Ecclésiaste Deudjui





Sangmélima

Une semaine après le « grand dialogue » au Cameroun, la ville de Sangmélima a été le théâtre de plusieurs affrontements entre les autochtones et les allogènes. Avec des conséquences dévastatrices…


L’histoire d’un grand dialogue

Du 30 septembre au 4 octobre de la semaine dernière, le Cameroun a vécu le plus grand dialogue inclusif de l’ère présidentielle de Paul Biya (déjà 37 ans quand même !).

Et c’est cette histoire-là que je vais vous raconter…

 

logo du Grand dialogue national
Le logo du grand dialogue. Source: sinotables.com /CC

 

L’origine du problème

Déjà, il faut rappeler que le grand dialogue national que nous avons vécu la semaine dernière, il était la conséquence de beaucoup-beaucoup de problèmes : les attentats terroristes de la secte Boko Haram au Nord, la crise post-électorale avec le MRC, le parti d’opposition, et l’arrestation de son leader contestataire Maurice Kamto, le mal-être et le mal-vivre des Camerounais qui avaient causé les émeutes de la faim au mois de février 2008, et puis finalement la crise anglophone qui est devenue une guerre civile…

La crise « dite » anglophone.

Et c’est dans cette atmosphère de tribalisme grandissant et de haine intempestive sur les réseaux sociaux, que le grand dialogue national s’imposait à nous tous. Puisque les Camerounais réclament la décentralisation et la remodélisation de nos systèmes éducatif et judiciaire, sans parler du sécessionnisme au Nord-Ouest-Sud-Ouest qui a déjà causé des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés mais aussi des pertes économiques qui sont actuellement évaluées à plusieurs milliers de milliards de francs CFA…

 

La convocation du dialogue

Et donc le mardi 10 septembre 2019, dans une adresse à la Nation qui n’avait rien de coutumière (Paul Biya ne s’exprime que le 10 février et le 31 décembre en général), le chef de l’État a pris la parole pour déclarer que « afin de ramener la paix dans les deux régions anglophones en crise, je convoque l’ouverture d’un grand dialogue national qui sera présidé par le Premier ministre, et qui aura lieu d’ici la fin de ce mois. »

Dont acte.

Et c’est ainsi que dès le lendemain matin, ledit Premier ministre Dion Nguté (il n’est pas le frère de Céline Dion hein) a commencé les consultations en vue de l’établissement de la forme de ce dialogue ainsi que de ses participants. Il a reçu tour à tour des leaders religieux, la société civile, les partis politiques, les corps constitués, les hommes et les femmes d’affaires, les chefs traditionnels, les blogueurs et les journalistes, les commerçants et les artistes, les élus municipaux et… mon ami Pierre La Paix Ndamè !

Pendant quinze jours d’affilée. Ce qui lui a permis de concevoir un listing de 700 personnalités invitées à participer à ces fameux échanges, dont la presse, lesquelles listes lui ont été facilitées par les gouverneurs de région et par les préfets qui naturellement appartiennent tous au RDPC, le parti du président…

 

Paul Biya le 10 septembre 2019
Paul Biya, lors de son discours du 10 septembre 2019 convoquant le grand dialogue. Source: prc.cm /Image reprise sous autorisation

 

Le déroulement du dialogue

Je ne critique pas pour critiquer hein, mais j’ai observé plusieurs incohérences. Déjà, le grand dialogue avait pour vocation à résorber le problème de la crise anglophone, mais pourquoi alors les travaux se sont essentiellement déroulés en langue française ? Hein ? Pourquoi les leaders ambazoniens qui sont pourtant le nœud de ce problème, n’ont-ils pas été représentés ? Pourquoi est-ce que le lieu du dialogue c’était le Palais des congrès à Yaoundé, et non pas choisir une ville anglophone comme Buea, ou Limbé, ou Bamenda, ou Tiko et que sais-je encore ? Pourquoi le président de la République n’a pas voulu assister personnellement à ces différentes assises ? Pourquoi est-ce que c’est le gouvernement qui a choisi lui-même les sujets à l’ordre du jour, la liste des participants comme je vous ai dit, la date et le timing des sessions, ainsi que le porte-parole de ces débats qui n’était personne d’autre que Georges Ewanè qui est malheureusement un journaliste de la CRTV, un média étatique (et donc forcément un militant du parti au pouvoir) ?

Et puis, on a remarqué les défections du MRC, de Kah Wallah, d’Alice Sadio, d’Akere Muna et de bien d’autres acteurs, qui ont considéré que ce grand dialogue n’était ni plus ni moins qu’une grosse mascarade ! On a aussi vu que certains sujets étaient prohibés pendant les délibérations, notamment la question sur l’alternance à la tête de l’État qui a été évoquée par le sultan Ibrahim Mbombo Njoya. On a constaté que la plupart des présidents de commissions (il y en avait huit au total) étaient tous des militants du RDPC ! Et que les barons du régime qui disaient auparavant que « Il n’existe pas et il n’a jamais existé de problème anglophone ! » étaient miraculeusement en tête de liste, et que ce sont même eux qui remplissaient les ateliers alors que normalement cette concertation aurait dû bénéficier d’un minimum de neutralité…

 

Les résolutions du dialogue

On a décidé de la réforme du système éducatif. On a modifié les procédures judiciaires. On a adopté le principe de la double nationalité. On a opté pour que les délégués du gouvernement auprès des communautés urbaines ne soient plus de super-maires, et qu’ils soient désormais soumis aux suffrages des électeurs. On a promis de réinjecter de l’argent dans les zones sinistrées, en vue de leur reconstruction économique. On a obtenu l’arrêt des poursuites contre 333 personnes qui étaient impliquées dans la crise anglophone, ainsi que la libération de 102 militants du MRC dont les grandes figures sont Michèle Ndoki, Paul-Éric Kinguè, Célestin Djamen, Valsero, Penda Ekoka, Alain Fogué, Albert Dzongang et bien entendu Maurice Kamto (ils ont été relaxés le samedi 5 octobre). On a milité pour une accélération de la décentralisation, avec notamment un « régime spécial » pour les deux régions anglophones, mais aussi le renforcement des compétences administratives pour le reste des maires qui travaillent dans les autres communes…

Il y a eu beaucoup de résolutions prises, et certainement de bonnes. Mais je vous rappelle que lors de la précédente tripartite, il y en avait eues de bien meilleures ! On avait notamment adopté cette même décentralisation qui est encore à l’ordre du jour aujourd’hui, et on avait même validé la limitation des mandats présidentiels au nombre de deux seulement !

C’était depuis l’année 1991, mais vous constaterez que monsieur Biya est toujours là.

 

Maurice Kamto lors de sa libération
Maurice Kamto (en lunettes, au centre de l’image) lors de sa libération le samedi 5 octobre 2019. Source: camer.be /CC-BY

 

L’histoire d’un très grand dialogue

Donc du 30 septembre au 4 octobre de la semaine dernière hein, le Cameroun a vécu le plus grand dialogue inclusif de l’ère présidentielle de notre président (ça fait trente-sept ans qu’il est là !).

Et c’est cette histoire-là que je tenais absolument à vous raconter…

 

L’histoire d’un grand dialogue. C’est l’histoire d’une réconciliation qu’on aurait pu tenir depuis le mois novembre 2016, lorsque la crise anglophone n’avait pas enflé, mais que nos dirigeants ont minimisée par arrogance et condescendance.

L’histoire d’un vrai dialogue. Je me demande si Paul Biya n’a pas initié ce dialogue pour éviter l’intervention militaire de la communauté internationale, parce que c’est quand même bizarre que cette convocation a coïncidé avec la tenue de l’assemblée générale de l’ONU.

L’histoire d’un dialogue « inclusif » qui a pourtant exclu les vrais sujets qui devaient accompagner les délibérations, car personne n’a parlé du Code électoral, de la séparation des pouvoirs, de la limitation des mandats présidentiels, de la déclaration des biens,  de l’indépendance de la Justice, etc.

 

Alors on aura beau tourner autour du pot comme ça pendant des années et des années, ce problème finira inéluctablement par venir se poser de nouveau. On aura beau faire semblant que les problèmes du Cameroun sont des problèmes d’ordre structurel, voire conjoncturel, on finira invariablement par revenir à l’évidence. On aura beau convoquer les grands dialogues dispendieux ou encore répéter des tripartites où les gens iront surtout pour se faire des selfies, mais rien n’y changera !

Parce que les Anglophones sont comme les Francophones et ils ont tout simplement besoin de découvrir un nouveau président.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, c’est notre Histoire

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[VIDÉO] Comment obtenir la carte d’identité au Cameroun ?

L’obtention de la carte d’identité est devenue un véritable chemin de croix ici au Cameroun. Et c’est de ça qu’il est question dans ce reportage que j’ai réalisé pour le compte du réseau Les Haut-Parleurs.

N’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne YouTube et de laisser vos commentaires comme l’a déjà fait mon ami Pierre La Paix Ndamè.

 

 

PRISES DE VUE :

Eithel Patrick « KMaro »

 

SON :

Eithel Patrick « KMaro »

 

MONTAGE :

Les HAUT-PARLEURS

Eithel Patrick « KMaro »

Ecclésiaste DEUDJUI

 

INTERVENANTS :

Alex

Olivier Takou

Alain Bilè

Michael

 

REMERCIEMENTS :

Université de Douala

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai ma carte d’identité

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Arrêtez de nous prendre pour des idiots !

Les gens qui nous dirigent font souvent comme si on était des enfants à qui ils allaient donner du caramel afin de nous ramener à de meilleurs sentiments.

Et le pire c’est qu’ils nous prennent également pour des idiots !

