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Top 10 des Webzines qui alimentent le quotidien des femmes africaines actives

Au lendemain de la journée internationale de la Femme Africaine, je choisis de réaliser un article sur les 10 webzines à consulter où à connaître si on est une femme africaine active.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, qu’est-ce qu’un webzine ?

C’est tout simplement un magazine publié en ligne. Comme son nom l’indique, le terme est le fruit de la contraction des mots web et magazine. Certains magazines traditionnels ont opté pour la version web afin de toucher une majorité de publics : les 2.0.

CC: Pixabay

Tous les magazines féminins ne parlent pas que de « trucs de femmes » 

Bien souvent, j’ai souvent reproché aux magazines féminins présents sur le marché, de traiter uniquement de sujets liés à la mode, la beauté, la santé, la cuisine, la décoration, le sexe… Les femmes ne passent pas leur temps à lire uniquement des choses qui divertissent. Elles sont de plus en plus nombreuses à rechercher des articles qui pourraient les aider dans leur développement professionnel et personnel : des sources d’inspiration, des idées de business, projets, des modèles de réussites au féminin auxquels s’identifier, des conseils en développement personnels et professionnels…

La jeune femme africaine est une cible de plus en plus intéressante pour les webzines et pas que dans les domaines traditionnels cités ci-dessus.

De plus en plus connectée, dynamique et tendance, beaucoup ont osé –les webzines– le pari de proposer des magazines en ligne traitant de sujets pour les femmes qui aspirent à un avenir socio-professionnel plus prometteur.

Je me suis donc intéressée par ce sujet, et je dresse ici le Top 10 des webzines que toute femme active africaine doit au moins connaître. Qu’elles soient entrepreneures, porteuses de projets, artistes, stars du showbiz, femmes politiques… Les femmes, surtout en Afrique ont de plus en plus besoin de se soutenir et de s’inspirer les unes des autres.

1 : Ayana Webzine :

Mon premier coup de cœur n’est autre que Ayana Webzine. C’est le premier Webzine 100% dédié aux femmes en Côte d’Ivoire. Il est désormais une référence en Afrique et pas que. Fondé par Amie Kouamé Ouattara, une TechEntrepreneure de renom, ce webzine vise une catégorie de jeunes femmes africaines dynamiques, tendances et inspirantes. Plusieurs sujets sont évoqués, mais toujours dans cet esprit « dynamique ».

Une des particularités d’Ayana Webzine est l’événement Superwoman. En effet, chaque année, depuis maintenant 5 ans, est organisée la soirée SuperWoman (lors de la journée internationale de la Femme, le 8 Mars). Une soirée qui met en avant plusieurs figures de femmes afin qu’elles puissent témoigner de leur parcours et peut-être, inspirer d’autres femmes. La dernière édition a eu lieu le 8 mars dernier à Abidjan, événement inoubliable dont j’ai eu l’honneur de faire partie avec 3 autres lauréates de la soirée.

Affiche SuperWoman 2017, Abidjan

 

 

2 : AfriqueFemme.com

Ce webzine est un portail africain francophone destiné aux femmes. Conseils, astuces, témoignages, articles, portraits de femmes inspirantes… Tout y est répertorié. En libre accès, ce site est un véritable recueil pour les femmes actives.

3 : Elleci.com :

Le célèbre webzine féminin français, Elle, a innové en lançant une version « Afrique francophone » de son magazine, en Côte d’Ivoire. On retrouve autant de sujets qui intéressent les femmes, mais également des articles inspirants et des portraits de « success stories » à la sauce « Femme Africaine ».

4 : Les Dirigeantes.com

Ce webzine d’origine camerounaise est dédié au management féminin. Sous la Direction de Mme Bel Lauretta Tene, on y trouve de nombreux articles sur le développement personnel et professionnel des femmes ainsi que des portraits de modèles de réussite de femmes à des postes de responsabilité et de décisions.

5 : Femme d’influence Mag :

Comme son nom l’indique, ce webzine a pour but premier de donner des outils de développement personnel et professionnel à des femmes actives. On y retrouve entre autres de nombreuses citations illustrées pour motiver les femmes, ainsi que des portraits de femmes inspirantes.

6 : Forbes Afrique Mag :

Contrairement aux magazines ci-dessous, celui-ci est un magazine économique et financier d’Afrique francophone qui n’est pas uniquement dédié aux femmes, mais pour lequel on y retrouve de nombreuses informations ainsi que des portraits de modèle de réussite au féminin.

Le webzine comporte aussi un classement de personnalités selon des thématiques définies. Et pour cela, de nombreuses femmes africaines ou qui opèrent en Afrique s’y retrouvent, de quoi donner des envies d’excellence aux jeunes générations.

  

7 : Inspire Afrique Mag :

C’est le magazine par excellence des africains qui inspirent ou qui sont à la quête de sources d’inspirations. Sont également organisés des « Talk Show » sur des thématiques bien définies durant lesquels les invités partagent leurs expériences et parcours avec le public.

CC: Inspire Afrique Talks

8 : New African Women :

Existant en version anglaise et française, ce webzine 100% féminin traite de sujets qui touchent son public cible mais propose également bon nombre d’articles orientés « business » et des conseils en développement personnel et professionnel aux femmes. Le leadership féminin est au cœur des actions de ce webzine.

9 : Uwezo Afrique :

Le lancement du 1er numéro du webzine avait eu lieu en juin et est toujours téléchargeable gratuitement en ligne. Ce fût une superbe découverte pour moi, d’autant qu’il a été pensé et créé par des jeunes pour faire la promotion des jeunes. Et le tout premier numéro de lancement était destiné à la femme africaine et l’entrepreneuriat… De quoi laisser de beaux jours devant lui à Uwezo Afrique.

CC: Uwezo Afrique

10 : Horizon Femmes :

Au départ lancé en version papier, Horizon Femmes a été créé par une journaliste de renom d’origine Tchadienne, Khadidja Toloumbaye, pour mettre en avant la femme tchadienne et leur permettre de s’inspirer les unes des autres. Plusieurs rubriques y figurent. Une version web sera bientôt proposé.

Horizon Femmes a pour objectif de devenir une référence en termes de magazine pour les femmes au Tchad et en Afrique centrale également.

Les webzines pour les femmes actives en Afrique, ont, croyez moi, encore de beaux jours devant eux. Nombreuses sont les femmes à rechercher des idées, et sources d’inspirations positives pour aller de l’avant.

J’espère vous avoir donné envie d’aller y faire un tour. Bien entendu, la gente masculine est aussi conviée.

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Sandrine NAGUERTIGA, 
#Afroptimiste.


Rencontres de Bamako du 03 au 06 Juin 2017: les jeunes font entendre leur voix pour le développement du Sahel

L’écrivaine Québécoise Reine Malouin déclarait je cite : « C’est le propre de la jeunesse de couper les liens, d’ouvrir de chemins nouveaux, de rêver de liberté ».

Et c’est dans cette quête de chemins nouveaux et de solutions efficaces au développement que s’est tenue la 2ème édition de la rencontre « La Voix de la Jeunesse du Sahel » à Bamako, capitale du Mali du 03 au 06 Juin 2017.

Aeroport International Président Modibo Keïta, Bamako CC: @Sandrine NAGUERTIGA

Tous accueillis dans un somptueux hôtel (Hôtel Azalaï Salam), nous avions autant séjourné que tenu nos séances de travail au sein de ce complexe hôtelier de haut standing et une équipe très professionnelle.

Pour vous donner un petit aperçu….

La Piscine de l’Hôtel CC: @Sandrine NAGUERTIGA

Une rencontre pour les jeunes et par les jeunes 

En effet, après la première édition qui avait eu lieu également à la même période à Bruxelles en 2016, cette fois-ci c’est dans un des pays du Sahel que s’est déroulé la seconde édition, à Bamako, capitale Malienne.

Cet événement aura réuni au total 75 jeunes qui auront pris part aux discussions répartis de la manière suivante :

  • 40 jeunes du Sahel répartis sur les 5 pays (Burkina Faso, Mali, Tchad, Mauritanie, Niger)
  • 10 jeunes représentants de la jeunesse du Maghreb
  • 10 jeunes représentants d’organisations de la jeunesse de l’Europe
  • 15 jeunes représentants de la diaspora des pays du Sahel (cités ci-dessus) en Europe.

Co-financée par le Ministère des Affaires étrangères du Danemark, et le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, avec le soutien du Centre pour le Dialogue Humanitaire (Centre HD), cette rencontre fait partie de l’Action « Les voix des jeunes du Sahel » (Source Centre HD)

En quelques mots, cette rencontre avait pour but de réunir les jeunes et représentants d’organisations de la jeunesse autour de thématiques qui avait été dégagées et mûrement réfléchies lors de la première édition par leurs pairs.

Plusieurs travaux en commissions auront été réalisés sur les thématiques ci-dessous et auront fait l’objet de restitutions officielles devant les Ministres des Affaires Etrangères des pays du Sahel, de la Haute Représentante de l’Union Européenne, Mme Federica MOGHERINI et des représentants des pays du sahel à l’Union Européenne :

  • Education et formation
  • Opportunités économiques (emploi, entrepreneuriat et mobilité)
  • Participation citoyenne
  • Rôle des jeunes dans la paix et la sécurité
Quand les jeunes travaillent et discutent… CC: @Sandrine NAGUERTIGA

L’objectif de ces commissions de travail était de permettre aux jeunes de se concentrer sur :

  • Les actions à établir en tant que jeunes
  • Leurs attentes vis à vis de leurs autorités respectives
  • Leurs attentes vis à vis des partenaires au développement, dont notamment l’UE
  • Les possibles liens entre la jeunesse du Sahel, du Maghreb et de l’UE

Une jeunesse sahélienne au centre de toutes les préoccupations 

La jeunesse est aujourd’hui au centre de toutes les préoccupations, et notamment celle de l’Afrique Subsaharienne. Certains voient cette jeunesse comme une bombe à retardement, tandis que d’autres s’efforcent à la voir comme une opportunité à saisir.

Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, l’Afrique a la population la plus jeune au monde, selon le rapport Perspectives économiques en Afrique réalisé en 2016.

Et d’après la Banque mondiale, les jeunes représentent 60 % de l’ensemble des chômeurs africains, et les catégories les plus touchées sont les femmes et ceux qui se retrouvent en Afrique Subsaharienne.

Ce qui montre qu’il y a vraiment urgence à trouver des solutions rapides et adéquates pouvant offrir une réelle stabilité aux jeunes qui pour la plupart, se laissent facilement enrôler dans des groupes terroristes ou migrent vers d’autres contrées à la quête d’un eldorado illusoire.

Un séjour rythmés par des temps forts 

Les travaux en commission

Nos journées étaient marquées par les jours intensifs de travaux et d’échanges en commissions autour des thématiques listées ci-dessus. L’objectif était d’en ressortir des propositions de solutions qui seraient à soumettre aux différents officiels présents le Lundi 5 Juin 2017.

Restitution des travaux de groupe par un jeune du Burkina-Faso CC: @Sandrine NAGUERTIGA

La rencontre avec les délégations officielles et Hauts représentants des pays et de l’Union Européenne : Mme Mogherini et les ministres des affaires étrangères des 5 pays du Sahel avaient pris part à cette rencontre avec les jeunes.

L’événement s’était déroulé dans l’une des prestigieuses salles de l’hôtel de l’amitié à Bamako le Lundi 5 Juin dans la matinée. Pendant près d’1h30 ont eu lieu les restitutions des travaux en commissions, les interventions des officiels et les questions-réponses du grand public jeunes avec les autorités présentes.

Photo de famille des Ministres des affaires étrangères des 5 pays du Sahel et de Mme Federica MOGHERINI (UE)

La soirée culturelle qui nous aura été offerte le Dimanche 4 Juin au sein de la coopérative pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel matériel et immatériel Touareg.

Endroit où avait eu lieu la soirée culturelle CC: @Sandrine NAGUERTIGA
Photo de l’orchestre qui avait chanté lors de la soirée culturelle organisée CC: @Sandrine NAGUERTIGA

Un véritable moment de joie, de partage de la culture malienne et de dégustation de mets maliens tel que le fameux « Dibi » qui n’est autre qu’un méchoui d’Agneau : véritable régal pour les papilles.

Nos jeunes et représentants présents se sont laissés entraîner sur la piste de danse prévue à cet effet.

Les jeunes dansant au rythme des sonorités Maliennes CC: @Sandrine NAGUERTIGA

Les sorties au marché et balades dans la ville à la fin des journées : nous déjeunions au sein de l’hôtel le matin et le midi et avions quartier libre le soir, pour aller dîner en ville. Une très belle occasion pour nous de découvrir un peu le fameux « Bamako By Night » qui je vous l’avoue était très calme, étant donné que nous étions en période de Ramadan (période très suivie et respectée dans le pays).

Entre les différents taxis très anciens et pas très confortables et les rues assez vides et dégagées la nuit, nous prenions plaisir à respirer un peu l’air frais nocturne de Bamako.

La plupart des chauffeurs de Taxis avec qui nous étions montés étaient de véritables sages et avaient une grande culture générale.

J’ai remarqué que quand vous êtes Tchadiens au Mali, vous êtes beaucoup respectés car pour rappel l’armée Tchadienne fait partie des contingents qui se battent aux côtés des autres militaires dans le nord du pays, et ils sont vus comme de véritables guerriers. J’entendais ça et là des gens dirent : « Les Tchadiens, vous êtes très forts et vous avez su nous protéger de ces terroristes ». Je ne vous cache pas que cela vient renforcer la fierté d’appartenance à ce pays dont je suis originaire.

Délégation des jeunes Tchadiens CC: @Sandrine NAGUERTIGA

Parce que les jeunes du Sahel ont aussi du Talent, nous avons eu la chance d’avoir avec nous une jeune artiste en Herbe, Sira BINTSI, qui nous a frodonné un air Malien qui laisse sans voix.

Je vous invite à écouter cette magnifique chanson que j’écoute en boucle:

Des rencontres enrichissantes tant sur le plan personnel que professionnel

Je pourrai dire que ce genre de rencontres accentue tant les rencontres et opportunités personnelles que professionnelles.

Professionnelles car vous avez la possibilité d’échanger avec de nombreuses personnes actives dans le milieu des associations, organisations, diplomatiques ou professionnels.

Photo prise lors des séances en plénière CC: @Sandrine NAGUERTIGA

Mais également personnelles : car pendant près de 4 jours nous avons eu à côtoyer des personnes de différents horizons, à travailler et collaborer ensemble, à sortir ensemble dans les balades et sorties nocturnes : toutes ces choses viennent enrichir notre vie sociale.

