Benedicta

Portrait – Dans le jardin de Pascal

A la vue de belles fleurs ou plantes, de jardins et des espaces verts bien entretenus nous éprouvons souvent des sentiments particuliers : joie, bonheur, paix… Pourtant pour arriver à ces belles vues et à ces beaux résultats, il faut un travail en amont, celui du jardinage. Ceux qui pratiquent cette activité sont appelés jardiniers ou paysagistes, pour faire plus classe…lol. Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de l’un d’entre eux : Pascal.

Des débuts pas toujours « verts » 

Cheveux grisonnants, la cinquantaine dépassée, Pascal m’accueille dans son « bureau » : un grand espace vert, les jardins des bureaux du secrétariat général de l’Union Chrétienne des Jeunes Gens/Young Men Christian Association (UCJG/YMCA) de Lomé. «  Ici, c’est mon paradis. J’y passe toutes mes journées « . De nature très calme, Pascal nous raconte les débuts de sa carrière. Issu d’une famille modeste, il n’avait pas eu tous les moyens pour effectuer ses études dans des conditions adéquates. Après un échec au Brevet d’Etudes du Premier Degré (BEPC), il décide de surseoir à ses études et de se tourner vers l’apprentissage d’un métier.

Pascal, le jardinier. Crédit Photo : Bénédicta

Sur la route du métier

Sur recommandation de sa sœur aînée, il débute le métier de jardinier chez un ami de la famille. Cet homme possédait un grand jardin, dans sa maison – et avait les fleurs pour violon d’Ingres- dans l’un des vieux quartiers de Lomé : Amoutivé. L’apprentissage de Pascal dure quatre années. C’est au cours de cette période, qu’il acquiert la passion et l’amour de ce métier si délicat. Les bonnes méthodes de reproduction et d’entretien des plantes : le bouturage, le semis, le greffage, … Les différents noms des plantes, leurs vertus médicinales, les bonnes saisons de reproduction et quelques petits secrets, qu’il a bien voulu partager avec moi. Pour Pascal, aucune plante n’est mauvaise. C’est parce que ses vertus et ses propriétés ne sont pas connues que le commun des mortels pense qu’elles ne sont pas utiles. Après avoir bien maîtrisé, les ficelles du métier et fort de son expérience, il décroche un poste de jardinier dans une société d’exploitation maritime du pays. Au bout de quelques années d’exercice, Pascal est mis au chômage technique suite à la faillite de son employeur. Retour à la case départ.

Renouveau sous les cieux

Pascal se retrouve sans emploi mais grâce à ses anciennes relations professionnelles, il décroche quelques petits boulots de jardinage chez les particuliers. De fil en aiguille, il est recruté par l’UCJG pour être leur jardinier. Et c’est depuis 1995 qu’il est le maître des jardins, du centre. Son autre dada, est l’entretien d’un petit carré d’une plante particulière, qui à première vue ressemble à un ‘jardin bien entretenu de mauvaises herbes’. Mais à ma grande surprise Pascal m’informe que je suis en face d’un jardin d’asters blanches » Les asters blanches ont cette particularité de mettre en exergue les autres fleurs d’un bouquet « , m’apprend Pascal. Ainsi certains fleuristes du marché des fleurs d’Assiganmé (Grand marché de Lomé), lui font parfois appel lorsqu’ils sont en rupture de stock.

Plants d’asters blanches. Crédit photo : Bénédicta

Quel héritage pour la postérité ?

A la question de savoir, ce qu’il fera à sa retraite, il me répond :  « Je ne pourrai jamais m’arrêter de m’occuper des plantes et des fleurs ». Puis il ajoute :  « Le secret de cette profession : c’est d’avoir l’amour des plantes. Hormis cela on trouvera ce métier juste comme un gagne-pain, alors qu’il regorge de beaucoup de plaisir et de bien-être ». Il déplore également que ce métier ne soit pas valorisé et promu auprès des jeunes. A l’instar de son jeune fils qui a choisi de ne pas faire comme son père et a préféré se tourner vers le football. Néanmoins, Pascal est prêt à initier à ce métier toute personne intéressée et disponible. Il pense que ce serait égoïste de ne pas transmettre tout ce qu’il connaît.


Je suis citoyenne de la République de Blog’Art

L’Homme est un être social, et sa vie en communauté le démontre. La vie en communauté est une nécessité pour son équilibre physique, psychologique, mental, mais certains peuvent vivre en ermite. Avec l’avènement des TIC, des communautés virtuelles sont apparues. Un constat est fait : il est rare de trouver actuellement un individu qui n’appartienne à aucune communauté virtuelle. Je ne déroge pas à la ‘règle’ : moi, je suis citoyenne de la République de Blog’Art, sur Whatsapp.

C’est au gré de mes vadrouilles sur la toile que j’ai découvert le blog d’Ecclésiate Deudjui : en septembre 2015. De fil en aiguille, il m’a introduit dans le groupe Blog’Art, sur Whatsapp ou plutôt dans la République de Blog’Art.

Ma nouvelle vie de citoyenne

Au début, je lisais les posts publiés, je téléchargeais les liens et vidéos mais je  n’intervenais pas. On appelle cela ‘être en sous-marin’…lol. Certains pensaient que je n’étais qu’une « espionne ».  Beaucoup ne savaient pas que je suis une mondoblogueuse de la saison 2013 mais je n’ai publié qu’un seul billet, qui a disparu avec le changement de thème de mon blog.  Cette « flemmardise » de publication, était le résultat d’un changement intervenu dans ma vie, qui m’a fait prendre un certain  recul.

La route vers la reprise en mains de mon blog fut la rencontre fortuite, d’un autre mondoblogueur qui m’a encouragé à republier. Puis une mauvaise blague, d’un autre mondoblogueur m’a sorti de mes gongs, et je lui dis merci. Finalement, en octobre 2016, j’ai republié un nouveau premier billet.

Le quotidien des ‘Blog’Artlais’

Blog’Art est organisé comme une vraie république bananière, avec un gouvernement :

  • il y a un président : Ecclesiaste 
  • une première dame : Christine
  • un premier ministre Emile et sa moitié Samantha
  • deux ministres des TICS : Atome (Gestion de la robotique)  et Lucrèce : Gestion de la communauté geek) vous conviendrez avec moi que c’est un vaste domaine
  • un ministre de la bière des loisirs  : Fotso
  • une ministre du sport, férue de cyclisme  : Alexandra aka Lexy
  • un ministre de la santé Laurier
  • un ministre du 8e art, spécialité mangas Annadjib
  • un ministre de la culture spécialité poèmes Guillaume
  • un ministre du panafricanisme Renaud
  • un ministre des transports, globe trotter Roger
  • un ministre de l’environnement Aristides
  • un ministre de la linguistique et des statistiques (c’est quoi ce cumul de postes ?) Fabrice
  • un ministre de la diaspora Benjamin
  • beaucoup de ministres de la communication, délégués à diverses fonctions ce qui crée parfois de la confusion dans le mécanisme de propagande de la république : Didier, Alain Amrah, Dania , Salma, Ulrich , Thierry sans oublier Guy (avec sa fameuse valise, que je n’ai jamais vu d’ailleurs…lol)
  • beaucoup de ‘sous-marins’ aussi …

Et donc, nos journées sont ponctuées de publications de liens des billets des divers citoyens, du partage de vidéos et d’audios. Parfois des décrets tombent sans qu’il n’y ait eu de conseils des ministres, du seul vouloir du Premier Ministre, à l’insu du plein gré du président. Ce dernier est mis devant le fait accompli…lol

 

Capture d’écran d’un décret Blog’Artlais, Crédit Photo : Bénédicta

De temps à temps, des débats résultant de l’actualité ou de la publication de billets, soulèvent de forts remous dans la république. Ces débats suscitent parfois des velléités de coup d’état. Mais le calme revient très vite grâce à la diplomatie du Premier Ministre, Emile. Et cela finit après avec la promesse d’un casier virtuel de bières (blonde ou brune).

Quel avenir pour la République ?

Il fait bon vivre en République de Blog’Art car on peut y pousser ses coups de gueule comme ses coups de cœur. Blog’Art est aussi une grande famille où les anniversaires sont fêtés en grande pompe. Peut-être que cela n’est qu’une façade ? Aussitôt la nationalité Blog’Artlaise obtenue, on ne peut ni y renoncer ni la quitter sans une dérogation spéciale. Le président vous y ramène sans demander votre avis…lol

Ce petit monde bien que virtuel, n’est pas du tout facile à conduire. Mon président bien-aimé, ne me dira point le contraire. Mais s’étant octroyé ce poste de président de droit, un référendum devrait être organisé pour conforter Ecclesiaste  au poste de président.

