Samantha Tracy

Le slam s’invite au Sommet de la francophonie

Le sommet de la francophonie se tient du 22 au 27 novembre 2016 à Antananarivo à Madagascar. En marge a lieu la formation annuelle des mondoblogueurs. Une occasion pour la slameuse blogueuse que je suis de me faire mon idée sur cet événement. Et devinez quoi ? Au pavillon de la francophonie…On slame.

 

Hier, j’ai joué l’écolière la blogueuse buissonnière…

Alors que mes co-mondoblogueurs suivaient studieusement la formation, je suis sortie prendre l’air dans le village de la Francophonie. Une promenade balade de santé au cours de laquelle j’ai été détournée par des mots…Oui ! Des mots ! Ou du Slam plutôt.

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis slameuse au sein d’un collectif dakarois et j’ai un amour tout particulier pour cette forme d’expression. Mais qu’est-ce donc le slam ? Est-il aussi francophone qu’on le croit ?

La petite histoire du Slam

Le slam est un mouvement social, culturel et bien sûr, poétique. En 1980, Marc Smith ; jeune écrivain de Chicago organise une compétition de poésie dans le bar green Mill. En plus d’inviter le public à être jury, Smith envisageait de faire descendre la poésie de son piédestal parce que considérée comme étant l’apanage d’une élite sociale.

Pari largement tenu puisque le Slam a conquis un public hétéroclite qui s’est chargé – au fil des années – de lui donner une identité très urbaine.

Le slam s’invite au sommet de la francophonie

Le pavillon de la Francophonie accueillait des jeunes élèves, venus découvrir ce concept qu’ils connaissent de nom mais en ignorant le sens. Autour d’une slameuse souriante, ils ont découvert le slam dans toute sa splendeur.

Curieuse, j’ai demandé à un groupe d’enfant d’à peu près 11 ans si ils comprenaient mieux ce qu’étaient le slam. C’est avec le sourire, qu’ils m’ont répondu.

Le slam ? C’est comme une récitation. Mais c’est plus cool. C’est comme du rap.

Le village de la francophonie m’avait déjà éblouie avec ses murs pleins de graffitis, comme un clin d’œil à la culture urbaine. J’ai encore plus été étonnée en tombant sur cet atelier d’initiation au slam.

Un autre clin d’œil de la francophonie à cette génération curieuse et métissée qui s’emploie à réinventer la langue française.

Je disais que le français était coloré. Il est aussi jeune et facile à modeler.

Je ne peux donc qu’être heureuse de voir que la francophonie entre peu à peu à l’ère d’une franco-folie où les mots ont une histoire, s’adaptent et s’emploie dans un contexte autre qu’un dictionnaire.

La preuve en vidéo… Un texte. Un slam. Signé par votre servante.

 


Quand Francophonie rime, entre autres, avec graffiti

Curieuse, j’ai arpenté les rues du village de la francophonie et pour vous, je partage mes découvertes et mes coups de cœurs.

 

  • Les jeux de la francophonie, Cote d’Ivoire 2017

Akwaba ! Bienvenue !

Le stand des prochains jeux de la francophonie vous donnera le sourire à coup sûr. Faro, mascotte officielle de ces jeux sera votre premier contact. Avouez qu’il est attachant !

Faro est la mascotte officielle des Jeux de la Francophonie 2017. Crédit photo : Samantha Tracy

A l’intérieur du stand, vous retrouverez la Cote d’Ivoire comme importée à Madagascar : Le fameux cacao local, les chips de banane et de patate, le café…Oui ! Je sais que je parle que de nourriture mais chacun ses centres d’intérêts.

Bonus francophonie : La Cote d’Ivoire est certainement le pays africain où le français très coloré, revisité à la « sauce locale ». Ne soyez donc pas étonnés si jamais en sortant, les hôtesses vous demandent si vous êtes enjaillés. (NDLR : contents).

 

  • Big Orange…

Avant d’arriver à Antananarive, je n’avais jamais entendu parler de « Big Orange », une boisson gazeuse qui ne m’a absolument pas payée pour que j’en parle que je n’ai pas encore gouté.

Ce que j’ai adoré dans ce stand, c’est la présence de la meilleure équipe au monde FC Barcelone. Pas en vrai malheureusement mais vous y trouverez des représentations de Messi, Neymar et Suarez entre autre. What else ? Quoi d’autre ?

