une option mais une obligation. Que l’on ait envie de devenir un entrepreneur ou un fonctionnaire dans une multinationale ou même dans l’administration publique. Dans le premier cas, tu développeras de nouvelles idées qui te permettront de mieux formuler ou d’enrichir ton projet d’entreprise ou même de développer des partenariats d’affaires. Dans le second, cela contribuera à élargir tes champs de compétences, accroître ta compétitivité sur le marché de l’emploi.

Je rencontre certains jeunes qui rêvent de travailler à la BAD, à la Banque Mondiale, au PNUD, etc, mais dont l’expérience se résume à une ou deux années de travail dans une ONG dans leur pays, sans plus. Dans une concurrence pour le même poste face à un autre diplômé qui totalise le même nombre d’année d’expérience, mais ayant acquis ces expériences dans deux, voire trois pays différents, il est bien plus compétitif que vous. Comprenez que ces institutions sont internationales et donc s’intéressent à des personnes qui ont ce qu’elles appellent une « international exposure », ou littéralement « exposition internationale ».

Sortez, non pas pour y demeurer, mais pour apprendre, élargir vos réseaux professionnels et personnels, confronter votre culture à celle des autres pour vous enrichir. Sortez pour vous rendre compte que votre idée que vous considérez comme unique, quelqu’un d’autre l’avait déjà avant vous et donc en détient bien plus d’expérience qui pourraient vous être utile. Sortez et vous vous découvrirez d’autres qualités que vous ignoriez chez vous. Je croyais qu’un plat de garba avec du poisson thon n’avait d’égal sur terre. Mais ça c’était avant que je ne découvre le Kinke et le Banku-tilapia au Ghana, le Eru et le Ndolè au Cameroun, le Gonré surprise au Burkina etc. Vous voyez ce que je veux dire?

Allez-y chez eux. Passez-y le temps qu’il faut. Apprenez ce que vous ignorez. Mais le moment venu, revenez parce que c’est vous qui avez sur vos épaules, le poids de la construction de votre pays. Comment comptez-vous donc dépasser les autres si vous ignorez à quel niveau ils sont ? Quand vous reviendrez d’une visite à Dubai ou à New York, vous comprendrez que la tour D de seulement 26 niveaux n’est pas le plus long au monde et quand vous découvrirez que l’Université nationale de la Guinée Bissau ne dispose même pas d’une faculté de Droit, vous apprécierez mieux la chance que vous avez d’en avoir plutôt que d’avoir à vous déplacer au Sénégal comme les jeunes Bissau Guinéens pour poursuivre vos rêves de juristes.

En un mot, retenons que le monde aujourd’hui est un village planétaire. Ce qui se passe ailleurs nous touche directement. Certaines expériences vécues pendant vos années hors de votre pays et lors de vos voyages vous révolteront probablement, mais d’autres vous formeront. Dans les deux cas, elles vous enseigneront des leçons et ouvriront vos esprits vous permettant ainsi une lecture bien différente du monde et de votre environnement immédiat. Allez-y où vos rêves vous transportent. Le monde vous appartient, possédez-le !


Débat sur la Carte Nationale d’Identité en Côte d’Ivoire: Mon point de vue

En toute sincérité, j’estime que parfois nous, ivoiriens, orientons nos débats nationaux sur des sujets moins essentiels en occultant, à dessein ou par ignorance (les ivoiriens ne sont pas ignorants pour autant) ce qui devrait retenir notre attention. Je lis çà et là, aussi bien sur les Réseaux Sociaux que dans les journaux, des commentaires passionnés sur le coût de confection de la Carte Nationale d’Identité (CNI) fixé à 5000 F cfa, soit environ 10$ US jugé trop exorbitant par ceux qui s’y opposent. Ce type de débat à été mené quand le gouvernement a annoncé (l’augmentation du coût d’inscription à l’université).

Le problème, à mon humble avis, n’est pas le coût, donc ne devrait pas retenir autant d’attention. Ce qui devrait l’être, cependant, c’est l’usage que le gouvernement fait de cet argent et de ce que je lis jusqu’ici, presque personne n’en parle. Certains évoquent le niveau de pauvreté de la population (on ne peut demander à quelqu’un qui est incapable de se payer une ordonnance de 2000 F de se faire confectionner une CNI à 5000 etc dit-on). La plupart de ces points de vue, même si je les respecte ne tiennent pas.

J’aurais aimé savoir si les conditions d’études à l’université ont été améliorées depuis cette augmentation, si ce montant à débourser pour la CNI aura des retombées positives à d’autres niveaux au profit de la population…

Ce qu’il faut comprendre, dans l’ensemble, c’est qu’en économie (sans en être un spécialiste), tout à un coût, même ce qui semble gratuit. Et cela l’est encore plus en matière de gestion publique. Quelque part au bout de la chaîne, il faut bien que quelqu’un ou une partie de l’ensemble paie pour tous. L’Etat n’est pas un philanthrope. Son rôle régalien consiste à améliorer les conditions de vie de la population, pris dans un ensemble. Mais cela nécessite des moyens dont il n’en dispose pas et qu’il faut chercher par des acrobaties parfois déplaisantes. Puisque l’Etat, c’est vous et moi, il faut donc que cet argent vienne de nous. Ce qui devrait nous préoccuper, c’est ce que font de cet argent ce groupe de personnes que nous mêmes avons désigné (appelé gouvernement ou dirigeants) pour le gérer. Les questions de font devraient porter sur ça principalement. On peut ne pas être d’accord avec le prix fixé, mais on doit davantage ne pas l’être si l’utilisation de cet argent est mal faite.

Il ne s’agit donc pas du coût mais aussi de la qualité. J’aurais aimé payer une CNI qui coûte 5000 Fcfa et qui peut comporter toutes les informations sur moi de sorte à ce qu’elle me serve de pièce unique pour toutes autres opérations plutôt que de l’avoir et avoir besoin de me faire un Certificat de Nationalité, un Extrait d’acte de naissance pour m’établir un Passeport, fournir des factures de SODECI et/ou CIE pour m’ouvrir un compte bancaire etc, simplement parce que ma CNI contient déjà toutes ces informations dont j’aurais fourni à la confection.

C’est en tout cas mon point de vue, jusqu’à preuve du contraire.

 


Mehdy et Faiza, un amour scellé par Cadenas

Vue d’un Cadenas

Dès notre naissance, nous sommes destinés à nous unir aux autres. Nous éprouvons l’irréversible besoin d’aimer, d’appartenir à quelqu’un et lorsque l’union devient une évidence, nous trouvons une force que nous n’avions pas avant et dont on ne peut connaitre l’étendue de cette force avant de l’employer.

Afrique du Nord. Tunisie, terre des Carthagiens. Terre de découverte. Un pays aux atouts touristiques immenses. Ici, on ne lésine pas sur les moyens pour valoriser chaque parcelle susceptible d’attirer un visiteur de plus. Chaque espace compte, et il faut bien le mettre à profit. Au cœur de la capitale Tunisienne, s’étend un Lac à perte de vue offrant une vue magnifique au visiteur. Pour attirer les visiteurs nationaux et étrangers, les autorités l’ont aménagé pour en faire un lieu de détente pour les esprits vagabonds en quête de stabilité. De l’entrepreneur au fonctionnaire, du touriste à l’habitant, tout le monde s’y rend, chacun avec ses raisons. Certains, pour éponger le stress de leur quotidien, d’autres pour contempler les mouvements de l’eau et étendre leurs horizons en contemplant celle qui s’étend devant eux.

Mon Ami Baïf et son ami Sabri y vivant m’ont accueilli à l’aéroport international de Tunis ce 4 Janvier 2019. Alors que nous devrions nous rendre à la maison, ils ont décidé de m’y conduire pour me permettre de découvrir. C’était mon premier contact avec la ville et j’en ai été ému. Ni le froid de ce mois de Janvier d’hiver, ni le poids de la fatigue accumulée par ces cinq longues heures de vol ne m’ont fait bouder le plaisir de cette visite. Nous avons sillonné le Lac divisé en deux parties : Lac 1 et 2.

Pendant que nous visitions cette étendue de cours d’eau, mon attention de curieux a été attirée par un ensemble de cadenas attachés à la longue chaîne en fer bordant le lac qui sert de mur de sécurité. En posant la question sur ce que pouvaient signifier ces cadenas, mes hôtes m’ont fourni une explication qui m’a laissé presque sans mots : «Ici viennent tous les jours un ensemble de personnes. Parmi elles, il y a les amoureux qui s’y rendent non seulement pour vivre des moments romantiques, mais aussi et surtout pour se renouveler leur alliance d’union et à la clé, sceller cette union. Une fois le vœux d’amour et de fidélité fait, par consentement mutuel, ils inscrivent leurs noms sur ce cadenas qu’ils accrochent à cette chaine, ferment et jettent la clé dans l’eau pour se jurer un amour pour la vie.» En me rapprochant des cadenas, à partir de cette explication, j’ai lu deux noms parmi plusieurs autres : Mehdy & Faiza.

Un jour, Mehdy et Faiza se sont certainement rencontrés. Ils se sont aimés, ils ont aimé; et ont décidé de l’exprimer. Au touriste, ils ont décidé de le faire savoir. Au monde, ils ont décidé de communiquer un message: quand on s’aime, c’est pour toujours.

Visiter un pays pour la première fois et découvrir à quel point les gens s’y aiment est forcément fascinant ; Mais ce qui l’est le plus, c’est cette tendance sacrée que prend l’amour qui, ailleurs, n’est qu’un ramassé de belles paroles d’un soir d’ivresse d’un homme à une femme ou d’une femme aux yeux scintillants attirée par les biens matériels d’un homme à qui elle s’agrippe. Une fois chacun ayant obtenu ce qui l’avait attiré chez l’autre, il lui tourne le dos le laissant à son sort, meurtri par une douleur qu’il porte à vie.

L’amour, quand il est réel et émane des cœurs purs, s’exprime librement et toutes les occasions qui se présentent aux intéressés sont bonnes pour le traduire. Comme Mehdy et Faiza, ils sont plusieurs, ces Tunisiens qui, chaque jour, éprouvent l’irréversible besoin d’aimer, d’appartenir à quelqu’un et lorsque leur union devient une évidence, ils trouvent au fond d’eux une force qui les poussent à s’engager devant le monde par un cadenas dont la clé se trouve quelque part au fin fond d’un lac et que nul ne peut retrouver, signe d’un engagement à vie!


Bonne Année à tous, y compris vous !

L’année 2018 s’est achevée avec ses joies et ses peines, 2019 commence avec ses promesses et ses défis. Comme l’exige la tradition, et avant d’entamer l’année sur mon Blog, je tenais à exprimer mes vœux à tous… Y compris vous !

