Boukari Ouédraogo

Les maillots maudits des sélections africaines

« Qu’est ce qui a bien pu passer par la tête des Lions indomptables pour s’habiller en jaune face au Nigeria ? Ils devaient savoir que ce maillot est maudit, ce n’est pas la première fois qu’il porte malheur au Cameroun. » Voilà ce que ce sont dit de nombreux camerounais superstitieux après la défaite de leur équipe 3-2 contre le Nigeria en huitième de finale.

Et bien, l’entraîneur Clarence Seerdorf et ses joueurs l’ont, peut-être, appris à leurs dépens. En effet, au Cameroun, une superstition bien connue prétend que le maillot jaune porte malheur aux Lions indomptables. Vous savez bien que nous sommes en Afrique, où un malheur n’arrive jamais seul. Les champions d’Afrique sortants auraient battu les légendaires rivaux du Nigeria s’ils n’avaient pas arboré cette couleur.

Par exemple, lors de la Coupe du Monde 2014, la bande à Samuel Eto’o a disputé son premier match en jaune. La malédiction a frappé puisque les Camerounais ont perdu 1-0 contre le Mexique. Malgré le retour du vert par la suite, ils ne sont jamais repris, humiliés par la Croatie (4-0) et le Brésil (4-0). Toutefois, en 1984, lorsque la sélection remportait la Coupe d’Afrique face… à qui ? Hé bien au même Nigeria, la sélection était habillée en jaune et rouge ! Oui. Comme le samedi 6 juillet 2019.

Mali, Togo, Burkina Faso : le rouge s’acharne

Le Burkina Faso n’est présent à la CAN 2019 en Égypte. Mais là-bas également, il existe une superstition concernant ces maillots maudits : la tunique rouge. En 1998, lors de la CAN organisée chez eux, les Étalons du Burkina habillés en rouge perdaient en demi-finale contre les Pharaons d’Egypte 2-0. Sur l’action du premier but, le gardien burkinabè Ibrahim Diarra repousse le ballon et tente à plusieurs reprises de le rattraper en vain. L’Egyptien Hossam Hassan ne se fait pas prier pour le crucifier. Cette action serait le signe de la malédiction du maillot rouge. Pour beaucoup, les génies ont voulu punir les Burkinabè ce jour-là. Les Étalons ont fini par troquer la tunique rouge contre le maillot blanc pour les matchs à domicile et le maillot vert pour l’extérieur. Le maillot blanc est privilégié, bien que cette couleur ne figure pas sur le drapeau national.

(l’article continue après la vidéo)

Au Mali également, la sélection de football évite depuis longtemps d’utiliser le maillot rouge, bien que cette couleur figure sur le drapeau. En réalité, la couleur rouge revêt une puissance destructrice pour beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest. Le Mali préfère ainsi ses maillots aux couleurs blanc, jaune ou vert. Par contre, certaines formations maliennes dans d’autres disciplines portent souvent des maillots rouges.

En Côte d’Ivoire, par contre, c’est le maillot blanc qui semble être maudit. Et c’est le maillot que les Éléphants portaient contre le Maroc lors de leur deuxième match de la CAN 2019. La malédiction a frappé puisqu’ils ont perdu par 1 à 0. Cependant, ce sont les mêmes couleurs qu’ils ont porté contre la Namibie qu’ils ont balayée 4 à 1. Mais bon, le but encaissé par Sylvain Ggbouho est quand même resté en travers de la gorge. Signe ou malédiction rompue ? On verra aux prochains matchs. Cependant, les Ivoiriens semblent avoir oublié leur maillot vert qui leur a offert le premier trophée en 1992.

Le jaune sourit au Togo, le vert boude l’Algérie

Au Togo, les couleurs porte-malheur sont le maillot jaune-vert et le maillot rouge. Lorsque le Togo porte ces couleurs, il perd ses matchs, selon la superstition. C’est pourquoi les Écureuils ont opté pour le maillot jaune qui était quand même le symbole de l’opposition au temps de Gilchrist Olympio. On dit là-bas qu’il fut un temps où les jeunes disparaissaient parce qu’ils étaient habillés en jaune.

Le maillot jaune porterait bonheur aux Eperviers du Togo. C’est avec ces couleurs que Adebayor et ses coéquipiers se sont qualifiés pour la Coupe du Monde 2006, pour la première fois de l’histoire du Togo et à la surprise générale. Jaune qu’on retrouve aussi sur le drapeau Togolais.

En Togo, en Algérie, la couleur porte-malheur serait le vert. C’est le site Sofoot qui raconte : « Entre 2006 et 2010, les Fennecs enfilent à huit reprises leur ensemble vert, pour des matchs contre le Gabon, le Burkina Faso, l’Argentine, le Brésil, la Gambie, le Sénégal, l’Égypte et le Malawi. Résultat des courses ? Bah, huit défaites… Et la malédiction du vert s’est poursuivie au fil des années avec, entre autres, des défaites face aux USA lors du Mondial 2010, au Mali lors des éliminatoires du Mondial 2014, à la Tunisie lors de la CAN 2013, ou même lors du match aller des barrages de la Coupe du monde 2014 contre le Burkina Faso ».

Et chez vous ? Quels sont les maillots maudits et les maillots porte-bonheur ?


Les sélections africaines et les maillots maudits

« Diantre ! Qu’est ce qui a bien passé par la tête des Lions indomptables pour s’habiller en jaune face au Nigeria ? Ne savaient-ils pas que ce maillot était maudit ?Et pourtant, ils devraient le savoir car ce n’est pas la première fois que cette tunique porterait malheur au Cameroun ». Telle est la perception de beaucoup de superstitieux camerounais.

Et bien, l’entraîneur Clarence Seerdorf et ses joueurs l’ont, peut-être, appris à leur dépend. En effet, au Cameroun, une superstition bien connue prétend que le maillot jaune porte malheur aux Lions indomptables. Vous savez bien que nous sommes en  Afrique où un malheur n’arrive jamais seul. Les champions d’Afrique sortant auraient battus les légendaires rivaux du Nigeria, s’ils n’avaient pas arboré cette couleur.

Par exemple, lors de la Coupe du Monde 2014, la bande à Samuel Eto’o a disputé son premier match en jaune. La malédiction a frappé puisque les Camerounais perdaient (1-0) contre le Mexique. Malgré le retour du vert par la suite, ils ne sont jamais repris humiliés par la Croatie (4-0) et le Brésil (4-0). Toutefois, en 1984, lorsque la sélection remportait la Coupe d’Afrique face… à qui ? Et bien au même Nigeria, la sélection était habillée en jaune et rouge ! Oui. Comme le samedi 6 juillet. Un véritable fiasco.

Le Burkina Faso n’est présent à la CAN 2019 en Égypte. Mais là-bas également, il existe une superstition concernant ces maillots maudits: La tunique rouge. En 1998, lors de la CAN qu’il organisait, les Étalons du Burkina habillés en rouge perdaient en demi-finale contre les Pharaons d’Egypte 2-0. Depuis lors, la superstition s’est renforcée. Sur l’action du premier but, l’on voit le gardien burkinabè Ibrahim Diarra repoussé le ballon et tenté à plusieurs reprises de le rattraper en vain. Hossam Hassan ne se fait pas prier pour le crucifier. Cette action serait le signe de la malédiction du maillot rouge. Pour beaucoup, les génies ont voulu punir les Burkinabè ce jour-là. Les Étalons ont fini par tronquer la tunique rouge contre le maillot blanc pour les matchs à domicile et le vert à l’extérieur. Mais le maillot blanc est privilégié bien que cette couleur ne figure pas sur le drapeau national.

Le maillot rouge maudit au Mali et au Togo

C’est également le cas au Mali où la sélection de football évite depuis longtemps d’utiliser le maillot rouge bien que cette couleur figure sur le drapeau. En réalité, la couleur rouge revêt une puissance destructrice pour beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest. Le Mali préfère ainsi ses maillots aux couleurs blanc, jaune ou vert. Par contre certaines formations maliennes dans d’autres disciplines portent souvent des maillots rouges.

En Côte d’Ivoire, par contre, le maillot blanc semble être aussi  maudit. Et bien c’est le maillot que les Éléphants portaient contre le Maroc lors de leur deuxième match. La malédiction avait frappé puisqu’ils ont perdu par 1 à 0. Cependant, ce sont les mêmes couleurs qu’ils ont porté contre la Namibie balayée (4 à 1). Mais bon, le but encaissé par Sylvain Ggbouho est quand même resté en travers de la gorge. Signe ou malédiction rompue ! On verra aux prochains matchs. Cependant, les Ivoiriens semblent avoir oublié leur maillot vert qui leur a offert le premier trophée en 1992.

Au Togo, les couleurs porte-malheur sont les maillots jaune-vert et le maillot rouge. Lorsque le Togo porte ces couleurs, il perd ses matchs selon la superstition. C’est pourquoi, les Écureuils ont opté pour le maillot jaune qui était quand même le symbole de l’opposition au temps de Gilchrist Olympio. On dit là-bas qu’il fut un temps où les jeunes disparaissaient parce qu’ils étaient habillés en jaune.

Le jaune couleur porte-bonheur

Mais, grâce à l’équipe nationale qui a fini par adopter le jaune, il a permis de rompre la malédiction du maillot rouge et vert, couleurs avec lesquels le Togo ne gagnerait pas. Alors comme au Mali, les principales couleurs du Togo sont le jaune, le blanc et le vert. Cependant, plutôt que de maillot maudit, il est question de maillot porte-bonheur. Le maillot jaune porterait donc bonheur aux Eperviers. C’est avec ces couleurs que Adebayor et ses coéquipiers s’étaient qualifiés pour la Coupe du Monde 2006. La première fois de son histoire à la surprise générale.

Contrairement au Togo, en Algérie, la couleur porte malheur serait le vert. C’est le site Sofoot qui raconte : « Entre 2006 et 2010, les Fennecs enfilent à huit reprises leur ensemble vert, pour des matchs contre le Gabon, le Burkina Faso, l’Argentine, le Brésil, la Gambie, le Sénégal, l’Égypte et le Malawi. Résultat des courses ? Bah, huit défaites… Et la malédiction du vert s’est poursuivie au fil des années avec, entre autres, des défaites face aux USA lors du Mondial 2010, au Mali lors des éliminatoires du Mondial 2014, à la Tunisie lors de la CAN 2013, ou même lors du match aller des barrages de la Coupe du monde 2014 contre le Burkina Faso ».