La meilleure équipe du monde est au village de la Francophonie

 

Bonus francophonie : La langue la plus parlée sur les terrains de Football est l’anglais. Dommage pour nous les francophones mais la sphère des « footeux » est plus anglophone que francophone.

  • Le Royaume du Maroc

Fresques, garde royale et ambiance apaisante…Bienvenue au Royaume. J’ai beaucoup aimé la présence marocaine au village de la francophonie. Le stand est à lui seul une invitation à découvrir ce pays.

Vous y trouverez quelques supports qui racontent ce pays.

Stand du Maroc. Village de la Francophonie. Crédit photo : Samantha Tracy.

Bonus francophonie : L’Arabe est la langue officielle du Royaume du Maroc, avec le Berbère. Seuls 13,5% des marocains sont pleinement francophones selon l’Organisation internationale de la Francophonie.

  • Le Québec

Vous êtes un jeune entrepreneur ? Ça tombe bien, le Québec fait la promotion du « Marché aux projets» : Partagez une idée, défendez –la directement au stand du Québec et tentez de remporter une des trois bourses de mobilité pour concrétiser ou développer votre projet.

Feuillet disponible au Stand du Québec

Bonus francophonie : Le Québec fait partie de l’Amérique française. En effet, on y parle le français.

 

  • Quand Francophonie rime avec graffiti

En arrivant au village de la francophonie, la chose qui m’a le plus surpris c’est la décoration des murs.

Imaginez donc ! Le village de la francophonie a des allures de Harlem.

Des graffitis sur les murs, comme un clin d’œil à cette jeunesse francophone.

A l’heure où les arts urbains se cherchent encore une place dans nos sociétés protocolaires, j’ai particulièrement aimé voir ces murs colorés qui racontaient une histoire.

Une histoire d’un espace francophone qui se rajeunit.

Un mur au village de la Francophonie

Bonus francophonie : Le singulier de graffiti est…graffito ! Oui, prenez des notes.

Voici donc mon top 5 des stands à visiter si jamais vous faîtes un tour au village de la francophonie.

 


Sommet de la Francophonie : mes coups de coeur

Le sommet de la francophonie se tient du 22 au 27 novembre 2016 à Antananarivo à Madagascar. En marge a lieu la formation annuelle des mondoblogueurs. Une occasion pour la blogueuse que je suis de me faire mon idée sur cet événement. Curieuse, j’ai arpenté les rues du village de la francophonie et pour vous, je partage mes découvertes et mes coups de cœurs.

 

  • Les jeux de la francophonie, Cote d’Ivoire 2017

Akwaba ! Bienvenue !

Le stand des prochains jeux de la francophonie vous donnera le sourire à coup sûr. Faro, mascotte officielle de ces jeux sera votre premier contact. Avouez qu’il est attachant !

Faro est la mascotte officielle des Jeux de la Francophonie 2017. Crédit photo : Samantha Tracy
Faro est la mascotte officielle des Jeux de la Francophonie 2017.
Crédit photo : Samantha Tracy

A l’intérieur du stand, vous retrouverez la Cote d’Ivoire comme importée à Madagascar : Le fameux cacao local, les chips de banane et de patate, le café…Oui ! Je sais que je parle que de nourriture mais chacun ses centres d’intérêts.

Bonus francophonie : La Cote d’Ivoire est certainement le pays africain où le français très coloré, revisité à la « sauce locale ». Ne soyez donc pas étonnés si jamais en sortant, les hôtesses vous demandent si vous êtes enjaillés. (NDLR : contents).

 

  • Big Orange…

Avant d’arriver à Antananarive, je n’avais jamais entendu parler de « Big Orange », une boisson gazeuse qui ne m’a absolument pas payée pour que j’en parle que je n’ai pas encore gouté.

Ce que j’ai adoré dans ce stand, c’est la présence de la meilleure équipe au monde FC Barcelone. Pas en vrai malheureusement mais vous y trouverez des représentations de Messi, Neymar et Suarez entre autre. What else ? Quoi d’autre ?

La meilleure équipe du monde est au village de la Francophonie
La meilleure équipe du monde est au village de la Francophonie

 

Bonus francophonie : La langue la plus parlée sur les terrains de Football est l’anglais. Dommage pour nous les francophones mais la sphère des « footeux » est plus anglophone que francophone.