Jeunes présents (de gauche à droite:  Stéphane Adjorbel de la diaspora Tchadienne en France, Ousmane Bougouma du Burkina et Abdoulaye Ba de la diaspora Mauritanienne en France) CC: @Sandrine NAGUERTIGA

Bamako : la ville aux 3 caïmans

Une ville très riche en architecture et en culture. C’est l’une des villes où le patriotisme et patrimoine culturel sont imposants et importants.

J’avais eu la chance de faire une balade nocturne afin de visiter les lieux et monuments clés de la ville allant de la Tour de l’Afrique, les 3 ponts séparant les rives gauche et droite de la ville, la Place de Sogolon,

Photo de la « Tour de l’Afrique » prise à Bamako lors d’une visite nocturne CC: @Sandrine NAGUERTIGA

L’impact d’une telle rencontre pour une membre de la diaspora

Comme je le disais précédemment, nous étions une quinzaines de jeunes de la diaspora vivant en Europe (France, Belgique, Autriche) présents à cette rencontre.

L’occasion pour nous de montrer à quel point la diaspora joue un rôle clé dans le processus de développement de nos pays respectifs.

A titre d’exemple, le Mali fait partie des pays de l’Afrique, pour lesquels la population vivant à la diaspora contribue considérablement à l’économie locale : soit environ plus de 300 milliards de FCFA/an et doublerait l’aide publique au Développement.

Néanmoins, j’ai trouvé que pour cette rencontre, nous jeunes de la diaspora n’avions pas été très sollicités ou encore assez mis en avant dans les échanges et plaidoyers. Il nous avait été demandé d’être inclus dans le processus, or je trouve que la diaspora méritait d’avoir un plaidoyer à part entière, d’autant plus que l’on observe de plus en plus de jeunes qui expriment le souhait de repartir investir sur le continent d’origine.

Et parce qu’une superbe équipe technique était avec nous tout le temps pour immortaliser les meilleurs moments, je tenais aussi à travers cet article leur rendre un vibrant hommage.

Un caméraman professionnel Malien CC: @Sandrine NAGUERTIGA
Un photographe professionnel Malien CC: @Sandrine NAGUERTIGA

La jeunesse n’est pas une période de la vie mais plutôt un état d’esprit, une volonté d’agir, une détermination inouïe et le goût de l’aventure sur l’amour du confort.
Les jeunes que nous sommes ont pris conscience du pouvoir que nous avions pour faire changer les choses dans nos pays et vies respectives.

Sandrine NAGUERTIGA 


Campagne « RegléeCommeElle » contre les tabous autour des menstrues en Afrique : un mois après

Cela fait maintenant un mois que la campagne #RegleeCommeElle a été lancée, à cette occasion j’ai décidé d’écrire un billet. Je souhaite partager ici avec vous, chers lecteurs et abonnés, le parcours si riche et si motivant de cette campagne.

CC: RegleeCommeElle

Souvenez-vous….

La Campagne numérique « Réglée Comme elle » a été lancée le 5 mai 2017 dans le but de briser le silence qui règne encore autour des menstruations chez les filles et femmes en Afrique. Ce phénomène naturel du corps des jeunes filles et des femmes est malheureusement encore tabou aujourd’hui, de nombreuses femmes sont ainsi exclues de la vie quotidienne dans leur environnement proche et dans la société dans laquelle elles vivent. Ce phénomène existe dans différentes régions du monde et particulièrement en Afrique.

Les premières actions:

Il est important de dire que la campagne a démarré sur les chapeaux de roues ! J’ai eu la chance de pouvoir m’entourer de mes aînés de Mondoblog, tels que Fatouma HARBER Rendodjo KLEIN, Salim Azim ASSANIElisabeth Grâce BRYA, ou encore Dieretou DIALLO . Je les remercie de leurs précieux conseils et de leur soutien dans cette campagne.

Une page Facebook « Réglée Comme Elle » a été créée

Cette page nous a permis de centraliser nos actions et de faciliter la communication sur les réseaux sociaux. Sur cette page, nous partageons tout ce qui a attrait aux menstruations chez les femmes : les avis, les expériences… et aussi toutes les informations au sujet de la campagne.

Nous donnons également la possibilité aux organismes, aux personnes, aux entreprises et aux  institutions de nous identifier facilement lorsqu’ils souhaitent nous mentionner et soutenir notre campagne.

Un spot de lancement de la campagne a été réalisé:

Les interventions médiatiques qui nous auront permis de promouvoir la campagne: 

Spot réalisé par RFI Afrique: https://www.facebook.com/RFI.Afrique/videos/1391839367571396/?hc_ref=PAGES_TIMELINE

Podcast de l’émission « 7 Milliards de Voisins », quotidienne, en direct, dans laquelle j’ai été invitée : https://www.rfi.fr/emission/20170522-regles-pourquoi-rougir

D’autres blogueurs (blogueurs de Mondoblog ou journalistes blogueurs) ont joint leurs plumes à notre cause !
Voir les articles ci-dessous : 

Des tweets, retweet et partages en soutien à la campagne: 

 

 

 

 

Parce-que nous ne pourrions rien sans eux….Merci à nos partenaires et à nos soutiens dans cette campagne: 

  • Mondoblog
  • RFI (Afrique)
  • 7 milliards de voisins
  • Kmerpad
  • Unicef Côte d’Ivoire
  • Unicef Burkina-Faso
  • African Women Matters
  • Wenaklabs
  • MIC LUZ Group
  • SankoreLabs
  • Entreprendrelafrique
  • SaTchaProd
  • Réseau des Jeunes Leaders du Tchad
  • Phenix Imagine
  • Nathalie MOUGENOT
  • Emmanuel Moreau (Journaliste France Inter)
  • Menstrual Cup Com
  • Guinéenne du 21ème Siècle
  • Social Change Factory
  • On En parle CIV
  • Smart African Women Leaders

Et maintenant, quelle suite ? 

La Campagne #RégleeCommeElle continue parce-que le sujet est essentiel,  de plus en plus de personnes, d’organismes, de fondations…. s’y intéressent et souhaitent s’associer à notre cause.

L’objectif est de poursuivre sur cette lancée et de fédérer le maximum de personnes autour de cette thématique.

N’hésitez pas à nous suivre sur la page Facebook prévue à cet effet et sur Twitter via le hashtag #RegleeCommeElle.

Tout soutien et toute contribution de votre part sont les bienvenus.


28 Mai, les Mères à l’honneur, les Menstruations aussi

Oui, vous l’aviez bien compris à travers le titre: le 28 Mai est, depuis l’année 2014, désormais une journée dédié aux menstruations à travers le monde.

Logo officiel de la journée mondiale des menstruations CC: Menstrualhygieneday.org

La toute première édition de cette journée s’était donc déroulée le 28 Mai 2014, et cette année, l’accent sera principalement mis sur la question de l’éducation des jeunes filles et femmes lors de leurs périodes de menstruations.

Dans ce nouvel article, je vais donc vous expliquer en quoi cette journée est très importante et comment se déroule-t-elle.

D’où vient cette journée?

La journée des menstruations ou encore « Menstrual Hygiène Day » (MH Day) est née d’une ONG allemande WASH United. Et il est important de souligner que c’est un homme qui est derrière cette noble cause: Thorsten KIEFFER: ce qui prouve une fois de plus que ce sujet n’est pas uniquement dédié aux femmes mais concerne également les hommes.

Pourquoi cette journée?

Elle a pour but principalement, de:

  • communiquer autour du sujet des menstruations chez les femmes
  • éduquer les jeunes filles et femmes à la question des règles
  • mettre à l’honneur le cycle féminin en dénonçant les tabous et certaines conditions des femmes à travers le monde
  • réfléchir ensemble à des solutions possibles afin d’améliorer des conditions encore précaires

 

CC: Réglée Comme Elle

Que se passe-t-il durant cette journée?

Il est déjà, très important de dire que durant cette journée, on aura, un peu partout dans le monde, droit à une vaste campagne de communication et d’actions, qu’elles soient grandes ou petites.

La journée sera « célébrée » dans un peu plus de 34 pays à travers le monde. Et pour cela, retrouvez ci-dessous un petit tour du monde des évènements qui s’y déroulent:

  • En France, la marque française qui propose des protections intimes respectueuse de la santé et de l’environnement, Dans ma culotte, organise un évènement dans le 14ème arrondissement de Paris. Une journée riche en activités et en échanges avec des partenaires, des experts du domaine de la santé mais également du large public qui se sera déplacé pour l’évènement (source: Femininbio.com)
  • Au Burkina Faso, plus précisément dans la Commune de Dori (au Sahel), aura lieu le 30 Mai 2017 à 9h, la cérémonie officielle de célébration de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, organisée par l’UNICEF. Elle sera présidée par le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation et comportera différentes activités en vue d’encourager les filles et femmes à briser le silence autour des menstruations.
  • Au Congo Kinshasa: est organisée ce 28 Mai 2017 la journée « Brisons le silence, Parlons Menstrues » par l’organisme « House of Irico » qui aide à rendre les serviettes hygiéniques accessible aux jeunes filles et femmes au travers de son programme de distribution gratuite des serviettes au mensuel.
  • En Inde, plusieurs manifestations sont organisées, dont une conférence aujourd’hui, 28 Mai réunissant différents experts, médecins et membres d’organismes publiques sur le thème des menstruations et des solutions à apporter pour remédier à cette thématique qui relève de l’ordre de l’hygiène publique.
  • Au Honduras, un évènement intitulé « Let us grow up with our girls » est organisé par une association active dans les écoles publiques (WASDA) ce 28 Mai dans le but de casser les tabous autour des menstrues chez les jeunes filles.

Un peu partout dans le monde, plusieurs évènement auront lieu ou ont eu lieu (quelques jours avant cette date annuelle) pour communiquer sur cette question.

Source: MenstrualHygieneDay.org

Cela prouve qu’il est plus que jamais vital d’en parler.

Une journée encore inexistante ou absente dans certains pays 

On peut remarquer que les pays d’Afrique du Nord, d’Afrique Centrale, du proche et Moyen orient ou encore de l’Eurasie (Russie entre autre) sont encore absents de cette célébration et pour lesquels il est encore difficile d’en parler.

CC: Réglée Comme Elle

La Campagne #RegleeCommeElle?

Cet évènement marque un coup fort dans la campagne que nous avons lancé, début Mai, qui je vous le rappelle a pour but de lutter contre les tabous autour des menstruations chez les filles et femmes en Afrique.

Toute cette journée, en partenariat avec les organismes, pages, et personnes qui nous soutiennent ou qui sont engagés sur cette voie, nous communiquerons sur les réseaux sociaux: entre autre via la page Facebook prévue à cette campagne et sur Twitter.

CC: Réglée Comme Elle


Top 20 des phrases qui peuvent agacer quand on entreprend

J’ai choisi de faire ce TOP 20 suite à différentes expériences vécues et je me suis rendue compte que je me devais de les partager ici. Portant des projets pour le continent africain, je peux vous dire que ce ne sont pas les préjugés qui manquent.

En effet, l’entrepreneuriat est une voie passionnante pour certains et « répugnantes » pour d’autres. Eh oui, il faut de tout pour faire un monde.   Il est important de souligner que c’est très loin d’être un long fleuve tranquille: et ça, je peux le témoigner.

Mais dans cette voie que vous empruntez, vous aurez plusieurs catégories de personnes: celles qui vous soutiennent et celles qui vont tout faire pour vous éloigner de ce chemin et qui vont refléter leurs peurs sur vous pour différentes raisons: soit parce qu’ils s’inquiètent pour vous, ou qu’ils vous jalousent ou bien d’autres encore….

Je dresse ici un TOP 20 des phrases les plus « clichés » et agaçantes que l’on puisse entendre, surtout quand on souhaite le faire en Afrique:

1: Ohla, crois moi ça ne marchera pas: en Afrique les gens sont corrompus et il y a tout le temps la guerre…: 

Je prépare justement un article à ce sujet, et je peux vous dire que ce sont de purs clichés. Il est vrai que parfois la réalité nous rattrape, mais ce n’est pas une raison pour généraliser. 

2: Pourquoi tu ne signes pas un CDI ici et tu seras tranquille? 

Tout simplement parce que j’aime ce que je fais et j’ai envie de travailler dans un domaine où je serai épanouie: on ne vit qu’une fois. 

3: Tu es beaucoup trop jeune pour évoluer dans ce domaine: travailles encore un peu et prends de l’expérience: 

Il n’y a pas d’âge pour faire ce qu’on aime. Entreprendre n’est pas un métier, c’est passer d’une idée, d’une envie à une chose qu’on aime. Si on travaille dur et qu’on apprend comme c’est la plupart du temps quand on est jeune, sur le terrain, on y arrive. 

4: Tu es une femme et tu seras destinée à te marier et avoir des enfants, ça sera difficile tu ne crois pas? 

Être femme ne veut pas forcement dire que l’on finira sa vie posée à la maison avec des enfants. Il y a des femmes et mères qui entreprennent et qui font des choses incroyables. C’est un choix de vie, mais qui ne doit en aucun cas compromettre nos chances de faire ce qu’on aime: les 2 sont tout à faits compatibles. 

5: Tu ne vas jamais y arriver sans financement: 

Il est vrai que l’argent est le « nerf de la guerre » mais beaucoup réussissent à faire des choses incroyables en démarrant avec zéro francs. Le financement d’un projet ne doit pas être un frein à vos rêves ou idées novatrices. 

6: C’est la crise un peu partout, attends le bon moment: 

Vous savez, il n’y a jamais de « bon moment ». Sentez-vous prêts et osez. 

7: Ah oui, mais j’avais déjà entendu parler d’une entreprise qui faisait la même chose que toi: 

Oui et? Cela ne devrait absolument pas vous déstabiliser, bien au contraire. Ne perdez jamais de vue ceci: « Rien ne se créée, rien ne se perd: tout se transforme ». Donc n’ayez pas peur de vous inspirer de ce qui existe déjà, de prendre des conseils, des informations….et innovez sans copier. 

8: Ah maintenant que tu es Boss, tout ira pour le mieux: 

Euh comment dire..? Parfois une image vaut mieux que plusieurs maux…mots 🙂 

9: As-tu envisagé que cela ne puisse pas marcher? 

Oui, bien sûr: mais je ne pense pas à l’échec avant même d’avoir essayé: Try, Try and Try again. 

10: Tu dis être chef d’entreprise, que fais-tu sur Facebook tout le temps? 

Ah si tu savais…..les réseaux sociaux de nos jours sont indispensables dans le monde du business, c’est en quelque sorte « The Place to Be ». Alors oui je suis visible et disponible sur Facebook car je travaille aussi là-bas, surtout que j’exerce dans la communication digitale 🙂 

11: Depuis que tu bosses pour toi, tu as de la chance: tu as le temps de faire ce que tu veux (cinéma, sport…): 

Eh bien non hélas. Comme je le disais ci-dessus l’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille mais plutôt semblable aux chutes du Lac Victoria: il faut s’adapter à toutes les situations et être en constante veille. Alors oui, l’organisation est de rigueur. 

