zatibagnan

Ouaga : Hivernage de sit-in et grèves !

Il y a un printemps des sit-in et des grèves à Ouaga, en ce moment. Mais pour coller au climat sous cette atmosphère tropicale, je parlerai « d’hivernage » de sit-in (on est en saison pluvieuse, d’ailleurs). Cela pousse partout et dans tous les ministères.

Le Syndicat des travailleurs de l'information en sit-in ce 22 mai devant le siège de la chaîne de télé publique du Burkina (Ph : Zatibagnan)
Le Syndicat des travailleurs de l’information en sit-in le 22 mai 2014 devant le siège de la chaîne de télé publique du Burkina (Ph : Zatibagnan)

La deuxième quinzaine du mois de mai à Ouaga est truffée de sit-in comme le corps d’un hérisson le serait de piquants. ça s’assoit partout ! Mais les voix disent à peu près la même chose : il n’y a pas assez d’argent pour remplir le sachet de la ménagère.

Tenez, le Syndicat des agents des finances (SYNAFI), après s’être assis à se limer les fesses des pantalons, a fini par faire la grève du 13 au 14 mai. Leur revendication : ils n’ont pas d’indemnité de responsabilité financière qui leur permettrait de ne plus loger dans des maisons en location, et surtout, de ne pas déménager facilement à la Maison… d’arrêt et de correction !

Le Syndicat des commerçants, pardon, des agents du commerce et de l’industrie se sont aussi assis du 19 au 20 mai. Ils veulent un fonds de roulement pour garnir le fond de leur assiette.

Le Syndicat des travailleurs de la commune de Ouaga, eux, veulent avoir les mêmes assiettes que leurs « collègues » fonctionnaires. Ils se sont assis et se sont finalement levé du 19 au 21 mai.

Le syndicat des greffiers veulent qu’on leur greffe de meilleurs salaires. Ils sont actuellement debout depuis le 21 mai.

Le syndicat des travailleurs des médias publics s’est assis ce jeudi 22 mai. Ils ne veulent plus travailler 24h/24 et 7 jours/7 sans avoir des sous de la même manière. De plus, ces travailleurs ne veulent plus courir comme des lièvres, pourchassés par des Ouagalais furax qui les accusent de ne pas montrer ce qu’ils filment.

La liste des « assis » est longue. Et elle va sans doute s’allonger encore. Parce que les relations entre les syndicats et le gouvernement, c’est comme l’effet de la lune sur la mer.

Lorsque arrive  la période de la pleine élection et que le référendum veut monter au firmament, cela entraîne une marée syndicale. Pour ne pas dire, un hivernage de sit-in et de grèves.


Opérateurs mobiles, prenez de la pénalité !

Et vlan ! L’Autorité de régulation des communications et des postes (ARCEP), le gendarme des ondes téléphoniques au Burkina, a giflé pécuniairement les trois opérateurs de téléphonie mobile. La cause de cette pénalité ? Ils ne prennent pas assez professionnels.

L'Autorité de régulation des communications et des postes (ARCEP) à Ouaga (Ph : DR)
L’Autorité de régulation des communications et des postes (Arcep) à Ouaga (Ph : DR)

Cela fait la deuxième fois que le gendarme des communications verbalise financièrement les trois opérateurs. La première fois, c’était en février 2012. L’Arcep les avait alors condamnés à payer 2,7 milliards de F Cfa.

Cette fois-ci, l’amende a doublé. Elle est passée à 5,8 milliards de F Cfa. Toutes ces liasses d’argent à verser au trésor public histoire de dire aux opérateurs de téléphonie mobile qu’ils ne doivent pas jouer avec les humeurs téléphoniques des Burkinabè.

Il faut reconnaître que communiquer avec son téléphone au Faso et naviguer avec son ordinateur ou son téléphone intelligent, c’est la croix et la bannière. Je vous assure que dans certaines localités aujourd’hui au Faso, il faut grimper sur les arbres pour percevoir les précieux signaux sur son bigophone.

Internet n’est également pas net à travers nos fournisseurs nationaux.

Est-ce qu’on est sorti du combiné sans tonalité ?

Malgré ces services qui laissent à désirer, la facture que doit payer le consommateur se révèle très souvent salée et même acide. Pour 1 000 F Cfa (moins de 2 euros), un Ouagalais a seulement 65 Mo de « jus » Internet.

Voilà pourquoi les Burkinabè, les Ouagalais en particulier, attendaient un geste de la part de l’Etat pour les soulager de leurs souffrances. Ces sanctions pécuniaires apparaissent cependant plus comme un calmant qu’une médication efficace qui va guérir la plaie, croient certains Ouagalais.

Peut-être qu’ils ont raison. L’un des opérateurs doit payer environ 2 milliards de F Cfa d’amende. Ce qui équivaut à 3 % de son chiffre d’affaires, selon l’Arcep. Si j’applique la bonne vieille règle de trois (si 3 % donne 2 milliards de F Cfa, 100 % vont donner combien ?), je me retrouve avec des milliards et des milliards de F Cfa comme chiffre d’affaires de l’opérateur.

Il y a de fortes chances que ces pénalités leur fassent mal comme une piqûre d’abeille sur le dos d’un vieux crocodile.