Bonne Année aux ivoiriens, ceux qui attendent le retour de Gbagbo, ceux qui n’y rêvent pas et ceux à qui ce retour ne fait ni chaud, ni froid au cœur,

Bonne Année aux Comédiens Ivoiriens en perte d’inspiration qui nous ont plutôt fait pleurer que rire lors de la fameuse émission annuelle « Bonjour 2000 » de la Radiotélévision Ivoirienne. Dix-neuf ans après, il est vraiment temps que les concepteurs repensent l’émission ou que nos humoristes comprennent qu’ils devraient faire plus d’efforts et éviter de s’en prendre aux personnes et/ou quémander de l’argent sur scène tout en songeant à parler dans une langue compréhensible par tous,

Bonne Année aux maires élus à qui on a soutiré la victoire et placé la commune sous tutelle administrative. Le plus forts mange toujours le plus faible, c’est la loi de la jungle, comprenez juste ça et avançons,

Bonne Année à la tête de liste à l’élection Municipale de la Commune de Daloa à qui le Conseil Municipal, réuni en session pour le choix du maire, a fini par lui préférer un autre le laissant repartir chez lui comme un cocu débouté,

Bonne Année aux hommes politiques du pays qui jouent avec le feu, l’un demandant à l’autre de rendre le Tabouret et l’autre traitant l’un de gringalet. Au fait, tous les deux, vous êtes des gringalets pour ne pas savoir que les ivoiriens sont assez fatigués de vos guéguerres de cours commune,

Bonne Année aux cinq malheureux auteurs mal inspirés du putsch manqué du Gabon sortis de néant pour s’offrir en holocauste. Mon père me disait quand le singe veut finir dans le fond de la marmite, il trouve qu’il fait chaud dans la forêt, ils l’auront appris à leur dépend.

Bonne Année au Cameroun, le pays de toutes les possibilités, où un sac de ciment qui couterait 5000 francs voit son coût tripler avec pour simples explications que la réalisation de tels travaux est une occasion de distribution des ressources à la population, une population quant à elle préoccupée à perpétrer le règne d’un président incapable d’organiser une simple Coupe d’Afrique, après trente-cinq ans de règne,

Bonne Année à Mohammed Salah pour son élection pour la deuxième fois consécutive au sommet du football mondial. Sadio Mané, lui devra attendre. Un ami me disait, l’attribution du ballon d’or, au-delà de la performance sur le terrain, tient aussi compte de la beauté physique de l’intéressé du footballeur. Salah est plus présentable que Mané et profiterait bien plus aux Marques que Mané ; J’en ai rigolé, mais et s’il avait raison !?

Bonne Année à Fabrice Sawegnon, l’homme par qui le malheur arriva au plateau. J’y reviendrai probablement. En attendant, je me permets de célébrer de gaieté de cœur ces premiers instants de l’année 2019 avec mon frère Baïf. Tant pis, si de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma m’envie, lui dont le retour sur la scène politique est annoncée. Tant pis si m’envie Macron depuis son palais de l’Elysée, lui le jeune fougueux d’hier qui fait face aujourd’hui à ses démons habillés en gilets jaunes.

Bonne et Heureuse Année 2019 à tous, y compris vous qui me lisez!


Désiré OGOU, de la Géographie à la Photographie

Désiré Ogou
Désiré Ogou

25 ans, c’est son âge. Juste çà! Pourtant, quand vous rencontrerez Désiré Ogou, dès vos premiers échanges, vous lui en donneriez bien plus, non pour son physique mais pour ses idées qu’il exprime avec aisance et cohérence, ses ambitions qu’il traduit avec maturité et simplicité. Ma première fois de discuter avec lui, j’ai été impressionné par son calme qui traduit une timidité positive, son intelligence et surtout son humilité qui forcent l’admiration. J’ai pris le temps de l’observer de loin plusieurs mois durant, et suis parvenu à cette conclusion : Désiré Ogou fait partir de ces jeunes qui ne font pas que rêver, mais qui travaillent à réaliser leur rêve. Il vit sa passion, la photographie.

Né à Abidjan le 09 Janvier 1993, Désiré Ogou est issue d’une famille modeste qui lui communique très tôt les valeurs d’une vie à succès fondée sur le travail. Il se consacre à ses études au cours desquelles il découvre la géographie qui lui permet d’appréhender la réalité qui l’entoure et de communiquer avec son environnement immédiat. Désiré finit par aimer la nature et la beauté qu’elle incarne et se résout à s’y consacrer. Dès la classe de 3ème, il s’intéresse particulièrement à la géographie pour l’opportunité que cette discipline lui offre de percevoir le réel dissimulé derrière l’illusion que crée la vie. Il obtient la meilleure note de toute sa région dans cette discipline à l’examen du baccalauréat, série littéraire session 2014 au Lycée Moderne de Tabou et entre à la faculté de Géographie à l’Université Félix Houphouët Boigny où il est en ce moment inscrit en année de Master 1 de géographie physique et environnement. Cet amour pour l’environnement va assez vite être traduit en passion.

De la Géographie à la Photographie

L’histoire de Désiré avec la photographie commence en 2015 lors d’une excursion cartographique organisée par son département d’étude (Institut de Géographie Tropicale). Durant ses différentes sorties, Désiré s’improvise photographe afin de capturer des informations visuelles. Tout part là !

Il décide donc, non seulement, d’apprendre la photographie mais aussi de se doter d’un appareil photo hybride à l’aide de laquelle il s’essaie à la photographie documentaire qui, très vite devient son centre d’intérêt. En Octobre 2015, Désiré décide de se former pour accroitre ses connaissances dans le domaine. Il obtient en Septembre 2016 un Certificat délivré par l’Agence Centrale de Reportage et oriente son profil de carrière vers la photographie. Il s’y consacre néanmoins à temps partiel pour se donner le temps de continuer ses études. Il travaille parallèlement pour une Agence de Photographie Evénementielle en tant que professionnel et parcourt la ville, son appareil photo en main, ses rêves en bandoulière, en quête de la beauté, de cette image singulière qui rendrait la réalité sous sa forme optimale et originale. Il est constamment invité aux cérémonies officielles, aux mariages, diners, anniversaires et autres événements d’envergure où il contribue à immortaliser les moments de vie.
Toutefois, son talent de photographe, Désiré veut l’exploiter pour une cause bien plus noble notamment la protection de l’environnement. Il adhère ainsi à l’Association estudiantine GEOPLANET qui milite pour préservation de l’environnement où il occupe jusqu’à ce jour, en tant que bénévole, le poste de responsable média chargé de couvrir tous les différents événements de l’association collectant des informations visuelles pour la rédaction du journal de l’association.

Devenir Professionnel grâce à « ALPROD »

En 2017, cédant à sa passion, Désiré résout de se professionnaliser dans la photographie et d’y faire carrière. Grâce à ses sobres moyens, il s’installe à son propre compte en 2018 en créant son entreprise Audio Visuelle dénommée « ALPROD » spécialisée dans la production audio visuelle institutionnelle (photo et vidéo).

Ses talents sont très vite reconnus par des institutions, des ONG et entreprises et bénéficie de la confiance à ce jour de différentes entités avec lesquelles il développe un partenariat dont notamment l’école de formation MDE Business School, la Fondation Friedrich Naumann Côte d’Ivoire et Audace Institut Afrique, entre autres. Il espère étendre ce partenariat à d’autres entreprises et organismes nationaux et internationaux spécialisés dans le domaine de l’environnement. Ceci lui requiert l’acquisition de nouveaux matériels pour mettre son entreprise à la hauteur pour le lequel, il ne se donne aucun repos.

Les projets, Désiré en a qui vous emballent en l’écoutant les développer avec tant de passions. Entre autres, il présente celui-ci intitulé « L’abidjanais face à son environnement » qui, brièvement, consiste à sensibiliser la population de la ville d’Abidjan à des actions visant à promouvoir un environnement saint.
Son rêve, Désiré le résume en ceci : « exposer mes œuvres photographiques à travers le monde…»

Découvrir les oeuvres et échanger avec Désiré


A Fabrice Sawegnon : En attendant demain…

A l’heure qu’il est, vous ne dormez sans doute plus, préoccupé par le scrutin de demain ; Vous devriez donc avoir assez, sans doute mieux à faire que me lire, mais je tenais à vous adresser cette lettre.

Je vous ai ‘’connu’’ à la faveur des élections de 2010 où vous avez conduit la communication du candidat du RDR puis du RHDP pendant les deux campagnes. Vous voyez donc que c’est relativement assez récent. Votre jeunesse et votre palmarès professionnel m’ont un peu émerveillé, sans plus. En m’intéressant davantage à vous, j’ai découverts de par certains de vos ex-collaborateurs ou des personnes vous ayant côtoyés, un tout autre visage de qui vous êtes. Des reproches qui revenaient assez souvent, les plus récurrents étaient liés à votre arrogance et votre égocentrisme. Soit votre réussite professionnel y contribue ou l’inverse.

De retour de mission il y a quelques semaines, dans l’avion, l’hôtesse m’a tendu un numéro de Jeune Afrique où trois pages vous ont été consacrées sous la plus d’Anna Sylvestre-TREINER. Plus j’avançais dans la lecture, mieux je me rendais compte de ces reproches. La journaliste citant un de vos concurrents écrit: « son succès séduit autant qu’il agace ; Fabrice Sawegnon a l’arrogance de ceux à qui tout sourit ». Puis, quand vous avez la parole, voici ce que vous dites : « Je ne crois qu’en moi, en Dieu et en ceux qui m’aiment ». Un peu plus loin, vous ajoutez : « Désormais, je ne fais que ce qui m’intéresse, je ne suis pas à 100 000 Euros près! ». C’est assez humble ça, n’est-ce pas ?! Mais quand, à seulement 46 ans, on est à la tête d’un groupe revendiquant une patte africaine qui est passé de 5 à 350 employés, ouvert des filiales dans sept pays, enregistre un chiffre d’affaire de plus de 22 millions d’Euros (en 2017) et qu’on est le fils adoptif, de la femme du Roi, ça donne absolument des ailes. On se sent Prince, on se sent capable de tout et on rêve forcément de tout comme devenir le maire de la commune-poumon du pays. C’est ici l’objet de ma lettre.

Je n’avais pas pensé vous adresser la présente lettre jusqu’à ce que je tombe par hasard, hier, sur cette vidéo de Monsieur Georges Valentin, un de vos anciens collaborateurs, qui expose toutes vos œuvres assez obscures contre le désormais ex-maire du Plateau, M. Akossi Bendjo. Dans la vidéo, Georges prévoyait la chute de M. Bendjo. Il a chuté. Il prévoit aussi votre victoire au lendemain du 13 Octobre, advienne que pourra. Vous gagnerez sans doute. Mais j’ai une seule question, pour quoi faites-vous tout ceci ? Jusqu’où iriez-vous ? Avant votre potentiel sacre, je me permets de vous faire noter que si le pouvoir peut être accaparé par le puissant ou volé à l’innocent, son exercice nécessite chez celui qui y accède un ensemble de choses à commencer par la décence et l’honnêteté. Votre proximité avec le pouvoir actuel dont parle Georges et ce zèle pervers qu’il vous procure peuvent vous donner de croire que vous êtes intouchable. Mais, dans vos stratégies de domination, tenez compte du revers de la médaille quand le pouvoir changera de camp en 2020. Vous jouez visiblement plus gros que vous ne semblez le penser. Toutefois, l’illusion dans laquelle vous êtes engagé dont parle Georges ne semble pas vous permettre de vous en apercevoir.

J’ai appris que pour créer une illusion réussie, la première chose dont on a besoin est la confiance. Seulement, pour que cette illusion soit parfaite, la fausse réalité doit paraître aussi authentique que la réalité qu’elle cache. Dans cet exercice, parfois fastidieux et honteux, il faut savoir apporter une attention particulière à chaque détail parce que la plus petite imperfection peut, comme une aiguille dans un ballon, faire éclater l’illusion et la vérité derrière se dévoile. Votre illusion ici, c’est celui de passer de votre poste d’entraineur à celui de joueur. Vous faites preuve d’une confiance débordante. D’ailleurs, vous exprimez votre déception parce que vous rêviez « du combat de David contre Goliath », du géant Akossi Bendjo contre le jeune Fabrice Sawegnon, lequel combat n’aura finalement pas lieu puisque celui en face de vous, Ehouo, n’est que « du menu fretin » dites-vous.