  • Le Royaume du Maroc

Fresques, garde royale et ambiance apaisante…Bienvenue au Royaume. J’ai beaucoup aimé la présence marocaine au village de la francophonie. Le stand est à lui seul une invitation à découvrir ce pays.

Vous y trouverez quelques supports qui racontent ce pays.

Stand du Maroc. Village de la Francophonie. Crédit photo : Samantha Tracy.
Stand du Maroc. Village de la Francophonie.
Crédit photo : Samantha Tracy.

 

Bonus francophonie : L’Arabe est la langue officielle du Royaume du Maroc, avec le Berbère. Seuls 13,5% des marocains sont pleinement francophones selon l’Organisation internationale de la Francophonie.

  • Le Quebec

Vous êtes un jeune entrepreneur ? Ca tombe bien, le Quebec fait la promotion du « Marché aux projets» : Partagez une idée, défendez –la directement au stand du Québec et tentez de remporter une des trois bourses de mobilité pour concrétiser ou développer votre projet.

Feuillet disponible au Stand du Québec
Feuillet disponible au Stand du Québec

Bonus francophonie : Le Quebec fait partie de l’Amérique française. En effet, on y parle le français.

 

  • Quand Francophonie rime avec graffiti

En arrivant au village de la francophonie, la chose qui m’a le plus surpris c’est la décoration des murs.

Imaginez donc ! Le village de la francophonie a des allures de Harlem.

Des graffitis sur les murs, comme un clin d’œil à cette jeunesse francophone.

A l’heure où les arts urbains se cherchent encore une place dans nos sociétés protocolaires, j’ai particulièrement aimé voir ces murs colorés qui racontaient une histoire.

Une histoire d’un espace francophone qui se rajeunit.

Un mur au village de la Francophonie
Un mur au village de la Francophonie

Bonus francophonie : Le singulier de graffiti est…graffito ! Oui, prenez des notes.

Voici donc mon top 5 des stands à visiter si jamais vous faîtes un tour au village de la francophonie.

 


Alerte : Mondoblogueurs à Antananarivo

 Aéroport. Douanes. Valises. Café. Horaire. Passeport…

Voici les mots clés de mon dernier week-end.

En compagnie de Lucrèce, j’ai quitté Dakar.

Un voyage de près de 11 heures, entrecoupé d’escales et nourrit de fous rires, pour enfin atterrir à Antananarivo. À Madagascar. L’île rouge qui reçoit cette année le sommet international de la francophonie et surtout, la formation annuelle de Mondoblog.

J’y suis depuis quelques jours maintenant et attendant de vous faire un résumé de mon périple malgache, Je vous invite à faire la connaissance d’une partie des Mondoblogueurs de la saison 5.

Mot d’ordre : ne tombez surtout pas amoureux de leurs sourires… et de leurs plumes.

 


J’ai 25ans et tout l’avenir derrière moi – Lucrèce G

Je n’ai jamais aimé fêter mon anniversaire.

Quand j’étais plus jeune ma date d’anniversaire coïncidait généralement avec la rentrée des classes et bien évidemment les parents étaient plus occupés par les fournitures scolaires et les frais de scolarité plutôt que par une fête.

En grandissant je me suis fait une raison. D’ailleurs je ne comprenais pas pourquoi il fallait fêter le fait qu’on vieillissait.

A ce propos on me recommande souvent de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Une année de plus est une grâce etc. Mais cette année j’ai beaucoup plus de mal.

J’ai 25ans et je m’endors souvent en rêvant de pouvoir remonter le temps.

Mon 25eme anniversaire, j’ai eu la chance de le fêter avec ma famille.

Enfin, il faut encore relativiser la notion de chance!

J’ai été réveillée à 5h du matin par ma mère et ma grand-mère qui ont tenu à prier pour moi. N’allez pas penser que j’ai quelque chose contre les bénédictions parentales mais là c’était comment dire… épique.

Seigneur mon Dieu fais qu’elle trouve un mari, oh Seigneur aies pitié de moi, donnes un mari à ma fille !

