Babeth

Bienvenue à Mossikro, quartier des enterrés vivants

Mossikro: Après les éboulements Crédit B.B.
Mossikro après les éboulements. Crédit photos: B.B.

« Mieux vaut prévenir que guérir ! » Ce sage dicton, sorti de l’esprit éclairé de ne je sais quel penseur (n’hésitez à me donner son nom les gars), résonne fréquemment en Côte d’Ivoire. Et de temps à autre, les champions confortablement installés dans leurs fauteuils ministériels, l’arbore sur leurs lèvres spécialement ointes et dédiées à la louange des œuvres, bonnes ou mauvaises, de Sa Majesté Ouattara premier, distributeur automatique de milliards et bâtisseur infatigable selon son grand frère Bédié, président du PDCI-RDA, histoire de nous faire croire qu’ils sont proactifs. Et pourtant…

Comme l’année dernière, les pluies diluviennes ont encore frappé et fait 16 morts. Et comme l’année dernière, l’Etat arrive après les enterrés vivants des quartiers précaires…

Les mêmes causes produisent les mêmes effets

Dans la nuit du 20 au 21 juin dernier, quatre personnes avaient trouvé la mort dans le quartier de Mossikro, sis dans la commune d’Attécoubé, après les éboulements provoqués par la pluie qui s’était abattue sur la ville d’Abidjan. Ce quartier faut-il le rappeler est coutumier de ce genre de drames. Et bien entendu, l’immense Mamadou Sanogo, ministre de la Construction du Logement et de l’Urbanisme, s’y est précipité pour le traditionnel « Yako » avec enveloppe à l’appui et de sages conseils en prime.

Je n’y avais jamais mis les pieds auparavant. Mais comme je ne laisse pas affaire, j’ai profité du fait que mon boss y avait un reportage, pour découvrir ce fameux quartier qui alimente fréquemment l’actualité en saison pluvieuse. Dès notre arrivée, nous sommes accueillis par un « Caméra encore ! », résultante du ras-le-bol des riverains qui depuis les éboulements attirent comme des mouches, tous les curieux et sont sous le feu des projecteurs.

Ne leur en déplaise, nous resterons quand même faire notre travail enfin…

Mon constat au vu des images et des témoignages, fut que les responsabilités de ces tragédies sont imputables aussi bien aux habitants de ces quartiers précaires qu’à l’Etat qui fait preuve en la matière d’une totale léthargie.

Des riverains parfois obstinés

Lorsque de tels drames surviennent, on a tôt fait de jeter la pierre au gouvernement qui n’a pas déguerpi ces zones à risques occasionnant de telles tragédies.

Malheureusement il faut bien l’avouer, déguerpir les habitants (des Burkinabè et des Maliens en majorité) de ces zones n’est pas chose aisée. Un agent de la mairie d’Attécoubé, vivant lui-même dans le quartier de Mossikro, me confiait ceci : « Lorsque nous mettons « à démolir » sur leurs maisons ou même lorsque nous essayons de les sensibiliser, ils disent que c’est nous qui allons les dénoncer. Lorsque l’on marque « à détruire » sur leur maison, ils effacent la marque. Même lorsqu’on casse, ils viennent reconstruire pour habiter encore. »

Son témoignage est corroboré par Touré un autre riverain visiblement désolée de ces décès. « Ce sont des amis qu’on a perdus comme ça, malheureusement. Mais quand on dit de quitter ils ne veulent pas ».

Salimata S. habitant également le quartier nous raconte: « Il y a eu trois morts et un blessé chez nous ici. C’est vrai qu’on nous a demandé de partir d’ici. La maison où il y a eu des morts avait déjà été cassée par la mairie. Nous-mêmes on s’est mobilisé pour faire sortir tous ceux qui habitent dans les lieux dangereux. Mais puisque cette cour est fermée, on ne savait pas qu’il y avait des gens dedans. Dans le quartier en tout cas, on ne savait pas. c’est hier qu’on a su qu’il y avait des gens… On était obligé de sortir et taper la porte de chacun pour venir enlever les corps. Je suis très choquée parce que ce sont mes amies. On vendait toutes les trois au marché ensemble. »

Pourquoi quitter un quartier dont le loyer est si bas, un quartier dans lequel l’on peut se bâtir un toit sur une colline en attendant des éboulements sans débourser un rond ? Car l’argent est bien le principal argument évoqué pour demeurer dans cette situation plus que dangereuse.

Un Etat qui commence, puis oublie

Outre la témérité des riverains, qui délibérément mettent leur vie en danger, ces drames sont également imputables à l’Etat dont l’empressement lorsqu’il s’agit de prendre ses responsabilités, est d’une lenteur incroyable.

Les déguerpissements spectaculaires qui sont effectués sous les objectifs de la grande « RTI » (télévision d’Etat à ne pas confondre avec télévision publique) ne vont jamais au-delà du spectacle. Puis vient le soleil comme maintenant, et toutes les mesures vigoureuses annoncées sont oubliées. Chacun retourne à son quotidien, et vaque à ses occupations jusqu’aux prochaines pluies et… prochains drames…

Koné Saibou représentant la chefferie de Mossikro, lors de ma visite, a d’ailleurs regretté que l’Etat n’ait pas poursuivi l’œuvre de déguerpissement entamée l’année dernière.

Mamadou Sanogo, ministre de la Construction du Logement et de l’Assainissement, depuis Mossikro où il est allé présenter les condoléances aux parents et amis des victimes, toujours sous les caméras vigilantes de la RTI1 a affirmé :

 « Partout où ces accidents et pertes en vies humaines sont arrivés, les populations résident au flan des collines. Et sur ces collines,  nous avons noté qu’il y a des mottes de terre chargées d’eau qui viennent, à une grande vitesse, casser les murs et ensevelir les populations qui se trouvent à ces endroits… » Puis d’exhorter les habitants à partir de ces endroits. « Nous vous demandons pardon, partez de ces endroits. Rien ne vaut la vie de vos enfants ces personnes louent ces maisons, 30 000 FCFA le mois. Et nous avons aussi remarqué que les intrants qui ont servi à construire ces maisons sont les mêmes que vous trouvez dans les quartiers dits huppés. Le gouvernement vient de développer une solution durable qu’on appelle les LEM, lotissements à équipement modérés. Ces plateformes existent dans tous les quartiers désormais ; donc il vous est possible de venir au Ceffal vous enregistrer et quitter ces endroits-là. Car les maisons que vous louez à 30 000 francs il vous est possible de les louer à 20 000 francs… » Et ces gens-là ne savaient pas ça ? Merci pour le tuyau !

Lotissements à équipement modérés, coup de com ?

Ces lotissements sociaux parlons-en ! Le ministre encourage les populations à se tourner vers les logements sociaux dont la location serait accessible au prix de 20 000 FCFA. Mais pourquoi le relogement de ces déguerpis ne se ferait pas simultanément puis que visiblement c’est la solution idoine et surtout une solution durable comme le soutien le ministre ?

Le fait est que la construction de ces fameux lotissements inaugurés fraîchement (le 14 mai dernier) par le premier ministre Kablan Duncan (qui prévoit d’ailleurs de s’en servir pour diminuer l’énorme dette qui pèse sur la tête de notre pays) est encore à l’état embryonnaire. Selon l’immense Mamadou Sanogo, « Sur un potentiel de 1561 plateformes du projet pilote, nous avons pu réaliser à ce jour 521 et 60 logements témoins dont 15 logements sur chacun des quatre sites pilotes ».

J’ai en bonne Kpakpato approché le Ceffal afin d’être éclairée et connaître le nombre exact de logements disponibles. Mon interlocuteur à qui je me présente comme journaliste me répond :

– Vous cherchez scoop? Ce que le ministre a dit là, c’est clair. Et le ministre n’a pas dit que les maisons seront louées à 20 000 F CFA; Il a demandé à ceux qui construisent les maisons dans ces zones à risques de venir prendre part au projet. Il n’ y a pas de scoop ici ma chérie. Viens au Ceffal toi et moi on va bien parler… Scoop hein ? C’est pas parler mal ça ? Donc je suis bouchée ? Heureusement que ses propos sont passés au JT du 22 juin dont la vidéo est inaccessible ces temps-ci. Elle est bloquée par l’utilisateur qui l’a mise en ligne…

– Excusez-moi monsieur mais le ministre l’a dit! En plus c’est passé au JT… ai-je répondu.

– Vois ne pouvez pas vous baser sur ces quelques mots au JT pour dire que le ministre a dit ça. En plus ces maisons ne sont que des maisons témoins. L’Etat n’ayant pas les moyens de les construire le fera avec l’appui des promoteurs.

En gros les maisons où les habitants de ces zones à risques on été publiquement priés de souscrire, afin de quitter ces quartiers précaires, ces maisons que l’on peut louer à 20 000 F CFA ne sont pas vraiment disponibles ?

En tout état de cause le ministre en plus de la traditionnelle enveloppe de « Yako » a promis qu’après la saison des pluies le quartier sera bel et bien rasé… Encore ?

J’espère bien que cette fois, c’est pour de vrai…

Allez Shalom les amis !


De l’appel de Daoukro à l’appel de La Haye…

Congrès RHDP crédit photo Imatin.net
Congrès RHDP crédit photo Imatin.net

Ma Côte d’Ivoire à moi, est une terre de perpétuels rebondissements. Les amoureux de la politique ne s’ennuient jamais bien longtemps, car il y a toujours de quoi se mettre sous la dent! En cette année électorale, les retournements de situations sont encore plus impressionnants. Les politiques se livrent à des séances privilégiées de partouzes politiciennes qui m’émerveillent. Des plans à trois, à quatre et même à cinq ! Aïe aïe aïe les partouzes moi… Bref!

Tenez ! Déjà en 2014, le jeune Bédié, président du PDCI-RDA, après avoir fait languir pendant des mois les observateurs de la vie politique ivoirienne, faisait une entourloupette aux membres de son parti en lançant son désormais célèbre « appel de Daoukro ». Ce jour-là, devant toute la nation réunie comme il s’est plu à le signifier, il faisait, en totale violation des résolutions du congrès de son parti (qui exigeait un candidat issu de leurs rangs aux prochaines présidentielles), la promesse solennelle à Alassane Ouattara de faire de lui inc et nuc, le candidat du PDCI et par ricochet celui du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui forme la coalition au pouvoir. Et il l’a fait !
Les cris de protestation et les grincements de dents provoqués par cet appel n’avaient rien changé à ses plans. Bien au contraire…

Les prédicateurs de la candidature unique sur le terrain
Nos ministres qui jouissent et se réjouissent à la tête de leurs ministères respectifs, ont sérieusement mouillé le costume pour convaincre les militants du PDCI, que cet appel était non seulement indispensable à la cohésion sociale, mais aussi la preuve vivante que Bédié est un homme de paix. Tiens donc ! En quoi violer effrontément les résolutions du congrès de votre parti fait de vous un homme de paix ? Le pays ne saurait tenir debout que si le PDCI-RDA, le plus vieux parti de Côte d’Ivoire, se retranche timidement derrière le RDR parti du président Alassane Ouattara?
Tels des prédicateurs de la bonne nouvelle, nos immenses ministres, réunis au sein de missions spéciales ont sillonné le pays, rivalisant d’arguments destinés à faire avaler sans modération aucune les bienfaits de l’investiture d’Alassane Ouattara en qualité de candidat unique du RHDP. Certains n’hésitant pas à empiéter sur leurs heures de travail pour le bien de la cause ; d’autres optant carrément pour des heures supplémentaires, en apportant volontairement sur l’autel du sacrifice leur précieux weekend.
Chaque mission, chaque visite officielle se transforment en plaidoyer en faveur de l’appel de Daoukro pour ces laudateurs qui ne se lassent point de vanter la sagacité de Henri Konan Bédié et les miracles accomplis par le président de la République.

Un ministre honore-t-il de sa majestueuse présence une cérémonie dans une localité ou commune quelconque ? Bam ! Il trouvera une lucarne pour venter la sagesse dont fit preuve le jeune Bédié, artisan infatigable de la paix en terre d’Ivoire en soutenant la candidature du président Ouattara. Une tribune est-elle offerte à un autre sur une question précise ? Paf ! Il fera une petite digression, histoire de faire comprendre aux uns et aux autres qu’en dignes suiveurs, ils devraient faire leur, cet appel qui a suscité le courroux de certains cadres, qui se sont désolidarisés du RHDP afin de présenter leur candidature aux prochaines échéances électorales.
Désormais baptisés « les irréductibles » et méprisés par leur famille politique, ils ont changé les règles du jeu ! Une carte suffit : celle de Laurent Gbagbo…

He’s Back !
Eh oui! Ceux qui croyaient que l’intrépide Gbagbo disparaîtrait du paysage politique ivoirien après la déconvenue essuyée à la bataille d’Abidjan suite à la présidentielle de 2010 et son transfèrement en catimini à La Haye, peuvent toujours rêver ! Car plus que jamais, l’ombre du prince de Mama, plane sur la future élection présidentielle. Il suffirait qu’il dise un mot relativement à cette élection pour que bien des calculs tombent à l’eau.
Il est non seulement au centre de la guerre sans merci que se livrent Affi N’Guessan et Aboudramane Sangaré pour le contrôle du Front populaire ivoirien (FPI), mais joue malgré lui, les trouble-fêtes dans les débats opposants les « irréductibles » au jeune Bédié…

Au centre de toutes les batailles au sein du FPI…
Si l’on s’en tient à la dernière élection, le FPI est le parti majoritaire en Côte d’Ivoire. La preuve en est qu’en dépit de l’alliance des houphouëtistes (RHDP), qui regroupe en son sein cinq formations politiques (le PDCI, le RDR, l’UDPCI, l’UDCI et le MFA), les frontistes ont réalisé un score plus qu’honorable à la présidentielle de 2010 qui fait d’eux, le premier parti d’opposition en terre d’Eburnie (45, 90 % des suffrages exprimés) ; environ 2 000 000 d’électeurs, qui quoi qu’on dise, pèseront lourd lors des prochaines échéances électorales. L’ayant bien compris, les uns et les autres cherchent le meilleur moyen de s’accaparer ces voix.
Les conflits au sein du parti d’opposition désormais bicéphale en raison des deux présidents qui le dirigent, font bien entendu le jeu du pouvoir qui attise la flamme des guéguerres en soutenant ouvertement Affi N’Guessan, président contesté et non désiré du parti fondé par l’intrépide Gbagbo.
Chacune de ses préoccupations est traitée avec attention par le royaume. En décembre 2014, le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko montait au créneau pour défendre ses droits, suite à l’annulation du congrès du FPI. « J’appelle au respect de cette décision de justice et prévient contre toute tentative de trouble à l’ordre public, les contrevenants subiront la rigueur de la loi». Avait-il déclaré en substance.
Le 10 mars dernier, Monsieur Koné Bruno ministre des TIC et porte-parole du gouvernement, qui déclarait qu’en dépit du comité central nocturne qui l’avait suspendu, seul Affi, était reconnu comme interlocuteur du gouvernement pour le compte du FPI. « Les personnes qui aujourd’hui sont autorisées à s’exprimer au nom de ce parti, c’est en l’occurrence comme président M. Affi N’Guessan. Le jour où cela va changer, conformément au statut de ce parti et aux lois ivoiriennes, nous aurons un interlocuteur et la personne nous sera désignée (…) Tant que cela ne change pas, l’interlocuteur du gouvernement est celui désigné conformément au texte du FPI (…) on serait en faute d’aller discuter avec des personnes qui ne sont pas habilitées officiellement à représenter ».

Il en a de la chance Affi ! Anaky Kobenan président du MFA démis dans des conditions similaires par son parti, avec la bénédiction de ses alliés d’hier (RHDP), n’a pas eu la même fortune ! Jamais citoyen n’aura été autant soutenu. La RTI qui ne couvre que très rarement les activités de l’opposition ivoirienne, diffuse les siennes au journal de 20h. Euye !
Même les tribunaux dont la lenteur est légendaire, sont miraculeusement diligents et font exception à leur mythique lourdeur lorsqu’il s’agit de connaitre d’un litige dans lequel il est parti. Il faut dire que ces derniers temps, le camarade Affi, multiplie les actions en justice contre ses « amis » qui eux, crient à la persécution.
La Cour, lors des assises de la crise post-électorale, a même fait preuve d’une magnanimité à fait pâlir de jalousie Simone Gbagbo, en se gardant par le biais d’une condamnation avec sursis, d’entacher son casier judiciaire d’une vilaine affaire de trouble à l’ordre public.

