Babeth

16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre : les médias et activistes ivoiriens sont-ils au Rendez-vous ?

Les violences à l’égard des femmes et des enfants sont à l’occasion de la campagne internationale « 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre » (qui se tient du 25 novembre au 10 décembre) au cœur de plusieurs activités initiées par le Ministère de la Femme de la Famille et de l’Enfant (MFFE).

A cet effet, un Atelier de sensibilisation des professionnels des médias sur les violences contre les femmes et les enfants a été organisé le 27 novembre au Centre Saint Egidio à Treichville. Plusieurs exposés et présentations ont permis au ministère de partager avec les professionnels des médias et les blogueurs présent l’ampleur de ce fléau en Côte d’Ivoire et la nécessité d’en parler…

De quelles violences parle-t-on ?

Viol, agression sexuelle, agression physique, mariage forcé, déni de ressources et d’opportunités, maltraitance psychologique et émotionnelle, la violence basée sur le genre, revêt plusieurs formes et est selon le document de la Stratégie Nationale de lutte contre les VBG, adoptée en 2014 par l’Etat de Côte d’Ivoire, un terme générique désignant tout acte nuisible et préjudiciable perpétré contre le gré de quelqu’un (sans son consentement donc) et qui s’est basé sur des différences socialement prescrites entre hommes et femmes / filles et garçons.

Ces violences puisent leur source dans les stéréotypes culturels, les facteurs individuels dont l’analphabétisme et les facteurs institutionnels, notamment la faiblesse des lois protégeant les enfants. Parfois elles sont tout simplement la conséquence de l’orgueil de l’homme et sa soif d’assouvir ses propres penchants.

Selon le rapport de GBVIMS 2016, toutes les tranches d’âges sont touchées par le violences basées sur le genre y compris les enfants âgés de 0 à 4 ans (3,4%). Le taux de viol sur les enfants de 0 à 17 ans est de 61,84%.

En matière de violence basée sur le genre, la règle d’or est le consentement ; une notion qui ne doit jamais être perdue de vue. Le consentement doit être donné par une personne âgée de plus de 18 ans, en pleine possession de ses capacités mentales, sans intimidation ni menaces. Par conséquent, dans ce domaine, entre 0 et 18 ans, l’enfant n’a pas de consentement.

Faire plus c’est possible

Certaines formes de violences sur les femmes et les enfants ont été largement couvertes par nos journalistes, parfois sous l’impulsion de médias étrangers. Les plus emblématiques sont sans nul doute le travail des enfants dans les plantations ivoiriennes et le fléau de l’excision qui font jusqu’à ce jour l’objet d’une âpre lutte.

Cependant, d’autres formes de violences toutes aussi désastreuses sont répandues sur le territoire ivoirien et ne sont pas assez dénoncées. L’exposition à la violence familiale, le viol conjugal, les folles engrossées, la négligence et la maltraitance dont l’une des conséquences est la multiplication des enfants de la rue, les attaques répétées contre l’estime de soi (humiliations isolement, exploitation), les caresses et attentions non désirées et le travail des enfants dans les villes autour desquels règnent tabou et indifférence.

Cette faible médiatisation, a été débattue au cours de cet atelier. S’il est reproché aux journalistes de ne pas assez enquêter sur ces faits de société pourtant bien réels, ceux-ci soulignent le manque de collaboration des autorités gouvernementales quelque fois hostiles à la presse et donc peu enclines à collaborer avec elle sur ces sujets sensibles. En outre, les données statistiques relatives aux violences à l’égard des femmes et des enfants ne sont pas régulièrement mise à jour ; la dernière mise à jour datant de 2016 aux dires du ministère.

Par ailleurs, de telles enquêtes nécessitent des moyens dont les rédactions ne disposent pas toujours. Lorsque certains en dépit de ces barrières se prêtent à l’exercice, leurs efforts sont trop souvent récompensés par l’inaction des autorités compétentes.