Qu’en pensez-vous chers Blog’Artriotes ?

 

 


La lecture : ce sublime vice

Crédit Photo : www.pixabay.com

Pour moi, la lecture est un organe (vital, je peux dire) et bien plus qu’un loisir.  Je ne pourrai passer une journée sans lire, ce serait comme si je m’arrêtais de respirer, ce qui est quasi impossible.
De mes débuts
Ma mère me raconte souvent que j’ai réclamé d’aller à l’école, dès que j’ai su qu’il y avait un lieu tel quel, que je savais écrire avant d’y avoir mis les pieds. De cela, je ne me souviens guère. Mais ce dont je me rappelle, c’était ma manie de me cacher dans les toilettes avec un livre ou un magazine dès que j’ai su déchiffrer les 26 fameuses lettres de l’alphabet. Pour moi, c’était l’endroit idéal où je pouvais me réfugier et savourer les aventures de mes héros.
De la lecture quotidienne de la Bible en images, à la découverte des premiers mots de mon syllabaire « Mamadou et Bineta », en passant par les fameux mes « Premiers », « Deuxième » jusqu’au « Sixième livres de lectures » de l’enseignement du premier degré au Togo, cet univers n’était que pure délice pour moi. Dès l’achat des fournitures scolaires, je réclamais mes livres de lectures pour en dévorer toutes les pages et me familiariser avec tous ces personnages que j’allais côtoyer tout le long de cette année scolaire.
De l’insinuation du vice en moi
Au collège, ma plus grande peur était de rentrer au terme de ma journée sans avoir emprunté un seul livre à la bibliothèque ou auprès de mes amis. J’avais toujours quelque chose sous la main : un magazine, un journal, … il fallait que j’aie coûte que coûte quelque chose à lire sinon j’étais déboussolée. Je n’étais pas une grande fanatique des romans de la collection Harlequin. Je me moquais, d’ailleurs souvent, de mes amies qui en raffolaient. A cette époque, je les trouvais insipides puisque c’étaient souvent la même trame, lol… et puisque je n’avais pas encore d’amoureux à quoi bon gaspiller mon temps et mes méninges à en créer un dans mes rêveries ?
Je préférais consacrer mon temps à lire des romans policiers, d’aventures et autres. C’est à cette époque que j’ai fait la découverte de Danielle Steel, R.L. Stevenson, Guy des Cars, Mary Higgins Clark, Stephen King, Isaïe Bithon Coulibaly, Sam J. Obianim et autres, grâce à mon inscription à la bibliothèque du Centre Culturel Français, haut lieu de la culture, que je fréquentais assidûment.
A l’heure de l’extinction des feux, je m’endormais souvent avec une torche sous ma couverture pour terminer ce que j’avais commencé à lire. Il fallait absolument voir le dénouement du roman entamé.
De nos jours
Avec l’apparition des technologies de l’information, bon nombre ont pensé que les livres (du moins le format papier) allaient disparaître au profit de la télé et de l’internet, à mon avis, ils ont simplement pris une autre forme. Actuellement, une grande possibilité est offerte aux férues de lecture de diversifier leur monde. Les moyens pour y avoir accès sont multiples (téléchargement gratuit, abonnement en ligne, achat,…) ainsi que les supports (les tablettes de lectures, les smartphones, …).
Internet offre un foisonnement d’informations. Pour y avoir accès, il faut lire. Beaucoup de personnes disent qu’ils n’aiment pas lire. Lorsque j’entends cela, j’ai un rire en coin : tous les posts ‘likés’, les informations ‘twittées’, les photos ‘instagrammés’, les ragots ‘whatsappés’ , ne faut-il pas les lire et les comprendre avant de les partager ? Même si ce ne sont que quelques mots, à mon avis c’est de la lecture. Oui de la lecture même si c’est sous un autre aspect plus restreint.
Si la lecture est un vice, pour moi c’est le meilleur et je ne peux m’en passer !


Togo –Environnement : Lomé dans l’eau

Nous ne sommes qu’au début de la mousson ou saison pluvieuse mais certains togolais ont déjà les pieds dans l’eau : l’inondation n’est pas loin.

Ce long week-end de la Pentecôte, était parti pour être un moment de repos et de détente pour plusieurs d’entre nous, avec la descente de l’Esprit Saint pour les chrétiens. Il a été plutôt une descente aux enfers pour nombre de mes concitoyens.

Tout a commencé, très tôt dans la matinée du 03 juin 2017, avec une pluie fine qui s’est peu à peu transformée en vrai déluge. Cette pluie a duré toute la sainte journée : les dernières gouttes touchèrent le sol vers 18 h. C’était suffisant pour transformer certains quartiers de Lomé en lacs et en lagunes, certains carrefours en vrais chemins de croix (bien que Pâques soit passé depuis) pour les usagers. Belote le dimanche, rebelote le lundi matin. Bref, on est en saison pluvieuse…lol

Chaque année, c’est le sempiternel refrain, la même rengaine : les autorités volent à toute vitesse au secours de mes concitoyens en les aidant à expulser les eaux de leurs habitations, en évacuant certains togolais par des canots pneumatiques vers des endroits plus ou moins sûrs, en leur distribuant quelques vivres et non-vivres, et … « à l’année pro », comme dirait quelqu’un.

Il n’y a pas encore de solutions pérennes pour un système viable d’évacuation des eaux (de pluie) au Togo : encore du chemin à faire pour nos gouvernants.

En tout cas, je constate. Que Dieu veille  !

Rue envahie par les eaux de pluie – Akodessewa . Photo : Bénédicta


Sécurité routière : Halte à la surcharge !

Pour nos déplacements, nous usons de divers moyens : trains, avions, bateaux, voitures, motos et autres. A Lomé, la capitale du Togo, nos moyens privilégiés sont la voiture, le bus et la moto  (taxi, taxi-moto ou zémidjan et privés). Depuis quelques années, nous assistons à un phénomène particulièrement récurrent contre lequel l’Etat ne cesse de lutter : la surcharge.

Taxi en surcharge – Image : www.voyage-au-benin.com/prendre-taxi-benin/

Les faits

Quand je dis « prendre en 43 » ou «  en sandwich », je pense bien que cela ne vous évoque rien. A Lomé, cela signifie :

  • Prendre en 43 : pour une voiture initialement prévue pour 4 personnes voire 5 c’est-à-dire 2 personnes devant et 3 derrière, il n’est pas rare à Lomé de trouver 3 personnes devant et 4 derrière.
  • Prendre en sandwich : pour une moto, prévue pour 2 personnes on peut apercevoir 3 voire 4 personnes dessus.

Ce phénomène de 43, est apparu à Lomé au début des années 2000, lorsque certains quartiers périphériques n’étant pas encore desservis par les routes bitumées ou les pavés, étaient difficiles d’accès. A cause des nids de poule et de la poussière en saison sèche, à cause de la boue et des fondrières en saison pluvieuse, un nombre restreint de taxis s’aventuraient dans ces quartiers.

Il était difficile aux habitants de ces quartiers de trouver un moyen de déplacement approprié. Et lorsqu’on est contraint d’honorer ses engagements professionnels, au lieu de faire la fine bouche, certains sont obligés de se faire sandwicher ou prendre en 43.

La surcharge ne s’adresse malheureusement pas qu’aux personnes. Certains bus et transports en commun font aussi de la surcharge de marchandises.

Les raisons

Passagers en surcharge sur une moto – Image : fr.africatime.com/articles/surcharge-excessif-moto-le-jeu-dangereux-des-conducteurs-de-taxi-moto

Intriguée par cette habitude, entre temps disparue et qui est revenue de plus belle, j’ai interrogé un taximan M. Gérard. Il est propriétaire de son taxi et se retrouve sur le trajet Adidogomé (quartier périphérique de Lomé)-Assiganmé[1]. « Avec l’apparition de Sotral[2], nous n’arrivons plus à avoir le bon quota de clients. La hausse fréquente du prix des carburants et le racket incessant des forces de l’ordre nous obligent à adopter cette habitude. » Il ajoute ensuite  « Nous avons aussi des taxes à payer à la mairie et aux syndicats. Tous ces frais sont de véritables manques à gagner. Qu’y pouvons-nous ? », conclue-t-il sur un air dépité.