L’objet de toutes les convoitises dans le camp adverse !
Mais il n’y a pas que les cadres du Front populaire ivoirien et le gouvernement qui veulent « contrôler » le FPI. Un autre groupe s’invite dans les débats. Ce sont les « irréductibles » du PDCI, qui depuis l’appel de Daoukro, ont mené une vaine offensive contre l’investiture de Sa Majesté Ouattara premier comme candidat du parti de feu Felix Houphouët Boigny.
Laurent Gbagbo, tel une vierge, une jeune et belle gazelle dont les dignitaires du royaume voudraient savourer en premier les délices, est courtisé, adulé, louangé. Ils veulent donner la migraine à mon président ADO ou quoi ?
Le député de Port-Bouet Kouadio, Konan Bertin dit KKB, fut le premier à brandi le joker Gbagbo. Il capitalise deux visites à La Haye. Une première fois en octobre 2014 peu après que le célèbre pensionnaire de La Haye ait perdu sa mère. Embrassade et accolade avaient meublé ces retrouvailles « familiales » selon les dires du visiteur.
Charles Konan Bany ne s’est pas gêné pour lui emboîter le pas à la prison de Scheveningenen accusant le président Ouattara de lui avoir défendu de rendre visite à l’intrépide Gbagbo pendant son mandat de réconciliateur. Essy Amara selon les indiscrétions devrait s’y rendre également. Qui avait dit que la politique c’est la saine appréciation des réalités du moment ? C’est bien vrai !

La politique a des subtilités que le profane ne maîtrisera jamais. Les alliances se font et se défont. Nous ne doutons point que grâce à sa popularité encore intacte en Côte d’Ivoire, cet homme jouera un rôle capital dans les prochaines échéances électorales.
Vu toutes ces agitations, de l’appel de Daoukro à l’appel de La Haye, c’est sûr, il n’y’a qu’un pas ! En tout cas, moi électrice, je suis scotchée par toutes ces stratégies ! Ma voix vous tend les bras Messieurs !
Allez Shalom !

PS : Certes je me fais rare, mais je vous aime toujours autant ! En plus je vous prépare une série d’interviews imaginaires qui devraient vous faire plaisir… Enfin… J’espère… Affaire à suivre !


Enlèvements d’enfants, l’Etat s’indigne

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Ces jours-ci, la quiétude et la sérénité des Ivoiriens sont troublées par les rapts d’enfants. De quoi mettre à mal les ambitions de climat apaisé nourries par le président de la République. La dernière fois que le pays a connu une telle psychose, les rumeurs de disparitions de sexes faisaient grand bruit !

En une salutation, un simple frôlement d’épaule, vous pouviez dire adieu à vos parties génitales. Les hommes ne pouvaient serrer une main ou recevoir une tape amicale sur l’épaule, sans tripoter leurs bijoux de famille pour s’assurer que ceux-ci ne s’étaient pas fait mystiquement la malle ! Même l’Ebola, épidémie hautement mortelle, n’a pas suscité une telle vigilance ! Officiellement, le nombre d’enfants portés disparus s’élève à 25. C’est du moins le chiffre communiqué par les autorités. Je n’ose même pas imaginer ce qui arrive aux gamins des rues, dont les parents ont malheureusement démissionné et qui sont livrés à eux-mêmes, sans personne pour assurer leur sécurité.
Ces enlèvements ont donné droit aux Ivoiriens à des sorties médiatiques qui m’ont extirpée de mon profond sommeil…

Déclaration de guerre partout !

Kandia Camara, ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement technique, a crié son exaspération. « Ils tuent, séquestrent, mutilent, enlèvent nos enfants, je considère cela comme une déclaration de guerre, les acteurs du système éducatif et moi, ne pouvons rester silencieux face à cette barbarie ». Je croyais qu’elle avait déjà déclaré la guerre aux enceinteurs d’élèves qui prospèrent sereinement dans nos établissements publics. Hamed Bakayoko, ministre de l’Intérieur, après une condamnation « avec la plus ferme énergie » de la première dame et un appel « à la réactivité et au pragmatisme » des départements ministériels concernés, annonce un commando de 1 500 soldats qui ira « patrouiller dans les lieux hautement criminogènes, tels que les écoles, les forêts ou encore les points d’eau ». Résultats ? 1 000 interpellations, 550 cybercafés non autorisés fermés et interdiction de rester ouvert après 21 h. J’ai failli rire hein… En quoi est-ce que la fermeture à 21 h des cybercafés résout-elle le problème des enlèvements ? Les gens naviguent tranquillement dans leurs salons.

Il aurait pu se limiter à ces mesures drastiques ! Mais non ! Il a décidé de s’indigner ! Je vous laisse savourer cette indignation : « Il y a des esprits malins qui veulent exploiter cette situation pour ternir l’image du pays en faisant une exagération, il y a des gens qui envoient des SMS. Tout cela pour paniquer (sic ) les gens parce que le pays va bien et il y a des gens qui sont jaloux. Quand il y a un petit malheur, ils veulent l’exploiter pour que le pays sombre, pour que l’image du pays soit ternie. Pour que notre moral soit bas. Ayez un moral haut, car on est un grand pays qui avance. Ne vous laissez pas ébranler par ce genre de choses… »

Jaloux du succès de la Côte d’Ivoire ? Jamais pareille incongruité n‘était encore parvenue à mes oreilles ! Pourtant, j’en ai entendu des belles ! Si cette crise n’était pas aussi grave, certains parents n’auraient pas pris la décision radicale de sortir carrément leurs enfants des classes et les garder chez eux, jusqu’à ce que le climat soit plus apaisé. Les gens ne se regarderaient pas en chiens de faïence. Des innocents ne se feraient pas lyncher gratuitement.
On ne peut plus administrer une purge (hum ! traitement d’Africain aussi oh !!!!) à sa nièce en paix ou aider un gosse à traverser la route sans être suspecté de vouloir l’étriper et lui arracher les organes.

Paranoïa me direz vous ? Comment ne pas y sombrer lorsque devant un tel drame, la rumeur devient la principale source d’information ? Chacun y va de ses spéculations sur les causes réelles de ces kidnappings. Certains soutiennent qu’il s’agit de crimes rituels orchestrés dans l’ombre par les « brouteurs » pour faire marcher leur business. D’autres indexent les hommes politiques qui le feraient en vue des prochaines échéances électorales. Un autre groupe avance la thèse du trafic d’organes (ce qui est plausible). On ne sait plus à quel saint se vouer.
Le président de la République a bouclé la boucle en accusant pratiquement les réseaux sociaux d’entretenir la paranoïa et d’exagérer la crise. A qui la faute ?

Laissez les gens s’indigner en paix !

Chaque fois qu’un drame survient en terre d’Eburnie, nos autorités se pressent lentement pour réagir. C’est très souvent, la clameur populaire qui les tire, à coup de pied aux fesses, de leur mutisme.
Ce fut le cas l’année dernière, avec l’affaire Awa Fadiga dont nous attendons toujours les résultats d’enquêtes. La bévue du service des urgences serait passée comme d’habitude inaperçue, si la victime n’avait pas été un mannequin et si les réseaux sociaux ne s’en étaient pas mêlés. Idem pour cette fameuse Madiara Ouattara, qui à l’anniversaire de l’accession du président de la République à la magistrature suprême, s’était immolée devant le château présidentiel, pendant que les ministres qui sévissent comme jamais au sommet de l’Etat s’étaient réunis.
Jamais l’on n’aurait cru qu’un tel évènement se produirait sur le sol ivoirien. Pourtant il eut lieu. Le gouvernement comme à son habitude a attendu que le peuple s’indigne et donne de la voix partout où il pouvait, pour pondre la déclaration selon laquelle, il respectait sa décision de s’immoler…
En principe, les premiers cas d’enlèvements auraient dû faire trembler la République; mobiliser le parquet et sortir immédiatement le procureur de la République de son bureau climatisé. C’est comme ça que ça se passe sous d’autres cieux !
Malheureusement, il a fallu attendre 21 victimes et une grogne populaire, pour que les ministres se réveillent subitement de leur sommeil et fassent leur défilé sur nos écrans de télévision pour déclarer la guerre à ce phénomène qui fait rage depuis quelques mois déjà.
Parler de jalousie, de récupération politique ou même indexer les réseaux sociaux, alors qu’on a laissé la situation s’envenimer me laisse quelque peu perplexe. Même si les gouvernants ont en horreur qu’on critique leur gestion des affaires, il faut que chacun imprime que nos nations ne sont pas dirigées par des extraterrestres ; mais bien par des hommes faillibles, comme n’importe lequel d’entre nous.
Les réseaux sociaux sont donc un formidable outil que ses animateurs que nous sommes ont le devoir d’utiliser avec un sens de la responsabilité et l’intérêt commun accrus. C’est affligeant de voir combien plusieurs, en résonance à leurs affiliations politiques respectives, ne peuvent (ou ne veulent) servir autre chose que la détestation et l’accusation de l’autre chaque fois qu’il y a lieu de se prononcer sur des évènements qui n’ont pas nécessairement de coloration politique.
La responsabilité de l’opposition et de la société civile est justement de dénoncer les failles du système par tous les moyens en leur possession. Surtout lorsqu’elles ne peuvent compter sur les médias traditionnels, englués dans la propagande gouvernementale.

Je ne vous apprends rien en vous rappelant que le président avec l’optimisme que nous lui connaissons a promis à ses concitoyens l’émergence en 2020.
Tous les membres de son gouvernement et l’ensemble de ses suiveurs chantent à l’unisson ce refrain. Les dozos, fusils de chasse accrochés à l’épaule, ont décidé qu’ils seraient à l’instar du pays, émergents en 2020. La vendeuse du marché assure à sa clientèle que ses légumes sont désormais émergents. Même la fille de joie qui fait du racolage et lance ses foulards, en toute impunité au II Plateaux Vallon, ne fait plus l’amour à ses clients de la même manière. Elle propose des parties de jambes en l’air émergentes !
C’est bien beau d’invoquer ce mot dans chaque discours, de l’ajouter à chaque thème de conférence. Cependant, les mentalités devraient commencer par évoluer et nos autorités devraient faire preuve de proactivité on aura ainsi fait un grand pas vers cette fameuse émergence si chère au cœur du président.

Shalom !

 


Police ivoirienne : non mais raccroche quoi !

Crédit photos AFP

C’était l’une de ces matinées pourries où incapable de me sortir du lit, je ferme pour la énième le clapet à mon foutu réveil, qui n’arrête pas de me gueuler dessus à travers ses « dring dring », pour me rappeler que je dois me bouger les fesses, prendre ma douche et vaquer à mes occupations. Le sommeil est si doux parfois, surtout lorsqu’il fait un peu froid et que t’es sous la couette… Oh Seigneur ! Que ne faut-il pas sacrifier pour gagner sa vie !

Je me décide malgré moi à me lever et là, je me rends compte que la note de ma paresse sera salée ! Parce que je suis à la bourre, je vais me battre pour avoir un taxi, me taper les embouteillages et le plus douloureux, payer le double du tarif normal, car c’est l’heure de la traite ! Nous sommes des vaches dont ils vont presser à l’envi les mamelles pour en extraire le lait! La loi de l’offre et de la demande ! L’avenir appartient vraiment à ceux qui se lèvent tôt !
Affalée sur le siège arrière du taxi, je marmonne discrètement tout le mal que je pense de ce chauffeur, qui s’il m’entendait, n’hésiterait pas à me jeter sur le bord de la route, pour embarquer dans son tacot un autre passager.
Les policières, sifflets à la bouche, chemises fourrées dans des pantalons près du corps, règlent la circulation. Agrémentant de leurs belles fesses rebondies la longue attente que nous imposent les bouchons. De quoi oublier leur amateurisme. Fantasme est mieux que mauvaise humeur…

Petit accrochage
Aux feux tricolores, il est fait injonction au chauffeur qui s’apprêtait à prendre un client, de ne même pas y penser. Il désobéit ! Il est averti illico par la policière qui héroïquement se dresse devant son taxi. On aurait dit Wonder-Woman !
– Ne m’oblige pas à te prendre tes pièces !
Il la regarde dans les yeux et lui crie :
– Tchrrrr tu as la chance qu’il ne fait pas nuit ! J’allais t’écraser ici et puis tu allais voir ! Imbécile là ! Puis il démarre en trombe. Hum ! Quel courage, quel cran !
Je rentre chez moi et dis à ma jumelle :
– vraiment on ne respecte plus les policiers.
Elle de répondre :
– ils t’ont dit qu’ils veulent être respectés? Hum !
En papotant avec mon frère, je lui fais la même remarque. Lui de me demander :

– ils font quoi pour se faire respecter ?

Deux jours après, ma belle-sœur, courroucée, pousse un coup de gueule sur Facebook.
« Hummmmmmm police ivoirienne ça fait pitié hein !!! Tu te fais cambrioler, pour venir faire le premier constat tu dois payer leur transport, unités ils vont prendre pour appeler leur collègue de la prétendue police scientifique, c’est toi qui va payer, même transport de ces derniers encore c’est toi qui paye, et après avoir bien sali le coin sous prétexte de chercher des empreintes, ils s’en vont en te réclamant le transport retour bien sûr. Cependant, il est bien affiché dans le commissariat que porter plainte est un droit gratuit. Cette gratuité-là dès ». Ça m’a achevée !

Lorsque la police inspirait le respect…
Dans ma jeunesse, j’avais une peur bleue de l’uniforme. Ces flics trimbalant leur bedaine pleine de vin et de tchapalo, inspiraient crainte, respect et … Confiance.
Surtout lorsque tu as vécu près d’une cité universitaire comme moi et que tu as souvent goûté aux gaz lacrymogènes, résultantes de crises répétées entre policiers et étudiants en cavale, suppliant pour entrer se réfugier chez toi. Quand tu as expérimenté la rudesse de la matraque, tu ne peux que respecter l’uniforme !
Oui, il fut une époque dans ce pays, où la police, bien qu’imparfaite, accordait de la valeur à sa tenue. C’était la police du vieux Félix Houphouët Boigny. L’homme après qui les héritiers ont installé le chaos politique dans le pays, sur fond d’enrichissement rapide pour les dirigeants et d’appauvrissement continu pour les populations désillusionnées. Mais on est encore derrière eux ! Ou bien ? Ivoirien, quand il a faim, c’est la politique qui le rassasie…

Désamour chronique
Bref ! Notre police à ce jour, inspire plus d’aversion que de sérénité. Et pour cause !
Comment voulez-vous respecter une police qui n’hésite pas à mettre une balle dans la tête d’un chauffeur de taxi, de « gbaka » pour de sombres histoires de racket ?
Comment respecter une police qui est passée maîtresse dans l’art de la ruse. En la matière les radars font fureur ! C’est un véritable guet-apens. Ils se mettent en mode camouflage dans la broussaille, comme des Vietnamiens guettant les Américains pour leur faire la peau ! On ne te prouve jamais que tu as dépassé la vitesse autorisée, mais ce qui est sûr, tu l’as fait ! Paye !
Les nouvelles mesures sont venues amplifier le phénomène. Interdiction de téléphoner au volant, interdiction de fumer dans les lieux publics ; les flics dont le treillis exsude le rançonnage, n’ont plus qu’à se frotter les doigts ! Encore de juteuses sommes qui atterriront directement dans la poche droite du treillis flambant neuf !
Le phénomène s’est amplifié avec la crise post-électorale ! Affligeant ! Les nouvelles recrues, communément appelées Frci, uniformes deux tons, sandalettes, français approximatif, aucune tenue, ni retenue en public. Assis dans les maquis en uniforme, mangeant du garba, buvant de la bière pour ensuite faire joujou avec la kalachnikov…
On t’arrête, te demande ta pièce puis on refuse de te la rendre parce qu’on veut te draguer ; on monte dans les taxis au lieu de payer le prix de la course, on te dit « merci bien ! » Ayi ??? Ça fait recette ça ?
Le passage du Kaki austère, à la « mal sape » d’après crise, puis aux tenues vestimentaires plus colorées et flamboyantes, n’aura en rien atténué ce sentiment. Le racket des transporteurs se poursuit dans l’indifférence générale. Il s’est même accentué avec son extension aux particuliers dans une attitude de semi-mendicité… Les Frci, sensibles au vœu pieu du ministre de l’Intérieur, rêvant d’ « une police qui ne martyrise pas les Ivoiriens… qui ne rackette pas les Ivoiriens », rackettent en gentleman : « Vieux père, voilà ton petit », « la vielle mère faut faire un geste… »

Assurez votre propre sécurité !
Le plus compliqué pour les populations, c’est le sentiment diffus d’être livré à soi-même en matière de sécurité. Lorsque vous appelez la police, les chances pour qu’elle vienne vous secourir à temps chez vous, sont quasi nulles.
Cette confiance en l’Etat défenseur s’amenuise au fil des jours et des événements tragiques. Une fille saute d’un taxi en marche et se blesse sérieusement parce que le conducteur prend une direction autre que celle qu’elle avait indiquée. Peur panique ? Psychose liée aux drames récents ? Ou légitime réaction de son instinct de survie ? La réponse semble se trouver dans le manque de confiance croissant dans les services publics de sécurité.
Dans les quartiers, aujourd’hui, ce sont les jeunes qui attrapent les voleurs. S’ils sont pleins de compassion, ils les emmènent au commissariat après une bonne bastonnade dans le cas contraire, ils les battent à mort.
La présence de militaires dans des opérations de police conforte chez les populations ce sentiment de précarité sécuritaire. Elles s’organisent par conséquent comme elles peuvent, en montant davantage les murs des clôtures d’habitations.
Les sociétés privées de gardiennage ont carrément décuplé. Les systèmes de télésurveillance fleurissent dans les services et les habitations. Que fera le pauvre qui n’a pas les moyens de s’offrir ces services ?
Nous ne demandons pas aux policiers d’avoir l’étoffe des marins d’Obama, ni d’être taillés comme Flagada Jones ! Juste de faire leur boulot et d’arrêter de nous traumatiser… C’est possible ?
Shalom !


