Richard Folly

Les impacts socio-économiques de l’érosion côtière au Togo

Érosion côtière à Baguida, périphérie de Lomé
Érosion côtière à Baguida, périphérie de Lomé

 Selon le rapport de la deuxième communication nationale du Togo sur les changements climatiques, de novembre 2010, l’érosion côtière est un phénomène constaté depuis 1968, après la construction du port de Lomé, et provoque dans ce paysage côtier un effet catastrophique car plusieurs centaines d’hectares de terre utilisée ont disparu sous la mer ; la pollution sédimentaire envase les systèmes marins.

Plusieurs chercheurs, universitaires et scientifiques mènent des travaux d’études sur le sujet. « On constate d’une manière générale dans le monde que les côtes sableuses et de vases reculent. En Afrique de l’Ouest par exemple la vitesse de recule de la côte est importante et varie entre 6, 12, 15 mètres selon les endroits. Ainsi peut-on avoir sur un kilomètre, plusieurs mètres de recule de côte », remarque le Professeur Adoté Blim Blivi de l’université de Lomé, responsable du Centre de Gestion Intégrée du Littoral et de l’Environnement (CGILE).

Il faut reconnaître que les côtes en Afrique subissent le processus d’érosion d’autant plus qu’elles portent les grandes villes capitales des pays, les industries ou encore les populations importantes. À la construction de grands ports qui interceptent la circulation des sédiments, s’ajoutent des causes liées à la nature même des côtes. « Au Togo, les dynamiques d’érosion et d’accumulation sur le littoral sont principalement liées à la présence du port autonome de Lomé, qui est en eaux profondes. Ces ouvrages reconditionnent les courants d’eau, leurs circulations, les vagues, les flux de sédiments » précise le Professeur Blivi.

En réalité, le phénomène de l’érosion est un processus naturel. Il est lié aux phénomènes de précipitation, d’ablation, de transport, et le dépôt de sédiments. L’érosion côtière est un phénomène similaire avec l’arrivée des vagues sur la côte. Cependant, elle est accentuée par certaines activités humaines, et ses conséquences sur les populations ne sont pas négligeables. Elles sont fortement ressenties dans le quotidien des populations et même sur les activités génératrices de revenu, notamment l’agriculture dans la zone.

« Au fil des années, nous perdons nos terres » confie amèrement le sieur André, un habitant de Baguida que nous avons rencontré sur le terrain. Bien plus encore, pour le jeune lycéen Frédérique Kouvianou, « le problème majeur lié à l’érosion côtière dans la zone, c’est le déplacement des populations, car pendant les saisons pluvieuses le quartier est inondé ».

Habitations menacées par l'érosion littorale, Baguida
Habitations menacées par l’érosion littorale, Baguida

« Les impacts du phénomène de l’érosion côtière au Togo sont plutôt catastrophiques ; avant il y avait des champs, des cocoteraies qui n’existent plus aujourd’hui. Sur le plan biologique et environnemental toute la végétation est partie », affirme Wilson Kpoti Bahun, hydro géomorphologue, expert en Systèmes d’Information Géographique (SIG), et assistant de recherche au CGILE. « Le phénomène a déjà emporté deux voies bitumées, des cocoteraies, etc. Si rien n’est fait, la troisième route aussi va partir », a ajouté Wilson. Selon lui, l’origine du mal remonte aux ouvrages du barrage d’Akossombo depuis la haute Volta au Ghana. En effet ce barrage constitue un retenu de sédiments, qui crée un déficit en sédiments qui devraient nourrir la côte.

Sur le plan religieux, il y a eu des perturbations dues au déplacement des autochtones, ce avec les divinités. « Les gens ont perdu beaucoup de terres, beaucoup de champs. Ce qui fait qu’ils n’ont plus de travail ni de revenu. Ils ont aussi perdu des maisons avec pour effet des déplacements importants de populations. La remarque est que les propriétaires d’hier sont devenus des locataires » a souligné Wilson. Il n’a pas manqué de relever le traumatisme des victimes, de voir du jour au lendemain leurs maisons détruites, après de lourds investissements dans la construction. Vrai n’est-ce pas ? Il s’agit bien là d’un dégât incalculable sur le plan matériel mais aussi sur le plan affectif et psychologique. « On ne peut pas dédommager l’affectif » a-t-il précisé.

Par ailleurs les jeunes n’ayant plus d’embarcation pour faire la pêche, vont prélever des graviers dans la mer à des fins économiques, ce qui accentue l’érosion sur la côte. D’autres s’adonnent à l’activité de vente de sable de mer, ce qui a été interdit pour protéger les plages togolaises.

Route bitumée emportée par les eaux, Baguida
Le Beach-Rock, une roche sédimentaire dans la zone littorale , Baguida

Face au phénomène de l’érosion côtière, l’État togolais a mis en œuvre la technique du « Pic de rochers » à Aného, environ 45 kilomètres de la ville de Lomé. Il s’agit de la protection de la plage avec des enrochements, des pavages constitués de gabions installés sur un socle en granite. Bref, un dispositif qui bloque les coups de boutoir des vagues contre la côte. Ce projet a permis de protéger la côte contre les effets de l’érosion côtière sur environ 3500 mètres à travers la construction de 9 épis, avec pour effet la stabilisation de plus de 500 mètres de berge de l’embouchure du Lac Togo.

En effet les ouvrages de protection du littoral à Aného d’un montant global d’environ 3 milliards de francs CFA, ont commencé depuis 2010, et réceptionnés en avril 2014, par le président de la république, SEM Faure Gnassingbé. Au-delà de ces ouvrages de protection du littoral, on en remarque également une série jusqu’au village de Goumou Kopé, qui se trouve protégé. On peut citer de même celui de Kpémé, qui protège le littoral contre les effets de l’usine de traitement de phosphate. D’autres ouvrages sont actuellement en cours de construction. Pour Wilson, « l’érosion côtière n’est plus un risque, c’est un fait géographique majeur » qu’il va falloir nécessairement maîtriser.

Il est clair aujourd’hui que l’érosion côtière n’est pas un mythe ou encore moins la manifestation d’une quelconque malédiction venant des divinités : des croyances populaires parfois citer pour expliquer le phénomène. Il s’agit bien d’un fait géographique réel. Pour en sauver les populations et l’avenir des localités situées sur le littoral togolais, il va sans dire que le gouvernement togolais, les autorités compétentes de gestion de l’environnement, devraient initier puis mettre en œuvre de nouvelles politiques environnementales. L’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE Togo) entre autres, devrait veiller à l’audit environnemental des industries et sociétés installées sur le littoral, et exiger d’elles une étude d’impact environnemental et social ; afin de mettre en œuvre les textes en vigueur.

En plus des ouvrages de protection déjà existant, dont certains vétustes, il est nécessaire de construire davantage d’ouvrages adaptés, à très longue durée de vie. Il est également important voir indispensable de sensibiliser fréquemment les populations le long du littoral, sur les bonnes pratiques et les mesures d’adaptation à l’échelle locale.

Richard Komlan Folly


Avril de la Terre

Comme les Nations Unies préfèrent la nommée, journée internationale de la Terre nourricière, la journée mondiale de la Terre, c’est chaque 22 avril. Ça je ne le dirai plus prochainement, sinon ce serait trop de répétions. Car j’en avais déjà parlé sur ce blog. Même si la pédagogie de l’éducation c’est la répétition, il nous faut avoir de la mémoire. Quoi répétition, pédagogie, éducation, mémoire, et quoi encore. Ce n’est quand même pas une salle de classe ici ?

Désolé on se calme, cher lecteur tu as raison, surtout que j’ai été trop absent ici, pour revenir en donneur de leçon. Mais c’est juste que cette année, le thème de la journée internationale de l’environnement c’est « l’environnement et l’éducation aux changements climatiques. » Tu as vu le rapport ? Bref. L’humain doit devoir décider un jour de rester dans les beaux discours ou agir en faveur de sa seule « demeure ». Ce sera tout pour ce billet. Et si après avoir regardé cette vidéo tu n’as pas pigé la leçon, bah c’est que la Terre est mal barrée.

Le 22 avril c’est aussi le jour où tu veux tellement être à la place des arbres. Il y a tellement d’initiatives en faveur de l’environnement que je crains qu’un jour, les humains vont commencer par envier les arbres. Au-delà des discours politiques, la mise en terre de nouveaux plants, les expositions d’art environnemental, les concerts « green », et que sais-je encore ? Il y a ceux qui s’entrelacent autour des arbres. Ont aurait tout vu dans cette affaire des enjeux et problématiques de l’environnement.

Vivre avec les arbres


Il y a des vies, il y a des gens

Brigadier Amana Akiziou, anciennement gardien de Paix au Togo
Brigadier Amana Akiziou, anciennement gardien de Paix au Togo

Si vous pensez que ce billet – cette prose – n’a pas sa place sur ce blogue, du fait que je n’y traite que des sujets relatifs à l’environnement, eh bien vous pensez exactement comme moi quelques instants avant de me mettre à l’écrire. Heureusement que je me suis rendu compte que nous avons tous tort. La question environnementale est avant tout une question de personnes humaines. Non seulement parce que l’Homme est au centre de toutes questions existentielles. Mais aussi et surtout parce que « nous sommes bien tous fils de l’univers au même titre que les arbres et les étoiles. » Ma plume aussi verte soit-elle se tourne aujourd’hui vers une « vie. »

Il y a des vies, il y a des gens qui comme ce jeune soldat blessé sans allé au front. Vie menacée sans offense consommée. Attaqué et blessé par balles par des inconnus ? Je pense à toi aujourd’hui brigadier Amana Akiziou, gardien de Paix sans paix. Maintenant au front de sa vie. Exilé double.