Toutefois, ces obstacles bien réels ne devraient pas refroidir notre ardeur ou nous laisser nous complaire dans l’indifférence… Ayant été exposée pendant plus d’une trentaine d’années à des violences familiales, ayant mesuré leur impact sur ma propre personne, je mesure plus ou moins l’impact de la violence basée sur le genre sur une vie…

S’informer, dénoncer en tenant compte de la nécessité de protéger les victimes survivants (le terme consacré en matière de VBG)… Persévérer, même lorsque nous ne sommes pas entendus tel devrait être notre rôle ; pourquoi ne pas commencer par « Le travail des enfants dans les villes » ? A nous revoir…

Shalom !


L’interview presqu’imaginaire de Affoussiata Bamba Lamine

La dernière fois que nous nous sommes approchés de l’émergente Affoussy Bamba Lamine, ex Ministre de la Communication pour une presqu’interview, son moral n’était pas au beau fixe. Elle retrouvait à peine ses esprits suite à la formidable gueule de bois infligée avec une insolence assumée par la députée Yasmina Ouegnin, sur le ring de Cocody… battle mémorable !

Nous retrouvons la Ministre dépossédée avec mention de son ministère par Alassane 1er Roi de Côte d’Ivoire dont elle louait en 2015 sur les antennes de la RTI 1, l’incroyable aura, qui avait permis à la Côte d’Ivoire d’embrasser sa deuxième coupe d’Afrique.

Dans son bureau ministériel, celle-ci, lunettes de soleil Giorgio Armani agrafés au visage (on devine bien pourquoi), rassemble ses effets personnels. Elle n’est plus Ministre, elle a du plomb dans l’aile, elle a le vague à l’âme, mais elle l’a surtout mauvaise ! Nous en faisons les frais !

Humeurs Nègres : Madame la Ministre…

Affousy Bamba Lamine : (Elle coupe sec) ! Ce n’est pas le moment…

HN : Nous voulons juste vous arracher quelque mots relat…

ABL : Vous êtes sourde ? Rendez-vous à mon domicile à Cocody. Je n’ai pas le temps maintenant. Je fais mes valises… heu… Pardon… mes cartons…

Nous la retrouverons deux années plus tard à son domicile. Fraichement rentrée du 6ème congrès extraordinaire du PDCI RDA à Daoukro. Le camarade Bédié en pleine instance de divorce avec son cher cadet Alassane 1er, a rassemblé ses troupes et tous les bannis du banquet royal qui crient vengeance… L’ex Ministre qui avait même pris la pose aux côtés du Camarade Affi N’Guessan est prête à briser le silence…

Calfeutrée dans les bras de son tendre époux, elle a troqué ses lunettes de soleil Giorgio Armani pour des Gucci arrondies et élégantes. Sans surprise aucune, elle arbore une nouvelle perruque…

LN : Nous mettons avec impertinence les pieds dans le plat ! Madame la Ministre qui a gagné les élections régionales de 2016 à Cocody ?

ABL : Elle ajuste ses lunettes griffées ; puis avec une moue quelque peu indignée s’exclame… Allez visionner ma vidéo Facebook live où je célèbre trop tôt ma victoire et dites-moi qui a gagné les élections ! Je demande un recomptage des voix…

HN : Comme Laurent Gbagbo en 2010 ?

ABL : Ce n’est pas pareil Madame… Rétorque-t-elle non sans agacement. Son époux lui caresse tendrement la perruque comme pour la calmer…

HN : Vous avez été sauvagement évincée du gouvernement ; le PAN Soro Guillaume en dépit de ce qu’il affirme et malgré la libération de Soul to Soul du goulag où il a séjourné, semble être en froid avec le roi Alassane 1er. D’ailleurs l’interview de la Ministre Kandia Camara, nouveau visage du RDR à l’hebdomadaire Jeune Afrique semble avoir exacerbé les divergences entre le camp Soro et le RDR. Le Ministre Alain Lobognon suite au scandale du détournement des primes des Eléphants a été chassé du gouvernement, puis remercié par la population de Fresco lors des récentes élections municipales.