Allah, le jeûne et le swagg

Crédit image: Wikimedia commons

Je m’étais jurée de laisser la sainte période du ramadan tranquille pour ne pas me faire foudroyer par le courroux de mes nombreux amis musulmans… Pire ! Subir la sainte colère d’Allah Dieu tout puissant ! A dire vrai, ça fait quand même la deuxième fois que j’écris sur le ramadan.

J’ai tenu longtemps ! Mais j’ai passé une journée tellement spirituelle mardi que tout compte fait, je me suis dit : « Ma chère, Allah tout puissant est témoin, il faut écrire parce que vraiment cette affaire-là est gravement grave. »

Le mardi dernier, je me préparais pour aller parader en ville en écoutant l’émission de RFI « Appels sur l’actualité ». Il y a un auditeur mauritanien vivant au Sénégal, très énervé qui criait au scandale, parce que selon ses dires, les femmes sénégalaises seraient inconscientes « en ce mois béni de ramadan » !

Tchié ! quel way matin là encore ?

Ces chères dames n’auraient changé en rien leur style vestimentaire, même en cette sainte période et resteraient accrochées à leurs tenues aguicheuses.

« Je suis à Dakar. Mais je vois que le comportement ne change pas par rapport à Nouakchott où vous voyez les gens s’habiller d’une manière telle, que vous vous dites bien que vous êtes dans le ramadan. Alors que le mois de ramadan, c’est le mois de bonus même. Vous vous dites que 11 mois vous avez fait n’importe quoi, vous avez fait beaucoup de choses qui ne sont pas en adéquation avec la religion musulmane…» Tout est dans son coup de gueule !

En résumé, le type a besoin d’être bien disposé spirituellement mais les déhanchements de pécheresses ambulantes, dont les tenues aguicheuses défient le dress code de ce mois hautement spirituel, le fatiguent.

Le mois de tous les excès

Le mois de ramadan est celui de tous les excès ! Excès du prix des denrées alimentaires (malheur aux pauvres), conséquence logique de l’excès du manger et du boire. Excès de mauvaise humeur résultante indéfectible de la tiraillante et persistante faim que ressent le jeûneur ou la jeûneuse.

Mais l’excès le plus criant est l’excès de spiritualité. Vous aurez compris que ce n’est pas tant l’ardeur spirituelle affichée que son adéquation avec l’état intérieur de ceux qui en font l’affichage qui pose problème. C’est l’occasion trouvée pour le « musulman de nom » de s’offrir un lifting du corps, de l’âme et de l’esprit ; un lifting spirituel quoi !

Les mèches brésiliennes 100 % « Human Hair », les leggings, les jupes courtes ou tailles hautes, assortis aux chemisiers transparents laissant apparaître les tétons ou le nouveau soutien-gorge griffé « Agent provocateur » ou « America Apparel », sont troqués pour les boubous et les voiles.

Quoi ? Mis à la poubelle ? Que nenni ! Ils sont bien conservés au chaud, le temps que « l’effet ramadan » s’estompe…

Ces messieurs, eux, consentent douloureusement à arborer enfin des tenues correctes, en maintenant dans leur pantalon (d’où ils n’auraient jamais dû sortir d’ailleurs) les griffes des caleçons « Ralph Lauren », « Paco Rabanne » ou même H&M pour ceux qui sont taillés à tous les niveaux, façon David Beckam (je n’en dirai pas plus, ramadan oblige !). Au moins, ceux qui n’ont pas de caleçon de marque pourront fayoter un peu aussi.

Quand tu dis « bonjour comment ça va ? », il répond « al hamdoulillah ! Tout va bien ma sœur ». Hmmm ! Aholé hein ! Parce que d’habitude ce n’est pas comme ça qu’il répond. Et si je me trompais pour m’attarder une minute de plus en sa présence, il verserait dans les longues salutations traditionnelles que lui-même aurait fuies en temps normal. J’en serais agacée, et mon visage métamorphosé. Ceci le vexerait, et me priverait par ricochet, de la bonne bouillie de mil qui assure mon goûter de l’après-midi. Ah ! ce jeûne qui nous fait tant de bien…

Même lorsque tu empruntes un taxi, tu constates que le chauffeur a échangé le « couper-décaler » et autres « crikatacrikata pan pan ! » pour des musiques et émissions spirituelles. Surtout que le transport en Côte d’Ivoire est majoritairement entre les mains de nos frères musulmans.

Ces politiciens qui surfent sur la vague

Dans tout ceci, les politiciens ne sont pas en reste ! Grands surfeurs devant le prophète, aucune vague n’est trop haute pour eux, encore moins celle du ramadan. Aussi, sortent-ils leurs planches et surfent-ils politiquement sur le carême. Qui sait ? C’est le moment ou jamais ! Le vote en dépend ! Allah même les comprend…

Les « community manager », nouvelle profession en vogue,  rivalisent d’ingéniosité et de stratagèmes pour faire exploser la côte du boss.

Phase 1 :

Chacun trouve une mosquée dans le quartier le plus précaire de la ville où il peut aller faire du bien au nom de Dieu, le père tout puissant.

Une fois les coins stratégiques ciblés, vroum ! On y met le cap ! Mais il n’est pas bête hein ! Il a pris le soin d’embarquer dans son 4×4 quelques journalistes et blogueurs prêts à vendre leurs plumes pour les per diem.

Phase 2 :

Sapé dans son boubou sobre mais non moins raffiné, chapelet en main, il vient dire aux populations par cette tenue : « Je suis l’un des vôtres » ! Je compatis à votre pauvreté en vous épargnant l’infarctus que pourrait vous causer l’effroyable vision de mes tissus Bazin, 100 % coton, importés du Mali ». Vous avez dit swagg ?

Pour la prière, il se rend dans un coin perdu de la capitale ou l’organise carrément à son domicile, et fait semblant de réciter les sourates alors qu’il n’est pas dans ses habitudes de fréquenter les mosquées. A la sortie, il fait ses dons. Mais ne s’arrête pas là. Il peut même rompre le jeûne (Dieu seul sait s’il a vraiment jeûné) avec les fidèles, photos à l’appui.

Phase 3 :

Inondation de la Toile. On poste les images de sa piété sur Twitter avec le hashtag #InstaJeûne, #InstaCarême. Tous les réseaux sociaux y passent ! Il ne manquerait plus que le selfie ! Il n’oserait pas ! Faut savoir raison garder… Le lendemain, le journaliste relaie l’info pour les rebelles qui refusent de s’adapter aux nouvelles formes de communications.

On voit le politicien dans le journal prendre la pose avec l’iman, prônant les dons, sourire aux lèvres. C’est quoi tout ça ? Je le dis parce que je l’ai vu dans un quotidien et je me suis demandé à quoi ça peut bien servir de crier au monde qu’on est bon…

Le pire dans tout ceci, c’est que ça marche vraiment ! Une aussi grosse comédie, cousue de fils blancs, prévisible à souhait, continue encore sous nos tropiques de capitaliser du bétail électoral. Ce cher vieux continent où il en faut si peu pour émouvoir et sur lequel la manipulation des masses est à la portée du premier venu qui s’en donne les moyens. Pas besoin de lire « Machiavel » ou de faire Sciences po. Tout marche à l’identification.

Trouvez le centre d’intérêt d’un groupe donné, apparaissez là où les personnes se rassemblent, faites deux ou trois pirouettes, ils entonneront en chœur : « Il est des nôtres… »

Les populations, dindons de la farce, vont se réjouir pour un moment de participer au plan de com’ destiné à faire grimper la côte du politicien et retourner à leur pauvreté… en attendant le prochain ramadan. Il se raconte déjà que pour l’année prochaine, pour peu que le politicien bien aimé soit maintenu à son poste, « la distribution de sucre se fera avec plus de largesse ».

Message fidèlement transmis à qui de droit ! D’ici là bonne fin de jeûne !

Shalom !…


Ces stéréotypes qui nous malmènent…

Crédit photos saphirnews
Crédit photos saphirnews

« Tu peux perdre l’argent en suivant une femme. Mais tu peux jamais perdre une femme en suivant l’argent… » C’est le dernier son du célèbre groupe « Espoir 2000 », sur lequel les adeptes du Zouglou transpirent et s’égosillent.

La première fois que je l’ai entendu, j’étais assise dans la luxueuse caisse d’un vieux père à moi, comme on dit chez nous. Il m’avait invitée à manger dans l’un de ces restaurants que ma poche de juriste reconvertie en journaliste-blogueuse ne peut m’offrir. Ces restos dont l’addition est si scandaleuse, qu’indigné et à la limite de la syncope, voire de l’infarctus, vous poussez cet inaudible cri d’offusqué :

– Djo ! Il va fallait me donner l’argent là j’allais faire autre chose tchè ! J’ai mangé, je suis rassasiée, ma poche est vide ! Ingrate va !

Il met donc cette chanson et me demande : « Est-ce que c’est faux ? » Ayi !

– Tu veux dire que MOI je T’AIME bien pour ton ARGENT et les bons plats que tu m’offres ou comment ?  Mama agression morale !

S’engage ensuite un long débat sur l’amour intéressé, désintéressé, ré-intéressé et tous ces théorèmes romanesques et idylliques que seule la cervelle humaine produit à foison.

Mais ce que j’ai retenu de ces échanges qui veulent que la femme, n’aime que le mec qui pue les billets de banque, ce sont ces stéréotypes, qui malmènent nos vies. Parcourons-en quelques uns :

Les clichés sexuels

Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Ces clichés qui commandent que la femme qui trompe son mari soit une traînée et que l’homme pénètre tous les jupons et écarte toutes les cuisses, en plus de celles de « madame », soit un mec, un vrai ! Un garçon pile quoi. Cette théorie qui soutient que le  » nègre  » en ait une plus grosse que le Blanc… Euye ! Je reprends pour les âmes hypocritement sensibles : cette théorie qui soutient que le Noir est sexuellement mieux doté par mère Nature que le Blanc, me cassent les bombons ! (Les femmes ont le droit de dire ça ?)

Tenez ! Chez nous, en Côte d’Ivoire, il se raconte que les femmes appartenant à l’ethnie baoulé, en plus d’être les sources indéfectibles du brassage ethnique ivoirien, seraient les principales pourvoyeuses des beautés café au lait, dites mulâtres, si fières d’avoir du sang de Blanc.

Parce qu’à ce qu’on dit, nos femmes baoulé, ne « trient pas garçons ». Elles sont les dociles réceptionnistes des « biscuits » tous azimuts ! Elles s’abreuvent à toutes les sources ! Quoi ? Vous ne comprenez toujours pas ? Hey ! C’est-à-dire qu’elles farfouillent dans les slips de toutes les nationalités. Y compris celles que « l’Ivoirienne digne de ce nom n’accepterait point dans son lit ». Si, si, il fut un temps où laisser certaines nationalités pénétrer, même partiellement, l’antre de son jardin secret équivalait à se dévaloriser… Je fais juste du pkapkatoya hein…

Ce n’est pas tout ! On dit que les gens de l’Ouest précisément les Gouros aiment faire l’amour. C’est tout un art chez eux ! Ils sont dragueurs, vigoureux, endurants et bien montés. Mais le plus important ce sont des dieux ! Des djeddaï du sexe ! Tchiéé ! Pas étonnant que les vieux « nègres », dont la mort érectile a été cliniquement déclarée, mâchouillent désespérément les cure-dents gouros dans l’espoir de s’immerger à nouveau, dans les délices du kamasutra.  Pitiéééé !!!!

Je m’arrête là. Avant de me faire épingler par la police des mœurs.

Les clichés professionnels

Tu croises un vieil ami de classe. Tu lui poses la question de savoir ce qu’il fait, le gars, le sourire gêné te dit qu’il se débrouille quelque part dans une structure de la place. Tu comprends clairement qu’il vient de te dire « give me a break ». Mais comme tu es mauvais, tu prends ton air chafouin, tu insistes, le cuisines et finis par l’avoir à l’usure.

Il te dira avec un sourire penaud : « Je suis secrétaire » ! Comme si c’était un échec ! Tout simplement parce qu’on lui a injecté dans le crâne le poison subliminal qui dit que le secrétariat est un job de femme. Le pire dans tout ça, c’est que toi-même tu pouffes en sourdine de rire en entendant son métier ! Les mecs, c’est la science, ce sont les maths ! Les femmes c’est la littérature ! Esprit rétrograde ! Et dire que ça persiste encore dans certaines mentalités…

Quand ce n’est pas ça, on ouvre de grands yeux en voyant les dames conduire les autobus surchargés de la Sotra parce qu’elles sont supposées paniquer toutes les deux secondes et nous jeter du pont Felix Houphouët-Boigny directement dans la lagune Ebrié. Elles sont par conséquent obligées, de se faire respecter en se donnant un air de dures et en mastiquant grossièrement leur chewing-gum. Le tout, assorti à une démarche à la garçonne.

Les clichés du mariage

Je ne sais pas comment ça se gère sous vos tropiques. Mais chez nous, pour avoir un mari, il faut s‘y prendre tôt ! N’ai surtout pas la « mauvaise idée » de glaner les diplômes avant d’avoir ton doubeï, ton petit gars quoi ! Sinon les problèmes à l’horizon.

Un apprenti gentleman en un regard furtif a déjà fait de toi la femme de sa vie. Il te demande ce que tu fais dans la vie. Fièrement, tu étales ton curriculum vitae. Pendant les causeries, c’est toi qui joues à la femme savante. Si tu es haut placée, c’est mort! Il se demandera pourquoi une belle femme, bien placée comme toi, à quarante ans, n’a pas de mari ? Tu as forcément un mauvais comportement. Si tu as fait des études de droit, c’est fichu ! Attends-toi à cette réflexion que j’entends souvent :

– Ah ! C’est vous qui connaissez vos droits là ? Vous là, vous parlez trooooop dans foyer.

Conclusion immédiate de cette remarque : vous allez vous amuser, vous dépanner, vous faire mutuellement du bien, mais pour ce qui est de l’anneau à l’annulaire gauche, ma sœur, dream again !

Et comme notre société veut que la femme respectable soit celle qui est mariée, tu es complexée. Tu as quarante-cinq ans, tu es célibataire, on t’appelle mademoiselle, tu te fâches ! Ayi ? Tu te défoules sur les pauvres employés qui sont obligés de te donner un statut que tu n’as pas, en t’appelant « Madame ». Va te plaindre chez le banquier qui met mademoiselle sur tes documents là !