Les conséquences

Cela rentre peu à peu dans les habitudes, parce que moi-même j’en ai été victime. Pour anecdote : il était un peu tard à la sortie de travail, j’ai eu toutes les peines du monde à trouver un taxi. Au milieu du trajet, voilà le taximan qui me dit : « Tantie, poussez-vous un peu, je vais prendre ce client. Le monsieur derrière, va descendre tout à l’heure et vous serez bientôt à l’aise ». J’ai fait mes gros yeux et sermonné un peu le chauffeur de taxi. Et le pire, la dame prise en 43, avec moi avait un peu d’embonpoint. Je me suis retrouvée vraiment sandwichée entre le chauffeur et la dame.

D’abord, je n’ai pas pu mettre ma ceinture de sécurité, ensuite le chauffeur avait toutes les peines du monde à passer la vitesse. Et si par protestation, j’étais descendue pour prendre un autre véhicule, il était déjà tard et l’endroit où il fallait descendre n’était pas sécurisant. C’était fort plausible que je ne trouve pas un autre taxi avant une bonne heure. J’ai alors fait contre mauvaise fortune bon cœur. A ma descente du taxi, je ne vous raconte pas les courbatures que j’ai eues. Dans cette situation qu’aurais-je pu faire à votre avis ?

Quelquefois en journée, un taxi avec des passagers en 43, passent devant les policiers qui n’interpellent pas les taximen. C’est de raison, puisque ces policiers jouissent du fruit de cette habitude.

J’en parle avec un peu d’humour, mais les conséquences sont énormes pour la vie des passagers que nous sommes.  Au Togo, selon les sources du Ministère de la Sécurité et de la protection civile ainsi que du Ministère des transports, en 2016 il y a eu sur les routes togolaises : 5393 accidents, dont 6846 blessés et 514 décès. 

Les solutions

Lorsque la campagne obligatoire du port de casque pour les motocyclistes a été lancée en 2014, par l’Etat togolais, beaucoup de mes concitoyens ont protesté. Mais peu à peu cela s’est imposé dans les mœurs. Je pense qu’ils y ont vu après le bien-fondé puisque c’est le devoir de l’Etat de protéger ses filles et fils.

Ainsi une vraie campagne doit être lancée pour véritablement enrayer cette situation c’est-à-dire la surcharge dans les moyens de transport. Cela permettra de finir avec la mise en danger de la vie des usagers. Plus de véhicules pour le transport en commun doivent être également mis à la disposition des citoyens, par l’Etat. Les quartiers périphériques devront être évidemment désenclavés par les voies de transport, pour ne pas obliger les citoyens à mettre leur vie en péril.

 

[1] Assiganmé ou le Grand marché de Lomé, est le terminal de la majorité des transports en commun (privés comme publics) car ce haut lieu du commerce est le centre névralgique de l’économie togolaise.

[2] Sotral : Société des transports de Lomé, bus affrétés par l’Etat pour le transport en commun des personnes à Lomé et en périphérie urbaine.


Mes bons remèdes de grand-mère

A force de côtoyer les personnes âgées (moi-même je ne suis pas vieille hein !) j’ai pu avoir quelques remèdes incontournables que la médecine ne peut pas nous voler et qui sont toujours utiles. Allons donc à leur découverte !

  • Contre la toux

Ce remède est mon préféré : il faut du jus d’un citron et demi, une cuillerée à soupe de miel, trois clous de girofle (nom scientifique : Syzygium aromaticum) réduit en poudre, un peu de gingembre écrasé, ou coupé en très petits morceaux ou en lamelles (quantité à prendre selon votre goût). Vous mélangez le tout, puis ajoutez un verre d’eau chaude. Vous passez ce mélange à la passoire chinoise. Et voilà, votre breuvage est prêt ! A boire à volonté. Vous verrez une nette amélioration au bout de quelques heures.

Boisson médicinale / Crédit photo : www.pixabay.com

Mâcher quelques feuilles de bourrache (appelé communément Esroun, au sud du Togo – nom scientifique : Borago officinalis) ou en faire une tisane. C’est aussi un très bon antibiotique. Au Togo, après l’accouchement,  la première sauce que la famille prépare avec affection pour calmer les douleurs est à base de feuilles de bourrache et/ou de pâte d’arachide (beurre de cacahuète).

  • Contre les ballonnements

Parfois après un repas trop gras, on souffre de ballonnements à l’estomac et on est mal à l’aise. Un seul conseil : une ½ cuillerée à café de poudre de noix de muscade (nom scientifique : Myristica fragrans) dans un demi-verre d’eau chaude. Et vous verrez votre mal disparaître comme par enchantement.

  • Contre les maux d’oreille

Vous avez de l’huile de palmiste chez vous ? Oui de l’huile de palmiste (appelée némi en langue Ewe du sud du Togo) pas de l’huile de palme. C’est l’huile extraite des amandes obtenues après avoir cassé les noix de palme. Elle est aussi efficace contre les maux d’oreille que pour faire sortir tout corps étranger des oreilles. Deux gouttes dans chaque oreille, suffiront. (Cette huile est aussi conseillée pour les cheveux secs).

Assortiment de plantes médicinales / Crédit photo : www.pixabay.com
  • Contre les piqûres d’insecte

Lorsque vous êtes piqué par un insecte (fourmi, guêpe, abeille…), passez une rondelle d’oignon rouge sur la piqûre. Cela atténuera sensiblement votre mal.

  • Contre les petits bobos

C’est toujours utile d’avoir du beurre de karité (Nom scientifique : Vitellaria paradoxa gaertner)  sous la main.  Lorsque vous vous cognez à un meuble ou je ne sais pas quoi, vous prenez une noix de ce beurre et vous vous massez avec. Le beurre de karité à mille et une vertus que je ne saurai vous étaler ici. Très utilisé en cosmétique et en pâtisserie.

  • Contre les cicatrices

Il est de ces cicatrices, têtues et que l’on croit indélébiles. Et bien j’ai découvert récemment un remède. Si vous avez de l’aloè vera chez vous, coupez une branche, lavez-la proprement, extrayez-en le gel et passez-la sur la cicatrice, pendant une à deux semaines. Vous verrez ces effets au bout de quelques jours.

Et vous, quelles sont vos bons remèdes de grand-mère, que vous affectionnez particulièrement ?

** Attention : Ce billet n’a pas pour objectif de remplacer les prescriptions de votre médecin.


Black is no more beautiful

La dépigmentation, aaah ce phénomène qui fait toujours autant de victimes « consentantes » !!! Hier soir, en relisant certains de mes posts sur  Facebook, je suis retombée sur cette photo de Khoudia Diop. Je me suis juste exclamée : « ça c’est une beauté » ! Avec un teint noir frisant le bleu moiré (je ne sais plus quel adjectif de couleur utiliser…lol).

Mannequin sénégalais Khoudia Diop – Image : Compte Instagram : melaniin.goddess

Pourtant ce beau teint noir, n’est plus du goût de certains de mes chers frères et sœurs africains. Le slogan « Black is beautiful » est certainement passé de mode. Les africains sont devenus partisans de l’hydroquinone et ont tous été contaminés par la «gluthationite », qui est devenue même aigüe chez certains.

Nous sommes envahis par ces panneaux publicitaires qui nous polluent la vue et qui font l’apanage du teint clair, du teint chocolat, du teint crémeux avec ces produits qui sont des ‘’copines avérées’’ du cancer de la peau. Il y a même ce célèbre magazine féminin (dont je tais ici le nom…), qui fait une grande promotion de la culture africaine mais qui ne s’empêche pas de faire la publicité sur toutes ses pages de droite, de toutes les gammes impossibles et inimaginables des produits éclaircissants. Il faut bien vivre du fruit de son travail, quitte à jeter ses convictions aux orties !!

Certaines pourront dire, que je suis jalouse, point n’est besoin, je jouis d’un teint chocolat (lol…) qui est sujet à toutes sortes de bouleversements au moindre changement (chaleur, stress, allergies, hormones,..) qui me le fait parfois regretter. Parce que certaines cicatrices et autres problèmes dermatologiques ne sont guère visibles sur une peau de couleur noir, je parle du vrai noir quoi, le noir ébène. Cette peau noire dont le célèbre académicien Léopold Sédar Senghor, d’origine sénégalaise en fait ici l’apologie dans son poème Femme noire.