12: En fait tu es Chef d’entreprise ou Entrepreneure? 

Une remarque/question que je dirai un peu plus « intéressante ». Le chef d’entreprise comme on l’entend est celui qui est à la tête d’une entreprise. L’entrepreneur est celui qui à un moment donné va passer de l’idée à l’action. Alors personnellement, je préfère le terme entrepreneur car le chef d’entreprise n’est pas toujours un entrepreneur. Il peut être juste à la tête d’une société sans pour autant l’avoir fondé. Contrairement à l’entrepreneur qui lui a entrepris, créé, fondé: bref qui est à l’initiative de l’idée qu’il porte. 

13: Mais arrives-tu à négocier dans ce monde de costard-cravate?

Oh mais il n’y a pas que des costard-cravate…au contraire: je rencontre souvent des personnes (hommes et femmes) en  jeans-baskets. Les entrepreneurs, startuppeurs…..sont pour la plupart que j’ai rencontré, très humbles, accessibles et disponibles. Et négocier ce n’est certes pas donner à tout le monde, mais quand on croit en soi et en ses projets, on arrive à convaincre qu’importe l’âge, l’origine sociale, le niveau d’expérience, le sexe… 

14: Si tu pars en Afrique, tu ne vas jamais réussir, restes ici c’est mieux 

Oh encore un gros cliché. L’Afrique est le continent de tous les possibles. Plusieurs médias s’y intéressent de plus en plus et nous font part de « success stories » 100% Made In Africa. Alors il faut essayer et se faire sa propre idée. 

15: Ton projet est super, mais concrètement qu’est-ce que tu vas faire après? 

Voici une des remarques qui m’a bien fait rire: ce que je vais faire après? Poursuivre avec mes projets si ceux ci ont réussi: c’est aussi simple que ça. Où alors en développer d’autres. 

16: Tu fais plusieurs choses à la fois, arrêtes: tu ne vas jamais réussir à faire tout cela

Tant que j’ai de la force et de la passion, je le ferai. Il faut, encore une fois, croire en soi et savoir s’organiser au mieux. 

17: De quoi vivais-tu quand tu avais lancé tes projets

J’avais déjà travaillé avant de me lancer sur cette voie et un des avantages était d’avoir pu cotiser pour mon assurance chômage, comme c’est le cas ici en France. Donc si on mêle ceci à mes économies….ça faisait très bien l’affaire 🙂 

18: Tu crois que tout est rose dans cet environnement, eh bien non!

Je n’ai jamais dis que cela était rose: et je fais partie de ceux qui n’hésitent pas à le dire. Mais ce n’est pas pour une raison pour décourager ceux qui ont vraiment envie d’essayer. 

19: J’ai un ami, il est parti aussi entreprendre en Afrique, je peux te dire qu’il est revenu lésé et dégouté, mais bon ça va aller

Dommage pour l’ami en question. Mais il faudrait aussi comprendre les raisons pour lesquelles il avait été lésé. N’en faites pas une généralité. Prenez en compte les différentes remarques et faites une étude de marché approfondie mais ne vous découragez pas. 

20: Si tu échoues comment tu vas faire?

L’échec ne me fait pas peur: au moins j’aurai essayé et je suis sûre que je pourrai rebondir. j’ai déjà échoué auparavant (dans mes 2 projets de startup précédents) et cela m’a aidé à ressortir encore plus forte. 

 

La vie ne mérite pas d’être vécue si c’est pour uniquement rechercher à vivre dans la sécurité. Osez, vivez, écoutez votre coeur….et surtout faites vous confiance. Les échecs existent pour nous redonner une chance de mieux faire. Restez #Afroptimistes 🙂

Et vous, quelles ont été les vôtres? N’hésitez pas à partager vos expériences.


Campagne « #RegleeCommeElle » pour lutter contre les tabous autour des menstrues féminines en Afrique

Les menstrues, plus communément appelées « règles », sont un sujet encore tabou et pourtant vital, dans plusieurs régions du monde.

Infographie CC: Entreprendrelafrique.com

J’avais réalisé un article à ce sujet disponible ici: Les règles chez les jeunes filles en Afrique, un sujet tabou mais vital.

Affiche de la campagne pour le Tchad: Credit Photo: Entreprendrelafrique.com

Cet article s’inscrivait dans la logique d’une campagne que nous avions souhaité mener au Tchad, mon pays d’origine, afin de collecter des produits d’hygiènes destinés à plus de 10.000 jeunes filles Tchadiennes.

Cependant, ce mouvement s’étant très vite essoufflé, faute de grande mobilisation au Tchad, j’en avais profité pour réfléchir à d’autres plans d’actions. Jusqu’à ce que je tombe sur cet article réalisé par la journaliste Charlie Vandekerkove qui fait froid dans le dos : « Ce que subissent les femmes à travers le monde quand elles ont leurs règles« 

Et là je me suis dit que nous ne pouvions pas rester sans rien faire, et qu’en tant que jeune femme africaine, je me devais au moins de participer à faire bouger les consciences. D’où ma volonté d’associer toute la communauté active sur le web (hommes et femmes) et celles et ceux qui souhaitent se rallier à notre cause pour casser les tabous qui font de ce phénomène naturel un véritable enfer pour de nombreuses jeunes filles et femmes.

Champ d’action choisi

Ne pouvant pas, dans un premier temps, le faire partout dans le monde, j’ai jugé utile et réaliste de concentrer les actions sur le continent africain dans un premier temps (continent où de nombreuses jeunes filles subissent les tabous et clichés de ce phénomène naturel) et pour lequel il y a encore beaucoup à faire.

Nom de la campagne choisi

Collectif #RegleeCommeElle est le nom que j’ai jugé utile de choisir après plusieurs réflexions afin de pouvoir rassembler autour d’une cause.

Je tiens à préciser que cette cause concerne autant les hommes que les femmes car il s’agit d’un phénomène naturel et pour lequel nous aurons tout aussi besoin des hommes pour nous aider à faire porter cette voix et à casser les codes.

Plan d’actions

Comme je le disais auparavant, dans un premier temps il s’agirait de faire porter notre voix autour d’un collectif via les réseaux sociaux pour casser les clichés et ensuite mettre en place des actions concrètes localement.

Pour cela, j’ai trouvé important de démarrer une campagne numérique pour faire passer le message activement.

Partenaires principaux

Pour démarrer cette campagne, nous avons eu la chance de nous entourer au départ de quelques partenaires qui souhaitent porter leurs voix aux nôtres.

Entreprendre l’Afrique: un média social 100% participatif qui promeut les initiatives portées sur le continent africain et à la diaspora

KmerPad: une startup sociale camerounaise qui fabrique et commercialise des produits hygiéniques de menstrues en coton lavables et à tarifs accessibles (fabriqués par des femmes au Cameroun). Mais pas que, ils sensibilisent, forment et accompagnent les jeunes filles à ces questions encore bien souvent honteuses ou douloureuses pour elles.

Mondoblog – RFI: la plateforme des blogueurs de l’espace francophone promu par l’Atelier des Médias et RFI.

Wenaklabas: est une association qui promeut les initiatives technologiques au Tchad.

Sankore Labs: est un espace de transformation digitale, un incubateur situé à Tombouctou (Mali) et qui accueille, oriente, forme et conseille les jeunes dans le domaine des Tics.

Ensemble, cassons les tabous et la discrimination dont sont victimes les femmes en Afrique.

Par Sandrine NAGUERTIGA.


Le Tchad des talents: une jeune entrepreneure qui se soucie de la santé alimentaire des jeunes écoliers

La jeunesse Tchadienne est aujourd’hui celle qui ose et qui semble prendre conscience de son importance sur la scène internationale. C’est également cette jeunesse qui reconnait son potentiel et qui choisit de le mettre en pratique au service de sa communauté et donc de son pays. Conscient du fait que l’on a rien sans rien, on voit émerger de plus en plus de jeunes potentiels. C’est pour cela que je choisis de les mettre en avant.

Evelyne Naotordéné, est une jeune entrepreneure originaire du Tchad qui a notamment passé sa vie entre le Burkina Faso et le Tchad. Du haut de ses 27 ans, elle choisi de se lancer dans l’entrepreneuriat social : un véritable challenge que la jeune femme se fixe.

Titulaire d’une maîtrise en communication et journalisme obtenue à l’Université de Ouagadougou en 2014, elle occupe un poste de chargée de communication et relation publique dans une institution de la place à N’Djamena (capitale Tchadienne).

Dynamique, travailleuse et persévérante, elle choisi de se lancer dans l’entrepreneuriat à l’issue d’un constant effectué quant à la situation alimentaire et sanitaire des jeunes élèves de son pays.

Focus sur son projet : 

En effet, c’est en étant encore étudiante que l’amour de l’entrepreneuriat, comme elle le dit si bien elle-même, lui est venu. Elle a longtemps constaté qu’il manquait aux élèves de N’Djamena une alimentation saine, de qualité et à des tarifs accessibles à tout budget.  De plus, elle s’est également rendue compte qu’une mauvaise alimentation avait des effets néfastes sur ces jeunes notamment en termes de concentration durant les cours et surtout de santé physique.

D’après ses explications, les aliments vendus et consommés à l’extérieur de la maison comportent bien souvent des microbes (mauvaise conservation et manipulation hygiénique), ce qui peut exposer les jeunes à des problèmes de santé parfois graves.

C’est ainsi qu’elle choisi de créer « Naofood »  qui est un concept de fastfood situé à proximité des écoles et qui permet aux jeunes de bénéficier de sandwichs ou encore de gâteaux de qualités à des tarifs très accessibles aux budgets de la majorité de ces jeunes. Il est important de rappeler que le Tchad compte une population très jeune qui pour la plupart est directement impactée par la crise économique qui sévit le pays.

On remarque bien que la question de la santé  et de l’hygiène est essentielle dans le concept de Naofood, ce qui permet à cette jeune entrepreneure d’avoir comme crédo : « Chez Naofood, votre santé est notre priorité ».

Ce concept d’autant plus valorisant que louable a permis à Evelyne et son équipe d’avoir une approbation de différents collèges ou lycées qui, trouvant le concept très intéressant et bénéfique, ont choisi de les accueillir au sein même de leurs structures comme c’est le cas pour l’un des plus grands collège de la capitale, depuis 2015.

Cette jeune entrepreneure motivée et déterminée se fixe des objectifs à court, moyen et long terme que sont :

  • à court terme, de nourrir 90% des élèves du Collège Evangélique avant la fin d’année académique
  • à moyen terme, d’ouvrir chaque année un fastfood « Naofood » dans une école
  • Et enfin à long terme, d’avoir un point de restauration disponible dans toutes les écoles du pays.

Afin de pouvoir démarrer son projet, Evelyne a eu à réaliser des  sacrifices majeurs tant sur le plan financier que personnel (notamment en termes de gestions de temps et de priorités).

Elle raconte notamment comment se déroule une journée. Evelyne ouvre son kiosque chaque matin à 6h30 en laissant la gestion de son fastfood à une employée. Ce qui lui permet de se rendre à son travail à 8h.

Elle vient ensuite en fin de journée faire la recette journalière et prévoir les aliments à acheter au marché pour la journée du lendemain , ce qui n’est pas de tout repos. Mais Evelyne arrive à organiser ses journées afin de palier aux exigences de son entreprise et de ses obligations professionnelles et personnelles.

Un véritable marathon journalier, mais de son tempérament déterminé, nous n’avons aucun doute sur le fait qu’elle puisse y arriver et réaliser ses objectifs.

Cependant et malheureusement, l’un des obstacles majeurs rencontrés par les porteurs de projets sur le continent,  dont Evelyne, reste l’accès aux aides qui leur permettrait de développer leurs projets et ainsi créer des emplois.

A l’exemple d’Evelyne, de nombreuses jeunes femmes se battent quotidiennement pour réussir à réaliser leurs projets et ainsi participer au développement économique du continent à leur mesure.

Je souhaite beaucoup de succès à cette jeune entrepreneure hors du commun et qui ne baisse jamais les bras.

 


1er Mai: Le « Travail » en Afrique, une perle de plus en plus rare

Aujourd’hui 1er Mai est synonyme de la fête du travail. Un peu partout dans le monde, le travail sera célébré aux travers de traditionnels défilés des syndicats. En Afrique, le 1er mai ne ressemble pas encore à une fête.

A l’instar de la Journée de la Lutte pour le droit des femmes, je pense que cette journée n’est nullement une fête, mais au contraire, l’occasion de lutter pour de meilleures conditions de travail et d’accès à l’emploi, notamment en Afrique ou l’on sait que le problème du chômage est un véritable enjeu pour les pays.

Le Travail des mineurs, un fléau à éradiquer 

En 2012, selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en Afrique subsaharienne, 59 millions d’enfants, soit plus d’un sur cinq, étaient employés contre leur gré : Ce qui est très grave et inquiétant.

L’ Afrique est de loin le continent le plus touché par ce problème majeur de travail des enfants : et cela est vraiment honteux.

De nombreuses raisons viennent cependant expliquer ce phénomène si inquiétant. Et parmi celles ci on retrouve principalement :

  • La pauvreté qui est la raison majeure et récurrente, surtout dans les zones rurales : poussant ainsi les familles à sacrifier l’avenir de leurs enfants
  • La guerre : phénomène désastreux pour lequel par exemple plusieurs enfants livrés à eux-mêmes sont enlevés contre leurs grés pour aller combattre aux côtés des groupes armés (enfants soldats)
  • Un accès à une éducation de qualité très insuffisante et non adaptée
  • Un problème de mentalité difficile à combattre : par exemple certaines coutumes ou croyances ne permettent pas aux jeunes filles d’étudier et les destinent à une vie maritale précoce
  • Un exode rural volontaire et parfois contraignant qui pousse les enfants et leurs parents à migrer dans des bidonvilles ou zones précaires la recherche d’un lendemain meilleur
  • Une main d’œuvre de la plupart des multinationales qui poussent les sous traitants à utiliser de la main d’oeuvre pas chère et soumise dans un secteur très informel
  • Les trafics d’enfants non règlementés par les législations gouvernantes

Pour vous donner une idée, selon l’UNICEF, c’est au Nigéria que l’on compte le plus grand nombre d’enfants au travail : soit 12 millions d’enfants (devant l’Afrique du Sud et l’Egypte).

