Suy

La Côte d’Ivoire dépense 300 millions de FCFA et s’offre le DJ David Guetta

300 millions pour 30 minutes de mix
300 millions pour 30 minutes de mix

Pour souffler sa 20ème bougie, Orange, l’opérateur de téléphonie mobile qui compte certainement le plus grand nombre d’abonnés en Côte d’Ivoire a décidé de s’offrir le DJ français David Guetta. Coût du spectacle : 300 millions…dans un pays où ce montant aurait pu changer beaucoup de choses.

 » La vie change avec Orange » ! Mais il est clair que pour ce 20ème anniversaire très peu de chose risque de changer réellement avec la tournure que prennent les évènements. Pour nous autres clients de l’entreprise de téléphonie mobile, cette célébration aurait dû être un moment où Orange se rapproche davantage des populations ivoiriennes en mettant en avant son caractère d’entreprise citoyenne. Loin de s’inscrire dans cette logique, les dirigeants s’inscrivent, une nouvelle fois, sous l’angle de l’amusement et de la distraction. Décidément dans ce pays, toutes les entreprises (ou presque) aiment bien dépenser dans des futilités au lieu d’investir sur des projets porteurs de changement.

Il est clair qu’une entreprise est libre de gérer ses bénéfices comme elle le veut. Mais le minimum de considération aurait bien voulu que l’on rende au client de temps à autre le fruit de sa fidélité. Car c’est aussi sur la base du caractère citoyen d’une entreprise qu’elle est choisi par le consommateur. En offrant un cachet de 300 millions à un DJ pour 30 minutes de mix dans un hôtel chic d’Abidjan, Orange semble oublier ce principe élémentaire. 300 millions… Fermez les yeux et imaginez-vous ce que ce montant change dans la vie de nombreux clients d’Orange et même dans la vie de nombreux ivoiriens.

Avec les 300 millions de Guetta, c’est un 20ème anniversaire d’Orange avec de nouvelles écoles pour des enfants qui marchent sur des dizaines de kilomètre pour apprendre à lire et à écrire. Avec les 300 millions de Guetta, la vie de nombreux malades dans les CHU d’Abidjan change. Avec les 300 millions de Guetta, c’est Orange qui aurait pu offrir 1000 césariennes aux femmes ivoiriennes démunies. Avec 300 millions, c’est au bas mot 30 hôpitaux qui auraient pu recevoir des dons de médicaments pour une dizaine de million chacun. 300 millions, c’est un nombre important d’ordinateurs qui auraient pu équiper des lycées et collèges contribuant ainsi à démocratiser les TIC. 300 millions, auraient pu servir à bâtir de nouvelles salles de cours et de TD pour nos étudiants épuisés par les longues attentes. A 20 ans, l’âge de la maturité passée, Orange aurait dû offrir mieux aux ivoiriens !

Il est clair que dans le dictionnaire de la Direction d’Orange et de son Conseil d’administration le mot pauvreté a été depuis longtemps effacé. Mais lorsque les administrateurs de cette compagnie circulent en boites métalliques dans Abidjan, ils ont le loisir de croiser des mendiants et des femmes, bébés accrochés dans le dos, qui leur tendent les doigts ridés pour des piécettes. Dans un pays en proie au chômage, aux prisons surpeuplées, au manque de financement pour les entrepreneurs, à la prostitution légalisée faute de moyen pour continuer des études… Une entreprise qui se respecte pense à faire du social avant de cultiver le bling-bling !  » La vie change avec Orange  » … La liberté de dénoncer change avec Les200.

SUY Kahofi


Guillaume Soro : un « retour » en force dans la case ?

Guillaume Soro choisi par Alassane Ouattara au nom du RDR pour la présidence de l’Assemblée Nationale
Guillaume Soro choisi par Alassane Ouattara au nom du RDR pour la présidence de l’Assemblée Nationale

Il y a tout juste 48 heures, certains écrits indiquaient que Guillaume Soro était personae non grata à la rue Lepic. Le président de l’Assemblée Nationale vient de montrer de la plus belle des manières qu’il reste un acteur incontournable au sein du Rassemblement des Républicains.

Le 11 avril 2016 le président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro a reçu une délégation de la jeunesse du Rassemblement des Républicains (RJR). Une démarche voulue par la présidence de ce mouvement et qui s’inscrit dans son action d’œuvrer pour un parti plus unifié. Les jeunes du RDR ont décidé d’aller vers les cadres du parti pour exposer leur vision et surtout leurs préoccupations. Lors de cette rencontre, Guillaume Soro a longuement écouté la jeunesse de son parti et a décidé de faire sienne ses préoccupations. Le RJR est notamment revenu sur la faiblesse de ses moyens pour dérouler son programme d’action. Le président de l’Assemblée Nationale a donc décidé de répondre à l’appel de ses pairs en procédant à un don ce 26 mai à la rue Lepic.

C’est donc face à des militants et des parlementaires fortement mobilisés que le ministre Sidiki Konaté a procédé à la remise de ce don composé de 50 ordinateurs portables et d’un véhicule 4×4 de marque Tucson. Face aux jeunes du RDR, Sidiki Konaté, qui représentait le président de l’Assemblée Nationale a eu des propos très francs. Comme pour taire toute polémique, il a tenu à rappeler que Guillaume Soro est membre et cadre du RDR.

« Il est député sur une liste du RDR et c’est au nom du parti que le président Alassane Ouattara l’a proposé comme président de l’Assemblée Nationale. Guillaume Soro pose donc un acte pour le RDR, dans le RDR et avec le RDR » a-t-il martelé.

La 4x4 Tucson offerte par le président de l’Assemblée Nationale
La 4×4 Tucson offerte par le président de l’Assemblée Nationale

Ce don selon lui est un soutien à l’engagement de la jeunesse du parti pour ses actions de terrain. Aussi, Sidiki Konaté a invité le RJR à aller « vers les autres cadres du parti car toutes les préoccupations et difficultés ne peuvent pas être adressés uniquement au président ». Le discours de Sidiki Konaté a été ponctué d’applaudissements nourris quand certains jeunes scandaient « Soro le généreux » ! Ce don est un appel à plus d’engagement de la jeunesse pour les échéances avenirs. Il s’agit du référendum, des prochaines législatives et des élections locales pour lesquels la jeunesse du parti doit se mettre en ordre de bataille.

C’est un geste qui doit inciter d’autres cadres du RDR à donner au parti pour une meilleure mobilisation. Dah Sansan, le président de la jeunesse du RDR n’a eu qu’un seul mot à l’endroit du président de l’Assemblée Nationale : « merci ». Il s’est dit heureux de réceptionner ce don et a promis au nom de ses amis d’en faire bon usage. « Le RJR a une mission qui est celle d’accompagner le parti dans sa marche » a fait remarquer l’honorable Dah Sansan. C’est une mission qui ne peut se faire en l’absence de moyens d’où les remerciements réitérés maintes fois au président de l’Assemblée Nationale pour son geste. Diabaté Lassinan, le directeur de cabinet adjoint du Secrétaire général du RDR n’a pas caché sa satisfaction et a invité la jeunesse du parti à plus d’engagement.

Visiblement, la polémique d’un Guillaume Soro indésirable à la rue Lepic a été de courte durée. Les actes ont été plus parlants que le plus long des discours !