Il y a des vies, il y a des gens qui faisant ce qu’on leur demande n’ont pas le soutien de ceux qui ont demandé service. Ah ! Pseudo demande de service, le masque. Qui tombe, qui tombe, qui tombera. Comme il est insensée la perception de servir sa nation et mourir pour sa famille. Pauvre victime, abusé des «dieux !! » Pour essuyer cinq balles gratuites ? Mais est-ce un crime servir une nation ?

Il y a des vies, il y a des gens faibles du pied droit, boiteux qui vivent la douleur dans le corps et dans l’âme. Que personne ne veut prendre en charge. Que diantre ! O « dieux » comprenez-vous la faveur ou le droit ou le devoir ?

Il y a des vies, il y a des gens qui comme Amana Akiziou, qui comme des victimes d’une partie de chasse sombre – proies blessées sans force – ont connu la danse de vautours alentours. Puis ont reçu la promesse de vie contre l’interdiction de gémir : acte salvatrice. O « dieux » o « chasseurs » que vous saviez chasser la liberté d’expression de vos horizons misérablement célestes !

Il y a des vies, il y a des gens en exil parce qu’un jour sur la terre de leurs aïeux, les siens ivres de pouvoir ont mis le feu dans leur tanière. C’est pour vous que ma plume frémit et gémit, vous interdits des pleures. Puisse vos larmes s’écouler en elle jusqu’à ce que la vinaigre redevienne du vain pur. Et puisque « nous sommes bien tous fils de l’univers au même titre que les arbres et les étoiles, » que le Nord vous ouvre la porte de ses parvis, terrestres ou célestes qu’importe. N’est-ce pas de paix et d’harmonie que rêvent les âmes ? Oui il y a des vies, il y a des gens qui les méritent. Au-delà des masques qui tombent, qui tombent, qui tomberont.

 


A la COP21, l’Afrique a réclamé une réparation de l’injustice climatique

Inondation à Djibouti @Flickr
Inondation à Djibouti | Image @Flickr.

La 21e conférence des parties sur le changement climatique (COP21) s’est déroulée du 30 novembre au 11 décembre 2015. A cet effet, les représentants de la communauté internationale s’étaient réunis à Paris pour tenter de limiter le réchauffement climatique mondial à 2 °C d’ici 2050. Contrairement à ce que beaucoup peuvent s’imaginer, cette rencontre était plus qu’ailleurs attendue en Afrique. Retour sur cet événement, avec le document COP21 : Réparer l’injustice climatique en Afrique.

En effet, l’Afrique compte le plus grand nombre de pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique dans le monde. Les effets du réchauffement sont d’ores et déjà sensibles en Afrique. « Des sécheresses aux inondations chroniques, il y a de quoi expliquer le nombre grandissant de migrations internes et/ou en direction des autres continents. »

Je pense qu’au-delà de ces quelques problématiques et enjeux qui expliquent l’attention particulière que l’Afrique a porté à la COP21, il y a aussi et surtout l’importance pour le continent de se faire réparer les injustices climatiques dont elle est victime. Il ne s’agit pas ici d’une envie de coller une fois de plus une image de « victime» à l’Afrique comme c’est monnaie courant dans la plupart des débats. Au contraire, je pointe simplement le doigt sur des faits dont l’Afrique n’a point besoin de souffrir tant les responsables directs de ces actes sont bien connus.

Qu’est-ce que l’injustice climatique ? Je la définis comme une dette écologique contractée par la plupart des pays occidentaux et asiatiques à l’égard de l’Afrique, du fait de leurs responsabilités historiques dans le changement climatique – dont l’Afrique ressent le plus souvent les effets néfastes.

Il est évident que le changement climatique est un phénomène planétaire qui ne connaît pas de frontières. C’est-à-dire que les conséquences éventuelles des pollutions d’origines européennes, asiatiques ou américaines sont ressenties en Afrique. Avec parfois des pics de mesure, d’autant plus que le continent dispose de peu de moyens et d’infrastructures inadéquates à l’adaptation aux changements climatiques. Dans ces conditions, il est impératif que les auteurs des pollutions – entre autres causes du réchauffement planétaire – soutiennent les efforts du continent africain pour la mise en place d’infrastructures et de programmes à la hauteur d’une adaptation efficace.

Ainsi, pour Benjamin Bibas et le collectif Wangari Maathai, auteurs d’un document élaboré dans le cadre de la COP21, il est important de « proposer quelques pistes d’actions pour rendre plus opérant certains des dispositifs internationaux prévus pour réparer les injustices climatiques. » Selon Aïssatou Diouf, chargée de plaidoyer Climat à l’ENDA Tiers-Monde, « sur les dix pays les plus vulnérables au changement climatique, six sont africains. »

L’Afrique est ainsi le continent qui subit le plus les conséquences du changement climatique, bien que « l’Afrique [ne soit] responsable que de 4 % des émissions globales, et [n’ait] historiquement presque aucune responsabilité dans le stock de GES (1) dans l’atmosphère. » Par ailleurs, cette adepte de l’écologie politique avait anticipé qu’à la COP21, l’Afrique proposerait « que le réchauffement global soit limité à 1,5 °C, et que le Fonds vert pour le climat atteigne 100 milliards de dollars. » De quoi accompagner le continent dans ses effort d’adaptation au changement climatique.

Mildred Barasa est la secrétaire générale du African Network for Environmental Journalists (ANEJ). Elle était présente à la COP21. Si elle soutient que « les pays développés devraient alimenter le Fonds vert pour le climat à hauteur d’au moins 100 milliards de dollars pour aider les pays pauvres à passer à une économie faiblement carbonée, » c’est parce qu’elle pense – en se penchant plus sur le cas pratique du Kenya – qu’« à cause de la surexploitation des terres arables, du déversement des déchets et du changement climatique, quatre facteurs importants menacent l’environnement au Kenya : la pollution de l’eau, l’érosion des sols, la désertification et le braconnage. »

Je partage ses points de vue. Je ne démens pas pour autant que rien n’est fait par les premiers responsables du changement climatique pour en contenir les conséquences. Malheureusement, même les initiatives palliatives – de réduction des effets négatifs de l’exploitation de ressources minières par exemple – ne pourront pas aider à la réparation de l’injustice climatique sur le continent africain. Ces initiatives contribuent bien souvent et subtilement à endormir la conscience des populations victimes, et à édulcorer la vigueur des acteurs du changement et des militants écologistes. Elles proposent des solutions très localisées souvent dans les limites du site des carrières.

Ces stratégies d’adaptation sont donc à mon avis des solutions partielles et à court terme face aux problèmes environnementaux engendrés par la surexploitation des ressources naturelles. Un exemple concret de ces stratégies d’adaptation au changement climatique est The Quarry Life Award« un concours international visant à promouvoir la biodiversité dans les carrières et à développer les connaissances en la matière. » Un dispositif qui donne la force aux responsables de carrières de montrer leur soutien et leur engagement pour la protection de l’environnement mais qui, malheureusement, n’est pas à la hauteur des dégâts environnementaux causés par leurs activités. C’est assez subtil.

Par ailleurs, du point de vue de l’ancien ministre de l’Environnement et de la Pêche du Sénégal, Haïdar El Ali, « pour qu’une action marche, sa gestion doit être participative. Les solutions doivent venir par le bas et être reproductibles. » S’il pense aussi que le politique a le moyen d’agir, c’est parce qu’il a été et reste l’un des politiques écologistes les plus influents d’Afrique. Il met ici le doigt sur la nature des actions et décisions politiques visant à réduire les impacts du changement climatique sur le continent africain. Des décisions souvent prises sans consultation des populations à la base, qui ne durent pas dans le temps par manque de fondement solide. « Dès le début des années 2000, nous avons commencé à infiltrer le monde politique. Tout en gardant une idée claire en tête : l’écologie doit venir avant la politique. »

Pour moi, ce qui est également intéressant dans le travail élaboré par Benjamin Bibas et le collectif Wangari Maathai, c’est la proposition d’une dizaine de recommandations à l’égard des organisateurs de la COP21 afin que la réparation de l’injustice climatique de l’Afrique soit une réalité. Ainsi ils ont recommandé :

1. De rendre l’accord de Paris contraignant, en prévoyant un mécanisme de surveillance et d’indexation des Contributions au Fonds vert pour le climat qui prenne en compte les engagements des Etats et qui soit pénalisant en cas de non-respect de leurs obligations.
2. D’utiliser des financements innovants (taxes mondiales sur les transactions financières, sur les billets d’avion, sur le fret maritime…) pour abonder le Fonds vert pour le climat et parvenir à collecter plus de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.
3. D’instaurer une obligation de participation des communautés locales aux projets d’adaptation et d’atténuation financés par le Fonds vert, et de conditionner les projets au respect des droits et de la condition des femmes ainsi que des minorités.

Je vous propose de découvrir les autres recommandations en consultant le document complet COP21 : Réparer l’injustice climatique en Afrique.

Sans vouloir polémiquer, la grande question que je me pose reste toujours sans réponse. Deux mois après la COP21, qu’est-ce que les organisateurs ont fait ou entendent faire de ce document et surtout des recommandations qui y figurent ? Je reviendrai sur ce sujet dès qu’il y aura du nouveau.