Ma grand-mère elle, orientait déjà ses prières vers le genre de mari qu’elle veut pour moi basée évidemment sur son expérience de la vie. Ce n’est pas la première fois que j’ai droit à ces prières mais la ferveur qu’elles y mettaient ce jour là m’empêchait d’en rire cette fois. Cela m’interpellait plutôt sur le fait que je venais de taper le code d’accès à la vraie vie d’adulte : 25.

Enfant docile et sage en apparence, j’ai toujours été surprotégée et cela n’a jamais été pour me déplaire, même que j’en abusais sans honte. Mais depuis, je me rends compte que pour avancer j’ai besoin d’abandonner la facilité et prendre la vie à bras le corps. Il y a des erreurs que je ne pourrai plus me pardonner. Les mauvaises décisions que je prenais avant même d’agir parfois, je les catégorisais facilement dans la liste des erreurs de jeunesse pour me donner bonne conscience sauf que désormais je ne me sens même plus jeune. Mes journées commencent désormais avec un grand nombre de pensées que je trouve stupides mais dont je n’arrive pas à me défaire. Il me faut être plus… moins… arrêter de… mieux faire… Et si finalement je n’y arrive pas ?

Professionnellement, j’ai tout ce qui est nécessaire, je sais apprendre. Je suis beaucoup moins pessimiste de ce coté, non pas parce que j’ai atteint tous mes objectifs mais le contexte actuel où il n’y a plus vraiment un modèle classique de carrière où l’on est « obligé de gagner sa vie tout en l’inventant » me paraît plus stimulant. Heureusement ou malheureusement je n’ai que ma bouche à nourrir et donc encore la latitude de choisir en pensant seulement à moi.  Pas encore besoin d’épargner pour la maison ou les études supérieures d’un enfant qu’au demeurant je condamne par le simple fait de lui donner la vie à voir la fin du monde. Donc oui, les angoisses de réussite et d’épanouissement professionnels, je les garde pour ma crise de milieu de vie. Pour tout le reste, je me rends compte que l’acné est la plus insignifiante des  préoccupations quand on grandit. Il faut désormais compter, calculer, mieux réfléchir… Adieu l’insouciance, c’est le moment de faire le deuil de sa jeunesse.

Je me rappelle avec nostalgie de ces fois où mes ainés m’envoyaient au lit parce que le film est déconseillé aux moins de 18ans. Contre mon gré, j’allais me coucher en rêvant de mon bel appart, de mon écran géant avec lequel je regarderai tout ce que je voudrai quand je serai grande. Dans le doux cocon de la jeunesse, je ne comprenais pas encore que l’autonomie et la liberté que je visualisais s’accompagnent d’obligations. Aujourd’hui, il m’arrive de tomber sur des offres (concours, projets…) réservés aux moins de 25ans et de ressentir la même frustration. Belle illustration de l’éternelle insatisfaction de la nature humaine ! Mon pessimisme légendaire m’oblige encore à voir le verre à moitié vide. Evidemment le « moins de 25ans » n’est pas la limite d’âge courante pour les projets réservés aux « jeunes » mais cela ne m’empêche pas de penser qu’il y a des choses que je ne pourrai plus faire à cause de mon âge et qui étaient peut-être nécessaires pour mon avenir. Dans ma « quaterlife crisis » (oui oui ca existe), j’ai du mal à accepter le « tu es jeune, tu as l’avenir devant toi ».

Mon coup de blues n’est pas seulement un caprice d’enfant gâtée qui semble comprendre des fondamentaux de l’existence un peu trop tard mais plutôt un réveil amer, une prise de conscience difficile mais nécessaire à l’adulte que je veux être. Toutes ces questions qui me taraudent, ces incertitudes qui m’angoissent, ces changements que je juge nécessaires d’apporter à ma vie sont destinés à faire de moi une meilleure personne, enfin j’espère, mais Dieu que c’est effrayant !

Lucrèce G


Ma contributrice du mois :

Lucrèce est une TECHNOFILLE. Une sorte de Geek, dans sa version très féminine. Ingénieur en réseau et télécommunications, cette jeune femme d’origine béninoise a également trouvé le moyen de tomber amoureuse de la langue française et de se passionner pour la cuisine! Plus multitaches, tu meurs!

Elle est mon coup de coeur de ce mois de novembre. Ne manquez surtout pas de la suivre sur son blog.