En parlant même du Sénégal, ces belles femmes dont le teint noir faisait jadis des envieuses, elles-mêmes ont été séduites désormais par l’appel de la « sirène de la dépigmentation », le Xhessal – pratique qui consiste à se blanchir artificiellement  la peau – (« Ko N’ti »(1) ou « Si ami »(2) au Togo)!!! Cette pratique est à dénoncer fortement. Ce billet, c’est juste un coup de gueule quand je vois le désastre que cause cette pratique sur les africains dont je suis la sœur par cette peau que nous avons en commun. Mais il y a aussi des « stars » qui sont férues de cette pratique. Mickael Jackson qui a toujours nié l’avoir fait et évoquait plutôt une maladie : le vitiligo, Koffi Olomidé, le président congolais Denis Sassou N’Guesso, Beyonce, Rihanna, des actrices de Nollywood, des chanteuses africaines, des présentatrices télé, la liste est longue…

CC : 3w.jewanda-magazine.com
Mannequin camerounais Irene Major – Image : www.jewanda-magazine.com

Des jeunes filles lambda, qui du jour au lendemain sont passées d’un teint noir chocolat à un jaune bistré. Leur mère ne les auraient même pas reconnues, tant elles ressemblaient désormais à des asiatiques. Je me rappelle une voisine qui a tellement abusé de la pratique que les enfants du quartier l’ont surnommée « Fanta-Coca Cola » et qui du fait des moqueries a finalement déménagé pour éviter tous ces affronts quotidiens.

Je pense que tout cela résulte d’un fort lavage psychologique où dès l’enfance, on nous inculque que tout ce qui noir est diabolique, que n’iront au paradis que ceux qui ont des accointances avec la race blanche. Même Jésus est blanc !!! Et alors de quoi se plaint-on ???

Je ne vais même pas m’attarder à donner des conseils aux adeptes et abonnés de cette pratique. Toutes les personnes qui s’y adonnent sont (des adultes) consentantes, majeures et vaccinées, au fait de toutes les conséquences. En fin de compte, elles n’auront que leurs yeux pour pleurer, car comme on fait son lit on y dort. Mais le constat amer fait est que : Black is no more beautiful !!!

[1] Ko n’ti : se décaper la peau

[2] Si ami : se mettre de la pommade sous-entendue éclaircissante


Les lunatiques sont aussi des hommes

Il y’a quelques jours, en rentrant de mon travail, après une journée éreintante et accablée par la chaleur de ces dernières heures, j’étais presque dans un état second. Mais je fus soudain, réveillée par un spectacle déconcertant : un lunatique[i] qui passait son chemin, exposant à la vue de tous, ses bijoux de famille. Ce n’était évidemment pas le premier que mes yeux croisaient, de toute ma vie de trentenaire.

Ce qui faisait l’objet de mon choc et de mon inanition, ce lunatique avait un air de famille et il portait une belle chemise carrelée de couleur bleue. La chemise était propre, très propre pour son état. Cela prouve à tout point de vue que c’était un récent locataire des rues de Lomé. Il avait une apparence physique assez robuste, était peut-être dans la quarantaine.

Crédit Photo : Pixabay.com

En une fraction de secondes, quantité de questions se sont entrechoquées dans ma cervelle : cet homme c’était sûrement un mari, un frère, un père, un ami, un ex-collègue de travail… Où pouvait-être sa famille ? Que s’est-il passé pour qu’il en arrive là ?

Une de mes connaissances, à l’imagination assez fertile, ne cesse de me rebattre les oreilles avec sa thèse du « complot » : tous les  lunatiques de Lomé n’en sont pas de vrais. Certains font partie d’un large réseau d’espionnage à la solde de l’agence étatique des renseignements. Ils infiltrent la population pour tester son pouls et être au fait de tout. Pour un pays en mal de probité moral, rien n’est à écarter. Mais passons…

Dans nos sociétés africaines, en l’occurrence à Lomé, d’après les renseignements glanés de-ci de-là, je me rends compte que les lunatiques ne bénéficient d’aucune prise en charge particulière. Ils sont délaissés par leur famille et par l’Etat dont ils sont quand même les pupilles. La preuve : il n’y a qu’un seul hôpital psychiatrique (Hôpital Psychiatrique de Zébé), sur tout le territoire togolais . Ces personnes qui sont des citoyens particuliers sont livrées à eux-mêmes jusqu’à ce que mort s’en suive. Elles sont parfois victimes de crimes rituels, souvent d’accident de la circulation ou de mort naturelle. C’est au terme de ce parcours chaotique que l’Etat par le biais des services sociaux, s’occupe au moins de leur offrir une sépulture en les enterrant sans tambour ni trompette.

Avec la crise socio-politique qui frappe de plein fouet, notre quotidien, la société est victime d’une « rigidité cadavérique » qui attaque non seulement notre corps mais aussi notre intellect, notre moi profond… Nous sommes devenus apathiques, insensibles, embarqués dans notre train-train à la recherche de notre pitance. Tel des zombies sociaux, chacun cherche à se frayer un chemin vers une lumière blafarde. Une illusion de vie, un semblant de prise de tête avec nos vicissitudes. Engoncés dans notre nombrilisme offusquant, peu d’entre nous peuvent encore faire montre de résilience. Nous sommes devenus plus narcissiques que tout, l’autre au lieu d’être un miroir s’est transformé en vitre : nous le regardons sans le voir.

L’Homme n’a plus de valeur à nos yeux.

[i] Lunatique : je vous épargne le terme  « fou » qui ne me semble pas approprié et préfère ce mot qui est plus un anglicisme.


Le meunier, le zémidjan et la barmaid

 A l’approche de la Saint Valentin, les couples élaborent des projets pour passer de tendres moments. Pour une partie, ces projets se concrétisent par des moments idylliques ; pour d’autres, cela tourne à la construction de châteaux en Espagne.

Jacques, était un joli garçon, avec son teint clair à la « Ibo ». Ce teint obtenu à partir de produits d’origine douteuse, faisait tomber en pâmoison toutes les « gos » du quartier. Il voulait qu’on l’appelle Jack (prononcer à l’anglaise Djack, comme la mâchoire d’un crocodile sur sa proie : Tchak !!), pas Jack l’éventreur, mais Jack le serial-dragueur. Car dragueur, c’était sa deuxième vie. Son vrai métier : meunier en second, dans le moulin de son grand-frère.

Ce poste « avant-gardiste » lui a permis d’établir une solide réputation auprès des dames du quartier. Toutes celles qui venaient moudre leurs grains auprès de lui. Mais pas que : il était aussi le chouchou des vendeuses de boissons locales (tchoukoutou, liha[1]…) et de bouillies, à cinq kilomètres à la ronde autour de son moulin. Un vrai sniper, et des victimes, il en avait déjà fait.

Sa technique : veiller à ce qu’aucune partie de la farine de ses clientes ne se perde dans ce que l’on appelait communément « Motégomewo[2] ». Ce produit, était l’or blanc des apprentis meuniers qui le vendaient à l’insu (du plein gré) de leur patron, aux familles démunies ou aux propriétaires d’animaux domestiques. Ce qui  permettait à ses sous-meuniers de se faire un peu de pécule. Vous penseriez que Jack était stupide. Mal vous en prendra !!! Sa « redevance » : à n’importe quel moment de la journée, il bénéficiait des largesses de ses clientes. Ces dernières pour le remercier de prendre si grand soin de leur farine lui amenaient de la bouillie, de la pâte de céréales avec de bonnes sauces ou de la boisson.

Malgré tout ce défilé de femmes et de jeunes filles, Jack n’avait d’yeux que pour une seule : Eyram. Il avait sur elle, des visées expansionnistes, un grand désir de découverte des terres inexplorées. L’ayant su,  Eyram, jeune damoiselle  au postérieur rebondi, aimait jouer au chat et à la souris avec Jack.  Jack le chasseur, à qui aucune proie n’échappe. Le plan échafaudé par Jack, pour achever le gibier devrait être exécuté, ce 14 février.

Eyram, barmaid, vivait dans une chambre de location avec sa sœur. Mais ce que Jack ne savait pas, Eyram faisait déjà les yeux doux au fils du propriétaire de la maison (de location) Etienne, alias Fo Ti, zémidjan de profession, la trentaine et bien baraqué. Elle jouait sur les deux tableaux. Elle savait qu’à coup sûr, l’un des deux appâts mordrait, mais son préféré était Fo Ti. Jack ne serait là que pour arrondir les bords et les fins de mois.  Pour ajouter du sel à sa sauce, elle avait concocté un plan quasi-machiavélique sur les conseils de ses comparses de travail.