Un enfant des rues en Afrique CC: Pixabay

En Afrique, les enfants travaillent d’abord pour aider et nourrir leur famille : travaux agricoles, travaux domestiques, secteurs miniers…

Comme je le mentionnais un peu plus haut: nombreuses sont ces firmes multinationales qui emploient des enfants dans leurs productions locales et qui après n’ont de cesse de rejeter la faute à leurs sous traitants.

Un enfant doit au contraire jouir de son plein droit qui est celui d’un accès à une éducation de qualité pour ainsi, aspirer à un avenir prometteur. Sans pour autant se soucier de tous ces maux causés par les adultes.

Le travail des femmes, plafond de verre, bloc de glace solide et dangereux

Je lisais pas plus tard qu’hier un article qui disait que l’Afrique était le premier continent de l’entrepreneuriat féminin. En Afrique subsaharienne, selon la Banque Mondiale, elles représenteraient 27% des entrepreneurs : s’agissant ainsi du taux le plus élevé à l’échelle mondiale.

Infographie CC: Entreprendrelafrique.com

Ce n’est pas nouveau : les femmes africaines, notamment en Afrique subsaharienne n’ont pas attendu toutes ces vagues de promotion autour de l’entrepreneuriat pour s’y lancer. Elles l’ont fait et pour la grande majorité continuent de le faire afin de subvenir, principalement à leurs besoins et à ceux de leurs cellules familiales. Mais leurs conditions de travail sont loin d’être reconnues et valorisées.

D’après des chiffres tirés de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), « 60% des femmes, en Afrique subsaharienne, travaillent» ce qui est considérable, mais face aux inégalités hommes femmes qui se détériorent, elles sont dans la plupart du temps dans l’obligation de le faire de façon informelle.

Pour celles qui ont eu la chance d’aller de fréquenter à des niveaux plus avancés, elles se retrouvent confronter non pas à un plafond de verre mais à ce que j’appelle, un Bloc de glace solide et dangereux.

Elles sont vues comme un outil de fantasme privilégiant ainsi dans plusieurs pays la promotion canapé au recrutement légal sur des bases de capacités intellectuelles.

Femmes commerçantes au marché en Guinée CC: Pixabay

Ce qui pousse de nombreuses jeunes filles (je prends le cas du Tchad) à ne plus miser sur l’école ou les études mais uniquement sur leurs attirances compétences physiques. Alors ne soyez pas étonnés quand vous verrez une fille ne pas pouvoir s’exprimer convenablement à un poste de haut niveau ou assistante personnelle du directeur juste pour ses compétences physiques.

Lutter contre les inégalités sociales et une meilleure promotion de l’emploi des femmes est un gage de développement réussie pour les pays d’Afrique.

Jour de marché chez les Massaï (Kenya) CC: Pixabay

Le Chômage des jeunes, un frein au développement 

Voici un des enjeux majeurs dont fait face l’Afrique, notamment l’Afrique subsaharienne depuis ces quelques décennies.

Les jeunes diplômés et sous-diplômés, sont pour la plupart du temps logés à la même enseigne : c’est à dire dans la case : « Chômage ». Aujourd’hui, dans la plupart des pays du continent: avoir poussé très loin dans les études n’est absolument pas un gage de réussite professionnelle.

La crise la plus importante de ces quelques années est celle de la crise de l’emploi. Nous sommes face à une force vive et désireuse de travailler qui se retrouve sans emploi pour plusieurs raisons.

Or je reste convaincue que si les gouvernements des pays veulent lutter pour une meilleure sécurité sur à l’intéreieur de leurs terres, ils se doivent de revoir leur stratégie en matière de promotion de l’emploi pour ainsi permettre une meilleure stabilité aux jeunes.

L’éducation, la formation et l’emploi sont des facteurs que je qualifie de « magiques» puisqu’ils embarquent avec eux de nombreux autres facteurs : à savoir le développement, la sécurité, l’emploi, le bien-être, l’optimisme….en 1 mot : LA PAIX.

Chaque 1erMai doit permettre de remettre en cause cette gouvernance et ainsi prôner un accès à l’emploi des jeunes. Et si ce sont les emplois qui manquent réellement, alors il faut les créer. Mais pour les créer, encore faut-il que les conditions soient favorables aux jeunes à savoir : la formation, les centres ou espaces favorisant l’émergence et la création, le coaching-accompagnement, le financement des projets, la facilitation des démarches administratives en vue d’une création, le suivi et mentoring, la promotion des initiatives….

Cette année, le 1er Mai aura encore pour moi, un goût amer, surtout face à ces trois points développés ci-dessus. Je pense qu’il serait enfin temps que les gouvernements et instances/organismes publics, internationaux se penchent réellement sur la question de l’éducation, de la formation et de l’emploi des jeunes et des femmes en faisant des actions concrètes sur le terrain.

Si l’on souhaite lutter contre l’insécurité sous toutes ses formes, il faut pouvoir permettre aux populations de s’investir et d’être proactives et non pas assistées. L’Afrique a des forces vives à savoir : les jeunes et les femmes qui sont, avant même la technologie, la chance de l’Afrique.

La technologie oui, mais avant tout l’humain car cela peut paraître un peu bête ce que je vais dire, mais les machines, sont pensées, et conçues par les  humains: donc la technologie ne remplacera, selon moi, jamais l’intelligence humaine et de surcroit collective.

CC: Pixabay

Afroptimiste que je suis et réaliste tout de même, je reste convaincue que l’Afrique, qui se fait qualifié de « continent de demain » se doit d’abord de se construire aujourd’hui, et cela grâce à un accès à une éducation et formation de qualité, à une meilleure promotion de la femme sur toutes les instances et à un emploi plein chez les jeunes, force vive du continent.

Bonne fête du Travail à Toutes et à Tous avec une forte pensée pour mon continent africain.

Brin de Muguet CC: Pixabay

Je vous offre un brin de muguet (comme c’est le cas dans la Tradition en France). Qu’il soit synonyme de bonheur et d’Afro-optimisme.


L’Afrique n’est pas uniquement le terrain de l’entrepreneuriat social

Non, il n’y a pas que des entrepreneurs sociaux en Afrique…

L’entrepreneuriat social n’est pas la seule forme d’activité adaptée à l’Afrique…

Un entrepreneur social en Afrique n’est pas uniquement synonyme d’âme charitable…

Je choisis de réaliser cet article suite à des constats faits lors de mes différentes rencontres avec des entrepreneurs.

J’échangeais avec un entrepreneur récemment et ce dernier me laissait entendre ceci : « je pense que l’entrepreneuriat social est le type d’entrepreneuriat par excellence pour l’Afrique ». Inutile de vous décrire ma réaction… Les poils de mes bras se sont immédiatement dressés.

En Afrique l’entrepreneuriat est aujourd’hui au cœur du développement du continent, et l’entrepreneuriat social a longtemps eu le vent en poupe… Mais pas que.

 Tout d’abord, qu’est-ce qu’un entrepreneur social ?

Si je devais résumer ce qu’est un entrepreneur social, je dirais que c’est une personne qui va créer une activité économique viable avec une finalité ou but précis qui est celui de répondre aux besoins sociaux et environnementaux d’un écosystème donné. Et dans ce domaine, les causes peuvent être nombreuses : gaspillage alimentaire, réduction des déchets, accès à l’eau potable ou à un meilleur système de santé, accès à une éducation de qualité, lutte contre le chômage…

La plupart du temps, on retrouve ces activités sous la forme d’une entreprise sociale, d’une association, d’une coopérative, d’une fondation…

Le cas des entrepreneurs sociaux en Afrique 

Il est vrai qu’au vu de tous les défis auxquels doit faire face le continent africain (tant sur le plan social qu’environnemental), les entrepreneurs sociaux ont la côte.

Ils participent activement à trouver des solutions innovantes qui arrivent à changer la vie de leur communauté. Que ce soit dans les domaines de :

  • L’éducation
  • La santé
  • L’agrobusiness
  • L’emploi
  • Les transports
En classe… CC: Pixabay

Ils arrivent à trouver des solutions durables et innovantes qui répondent aux problèmes rencontrés par les populations locales et à répondre aux défis majeurs de leurs localités.

Je peux notamment citer quelques-uns d’entre eux connus ou peu connus :

  • Olivia MVONDO BOUM : Co-fondatrice de Kmerpad , des serviettes hygiéniques lavables Made in Cameroon: https://www.kmerpad.org/
  • Tristan KOCHOYAN : co-fondateur de Power:On: la startup sociale qui oeuvre à donner de l’électricité dans les zones reculées du Bénin
  • Bethlehem Tilahun Alemu : Co-Fondatrice et Directrice Générale, soleRebels, Ethiopie.
  • Daniel Oulaï : fondateur de la Grainothèque en Côte d’Ivoire, première bibliothèque de semences anciennes et paysannes en péril pour la préservation de la biodiversité africaine
  • Evelyne NAOTORDENE : fondatrice d’origine Tchadienne de l’association NaoFood qui lutte contre la malnutrition dans les milieux scolaires
  • Didier LALAYE : fondateur de Dawa Mobile Health, un laboratoire de santé mobile de dépistage et de prise en charge de la Bilharziose dans les villages au Tchad…

Et je peux vous dire que la liste de ces génies sociaux est très longue.

Evelyne NAOTORDENE, fondatrice de Naofood et une de ses collaboratrices devant un de leur kiosque à repas CC: Pixabay

Certains entrepreneurs sociaux gagnent aussi leur vie à travers leurs créations d’activités 

Cassons le mythe de l’entrepreneur social qui ne sait faire que de la charité.

Comme le disait le célèbre Professeur et Prix Nobel de la paix originaire du Bangladesh Muhammad Yunus, « l’entrepreneuriat social ce n’est pas de la charité ni de la philanthropie, c’est un système qui a pour but de résoudre les problèmes des populations au quotidien sans faire de dividendes ». Une des phrases de son discours tenue lors du séminaire de haut niveau sur « le développement de l’entrepreneuriat social » organisé dans le cadre des Assemblées Annuelles de la BAD en 2013.

Beaucoup d’entrepreneurs sociaux lorsqu’ils créent des entreprises sociales, génèrent du chiffre d’affaire, arrivent à employer des personnes et même à vivre de leurs activités. Ce qui les différencie, encore une fois simplement des autres formes d’activités, c’est le fait qu’ils œuvrent en plaçant en amont l’intérêt général.

CC: Pixabay

Il faut cesser d’associer l’image de l’entrepreneuriat social comme charité, uniquement à l’Afrique

Même s’il est vrai que pour l’instant l’entrepreneuriat social ne cesse de faire ses preuves sur le continent Africain, il n’en demeure pas moins que les autres formes de business participent activement au développement de l’économie de chacun des pays.

On ne doit pas empêcher une personne qui le voudrait, en Afrique, d’entreprendre socialement. On décide d’oser parce que c’est un choix. Les raisons peuvent être diverses, mais cessons d’attribuer l’entrepreneuriat social uniquement comme modèle de développement pour l’Afrique.

Quand on créé et qu’on souhaite vivre de son entreprise, de sa passion il y aussi la réalité qui nous rattrape. Seulement certains choisissent de mettre leur activité au profit de l’intérêt général et d’autres non : tout est une question de choix.

Donc je suis contre ces propos ou idées reçues qui font que l’on a tendance à présenter systématiquement l’entrepreneuriat social comme LE modèle par excellence de développement en Afrique.

Il est vrai que l’entrepreneuriat social est une véritable opportunité de développement et d’innovation mais elle ne reste pas LA seule voie.

Sandrine NAGUERTIGA, #Afroptimiste


Homme du mois : Djerabe N’Digngar, jeune serial entrepreneur qui puise son inspiration chez la femme

« La femme est importante dans la vie d’un homme » 

Djerabe N’Digngar

Pendant le mois de mars, on met en avant les femmes, mais j’ai choisi, à travers cet article de mettre en avant un homme… Et pas n’importe lequel. Ce jeune que j’ai pu rencontrer avec grande joie à Abidjan lors de mon court séjour, aura su me faire comprendre que la vie est un perpétuel combat dans lequel on y arrive quand on croit en soi et en ses rêves.

Sans plus tarder, je vous invite à voir le portrait très inspirant de ce jeune au talent incroyable qui puise son énergie et son inspiration chez des femmes qui font partie de sa vie : à savoir sa tante, sa sœur et sa moitié (sa muse).

Qui est Djérabe ? 

Djerabe (également connu sous son nom de scène : D-8 ALFARISS) est un jeune artiste rappeur-réalisateur-monteur vidéo et fondateur d’origine Tchadienne, de la maison de production SaTchaProd.

Titulaire d’un BAC A4 au lycée notre dame de Moundou (Tchad) en 2012 et d’un BTS en communication visuelle en 2015 à Abidjan, il travaille en tant que cadreur-monteur à Côte Ouest Audiovisuel Abidjan.

A seulement 24 ans, il est entre autre l’un des producteurs privilégiés de la célèbre Tech-Entrepreneure : Edith Brou.

Djerabe N’DIGNGAR, alias D-8 ALFARISS CC: SaTchaProd

SaTchaProd, qu’est-ce c’est ?

SaTchaProd est l’un de ses plus grands projets : Diminutif de 3mots :

  • Sa : Sao
  • Tcha : Tchad
  • Prod : Production.

Parti du constat que les artistes et acteurs Tchadiens n’avaient pas de plateforme d’expression de leur talent et du fait que la majeure partie d’entre eux n’arrivait pas à se professionnaliser (ni clips ni films professionnels…), c’est ainsi qu’il a choisi de créer SaTchaProd.

En créant SaTchaProd, Djerabe se donnait comme mission de leur permettre de se professionnaliser et de se faire connaitre à l’échelle internationale.

Cependant, il est important de souligner que SaTchaProd a un sens purement Tchadien mais il ne produit pas que des artistes ou acteurs Tchadiens. »

CC: SaTchaProd

Djerabe, l’homme qui puise son inspiration chez la femme

Pour le mois de mars, mois de la femme, Djerabe s’est lancé dans une série de shooting photos mettant en avant la femme… En voici les raisons : 

Ce jeune serial entrepreneur n’a malheureusement pas eu la chance de véritablement connaître sa mère (décédée quand il n’avait que 13 ans). Et ce sont deux femmes dans sa vie qui l’auront vraiment inspiré et aidé à grandir en dépit des difficultés : sa tante et sa petite sœur cadette.

EDITH DEBORA NGABA, la Muse de Djerabe CC: Djerabe, SaTchadProd

Il est important de souligner que Debora a aussi été contaminée par le virus entrepreneurial de sa moitié et se lance aussi très bientôt dans cette superbe aventure.

A travers ces œuvres photographiques, Djerabe voulait mettre en avant la femme et montrer à quel point elle est essentielle dans cette vie.