SUY Kahofi


Les bourgeois de la société civile ivoirienne

L’espoir d’une société civile forme reste une utopie (crédit photo Ange Baïmey)
L’espoir d’une société civile forte reste une utopie (crédit photo : Ange Baïmey)

La société civile est, par essence, le domaine de la vie publique organisée autour du volontariat et qui affiche une autonomie réelle face à la gestion politique d’un Etat. Elle regroupe les organisations non gouvernementales et les organisations à but non lucratif. Plusieurs acteurs se retrouvent donc au sein de la société civile. Nous citerons au-delà des défenseurs des droits de l’homme, les journalistes, les cyber-activistes, les blogueurs, les mouvements de jeunesse etc. En Côte d’Ivoire le mot société civile, loin d’épouser cette définition première, est aujourd’hui un conglomérat d’organisations qui fonctionnent bien plus comme des entreprises que de véritables ONG. La preuve : au sein de ces organisations, le nombre de bénévoles sachant rédiger un projet et détailler le budget qui l’accompagne est plus élevé que ceux qui ont déjà lu en intégralité la déclaration universelle des droits de l’homme !

La société civile ivoirienne est composée en grande partie d’aventuriers et d’hommes d’affaires. Il ne s’agit pas d’activistes ou d’hommes de conviction. Leurs ONG servent à capter des fonds pour soutenir leur train de vie alors qu’ils exploitent sans arrière-pensée des jeunes étudiants demandeurs de stages. Ils en font de même pour ces bénévoles coptés pour faire miroiter le rêve du chiffre aux potentiels bailleurs. Tout est bon chez eux pour « bouffer » comme disent les ivoiriens ! Lutte contre la torture, combat pour la fin de l’excision, monitoring fictif des élections, campagne citoyenne,… Tout est converti en espèces sonnantes et trébuchantes. Tant qu’il n’y a pas de bailleurs, personne ne s’engage ! C’est avec l’argent des projets que certains s’assurent des fins de mois et financent les études de leurs progénitures. C’est bien la raison pour laquelle la Côte d’Ivoire consacre une expression non moins ironique pour désigner ces hommes et ces femmes qui ont greffé leur existence sur les fonds qui leur sont alloués pour l’exécution de projets. Ne soyez pas surpris d’entendre dans certains milieux l’expression  » fonctionnaires de la société civile  » ! Ces acteurs de la société civile dont il est question sous ce vocable sont des bourgeois qui, à eux seuls, ont créé une multitude d’organisations écrans, de réseaux et de coalitions simplement pour se faire de l’argent. On les entend souvent se plaindre lors de colloques et séminaires du caractère insignifiant de leur per diem et de la longueur des débats pourtant constructifs. « C’est tout ce qu’on a pour nous » ou encore « faisons vite, j’ai de l’argent à prendre quelque part » sont des phrases qui se font entendre chaque jour.

Cet amour de l’argent et le manque d’engagement font qu’aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est dotée d’une société civile bien trop souvent silencieuse sur les problèmes que vivent les ivoiriens. Que peut bien faire une société civile face aux abus du pouvoir quand celle-ci s’est arrangée pour ne pas être indépendante ? Pire, que peuvent bien dire des professeurs d’université, magistrats et anciens militants de partis politiques quand les droits les plus élémentaires des ivoiriens sont bafoués ? Les bourgeois ne se salissent pas : ils se contentent de produire des communiqués et de se taire même quand l’un des leurs est inquiété. Sinon comment comprendre que le ministre de l’intérieur s’autorise à menacer le président d’une ONG parce que celui-ci a dénoncé des viols d’étudiantes par la police ? Sous d’autres cieux, un tel acte aurait été dénoncé publiquement. Mais au pays des éléphants chacun se tait…bien plus soucieux de veiller à ses propres intérêts qu’à œuvrer pour une société civile plus forte. Les prisonniers politiques croupissent dans les geôles du pouvoir sans que personne n’en fasse un combat. La pollution atteint des records dans les bassins miniers et tue chaque jour des paysans. Personne n’en parle. Les prix des denrées alimentaires augmentent et la société civile ivoirienne est étrangement invisible !

Ne nous trompons pas, l’espoir d’une société civile ivoirienne forte ne sera qu’un rêve aussi longtemps que les bourgeois qui s’y sont aventurés seront présents. Hélas, ils seront encore présents car les bailleurs internationaux aiment bien ce genre d’acteurs corrompus de la tête aux pieds. Ils se prêtent plus facilement au blanchiment d’argent, justifient toutes les factures pour plaire aux généreux donateurs et s’arrangent à souhait pour se laisser téléguider au gré de leurs intérêts. C’est bien parce que certains les engraissent qu’ils grossissent…

SUY Kahofi


APSFD-CI forme les agents de crédit

Les agents de crédit à l’assaut du diplôme professionnel en microfinance
Les agents de crédit à l’assaut du diplôme professionnel en microfinance

La Côte d’Ivoire aura 19 candidats en lice pour le diplôme professionnel en microfinance le 31 mai prochain. Avant l’examen, les candidats ont été formés par l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés de Côte d’Ivoire (APSFD-CI).

L’atelier de formation organisé du 3 au 20 mai s’inscrit dans le cadre d’une convention établie entre l’APSFD-CI et le Centre de formation de la profession bancaire de Paris (CFPB-France). Il s’agit de la 3ème formation du genre après les deux premières de l’année 2015. « Pour nous lancer dans ce processus de renforcement des capacités, nous sommes partis d’un constat : les agents de crédit qui sont un maillon essentiel de la microfinance avaient réellement besoin d’être formés » souligne Hervé Roland Kouassi, responsable de la formation à l’APSFD-CI. L’atelier qui s’est achevé le 20 mai avait donc un double objectif : préparer les candidats à un diplôme international très sélectif et au-delà les rendre plus efficace dans leurs activités de gestion quotidienne du crédit.

La structure des cours a donc été construit en tenant compte de ces deux objectifs nous indique Abouo N’guessan Réné formateur et expert en banque et finance. Le cadre réglementaire de la microfinance et de la banque, les bonnes méthodes de gestion du crédit, les aspects commerciaux, la communication avec le client et sa fidélisation sans oublier tout le processus de montage du crédit sont quelques modules dispensés. « Il a aussi été question de la psychologie et de la sociologie du client pour mieux le connaître » tient à préciser Youcouri Tanoh François consultant-formateur en microfinance et gestion de projet. La formation a été bénéfique pour les 19 apprenants si l’on s’en tient à leur témoignage. « Nos capacités ont été effectivement renforcées » se réjouit Rosabelle Akpoué gestionnaire de crédit de la Mutuelle des agents de l’eau et de l’électricité (MA2E). Pour Frédéric Amien chef d’agence de la CEDAI-CI « c’est son activité de gestion quotidienne du crédit qui va indéniablement s’améliorer ».

Après l’étape de la formation, les agents de crédit seront donc soumis à un examen ce 31 mai en vue de décrocher le diplôme professionnel en microfinance. Lors des deux premiers examens, la Côte d’Ivoire grâce aux efforts de l’APSFD-CI a enregistré d’excellent taux de réussite. 86, 36% pour la première session et 86,96 % pour la seconde. Des résultats qui poussent Cyrille Tanoé le directeur exécutif l’APSFD-CI à espérer un taux de réussite de 100% pour la première promotion de l’année 2016.

SUY Kahofi


La police ivoirienne en guerre contre les « microbes »

La Police déterminée à rassurer les populations
La Police déterminée à rassurer les populations

Après plusieurs semaines de trêve, la traque aux microbes reprend de plus belle. La police ivoirienne entend mettre hors d’état de nuire ces délinquants à la tétine qui terrorisent les populations d’Abidjan.

Depuis le début du mois de mai, des images insoutenables d’hommes et de femmes balafrés à la machette circulent en masse sur les réseaux sociaux. Les auteurs de ces attaques sont bien connus des Ivoiriens depuis 5 ans. Il s’agit des microbes, ces jeunes délinquants qui opèrent dans la ville d’Abidjan munis d’armes blanches et dont la brutalité des crimes suffit à en terroriser plus d’un ! Ces dernières semaines, ils ont ajouté à la liste de leurs victimes un nombre plus important de commerçantes et de femmes enceintes sans défense. Les microbes ne se contentent pas de dépouiller leurs victimes, mais prennent un malin plaisir à faire couler leur sang et à brutaliser sauvagement les plus chanceux. Pour les neutraliser, la police ivoirienne vient de lancer l’opération « épervier ». Une énième opération anti-microbes qui mobilise 4 unités de la police nationale de Côte d’Ivoire. Il s’agit du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO), la Brigade anti-émeute (BAE), la Police Judiciaire (PJ) et la Police anti-drogue (PAD).