 

un enfant dans un hôpital en mauvais état
Un enfant qui attend dans un hôpital camerounais. Source: camer.be /Photo reproduite sous autorisation

 

Arrêtez de dire que tout va bien au Cameroun

Les gens qui nous dirigent font comme s’ils habitaient sur une autre planète ! Ils disent que la santé se porte bien au Cameroun, et pourtant ils vont toujours se faire soigner à l’étranger. Ils disent que nous possédons la meilleure éducation en Afrique francophone, mais leurs enfants fréquentent pourtant dans les universités qui sont loin de notre continent. Ils nous mentent même qu’on a les meilleurs sites touristiques de tout l’univers, et pourtant on voit bien comment ils aiment se prélasser sur les abords de la Côte-d’Azur, de la plage d’Ibiza, des îles du Pacifique, de la cathédrale Notre-Dame de Paris, etc.

Les gens qui nous dirigent, arrêtez de dire que le Cameroun est une République qui se porte comme un charme ! Arrêtez de nous obliger à fermer les yeux sur ce qui ne marche pas dans notre Triangle, sous le faux prétexte que nous serions manipulés par des puissances occidentales tapies dans l’ombre. Arrêtez de nous empêcher de vous critiquer ouvertement en nous traitant d’antipatriotes. Arrêtez d’être malhonnêtes envers vous-mêmes et envers votre propre filiation, et laissez-nous identifier ce qui ne fonctionne pas au lieu de toujours réitérer que « il n’existe pas et il n’a jamais existé de problème anglophone au Cameroun ! »

 

Arrêtez de prendre toujours de mauvais exemples

Arrêtez de nous comparer à des systèmes qui ne fonctionnent pas bien ailleurs ! Arrêtez de remplacer ce qui ne marche plus par ce qui ne marche pas (dixit Petit-Pays). Arrêtez d’ouvrir votre large bouche lorsqu’on vous démontre comment est-ce que les choses sont bien régulées dans les pays qui sont sérieux. Arrêtez de nous prendre à témoins pour de mauvais exemples, lorsqu’il s’agit de nous assimiler à des nations voyous pour nous démontrer que le Cameroun n’est pas le dernier élève de la classe, et pour justifier ainsi la mal-gouvernance que vous avez mise sur pied depuis la fin de l’année 1982.

Arrêtez de dire à Pierre La Paix Ndamè que « Voilà un pont qui s’était aussi effondré en Italie norr ! », « Voilà un train qui avait aussi déraillé en RDC norr », « Voilà un hôpital qui vient d’être complètement incendié là-bas à Rio de Janeiro norr, est-ce que le Cameroun est le seul pays au monde qui subit les incendies ? »

Arrêtez de copier les mauvais exemples pour justifier le retrait glissement  de la CAN 2019 et pour camoufler les vols de milliards que cette mascarade a organisés (jusqu’à aujourd’hui les chantiers ne sont toujours pas livrés !). Arrêtez d’insulter Ahmad Ahmad parce qu’il vous a simplement dit la vérité. Essayez au moins une fois dans votre vie de revenir de l’étranger – puisque c’est surtout là-bas que vous séjournez en réalité -, et de nous dire que « Chers compatriotes, nous avons bien observé les routes qui sont faites à Genève, et nous allons tenter de reproduire ces autoroutes-là sur nos axes-lourds. Chers Camerounais, nous allons copier les meilleurs hôpitaux qui existent dans le monde. Nous allons imiter les universités performantes qui sont basées en Angleterre et aux États-Unis. Nous allons photocopier le bon exemple, afin aussi de développer notre cher pays le Cameroun puisque nous avons toujours prétendu l’aimer… »

 

stade camerounais en chantier
Certains stades de la CAN 2019 sont encore en chantiers. Image: cameroon-report.com /reproduit sous autorisation

 

Cessez de dire qu’il y a la paix au Cameroun

Et surtout, cessez de nous faire accroire qu’il existe la tranquillité au Cameroun ! Franchement ! Ne soyez pas si cyniques et si irrespectueux envers les milliers victimes qui sont déjà décédées. Ne soyez pas si sanguinaires. Ne soyez pas si méchants, et arrêtez de vous moquer des Camerounais qui risquent leur vie tous les jours au Nord-Ouest, au Sud-Ouest, à l’Extrême-Nord, à l’Est, etc.

Arrêtez de nous dire mentir qu’il y a la paix ici au Cameroun ! Arrêtez de plastronner sur les plateaux de télévision avec vos nouveaux costards, et de déclarer en mondovision que « La vie à Bamenda et à Buea se déroule totalement normalement ». Mince ! Parce que ce n’est pas parce que vous fumez votre cigare qu’il y a la paix au Cameroun hein. Ce n’est pas parce que vous volez l’argent des Camerounais et que les Camerounais ne disent rien pour le moment que le Cameroun se porte bien. Ce n’est pas parce que les Camerounais sont des pleutres et des soûlards, voire des égoïstes individualistes qui ne se soucient jamais de leur propre intérêt collectif, que vous allez croire que nous vous croyons. Car en vérité , je vous le dis, tous ceux qui minimisent de la vie des êtres humains seront amenés un jour à devoir leur rendre des comptes.

Même si cela se fera sur leur sixième génération.

 

Arrêtez avec vos mauvaises solutions !

Arrêtez d’être si stupides, bon sang ! Arrêtez d’être si maladroits. Arrêtez de nous offrir cinq cent mille ordinateurs en pensant que c’est cela qui va améliorer notre quotient intellectuel en informatique. Vous êtes même sérieux ?

Arrêtez d’organiser des collectes de fonds comme le PAHU (plan d’assistance humanitaire d’urgence) pour détourner l’argent des pauvres Camerounais, alors que dans le même temps vous dépensez le même montant en équipements militaires et en munitions. Arrêtez d’offrir des sacs de riz à des populations qui ne demandent qu’à rentrer chez elles. Arrêtez d’importer les matériaux préfabriqués pour construire les stades. Arrêtez d’offrir des cahiers et des cartables à des écoliers qui ont vu leurs salles de classes complètement incendiées. Arrêtez de diminuer la fiscalité dans le No-So en pensant que c’est suffisant pour y ramener des investisseurs. Arrêtez de croire que c’est en dépannant Mama Nguéa que vous aurez résolu tous les problèmes qu’il y a dans le droit d’auteur. Arrêtez d’être si stupides, bon sang ! Arrêtez de penser qu’il suffit d’annoncer un dialogue en grande pompe alors que vous-même vous n’allez pas y participer (je parle de toi, Paul Biya), juste parce que vous voulez contenter la communauté internationale et que vous vous fichez pas mal de ce qui pourra bien se passer après ce fameux dialogue inclusif…

 

Paul s'adresse à la nation camerounaise
Paul Biya s’est adressé à la nation camerounaise le 10 septembre 2019 pour annoncer le dialogue national. Source: cameroon-info.net /Image reprise sous autorisation

 

Une bonne fois pour toutes, cessez de nous prendre pour des idiots !

Donc les gens qui nous dirigent hein, parfois ils font comme si on était des enfants à qui ils allaient distribuer du miel ou bien du caramel hein, afin qu’ils puissent ainsi nous ramener à de meilleurs assentiments.

Et le pire c’est qu’ils nous prennent en même temps pour des imbéciles !

 

Arrêtez de nous prendre pour des idiots ! Car ce n’est pas en emprisonnant un milliardaire ou bien deux anciens mauvais gestionnaires, que vous allez résoudre le problème de la corruption qui sévit insidieusement dans presque toute notre administration.

Arrêtez de nous prendre pour des aveugles ! Parce que vous prétendez souvent vivre comme nous, et pourtant on voit bien que vos enfants s’accaparent de tous les concours administratifs ; et que vous-mêmes vous possédez une quarantaine de véhicules dans chacun de vos parkings.

Arrêtez de vous moquer des populations déplacées à cause de la guerre civile qui perdure en zone anglophone, parce que ce que vous semez aujourd’hui risquera de se retourner sur votre sixième génération !

 

Puisque quand vous paradez sur les plateaux de télévision avec vos jolis costards, vous êtes toujours souriants et vous répétez à l’envi que « Le Cameroun possède une Justice totalement indépendante », « Le Cameroun est un exemple de prospérité et de modernité pour le monde entier », « Le Cameroun est un pays complètement en paix sur l’ensemble de son territoire national, et la rentrée scolaire s’est parfaitement déroulée dans le Nord-Ouest et dans le Sud-Ouest ».

Et c’est comme ça que nous allons progressivement finir par vous considérer comme des ignares.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, ne me prenez plus pour un idiot !

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Samuel Eto’o, l’enfant terrible !

C’est dans la nuit de vendredi à samedi dernier que Samuel Eto’o a annoncé qu’il mettait un terme à sa carrière sportive. Tournant ainsi l’une des plus belles pages de l’histoire du football camerounais…

 

Samuel Eto'o au championnat camerounais
Samuel Eto’o en 1997, sous le maillot de la KSA en deuxième division. Source: Facebook /CC

 

Samuel Eto’o, l’enfant de New-Bell

Samuel Eto’o est né le 10 mars 1981 à Nkon, dans la banlieue de Yaoundé. Mais c’est dans le quartier difficile de New-Bell, à Douala, qu’il effectuera la majeure partie de son enfance.

Samuel Eto’o est le premier mâle dans une fratrie de six enfants (trois garçons et autant de filles). Son papa était un comptable de profession, et sa maman une commerçante. Il s’envole pour la France en 1995 avec un visa de dix jours seulement, mais il y séjournera pendant plusieurs mois (chez sa grande sœur), sans papiers. Plusieurs centres de formation vont refuser de le recruter durant cette période, dont notamment celui du Paris Saint-Germain. Et c’est avec beaucoup de déception qu’il va rentrer au Cameroun, mais il rebondira en intégrant l’école de football de la KSA (Kadji Sports Academy)…

 

Samuel Eto’o, l’excellent footballeur

Il faut noter que quelques temps après son entrée à la KSA, Samuel Eto’o va retourner dans l’Hexagone pour des essais au Havre AC, à l’AS Saint-Etienne et à l’AS Cannes qui vont se révéler tous… non concluants ! Mais c’est en 1997 lors d’un match de l’équipe nationale junior (perdu 2-3 contre la Côte d’Ivoire mais avec un doublé de Samuel), qu’il est repéré puis recruté par le grand Real Madrid ! S’ensuivent alors des prêts au CD Leganès (1997-1998), à l’Espanyol Barcelone (1999) puis au RCD Majorque (2000) où il restera finalement quatre ans et demi, pour en devenir le meilleur buteur de l’histoire du club avec 70 réalisations…

Ensuite, c’est Barcelone ! Il y gagnera le surnom de « pichichi » puisqu’il va terminer meilleur buteur du championnat espagnol en 2006. Il y remportera deux ligues des champions (2006 et 2009), inscrira 152 buts et sera élu « Meilleur 9 » de l’histoire du club par les socios. Sa rupture avec Guardiola va le pousser vers l’Inter de Milan où il va remporter le triplé championnat-coupe-ligue des champions en 2010, devenant ainsi le premier seul joueur de l’histoire à réaliser cet exploit deux années de suite avec deux clubs différents !