« Sans la femme, nous n’aurions pas de famille, sans la femme, nous ne serions pas là dans ce monde. »

Djerabe N’DIGNGAR

CC: SaTchaProd

Sa persévérance et son courage sont ses deux grandes qualités. Si l’on devait retenir 2 mots de ce jeune battant, ce serait comme il le dit lui-même : LA PERSÉVÉRANCE, FOI EN DIEU ET EN SOI-MÊME.

 

Djerabe, un Afro-réaliste engagé

L’Afrique est selon lui un eldorado.

« On ne le savait pas mais maintenant il est clair que toute cette jeunesse avec cet esprit entrepreneurial qui ne cesse d’innover fera du continent le seul endroit où il fait beau vivre désormais. »

Djerabe N’DIGNGAR

On peut changer le monde mais pas avec des anciennes habitudes, c’est avec des nouvelles habitudes.

« Ne pas avoir peur de tomber. Le plus difficile est de ne pas se relever pour continuer le combat. Si tu as abandonné pour la première fois, tu le feras la seconde fois et tu n’atteindras jamais le but fixé au départ ». 

Djerabe N’Digngar

Interview vidéo de Djerabe pour le connaître un peu plus

Pour en savoir un peu plus sur Djerabe, ses inspirations, ses rêves, ses combats… Je vous invite sans plus tarder à voir la vidéo complète de son interview et à partager au maximum :


Eau minérale en Afrique : un business qui coule à flot

En 2012, au sud du Sahara, 40% de la population n’avait pas accès à l’eau traitée pour usage alimentaire, (source Jeune Afrique)

C’est en me promenant dans les rues d’Abidjan (capitale de la Côte d’Ivoire), lors d’un court séjour effectué récemment, que l’idée de rédaction de cet article m’est venue. J’ai pu voir à quel point ce business de l’eau était très fructueux.

L’eau, cette ressource vitale, est un véritable trésor sur le continent africain. De nombreuses populations sont encore confrontées à une difficulté d’accès à l’eau potable dans plusieurs zones du continent.

Et comme le disait si bien Florent YOUNZAN, activiste, blogueur et entrepreneur ivoirien, « tous les maux du continent africain sont une véritable idée de création d’entreprise ». Alors nombreux sont ceux qui n’ont pas hésité une seule seconde à faire de cet or bleu un véritable business prometteur.

Bouteilles d’eau minérale Source: Pixabay

Un marché tenu d’une main de fer par les géants de l’agroalimentaire 

De grandes marques comme Pepsi, Nestlé, ou encore Coca Cola ont su s’imposer sur ce marché. Ils profitent du manque d’infrastructures, vétustes et inadéquates, sans compter le boom démographique en milieu urbain pour instaurer cette oligarchie. Ils dominent le marché et appliquent des tarifs élevés sans réellement prendre en compte le coût du niveau de vie local.

L’eau minérale en bouteille, un luxe qui n’est pas à la portée de tous 

D’Awa, source d’eau minérale en Côte d’Ivoire en passant par Cristal au Tchad ou encore Palma en Tunisie, le business de l’eau minérale en bouteille est devenu très intéressant pour de nombreuses compagnies, qui n’ont de cesse de s’aligner sur ce marché et de faire jouer la concurrence des géants internationaux.

Ici, un site sur lequel vous pourriez découvrir par pays, les différentes eaux minérales présentes sur le continent africain : https://africanmineralwater.jimdo.com/countries/

Image d’eau en bouteille Source: Pixabay

Des solutions alternatives au secours de la population 

Pour faire face aux pénuries d’eau et à la mauvaise qualité du réseau de distribution public, on retrouve un business florissant (par exemple, en Côte d’Ivoire) : celui de la vente d’eau en sachets. Je cite l’exemple de la Côte d’ivoire, mais on le retrouve dans d’autres pays d’Afrique également. Cette pratique est entrée dans les habitudes de la population et pas une capitale africaine ne manque de ces sachets d’eau. Mais là se pose le problème des règles de santé publiques.

En dehors de sachets d’eaux traditionnels (eau du robinet dans des sachets transparents), on retrouve aussi des sachets d’eau minéral mais pour lesquels bien souvent plane l’ombre de la contrefaçon.

Pour vous donner un ordre d’idée, les sachets d’eaux attachés à la main sont vendus entre 5 et 10 FCFA contre 50 FCFA pour les paquets industriels.

Sachets d’eau attachés à la mains vendus entre 5-10 FCFA à Abidjan Source: Lebabi.net
Sachets d’eau industriels vendus entre 50 FCFA l’unité à Abidjan Source: Lebabi.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais pour ces sachets d’eau, se pose la question environnementale. Comment les déchets de ces sachets sont-ils traités ? Cela soulève un autre sujet que je choisis volontairement de ne pas aborder ici.

L’Afrique, une zone aride d’opportunités pour le business de l’eau 

Nombreux sont ceux qui l’ont compris et qui ont décidé de faire de ce problème, un véritable business, contrant ainsi les géants qui dominent le marché. Parfois au péril de leur santé, ce sont les plus pauvres qui sont touchés. Manque de moyens, ils se ruent sur la consommation de l’eau vendue en sachets.

Que font donc les pouvoirs publics pour palier à ce problème ? Ne faut-il pas réellement se concentrer sur cette question et ainsi trouver des solutions qui tendent à améliorer le quotidien de la population ?

Sandrine NAGUERTIGA, #Afroptimiste.


Afrique : le 8 mars, journée des femmes et non pas fête de la femme

Le 8 Mars est une date mémorable puisque l’on célèbre toutes les femmes du monde. Et en Afrique cet événement prend un sens encore plus fort.

Quand je dis célébrer ici, je devrais plutôt dire que l’on met en avant toutes ces femmes et filles à l’échelle internationale.

Des festivités qui retentissent un peu partout sur le continent :

Au Tchad par exemple ce n’est pas uniquement le 8 Mars qui est célébré, mais bien la semaine comprenant cette journée. On parle de SENAFET, entendons par là : Semaine Nationale de la Femme Tchadienne.

Par ailleurs, cette année, le thème de cet événement portera sur : « le respect des droits des femmes et des filles, un défi pour l’atteinte des objectifs de développement durable ».

 

Le pagne, symbole de la célébration de la journée de la femme :

En effet, comme à chaque année au Tchad ou encore au Cameroun, le pagne du 8 Mars en est l’emblème national.
Les femmes défilent et paradent dans les villes en exposant avec fierté leur nouveau modèle.

Pour donner une idée des prix : au Tchad, l’étoffe de pagne cette année coûte 12.500 FCFA contre 6800 FCFA au Cameroun.

Motifs pagnes Journée de la Femme au Tchad CC: Phenix Imagine

 

Motifs pagnes Journée de la Femme au Tchad CC: Actu Cameroun

Bien souvent après les différentes festivités et parades, les femmes prennent d’assaut les bars et différents lieux de vie des grandes villes afin d’y partager des verres et s’amuser. Et une fois cet événement fini, on retombe dans les mêmes problématiques majeures non résolues.

Une journée de lutte et non pas de fête :

C’est à se demander si derrière toutes ces festivités, le sens premier de cette journée est respecté, à savoir celui de la lutte pour l’amélioration des conditions de la femme.

Cet événement annuel majeur ne devrait pas être réduit uniquement aux festivités, au port du pagne où encore à l’allégresse mais plutôt aux temps de réflexions et actions concrètes qui permettraient d’améliorer les conditions de vie des femmes.

Des conditions qui sont bien malheureusement toujours aussi précaires et difficiles pour les principales concernées.

Car cela va faire plusieurs années que cette fête existe, mais les conditions des femmes sur le continent ne sont toujours pas améliorées. Les femmes sont la catégorie la plus vulnérable et de plein fouet touchée par les difficultés rencontrées : tant sur les aspects, socio-économiques que liés aux phénomènes naturels.

CC: Pixabay

Il est intéressant, en effet de pouvoir valoriser dignement la femme et la mettre en avant, mais tout comme la saint-valentin ou les autres fêtes que je qualifie de commerciales, elle ne doit pas durer qu’un jour ou une semaine.

Cette journée est avant tout une journée de lutte pour le respect des droits des femmes.

On devrait plutôt associer ces évènements festifs à des actions concrètes qui permettraient de changer le comportement des hommes et des femmes et ainsi leur faire prendre réellement conscience de l’intérêt majeur de l’évolution des conditions féminines.

Faciliter l’accès aux financements, assurer la sécurité des femmes, lutter pour la parité dans les milieux professionnels, lutter contre la pauvreté, favoriser l’accès à l’éducation de qualité… sont autant d’actions qui pourraient considérablement être prises en faveur de ces femmes.

Quelles solutions d’amélioration pourraient être trouvées, et mises en place par la suite ? Ce serait donc une question beaucoup plus pertinente, plutôt que de se demander, quelle couleur de pagne j’achèterai pour fêter mon 08 Mars…

Si les femmes elles-mêmes ne le font pas, personne d’autre ne le fera à leur place. Alors je pense qu’il est temps d’éveiller les consciences et de casser la routine des choses, en demandant aux femmes de prendre le lead et ainsi d’être des actrices majeures du changement qu’elles aimeraient voir.

#IWD2017 #JournéeDesFemmes #JDF #8mars

Sandrine NAGUERTIGA, #Afroptimiste


Iss Bill, le soldat de la vie engagé pour une cause vitale en Afrique

Une chose est sûre, c’est que chez Mondoblog, ce n’est pas le talent qui manque.

Aujourd’hui, je décide de mettre en avant au travers d’un article, un jeune blogueur, artiste et citoyen engagé qui met ses talents artistiques au service de la défense d’une cause qui lui tient à cœur. Alors sans plus tarder, je vous invite à lire en exclusivité l’entretien qu’il m’a accordé.

Issouf KONE: CC: Iss Bill Officiel

Sandrine Naguertiga : Qui est Issouf, alias « Iss Bill »? 

Iss Bill : Je m’appelle Issouf KONE à l’état civil, mais plus couramment connu sous le nom d’ « Iss Bill » et je suis d’origine malienne. J’ai 25 ans, et je suis blogueur à Mondoblog Rfi. Mon blog s’intitule : « l’appel du griot ». Je suis également rédacteur à Rhhm musique, un magazine d’actualité sur la musique malienne, et auteur-compositeur-interprète.

Après deux années d’étude en communication, j’ai choisi volontairement de faire une pause et de me consacrer à mes différentes activités. Mais je reprendrais quand j’aurais un peu de temps (rire)… du moins, on verra bien.

« Seule la prise de conscience collective libèrera l’Afrique des chaines du néocolonialisme qui est quelque part le cœur de ces guerres interminables. » Iss Bill

 

SN : Iss Bill, peux-tu nous expliquer en quelques mots ce qu’est « Soldat de la vie » ?

IB : Soldat de la vie est avant tout un mouvement avant d’être un projet artistique. Un combat contre le terrorisme sous toutes ses formes. A travers ce projet, j’avais comme objectif de valoriser la vie. Montrer aux uns et aux autres que rien ne justifie le fait de donner la mort à quelqu’un. Ce morceau intitulé soldat de la vie est juste la partie visible de l’iceberg. Nous comptons aller plus loin en réalisant un court-métrage qui s’intitulera très probablement Soldat de la vie pour enfin publier un livre qui sera la troisième étape du projet. Des débats, conférences et plusieurs autres manifestations sont prévues dans le futur pour venir appuyer ce projet qui me tient tant à cœur. Raison pour laquelle, j’ai commencé par préciser que c’était avant tout un mouvement.

SN : Comment t’es venue l’idée d’entreprendre ce projet ? Et pourquoi l’avoir réalisé ?

IB : J’ai eu cette idée à la fin de l’année 2012. Je venais d’arriver pour la première fois à Bamako (au Mali) et nous étions en plein début de la crise qui avait secoué le nord du Mali. Les Djihadistes venaient d’occuper cet endroit suite au coup d’état du capitaine Hamadou Haya Sanogo contre le président Amadou Toumani Toure. L’instabilité a donc vu le jour et ça été le début des attentats répétés un peu partout : j’ai donc pensé à créer ce mouvement.

L’école, le rap, et beaucoup d’autres contraintes ont fait que c’était très difficile à l’époque. Suite à l’intervention militaire de la France au Mali en 2013, j’ai fait une première Mixtape intitulée « Opération Serval » en gardant toujours au chaud le projet Soldat de la vie, que je laissais mûrir progressivement.

En 2016, j’ai décidé de me lancer. Les attentats à travers le monde se répétaient tellement que je ne pouvais pas rester sans rien faire. A Madagascar, lors du Sommet de la Francophonie, en novembre 2016, j’ai reçu un prix coup de pouce de la part de l’OJIQ (les Offices jeunesse internationaux du Quebec) qui ont su m’encourager et m’accompagner dans la réalisation de mon premier « Extended Play » (format musical entre le single et l’album) que j’ai décidé d’appeler « Mon jihad » et qui est entièrement destiné à la lutte contre le terrorisme. Soldat de la vie en est donc le premier extrait.

Campagne de lancement « Soldat de la Vie » CC: Iss Bill Officiel

« Il nous faut beaucoup d’amour et d’actions positives, et pour cela nous devons être des Soldats de la vie » Iss Bill. 

 

SN : En tant que jeune homme africain, quelle est ta vision pour le continent ? Et de surcroît, par rapport à ce projet que tu portes : 

IB : D’abord, ma vision est celle d’une Afrique indépendante. Jusqu’à présent, selon moi, elle ne l’a pas été. Mais également d’un continent incontournable comportant une jeunesse forte, consciente, et surtout instruite. Seule la prise de conscience collective libérera l’Afrique des chaînes du néocolonialisme qui est quelque part le cœur de ces guerres interminables.

Campagne de lancement « Soldat de la vie » au Mali

 

SN : Iss Bill, si on devait retenir de toi seulement 2 mots, quels seraient-ils ? Et pourquoi? 

IB : Je dois donc parler de moi en me qualifiant (rire). Je vous avouerai que je n’aime pas du tout le faire mais je dirais :

  • courageux parce que je n’abandonne jamais.
  • et pour le second ce serait plutôt pacifiste car j’ai horreur de la guerre et que je suis partisan de la non-violence.

SN : Quel message aimerais-tu faire passer aux jeunes qui te liront, Iss Bill ? 

IB : J’aimerais leur dire ceci : beaucoup de courage, de persévérance car je reste convaincu qu’en dehors des précipitations naturelles, rien ne tombe du ciel.

On se doit de croire en tout ce que nous faisons, car rien n’est impossible. Je rajouterai enfin qu’il nous faut aussi beaucoup d’amour et d’actions positives, et pour cela nous devons être des Soldats de la vie.