 









A Dakar, la « Téranga » a déserté les rues…

Sénégal, pays de la Téranga. Dakar, capitale africaine où « le donner et le recevoir » sont érigés en règles sacro-saintes. En y arrivant, on t’apprendra que l’on invite toujours un étranger à partager son repas ou même, dans l’art du bol ; qu’il est important de partager le peu que l’on a. On te dira que l’étranger – qu’il soit blanc, noir, jaune ou vert – est le bienvenue chez toi.

Tu apprendras, avec émerveillement, que l’héritage ancestral de la TERANGA (l’hospitalité à la Sénégalaise) est la base de chaque rencontre, chaque relation, chaque histoire.
C’est cette vision là que l’on a du pays de Senghor.

Il y a bientôt une décennie que j’ai quitté mon Congo natal pour le Sénégal. Pour des raisons d’études j’y suis venue ; pour des raisons professionnelles, j’y vis et pour des raisons humaines, je l’aime.
Malheureusement, en 10 ans ; j’ai eu le temps de tirer certaines conclusions.
Allez à Saint-Louis, visitez Thies, Kolda ou même Zinguichor… Vous y trouverez sans aucun doute la douceur de l’hospitalité à la Sénégalaise.
Revenez à Dakar et vivez-y, vous comprendrez en très peu de temps qu’ici, la Téranga n’est plus qu’un vieux souvenir du Sénégal d’avant.  A Dakar, la « Téranga » a déserté les rues…

L’Etranger, ce NIAK…

La première fois qu’on m’a appelée NIAK, je n’y ai pas prêté attention. Il faut dire que dans la plupart des pays, il y a un terme plus ou moins anodin pour désigner l’étranger. Curieuse, j’ai voulu en savoir plus. Que voulait donc dire ce terme « NIAK ».

De ce que j’ai appris, à l’origine le NIAK (ñak en wolof) est une personne originaire de la forêt, qui y vit et qui n’est pas civilisée : un sauvage.

Le terme NIAK, dans son étymologie, fait donc référence aux sauvages qui tentent d’envahir les terres de personnes plus civilisés.

Cependant, il y a NIAK et NIAK…

A Dakar, le NIAK aka l’étranger, à qui le respect semble être dû de droit, reste le blanc, le toubab. Que ce soit dans les services publics ou privés, il semble que la peau blanche donne d’office un statut que le NIAK africain n’aura pas forcément.

Le problème, c’est l’autre…

Alors que j’étais dans un bus, un Monsieur d’un certain âge expliquait que la jeunesse sénégalaise s’était pervertie depuis que les “NIAK” s’étaient installés. Mieux, il insinuait que le pays se porterait mieux sans la présence de ces fameux étrangers.
Choquée, je n’ai pourtant pas relever ses insinuations. Je suis d’avis que vieillesse n’est pas toujours synonyme de sagesse.

Toujours dans le même genre, je me souviens qu’à une certaine époque, alors que je vivais avec des amies, nous avons appris que dans l’immeuble – où nous étions les seules étrangères – nous avions un tarif “spécial” pour le loyer.
Pire, le reste des locataires s’approvisionnaient en électricité via notre compteur, à notre insu. Et lorsque nous avons crié au scandale, la réponse n’a pas tardé :

Vous êtes des NIAK, vous avez de l’argent…

Malheureusement, cette phrase résume à elle seule, la façon de voir d’un grand nombre de Sénégalais. Pour certains, le fait d’être étranger en terre sénégalaise signifie que nous avons tous un papa Ministre ou une bourse étatique à 10 chiffres.

La grosse blague!

Les étudiants étrangers ont tous une histoire à raconter sur les soirées de galère où l’on s’endort en se contentant d’un bout de pain et d’un verre d’eau. Pour la plupart, ce n’est que grâce aux sacrifices consentis par nos parents que nous avons eu la chance d’étudier à l’étranger.

Avec le temps, on assiste à une déshumanisation totale de bon nombre de Dakarois. D’ailleurs, à l’origine de ce coup de gueule, la mésaventure d’un ami qui a été cambriolé au vu et au su de ses voisins et qui a dû subir l’indifférence de la police locale. Il en parle d’ailleurs ici.