Source :
Crédit : www.apprenti-musulman.fr

Le soir, du 14 février arriva donc : effrontée qu’elle était et usant de tout son charme, elle réussit à entraîner ses deux amoureux dans le même bar, celui où elle servait.  L’endroit était bondé, elle les installa à des tables assez éloignées.  Eyram faisait de tout de son mieux pour les servir : ce soir elle avait le don d’ubiquité.

Les deux amoureux, patientaient et se disaient  chacun dans son coin, qu’au terme de son service, Eyram rentrerait avec lui. La dulcinée avait déjà fait son choix.  Elle allait mettre son plan machiavélique à exécution : mettre une dose de soporifique dans la boisson de Jack et passer la soirée avec Fo Ti. Malheureusement pour elle, c’était sans compter sur Dame Chance qui était du côté de Jack.

Le verre drogué fut bien servi et Eyram, sûre de son coup quitta Jack pour servir d’autres tables. Au moment où Jack allait boire son verre, un client trop pressé le heurta. Le contenu du verre se renversa. Alléluia, Dieu prend toujours soin des siens !!!! Il s’occupa juste à remplir de nouveau son verre et dégusta sa bière.

De temps en temps, Eyram venait jeter un coup d’œil pour voir si le produit dont on lui avait tant vanté les mérites faisait son effet.  Elle constata malgré elle, que Jack était toujours « kankpé[3] ». Malheureusement pour elle ou heureusement pour Jack, elle n’avait plus de dose de secours.

L’heure de fermeture du bar, approchait et elle devait honorer ses engagements. Elle commençait sérieusement à se faire du mouron.

Fo Ti, quand à lui rongeait son frein (ou autre chose…) et se faisait déjà un film sur la soirée paradisiaque qu’il allait passer dans son lit avec Eyram. Il se leva donc pour voir où en était sa Valentine lorsqu’il la vit en pleine altercation avec un client. Il s’approcha et demanda la cause de la dispute.

  • Monsieur, veuillez ne pas vous en mêler, c’est une dispute entre amoureux, lui répondit Jack. C’est ma copine, elle a presque fini son service et elle refuse qu’on rentre ensemble.

Le temps qu’Eyram réponde, Fo Ti, s’enflamma :

  • Quoi ? Qu’est-ce que j’entends là ? Votre copine, excusez-moi mon jeune homme, vous vous trompez sûrement. Eyram, explique-lui…

Eyram commença par bégayer :

  • Bébé, c’est que… euh… c’est le euh….

Elle n’eut pas le temps de finir, Fo Ti lui administra une gifle magistrale : Kpan !!! Les yeux de Eyram, faillirent lui sortir de ses orbites. Jack, qui voyait son fruit défendue, altéré, saisit sa bouteille de bière et la cassa sur la tête de Fo Ti.   Des clients qui voulurent intervenir en eurent pour leur compte. S’en suivit une empoignade générale, digne des films de gangsters.

Le propriétaire du bar fut obligé d’appeler la police, quand il vit ses installations, fruit d’années de labeur fondre comme glace au soleil : les chaises et les tables en plastiques qui volaient au-dessus de la tête des clients tel des drones, des verres et des bouteilles cassés, utilisés comme arme blanche.

Fut embarqué au poste de commissariat le plus proche : les amoureux transis, la jeune fille écervelée et ceux qui se mêlèrent de près ou de loin à la rixe. Cette soirée de la Saint Valentin, qui avait si bien commencé et augurait tant de bonnes choses s’acheva malheureusement derrière les verrous.

« Ô femme que ne feraient les hommes pour te plaire » Anonyme.

 

[1] Tchoukoutou, liha : boissons obtenues à partir de céréales fermentées ou germées

[2] Motégomewo : farine de basse qualité, provenant des restes ramassés de part et d’autre du moulin

[3] Kankpé : bien en forme, droit sur ses pieds


Rêveries de décembre (Deuxième partie)

Deux personnes sur une plage
CC Pexels

Bel homme approchant la quarantaine, Marc avait des fossettes et ses cheveux crépus, coupés très ras. Il arborait constamment ce sourire un peu narquois, d’avoir presque accompli tous ses rêves, mais d’être resté sur sa faim. Il était toujours à la recherche de la femme qui ferait pétiller sa vie : « The Perfect Sparkling Woman », qu’il disait.

Lily, elle, allait sur ses 35 ans, était une jeune femme épanouie, indépendante, charmante et coquette. De taille moyenne, elle avait des cheveux longs, toujours attachés en catogan et un teint chocolat à faire pâlir d’envie. Elle occupait le poste de réceptionniste dans une banque et habitait avec sa mère, dans une petite villa qu’elle avait louée.

Ils passèrent toutes les soirées de la semaine ensemble. Le vendredi, ils s’octroyèrent une virée en boîte avec des amis de Marc et profitèrent bien de cette soirée. A 2h, ils quittèrent leurs amis et rentrèrent à l’hôtel.

Pour cette première nuit que Lily passa avec Marc, ils se racontèrent leurs années passées l’un sans l’autre.  Des vies en pointillés qui attendent le  point final, signe de complétude.Ce fut comme dans un rêve : leurs deux corps s’accordèrent parfaitement comme un violon et son archet. Au petit matin, Lily quitta l’hôtel pour retrouver sa petite famille. Ce samedi, elle invita Marc à déjeuner à la maison. L’occasion de le présenter à sa mère et à son fils. Une belle journée, ensoleillée, que Lily passa sur un petit nuage.

  • Mais Lily, on dirait bien que tu as enfin trouvé la paix du cœur, constata sa mère.
  • Oui maman, je plane. Cela fait plusieurs années que je n’ai plus expérimenté ce bien-être qui m’envahit. J’espère sincèrement que cela va perdurer et que cette fois-ci ce sera la bonne personne.
  • Croisons les doigts, répondit sa mère.

Après le déjeuner, ils regardèrent la télé et s’échangèrent des regards énamourés à n’en plus finir. Marc ne les quitta que tard dans la soirée. Ils se promirent de passer la journée du dimanche ensemble. Le lendemain, ils improvisèrent un pique-nique à la plage avec Matthieu. A les voir, tous les trois, on croirait vraiment voir une vraie famille, dans tous les cas c’est à cela qu’ils aspiraient : une belle famille recomposée.

Le reste de la semaine se passa sans encombre. Dans la journée, Marc passait le plus clair de son temps à écrire. Mis à part son agence de communication, son violon d’Ingres était l’écriture. Il avait à son actif la publication de deux recueils de nouvelles, un de poésie et un roman.  Il en avait assez de cette vie esseulée où la solitude s’était érigée en maîtresse des lieux. Une compagne avec qui partager ses passions, ses rêves et ses projets, c’est tout ce qui manquait à son quotidien. Il pensait  l’avoir trouvé en Lily. Elle incarnait tout ce qu’il avait toujours voulu chez une femme : douce, attentionnée, curieuse, franche et cette petite touche de spontanéité qui faisait éclater tout le bonheur qu’elle distillait autour d’elle.

Marc se voyait déjà vivre avec Lily dans sa maison. Mais voudrait-elle abandonner son travail et sa mère, seule famille qui lui restait pour le suivre ? C’était une question qui le taraudait et qu’il se ferait l’insigne honneur de lui poser dès que l’occasion se présenterait.

Dring ! Dring ! Dring ! La sonnerie du portail retentissait depuis quinze minutes déjà, sans que personne ne vienne ouvrir. Heureusement que Olivier, l’associé et meilleur ami de Marc, gardait toujours avec lui, le double des clés de la villa, que Marc lui avait donné. Il ouvrit le portail, poussa la porte du séjour qui n’était pas fermée à clé. Il passa par le couloir et rentra dans la chambre de Marc. Il le trouva affalé sur le lit.

  • Mais Marc, que se passe-t-il ? il le secoua vivement. Marc, Marc, réveille-toi !!!

Depuis leur soirée arrosée, du 31 décembre, plus personne n’avait entendu parler de Marc. Il disait qu’il irait passer le nouvel an avec sa famille dans sa ville natale. Personne ne l’avait vu arriver. Depuis deux jours, que tout le monde le cherchait. Olivier a commencé à s’inquiéter, au moment où le frère de Marc l’a appelé pour signaler qu’il ne l’a jamais vu sortir du train ce matin du 1er janvier.

Olivier alla chercher à la cuisine, un grand verre d’eau pour le lui jeter à la figure. Il se réveilla, gourd, les yeux hagards, la bouche pâteuse.