Alors et chez vous ? Quels sont les maillots porte-bonheurs ou maudits ?

© Photo/cafonline.com


En football, c’est quoi la simba ?

Les Harambees, stars du Kenya, ont battu les Taïfas de la Tanzanie, 3 buts à 2 lors du deuxième match du groupe C de la CAN 2019. L’attaquant kenyan, Michael Olunga, a marqué un but sur un geste technique magnifique qui a fait le tour des chaînes de télévision. Le commentateur de CANAL+ s’est alors exclamé : « Ah la simba ! ». Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Ce billet a été originellement publié sur lemessagerdafrique.mondoblog.org.

La simba est considérée comme le geste technique le plus parfait dans un match de football. C’est une action d’éclat qui ne laisse aucun spectateur indifférent. Une vraie œuvre d’art. Seuls les plus doués techniquement, les plus audacieux peuvent oser ce geste technique. La simba, c’est l’expression du talent pure. Tous les joueurs peuvent tenter la simba, mais seuls les joueurs de classe peuvent la réussir à la perfection.

Comme Cristiano Ronaldo

Vous vous rappelez peut-être ce geste réalisé par le Portugais Cristiano Ronaldo contre la Juventus en Ligue des Champions. Le Portugais s’était envolé à l’air, dos au mur tête en arrière pour récupérer un ballon difficilement récupérable et l’envoyer au fond des filets. Les commentateurs des chaînes de télé ont utilisé tous les superlatifs possibles pour qualifier cette action de génie.

Pour réussir cette réalisation hors du commun, il faut savoir voler. Voler haut dans le ciel. La simba est un tir de volée en extension. Dos au but, le joueur amorce une impulsion pour s’envoler. A ce moment, son dos est parallèle au sol. L’attaquant reprend alors de volée le ballon, avec le pied qui lui sert d’impulsion. Dans son envol, les deux pieds se croisent en l’air comme un ciseau. Il reprend ainsi le ballon avant qu’il ne touche le sol. D’où son nom ciseaux, la bicyclette, le chacala, le ciseau retourné ou le plus connu : la retournée acrobatique.

Et Zidane aussi

Et oui, car s’est bien d’acrobatie qu’il s’agit. Elle nécessite de la puissance, de l’esthétique, de la souplesse, une bonne coordination dans les mouvements pour surprendre adversaires et partenaires. Il a une variante comme la volée ou la demi-volée, où le ballon est frappé en pivot. Il peut toucher le sol. Dans ce cas, l’attaquant peut avoir un pied ou une main au sol. A ce sujet, la volée de Zidane en Ligue des champions est monumentale.

En cherchant les origines de la simba, je me suis rendu compte qu’il n’y a pas d’unanimité. Pour certains, l’Uruguayen Ramon Unzaga est celui qui a inventé ce geste acrobatique. Pour d’autres, c’est un joueur d’origine africaine, Chalao, qui tenta le premier. De toute façon, que ce soit l’une ou l’autre, la simba a été popularisé par un africain : Amara Simba.

Mais Amara Simba reste le maître

Natif de Dakar, Amara Simba est surnommé le roi de la bicyclette. Pendant sa carrière, il affectionnait ce geste technique. Surtout dans les situations difficiles. Décrit comme moyennement prolifique devant les buts, Amara Simba s’est quand même illustré par ce geste d’anthologie. Et ce, quand son équipe en a le plus besoin. Ce qui permettait de mieux savourer la splendeur du but. En sélection de France, Amara Simba compte trois buts dont…une retournée acrobatique.

Sur le site du journal Le Parisien, Amara Simba se rappelle la première fois qu’il a tenté ce geste sur un terrain de football :

« Le terrain était gelé. J’arrive lancé à toute vitesse dans la surface. Oumar Sène, sur un coup franc tiré de ma droite, transmet à Jean-Pierre Bosser, qui centre. J’y vais pour prendre la balle de la tête au premier poteau mais, malheureusement, je suis complètement battu, car le ballon est derrière moi. Et le seul geste que je peux réaliser pour toucher la balle, c’est celui-là. A dire vrai, tout s’est déroulé en quelques dixièmes de secondes. C’était plus instinctif qu’autre chose et comme j’étais plutôt souple, je me suis lancé en l’air sans trop calculer. »

Si ce geste technique est appelé simba, c’est donc en hommage à Amara Simba. Il en avait fait une spécialité. Alors, lorsque vous entendrez parler de retournée acrobatique, de ciseaux, de bicyclette, sachez qu’il s’agit de la simba et que c’est en hommage à Amara Simba. 


En football, c’est quoi la simba ?

Les Harambees, stars du Kenya, ont battu les Taïfas de la Tanzanie, 3 buts à 2 lors du deuxième match du groupe C de la CAN 2019. Pendant ce match disputé le jeudi 27 juin, l’attaquant kenyan Michael Olunga, a marqué un but sur un geste technique magnifique qui a fait le tour des chaînes de télé. Le commentateur de CANAL+ s’est exclamé : « Ah la simba ! ». Mais de quoi s’agit-il exactement ?

La simba est considérée comme le geste technique le plus parfait dans un match de football. C’est une action d’éclat qui ne laisse aucun spectateur indifférent. Une vraie œuvre d’art. Seuls les plus doués techniquement, les plus audacieux peuvent oser ce geste technique. La simba, c’est l’expression du talent pure. Tous les joueurs peuvent tenter la simba, mais seuls les joueurs de classe peuvent la réussir à la perfection.

Comme Cristiano Ronaldo

Vous vous rappelez peut-être ce geste réalisé par le Portugais Cristiano Ronaldo contre la Juventus en Ligue des Champions. Le Portugais s’était envolé à l’air, dos au mur tête en arrière pour récupérer un ballon difficilement récupérable et l’envoyer au fond des filets. Les commentateurs des chaînes de télé ont utilisé tous les superlatifs possibles pour qualifier cette action de génie.

Pour réussir cette réalisation hors du commun, il faut savoir voler. Voler haut dans le ciel. La simba est un tir de volée en extension. Dos au but, le joueur amorce une impulsion pour s’envoler. A ce moment, son dos est parallèle au sol. L’attaquant reprend alors de volée le ballon, avec le pied qui lui sert d’impulsion. Dans son envol, les deux pieds se croisent en l’air comme un ciseau. Il reprend ainsi le ballon avant qu’il ne touche le sol. D’où son nom ciseaux, la bicyclette, le chacala, le ciseau retourné ou le plus connu : la retournée acrobatique.

Et Zidane aussi

Et oui, car s’est bien d’acrobatie qu’il s’agit. Elle nécessite de la puissance, de l’esthétique, de la souplesse, une bonne coordination dans les mouvements pour surprendre adversaires et partenaires. Il a une variante comme la volée ou la demi-volée, où le ballon est frappé en pivot. Il peut toucher le sol. Dans ce cas, l’attaquant peut avoir un pied ou une main au sol. A ce sujet, la volée de Zidane en Ligue des champions est monumentale.

En cherchant les origines de la simba, je me suis rendu compte qu’il n’y a pas d’unanimité. Pour certains, l’Uruguayen Ramon Unzaga est celui qui a inventé ce geste acrobatique. Pour d’autres, c’est un joueur d’origine africaine, Chalao, qui tenta le premier. De toute façon, que ce soit l’une ou l’autre, la simba a été popularisé par un africain : Amara Simba.

Mais Amara Simba reste le maître

Natif de Dakar, Amara Simba est surnommé le roi de la bicyclette. Pendant sa carrière, il affectionnait ce geste technique. Surtout dans les situations difficiles. Décrit comme moyennement prolifique devant les buts, Amara Simba s’est quand même illustré par ce geste d’anthologie. Et ce, quand son équipe en a le plus besoin. Ce qui permettait de mieux savourer la splendeur du but. En sélection de France, Amara Simba compte trois buts dont…une retournée acrobatique.

Sur le site du journal Le Parisien, Amara Simba se rappelle la première fois qu’il a tenté ce geste sur un terrain de football :

« Le terrain était gelé. J’arrive lancé à toute vitesse dans la surface. Oumar Sène, sur un coup franc tiré de ma droite, transmet à Jean-Pierre Bosser, qui centre. J’y vais pour prendre la balle de la tête au premier poteau mais, malheureusement, je suis complètement battu, car le ballon est derrière moi. Et le seul geste que je peux réaliser pour toucher la balle, c’est celui-là. A dire vrai, tout s’est déroulé en quelques dixièmes de secondes. C’était plus instinctif qu’autre chose et comme j’étais plutôt souple, je me suis lancé en l’air sans trop calculer. »

Si ce geste technique est appelé simba, c’est donc en hommage à Amara Simba. Il en avait fait une spécialité. Alors, lorsque vous entendrez parler de retournée acrobatique, de ciseaux, de bicyclette, sachez qu’il s’agit de la simba et que c’est en hommage à Amara Simba. 

Sources images: https://www.journalpetitpont.fr


CAN 2019 : « Tous les gardiens ont le même niveau »

L’ancien gardien de buts des Étalons Mohamed Kaboré s’est prononcé sur le niveau des gardiens de but de la Coupe d’Afrique des nations. A 38 ans, avec deux CAN à son actif, il estime qu’aucun gardien n’émerge du lot pour le moment.

Ce billet a été originellement publié sur lemessagerdafrique.mondoblog.org.

Boukari Ouédraogo (B.O) : Que peut-on dire du niveau des gardiens de but lorsqu’il vous jouiez encore?