Ce Sénégal Dakar qui fait peur…

Je disais au début de ce texte que j’aimais Dakar, avec ses forces et ses imperfections. Mais j’ai peur du Sénégal de demain.
Plus le temps passe et plus le Sénégalais lambda traite ses voisins africains avec un mépris que je ne m’explique pas. Les plus touchés d’entre nous sont sans aucun doute les Guinéens qui – heureusement – gèrent bon nombre des petits commerces de la capitale.

Des intellectuels dans les salles de classe aux petits commerçants dans les rues, il semblerait que le mot ait été passé pour signifier que le NIAK, c’est le problème.
Pourquoi donc?
Nous payons nos impôts, nous payons des loyers souvent très élevés et même au niveau de certains établissements scolaires, nous payons le double de ce que paient les nationaux.
Où est donc le problème ? Doit-on se justifier de vivre en terre étrangère ?

J’aime trop le Dakar que je vois au travers des yeux de grand nombre de mes amis locaux. Ce Dakar qui tend la main à l’autre et qui va puiser dans l’essence même de la Teranga pour accueillir sans aucun mépris l’étranger qui frappe à sa porte. Ce Dakar chaleureux où l’amitié et les sourires ne se vendent pas contre quelques CFA et où, finalement, chaque rencontre est une richesse.

N’oublions pas… Chacun a un “chez soi” mais le monde d’aujourd’hui est trop ouvert pour que l’on croit que nous ne deviendrons pas tous des nomades. Parce qu’après tout, pour que les choses changent, il faut que les gens bougent.

J’écris ces lignes avec le cœur lourd , avec le regard triste parce que Dakar se déshumanise. Et si seulement je pouvais dessiner à nouveau le Dakar d’avant. Celui où le “Kay lekk” (Viens manger) n’est pas qu’une simple politesse mais une vraie invitation. Celui où l’on t’accueille les bras tendus en te souhaitant la paix, rien que la paix. Diam ak Salam.
En attendant de peindre un tableau plus éclairci de la capitale du Y’en a marre, celle du mbalakh, celle du wolof et des sabars…

 Bou leune meusseu fatt, jamm, mome li fi Mame yi bayi …

N’oubliez pas, la paix c’est que les ancêtres vous ont léguée… Votre paix! Celle que vous saviez transmettre à tous ceux qui passaient chez vous. Celle qui fait que l’on aime Dakar et le Sénégal sous toutes ses facettes.

J’ai parlé.


Un destin bâclé… c’est ce dont je parle

Un destin bâclé…c’est ce dont je parle. Mais au Congo, on risquerait de croire que je verse dans l’activisme. Heureusement, ce n’est qu’une fiction. Ou pas. Dans tous les cas, lisez silencieusement.

Il avait claqué la porte. Oui, il l’avait claquée et était parti comme une fusée. Je n’avais pas vraiment compris sa réaction mais je me gardais bien de le suivre. J’écoutais au loin ses pas qui s’éloignaient tandis que ses jurons me parvenaient clairement.

Les enfants, une fois de plus se serrèrent contre moi. Ils se demandaient silencieusement pourquoi leur père était en colère. Depuis près de deux heures, il s’égosillait dans toute la maison. Insultant au passage les personnes qui essayaient de le calmer – femme de ménage et jardinier – et balayant d’un coup de pied tout obstacle à sa marche frénétique.

– Papa est fou ?

La question venait de Kimia, notre petite dernière de seulement 5 ans. Le pouce dans la bouche, son regard fixe semblait dire qu’elle était convaincue qu’il l’était.

– Non ma puce. Mais qu’est-ce que tu racontes là ?

Je tentais d’enlever prestement cette idée qui s’installait à présent dans l’imagination de mes enfants mais sans pour autant l’éloigner complètement de moi.
Une tension sans pareille régnait dans l’ensemble du pays. Les élections Présidentielles venaient d’avoir lieu et le décompte avait commencé un peu partout dans les régions du pays. La télévision était allumée et j’écoutais le journaliste qui annonçait de temps à autre les résultats de telle ou telle zone. Assise à même le sol dans le salon flambant neuf de notre villa du Centre-Ville de Brazzaville, mes deux enfants dans les bras; je me remémorais de cette histoire. Celle qui nous avait conduits là. A ce moment précis de nos vies.
———————————————————————————————————