  • Hummm …. Que se passe-t-il ? où est Lily ?
  • Quelle Lily ? Celle dont tu ne cesses de me bassiner les oreilles depuis des années ?
  • Oui, j’ai bien cru l’avoir retrouvée et passée de bons moments avec elle.
  • Mon cher tu as été loin dis donc !!!
  • Du retour de notre soirée, j’ai pris 2 ou 3 cachets et je me suis assoupi.
  • Donc, Marc, tu vas me dire que tu dors depuis 2 jours !!!!

Sur la table de chevet, se trouvait effectivement une boîte de somnifères.  Marc en avait pris avec de la bière, ce qu’il ne fallait surtout pas faire, il a échappé de peu à un coma éthylique. Il se met à réfléchir : tout  ce qu’il venait de vivre n’était en fait qu’un RÊVE ??!!!


Rêveries de décembre (Première partie)

Il l’avait toujours désiré, depuis le jour où leurs regards se sont croisés dans ce café. Toutes ces années, il a couvé ce doux désir, il l’avait mis en veilleuse. Toutes ces années sont passées, il a roulé sa bosse à travers le monde mais n’arrive toujours pas à se poser. Son image le hante toujours.

Au détour de ces vadrouilles sur le net, il croisa un tweet de son amour de toujours jamais oublié.  Il lui envoya une invitation d’amitié sur la fameuse plateforme, communément appelée « la jungle » par sa bande d’amis.

  • Salut Lily, tu te rappelles de moi ?
  • Bien sûr Marc, je ne t’ai pas oublié. Tu m’as même dédicacé ton premier recueil de nouvelles. Comment pourrais-je t’oublier ?
  • De quel côté de la terre te trouves-tu ? 

De fil en aiguille, ils renouèrent contact et chaque soir, c’étaient des échanges interminables sur les réseaux sociaux. Ils avaient l’impression de ne s’être quittés que la veille. Parfois cela durait jusque tard dans la nuit. Ils se racontèrent leur vie depuis qu’ils s’étaient perdus de vue sur un quiproquo : elle, déjà fiancé et  lui père d’une petite fille.

Marc, à la recherche de la bonne épouse, allait d’aventures en aventures. Lily, après deux années de fiançailles n’a jamais pu se marier. Le fameux fiancé se révéla être un adepte de la double vie, avec de petites copines, disséminées dans tous les quartiers de la ville : Don Juan des temps modernes. Elle eut néanmoins un petit garçon.

  • Marc, on se revoit quand ? Toi qui n’as pas du tout une vie stable.
  • Et toi ? Que veux-tu exactement ?
  • Je veux nous donner une chance, après toutes ces années. Peut-être que cela est possible.
  • Je te promets de t’aimer de toutes mes forces, d’être là pour toi et ton fils. Nous allons former une vraie famille, enfin. Voudrais-tu me faire un enfant ?

Lily, fille unique et orphelin de père depuis ces huit ans n’avait jamais connu la chaleur d’une grande famille. Elle éclata d’un rire cristallin au bout du fil, ce qui fit frémir Marc de tout son être.

  • Un enfant ? Mais Marc, tu vas trop vite. Nous ne nous sommes même pas encore revus. Un peu de patience.
  • J’ai attendu toutes ces années. Plus que quelques jours et nous nous reverrons.

En effet, Marc avait bousculé tous ses programmes pour passer les fêtes de fin d’année auprès de Lily. Il avait pris un congé et confié son agence de communication à son meilleur ami et associé. Il a déjà réservé une chambre d’hôtel pour l’occasion et prit le train pour rejoindre Lily. Marc avait bien sa famille dans la ville mais il ne voulait pas la mêler à son histoire. C’est la raison principale qui le poussait à éviter de loger chez elle.

Arriva enfin, le fameux soir de retrouvailles. Marc vint chercher Lily. Dès qu’il la vit, il ressentit de nouveau cette soif inextinguible qui ne l’avait jamais quitté.

  • Malgré, toutes ces années, tu n’as pas changé, Lily.
  • Toi non plus, lui répondit-elle dans un demi-sourire.

Leurs gestes étaient un peu gauches. Mais finalement, ils retrouvèrent leur rythme. Ils allèrent dîner dans un restaurant, burent du vin : une boisson qu’ils se découvrirent avoir en commun, échangèrent des fous rires. Il sonnait presque minuit, lorsque Marc raccompagna Lily chez elle. Ils promirent de se revoir le lendemain.

Lily rentra et trouva son fils de 6 ans, Matthieu endormi depuis. Elle vivait avec sa mère. Depuis la rupture de ses fiançailles, elle ne s’était toujours pas décidée à vivre de nouveau avec un homme. C’est une idée abandonnée depuis mais qui sait, le renouveau est peut-être en route avec Marc. Cette première soirée subodorait, quelque chose.

Marc était là, pour un mois et ils avaient tout le temps pour se connaître. Ils ne s’étaient jamais fréquentés et n’avaient qu’une vision idyllique, l’un de l’autre. Ils s’appelèrent après qu’ils se furent juste quittés et échangèrent encore quelques messages avant de tomber dans les bras de Morphée.


CAN 2017 : la belle prestation des Eperviers du Togo

J’avais juré que l’on ne m’y reprendrait plus. Je crois définitivement que je me suis prise au jeu. Comme le dit le dicton « seul(es) les imbéciles ne changent pas ».

Crédit : republicoftogo.com

J’ai suivi de bout en bout, les 90 minutes de jeu intense et de spectacle que mes compatriotes, les Éperviers du Togo nous ont offertes. C’était leur premier match de la compétition les opposant aux Éléphants de la Côte d’ivoire.

Je ne donnais pas cher de leur peau car pour parler de peau, celle des Éléphants était bien plus dure que la nôtre.

Je ne suis pas une férue de football, qui demeure le sport roi sur le continent africain, ni une aficionada des télénovelas. Ce qui fait que chez moi, il n’y aura pas de lutte pour la possession de la télécommande. Pour moi le football, c’est 22 mecs qui courent après un ballon en cuir avec un homme en noir (même si cet homme n’est plus tout le temps en noir..), qui met de l’ordre sur le terrain …lol

Mais en des occasions spéciales comme celle-ci, je change vite de veste et deviens une inconditionnelle pour supporter mon équipe nationale de football.

Crédit : togosite.com

N’en déplaise à ceux qui n’ont pas misé gros (j’en faisais partie !) sur les Eperviers, ils ont quand même tenu la dragée haute aux champions en titre et comme diraient les Too fan, les Éperviers ont « Téré * » les Éléphants. Ces derniers n’ont été que l’ombre d’eux-même : des éléphants sans défense !

Moi j’ai échappé de peu à un petit AVC, lorsque notre attaquant Fodoh Laba a raté cette belle occasion à la 77e minute.

Avec un entraîneur comme Claude Leroy et sans aucune crise de primes de match en vue, je crois que les Eperviers du Togo feront une belle prestation et créeront certainement la surprise à cette CAN. Malgré le match nul de cette rencontre, j’y crois.

Aujourd’hui, je suis patriote. En avant les Eperviers du Togo !!

 

* CAN : Coupe d’Afrique des Nations

* Téré : dans l’argot des jeunes de Lomé : mettre à terre, piétiner, terrasser


2017, les bonnes résolutions et toi

Et voilà, en plein pied dans la nouvelle année. C’est la période des souhaits et des bons vœux, que tout le monde s’adresse. Il est aussi une habitude : celle des bonnes résolutions à prendre, mais toujours difficiles à suivre.
Ah lala ! Tu te dis que certainement, cette année, tu feras tout, tu te battras contre vents et marées, pour t’y tenir.
Comme trouver un remède à la « procrastinite aigüe », dont tu souffres depuis des années sans arriver à t’en défaire. Ou pour faire plaisir à ta moitié, suivre en entier avec lui un match de la Champions League et soutenir son équipe évidemment. En contrepartie, lui promet, de diminuer sa consommation de bière et demande que tu suives également les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations (de football)  2017 avec lui.
Tu acquiesces certainement, alors que la CAN commence seulement dans quelques jours… humm. On verra bien, comment tu feras pour te sortir de cette situation délicate quand toutes tes telenovelas t’attendent au coin de la télé.
Pour d’autres encore, la bonne résolution de ce début d’année, c’est de passer moins de temps sur les réseaux sociaux et utiliser ces moments d’errance numérique à bon escient, en lisant plus de bons romans ou en s’abonnant à des newsletters scientifiques ou culturelles.
Certains se promettent cette année de fermer la porte du célibat pour enfin trouver leur Eve ou leur Adam, mais une chose est de décider, une autre est de trouver le prince charmant ou la perle rare. Ce qui est semblable à une nouvelle quête du Graal. Trop difficile par ces temps de conjoncture qui courent.
Et toi, l’éternel chômeur, qui n’arrive toujours pas à trouver du travail, malgré toutes les portes auxquelles tu as frappées, à tel point que tes poings te font mal (tautologie …quand tu nous tiens), que décides tu pour cette nouvelle année ?
Et tes rêves ? Toutes ces tranches d’images que tu pensais coller un jour pour en faire un bel arc-en-ciel. Mais la réalité est toute autre.
Tu prends tes résolutions, mais trop difficile, trop dur de s’y conformer, finalement, vaut mieux jeter l’éponge comme un boxeur qui ne supporte plus les coups corsés de son adversaire et préfère ne pas subir de KO.
Et toi, quelles sont tes résolutions pour 2017 ?