Et par conséquent, il est presque certain que les « allô ? Le réseau est bizarre » et les « zut ! la connexion rame comme un escargot » vont retentir pendant encore quelque temps sur les murs de Ouaga.

Zatibagnan

Depuis Ouaga


Sur le dos des « gendarmes couchés »

Les pandores virent au bleu turquoise lorsqu’ils entendent l’expression « gendarmes couchés ». Pas sûr que les zèbres sans rayures, s’ils pouvaient parler, approuvent non plus l’appellation « dos d’âne ». Mais le mot « ralentisseurs » n’est pas encore bien ancré dans le vocabulaire des Ouagalais, même si les pneus de leur moto, les jantes de leur vélo et les amortisseurs de leur voiture savent de quoi il s’agit.

Des ralentisseurs dans une rue du quartier Wemtenga à Ouaga (Ph : Zatibagnan)
Des ralentisseurs dans une rue du quartier Wemtenga à Ouaga (Ph : Zatibagnan)

Les ralentisseurs à Ouaga ? C’est un mal nécessaire. Personne ne les aime, mais tout le monde sait qu’ils servent. D’abord à freiner l’enthousiasme des Ouagalais qui adorent faire la vitesse. Ensuite, à brider la poussière qui a tendance à vouloir remplacer l’atmosphère de la capitale du Burkina.

Mais avant, vous avez bien le droit de savoir ce que c’est que les « gendarmes couchés » sur les « dos d’âne » des « ralentisseurs ». Ce sont des monticules de terre oblongues posés en travers des rues de Ouaga à coup de pelle. Leur hauteur dépend du degré de colère et de ras-le-bol qui habitait  leurs géniteurs au moment où ils les dressaient.

Les ralentisseurs fleurissent (c’est vraiment le mot)  dans les « six-mètres » (rues) de Ouaga lorsque les riverains d’un « six-mètres » commencent à étouffer sous la poussière ou lorsque trop des leurs ont été fauchés par des roues trop pressées.

Alors, à coup de pelle, ils font venir de la terre avec laquelle ils fabriquent (ou se font fabriquer) avec une vitesse étonnante ces ralentisseurs. Ensuite, ils s’asseyent et regardent avec contentement les usagers les gravir en ahanant et en poussant des jurons. Parfois, cela dépasse de simples cris de colère.

Certains usagers, surpris par la position des « gendarmes couchés » (des « couples de gendarmes couchés », selon un enseignant bien connu au Burkina), s’y cassent souvent les dents ou… la pipe.

A part ça, c’est une pratique que semblent adouber les autorités municipales, qui, elles-mêmes, n’hésitent pas à coucher les gendarmes sur les dos d’âne sur certaines rues goudronnées, histoire de  ralentir la mort qui a tendance à vouloir transformer le bitume en funérarium… Ainsi va la vie à Ouaga !

Zatibagnan

Depuis Ouaga


Quatre roues dans deux roues

La circulation à Ouaga. On pourrait écrire toute une encyclopédie sur elle. Les journaux du pays ont épuisé leur encre à parler d’elle. Voici un exemple parmi tant d’autres.

A droite, les deux véhicules à quatre roues qui tiennent compagnie aux deux roues (Ph : Zatibagnan)
A droite, les deux véhicules à quatre roues qui tiennent compagnie aux deux roues (Ph : Zatibagnan)

Mercredi 5 mars 2014. Il est 8 h 03. Boulevard Charles de Gaulle. Intersection avec l’avenue du Conseil de l’Entente (à Ouagadougou, évidemment).

Les deux feux tricolores qui régentent la circulation sur la piste réservée aux quatre roues et celle réservée aux deux roues sont au rouge. Une longue file d’attente de voitures patiente sur la plate-bande des quatre roues. Mais du côté des motos, les gens font grise mine.

Des exclamations excédées fusent. Des « tchourrrrrrr » caractéristiques traversent l’air.

– Quelle est cette  manière de circuler, a pesté un cyclomoteur, le visage décomposé.

En face de lui, une voiture et un taxi s’étaient invités sur la piste cyclable, histoire de tenir compagnie aux motocyclistes, et surtout, pour ne pas gonfler la longue file qui attendait sur la piste des quatre roues.

Imperturbables, les conducteurs des deux voitures n’ont eu cure des regards furibonds que leur lançaient les motocyclistes qui voyaient ainsi leur espace de manœuvre, déjà petit, se restreindre davantage avec ces indésirables invités.

Ce jour-là, miraculeusement, aucun policier en vue et aucun volontaire adjoint de sécurité n’étaient présents. Normal, sinon ce « spectacle » n’aurait pas pu se tenir.

Le feu est passé au vert et les deux quatre roues ont pu s’en aller, accompagnant les motocyclistes. Le taxi a continué vers le Premier ministère tandis que la deuxième voiture a viré sur l’avenue du Conseil de l’Entente.

Il arrive fréquemment dans la circulation de Ouaga que les deux roues « empruntent »  (au grand dam des forces de l’ordre qui en deviennent aussi vertes de colère que leur tenue) l’espace réservé aux quatre roues. Mais le contraire est plutôt rare.

Comme quoi, il faut une exception pour confirmer une règle… illégale !

Zatibagnan

Depuis Ouaga


Neige grise sur Ouaga

Depuis hier jeudi (27 février 2014), il fait un drôle de temps à Ouaga. Cela s’est corsé ce vendredi.