Mais ce n’est pas notre faute. C’est la société, qui chaque jour nous complexe avec des clichés. Elle nous donne une opinion arrêtée des gens, avant même de les côtoyer. Quel dommage.

On ne peut sonder une personne sur des préjugés, des « on-dit » ou de stéréotypes. Juger une personne nécessite à vrai dire qu’on la côtoie au jour le jour. Et même là, ce n’est pas gagné.

Il, que faire sa propre expérience des gens. Car nos appréhensions peuvent être balayées en une fraction de causerie…

Shalom !


#BringBackOurGirls : halte à la récupération politique

Credit: REUTERS/Afolabi Sotunde

Ma Côte d’Ivoire, terre d’Eburnie, tenue d’une main émergente par le président Alassane Ouattara, ne cessera de m’étonner. Vous n’êtes pas sans savoir, qu’une bande d’illuminés, réunie au sein d’une secte appelée Boko Haram, qui s’est confiée pour mission divine de faire appliquer strictement la charia, sur l’ensemble du territoire nigérian, tient captives, environ 223 lycéennes.

Ceci, dans l’optique d’obtenir de Goodluck Jonathan, président du Nigeria, la libération de leurs petits copains, avec qui ils sévissent à longueur de journée dans le nord du Nigeria.

Il s’en est fallu de peu, que cet enlèvement survenu le 14 avril passe pour un fait banal. Outre la réaction à pas d’escargot des autorités nigérianes et le quasi-silence de la communauté internationale, l’Union africaine (UA), principale concernée, a gardé un silence assourdissant, qui lui vaudra une absence bien méritée au sommet contre Boko Haram, organisé le 17 mai à Paris.

Il aura fallu la menace de vendre et marier ces demoiselles, ainsi que le #BringBackOurGirls (libérez nos filles) de dame Obama, pour que les réseaux sociaux s’enflamment en un clin d’œil ! Mais pas seulement…

Détournement au profit de Laurent Gbagbo

Ce slogan, « bring back our girls » en faveur de ces lycéennes, en raison du succès qu’il connaît, s’est en deux temps trois mouvements, transformé en « bring back our Laurent Gbagbo » ! Hein ? Sacré gbagboïstes !

Loin de moi l’idée de m’en prendre au combat de qui que ce soit ! Mais l’Ivoirien, téléguidé par le culte de l’homme a la vilaine manie de politiser tout ce qui lui passe sous le nez. C’est pour cette raison que la réconciliation nationale piétine et piétinera encore et encore. Les gardiens bien pensants du  » navire Ivoire  » auront beau se noyer dans le déni à ce propos, cela ne changera rien à cette triste réalité !

Une jeune fille meurt par négligence dans un CHU ? Certains esprits chagrins, trouveront le moyen de transformer cette tragédie, en une lutte pro-Ouattara contre pro-Gbagbo. Oubliant l’essentiel qui n’est autre que le résultat des enquêtes que nous attendons toujours d’ailleurs.

Robert Mambé, gouverneur du district d’Abidjan, fait des dons aux populations ? Il se saisit de cette opportunité pour chanter les louanges du président Alassane. Ces temps-ci au journal télévisé, nous ne voyons que ça ! C’est déjà la campagne électorale ?

Lorsque la Côte d’Ivoire avait accédé à la finale de la coupe d’Afrique en 2012, le spectacle offert était des plus affligeants. Entre les pro-Ado qui attribuaient cette qualification à la bonne aura de leur vedette et les pro-Gbagbo qui priaient dans leur cœur pour que Drogba rate l’unique penalty, qui permettrait aux éléphants de jouir à nouveau du statut de champions, nous avons vite déchanté.

C’était pathétique de voir certains Ivoiriens, afficher sans état d’âme des rictus et savourer comme un bon vin ces larmes dans les yeux d’Ado, dont les vibrations positives, exagérément ventées par ses adorateurs, n’aura pas suffi à nous ramener la coupe tant convoitée.

Le président de la République est terrassé par une sciatique ? Bien fait pour lui ! Sarkozy a perdu les élections ? Il est talonné de prêt par la justice ? Certains journaux ont vite fait d’ironiser : « Qui s’en prend à Gbagbo est châtié par l’Eternel » ! Ekieeee !!

Dieu n’aime-t-il que Gbagbo sur cette terre ?

J’ai parfois le sentiment que certains souhaitent que ce pays aille de plus en plus mal. Juste pour avoir le bonheur de dire :

– On vous a dit oh! Pays là ça va pas! C’est pas comme ça on gouverne…

Des figures du parti qui n’hésitent pas à tremper dans cette mascarade

Le plus aberrant dans cette récupération politique, ce sont ces figures représentatives du FPI (Front populaire ivoirien), Guirielou, Mamadou Ben Soumahoro, Paul Dokui et autres, qui associent fièrement leurs images à cette imposture, en brandissant sur Facebook des « bring back our Laurent Gbagbo ».

Veut-on dire que le sort de ces filles, dont le seul tort a été de s’instruire, est le même que celui de l’ex-président au chaud à La Haye ?

C’est donc à cela qu’est réduit le combat politique de ce parti ? Est-ce tout ce que le FPI, opposition ivoirienne, a à offrir à ce pays ? Des détournements de campagne de lutte pour la libération d’innocentes victimes, au profit de Laurent Gbagbo ? Des politiques de chaises vides ? Des boycotts de recensement général ? Des discours creux sans propositions concrètes ? Des meetings au cours desquels, Affi N’Guessan président du FPI crie à tue-tête qu’Ado n’est pas Dieu ?

Est-ce tout ce que nous devons espérer de l’opposition ivoirienne ? Qu’en est-il des vraies questions qui touchent les Ivoiriens ? La santé, la vie chère, la sécurité, les injustices et le chômage ?

Ce pays a plus que jamais besoin d’une opposition qui propose des solutions viables à ses maux et qui fait barrage aux dérives du pouvoir actuel.

Bring back our Laurent Gbagbo? Si avec ça, Koudou ne sort pas de prison…

Shalom !


Sous le joug de l’émergence de la Côte d’Ivoire

Crédit photos: wikimedia commons (Abidjan-Plateau)

Bonjour chez vous chers lecteurs ! Je sais que j’ai disparu de la circulation, mais ce n’est pas ma faute hein… C’est la galère ! Il faut bien que je me cherche ! Ou bien ?

Chacun a ses problèmes. Son actualité bouillante et bouillonnante. Tenez par exemple ! Hier, « le pays des hommes intègres » tremblait et cogitait sur l’intégrité du puissant Blaise Compaoré, entraînant dans ses mouvements sismiques des secousses dans le gouvernement Ouattara, qui avait tenté en vain, d’arrêter l’hémorragie déclenchée par les départs pompeux de certains cadres du Congrès pour la démocratie et du progrès (CDP), parti du président en exercice du Burkina Faso…

Aujourd’hui, la terre d’Eburnie, tremble également, mais pas pour les mêmes raisons. Il faut dire que ce pays vibre très souvent sous haute ou basse fréquence.

Entre la sciatique (ce n’est plus un secret) du capitaine du navire Ivoire, l’adoré Alassane Ouattara dont la cane émergente est désormais célèbre, le transfèrement à la Haye du charismatique champion de la galaxie patriotique, Charles Blé Goudé dit Zadi Gbakpè, dont la zénitude je dois l’avouer m’a complètement bluffée et les derniers remous engendrés par l’affaire Awa Fadiga, nous ne savons plus ou donner de la tête ! Mais moi Babeth, j’ai un problème ; un problème émergent…

Emergence de la vie chère

Aujourd’hui en terre d’Eburnie, nous ne jurons que par un mot : émergence ! On nous assure qu’elle court vers son terme, qu’elle ne mentira pas. Si elle tarde, attendons là. Car elle s’accomplira certainement… Bref ! l’émergencia, est plus qu’un simple slogan, plus qu’un irritant effet de mode…

Dans chacune de ses interventions télévisées, le président de la République n’a de cesse, de nous rappeler le taux de croissance en hausse. Il parait même que nous atteindrons bientôt une croissance à deux chiffres, si ce n’est déjà fait ! Wouahhh ! Quel impact sur nous ? Heu… Pas grand-chose !

Nous autre profanes, aux oreilles de qui la dialectique économique n’est que pur chinois, serions toujours bercés par cette douce prophétie croissante et émergente, si Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (BAD) n’avait pas troublé cette berceuse par un son discordant en  affirmant sur les antennes de RFI ceci :

« Il ne faut pas confondre croissance économique et transformation économique. La croissance économique, qu’elle soit de 5 % ou de 10 % ne signifie rien pour les populations si elle ne s’accompagne pas de créations de richesses, d’emplois et de réduction de la pauvreté ».

Pendant que le gouvernement nous sert à l’envi sa volonté affichée et sans cesse réaffirmée de lutter contre la vie chère, nous découvrons (c’est le cas de le dire, vu la quasi-inexistence de communication à ce sujet) de nouvelles taxes.

Proposer quelque chose de décent à la consommation quotidienne de la famille, relève désormais d’un exploit ! Tant les prix flambent sur le marché. Il vous faut être très riche ou un véritable stratège en gestion budgétaire pour espérer… Emerger (on y revient ).

Vous faites des achats dans des grandes surfaces ou de simples magasins ? Vous vous inscrivez à des cours ou décidez de suivre une formation  quelle qu’elle soit? Vous réglez une facture quelconque ? Oh surprise ! On vous demande 100 francs Cfa pour  le timbre de l’Etat ! Et la TVA ? N’est-elle pas suffisante comme taxe ? L’Etat nous donne gratuitement les timbres ou quoi ?

La dernière surprise en date ? La taxe de 3 % sur les appels et l’Internet. Entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2014, cette nouvelle taxe figure à l’annexe fiscale 2014 (la loi n°2013-908 du 26 décembre 2013 portant budget de l’Etat 2014) et devinez qui la supporte ? Je vous le donne en mille : les consommateurs. Sacrilège !!! Ils ont osé toucher au dieu Internet !

L’administration fiscale selon le site de la Fédération nationale des industries et services de Côte d’Ivoire, justifierait cette taxation par le fait que les contributions fiscales des entreprises de communications en plein essor sont en deçà de leurs performances réelles. Il était de ce fait nécessaire de « remédier à une situation préjudiciable aux ressources de l’Etat », en augmentant le taux d’imposition et en élargissant leur assiette.

Je veux bien qu’on répare une situation « préjudiciable aux ressources de l’Etat ». Mais est-ce aux consommateurs de payer ?

C’est un truisme de dire qu’aujourd’hui, l’Internet est un outil indispensable pour tous.  Cela vaut encore plus sous nos tropiques. Nos bibliothèques sont d’une pauvreté si affligeante que même si elles brûlaient, cela ne changerait rien pour les élèves et étudiants qui de toute façon se tournent vers les bibliothèques privées.

La semaine dernière je me suis pris un uppercut à la pharmacie ! Les prix des produits pharmaceutiques ont pratiquement doublé, en raison de taxes dont l’imposition aurait surpris les pharmacies elles-mêmes. Nous ne sommes pas tous couverts par des assurances hein… Nous autres citoyens rienneux et moisis payons les médicaments sans aucune prise en charge… Un ami m’a même dit : Babeth mon nouveau boulot c’est de changer les prix à la pharmacie où je bosse !

J’achète mon journal (je ne suis pas comme vous les titrologueurs là hein ; moi j’achète), je vois un communiqué annonçant que le prix des journaux allait augmenter à compter du 2 avril, c’est-à-dire depuis mercredi… Là, je me suis étranglée de rire ! Et pour cause !  L’Ivoirien même, n’achète pas le journal ; il lit les titres et se lance dans des fables et des analyses sorties de nulle part...

En plus, soyons sérieux. A part quelques uns qui tentent tant bien que mal de faire du vrai journalisme, la presse ivoirienne est un vrai casse- tête et un outil de propagande. Si le prix des journaux augmente on s’en fout !

Si nous ne pouvons plus manger, nous soigner, surfer, nous informer, même téléphoner… On va où là ?

Que fait l’association des consommateurs de Côte d’Ivoire ?

Nous avons de nombreuses associations de consommateurs en Côte d’Ivoire. Elles sont censées faire bouger les lignes, initier des actions, pousser le peuple à lutter contre la vie chère. Elles sont tellement nombreuses que personnellement je m’y perds. On ne sait pas qui fait quoi et qui dit quoi. On est dans les grands discours et les conférences avec des thèmes compliqués. En plus elles se tirent dans les pattes en se taxant mutuellement de tous les noms d’oiseaux que vous pouvez imaginer.

Quant à nous consommateurs, n’en parlons même pas !  Touchez à l’essentiel de notre quotidien ; poussez nous dans une misère toujours plus profonde, vous n’aurez au mieux (ou au pire c’est selon) que de minables murmures entretenus dans les salons ou dans quelques obscurs kiosques de Diallo où nous nous abreuvons mutuellement de nos misères que nous prenons plaisir à raconter. Auto-apitoiement oblige…

Mais osez, ne serait-ce que par votre verbe, menacer le pouvoir de notre Bravetchè (Alassane Ouattara), critiquer notre woody (Laurent Gbagbo) ou même vous insurger contre les balbutiements du Bouddha de Daoukro (Henri Konan Bédié). Touchez verbalement à nos chers politiciens harangueurs de foules, sans programme concret et dont l’accession au pouvoir, pour laquelle nous avons donné nos poitrines, n’a jusqu’à ce jour généré aucun changement concret dans notre vécu… Et ce sera la guerre ! Nous serons prêts à offrir nos enveloppes charnelles en holocaustes. Nos corps aux balles et aux machettes…

C’était mon travail avant. Marcher de Angré au Plateau, sous le chaud soleil de Babi, pour protester. Je trouvais ça fun ! Mais c’est fini hein, plus jamais ! Erreur de jeunesse…

Améliorer notre cadre de vie, contribuer à la réforme du système sanitaire, exiger que la ménagère ait à nouveau un panier et non un sachet que nos taxes soient réduites, devrait beaucoup plus nous intéresser… Vous ne croyez pas ?

En tout cas courage à nous tous et Shalom surtout… Parce que sans la paix intérieure, beaucoup parmi nous risquent d’être emportés par des ulcères et des AVC avant 2020, date à laquelle le président Alassane Ouattara compte nous faire disparaître (oups !)…  immerger… (Que dis-je ?) émerger…

D’ici  là…


Mendiante en costard

Crédit Image Marine Fargetton

Crédit Image: Marine Fargetton

Il est rare d’arpenter les rues d’Abidjan, sans être accosté par un mendiant qui vous supplie pour une maigre pitance. Hormis ces handicapés qui, toute honte bue, exposent aux feux tricolores leurs infirmités pour ressusciter le bienfaiteur agonisant dans le tréfonds de votre être, il y a les enfants de la rue.

Certains parmi eux, ont fui le dangereux cocktail dont les ingrédients sont une marâtre acariâtre, et un père au cerveau lessivé, totalement aux ordres de la nouvelle reine de son cœur. Tandis que d’autres, orphelins, y sont poussés à leur corps défendant, par les circonstances douloureuses de la vie. Il y a par ailleurs les récalcitrants à la discipline, qui préfèrent voler et mendigoter plutôt que de se laisser éduquer et prendre le chemin de l’école.

Avec le temps, une nouvelle génération de mendiants a émergé. Dormez là ! Il y a émergence aussi dans mendicité. Ils ont opté pour une mendicité raffinée…

Vous savez, les mendiants abidjanais sont de grands marketeurs ! Je suis sûre, que nombreux parmi eux, ont fait des hautes études en stratégies marketing et communication dans une vie antérieure… Ou ont dû être de célèbres acteurs, style Marion Cotillard dans « La Môme » ! Ou Adrian Lester dans « Arnaqueurs VIP ». Comment peut-on être aussi ingénieux dans la mendicité ? Avec tous ces talents obscurs, ne soyez pas surpris que les Ivoiriens soient les champions du broutage !

Tour d’horizon…

Les petits poucets

Il en existe deux catégories. Les petits Peuhls, délégués par leurs mamans tapies dans l’ombre, qui te travaillent au corps jusqu’à épuisement. Ils Te saisissent la main, tels des chatons, se collent à toi, t’importunent en marmonnant des phrases incompréhensibles. Bref! De quoi te taper la honte en public. Tu t’en débarrasses donc hâtivement, en consentent une douloureuse séparation d’avec tes jetons !