(1) GES : Les Gaz à Effet de Serre sont des gaz qui absorbent une partie des rayons solaires en les redistribuant sous la forme de radiations au sein de l’atmosphère terrestre, phénomène appelé effet de serre. L’augmentation de leur concentration dans l’atmosphère terrestre est l’un des facteurs d’impact responsables du réchauffement climatique.


Les maîtres du sable

Ce billet vient en introduction à la nouvelle catégorie Landart sur ce blog. Celle relative au Land art, une branche de l’art contemporain dont les matières premières et le cadre sont liés à la nature elle-même. Il s’agit bien souvent de sable, de pierres, de bois, de l’eau entre autres. De fait certains l’appellent tout simplement art environnemental.

Puisque c’est de l’art, dont il s’agit, nous irons à l’essentiel pour découvrir et livrer la beauté du génie. Si je ne me trompe l’art, c’est aussi et avant tout la capacité d’être ou de faire léger pour inspirer la profondeur. Très bien. Nous irons à Gorée. Une petite île au large de Dakar. Gorée est un ancien comptoir français pendant le commerce des esclaves. Aujourd’hui son économie est essentiellement touristique, mais aussi artistique. Ses artistes n’y vivent pas de sable, mais du revenu des œuvres d’art réalisées avec du sable.

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Souvenirs. Nous étions en 2013. Dans les courants du ProjetEOF. J’étais à Dakar, puis une visite à Gorée avec mes amis. Là, j’avais découvert des artistes que je nommerai plus tard les maîtres du sable. De véritables génies de sable. C’est impressionnant de voir ces jeunes habitants de l’île à l’œuvre. Pour faire leurs travaux, ils collectionnent des sables de différentes couleurs un peu partout en Afrique de l’Ouest. Puis, ils en font des œuvres d’art impressionnantes, dont j’ai toujours le souvenir gravé dans mon esprit. On pouvait remarquer des sables de différentes couleurs entre blanc, noir, vert, café, marron, rouge ou rose. Leurs origines : ils sont collectés depuis des déserts, volcans ou plages. Et chaque couleur selon l’origine du sable avait une signification particulière.

Il y a chez ces artistes de la spontanéité, comme quelque chose d’intuitif. Je me souviens comme si c’était encore hier. Sur une table, j’ai vu se dérouler devant mes yeux un bout de sac de riz. Une main tournoyait au-dessus l’aspergeant de sable. De différentes couleurs bien sûr. Ensuite c’était fini. C’est seulement à partir de ce moment que vos yeux s’ouvrent et que votre esprit se rend compte de ce qui vient de se passer. Si vous pouviez regarder d’un œil nouveau l’image à la Une, vous comprendriez.

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Aux sables, ces jeunes artistes ajoutaient selon le besoin d’autres substances notamment de la colle ou de la gomme. Pour vous permettre d’être dans le bain de cet univers artistique unique, j’ai trouvé pour vous cette vidéo postée sur Youtube. Il s’agit d’une belle démonstration de la fabrication des œuvres d’art avec du sable à Gorée. Maintenant s’il vous arrive d’aller voir ces artistes hors du commun, gardez-vous de poser des questions du genre : « Comment est-il possible de vivre de sable ? » Entre nous, ces génies sont bien des humains dont j’admire toujours la très grande humanité. Bonne re – découverte.


Allo, ici la Terre

Nous sommes bien le 22 avril, journée mondiale de la Terre. En cette année, 2015, afin de célébrer notre « maison » à nous  Terriens, les nations du monde invitent à agir pour sauver la planète; la devise  : « C’est notre tour de gouverner ».

La journée mondiale de la Terre a été célébrée pour la première fois le 22 avril 1970. Elle est reconnue depuis comme l’événement environnemental populaire le plus important au monde. Son fondateur le sénateur américain Gaylord Nelson a pris sur lui d’encourager les étudiants à mettre sur pied des projets de sensibilisation à l’environnement autour d’eux. Aujourd’hui, la journée de la Terre est célébrée, à travers le monde, dans plus de 184 pays.

Cartographions_La_Terre

Ici au Togo les étudiants de la faculté de géographie de l’université de Lomé, précisément les membres du Club Géo ce sont préparés activement. Une semaine avant le grand jour, nous sommes sortis sur le terrain, loin des amphis et des bureaux, avec la communauté OpenStreetMap Togo. Une communauté de cartographes 2.0. Nous sommes sortis équipés de GPS (Global Positioning System), de smart phones, de tablettes tactiles, d’appareils photo, des blocs-notes, de stylos. Un seul objectif en tête : cartographier toutes les dépressions fermées de la ville de Lomé. Chose faite au jour d’aujourd’hui. C’est ainsi que nous avons commencé les préparatifs de la journée mondiale de la Terre 2015.

Cartographions_Les_Depressions

Ce mercredi 22 avril en réponse à l’absence d’activités qui devraient marquer la journée, nous sommes une fois encore sortis sur le terrain. Cette fois ce sont les quartiers aux alentours de l’université de Lomé que nous avons pris d’assaut. Avec les mêmes équipements de cartographie. Nous étions une quinzaine de jeunes, sous les regards interrogateurs des gens qui ne savaient vraiment pas ce que nous faisions sous le chaud soleil.

Journee_De_La_Terre

Au-delà de ces modestes actions que nous avons menées pour célébrer à notre manière la journée de la Terre, je trouve quand même regrettable que les voix les plus autorisées n’aient pas donné le ton. Mais j’ose croire que les choses changeront d’ici peu…

Mais voici pour vous Youssou Ndour en attendant le choc.


De la célébration de la Francophonie

Il y a quelques jours le monde entier célébrait le mois de la francophonie. A cet effet plusieurs initiatives ont été entreprises pour donner des couleurs de vie à cette célébration. Sur le plan international la Francophonie a d’abord lancé la campagne « je suis jeune, j’ai ma planète à cœur » dans le cadre de la consultation des jeunes sur le climat. Dont la secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean a déjà donné les premiers résultats.

Ici au Togo la célébration du mois de la francophonie était essentiellement marquée par le concours de l’innovation scientifique et technologique pour le développement durable. Concours organisé par le Bureau Régionale de l’Afrique de l’Ouest de la Francophonie (BRAO) en collaboration avec l’université de Lomé. Il était à l’intention des étudiants des universités privées et publiques du Togo. Et démontre du potentiel de l’engagement des jeunes pour le développement durable. Mais également de l’engagement de l’université de Lomé et de l’Afrique de l’Ouest dans une démarche de développement technologique.

Le concours a pour but de détecter les jeunes talents dans le domaine des énergies renouvelables, l’eau, l’environnement, l’agriculture mais aussi des Technologies de l’Information. Au total soixante et un projets sont enregistrés. Seize retenus et soumis au jury. A l’arrivé dix projets seulement sont déclarés gagnants. Ceci sur la base de la prise en compte des projets de la thématique retenue par la Francophonie cette année, mais également du genre.

Ministre Octave Nikoué Broohm de l'enseignement supérieur remettant le 1er Prix
Ministre Octave Nikoué Broohm de l’enseignement supérieur remettant le 1er Prix

Mr. Tharcisse Urayeneza est le Directeur du Bureau Régional de l’Afrique de l’Ouest de la Francophonie. Présent lors de la cérémonie de remise des prix aux lauréats du concours, il est revenu sur le fait que cette année Organisation International de la Francophonie a choisi comme thème : jeunes, environnement et climat. Pour sensibiliser la jeunesse. Thème qui témoigne de la préoccupation de la Francophonie de la précarité de la qualité de vie à laquelle, fait face les jeunes francophones. Notamment en ce qui concerne le chômage.

Il est claire aujourd’hui que l’un des moyens les plus sûrs pour faire face à ce défi lié à l’employabilité des jeunes, c’est l’innovation dans les domaines de la science et la technologie. Pour y arriver il est important de mettre en avant l’innovation scientifique dans les secteurs dont notre vie quotidienne a besoin. « Nous nous sommes trompés de stratégie pendant très longtemps » Tharcisse Urayeneza.

Selon la présentation de la stratégie jeunesse de la Francophonie plusieurs défis sont à relever par l’Organisation Internationale de la Francophonie. Il s’agit notamment du défi du non accès des jeunes à l’emploi. Une formation qui n’est toujours pas encore adaptée au marché de l’emploi. La non intégration des jeunes dans les organes de prise de décision. Les maladies dont la drogue, les stupéfiants, les MST. Le non accès à la Technologie de l’Information et de la Communication ou encore la fracture numérique.

Parlant du thème « je suis jeune, j’ai ma planète à cœur » retenu cette année par la Francophonie, je vous invite à écouter cette chanson de Yannick Noah que je classe volontiers dans la catégorie des chansons de la Terre. Aux arbres citoyens !! !


Que de poissons dans « la Main de Dieu »

Chères lectrices, chers lecteurs je vous passe le bonjour, espérant que vous allez bien et que ce billet vient vous trouver au bon moment. Aujourd’hui je viens avec l’envie sans cesse grandissante de vous raconter des histoires de plus en plus belles.

Pour cette fois il s’agit des éléments rassemblés lors de ma visite à la ferme piscicole « La Main de Dieu », dans la localité de Kovié à environ trente minutes de route de la ville de Lomé.

Situé à environ vingt-cinq kilomètres au Nord de Lomé, au Togo Kovié c’est aussi une histoire de culture de riz. Sur laquelle je reviendrai éventuellement dans un autre billet. Aujourd’hui nous allons raconter une histoire de poisson, de passion, presque une dévotion religieuse. Bien. Je vous conseille de bien vous accrochez, nous partons en voyage.

