Fabrice NOUANGA

Nos étudiantes font surtout de la prostitution

Le weekend dernier, pour son anniversaire, une collègue a décidé comme ça de nous emmener prendre un pot dans un coin chaud d’Essos, à Yaoundé, un quartier reconnu pour ses rendez-vous des plus hots. La go voulait qu’on découvre son nouveau snack. L’ambiance était donc au top.

Très tard, vers 3h du matin, au moment de m’en aller, n’est-ce-pas voilà deux jeunes nga, presque dénudées avec des culottes tralala, montrant des strings en l’air qui m’abordent : « chéri, on fait comment ? On ne part pas couper ? » Massa, sans avoir froid aux yeux hein ! Je suis seulement moi passé. Malchance !

Mais, ce qui attira subitement mon attention, c’est cette autre jolie jeune dame, une gamine d’à peine 23 ans, hyper « slimée », fumant une cigarette, tenant une bouteille de whisky en main et vêtue d’une robe trop moulante et presque transparente. Je semblais la reconnaître. Devant elle, se tenait un jeune pépé avec qui elle discutait bien évidemment.

Après quelques instants, la nga emprunta un couloir noir et fut suivie par le répé tout souriant. Derrière en fait se trouvait l’une des célèbres auberges du coin. En fait, la fille était ma voisine ! Elle est étudiante et loue un studio juste à coté de moi. Je venais de découvrir là, depuis des années qu’on se connait au quartier, qu’elle se prostituait aussi loin de chez elle!

Eh oui, cette anecdote m’a simplement fait découvrir que beaucoup des jeunes filles prostituées comme cette voisine, qui exercent la nuit là dehors, sont bel et bien des étudiantes, qui pourtant le jour, ont des vies normales et sont dans les amphis hein.

Elles font partie de notre entourage ; ce sont nos sœurs, nos amies, nos collègues, nos épouses même ; bref ce sont des femmes comme toutes les autres, mais qui, pour des raisons qui leur sont propres, finissent par se transformer en « putes » la nuit.

Elles étudient donc le jour, mais « vendent » elles leur « piment » la nuit. La majorité de ces go, sont souvent de jeunes adolescentes, aux beautés sidérantes et époustouflantes.

Elles viennent des familles nombreuses et sont parfois des aînées d’une fratrie de plusieurs enfants. Ayant toujours vécu dans le besoin, leurs familles n’arrivent souvent pas à subvenir aux exigences de tous leurs membres. Puis, une fois étudiantes, elles se retrouvent dans les grandes villes et rêvent de briller dans leurs études pour échapper à la précarité dans laquelle elles vivaient. Et pourtant, la pauvreté est leur lot quotidien. Toute leur existence tourne autour du manque d’argent, le « foirage », la misère et les problèmes.

En fait, beaucoup d’entre elles n’ont véritablement plus de vie hein! Car souvent dégoûtées et dépassées par les événements. D’ailleurs, elles se prennent en charge toutes seules dans les cités universitaires et autres chambres qu’elles louent modestement.

Évidemment, ce sont des bouches en moins pour leurs parents ! Finalement, ces parents ne leurs envoient donc rien comme fric, même pas la pension universitaire. Ils estiment qu’après le Bac, leurs jeunes nga sont désormais responsables et qu’il est temps qu’elles se prennent elles mêmes en charge. Dans un tel contexte, sans aucunes commodités, ces jeunes go comprennent ce qu’il leur reste à faire : se prostituer dis donc ; aller avec des hommes qui répondent tout de suite à leurs besoins, des vrais sponsors.

Prostituées exposant leurs corps
Prostituées exposant leurs corps

En échange, elles leur offrent leurs corps. On a beau résister, mais face à la précarité de la vie et aux difficultés de la fac, elles finissent par céder et par tomber dans le triste piège de la prostitution, ce cadeau empoisonné, mais qui, finalement, finit par les sauver des griffes de la misère. Eh ouiii !

Livrées à elles-mêmes, les pauvres craquent souvent. Même certaines qui ne sortaient jamais la nuit, ou ne buvaient pas d’alcool au début, finissent par y prendre goût et multiplient ainsi des sorties nocturnes qui deviennent de plus en fréquentes par la suite. Il y a même des semaines où certaines sortent 7j/7 chaque soir massa, attendant juste des périodes d’examens pour s’enfermer chez elles en « stage bloqué » et faire semblant de reviser et d’apprendre. Minalmi !

Et finalement, après quelques mois d’expérience, ces jeunes étudiantes deviennent de vraies pro du sexe et de la « baise », de vraies « waka »! Yes !!! Sauf qu’elles font tout pour s’éloigner de leurs chambres et campus hein, et vont « travailler » loin des yeux de ceux qui les connaissent pour ne pas « salir » justement leur réputation. Vous les verrez alors arpenter les rues de Yaoundé ou de Douala et se diriger directement vers les night clubs et les bars les plus populaires pour rencontrer des proies et des bons payeurs, tout ça, loin du campus évidemment.