De la drague virtuelle à la vraie drague

S’il y a un phénomène que je déplore sur les réseaux sociaux, c’est bien la drague 2.0. Tout le monde se cache derrière son écran et son clavier et pense être le meilleur dragueur.

Je m’adresse particulièrement aux messieurs, je sais que les femmes aussi s’y sont mises, mais tant que je ne suis pas L(GBT), cela ne me concerne guère.

Oui, vous messieurs, qui avez perdu la notion de respect, et « avez chuté  au milieu du marché »[1], vous qui passez toutes vos journées devant vos écrans à scruter le moindre changement de photos de profil (ah ! on ne peut plus se faire un peu plaisir et être adepte du narcissisme…), à voir qui sont les amies de vos amis, vous qui vous cachez derrière des pseudos fantoches et débiles.Même lorsque le statut marital est « marié », cela ne vous décourage guère !!!

Je déplore votre approche gauche qui consiste à demander tout de go, le lieu de résidence et le numéro de téléphone ! Tchoo, réseau social ne signifie pas vitesse de l’éclair !!

N’oubliez pas les bonnes manières au risque de vous transformer en don juan des lavabos. Et n’accompagnez plus vos phrases des mièvreries habituelles de bas étages.

Tchiee, on n’a plus le droit de se connecter pour lire de vrais articles, qu’on a mille et une invitations d’amis sur son compte facebook, de gars vicieux serial harceleurs en puissance, des gars capables  de piquer même votre numéro de téléphone dans le répertoire de vos vrais amis, pour vous emmerder écrire à longueur de journée et à des heures impossibles sur Whatsapp (si j’ai le wifi chez moi et que je ne veux pas éteindre ma connexion, où est votre problème dans ça ???)

Mais n’empêche qu’au détour de ces amitiés forcées virtuelles, on croise des personnes formidables qui nous apportent un tel bonheur qu’on se dit que l’on ne pourrait plus se passer d’eux.

Pour l’année qui vient je souhaite aux dragueurs 2.0 ceci : (parce qu’ils sont trop timides ou trop paresseux) sortez de votre zone de confort, sortez de chez vous, éprouvez votre degré de sex-appeal, osez dévisager et croisez le regard d’une jolie dame dans la ville, rencontrez de vraies personnes au détour d’une rue, dans une conférence ou cours de votre séance hebdomadaire de footing (le sport ça paye parfois…lol !!!). Il y a toujours la magie du premier regard, les frissons des premières chairs de poule, les battements cardiaques incontrôlés. Oulala !! Ce sont tous ces élancements que l’on ne saurait vivre derrière un écran, saupoudrés d’un zeste de folie, que je vous souhaite.

A tous, mes bons souhaits pour une superbe et fructueuse année 2017 !! A l’année prochaine !!

Signée : une victime des dragueurs 2.0

PS : Les mecs, je ne vous en veux pas hein ! Je vous aime !!

[1] Chuter au milieu du marché : perdre toute vergogne, être une personne sans honte (expression d’origine ewé, dze anyi l’asidome peuple du sud du Togo)


Le chat de la voisine

Il y a quelques jours, j’ai assisté à une scène surréaliste dans mon quartier : des policiers faisant les poubelles. Quelle pouvait bien en être la raison ?

Bien avant, je fus réveillée par des coups de poings furieux au portail de la maison voisine. En effet, dans cette maison, vivaient de jeunes gens tous locataires : étudiants, conducteurs de taxi-moto, débrouillards, transitaires, certains mariés, d’autres non. Peu à peu, tous sont devenus copains comme larrons en foire.

Avec l’euphorie des fêtes de fin d’année, ces jeunes gens s’amusent à organiser entre eux des agapes qu’ils arrosent copieusement de la boisson locale, sodabi, accompagnés souvent de musique tonitruante. De ce fait, beaucoup de personnes du quartier ne les portaient pas dans leur cœur.

Tapait donc au portail de la maison voisine ce matin-là, Da Massan, infirmière retraitée depuis une demi-douzaine d’années. Elle aussi n’était pas très aimée dans le quartier, et pour cause, son dada : sa maison était un palace pour les chats. Elles les traitaient en vrai princes, et les petits félins se battaient souvent la nuit avec les chiens du voisinage, créant un réel raffut. Les jeunes exaspérés ont décidé de se venger en décimant peu à peu la horde de la vieille dame.

Ce matin donc, la vieille a réveillé tout le quartier menaçant les jeunes de les convoquer au commissariat de police le plus proche. Nous avons appris plus tard qu’ils avaient été dénoncés à Da Massan par un voisin furieux de ne pas avoir été invité au festin félin. Les jeunes avaient dégusté coup sur coup 3 chats de Da Massan. Mais le dernier qui était le plus aimé et le plus dodu, leur restera certainement au travers de la gorge, au propre comme au figuré. Mal leur en pris, car Da Massan veuve d’un ancien policier avait ses entrées au commissariat.

Deux heures après, une descente de police a eu lieu dans le quartier : les policiers se sont amusés à faire la poubelle des jeunôts, mais aussi des voisins proches et n’ont rien trouvé. Les miennes y ont échappé, car beaucoup savaient que je n’aimais pas les chats mais pas au point de les manger.

Plus tard je me suis approchée des jeunes pour leur demander le scénario qu’ils avaient bien pu inventer pour échapper à la furie  de Dame Massan. Ils m’ont confié qu’ils ont été alertés par la servante de la dame dont le copain faisait partie de la bande des ‘chat-rcuteurs’. Rapidement le festin fut délocalisé, le chat capturé fut emballé dans un joli colis pour la maison d’un ami dans un quartier voisin : festin félin délocalisé.

Chez nous, beaucoup de ces animaux parfois jugés impropres à la consommation sont allègrement mangés par mes concitoyens. Je citerai entre autre les chats, les chiens, les surmulots et parfois quelques lézards.

Je me souviens avoir moi aussi mangé, enfant, quelques petits oiseaux que nous chassions au lance-pierre, les mercredis après-midi. Nous les cuisions sur de la braise avec du piment et du sel, vite fait bien fait avant que les parents ne reviennent du travail, pour ne laisser aucune trace de notre chasse.

Le « crime » commis en bande est pure délice car chacun portait sur lui le secret de l’autre et tout le monde était complice. Qui oserait trahir le groupe se trahirait en même temps. Il fallait mieux porter tous ensemble le lourd fardeau. Ainsi Da Massan, ayant bien soupçonnée mes voisins n’avait pas de preuve pour les accuser, car ni poil ni os d’aucun chat n’a été retrouvé. Elle n’avait que ses yeux pour pleurer et donner sa part au chat.

 


Papa, c’est quoi un fantôme ?

Lorsque l’on est parent,  l’on est souvent confronté  à ces questions pas toujours évidentes de nos bouts de choux. Ils nous les posent à longueur de journée, dès que leurs petits cerveaux commencent par produire des étincelles. Et parfois il est difficile de trouver les bonnes réponses.

Duo de fantômes
  • « Papa, qu’est-ce qu’un fantôme ? »
  • Ma meilleure échappatoire : « Mon petit prince, les fantômes, n’existent pas. »
  • Ah non, c’est pas vrai, me répondit-il du haut de ces 4 ans.
  • Alors, où est ce que tu en as vu ?
  • A Halloween, il y a plein de fantômes.
  • Haiie !!! Halloween, ici à Lomé ???!!!!
  • Mais, je l’ai vu dans le dessin animé « L’Etrange Noël de M. Jack ».

Effectivement, j’avais téléchargé ce classique de Tim Burton, que j’avais souvent regardé avec eux sans jamais  le terminer, car vite visité par le marchand de sable.