De plus le candidat KONE Tehfour, soutenu par la PAN aux élections municipales à Abobo a littéralement mordu la poussière face à Hamback Ministre de la Défense ; ils ont mal tchoun* Abobo… il semblerait que ce soit des temps de vaches maigres chez les Forces Nouvelles…

ABL : Elle marque une pause de cinq secondes puis en suffoquant… Nous préparons la résistance…

LN : Quelque peu horrifiées nous nous exclamons… Une autre rébellion ?

ABL : Ça ne va pas ? Dit-elle en réajustant sa perruque… Puis toujours aussi offusquée, marque son indignation… Nous sommes des démocrates. Nous avons décidé en 2002 de nous lever pour notre droit à la Carte Nationale d’Identité. Et nous ne regrettons rien ! Désormais notre combat est pacifique et à main nue. Nos armes sont nos mots, notre résistance et notre ténacité. D’ailleurs vérifiez sur mon compte Facebook j’ai remis les pendules à l’heure à propos de l’arrestation de mon frère Soul to Soul, de la question du troisième mandat de Alassane 1er et de l’impérial nécessité de réformer la Commission Electorale Indépendante (CEI) avant les élections municipales !

Puis avec des trémolos dans la voix elle conclut :

Aujourd’hui Soul est libre, je n’ai pas été entendue pour les municipales, mais le combat pour la justice a commencé, la lutte pour la vérité aboutira ! DIEU est JUSTE ! Vive la Côte d’Ivoire, notre chère patrie!

Ovajab !

HN : Ça c’est le slogan du FPI Madame la Min….

ABL : Sortez ! Je vous ai assez vue…

HN : Mais Madame la Ministre …

ABL : C’est dit ! Sortez svp.

Une dernière tentative avant d’être escortée vers la sortie

HN : Mais vous avez conscience que vos nombreuses sorties contre Alassane 1er agacent quelque peu vos anciens alliés. Votre sortie en juin dernier sur l’éventualité d’un troisième mandat du roi vous a valu une critique de l’honorable Mariam Traoré qui vous exhorte à plus de gratitude vu les nombreux bienfaits du Roi à votre endroit…

ABL : Je la laisse entre les mains de sa rivale Affou Keita…

Elle se replonge dans le confort des bras de son tendre époux sans mot dire… Fin de l’histoire…

Cet entretien n’ira pas plus loin à notre grand dam ; il commençait à peine à devenir intéressant mais nous y reviendrons… Enfin… Peut-être…

Shalom !

Tchoun: expression ivoirienne qui signifie vendre


La Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire reprend la lutte

Marche de protestation FESCI;  Crédit Photo Yssouf Sanogo

Pour un grand nombre, c’est une fédération voyou, peuplée d’arsouilles, qui depuis 1990 en aura fait baver les braves et bonnes gens. Kouadio Konan Bertin dit KKB, ex député sulfureux, grande gueule au sang chaud, dira en 2011 à l’occasion de la chute du régime de l’intrépide Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien et au changement du pouvoir politique, que la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) est « une association de bandits, qui a fait de la loi du plus fort son seul moyen d’expression ».

Pourtant, les membres de la FESCI ne voient pas leur fédération sous cet œil ! Elle, qui naquit sous le bienveillant regard de Dieu et fut investie de la sacro-sainte mission de délivrer les élèves et étudiants des griffes de plus forts qu’eux, ne saurait être une organisation malfaisante. « La FESCI est née à l’église Sainte Famille de la Riviera 2 le 21 avril 1990. Naître à l’église, c’est naître de nouveau… La FESCI était l’espoir d’une lutte pour la démocratie, pour le pluralisme syndical, pour le multipartisme, pour la démocratie vraie… » m’avait confié son chargé de communication S. K.  Kouamé qui m’avait accordé un rendez-vous le 20 septembre dernier suite à la crise qui a récemment opposé la Fédération estudiantine au gouvernement. Vous savez bien que j’aime fouiner…

C’est dans l’enceinte de la Cité rouge, résidence universitaire sise dans la Commune de Cocody, occupée aux premières heures de la chute du régime de Laurent Gbagbo par la milice pro-Ouattara, mais restituée aux étudiant depuis 2015, que m’accueille mon contact que je nommerai Fred, puisqu’il refusera de me donner son nom, pour cause de… Disons… changement de protocole…  On n’est très très prudent à la FESCI.