Une nappe de poussière, doublée d’une température à tendance froide,  a envahi l’atmosphère de la ville, masquant presque le soleil, se déposant insolemment sur toutes les surfaces,  s’insérant impertinemment dans tous les orifices et obligeant les Ouagalais à chercher qui un châle, qui du beurre de karité pour se protéger les narines et le gosier.

Il  a "neigé" ... gris ce vendredi à Ouaga (Ph : Zatibagnan)
Il a « neigé » … gris ce vendredi à Ouaga (Ph : Zatibagnan)

Mais  cette « neige » grisâtre (rougeâtre certaines années), a déclaré un Ouagalais,  s’invite pratiquement chaque année, presqu’à la même période, charriée par le vent sec et parfois glacial  de l’Harmattan.

Outre les maladies respiratoires que ce vent transporte dans ses bagages, il y a la redoutable méningite que craignent les Ouagalais et leurs compatriotes de tout le pays. Mais le gouvernement a dit avoir pris ses précautions. On attend de voir.

Cette neige, à la différence toutefois de celle américaine ou européenne, a constaté Zatibagnan, n’empêche pas les Ouagalais de vaquer à leurs occupations, quitte à rentrer chez eux les cheveux teintés à la Djakaridja Koné (c’est un footballeur burkinabè) et les cils colorés de la couleur de la terre libre du Burkina.

On ne va pas s’empêcher de « chercher à manger » parce qu’une poussière (somme toute habituelle à Ouagadougou) s’amuse à jouer les colonisateurs !

Au fait, j’oubliais : les maquis non plus ne désemplissent pas ! Il en faut plus que ça (peut-être des coups de feu de militaires énervés) pour désolidariser le Ouagalais de sa douce et fraîche  bière et de ses fameux « poulets bicyclettes » passés à la braise !

Zatibagnan

Depuis Ouaga


Taximan : Vert et mal aimé

Le Taximan. A Ouagadougou, cela signifie un homme aigri, irrespectueux des règles de la circulation, insolent et conduisant un vieux tacot « France Au Revoir »  peint en vert au-dessus duquel il a juché un néon où il est écrit « Taxi ».

Un taxi à Ouaga (Ph : Zatibagnan)
Un taxi à Ouaga (Ph : Zatibagnan)

Il gare où et quand il veut

Le Taximan à Ouagadougou, c’est le vrai roi de la route. Il s’y comporte comme un pacha dans son  palais. Il stationne où il veut et quand le client veut. Et surtout, sans clignoter (puisque son taxi est souvent borgne ou aveugle par devant et par derrière).

Au grand dam des Ouagalais motocyclistes qui s’y cognent régulièrement les jantes et les dents.

Il s’en fout

Le Taximan ouagalais s’est approprié le refrain d’une chanson du célèbre musicien Black So Man (le Noir est un humain ou le Noir n’est pas un animal, si vous voulez) aujourd’hui décédé : « On s’en fout ».

Eh oui ! Le Taximan ouagalais ‘s’en fout » pas mal si vous l’insultez parce qu’il a mal garé ou a frôlé un peu trop près votre garde-boue avant. S’il devait tenir compte des injures qu’on lui balance chaque jour, il aurait de quoi construire un pont jusqu’au paradis.

Il prévient

Le Taxi est vite remarqué dans le paysage grâce au vert de sa carrosse (Ph : Zatibagnan)
Le Taxi est vite remarqué dans le paysage grâce au vert de sa carrosserie (Ph : Zatibagnan)

Certains taximen ouagalais sont tout de même galants. L’arrière de leurs taxis portent ces avertissements révélateurs :

– « Ne me suis pas de près«

– « Calme-toi !«

Si vous ne tenez pas compte de ces feux de signalisation, tant pis pour vous, et surtout, gare à vous si vous égratignez un bout de peinture vert de son tacot !

Mais il rend service

Malgré tout ceci, les Ouagalais et les Taximen, c’est comme l’huile et l’eau. Ils ne s’entendent pas, mais chacun compte sur l’autre pour pouvoir préparer le riz-gras à l’huile et à l’eau.

Le Taximan vit de ses clients qu’il racole à chaque coin de rue. Le Ouagalais qui n’a pas les moyens de se payer une moto (ça coûte cher une moto pour le salaire moyen que gagne le Burkinabè moyen) ou  qui n’a pas du tout envie de s’essayer aux deux roues (eh oui, ce ne sont pas tous les Ouagalais qui aiment les deux roues), n’a plus que le taxi pour l’aider à couvrir ses déplacements.

Avec 2 00 F CFA (moins d’1 euro), le Taxi vous dépose où vous voulez, pour votre bonheur et … en énervant les autres, qui en riront plus tard, une fois avec leurs amis ou leurs parents. Ainsi roule Ouaga.

Zatibagnan

Depuis Ouaga


Google repris de volée !!!

Voilà une chose qui prouve que Mondoblog sert vraiment à quelque chose. En moins de 24 heures, une erreur géographique a été corrigée grâce à un billet plaintif publié sur ce modeste blog et repris sur le monde virtuel de Mondoblog (Voir :Quand Google se goure !!!).

(Ph : https://www.fredzone.org/)
(Ph : https://www.fredzone.org/)

Aéroport de Ouagadougou a commenté le billet pour s’attribuer la paternité de cette confusion géographique (c’est louable à vous) et excuser Google (je m’excuse humblement aussi).