Mais la fausse réalité que vous semblez construire est votre victoire avant même le match parce que soutenu par le parti du Chef, d’un côté, misant sur vos succès en tant qu’entraineur, de l’autre, et aussi parce que leurré par les sbires autour de vous. Pour chacun de ces cas, retenez ceci : En 2016, M. Ehouo a été très largement élu député du Plateau face au candidat du RHDP, alors que l’alliance était encore plus solide. Qu’en est-il aujourd’hui ? Dans le second cas, si vos succès en tant que conseiller pour des candidats donnent des raisons d’y croire, souvenez-vous que les meilleurs entraineurs ne sont pas tous de bons joueurs. Enfin, rappelez-vous que dans le jeu électoral, la foule ne fait pas nécessairement gagner un candidat. Beaucoup de candidats s’y trompent.

J’ai lu dans le groupe Facebook ODCI le post d’un partisan du candidat Ehouo, lequel lui a valu des tirs groupés de vos partisans. Tout ceci montre à quel point vous avez du monde autour de vous qui sont même prêts à tout, même commettre le pire pour satisfaire vos envies. Mais au fond, que pensent-ils de vous? Sont-ils tous des votants ? Ceux qui vous aiment ne sont pas forcément ceux qui vous votent. Mettez l’accent sur les derniers, dans un langage pudique et courtois et non avec des slogans enflammés qui ne sont, au fond, que la traduction de votre arrogance que vous reprochent beaucoup de gens. Vous gagneriez à faire attention à tous les détails pour ne pas que l’aiguille perce le ballon et que soient exposées vos casseroles sales dont parle Georges. Autrement, vous mettrez à rude épreuve votre carrière. Nul doute que vous le savez déjà, mais je m’en vais vous rappeler qu’en vous présentant à ces élections, vous jouez gros, notamment votre réputation professionnelle, votre avenir aussi.

Ces lignes ne font pas de moi un de vos fans, encore moins de vos votants. Je ne vous déteste pas pour autant. Je vous souhaite donc une bonne chance pour demain – si vous en avez besoin bien sûr. Si vous êtes élu au lendemain du 13 Octobre, souvenez-vous tout le temps de votre mandat que l’usage du pouvoir n’est pas à prendre à la légère. S’en servir n’est jamais sans conséquence. parce que si le pouvoir donne la capacité de choisir, il a une propension à la corruption. Soyez différent!

Si vous n’êtes cependant pas élu, agissez avec le cœur, admettez votre défaite et, comme l’époux cocu débouté, retournez à vos affaires, l’arrogance et l’orgueil qu’on vous reproche en bandoulière –sans bruit.


Au Professeur Mamadou Koulibaly : A un moment de la course, il faut savoir s’arrêter

Professeur, permettez-moi de commencer par vous rappeler les premières fois où je vous ai rencontré. Les deux premières fois, c’était respectivement à la Faculté de Droit et de Médecine de l’Université de Cocody où vous animiez des conférences face aux étudiants et la troisième fois à l’Assemblée nationale, invité à une activité de la société civile où vous aviez fait un brillant exposé sur le bilan du multipartisme en Côte d’Ivoire. A chacune de ces occasions, vous m’aviez très fortement impressionné, au-delà de votre simplicité, par votre niveau sans égal, selon moi, d’instruction, votre éloquence dans le parler et votre élégance dans la gestuelle. Vous êtes devenu depuis lors, une de mes idoles intellectuelles en Afrique. J’ai toujours rêvé de vous ressembler à ce niveau-là.

Au niveau politique, j’ai admiré votre courage, notamment celui dont il vous a fallu faire preuve pour dénoncer les dérives de corruption du pouvoir Gbagbo dont vous étiez pourtant un membre très influent, cela sans crainte de perdre votre poste. Quand vous aviez été convoqué par le Procureur Raymond Tchimou dans « l’Affaire Tagro », le 25 Juin 2010, malgré votre statut de Président de l’Assemblée Nationale, vous vous êtes rendu au Palais de Justice du Plateau, sans protocole, seulement en compagnie de vos proches William Attéby et Diabaté Bêh. Pendant un peu plus de deux heures, vous avez répondu aux questions du Procureur et promis, au terme de cette convocation que vous avez plutôt appelé « Invitation », de convoquer une réunion le 29 Juin avec la conférence des présidents des groupes parlementaires pour étudier la nécessité de la mise en place d’une Commission d’enquête parlementaire. J’en attendais tellement la suite, et plus rien !

Mon admiration pour vous est allée grandissante puis a pris un coup quand ces dénonciations sont restées sans suite et que vous avez perdu le courage d’aller plus loin, même après le verdict de la justice parce que, soit il s’agissait de fausses accusations, dans ce cas bien dommage pour votre rang ou alors un manque de courage de votre part. J’ai commencé à avoir des réserves sur votre sincérité quand vous avez refusé, contrairement à M. Essy Amara, de retourner le chèque de 100 millions de FCFA de l’Etat de Côte d’Ivoire, c’est-à-dire l’argent du contribuable ivoirien, qui vous avait été donné pour le financement de votre campagne alors que vous vous retiriez de la course à la présidentielle d’Octobre 2015. Votre argument de refus était que l’Etat vous refusait vos indemnités d’ancien président de l’Assemblee dont le montant cumulé s’évaluait à plusieurs millions de Francs. La première question que votre attitude a suscité chez moi –alors que pour vous l’avouer, je pariais tout de même sur vous quoique je ne croyais pas en vos chances de remporter les élections –était de savoir quelles étaient vos motivations réelles en vous déclarant candidat? Pour rembourser ce qui vous était du? Quelle aurait donc été la différence entre ce que vous dénonciez et ce que vous sembliez préparer à faire ?

Au fil du temps, ces réserves se sont exprimées aussi bien chez vos anciens camarades de lutte que chez une importante partie des ivoiriens. Je me suis néanmoins accroché à ce que j’admire le plus chez vous, évoqué plus haut, avec l’espoir candide que vous orienteriez votre combat différemment. Que nenni ! Grande est ma surprise de constater que chaque matin, un peu plus, un peu trop, vous vous enfoncez et mettez à rude épreuve cette si grande admiration. C’est là l’objet de la présente lettre.

Professeur, dans la série américaine « Revenge », Emily disait, pour paraphraser, que le pouvoir vient de la nature. Il est convoité par les hommes qui finissent par se faire la guerre. Les vainqueurs sont couronnés. Mais le vrai pouvoir ne peut être ni perdu, ni gagné, tout simplement parce qu’il vient de l’intérieur. Vous avez quitté le pouvoir public, mais vous n’avez pas perdu le pouvoir parce qu’il est en vous. Mais vous semblez passer à côté de votre pouvoir intérieur qui aurait pu vous permettre non seulement de demeurer constant dans vos engagements et vos combats. Quand vous avez été candidat à une élection présidentielle sans succès, échoué à une élection législative et que vous vous présentez à une élection municipale, il y a forcément des questions à se poser : Que voulez-vous réellement ? Où allez-vous ? Pour qui menez-vous votre combat ? A quelle fin souhaitez-vous accéder au pouvoir ? Vous faire rembourser le reste de vos dus avant votre retraite ou contribuer à améliorer les conditions des populations ? Lesquelles ? Au fait, sur quelle éthique basez-vous votre engagement politique ? Peut-être qu’il vous faudra, à un moment donné, répondre à ces questions et bien d’autres. Pas uniquement pour moi, mais pour plusieurs milliers d’autres ivoiriens qui vous suivent et qui attendent de savoir où vous les conduisez. Vous êtes ici et là-bas puis finalement nulle part. le Tango, il se danse certes débout, mais à deux. Avec qui dansez-vous ?

Vous jouissiez d’une très belle carrière à la CEDEAO à Dakar puis vous avez été appelé à l‘abandonner pour votre pays. Vous avez goûté au pouvoir et aux privilèges qui s’y rattachent puis avez vu qu’il était bon et avez finit par l’aimer au point de ne plus pouvoir vous en éloigner. Vous vous débattez bec et ongle pour y accéder à nouveau, pour reprendre le contrôle. C’est bien. J’ai appris que la persistance finit par faire céder les résistances. Mais j’ai aussi appris que pour reprendre le contrôle, il faut savoir parfois y renoncer. Vous avez assez couru, peut-être qu’il faut savoir vous arrêter un moment. Soit, pour évaluer le chemin parcouru et adopter une stratégie pour mieux aborder celui qui reste à faire ou alors, tout simplement, pour admettre son échec, abandonner et passer à autre chose parce que bien souvent, l’appétit de vivre tue la dignité de vivre. Préservez-la vôtre et permettez-nous, nous qui vous suivons, de continuer à vous admirer pour vos compétences de technocrates et non de politicien parce qu’ici, visiblement, soit personne ne vous comprend, soit vous ne parlez pas la bonne langue.


Mondial 2026 : ce que je retiens du vote pour désigner le pays hôte

Mercredi à Moscou, le Maroc a été débouté pour la cinquième fois dans sa tentative d’organiser la grande messe du sport roi : la coupe du monde. Quatre fois candidat malheureux à l’organisation (en 1994, 1998, 2006, et 2010), le royaume espérait devenir en 2026 le deuxième pays du continent, après l’Afrique du Sud, à accueillir l’événement. Mais le monde du sport  – ou plutôt celui de la politique – en a décidé autrement.

Ce billet a initialement été publié sur emilebela.mondoblog.org.

Les 203 fédérations membres de la FIFA ont désigné l’Amérique du Nord, à savoir le trio Canada-Mexique-Etats-Unis. Le dossier surnommé « United 2026 » était effectivement assez solide (peu étonnant vu le poids de ses porteurs), mais je souhaite insister sur deux faits majeurs qui retiennent mon attention et qui entachent quelque peu le résultat de ce vote.

Sur le terrain de la crédibilité de la FIFA

La FIFA a joué une grande partie de sa crédibilité dans ce vote dont on parlera encore longtemps.
On se souvient du très controversé Sepp Blatter, ex président de la FIFA, mis à l’écart par le comité d’éthique pour des faits de corruption… Son remplacement par Gianni Infantino en février 2016 avait suscité beaucoup d’espoir : ce dernier avait d’ailleurs affiché la volonté de redorer le blason terni de la plus haute instance du football.

Mais le vote des 203 fédérations membres de la FIFA vient de casser cette idée de renouveau. Les espoirs de changement ont pris un sérieux coup de massue, et ce pour deux raisons :

  • Premièrement, on sait dans quelles conditions Gianni Infantino est devenu le nouveau président de la Fifa. Sa candidature a bénéficié du soutien des trois pays du « United 2026 », qui avaient déjà des ambitions pour 2026. Le résultat du vote pour 2026 est-il donc une manière pour Gianni de leur faire la passe décisive pour la victoire ? On peut penser que oui.
  • Deuxièmement, il est connu que la FIFA a fait preuve d’intransigeance à chaque fois qu’il y a eu une ingérence ou tentative d’ingérence politique dans les affaires du football (fut-ce pour régler un conflit au sein d’une sélection nationale). Pourquoi donc avoir fait preuve de mutisme sur l’ingérence flagrante des États-Unis vis à vis de leur candidature pour 2026 ?