Mohamed Kaboré (M.K) : Que ce soit en Europe ou en Afrique, dans les stages, les gardiens de but sont négligés. S’il y a un domaine sur lequel il faut miser, ce sont les gardiens de but sinon ils vont disparaître dans l’avenir. C’est difficile aujourd’hui d’avoir de bons gardiens. Quand les enfants arrivent, personne ne veut être un gardien. Tout le monde veut être attaquant. Il faut savoir équilibrer car le football se joue à onze. Avec un gardien moyen, on peut avoir une très bonne équipe. Avec un très bon gardien encore, on a super équipe. Tu ne peux pas aller loin dans une compétition sans un grand gardien. Aujourd’hui, le football l’exige.

Les bons gardiens tapent vite dans l’œil

B.O : De ce que vous avez vu de la CAN 2019, pour le moment, comment jugez-vous le niveau des gardiens de but?

M.K : Dans les grandes compétitions de football, quand il y a un gardien de but qui est au-dessus du lot, il est rapidement détecté. En réalité, dans cette CAN, il n’y en a pas. Quand je regarde, tous les gardiens ont le même niveau. Ce n’est pas comme du temps du gardien égyptien El Hadary. Lorsqu’il apparaît à l’époque, il est vite remarqué. En 1998, quand Ibrahim Diarra, le gardien du Burkina, est a fait son entrée, on l’a vite détecté. Il y a pas mal de gardiens que j’ai vu tout de suite émerger. Mais pour cette CAN 2019, il n’y en a pas un qui me vient à l’esprit… A part Onana, qui a disputé la Champions League jusqu’en finale. Mais finalement, quand on regarde ses performances actuelles, il n’est pas vraiment au-dessus du lot. 

B.O : Est ce qu’il y a tout de même des gardiens qu’il faut suivre ?

M.K : Je n’ai pas eu la chance de regarder tous les matchs et tous les gardiens. Par exemple, le gardien malien Djigui Diarra, c’est un bon gardien. Le gardien égyptien, Mohamed El-Shennawy, est également bon. Pareil pour Onana, le gardien du Cameroun, je l’ai vu jouer. C’est quand même un bon gardien.

B.O : A part Kameni, Ondoa, Vincent Enyema, on ne voit pas les gardiens africains s’intégrer dans les championnats européens. Comment expliquez-vous cela ?

M.K : Avant Kameni, il y a eu les Jack Songo’o, les Thomas N’Kono même si je l’ai pas vu jouer, les Joseph Antoine Bell. Ils étaient tous très forts. Ils ont eu la chance d’être encadré dès leur plus jeune âge. Ça compte beaucoup. Moi-même, dans ma carrière, je n’ai pas eu la chance d’avoir des encadreurs dans mon enfance. J’ai juste aimé la chose. Quand on était jeunes, on a vu de grands gardiens burkinabè, on a voulu leur ressembler. On a travaillé avec les moyens du bord pour arriver à un certain niveau, et on s’est fait une place sur le plan africain. Tout le monde n’a pas cette chance. Personne ne dira le contraire, les gardiens sont négligés. Pour avoir un bon contrat pour les gardiens en Afrique, il faut avoir de la chance.

Tout passe par la formation

B.O : Vous estimez que les gardiens sont négligés. Que faut-il faire alors ?

M.K : C’est la formation. Il faut former des gens qui ont envie. Ce n’est pas parce que j’ai été un grand gardien que je peux former des jeunes gardiens. Il faut avoir l’art de transmettre ton savoir à quelqu’un d’autre. Tu peux être fort, être un grand joueur, mais tu n’as pas l’art de transmettre ce que tu as vécu. Il faut chercher des gens qui ont envie, qui ont la qualité, la capacité à transmettre leur savoir à une autre personne. Tout passe par la formation. Il faut toujours se former. Quand on forme, ça paye.


CAN 2019 : « Tous les gardiens ont le même niveau »

L’ancien gardien de buts des Étalons Mohamed Kaboré s’est prononcé sur le niveau des gardiens de but de la Coupe d’Afrique des nations. A 38 ans, avec deux CAN à son actif, il estime qu’aucun gardien n’émerge du lot pour le moment.

Boukari Ouédraogo (B.O) : Que peut-on dire du niveau des gardiens de but lorsqu’il vous jouiez encore?

Mohamed Kaboré (M.K) : Que ce soit en Europe ou en Afrique, dans les stages, les gardiens de but sont négligés. S’il y a un domaine sur lequel il faut miser, ce sont les gardiens de but sinon ils vont disparaître dans l’avenir. C’est difficile aujourd’hui d’avoir de bons gardiens. Quand les enfants arrivent, personne ne veut être un gardien. Tout le monde veut être attaquant. Il faut savoir équilibrer car le football se joue à onze. Avec un gardien moyen, on peut avoir une très bonne équipe. Avec un très bon gardien encore, on a super équipe. Tu ne peux pas aller loin dans une compétition sans un grand gardien. Aujourd’hui, le football l’exige.

Les bons gardiens tapent vite dans l’œil

B.O : De ce que vous avez vu de la CAN 2019, pour le moment, comment jugez-vous le niveau des gardiens de but?

M.K : Dans les grandes compétitions de football, quand il y a un gardien de but qui est au-dessus du lot, il est rapidement détecté. En réalité, dans cette CAN, il n’y en a pas. Quand je regarde, tous les gardiens ont le même niveau. Ce n’est pas comme du temps du gardien égyptien El Hadary. Lorsqu’il apparaît à l’époque, il est vite remarqué. En 1998, quand Ibrahim Diarra, le gardien du Burkina, est a fait son entrée, on l’a vite détecté. Il y a pas mal de gardiens que j’ai vu tout de suite émerger. Mais pour cette CAN 2019, il n’y en a pas un qui me vient à l’esprit… A part Onana, qui a disputé la Champions League jusqu’en finale. Mais finalement, quand on regarde ses performances actuelles, il n’est pas vraiment au-dessus du lot. 

B.O : Est ce qu’il y a tout de même des gardiens qu’il faut suivre ?

M.K : Je n’ai pas eu la chance de regarder tous les matchs et tous les gardiens. Par exemple, le gardien malien Djigui Diarra, c’est un bon gardien. Le gardien égyptien, Mohamed El-Shennawy, est également bon. Pareil pour Onana, le gardien du Cameroun, je l’ai vu jouer. C’est quand même un bon gardien.

B.O : A part Kameni, Ondoa, Vincent Enyema, on ne voit pas les gardiens africains s’intégrer dans les championnats européens. Comment expliquez-vous cela ?

M.K : Avant Kameni, il y a eu les Jack Songo’o, les Thomas N’Kono même si je l’ai pas vu jouer, les Joseph Antoine Bell. Ils étaient tous très forts. Ils ont eu la chance d’être encadré dès leur plus jeune âge. Ça compte beaucoup. Moi-même, dans ma carrière, je n’ai pas eu la chance d’avoir des encadreurs dans mon enfance. J’ai juste aimé la chose. Quand on était jeunes, on a vu de grands gardiens burkinabè, on a voulu leur ressembler. On a travaillé avec les moyens du bord pour arriver à un certain niveau, et on s’est fait une place sur le plan africain. Tout le monde n’a pas cette chance. Personne ne dira le contraire, les gardiens sont négligés. Pour avoir un bon contrat pour les gardiens en Afrique, il faut avoir de la chance.

Tout passe par la formation

 

B.O : Vous estimez que les gardiens sont négligés. Que faut-il faire alors ?

M.K : C’est la formation. Il faut former des gens qui ont envie. Ce n’est pas parce que j’ai été un grand gardien que je peux former des jeunes gardiens. Il faut avoir l’art de transmettre ton savoir à quelqu’un d’autre. Tu peux être fort, être un grand joueur, mais tu n’as pas l’art de transmettre ce que tu as vécu. Il faut chercher des gens qui ont envie, qui ont la qualité, la capacité à transmettre leur savoir à une autre personne. Tout passe par la formation. Il faut toujours se former. Quand on forme, ça paye.


« Ancien arbitre, j’ai dirigé un match d’ouverture de la CAN en Égypte »

Les arbitres africains, comme les joueurs, rêvent d’officier à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Lassina Paré, 54 ans, fait partie de ceux qui ont eu cette chance. L’ancien arbitre burkinabé a été choisi pour le match d’ouverture de la CAN 2006 en Égypte. C’était le 20 janvier 2006 au Caire.

Ce billet a été originellement publié sur lemessagerdafrique.mondoblog.org.

Aujourd’hui à la retraite, Lassina Paré évoque avec nostalgie ses souvenirs de la CAN 2006. Avec son frère jumeau Losseni, il a eu la surprise d’être désigné pour officier pendant le match d’ouverture de cette compétition qui se déroulait aussi en Égypte. « Faire l’ouverture d’une CAN, c’est une énorme tâche parce que cela comporte beaucoup de facettes qu’il faut savoir bien gérer. A l’annonce de la nouvelle, cela a été comme un coup de massue parce que derrière la joie, il y avait la peur bleue. On se demandait pourquoi nous sur ce match et si on pourrait tirer notre épingle du jeu », me confie Lassina Paré.

L’ancien arbitre m’explique qu’un match d’ouverture de la CAN est pareil à la finale. Ce sont deux des matchs les plus suivis de la compétition. Le stade est toujours bondé. Une forte ferveur. La pression du public. Tout est au rendez-vous pour mettre la pression sur l’arbitre. En plus de cela, l’Égypte et la Libye qui s’affrontaient ce jour-là entretiennent de fortes rivalités sportives. Informés avec son frère alors qu’ils étaient au restaurant, les deux hommes en perdent l’appétit. Ils décident donc se de retirer pour retrouver leurs esprits. Finalement, hormis les difficultés pour accéder au stade du fait de l’arrivée du chef d’Etat au match d’ouverture, tout s’est bien passé, selon les souvenirs de Lassina Paré.

Des décisions déterminantes

Diriger un match d’ouverture avec beaucoup d’enjeux peut pousser l’arbitre à commettre des erreurs s’il ne maitrise pas bien son sujet. A ce propos, Lassina Paré se rappelle avoir pris une bonne décision : « il y a eu une situation de jeu où j’ai failli me tromper mais j’ai pris la bonne décision. Un joueur libyen (le gardien) a commis une faute et il y avait un penalty. Je lui ai donné un carton rouge parce qu’il était le dernier défenseur. Il a protesté parce qu’il n’était pas d’accord avec le carton rouge. Pourtant, il était le dernier défenseur ». Au débriefing après le match, l’arbitre Paré est conforté dans sa décision.