Capture Aéroport 2

Ce dernier  a ensuite   rapatrié du Bénin, l’Aéroport de Ouagadougou à … Ouagadougou au Burkina Faso !!!

Capture aéroportTout est donc bien qui finit géographiquement bien !

 Zatibagnan

Depuis Ouaga


Quand Google se goure !!!

Pour une bourde, c’en est une !  L’un des plus grands moteurs de recherche du monde virtuel, Google, a en effet déclaré, lorsqu’un ordinateur le lui a demandé, que « l’aéroport international de Ouagadougou est le plus grand aéroport du Bénin« .

Google oups
(Ph : https://www.fredzone.org/)

Pour un Ouagalais et un Burkinabè comme moi, c’est comme si on disait que la Tour Eiffel dresse sa silhouette à Londres !

C’est vrai que les Africains veulent s’unir, mais de là à faire de Ouagadougou la capitale du Bénin, tout de même ! Dans tous les cas, cela fait l’objet de railleries sur les réseaux sociaux.

AéroportCe qui est encore plus dangereux, c’est ce que ceux qui ne connaissent rien de l’Afrique vont en déduire comme culture générale.

Il ne faut pas être étonné qu’un Américain soutienne un jour mordicus devant un Congolais ahuri que Ouagadougou, c’est au Bénin et que c’est là  que se trouve le plus grand aéroport du pays !

Je ne parle même pas du désarroi de ces personnes qui vont se ruer sur Google pour trouver un billet d’avion pour la capitale du Burkina Faso, car oui, Ouagadougou se trouve bel et bien, et avec son aéroport, au Burkina !

Ainsi naissent les désorientations géographiques !

Bémol : C’est vrai qu’il est possible que Google n’y soit pour rien. Il n’a peut-être fait que relayer ce que le site indexé a écrit. Mais ce qui est étrange, cette phrase n’est nullement écrite dans le site en question.

Ce dernier a peut-être commis la bourde, puis l’a corrigée. Mais si c’est le cas, il faut que Google s’y mette aussi ! D’autant plus que c’est la première suggestion d’adresse qui s’affiche lorsqu’on tape « aéroport de Ouagadougou ».

Zatibagnan

Depuis Ouagadougou

Capitale du Burkina Faso !!!

 


Référen-doum doum !

 » Donc, on va finir l’année avec ça ?  » Interrogation gorgée d’inquiétude et d’angoisse prononcée par un homme attablé devant une femme dans un restaurant de Ouaga, en fin d’année 2013. Il résume ce que de nombreux Ouagalais pensent à l’articulation d’un mot qui vole parmi les molécules d’air (gorgées de démissions au sein du parti présidentiel) de la capitale burkinabè : « Référendum » !

Le ciel politique et social de Ouaga (et du Burkina)  s'annonce orageux.
Le ciel politique et social de Ouaga (et du Burkina) s’annonce orageux.

Ce mot a été prononcé un jeudi matin (12 décembre 2013) dans une ville sahélienne du Burkina : Dori. Il n’aurait pas beaucoup ému s’il n’avait pas été lâché par le premier des  Burkinabè. Celui qui doit rester au-dessus de la mêlée. Celui de qui on espérait l’étincelle d’espoir.

Mais le chef de l’Etat burkinabè est décidé (comment le comprendre autrement ?) à passer par un référendum pour modifier la clause qui l’empêche de prétendre passer 30 ans au pouvoir.

Mon pays s’apprête donc à  s’insérer dans le rang de ce qui est devenu un cliché sur l’Afrique : rester au pouvoir.

Mon chagrin

Mais ce qui me chagrine le plus, ce n’est pas qu’un homme reste et profite des honneurs d’ici-bas. C’est ce qui pourrait arriver de triste à la belle capitale des deux roues.

Cette ville où plus de 2 millions d’âmes se lèvent chaque matin avant le chant du coq, bravent le froid glacial de Somgandé en ce temps de janvier (même si les changements climatiques nous jouent de drôles de tours), vendent des cartes de recharge, mangent du « benga » arrosé d’huile parfois frelatée, finissent leur soirée dans les maquis, les cabarets, leurs petites concessions de fortune ou dans les bras de leurs maîtresses ou de leurs « petits pompiers » (expression consacrée).

Qui  est le peuple ?

Ma hantise, c’est de voir ces deux voisins qui se chahutent chaque jour devenir des ennemis mortels parce que rendus bestiaux par des harangues politiques et politiciennes (opposants fossilisés, anciens-nouveaux opposants, démissionnaires-opposants, non opposants, opposants à condition que) qui prétendent parler au nom d’un peuple qu’ils ne connaissent très souvent pas ou qui se limite à ce que leur blablatent leurs proches intéressés.

Ma crainte, c’est de voir ma belle capitale burkinabè (le poulailler est un palais de prince arabe pour le coq, malgré la puanteur des lieux) éteindre les lampions de ses rues et allumer les lampes de la violence sanglante.

J’ai peur que la dernière syllabe du mot « référendum » devienne « doum doum » et ramène Ouaga du Burkina 50 ans derrière Ouaga de Haute-Volta. Mais,  il faut une exception pour que la règle se confirme. Amen !