En équipe nationale, Samuel Eto’o reste le meilleur buteur de l’histoire des Lions indomptables, avec 56 réalisations en 118 capes. Il est le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe d’Afrique (18 buts). Il a participé à quatre Coupes du monde (1998, 2002, 2010 et 2014). Il a remporté deux CAN consécutives (2000 et 2002). Il a remporté les Jeux olympiques de Sydney en l’an 2000. Il a été désigné Meilleur joueur africain de l’année en 2003, 2004, 2005 et 2010. Il n’a jamais décroché le Ballon d’or alors qu’il devait normalement le remporter en 2006…

 

Samuel Eto'o présente ses trophées sous le maillot du FC Barcelone
Samuel Eto’o a remporté de nombreux trophées, notamment sous les couleurs du FC Barcelone. Source: rtve.es /Image reprise sous autorisation

 

Samuel Eto’o, l’homme des faits divers

Ce qui a terni tenté de ternir l’image de Samuel Eto’o Fils, ce sont les faits divers. Et cela depuis son époque de Majorque où il avait asséné un coup de tête à un journaliste camerounais (Boni Philippe, pour ne pas le citer), avant de désamorcer ce contentieux judiciaire « à l’amiable ».

Samuel Eto’o, c’est aussi un tempérament ostentatoire. C’est quelqu’un qui parle de lui-même à la troisième personne du singulier. Ce sont des montres luxueuses qu’il offrait à ses coéquipiers en équipe nationale. Ce sont aussi des grèves organisées à l’encontre la fédération nationale. Ce sont des conflits ouverts contre certains administrateurs du football, à l’exemple de Tombi A Roko qui est son ennemi juré ! Ce sont aussi des belles de nuit qui arpentaient les couloirs des restaurants et hôtels où séjournaient régulièrement nos Lions indomptables…

Justement. Une idylle avec Nathalie Koah a éclaté sur la place publique en février 2016, avec la parution du livre « Revenge porn ». L’auteure y parle des pratiques sexuelles peu orthodoxes que lui aurait administrées notre pichichi national, et ces révélations ont causé beaucoup-beaucoup de bruit. Puis il y a eu le mariage ꟷen grande pompeꟷ avec la mère de ses enfants dans la ville de Milan, la bienheureuse Georgette Tra Lou. Il y a eu son influence sur les dernières élections à la présidence de la Fécafoot. Il y a eu son intermédiation entre Ahmad Ahmad et notre président Paul Biya, lequel président nous avait pourtant promis l’organisation de la CAN 2019. Il y a eu son omniprésence durant la dernière Coupe d’Afrique des nations au sein de la Tanière, et certains disent même que c’est à cause de lui que le Nigeria avait si piteusement éliminé la formation de Clarence Seedorf…

 

Samuel Eto’o, le milliardaire

Samuel Eto’o est devenu le footballeur le mieux rémunéré de toute la planète en 2011, lorsqu’il a signé pour Anji Makhatchkala en Russie. Il touchait alors 20 millions d’euros par saison, soit un peu plus de 1,1 milliard FCFA tous les mois !

Il a fait construire un pavillon à l’hôpital Laquintinie qui porte naturellement son nom. Il a également créé une fondation Samuel Eto’o Fils. Il est le promoteur d’un centre de formation qui fournit plusieurs footballeurs à nos différentes équipes nationales. Il a été la mascotte de la multinationale MTN, de Guinness Cameroun et de Versace. Il est une égérie historique de l’équipementier Puma. Il est un ambassadeur international pour les Nations-Unies. Il fréquente les chefs d’État et il a la ligne téléphonique de l’émir du Qatar. Son carnet d’adresses est rempli d’hommes d’affaires de Tchétchénie ou bien de Turquie, sans oublier qu’il est l’ami personnel de Gianni Infantino qui n’est rien d’autre que le président actuel de la Fifa !

 

 

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THE END😉 VERS UN NOUVEAU DÉFI… Merci à vous tous big love ❤️ adrénaline 💉💉💉💉💉💉

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Samuel Eto’o Fils, l’enfant terrible du Cameroun !

Donc c’est dans la nuit de vendredi à samedi 7 septembre 2019,  sur Instagram, que Samuel Eto’o Fils a annoncé qu’il mettait un terme à sa riche carrière sportive (359 buts en 718 matches). Tournant ainsi l’une des plus belles pages de l’histoire de notre football camerounais…

 

Samuel Eto’o Fils, le généreux ! Parce que ce garçon a déjà aidé tellement de familles ici au Cameroun, soigné tellement de malades, et encouragé tellement d’artistes ou bien de jeunes entrepreneurs comme mon ami Pierre La Paix Ndamè qui vit à Dibombari.

Samuel Eto’o Fils, le patriote ! Parce que tout ce qui a guidé ce jeune homme durant sa longue carrière, c’était surtout l’amour qu’il portait pour notre pays le Cameroun.

Samuel Eto’o Fils, l’exemple ! Parce qu’il ne se tatoue pas, il ne se drogue pas (il ne boit même pas d’alcool pour commencer), il ne se coiffe pas bizarrement et il n’a jamais manqué de respect à l’un de ses aînés.

 

Alors quand une icône de son espèce décide de se retirer de l’arène footballistique, nous devons tous lui tirer un grand coup de chapeau ! Nous ne devons pas l’excuser forcément pour les nombreuses erreurs qu’il a pu commettre, mais nous devons quand même essayer de le comprendre. Nous devons lui accorder la place qui lui revient dans le gotha de notre football légendaire qui comprend déjà les Roger Milla, les Abega Théophile, les Mbappè Leppé ou encore les Joseph-Antoine Bell.

Parce que qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas hein, Samuel Eto’o est devenu le plus grand personnage de toute la grande Histoire de notre football camerounais.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je respecte Samuel Eto’o

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Au Cameroun, la sagesse dépasse parfois l’intelligence…

Ça ne sert à rien d’avoir un Bac + 40 si tu n’es même pas capable de rationner correctement la mère de tes enfants. Parce que dans notre pays-ci hein, nous on préfère un homme qui est stupide et qui est même probablement malhonnête aussi, mais qui sait au moins comment on ramène de l’argent à la maison.

Et c’est cette mentalité-là qu’on appelle ici la sagesse !

 

circulation de motos au Cameroun
Les Camerounais sont à la recherche de la sagesse qui leur permettra de devenir riches. Photo by Chapdel Kamga via Iwaria /CC-BY

 

La malhonnêteté dépasse l’honnêteté

Si tu veux être vertueux et correct ici au Cameroun, les gens vont te demander que « Je demande hein, tu veux nous montrer que tu es plus honnête que les qui ? »

Surtout que la malhonnêteté ce n’est pas seulement le banditisme hein. Car il y a aussi le tribalisme, le népotisme, la corruption, la concussion et les escroqueries politiques. Il y a les petits mensonges que nous fabriquons au quotidien et qui nous valorisent auprès des filles. Puisque si tu viens devant une Camerounaise et que tu commences à déverser ta vraie-vraie vérité, elle va te demander de lui ficher le camp ! Parce que les femmes d’ici préfèrent le bling-bling et elles se foutent pas mal de savoir si tu l’as obtenu par malhonnêteté…

 

La richesse dépasse la culture

Ça sert à quoi d’avoir lu une nonantaine de livres ésotéro-philosophiques, si tu n’es même pas capable de nous envoyer les fournitures scolaires par transfert d’argent ? Hein ? Ça sert même à quoi ta culture ?

Puisque dans notre Cameroun-ci hein, les gens qui sont très cultivés sont traités comme des cultivateurs ! Les gens qui sont très informés sont traités comme des informateurs (c’est-à-dire des traitres). Les gens qui sont des travailleurs et des bosseurs, les gens qui innovent, sont généralement traités ici comme des perturbateurs et des empêcheurs de tourner en rond (« Je demande hein, tu veux nous montrer que tu travailles plus que les qui ? »).

Dans notre Cameroun-ci hein, la culture générale ne sert à rien, walaï ! Puisque quand tu vas mourir on va t’enterrer comme un énergumène. On ne va même pas consulter ton blog ou bien tes ouvrages que tu avais rédigés hein, puisque les Camerounais ne lisent pas. Le seul bouquin qu’ils peuvent acheter sans discuter c’est « Comment devenir riche en moins de 24 heures ? »

 

deux artistes africains de body-painting
Les hommes de culture ne sont pas assez valorisés au Cameroun. Photo by dazzle_jam via Iwaria /CC-BY

 

La réussite sociale dépasse la beauté physique

La réussite sociale, c’est lorsque tu possèdes une grosse voiture. Pas une jolie hein, une grosse ! Une voiture qui peut consommer beaucoup-beaucoup de carburant et qui va malheureusement aussi contribuer au réchauffement climatique

Donc si tu as une voiture pareille, alors tu seras forcément beau !

Et c’est pour ça que nos adolescentes adorent les papys croulants qui roulent en grosse bagnole ici dehors, et qui enfilent de jolis costards. Nos araignées n’en ont rien à cirer de ta beauté plastique ou encore de ta pseudo-jouvence. Nos cameruineuses te trouvent immédiatement séduisant lorsque ton portefeuille est volumineux. Elles te trouveront très attirant lorsque tu feras partie de notre Gouvernement. Et si par malheur tu es un prolétaire qui n’a pas un bon travail ni même seulement une bonne famille, alors tu n’auras aucune chance !