SN : Chers lecteurs, nous avons l’immense plaisir de vous annoncer que le premier extrait « Soldat de la vie » de l’album « Mon JIHAD » est officiellement sorti ce Samedi 25 Février 2017 et est disponible en écoute sur :

Youtube :

SoundCloud :

 

SN : l’interview donc touche à sa fin, comment pouvons facilement entrer en contact avec toi ?

IB : Vous pouvez suive l’avancement du projet sur la page Facebook de Soldat de la vie aux adresses suivantes :

Par Sandrine NAGUERTIGA, #Afroptimiste


La 1ère édition du Salon de l’Etudiant Africain à N’Djamena marquera-t-elle un Erasmus africain ?

A l’heure où se posent de plus en plus de questions quant à l’immigration, et que beaucoup de jeunes africains rêvent encore d’Europe ou d’Amérique, un jeune entrepreneur tchadien souhaite plus que jamais participer activement à une construction durable du continent.

Lorsqu’un entrepreneur s’engage pour le rayonnement de l’Afrique…

Naïr ABAKAR CC: N.A

Naïr Abakar, jeune entrepreneur talentueux et passionné n’a de cesse de trouver des idées innovantes pour le développement et le rayonnement de l’Afrique sur la scène internationale.

Fondateur de Darna, la première application téléchargeable sur smartphone qui permet aux utilisateurs de découvrir les meilleures adresses des grandes villes africaines, il lance également « Afrique Campus », une plateforme numérique qui a pour but de mieux orienter et accompagner les jeunes africains dans leurs parcours d’études.

 

Une orientation scolaire réussie est un véritable passeport pour une insertion professionnelle durable 

Selon une étude réalisée par la Banque Mondiale, sur terre vivront 9 milliards de personnes en 2050. La population de l’Afrique passera d’1 à 2 milliards en 2050 et connaîtra donc une arrivée massive sur le marché du travail de 160 millions de jeunes entre 2010 et 2030. Ce qui peut être une véritable opportunité afin de développer la croissance économique du continent. Mais cette force vive, pour qu’elle soit efficace, se doit d’être préparée convenablement pour espérer être opérationnelle. Et cette préparation passe entre autre par une éducation et une formation de qualité.

Or si l’on remarque bien, dans la plupart de nos pays d’Afrique, l’orientation ne répond pas à une réglementation établie et est bien souvent négligée puisqu’elle se fait de façon hasardeuse. Les jeunes se lancent dans une filière d’étude soit par manque d’information, soit pour satisfaire le « rêve » d’un parent ou encore sur la base de quelques résultats scolaires. De plus, l’inscription aux formations post-bac n’est bien souvent pas préparée efficacement, ce qui fait que le jeune se retrouve dans des filières ne correspondant pas à ses attentes et bien souvent « décrochent » avant la fin de son cursus.

Le marché de l’emploi reste encore très méconnu en Afrique car il n’y a pas assez de transversalité ou de complémentarité entre les formations proposées et les métiers attendus.

L’orientation scolaire des jeunes quant à elle, influe beaucoup sur sa réussite scolaire et également sur sa vie active.

On parle bien souvent d’orientation scolaire « subie ». Et cela peut-être dû à un manque d’information et de sensibilisation du jeune et de son entourage familial. Et de cette orientation contrainte, s’en suivent de nombreuses difficultés telles que par exemple une difficile insertion sur le marché du travail.

Les jeunes sont inégaux face à l’orientation scolaire et de surcroît dans les pays d’Afrique subsaharienne : ce qui peut constituer un vivier massif de jeunes confrontés au chômage.

Template #SIEA 2017 CC: Afrique Campus

Partant de cette volonté de participer à l’amélioration du continent africain et de sa jeunesse, Naïr choisit de se lancer dans un pari fou qui n’est autre que celui d’organiser la 1ère édition du Salon de l’Etudiant Africain.

Ce qui est une première dans l’histoire du continent. Ce salon qui se tiendra du 23 au 25 février 2017 à N’Djamena, au Tchad (plus précisément au Palais du 15 janvier) sera l’occasion de réunir en un même lieu différents acteurs du monde de l’éducation et de l’enseignement supérieur en Afrique.

Des écoles, universités, instituts ou encore des entrepreneurs, acteurs du monde professionnel ou personnalités publiques et politiques seront présents pour informer, orienter, et conseiller les jeunes et futurs bacheliers sur les filières de formation et leurs débouchés.

De nombreux temps forts viendront agrémenter ce salon et faire découvrir le maximum d’opportunités aux jeunes africains soucieux de leur avenir professionnel : conférences, ateliers-débats, plénières…

Innovation, entrepreneuriat, alternance, emploi, leadership, intégration africaine et avenir seront les maîtres mots de ce rendez-vous à ne surtout pas rater.

Un concert pour clôturer l’événement en beauté

CC: Trace TV

Le salon se terminera par un concert exceptionnel du groupe d’artiste Togolais : Toofan au Stade Idriss Mahamat OUYA, à N’Djamena.

Un salon organisé dans un contexte particulier

Je me rappelle que l’annonce de la tenue d’un tel événement à N’Djamena a créé plusieurs débats quelque peu animés sur les réseaux sociaux. Bien entendu, il y avait d’une part ceux qui étaient ravis de savoir un tel événement se dérouler au Tchad et de l’autre ceux qui étaient totalement contre, sans oublier les mitigés.

Il est vrai aussi que le Tchad a été et continu d’être fortement secoué par une crise socio-économique sans précédent. Une crise qui aura notamment vu des lycées, écoles et facultés fermés ainsi que des étudiants privés de leurs droits de bourse. Des bourses qui pour la majorité relèvent d’un léger coup de pouce face à des situations financières très délicates.

Ce salon était surtout vu pour la plupart comme inopportun, compte tenu de la crise actuelle qui secoue le pays. Mais convaincu du bien-fondé de cet événement, Naïr et son équipe ont su porter le projet jusqu’à son terme et ainsi proposer à la jeunesse africaine et Tchadienne en particulier une véritable opportunité de regarder l’avenir sous un meilleur angle.

CC: Pixabay

L’événement marquera-t-il finalement une nouvelle ère pour le continent ? Celle de l’Erasmus africain…

Pour rappel, Erasmus est un programme d’échange d’étudiants entre les différents pays ayant signé l’accord. Cela comprend les 25 pays européens, ainsi que l’Islande, la Suisse, le Liechtenstein la Norvège, la Bulgarie, la Turquie et la Roumanie.

Cet événement aura aussi pour but (si l’on en croit les dires du promoteur de ce salon) de mettre en avant l’excellence africaine en terme d’éducation, de formation et d’emploi pour les jeunes africains.

Nombreux encore sont ces jeunes africains qui aspirent à un rêve américain ou européen. De plus, dans l’esprit de beaucoup de ces jeunes, les meilleurs enseignements se trouvent de l’autre côté de l’Atlantique ou du Pacifique. Et pourtant beaucoup d’Universités ou d’Ecoles présentes en Afrique ont su prouver qu’elles pouvaient être garantes de l’excellence africaine en termes d’éducation et de formations. J’ai en tête :

  • l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal
  • l’Université du Cap, en Afrique du Sud
  • l’Université du Caire en Egypte
  • l’Université Mohamed V – Adgal au Maroc
  • l’Université de Ouagadougou, au Burkina Faso
  • l’Université de Nairobi, au Kenya… pour ne citer qu’elles.

Mais en même temps, je nuance mes propos. Si les autorités publiques, établissements et autres ne sont pas en mesure de mettre en avant ce genre de dispositifs, solutions adéquates à ces jeunes, il est sûr qu’ils chercheront toujours à voir ailleurs.

« Si ce ne sont pas les africains eux-mêmes qui se soucient de leur continent, personne d’autre ne viendra le faire à leur place. »

Alors c’est à se demander si cet événement majeur marquera enfin le pas et pourrait mettre en pratique ce que certaines personnalités telles que Manuel Valls, ancien Premier ministre français avait proposé de mettre en place : l’Erasmus Africain. Article disponible ICI.

Eh bien c’est aussi pour cela que je n’ai de cesse de dire que les entrepreneurs font partie de ces personnes qui ont choisi de ne pas attendre que les choses viennent à eux, mais plutôt de trouver les solutions eux-mêmes. Comme j’ai souvent l’habitude de le dire, si ce ne sont pas les africains eux-mêmes qui se soucient de leur continent, personne d’autre ne viendra le faire à leur place.

Et ça encore une fois, ce jeune entrepreneur l’a compris et a choisi de porter haut cette initiative à l’encontre des jeunes africains, et tchadiens en particulier.

On espère que les nombreuses personnalités qui prendront part à l’événement qui se tiendra à N’Djamena, pourront enfin se pencher sur la cause des jeunes africains et ainsi prendre une résolution pour améliorer les conditions et le niveau d’étude des jeunes africains, et pourquoi pas aussi permettre aux jeunes du monde entier d’aller étudier dans des filières d’excellences. Il y va de la promotion et de la valorisation des talents d’Afrique.

Sandrine NAGUERTIGA, #Afroptimiste.

Hashtag de l’évènement: #SIEA

Hashtag d’Afrique Campus: #AfriqueCampus

Ici le Flyer de l’événementFlyer_170112_SansTraItsCoupes-1 (1)

Plus d’infos sur la page Facebook de la plateforme : https://www.facebook.com/events/633769623469876/

Ou encore sur le site internet spécialement dédié à cette occasion : https://www.salon-etudiant-africain.com/


Saint-Valentin : 10 profils d’hommes à éviter à N’Djamena (Tchad)

Nous sommes le 14 février, date qui résonne comme mémorable chez certains mais banale chez d’autres.

Quoi ? Vous ne savez pas ce qui se passe le 14 février ? Eh bien, cher lecteur, le 14 février, c’est la Saint Valentin : la fête de tous les amoureux.

Depuis quelques temps j’ai remarqué que cette fête, qui est avant tout commerciale (comme les autres fêtes selon moi) prend une grande ampleur, au point  de devenir l’affaire de tous.

Etant Tchadienne et aimant vraiment mon pays, j’ai choisi d’axer mon article sur N’Djamena (la capitale du Tchad), et sur les hommes en particulier. Un article un peu plus « light » que mes autres articles, qui a pour unique but d’amuser la galerie et de détendre l’atmosphère …

Mesdames, qui n’a jamais aimé se faire draguer ou complimenter par un homme ? Lors de mes déplacements à N’Djamena, j’ai plusieurs fois assisté avec plaisir à des situations de drague -ou plutôt à des tentatives de drague- bien marrantes : un véritable spectacle !

Alors Mesdames, j’ai décidé de partager ici avec vous les 10 profils d’hommes à éviter d’urgence à N’Djamena.

Are you ready ?

1) Le dragueur lourdingue :

Ce qui le caractérise :
Tellement sûr de lui et imbu de sa personne… il se sent tout permis et se rassure déjà du fait que vous soyez le prochain gibier au festin du Roi.
Rabat-joie et menteur, il n’a de cesse de vous dévoiler tout son CV et son talent, sans même que vous ayez à poser la moindre question.
Généralement, ce genre d’homme se sent tellement irrésistible que, pour lui, vous mordrez très vite à l’hameçon.
Mesdames, si vous avez fait l’erreur de sourire à une de ses blagues ou simplement de le regarder, c’est fini, vous êtes cuite, il ne vous lâchera pas d’une semelle. Mettez-vous ça dans la tête : tant qu’il n’a pas eu au moins votre numéro, il ne vous lâchera pas. Comme quoi, seule la persévérance paie 🙂

Comment le reconnaître ?
1. Il ne prend pas la peine de vous écouter
2. Il ne prévoit rien et se lance dans le vide en ayant confiance en lui… #DéterminéCommeJamais
3. Il est toujours sapé façon « bling bling » pour être facilement reconnaissable.

2) Le collectionneur d’art :

Ce qui le caractérise :
Alors autant le dire, ce genre d’homme m’a toujours laissée perplexe. Perplexe, non pas pour ce qu’ils sont, mais parce qu’ils arrivent toujours à emballer le maximum de femmes. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux.

Le collectionneur d’art a juste à faire tourner les clés de sa voiture entre ses mains, à sortir sa phrase du « jamais vu » et à mettre en avant le maximum de son charme pour faire tomber la fille dans son panneau. Il parle très rarement mais son objectif est clair : vous mettre dans sa poche. Il vous fera croire à tous vos rêves et, une fois l’objectif atteint … eh bien Mesdames, vous êtes à nouveau sur le palier, ou alors vous vous arrangerez pour être placée entre Guernica et la Joconde.

Comment le reconnaître ?
1. Il est généralement « beau gosse » et ça, il le sait. Il saura trouver les mots ou les gestes pour tenter de vous faire tomber dans son filet. A vous d’être vigilante.

2. Les copines, ce n’est pas ce qui lui manque. Et ça vous devrez le savoir et surtout avoir un cœur solide pour le supporter… la concurrence est très rude et il n’a pas honte de le montrer.
3. Il a tellement de femmes à gérer qu’il oublie très vite ce qu’il vous avait promis. Un nouveau sac à mains, un nouveau téléphone ? Un dîner en amoureux ? Oups, ce n’est sûrement pas lui qui vous avait promis de telles choses. Mais en même temps, Mesdames, comprenez le. Il est tellement débordé qu’il ne sait plus où donner de la tête.

Mona Lisa (la Joconde) de Léonard de Vinci (Musée du Louvre).  CC: Pixabay

3) Le Geek en folie : meilleur client des opérateurs téléphoniques

Ce qui le caractérise :
Ah celui-ci, j’ai envie de dire que c’est mon préféré ! Un pur dragueur 2.0.

Par message interposé (SMS, réseaux sociaux…), il vous dira tout ce que vous avez envie d’entendre. C’est un pur produit du monde digital. Il peut vous faire frissonner et vous serez toujours en alerte… jour et nuit il entretient la flamme : émoticônes, textes inspirants… tout y passe. Mais une fois l’écran verrouillé, plus rien. Vous pourrez aller vous rendormir. C’était un mauvais signal, euh, un BUG plutôt. Seuls les opérateurs téléphoniques y gagnent. Ne cherchez pas, vous ne remplacerez jamais son nouvel iPhone ou Samsung Galaxy.

Comment le reconnaître ?
Euh… si seulement il acceptait de vous voir ! C’est simple : son Smartphone dernier cri ne le quitte jamais.

CC: Pixabay

4) Le menteur :

Ce qui le caractérise :
Ohlalalala c’est celui qui m’exaspère le plus : le menteur qui de surcroît ne sait absolument pas mentir ! Car oui, chers lecteurs, mentir est un art. Ce type d’homme passe son temps à inventer des vies et à raconter des histoires qui, bien souvent, ne tiennent pas la route.
S’il est incapable d’être lui même convaincu de ce qu’il raconte, comment pourrait-il vous convaincre ? Dans ce cas Mesdames, ne cherchez plus… FUYEZ  tant qu’il est encore temps, sinon vous vous retrouverez dans des situations honteuses.