Zatibagnan

Depuis l’échangeur de Ouaga 2000


Quand l’huille glacée rencontre l’eau congelée

On croirait rêver. Notre très cher président a rencontré son plus farouche opposant. A la télé, on était scotché aux images, curieux de savoir comment les deux hommes allaient se serrer la main. Mais on a été convaincu que, définitivement, l’hypocrisie est le domaine de prédilection des politiciens.

Blaise Compaoré (à droite) a rencontré son opposant Zéphirin Diabré le 14 novembre (Ph : B24)
Blaise Compaoré (à droite) a rencontré son opposant Zéphirin Diabré le 14 novembre (Ph : B24)

En principe, l’eau glacée et l’huile glacée se se mélangent pas. Les Burkinabè savent (et vous aussi) que l’opposant Zéphirin Diabré ( et ses autres collègues opposants) convoitent le fauteuil confortablement présidentiel de notre cher Président Blaise Compaoré, qui, lui, donne des signes de ne pas vouloir l’abandonner.

Lorsque deux hommes convoitent une même femme, la chose la moins conflictuelle qu’ils peuvent faire, c’est de ne pas se parler.

Mais le Blaiso et Zeph’ (comme on les appelle ici à Ouaga), se sont serrés la main, ont rigolé comme de vieux potes (mais en fait, ils l’étaient, puisque le deuxième a été ministre du commerce de l’autre) et ont bavardé comme si le deuxième ne vociférait pas quelques jours plus tôt que le premier « doit partir en 2015 ».

Nous ne sommes pas des boules de « fourra » !

Bon, on appelle ça la « démocratie », « l’esprit de la République » et « le sens du dialogue ». Mais moi je qualifie cela d’hypocrisie légalisée. Parce que l’eau et l’huile ne se mélangent pas quand elles sont glacées.

Ce qui m’embête c’est que ce sont les « gouvernés », les « administrés » qui pâtissent chaque fois de ce théâtre « démocratique ». La Côte d’Ivoire est un exemple parmi tant d’autres.

Là aussi, des eaux glacées et des huiles froides se sont rencontrées et serré la main avec des sourires de statuette aux lèvres. Gbagbo, ADO, Soro, Bédié (ils ont été potes, frères, amis, puis ennemis et vice-versa) ont joué à ce jeu au péril de la vie de milliers d’Ivoiriens.

Je reviens à Ouaga pour espérer que les politiciens ne vont pas nous rouler dans la farine de sang fraternel. On n’est pas des boules de fourra  (1) !

Qu’on soit clair ! Je ne dis pas que c’est pas bien que des adversaires se parlent ! Mais j’en ai marre de l’hypocrite règle qui veut qu’on arrête de s’entre-tuer, le temps qu’on soigne les blessés, pour aussitôt les ramener  se faire massacrer. Voilà !

1 – La boule de fourra est une sorte de gâteau de mil prisée à Ouaga. La rouler dans la farine est sa dernière phase de fabrication avant dégustation


Au « maquis » et sans kalach !

A Ouaga, il y a des « maquis ». Mais pas le genre de « maquis » où l’on se cache avec des kalachnikov et des grenades explosives. Rassurez-vous !

Maquis song taaba
Un « maquis » à l’est de Ouaga. Celui-là invite à s’aimer ! (Ph : Zatibagnan)

Dans la capitale burkinabè, pas une rue sans « maquis ». C’est l’un des éléments essentiels du paysage de Ouagadougou. Mais avant de continuer, que veut dire « maquis » dans le contexte ouagalais ?

En vérité, sa définition n’est pas éloignée de celle de son ancêtre. Le « maquis » s’entend d’un lieu caché où se cachent un ou plusieurs individus pour échapper à une oppression et/ou pour préparer une riposte. A l’image de Kabila en RD Congo.

Au « maquis » de Ouagadougou, on se réfugie. Mais l’oppression n’est généralement pas un dictateur. Enfin ! Cela ne vaut pas pour certains « maquisards » qui se retrouvent dans ces « coins » pour fuir l’oppression de leur … femme à la maison ! Ils sont généralement nombreux !

Mais pas les seuls. Il y a aussi ceux-là qui se réfugient dans les « maquis » pour fuir leurs soucis. Et Dieu sait que le Ouagalais en a, des soucis.

Maquis le facilitateur
Les « maquis » ont souvent de l’humour. Celui-là porte l’un des qualificatifs du chef d’Etat burkinabè ! A la différence qu’il facilite autre chose ! (Ph : zatibagnan)

A ceux-là, il faut ajouter les dragueurs et les dragueuses en quête d’âmes sœurs, tant pour le reste de la vie que pour le temps de se soulager … les poumons (les esprits droits, vous ne m’aurez pas !).

Enfin, on prend le « maquis » juste pour savourer une bouteille de bière bien transpirante. Et c’est la principale arme utilisée là-bas.

Il y a souvent des morts au « maquis » de Ouaga.

La plupart du temps,  ils sont saouls à mort, surpris par leur femme ou vidés du contenu de leur poche. Les seuls cadavres qui vont au cimetière sont les abonnés à la cirrhose du foie.

Voilà ! Maintenant, vous savez. Si vous venez à Ouaga et que vous ne prenez pas le « maquis », c’est que vous n’êtes certainement pas venus à Ouaga !