Puis, viennent ces mineurs décrits plus haut, qui le soir dorment où ils peuvent. Dans les marchés, sur la place publique, à la belle étoile. Ils sont leur propre chef.

Avant, le petit, tout sale, t’abordait avec son air de chien battu savamment travaillé ; disant :

– Tantie, tantie, je veux manger j’ai faim…

Si cette technique était très efficace, au fil du temps, elle a baissé en rentabilité.  Car nous avons fini par réaliser, que nombreux parmi eux, sont des enfants rebelles ; prêtant ainsi le flanc aux nombrilistes égoïstes, qui n’hésitent pas, à masquer leur méchanceté sous une prétendue leçon de morale et leur intimant l’ordre de retourner chez eux, au lieu de quémander jour et nuit.

Le chiffre d’affaires ayant considérablement décru, un autre système s’imposait. Désormais, ils disent :

– Tonton, tonton,  je veux cirer chaussure. Faut me compléter 100 francs je vais payer brosse avec cirage.

Reviens sur les lieux l’année prochaine… Il sera toujours en quête de ces 100 francs de cirage…

Les costards cravates

Au départ, ils se présentaient comme les petits poucets. Apparence misérable, présentant des caractéristiques pires qu’un territoire dévasté après le passage d’un tsunami. Ils ont toujours une maladie ou ont emprunté le mauvais bus, et se sont par conséquent perdus (encore)… Leur lieu de prédilection ? Les abords des églises.

Surtout le dimanche lorsque le chrétien sort fraîchement de la maison de son Père, qui lui ordonne de donner à celui qui lui demande. A ce moment précis, les corbeaux n’ont pas encore picoré les graines de la parole semées dans son cœur. Il se sent un homme nouveau.  Lui soutirer de l’argent est donc chose aisée.

S’il te vient par malheur à l’idée de leur opposer un refus ! Pluie d’injures ! J’ai déjà eu droit à un « chienne là, ta maman ! » Est-ce que vous me connaissez ? Je réponds : « Bat**d là ça va pas chez toi ? Toi-même Chiiiieen ! ». Pardonne-moi Seigneur j’ai péché ! Mais ce genre d’attitude est source d’humeurgence (mauvaise humeur) quoi !

Leur petit jeu d’exhérédés ayant perdu de sa superbe, ils emboîtent le pas aux gosses ! Révision de la tactique de maraudage!

Ils se sont lancés dans les « VI » on les appelle les vendeurs d’illusions. Toilette soignée. Il a l’apparence d‘un mec dont le compte bancaire rivaliserait effrontément avec celui de Zuckerberg? Son histoire racontée avec maestria est si cohérente, que même le Docteur Lightman de « Lie to me » en décryptant son visage, ne trouverait aucune faille dans ses micro-expressions ! Vous savez pourquoi ? Il croit lui même en son mensonge, devenu au fil du temps sa vérité !

Il y a quelque temps une blogueuse que je surnomme affectueusement, la go du devandougou (je suis la reine des surnoms) me tweet ceci :

Je ne comprends pas très bien. Aussi en profitai-je pour faire ma kpekpesseuse :

Et elle de répondre :

Par CD, elle entend Cours à domiciles ! Gombo préféré des étudiants. J’ai bien rigolé en ressassant ma propre mésaventure à l’époque où j’étais étudiante.

Dans la peau d’une mendiante

Je me suis retrouvée décomplétée un soir, pour m’être offert des chips dont je raffole, sans m’assurer d’avoir assez d’argent. Il fait nuit. Je suis à Cocody ; je vais à Angré. Je fais comment ? Hein ?

Je ne peux pas marcher pour rentrer chez moi ! En costume cravate, maquillée, crayon dans cheveux ; tirée à toutes les épingles quoi ! Je dois tendre ma belle main manucurée à un passant ; demander l’argent ? A qui ? Les visages embrumés de : « Ne pas déranger » ne m’inspirent pas !

Quelle humiliation ! Je ravale ma fierté, prends mon courage à deux mains et demande 100 F Cfa à un passant, qui m’en donne 1 000 en disant :

– Je n’ai pas pour habitude de donner aux mendiants. Mais tu es tellement sapée… Tu dois vraiment avoir problème pour demander l’argent comme ça !

Fiaaaa ! Gbè !!!! Pourquoi les gens parlent mal comme ça?

Avec ces mendiants arnaqueurs qui pullulent partout, nous ne savons plus à qui faire confiance. Qui dit vrai ? Qui est un mythomane ?

Les mendiants ne retiennent pas le visage de leur proie, contrairement au  donateur qui pour ce don sacrificiel, est très physionomiste. Lorsque tu vois ton « nécessiteux », revenir vers toi avec la même histoire en version révisée et actualisée tu te dis merde ! On ne m’y reprendra plus !

Ne vous étonnez pas si nos cœurs sont de plus en plus endurcis hein… mais le soleil de l’arnaque nous a trop brûlés! Nous sommes devenus, insensibles, soupçonnant toujours le mal ! Mais ne laissez pas pour autant la flamme de votre charité s’éteindre ; car au final, certains sont vraiment dans le besoin …

Shalom !


Gbagbo avait ses fescistes, ADO a-t-il ses dozos?

Crédit Photos: Wikipedia.org

Aujourd’hui, je viens faire ma râleuse. Ma gueularde quoi ! J’ai beaucoup hésité à publier cet article. J’y ai renoncé à trois reprises. Mais il faut croire que la problématique des dozos me persécute, dans la mesure où je suis tout le temps rattrapée par cette actualité.

Il est déconcertant de constater qu’en Côte d’Ivoire, Il y a toujours des groupuscules qui cherchent à s’octroyer les pouvoirs régaliens de l’Etat.

Des coteries de pseudo justiciers, adeptes de la violence, en vertu de je ne sais quelle autorité, se muent du jour au lendemain, en garant de la justice, de la sécurité et du maintien de l’ordre public. Il ne reste plus qu’a s’octroyer la prérogative de voter nos lois, de gracier les prisonniers et le tour est joué !

De nombreux travers ont été décriés sous la présidence de Laurent Gbagbo. Allant de la dilapidation des deniers publics, à l’insécurité dont la forme la plus effroyable fut l’escadron de la mort. Une association particulière s’est illustrée sous le règne du Woody de Mama (l’autre nom du président Gbagbo) : la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI).

A l’ombre de la refondation

Sous la dynastie des refondateurs, nous avons souffert des dérives de cette fédération. Terreur, racket, agressions en tous genres et sous toutes les formes. Aussi bien envers les étudiants, les parents, que les professeurs. Ils ont même été accusés de meurtre ! Vrai ou faux ? Je ne saurais le dire…

A force de s’auto-bombarder général, caporal, sergent et j’en passe, ils ont fini par se prendre pour des corps habillés. Pas étonnant, que nombreux parmi eux pendant la crise postélectorale, se soient transformés en miliciens.

Lorsque rarement des jeunes agacés avaient le courage d’exprimer leur raz-le-bol, ils se faisaient tabasser, sous les regards intimidés des autres clients, qui se contentaient de murmurer des tsruuu, des yako et des : « Mon frère on est venu trouver ça comme ça. Faut laisser… Ils vont te tuer et puis ça va pas aller quelque part ».

L’impuissance du président face à cette gangrène était évidente. Pour cause ! Lorsqu’il fallait marcher pour empêcher le général Guéi de confisquer le pouvoir en 2000, la FESCI était de la partie. Quand il a fallu montrer l’attachement au président, pendant le coup d’Etat de 2002, la FESCI était au rendez-vous pour le soutenir. Quand on devait s’opposer aux soldats français, la FESCI s’était vaillamment illustrée. Auprès de qui avait-il la côte ? La FESCI… Même dans nos agoras ? Beaucoup de fescistes… Les miliciens pro-Gbagbo ? On compte bon nombre de Fescistes…

En toute honnêteté, s’il y a une organisation, dont je salue aujourd’hui la quasi-extinction, c’est bien celle-là.

Sous Alassane Ouattara (j’ai failli ajouter « Dramane » mais il parait qu’il n’aime pas trop… Normal, vu toutes les polémiques qu’il suscite à lui tout seul… Sacré prénom !), le grincement de dents ne s’est pas arrêté. Oh que non ! Il est bel et bien présent et très accentué dans le pays profond…

Ces dozos érigés en justiciers, à quand la fin ?

La présidence d’ADO, est très marquée par une nouvelle génération d’hommes forts, décidés à s’imposer dans le dispositif sécuritaire ivoirien. Ce sont les dozos, chasseurs traditionnels, qui ont délaissé la viande fraîche de la brousse, la venaison de nos forêts, pour chasser du gibier humain… Elle a bon goût la chair fraiche ?

Je ne m’attarderai pas sur les exactions par eux commises, parce que maintes fois relayées par l’Onuci et d’autres structures et organes de presses.

Si tous sont d’accord sur la nécessité de les faire retourner à leur activité d’antan, eux ne l’entendent pas de cette oreille. Il semblerait que ces derniers s’estiment incontournables dans le maintien de la sécurité. Et surtout insistent pour que le gouvernement use de tact envers eux.

Petite piqûre de rappel : le ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Sécurité, Paul Koffi Koffi, était monté au créneau, suite à une série d’attaques perpétrées contre les FRCI,  présumées en être les auteurs. Il n’y est pas allé de main morte avec ces chers dozos. Deux réactions très révélatrices s’en sont suivies.

Dans une interview accordée au quotidien L’inter le 25 septembre 2013, Lamoussa Diabaté de la Confrérie des dozos de Côte d’Ivoire (Codozci) affirmait « Je voudrais rappeler que le ministre est allé un peu trop vite en ce qui concerne un éventuel retour à la vie civile. Parce que des gens qui ont fait la guerre on ne les chasse pas comme ça. Surtout qu’il a reconnu lui-même notre importance pendant ces périodes de crise en Côte d’Ivoire…. Je pense que nous savons que nous sommes des chasseurs, mais il faut pouvoir les amadouer un peu, surtout que les dozos ont un statut (lequel ?). La question de sécurité n’est pas seulement théorique, mais pratique et même au-delà. Les dozos ont fait leur preuve dans ce sens ».

Le 16 octobre 2013, le quotidien Soir Info, relatait la descente meurtrière des mêmes dozos (qui demandent à être chéris), le 14 octobre 2013, dans le village de Gribouo, appartenant au département de Soubré en règlement d’un litige foncier. Bilan ? Quatre morts et trois blessés, tous d’une même famille.

Mais ce n’est pas le plus intéressant. Lamoussa Diabaté président des dozos de Toumodi, va déclarer ceci dans une interview accordée à en envoyé du journal le Nouveau Reveil en septembre 2013 : « Le gouvernement a donné son ordre, mais nous attendons l’ordre de Koné Zacharia. Si les patrons nous demandent de quitter le terrain, nous sommes prêts à quitter avant midi. Dans l’armée, c’est la discipline. Dans la confrérie des dozo aussi, c’est la discipline. Il n’y aura jamais de bras de fer entre les dozos et les forces de l’ordre, parce-que Koné Zacharia et Chérif Ousmane, eux-mêmes dozos, sont nos patrons et nous suivons leurs ordres. Chacun a un patron. On attend leurs ordres. S’ils disent que le gouvernement ne veut plus voir de dozo sur le terrain, c’est déjà fait. Même si je veux, et j’enlève mes habits, je les brûle… »

Eh beh dites donc ! Quelle déclaration ! Je comprends pourquoi les haussements de ton de notre président et les mises en garde de son ministre délégué peinent à être pris en considération !

Ils ne se reconnaissent pas en ces leaders. Ces dozos n’attendent que les instructions fermes de Koné Zacharias et Cherif Ousmane, ex-comzones, devenu respectivement depuis, commandant en second du bataillon d’artillerie sol-air (Basa) et commandant en second du groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). Qu’attendent-ils pour leur demander de se déshabiller vite, vite comme on dit ici, pour rejoindre la vie civile ? Ils n’attendent que ça. Et… Nous aussi !

Ce n’est pas si simple…

Le gouvernement actuel pullule d’ex-comzones. J’imagine que chacun veut maintenir sa position et donc conserver un moyen de pression sur notre bien aimé président… Sans vouloir être impolie. Pendant ce temps, il y a des drames…

Toutes ces personnes « ont pris le soin d’assurer leurs arrières, en plaçant à leur suite des hommes fidèles qui ont repris la gestion de leur business » (Jeune Afrique N°2749 du 15 septembre 2013, repris ici).

J.A N° 2749 du 15 au 21 septembre 2013

Nous devons tirer les leçons du passé

La gestion des dozos est indiscutablement une épine dans les pieds du président Ouattara, comme les fescistes dans ceux de Laurent Gbagbo. Je dirai même que cette fois la situation est pire car nous parlons d’hommes qui fabriquent eux-mêmes leurs armes, et qui se plaisent de plus en plus dans leur nouvelle vie. Saura-t-il gérer cette situation ?

Lorsqu’on reproche une chose au gouvernement dans ce pays, après avoir « deviné »  ton parti politique, on te lance l’ultime excuse : « Au temps de Gbagbo c’était pire, on vous a vu ici… Le pays avance! ». N’est-ce pas pour apporter une solution à cette mauvaise gouvernance, à ce laxisme que le président Ouattara a été élu ? L’histoire en principe ne devrait pas se répéter !

Dosso Sory président des confédérations Dozos de Côte d’Ivoire (Fenacodoci), déclarait récemment dans les colonnes du quotidien Soir Info, paru le 04 février 2014, que les dozos aspiraient eux aussi à l’émergence. Vous allez voir cela… Rassure-t-il.

Le ministre de l’Intérieur a quant à lui récemment affirmé qu’il prendrait des mesures pour régler la question. Nous regardons à lui, comme les yeux d’une servante espèrent en sa maîtresse…

Ceci dit, quand on a une dette envers les dozos, les FRCI, les ex-comezones, certains partis politiques, le dinosaure français etc. La question suivante se pose : peut-on convenablement diriger un pays lorsque l’on est redevable à tant de monde ?

Shalom ! Vive la Côte d’Ivoire, notre belle patrie !


Beautés jadis fatales

Illustration de Marine Fargetton
Illustration de Marine Fargetton

Hello vous!

Un grand merci à Marine Tassaba (elle va me tuer quand elle va voir ce pseudo), de m’avoir fait participer à son marathon d’expressions illustrées. Je vous encourage vivement à y participer!

Pour ma participation, j’ai opté pour un passage biblique. Proverbes 5 : 18-20

« Réjoui-toi de la femme de ta jeunesse, biche des amours et gazelle pleine de grâce ; que ses seins t’enivrent en tout temps ; sois continuellement épris de son amour. Et pourquoi mon fils serais tu épris d’une étrangère et embrasserais-tu les seins de l’étrangère ? ».

Juste une pensée pour ces Négresse noires, blanches, jaunes, café au lait. Jadis « biches des amours » et « gazelles pleine de grâce ». Ces beautés vierges et gracieuses  à qui des hommes ont fait miroiter un amour éternel, un amour grand « A », lorsqu’ils sortiraient de la misère qui les étreignait tel un oiseau pris dans les filets de l’oiseleur…

Ces beautés fatales dont la fraicheur, la douceur et la chaleur envoutante, faisaient l’objet de poèmes enchanteurs et des cantiques les plus ensorcelants. Suscitant dans leurs entrailles, un cocktail d’émotions aussi complexes qu’inexprimables.

Ces lionnes blessées dont les charmes, naguère irrésistibles, n’opèreraient plus, ne produiraient plus l’ivresse d’antan et qui sont foulées aux pieds comme la boue des rues ! Que voulez-vous ? La frénésie et l’enchantement sont ailleurs…

Ces « chépaquoi » au glorieux passé, dont la plastique rivaliserait difficilement avec celle des forces nouvelles. « Etrangères », au sex-appeal indomptable.

Elles sont beaucoup plus jeunes, plus belles, plus enivrantes et par ricochet, nouvelles biches à chérir. A posséder dans tous les sens, dans tous les coins et recoins. Encoignures et écoinçons. Sans oublier qu’il faut les explorer dans les moindres détails et dans toutes les positions, à la recherche du nectar, ce breuvage céleste oh combien délicieux !(Hey je m’égare…Désolée ! Quand il s’agit du nectar, je m’oublie…). 