Tout n’a pas été forcément parfait pendant ce match d’ouverture. « Il y a eu une phase de jeu où j’ai mis un carton de jaune à un joueur, l’égyptien Mohamed Abou Treika, en le confondant avec un autre. Abou Treika est venu vers moi pour dire qu’il n’avait pas commis cette faute. Mais en tant qu’arbitre, on ne croit jamais les joueurs. S’il dit quelque chose et qu’il t’a trompé, tu récoltes les pots cassés », prévient Paré. Son conseil : un arbitre doit se fier uniquement à ses assistants. Ces derniers sont là pour l’aider dans ses décisions. Malgré cette mauvaise décision, Lassina Paré deviendra plus tard un bon ami de Mohamed Abou Treika.

Lassina Paré pour la VAR

Pour la première fois, la Confédération africaine de football a décidé d’introduire l’assistance vidéo (VAR) à la CAN. Lassina Paré est favorable à l’arrivée de la vidéo dans le football. « J’étais opposé à la vidéo parce que pour moi, le football doit demeurer naturel. Si c’est la machine qui doit diriger les matchs, quand elle tombe en panne, on fait comment ? (…) j’ai été d’accord avec les décideurs parce qu’ils ont pris uniquement quatre éléments sur lesquels la vidéo pouvait intervenir », apprécie notre arbitre.

Au temps de Lassina Paré, il n’y avait pas d’arbitrage vidéo. Il a eu une situation difficile qu’il a dû trancher sur le champ en contradiction avec le jugement de son assistant. « Là encore c’était un match de l’Égypte, contre le Zimbabwe. C’était ma première participation. A un certain moment, il y a eu un but sur lequel l’assistant pouvait juger que le but est bon mais il n’était pas à la bonne position pour m’aider. J’ai pris le risque de siffler pour dire que le but est rentré », commente Paré. Il sera accueilli le même soir par une haie d’honneur de ses pairs. Bien que n’ayant pas profité des avantages de la VAR, Lassina Paré estime qu’elle permet de rétablir l’équité dans le football.


« Ancien arbitre, j’ai dirigé un match d’ouverture de la CAN en Égypte »

Presque tous les arbitres africains, de même que les sélections, rêvent d’officier à la Coupe d’Afrique des nations. Lassina Paré, 54 ans, fait partie de ceux qui ont eu cette chance. L’ancien arbitre burkinabé a été choisi pour le match d’ouverture de la CAN, en Égypte, il y a treize ans. C’était le 20 janvier 2006 au Caire.

Aujourd’hui à la retraite, Lassina Paré évoque avec nostalgie ses souvenirs de la CAN 2006. Avec son frère jumeau Losseni, il a eu la surprise d’être désigné pour officier pendant le match d’ouverture de cette compétition qui se déroulait aussi en Égypte. « Faire l’ouverture d’une CAN, c’est une énorme tâche parce que cela comporte beaucoup de facettes qu’il faut savoir bien gérer. A l’annonce de la nouvelle, cela a été comme un coup de massue parce que derrière la joie, il y avait la peur bleue. On se demandait pourquoi nous sur ce match et si on pourrait tirer notre épingle du jeu », me confie Lassina Paré.

L’ancien arbitre m’explique qu’un match d’ouverture de la CAN est pareil à la finale. Ce sont deux des matchs les plus suivis de la compétition. Le stade est toujours bondé. Une forte ferveur. La pression du public. Tout est au rendez-vous pour mettre la pression sur l’arbitre. En plus de cela, l’Égypte et la Libye qui s’affrontaient ce jour-là entretiennent de fortes rivalités sportives. Informés avec son frère alors qu’ils étaient au restaurant, les deux hommes en perdent l’appétit. Ils décident donc se de retirer pour retrouver leurs esprits. Finalement, hormis les difficultés pour accéder au stade du fait de l’arrivée du chef d’Etat au match d’ouverture, tout s’est bien passé, selon les souvenirs de Lassina Paré.

Des décisions déterminantes

Diriger un match d’ouverture avec beaucoup d’enjeux peut pousser l’arbitre à commettre des erreurs s’il ne maitrise pas bien son sujet. A ce propos, Lassina Paré se rappelle avoir pris une bonne décision : « il y a eu une situation de jeu où j’ai failli me tromper mais j’ai pris la bonne décision. Un joueur libyen (le gardien) a commis une faute et il y avait un penalty. Je lui ai donné un carton rouge parce qu’il était le dernier défenseur. Il a protesté parce qu’il n’était pas d’accord avec le carton rouge. Pourtant, il était le dernier défenseur ». Au débriefing après le match, l’arbitre Paré est conforté dans sa décision.

Tout n’a pas été forcément parfait pendant ce match d’ouverture. « Il y a eu une phase de jeu où j’ai mis un carton de jaune à un joueur, l’égyptien Mohamed Abou Treika, en le confondant avec un autre. Abou Treika est venu vers moi pour dire qu’il n’avait pas commis cette faute. Mais en tant qu’arbitre, on ne croit jamais les joueurs. S’il dit quelque chose et qu’il t’a trompé, tu récoltes les pots cassés », prévient Paré. Son conseil : un arbitre doit se fier uniquement à ses assistants. Ces derniers sont là pour l’aider dans ses décisions. Malgré cette mauvaise décision, Lassina Paré deviendra plus tard un bon ami de Mohamed Abou Treika.

Lassina Paré pour la VAR

Pour la première fois, la Confédération africaine de football a décidé d’introduire l’assistance vidéo (VAR) à la CAN. Lassina Paré est favorable à l’arrivée de la vidéo dans le football. « J’étais opposé à la vidéo parce que pour moi, le football doit demeurer naturel. Si c’est la machine qui doit diriger les matchs, quand elle tombe en panne, on fait comment ? (…) j’ai été d’accord avec les décideurs parce qu’ils ont pris uniquement quatre éléments sur lesquels la vidéo pouvait intervenir », apprécie notre arbitre.

Au temps de Lassina Paré, il n’y avait pas d’arbitrage vidéo. Il a eu une situation difficile qu’il a dû trancher sur le champ en contradiction avec le jugement de son assistant. « Là encore c’était un match de l’Égypte, contre le Zimbabwe. C’était ma première participation. A un certain moment, il y a eu un but sur lequel l’assistant pouvait juger que le but est bon mais il n’était pas à la bonne position pour m’aider. J’ai pris le risque de siffler pour dire que le but est rentré », commente Paré. Il sera accueilli le même soir par une haie d’honneur de ses pairs. Bien que n’ayant pas profité des avantages de la VAR, Lassina Paré estime qu’elle permet de rétablir l’équité dans le football.


Traqués et malmenés, les terroristes risquent de changer de stratégie

Comme dans un match de football où chaque équipe a son temps fort, l’armée burkinabè est en train de prendre l’ascendant sur les terroristes. Pendant plusieurs mois, ils ont réussi à endeuiller des civiles et des militaires. Mais les forces de défense et de sécurité (FDS) du Burkina semblent ont laissé passer l’orage.

Les FDS sont en train sont en train de s’imposer malgré l’insuffisance en matériels (Photo Ahmed Ouoba)

Les terroristes sont en perte de vitesse en ce moment bien que de nombreuses écoles soient encore fermées. L’armée burkinabè qui était plutôt dans une stratégie défensive, une position de réaction (plutôt que d’action) est désormais passée à l’offensive. Depuis l’attaque de Ouagadougou, les FDS burkinabè ont mené de nombreuses opérations avec parfois des coalitions avec des forces étrangères pour déloger les terroristes de leurs retranchements.

Les cas les plus médiatiques sont la neutralisation de trois terroristes présumés au quartier Rayongo en mai 2018, la frappe contre un quartier général qui a fait huit morts en octobre et l’embuscade déjouée par les FDS qui a permis de tuer six assaillants à l’Est du Burkina.
Mais ayant ont besoin d’une présence médiatique, ils tentent toujours de faire parler d’eux en continuant d’organiser des embuscades, de poser des mines et d’attaquer des commissariats. Cependant, les FDS ont bien étudié les différents plans de leurs ennemis. Ils déjouent de plus en plus de nombreuses attaques sans écho médiatique et les assauts contre les commissariats et gendarmerie font de moins en moins de victimes.

« Ils mangent du riz blanc salé »

En réalité, les terroristes ont désormais du mal à recruter compte tenu des nombreuses défaites que l’armée burkinabè leur a infligés. Les conditions de vie dans le maquis sont devenues difficiles pour eux parce que les sources de financements ne coulent plus. « Ils ne mangent que du riz blanc salé. Leurs pieds sont remplis de crasses…», selon des confidences faites par des « enfants ». Avec l’harmattan, les conditions de vie sont de plus en plus difficiles car les « enfants » sont obligés de dormir dans le froid. La nuit, venue, ils ne peuvent pas allumer du feu de peur d’être repérer par les drones de l’armée burkinabè.
Beaucoup de jeunes qui ont rejoint les rangs reviennent pour mendier avant de repartir. Les assaillants ont donc du mal à se ravitailler en armes et en nourriture même si certains complices essaient de les approvisionner.
Comme les FDS l’ont si bien dit, ceux qui attaquent sont des personnalités bien connues dans leur zone. Il s’agit souvent de leaders d’opinion dont la parole est très peu contestée. Leur influence sur la population fait que personne n’ose les dénoncés. « On se connaît tous. Mais qui va aller dénoncer ? Tu ne sais même pas si celui à qui tu vas parler n’est pas un terroriste », explique un habitant dans la région du Sahel. Ainsi, le sujet est très peu abordé par crainte de représailles et comme le disent certains « on ne sait pas qui est qui ».