Le déploiement de ces quatre (4) unités a permis d’interpeller 250 personnes dont l’âge varie entre 10 et 30 ans dans les communes d’Abobo, où le phénomène des microbes est né, et celle de Yopougon, où ces derniers jours des crimes crapuleux ont été de nouveau enregistrés. L’opération va se poursuivre pour gagner en intensité dans plusieurs autres secteurs de la ville d’Abidjan comme Cocody-Angé, Attécoubé ou Adjamé pour stopper ces enfants à la machette qui endeuillent chaque jour des familles sur leur passage. La trêve entre les forces de l’ordre et les microbes s’achève mais les populations de la capitale économique ivoirienne espèrent que la lutte contre ces délinquants à la tétine va s’étendre au-delà de l’opération épervier. En effet, à plusieurs reprises, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité a lancé des opérations promettant de soulager les Ivoiriens de ces enfants-tueurs. Cependant, après les descentes de la police, la rage des microbes était multipliée par deux et leurs attaques devenaient de plus en plus violentes.

Le phénomène des microbes, toute la toile ivoirienne en parle et notamment le chroniqueur Daouda Coulibaly avec sa dernière vidéo :


SUY Kahofi


Simone Gbagbo : le procès bis !

Simone Gbagbo de nouveau face au juge
Simone Gbagbo de nouveau face au juge

L’ex-Première dame de Côte d’Ivoire va de nouveau se retrouver devant le juge ce 9 mai. Après une première condamnation aux assises, elle doit répondre de nouveaux chefs d’accusation.

20 ans. Voici la peine privative de liberté que Simone Gbagbo a écopée lors de sa première comparution devant la justice ivoirienne le 10 mars 2015. Aux côtés de plusieurs autres co-accusés, dont des barons du Front Populaire Ivoirien (FPI), elle était poursuivie pour plusieurs chefs d’accusation dont l’atteinte à la sûreté de l’Etat. Ce premier procès devant la cour d’assises résulte du refus de l’Etat de Côte d’Ivoire de transférer Simone Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) bien qu’ayant déjà « livré » Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Les deux hommes politiques sont actuellement jugés à La Haye.

Lors du premier procès de Simone Gbagbo, le seul plaignant était l’Etat de Côte d’Ivoire. Les présumés victimes et/ou témoins oculaires des faits documentés par l’accusation n’ont été entendus que pour aider la justice à faire éclater la vérité. Finalement, les témoignages, les aveux des accusés, les procédures et même le verdict de ce procès ont fait couler beaucoup d’encre et de salive ! La défense a notamment dénoncé un procès purement politique avec une « distribution » de peine. « Vingt ans, si ça repose sur des faits, sur des preuves, nous pouvons l’accepter. Mais ça a été fait à la tête du client. Si nous sommes abattus, ce n’est pas parce que ce sont des condamnations de vingt ans, c’est parce que le droit n’a pas été dit » a soupiré le 10 mars 2015 Me Mathurin Dirabou, l’un des avocats de l’ex-première dame.

Mais la défense n’est pas la seule à se plaindre de ce marathon judicaire aux conclusions très peu convaincantes. A titre d’exemple, l’ONG Human Rights Watch a dénoncé un procès « inéquitable », mais aussi « insuffisant », puisqu’il n’abordait que des crimes contre l’Etat et non contre les victimes. En retournant devant la cour d’assises pour une seconde fois, Simone Gbagbo n’est plus poursuivie pour les mêmes chefs d’accusation mais cette fois ci pour crime de sang.

Pour certains puristes du droit, la notion de crime de sang est une expression sans réelle valeur juridique. Cependant, elle est tombée dans les usages courant du droit pour qualifier certaines infractions passibles de la cour d’assises. Ces infractions impliquent bien entendu la mort d’une ou de plusieurs personnes. Dans le droit ivoirien, c’est le caractère crapuleux du crime qui est mis en exergue. Il peut donc être question d’un viol, d’un meurtre ou d’un assassinat. « Le procureur de la République contre Simone Gbagbo » sera de nouveau le titre de ce feuilleton judiciaire qui s’ouvrira ce 9 mai sauf changement de dernière minute. D’autant plus qu’initialement annoncé pour le 25 avril dernier, il a été reporté !

L’Etat de Côte d’Ivoire n’est peut-être plus la victime mais il est à l’initiative de cette nouvelle affaire. Cependant, la lecture de l’acte d’accusation permettra in fine de savoir si ce procès s’ouvre pour que la situation des victimes soit définitivement prise en compte par la justice ivoirienne. A ce niveau, les associations de victimes pourraient se constituer partie civile en ne fournissant pas seulement au procureur des témoins. Elles ont, grâce à ce nouveau procès, une occasion unique de se faire entendre et d’exiger des réparations. A moins que les seules réparations prévues soient celles du Fonds d’indemnisation des victimes mis en place par l’Etat début 2016.

Suy Kahofi


Pourquoi pas du « vert » pour faire de la concurrence à la CIE ?

Les énergies renouvelables, une alternative pour démocratiser l’accès à l’électricité
Les énergies renouvelables, une alternative pour démocratiser l’accès à l’électricité

Après trois semaines d’intense grogne sociale marquée par des grèves et des mouvements de dénonciation de cyber-activistes sur les réseaux sociaux, le président Alassane Ouattara s’est adressé ce 1er mai aux ivoiriens avec une volonté de calmer ses concitoyens. D’importantes promesses ont été faites notamment dans le secteur de l’eau et de l’électricité, du renouvellement du permis de conduire et d’appui aux syndicats.

L’un des pans du discours du président Alassane Ouattara qui a sans doute retenu l’attention de nombreux ivoiriens est certainement la déclaration relative au monopole de la distribution de l’électricité par la CIE (Compagnie Ivoirienne d’Electricité). Un monopole qui a été perçu par moment comme le symbole du néo-colonialisme. Un filon exploité dans un passé récent par certains politiciens alors que la Côte d’Ivoire et la France, en apparence, ne semblaient pas filer le parfait amour !

A analyser de près, ce n’est pas autant le monopole du secteur de l’électricité par la CIE qui pose problème. C’est au fond la qualité du service qui laisse à désirer ! Trois problèmes majeurs reviennent sans cesse : les coupures intempestives, les tarifications inexplicables et les hausses liées à des taxes connexes. A cela s’ajoute le phénomène du « courant banan banan »* que certains agents de la CIE semblent encourager selon les témoignages recueillis auprès de plusieurs abidjanais. En trouvant des solutions sur le long terme à tous ces problèmes, le consommateur ne se sentirait en rien lésé chaque fois qu’il reçoit sa facture. Les plaintes dans les agences de la CIE, les séquestrations d’agents commis à la distribution des factures et les branchements parallèles disparaitront peu à peu.

Les solutions sur le long terme, voici ce que les consommateurs réclament depuis des années. C’est bien l’une des raisons qui motive l’appel des consommateurs à casser le monopole de la CIE. En libéralisant le secteur, la compétition entre plusieurs compagnies pourrait aboutir à une meilleure qualité du service. Mais en attendant que sonne l’heure de la libéralisation, une autre alternative pour « concurrencer » la CIE existe. Il s’agit des énergies renouvelables !