Ce matin là mon ami Aké Amazan m’attendait impatient. Il devrait m’amener chez son oncle qui allait nous conduire à « la Main de Dieu ». De fil en aiguille « son oncle » devint très vite « notre oncle ». L’homme était d’une taille un peu au-dessus de la moyenne, et d’une candeur impressionnante. Une première impression sur l’oncle Céphas. Cet ingénieur génie civil a embarqué il y a quelques années dans un projet de terre stabilisée au Gabon, où il a découvert une passion : la pisciculture.

 Oncle_David

Pendant son séjour au pays des Bongo, il passa une partie de sa vie dans un séminaire. Là il accompagnait les séminaristes chaque matin dans une brousse pour donner de la nourriture aux poissons, dans un étang piscicole. Un peu comme une dévotion matinale en effet. L’appétit vient en mangeant dit-on souvent n’est-ce pas ? Il y a donc pris un goût presque religieux à la chose.

C’est ainsi que rentré à Lomé, il décide de faire de la pisciculture. Sans tarder l’oncle Céphas a lancé un appel pour acheter un terrain, en effet un bas-fond pour implanter sa nouvelle activité. Hélas, quand il a commencé à creuser les étangs piscicoles, quelle ne fût pas sa surprise ? Il se retrouve plutôt en face de gravier, de même qu’une carrière de sable, au lieu de la nappe phréatique qu’il espérait atteindre sans trop creuser. Mais là encore c’est une véritable aubaine pour lui. Il les exploita d’abord pour la construction des locaux du site.

Selon l’oncle Céphas, la construction du site peut être résumée en cinq (5) étapes ultimes. Il s’était agi dans un premier temps de creuser les étangs et les ensemencer (actuellement 500m² de surface d’eau). La seconde était et reste toujours celui de l’apprentissage. « Je n’avais pas de formation dans la pisciculture. Je suis donc allé apprendre sur Internet. Là-bas j’ai appris sur les paramètres de l’eau, l’influence du soleil, la pluie et l’environnement» confia-t-il.

De gauche vers la droite : Aké Amazan, l'oncle David, moi et la fille de David
De gauche vers la droite : Aké Amazan, l’oncle Céphas, moi et la fille de Céphas

Pour moi cette affirmation de « notre oncle » n’a fait que confirmer quelque chose que j’ai souvent l’habitude dire à mes amis : les jeunes peuvent retourner à la terre tout en restant connecter à Internet. Je n’ai aucun doute que mon affirmation peut faire bientôt objet d’une conférence sur l’agriculture, les Tics et la jeunesse. Ah oui. Bon. Revenons ici, à nos moutons. La troisième étape dans le processus de construction de la ferme piscicole la Main de Dieu a été le renforcement des structures, les étangs étant sujets à détérioration avec les vagues d’eau, les agents atmosphériques (le vent, la pluie, etc.). Nous avions sécurité ensuite les lieux me disait l’oncle, car les gens essaient de voler les poissons. Pour lui c’est une étape coûteuse en temps, en argent, en réflexion. Enfin il faut assurer la survie des poissons en améliorant leur nourriture.

Hélas cette aventure ne s’est pas faite sans (d’autres) entrave. Le plus complexe et surprenante est la commercialisation, le marketing autour de l’initiative « La Main de Dieu ». « Quand on cultive on ne pense pas qu’après les récoltes on peut ne pas vendre, et c’est une véritable surprise car si vous n’avez pas le courage, vous abandonnez juste. Cependant il faut persévérer ».

L’oncle Céphas a une vision claire de son projet. « Nous voulons nous implanter et se faire une marque ». C’est pourquoi il veut faire la différence en produisant du bio. « Nos meilleurs consommateurs sont les pharmacies, le corps médical, le corps ecclésiastique et des étrangers qui viennent ici au Togo. Pour ce faire une fois encore Céphas est allé sur Internet pour cibler son public. « Là celui qui connaît le bio, le naturel se dégage ».

Oncle David
Oncle Céphas

La ferme « La Main de Dieu se veut également un projet social. « Nous demandons aux gens sensibles aux bio de nous approcher / d’apporter leur soutien en tout genre. » De son côté Céphas croit fermement à l’auto emploi sur la chaîne. Cet ingénieur génie civil travaille activement avec une équipe dynamique d’une dizaine de personnes entièrement impliquées dans la vie de « La Main de Dieu ».

Même si « La Main de Dieu » n’a pas reçu de soutien externe, ce projet piscicole émergeant est apprécié et agréé par le ministère en charge de l’agriculture et de l’élevage. Ceci se traduit par une assistance technique et des conseils sur tout ce qu’il faut savoir. Pour Céphas en Afrique notre identité c’est dans le bio et c’est en cela que nous pouvons être compétitives.

« Nos portes sont grandement ouvertes, nous recevons fréquemment des visites entre autres des écoles d’agronomie des universités de Lomé et de Kara, Infa de Tové, l’Ecole Supérieure des Techniciens Biologiques et Alimentaires (ESTBA). »

La perspective consiste à faire de ferme un site touristique où des familles peuvent passer des week-ends, pêcher et permettre aux enfants de découvrir les poissons. Céphas se veut poétique, pour lui l’idée consiste à amener les gens à se sentir dans le naturel, écouter la mélodie des oiseaux, le chant de l’eau. C’est d’ailleurs pourquoi il aménage actuellement un espace aéré sous les arbres et les palmiers sur le site, situé juste à trente minutes de route de la ville de Lomé. Aux curieux, prenez la route et allez découvrir « La Main de Dieu ». Peut-être qu’on se verra là-bas. Sinon ici pour mon prochain billet.


Comme si le tourisme était la panacée

Qui me dira le contraire que le Togo est un beau petit pays de l’Afrique de l’Ouest ? Qu’il est bercé magnifique par l’Océan atlantique et que c’est un atout – mal exploité – et une bonne chose ?

Qui me dira que le Togo n’attire pas chaque année des centaines de curieuses personnes qui veulent le découvrir, à travers ses différents sites touristiques, dont plusieurs ne sont que les reliques d’un passé plus flamboyant ? Soit.

Regardez plutôt ce joli documentaire, qu’on vous balance devant les yeux dans des rencontres qui n’ont souvent rien à avoir avec le sujet. Édulcoration ? Vernissage ? Revers de médaille ? Stop ! Regardons plutôt.

Le tourisme est un secteur clé dans le développement socio-économique de nombreux pays. Vrai. Est-ce cette compréhension des choses qui amène le ministère du tourisme du Togo a entreprendre des initiatives ? Parmi ces dernières, on peut citer la vulgarisation du Plan Directeur de Développement et d’Aménagement du Tourisme. Document élaboré avec l’appui de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et validé le 30 juillet dernier. Bien.

Le développement de tout secteur passe d’abord par l’élaboration d’un plan directeur. Pas étonnant. Je ne suis donc pas surpris de la joie manifestée vis-à-vis du Plan Directeur de Développement et d’Aménagement Touristique.

Vraisemblablement transportés par le succès de la rédaction, de la validation de ce document, des gens sont allés plus loin à mon avis. « Le tourisme est un indicateur de paix et de sérénité dans un pays » ou encore « le tourisme contribue à la réduction de la pauvreté et dans une certaine mesure à la paix mondiale ». Voilà des affirmations qui selon moi, méritent plus d’attention, sous un ciel comme celui togolais.

Puisque si ces formules sont une évidence sous d’autres cieux, elles ne sauront être considérées de la sorte sur tous les territoires, comme si le tourisme était la panacée aux problèmes de paix et de la pauvreté des togolais. Le tourisme au Togo, le portail magique ?

Allez y vous serez content frustré de lire de belles phrases du genre « du sourire d’un petit enfant à une cascade au cœur de la forêt, le Togo se révèle comme un pays des petits miracles, une pierre précieuse étincelante au bord des eaux bien plus polluées que jamais azurées du golfe du Bénin en Afrique Occidentale ».

Comme par miracle bien sûr, c’est sur ce portail que j’ai lu avec tristesse que les localités Agbodrafo, Baguida, Avépozo, entre autres, figurent parmi les villes du Togo, comme quoi, il y a là des sites touristiques ? Bon sang ! Ça vous déformez l’éducation, vous déformez l’histoire, la géographie aussi s’il vous plaît.

On dit que c’est l’heure de la pause ?

Mais l’heure viendra, et elle est déjà là, pour que les choses se fassent autrement. Aussi quand je regarde cette vidéo publiée sur Youtube, et soigneusement titrée « David y a cru, mais cette fois, c’est Goliath qui l’a emporté à Lama », me dis-je que de David à Goliath l’écart n’est pas que d’âge. Il est aussi temporel. Banale opposition de durée. L’ordre reviendra dans la cité. Ah les luttes, les luttes, nos luttes de classes !

Maintenant, monsieur le ministre du tourisme, j’aime bien votre démarche mais je vous dis que le tourisme togolais a besoin de prérequis politiques pour valider ses crédits. Le pays tangue sur les brisants de la politique. Hier encore c’était des gens dans la rue pour réclamer ce ne c’est quoi. Preuve que la paix dont on nous parle est remise en cause. Demain quelle scène ? Mais cela n’est pas de votre ressort, oui, oui. C’est pourquoi je parle de prérequis, de conjugaison politique.