La nécessité d’une anticipation

Pour le moment, certaines prises d’otages permettent aux terroristes de forcer les a

utorités burkinabè à négocier. A ce niveau, certains d’entre eux plaideraient pour une amnistie. Mais le gouvernement burkinabè devrait se méfier car, bien qu’étant en difficulté, les terroristes pourraient changer de méthodes. Jusqu’à présent, leurs principales cibles sont les FDS et les symboles de l’Etat. Ces assaillants pourrait s’attaquer aux civiles en adoptant la politique de Boko Haram, enlever des écoliers, utiliser des bombes humaines etc. Pour cela, le gouvernement doit anticiper pour que les marchés, les écoles soient protégés. Mais sur ce plan, ils ont réussi à semer la psychose dans certaines localités avec la fermeture de nombreux établissements.


Le rap agonise au Burkina Faso

A la fin des années 1990 et au début 2000, le mouvement hip hop et le rap en particulier ont envahi le Burkina Faso. Mais depuis l’avènement du coupé-décalé, cette musique est en train de connaître un essoufflement.

Avant la sortie de l’album « Arrêt sur image » de Basic Soul en 1997,  le hip hop de façon générale était assimilé à la délinquance, la drogue, la violence à cause du rythme saccadé des textes, les stéréotypes venus des films américains. Le premier album rap de Basic Soul a permis de comprendre que le rap n’était pas seulement « hardcore », mais qu’il se mariait aussi aisément à la musique traditionnelle. Un featuring sur son titre « Yennenga » avec un chansonnier traditionnel a permis à certaines couches villageoises de s’intéresser à son rap.

Mais il faut compter avec la structure 8e Sens pour voir se produire de jeunes rappeurs, qui animent les plateaux de concours de rap et d’émissions radio. C’est ainsi qu’en 1999 et 2001 les compiles Faso Connexion et Chronik Noir voient le jour et font découvrir une bonne brochette d’artistes. Le rap commence à se faire une place. Des animateurs comme Gérard Koala contribuent à la promotion du rap sur les stations de radio et à travers l’organisation de concours.

L’ascension du hip hop au Burkina

Après cet épisode, Smockey fait découvrir un autre style un peu plus dansant en featuring avec Lam sur le titre « Steupi ». Mais son titre « Yaaba » est un grand succès. Le refrain en mooré de ce titre se laisse changer facilement par les enfants. « yaaba yélma yaa, tif gousouf menga yaaa, ka y a Wogodg ya, pa nassatenga ya… »*. A partir de là, les regards commencent à changer. Le message en langue mooré est bien saisissable et fait l’unanimité.

C’est encore lui qui permet à nombreux jeunes de l’underground de se faire connaître à travers la compil « La part des ténèbres » en 2002 qui va faire émerger et de nombreux rappeurs. Il y aura deux volumes. Cet album permet de découvrir le rap dans toutes ses dimensions, dans toutes ses facettes : du rap dur au style le plus doux ou tradi-moderne. Les arrangements sont meilleurs. « Diplômé Paumé » de Faso Kombat est l’un des titres qui se distinguent particulièrement car chanté en mooré et en français. Le texte et le message touchent toutes les sensibilités. La question du chômage abordé est d’actualité. Le titre tourne en boucle sur les stations de télés et de radios.

Bien que Hardcore, le groupe 2KAS, qui sortira son album dans la foulée, est aussi une référence sur la compil grâce notamment au refrain et aux textes chantés en mooré. C’est également dans cette même compil que l’on voit pour la première fois, un titre d’album avec le mot « Assassin » du groupe Ben Cees. Après l’assassinat de Thomas Sankara, très peu d’artistes auraient pu oser. Le blog de Mathcoolj contribue également à sa manière à faire découvrir cette tendance musicale. Le rap est définitivement le genre musical majeur de la jeunesse burkinabè.

L’apogée du rap

Il est donc vrai que le studio Abazon (brûlé pendant le coup d’Etat du 16 septembre 2016) a permis la production d’un nombre important d’albums. Le rap a contribué à l’émergence de la musique burkinabè. En effet, jusque-là, les émissions  musicales étaient dominées par les productions étrangères et ivoiriennes notamment. C’est grâce au groupe La Censure avec son titre « Virée de Lascars » que les Burkinabè comprendront que le RAP peut se danser dans les boites de nuit Le refrain : « tout le monde ka bouger, même si ça te plait pas tout le monde ka danser » est très dansant.

Le groupe Yeleen va définitivement permettre aux Burkinabè d’accepter le mouvement rap. Les qualités des textes, le flow de Smarty, la voie enivrante de Mwandoé font de ce groupe l’un des plus grands du Burkina et de la sous-région. L’album est écouté d’un train traite. Le rap devient de plus en plus populaire. Les concours se multiplient. On aura, Hip Hop All Stars, Nescafé Rap Tour,  RAJS Talents de jeunes, Hip Hop All Stars, Craven A flow etc.

Chaque station de radio à son émission rap. Yeleen, Faso Kombat, Sofaa, Les Black Marabouts, La Censure, Clep To Gang, Pirratack, Wedhyack, etc. Le festival Ouaga hip hop va permettre de réunir le gotha du rap burkinabè et africain chaque année à Ouagadougou. Le mouvement s’est développé à tel point qu’un chroniqueur d’un magazine international faisait de Ouagadougou, la capitale du rap africain. Au Burkina, le rap n’est plus simplement de la musique mais un outil de revendication. Le groupe Sofaa ose même en réalisant un featuring avec le Professeur Laurent Bado.

La décadence du rap

Cependant, depuis quelques années, le rap burkinabè agonise. Les productions d’albums deviennent de moins en moins nombreuses. La jeune garde avec des groupes comme Duni Yam et Kadjoba n’arrivent plus à proposer du contenu rap. Les artistes rap s’orientent désormais vers la musique d’ambiance et populaire. OBC, considéré par beaucoup comme le meilleur groupe de rap ou l’un des meilleurs groupes de rap burkinabè n’a plus sorti d’album. Le festival Ouaga Hip Hop a muté pour devenir un festival dédié aux musiques urbaines.

Malgré l’émergence de Joey le Soldat et  Art Melody et quelques autres débutants le rap n’est plus ce mouvement populaire. La plupart des groupes (Black Marabouts, Clep To Gang, La Censure, Faso Kombat, Yeleen, Sofaa, 2KAS, 3e Régiment, Baloukou, Negramers, etc.) se sont disloqués, souvent après seulement leur premier album. Les titres de rap ne dominent plus les différentes émissions de radios et de télévisions. L’émission All Flowz diffusée sur la télévision nationale a disparu.

Les festivals et concours de rap ont presque également presque tous disparu. A la place, ce sont des musiques d’ambiances dont les textes sont moins bien élaborés que ces des rappeurs qui tournent en boucle sur les stations de télé. C’est peut-être ce qui a conduit des jeunes à mettre en place le mouvement « hip hop nékré » pour sonner le réveil du mouvement. Depuis 2005, l’influence du coup-décalé arrivé de la Côte d’Ivoire a fait perdre à ce genre sa popularité. Même les rappeurs ont un à un suivi ce mouvement pour des raisons commerciales.

Pour le moment, Smarty (prix découverte RFI 2013) Smockey et Dudn’J dans une moindre mesure reste les deux véritables fers de lance du rap burkinabè à côté de Art Melody et Joey le Soldat. Mais jusqu’à quand? Pour le moment, c’est le slam qui est en train de se faire une place.

*« Mon grand m’a dit de faire attention parce qu’on est ici à Ouagadougou et non aux pays des Blancs »

Crédit photo: https://neewram.files.wordpress.com

 


Lutte contre le terrorisme au Burkina : on parle beaucoup plus des défaites…

Dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso, les médias ont tendance à prioriser dans leur agenda les défaites des forces de défenses et de sécurité (FDS) burkinabè plutôt que leurs victoires. On nous parlera de la règle du train qui arrive en retard… Et pourtant dans ce nouveau contexte, le paradigme doit changer.

Dans la lutte contre le terrorisme, il faut des actions de communications qui motivent nos militaires (crédit photo Ahmed Ouoba)

En réalité, « lorsque les terroristes frappent, ils sont assurés de bénéficier de l’attention des médias, et donc de celle de la population et des gouvernants du pays qu’ils ont pris pour cible », affirme Brigitte Nacos dans son ouvrage intitulé Médias et terrorisme : du rôle central des médias dans le terrorisme et le contre-terrorisme. Pour l’auteur, les médias sont l’oxygène des terroristes. Elle ne croyait pas si bien dire. Depuis que le Burkina Faso est frappé par les attaques terroristes, nous avons l’impression que la hiérarchie militaire reste apathique et passive. Les défaites des Forces de défense et de sécurité (FDS) burkinabè sont abondamment relayés dans la presse locale et sur les réseaux sociaux. Et pourtant, comme le disait Raymond Aron, « le terroriste ne veut pas que beaucoup de gens meurent, il veut que beaucoup de gens le sachent. »

Le professeur Taham Najem fait constater que les terroristes « calculent avec précision la portée et le but, le lieu et le timing des attaques afin de susciter l’intérêt des médias, ou en d’autres termes, pour diffuser leurs messages à l’échelle mondiale. Et plus la couverture médiatique du terrorisme est importante et se prolonge, plus les sentiments de réussite, de puissance et d’influence des terroristes deviennent grands ». Tout cela, à cause du traitement sensationnel et dramatique.

Les sacrifices des FDS ignorés
Une bonne communication pourrait booster le moral des troupes (crédit photo Ahmed Ouoba)

En effet, les FDS burkinabè font d’incroyables sacrifices sur le front chaque jour que le soleil se lève pour traquer les terroristes jusque dans leurs derniers retranchements. Après les trois attentats qui ont frappé Ouagadougou et ceux dans le Sahel, la contre-attaque burkinabè porte ses fruits, comme en témoigne l’attentat déjoué à Rayongo, un quartier de Ouagadougou, mais aussi de nombreuses arrestations et découvertes d’armes à Ouagadougou. Les cellules de contre-terrorisme déjouent des attentats. Cependant, ces actions n’ont pas fait l’objet de communication.