Car aucune Camerounaise ne pourra jamais te dire que tu es son genre de profil…

 

La fin justifiera toujours les moyens

Même le début hein, ça dépend de comment tu te comportes. Car si tu nous donnes la bière régulièrement, alors tu deviendras une bonne personne. Si tu nous apportes à manger et si tu « contribues » lors de certaines manifestations familiales, alors tu deviendras quelqu’un d’intéressant.

Et cela reste également valable pour les mbeinguètaires. Parce que nous on ne veut même pas savoir comment ils font pour gagner leur argent là-bas à l’étranger hein, nous on s’en fout. Tout ce qui nous intéresse et qui peut les rendre plus intéressants à coup sûr, ce sont exclusivement leurs euros !

 

Samuel Eto'o, considéré comme rempli de sagesse
Malgré son jeune âge, certains Camerounais considèrent Eto’o comme leur grand-frère. Source: Flikr /CC0

 

Au Cameroun, la sagesse dépassera toujours l’intelligence…

Donc même si tu as fréquenté n’importe comment et que tu ne parviens pas à rationner la mère de tes propres enfants hein, c’est ton problème ! Car nous on préfère les gens qui sont bêtes comme leur pied gauche mais qui savent au moins comment on ramène de l’argent à la maison…

 

Au Cameroun, l’âge de la richesse dépasse déjà le droit d’aînesse. Puisque tu vois de vieux grands-pères qui s’agenouillent devant leur petit-fils Samuel Eto’o Fils, et cela reste aussi valable pour toutes les autres familles camerounaises.

Au Cameroun, la longévité a remplacé la jeunesse. Car il y a des octogénaires qui occupent des postes stratégiques depuis bientôt un demi-siècle, et le pire c’est qu’ils se considèrent toujours comme l’avenir de notre nation.

Dans le Cameroun de mon ami Pierre La Paix Ndamè, pourtant si brillantissime, la cupidité et l’ingratitude surpasseront toujours son intelligence…

 

Le mensonge dépassera toujours la vérité. La filouterie dépassera toujours l’intégrité. La médiocrité devancera toujours la compétence. La trahison surpassera toujours la loyauté et la fidélité, et les gens qui sont mesquins et avares surclasseront toujours les Camerounais qui sont restés dans la pauvreté et dans la galère.

Et c’est cette malhonnêteté-là qu’on appelle ici la sagesse.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas « sage »

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[VIDÉO] Comment vivre avec le VIH ?

Bien qu’il n’existe pas encore de vaccin contre le VIH, il existe quand même un traitement qui permet aux malades du sida de pouvoir vivre parfaitement normalement. Et c’est de ça qu’il est question dans ce reportage que j’ai réalisé pour le compte du réseau Les Haut-Parleurs.

N’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne YouTube et de laisser vos commentaires comme l’a déjà fait mon ami Pierre La Paix Ndamè.

 

 

 

 

Prises de vue :

Ecclésiaste DEUDJUI

Maurice NGANGUÈ

Hyacinthe SEUMO

 

Son :

Ecclésiaste DEUDJUI

 

Montage :

Les HAUT-PARLEURS

Ecclésiaste DEUDJUI

 

Intervenants :

Anonyme (la personne malade, de dos)

Paul Sylvain EWASSÈ (homme en chemise bleu sombre)

Laure TCHAKOUNTÉ (femme en robe noire)

Nkafu MANFRED (homme en lunettes)

Hermine NDAPTIE (conseillère psycho-sociale)

Yoyo NGONGANG (Médecin)

 

Remerciements :

Association ALTERNATIVES-Cameroun

Snack-bar « Ça M’arrange »

Boulangerie SAKER à Beedi

Théophile POUAGNI

 

Ecclésiaste DEUDJUI, on peut vivre avec le VIH !

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Je démissionne !

Depuis que j’ai confié à mon entourage que j’avais déjà envie de démissionner, personne ne veut me comprendre ! Ils sont là ils me parlent seulement de mon salaire, de mes avantages de service et de mes perspectives de carrière.

Mais personne ne vient me demander pourquoi est-ce que j’ai subitement envisagé de démissionner…

 

travailler moins pour lire plus
J’ai besoin de plus de temps pour moi-même. Crédit photo: ActuaLitté Source: Flickr /CC BY-SA 2.0

 

Je déteste les rapports

Pas les rapports avec mes collègues hein, au contraire ! J’adore mes collègues. Mais je parle des rapports que tu dois systématiquement rédiger pour justifier ce que tu as fait, ce que tu as vu, ce que tu as bu, ce que tu as lu et entendu, ce que tu as dépensé, et même les moindres faits et gestes de tes déplacements lorsque le DRH t’avait fait partir en mission…

Au départ c’était pourtant facile à gérer. Mais à partir du rapport semestriel ça devient déjà vraiment-vraiment compliqué. Surtout que tu as d’autres choses à faire. Tu as surtout des mails que tu dois rédiger (en mettant toujours ton patron en copie) qui commencent automatiquement obligatoirement par « Cher collègue », et qui se terminent toujours pas « Cordialement » même lorsque tu réponds à ta lettre de licenciement

 

Je suis fatigué de la routine

C’est un peu comme dans la vie de couple : c’est pour le meilleur salaire et pour le pire ! Sauf que dans le mariage tu es parfois récompensé lorsque ton épouse est de bonne moralité…

Mais dans le travail ? Nada ! Il y a toujours ton patron ꟷencore lui !ꟷ qui te tape sur le système, et le pire c’est que tu es obligé de le rencontrer au moins cinq fois par semaine (heureusement qu’il y a les jours fériés). Il y a certains collègues qui défilent devant tes yeux tous les jours avec le même habillement, et qui ne font qu’exécuter les mêmes-mêmes choses. Toi-même tu es déjà en train de devenir un robot parce que tu passes ton temps à faire les mêmes photocopies, à répondre aux mêmes interrogations et à réitérer les mêmes procédures. Tu as même fini par ne plus faire la différence entre le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi et le vendredi.

 

un homme qui colle les papiers sur un tableau
Je déteste les longues réunions. Photo by Medsile via Iwaria

 

J’ai aussi envie de devenir riche

C’est clair que si tu demeures salarié et que tu te contentes de te contenter de ton salaire, eh bien tu vas finir très pauvre !

En tous cas, tu ne seras jamais riche comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Tu te contenteras de payer ton loyer et de solder quelques factures de ton câbleur. Tu vas finir par fonctionner comme un fonctionnaire. C’est-à-dire que tu ne pourras pas faire des projections sérieuses pour ton avenir, puisque tu te satisferas d’exécuter les instructions de tes supérieurs et de tes chefs.

Et pourtant le secret de la réussite hein, c’est qu’il faut souvent parfois savoir prendre des risques. Il faut apprendre à oser, à entreprendre, et à acquérir l’esprit d’initiative. Il faut pouvoir devenir un « embaucheur ». Il faut avoir le courage et la folie de ses ambitions, et même si ça ne marche pas tu auras au moins eu le mérite de l’avoir courageusement essayé.

 

Je ne suis pas fait pour ce genre de travail

Je ne suis pas fait pour ce genre de boulot. Je ne suis pas fait pour la vie de bureau. Je ne suis pas fait pour me placer devant un directeur et puis d’attendre qu’il me donne la permission de me rasseoir. Je ne suis pas fait pour aller à la comptabilité. Je ne suis pas fait pour les longues réunions. Je ne suis pas fait pour les entretiens d’embauche…

Ce n’est pas une tare, ce n’est pas un défaut, ce n’est pas une qualité non plus, mais c’est comme ça ! Je ne veux pas que quelqu’un me dise à quelle heure je devrai me réveiller. Je ne veux pas que quelqu’un d’autre me fixe mon salaire. Je ne veux pas que ce soit un individu comme moi qui me dise ce que je devrai faire. Je ne veux pas me mettre en route avec la feuille de route de quelqu’un d’autre, sinon je serai un « suiveur » et un loser alors que j’avais désespérément l’espérance de devenir un leader…

 

Alain Mabanckou, écrivain congolais
Alain Mabanckou est un écrivain congolais que j’affectionne particulièrement.Crédit: Titlutin /CC BY-SA 2.0

 

Je jette l’éponge !

Donc depuis que j’ai dit à mon entourage que j’envisageais sérieusement de démissionner, personne ne veut m’écouter ! Ils sont là ils me parlent seulement de mon matricule, de leurs avantages collatéraux et de mon augmentation de salaire.

Mais personne n’est venu me demander que « Ecclésiaste, pourquoi est-ce que tu as réellement envie de démissionner ? »

 

Je démissionne ! Je suis fatigué de me focaliser sur les urgences des autres, et je suis fatigué de répéter les mêmes tâches qui m’abrutissent au lieu de me faire rêver.

Je démissionne ! Parce que je n’ai même plus assez de temps pour moi-même ; car en journée je suis occupé par un travail qui m’éloigne de ma famille, et en soirée je suis fatigué à cause d’un travail qui m’empêche de m’amuser.

Je jette l’éponge ! J’ai envie de démissionner parce que je n’avais pas été programmé pour ce genre d’existence…

 

Parce que depuis ma plus tendre enfance, j’avais toujours rêvé de devenir un footballeur professionnel. Ensuite j’ai rêvé de devenir un journaliste ou bien un enseignant de mathématiques. Puis j’ai aussi rêvé de devenir un informaticien. Et enfin j’ai choisi de devenir un écrivain-blogueur, puisque mon auteur préféré s’appelle Alain Mabanckou et c’est pour lui ressembler que j’ai même décidé qu’il fallait absolument que moi je démissionne !

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai démissionné

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Le réchauffement climatique pour les nuls

Nous entendons parler du réchauffement climatique dans les médias internationaux et dans les blogs, mais certains Camerounais se demandent encore de quoi est-ce qu’il s’agirait exactement.

Et certains individus m’ont même littéralement réclamé une version pour les nuls…

 

graphique des activités émettrices de CO2
Origine des gaz à effet de serre émis par l’activité humaine. Source: Wikimedia CC

 

C’est quoi le réchauffement climatique ?