Zatibagnan

Depuis Ouaga


En savoir plus sur l’auteur

Je suis A. ZOURE.

Originaire du Burkina Faso, pays de Thomas Sankara.

AbdouJournaliste de profession, je suis un grand amateur de lettres et d’écriture.

Ce blog a deux objectifs :

– Raconter les choses de la vie quotidienne à Ouaga, les joies, les instants de tristesse, les situations de révolte et aussi celles de fierté.

– Vous donner à lire mes nouvelles, mes contes et mes romans, histoire qu’ils ne tiennent pas éternellement compagnie aux araignées de mon tiroir.

Je suis venu donner. En espérant recevoir. Car c’est ainsi, à mon avis, que l’humanité a résisté aux assauts du Temps.

A tout à l’heure donc !

Avec toute la chaleur humaine !

Abdou

Pour en  savoir plus, cliquez ici :

Bonjour depuis Ouaga !


Il fabrique des chaises avec des pièces de motos

J’ai été émerveillé par son génie créateur. Avec des pièces de moto usagers, il a réussi à fabriquer des chaises confortables et esthétiques.

Voilà une chaise pas comme les autres ! (Ph : Zatibagnan)
Voilà une chaise pas comme les autres ! (Ph : Zatibagnan)

Son nom, c’est Issaka Tarbagdo et il habite à Ouagadougou. Son travail, c’est artisan. Mais il refuse cette appellation.

« Je suis artiste », m’a-t-il dit. Et les objets qu’il expose au bord de l’Echangeur de l’Est de Ouagadougou (dans le quartier Wayalguin), il les nomme « mes créations ».

Ce sont des œuvres d’art, pour lui. Et il n’a pas tort, même si ces objets sont plutôt utilitaires.

Mais il faut voir les matériaux utilisés pour les confectionner pour être plus émerveillé.

 

Veuillez entrer dans mon salon ! (Zatibagnan)
Veuillez entrer dans mon salon ! (Ph : Zatibagnan)

Prenons cette chaise, qui mérite de figurer derrière le bureau d’un grand directeur général. Il lui  a fallu deux pneus, des amortisseurs de motos, des fourches  de mobylette et un moyeu de roue.

Avec ensuite un savant assemblage, il a soudé l’ensemble pour donner un objet fini confortable aux fesses (sans vouloir vous offenser !) et au dos et présentable à la vue.

D’autres objets sont fabriqués avec le même procédé : des guéridons, des tables, un salon complet.

Mais ce qui m’a surtout plu, c’est ce vélo d’appartement fait à partir de la charpente d’une bicyclette dégantée et immobilisée ! Comme quoi, on peut mener une vie de bourgeois (pour nous à Ouaga, faire du vélo dans une salle, c’est qu’on n’a plus de problèmes pour joindre les deux bouts) !

Vélo d'appartement
Tarbagdo sur son vélo d’appartement (Ph : Zatibagnan)

Ce qui manque à notre artiste de l’Echangeur de l’Est, c’est un atelier. J’espère qu’il l’aura. A condition qu’on paye ses objets sui generis et que le ministère de la Culture y jette un coup d’œil !

Zatibagnan

Depuis Ouaga


Thomas Sankara : 26 ans et une tombe

Le 15 octobre de chaque année, des Burkinabè, accompagnés par des habitants de la planète Terre, se rappellent à leur mémoire le décès du cinquième président du Burkina Faso, Thomas Sankara. On se recueille alors sur sa tombe, située dans un cimetière de la ville de Ouagadougou. Mais les étrangers qui effectuent le pèlerinage à Ouaga ont parfois les larmes aux yeux, à la vue de cette sépulture.

La tombe du président Thomas Sankara, le 12 octobre 2013 (Ph : Burkina 24)
La tombe du président Thomas Sankara, le 12 octobre 2013. Elle a été repeinte le 15 octobre 2013 (Ph : Burkina 24)

La tombe du Président  Thomas Sankara, l’homme de la Révolution burkinabè, présenté comme l’un des espoirs de l’indépendance réelle de l’Afrique (au même titre que Nkrumah), n’est pas des mieux soignées.

Placée dans un cimetière envahi par les ronces et les herbes folles, elle peine à prouver qu’elle abrite les restes d’un président de la République, élevé au rang de héros national. Sa stèle est en lambeaux (après le passage de deux profanateurs), pour ne citer qu’elle.

Affaire complexe

Plus d’un « pèlerins » s’est offusqué de cet état de fait. Mais ce n’est pas que les partisans burkinabè ne veulent pas donner une meilleure demeure à l’homme du « oser lutter, savoir vaincre« . L’affaire est plus complexe.

La veuve du défunt capitaine a en effet déposé une plainte en justice aux fins de savoir si réellement son époux était dans cette tombe. Car, la conviction est forte que le capitaine Thomas Sankara n’a pas été enterré au lieu indiqué.

En plus, comme l’indique Smockey, l’un des artistes engagés pour la cause de Thom’ Sank, « le gouvernement (burkinabè) fait tout pour nous rendre la tâche difficile« . Une tentative de réhabilitation de cette tombe, qu’il qualifie de « Monument », nécessite des autorisations.

Après le passage des profanateurs, une enquête a été ouverte et a abouti à la conclusion que c’était le fait d’un malade mental. Le Parquet a alors indiqué à ceux qui veulent réparer la tombe qu’il n’était « pas compétent » pour autoriser ces travaux.