Booster la révolution verte

A défaut d’avoir un décret de libéralisation du secteur de l’électricité et des investisseurs pour concurrencer la seule entreprise qui fait la pluie et le beau temps, certaines sources peuvent naturellement faire de la concurrence à la CIE. La biomasse et le solaire peuvent rendre les ménages auto-suffisants en électricité. A ce jour ces deux systèmes de production de l’électricité ne représentent que 2,5 et 3% du mix énergétique ivoirien. Le pays veut faire passer cette part à 15% pour pouvoir relever plusieurs défis dont l’accès à l’électricité dans les zones périurbaines défavorisées mais aussi et surtout dans les zones rurales bien souvent éloignées des installations électriques existantes. En ligne de mire, 2000 villages connectés au réseau électrique en 2020 dont 800 d’ici fin 2016. Ces villages pourront être alimentés par des kiosques solaires autonomes, encore faut-il avoir les moyens et surtout la volonté de les installer. En effet il existe en Côte d’Ivoire un véritable paradoxe entre l’ambition de développement durable du Gouvernement et les moyens dégagés pour la soutenir. Le Ministère de l’environnement, de la salubrité urbaine et du développement durable ne bénéficie que de 0,5% du budget annuel de l’Etat de Côte d’Ivoire estimé 7,6 milliards d’euro (5014,3 milliards f CFA). Au sein même dudit ministère, seul 1% du budget est alloué au développement durable !

Passer du discours aux actes

Il va falloir passer des discours et des bonnes intentions aux actes concrets car la Côte d’Ivoire possède un réel potentiel pour booster les énergies renouvelables. A titre d’exemple, le pays dispose d’un gisement inexploité de biomasse estimé à 12 millions de tonne/an. Son exploitation pourrait se faire dans l’esprit d’un partenariat public-privé car de nombreuses entreprises ivoiriennes ont une solide expérience à ce niveau. C’est le cas des entreprises agro-alimentaires dont plusieurs sites sont autonomes en électricité grâce à un circuit fermé alimenté en biomasse. Au niveau du solaire, plusieurs entreprises proposent déjà des solutions intéressantes cependant elles font face à d’énormes difficultés. En Côte d’Ivoire l’énergie solaire coûte chère…et même trop chère ! Il faut compter entre 850.000 et 7 millions de f CFA pour l’installation domestique d’un panneau solaire. Un coût hors de portée pour de nombreux ivoiriens. Ces prix découlent du taux de 20,7% de taxe cumulé sur l’importation des panneaux solaires. L’Etat pourrait booster ce secteur en s’engager à subventionner l’installation du solaire pour les villages, à encourager la production au plan local des équipements et surtout à défiscaliser les intrants importés.

Suy Kahofi

*courant banan banan : branchement anarchique sur le réseau public


Papa Wemba, dernière scène pour la légende congolaise

Papa Wemba n’est plus !
Papa Wemba meurt à la tâche !

C’est une légende de la musique africaine qui vient de s’éteindre. Le « roi de la rumba » congolaise, Papa Wemba, est décédé ce dimanche au petit matin à l’âge de 66 ans dans la capitale économique ivoirienne.

Jules Hungu Wembadio Pene Kikumba de son vrai nom était l’artiste le plus attendu de ce FEMUA 9 en raison de sa longue absence des scènes ivoiriennes. Papa Wemba avait promis une fête inoubliable aux ivoiriens et mélomanes venus du monde entier mais le king de Kinshasa n’a pas pu honorer cette dernière promesse. Et c’est face à ces fans qu’il a déposé d’une manière très brutale le micro. Wembadio était en pleine prestation autour de 5 heures temps universel quand il entame une quatrième chanson. Le public fredonne avec lui son répertoire connu de millier d’africains quand tout à coup la légende de la musique congolaise s’effondre de tout son poids. Aussitôt à terre que les sauveteurs accourent sur scène pour lui apporter assistance devant un public médusé. Papa Wemba est aussitôt évacué vers l’hôpital le plus proche mais il ne reviendra pas sur scène rassurer les fans resté à l’attendre…en vain ! Tristesse, amertume et désolation se lisent sur les visages et l’esprit festif du FEMUA s’est aussitôt envolé. Comment la fête pourrait se poursuivre sans cette icône de la musique africaine se demande les mélomanes. A cette question le groupe Magic System a décidé d’y répondre en mettant fin à la neuvième édition du festival.


SUY Kahofi


La Chine et la Côte d’Ivoire s’engagent à renforcer leur coopération

Le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et le président du sénat chinois Yu Zhengsheng
Le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et le président du sénat chinois Yu Zhengsheng

Au jour 2 de sa visite officielle en terre ivoirienne, Yu Zhengsheng, le Président du Comité national de la conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC équivalent du sénat) a été reçu par l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Une rencontre au cours de laquelle il a réaffirmé l’engagement de son pays à renforcer ses relations avec la Côte d’Ivoire.

La Chine et la Côte d’Ivoire sont deux pays qui ont depuis plusieurs années d’excellentes relations de coopération et d’amitié. Pour l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, il est important d’œuvre à la consolidation de ces relations. C’est bien ce qui justifie la séance de travail entre les parlementaires ivoiriens et le président du sénat chinois Yu Zhengsheng en visite officielle depuis ce 13 avril à Abidjan.

La rencontre de ce 14 avril à la rotonde de l’Assemblée Nationale a duré une quarantaine de minutes. Le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et le président du sénat chinois Yu Zhengsheng ont discuté de la situation politique nationale et de la coopération entre leurs deux institutions parlementaires en vue du renforcement de la coopération sino-ivoirienne. Cette volonté c’est immédiatement matérialisée par un don de deux millions de Yuan, soit plus de 179 millions de f CFA à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Au-delà de ce geste fort apprécié par les parlementaires ivoiriens, Yu Zhengsheng a indiqué vouloir faire de la « Côte d’Ivoire une destination privilégiée pour la Chine ». C’est sans doute l’une des raisons qui l’a poussé à effectuer le déplacement en terre ivoirienne avec des hommes d’affaires chinois.

La démarche Yu Zhengsheng s’inscrit dans la droite ligne du consensus dégagé lors du sommet sino-africain de Johannesburg. Lors de ce sommet auquel la Côte d’Ivoire prenait part, le Président chinois Xi Jinping a indiqué vouloir mettre en œuvre dix programmes de coopération avec l’Afrique. Ces dix programmes prennent en compte plusieurs secteurs d’activité comme les infrastructures, l’industrie, le tourisme et l’agriculture. La Chine entend coopérer avec la Côte d’Ivoire dans ces différents secteurs énumérés. Le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et le président du sénat chinois Yu Zhengsheng ont fait remarquer que la coopération sino-ivoirienne était pensée dans un esprit gagnant-gagnant. Il est donc important d’œuvrer à sa consolidation pour le bonheur des deux peuples.

SUY Kahofi


L’APSFD-CI professionnalise la microfinance ivoirienne

Les premiers responsables de l’APSFD-CI lors de la conférence de presse du 14 avril
Les premiers responsables de l’APSFD-CI lors de la conférence de presse du 14 avril

Le secteur de la microfinance est en plein essor en Côte d’Ivoire et les chiffres le montrent. Cependant d’importants défis restent à relever selon les professionnels des systèmes financiers décentralisés.

L’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés de Côte d’Ivoire (APSFD-CI) a été créée en 1998. Depuis cette date, cette organisation portée par des acteurs de la microfinance ivoirienne s’est assignée une mission. Il s’agit de promouvoir un secteur de la microfinance professionnel, responsable et inclusif qui contribue à l’amélioration des conditions de vie des ménages de Côte d’Ivoire.

Cette mission n’est pas un long fleuve tranquille tient à rappeler Kouassi Yao Georges le président l’APSFD-CI. En effet gérer l’épargne de nombreuses personnes qui n’ont pas accès aux banques et leur octroyer des crédits pour financer leurs activités requière une bonne dose de sérieux et de savoir-faire. Ce sont ces qualités que l’APSFD-CI ne cesse de promouvoir chez les agents des systèmes financiers décentralisés (SFD) à travers la formation et le renforcement de capacité. Cette stratégie porte ses fruits. La Côte d’Ivoire compte aujourd’hui 62 institutions financières agréées qui rassemblent 1.028.000 clients ou sociétaires.