Déjà, c’est un réchauffement ! Cela signifie que la planète que nous occupons (la Terre) est en train de subir une augmentation significative de sa température, et que cette hausse-là finira par nous procurer des conséquences dévastatrices.

On a par exemple observé que le niveau des océans est en train de s’élever à cause de la fonte des immenses calottes glaciaires, et que cette élévation fera disparaître certaines îles ꟷcomme les Maldivesꟷ qui sont exclusivement entourées par le Pacifique ! On a aussi remarqué que les hivers sont plus chauds sur toute la planète, que la canicule est devenue systématique lors de tous les étés, et que la pluviométrie et les tempêtes sont déréglées et c’est pour cela qu’elles sont devenues de plus en plus violentes et donc meurtrières…

 

Qu’est-ce qui provoque le réchauffement climatique ?

Pour faire simple, on va dire que c’est le CO2 qui est contenu dans l’atmosphère terrestre. Et que le CO2 c’est du dioxyde de carbone. Et que le CO2 est un gaz à effet de serre, au même titre que le méthane et le protoxyde d’azote qui sont aussi présents dans l’air mais en quantité quasiment insignifiante…

Qu’est-ce que l’effet de serre ? En fait, la Terre reçoit la lumière du Soleil en même temps que son énergie à chaque seconde, puis elle renvoie une quantité de cette chaleur sous forme de rayonnement solaire infrarouge. Sauf que cette chaleur est capturée par le CO2 qui est contenu dans notre atmosphère, et au lieu de retourner vers le soleil elle est plutôt renvoyée en direction de notre planète : ce qui contribue à la réchauffer davantage.

On estime que le niveau de CO2 nécessaire à l’équilibre climatique de notre environnement est d’environ 0,03 %, soit trois molécules sur dix mille. Et pourtant nous tendons vers un doublement de ces proportions (d’ici l’an 2100) qui causera de violentes sécheresses et probablement aussi la disparition de plusieurs milliers d’espèces…

 

dessin de la production électrique solaire
Un schéma de production électrique solaire. Source: JP énergie environnement /Dessin reproduit sous autorisation

 

Qui est responsable du réchauffement climatique ?

L’Homme, bien sûr, avec un grand H. Parce qu’avant la révolution industrielle du XIXème siècle, le niveau de CO2 était tranquillement resté constant dans l’atmosphère pendant près de 800 mille ans !

C’est l’Homme qui est l’unique responsable du réchauffement climatique. Car à cause des énergies fossiles que nous utilisons comme le charbon, le pétrole et les gazoducs, les êtres humains libèrent près de trente milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année ! Sans parler de la déforestation que nous accélérons et aussi de l’intensification de l’agriculture intensive. Car la déforestation détruit le poumon de notre planète, puisque ce sont les arbres (à travers leurs feuilles) qui absorbent le dioxyde de carbone contenu dans l’atmosphère et qui nous renvoient l’essentiel de l’oxygène que nous respirons tous les jours…

 

Comment diminuer le réchauffement climatique ?

En réalité, il suffit de ne pas le faire augmenter. Puisque nous n’avons pas encore atteint le point de non-retour. Il suffit de réguler notre consommation d’énergie avec parcimonie. Il suffit de planter plusieurs arbres. Il suffit de se déplacer avec les transports en commun afin de diminuer les émissions de gaz. Il suffit de rénover nos habitats afin qu’ils puissent devenir bioclimatiques. Il suffit d’arrêter le gaspillage (eau du robinet, nourriture, déchets…) et de ne plus utiliser des plastiques non-biodégradables. Il suffit de consommer des matériaux recyclables. Mais surtout, IL FAUT EXCLUSIVEMENT SE RAVITAILLER AVEC LES ÉNERGIES RENOUVELABLES !

À titre indicatif, l’énergie que le soleil nous expédie pendant une seule heure, est supérieure à toutes les énergies fossilisées que nous consommons sur la planète durant toute une année ! Et c’est pour cela que nous devons privilégier ces énergies nouvelles qui seront éternellement gratuites. Je veux parler de l’énergie solaire, de l’éolien, de l’hydraulique, de la géothermie, des biocarburants, etc.

 

de jeunes filles de Ngaoundéré qui plantent des arbres
L’église luthérienne de Ngaoundéré a organisé des campagnes de reboisement. Source: Cameroun Actu /CC-BY

 

La protection de l’environnement pour les nuls

Donc nous entendons souvent parler du réchauffement climatique dans les médias internationaux hein, mais certaines Camerounaises se demandent encore de quoi est-ce qu’il s’agissait exactement.

Et certaines personnes m’ont même littéralement réclamé une version pour les nuls…

 

Le réchauffement climatique pour les nuls ! L’air, la terre et les océans se réchauffent à une vitesse qui s’accélère, car nous produisons du CO2 à un rythme si élevé que notre planète n’a même plus suffisamment de temps pour pouvoir tout absorber.

Le changement climatique pour les nuls ! Car c’est déjà démontré que notre climatologie s’est déréglée, et que ꟷsi on ne fait rienꟷ nos enfants souffriront à cause de la sévérité des dures saisons qu’ils endureront.

La protection de l’environnement pour les nuls, car c’était surtout de cette protection-là qu’il s’agissait exactement.

 

Puisque quand nous entendons parler de l’écologie dans certains médias sociaux et sur les blogs, certains Camerounais se disent que « Ah’ka ! Est-ce que ça existe vraiment ? », « Ah’ka ! Est-ce que ça concerne aussi les Africains ? », « Ah’ka ! Est-ce que nous serons même encore vivants pour en constater les conséquences ? »

Et pourtant il s’agit là d’un sujet global qui doit concerner toute l’Humanité entière, y compris mon ami Pierre La Paix Ndamè puisque c’est lui qui m’avait absolument demandé une explication du réchauffement climatique pour les nullards…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je protège l’environnement

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Je vous parlerai d’un temps qu’ils ne peuvent pas connaître…

Je suis né en 1982 et donc je fais partie de la génération Y. Mais quand je discute avec un adolescent camerounais d’aujourd’hui, j’ai la curieuse sensation qu’on n’arrivera jamais à se comprendre.

Parce que je lui parlerai d’un temps et d’une époque qu’il n’aura plus jamais l’opportunité de connaître…

 

des enfants qui jouent au football sous un temps de pluie
À l’époque nous jouions au football sous la pluie. Image: Pinterest (c)

 

Je vous parlerai de la drague

Aujourd’hui c’est devenu facile de baratiner une fille au Cameroun parce qu’il y a désormais Facebook et Instagram, mais il y a surtout WhatsApp et Messenger ! Et pourtant dans les années 1990 hein, c’était vraiment difficile jusqu’ààààààà…

Moi par exemple quand j’avais dragué Donatella à Ndikiniméki, j’étais parfois obligé de lancer plusieurs cailloux sur la toiture de leur maison avant qu’elle ne sorte pour vérifier si c’était effectivement moi. Et même quand je faisais Terminale à Bafoussam, je n’avais pas de téléphone et donc je pouvais rester devant le portail d’une fille du matin jusqu’à la tombée de la nuit…

À notre époque, les garçons et les filles ne possédaient pas de smartphone ni de tablette. On ne voyait pas les cuisses des filles comme on voit ça aujourd’hui facilement gratuitement dans la rue. Les filles n’étaient pas encore matérialistes comme celles d’aujourd’hui. On pouvait courtiser une demoiselle pendant des semestres et des semestres, avant –éventuellement !– de pouvoir recevoir son approbation (elles étaient toujours en train de nous dire que « Je vais réfléchir »).

 

Google n’était pas notre meilleur ami

Nous avons découvert internet à l’orée des années 2000. Et je me rappelle que pour créer ma première boîte électronique (e.deudjui@caramail.com), ça m’avait coûté trois mille francs CFA dans un cybercafé ! On surfait sur le web  à raison de 1 000 FCFA / heure, et je me souviens que la plupart de nos visites étaient surtout effectuées sur des plateformes pornographiques.

On n’avait pas encore la connaissance à portée de main comme les adolescents d’aujourd’hui. On ne connaissait pas encore Google. Il n’existait pas encore le métier l’activité de blogueur. On se rendait à pied dans les librairies et dans les bibliothèques. On feuilletait encore les gros dictionnaires. On avait des camarades qui se cultivaient dans les encyclopédies que leurs parents avaient disséminées dans de grosses armoires, et c’est de cette manière-là que nous nous renseignions sur les curiosités de ce monde.

Il n’y avait pas encore le câblage ni la télévision numérique par satellite comme aujourd’hui, mais nous entendions quand même parler de la Guerre Froide. La CRTV ouvrait ses antennes vers 18h30, et elle les refermait toujours avant minuit. Les politiciens les plus célèbres étaient Kadhafi, Bill Clinton, Mobutu, Sankara, Saddam Hussein, Idi Amin Dada, Margareth Thatcher, Fidel Castro, Mikael Gorbatchev, etc.

On entendait aussi parler d’un certain Paul Biya qui était nouvellement élu chef de l’État, mais personne ne pouvait imaginer que ce type-là serait encore président aujourd’hui en l’an 2019 !

 

signal TV
Voici le signal qui s’affichait sur la télévision nationale avant 18h30. Source: Google /CC0

 

On ne se plaignait pas vraiment du franc CFA

Quand j’avais dix ans à l’époque, je pouvais me nourrir avec cinquante francs CFA : j’achetais le demi-pain à 30 FCFA et puis je le chargeais avec le haricot de 20 FCFA. Et le plus curieux hein, c’est que cela me rassasiait !

On nous parlait à la radio de la dévaluation du franc CFA qui venait encore de perdre de la valeur, mais nous ça ne nous concernait pas directement. On utilisait encore les pièces de 5 francs et aussi celles de 10 francs pour acheter les bonbons et les caramels. Tu pouvais regarder un film au vidéo-club avec 25 FCFA seulement, même si c’était un film porno ! Tu pouvais inviter une fille dans ta chambrette et tu lui offrais le jus avec le pain-haricot comme je t’ai expliqué tout à l’heure, et tout cela te revenait à moins de 300 FCFA seulement !