Bras de fer contre les autorités ivoiriennes

Au sein de la FESCI, certaines habitudes n’ont pas beaucoup changé. La révérence envers les plus gradés et le salut militaire ont toujours pignon sur rue. Quant aux surnoms truculents, ils sont plus que jamais à la page ! A couteaux tirés avec le gouvernement ces dernières semaines, la Fédération est au cœur de l’actualité pour avoir organisé les 13 et 18 septembre des marches de protestations contre le coût élevé des frais d’inscription dans les lycées et collèges ; augmentation que démentent les autorités gouvernementales qui ne tiennent pas compte pour ce démenti des frais annexes d’inscription qui contribuent allègrement à augmenter lesdits frais.

Dans la cour de la cité, les capsules des bombes lacrymogènes, vestiges des représailles menées par la police, suite à cette marche, sont entassées au centre du terrain de basket-ball… 40 étudiants en détention préventive, croupissent dans les geôles de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) suite à ces protestations.

(La vidéo intégrale de cette attaque de la cité rouge en fin d’article)

A l’avènement de l’empereur Alassane Ouattara, l’actuel président de la Côte d’Ivoire, la mise hors d’état de nuire de la FESCI était une ambition personnelle des autorités ivoiriennes. Un vieux dicton chez nous, dit que « chacun a son terminus ». L’État ivoirien était de toute évidence résolu à démontrer aux caciques de la Fédération Estudiantine de Côte d’Ivoire, la véracité de ce dicton en mettant un point final à ce syndicat à la réputation sulfureuse. Et pourtant…

La FESCI en dépit du profond désert qu’elle a dû traverser, résultante de toutes ces années d’impunité et de son positionnement politique depuis l’avènement du multipartisme jusqu’à la crise post électorale, à laquelle elle avait pris une part active en soutenant armes en main l’intrépide Gbagbo, demeure au cœur des luttes estudiantines. Sa dernière action a d’ailleurs abouti à une plainte portée par la toute puissante ministre de l’Education Nationale, promue Secrétaire Générale du RDR (parti au pouvoir) Kandia Kamissoko Camara, contre le Secrétaire Général de la FESCI Assi Fulgence.

Carnet de revendications

Hormis le prix des frais annexes d’inscription (pédagogie, cotisation exceptionnelles, tableau et salle de professeurs, balais, paquets de rames, papier hygiénique…), qui diffèrent d’un établissement public à l’autre et qu’elle assimile à un vol organisé, le principal syndicat des étudiants exige :

  • La restauration des sessions de remplacement pour les examens à grands tirages (BEPC, Baccalauréat) pour les élèves (notamment brillants) n’ayant pas pu passer leurs examens pour des cas de force majeures ;
  • La suppression des comités de gestion des établissements scolaires (COGES), dont ils ne voient pas l’utilité ;
  • La restauration des bourses (outils d’excellence) pour les élèves…

Elle assure avoir moult fois tenté la voie pacifique en sollicitant une audience auprès de la ministre de l’Éducation Nationale sans jamais obtenir gain de cause. La suite on la connait…

Ange ou démon, la FESCI qui assure désormais n’avoir d’yeux que pour des revendications sociales reste toujours debout et poursuit son action qu’elle compte bien mener à son terme. La preuve elle a bien arraché une audience à la ministre de la Solidarité, de la femme et de la Protection de l’Enfant, Mariétou Koné et suspendu son mot d’ordre de grève… « Quand tu es dans le vrai, on va beau te critiquer, tu es là… Notre parti politique c’est la FESCI, notre tout c’est la FESCI on laisse les gens dans leurs préjugés, nous on sait orienter le combat là où il faut l’orienter on sait l’engager là où il faut l’engager ». M’indiquait mon interlocuteur ; le chien aboie, la caravane passe ! Fidèlement transmis… aux « haters » !

Shalom!