La microfinance ivoirienne c’est un encours de crédit estimé à 138,2 milliard de f CFA et un encours d’épargne collectée se situant à 175,7 milliards de f CFA ! Des montants qui font que le secteur contribue à 6% du taux global de bancarisation de la Côte d’Ivoire qui est à ce jour à 20,36%. Les secteurs économiques les plus financés par la microfinance en Côte d’ Ivoire sont le commerce, l’artisanat et l’agriculture. L’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés de Côte d’Ivoire entend faire croître les chiffres encourageant qu’elle enregistre. Pour arriver à relever ce défi, Cyrille Tanoé Directeur exécutif de l’APSFD-CI évoque un plan stratégique en trois axes. Il s’agit de contribuer à la professionnalisation du secteur de la microfinance, défendre les intérêts collectifs des membres et renforcer l’accès à l’information des acteurs du public et du privé.

L’APSFD-CI veut contribuer à l’émergence d’une nouvelle microfinance en Côte d’Ivoire à l’horizon 2020. Elle se positionne donc dans une dynamique de faciliter l’accès des ivoiriens, notamment les personnes économiquement faibles, à plusieurs services financiers. L’objectif étant au final de contribuer à la stratégie nationale d’inclusion financière.

SUY Kahofi


Les blogueurs s’engagent contre le terrorisme

Les jeunes ont répondu présent à l’invitation de l’UNBCI
Les jeunes ont répondu présent à l’invitation de l’UNBCI

Un mois après l’attentat terroriste de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, l’Union Nationale des Blogueurs de Côte d’Ivoire (UNBCI) et son partenaire, la Fondation Konrad Adenauer, ont organisé une conférence publique. L’objectif de cette rencontre était de susciter le débat autour du rôle des nouveaux médias dans la lutte contre le terrorisme, c’est autour de ce thème qu’une centaine de jeunes étudiants ainsi que des acteurs influents du web et de la société civile se sont réunis la semaine dernière.

Dans son discours de bienvenue, le vice-président de l’UNBCI, Marck Anderson Amani, a indiqué que cette conférence était une modeste contribution de l’Union des bloggueurs à la lutte contre le terrorisme. Une action encouragée et saluée par la Fondation Konrad Adenauer dont la représentante, Madame Elke Erlecke, a souligné que le terrorisme est aujourd’hui devenu un phénomène mondial auquel tous les pays sont exposés. Il est donc important que toutes les forces vives s’engagent dans le processus de sensibilisation des populations et notamment les jeunes.

Plusieurs conférences ont eu lieu, parmi lesquelles « les organisations terroristes dans le monde et leurs ramifications en Afrique« . Au cours de cet exposé, il a été question de la naissance des groupes terroristes et de leur évolution dans le monde mais aussi des spécificités africaines du terrorisme. Chiffres à l’appui, l’animateur a indiqué que les groupes terroristes ont aujourd’hui les moyens de recruter en masse les jeunes, il est donc important de les protéger à travers une meilleure sensibilisation, les jeunes sont en effet les cibles les plus exposées au recrutement des groupes djihadistes. Ensuite nous avons tenté de répondre à la question suivante : « comment protéger la jeunesse ivoirienne du recrutement des groupes terroristes ?« . Il ressort de cet exposé  que l’éducation et la sensibilisation des jeunes sont les seuls leviers de la lutte contre le terrorisme. Cette lutte passe aussi par des solutions concrètes contre le chômage, car 40% des jeunes recrues des groupes terroristes rejoignent les rangs du « califat » pour des raisons économiques. La jeunesse non éduquée, désoeuvrée et en quête d’identité est la plus fragile et la plus susceptible de rejoindre les causes terroristes. C’est la raison pour laquelle les autorités ivoiriennes doivent promouvoir d’avantage de meilleures politiques d’emploi jeunes. Un autre exposé a développé le thème suivant :  « que diffuser sur les réseaux sociaux en situation d’attaque terroriste ? » en insistant sur le fait que les questions d’éthique, de déontologie et de respect de la dignité humaine doivent guider les actions de tout bon acteur du web qui souhaite diffuser une information en situation d’attaque terroriste. Il faut avant tout recouper l’information et la vérifier avant de la proposer au public.

Les blogueurs et cyber-activistes présents ont tous conclu qu’ils ont un rôle important à jouer dans la lutte contre le terrorisme. La sensibilisation contre ce fléau passe en effet par internet et les réseaux sociaux, et chacun peut apporter une contribution.

SUY Kahofi


Diplomatie parlementaire : la Côte d’Ivoire reçoit la Chine

L’honorable Boby Assa Emilienne, présidente de la commission des affaires extérieures de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire
L’honorable Boby Assa Emilienne, présidente de la commission des affaires extérieures de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire et la Chine se mettent à l’heure de la diplomatie parlementaire à partir de ce 13 avril 2016. Cette visite officielle est faite pour renforcer les liens de coopération et d’amitié qui lient les deux peuples.

C’est la toute première fois que le président d’une institution parlementaire chinoise va séjourner en Côte d’Ivoire. Son excellence YU Zhengsheng, le président de la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC) (équivalent du sénat) de la République Populaire de Chine va conduire une forte délégation de parlementaires et d’hommes d’affaires en terre ivoirienne. Au cours de son séjour, YU Zhengsheng va rencontrer les plus hautes autorités ivoiriennes et aura une séance de travail avec l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire (14 avril à 9 h 30). L’invité de marque sera aussi reçu par le Président de la République le samedi 16 avril à 10 h au Palais Présidentiel. Cette nouvelle visite de haut niveau, qui n’est pas la première d’une délégation parlementaire étrangère en Côte d’Ivoire, s’inscrit dans le cadre de la diplomatie parlementaire impulsée par le président de l’Assemblée Nationale Ivoirienne Guillaume Soro.

« Nous avons de très bons rapports avec la République Populaire de Chine en témoigne les réalisations de ce pays en Côte d’Ivoire » fait remarquer l’honorable Boby Assa Emilienne, présidente de la commission des affaires extérieures de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

Ces réalisations dont parle l’honorable Boby Assa sont le Palais de la culture, l’autoroute de Grand-Bassam et la maison des députés de Yamoussoukro pour être bref. Il est donc du devoir de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire de renforcer ces liens de coopération et d’amitié qui lient les deux peuples. De façon très concrète, cette visite du président du sénat de la République Populaire de Chine aura des retombés bénéfiques pour la Côte d’Ivoire dans la mesure où ce pays est la deuxième puissance mondiale. Mais pour l’honorable Boby Assa, la Côte d’Ivoire ne sera pas la seule à bénéficier de cette visite. « Notre pays a aussi quelque chose à donner » indique présidente de la commission des affaires extérieures de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. La visite officielle de Son excellence YU Zhengsheng, président du sénat de la République Populaire de Chine débute le 13 avril pour s’achever le 16 avril prochain.

SUY Kahofi


Les étudiants ivoiriens bientôt à la rue !

Alassane Ouattara a promis une éducation de qualité aux étudiants ivoiriens, aujourd’hui il leur offre et la rue
Alassane Ouattara a promis une éducation de qualité aux étudiants ivoiriens, aujourd’hui il leur offre et la rue

De nouvelles violences ont éclaté ce lundi 11 avril entre agents des forces de l’ordre et des étudiants qui manifestaient dans l’enceinte de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan pour revendiquer de meilleures conditions de vie et d’études.