On ne parlait pas encore du panafricanisme ni de la création d’une monnaie sous-régionale. On ne parlait pas de l’absence de devises. Nos travailleurs étaient correctement payés et ils partaient dépenser leur argent dans les circuits et dans les « chantiers ». Je n’étais même pas encore un adulte hein, mais j’ai l’impression que les salariés de cette époque-là étaient vraiment mieux entretenus que les Camerounais de la génération actuelle.

 

Kylian Mbappè n’était pas notre idole

Nous on avait des divertissements qui n’avaient rien à voir avec tous ceux d’aujourd’hui : on ne connaissait pas les réseaux sociaux, on ne jouait pas aux jeux-vidéos, on ne se photographiait pas régulièrement mais surtout on ne se bousculait pas devant les kiosques de jeux de hasard…

Je ne prétends pas que notre époque était la meilleure, mais elle était différente ! Car au lieu de Kylian Mbappè nous avions Diego Maradona. Au lieu de Nyangono du Sud nous avions Michael Jackson. Au lieu de Moustik Le Karismatik nous avions Jean-Miché Kankan. Au lieu des séries brésiliennes nous avions les films hindous. Au lieu de Pascal Siakam nous avions Michael Jordan. Au lieu de Jet Li nous avions Jackie Chan. Au lieu de Francis Nganou nous avions Mike Tyson. Au lieu de Clinton Njié et de sa sextape devenue virale, nous on avait les posters de Petit-Pays qui s’était filmé sans caleçon sur la pochette de l’un de ses albums…

Nos divertissements n’avaient rien, mais alors rien à voir avec ceux d’aujourd’hui ! Puisque nous on simulait le jeu de football avec les capsules de bière. Nous on visait les câbles électriques de la Sonel avec les tessons de bouteille et quelques pierres. Nous on attaquait les goyaviers et les manguiers à l’aide de petits morceaux de cailloux. Nous on jouait au pousse-pion avec les tchantchouss, on se mélangeait dans le marigot avec les filles qui avaient accepté de venir se déshabiller devant nous, et puis le lendemain on recommençait à pratiquer le jeu de Papa et Maman avec ces mêmes fillettes…

 

Diego Armando Maradona
Diego Armando Maradona était l’une de nos plus grandes idoles. Source: arteargentina.com /CC0

 

Je vous parlerai d’une époque qu’ils ne pourront jamais connaître…

Donc comme j’expliquais, je suis de la génération Y et on nous appelle aussi les Millenials. Je ne suis né entre 1980 et les années 2000 (comme mon ami Pierre La Paix Ndamè). Mais quand je discute avec un adolescent camerounais d’aujourd’hui, je suis perturbé de constater qu’on n’arrivera jamais à se comprendre…

 

Je vous parlerai d’une éducation qu’ils ne peuvent pas connaître ! À l’époque on nous fouettait à l’école avec une grosse chicote en caoutchouc (les enseignants avaient encore ce droit-là), on nous demandait d’effectuer nos exercices sans calculatrice, et ensuite nous assistions à des cours d’éducation civique ou bien de morale.

Je vous parlerai d’une culture qu’ils ne peuvent pas connaître ! Parce que nous on lisait des écrivains comme Mongo Beti, nous écoutions des musiciens comme Dina Bell et nous admirions des comédiennes comme la brillantissime Joséphine Ndagnou (alias Ta’a Zibi).

Je vous parlerai d’une époque qu’ils ne pourront jamais percevoir, tout comme nous aussi nous n’avons pas connu l’époque des aînés qui nous ont précédés.

 

Parce que quand moi je devenais un adolescent ici au Cameroun, nous on jouait régulièrement au cache-cache et à la balançoire. Nous on regardait les Tortues Ninja et les Barba-papas à la télévision nationale. Nous on demandait à nos parents que « Papa, pourquoi tu as beaucoup les cheveux comme ça ? », et lui il réajustait son afro en me répondant que c’était comme ça la mode à son époque, tout comme sa salopette et aussi ses énormissimes pattes d’éléphant.

Mais ça ne sert à rien de vous raconter tout ceci puisque les jouvenceaux de maintenant ne voudront jamais réellement me comprendre.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, c’était ça mon époque

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L’affaire Clinton Njié

Une sombre histoire de sextape a explosé sur les réseaux sociaux samedi dernier, aux environs de quatorze heures. Et la victime de cette affaire n’était autre que le footballeur Clinton Njié !

 

Clinton Njié pendant la CAN 2019
Clinton Njié avec le maillot des Lions Indomptables, lors de la CAN 2019 en Egypte. Source: foot01.com /Image reprise sous autorisation

 

Le début de l’affaire

« L’affaire » a explosé sur les réseaux sociaux samedi dernier aux environs de quatorze heures ! Puisque quand je me suis connecté sur Facebook pour discuter avec ma petite amie, il y avait des gens qui me demandaient que « Tu as vu la vidéo ? », « Tu as déjà téléchargé la vidéo ? », « Est-ce que tu peux m’envoyer immédiatement la vidéo de Clinton Njié ? »

Et moi, curieux comme un Camerounais puisque nous on ne s’intéresse ici qu’à des futilités, j’ai directement commandé cette vidéo à Pierre La Paix Ndamè qui se trouvait pourtant à l’étranger en ce moment-là…

 

La nature de l’affaire

La vidéo est une vidéo pornographique ! Une vidéo « fellationnique » plus précisément. Puisque sur ce court podcast de presque 1min19s, on y voit notre footballeur préféré compatriote en train de se faire tailler une excellente fellation en bonne et due forme, et puis d’enregistrer les prouesses de sa dulcinée avec la caméra de son téléphone androïd…

Sauf que le gars était ivre de bonheur (ou d’alcool, on ne sait pas), puisqu’il venait de signer son nouveau contrat professionnel avec le club du Dynamo Moscou en Russie. Et il paraît que dans le feu de l’action, après avoir contemplé la rotondité des fesses de sa déesse, le gars a appuyé sur « Envoyer » alors qu’il voulait certainement appuyer sur le bouton « Enregistrer ». Et voilà comment cette vidéo s’est retrouvée sur SnapChat et ensuite elle est devenue virale en moins de soixante secondes chrono.

 

Clinton Njié présente son nouveau maillot du Dynamo Moscou
Clinton Njié vient de signer au Dynamo Moscou, en Russie. Image: Twitter /CC0

 

Les conséquences de l’affaire

Quelles conséquences ? Est-ce que c’est lui le premier footballeur à nous envoyer des images enregistrées et qui contiennent des séquences pornographiques ? Hein ? Est-ce qu’on n’avait pas déjà connu ça avec un ancien numéro 9 qui était lui aussi un avant-centre de notre équipe nationale ? Hein ? Est-ce que c’est la première fois qu’on voit une personnalité camerounaise en train de trainailler son bangala devant un objectif qui est tenu par un cadreur amateur, et puis que cette vidéo se retrouve dans tous les smartphones de tous les Camerounais et surtout de toutes les Camerounaises ?

Il n’y aura donc aucune conséquence ! Sauf que les gens vont un peu se moquer de Clinton Njié qu’ils ont même déjà commencé à jeter en pâture (Maahlox s’est moqué de lui jusqu’ààààààà), mais cette histoire finira par se noyer comme les vidéos de Nathalie Koah et celles de Vincent Sosthène Fouda qui avaient également pourtant fait le buzz. Puisque nous-mêmes nous réalisons parfois nos propres POV (private own videos) dans nos chambrettes et dans nos universités, mais heureusement que nous sommes des anonymes sinon cela allait aussi se retrouver au beau milieu d’un nouveau scandale instagramique

 

L’interprétation de l’affaire

Moi j’ai interprété cela comme une sorte de vindicte populaire. Puisque les gens ont bondi sur cette affaire comme des charognards, au point d’en oublier que Maurice Kamto est toujours derrière les barreaux, que la situation en zone anglophone n’est pas encore résolue, et que le repli identitaire gagne du terrain au point de nous rendre le risque de guerre tribale ici au Cameroun non négligeable…

Surtout que les Lions Indomptables gagnent beaucoup-beaucoup de millions pour rien, et donc lorsque nous pouvons les clouer au pilori nous ne nous dérangeons même pas un peu !

Et puis ce que moi j’ai retenu de cette histoire, c’est que nous devons chercher l’argent, les gars ! Sinon vous allez attraper une jolie fille comme la pin-up de Clinton Njié là où ? Hein ? Vous allez la rencontrer comment ? Vous allez même d’abord commencer par où pour lui demander de venir vous administrer une langoureuse petite fellation ? Hein ? Vous avez même bien regardé la jolie métisse qui était sur la vidéo-là ?

Donc un seul mot, les gars : cherchons d’abord l’argent !

 

Alisha Berry
Le mannequin Alisha Berry a d’abord été présenté comme étant la fille sur la vidéo, sans aucune confirmation par la suite. Image: Facebook /CC0

 

L’affaire de la sextape de Clinton Njié

Donc une piètre histoire de sextape m’a déconcentré le samedi 27 juillet 2019 vers 14 heures, alors que je souhaitais discuter avec ma petite amie.

Et la vedette de cette affaire n’était autre que le Camerounais Clinton Njié !

 

L’affaire Clinton ! Pas Monica Lewinsky hein, parce que Bill avait fait sa part au début de l’année 1998, et Njié vient de réaliser pour lui au beau milieu de l’année 2019.

L’affaire Njié ! Ou l’histoire d’un excellent footballeur qui était pourtant très prometteur au départ, mais qui se perd peu à peu parce qu’il n’est pas accompagné par un professionnel de l’image.

L’affaire Njié Clinton nous rappelle que nous sommes essentiellement des voyeurs, nous les Camerounais, puisque cette vidéo s’est retrouvée entre les mains des enfants qui n’ont même pas encore atteint l’âge de dix-huit ans !