Bien que l’Ecclésiaste ait déclaré : « Il n y a rien de nouveau sous les cieux », j’en suis toujours médusée.

Comme une innocente, une simple d’esprit, me demandant encore pourquoi un homme ne peut tout simplement pas aimer UNE femme ? LA femme de sa jeunesse ? Celle qui lui a sacrifié ses plus belles années ?

Shalom !


Adorateurs high tech

Crédit image: Wikimedia commons
Crédit image : Wikimedia commons

J’ai été conviée le dimanche dernier par une amie à un culte. Copez c’est son prénom, est ma petite blanche, car le contraste entre elle et moi est frappant.

Aussi mince qu’une brindille de balai, un arrière-train assez aguicheur je l’avoue. Hé oui ! Même dans sa sveltesse elle a vraiment une belle croupe ; elle le sait et en joue d’ailleurs. Comment lui en vouloir ?…Ho la la je m’égare. Revenons à notre sujet.

Je suis certaine que l’intérêt particulier que je porte aux bôtchô (fesses) doit susciter certaines interrogations chez les habitués de ce blog… Soyez rassuré(e)s. Ce n’est pas l’objet permanent de mes pensées… Et puis je suis une lagunaire hein… Comprenne qui pourra…

Je me suis donc rendue dans cette église dont je tairai le nom ! Beau temple climatisé, sièges confortables. Tout pour adorer le Seigneur Jésus en toute sérénité.

Constat général

J’ai été particulièrement frappée par le style vestimentaire des membres. Les femmes sont coquettes et les mecs ont la classe ! L’on sent la prospérité sur ces costumes tendance, taillés sur mesure.

Je ne m’attarderai pas sur la curiosité que suscite en moi le style adopté par la gent masculine ivoirienne.

Je me demande parfois s’ils ont conscience qu’ils sont des hommes et que ce qui se passe « devant » leur impose des restrictions quant au choix de leurs vêtements.

Sans vouloir choquer personnes, ces tenues un peu trop près du corps, qui laissent imaginer, voire clairement entrevoir, malgré soi d’ailleurs, ce qui se passe en dessous de la ceinture, sont vraiment gênantes, parfois désagréables (quoique…) et frisent l’exhibitionnisme. C’est forcé de se plaquer ? Ekiéé dèh ! Même à l’église… C’est exagéré! Venez après critiquer mes pauvres négresses…

Mon attention n’a pas uniquement été attirée par les fringues. Oh que non !

Technologie au rendez-vous de la prière

Dans cette communauté, du pasteur aux fidèles, chacun a en main, son Ipad ou son téléphone dernière génération… Je vous assure ; j’ai maudit ma galère, obligée de dissimuler mon Nokia préhistorique, au fond de mon sac en me demandant : à quand ma tablette ?

C’est la nouvelle mode dans nos églises. Pasteurs et fidèles ont troqué les bibles pour des Ipad… Avant on prêchait en brandissant la Bible. Dorénavant on prêche en brandissant la tablette ! Il paraît que c’est pratique sauf que dans le fond, le « m’as-tu vu ? » a clairement pris le dessus…Pure vanité.

Quand vint l’heure de l’adoration, je me mis à regarder dans un moment de distraction mes voisins qui sans aucune gêne, alternaient navigation internet et louanges adressées au Père !

Quelle inconscience ! Pensai-je. Aucun respect pour notre Dieu !

Le fait est que ce comportement je l’ai observé dans ma propre communauté.

Il ne se passe pas un dimanche sans qu’en pleine prédication la sonnerie fracassante des portables « chin’toc » comme on dit ici, ne se mette à retentir. Certains balancent des textos à leurs amis, tandis que le voisin de derrière qui a plus peur du pasteur que de Dieu, susurre au téléphone :

Heuu allô ?… Je suis à l’église hein… je prie on se parle après… Hein ? Je dis je suis à l’église ! D’accord ! Ok après…

Lorsqu’à la sortie du culte, tu lui demandes ce qu’il a retenu de la prédication, il te  répond :

– Je ne m’en souviens pas très bien ; mais ce qui est sûr, c’était fort ! Le culte était puissant ; l’homme de Dieu a prêché !

J’avais à peine fini de faire ma critiqueuse, que mon hypocrisie et ma mauvaise foi se révélèrent aussitôt. Je me suis surprise moi-même, pendant la prédication à tripoter mon téléphone, vérifiant mes notifications Facebook et mes mails !

Idiote ! Me suis-je dis ! Pharisienne ! Toujours à juger autrui ; bien fait pour ta grande gueule et ton esprit tordu.

J’ai alors mesuré la portée, de l’addiction de la majorité aux téléphones portables et autres appareils électroniques. Il n’y a pas qu’au culte que ce comportement se révèle. Cette tendance à rester scotché à tous ces appareils nuit aux moments de qualité que nous passons avec nos familles et nos proches.

Derrière cette addiction aux dernières technologies se cache une réalité autrement plus inquiétante

Ce n’est pas tant l’effet de mode et le désir d’être « in » en affichant de façon ostentatoire, voire indécente, toute notre panoplie de l’« Homme moderne » complètement addict aux dernières sorties de la technologie qui est troublant, c’est le paradoxe de la situation qui laisse perplexe.

A l’église comme ailleurs, le fait est que ces nouveaux dieux, heuu… Pardon… ces nouveaux appareils, qui étaient censés favoriser la sociabilité et donner plus de profondeur au relationnel dans nos vies, nous laissent désespérément superficiels.

Il y en a tellement qui ont des milliers d’amis en mode virtuel, mais qui sont désespérément seuls dans la vraie vie. Combien passent des heures en ligne à entretenir ces « amitiés » quand ils ont à peine le temps pour les vraies personnes de leur quotidien.

Ma meilleure amie Titine me reproche de ne plus la regarder dans les yeux lorsque je lui parle… Si je balaie du revers de la main ses lamentations, je sais qu’elle a raison et que c’est injuste envers elle qui a toujours une oreille attentive à mes maux…

Point n’est question de remettre ici en cause l’utilité de la technologie. Seulement, aussi utile qu’elle puisse être, elle a le pouvoir de phagocyter votre vraie vie et devenir source de discorde.

Qui n’a jamais reçu de menaces et autres critiques pour ces « checks » réflexes ? En tout cas moi je fais l’objet de menaces quotidiennes ; on veut me « divorcer » hein… Bon…

Shalom !


2014, le énième recommencement

Crédit image : Wikimedia commons

Ouf ! Nous y sommes… En 2014 ! J’ai les joues en feu à force de bises interminables.

Le 1er janvier, jour de tous les possibles ! Surtout, pour ces convoiteurs qui auront passé toute l’année précédente à fantasmer sur vous. Épiant vos entrées et vos sorties, sans jamais pouvoir vous approcher. Admirant vos généreuses courbes, accentuées par une démarche qui semble dire :

– Y a-t-il ici bas une femme plus belle et plus désirable que moi ? Mon popotin enjolivé par cette petite robe à la fois sexy et glamour. Cette généreuse poitrine bombée, rehaussée par un soutien-gorge plume, qui laisse entrevoir le galbe sous ce vêtement décolleté… Remède miracle à l’impuissance chronique… Vas-y, rince-toi les yeux. Tu ne les possèderas jamais…

Hey femme ! Quand elle se sent belle… Affaire là est gravement grave dèh ! Bref …

Le mec te présente ses vœux, en rapprochant ton corps du sien, dans une étreinte aussi indécente qu’inattendue. Sa gestuelle sexuelle, ne laissant aucun doute, sur cette concupiscence malsaine, qu’est l’exploration de ton jardin auquel seuls les hommes « capables » et les « vaillants héros » ont accès.

Profitant de l’occasion pour te caresser et te tripoter… Son smack enrobé d’érotisme t’arrache un frisson mal dissimulé, par la faute de la chair de poule et de ces tétons indiscrets et insoumis, malheureusement érectiles, qui viennent de se mettre au garde-à-vous ! Pfff…

Ce bisou suave de bonne année, flirtant dangereusement avec tes lèvres, est si proche de celles-ci, que tu te demandes si tu n’as pas reçu un baiser plutôt qu’un innocent bisou.

Il y a trop de pervers et de profiteurs dans nos cités wallaye

D’autres acclament ce Nouvel An attendu avec impatience et accueilli avec soulagement et espérance. Pourtant, cette année se révèlera être l’année la plus difficile de leur vie, voire celle de leur mort! S’ils le savaient…

La vie est bizarre hein…

Année de tous les espoirs et de tous les caprices

Vous connaissez les effets du 1er janvier. Les gens sont heureux et excités. Encore bercés par cette douce mélodie festive. Ils ont l’impression qu’avec la nouvelle année, tout devient neuf et beau. Ils sont surtout motivés par l’espoir de jours meilleurs que ceux qu’ils ont connus.

Ils sont prêts pour le énième recommencement.

Ainsi tu entendras le traditionnel : bonne année oh je te souhaite tous les bons « té ». Entendez santé (toujours en tête de liste), prospérité (l’indéboulonnable) longévité (ça aussi c’est à ne pas manquer)…

Les amoureux de la patrie, cette chère Côte d’Ivoire, ont le même vœu depuis maintenant 15 ans :

Que Dieu fasse de notre pays, un havre de paix. Que la guerre s’éloigne de nous. Nanan Houphouet tu nous manques… Que ta sagesse habite tes fils…

Bon, depuis on souhaite la paix là, on est dedans hein… Mais ça va aller. Comme dirait l’autre, « c’est Dieu qui est fort ! »

Même les acariâtres, qui s’illustrent du 2 janvier au 31 décembre, par la rareté de paroles bienveillantes et passent leur temps à pester et à maudire, se transforment en distributeurs automatiques de bénédictions.

Après la phase des vœux, on passe à la phase des résolutions…

C’est le moment préféré des fumeurs, des soulards, des fainéants, des adultères et des femmes trompées et battues…! Ils prennent tous la résolution d’une vie saine et d’un  nouveau départ !

Mais ceux qui me plaisent le plus, ce sont les couples. Je vous assure hein…

La phase du bilan. Tu entends le macho violent qui bat sa femme, en train de lui mettre « du beurre dans les yeux » comme on dit chez nous. Ça donne ceci :

– Tu sais bébé, ma dorade d’eau douce… Cette année on prend un nouveau départ. Je serai ce prince charmant tant désiré. J’avais perdu la tête … Je prends la ferme résolution de ne m’enivrer que de tes charmes, de ne m’enfouir qu’en toi. Seule ta source me rafraîchira désormais… Tu sais que c’est toi que j’aime non ?

Petites gouttes de larmes hypocrites pour assaisonner son mea culpa La gaouaze* est piégée.

Avant le bilan, elle avait juré à qui voulait l’entendre qu’elle mettrait fin à cette histoire d’amour stérile ! Ce goujat, violent, menteur et infidèle ne l’y reprendrait plus.

Son langage à changé hein ! Vilain sourire de femme amoureuse, manipulée et vaincue sur ses lèvres, jurant sur la tête de son pauvre père, qui ne demande qu’a reposer en paix que c’est la toute dernière chance au monsieur! Tsruuu… Yako quoi ! On se croirait dans Secret Story !

Oui avec la nouvelle année tout est neuf et beau puis…

La routine suit son cours

Dans cette histoire de résolutions du Nouvel An, chacun gère à son rythme. La majorité  finit par retomber dans les vieilles habitudes, les « sales » manières.

Prenons le cas du fumeur qui n’a pas tenu une semaine. Au début, il se cache parce qu’il a fait savoir à la planète entière qu’il ne toucherait plus à ce truc qui lui détraque les poumons.

Ensuite il fait le gars qui s’en fout. Bravant sa honte, il sort sa cigarette devant tous,  histoire de vous faire savoir qu’il s’y est remis. Lorsque tu ironises sur le « décès » de sa volition, il te parle mal et puis y a rien.

Quant à ceux qui croyaient, que leur vie changerait en un coup de baguette magique behhh… Désillusion ! La vie est encore plus difficile.

Faut-il abandonner pour autant ?

Gardons quand même l’espoir

Malgré tout, l’espoir fait vivre comme on dit. Toutes ces épreuves, ces déceptions, ces moments de joie font de la vie ce qu’elle est. Pour cela, elle vaut la peine d’être vécue. Par conséquent, je ne dérogerai point à la règle !

Je vous souhaite une excellente année 2014. Que Dieu dans sa grâce vous rende capable de relever tous les défis qui s’imposeront à vous.

Qu’il vous donne la force morale nécessaire, pour résister face aux difficultés et à l’adversité. Mais surtout, pour vous relever de vos chutes et vous remettre de vos échecs. Qu’il vous donne l’intelligence, la sagesse et le discernement pour faire des choix intelligents dans vos vies.

Bref ! Bon vent dans la traversée de 2014 !

J’oubliais tous les bons t… Heu… Bon…

Shalom !

Gaouaze : naïve manipulable.


A quoi joue le ministre Cissé Bacongo ?

Le site litigieux (Temple AD)
Le site litigieux (Temple AD)

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Monsieur Cissé Bacongo, est le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique de la Côte d’Ivoire.

 Il est au cœur de l’actualité ces derniers jours, comme acteur principal dans un litige foncier opposant l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody (Abidjan), à l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu de Cocody.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les actions du ministre sont choquantes, à la limite du blasphématoire (à supposer que cette limite n’ait pas été déjà franchie), si l’on s’en tient au déroulement des évènements que je souhaite relater.

Ce ne sont pas seulement les relents religieux de la question, à cause de l’implication d’une Eglise qui suscite l’indignation. Mais plutôt, ce qui ressemble, à ne point s’y tromper, à un mépris effronté et éhonté de la loi.

Habituellement, ma plume sur ce blog transpire la satire et l’ironie, que j’assaisonne tant bien que mal, de lazzis innocents.

Mais aujourd’hui, je n’ai aucune envie d’être drôle. Je ferai de mon mieux, pour ne pas verser dans une longue diatribe. Même si…

Exposé des faits

Depuis pratiquement deux années, notre ministre disant agir au nom de l’Université Félix Houphouët-Boigny , est engagé dans un litige foncier avec l’Eglise évangélique des Assemblées de Dieu de Cocody dite AD.

Ladite Eglise, possède un certificat de propriété foncière (dont j’ai pu obtenir une copie), délivré par le ministère de la Construction en date du 5 septembre 2012, faisant d’elle, le propriétaire exclusif du terrain sur lequel est bâti son temple.

Le ministre, au motif que l’université dispose d’un titre de propriété antérieur à celui de l’Eglise, avait entrepris la destruction du temple et la réalisation de travaux au profit de la fac sus mentionnée.

L’affaire portée devant les tribunaux en novembre 2012, injonction fut faite, par une ordonnance de référé N°4900/2012 du 28 novembre 2012, à « l’université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY de cesser tout trouble et tous travaux sur le site litigieux ».

Cette décision donnait bien entendu la possibilité à la partie adverse de faire appel.

Qu’a-t-elle fait ? Rien !

Face à cette inaction, le certificat de non-appel N° 4098/2012, daté du 20 décembre 2012, a été délivré par le greffier en chef du Tribunal d’Abidjan à l’Eglise des AD le 20 décembre 2012.

Ces décisions ont bien entendu été notifiées à toutes les parties concernées par exploit d’huissier.

Quelle ne fut pas la surprise de la communauté AD de Cocody, lorsque le 2 décembre 2013, M. Bacongo en violation de l’ordonnance du tribunal et sans aucune sommation, ni mise en demeure (aux dires des responsables de la communauté), a fait pénétrer un bulldozer dans l’enceinte de l’Eglise et a procédé à des travaux dits de constructions.

Pire, figurez vous que ce dernier y a posté des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), interdisant l’accès au site (j’ai pu les voir, m’étant rendue dans mon kpakpatoya habituel sur les lieux). Conclusion : l’église ne pouvait plus y tenir ses réunions de prière ! Quel abus d’autorité !

Est-ce en toute légalité que notre ministre agit ainsi ?

Questions troublantes

Je suis consternée que le juge ait débouté l’université qui prétend être le véritable propriétaire du terrain en vertu d’un titre de propriété datant du 11 juin 2004.

Dans l’hypothèse où ce titre ne serait entaché d’aucune irrégularité, pourquoi le ministre n’a-t-il pas interjeté appel de la décision du juge des référés ? N’est-ce pas de la négligence ? Ou dirais-je plutôt, n’avait-il pas en tête, ce projet de passage en force dès le départ ?