« Donnez-moi le pouvoir, je vous le rendrai à coup de matraque » voici en n’en point douter le titre du prochain ouvrage d’Alassane Ouattara à l’intention des jeunes ivoiriens. Celui qui a indiqué avoir des solutions pour la Côte d’Ivoire n’en a pas encore trouvé pour la jeunesse et le fonctionnement de l’Université ivoirienne en est l’illustration parfaite. En effet, depuis la prise de fonction du président Alassane Ouattara, les étudiants ont été confrontés à une série de difficultés qui ont fait perdre le goût des études à bon nombre d’entre eux. Ils ont dû rester à la maison pendant plus d’un an à cause des travaux de réhabilitation de l’Université.

Une fois de retour, c’est un calvaire qui les attendait ! Derrière le bling-bling des bâtiments fraichement livrés, des travaux mal conduits. Sanitaires hors service, climatisation défectueuse, amphithéâtres exiguës, salles de TD qui prennent la flotte de toute part…montrent clairement que la chinoiserie était au cœur de cette réhabilitation. Côté formation, les étudiants étaient déjà en colère en raison du système LMD qui selon les eux n’est pas appliqué dans de bonnes conditions.

« La méthode d’admission de la licence 3 en Master, le non équipement des salles spécialisées, les successions d’années blanches en sciences médicales, la mauvaise application du système Licence Master, Doctorat (LMD) sont nos points de revendication » indique Fulgence Assi le Secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire en Côte d’Ivoire (FESCI).

A ces revendications s’ajoute au quotidien les querelles entre enseignants et étudiants pour accéder aux amphithéâtres et autres salles de TD largement insuffisants. C’est dans ce contexte déjà tendu et qui a occasionnés plusieurs mouvements de grève que les Étudiants de l’Université de Cocody apprennent qu’ils seront délogés à partir du mois de Juin 2016 par le Gouvernement. Le prétexte trouvé par le pouvoir c’est que les cités universitaires vont servir de dortoir aux Athlètes lors des jeux de la francophonie de 2017 !

« L’Etat travaille pour vous : c’était donc ça ? Mettre des étudiants à la rue pour plaire à l’OIF ? C’est le comble du ridicule » se désole un étudiant en droit.

Une double foutaise pour les étudiants dans la mesure où certaines de leurs revendications faites au Gouvernement sont en train d’être pris en compte. Il s’agit notamment de l’installation d’extincteurs et de store sur les paliers et l’amélioration du confort des chambres.

« Nous avons revendiqué pendant longtemps ces mêmes mesures de sécurité sans que le Gouvernement ne nous écoute. Aujourd’hui pour plaire à leurs partenaires ils ouvrent le tiroir à billets ! Les étudiants qui revendiquent sont certainement des CHIENS et maintenant que des ETRES HUMAINS arrivent ils seront mieux logés » s’indigne un autre manifestant interrogé sur le campus de Cocody.

Les étudiants estiment que si réellement le Gouvernement voulait garantir le bien-être de sa jeunesse estudiantine, il aurait été plus judicieux d’achever dans les plus brefs délais la réhabilitation de la cité Rouge et celle de Mermoz pour les jeux de la francophonie. Où va donc la Côte d’Ivoire et surtout que fait-on de sa jeunesse se demandent les étudiants qui estiment qu’au lieu de penser aux ivoiriens, Alassane Ouattara fait tout pour plaire aux Nations étrangères et aux organisations internationales au détriment du peuple qu’il est sensé diriger.

« Si Alassane Ouattara ne veut pas de problème qu’il laisse les étudiants en paix ! Il nous a promis une éducation de qualité et non la rue » rappelle un militant de la FESCI.

Le militant du syndicat étudiant fait bien de rappeler cette promesse car depuis un certain temps, la politique sociale d’Alassane Ouattara commence à virer au cauchemar ! Les Ivoiriens vivent au rythme des mouvements de revendication matés à coup de matraques et de gaz lacrymogène. Les licenciements abusifs s’enchainent, les impôts et taxes deviennent exorbitants sans compter les arnaques étatiques et une escroquerie gouvernementale faite de passation de marchés gré à gré, de surfacturation et de travaux qui se détériorent dès la première pluie.

SUY Kahofi


A chacun son 11 avril !

Laurent Gbagbo arrêté le 11 avril 2011

En Côte d’Ivoire, le 11 avril est un anniversaire au double sens qui montre combien de fois les ivoiriens restent divisés sur la lecture de leur histoire récente. Pour les partisans de Laurent Gbagbo, c’est le jour de la mort de la démocratie ivoirienne et pour les partisans d’Alassane Ouattara le jour de la libération. Une divergence qui montre combien de fois la cohésion sociale est loin d’être un acquis.

Il y a 5 ans jour pour jour, 83 missiles et un nombre tout aussi impressionnant de roquettes étaient tirés par l’armée française sur la résidence du président Laurent Gbagbo où il était retranché avec femme, enfants, sympathisants et collaborateurs. Les images qui suivront sa capture n’avaient jamais été vues au pays des éléphants. Militaires exécutés sur des bases ethniques, ministres de la République humiliés et tabassés, bruits de viol sans oublier le pillage en règle d’une résidence construite pierre par pierre par le père de la Nation Ivoirienne, Félix Houphouët Boigny. Ironie de la bêtise, ceux qui se réclament héritiers d’Houphouët Boigny sont ceux qui sont venus raser la maison où il reposait son corps et après lui, d’autres présidents que la Côte d’Ivoire a connu ! Le 11 avril 2011, la rue ne connaitra pas un sort meilleur avec des opérations de chasse à l’homme, des exécutions sommaires et des pillages attribués aux hommes d’Alassane Ouattara qui prenaient le contrôle de la capitale économique ivoirienne. Les récits les plus morbides parlent d’hommes égorgés comme de vulgaires moutons lors d’une fête de tabaski !

5 ans de retour à une relative stabilité sociale mais le temps, loin de calmer les cœurs meurtris, a plutôt accentué les haines. La justice des vainqueurs dénoncés par les ONG nationales et internationales, l’impunité et la grâce accordée aux ex-rebelles et aux commandants de zone sans oublier la présence de Laurent Gbagbo à la CPI auront contribué à plomber le processus de réconciliation nationale. 5 ans après l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir et malgré ses beaux discours les prisons sont toujours bondées de détenus politiques. Les rancœurs persistent 5 ans après la crise post-électorale, symbole de l’échec d’Alassane Ouattara qui avait promis de réconcilier les ivoiriens dès son arrivée au Palais présidentiel. En effet les routes et les ponts ne suffisent pas à promouvoir le vivre ensemble et la cohésion nationale. Il faut plus et c’est bien cette équation qu’Alassane Ouattara peine à résoudre.

SUY Kahofi


Comment protéger les jeunes africains du terrorisme ?

Bel Mocktar, Abubakar Shékau…des émirs du crime qui abusent de la jeunesse
Bel Mocktar, Abubakar Shékau…des émirs du crime qui abusent de la jeunesse

Les récentes attaques terroristes en Afrique de l’ouest ont permis aux populations de découvrir le visage des groupes armés qui endeuillent le monde. Une actualité sécuritaire qui doit obliger les dirigeants des pays africains à s’attaquer aux racines profondes du mal.

Chaque bombe qui explose, chaque rafale de kalachnikov qui fauche des vies, chaque grenade qui est lancée sur une terrasse ou dans un hôtel pour tuer des innocents est une nouvelle victoire célébrée par les terroristes dans une partie du monde. Des vidéos de propagande à la gloire des auteurs de ces crimes crapuleux sont publiées via les réseaux sociaux. Des communiqués et des photos sont également envoyés aux organes de presse avec l’identité réelle de ces héros d’un genre particulier. Ce qui frappe à la vue des photos de ces combattants d’Allah comme les appellent leurs mentors est surtout la fraicheur de leurs visages. La majorité des terroristes, véritables kamikazes ou volontaires au suicide sont des jeunes. AQMI, Boko Haram, Al mourabitoune et les autres gangs dirigés par les émirs du crime recrutent majoritairement des jeunes.