Le Togo, « pays hautement touristique » ne saurait faire face à ses besoins de l’heure par le seul truchement du tourisme. Pour que « le tourisme soit un indicateur de paix et de sérénité dans un pays » comme le Togo, il faut améliorer aussi les conditions / climat politique. Nous ne pouvons pas sauter d’étapes. Aussi à l’heure où l’on parle de l’écotourisme avec force, le tourisme n’est-il pas une question environnementale importante. Vous savez, dans un pays où plus de 60 % de la population font leurs besoins dans la nature, je me demande quel sera le visage du tourisme écologique ? Mais qu’est devenue notre « Susse de l’Afrique de l’Ouest » ? Dites-moi s’il vous plaît !

Monsieur Victor Tfaraba, vous l’aviez dit et c’est vrai « Le tourisme reconnu mondialement comme étant l’un des secteurs les plus dynamiques dans la création de richesses et d’emplois, est malheureusement sous exploité dans de nombreux États africains, notamment notre pays le Togo, alors que celui-ci participe énormément à l’amélioration des conditions socio-économiques des populations à la base ».

Le tourisme à lui seul ne saurait nous sauver le Togo de la situation actuelle. Je ne crois pas qu’il soit une sorte de baguette magique qui peut inoculer la paix, lutter efficacement contre la pauvreté au Togo. Le mal est ailleurs. Ces choses doivent se régler ailleurs. Nous devons travailler ensemble sur la souche de ces maux qui sont beaucoup plus politiques que touristiques.

Richard Folly.


Femmes et TICs pour le développement agricole

Marthe Montcho est une jeune béninoise, diplômée, elle a à son actif une Maitrise professionnelle en socio-anthropologie. Titulaire d’un Master en Sciences Animales / Élevage des animaux, elle est actuellement en formation à l’École doctorale de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin.

Sa particularité à la différence de ce qu’on peut voir chez beaucoup des jeunes de son âge, elle est plutôt passionnée de l’agriculture, de l’élevage. Optimiste, elle dit « voir le verre à moitié plein et non à moitié vide ». C’est précisément cet optimisme qui la maintient dans la ferme conviction qu’il est toujours possible en Afrique d’atteindre le développement agricole, d’éliminer la faim.

Je la connaissais déjà personnellement en 2013 à grâce à son blog célèbre l’agriculture au féminin.

Nous participions alors tous au concours YoBloCo, le prix du meilleur blog en agriculture organisé par le CTA, qu’elle a remporté. Mais pour moi tout cela se limitait seulement sur Internet. ET mon regard l’a croisé la semaine dernière à InnovAfrica 2014 à Lomé au Togo, ce fut une grande satisfaction.

Marthe_Montcho

Nous avions passé de longs moments à parler de l’innovation, de l’agriculture et de la jeunesse africaine. De loin je n’avais jamais imaginé le souci de cette jeune blogueuse du Bénin, engagée pour l’innovation dans le secteur agricole, de voir la jeunesse africaine inventer le bonheur tant recherché. Elle déplore à volonté le laisser-aller et le laxisme chez beaucoup de jeunes. « C’est une chance quand on est conscient et responsable » me disait-elle.

« En donnant aux jeunes Africains l’opportunité d’exprimer leurs talents, de mettre leurs innovations au service du développement de leur pays et de l’Afrique dans tous les domaines qui utilisent les technologies, il y aura une révolution dans le secteur agricole. Il y aura une pleine sécurité alimentaire en Afrique, le jour où les applications technologiques seront couramment utilisées dans l’agrobusiness ». Il s’agit ici d’une démonstration de son engagement pour la sécurité alimentaire, l’autonomisation des femmes et des jeunes à travers l’agro business.

Marthe insiste « Les femmes et les TICs soutiennent le développement agricole ». D’autant plus qu’elle coordonne l’organisation des femmes agricultrices du Bénin (Bénin Agri Women), elle pense que les technologies permettront de booster le développement agricole. C’est pour accomplir ces vœux qu’elle travaille avec les femmes de son pays, en leur donnant des formations, des appuis et conseils pour l’amélioration de leurs activités agricoles.

Quand elle est dans son pays, Marthe peut passer quatre jours au cours de la semaine à la campagne. Forte de cette expérience, elle affirme : « il n’est plus question de continuer à écarter les femmes de l’usage des technologies car contrairement aux pratiques d’autrefois, elles contribuent aujourd’hui mieux à la technologie et à l’innovation. Les Technologies de l’Information et de la Communication par exemple constituent un atout pour les femmes, pour développer leurs activités agricoles et d’assurer la sécurité alimentaire. »

Loin de le savoir elle-même, Marthe est plus qu’une simple blogueuse passionnée de l’agriculture, du développement rural et de l’amélioration des conditions de la femme rurale ; en me rappelant cette phrase que je tiens d’elle : « la femme rurale est souvent génératrice du revenu familial et peut augmenter considérablement son niveau de production agricole si elle a accès aux facteurs de production agricoles. Elle est tout simplement le moteur du développement agricole et rural. » Marthe MONTCHO est une vraie militante pour le développement de l’agriculture en Afrique et défenseure de la cause des femmes rurales.

 


Écologiquement votre

Lorsque j’étais à la formation Mondoblog 2014 du 02 au 12 mai dernier à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, sur ce qu’il me convient de nommer le web 2.0 et les médias sociaux pour le développement, quelques personnes m’ont demandé si j’ai une formation en agronomie ou en environnement.

À cette question j’ai juste répondu que je suis géographe de formation, en pensant fortement à mes cours d’économie rurale, d’environnement, de climatologie, de biogéographie ; que j’ai suivi des formations en gestion de déchets, en évaluation et protection de l’environnement, mais aussi que j’ai un amour particulier pour la nature.

Richard_Komlan_Folly

En répondant à cette question, j’étais loin d’imaginer ce que je pense aujourd’hui avec un peu de recul. Peut-être la vie a-t-elle fait de moi un mordu de l’agriculture, de la protection de l’environnement et de la conservation de la biodiversité avant même que je m’en rende compte. C’est une histoire qui vaut la peine d’être racontée. Je n’ai aucun doute qu’elle rime peut-être avec celle de plusieurs d’entre vous chers lecteurs. Je vous la raconte quand même.

Eh bien je me souviens, encore enfant, mes parents avaient des champs et une ferme agricole. Mes frères et moi les accompagnaient souvent – les week-ends – défricher les champs ou labourer les cultures. Ces dernières étaient bien diversifiées. Les champs de maïs et de manioc étaient beaucoup plus importants. L’igname occupait aussi une place non négligeable. Il y avait toujours un champ de légumes où nous allions récolter de la tomate, du piment ou encore des épinards.

Repenser à ces moments me fait remonter à la tête cette odeur de la terre brûlée, de la terre mouillée par la pluie, l’odeur de la terre sèche à midi. Oui cette terre brûlante sous nos pieds fermes et hardis. Il nous arrivait parfois de dormir à la ferme après de longues journées de travail.

Mais ce n’était pas que cela. L’école a aussi contribué à cet amour de la nature. Les travaux manuels (TM) de mes années d’écolier puis d’élève sont un souvenir encore clair dans ma tête. Nous avions appris à travailler les nervures de palme pour fabriquer des paniers, des balais ou encore des claies. Les mercredis soirs nous allions vendre fièrement nos produits faits-maison pour le compte de notre établissement scolaire. J’ignorais cependant comme tous les autres camarades de mon âge qu’à des milliers de kilomètres de notre école, à Pékin ou aux USA, d’autres enfants fabriquaient eux des montres et des jouets que nous achèterons à noël

Les jardins et potagers d’écoles sont des lieux conviviaux pour nous petits gamins pendant les récréations. Et quand nous avions grandi pour devenir des élèves de collège nous allions aider des professeurs les vendredis soirs dans leurs propres champs ou ceux de l’école. Avec nos professeurs ils nous semblaient jouer cette fameuse fable « le laboureur et ses enfants » de la Fontaine. Malheureusement aujourd’hui ces pratiques ne se font plus ou du moins rarement dans certains villages bien reculés.

Au Togo par exemple, environ 75 % de la population active est essentiellement agricole, il faudra comme avant remettre des jardins potagers au niveau des écoles. Ceci pour inculquer aux jeunes dès le bas âge la pratique de l’agriculture. Une manière de développer ce que j’appelle une économie de guerre (en cas de chômage ou de crise), histoire d’avoir une autre activité rentable à part les études et plus tard à part sa profession. Je pense que l’agriculture est bonne pour cela.

De loin les travaux champêtres peuvent sembler négatifs pour les élèves. Mais j’avoue qu’il faut avoir la chance de les vivre pour comprendre l’abnégation, le courage et les qualités que cela développe chez l’apprenant. D’aucuns diront que ces pratiques sont révolues. Je dis non. Il suffit d’aller dans les écoles d’agronomie de nos universités pour comprendre que beaucoup de nos ingénieurs agronomes ne connaissent pas les champs. C’est pourquoi je pense aussi que les programmes d’études dans nos collèges et lycées doivent prendre en compte le volet agriculture sous ses différentes formes comme c’est le cas avant. S’il est possible la spécialisation en agriculture doit commencer au lycée comme c’est le cas pour la plupart des filières aujourd’hui. Ainsi les futures agronomes auront le temps de faire du terrain et le seront par conviction.

Aujourd’hui beaucoup pense que les métiers de l’avenir sont dans le secteur de l’agriculture, de l’environnement et des nouvelles technologies. Curieusement les deux premiers secteurs sont plus ou moins pris en compte par les institutions et établissement de formations professionnelles. C’est subtilement très dangereux pour l’Afrique. Le président Félix HouphouëtBoigny disait : « l’Afrique a ratée le train de l’industrialisation, elle ne doit pas ratée celui de l’informatique ». Moi je dis qu’elle ratera tout si elle ne parvient pas à concilier l’innovation technologique et celle agricole.