Pour rappel, fin avril, le président  Donald Trump  avait menacé à travers un tweet, les pays recevant de l’aide américaine, de voir cette assistance remise en cause en cas de vote contre les Etats-Unis. Approche mesquine, mais on commence à bien connaitre Donald Trump et l’homme était dans son élément. La Fifa s’est bien gardée de condamner cette entrée en campagne, alors qu’elle a politisé un dossier qui aurait du rester uniquement sportif…

Le silence complice de la FIFA a certainement contribué à donner du poids à ces menaces qui ont fini par payer. Pour voir si elles ont fait effet, il suffit de regarder dans la liste des pays qui ont voté contre le Maroc et pour le trio « United 2026 » quels sont les pays qui ont des liens avec les Etats-Unis !

Cela pose plusieurs questions :

  • Quelles sont les limites de l’indépendance (présumée ou avérée) de la FIFA ?
  • Faut-il encore une fois ouvrir le sempiternel débat du « deux poids deux mesures » dans le traitement de l’Afrique face au reste du monde par les instances internationales ?
  • Ou alors, n’est-ce pas le niveau d’intégrité de ceux qui enseignent les cours de lutte contre la corruption à l’Afrique qui est sujette à caution ?

On peut spéculer pendant longtemps… à un moment donné, il faudra bien trouver réponse à ces questions.

Vous avez dit unité africaine ?

Le deuxième fait qui retient mon attention c’est que pas moins de onze pays africains ont voté contre le Maroc : le Bénin, le Bostwana, le Cap Vert, la Sierra Leone, le Lesotho, la Guinée Conakry, la Namibie, le Zimbabwe, le Mozambique, le Liberia et l’Afrique du Sud (qui a pourtant vu tout un continent derrière elle lors de « son mondial » en 2010. On se souvient de la fameuse chanson interprétée par Shakira « This time for Africa »).

Si le dossier marocain a pu bénéficier du soutien de grands pays du football aussi bien en Asie, qu’en Europe et qu’en Amérique Latine c’est qu’il était assez solide,et qu’il possédait certains atouts. Le Maroc a en effet été soutenu par des pays comme la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Serbie, l’Albanie, le Kazakhstan, la Slovaquie, l’Italie, la Chine, le Brésil, la Palestine, la Corée du Nord, Oman, le Qatar, Taïwan, la Syrie, le Luxembourg, la Turquie et la Bélarus.

Mais comment comprendre le non soutien des Africains au Maroc ? Une fois de plus, l’Afrique a démontré aux yeux du monde entier qu’elle n’a jamais été unie. Il faudra encore du temps pour que le continent comprenne que sa force réside dans son unité. Mais le continent africain en a-t-il seulement le temps ?

« L’unité africaine reste encore loin de la réalité »

Si l’on respecte le principe démocratique, chaque partie doit pouvoir choisir librement, selon ses intérêts, et sans influence extérieure lorsqu’elle vote. Et, quand l’enjeu dépasse l’intérêt personnel pour s’étendre à un plus grand nombre, le bon sens voudrait que prime l’intérêt commun.

De ce point de vue, le cas de la Guinée pose question : pourtant réputée proche du Maroc, elle a voté pour la candidature nord-américaine. Devant le tollé, le président de la Fédération guinéenne de football s’est empressé de se trouver une excuse. Évoquant une « erreur technique », il s’appuie sur cette justification pour rappeler qu’il était lui-même ambassadeur de la candidature du Maroc. Mais ces explications ne convainquent personne… Comment interpréter cela ? Est-ce une fuite de responsabilité ou une dénonciation de fraude ? Peut-être vaut-il mieux ne pas chercher à répondre.

Dans tous les cas, ce choix des africains contre l’Afrique montre que l’unité africaine reste encore loin de la réalité. Ce mondial n’était pas celui du Maroc, mais de l’Afrique ! C’est l’organisation réussie de ce type d’événements qui contribuera à changer l’image négative qu’une partie des occidentaux peuvent avoir du continent.

L’Afrique, ce n’est pas que les singes, les maladies, les guerres, la famine, la pauvreté. L’Afrique c’est d’abord un peuple, des hommes et des femmes fiers de leur passé, déterminés à construire leur avenir et celui de leur enfants, brique par brique, dans la dignité et l’honneur. L’Afrique, c’est aussi des ingénieurs, chercheurs, footballeurs qui une fois « là-bas », mis dans certaines conditions, font la fierté de l’Occident. Ce que l’Afrique cherche à créer, ce sont justement ces conditions. Le processus est lent, certes, mais il y a du progrès grâce à la volonté de ceux qui sont à la tâche. C’est cette volonté et ce courage que le Maroc voulait incarner. Ça ne sera pas pour cette fois-ci, malheureusement. Mais le Maroc a su montrer, années après années, qu’il était guidé par la volonté et le courage ; il peut donc encore attendre car il sait qu’il y arrivera.

En attendant, les pays du continent qui auront contribué par naïveté à saboter ce projet pourront savourer leur victoire sans goût… Une chose est sûre, les naïfs sont des escrocs qui ne méritent qu’une seule chose : le mépris.


Mondial 2026 : ce que je retiens du vote pour désigner le pays hôte

Mercredi à Moscou, le Maroc a été débouté pour la cinquième fois dans sa tentative d’organiser la grande messe du sport roi : la coupe du monde. Quatre fois candidat malheureux à l’organisation (en 1994, 1998, 2006, et 2010), le royaume espérait devenir en 2026 le deuxième pays du continent, après l’Afrique du Sud en 2010, à accueillir l’événement.

Mais mercredi, le monde du sport  – ou plutôt celui de la politique – en a décidé autrement. Les 203 fédérations membres de la FIFA ont désigné l’Amérique du Nord, à savoir le trio Canada-Mexique-Etats-Unis. Le dossier surnommé « United 2026 » était effectivement assez solide (peu étonnant vu le poids de ses porteurs), mais je souhaite insister sur deux faits majeurs qui retiennent mon attention et qui entachent quelque peu le résultat de ce vote.

Sur le terrain de la crédibilité de la FIFA

La FIFA a joué une grande partie de sa crédibilité dans ce vote dont on parlera encore longtemps.
On se souvient du très controversé Sepp Blatter, ex président de la FIFA, mis à l’écart par le comité d’éthique pour des faits de corruption… Son remplacement par Gianni Infantino en février 2016 avait suscité beaucoup d’espoir : ce dernier avait d’ailleurs affiché la volonté de redorer le blason terni de la plus haute instance du football.

Mais le vote des 203 fédérations membres de la FIFA vient de casser cette idée de renouveau. Les espoirs de changement ont pris un sérieux coup de massue, et ce pour deux raisons :

Premièrement, on sait dans quelles conditions Gianni Infantino est devenu le nouveau président de la Fifa. Sa candidature a bénéficié du soutien des trois pays du « United 2026 », qui avaient déjà des ambitions pour 2026. Le résultat du vote pour 2026 est-il donc une manière pour Gianni de leur faire la passe décisive pour la victoire ? On peut penser que oui.

Deuxièmement, il est connu que la FIFA a fait preuve d’intransigeance à chaque fois qu’il y a eu une ingérence ou tentative d’ingérence politique dans les affaires du football (fut-ce pour régler un conflit au sein d’une sélection nationale). Pourquoi donc avoir fait preuve de mutisme sur l’ingérence flagrante des États-Unis vis à vis de leur candidature pour 2026 ?

Pour rappel, fin avril, le président  Donald Trump  avait menacé à travers un tweet, les pays recevant de l’aide américaine, de voir cette assistance remise en cause en cas de vote contre les Etats-Unis. Approche mesquine, mais on commence à bien connaitre Donald Trump et l’homme était dans son élément. La Fifa s’est bien gardée de condamner cette entrée en campagne, alors qu’elle a politisé un dossier qui aurait du rester uniquement sportif…

Le silence complice de la FIFA a certainement contribué à donner du poids à ces menaces qui ont fini par payer. Pour voir si elles ont fait effet, il suffit de regarder dans la liste des pays qui ont voté contre le Maroc et pour le trio « United 2026 » quels sont les pays qui ont des liens avec les Etats-Unis !

Cela pose plusieurs questions :
Quelles sont les limites de l’indépendance (présumée ou avérée) de la FIFA ?
Faut-il encore une fois ouvrir le sempiternel débat du « deux poids deux mesures » dans le traitement de l’Afrique face au reste du monde par les instances internationales ?
Ou alors, n’est-ce pas le niveau d’intégrité de ceux qui enseignent les cours de lutte contre la corruption à l’Afrique qui est sujette à caution ?
On peut spéculer pendant longtemps… à un moment donné, il faudra bien trouver réponse à ces questions.

Vous avez dit unité africaine?

Le deuxième fait qui retient mon attention c’est que pas moins de onze pays africains ont voté contre le Maroc : le Bénin, le Bostwana, le Cap Vert, la Sierra Leone, le Lesotho, la Guinée Conakry, la Namibie, le Zimbabwe, le Mozambique, le Liberia et l’Afrique du Sud (qui a pourtant vu tout un continent derrière elle lors de « son mondial » en 2010. On se souvient de la fameuse chanson interprétée par Shakira « This time for Africa »).

Si le dossier marocain a pu bénéficier du soutien de grands pays du football aussi bien en Asie, qu’en Europe et qu’en Amérique Latine c’est qu’il était assez solide,et qu’il possédait certains atouts. Le Maroc a en effet été soutenu par des pays comme la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Serbie, l’Albanie, le Kazakhstan, la Slovaquie, l’Italie, la Chine, le Brésil, la Palestine, la Corée du Nord, Oman, le Qatar, Taïwan, la Syrie, le Luxembourg, la Turquie et la Bélarus.

Mais comment comprendre le non soutien des Africains au Maroc ? Une fois de plus, l’Afrique a démontré aux yeux du monde entier qu’elle n’a jamais été unie. Il faudra encore du temps pour que le continent comprenne que sa force réside dans son unité. Mais le continent africain en a-t-il seulement le temps ?

Si l’on respecte le principe démocratique, chaque partie doit pouvoir choisir librement, selon ses intérêts, et sans influence extérieure lorsqu’elle vote. Et, quand l’enjeu dépasse l’intérêt personnel pour s’étendre à un plus grand nombre, le bon sens voudrait que prime l’intérêt commun.

De ce point de vue, le cas de la Guinée pose question : pourtant réputée proche du Maroc, elle a voté pour la candidature nord-américaine. Devant le tollé, le président de la Fédération guinéenne de football s’est empressé de se trouver une excuse. Évoquant une « erreur technique », il s’appui sur cette justification pour rappeler qu’il était lui-même ambassadeur de la candidature du Maroc. Mais ces explications ne convainquent personne… Comment interpréter cela ? Est-ce une fuite de responsabilité ou une dénonciation de fraude ? Peut-être vaut-il mieux ne pas chercher à répondre.

Dans tous les cas, ce choix des africains contre l’Afrique montre que l’unité africaine reste encore loin de la réalité. Ce mondial n’était pas celui du Maroc, mais de l’Afrique ! C’est l’organisation réussie de ce type d’événements qui contribuera à changer l’image négative qu’une partie des occidentaux peuvent avoir du continent.