Toutefois, l’espoir demeure. « On peut faire quelque chose, mais il faut le faire légalement, car le sujet est sensible« , indique l’artiste rappeur.

Zatibagnan

Avec Burkina 24

Depuis Ouaga


Zatibagnan et les sorcières mangeuses d’âmes : Deuxième épisode

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Le  buffle  ouvrit  largement  sa gueule :

– C’est  moi  la  maman  du  bébé ! T’a-t-il  dit  que  lorsqu’il  pleure  c’est  sa  tétée  il  demande ?

 La  créature  se  dressa sur  ses  pattes  arrières, dominant  Wanganhoba  qui  s’écroula, ferma  les  yeux  et  attendant  tout, sauf  le silence qui  suivit  sa  chute. Il  ouvrit  lentement  les  yeux : rien.

Quelque part à Ouaga (Ph : Depuis Ouaga)
Quelque part à Ouaga (Ph : Depuis Ouaga)

Sauf  les  buissons, le  soleil  et  le  chant  des  oiseaux.

– Qu’est-ce  qui m’arrive ? Pourtant  j’ai bien  mangé  ce  matin ! Et  ce  bébé, qui  est  sa  mère ?
 
– Stupide  gros  rhinocéros ! Tu ne  vois  pas que  ma  mère  ne  veut  plus  me  voir ?

Wanganhoba  se  retourna, s’attendant  à  voir  encore    une  créature incroyable. Mais  encore  rien. C’est  incompréhensible. Pourtant  la  voix  venait  de  derrière  lui.

C’est  à  ce  moment  que  ses  yeux  retombèrent  sur  le bébé. Et là, son  cœur  fit un  bond prodigieux  dans  sa  poitrine : sur  la  tête  du  bébé, de chaque côté, des  cornes !

Wanganhoba  recula instinctivement, les  yeux  fixés  sur le  bébé diabolique.  Il  trébucha  sur  une  pierre  et  le  voilà  encore à  terre. Lorsqu’il  se  releva, prêt à  courir, le  bébé  se  mit  à pleurer  et … ses  cornes  avaient  disparu.

La perplexité de Wanganhoba gagna des kilogrammes. Mais  il  n’avait  pourtant  pas  rêvé. Quelqu’un  avait  parlé  et  ce  bébé  avait  à  l’instant  des  cornes. Il  secoua  la  tête  et se  frotta  les  yeux.

Ou alors  quelqu’un  cherchait à  lui jouer  des  tours. Il  pensa  soudain à  la fille qu’il  venait  retrouver : elle  aimait  faire  des  farces.

– Worokia ! Tu  es  là, je suis  sûr ! Sors  de ta  cachette  et  arrête  tes  plaisanteries. Viens  plutôt  m’aider. J’ai  un petit problème,  chérie !

 – Hippopotame ridicule, tu  crois  vraiment  qu’une  fille  aussi  belle  va  s’intéresser  à  toi ?

Cette  fois-ci, Wanganhoba  était  sûr. La  voix  venait  juste  de  derrière  lui. Et  c’est  la  voix  de  Worokia. Il  se retourna, s’apprêtant  à  lui dire  ses  vérités  sur  ce  qu’il  pensait  de  ses  farces.

Mais  son  cœur  faillit fuir  de  sa  poitrine  et  décoller  vers la  lune : le  bébé  était  debout  sur  ses  jambes  et  souriait largement, dévoilant  une  rangée  impeccable de  dents.

La suite est à suivre la semaine prochaine !


La « bonne » était une gangster

Rakonré était un célibataire endurci. Il se méfiait des femmes. Sa philosophie était simple. On trouve dans le célibat tout ce qu’on peut trouver dans le mariage.

Sauf, faire  des courses à vous user  les souliers, la rate et la poche pour les fiançailles et ce foutu mariage. Sauf ces beaux-parents, pas du tout beaux,  à nourrir.

Sauf  ces regards bizarres et matinaux pour le nansongo. Et sauf surtout ces maisons saccagées et pillées lors des quasi inévitables divorces. Rakonré avait du mal à admettre qu’une bonne dame rafle comme un cyclone cupide tout ce qu’il avait mis tant de temps et de râles à acquérir.

(Ph : canaille-le-rouge.over-blog.com)
(Ph : canaille-le-rouge.over-blog.com)

Donc, vive le célibat !

Il peut draguer autant de femmes qu’il veut. Rentrer à l’heure qu’il veut sans buter sur de drôles de bouches allongées. Pas de  bruit d’enfants impolis pour vous interrompre une sieste.

Mais  Rakonré avait  des enfants. Grand manager, il avait réussi à avoir au moins un garnement dans les bras d’une bonne dame à chaque recoin de la ville. Donc, père de famille mais célibataire.

Rakonré vivait ainsi seul dans sa maison.

Mais voilà qu’il obtient une promotion dans son entreprise. Son travail lui prit beaucoup plus de temps. Sa maison, faute d’entretien, devint alors comme une salle de danse pour ânes, porcs et vautours.

L’idée d’une épouse le rebutant, il dut prendre une bonne.

C’est là qu’intervient Pougwenga, une jeune fille qui dit atterrir du village, calme, timide, pudique, empruntée : la fille naïve et broussarde par excellence. Elle travailla comme une machine.