Ne saviez-vous pas qu’aucun développement n’est possible sans la conservation des pratiques traditionnelles ? La plus grande partie de la population africaine pratique l’agriculture. Et pour atteindre un véritable développement humain durable, il va falloir innover dans le secteur agricole et pas seulement dans les nouvelles technologies.

Richard Komlan Folly


Quel avenir pour l’agriculture ?

Le secteur de l’agriculture connait ces dernières années des innovations politiques ou technologiques. Paradoxalement c’est aussi l’un des domaines où les politiques et stratégies mises en place sont du ressort des personnes qui n’en sont pas des acteurs directs.

L’agriculture est porteuse de l’avenir des nations. Plusieurs entreprises et sociétés et parfois même les gouvernements s’imposent sur le marché aux dépens des paysans. Je veux parler de la paupérisation des acteurs directs de l’agriculture que sont les paysans.

Par exemple le Mouvement des Sans Terre du Brésil mentionne que « trois (3) entreprises ont le monopole de 53 % du marché mondial de semences, six (6) compagnies de pesticides dominent les 76 % du secteur et dix (10) corporations se partagent les 41 % du marché des fertilisants ». Cet état des lieux rencontre la désapprobation de plus d’une personne. Pour preuve, Kathy Jo Wetter du Groupe ETC déclare : « La concentration du pouvoir des corporations et la privatisation de la recherche doivent être discutées comme des thèmes centraux dans la recherche de solutions au problème de qui a nous alimenter. »

Selon Mouvement des Sans Terre, le Groupe ETC lance l’alarme sur le fait que le cartel des semences impulse la privatisation des semences à travers la  » protection plus sévère de la propriété intellectuelle  » et le découragement des pratiques les plus anciennes de l’agriculture, à savoir : la conservation des meilleures semences d’une récolte pour les utiliser plus tard lors des prochaines semailles. Considérez le fait suivant. Le cadre légal impulsé par les entreprises de l’agro-alimentaire et les gouvernements s’appelle UPOV 91 (Union Internationale pour la Protection des Licences Végétales). Elle interdit l’échange de variétés entre paysans.

Or dans plusieurs pays de l’Afrique au sud du Sahara, ces pratiques sont courantes. L’avantage c’est que les paysans n’ont nul besoin de dépenser de leur argent pour acheter les semences pour la prochaine saison. Au contraire, ils font un tri des meilleurs produits de la récolte, qu’ils conservent par la procédure naturelle et simple du séchage. La corde de discorde c’est que ce geste simple et avantageux pour les paysans produit l’effet contraire pour les entreprises de semences. Aussi n’ont-elles pas encore gagnées assez de terrain ici dans nos pays.

Pourtant si l’Afrique ne fait pas attention à ces faits qui sont déjà insupportables pour beaucoup de personnes en Occident, l’avenir de l’agriculture et de l’agriculteur africain est compromis. Il urge d’encourager les paysans à continuer leur activité à travers un système averti de gestion des savoirs, des connaissances et des pratiques. Sans doute ceci contribuerait à l’émergence et à la consolidation de la chaîne de valeurs agricoles. Le développement doit aussi passer par la conservation et la pérennité des anciennes pratiques. Ne l’oublions pas.

Les États doivent aussi de leur côté faire attention à l’implémentation des politiques agricoles étrangères sans vraiment tenir compte des réalités locales. Malheureusement ce sont les gouvernements eux-mêmes qui encouragent et introduisent ces genres de pratiques réfléchies sous d’autres cieux, et qui ne sont pas tout simplement compatibles avec les réalités socioculturelles et ou culturelles de nos pays. Attention donc à l’Afrique. Le rapport du Groupe ETC souligne que les grandes compagnies du genre de la UPOV 91 ont déjà acheté la majeure partie des entreprises qu’elles pouvaient acquérir dans leurs pays d’origine et que la nouvelle stratégie est d’acquérir et d’établir des alliances avec des compagnies d’Inde, d’Afrique et d’Amérique Latine.

 » Il est temps de dépoussiérer les régulations nationales sur la concurrence et de commencer à considérer des mesures internationales pour défendre la sécurité alimentaire du monde  » martèle le Groupe ETC. Par ailleurs il affirme que pour les aliments et l’agriculture, le niveau de concentration de quatre compagnies ne peut excéder 25 % du marché et une seule entreprise ne peut en occuper plus de 10 %. Le rapport propose d’interdire à toute entreprise la vente de semences dont la productivité dépend des produits agro-chimiques de la même entreprise. ETC recommande aux gouvernements de protéger les petits producteurs et les consommateurs.


Lokua Kanza et Yannick Duhamel nous chantent un ‘’Un Arbre’’

A travers un texte simple et léger bien rimé, qui pourtant rime mieux avec leurs traits caractéristiques, nos deux stars de la musique Yannick Duhamel et Lokua Kanza nous livrent une chanson suave et enchanteresse.

La simplicité, la profondeur, le sens de la vie et des valeurs humaines véhiculés ne peuvent que flatter notre admiration. J’ai été très ému quand j’ai écouté pour la première fois cette chanson alors que, j’avais déjà écrit moi aussi une chanson qui a le même titre.

Je me suis alors dis que des fils ont forcément dus se toucher entre nos génies. Et c’est sans prétention aucune de me comparer à ces artistes que j’aime particulièrement. Musicalement parlant ils sont plus que des ‘’grands papas’’ pour moi. Alors toutes mes révérences ‘’grands papas’’. Votre fiston vous aime bien.

 

Au-delà du caractère écologique de ce tube soigneusement ficelé par les voix magiques de Lokua Kanza et de Yannick Duhamel, c’est un message d’espoir et de paix qui est distillé. Un message qui selon une expression que je tiens de Lokua, va « tiré le peuple vers le haut ». Mais ici, de quel peuple il s’agit. Bien évidemment c’est le monde entier puisque le message qu’agite l’arbre de l’espoir est bien destiné à toute l’humanité.

Découvrez l’intégralité du texte ici


Cinq milles arbres : enfin des espaces verts à Lomé ?

« Nous les conducteurs de taxis motos, reconnaissons que planter des arbres est une bonne chose pour protéger notre environnement. Protéger l’environnement c’est éviter de jeter les sachets plastiques dans la rue ».

Des conducteurs de taxis motos en train de planter des arbres
Des conducteurs de taxis motos en train de planter des arbres

A l’occasion de la journée de l’Arbre, vous êtes invités à la couverture d’une cérémonie de mises en terre de jeunes plants, demain dimanche 1er juin à 08h00 en face de la Résidence du Bénin, à côté de la pharmacie Yembla. C’est le message que je reçus sur mon téléphone portable.

Le samedi soir avant de publier mon billet Rimbaud mon regret, j’avais presque oublié que le jour suivant serait la journée de l’arbre. Moi blogueur environnementaliste. Ce qui allait me le rappeler n’était pas loin d’arriver. Vous l’aviez compris ?

À l’heure indiquée j’étais sur les lieux. ….

1er juin journée de l’arbre. Initiée au Togo par le feu président Gnassingbé Eyadéma depuis 1977, cette journée a pour vocation la plantation des arbres et la sensibilisation des populations sur l’importance de la protection de l’environnement. IL est demandé à chaque citoyen de planter au moins un arbre en ce jour.

Le dimanche passé pour honorer cet engagement, la Délégation à l’Organisation du Secteur Informel (DOSI) a organisée en collaboration avec les ministères de l’environnement, de l’agriculture et du commerce, une sensibilisation des acteurs du secteur informel sur l’importance de la journée de l’arbre. Ces acteurs qui sont notamment les conducteurs de taxis motos et les revendeuses.

Ces deux catégories d’acteurs sont les plus concernés, puisque les premiers, après des heures de travaillent se reposent souvent sous des arbres, et laissent trainer aussi souvent sur les routes les sachets qui ont servi d’emballage pour leurs nourritures. Les bonnes dames, elles autres utilisent souvent les sacs et sachets plastiques comme emballages pour leurs marchandises. Des emballages qui se retrouvent après dans la nature. Je suis convaincu que dans les pays où se pratique le taxi moto, on ne peut qu’approuver le choix de ces conducteurs.

Je me suis rendu compte qu’il s’était agit de leur montrer la nécessité de protéger notre environnement, couplet avec une sensibilisation sur la gestion des déchets surtout les sachets plastiques. L’objectif de cette journée de l’arbre pour la Délégation à l’Organisation du Secteur Informel, est de mettre en terre 5 000 plants essentiellement des Eucalyptus, à travers la mobilisation de 4 000 personnes environ, réparties dans les quartiers de Lomé. La valeur ajoutée de l’Eucalyptus vous le savez, est son fort taux d’absorption de l’eau dans le sol, contribuant ainsi à la réduction des inondations.

Deux sites principaux ont été retenus pour la circonstance. Sur le premier, qui couvre les terrains situés entre la nouvelle présidence et le Centre Hospitalière Régional-Lomé Commune, 2 000 plants ont été mis en terre de part et d’autre du boulevard, par 1 500 femmes. Il est à noter que 2 000 autres plants seront mis en terre par d’autres femmes au cours de cette semaine.