Comment le reconnaître ?
Bonne question.

1. Il hésite dans ses propos et bien souvent ses pupilles qui se dilatent.
2. Ses histoires relèvent parfois de l’énormité.
3. Il y a un décalage entre ce qu’il dit et ce qu’il laisse paraître. Même si l’habit ne fait pas le moine, la gestuelle ne trompe pas Mesdames.

5) Le gigolo en formation :

Ce qui le caractérise :
Ah ces jeunes qui veulent grandir plus vite que leur âge et qui aiment se faire gérer par des femmes.
Celui là s’est mis dans la tête qu’il avait plus à gagner en se faisant entretenir par une femme qu’en étant indépendant. Du coup, il commence avec les jeunes filles de son âge pour finir avec des femmes bien plus âgées. Dans tous les cas, tant qu’il est nourri, logé, soigné et a les poches pleines, c’est l’essentiel.

Comment le reconnaître :
Pour reconnaître le gigolo, je vous invite à écouter ce son de la talentueuse chanteuse ivoirienne Josey : https://www.youtube.com/watch?v=Zeg51UJ269Y

 

6) Le Don Juan des cours de récréation :

Ce qui le caractérise :

Alors celui-ci est vraiment le plus drôle. Il a tellement l’habitude de draguer les jeunes filles des cours de récrés qu’il se sent capable de passer directement à l’étape supérieure et de vous aborder mais sans prendre le temps d’adapter son discours et ses moyens à la personne qu’il a en face de lui.

Bien souvent, il entre dans des discours où vous n’avez qu’une seule envie, c’est de rire. Vous avez même bien souvent pitié de lui. La bonne volonté y est, mais le terrain n’est pas adapté.

Parfois j’ai envie de lui dire, vas relire tes leçons, et reviens me voir quand tu seras en phase avec.

Comment le reconnaître :

1 : il est gentil et cherche à vous impressionner mais hélas n’a pas le niveau.

2 : il entre dans un monologue qui en devient très vite ennuyeux.

3 : mais il reste bien souvent respectueux, contrairement au dragueur lourdingue.

7 : Le fils à papa :

Ce qui le caractérise :

C’est la catégorie de profil la plus complexe je pense. Etant né avec une cuillère en argent dans la bouche, il se rapproche de l’« enfant gâté ». C’est simple, sans Papa, il n’existe pas. Et il se sent toujours obligé de mettre en avant cela. Il est généralement adorable en tant qu’ami mais cela en devient très vite agaçant et ennuyant car il ne sait nullement prendre des décisions ou ses responsabilités.

Comment le reconnaître :

1 : vous n’êtes jamais sa priorité.

2 : il aime se faire flatter sur sa situation personnelle.

3 : cependant, il n’aime pas que vous lui piquiez la vedette… il doit être sans arrêt vénéré. C’est LUI, LUI et PAPA LUI SEUL.

CC: Pixabay

8 : Celui qui vous manque de respect :

Ce qui le caractérise :

Alors celui-là c’est catégorique : NE LE LAISSEZ PAS TENTER QUOI QUE CE SOIT… Généralement, il se croit tout permis et très vite entre dans la révolte quand il n’obtient pas ce qu’il veut : ON NE NÉGOCIE JAMAIS AVEC LES TERRORISTES MESDAMES.

Comment le reconnaître :

1 : il est soit hautain soit lourdingue.

2 : il se braque pour un rien ou a tendance à vite tomber dans la provocation : ÉVITEZ-LE !

 

9 : Le macho :

Celui qui voit la classe féminine comme une sous-catégorie ou un décor de scène. Assieds-toi ici, fais ce que je te dis, tais-toi quand je parle… Eh Oh elle n’est pas votre objet.

Comment le reconnaître :

C’est simple, il vous manquera de respect et vous agacera très vite.

 

10 : Le complexé ou encore le syndrome de l’arriviste :

Ce qui le caractérise :

Ah ce genre d’hommes est un spectacle vivant à lui tout seul. Le pire est qu’il ne se rend pas compte de son exagération mais veut à tout pris jouer le rôle d’une personne qu’il n’est pas. Alors il va changer sa façon de parler, généralement il « chôkôbi » c’est un jargon populaire ivoirien qui veut dire que la personne veut parler comme les « français » : avec la même intonation…

Eh bien souvent c’est très drôle. Ils sont complexés et se disent que pour arriver à se faire remarquer par la femme en question, c’est la seule façon.

 

Bon allez, j’arrive à la fin de mon article, et comme on le dit souvent l’humour n’a jamais fais de mal à personne. « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé saurait être que fortuite. » Ce qui veut dire que je me désengage de toute responsabilité.

Et si pour une raison X ou Y vous vous êtes sentis concernés ou pointés du doigt, chers Messieurs, dites vous que tout n’est pas perdu.

Bonne Saint Valentin et tentez tout de même de profiter de votre chère Valentine.

CC: Pixabay

On vous Aime tels que vous êtes.

Avec le sourire 🙂


Les règles chez les jeunes filles en Afrique, un sujet tabou mais vital

Encore aujourd’hui, dans plusieurs régions du monde, et plus particulièrement en Afrique, les jeunes filles et femmes sont confrontées à un problème majeur : celui de la stigmatisation des règles.

D’après une étude réalisée par l’ONG Plan International, « en Afrique, une fille sur dix ne va pas à l’école pendant ses règles ». Article qu’on peut retrouver ici: Article ONG Plan International

Or les menstruations font partie du cycle de vie d’une jeune fille : c’est un processus « normal » et naturel. Le corps de la jeune fille subit des modifications à l’âge dit de la « puberté » et s’accompagne généralement des menstruations.

Mais bien malheureusement dans certains pays, des jeunes filles sont contraintes de sacrifier l’école à cause de leurs menstruations et le sujet des règles reste encore très tabou.

Lors de mes différents voyages sur le continent africain, j’ai bien souvent eu l’occasion de le voir, aux travers de témoignages reçus de jeunes filles et femmes qui y étaient confrontées.

Elles font face à des moqueries, des remarques désagréables ou honteuses, qui bien souvent, viennent accentuer ce sentiment de mépris et de douleur qu’elles ressentent fortement.

Une image de Tampon utilisé par les femmes lors de leurs périodes de règles. Quoi? Cela vous fait honte aussi? CC: Pixabay

 

« Elles n’osent pas en parler et bien souvent ont recours à des termes absurdes pour qualifier leurs périodes de règles. Ainsi elles intériorisent la honte et préfèrent la subir seule »

 

Pour certaines jeunes filles, le fait d’avoir des règles les isolent complètement des autres. Elles choisissent de ne pas en parler et de rester confinées en attendant que ça passe.

Quels sont les facteurs pouvant expliquer ce problème qui persiste ?

Des croyances culturelles qui accentuent l’image honteuse des règles 

Dans certaines cultures, les règles doivent rester secrètes pour la jeune fille. Les règles sont, dans différents pays, bien souvent assimilées à un symbole péjoratif très fort. Faisons un petit tour des pays où l’image « négative » des règles restent ancrées dans les consciences :

Au Malawi, les règles sont perçues comme quelque chose d’ « irrespectueux ». Parler des règles avec les enfants est une chose impensable pour les parents. C’est généralement la tante qui se charge de cette éducation auprès de la fille en lui apprenant à se tenir à l’écart lorsqu’elle y est confrontée.

En Inde, les règles sont perçues comme quelque chose de « sale ». La jeune femme réglée est interdite de cuisine sous peine de rendre sa nourriture impropre à la consommation et contaminante.

En Bolivie, les règles sont perçues comme une « maladie ». Les filles ne doivent pas jeter leurs serviettes à la poubelle car cela provoquerait des maladies graves, voire même le cancer.

En Afghanistan, on fait comprendre aux femmes que se doucher pendant leurs règles les rendraient stériles : une croyance qui vient mettre en péril leur hygiène.

Au Tchad, les règles sont déshonorantes et honteuses. Les femmes ne doivent absolument pas en parler, encore moins en présence d’hommes.

Affiche de Campagne de l’UNESCO en partenariat avec les marques de protection hygiéniques Always et Tampax CC: UNESCO

Un frein majeur à l’éducation 

Nombreuses sont les jeunes filles qui, pendant leurs règles, abandonnent le chemin de l’école bien souvent à cause des douleurs rencontrées mais aussi parce qu’elles se sentent isolées, incomprises et honteuses face à cette situation.

Ces jeunes filles se sentent contraintes de ne pas aller à l’école, manquent plusieurs cours et se retrouvent en situation de décrochage scolaire. Et en parallèle, celles qui se rendent tout de même à l’école, se retrouvent dans un sentiment de gêne et s’assoient au fond de la classe. Elles se font discrètes de peur d’émettre une odeur ou d’avoir une fuite sur leurs vêtements.

Des protections sanitaires insuffisantes 

Ce point relève vraiment d’une question de santé publique. Dans certaines localités, l’accès aux protections hygiéniques et aux médicaments contre la douleur est un véritable luxe. Je prends encore une fois l’exemple du Tchad, où les protections hygiéniques confortables et de qualité coûtent relativement cher : ce qui pousse certaines femmes ou jeunes filles à opter pour d’autres options. Relevant du « système D » et parfois bien souvent dangereuses pour leur santé, les alternatives sont diverses : des torchons, des feuilles, des morceaux de papier journal…

Heureusement, quelques actions sont mises en place par des ONG car le sujet reste quelque chose de très important. D’autant plus que l’on se bat de plus en plus pour l’autonomisation des filles et des femmes à travers le monde, et plus particulièrement en Afrique. Ce combat passe entre autres par une meilleure condition d’accès à la santé des femmes.

Plusieurs ONG se battent pour lever ce tabou majeur, notamment avec la distribution de kits sanitaires ou encore via des supports de communication pour sensibiliser au maximum les consciences à ce sujet. Mais il reste encore beaucoup d’actions à mener pour voir faire pencher la balance du côté positif.

Affiche de campagne de sensibilisation Always CC: Always

Lorsque Always associe sa marque pour lutter contre les stéréotypes : 

La célèbre marque qui commercialise les protections hygiéniques pour femmes, a choisi d’associer ses activités à un combat important : celui de lutter contre les nombreux stéréotypes auxquels sont confrontés les jeunes filles à travers le monde.

Connaissez-vous la campagne : #CommeUneFille ? C’est une campagne qui a pour but de promouvoir la confiance en soi et l’estime de soi chez les filles à travers le sport : excellent catalyseur.

Retrouvez ici la vidéo de la campagne réalisée

Alors au vu de tout cela, j’ai envie de dire à haute voix :

« Non, messieurs, non mesdames, les règles, ce n’est PAS la honte, c’est un phénomène naturel. Si on a nos menstruations, cela signifie tout simplement que les organes de reproduction fonctionnent bien. Il n’y a pas de honte à être une femme, encore à moins à  avoir ses règles. N’est-ce finalement pas ça le cycle de la vie chez une femme? « 


Tchad : voyage d’une Afroptimiste au pays des 16 mesures

Je reviens d’un voyage d’une quinzaine de jours au Tchad, plus précisément à N’Djamena, la capitale, où j’ai pu allier mes activités professionnelles et personnelles. A travers ce nouveau billet j’ai choisi de relater mon aventure pour le moins « épique ».

Rond point Mère et Enfant (photo prise la nuit) CC: Annadjib R.

Un séjour pas comme les autres :

Avant mon départ, psychose sur la ville. Je m’explique.

Bon nombre d’amis et de proches me déconseillaient fortement de me rendre au Tchad compte tenu des tensions qui ont secoué le pays. Tensions notamment liées au contexte socio-économique actuel : mesures d’austérité, arriérés de paiement des fonctionnaires, menace d’une année blanche dans les écoles, grèves et grognes sociales.

Mais cela sonnait comme un air de déjà-vu. Je fais notamment référence à la période électorale de la présidentielle qui avait eu lieu durant le printemps 2016 et où il était formellement déconseillé de se rendre au Tchad car planait sur le pays, une menace d’instabilité politique. Mais encore une fois, mon voyage aura valu le coup.

Vendeuses au marché (N’Djamena) CC: Annadjib R.

Un contexte social et économique très tendu :

Pour vous relater un peu ma compréhension du problème actuel qui secoue le Tchad : le pays est plongé dans une récession économique qui l’a frappé de plein fouet, et comme à l’habitude, ce sont les catégories les plus vulnérables qui en paient le prix fort.

Et selon moi, cette situation débouche sur un autre facteur qui est celui du manque d’évolution des mentalités et du mode de vie dans le pays. J’ai remarqué qu’au Tchad, anticiper et prévoir l’avenir n’est pas dans les habitudes de la population. Beaucoup de personnes vivent au jour le jour sans pour autant préparer l’avenir ou anticiper les risques. Ils préfèrent « s’en remettre entièrement à Dieu » et accepter tout ce qui se passe. Ce qui fait que la moindre difficulté peut très rapidement être fatale pour beaucoup de Tchadiens.

Si l’on compare par exemple avec l’occident où l’on prévoit le risque et l’on paye pour quelque chose qui pourrait ne pas nous arriver, au Tchad cela serait complètement insensé. Je dirais même que si vous allez dire cela au Tchadien lambda là-bas, vous serez confronté à deux possibilités : dans le meilleur des cas, il vous rira au nez car il vous prendra pour un fou ou sinon vous recevrez un bon coup de massue sur la tête en vous faisant taxer de personne de mauvaise moralité.

De ce que j’ai pu constater, ce sont les fonctionnaires qui font réellement vivre le pays car c’est la classe moyenne et/ou supérieure qui consomme le plus. Et lorsque ceux-ci se retrouvent confrontés à des arriérés ou non paiement de salaires, le pouvoir d’achat et la consommation en sont fortement impactés. Je ne suis absolument pas une experte en économie ou encore en politique mais la chute du pétrole a eu un effet boule de neige : hausse des tarifs, licenciements de personnels dans les sociétés pétrolières, manque de provisions pour assurer les salaires, suppression des bourses aux étudiants (d’un montant de 30.000FCFA), recrutement des fonctionnaires limité… Ce qui aura plongé progressivement le pays dans une récession économique sans lendemain.

Je choisis volontairement de ne pas évoquer ici l’aspect politique car je ne suis absolument pas douée dans ce domaine mais tout simplement parce que cela ne m’intéresse pas.

Crâne de Toumaï (primate découvert au Tchad) exposé au Musée National CC: Annadjib R.

Les 16 mesures, véritable crédo au Tchad:

La situation du Tchad actuellement aura su trouver un véritable crédo.