 

Et subitement les gens se sont mis à insulter impunément ce footballeur, ils se sont mis à se moquer de lui, et ils se sont mis à le vilipender. Et puis les gens ont compris pourquoi est-ce que nos Lions Indomptables avaient exigé leurs primes de participation à l’avance. Et puis les gens ont vu ce que ces Lions-là aiment souvent faire lorsqu’ils ont un peu de temps libre. Et puis les Camerounais ont saisi la raison pour laquelle on avait été éliminés dès les huitièmes de finale par le Nigeria, lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations en Egypte.

Et puis cette affaire-là a littéralement fait le tour de la toile en une seule seconde, mais elle va bientôt s’estomper puisque le peuple de Paul Biya ne va pas tarder à se focaliser très prochainement sur un énième et rocambolesque fait divers…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, ce n’est plus mon affaire !

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Il y a cinquante ans, les Camerounais marchaient sur la Lune…

Je considère l’exploration lunaire comme la plus grande réussite de toute l’histoire de notre Humanité. Et pour moi c’est comme si des Camerounais avaient également marché sur la Lune…

 

Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin sont allés sur la Lune
Neil Armstrong (à gauche), Michael Collins (au centre) et Edwin « Buzz » Aldrin sont les trois membres d’équipage de la mission Apollo 11 à destination de la Lune. Source: tajan.auction.fr /CC0

 

Les Américains ont marché sur la Lune

C’est le 16 juillet 1969 que les astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins ont quitté la Terre en direction de l’orbite lunaire. Seuls les deux premiers ont ensuite posé leurs pieds sur la Lune le dimanche 20 juillet à 20h56 (heure de Houston), avec cette phrase d’Armstrong qui est entrée dans la postérité : « C’est un petit pas pour l’Homme, mais un pas de géant pour l’Humanité. »

Après cette mission réussie qui a été effectuée par la mission Apollo 11 de la NASA, d’autres hommes ont continué à se rendre sur la Lune jusqu’à la fin du projet avec le lancement d’Apollo 17 en 1972. Et au total ils sont douze hommes Américains à avoir marché sur la Lune durant cette épopée, mais depuis 1972 personne n’y est plus jamais retourné !

 

Les Russes avaient envoyé un homme dans l’espace

Il faut rappeler que dans les années 1950, les scientifiques russes avaient énormément pris d’avance sur les ingénieurs aéronautiques américains. Car ils savaient déjà envoyer des missiles dans l’espace, et en 1961 ils ont carrément envoyé le premier humain à l’extérieur de l’atmosphère terrestre, et cet humain-là s’appelait Youri Gagarine !

Les Russes ont ensuite envoyé la première femme dans l’espace (Valentina Terechkova), puis ils ont expérimenté la première sortie extravéhiculaire : ce qui signifie que le cosmonaute Leonov est allé dans l’espace en 1965, et qu’il est sorti de sa capsule aérospatiale pendant environ douze minutes ! Et pendant ce temps-là les Américains ne sont même pas capables de faire naviguer une fusée dans le paysage cosmique correctement…

 

Youri Gagarine
Youri Gagarine (1934-1968), astronaute soviétique, est le tout premier homme a avoir effectué un vol dans l’espace. Source: Wikimedia /CC0

 

Certains Camerounais se demandent si c’était vrai

Moi je me suis longtemps demandé si cette histoire était véridique. Et si oui, pourquoi alors elle ne se reproduisait pas. Parce que c’est quand même bizarre de voir que des êtres humains ont pu marcher sur la Lune avec la technologie des années 1960, et qu’ils n’y parviennent presque plus aujourd’hui. C’est étrange.

Mais en réalité c’est parce que l’objectif des États-Unis avait été atteint, et en fait ils avaient juste voulu impressionner les Soviétiques ou alors repousser leurs propres limites. Car c’était en pleine guerre froide. Et puis ça leur coûtait déjà beaucoup-beaucoup de milliards (jusqu’à 3,5 % du budget fédéral). Puisqu’il fallait mobiliser et payer 400000 personnes pour la réussite d’un projet aussi gigantesque. Et ils l’ont surtout réalisé pour rendre hommage au président John F. Kennedy, parce que c’est lui qui avait fixé cet objectif lors d’un discours mémorable qu’il a prononcé le 12 septembre 1962 : « Nous avons choisi d’aller sur la Lune avant la fin de cette décennie. Nous allons rattraper notre retard sur l’URSS. Nous allons démontrer que ce pays a du talent. Nous allons accomplir cet exploit démesuré non pas parce que c’est facile, mais justement parce que c’est difficile… »

 

Les Camerounais iront sur Mars

Par procuration, bien sûr ! Parce que nous ne sommes même pas déjà capables de réaliser les simples assemblages de voitures. Nous ne sommes même pas encore capables de fabriquer concevoir un moteur. Nous ne sommes pas capables de faire fonctionner une petite compagnie aérienne comme Camair-Co. Nous ne sommes pas capables d’entraîner une simple équipe nationale de football. Nous ne sommes pas capables de nous mobiliser et de travailler en commun. Nous n’avons pas un chef de l’État qui se montre capable de nous fixer des objectifs élevés. Nous n’avons pas d’ambitions collectives. Nous ne sommes ni des pionniers, ni des aventuriers, ni des chercheurs (et encore moins des trouveurs). Nous n’irons sur la planète Mars que par procuration si Donald Trump veut bien y expédier ses propres spationautes, parce que nous les Camerounais nous n’inventons jamais rien et nous n’imaginons jamais rien.

Nous ne sommes que des consommateurs de vestes françaises et de montres suisses, et notre seule mission ici au Cameroun n’est que de s’éterniser au pouvoir…

 

 

Il y a cinquante ans exactement, des hommes comme nous marchaient sur la Lune…

Donc je considère l’alunissage comme la plus grande prouesse technologique de toute l’histoire de la recherche scientifique universelle. Et pour moi c’est comme si personnellement j’avais également marché sur la Lune

 

Il y a cinquante ans exactement, des hommes exceptionnels franchissaient les limites de l’impossible, et leur courage les a envoyés vers une destination que personne n’avais jamais atteinte.

Il y a cinquante ans tout juste, l’Humanité franchissait « un pas de géant » dans la grande histoire de la Découverte, et cela nous a permis de mieux comprendre notre minuscule place dans l’immensité de l’univers.

Il y a cinquante ans le 20 juillet 2019 précisément, et c’est comme si chacun d’entre nous avait réalisé quelque chose d’impensable voire d’inimaginable.

 

Parce que même si Pierre La Paix n’a jamais posé son pied sur la Lune, je continue de penser que l’exploration lunaire est la plus fantastique odyssée de toute l’histoire de notre merveilleuse Humanité. Et j’espère que cet exploit-là ne sera jamais sous-estimé, et d’ailleurs qu’il deviendra même un héritage pour la communauté scientifique qui essaie de se débrouiller tant bien que mal ici au Cameroun…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi j’ai marché sur le Cameroun

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Ne souriez plus hein, vous êtes filmés !

Depuis quelques temps la ville de Douala est truffée de caméras de surveillance sur presque toutes ses artères. Et ce n’est pas la seule méthode que votre Gouvernement a mise sur pied pour vous contrôler…

 

caméras de surveillance
Voici les caméras de surveillance qui sont utilisées dans les rues de Douala. Image: tecacom.com /Photo reproduite sous autorisation

 

Vous êtes filmés dans les lieux publics

Depuis quelques temps donc, il y a des caméras de surveillance dans presque tous les carrefours de la ville de Douala. Ou bien c’est pour quoi oooh !? Toujours est-il que nous sommes épiés du matin jusqu’au soir, et que derrière ces caméras il y a des policiers qui sont en train de nous observer 24/24 pendant qu’ils sont en train de siroter leur tasse de Nescafé…

Nous sommes espionnés partout ! Et même si ce n’est pas votre Gouvernement qui veut toujours jouer les voyeurs, parfois ce sont les caméras de vidéosurveillance qu’il y a dans les supermarchés et les grandes entreprises. Et dans les boutiques informatiques également. Et aussi dans les magasins des Libanais. Et surtout dans les boîtes de nuit de Bonapriso. Et la mauvaise nouvelle c’est que ces enregistrements vidéo sont parfois envoyés aux Renseignements généraux, ou alors stockés dans un ordinateur alors qu’on n’avait même pas sollicité notre consentement…

 

Vous êtes enregistrés dans des fichiers

Pas seulement sur le fichier électoral hein, et d’ailleurs est-ce que les Camerounais se sont même réellement inscrits sur les fichiers électoraux ?

Pas seulement pour les concours administratifs ! Parce que ce que beaucoup de Camerounaises ne savent pas, c’est que nos noms qui sont enregistrés sur les cartes d’identité sont également enregistrés dans des fichiers tenus par les services de l’État. Idem pour nos passeports. Et puis même quand tu voyages pour aller de Bafoussam à Mvo’omeka et que la guichetière se met à enregistrer ton patronyme sur un gros registre, elle va envoyer la liste des passagers à la Délégation générale de la sûreté nationale (et c’est obligatoire pour toutes les agences).

Même chose pour les hôtels lorsque tu vas t’enregistrer pour y effectuer ta nuitée. Même chose pour les déplacements à l’étranger lorsque tu achètes ton billet d’avion. Même chose lorsque tu te rends dans un ministère pour un dossier, dans une grande clinique pour ta cirrhose de foie, dans un institut financier pour effectuer une opération bancaire, etc.

 

Martin Mbarga Nguélé
Martin Mbarga Nguélé, le Délégué Général à la Sûreté Nationale et patron de la Police camerounaise. Source: ouestlittotal.com /Photo reproduite sous autorisation

 

Vous êtes écoutés, suivis et regardés

Moi je ne parle pas pour moi parce que je sais déjà que je suis suivi persécuté sur Twitter. Je sais que je suis surveillé sur mon blog et que si ma bouche essaie un peu de déraper sur Facebook, vous allez seulement entendre qu’on m’a enfermé à côté de la cellule présidentielle de monsieur Maurice Kamto.