Dans le cas des attaques à répétition à l’Est, ce que les autorités burkinabè oublient de dire, c’est qu’ils ont été les premiers à mener des offensives dans cette région grâce à plusieurs ratissages qui ont permis d’arrêter près d’une quarantaine de présumés terroristes. L’attaque ces derniers temps dans la région de l’Est est une riposte à toutes ces arrestations. En attaquant la gendarmerie de Pama (plus de 320 km de Ouagadougou) à la fin du mois d’août 2018, ces terroristes pensaient avoir récupérer certains des leurs. Mais l’anticipation des FDS a permis de les transférer dans une autre zone mieux sécurisée. Des armes ont été découvertes dans des greniers de personnes âgées. Tout cela, on ne le dit pas. Des

Les objectifs des terroristes, c’est de briser notre cohésion sociale, l’unité de la nation. Ils y arrivent au vu de la polémique grandissante sur la gestion de cette crise par les autorités burkinabè.

Briser le silence

A mon avis donc, les journalistes doivent forcément prendre parti contre la terreur, sans pour autant fouler au pied les règles fondamentales du métier. En relayant à chaque fois ces actes de terreur, nous contribution indirectement à faire la publicité des terroristes. Le traitement sensationnel de ces événements, leur dramatisation tend à contribuer à l’apologie du terrorisme. Il faudrait une véritable sélection dans la mise sous agenda du traitement de « l’actualité terroriste ». Dans cette position, les médias doivent tout même éviter de faire le jeu des politiques (oppositions et majorité confondues) qui cherchent à chaque fois à faire de la récupération.

Il est également temps pour les autorités burkinabè de combattre les terroristes sur le terrain de la communication, car chaque attaque est une action de communication. Cela peut se faire sans pour autant fouler les droits fondamentaux de l’Homme. Les FDS, pour se donner le moral, ont aujourd’hui besoin que le sacrifice fait sur l’autel de la lutte contre le terrorisme soit valorisé. Il ne faut plus que nous ayons l’impression que les FDS qui succombent dans cette guerre sont morts pour rien. Cette communication doit se faire à travers un plan cohérent d’exaltation des efforts des FDS, de diffusion (ou non) de l’information. Dévoiler certaines informations sur les arrestations de terroristes va contribuer à rassurer la population, inquiète sur la capacité de son gouvernement à le protéger.

N’oublions pas ce que disent Audrey Ilpidi et Perle Reynaud-Fourton : « Le message terroriste est avant tout adressé à l’opinion publique. C’est un message écrit avec le sang des victimes. Le terrorisme cherche à frapper les esprits dans le dessein de les manipuler. » Mais aujourd’hui, avec l’ampleur des réseaux sociaux, il est devenu difficile de filtrer l’information. C’est pourquoi il est désormais important de miser sur l’éducation aux médias et réseaux sociaux.

Photos avec l’aimable autorisation de Ahmed Ouoba


En Afrique, on ne donne pas le Franc CFA avec la main gauche

L’activiste franco-béninois Kemi Séba a été expulsé du Sénégal après avoir été emprisonné pour avoir brûlé un billet de 5000 francs CFA ((7,60 euros) le 19 août 2017 sur la place de l’Obélisque à Dakar (Sénégal). Son geste, on le sait, avait pour but de lutter contre le franc CFA jugé comme une monnaie impérialiste. Toutefois, son geste à créer une polémique, qui à sa place, à cause de la conception africaine de la monnaie.

Des billets de dix mille francs CFA de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest

En effet, pour Kémi Sema, l’Afrique doit avoir sa propre monnaie arrimée à aucune autre monnaie étrangère notamment occidentale. Il n’est pas le seul à lutter contre le franc CFA car déjà, les multiples pressions d’analystes, d’organisations de la société civile ont conduit les Etats ayant le franc CFA en partage à poser le débat. Au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les discussions semblaient être en bonne voie même si depuis 2009, l’idée de la création de cette monnaie est chaque fois reportée.

Toutefois, en brûlant un billet de Cinq mille francs CFA Kemi Séba se mettait à dos une grande masse de la population africaine. Ils ne pouvaient pas être compris par ces hommes et femmes qui croupissent à longueur de journée sous le chaud soleil, la pluie, bravant le vent, les marécages infestés de punaises, cultivant le solde aride etc. et qui ne rêvent que d’avoir un petit billet de mille francs CFA.

Un débat qui a raison d’être

En fait, il s’adressait à une certaine élite qui sait déjà que le Franc CFA est forcément un instrument de domination française, que le franc CFA pénalise l’Afrique dans les exportations de leurs produits, que cette monnaie est inféodée au ministère d’un pays qui n’est pas africain qu’il asphyxie l’économie africaine.

Cependant, si la lutte de Kémi Séba se comprend, elle est difficile de passer dans la mentalité de bon nombre d’africains qui ne savent rien de l’arrimage du franc CFA à l’euro, qui ne connaissent rien des institutions de Breton Woods, qui ne comprennent pas grand-chose de cette monnaie sous tutelle. Ils ne comprendront pas en quoi le fait que des administrateurs français siègent aux conseils d’administration des banques centrales concernées et ont le droit de véto, c’est-à-dire un droit de regard pour ne pas menacer les intérêts occidentaux et français en particulier.

De la sacralité de l’argent en Afrique

En Afrique, l’argent est sacré qu’il soit le franc CFA, le cédi, ou le franc guinéen. Dans un tel contexte, brûler un billet de cinq mille francs CFA n’est pas forcément perçu comme une stratégie de lutte mais plutôt un sacrilège qui peut vous attirer toutes les malédictions possibles. Kémi Séba, le panafricaniste a-t-il tenu compte de cet aspect ? Pas sûr tant l’incompréhension et l’acceptation est grande. Si beaucoup comprennent et supportent même la lutte de Kémi Séba, ils ont eu du mal à accepter qu’il brûle un billet de banque : « ça ne se fait pas » ! C’est un totem ! Kémi Séba a presque manger son totem en faisant cela.

Bien sûr, il s’agit d’un héritage culturel à commencer par les cauris utilisés auparavant comme pièce de monnaie.  Ils sont aujourd’hui encore utilisés pour des pratiques mystiques. Certains intellectuels africains sortis de cette moule comprennent donc difficilement ce geste de l’activiste franco-béninois. Au-delà de cela, brûler un billet de banque alors que certains vivent avec moins de 650 francs CFA (moins d’un euro) par jour passe mal dans l’entendement des africains. Sinon, sur la stratégie de Kémi Séba avait été accepté, il y aurait eu une grande vague de soutien et beaucoup auraient imité Kémi Séba.

Lutte contre la corruption et la gabegie

Voilà donc une autre lutte que doivent mener les élites africaines anti-francs CFA. De toutes les luttes qui ont porté fruit en Afrique, la grande masse a toujours été impliquée. Il est donc temps, en plus des débats élitistes, d’impliquer ces paysans qui en réalité font la force de cette monnaie. Sinon, le combat mené, quel que soit les stratégies (choquantes, négociées), restera vain. Très souvent, il faut sortir de ces carcans de lutte élitiste, des conférences et panels réservés à un groupe et se rapprocher du peuple à la base pour faire comprendre le sens de la lutte. Sinon Kémi Séba restera incompris (et même méprisé) comme l’ont été beaucoup, aussi noble que soit (sera) son combat.

Cependant, voyons le sujet sur un autre angle. A quoi servirait une monnaie africaine si les dirigeants restent incapables à proposer de plans sérieux de développement à leur population, continuent dans la corruption et la gabegie et n’arrivent pas à s’émanciper mentalement et politiquement des puissances occidentales ? A rien bien sûr.


Kounkoufouanou, ce village burkinabè où les habitants sont des sdf

Installée depuis 1983, la population du village de Kounkoufouanou (situé à 70 km de Fada N’Gourma chef-lieu de la province du Gourma dans l’Est du Burkina)est désormais des sans domiciles fixes (SDF). Le village est situé sur l’axe Fada-Frontière du Bénin. Les habitants ont été déguerpis un beau matin de juin 2015. Ils ont fui leur localité laissant tout derrière eux. Aujourd’hui, ils demandent au gouvernement burkinabè de respecter leurs droits les plus élémentaires.

Cet habitant déguerpie de Kounkoufouanou habite dans une hutte précaire

« Officiellement, on nous accusait d’occuper illégalement la zone pastorale de Kabongo. Et pourtant, on avait respecté la distance qui nous était imposée  d’au moins 500 m pour les habitations et 1 km pour les champs.  Ce jour là, les forces  de l’ordre  armées jusqu’aux dents ont  mis à feu et à sac nos habitations.  Beaucoup d’entre nous ont été tabassés dont des femmes et des enfants, arrêtés et conduits derrière les barreaux.  Nos maisons  ont été brûlées avec tout ce qui s’y trouvait », nous apprend Bernadette Koborini/Hanro mère éducatrice de l’école de Kounkoufouanou.

« Nous vivons dans la faim »

Elle poursuit son histoire : « Nos réserves alimentaires sont parties en fumée. L’unique école où nos enfants pouvaient recevoir l’éducation a été défenestrée et fermée laissant nos enfants dans la rue. L’accès  de l’unique source d’eau, la fontaine du village, nous a été coupé.  Le choc fut immense et ses répercussions psycho-sociales désastreuses pour toute la communauté. Depuis lors, nos conditions de vie ne cessent de se dégrader. Nous vivons la faim par manque de terre pour produire. Le manque d’eau portable nous expose à des maladies diarrhéiques graves ».

« La situation c’est désormais aggravé pour les ressortissants de cette localité. « Nous  sommes reclus désormais dans des huttes de fortune  et certains ont  même perdu la vie dont une enfant à la suite de morsure de serpent. Quant à nos enfants, ils n’ont eu d’autres choix que d’abandonner l’école, compromettant ainsi leur avenir pour toujours », explique, indignée, Bernadette Koborini/Hanro.

Les habitants déguerpis de Kounkoufouanou veulent être dédommager

Deux ans sont passés. La population de Kounkoufouanou reste dans une situation précaire alors que l’Etat burkinabè n’a aucun droit de regard sur eux. Ils reconnaissent néanmoins avoir reçu des vivres (quelques sacs de mils, de l’huile, des biscuits). Mais tout cela est en deçà  des préoccupations de ces populations à la recherche d’une terre où vivre, nourrir leurs enfants, les envoyés à l’école et les soigner.