« Le pouvoir rend fou. Le pouvoir absolu rend absolument fou » disait un célèbre écrivain. Lequel? Vous m’excuserez mais je n’en sais rien. L’ex- villageoise devenue bourgeoise n’en sait absolument rien. Par contre je garde en tête une citation que mon époux répétait volontiers pour excuser ses gros caprices « Le pouvoir sans abus perd son charme ». Celle- là venait de Paul Valéry et d’un de ses livres que mon Henri, mon époux, affectionnait. Un peu trop.
Tout commença lorsqu’un coup d’Etat fit partir l’ex-Président en Exil. Nous étions en Juillet 1997 et la rébellion avait pris possession du Palais Présidentiel de M’Pila. Dans les rues, alors que certains se remettaient tout juste des évènements sanglants du 05 Juin 1997; d’autres prenaient possession de ce qu’ils estimaient être leur « butin de guerre ».
C’est au nom de ce même butin de guerre qu’Henri me fit faire mes bagages à la hâte. Une cuvette sur la tête, je le suivais sans poser de questions. Ce jour-là, Henri qui était un jeune enseignant de campagne et moi, quittèrent pour la première fois notre bastion au Nord du pays.

– Tu sais. A partir d’aujourd’hui nous aussi nous sommes des personnalités dans ce pays. De droit.

Il le disait fièrement dans sa langue maternelle, preuve concrète qu’il était de la même ethnie que le Président auto-proclamé. Ce qui à son avis lui donnait l’autorisation légitime d’occuper un poste à responsabilité.
Et c’est ce qui se passa ! A peine arrivés, nous rencontrâmes un de ses oncles paternels qui avait pris part à l’installation du nouveau chef de l’Etat. Le lendemain, Henri avait à sa charge un portefeuille ministériel : Ministre des Etudes Supérieures.
Dire qu’il avait tout juste le baccalauréat !
Mais comment aurais-je pu m’en préoccuper? Le logement ministériel qui nous accueilli était d’une beauté qui dépassait mes attentes et mes rêves les plus fous. Moi qui avais toujours vécu entre un champ de manioc et les corvées à la rivière du village. J’étais à présent « Madame Le Ministre ».


– Chérie…C’est pour toi.

Dit-il un jour en me tendant les contacts d’une Superbe Peugeot, seulement un mois après notre entrée fracassante dans le monde des nantis.
C’est ce soir-là que je conçu notre première fille. Richie. Elle vint au monde neuf mois après dans une clinique à Londres. Quatre ans plus tard, Kimia, vit à son tour le jour dans une clinique pas très éloignée Des Champs Elysées, à Paris.
Pendant qu’à l’image de notre Président, le Général Messo, nous profitions des délices de la vie; le pays se mourrait. On entendait parler de chômage, d’épidémies, de délinquance, d’inondations. Parfois, en allumant notre grand écran, j’avais la nette impression que le pays dont parlaient les médias n’était pas celui-là même où je vivais mon conte de fée.
Cela se passa ainsi pendant près de seize ans. En effet, bien au-delà des deux mandats prévus par la constitution, notre vénérable Président le Général Messo s’était présenté pour deux autres élections qu’il avait gagnées, la main très haute. Et par très haute ici, il faut préciser qu’il frôlait de peu les 99%. D’ailleurs, dans son discours d’investiture, il avait remercié chaleureusement les « enfants du pays » qui avaient manifesté leur pleine envie de le garder à la tête du pays. Les applaudissements furent vifs et ceux des natifs du village de Son Excellence le Général Messo le furent encore plus. Comment en aurait-il été autrement? La plupart d’entre eux arboraient fièrement des titres pompeux dont ils n’avaient pas les qualifications.
Henri quant à lui, ambitieux et prompt à toutes les courbettes, réussi à atteindre la droite du « Saint-Père » et fut nommé Premier Ministre lorsque débuta le 3eme Mandat de celui-ci. Mandat illégitime qu’Henri soutenu pourtant de toutes forces.

Les fonctionnaires de l’Etat appelaient constamment à la grève, les bourses d’étudiants devenaient chose rare, les hôpitaux manquaient de matériel, les jeunes criaient au chômage et tous disaient que le Premier Ministre était encore plus fautif que ne l’était le Chef de l’Etat.


Je sortis de mes pensées lorsqu’Henri vint s’asseoir sur le fauteuil qui me faisait face. Il ôta ses chaussures en vraie peau de crocodile de chez nous et étira ses longues jambes.