L’Afrique, ce n’est pas que les singes, les maladies, les guerres, la famine, la pauvreté. L’Afrique c’est d’abord un peuple, des hommes et des femmes fiers de leur passé, déterminés à construire leur avenir et celui de leur enfants, brique par brique, dans la dignité et l’honneur. L’Afrique, c’est aussi des ingénieurs, chercheurs, footballeurs qui une fois « là-bas », mis dans certaines conditions, font la fierté de l’Occident. Ce que l’Afrique cherche à créer, ce sont justement ces conditions. Le processus est lent, certes, mais il y a du progrès grâce à la volonté de ceux qui sont à la tâche. C’est cette volonté et ce courage que le Maroc voulait incarner. Ça ne sera pas pour cette fois-ci, malheureusement. Mais le Maroc a su montrer, années après années, qu’il était guidé par la volonté et le courage ; il peut donc encore attendre car il sait qu’il y arrivera.

En attendant, les pays du continent qui auront contribué par naïveté à saboter ce projet pourront savourer leur victoire sans goût… une chose est sûre, les naïfs sont des escrocs qui ne méritent qu’une seule chose : le mépris.


Bonne Arrivée Baïf… Aurevoir et Abientôt !

Cher Baïf,

J’avais promis dans ma précédente lettre de t’écrire une fois par mois pour parler de notre amitié que je considère comme l’une des meilleures choses que Dieu ait pu me donner. Mais, comme tu le sais, entre la volonté de faire et l’action, il y a la capacité. Mes heures de travail assez occupées et les fins de semaines non encore moins, ne m’ont pas laissé assez de temps pour t’écrire le mois passé, surtout pour te souhaiter la bienvenue, en Côte d’ivoire, Chez toi ; Là où tu peux aller et revenir sans crainte d’un regard curieux qui semble s’interroger sur tes origines ; la terre qui a vu naître tes arrières grands parents et tes parents ; là où l’air respiré est à la fois si différent et si familier !

Bonne arrivée, Baïf

J’ai été très heureux de te voir ce soir, deux jours après ton arrivée de Tunisie ou l’aventure t’a conduit. Ma joie était totale, comme celle de toute ta famille. Nous étions heureux de te revoir après tant d’années, cinq, pour être plus précis. Le temps, la distance et les habitudes de vie, quoique différentes de celles d’ici, n’ont absolument rien changé en toi ; Tu es resté le même. Calme et posé, intègre et souriant, courageux et endurant. Tu ne t’es pas éloigné de l’essentiel, c’est-à-dire Dieu. C’est bien ! Nous avons été nombreux à t’attendre, nous le sommes encore plus à te revoir et à en être si émerveillé.

Malheureusement, tu dois retourner là-bas, chez eux. Je m’en vais donc te souhaiter un bon retour. La vie est ainsi faite que les deux plus importantes étapes sont le moment où l’on arrive et celui où l’on repart. La seule différence ici est que tu vas pour revenir, et ça encore nous rend si heureux.

Pendant ces 45 jours de congé passé avec nous, tu t’es rendu disponible pour chacun. Nous avons apprécié chaque moment passé avec toi. Merci d’avoir égayé nos cœurs par ta présence. Ta joie de vivre et ta bonne humeur restées inchangées nous ont aidé à oublier les peines causées par cette vie de combat que nous menons tous au quotidien dans ce pays.

Ta mère et tes frères, ta famille toute entière, était si heureuse de te revoir. C’est la preuve de la bonté de ton âme. Tout le monde t’admire et te fait confiance, ne les déçois pas. Avant de poser un quelconque pas dans ta marche quotidienne de la vie, assure-toi d’avoir bien vérifié pour ne pas tomber. Nous commettons tous des erreurs, mais certains n’ont pas droit à en commettre assez, c’est dans l’ordre naturel des choses instauré par Dieu. Comprends-ça et vis ainsi. Dis-toi que tu n’as pas droit à l’erreur parce que ta famille, tes amis et moi-même te faisons confiance…

Dans quelques heures, tu reprendras le chemin de l’aéroport, la tête lourde de nostalgie, mais remotivé par le regard de ta mère qui attend de te voir réussir. Nous sommes nombreux à y croire, nous croyons que tu dois y arriver ! Tu vas y arriver ! Nous te soutenons, nous prions pour toi. Va, remets-toi au travail, épargne et reviens chez toi investir pour l’avenir de tes enfants. Tu as ta place ici, là-bas c’est chez eux. Ici, c’est chez toi !

Garde ton honnêteté, ton sens du devoir, ta patience, ta générosité et ta joie de vivre.

Nous t’attendrons, chacun de son côté mais tous avec la même conviction, que tu reviendras en vainqueur ! Nous t’aimons et gardons le meilleur de toi en attendant ton retour.

Bonne Arrivée Baif… Aurevoir et Abientôt !


A Baïf : En 2018, soyons la meilleure version de nous-mêmes

Cher Baïf,

Pour commencer et pour faire allégeance à la tradition, je formule pour toi et ta famille mes vœux de bonheur, de paix, de santé et de succès dans toutes tes entreprises. Le courage, il t’en faut et le courage, tu l’as ! Mais en 2018, je te souhaite, en plus du courage, la faveur de Dieu afin que Sa divine main te permette de réaliser tous tes projets…

Cher Baïf,

Comme en début de chaque année, chaque être humain prend des résolutions qui orientent ses actions au cours de l’année. Parmi les miennes, il y a celle de t’adresser une lettre périodiquement soit pour parler de notre amitié, t’encourager dans tes initiatives, partager  les miennes avec toi ou simplement pour te raconter une histoire drôle ou pas, donner mon opinion sur un sujet d’actualité (nationale ou internationale). En fait, cette résolution remonte à deux années. Mais comme tu le sais sans doute, entre la volonté de faire et l’action, il y a la possibilité. Cette année, j’ai décidé de la rendre effective. J’ai donc tenu à entamer l’année avec cette lettre introductive. Mes contraintes professionnelles, sociales ou personnelles pourraient m’empêcher d’honorer cette volonté. Tu comprendras. Ne m’en tient donc pas rigueur. Sinon, comme d’habitude, n’hésite pas non plus à me « Secouer » pour que je bouge.

Cher ami,

Jamais, je n’ai entamé une année avec autant d’énergies positives, d’assurance et de confiance en des lendemains meilleurs. Nous passerons une année merveilleuse. J’en reste persuadé. 2018 sera certainement mieux que 2017, mais elle ne sera pas non plus sans défis. Toutefois, les défis deviennent des opportunités pour ceux qui s’y sont préparés. Voyons donc en chaque défi, une opportunité et profitons-en pour montrer au monde le meilleur de nous-mêmes.

 Accordons du temps à ceux qui nous aiment et pour qui nous comptons. Ceux qui nous traitent comme si leur vie dépendait de la nôtre.

Tant que nous pouvons, donnons sans rien attendre au monde. Apportons de l’assistance aux nécessiteux. Aidons, dans la limite de nos moyens et possibilités, les plus faibles. Rapprochons-nous davantage de Dieu et vivons une vie encore plus décente. Gagnons honnêtement notre vie sans empêcher les autres d’en faire autant.

Cher Baïf,

L’honnêteté, la sincérité, la franchise, la courtoisie, le bon sens et autres sont des valeurs trop chères à attendre de gens moins chers. En 2018, efforçons-nous de développer ces valeurs, et chaque jour, soyons la meilleure version de nous mêmes.

Entre autres choses, cette année, pensons au mariage, à fonder une famille. Ne faisons pas comme ces personnes, nombreuses au sein de notre société qui courent après la richesse et dont certains parviennent à la saisir quand d’autres n’y arrivent pas, mais qui toutes finissent misérables à la fin de leurs vies parce que seules et sans soutien. La famille est la plus grande richesse qu’un homme puisse avoir sur terre. En écrivant cette lettre dans le vol retour d’Abidjan retentissent en moi les conseils que m’a donné une famille de mon église qui m’a adopté comme leur fils et qui m’a invité à déjeuner avant de me rendre à l’aéroport.

Entre autres choses, voici la phrase que m’a dite le père en parlant du mariage : « Emile, mon fils, tu vois ta « mère » et moi sommes mariés depuis 75 et n’avons jamais eu de problèmes. Nous avons de grands enfants dont certains sont aussi mariés et heureux. Sans te mettre la pression, ce que nous voulons te dire c’est de comprendre que le mariage est une bénédiction de Dieu. Mais, pour la recevoir, il faut être disposé. Dieu crée les conditions, il t’appartient d’être attentif et de te décider pour que tu y arrive. Tu es jeune et intelligent, en plus Dieu t’a donné un travail qui te permet de vivre une vie décente. Tu dois comprendre qu’il est temps d’épouser une femme et construire ta vie. Mon fils, chez l’homme comme chez la femme, le mariage a une période, quand tu la dépasse, c’est fini. Tu peux plus tard rencontrer une âme sœur, mais ce n’est pas évident. Ce que je te souhaite, là où tu vas, c’est de rester sage, et penser à organiser ta vie avec une femme. Peu importe sa nationalité, choisi là non pas uniquement pour sa beauté physique mais sa croyance en Dieu, son intelligence, son sens d’humilité, son attitude sociale, son sens du travail. Sois, heureux. Nous serons là, pour te guider. Dieu t’accompagne, mon fils ». Nous avions terminé nos verres, nous nous sommes étreints et je suis parti. Je te partage ces conseils pour qu’ils te servent également.

En 2018, allons-y plus haut, allons-y plus loin. Pour ça, soyons prêts ! Abordons chaque journée comme si c’était la dernière. Ne remettons pas à demain ce qui peut être fait dans l’immédiat. Le temps ne nous appartient pas. Rions, quand il le faut. Pleurons, quand c’est nécessaire. Mais demeurons positifs et contemplons la beauté de la nature. Après tout, nous ne portons pas le monde sur nos épaules.

Cher Baïf,

Un jour, tu t’es levé, rangé tes affaires et, laissant derrière toi ta mère, tes frères, tes amis et la terre qui t’a vu naître, tu t’es lancé à l’aventure, tes rêves en bandoulière. Seul, tu as affronté les difficultés de l’aventure et par force de persévérance, tu as réussi à te faire une petite place chez les autres. Mais le temps est venu que tu reviennes saluer ta mère. Nous t’attendons, elle encore plus. Nous croyons en toi, elle, beaucoup plus. Nous t’aimons tous, elle t’adore ! Cette année, fait l’effort de revenir, ne te fâche pas si ton pays ne t’a pas offert les conditions pour réaliser tes rêves.

En attendant, chaque pas que tu poseras, de là où tu es, fais-le dans l’intention d’apporter un plus au monde. Tous les jours, nous changeons le monde, mais le changer de façon significative prend plus de temps que nous en avons sur terre ; et on ne peut pas tout changer d’un seul coup. C’est lent, méthodique et épuisant. Tout le monde n’a pas les épaules pour y arriver. Fais ce que tu as à faire, mais fait-le bien dans l’intention de rendre l’autre plus heureux, maintenant ou plus tard.

Au fil de mes voyages, de mes lectures et à partie de mon expérience de vie, j’ai appris que nous pouvons très bien vivre dans un monde d’illusions réconfortant si nous choisissons de le faire et dans ce cas, nous pouvons nous permettre d’être déçus par des fausses réalités. Que rien ne te surprenne ! Sois toi, et comme me le répétait toujours mon père, SOIS UN HOMME !


A tous ceux-là, je dis Bonne et Heureuse Année 2018 !