Le pavillon du Niger entre sexe, art et coquetteries !

 Les grands rendez-vous de la Francophonie, qu’ils se situent dans le cadre des jeux ou des sommets, offrent toujours aux francophones et francophiles, l’opportunité de voyager à travers la culture de l’autre et montrer par la même occasion son savoir faire. Tester des saveurs nouvelles, dénicher l’objet rare, découvrir de nouvelles façons de parler la langue française, ou encore parler business.

D’abord, je dois vous dire que ce n’est pas la première fois que je me retrouve dans un village de la Francophonie. J’ai eu l’occasion l’année dernière d’en visiter un autre, à Madagascar. La-bas, je me souviens du pavillon marocain. Le pavillon marocain et ses allures de « Souk » m’avait fait voyager à travers ce beau pays. Admirer les artisans à l’œuvre et assister au processus de création des objets d’arts était tout simplement enrichissant. Aussi, ne pouvais-je résister à une balade à travers les différents pavillons qu’abrite le village des partenaires dans l’enceinte du palais de la culture.

Entre art et coquetterie

Ma petite flânerie, me conduit au pavillon Nigérien. Dès l’entrée, une forte odeur de peau d’animal me titille les narines. Pas de doute ! Je suis bien au Niger, l’un des plus grands pays d’élevage en Afrique de l’ouest. La peau d’animal y sert à la fabrication du cuir et d’articles divers. Un coup d’œil rapide me permet de repérer le stand de Kassoum.

Toutes sortes de marchandises y sont exposées. Des sandales, des portefeuilles, des boites à bijoux, des colliers aux designs bien étranges… Tous en peaux d’animaux (bovins, ovins, camelins etc.).

Kassoum ne vend pas que des articles en peaux d’animaux. Il vend également à l’instar des autres marchands du pavillon, des bijoux en Nickel et en Inox. Évidemment, en grande amoureuse de bijoux et de coquetteries en tous genres, je ne résiste pas. J’y laisse quelques milliers de francs en boucles d’oreilles et bague… Mais ma plus grande surprise, est ailleurs…

Secrets de femmes

A côté de Kassoum, un stand bien particulier. Je l’avais délibérément ignoré car les produits exposés n’avaient rien pour attirer le regard. Cependant, en bonne Kpakpato, je ne résiste pas à une petite question :

– Que vendez-vous madame ?

– Ce sont des encens… Chacun à son rôle ; ça chasse les mauvais esprits, ça donne le bonheur, la chance ca donne l’argent, travail et ça permet à la chambre à coucher de sentir bon et c’est un aphrodisiaque… Me répond-t-elle. Je tente alors une autre question

– Et sur la table ? Qu’est-ce-que c’est ? des médicaments ?

Elle me sourit un regard coquin dans les yeux et me répond « ce sont les secrets de femmes ». Ah bon ! Je délaisse un court instant mon vendeur préféré. Je dois voir claire dedans, comme on dit chez nous, pour dire que l’on veut de plus amples explications.

«C’est quoi secrets de femmes ? »

Elle me confie à la spécialiste en la matière… Je ne fais pas la difficile je m’installe confortablement pour en apprendre plus sur ces histoires de secrets.

La « spécialiste »  en la matière me parle des vertus de ses produits :

– Le « sent bon » Fait sentir bon les parties intimes. Quand vous mettez-ça, toutes les odeurs disparaissent ; les parties intimes sont propres, sentent bon et ça évite les infections…

– Le « Miel magique »  et la petite boule retiennent monsieur. Quand il rentre là-bas, il ne peut plus résister. Il va même te demander « tu as fait quoi aujourd’hui? » Vous ne comprenez pas ? je traduis : lorsque l’on fait l’amour à une femme qui a consommer du miel magique ou mis dans ses parties intimes une pincée de cette boule molle, on ne peut résister à l’envie de s’y introduire encore… Et encore.

– Le « casser le lit »  joue un rôle de rétrécissement du vagin puisqu’il permet au pénis de rester bien serré. Il parait que les hommes adorent quand ça serre… Ouf ! Ça suffit avec les secrets !