La jeunesse africaine, une proie facile pour les terroristes en raison de la situation de précarité sévère dans laquelle elle évolue. Chômage, manque de repères socio-politiques sérieux, discrimination basée sur l’ethnie ou l’appartenance religieuse sont autant de problèmes que ces jeunes vivent. Véritables laissés pour compte dans de nombreux pays, certains jeunes ne trouvent d’alternative que dans la promotion du crime. Les plus audacieux n’hésitent pas à rejoindre les groupes armés qui pullulent sur le continent ou de plus en plus aujourd’hui à rejoindre les groupes terroristes. Ce choix, quoi qu’on le dise est dicté par la pauvreté. Les cas de recrutement forcés étant rares, il est important de se tourner vers les arguments avancés par Bel Mocktar, Abubakar Shékau et les autres barons du terrorisme en Afrique de l’ouest pour appâter les jeunes. Les groupes terroristes comme les organisations mafieuses sont des conglomérats du crime très prospères qui peuvent s’offrir les services de n’importe qui. Du chimiste expert des explosifs au jeune chômeur dans un quartier pauvre de Bamako en passant par un militaire exilé, l’argent ne manque pas pour recruter et les chiffres le montrent. En effet, le business dans le sahel aux mains des terroristes en 2013 et 2014 a procuré 3,5 milliards de dollar ! Une somme assez consistante qui peut aisément permettre aux groupes terroristes d’acheter armes, munitions et surtout de pouvoir recruter des jeunes.

Sensibilisation et emplois contre le terrorisme

Une étude de la Banque Mondiale publiée en 2009 souligne que 40% des jeunes qui rejoignent les rangs des groupes terroristes ou les rébellions le font pour des raisons sociales. Il est donc clair que la lutte contre le terrorisme ne peut pas seulement se limiter à un renforcement du potentiel militaire des pays menacés et/ou touchés. La réponse au terrorisme est aussi sociale notamment sur la question de l’implication des jeunes dans cette entreprise criminelle. Il faut impérativement trouver des débouchés socio-économiques à la jeunesse pour assurer son bien-être car l’oisiveté est mère de tous les vices. Il serait difficile de croire qu’un jeune entrepreneur, fonctionnaire d’Etat, promoteur d’une PME et qui nourrit une famille puisse tourner le dos à son gagne-pain pour être volontaire au djihâd ! Plus que jamais, les programmes de promotion de l’entreprenariat jeune, la valorisation du recrutement des 18 à 35 ans, les lignes budgétaires dédiés à la jeunesse pour sa formation et son éducation citoyenne doivent être renforcés. Si les Etats africains ne s’engagent pas sur cette voie, il y a de forte chance que la situation s’empire dans les années avenirs. En effet, la Fondation Koffi Annan estime que lors de la prochaine décennie, 11 millions de jeunes demandeurs d’emploi seront enregistrés sur le continent chaque année. En d’autre terme, de 2017 à 2027, 110 millions de jeunes africains seront présents sur le marché de l’emploi !

Il faudra occuper ces jeunes au risque de les voir rejoindre les rangs des groupes terroristes. Car comme disait le politologue camerounais Achille Mbembe, « faire la guerre devient un travail comme les autres dans tous nos pays » africains ! Si les jeunes africains ne trouvent pas des emplois honnêtes rémunérés, ils iront voir ce que le crime peut offrir. En effet, les dollars du terrorisme ne sont pas marqués du sceau d’Al Qaeda. Ils peuvent servir à louer un appartement, à acheter de la nourriture ou un bien quelconque. L’Afrique ne peut pas s’inscrire dans un perpétuel et sempiternel élan de sensibilisation contre le terrorisme. Il est temps que les dirigeants africains s’asseyent avec leur jeunesse pour trouver ensemble des solutions durables à la question du terrorisme. Les jeunes sont les premières victimes du terrorisme et leurs avis comptent dans le vaste mouvement de lutte contre ce fléau sécuritaire.

SUY Kahofi


Les jeunes ivoiriens sensibilisés sur les dangers de la migration clandestine

La migration clandestine expliquée par Grégoire Déniau et Guillaume Martin
La migration clandestine expliquée par Grégoire Déniau et Guillaume Martin

Une conférence autour de la question de la migration irrégulière a eu lieu ce 24 mars à l’initiative de la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur du Ministère de l’intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur. Une rencontre qui a permis de présenter les dangers que doivent affronter les volontaires au départ.

Choisir de partir loin de sa terre natale pour des raisons économiques, politiques ou pour des besoins de formation n’est pas en soi une mauvaise chose. Cependant, c’est la voie que choisi le volontaire au départ qui pose par moment problème. Partir pour l’Europe, les Etats-Unis ou le Canada est devenu une obsession pour de nombreux jeunes africains qui n’hésitent pas à choisir la voie de la clandestinité pour réaliser leur rêve. Les dangers qu’ils courent sur les routes de la migration irrégulière sont importants et il était bon que la jeunesse ivoirienne puisse le savoir. C’est la raison pour laquelle la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur et son partenaire la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté ont réuni les jeunes autour du thème : « les dangers de la migration irrégulière et le mythe du transit« .

La conférence publique qui s’est tenue à la maison des entreprises (CGECI) au Plateau a enregistré également la participation du Ministère de la promotion de la jeunesse, de l’emploi des jeunes et du service civique (MPJEJSC), de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du Centre international pour le développement des politiques migratoires (ICMPD) et du Conseil de la communauté marocaine de l’étranger (CCME). La méthodologie de cette conférence a consisté à présenter au public venu nombreux une production intitulée « Traversée clandestine ». Il s’agit du film des journalistes Grégoire Déniau et Guillaume Martin dans l’enfer des migrants sur la route de l’Europe. Un témoignage vivant qui montre combien de fois des hommes et des femmes perdent toute leur humanité dans leur marche vers un autre monde, présenté comme un eldorado. Cette marche est aussi celle des trafics de toute sorte, des filières clandestines de migration et de voyages incertains. En effet pour 10 migrants qui réussissent à atteindre l’Europe et à avoir un titre de séjour, il faut compter plusieurs centaines qui perdent également la vie a souligné Guillaume Martin. Au-delà, Grégoire Déniau a indiqué que même cette migration clandestine a un coût. Un droit de passage vers l’Europe sur une petite pirogue peut grimper jusqu’à 20.000 euro (13 millions de f CFA), une somme souvent mobilisé par des communautés entières. Même avec ce montant versé aux passeurs, rien ne dit que le migrant clandestin verra l’Europe d’où l’appel d’Issiaka Konaté à la jeunesse ivoirienne à renoncer à cette voie. En sa qualité de directeur de la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur, il a encouragé la jeunesse ivoirienne à se former et à se tourner vers les structures étatiques de promotion de l’emploi pour s’insérer dans la vie active. Car en réalité en choisissant de migrer « rien ne vous assure que votre vie sera meilleure sous d’autres cieux » a conclu Issiaka Konaté.

Le choix de migrer étant une décision basée sur le libre arbitre de chaque individu, Sophie Konaté, la chargé de programme de la Fondation Friedrich Naumann a invité les jeunes à bien se préparer avant de partir. Les questions liées à l’emploi, au logement, à la formation et même aux conditions de retour au pays doivent être scrutés de près avant de se lancer. L’Etat de Côte d’Ivoire conscient du danger que représente la migration clandestine pour la jeunesse ivoirienne a décidé de mettre sur pied des structures et des projets pour favoriser l’emploi et l’auto-emploi des jeunes. Des mécanismes qui ont été largement expliqué par le représentant du Ministère de la promotion de la jeunesse, de l’emploi des jeunes et du service civique.

Suy Kahofi


La lutte contre le terrorisme : un frein à la libre circulation ?