C’est pourquoi, ils attendent du gouvernement burkinabè, des mesures urgentes pour leur permettre de subvenir à leurs besoins alimentaires. Ils souhaitent que le dossier de Kounkoufouanou soit rouvert pour résoudre clairement la question de la délimitation de la zone pastorale, de dédommager les membres de la communauté pour les pertes éprouvées lors du déguerpissement. Ils seraient plus de sept mille personnes à la recherche d’une terre où vivre.


Liberté de la presse : le Burkina mieux classé que les Etats-Unis

La presse au Burkina Faso est libre si l’on croit le dernier classement de Reporter Sans frontière (RSF). Le Burkina Faso occupe la 4e place devant les États-Unis selon le dernier classement sur la liberté de la presse dans le monde. Un classement qui peut paraître surprenant quand on se trouve au pays des hommes intègres.

Le Burkina Faso, 42e dans le classement de RSF est en effet juste devant les États-Unis qui arrivent 43e en matière de liberté de la presse. En plus de cela, le Burkina Faso n’est pas si loin de la France qui se place à la 39e position. Les trois pays se trouvent tous dans la même zone jaune, qui désigne les parties du globe à la « situation plutôt bonne » selon la légende du tableau de RSF. La surprise réside dans le fait qu’au Sud du Sahara, les États-Unis et la France sont considérés comme des modèles historiques de démocratie, tandis que le Burkina Faso sort de 27 ans de règne de Blaise Compaoré. Le pays n’avait jamais connu une alternance  démocratique.

Mais en parcourant la documentation du site de Reporter Sans Frontière (RSF), on se rend compte « en l’espace d’un an seulement, le nombre de pays où la situation pour les médias est considérée comme “bonne” ou “plutôt bonne” a diminué de 2,3% ». Et pourtant, RSF constate que c’est dans les pays de traditions démocratiques que l’on constate une dégradation de la liberté de la presse.

Donald Trump coupable ?

Qu’est ce qui peut expliquer une telle situation ? « A force de rogner sur la liberté fondamentale d’informer au prétexte de protéger leurs citoyens, les démocraties risquent d’y perdre leurs âmes », souligne le secrétaire général de RSF Christophe Deloire. Les élections présidentielles aux États-Unis et en France semblent expliquer en partie la baisse de la côte de ces deux pays avec des attaques répétées, des insultes, « dans un climat violent et délétère». De plus en plus, les hommes politiques tendent à s’immiscer dans le travail fait par les journalistes dans ces pays qui avaient pourtant bonne réputation. RSF donne pour exemple le cas de la Finlande où le Premier ministre s’est personnellement « immiscé dans les programmes de la radio publique Yle pour qu’elle ne traite plus d’un possible conflit d’intérêts dans lequel il serait impliqué ».

Sous pression, les médias sont de plus en plus traqués dans ces nations dites de démocratie avec l’adoption parfois de charte élargissant le pouvoir des services secrets sans protection pour les journalistes. C’est le cas précisément au Royaume-Unis, classé juste à deux points de plus que le Burkina Faso. Dans certains pays, les journalistes sont mêmes obligés de livrer leurs sources alors que d’autres sont mis sur écoute comme c’est le cas au Canada.

La précarité du métier menace les journalistes burkinabè

Si le Burkina Faso occupe un bon rang dans ce classement, c’est à la suite du sacrifice du journaliste Norbert Zongo, assassiné en 1998. Le rôle joué par les médias pendant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2017 a aussi favorisé ce climat. Mais la menace demeure avec les lourdes amendes et les sanctions pouvant conduire à la fermeture des journaux demeure une limite selon RSF.

Toutefois, ce classement ne doit pas cacher les nombreux problèmes que rencontrent les journalistes burkinabè. La précarité (bas salaire, mauvaises conditions de travail, la pression du travail, de l’employeur etc.) empêche souvent les journalistes de faire leur travail de façon indépendant et consciencieuse. Ils sont souvent obligés d’accepter des perdiems de cinq mille, dix mille francs CFA lors des couvertures d’événements pour souvent joindre les deux bouts. L’amélioration des conditions de travail des journalistes burkinabè est le défi à relever.


« Place à la révolution », ou comment le Balai Citoyen a fait tomber Compaoré

En 2005, sa grand-mère lui offre une radio alors qu’elle venait d’en recevoir une autre. Lorsqu’il met sa radio en marche, Kiswendsida Parfait Kaboré dit Galadio tombe sur la voix de Sams’K Le Jah, à l’époque animateur d’une émission reggae sur la Radio Ouaga FM. Il décide alors de le rencontrer. D’un portrait de Sams’K le Jah qu’il voulait réaliser, il sort le documentaire « Place à la révolution ». Un film qui résume la lutte menée par le Balai Citoyen avec ses deux leaders principaux Sams’K Le Jah et Smockey.

Place à la révolution revient sur le processus de mobilisation du Balai Citoyen (Boukari Ouédraogo)

« Place à la révolution », film de 84 minutes plonge le spectateur dans les moments de lutte qui ont conduit à la chute de l’ancien Président du Faso Blaise Compaoré. Il s’intéresse surtout à l’organisation, la mobilisation, la sensibilisation  et la lutte menée sur le terrain par les leaders du Balai Citoyen contre la modification de l’article 37 de la constitution du Burkina. Cet article permettait à l’époque au Président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat et d’instituer un pouvoir à vie.

La camera de Galadio est braqué principalement sur Sams K Le Jah et son compagnon de lutte Smockey deux artistes engagés dès les premières heures contre la modification de l’article 37. A travers des images inédites et presqu’uniques, il nous montre les coulisses de ce processus de révolution. Mais, c’est aussi une épopée musicale (concerts de sensibilisation grands-publics, des campagnes de reboisement et surtout des rencontres d’échanges dans les différents quartiers, les villages, les écoles loin de la capitale Ouagadougou) que propose le réalisateur etc.

De la parole aux actes

 « Il ne s’agit pas de parler seulement de Sankara, il a posé des actes il faut transmettre ça », résume Le Jah. Cette réalisation, est une plongée au cœur des différents évènements faisant en gros plan sur les marches, les meetings, les résistances face à Blaise Compaoré qui comptait s’éterniser au pouvoir. Le spectateur se sent véritablement acteur de tout ce qui passe. Mieux, Il vit les ambiances de meetings géants, respire les gaz lacrymogènes, prend part aux affrontements avec la police etc.

En effet, ce film tranche donc avec plusieurs autres par le fait qu’il met le spectateur au cœur de l’action, comme premier acteur. Normal dans la mesure où le réalisateur était au cœur de l’évènement. La caméra est surtout braquée uniquement sur le Balai Citoyen et ses leaders. Si « Place à la révolution » commence sur des notes musicales, il s’achève aussi sur des notes slam alors que l’assemblée nationale est en plein feu.

Il n’y a pas que Smockey et le Jah

Toutefois, aucune mention faite aux partis politiques, aux autres associations qui ont lutté aux côtés du Balai Citoyen. Une volonté du réalisateur qui se comprend aisément. Pour ceux qui n’ont pas été au cœur de cette lutte, ils découvrent de nouveaux visages tels que le slameur Hamidou Valian présent tout le long du film à travers ses verts décapants. Il a presque volé la vedette aux deux principaux leaders du Balai Citoyen. A côté de lui,  Rasmané Zidnaba qui s’est révélé être un véritable harangueur.

Malgré tout, l’on reste sur sa faim sur certains points. La caméra est surtout braquée sur Sams’K Le Jah. Smockey ne semble joué qu’un rôle d’accompagnateur. En plus de cela, « Place à la révolution » n’entre pas assez dans les coulisses : réunion sécrètes, briefing avant et après les manifestations, les dessous de l’arrivée du général Isaac Zida au pouvoir pourtant membre du RSP. D’ailleurs, le tournage a débuté depuis octobre 2012.

Malgré tout, Place à la Révolution est un chef d’œuvre qui permet à celui qui n’a pas vécu la révolution burkinabè en direct de le vivre comme s’il y était.


Téléphonie mobile au Burkina : une vraie galère

Lorsque certains burkinabè ont appris que Orange Burkina prenait la place de Airtel Burkina, ils ont crié « vivent la concurrence, que le consommateur gagne ! ». Au même moment, le réseau de téléphonie mobile Telecel testait sa 3G. On partait vers une concurrence qui devait pousser les trois réseaux de téléphonies mobiles à s’améliorer en qualité. Mais hélas… Le consommateur burkinabè continue de galérer.

(ph. ird.fr)

La situation a même empirée. Depuis que Airtel Burkina est devenu Orange Burkina, la qualité du réseau est devenue horrible. D’abord, la connexion internet est pénible. Il faut souvent prendre plusieurs heures pour ouvrir une page avec sa clé de connexion Orange Burkina. Ouvrir une page Facebook qui semble être l’une des pages les plus légères s’avère être un véritable chemin de croix.

D’ailleurs, dans certaines zones de la capitale burkinabè, il est devenu impossible de se connecter à Internet tant la connexion est défectueuse. Même certaines zones de Ouagadougou bien couvertes auparavant connaissent des soucis.

Mauvaise qualité de la connexion et des appels

En plus de la mauvaise qualité de la connexion, il est devenu tout aussi pénible de joindre son correspondant. Lorsque vous tentez d’appeler, votre téléphone vous indique que le réseau est occupé, le portable de votre correspondant est éteint ou qu’il se trouve dans une zone hors connexion.

Et pourtant, Airtel Burkina était considéré comme le meilleur en matière d’appels téléphoniques. Qu’est ce qui explique ce changement ? Certains connaisseurs du domaine pensent que les travaux de basculement du service indien vers celui français en serait la raison. Mais selon les vérifications d’agents, le problème ne viendrait pas de là. 

ONATEL et Telecel, pas mieux que Orange

Quant au réseau ONATEL (telmob), il ne semble aucunement faire des progrès dans la qualité de ses offres. Il est actuellement presque dans la même situation qu’Orange Burkina : difficile de joindre son correspondant, mauvaise qualité de la connexion 3G qu’il prétend offrir.