Moi je sais tout ça. Et donc je vous demanderai de rester un peu vigilants, mais surtout discrets comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Parce que c’est très facile de localiser quelqu’un qui s’exprime sauvagement sur internet (on peut te repérer grâce à tes identifiants IP, même si tu as utilisé un faux profil). Et puis je vous rappelle que le contenu de vos conversations téléphoniques peut aisément être retraçable ; y compris le listing de tous vos SMS. Je vous rappelle qu’il y a un service au Cameroun qui est chargé de décortiquer tout ce qui se dit dans la presse écrite et la radio, et qui regarde toutes les émissions qui passent à la télévision (même sur la CRTV) afin de collecter le maximum d’informations sur le climat social qui prévaut ici dans notre Cameroun…

 

Vous êtes même contrôlés

C’est ce que je viens de dire ! Parce que tous vos mouvements sont scrutés dans les carrefours grâce à la vidéosurveillance, et en plus on décortique tout ce que vous racontez et ce que vous blablatez sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels…

Vous êtes contrôlés comme dans le roman 1984 ! Vos manifestations publiques sont verrouillées, et lorsqu’elles sont politiques elles sont tout simplement interdites ! Vos ordres du jour de réunions doivent être connus à l’avance. Vos discussions privées sont retransmises par des antigangs qui s’asseyent à la même table que vous dans les bars, et qui jaugent ainsi votre radicalisme. Votre connexion internet peut être interrompue à tout moment ! Vos intentions sont maîtrisées, vos mouvements sont limités lorsque vous devenez une personnalité politique, et vos opinions peuvent creuser votre propre tombe (cf. Longuè Longuè) si elles ne sont pas en faveur de celui qui occupe le pouvoir suprême depuis l’année 1982.

 

policiers camerounais devant les écrans de surveillance
Il y a des services chargés de contrôler les images enregistrées. Source: chateaunews.com /Image reprise sous autorisation

 

Ne souriez plus jamais hein, parce que vous êtes filmés !

Donc depuis quelques mois les villes du Cameroun sont truffées de caméras de surveillance sur presque toutes leurs artères. Et ce n’est pas l’unique méthode que notre Gouvernement a mise sur pied afin de mieux nous contrôler…

 

Ne souriez plus hein, vous êtes observés ! Car il y a des véhicules de gendarmerie à tous les coins de rue depuis quelques trimestres, et il y a aussi des policiers qui sont en train de faire le kongossa avec leur talkie-walkie.

Ne souriez plus hein, vous êtes intimidés ! Parce que c’est le tribunal militaire qui s’occupe de certaines arrestations politiques de civils. Et c’est le BIR qu’on vous envoie dans la rue lorsqu’il y a certaines revendications.

Ne montrez plus vos dents ici au Cameroun hein, parce qu’il y a des gens là-bas en haut qui ne veulent même pas que vous leviez seulement un peu votre sale petite tête !

 

Alors ils nous ont ramené dans une sorte de Big Brother version 2019, et ils nous ont « offert » la liberté d’expression alors qu’on ne possède même pas réellement la liberté de s’exprimer. Puisque nous pouvons parler de tout ici au Cameroun, nous pouvons tout décrire, nous pouvons tout critiquer, nous pouvons tout trahir et nous pouvons même tout dénoncer sans être forcément menacés de disparition.

Mais nous sommes filmés lorsque nous commençons déjà à regarder vers la chaise de monsieur Paul Biya !

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je sais que je suis filmé

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Je ne suis pas tontinard ni sardinard, je suis un Camerounard !

Il y a parfois des gens ici qui se méprennent ouvertement sur mes publications, et qui pensent osent penser que je serais un partisan de Paul Biya ou pourquoi pas de son adversaire Maurice Kamto.

Et pourtant moi je suis tout simplement un Camerounard !

 

Un Camerounard avec le drapeau du Cameroun
Un Camerounard, c’est celui qui a choisi l’unité du Cameroun. Source: actucameroun.com /Image reprise sous autorisation

 

Je ne suis pas un tontinard !

C’est vrai que je suis un Bamiléké, et alors ? Est-ce que tous les Bamilékés sont donc des tontinards ? Est-ce que tous les Bamilékés sont dans les réunions secrètes du La’akam ou bien du Famlà’a ? Est-ce que tous les Bamilékés se sont alignés derrière l’Américain Patrice Alain Nganang, lorsqu’il a déclaré qu’il y a des tribus supérieures et qu’il y a des tribus inférieures ici au Cameroun ? (sic) Hein ?

Je crois bien que non !

Parce que même si moi je suis originaire de Bafang parce que mon paternel a vu le jour dans les hauts-plateaux de Bandounka, ce n’est pas une raison suffisante pour qu’on m’étiquette directement MRCiste. Ce n’est pas un motif pour qu’on s’imagine que je suis forcément un pro-Kamto. Ce n’est pas un argument recevable devant les juridictions de notre tribunal militaire (ce sont eux qui jugent parfois les civils hein), et d’ailleurs je n’ai jamais participé à ce que les gens organisent en comité et qu’on appelle aussi ici la tontine…

 

Je ne suis pas un sardinard !

Je ne suis pas un sardinard non plus hein, il ne faut pas croire. Tout sauf ça ! D’abord que je déteste même seulement sentir l’odeur de la sardine. Je déteste l’odeur de la corruption. J’exècre la filouterie et la fraude électorale. Je ne veux même pas que quelqu’un vienne me tendre ses maigres 2000 francs CFA le jour du défilé ou bien des élections, et qu’il me demande ensuite de m’aligner ou bien de partir voter en faveur du parti au pouvoir… Tsuip !

Nôôô, je ne suis pas moi dedans. Tout sauf ça ! Je préfère encore qu’on se trompe sur moi en disant que je suis un tontinard. Je préfère encore qu’on me traite de kamtoïste. Je préfère même qu’on me force à avaler une boîte de sardine pimentée avec un pain qui n’est même pas vraiment croustillant, mais jamais vous ne me verrez débiter des insanités comme les experts-sardinards qui sont pourtant très prétentieux là-bas au RDPC.

 

Maurice Kamto et Paul Biya
Les expressions tontinards et sardinards sont nées de l’affrontement politique enre Maurice Kamto (à gauche) et Paul Biya (à droite). Source: lebledparle.com Montage: Ecclésiaste Deudjui /Photos reproduites sous autorisation

 

Je ne suis pas un sécessionnard !

Moi je n’ai rien contre les Ambazoniards hein, et d’ailleurs c’est même pour cette raison que j’aimerais qu’on trouve rapidement une solution à cette crise dite « anglophone ». Moi je n’ai rien contre les Francophones non plus. Mais je milite pour que nous restaurions l’unité et l’unicité de notre Cameroun, et que nous cessions de divaguer sur le fédéralisme, le tribalisme, l’irrédentisme, le séparatisme. Car moi je suis très satisfait de notre pluralité linguistique et culturelle, et je souhaiterais bien qu’on les garde. Je suis émerveillé par la diversité de nos ethnies, par la multiplicité de nos langues vernaculaires et notre bilinguisme, par l’hétérogénéité extraordinaire de notre formidable population hétéroclite, et surtout par le savoir-vivre-ensemble que nous avons si bien entretenu jusqu’à présentement.

Je n’aimerais surtout pas qu’il y ait une quelconque sécession ici au Cameroun !

 

Je suis un Camerounard !

Un Camerounard, ça veut simplement dire que je ne suis ni un tontinard, ni un sardinard, ni un sécessionnard, ni un brigadier anti-sardinards ! Ça veut aussi dire que si c’est bien fait dans un camp, je vais signaler que cela a été bien fait. Et si c’est mal fait quelque part, je vais aussi signaler que cela a été terriblement mal fait.

Je suis pour la paix comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Je suis contre les complots qui visent à déstabiliser notre cher Cameroun. Je me considère comme un patriote. Je félicite Paul Biya quand il s’est bien comporté (c’est vrai que c’est rare) et je félicite Maurice Kamto lorsqu’il s’est bien comporté également.

Je condamne ! J’avais demandé au président de la République d’entamer un dialogue inclusif avec les leaders sécessionnistes anglophones, et il ne fait que traîner le pas depuis-là. J’avais demandé à Maurice Kamto de cesser avec ses marches blanches grisâtres sinon ça allait l’envoyer derrière le ngata (lui-même il a confirmé norr). Mais ce qui m’énerve avec les partisans de ces deux factions politiques qui se détestent à mort, c’est qu’ils sont tellement extrémistes qu’ils ne supportent même pas que tu puisses leur opposer la moindre critique !

 

la carte du Cameroun et la liste des ethnies
La multiplicité des ethnies au Cameroun devrait être une force. Source: Facebook.com /CC0

 

Je ne suis pas tontinard ni sardinard, je suis un simple Camerounais !

Donc il y a parfois des gens ici qui se méprennent régulièrement sur mes publications, et qui m’insultent en public en disant que je suis un partisan de Paul Biya ou pourquoi pas de son adversaire Maurice Kamto.

Et pourtant moi je suis tout simplement un Camerounais hein !

 

Je ne suis pas un tontinard ! Je condamne avec la dernière énergie les militants du MRC (certains hein, pas tous !) qui sont persuadés que le changement au Cameroun s’effectuera inévitablement par la violence.

Je ne suis pas un sardinard ! D’ailleurs est-ce que je suis arrogant comme eux ? Est-ce que moi je suis condescendant ? Est-ce que je suis un opportuniste ou un voleur qui pille toute l’économie de notre Cameroun ?

Je ne suis pas un sécessionnard ni un brigadier anti-sardinards non plus, parce que j’ai toujours souhaité que le Cameroun demeure uni, entier et indivisible.

 

Mais lorsque j’exprime « mon avis » pour partager « mon opinion » sur des affaires qui concernent « ma propre nationalité », il y a des hurluberlus qui vont sortir du bois et qui vont commencer à me vilipender : « Espèce de sale biyaïste ! », « Espèce de Bamiléké tontinard ! », « Espèce de Francophone à deux balles ! »

Okokoloo’o, mes frères ! Donc tous ceux qui ne sont pas d’accord avec vous deviendront automatiquement des salopards ?

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je suis un Camerounard !

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