Des femmes du secteur informel en train de planter des arbres
Des femmes du secteur informel en train de planter des arbres

Sur le second site situé en face de la Résidence du Bénin, à côté de la pharmacie Yembla, où les conducteurs de taxis motos ont travaillé, ce sont 200 jeunes pousses qui ont été plantées. Ailleurs à Lomé, d’autres conducteurs de taxis motos planteront également 200 autres jeunes arbres.

Les 5 000 arbres sont plantés, oui, mais jusqu’à quand Lomé restera toujours sans espaces verts ?

Mais de quels espaces verts je parle ? Sauf abus de langage, il n’en n’existe quasiment plus. Mêmes les quelques uns mis en place par l’administration allemande au cours de la période coloniale ont disparu. Laissant parfois des reliques, seuls témoins d’un passé verdoyant. Pour ceux qui comprennent le sens du nom  » Alomé » qui signifie  » dans les buissons », qui deviendra plutard Lomé, la capitale togolaise et les espaces verts sont inséparables. Hélas, ironie végétative. Le manque de suivi en ait pour quelque chose.

Pourtant les conducteurs de taxis motos ont fait leur part et ils en sont fiers.

« Nous les conducteurs de taxis motos reconnaissons que planter des arbres est une bonne chose pour protéger notre environnement, grâce à la sensibilisation de la Délégation à l’Organisation du Secteur Informel. Nous invitons les autres conducteurs de taxis motos qui ne sont encore avec nous à nous rejoindre pour cette cause. Protéger l’environnement c’est éviter de jeter les sachets plastiques dans la rue, c’est aussi porter son casque » a déclaré Kponvi Kodjo, délégué du syndicat des conducteurs de taxis motos.

Cette journée de l’arbre organisée par la Délégation à l’Organisation du Secteur Informel a connue également la participation de 120 agents de Scout. Ils ont assuré une opération de salubrité publique pour répondre à l’esprit de sensibilisation de la DOSI pour la protection de l’environnement, couplet à la gestion des sachets plastiques.

Pour la DOSI, il s’agit de parvenir à trois objectifs à travers cet événement. « Nous voulons rencontrer les acteurs du secteur informel pour les sensibiliser sur la cause environnementale. Ce faisant, participer au reboisement des espaces verts pour la protection de notre environnement. Enfin passer un message sur la gestion des déchets, notamment les sachets plastiques » a affirmé Gnofam Mani Moïse, animateur de projet à DOSI, chargé de la région Maritime et des Savanes. Ah les fameux jardins et espaces verts d’antan si vous pouviez y penser sérieusement ? Me dis-je.

Il me plaît en fin, de citer cette phrase de Peter Sebald, de l’ex-Académie des Sciences de la RDA. Si elle pouvait éveiller nos chers ministères de l’environnement, de l’agriculture et du commerce, la DOSI même sur l’importance des espaces verts dans une agglomération urbaine, pour que l’on continue de pérenniser les faits dans ce sens, non pas seulement une fois par an, à chaque premier mai, elle aurait beaucoup fait.

Elle dit :  » S’il y a une tradition de la période coloniale allemande qui devrait être poursuivie aujourd’hui, c’est bien la plantation des arbres dans les rues de Lomé. Cela améliorerait les conditions d’environnement des hommes et rendrait le paysage urbain plus beau ».

PS: Nous attendons toujours le fameux projet du parc de la BCEAO. Ce serait un bon début pour le reverdissement de Lomé.

Richard Komlan Folly


Humains votre Planète est en danger !

La Terre s’en va tel un fleuve sans barrière à la dérive. Juste un geste simple pour la sauver. Telle la fleure qui éclore sans effort. Tel un sourire généreux sur un visage innocent… Une plante arrosée, un sachet plastique soigneusement rangé dans son sac fait de nous des héros. Devant le phénomène sans cesse grandissant de la dégradation de l’environnement, je me propose d’écrire ce qui, à mon entendement, peut être considéré comme « le Top 10 des bonnes raisons de protéger notre environnement ».  Seulement avant de me mettre à écrire, je ne sais vraiment pas trop par où commencer, vu le caractère multidimensionnel du sujet. Et pourtant il faut que je commence quelque part.

Crédit photo : Jean Charles
Crédit photo : Jean Charles

1 – Protéger l’environnement, c’est protéger  la Terre, notre maison à nous

La planète Terre est la seule à être habitée par  les hommes. C’est pourquoi j’aime bien l’appellation « Terre des Hommes ». Malheureusement, elle est sujette à de nombreux problèmes principalement liés aux activités des hommes. Et puisque nous n’y vivons pas éternellement, nous devons en prendre soin en tant que des locataires. Ceci dit, pensons à ceux qui viendront après nous. Quelle image auront-ils de nous ?

2 –  Protéger l’environnement, c’est consolider la chaîne alimentaire

La chaîne alimentaire encore appelée « chaîne trophique » est composée de la végétation, des animaux et de l’homme. Nous savons très bien comment une chaîne se comporte en termes de résistance. Il faut éviter les maillons faibles. Nous devons donc maintenir l’équilibre entre la faune, la flore, les hommes et leurs activités. Tout commence par le changement de comportement envers l’environnement. Commençons par planter des arbres dès aujourd’hui.

3 – Protéger l’environnement, c’est faire de l’arbre un habit pour la planète

L’arbre est pour la planète ce que représente un habit pour le corps. Un vêtement nous permet de nous protéger contre le froid ou de nous adapter à la chaleur. Les arbres à travers le phénomène de la photosynthèse jouent le même rôle pour la planète. Au-delà de ce rôle, un habit nous rend une certaine humanité. Imaginé une Terre sans végétation, où tout est sol nu. Les arbres sont dignes de la Terre. Plantons-en donc au tant que nous pouvons. « Celui qui a planté un arbre avant de mourir n’a pas vécu inutilement » dit-on souvent.

4 – Protéger l’environnement, c’est rendre  la nature non altérée à la génération future

La protection de l’environnement couvre des dimensions d’éthique et de responsabilité, l’éthique étant l’esthétique de la conscience. La biodiversité sinon la nature est un patrimoine universel. C’est donc à chacun le devoir de le préserver, de le protéger afin de le transmettre non altéré à la génération future. Autrement, nous serons responsables devant l’histoire et je crois qu’elle ne sera pas tolérante à notre égard.

5 – Protéger l’environnement, c’est protéger les sources de nourriture et d’eau potable

Tous, on est conscient que ce que nous mangeons et buvons provient de la nature. Si nous laissons la pollution prendre le dessus, elle finira par se retrouver dans nos plats et dans nos verres. Conséquences : développement de maladies incontrôlables, malformation des nouveau-nés. Ceci me fait penser à des anomalies remarquées à Nagasaki et Hiroshima après le lancement de la bombe atomique. Essentiellement dues à la pollution chimique. Il va sans dire que nous devons éviter la pollution sous toutes ses formes. Protéger l’environnement c’est protéger notre santé, notre vie et celle des générations futures.

6 – Protéger l’environnement, c’est préserver la qualité de l’oxygène

Vivre sous entend respirer. L’oxygène que la nature nous offre est indispensable à notre survie sur la Terre. Malheureusement, il y a beaucoup d’éléments nocifs dans l’air que nous respirons aujourd’hui. Ceci à cause des différents types de pollution que subisse notre atmosphère, notamment les fumées d’usines, les gaz d’échappement des avions et véhicules. Ces éléments nous rendent malade. Nous devons donc veiller à ne pas polluer notre atmosphère. Protéger la qualité de l’air, c’est préserver la santé et donc l’avenir de l’humanité.

7 – Protéger l’environnement, c’est prendre soin et conserver le climat naturel

Selon les experts en climatologie (entendez simplement l’étude du climat), notamment le Groupe Inter Gouvernemental sur l’Etude du Climat (GIEC), le climat planétaire a subit et continue de subir de grands changements. Nous commençons déjà à constater que la température globale de la Terre augmente.

Tandis que la flore et la faune évoluent avec la modification du climat, l’agriculture locale est négativement affectée. Considérant tous ces faits, il urge que les humains (NOUS) doivent limiter leur impact négatif sur le climat en réduisant les rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et trouver des solutions alternatifs. Une des possibilités est de se tourner vers l’usage des énergies propres et renouvelables.

8 – Protéger l’environnement, c’est préserver la biodiversité et les écosystèmes

La biodiversité est la variété des espèces animales et végétales de la nature. Toutes ces espèces doivent être respectées et préservées, pour la seule raison qu’elles font partie de la création universelle au même titre que l’homme, le soleil, la lune et les étoiles. Je pense au célèbre auteur qui a écrit : « Tu es bien fils de l’univers au même titre que les arbres et les étoiles ».

Toutes ces espèces sont indéniablement nécessaires à la survie et à l’avenir de l’homme. Les plantes et les animaux contribuent à notre santé. Elles peuvent aussi aider notre agriculture. Je voudrais considérer ici, l’amélioration du rendement ou la résistance aux maladies de nos plantations ou de nos bétails. Nous devons empêcher la destruction des espaces naturels. Nous devons protéger les espèces en danger. Préserver la biodiversité, c’est sauvegarder un réservoir de solutions futures à nos problèmes.

9 – Protéger l’environnement, c’est ton affaire, c’est mon affaire, c’est notre affaire

Pour un meilleur devenir de notre chère planète Terre, chaque individu doit prendre conscience et faire prendre conscience à chacun de l’importance de protéger notre environnement. Je dirai plutôt que protéger l’environnement, c’est protéger l’humanité et permettre qu’elle survive. Il s’agit de notre responsabilité face à l’environnement.