En vue des difficultés économique et sociale, le Gouvernement aurait annoncé 16 mesures drastiques qui ont plongé le pays dans une crise économique. Mais certains Tchadiens n’ont en rien perdu leur joie de vivre et leur humour.

A la moindre occasion qui se présentait, j’entendais ça et là ressortir la célèbre phrase : « ce sont les 16 mesures… ». Croyez-moi je n’ai jamais autant ri étant là-bas car j’ai pu voir que finalement beaucoup se forçaient à prendre cela avec le sourire dans l’espoir d’un lendemain meilleur.

Un pays où la connexion internet coûte plus cher que le téléphone :

Lorsque vous quittez le confort de la connexion internet en France disponible 24h/24 et 7j/7 à un tarif très avantageux pour aller dans un pays comme le Tchad où vous vous devez de gérer à la seconde prêt vos mégabits, je peux vous dire que cela en devient très vite frustrant.

Je me disais à un moment donné que je n’y arriverais pas. Pour vous faire un peu le topo : au Tchad, ce sont principalement deux opérateurs téléphoniques qui se partagent le marché : Airtel Chad et Tigo.

J’ai toujours eu l’habitude quand j’allais au Tchad de souscrire à un numéro Airtel (je trouvais que c’était l’opérateur pour lequel il était très facile de trouver des points de recharge à tout endroit et presque à toute heure.

Cependant, il faut littéralement un cours de mise à niveau intensif pour en comprendre toutes les fonctionnalités. Je me rendis dans une boutique pour souscrire un abonnement Airtel Money (la banque mobile) et le gérant de la boutique m’a expliqué que pour un montant de 10.000 FCFA (soit 15,20EUR), j’aurai une connexion de 1GB qui pourrait durer 1 mois avec une bonne gestion. Et bien malgré une gestion très minutieuse, cela n’aura même pas duré plus de 4 jours.

Il se pose un réel problème de transparence dans l’accès à internet au Tchad. Les opérateurs mobiles semblent faire ce qu’ils veulent et cela finit par être très vite agaçant. En 15 jours de séjour là-bas, je n’ose même plus penser au montant colossal que j’ai investi dans la connexion internet et les unités d’appels. Je préfère vous épargner la qualité de la relation client.

Façade de la Maison de la culture Baba Moustapha (N’Djamena) CC: Office Tourisme Tchad (OTT)

Tchad, oasis du sahel d’opportunité

Comme disait le Dalai Lama : « Parfois, ne pas obtenir ce qu’on désire est un merveilleux coup de chance »

J’ai eu la chance d’aller sur le terrain et de me faire ma propre opinion. J’ai également pu rencontrer des personnes issues de milieux différents et ainsi recueillir au plus près les avis et discours à ce sujet.

Ce qui m’a bien souvent frappé, c’est que j’étais confrontée à deux cas de figures : ceux qui n’avaient de cesse de se plaindre et les autres qui étaient à la recherche de solutions pour continuer à aller de l’avant. Et ce sont ces personnes en quête d’espoir et de solutions qui m’ont redonné le sourire aux lèvres.

Certains jeunes l’ont compris… ce n’est pas en se lamentant sur son sort ou en accusant l’autre que les choses changeront. Mais plutôt en décidant de se prendre en main et de changer soi-même sa perception des choses.

Pour cela, l’entrepreneuriat ou encore la prise d’initiative est devenu un levier majeur au Tchad.

La plupart des jeunes Tchadiens, une fois les études terminées n’aspirent qu’à une seule chose en priorité : intégrer la fonction publique car ils voient en cela, une stabilité  financière. Beaucoup ne veulent pas prendre de risque et se disent ainsi qu’ils pourront avoir au moins chaque mois un salaire qui passera.

Et pourtant… La réalité les a très vite rattrapé : les fonctionnaires font bien souvent face à des arriérés de salaire faute d’argent dans les caisses et se doivent bien souvent de trouver des plans B. L’avenir se planifie et se construit bien avant, pour justement être prêt à faire face à tous ces maux.

La culture de l’épargne, de la prévoyance ou encore de la prise d’initiative est certes encore lente à se mettre en place mais pas du tout impossible.

Statue de Kelou Bital Diguél dans la cour du Musée National du Tchad (N’Djamena) CC: L’Office Tchadien du Tourisme (OTT)

Sensibiliser à l’entrepreneuriat, solution adéquate ? 

Un des aspects positif de mon voyage aura été de rencontrer de belles personnes qui ne baissent pas les bras et qui travaillent sans cesse.

Je parle entre autre de Wenaklabs, l’association fondée par de jeunes Tchadiens très actifs dans les domaines des TICs et du numérique. Une association avec qui je me suis mise en partenariat tant pour le projet de la plateforme numérique Entreprendrelafrique lancée à N’Djamena en Janvier 2017 que pour le projet d’incubateur média qu’on espère mettre en place. D’ailleurs cela m’aura permis de revoir quelques collègues Mondoblogueurs dont Salim, Annadjib, AbdallahMahamat

J’avais également eu la chance de passer à l’antenne lors de l’émission de l’Atelier des Médias pour promouvoir mon projet d’incubateur (au sein même des locaux de l’association). Emission que vous pourrez réécouter ici : RFI: Ce que 2017 nous réserve en matière d’innovation médias

Ces jeunes sont conscients des réalités subies par bon nombre de personnes sur place mais ne perdent en rien leur détermination : bien au contraire. Ils continuent de croire en un Tchad Meilleur qui se reconstruira grâce à des jeunes qui osent faire bouger les choses.

J’ai aussi à l’esprit ma rencontre avec le directeur de la Maison de la Petite Entreprise et le responsable de l’AFD qui travaillent conjointement sur les projets orientés entrepreneuriat, accompagnement et financement des porteurs de projets. Je les avais déjà rencontré en France et les revoir au Tchad dans leurs lieux d’actions aura su déboucher sur des opportunités et des idées intéressantes.

Cette récente structure œuvre pour un entrepreneuriat local et promeut auprès des jeunes Tchadiens l’esprit d’initiatives pour montrer que d’autres portes de sorties sont possibles.

Après la sensibilisation, l’accompagnement et la formation, ils se focalisent désormais sur l’aspect recherche de financements pour les jeunes qui sont incubés chez eux.

Place de la Nation (prise le jour) CC: Annadjib R.

N’Djamena, ma capitale :

Qu’importe ce qui se passe ou ce que les gens peuvent dire, j’aime le Tchad et j’aime N’Djamena. Avec ses rues animées à la tombée de la nuit, le bruit des klaxons aux heures de pointe à n’en point finir, les marchés toujours aussi bruyants et noirs de monde, le temps de midi où l’on déjeune tous ensemble, dans le même plateau… la boule de maïs, de riz ou encore le délicieux kissar (galette de riz) accompagnés d’une succulente sauce de gombo, de mloukhiya ou encore de tomate.

Plat de boule de mil accompagné de 2 sauces gombos CC: La cuisine moderne Tchadienne

 

Plat de Kissar (galette de riz) accompagné d’une sauce mloukhiya CC: La cuisine moderne Tchadienne

Et même si j’ai plusieurs fois risqué de me faire agresser ou arracher mon appareil photo en prenant quelques clichés de la ville, j’aime N’Djamena et j’y retournerai sans hésiter.

Je choisis donc de conclure mon billet avec un hymne à l’amour. L’amour de ma capitale, sur un air de musique de Feu Maître Gazonga (de son vrai nom : Ahmat Saleh Rougalta), un des chanteurs tchadiens les plus connus.

Je t’aime N’Djamena!


Quand l’Afrique attire (part 5): le nouveau paradis des médias francophones

On a bien longtemps reproché aux médias internationaux de véhiculer des images ou informations négatives de l’Afrique. Or il s’avère que cette Afrique longtemps reléguée au rang de continent de guerre, de famine ou encore de maladie, attire davantage.

« Le continent africain est devenu un véritable oasis pour les médias francophones. »

Face à une Afrique qui bouge grâce à sa jeunesse et des classes moyennes qui émergent, le marché du divertissement, de l’information et des loisirs ne s’est jamais autant bien porté. Et ça, les médias l’ont compris.

Il faut savoir que selon l’Organisation internationale de la francophonie :
• le continent africain comptera 1 milliard d’habitants dont 750 millions de francophones d’ici 2050 : une véritable aubaine pour les médias
• le français est la deuxième langue d’information internationale dans les médias
• Sur 54 pays d’Afrique, 31 sont désignés comme pays d’Afrique francophone : ce qui veut dire qu’ils parlent le français comme première ou deuxième langue (cela représenterait environ 115 millions d’africains) ; le chiffre ne prendrait pas en compte les francophones vivant hors d’Afrique francophone.

Une diversité d’acteurs sur le marché

On pourrait dire qu’il n’y a plus vraiment de monopole sur le marché du média dans la partie francophone de l’Afrique. Auparavant, pour l’univers audiovisuel, c’était la chaîne TV5 Monde qui « monopolisait » le secteur avec une réception de 257 millions de foyers dans le monde (dont 12 millions en Afrique) selon le groupe de travail sur la francophonie d’ Unifrance (une association chargée de la promotion du cinéma Français à l’international).

Mais aujourd’hui, lorsque l’on regarde l’univers des médias en Afrique, on voit émerger plusieurs concurrents de taille. Par exemple Canal + Overseas qui, à travers ses chaînes A+ arrivent à proposer ses offres aux auditeurs en s’adaptant à leurs besoins.

Lors de mes différents déplacements au Tchad, je me suis rendue compte d’une chose : que ce soit dans les classes moyennes ou classes moyennes inférieures, si je peux le dire ainsi, il y a au moins une télévision et un abonnement Canal + dans chaque foyer. Ces deux équipements sont devenus incontournables.
Les abonnements Canal + au Tchad vont d’un montant de 10.000 FCFA (pour l’offre de base) à celui de 50.000FCFA (pour l’abonnement premium). L’offre d’abonnement s’accompagne d’une offre de qualité de service (service après-vente, promotions, enquête de satisfaction client…). C’est à croire que tout est fait pour satisfaire et fidéliser la clientèle. Un élément différenciant et concurrentiel très fort.
Pour la majorité des familles que j’ai pu rencontrer, l’argument souvent mis en avant, était le fait de pouvoir passer le temps, surtout dans un pays où les structures et offres de divertissements sont quasi inexistantes. De plus, disposer de ces équipements serait aussi une façon de ne pas se sentir coupé du monde et dans ce cas, être informé de l’actualité en continue.

On ne peut parler de médias, sans évoquer les radios. J’ai bien évidemment à l’esprit RFI (Radio France Internationale) qui est connue à travers les quatre coins du globe et qui reste une des radios les plus écoutées en Afrique francophone.

Les médias locaux ont compris l’importance de ce marché porteur et n’hésitent pas, bien souvent à nouer des partenariats stratégiques pour espérer faire le poids face à la concurrence naissante. C’est ainsi qu’on voit émerger de plus en plus de médias panafricains à l’instar de VoxAfrica, Africa 24Ubiznews ou encore Telesud, pour ne citer qu’eux, qui s’imposent tout autant face aux médias traditionnels francophones.

Le numérique, nouvelle arme de concurrence massive

Le numérique et le développement d’internet sur le continent, obligent bien souvent les médias traditionnels africains à innover pour espérer faire face à la concurrence.
C’est ainsi que les blogueurs, codeurs ou web-journalistes se posent ici comme de nouveaux influenceurs.
Souvenez-vous de l’article que je réalisais il y a quelques temps de cela, Les blogueurs, nouveaux leaders du continent africain
A l’instar de Mondoblog, qui est une plateforme regroupant une communauté de blogueurs portée par l’équipe de l’Atelier des médias de RFI, celle-ci a, je cite: « vocation à promouvoir la blogosphère francophone à travers le monde mais également du contenu de qualité sur internet. »
Cette forme de média est également une innovation dans le domaine puisqu’elle va permettre aux blogueurs d’impulser un nouveau souffle tout en étant de véritables ambassadeurs du média en question.

CC: Mondoblog
5ème saison des blogueurs francophones Mondoblog lors de la formation à Antananarivo

Lorsque les start-ups entrent dans la danse :

C’est ici une belle suite que je puisse faire. Ci-dessus, je parlais du numérique, et bien là je mets en avant le fait que des entrepreneurs aient également saisi l’importance de ce marché porteur.
Que ce soient des plateformes numériques ou collaboratives, des médias sociaux, des magazines en ligne, des web-séries ou encore des plateformes de base de données, on assiste à la naissance de jeunes pousses qui font de l’univers des médias un véritable tremplin économique.
Les médias traditionnels français ont saisi cette opportunité et n’hésitent pas à innover aussi dans ce domaine en créant des incubateurs pouvant accompagner ces futurs « startupers ».
Je pourrai notamment citer :

• Canal START, la structure créée par le groupe Canal Plus qui accompagne et aide les porteurs de projets de toutes nationalités, tournées vers le secteur des médias (vidéo, big data, réseaux sociaux et applications mobiles)

• L’incubateur du groupe TF1 : le groupe audiovisuel français TF1 et l’agence d’innovation et d’attractivité de Paris se sont associés pour créer un incubateur de startups dans le secteur des médias sur le thème de « nouveaux produits et services »
• The Mediapreneur : l’incubateur de startups lancé par le groupe Media de Singapour Media Corp qui durant 6 mois va accompagner les meilleures startups sélectionnées jusqu’à leur lancement.

Je souhaiterais aussi en parallèle de cela citer le programme d’appui et d’accompagnement spécialement dédié à quelques pays d’Afrique Francophone «Afrique Innovation», à l’initiative de CFI Medias qui, je cite : « vise à accompagner une nouvelle génération de professionnels africains des médias dans la création et le développement de produits et services d’information innovants en phase avec l’évolution des technologies, des usages et avec les attentes des citoyens du continent. »

CC: Pixabay

Les groupes médias francophones ne cessent d’innover et de proposer des solutions pour profiter de l’essor du secteur sur le continent africain.
On ne compte plus les émissions ou les initiatives qui ciblent l’Afrique dans les médias français ou francophones. Du cinéma, en passant par les émissions de télé-réalité ou encore celles de divertissements, on voit bien que l’audience africaine ne cesse d’être à la quête de nouveautés.
Et les entrepreneurs semblent encore une fois être présents sur ce marché vaste et pousser les médias traditionnels à innover ou à signer des partenariats stratégiques.

Cependant, on remarque bien que sur ce marché fructueux, les médias locaux africains peinent à sortir leur épingle du jeu. D’où la nécessité de leur proposer des formations et programmes d’accompagnement adaptés aux besoins, afin qu’eux aussi puissent faire face à la concurrence accrue et gagner des parts du marché si juteux qu’est celui de l’univers des médias.