Il ny a quune seule chose dans la vie dont on peut être sûre : ce nest pas fini, tant que ce nest pas fini

L’année 2017 a été, pour certains, une année de défis, pour d’autres, une année de bonheur. Peu importe d’où qu’on se situe,tout est encore possible. 2017 est fini, mais la vie, elle continue. 2018 commence avec les mêmes promesses. Je me permets de souhaiter à tous, une bonne et heureuse année. Plus particulièrement, je souhaite :

Bonne année à ceux dont c’est la dernière, qui s’en doute ou qui ne s’en doute pas,

Bonne année à ceux qui pleurent sans savoir pourquoi et qui jouent la comédie pour cacher leurs chagrins,

Bonne année aux épouses battues, aux époux cocus et aux maîtresses humiliées,

Bonne année aux orphelins qui ruminent, dans le silence, la douleur du départ de leurs parents qu’ils ne reverront plus jamais,

Bonne année aux femmes stériles attendant de connaître la joie d’être mère,

Bonne année aux pères qui ont investis dans l’avenir de leurs enfants espérant le meilleur et qui n’ont obtenu que des délinquants croupissant dans les geôles,

Bonne année aux célibataires qui attendent l’âme sœur et aux mariés qui traversent des difficultés dans leurs couples,

Bonne année aux personnes handicapées de naissance ou de circonstances qui chérissent dans le secret de leurs cœurs l’ardent désir de connaître la joie d’utiliser un jour l’ensemble de leurs membres,

Bonne année aux nouveaux nés affrontant les premières difficultés de la vie et aux vieillards affaiblies par celles-ci,

Bonne année aux victimes de toute forme d’injustice sociale et qui n’ont nul part où se plaindre,

Bonne année aux personnes malades espérant la guérison ou pas,

Bonne année à ceux dont les paroles ne traduisent plus les pensées,

Bonne année à ceux qui ne font pas ce qu’ils aiment et qui décident de se taire parce que leurs paroles trahiraient leurs désirs,

Bonne année aux sans emplois qui attendent toujours leur premier emploi et aux chômeurs en quête d’une nouvelle expérience,

Bonne et Heureuse année à tous ceux qui ont arrêté de croire et qui, comme des feuilles mortes, suivent le mouvement que leur impose la vie…

…Mais aussi, je souhaite une très bonne et heureuse année à ceux qui connaissent le Bonheur :

Bonne année à ceux qui rient sans savoir pourquoi et dont le visage rayonne de joie tous les jours,

Bonne année à ceux dont le rêve se réalise chaque matin et dont le cœur nage dans un océan de bonheur,

Bonne année à ceux qui fournissent des efforts pour créer un monde meilleur,

Bonne année à ceux qui donnent sans compter et à ceux qui luttent tant pour la justice sociale,

Bonne année à ceux qui font correctement leur travail et qui gagnent honnêtement leurs vies,

Bonne année aux employeurs qui mettent au centre de leurs actions la vie et la dignité de leurs employés,

Bonne année à ceux qui sont purs dans leurs pensées et leur amour,

Bonne année aux femmes enceintes attendant de donner vies et aux pères responsables qui prennent soin de leurs familles,

Bonnne année à ceux qui disent, « Je t’aime » à leur amour et qui le pensent vraiment,

Bonne année à ceux qui savent protéger les plus faibles et qui n’exhibent pas leurs actes de bontés,

Bonne année à tous ceux qui savent dire MERCI à DIEU pour ce qu’ils ont et pour ce qu’ils n’ont pas encore,

Bonne et Heureuse année à VOUS TOUS qui donnez un sens divin à l’humanité.


Esclavage en Libye, nous sommes tous coupable

Le chaos, par définition, échappe à tout contrôle et quand le chaos s’installe, toute notion d’ordre et de raison disparaît. Sa seule constante est que ses conséquences ne sont jamais prévisibles.

En règle générale, j’évite de réagir à chaud, sous l’effet de l’émotion, lorsque se posent des situations qui choquent et suscitent l’émoi collectif. Passée l’euphorie causée par cette pratique esclavagiste ignoble et dégradante de vente d’êtres humains, je reviens sur ce qui, selon moi, a été peu considéré par ceux qui s’y sont intéressés.

Ils étaient nombreux parmi ceux qui se sont indignés à pointer un doigt accusateur vers la Libye. Les ambassades libyennes à travers le monde ont été assiégées sur l’appel de certains leaders d’opinion. Des libyens ou personnes considérées comme telles ont été agressées (si je m’en tiens aux vidéos et certaines images qui ont circulées sur les réseaux sociaux). Même si la colère de ceux qui manifestent, même violemment, est compréhensible, ces actes d’agressions ne se justifient pas. Pas plus que ce qui l’a entrainé. Pour les raisons ci-après :

Premièrement, ce commerce honteux qui a eu lieu en Libye aurait pu se dérouler ailleurs partout dans le monde. La question de fond est de savoir pourquoi en Libye ? L’un des éléments de réponse reste le fait que la situation qui y prévaut s’y prête. Quand le Chaos s’installe, tout échappe à la raison et les actes qui en découlent vont jusqu’au seuil de l’irréel au point de choquer la sensibilité de quiconque est doté d’un sens d’humanisme. C’est donc humain d’éprouver autant de sentiments de peine mêlé de colère et de mépris. Mais, cette situation n’est pas uniquement imputable aux libyens. La chute de Khadafi a installé un état de non droit. Une sorte de « no man’s land ». Le Chaos s’y est installé, la raison s’est effritée. Qui en est la cause ? Faut bien y répondre un jour ! Les libyens ne sont pas plus responsables que ceux qui ont suscité ce chaos. Les colères exprimées devraient donc être orientées aussi bien vers les libyens que ceux qui en sont directement ou indirectement complices. Ils sont connus.

Deuxièmement, face à cette pratique rétrograde de commerce de l’homme j’ai lu des messages de gens qui s’insurgeaient contre le silence des Chefs Etats Africains. Mais que voulez-vous ? La situation ressemble à celle d’un père de famille dont les enfants se font battre chez le voisin où ils vont trouver à manger. Même si certains gouvernements ont osé faire des déclarations pour condamner cette situation, comprenez que la honte n’a de valeur que chez l’homme doté de sens. Sinon, comment voulez-vous que le père, s’il lui reste un minimum de conscience, exprime son indignation alors qu’il sait que s’il avait été suffisamment capable d’assumer son rôle en offrant à manger à ses enfants, ceux-ci ne seraient pas aller chez le voisin ? Tout ce qui lui reste à faire, en pareille circonstance, c’est aller récupérer ses enfants en pleure, la tête baissée comme un époux cocu qui reprend sa femme infidèle chez l’amant, pour les ramener à la maison, le cœur lourd de chagrin et de colère. Voyez-vous donc que les libyens ne sont pas plus responsables de ce qui se passe sur leur territoire que nos propres Etats, c’est-à-dire nous mêmes. J’aurais aimé voir des pétitions, des mouvements de masse pacifiques de Sénégalais, d’Ivoiriens, de Togolais, de Camerounais etc contre leurs gouvernements respectifs pour, à la fois exprimer leurs colères, réclamer le rapatriement de ces migrants et exiger des conditions de vie meilleure pour eux-mêmes.

J’ai lu des commentaires enflammés de panafricanistes mal inspirés –encore eux, des postes d’amis criant leurs indignations justifiées, sur la situation en Libye. Mais combien savent qu’il existe des situations aussi sérieuses que celles-ci juste à côté d’eux ? Si vous comprenez difficilement qu’au 21 siècle l’on pratique encore l’esclavage, savez-vous qu’en ce même siècle des personnes meurent pour n’avoir pas eu une seule goutte d’eau à boire, là où vous et moi en utilisons deux, voire plus, pour chasser nos restes dans un WC ? Combien parmi-vous savent que le Soudan divisé a été livré à lui-même et que des milliers de familles y meurent de famine pour des intérêts mesquins d’un groupuscule de personnes soutenu par des mains obscures venues d’ailleurs ? Cela, au demeurant, pendant que nous jetons des restes de nourriture en quantité importante dans nos poubelles. Où est passée la solidarité Africaine, si elle a toujours existé, comme j’entends assez souvent ?

Pendant que par compassion ou effet de mode, nous crions notre indignation face à la situation en Libye, saviez-vous qu’au moins sept (7) être humains nés de la même façon, ayant la même valeur que ceux en Libye ont été exterminées par les terroristes de Boko Haram dans le Nord-Est du Nigéria ? Les esclaves de Libye, eux, ne sont que vendus et pourraient avoir une seconde chance de vie, peut-être meilleure –pour exagérer. Mais, les martyrs de Boko Haram, Non ! Ceux-là auraient sans doute préférés être battus et vendus, pourvu qu’ils restent en vie. C’est ce qui les conduit à emprunter le chemin de la Libye. Quand on est jeune et qu’on vit dans un pays où on n’est plus sûr de son avenir, quand on n’est pas en sécurité, quand, même avec des millions d‘épargne on n’a pas la possibilité de vivre la vie de ses rêves soit parce que n’étant pas en sécurité, ou parce que pouvant en être dépossédé subtilement par une administration corrompue, en tentant d’investir, quand la justice aux ordres ne sert que les plus forts au détriment des moins, quand nos terres sont accaparées par des multinationales, quand l’exercice du pouvoir est confisquée, quand il ne nous reste plus rien et que tout espoir de lendemain meilleur part en lambeau, tout ce qui nous reste, c’est emprunter le chemin de nos rêves maudits. Parfois, il y a des humiliations qu’on accepte mieux chez l’autre que chez soi, parce que la conscience admet que là-bas, l’on n’est pas chez soi.

Comprenez donc avec moi que la situation en Libye est le symptôme, pas le mal. Mais pour éliminer les symptômes, il faut s’attaquer au mal. Juste une question de logique, de bon sens aussi. Rien que ça, suffit ! Cela sous-entend également un diagnostic sérieux afin de ne pas se tromper dans le choix du traitement pour s’assurer d’une guérison effective et durable.

Du 29 au 30 a lieu en Côte d’ivoire le sommet UA-UE. Cette occasion offre une plateforme importante à tous les mouvements citoyens indignés par cette situation en Libye de faire pression, de formuler des demandes claires, procéder à des manifestations pacifiques pour exiger des deux principales catégories d’acteurs des mesures concrètes contre ce phénomène.

Enfin, il y a cette troisième dimension à prendre en considération. L’œil que nous avons sur nos médias africains. Il a fallu un reportage de CNN pour que la situation prenne la proportion actuelle. Le mérite leur revient ! Mais après, une double question se pose. Où étaient nos journalistes des chaines de télé et radio, de la presse écrite ? A l’opposé, quel crédit accordons-nous à ceux, parmi ces medias, qui feraient pareils reportage ? Cette image ternie que nous avons des journalistes sur le continent dont eux-mêmes ne nous aident pas non plus à nous en défaire, a fait perdre à ce si noble métier qu’est informer, toute sa valeur –du moins sur le continent Africain. Je parie que si un média ivoirien, Béninois ou Malien avait fait le même reportage, l’écho aurait été différent. Simplement parce qu’assez souvent la neutralité de qui donne l’information étant sujette à caution, celle-ci est accueillie avec réserve.