Les contrôles d’identité ne doivent pas conduire à des abus
Les contrôles d’identité ne doivent pas conduire à des abus

Depuis le 13 mars 2016, la Côte d’Ivoire est venue allonger la liste des pays directement touchés par le terrorisme. Une menace qui oblige le pays à prendre de nouvelles dispositions sécuritaires dont certaines ne manqueront pas de susciter le débat.

La Côte d’Ivoire est un Etat membre de la CEDEAO, une communauté qui s’est donnée pour mission de faire tomber les frontières héritées de la colonisation afin d’aboutir à une CEDEAO des peuples. Pour éteindre cet objectif, la CEDEAO s’est dotée de plusieurs textes (protocoles) dont l’un des plus importants est celui relatif à la libre circulation des personnes et des biens. Les 15 Etats membres de la communauté ont décidé à l’unanimité de ne plus imposer un visa d’entrée à leurs ressortissants. Une première qui va inspirer d’autres communautés économiques sur le continent si bien que l’on dira que la CEDEAO fut le premier espace Schengen africain ! Grâce à un passeport ou une carte d’identité biométrique, le citoyen de l’espace CEDEAO peut (en théorie) se déplacer dans les 15 Etats sans être dérangé.

Cependant, ce principe de libre circulation est à l’épreuve de la lutte contre le terrorisme. En effet, c’est le pays qui accueille le plus grand nombre de migrants sur son sol qui a décidé de durcir le ton sur la question des contrôles d’identité. Lors de sa conférence de presse du 22 mars, le ministre ivoirien de l’intérieur et de la sécurité Hamed Bakayoko a clairement indiqué que la Côte d’Ivoire a décidé « de renforcer les contrôles à ses frontières ». Toute personne qui ne possède pas un passeport ou une carte d’identité biométrique « fiable » ne pourra plus fouler le sol ivoirien. La Côte d’Ivoire entend inscrire cette démarche au compteur des mesures visant à lutter efficacement contre le terrorisme. Car selon elle, la facilité de passage aux frontières peut déboucher sur des entrées d’individus aux mauvaises intentions.

Quand le racket favorise tout…et n’importe quoi !

Dans la forme, la démarche de la Côte d’Ivoire est à saluer puisse qu’elle contribuer à maintenir une certaine vigilance sécuritaire aux frontières. Dans le fond, c’est l’application d’une telle mesure qui risque de poser problème. En effet, le protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et des biens est en réalité violé chaque jour par les agents des forces de l’ordre. Ces derniers sont bien plus préoccupés par l’argent qu’ils se font grâce au racket qu’au contrôle effectif de l’identité des personnes qui entrent et sortent du pays. Si l’aéroport échappe « au racket direct des passagers », il est important d’indiquer que les frontières terrestres sont le lieu d’abus indescriptibles des forces de l’ordre. Avec ou sans passeport ou carte d’identité biométrique, passer en territoire ivoirien vous coûtera officieusement entre 2000 et 10.000 f CFA (entre 4 et 20 $ US). Une fois cette somme versée, soyez sûr que votre identité ou le motif de votre séjour en Côte d’Ivoire deviennent secondaire pour la police. Faites le même geste à la douane et vos bagages passeront comme lettre à la poste !

Ce petit racket que certains qualifieront d’anodin est capable d’être la porte d’entrée de tout type d’individu y compris des terroristes le matériel dangereux qu’ils transportent. Pire, les situations de crise ou d’urgence sécuritaire sont des moments qui occasionnent des violations des droits de l’homme. Propos injurieux, violences physiques, actes de xénophobie et assimilation de l’étranger au terroriste peuvent être constatés lors des contrôles d’identité. Le plus important n’est pas donc d’annoncer un renforcement des contrôles aux frontières mais plutôt de veiller à ce que les policiers fassent effectivement leur travail. En ces temps où la moindre faille dans le dispositif sécuritaire national se paye cash, les unités dédiées à la surveillance du territoire doivent être sous un régime de tolérance zéro. Il ne s’agit pas pour ces unités de brimer, de rabrouer ou de renvoyer les migrants au prétexte d’une opération de lutte contre le terrorisme. Il faut avant tout penser à la pleine application des consignes de contrôle d’identité sans que cela ne débouche sur une violation du protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et des biens.

Bon à savoir

La Côte d’Ivoire est un Etat membre de la CEDEAO et à ce titre, les ressortissants des 14 autres Etats de l’organisation sont libres d’entrer sur le territoire ivoirien sans visa. Cependant, le seul document autorisé à un point d’entrée frontaliers est le passeport biométrique CEDEAO. Sans ce document, les autorités policières ont le droit de ne pas laisser passer un individu. Pour les ressortissants des pays membres de l’espace UEMOA, la carte d’identité biométrique suffit à passer la frontière ivoirienne. Cependant, si vous voyagez en traversant un pays non-membre de l’UEMOA, veillez à avoir un passeport biométrique au risque de verser de l’argent à chaque point de contrôle. En effet, la carte nationale d’identité n’est pas reconnue par certains pays (notamment anglophones) comme un document de voyage. Les cartes consulaires, les cartes d’étudiants, les cartes professionnelles ou tout d’autre document du même genre ne vous autorisent pas à entrer sur le territoire ivoirien. D’ailleurs dans le cadre du dispositif anti-terroriste ivoirien, ces documents ne seront plus acceptés aux différents points de contrôle frontaliers.

SUY Kahofi


Attaque terroriste de Bassam, fruit du laxisme du Gouvernement Ivoirien

Difficile de dire que le gouvernement a pris des dispositions pour protéger les ivoiriens (crédit photo AFP)

Voici plus de deux (2) ans que les groupes djihadistes ont clairement mis la Côte d’Ivoire sur la liste des pays qu’ils entendaient frapper. La raison est toute simple, le pays participe à la croisade anti-djihadiste mené au Mali sous la casquette de la France.

La Côte d’Ivoire est la base arrière de l’opération barkhane et c’est bien d’Abidjan que part la logistique française de l’opération. Malgré cette réalité le pays est resté très peu actif face aux menaces terroristes. Ces menaces proférées via les réseaux sociaux et relayé par de nombreux médias n’ont pas fait réagir le gouvernement ivoirien. La bande à Ouattara n’a jamais évoqué l’existence d’un plan concret de lutte anti-terroriste malgré l’arrestation de djihadistes sur le sol ivoirien. Un laxisme inexplicable alors que plusieurs spécialistes avaient déjà indiqué que les djihadistes étaient dans une logique d’extension de leur « Kalifa ».

En parlant d’élargir leurs activités criminelles, les analystes faisaient surtout référence aux menaces ouvertes envers la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Abidjan et Dakar, deux grandes capitales ouest-africaine qui avaient été jusque-là épargné se trouvaient dans le collimateur des fanatiques enturbannés. Malgré ces mises en garde, en juillet 2015 au terme d’un conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement (Bruno Koné) ira jusqu’à dire « qu’il n’y a pas de menaces réelles » de terrorisme sur le territoire ivoirien. Alassane Ouattara rectifie le tir en janvier 2016 en reconnaissant enfin que le pays était exposé. Le gouvernement ivoirien s’est juste contenté d’envoyer quelques gendarmes et policiers sans affectation camper devant des supermarchés en veillant à ce que l’Assemblée Nationale puisse voter une loi contre le terrorisme aux contours et au contenu flous.

La Côte d’Ivoire rejoint donc la liste des pays touchés par le terrorisme avec un lourd bilan, symbole de la lenteur dans la riposte et du mauvais système de sécurité. Un système de sécurité basé sur de vaines déclarations et non des actions et une préparation concrète. Le gouvernement aurait dû tenir compte du fait que la Côte d’Ivoire est un pays encore fragilisé par une décennie de crise et qu’elle avait besoin d’appui pour se préparer contre les terroristes.

Suy Kahofi