Ne divaguons point, il fallait bien donner une réponse au petit bonhomme. Deux solutions se présentaient alors à moi : soit l’embrouiller un peu, quitte à revenir sur cette explication dans quelques années, soit lui dire une vérité, plus ou moins saisissable par son intelligence.

Je choisis donc la première option : opération embrouillage. D’aucuns diront que je suis un père irresponsable éclairé, je n’en ai cure, d’ailleurs est ce que ce sera une matière à apprendre à l’école ?

Bon retour à nos moutons, non à MON mouton, puisqu’il s’agit ici de faire face à la question quelque peu dérangeante de mon cher petit homme.

Ce fut alors une envolée de proses où je lui expliquais que les fantômes étaient ces êtres un peu irréels, qui passent comme le vent, qu’on ne pouvait saisir, mais que l’on sentait et qui avaient des yeux pour voir et des oreilles pour nous entendre, ils ne marchaient pas puisqu’ils n’avaient pas de pieds.

 

Mon calvaire n’était pas fini, hein !!!

« Papa, est ce qu’ils sont habillés ? Est-ce qu’ils sont un peu méchants ou très méchants ? »

Pour le vêtement, ils ne l’étaient pas. Aviez-vous jamais  vu du vent habillé ? Même si les forts vents comme les typhons ou les ouragans avaient toujours des noms d’humains, en aviez-vous déjà vus endimmanchés ?

Pour la méchanceté, je n’avais encore jamais eu affaire aux fantômes pour mesurer leur degré de méchanceté sur une échelle donnée.

« Et bien cher enfant, je suis obligé  de te décevoir, à cette question je ne saurai te donner de réponse. »

Je pense qu’il avait un peu compris, vu l’air béat qu’il affichait à la fin de mes explications quelque peu alambiquées.

Et vous quel équilibriste faites-vous, quand il vous faut donner des explications pas toujours évidentes à nos chères têtes crépues, sur des sujets que parfois même les adultes ne maîtrisent pas ?

https://www.youtube.com/watch?v=nq-vtw303tU


Tout un monde de si

Comme le dit  le dicton, « avec des si on mettrait Paris en bouteille » . Avec des « si », tout est plus ou moins possible. Mais avec mes « si » que serais-je moi ?

Crédit photo : julieouimet.com
Crédit photo : julieouimet.com

Si j’étais un moyen de transport, je serais mes deux pieds à qui j’ai toujours fait confiance et pas l’avion car j’en ai trop peur

Si j’étais un métier, je serais un professeur des écoles, le métier le plus ingrat mais le plus fabuleux du monde

Si j’étais un auteur, je serais Mary Higgins Clark, une dame dont j’ai toujours aimé les romans et qui est pour moi la reine du suspense

Si j’étais un objet, je serais un livre car il renferme toute la connaissance et ouvre la porte à tous les possibles

Si j’étais un animal, je n’en vois aucun, car il est fort plausible que je me fasse tuer quelque soit celui que j’aurai choisi d’être…lol

Si j’étais un repas, je serais certainement mon bon akumé et yébessessi * pour faire honneur à ma culture

Si j’étais une chanson, je serais « You’re still the one » de Shania Twain, une chanteuse country que j’aime beaucoup

Je suis possible !!!
Je suis possible !!!

Si j’étais un chiffre, je serais le 9, et pas le 6, car je préfère avoir la tête en haut qu’en bas…lol

Si j’étais une couleur, je serais le bleu, couleur du ciel et de la mer, deux grandes étendues jamais conquises

Si j’étais un parfum de glace, je serais fortement à la vanille et au chocolat, parfums intemporels, duo d’enfer ô combien je vous apprécie

Si j’étais une épice, je serais la noix de muscade, une odeur inégalable dans mes gâteaux

Si j’étais un bruit, je serais le ressac, à la fois apaisant et entêtant

Si j’étais une odeur, je serais celle de la terre longtemps sevrée d’eau qui s’exprime à la première pluie après la saison sèche

Si j’étais une matière enseignée à l’école, je serais la langue française pour toute sa richesse et sa diversité et sûrement pas les maths qui m’ont traumatisées au plus haut point quand j’étais au lycée…lol

Si j’étais un mot, je serais un dictionnaire car il en contient beaucoup, surtout ceux que j’aime

Si j’étais une boisson, je serais l’eau qui elle seule sait étancher ma soif après l’effort

Et toi que serais tu, si, si, si ?

 

*Akumé : pâte de maïs

Yebessessi : sauce de tomates écrasées avec du piment, des oignons et du poisson frit ou fumé


2016 : Déjà le bilan !!!

Aujourd’hui, le premier jour du dernier mois de l’année : décembre. Pour tout adulte, ce mois est bien celui des bilans. Un regard dans le rétroviseur de la vie. Tous les bons vœux et désirs souhaités en janvier ont–ils été réalisés ? Certains oui, d’autres pas.

good-bye-2016

Ce mois sonne également le top départ pour les préparatifs des fêtes de fin d’année et particulièrement pour les chrétiens c’est le début de l’Avent, période qui précède la fête de la nativité.

Ces derniers jours j’ai vu fleurir sur les réseaux sociaux beaucoup de blagues pour aider les hommes à échapper aux divers entourloupes que les copines, les maîtresses, les 2e bureaux et autres leur préparent pour leur soutirer un peu de sous, pour se rendre belles pour les fêtes de fin d’année. Qui  va se négliger ?

Personnellement pour cette année 2016  je voudrais revenir sur l’actualité, qui ma foi, a été richement remplie.

Sur le plan sportif

Deux événements majeurs ont marqué l’année 2016 : l’Euro de football qui a bien eu lieu en France malgré les multiples attentats et toutes les menaces qui planaient sur le pays ; et les Jeux Olympiques au Brésil malgré tous les retards accumulés dans l’exécution des travaux de construction des structures d’accueil.

Sur le plan politique

Nous avons assisté cette année à la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne (le Brexit). Une sortie qui n’est pas encore effective puisqu’il faudra tout un processus d’accompagnement (au moins 2 ans) avant que cela ne prenne vraiment effet. Je retiens aussi le départ forcé de Dilma Roussef de la présidence brésilienne en attendant un procès, suite aux divers scandales (celui du Petrobras entre autre) qui ont secoué son mandat. 2016, c’est aussi la dernière année du second mandat du très charismatique président américain Barack Obama et l’arrivée de Donald Trump, le magnat des affaires américain.  Une victoire vraiment imprévisible, sur laquelle personne n’aurait parié.

Au Moyen-Orient, la guerre en Syrie continue de même que les attentats en Turquie et en Irak, et son lot quotidien de migrants qui fuient vers l’Europe. Une guerre sans nom, sournoise qui gangrène cette région du monde.

En Afrique, beaucoup d’élections présidentielles ont eu lieu, et sont aussi en cours (République du Gambie). Mais moi je n’en retiendrai que deux : celle du Bénin qui a eu lieu sans problème et qui nous a montré la maturité du peuple béninois, avec l’élection de Patrice Talon, de quoi faire honte à l’un de ses voisins (suivez-mon regard), et celle du Gabon. Cette dernière dont les résultats quelque peu farfelus à l’habitude de ceux qui nous gouvernent, ont fait couler beaucoup d’encre, de sang et de salive.

Je n’oublie pas  les attentats qui ont secoué la Côte d’ivoire, le Mali et le Burkina Faso. Un climat sécuritaire suspicieux et délétère règne en Afrique de l’ouest, et aucune solution pérenne n’a encore été trouvée.

Sur le plan culturel

Moi je retiens l’étonnante attribution du Prix Nobel de littérature au chanteur américain Bob Dylan, dont la présence à la cérémonie de remise de prix, le 10  décembre 2016 n’est même pas sûre.

Je ne peux oublier la mort sur scène de Papa Wemba, le roi de la sape, au cours du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) 2016, ce 24 avril 2016.

Pour moi en tout cas, c’est ce qui m’a marqué au cours de cette année 2016, elle n’est pas encore finie, certes, et tout peut encore arriver. Et vous que vous reste-t-il de 2016 ?

En attendant, de faire le bilan,  je vous offre ce petit poème :

Noël est à nos portes

Du bonheur pour tous

Harmattan te voilà ici

Au revoir 2016

Père Noël fais-moi plaisir

Apporte avec toi l’esprit de partage

Protège-nous de cette détresse

Qui partout est devenue commune

Moins de douleur aussi

Plus d’amour en ces moments

Dans ta hotte beaucoup de paillettes et de rêves