Le comble, Monsieur Bacongo, affirme dans son grand cœur, avoir : « Décidé de couper la poire en deux en sollicitant l’expertise du ministère de la Construction pour une simulation avec comme principal objectif, la sécurisation de l’Eglise. Le ministère de la Construction a, donc, divisé le terrain en deux parts égales : 8 000 mètres carrés pour l’Eglise et 8 000 mètres carrés pour l’université ».

Très drôle ! Je me garderai de dire ce qui me vient à l’instant à l’esprit !

Depuis quand le ministère de la Construction est-il arbitre dans les litiges fonciers ? L’Eglise avait-elle donné son approbation pour cette démarche ? A ce que je sache, ce type de conflit se règle au tribunal.

Dans le cas d’espèce, le juge des référés a rendu un jugement des plus limpides, qui est aujourd’hui violé au nez et à la barbe des autorités judiciaires, policières et administratives qui par lâcheté ou par complicité, refusent de l’appliquer.

Fort heureusement, la mobilisation des membres de l’Eglise et des bonnes volontés a permis la réouverture du site depuis le 12 décembre 2013. Ceci dit, selon le communiqué de la direction de communication des AD de Cocody, les forces de l’ordre sont toujours sur les lieux.

Je vous livre une partie du point de presse que j’ai pu me procurer : « Le dimanche 15 décembre 2013, c’est avec regret et indignation que les fidèles de l’Église évangélique des Assemblées de Dieu de Cocody, ont constaté la présence massive et menaçante d’hommes armés de fusils automatiques, sur leur lieu de  culte.  Parallèlement à cette occupation armée, se déroulaient, pendant la tenue du culte, au sein même de l’église, les travaux d’érection d’un mur visant la partition  du terrain, sous la responsabilité  et l’autorité de  M. Cissé Ibrahim Bacongo. Et ce, de manière bruyante et avec une célérité peu commune. Ce fait  qui défie toutes les règles de la vie en communauté, et particulièrement celles de la liberté de culte, est de nature  à choquer toute personne éprise d’un  respect  minimal du sacré… »

Nos ministres et autres institutions sont-ils au-dessus de la loi ?

Je croyais que le gouvernement avait décidé de faire de ce pays un havre de paix et de justice sociale. Je ne savais pas que les ministres étaient perchés au-dessus de la loi et pouvaient librement faire porter, à qui bon leur semblait, le joug de leur autorité.

Cette affaire n’est pas la seule du genre c’est pourquoi je me suis décidée à en parler.

Pour devoir de mémoire, la Côte d’Ivoire a connu une crise grave parce que certains Ivoiriens, se sentaient marginalisés, violés dans leurs droits, mis à l’écart.

Aujourd’hui, à entendre les propos des uns et des autres et à considérer des situations comme celle décrite dans ce billet, qui n’est qu’un épiphénomène dans un tableau général somme toute inégalitaire, il semble bien que malheureusement le navire ivoire soit en train de rejouer la même tragédie de l’exclusion et de la dénégation de justice à certains Ivoiriens. Leur seul tort est de ne pas être suffisamment proches des réseaux du pouvoir actuel ou d’avoir été, de façon avérée ou supposée, un peu trop proche de l’ancien pouvoir.

A quoi joue Cissé Bacongo ? Autrement dit, pour qui joue Cissé Bacongo ?

Dans ce climat de réconciliation nationale, ne vaudrait-il pas mieux aller à la table des négociations ? Avec de telles pratiques, nous voyons que nous sommes loin de la séparation des pouvoirs, exécutif et judiciaire, si chère à la démocratie. Cette dernière, fer de lance du gouvernement, lui a permis d’affirmer sa légitimité.

Alors, fier gouvernement, le pays vous appelle, si vous avez dans la paix réglé ce conflit, notre devoir à nous, citoyens, sera d’être un modèle d’union, de discipline et de travail.

Oui ! Citoyens de tous bords, nous sommes tous concernés par cette « nébuleuse affaire ». Aujourd’hui le temple des AD, demain à qui le tour ?

Shalom !

NB: Vous trouverez le certificat de propriété, la réquisition foncière délivrée par la Conservation foncière et quelques photos sur la fanpage du blog.


Négresse, toute puissante derrière mon clavier

 

Crédit image: Wikimedia commons

Bénis soient à jamais ceux qui ont créé l’internet ! Il paraît que je n’avais point été conçue lorsqu’ils eurent cette idée ingénieuse. Je n’oublie pas le vaillant créateur de l’ordinateur. Qui que tu sois, reçois aussi mes bénédictions et ma sincère reconnaissance.

Si tu es vivant, je te souhaite longue vie sur terre ! Dans le cas contraire, heu… Que ton âme repose en paix sous terre ! Ne soyez pas choqués ! Nous y passerons tous… Vaut mieux en rire !

Internet est un pèlerinage perpétuel. Il me permet de rivaliser avec notre cher et tendre président, grand voyageur devant l’Eternel. Magellan « new generation » !

Je suis au courant de tout ce qui se passe dans le monde. J’ai une pléthore d’amis que je ne rencontrerai probablement jamais… Merci Facebook ! Je braille, hurle, fais de la propagande, dis des âneries sur la toile… Je t’en sais gré Twitter ! Je fais ma star, publie mes photos triées sur le volet et guette le flot de « like » et de commentaires ! Que ferais-je sans toi Instagram ?

Ahhh internet ! Tu engloutis mon temps dans ton néant virtuel, mais qu’importe ?

Ce que j’affectionne par-dessus tout, c’est la possibilité de se créer une identité, se donner un genre, faire grimper sa cote…

Les dieux et déesses de beauté

Rendez-vous compte ! Le net nous permet de revêtir l’identité de notre choix, d’adapter notre physique à notre interlocuteur. Il n’a qu’à demander.

Que veut-il ? Une femme au teint clair ? Eh bien je le suis ! Même si… En vérité, je suis noire comme le fond d’une marmite mal débarrassée de la croûte du riz de la veille (Ne riez pas ! C’est un mets très prisé chez nous).

Qu’est-ce qui lui ferait plaisir ? Un petit modèle aux traits fins ? Regard perçant de Cléopâtre ? Super ! C’est mon portrait tout craché. Même si… Grande grignoteuse de mon Etat, je suis rondouillette, obèse et que j’ai des yeux récalcitrants qui s’entêtent à se lancer des regards menaçants (je louche quoi) !

Je peux être ronde, mince, claire, noire, métisse et même blanche ! Reconnaissons que c’est plutôt pratique. L’on peut avec doigté et malice, obtenir un rendez-vous avec une personne, pour qui dans la vraie vie, l’on ne vaudrait pas mieux qu’un vulgaire rat d’égout !

A l’avènement des cyber-cafés, j’allais tout le temps tchater sur le net avec des mecs et jouer les dévergondées. C’était la tendance. Ne m’en veuillez pas !

Je fis la rencontre d’un de ces vendeurs d’illusions, dont j’ai délibérément oublié le nom !

Rompu à l’art de la séduction, et au jeu de la drague. Il n’avait rien à envier à Don Juan. En l’entendant grasseyer au téléphone, j’étais sûre d’avoir trouvé mon gars ! Yahoo Tchatt, que te dire ?… Je clamerai partout, que le vrai bonheur passe par toi.

Nous nous donnâmes rendez-vous aux II Plateaux. Sur les lieux, je cherchais d’un regard excité, cet Apollon, vêtu d’un polo kaki et d’un jean bleu qui m’avait déjà virtuellement conquise.

Lorsque, enfin  je le vis, j’étais époustouflée ! Mon choc ne fût  pas seulement dû à ce polo délavé, pour avoir été trop lavé (visiblement il en avait usé et abusé) bon à jeter à la poubelle ! Ce n’était pas entièrement  à cause de ce gros portable Erikson, d’un autre siècle, de la taille d’un réfrigérateur, qui faisait en son temps la fierté de ses possesseurs !

Je ne me suis même pas indignée, de sa tentative de me faire payer le transport, pour le fast food ou lui-même m’emmenait. J’ai même feint ne pas comprendre que le seul chawarma qu’il m’avait offert venait de l’achever financièrement !

J’ai été choquée par la taille de son crâne ! Mais quelle tête ! Je grommelai intérieurement : « Le salaud ! Il aurait dû préparer mon esprit à ce truc posé sur son cou » !

Shit ! Je n’ai pas pensé à envoyer ma copine en éclaireuse. La pilule serait certainement mieux passée s’il n’avait point rajouté à la pénibilité de ce moment, en entonnant sur un air d’auto satisfaction, une longue litanie à la gloire de sa personne… Non mais yako à moi hein. Quelle naïveté ! En tout cas on ne m’y reprendra plus…

Désormais, je vais flirter virtuellement avec les puissants ! Les étoiles…

Les stars

Il paraît qu’elles ont fait leur preuve sur le net. Elles sont impararables. Capter leur attention est un long et laborieux processus. Surtout lorsqu’elles font une allergie aiguë  à l’humilité !

La notoriété d’une étoile n’est plus à démontrer. Elle peut détruire en un clic ton image. Son « like », inestimable sésame est plus pur que l’or ; plus précieux que le diamant. Elle ne suit pas n’importe quel compte twitter et n’accepte pas n’importe quelle demande d’amitié. D’ailleurs, si elle t’intéresse, tu n’as qu’à t’abonner à son flux RSS. Tu n’as nullement besoin de faire ami-ami ! Ayiii !! Amitié là c’est forcé ?

Et si tu crois qu’en la taguant sur Twitter tu attireras son attention ou susciteras un quelconque intérêt, tu te rêves ! Tu peux passer ta minable existence à la retwiter, elle t’ignore royalement. Commente ses publications elle s’en fiche ! Qui es-tu toi ?

Lorsque le succès lui monte à la tête et que celle-ci est au bord de l’implosion, la star 2.0 ne se contente plus de t’ignorer. Elle te lance de petites phrases assassines histoire de faire l’intéressante et t’humilier devant le monde entier… Soit dit en passant, la notoriété peut disparaitre aussi vite qu’elle est apparue surtout lorsqu’elle est virtuelle…

D’ailleurs, je crois que je vais me passer des stars. J’irai plutôt papoter dans les groupes Facebook. Ils regorgent de potins et de nouveautés sur le langage virtuel. Entre les « lol », « mdr », « ptdr », « mkl », « ysvdr », « #dead »… Il faut toujours se mettre au diapason. Mais surtout, il y a toutes sortes de tempéraments donc très souvent des querelles ! Pur régal pour moi…Regarder les gens se clasher sur les réseaux sociaux, c’est mon passe-temps favori.

Internet à mes risques et périls

Derrière un clavier, tout est possible. On peut être qui on veut se donner une nouvelle sainteté, redorer son image ou se décrédibiliser, se vendre comme une marque, etc.

Derrière un clavier, une personne qui dans d’autres circonstances serait obligée de prendre un rendez-vous pour s’adresser à vous ou qui n’oserait même pas vous regarder dans les yeux n’hésitera pas à vous tutoyer et vous faire des commentaires insultants. Ce qui me casse, c’est lorsque certains narquois se croyant malins, t’adressent des paroles désobligeantes accompagnées d’un « smiley » et d’un « lol » ; histoire de te faire croire que c’est une plaisanterie  et fermer ta gueule. Genre « tu es vraiment une paysanne toi ! Retourne dans ta brousse conasse ! Lol ».

Tsruuu… J’attends le premier malotru qui va me faire ce coup ! Il aura de mes nouvelles ! Lol !

Shalom !


Stage à l’ivoirienne: une formation domestique

Stagiaire débordée, surexploitée
Stagiaire débordée, surexploitée (par Marine Fargetton)

Il est des stages desquels vous ressortez complètement brisés, détruits, anéantis. Je dirai même totalement abrutis. Certains stagiaires au QI peu enviable, à l’intelligence douteuse, se révèlent plus benêts qu’avant. Réalité paradoxale !

Si avant le stage, vous étiez un tant soit peu sagaces, vous êtes prémunis ! Vous en ressortirez certes frustrés et abêtis, mais grâces soient rendues à Dieu, recouvrer votre sagacité, devrait s’avérer chose aisée…en principe.

Je relatais deux semaines plus tôt, les péripéties jalonnant le parcours du stagiaire ivoirien. Bus, taxi communaux etc.

Il brave hardiment ces obstacles, espérant parfaire une formation, parfois compromise ab initio, du fait de la médiocrité et de l’inadéquation des enseignements reçus (si bien sûr enseignement il y a eu !).

Désillusion : jour J-1

A son premier jour en entreprise, le stagiaire arbore un large sourire, dissimulant son arrogance, son angoisse et les aspects les plus retors de son caractère, sous une pseudo sociabilité et une fausse modestie.

Il joue les gentils toutous, démontrant à l’envi, que le : « Ayant un très profond désir de réussir mon insertion professionnelle, je sais m’adapter et ai le sens des responsabilités, de l’organisation et de la rigueur », contenu dans sa lettre de motivation, n’était ni du bluff, ni un leurre.

Il fera montre d’une disponibilité qui frise le harcèlement auprès de ses supérieurs, en quémandant presque, du travail.

Ceux-ci, en parfaits hypocrites, sourire narquois aux lèvres, acquiesceront, en maugréant entre eux:

– Ils font comme s’ils sont polis et aiment travailler. Quand on va les envoyer, ils vont commencer à serrer visage. Attends ! Tu vas nous sentir dans ton corps…

Une vie de larbin

Marine Fargetton/ Image Profil mondoblog
Marine Fargetton/ Image Profil mondoblog

Le cursus du stagiaire en entreprise est un grand classique. Il l’amorcera par une agaçante carrière d’archiviste-coursier. Il sera désormais responsable de tous les documents, y compris ceux dont il ignorait l’existence et qui lui seront exigés, non sans la menace de voir son stage s’écourter.

Puis, s’en suivra une initiation intensive à l’art de la photocopie ! Je ne sais pas si la photocopie fait l’objet d’un cours de spécialisation dans toutes nos institutions académiques, mais, en tout cas, une chose est sûre, la majorité des stagiaires ont la maitrise des photocopieuses les plus complexes.

A ce stade, il n’a pas encore touché le fond. Le déclin survient lorsque des impudents à l’autorité démesurée, notoirement habitués à être servis, confondent le statut de stagiaire à celui de domestique.

J’en ai fait les frais. Jonglant entre les courses, les photocopies et l’obligation de veiller à ce que la secrétaire ait son déjeuner en temps et en heure !

Ma vie de boniche a atteint son paroxysme, lorsqu’elle a osé un jour, interrompre mon travail (Oui ! il arrive quelques fois que le stagiaire travaille effectivement), pour aller lui faire cirer ses chaussures ! Je croyais rêver ! (Elle m’a maltraitée hein… Je l’attends au tournant ! Non mais…. !!!! Yako quoi !!!).

Ebaudie, j’avais envie d’accompagner d’une paire de gifle, ce coup de g**le de Marnie :

Marnie en avait marre comme moi! (par Marine Fargetton)
Marnie en avait marre comme moi! (par Marine Fargetton)

Mais il n y a pas eu d’arrachage d’œil ! Je me suis exécutée ! Si c’est cela le stage à l’ivoirienne… Franchement ! Non mais yako* quoi! Yako Stagiaire!

J’ai laissé trainer mes oreilles du côté de Lomé. Chez ce Togolais de nationalité ! Vous savez, ce blogueur résidant à  Cacavelli, qui ne respecte que les règles qu’il se fixe ! Il semble bien que les stagiaires soient liés par une communauté de destin sous tous les cieux…Il nous livre le bruit de son silence…

Tout ça pour ça ?

Aphtal Cissé (Photos profil Facebook)
Aphtal Cissé (Photos profil Facebook)

Je me délectais d’une épaisse bouillie de mil au bord de la route, lorsque j’ai reçu le coup de fil du service DRH de la plus grosse société de télécom du Togo. On vient de m’accorder un stage ; au lieu du Département Juridique comme je l’avais demandé, on m’affecterait au Département Moyens et Logistiques, car « on y manque de personnes, et celui qui y est, est en fin de contrat » !

Seigneur, il y a-t-il une nouvelle meilleure que celle là ?