En ce qui me concerne, je sais que je vis dans un environnement dont je suis totalement dépendant. Et je suis persuadé que c’est également le cas pour tous les hommes. Ceci dit, si nous détruisons cet environnement, celui-ci nous rappellera très vite notre dépendance à son égard. Un proverbe populaire ne dit-il pas ? Je cite : « Chassez le naturel, il revient aux galops ». C’est aussi dire que la nature ne respecte pas tout ce qui est fait sans elle. Il est indispensable pour nous de poser de petits actes, au niveau local pour un impact global. « Notre temps est limité, ne le perdons pas », Steve Jobs.

10 – Protéger l’environnement, c’est reconnaître que tout ce qui précède est vrai

« L’hommes est un roseau, mais un roseau pensant » a écrit JJ Rousseau. Je propose à chaque lecteur et à chaque lectrice, à la fin de ce billet, de faire une pose et de réfléchir sérieusement sur le sujet. Moi à chaque fois que j’y pense, je me rends compte que c’est le recul qui nous manque souvent. Prenons un peu de temps pour réfléchir aux problématiques et enjeux de l’environnement. Très vite on se rend à l’évidence que la Terre s’en va tel un fleuve sans barrière à la dérive.

La Terre s’écroule comme un enfant sans force devant la faim. Et si nous sommes sensibles à un enfant qui meure de faim, c’est que nous sommes également capables de faire quelque chose dans l’immédiat pour préserver la survie de  l’humanité. Juste un geste simple, telle la fleure qui éclore sans effort. Tel un sourire généreux sur un visage innocent. Une plante arrosée, un sachet plastique soigneusement rangé dans son sac fait de nous des héros. Sauvons la planète, ensemble pour un monde meilleur.

Richard Komlan Folly


Entre Terre et Mer, le littoral ivoirien vu depuis Grand-Bassam

Vu d’en haut, la photographie aérienne du littoral ivoirien est une histoire féerique. Mais si vous avez le privilège de foulé cette plage grâce à des pieds aventuriers, vous avez tout simplement envie de réécrire une nouvelle histoire.

Photo Philippe Couve
Photo Philippe Couve

Tout comme les autres pays du Golfe du Guinée, la Côte d’Ivoire dispose d’une ouverture maritime. D’une largeur moyenne de 500 kilomètre, le littoral ivoirien offre une plage de sable aux couleurs soleil. Selon une revue de l’Office Nationale du Tourisme Côte d’Ivoire, le littoral se développe d’Est en Ouest sur près de 570 kilomètre de côtes. « Ce qui en fait l’un des plus étendus des pays de l’Afrique de l’Ouest juste après le Nigéria. A l’interface terre-mer, il est de fait original, que la richesse et la biodiversité unique de ses milieux naturels-que composent des lagunes, mangroves, forêt dense humide ou marécageuse, savane-sont d’ampleur et d’intensité des pressions humaines qui s’y exercent au travers des activités telles l’agro-industrie, l’urbanisme, la pêche, le tourisme… », a précisé une autre revue. Selon cette dernière, « un canal assure la liaison entre l’océan et la lagune, évitant aux eaux bordant l’île Boulay de demeurer stagnante ».

Le littoral vu depuis Grand-Bassam a une autre image. Malgré la réhabilitation des infrastructures en 2011 et 2012, beaucoup de choses restent à maîtrisé. Par exemple à Grand-Bassam, l’érosion côtière est fortement constatée. Sur cette côte basse, les vagues sont particulièrement violentes. L’océan hydre, semble être largement plus haut que le continent. « Vous devez-vous assurer de votre capacité à nager à grande eau si vous tenez à vous baignez dans la mer » a exhorté Ziad Maloof, animateur de l’émission Atelier des Métiers de la Radio France Internationale à l’entame de la troisième session de la formation Mondoblog 2014, qui s’est tenu à Grand-Bassam du 02 au 12 mai 2014. « Si jamais malheur il vous arrivait, laissez-vous dérivé tranquillement vers la côte en attendant que l’on vous sauve » a-t-il ajouté en bon leader.

« Au mois de Juillet, c’est la montée des eaux de la mère. Elles deviennent assez violente et perturbent fortement les installations hôtelières » a déploré Abdoul* un habitant de Grand-Bassam. « La seule solution, c’est d’ouvrir l’embouchure pour que les eaux de mer se déversent un peu dans la lagune. Les autorités politiques ont promis que résoudre ces problème au plus à la fin de l’année 2014, mais jusqu’alors rien n’est fait » a ajouté Abdoul*.

Sur la plage, l’insalubrité peut être constatée par endroit. On trouve des sachets plastiques, des objets de tout genre, des bouteilles vides, des algues sans vie déversées par la mer etc. Des artisans de Grand-Bassam y passent le matin ramasser des bouts de bois qui peuvent encore servir dans la fabrication d’objets d’art. En dépit de la situation alarmante qui prévaut sur le littoral ivoirien, plus précisément à Grand-Bassam, force est de constater que de mauvaises pratiques continuent d’être enregistrées. Chaque matin, les équipes d’entretien des hôtels qui jonchent en chapelet la plage, creusent des trous sur la plage, et y enterrent les tas d’ordure. « Les algues mortes ne font pas plus de trois (3) jours dans le sable avant de pourrir et de disparaître complètement. Quant aux sachets, les bouteilles plastiques et les autres objets, ils y restent » a affirmé Jean* un garçon d’entretien avec qui j’ai parlé. On constate aussi par endroit que les débris de vétustes  paillotes sont une véritable source de pollution.

Face à tout ce constat, il urge d’une manière générale que les Agences Nationales de Gestion de l’Environnement de nos pays côtiers de l’Afrique que ce soit en Côte d’Ivoire, au Togo, au Bénin ou n’importe quel autre pays doivent prendre la mesure des choses et mettre en place une véritable politique de gestion du littoral et de l’environnement.

*Par souci d’anonymat, des prénoms ont été changés.

Richard Komlan Folly


Mickael Jackson était un Green Leader, qu’en est-il de nous ?

« Je rêvais disait-il. Je jetais un coup d’œil au-delà des étoiles. Maintenant, je ne sais pas où nous sommes. Bien que je sache que nous avons dérivé bien loin »

Je pense que l’une des raisons du succès planétaire du roi de la Pop était son engagement à défendre l’environnement à travers sa musique. Dans ce sens il a réalisé plusieurs clips vidéo dans une catégorie « Chanson de la Terre ». Je vous propose dans cette collection de vidéo dédiée à l’environnement, ce qui paraît pour moi le  chef- d’œuvre de Mickael dans sa lutte pour la protection de l’environnement : la fameuse chanson « What about us ».

Le texte original de « Qu’en est-il de nous » est en anglais. Il a été traduit par un site de traduction de paroles de chansons. Que dit en réalité Mickael Jackson dans sa chanson ?

Mickael dès le début se lance dans une interminable interrogation. Ce sont des questions simples auxquelles chacun de nous doit prendre le temps de répondre. Car si nous ne faisons jamais rien, le monde s’effondrera autour de nous – il a commencé déjà à l’être – et l’échec sera inévitable.

Qu’en est-il du lever du soleil ? Qu’en est-il de la pluie ? Qu’en est-il de toutes ces choses que nous devions gagner ? Qu’en est-il des champs de bataille ? A notre époque, qu’en est-il de toutes les choses que tu as dit être les tiennes et les miennes ? Ne vous êtes vous jamais arrêté pour voir tout le sang que nous avons répandu avant ? Ne vous êtes vous jamais arrêté pour voir la Terre qui pleure et les rivages éplorés ?

Dans une seconde série de questions, l’artiste demande ce que nous avons fait au monde ? Il demande à chacun de nous ce que nous avons fait. Qu’en est-il de toute la paix que tu as promise à ton fils unique ? Qu’en est-il des champs fleuris ? A notre époque, qu’en est-il de tous les rêves que tu disais être les tiens et les miens ? Ne vous êtes vous  jamais arrêté pour voir tous les enfants morts de la guerre ? Ne vous êtes vous jamais arrêté pour voir la Terre qui pleure et les rivages éplorés ?

« Je rêvais disait-il. Je jetais un coup d’œil au-delà des étoiles. Maintenant, je ne sais pas où nous sommes. Bien que je sache que nous avons dérivé bien loin »

 Il évoque par la suite des problèmes cruciaux de l’environnement en ces termes : qu’en est-il des mers ? Les cieux sont en train de s’effondre. Je ne peux plus respirer. Qu’en est-il de la Terre saignante ? Ne pouvons-nous pas sentir ses blessures ? Qu’en est-il de la valeur de la nature ? C’est le nombril de la planète. Qu’en est-il des animaux ?

Et la légende continue …

Richard Komlan Folly


Les errences

Les errances

Je me souviens encor, qu’un jour,
Perdu en mon sein, sur ces rives,
Entre les méandres des fleuves sans détour
De mon esprit, j’ai frôlé la dérive.

A force de souci et de méditation,
Précipité dans certains déplacements,
Je me suis rencontré rompre des limitations
Et de la chair se débarrasser des carcans.

Le grand salut vient-il de la perdition ?
Qu’il faille nécessairement se perdre pour se retrouver ?
Eh bien, c’est ce que le temps semble parfois prouver.

Nul doute aucun et sans coup fébrile,
Il faut pour monter la cime descendre la caverne
Il faut pour briller vaincre les feux et perdre le terne.

Richard Komlan Folly, Poème inédit.
Lomé le 14 février 2014