A l’église, des pasteurs prient pour leurs fidèles moyennant des « semences », entendez offrandes pour que ceux-ci aillent en Europe. J’entend résonner dans ma tête, une prophétie que fait assez souvent un Pasteur les dimanches à certains fidèles : « Tu voyageras ! Tu ne termineras pas ta vie ici ». Ceux qui croient répondent fortement Amen !!! Certains, pour saisir la prophétie courent jeter une offrande dans le panier. Et si parmi ceux en Libye ou qui sont morts dans l’océan se trouvent certains de ces fidèles ? Peut-on dire que la prophétie s’est accomplie ? On peut en spéculer.

Le phénomène en Libye, chacun porte donc sa part de responsabilité. Les libyens sont coupables, nous aussi.


CE QU’UN ENTRETIEN D’EMBAUCHE M’A ENSEIGNE

Vendredi dernier, j’ai eu le privilège de diriger un panel d’entretien d’embauche. Voici trois situations que j’ai vécues et leçons que j’en tire:

1. Une candidate que j’ai appelée pour programmer son entretien. Pour confirmer son identité, voici notre conversation :

Moi: Bonjour Madame, s’il vous plaît est-ce bien vous Madame Xxxy (quoiqu’elle soit célibataire, sur le CV et moins âgée que moi)
Elle: (Sur un ton très agressif) Qui êtes-vous ? Vous m’appelez matin et vous me demandez qui je suis? Tchrrrrr
Moi: Madame Calmez-vous, je vous appelle de…
J’entends kpin kpin. Elle m’a raccroché au nez!
J’ai fais une petite prière pour elle avant de passer aux autres candidats sur la liste… Le Karma parfois nous mène et nous malmène.

Leçon: Contrôlons notre langage, notre relation avec l’autre. La politesse, ce n’est pas seulement envers ceux qu’on connaît mais aussi et surtout envers les inconnus. L’arrogance et l’orgueil précèdent la chute.

2. Une candidate venue à l’interview. Nous avons passé une demie heure pendant laquelle elle s’est très bien montrée. Un bon profil académique, l’assurance dans la voix, dans la gestuelle aussi. Une femme mariée (donc mère de famille -probablement). Au terme de l’interview je lui demande, Madame, nous avons apprécié votre disponibilité à répondre à nos questions mais avant de vous laisser partir, quelle est votre prétention salariale. Croyez-moi, nous avons passé presque 10 autres minutes pour amener la dame à nous répondre. Elle a pratiquement fondu et nous a dit ouvertement qu’elle n’était pas préparée à cette question. On s’est regardé, les membres du panel. Pour la rassurer, j’ai dis, madame, on ne va pas vous écarter si vous avez le meilleur profil pour avoir donné un montant élevé ou bas. Elle a fini par donner un montant presque tremblant et a ajouté, « mais c’est négociable. »

Leçon: Lors d’un entretien, la prétention salariale ne vise pas à savoir ce que vous voulez gagner, mais si vous savez ce que vous valez. En toute chose, connaissez votre propre valeur et tenez-vous en. Peu importe ce que cela peut vous coûter. Ce n’est pas de l’orgueil, mais la confiance en soi.

3. Un candidat, un jeune très déterminé, sûr de lui. Il a fait une bonne impression également. Un moment, ma collègue lui demande de nous donner 3 qualités et 3 faiblesses. Le Monsieur nous a fait une longue liste de ses qualités dont certaines ressemblent plus à des défauts. Il nous regarde droit dans les yeux et nous dit, « Messieurs pour être sincère, je n’ai pas de défauts. » J’ai reposé la question, il a confirmé qu’il n’a pas de défauts.

Leçon : La confiance en soi est une qualité qui, mal exploitée, peut traduire l’orgueil. Jusqu’ici, nous sommes tous des humains et chacun de nous a des défauts. Seules l’humilité et l’introspection nous permettent de les découvrir et les corriger.

Que la Lumière de Dieu éclaire nos pas, et Sa sagesse guide nos vies.

NB: Il ne s’agissait pas pour moi de partager ces histoires qui restent professionnelles, mais les leçons qui en découlent dont certains pourraient s’en inspirer.


« L’homme qui voulait être heureux »

Laurent Gounelle

Sur les Archipels du Sud-Est de l’Asie se situe l’île d’Indonésie. Son histoire, ses plages, sa gastronomie, ses croyances spirituelles -ses atouts touristiques tout court- font de l’île l’une des destinations qui suscitent la curiosité de plusieurs visiteurs d’horizon diverses…

Bali, la capitale, tout comme l’ensemble de l’île, se caractérise par son style de vie économiquement modeste, sinon pauvre. Mais cette pauvreté des balinais et balinaises se compense par leur si grande générosité. Sauf que ce trait distinctif de ce peuple si accueillant peut finir par ennuyer le visiteur tel que raconte Julian : «A Bali, les gens sont si gentils qu’ils disent toujours oui. Vraiment. Si vous dites à une fille « je vous trouve très jolie », elle vous regardera avec un beau sourire et vous répondra : « Oui ». Et quand vous demandez votre chemin, ils sont tellement désireux de vous aider qu’il leur est insupportable de vous avouer qu’ils n’en sont pas capables. Alors, ils vous indiquent une direction, sans doute au hasard. » P.12

Julian est le héro de l’histoire racontée à travers ce magnifique Chef d’Œuvre de Laurent Gounelle paru aux éditions Anne Carrière, le 13 février 2008 sous le titre “L’homme qui voulait être heureux”.

Enseignant de profession, Julian est un homme comme vous et moi qui a ce qu’il faut pour être objectivement heureux. Cependant, sans doute parce que prisonnier de ses propres croyances, de sa perception de soi-même et de son monde extérieur, il peine à l’être. Parti pour ses vacances à Bali, il décide, peu de temps avant la fin de son séjour, de rencontrer Maître Samtyang, un guérisseur très réputé qui aurait même soigné de hauts dirigeants… Ensuite ? c’est presque tout… L’aventure que vivra Julian dans ce petit village, à quelques kilomètres d’Ubud, au Centre de l’île, transformera le reste de sa vie –la votre probablement, quand vous aurez refermé les dernières pages de cette œuvre, en attendant d’y revenir.

Ce que vous en retiendrez, ce sont les nombreux enseignements que donnent le maître au touriste à l’issue d’exercices qui servent de prétextes pour exposer ses faiblesses à différents niveaux.

…Sur ce que nous croyons de nous-même et l’influence que cela a sur notre vie, le maître fait noter que « tout ce que vous vivez a pour origine ce que vous croyez. Quand on croit quelque chose sur soi, que ce soit en positif ou en négatif, on se comporte d’une manière qui reflète cette chose. On la démontre aux autres en permanence, et même si c’était à l’origine une création de l’esprit, cela devient la réalité pour les autres, puis pour soi » p24-25. Ce qui est mis en évidence, c’est le pouvoir de la pensée et son influence sur l’individu.

Cette perception de soi, lorsqu’elle s’avère négative compromet l’influence que nous pouvons avoir sur notre entourage et entraine un effet boomerang : « Par exemple, puisque vous avez inconsciemment peur d’ennuyer vos collègues, vous allez peut-être sans vous en rendre compte parler vite, bâcler votre intervention, pour ne pas leur prendre trop de temps et ne pas les lasser. Du coup, vous n’avez aucun impact, et votre anecdote perd de son intérêt. Vous le ressentez, et vous dites : « je suis nul quand je raconte des histoires. » Par conséquent, vous devenez de plus en plus mauvais, et, immanquablement, l’un de vos collègues va reprendre la parole et embrayer sur autre chose. À la fin du repas, tout le monde aura oublié que vous avez parlé » p.26

L’incapacité à décider pour soi et à vivre en conscience et en accord avec ses valeurs intrinsèques, à vivre en équilibre, c’est à dire en faisant le bonheur des autres sans compromettre le sien, le manque d’assurance, l’hésitation, le doute, la peur d’être jugé ou d’être aimé… apparaissent comme autant de facteurs qui déterminent notre bonheur et qui doivent ainsi être maitrisés par quiconque y aspire. Autrement, l’intéressé est condamné à vivre malheureux.

A cela s’ajoute, selon le maître, la nécessité de reconnaître et de croire en l’existence de Dieu car, « les gens qui croient en Dieu et pratiquent leur religion, quelle qu’elle soit, de façon régulière, ont une espérance de vie de 29% supérieure à celle des autres… c’est la croyance qui compte, pas le comportement, même si, et les ecclésiastiques le savent bien, les rituels entretiennent la croyance… » p87 

Dans cette quête perpétuelle du bonheur, « chacun rencontre dans son existence un grand nombre d’opportunités en tout genre, certains savent les repérer et les saisir, d’autres pas. »p.90. Votre capacité à saisir les opportunités qui se présentent à vous sont quant à elles toutes aussi déterminantes que les facteurs précédents…ces extraits ne résument pas assez la trame de l’histoire mais donnent un aperçu des leçons qui attendent le lecteur.

La façon dont Maître Samtyang mettra fin à la rencontre, les sentiments avec lesquels repartira Julian, l’impact qu’aura cette rencontre sur sa vie ainsi que sa conversation avec Andy sur la plage et ce qui en découlera sont, entre autres, autant de choses qui retiendront l’attention du lecteur.

Ce que je ne vous dirais surtout pas c’est que toute cette histoire, tout ce condensé d’enseignements qui façonneront votre façon de penser, de vous re-définir et qui vous permettront tout simplement d’aborder la vie différemment, tient en 168 pages… seulement !

Soyez heureux, cela vous va si bien !


Journalistes et Donald Trump : nous te détestons. Je vous hais !

Hier matin, en suivant le journal sur la chaîne ‘France 24’, j’ai compris jusqu’où la presse peut être manipulatrice à dessein sur des sujets précis pour des considérations typiquement éditorialistes voire politiques ou même commerciales.

Il y a deux jours, le 45ème Président des Etats-Unis était devant le Congrès, selon la tradition démocratique du pays, pour présenter sa politique aussi bien intérieure qu’extérieure après son entrée à la maison Blanche en Janvier dernier. Donald Trump, pour ce premier exercice a été, pour le moins qu’on puisse dire, impressionnant. Mais les journalistes s’efforçaient de montrer l’image négative de l’homme au point qu’ils s’évertuaient à occulter par exemple les ovations qui suivaient son annonce de dissoudre le fameux ‘ObamaCare’.

Ce qui était presque drôle c’est lorsque la présentatrice du journal et son invité trouvaient que parmi les nombreuses ‘standing ovation’ auxquelles il a eu droit, la majorité de ceux qui ovationnaient étaient des Républicains, comme si de loin on pouvait distinguer un Démocrate d’un Républicain parmi ces centaines de personnes réunies. Au lendemain de ce discours, le marché boursier d’Asie a connu une forte croissance qui explique l’accueil favorable qui lui a été réservé. Il en faut certes plus, beaucoup plus, pour encenser l’un des plus controversés présidents de l’histoire des Etats-Unis, celui-là qui se moque du « politiquement correct » auquel le monde a jusqu’ici eu droit sans se demander si c’est ce dont la société actuelle avec ses mutations socio-économiques et géopolitiques a besoin. Tout porte à croire qu’il y a un ordre préétablit, un système sous forme de tunnel créé des mains des hommes, ceux-là qui dictent la morale prédominante qui caractérise ce que certains appellent « le nouvel ordre mondial ». Ce système, quiconque s’en éloigne devient l’ennemi commun et ainsi scie-t-il/elle le tronc de l’arbre sur lequel il est perché et qui pourrait entraîner sa chute – fatale, dans certains cas. Kennedy n’avait pas compris. Il existe cependant une classe révolutionnaire et anticonformiste qui ne semble pas se soucier de cette chute et qui apparaît plutôt déterminée à mener le combat de son abolition au prix de ses intérêts, de sa vie aussi.