Présentation par la secrétaire au Directeur du Département, à ma supérieure hiérarchique (ouais j’ai toujours eu la veine de bosser sous de charmantes dames), au personnel du Département (le seul contractuel en partance), et me voilà, dès mon premier jour, à arpenter les couloirs de cet imposant édifice de 9 étages, les bras chargés de dossiers dont j’ignore tout.

Je n’ai eu que très peu de temps pour m’adapter et apprendre mon travail. Le contractuel s’en est allé (aigri par le non reconduit de son contrat), et ma supérieure n’attendait que des résultats ; rien à foutre je pouvais ou savait faire quoi que ce soit.

Le Département Moyen et Logistique/Service Achat et Approvisionnement, est certainement l’un des départements où il y a le plus de travail à abattre; j’étais donc débordé!

Je prenais toujours mon service, une demi-heure avant 7h, pour rentrer parfois après 19h. Comme j’avais la clé du bureau, je m’y rendais quelques fois les samedis, pour boucler certains dossiers avant lundi.

Tout cela pourquoi ? Bah, d’abord, il y avait énormément de travail à rendre, mais aussi et surtout, je pourrai être pris, on ne sait jamais ; il n’y avait aucun salarié dans mon département, et je me débrouillais plutôt bien, alors qui sait ?

Ma supérieure d’ailleurs semblait m’apprécier : je conduisais parfois sa voiture ; j’allais même jusqu’à chercher son rejeton à la sortie des cours. J’aurais dû être pris ; je faisais tout pour ! Je me suis endetté pour renouveler ma garde robe. Nouvelles chemises, cravates, chaussettes, vestes, parfum… bref, il fallait être irréprochable quoi. Et jusque là on ne me reprochait rien.

J’étais tellement dévoué, (avec l’aide de mon ami et Co-stagiaire Edem), que ma supérieure a failli me refuser d’assister aux obsèques de mon grand-père au village, à la mort de ce dernier (Snif, vieux Gustave, repose en paix ! Fier d’avoir porté ton cercueil, à défaut de t’offrir le poste radio que tu m’as demandé ! Snif). Hein ? Vous vous rendez compte ?

Bref, nous étions tous confiants que les postes à pourvoir nous reviendraient d’office. Mais le rêve était trop beau pour être vrai. « Aphtal, toi aussi ! Tu ne trouves pas que c’est un peu trop facile ? », Se moquera un ami de la fac.

Le dernier jour de notre stage, la secrétaire nous introduit dans le bureau du Directeur du Département, qui nous dit peu près ceci :

« Les enfants, je ne vous ai pas personnellement suivis, mais vous avez fait du bon boulot. En tout cas, j’ai senti que les choses ont bougé ! C’est bien. Gardez cette énergie, ok ? Les portes du Département vous seront toujours ouvertes. Revenez quand vous voulez ; n’hésitez pas à venir aider, si vous vous ennuyez à la maison ; vous-même vous voyez comment il y a du boulot non ? Continuez par chercher ; déposez les demandes, ça va finir par payer d’accord ? Merci beaucoup et bonne chance. »

Je suis sortit du bureau du Directeur avec un léger vertige. Mais le comble de l’ironie, c’est qu’en regagnant mon bureau, un jeune homme était assis sur une chaise, lisant des trucs posés sur une table !

« Bonjour, vous désirez     ?

– Ah bonjour ! Je suis stagiaire ; je viens de recevoir ma note de service, je commence ce matin… »

J’ai juste souri, et j’ai dépassé le nouvel imbécile de l’administration togolaise, pour aller signer ma demande d’attestation au DRH.

Ma supérieure n’était même pas là pour pour rédiger une petite note élogieuse, adressée  à ses supérieurs. Chiche ! Je suis sorti avec le sentiment du devoir accompli ; et depuis je n’en cherche même plus ces stages non rémunérés et ingrats.

Comme l’a parfaitement résumé mon lecteur tant aimé : « Un stagiaire sait bien qu’il n’y aura pas d’embauche, mais il préfère rester optimiste. Il se dit qu’il y a peut-être une chance de rester, même si c’est de l’ordre de 0,01% ! Il s’accroche à cette lueur d’espoir, attendant que son patron, cet homme ou cette femme qui se trompe avec autorité, lui annonce les mots magiques.

Bon courage et pensée spéciale à tous les stagiaires de 1,2 voir 3 ans d’expertise …. ».

Nous avons dit !

Yako: Expression ivoirienne qui exprime la compassion


Joyeux anniversaire à moi!

Crédit image: Wikimedia commons

Quelle histoire ! Quelle journée ! Non mais yako quoi ! A 15h40 minutes précises j’aurai 30ans ! Seigneur… Pourquoi si tôt ?

Un ami à qui j’exposais mon angoisse à l’idée d’approcher la trentaine me fit cette réflexion blagueuse : « Ne t’inquiète pas ! Bientôt, tu t’en éloigneras de plus en plus ». J’ai ri jaune hein…

C’est fou comme le temps passe vite. La vie est trop courte et je me fais vieille. Fort heureusement, je ne suis pas un cas désespéré.

D’après la géographie de la femme, à cet âge, je suis comme la France. Fière de moi, je me prends pour le nombril du Pape, car plusieurs voudraient visiter ou venir chercher fortune.

Tant que je n’ai pas atteint la phase « Russie » (41 et 45 ans), « étendue, aux limites incontrôlées. Mais le climat froid décourage les visiteurs », ça me va !

Ces trente années m’ont apporté de belles choses. Le blogging en fait partie. L’accession à cette plateforme, a une saveur particulière. J’ai donc décidé de publier mon tout premier billet, écrit à l’occasion du concours Mondoblog.

Je ne l’ai pas fait plus tôt, parce que le sujet n’est pas vraiment d’actualité. Mais c’est mon anniversaire aujourd’hui. Je peux me le permettre. J’y tiens, c’est en quelque sorte mon visa …

Je suis en carême, foutez moi la paix !

Comme vous le savez, j’adore le « kpekpessage », les « gossip », les bruits de couloirs.

J’en conviens avec vous. La vie de commérages n’est pas saine. Je me soigne. Ce n’est pas facile ; mais soyez-en sûrs, ma guérison germera certainement sous peu. Je ne serai plus une peste colporteuse de ragots ! Enfin… Je crois.

D’ici là, permettez-moi de vous raconter cette petite indiscrétion qui m’a arraché un sourire, et…Un soupir.

Le Ramadan avait débuté depuis une semaine environ. j’étais sortie me faire un transfert d’unités chez le boutiquier du coin, qui au passage depuis quelques jours, était d’une irritabilité aussi intrigante qu’agaçante. En retournant chez moi la tête chargée de mille et une questions, sur les raisons qui pourraient justifier la mauvaise humeur de ce satané Diallo*, habituellement si courtois, la conversation entre deux hommes, captée par mes grandes oreilles de kpakpato (rapporteuse), va répondre à ma préoccupation.

J’écoute comme à mon habitude avec un grand intérêt, le monsieur cracher sa frustration de mâle dominant, scandalisé, de s’être fait rabrouer, par une petite secrétaire de rien du tout, animée d’une agressivité qui selon ses dires ne se justifierait que par le carême.

En y pensant, il n’avait peut être pas tort, hein ?

Le ramadan : période de toutes les frustrations…

En effet, le mois de jeûne, période de toutes les saintetés et de toutes les privations surtout, est particulièrement stressant pour nous les « mangeurs internationaux ». Que l’on soit au marché, dans les transports, dans les administrations ou même dans la rue, chacun en prend pour son grade.

A Abidjan, que nous appelons affectueusement « la perles des odeurs lagunes » lorsque tu te rends au marché pendant le Ramadan, ne pose jamais plus de deux questions à la vendeuse. Tu t’exposerais à un long : « tchrouuuuu » suivi de paroles acerbes dites dans un français très « ivoirisé » :

 – Ma chérie : quitte devant ma table les clients vont me voir ; si tu ne veux pas acheter là, faut partir ! 

Hum ! Sans commentaire…

De plus, il est recommandé dans cette sainte période, de se balader avec une combinaison. Car à tout moment, vous pouvez recevoir ce crachat visqueux emmagasiné dans la bouche d’une fervente musulmane, dont les glandes salivaires peu habituées à ne rien humidifier sur une si longue période, font de la surproduction !

Après  avoir gâché votre journée, elle vous lancera, au mieux, avec la plus totale désinvolture un « pardon madame »! Au pire, c’est vous qui aurez à vous expliquer sur la raison de votre présence sur le trajet de son saint crachat.

Je ne vous parlerai même pas du chauffeur de taxi, qui n’hésite pas à vous gueuler dessus, parce que vous lui faites gentiment remarquer, que le fait qu’il soit l’heure de rompre le jeûne, ne justifie en rien qu’il mette votre vie en danger par sa conduite digne d’un Paris-Dakar.

Jeûne là, c’est forcé ?

Je ne sais, si de tels agissements sont imputables à la faim! Mais en toute honnêteté, c’est à se demander si ce jeûne s’effectue sous la contrainte ou s’il est vraiment l’expression volontaire et joyeuse d’une foi profonde.

Je ne suis pas musulmane.  Je n’ai rien contre les musulmans. Ce billet n’a pas non plus pour objet de dénigrer qui que ce soit. D’ailleurs, Dieu me garde d’avoir de telles pensées et un tel comportement. Toutefois, certaines vérités doivent être dites.

 J’espère ne plus être exposée à ces situations inconfortables car l’objectif visé par le Ramadan, est si je ne m’abuse, la piété et la sobriété. Ceci implique le respect, la douceur la tempérance et l’amour.

J’ai découvert dans mes lectures cette phrase du prophète : « Le jeûne est un bouclier contre le feu de l’enfer ».

Veillons donc à ce que notre attitude durant cette période sacrée du Ramadan, ne nous attire pas les foudres de l’enfer !

Sur ce, as-salām ʻaláykum !

PS : Pour ceux qui me connaissent, ne vous étonnez pas de me voir avec les cheveux courts et crépus je suis en mode natural and Happy (Nappy).

Je fais ma crise de la trentaine je crois… Bises !

Diallo: Surnom que nous donnons à nos chers boutiquiers


Stage à l’ivoirienne: récit d’un parcours

Crédit image: wikimedia commons

J’ai toujours eu un dream. Non à la Martin Luther King, mais à la Babeth Lizy. Mon cursus scolaire et mes projets d’études ont toujours tourné autour de la réalisation de ce rêve. Les six années, (voire dix) de stage, que m’imposent l’accession à cette profession à laquelle j’aspire tant, n’ont point, loin s’en faut, entamé ma motivation.Les ourdissages des « dignitaires » de la corporation, qui dans la crainte de voir s’accroître leur nombre, œuvrent à rendre de plus en plus rocailleux, le chemin menant à la nomination à cette noble fonction n’ont pas eu raison de ma détermination. Lorsqu’à l’issue d’une quête obstinée et persévérante j’eus l’opportunité de faire mon premier stage, j’étais toute retournée et excitée.

– Enfin ! M’écriai-je intérieurement. Je pourrai me lever tous les matins, chausser mes escarpins made in China, comme ces pipelettes BCBG, au regard altier de mon quartier, pour moi aussi me rendre au boulot.

Hey ! Elles sont peut être bon chic bon genre, mais moi, en plus d’être intelligente je suis beau cul belle gueule. Pardon? Imbue de ma personne ? Laissez moi faire mon atalaku* ! Qui va se négliger ?

Les premiers émois de la stagiaire passés, vint l’angoisse du trajet quotidien pour me rendre au boulot.

Lorsque vous êtes un fonctionnaire moyen, sous payé, ou un eternel stagiaire surexploité comme moi, vous n’avez pas de véhicule. Le trajet vous menant au bureau, surtout pendant l’année scolaire, synonyme d’embouteillages, constitue un réel périple.

Vous finissez par regretter vos soupirs incessants, après la reprise des cours. Car le vacarme de certains écoliers malappris, qui n’ont pas compris qu’une cité résidentielle impose un minimum de savoir vivre, parait insignifiant au regard des accrocs que vous feront subir les bouchons.

D’autant plus, que la dragonne cracheuse de feu, qui vous sert de boss, se fiche des péripéties jalonnant votre itinéraire. Le respect des horaires est par conséquent la garantie du maigre salaire, pour lequel les vautours au flair aiguisé qui vous entourent, lorgnent le calendrier, attendant impatiemment la fin du mois pour vous exposer leurs infortunes.

Inutile par ailleurs, d’espérer vous abriter sous le « parapluie atomique » de la secrétaire. Dans la ferme intention d’affirmer son statut de « boss bis », elle n’hésitera guère à vous dénoncer. Il faut bien mériter les prébendes que lui donne sa chef…

Son Message subliminal ?

– Ici, après la patronne c’est MOI qui commande. Ça ne changera pas ! Toi tu n’es qu’une stagiaire, tu viens d’arriver ; tes diplômes là, on s’en fout !

Te voilà prévenu stagiaire ! Obligation de ponctualité ! Une stratégie s’impose…

Le recours à un ami véhiculé et généreux

Le meilleur moyen d’arriver sereinement au service, est de te faire un ami véhiculé. Attention, un pote qui a une voiture neuve de préférence. Tu ne peux pas te permettre de monter dans une vieille caisse pourrie, familière des panes à répétition.

Tu seras naturellement soumis aux horaires de ton bienfaiteur.

– Tu finis à 16h ? Hé bien lui compte rentrer à 20h. Tu n’es pas content ? Beh casse toi pauvre c**, oups ! Je me suis prise pour l’autre ! (Soit dit en passant, c’est lui qui aura fini par se casser… Et depuis…Bref ! Passons !)

Rien ne t’oblige à l’attendre ! Ah si… suis mon regard.

Tu uses et abuses de son siège, faisant fi des remarques acerbes, des rictus à tes blagues auxquels il riait jadis à gorge déployée. Il te dit subtilement, qu’il en à marre de subir ton encombrante présence et ta conversation désormais rébarbative. Mais rien y fait. Tu restes sourd à ses signaux pourtant criards.

Pire, tu te mues en sorcier. Distillant tel un venin mortel, tes ondes négatives. Les paroles incantatoires, visant à contrarier tout projet de voyage, ou de mission, exprimées par ton âme, l’attestent. Car s’il voyage, qui va te déposer au boulot gratuitement ? Hein ! Son absence pèserait lourd sur ta bourse et t’imposerait des séances régulières de jeûne et prière. Sorry ! Impossible !

Si malgré tout, ton pote t’envoie bouler, tu as une deuxième option :

Les transports en communs

Les plus économiques, sont les bus de notre chère Société de Transport Abidjanais (Sotra) qui protège jalousement son monopole en neutralisant toute forme de concurrence. Certaines mauvaises langues, la définissent comme la Société Organisée pour Tracasser les Abidjanais (les ingrats).

Pendant mes périodes de vaches maigres, je suis tentée d’en emprunter les bus. Mais le souvenir de mon visage collé à la vitre, étouffée par une foule entassée et pratiquement empaquetée telle des sardines en conserve, me fait hésiter…

Je n’y renonce pas pour autant. Mes ressources m’imposent un calcul mathématique des avantages liés à cette probabilité. Je cogite une seconde fois, mais la réminiscence de ces élèves allergiques à la douche essuyant la sueur dégoulinant de leurs visages sur mon corsage, a tôt fait de me décourager.

En outre, l’arrestation musclée dont je fis l’objet, en plein midi sur le Boulevard Lattrille par les contrôleurs, pour fraude, demeure toujours aussi traumatisante (ne cherchez pas à comprendre,  j’ai même été embarquée dans leur cargo… ). Non merci !

J’opte pour les taxis communaux, dits « Wôrôwôrô ». C’est la saison des vaches grasses pour ces aigrefins, maîtres dans l’art de la gredinerie. Ils n’hésitent pas à doubler sans aucun état d’âme le coût du transport. Les passagers n’ont d’autre choix que de se plier à cette escroquerie.

Que peuvent-ils faire ? Protester ? Ils n’en ont cure ! Injurier ? Cela ne résout rien. Porter plainte ? Auprès de qui ?

La solution est d’acheter ma voiture. Malheureusement, ce n’est pas pour demain. Je dois encore patienter. C’est décidé j’emprunte un taxi !

J’arrive sur mon lieu de stage pour faire la boniche ma formation…

Affaire à suivre…

Shalom !

*Atalaku : Chanter les louanges