La maison de Rakonré brillait. Et celui-ci décida de mettre définitivement sur sa pièce d’identité : célibataire indécrottable.  Et les jours s’écoulèrent pour devenir deux mois.

Le troisième mois, Rakonré ne trouva personne pour lui ouvrir le portail. Aucune poule ne l’accueillit non plus à la porte de sa maison. Dès qu’il y entra, ses yeux virent des étoiles et la lune devant la clarté et le vide de son salon.

Ce dernier était impeccable. Mais aussi nu que le derrière de l’ancêtre Adam le jour où il débarqua sur terre.

Les chambres, la cuisine, les douches, les W.C : propres et sans meubles. Il demanda aux voisins qui répondirent :

– C’est votre femme qui les a ramassés. Elle a dit que vous déménagiez.
– Quelle femme ?
– Pougwenga. Elle a montré sa bague de mariage aux voisines. Vous vous êtes mariés en France, n’est-ce pas ? Walaï ! Votre femme a de l’allure dè ! Avec ses bazin et tout et tout ! Mais pourquoi nous demandez-vous tout ça ?
 

Rakonré n’écoutait plus. Ses dents  grinçaient   :

– Je vais la tuer…Cette gangster… Je vais la tuer…
 

Comme quoi, aucune situation n’est sans inconvénient.

Warpaga


Football, guerre « light »

Le sport est beau. Le football est magnifique. Il a le don d’unir. Mais parfois, il peut s’avérer un dangereux  diviseur. Pour preuve, le match Burkina#Algérie, comptant pour les barrages au Mondial 2014, a livré de ces spectacles qu’on n’aime vraiment pas voir.

Le Stade du 4-Août, le 12 octobre 2013 (Ph: Burkina 24)
Le Stade du 4-Août, le 12 octobre 2013 (Ph: Burkina 24)

Samedi 12 octobre 2013. Au Stade du 4-Août, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, les Etalons accueillent les Fennecs d’Algérie. Les supporters burkinabè accueillent également 1 500 supporters algériens. En principe, les différents hourras des deux camps devraient être lancés dans la bonne humeur et la tolérance de l’autre.

Mais que nenni ! Des supporters  des deux camps se sont lancés des projectiles, au lieu d’utiliser cette énergie pour haranguer leurs joueurs respectifs.

Sur les réseaux sociaux (à la fin du match, le Burkina a battu l’Algérie 3-2), les choses ont dégénéré.

Accusant un arbitrage qui était en leur défaveur, des supporters algériens se sont carrément déchaîné sur la page Facebook de certains médias contre leurs adversaires, utilisant des mots qui passeraient difficilement, même dans une salace plaisanterie entre vieux potes, et flirtant dangereusement avec les épines du racisme.

Enfin, cette image insolite passée sur une télé burkinabè, accusant une télévision algérienne d’avoir retransmis le match « en toute illégalité ».

Les faits sont là et mettent un peu mal à l’aise quand on se rend compte que finalement, ces hommes et ces femmes ne se tiraillent que pour un jeu. Il est vrai que le football est devenu de nos jours si mercantile qu’il en perd de son attractivité artistique.

Mais il y a assez de causes de guerres meurtrières inutiles dans ce monde pour qu’on rajoute le football.

Ce sport est une façon édulcorée de faire la guerre entre différents pays (bannières, drapeaux, équipes qui ressemblent tant à des militaires).

Il serait bien qu’il reste tel qu’il est : une guerre « light« . 

Zatibagnan

Depuis Ouaga


Mondial 2014 : Allah a chaud !

Le 12 octobre prochain, le Burkina rencontre l’Algérie pour jouer au ballon à Ouaga, au Stade du 4-Août, histoire de savoir qui ira au Brésil jouer la Coupe du Monde 2014. Un tour sur Facebook et les médias en ligne montre que le Tout-Puissant Allah aura (ou a déjà) fort à faire !

C'est là, au Stade du 4-Août à Ouaga, que Allah donnera son verdict le 12 octobre prochain (Ph : www.maracanafoot.com )
C’est là, au Stade du 4-Août à Ouaga, que Allah donnera son verdict le 12 octobre prochain (Ph : www.maracanafoot.com )

Que ce soit sur les sites algériens ou burkinabè, le mot de passe est le même : « Inch’Allah (dans toutes les orthographes possibles, NDLR), on va gagner !«

Parce qu’en effet, si chacun des deux camps de supporters croit dur comme gésier d’autruche en acier que son équipe a toutes les qualités techniques, physiques (continuez) pour battre à plate couture et recto-verso son adversaire, tout le monde termine sa tirade pleine de conviction par, « S’il plaît à Dieu », « à condition qu’on prie », « si Dieu est derrière nous », etc.

Bon, il est vrai que tous ne comptent pas forcément sur le Trés-Haut (certains de mes compatriotes burkinabè croient en la force des ancêtres).

Malgré cela, je trouve que le Créateur aura fort à faire avec toute cette pluie de demandes, de souhaits, de prières, de suppliques qui tombe sur son Palais.

Mais comme d’habitude, il y aura toujours un épilogue : « les voies du Seigneur sont impénétrables ». Et … gare aux entraîneurs et joueurs incompétents qui n’auront pas su se munir des bonnes torches !!!

Zatibagnan

Depuis Ouaga