Telecel déjà célèbre pour la mauvaise qualité de ses services est le réseau à la traine. Son offre de service et la qualité de son réseau sont limitées. Il vient tout de même de lancer sa 3G. Mais pour le moment, il faut se connecter à 5000 francs CFA pour 1 giga valable une semaine et 10.000 Francs CFA pour 5 gigas valables un mois. Dans un tel contexte, ce n’est qu’une minorité de burkinabè qui peut bénéficier de ces services. Car, les revenues des burkinabè ne leur permettent pas de payer le luxe d’une connexion à ces prix-là.

Au vu de tous ces problèmes, on se demande comment ces trois services de téléphonie mobile pourront échapper à des sanctions de la part l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes au Burkina Faso (ARCEP).


Enterrement d’une grand-mère dans un village au Burkina

Il est 20 heures à Gassongo, village situé dans le département de Tikaré (Province du Bam) dans le nord du pays lorsque j’arrivais de Ouagadougou (environs 85 km).  La concession habituellement vide de Ignan (mère, par imitation du cri des poussins) refuse du monde. L’ambiance est festive. Une troupe musicale féminine chante, tapant sur des calebasses posées sur un cousin. C’est la fête. Et pourtant, Yaaba, ma grand-mère est morte le matin même.

Des femmes accompagnant le défunt dans sa tombe chantent et dansent

C’était la coutume.  Quand une personne âgée s’en allait, c’était une fête. L’on fêtait son départ vers un autre monde. C’était un voyage ! On m’invita à voir son corps. Je n’avais jamais fait ça. Je n’aurai d’ailleurs jamais fait ça. Mais c’était ma grand-mère, la personne la plus importante de ma vie.  Elle était couchée sur une natte, la tête rasée. On semblait dormir.

Du monde pour le dernier voyage

Plus la nuit avançait, plus la concession devenait petite. Les femmes arrivaient d’un peu partout. Certaines venues de loin avaient fait leurs affaires dès qu’elles avaient appris le décès le matin même. La musique redoublait d’intensité. Les femmes rivalisaient de créativité dans leurs chants. Elles en inventaient sur place, vantaient les qualités  humaines de cette dame véritable modèle d’intégrité. Gardienne des traditions, elle a toujours joué sa partition pour le respect des coutumes ancestrales.

Dans la cour donc, chantaient, dansaient, criaient, se taquinaient. Les plateaux plats de riz circulaient de main à main, se posaient autour de groupes de femmes. Alors, un vieil homme m’appela de côté : « votre grand-mère n’a pas eu de de garçon. C’est à vous de l’honorer ». Ce qui signifie que la fête devait être grandiose. Je devais acheter du dolo (bière traditionnel), des liqueurs et aussi du café pour que ces dames se droguent. Après ça, elles pouvaient chanter jusqu’au matin. Je m’exécutais. Les femmes n’arrêtèrent pas de chanter les louanges de Yaaba que lorsque les premiers rayons de soleil transpercèrent le ciel.

L’enterrement sous la canicule

Quand le soleil installa vraiment son trône dans le ciel dégagé, elles revinrent avec des bidons d’eaux portée sur la tête où à l’aide de pousse-pousse. D’autres apportèrent du bois pour la cuisine.

Au son des tambours, le village de Gassongo rend un dernier hommage à Yaaba

L’enterrement de Yaaba était prévu pour 11 heures ce samedi 8 avril. Plus l’heure approchait, plus le monde grossissait. De villages parfois lointains, des femmes et des hommes souvent à pied, arrivèrent pour assister au dernier voyage de ma grand-mère. Ils tenaient tous à lui rendre un dernier hommage. Une heure avant, sous une forte canicule, le cercueil de Yaaba fut exposé sous un grand arbre pour le dernier hommage. De nombreux villageois se rassemblèrent autour.

Après des incantations, on demandait à des jeunes de transporter le corps au cimetière. Ils se bousculèrent. Chacun voulait raconter un jour qu’il a tenu le cercueil de ma grand-mère. « Ne vous en faites pas. Chacun pourra porter le cercueil. Il faut vous relayer », expliqua un vieil homme. Ils se mirent à chanter au son du tam-tam.

Kouma yela mè (le défunt vous parle)

Kouma yela mè (le défunt vous parle)

Kouma yela mè yaaa (le défunt vous dit)

 Ti ra yondg mana biig yéééé (de ne pas faire du mal à ses enfants après son départ)…

500 mètre séparent la cour de Yaaba à sa tombe. Mais, cette distance fut parcourue en une heure. Après 50 mètres, on s’arrêtait, on chantait, on dansait, on lançait des youyous alors que les jeunes balançaient le cercueil au rythme des tambours. Généralement, les plus âgés restent à la maison. Ceux qui ne pourraient pas retenir leurs larmes n’avaient pas leur place. C’était une fête et non un deuil !

La tombe de Yaaba à Gassongo

La fête continue après l’enterrement

Puis, arrivées au cimetière, les femmes rebroussent chemin. Quelques jeunes gens restent pour l’enterrement. La tombe de Yaaba, creusée la veille compte deux parties. La première partie est sous la forme d’un cercle de deux mètres environs de rayon et un mètre de profondeur. A partir de ce trou, ils creusèrent ensuite un rectangle d’environ deux mètres de longs et 50 mètres de large.

Cérémonie d’enterrement d’une grand-mère dans un village burkinabè

Quand le cercueil fut placé minutieusement, on le recouvrir avec des pierres avant d’y jeter la terre. C’était la fin. Je ne reverrai plus Yaaba. Mais la fête continue.  On continua à manger et à boire comme si c’était à Noël ou la fête de tabaski. Enfin, toute la nuit la troupe de danse du village dansa tout en buvant les nombreuses bouteilles de liqueur, de dolo et aussi du café.


A Ouagadougou, le marché des lampes solaires se développe

Le commerce des lampes solaires connait un véritable bond actuellement au Burkina Faso et à Ouagadougou notamment. Avec cette période de canicule où les délestages sont quotidiens et durent de longues heures, le recours à ces lampes permet de vaincre l’obscurité.

Les lampes solaires marchent bien à Ouaga (Ph. Boukari Ouédraogo)

Dans un pays où le taux d’ensoleillement est élevé, le recours à l’énergie solaire s’impose de fait. Depuis la fin du mois de février, les lampes solaires ont pris place dans les étalages. Elles s’arrachent comme de petits pains. Entre le mois de mars et de mai, il est de notoriété que les délestages sont fréquents à Ouagadougou et durent en générale plusieurs heures.  C’est pourquoi, les Burkinabè se tournent de plus en plus avec les lampes solaires.

Alors, partant de ce constat, j’ai tenté de me faire une petite idée sur le commerce de ces petites machines. Pour cela, j’ai choisi de me rendre au grand marché de Ouagadougou, Rood Wooko.  Au côté Est de ce marché, j’y trouve un commerçant qui prose diverses marchandises. Il dispose d’une variété de lampes solaires et pour presque toutes les bourses.

Marchander le prix des lampes

Je négocie avec lui deux petites lampes qu’une connaissance avait achetées à deux mille francs CFA. Il refuse de me les céder à ce prix. Je dois ajouter cinq cent francs CFA. A prendre ou à laisser. « Quelque chose qui ne suffit pas », fait-il semblant de dire à son voisin pendant que je m’éloigne sur ma moto. C’est une manière de me faire comprendre qu’elles seront vendues que ce soit avec moi ou une autre personne.

Il suffit d’exposer ces lampes au soleil pour les faire fonctionner (Ph. Boukari Ouédraogo)

Quelques minutes après, je me retrouve carrément au côté opposé. Là-bas également se trouve un autre vendeur de lampes solaires. Après discussions, il accepte de me vendre chacune des lampes pour deux mille francs CFA. J’en achète trois. Effectivement, comme m’expliquera ce commerçant, depuis deux à trois ans, la demande en lampe solaire est très forte. Auparavant vendeur de postes radio, il s’est convertit peu à peu au commerce des lampes.

Avant, me fait-il comprendre, ce sont les lampes à piles qui avaient remplacé les lampes à pétrole. Il est devenu de plus en plus difficile de trouver du pétrole sur le marché. En plus de cela, les lampes à piles épargnent des odeurs du pétrole et de la fumée qui s’échappe. Pourtant elle n’éclaire pas aussi bien que les lampes à piles et désormais les lampes solaires.

Une bonne affaire pour les fonctionnaires des villages

Hormis les délestages, beaucoup de quartiers périphériques de Ouagadougou n’ont pas le réseau électrique. Pour éviter de dormir dans le noir, ils sont donc obligés de recourir aux lampes solaires qui n’occasionnent aucun autre frais à part le prix d’achat. Il suffit de la laisser se charger pendant toute la journée sous le soleil. L’énergie emmagasiner permet de l’utiliser pendant la nuit.

Un étale de lampes et appareils solaires (ph. Boukari Ouédraogo)

Ensuite, les lampes solaires sont très demandées par les enseignants et fonctionnaires vivant dans les villages. « Il y a beaucoup de fonctionnaires des villages qui viennent acheter les lampes ici pour repartir dans les villages. Quand ils viennent, ils peuvent acheter deux ou trois comme vous venez de le faire » m’assure le vendeur Le principal avantage est qu’il y en a pour toutes les bourses. « Les prix vont de deux mille à ce que tu peux ».

Les lampes à défaut des plaques solaires

Effectivement, la qualité de la batterie de certaines d’entre elle permet d’éclairer la maison, de charger des téléphones portables, faire fonctionner la radio et parfois même de brancher la télévision ou le ventilateur. « Mais je n’ai pas ça », prévient-t-il. Néanmoins, il existe aussi des radios, des torches, des ventilateurs qui fonctionnent grâce à l’énergie solaire. Certaines lampes bien que disposant de plaques solaires minuscules peuvent être chargée avec des piles ou de l’électricité.

Ceux qui ont recours aux lampes solaires n’ont pas forcément les moyens de s’acheter les grosses plaques solaires et les batteries pour éclairer toutes les pièces de leurs maisons à cause du coût. Au moins, avec ces lampes solaires, bons marchés, ils peuvent faire l’essentiel de leur travail.