Et avec le temps et l’expérience aidant, cela devient pour elles, plus facile pour aborder les clients sans honte, ni stress, et de leur faire leurs propositions les plus indécentes ! Quand le business passe bien, vous les verrez alors vêtues de vêtements de luxe et sentant des parfums de classe. Beaucoup d’autres filles les envieront et seront parfois fières d’elles jusqu’à crier la joie sur tous les toits. Pourtant, si les gens savaient comment elles font pour avoir toutes ces richesses, je crois que certains se suicideraient, walaï!!!

Souvent vêtues de pantalons taille basse, avec string dehors, de moulants VCD ET DVD, de minijupe tralala avec fentes woowoo ou de courtes robes qui laissent entrevoir des rondeurs terribles, elles ressemblent à ce moment là à tout, sauf aux étudiantes normales massa… Et elles l’assument bien hein. Elles quittent ainsi leurs chambres sous la pointe des pieds, aux environs de 23 heures ou minuit, pendant que les gens dorment. Et c’est seulement pour rentrer à 5 heures ou 6 heures du matin, pour ne pas être soupçonnées, non sans avoir fait un tour dans une église pour la fameuse messe de 6h. Il faut chasser le péché non! Vous voulez quoi?

Des prostituées dans la nuit au prise avec la police
Des prostituées dans la nuit au prise avec la police

Donc, la prostitution n’est pas que l’affaire des autres ; la nuit appartient aussi aux étudiantes et à beaucoup d’autres filles en apparence innocentes, qui se transforment la nuit en vendeuses de plaisir, soumettant ainsi leur corps à la vente et devenant ainsi, en pleine nuit, des « prostituées 4G », super androïdes.

Les UV, je sais, c’est parfois difficile, alors elles peuvent se détendre un peu si tard la nuit comme ça en vendant leur corps. Sans les juger, je les comprends ; la vie est dure, mais point besoin de se cacher le jour et devenir une « chatte » grise la nuit ! À chacun son métier : la prostitution aux prostituées, les études, aux étudiantes. Une seule chose à la fois. Dis donc !

Au MBOA, nous sommes vraiment formidables.

Fabrice NOUANGA

Contact whatsApp: +237 694-658-721


Les Camerounais sont aussi des Blancs.

Ce matin, profitant du gros férié de l’ascension, n’est ce pas j’ai décidé de rendre visite à un jeune couple ami qui venait d’avoir la naissance d’une fille. J’ignorais que dans les heures qui suivent, j’allais être le médiateur d’une grosse mésentente entre les deux massa. C’était chaud ! En fait la vive dispute entre la jeune fille et son gars est simplement née du fait que la femme voulait « ESMERALDA » comme prénom du bébé. Et le gars par contre, lui, exigeait « SAMANTHA », les noms de leurs actrices préférées apparemment.

Je vous assure que la dispute était si vive que les voix s’élevaient. Ma présence leur disait même encore quoi ? J’ai dû user de toutes les stratégies possibles d’un médiateur, pour ramener le calme. Hum !!! Il fallait à tous prix que l’un des deux prénoms soit donné au bébé. En fait chez nous, malgré la peau noire des uns et des autres, les Camerounais sont des Blancs dans le cœur! Ben oui. Et même parfois sur la peau hein!!!!

-TOUT COMMENCE AVEC LES NOMS ET PRÉNOMS:

Les Camerounais sont des Blancs dans leurs noms et prénoms. Ben ouiiii, au Kamer, tout le monde veut donner un prénom américain, européen ou asiatique à son enfant. Je dis bien tout le monde hein. Il y en a qui n’ont même plus de patronyme. Ils sont carrément « camerounopeen ». Et longtemps à l’avance, pendant la grossesses, on achète de ces gros dictionnaires de prénoms ; on visionne toutes les séries possibles, on fouille, on bêche ; on cherche en fait le plus original. Les prénoms chez nous varient finalement en fonction des nationalités des stars des séries et du showbiz, des hautes personnalités occidentales. Et les français oh : JEAN-SEBASTIAN ; CLAUDE FRANÇOIS ; et les Américains oh : BRANDON, JACKSON, BRYAN. Et les Israéliens oh: ARIEL, SHARON… Et même les Chinois massa : KING, HONG, KONG…

Et aujourd’hui que les télé-novelas font la une de nos télés, hum, c’est encore plus grave. Vous entendrez alors : et les MARIMAR oh, et les CRUZITA oh, et les SERGIO oh…Les Camerounais sont trop ingénieux dans le choix des prénoms. Respect. Et curieusement lorsqu’on demande à quelqu’un comment il s’appelle, c’est plutôt son prénom européen ou américain ou chinois qu’il vous lâche, pan. Ah, je les comprends. Vous voulez quoi ? N’est-ce pas que Barack OBAMA, un Américain porte un nom Camerounais. Du donnant donné !