– Mado, mère de mes enfants…C’est la fin! C’est la fin je te dis!

En cette soirée post-électorale, Henri ne tenait pas en place. Un peu partout dans le pays, le décompte des votes se faisait sous l’œil de la Communauté Internationale. Malgré l’entêtement du Général Messo à se présenter à un nouveau mandat, la population avait décidé de couper court à ses envies de royauté. Certains de ses plus proches collaborateurs avaient quitté le navire et avec l’opposition qui prenait le dessus pour ces élections, s’annonçait déjà le passage à la Cours Pénale Internationale pour le Général et quelques membres de son gouvernement. Dont mon époux.

– Madeleine…Mado! Je suis un homme fini! Mado, tu entends? Fini!

Je regardais mon mari avec cet air calme des femmes qui savent qu’elles doivent prendre une décision. Cependant, je ne savais ce qu’il fallait faire. Au loin, les populations se soulevaient
contre ce régime qui avait pris aux uns pour enrichir les autres. Ce régime basé sur l’appartenance à une ethnie dont moi-même je faisais partie.

– Henri…On va devoir partir. Tu sais bien que si il y’a des soulèvements, nous serons directement visés. D’autant plus que l’année universitaire a été catastrophique et que les impayés des fonctionnaires sont énorme. La population voudra que tu rendes compte. Eh oui! Les milliards longtemps détournés, il va falloir les payer.

Je me levais dans un froissement de pagne. Emmenant avec moi mes filles. En passant dans le couloir, je vis la bonne qui pliait bagages. Elle n’attendrait pas sa solde pour cette fois-ci. Et je savais que le reste de notre personnel de maison avait déjà pris la poudre d’escampette.

La Télévision qui grésillait quelque part annonçait la très probable élection du Principal rival du Général Messo dès le Premier tour. Du jamais vu! Avant même que la nouvelle ne soit officielle, les populations étaient sorties dans les rues pour manifester leur joie après 16 ans sous la coupole d’un régime dictatorial.
Qui donc disait déjà « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir « ? Charles de Montesquieu je crois!

-Me voici soudainement savante!!

Me dis-je à moi-même, ironiquement.
Pourtant je n’avais guère tort. Ce pouvoir que mon époux et ses compères avaient pris par la force des armes revenait désormais de droit au peuple.
J’avais consenti à cet état des choses en m’en orgueillissant et en affichant ouvertement une richesse qui me parvenait au prix des nombreux sacrifices de mes concitoyens. Et, il faut le dire, n’eut été le déclin qui frappait à ma porte, je n’aurais jamais eu de compassion pour ce peuple qui était pourtant mien.

– Madame…Madame… Il y’a des gens à la porte!! Madame!

Notre femme de ménage avait, en quittant les lieux, croisé une barrière humaine à l’entrée de notre domicile. Nos gardiens avaient laissé le poste inoccupé et déjà une foule humaine s’amassait devant la maison de celui qui était à présent l’ex Premier Ministre. Je les entendais hurler depuis la fenêtre de ma chambre.

– Maman…Maman… Vient voir Papa!

Je ne sais vraiment pas à quel moment mes filles avaient quitté la chambre pour rejoindre le salon mais Richie, notre ainée, vint me tirer par un pan de mon pagne pour m’emmener au salon. Apeurée. Tremblante.

Leur père. Mon époux.
Il pendait à une poutre du salon. Le cou enserré dans la cravate dont il s’était servi pour faire un nœud coulant.
Au-dessous de lui, la chaise sur laquelle il avait pris appui avant son saut fatal était renversé.

Juste à côté, allongée sur la moquette, notre cadette Kimia regardait le corps sans vie de son père se balancer. Ses yeux innocents n’avaient pas pris conscience de la situation. Elle se retourna sur le ventre, croisa mon regard.

– Il est fou! Maman, papa est fou.

Dehors, la foule réunie devant chez nous entonna l’hymne national de notre pays. Ignorant que la mort avait frappé sous ses yeux.

« En ce jour, le Soleil se lève. Et notre Congo resplendit
Une longue nuit s’achève
Un grand bonheur a surgit… »

 

Note de l’auteur : Cette histoire est purement fictive. Tout fait, tout nom ou toute ressemblance ne serait que pur hasard. Ou pas.