Ils étaient nombreux, ces puissants de la sphère médiatique, qui ont soutenu ou fait croire que Trump ne pouvait pas être le candidat des Républicains, il a littéralement écrasé tous ses seize concurrents. Ce sont les mêmes qui disaient qu’il ne pouvait pas être élu, sondages et statistiques à l’appui, il a battu celle qu’ils adulaient. Ils ont contesté sa victoire, alléguant une main extérieure (celle de la Russie), mais son élection a été confirmée par une très large majorité des grands électeurs (donc élu deux fois). Ils ont annoncé l’échec de son investiture suite aux mouvements populaires de contestation qui ont suivi les résultats, mais elle a été plutôt un succès quoique mitigé en termes d’affluence, comparé à celle d’Obama en 2008.

Aujourd’hui, ils prédisent l’échec de son mandat et même sa destitution. L’homme, lui, semble cependant déterminé à faire son chemin en restant droit dans ses bottes et en maintenant une certaine cohérence dans sa logique de raisonnement, disons ses promesses de campagne. « Je ne suis pas le gardien du monde, mais de l’Amérique » a martelé lors de son grand oral ─ les gestes avec, celui que nos journalistes qualifient de président isolationniste, conservateur ou protectionniste, c’est selon. «L’amérique d’Abord», tel était sa principale promesse de campagne en 2016. C’est d’ailleurs cette promesse qui justifie qu’il ait augmenté de 54 milliards de Dollars US, soit 9%, le budget militaire au détriment des autres départements afin, dit-il, de renforcer la sécurité du peuple américain.

Il faut admettre un tâtonnement très perceptible, notamment au niveau du choix de ses hommes, lesquelles sont soient contestés ou simplement rejetés, mais cela s’explique par le fait que d’abord l’homme n’a aucun passé politique, ensuite le passage du pouvoir d’un individu à un autre à la maison Blanche un un long et lourd processus d’où les deux mois de transitions qui suivent les élections et quand cela intervient dans le cadre d’un changement de système politique (des Démocrates aux Républicains ou vice-versa) cela s’avère davantage difficile. Obama a connu, lui aussi quelques tâtonnements en 2008 avec le retrait de Tom Daschle et de Nancy Killefer annoncés pour être respectivement Secrétaire à la Santé et Chef de la Surveillance. Avec élégance, il a reconnu s’être trompé. Mais Trump n’est pas Obama. Il ne faut pas forcément espérer la même réaction.

A côté, la guerre Trump-Media, déclarée depuis les primaires continue et est visiblement loin de s’achever. Une sorte de ‘vous ne m’aimez pas, moi non plus.’

Sans forcément être un fan de Trump ni de sa politique notamment sur le Changement Climatique ─ même si j’admire son aptitude à surmonter les situations qui pourraient, chez d’autres, entraîner la chute, sa capacité de résilience tout court face aux lynchages médiatiques et aux courroux d’une société formatée et manipulée par les lobbys d’un système dont il se targue d’être le seul à pouvoir combattre ─ je crois qu’à un moment donné, elles devront ─ ces puissantes machines médiatiques ─ savoir s’arrêter et abandonner le projet de diabolisation de l’homme, ainsi que leurs machinations parfois dévergondées tendant à présenter une image, celle qu’ils veulent présenter au monde, d’un homme dépourvu de sens. On n’accède pas au plus puissant poste au monde sans en avoir les compétences. Ou alors, c’est la société américaine elle-même dans son grand ensemble qui est dépourvue de raison. Elles devront surtout admettre que Trump est parvenu à ce poste parce qu’une grande partie des américains en a décidé ainsi. Même si la possibilité d’un complot bien organisé qui pourrait entraîner sa destitution ou ’impeachment’ pourrait être considérée, quoique très faible, elles devront se convaincre qu’il pourrait passer plus de temps qu’elles ne le croient dans le bureau ovale. Sinon, plus ça continue, mieux on se rend compte que tout ceci est fait à dessein pour des raisons plutôt commerciales, ce qui serait dans ce cas alors assimilable à de la démagogie et à l’escroquerie morale des peuples. Personne ou très peu s’en aperçoivent.

Dans toutes les sociétés du monde, les dirigeants sont à l’image des peuples qu’ils représentent. Cela s’applique aussi aux Etats-Unis.

Comme cela l’a été en 2016, sa réélection pourrait surprendre le monde en 2020. Pour le moment, il est prétentieux de l’affirmer, mais il s’y prépare déjà. D’ailleurs, alors qu’il attendait sa prestation de serment, il a choisi son slogan de campagne pour les présidentielles de Novembre 2020 : « Keep America Great ! ».

Ce billet était à l’origine destiné à être posté sur mon mur Facebook, mais vu sa longueur, j’ai plutôt décidé de le publier sur mon blog, pour en même temps signer mon retour après huit mois d’absence. J’écrirai désormais, un peu plus sur la politique internationale, et américaine en particulier, bien sûr, sans prétendre en être un spécialiste mais juste des commentaires personnels que je partagerais, sur des sujets qui me passionnent en admettant les limites de mes analyses.


A Andréa, pour la dernière fois

La mort, pour paraphraser quelqu’un, est une voleuse. Elle prend, elle garde tout ce qu’une personne est, ce qu’elle était. Et quand la mort enlève quelqu’un de si extraordinaire qu’Andréa, elle n’emporte pas que son passé avec elle, elle emporte ce qu’elle a été pour ses proches au quotidien…

Chère Andréa,

Aujourd’hui, on exposera ta photo sur l’espace du petit terrain de Yogougon Selmer Rue des Princes. Ta famille, tes ami(e)s et autres personnes qui ne te connaissaient même pas, mais souffrant la douleur de ta tragique disparition, chanteront, danseront et surtout couleront des larmes jusqu’à l’aube. On racontera des anecdotes, des témoignages de qui tu as été. Le prêtre dira une prière pour le repos de ton âme, puisque les péchés, tu n’en as plus pour qu’on demande qu’ils soient pardonnés. Demain, tôt le matin, on te sortira du froid de la morgue, ta silhouette innocente d’Ange sera presque méconnaissable. Demain, à cette même heure, ta famille, tes ami(e)s et toutes ces personnes pour qui tu comptes -dans leurs habits noirs de deuil, les yeux enflés par des heures de pleures, le cœur en lambeau -prendront le chemin du cimetière municipal de Yopougon, toi devant.

Je ne serai à aucune de ces occasions. Je ne serai pas là pour te voir partir sans un regard furtif que tu refuseras sans doute de jeter en arrière de peur de croiser les yeux de ta mère désormais seule. C’est peut-être mieux ainsi que je n’y sois pas même si cela fait mal. Mais la douleur aurait été encore plus insupportable en te voyant t’en aller sans un mot. Cependant, de là où je me trouve en ce moment, j’ai tenu à t’écrire cette lettre, pour la dernière fois.

Je devine à quel point tu as si hâte de quitter ce monde de chimère d’hommes sans cœurs aux esprits vagabonds. Tu serais si pressée de rejoindre tes sœurs parties trop tôt au point que tu n’aurais certainement pas assez de temps pour me lire. Mais, garde cette lettre pour la lire sur ton chemin vers Dieu où une place de choix t’est réservée à Sa droite. J’essaierai d’être bref pour ne pas t’ennuyer.

Chère Andréa,

Selon la croyance, « le péché originel ne peut être lavé que par les eaux du baptême. Mais, ce sont les péchés suivants qui sont les plus difficiles à effacer, et puisque le pardon des offenses n’est accordé qu’au véritable repentant, le mal pur ne peut jamais être éradiqué ». Comme tel, l’erreur pour tous les humains est de croire qu’il peut y avoir des hommes dits biens. C’est fou et faux de le croire. Il y a seulement deux catégories de personnes. Celles qui dominent le mal faisant partie intégrante de la nature humaine et celles qui, trop poussées par leurs instincts bestiaux, répandent le mal par tout, faisant couler le sang d’innocents sur leurs passages. C’est à cette dernière catégorie qu’appartient Gbailly, ton tueur. Parler de lui, c’est le célébrer. Il n’en a pas droit. C’est pourquoi, je consacrerai ces lignes à te demander une seule chose : Pardonner.

Pardonne d’abord à ton père de n’avoir pas su préserver les liens familiaux, ce qui pourrait expliquer l’éducation ratée de Gbailly. Pardonne ensuite à la société dans laquelle a grandi Gbailly et qui lui a sans doute tendu l’appât du gain facile auquel il a fini par mordre et qui l’a emporté, toi avec. C’est sûr que de la cellule des grands criminels de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) où il se trouve en ce moment, l’effet de la drogue passé, il éprouve des remords, lesquels le rongeront jusqu’à la moelle pour ensuite le faire disparaître de la surface de la terre, un jour, comme toi. La seule différence est que, contrairement à toi qui part sans péchés puisque désormais les tiens sont portés par Gbailly, lui, il tombera un jour, sans doute face contre terre, sous le poids trop lourd de chagrins, de solitude et de misères d’une vie ratée… C’est sûr que si la vie lui offrait une seconde chance, il la saisirait cette fois avec plus de sagesse, mais on ne reprend pas une vie. On continue sur sa lancée, fut-elle fatale.

Vide ton cœur de toute colère, Andy. Là où tu vas, seuls y entrent les cœurs pures. Quand tu rejoindras tes sœurs, ensemble, continuez de prier pour votre mère, votre père aussi. Il devrait être tout autant détruit de perdre, presque, deux de ses enfants au même moment. Après ce drame, c’est sûr que cette famille ne sera plus la même, mais priez pour que Dieu donne à votre père, la force de pouvoir re-jouer son rôle de chef de famille pour protéger ce qui lui en reste de tel.

Chère Andréa,

Demain, avant de refermer ta tombe, le prêtre fera une dernière prière pour te recommander aux anges, les priant de te conduire jusqu’au Père Divin. Quand tu seras portée en terre, tous te tourneront le dos. Les pieds lourds, sur le chemin du retour, chacun se souviendra et chantera dans son cœur ce cantique d’Adieu :

« Il n’y a qu’un chemin pour aller au ciel, est-ce que je pourrai y aller aussi ? Les Anges par milliers, partent pour le ciel, ils sont vertus en habits blancs, et moi, pauvre pécheur, je me pose la question, est-ce que je pourrai y aller aussi ? ».

Va-t’en sans crainte, Andy. Ni pour le lieu inconnu où tu vas, ni pour ta mère que tu laisses. La plaie est sans doute encore béante. Mais elle se cicatrisera, j’en suis certain. Je passerai la saluer toute fois que je suis de passage au quartier. Nous serons tous là, chacun à sa façon, pour lui rappeler qu’elle n’est pas seule à te pleurer.

Tu resteras à jamais dans nos cœurs. Entre deux causeries, deux éclats de rires insouciants, nous nous souviendrons de toi. Nous parlerons de toi.

Nous verrons chaque nouvelle journée que Dieu nous offre comme un cadeau et nous l’aborderons avec autant de courage et de détermination, de douceur et d’amour aussi comme tu l’as toujours montré pour tes ami(e)s, les gens autour de toi et surtout pour ta mère.

Paix à ton âme, Andy !