Femme noire avec coiffure et teint occidentaux
Femme noire avec coiffure et teint occidentaux

-PUIS LE COTE CULTUREL GLOBALEMENT:

L’autre domaine où les Kamers sont alors vrai vrai Blancs, c’est le domaine culturel. Je ne sais pas si nous on a même encore une culture propre hein. Notre manière d’être, de marcher, de parler, de rire, de réagir est typique au Blanc. Même dans les deuils, on pleure carrément comme eux massa ! Ekiéééé ! On n’a plus rien à voir avec les Africains. Rien. Chez nous faire comme un blanc, c’est avoir réussi sa vie. Voilà pourquoi les filles « androïdes » et les « maters » « whatsapp » ne veulent que se marier aux pépés blancs. Du coup, la sexualité est de plus en plus précoce. A 13 ans, on a déjà un petit ami hein. Les divorces alors, c’est la mort.

Deux jours de mariage, le lendemain, devant le juge. Et plus grave, on se décape la peau jusqu’à; la peau noire c’est le diable. Sur nos tables, la cuisine européenne domine. Les écoles, les restaurants, les snacks, les rues, les monuments, tout, porte les noms occidentaux. On n’écoute que RFI, BBC ; on ne regarde que France24 et Euronews. L’habillement et les coiffures alors, humm ! No comment ! Tu trouves encore un Camerounais authentique, je « meurs ». Finalement, on est dans un des ces « flou culturel » au point où on ne peut réellement plus faire la différence entre un vrai Blanc et un Camerounais. Essayez voir.

-ENSUITE DANS LES LOISIRS:

Un autre domaine où les Kamers manifestent leur « blancheur », c’est le sport et les loisirs en général. Hum, Les championnats de foot, de basket, de tennis, de hand, ne sont intéressants que quand ils sont organisés en Occident. D’ailleurs c’est les seuls qui passionnent chez nous hein, les seuls qui captivent. Je me souviens même que tout une coupe d’Afrique a failli être jouée au Qatar massa. Wonderful ! Les Camerounais ne suivent que la Liga, le Calcio, la Première League ; et les gars sont même plus fanatiques et plus violents que les Hooligans anglais ou les Tifosi italiens oh. Nos chaines de télévision suspendent parfois leur programme ou repoussent le journal, parce qu’un club européen doit jouer. Yes ! L’équipe nationale ne recrute que des coaches blancs sans preuves nulle part et ne parlant pas une des langues officielles. Magie! Ce qui compte c’est le blanc. Le reste, akaaa!

-ENFIN LA RELIGION ET LES MULTIPLES CROYANCES:

Là où mes frères Kamers m’ont alors dépassé, et là où ils m’ont prouvé qu’être Blanc là, c’est leur dada, c’est au niveau de la religion. Sincèrement, les Camerounais se croient plus croyants que la FOI. Si le Camerounais n’est pas rentré ni à l’école ni à l’armée, il lui reste encore la voie du Seigneur, c’est-à-dire la religion. Bon vous me direz que Jésus était Blanc! Ok! Voilà pourquoi au Kamer, il n’est pas question de discuter hein, puisqu’il n’y a rien à discuter concernant Dieu. Les Kamers boivent tout ce qui vient du Blanc concernant la religion.

Catholicisme, Protestantisme, Orthodoxisme, ils sont là ! Pentecôtisme, Judaïsme, Rose-croix, Islamisme, Ekankar, Yogaisme, Franc-maçonnerie, Foi Bahaï, Témoins de Jéhovah, Bouddhisme, Athéisme, dedans ! Écorce du marabout, ils croquent ! Les décoctions indiennes, ils boivent ! Syndicats de la sorcellerie, toujours dedans ! Religions avec les extra-terrestres, encore dedans ! Satanisme même, Luciferisme et Sectes occultes, vrai vrai alors dedans! Les Camerounais ne sont même pas dans quoi éh? Ils adoptent tout du Blanc, bon ou mauvais oh, les gars sont que là ! Il y a quoi ? Est-ce que nous on fabrique?

Un homme noir décapé desormais Blanc
Un homme noir décapé desormais Blanc

LES CAMEROUNAIS SONT DONC AUSSI DES BLANCS

Voilà là quelques clichés de déracinement de nos origines, de notre culture, de notre passé de Camerounais. On a perdu nos repères identitaires. Les Camerounais ne sont plus eux-mêmes. Ils sont pour la grande majorité victimes d’une aliénation culturelle qui les pousse à se tourner vers les Blancs ; ce qui a fini par endormir leurs consciences. A les observer, la plupart de mes frères ont carrément honte d’être noirs; et cette honte finit par hanter leur fierté et les rendre plus Blancs que… les vrais Blancs!

Avant de quitter le couple ami, comme ils n’arrivaient toujours pas à s’entendre là, en tant que médiateur, j’ai donc dû proposer qu’ils surnomment simplement l’enfant: BIFAKA MINTOUMBA! Les deux patronymes de ses parents. Et que pour le prénom, qu’ils ajoutent : TOUT COURT. Ça sonne «français» non? On complique même souvent quoi dans ces choses éh ? Hein !!!

Au MBOA, nous sommes vraiment formidables.

Fabrice NOUANGA

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