Je n’avais jamais entendu parler de ces « secrets de femmes » qui pourtant font rage à Abidjan. Femmes légitimes et deuxièmes bureaux (maitresses) parait-il se les arrachent pour garder leurs hommes quelque peu volages. Comme je ne suis jamais au courant de rien, je découvre ce jour par l’intermédiaire de ma comparse que les « secrets de femmes » ont tant de succès que des contrefaçons pullulent un peu partout distribuant par la même occasion des infections aux femmes dans la ville.

Secret oui! Mais pas au prix de la santé mesdames!


Jonglerie : comment transformer l’or en bronze #Abidjan2017

A mon réveil ce matin du 25 juillet, je n’entends parler que de lui… Il alimente pas mal de conversations autour de moi. Ignace Kassio jongleur ivoirien qui permet au navire ivoire d’accrocher une médaille de bronze à son tableau de chasse. Tout seul face à huit équipes ; entre autres l’équipe de France, du Burkina Faso et du Cameroun,  composées de trois membres ; l’équipe du Canada forte de quatre membres et l’équipe du Maroc composée de cinq. Il parvient malgré tout à se faire une place sur le podium.

Curieuse de comprendre les raisons de cette « solitude », d’autant plus qu’en équipe, la Côte d’Ivoire avait de meilleures chances de s’offrir une médaille d’or ou d’argent, je me rends au village de la francophonie sis à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS).

La chance me sourit puisque justement notre héros national est en pleine démonstration de son art, sous les projecteurs de la Radio Télévision Ivoirienne RTI1.

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En attendant la fin de sa prestation, je papote avec un jeune homme qui s’avère à ma grande et heureuse surprise d’ailleurs, être le champion national de free style jonglerie….

Les jeux pour lui,
c’était un rêve…

Abdi Titi Koné, 18ans trois fois champion de Free-style de Côte d’Ivoire, en a gros sur le cœur et me fait part de toute sa frustration de ne pas avoir été sélectionné pour une raison qu’il ignore.

« Lorsque la liste est sortie, je n’ai pas vu mon nom. J’ai demandé au responsable jonglerie qui m’avait assuré que j’allais y participer mais il ne comprenait pas pourquoi Ignace était le seul à avoir été sélectionné. Alors qu’on aurait pu faire la compétition en groupe comme les autres nations et avoir une médaille d’or ».

Sa déception, Abdi ne la cache pas d’autant plus que participer à ces jeux qui se déroulent tous les quatre ans était important pour lui qui a d’ailleurs représenté la Côte d’Ivoire au Japon.

« Depuis hier, les gens m’appellent. Pourquoi tu n’es pas sur scène, c’est toi qui devais être avec lui. Les jeux de la francophonie pour moi c’était un rêve. En plus c’est chaque quatre ans, l’âge passe… »

Abdi Titi Koné triple champion de free-style

Il accuse d’ailleurs le manageur du médaillé de bronze Kassio Ignace, d’avoir exigé que son poulain compétisse seul. Une accusation que ce dernier réfute en bloc.

« Dans la compétition de free-style, on peut compétir seul ou par groupe de deux à cinq personnes. Donc si c’est des groupes qui ont participé et qu’ils sont sélectionnés, c’est des groupes qui vont aller en compétition. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, il y a eu des compétitions à plusieurs étapes. Il y a et une compétition interne où tous les free-stylers de Côte d’Ivoire ont participé et il a été déclaré par le jury international vainqueur c’est pour cela qu’il a compéti seul… D’ailleurs ils sont allés en rang dispersé puisque chacun s’est inscrit seul. Donc la prochaine fois il faut changer de stratégie… »

Le président de la fédération ivoirienne de jonglerie Stéphane Bogui bien que regrettant cette situation, ne cache pas sa fierté de voir la discipline qu’il préside remporter une médaille de bronze. Toutefois il ne manque pas de souligner à l’endroit des décideurs nationaux qui ne connaissent pas la discipline d’associer les responsables de fédérations à leurs choix.

« Prochainement, il faudrait que les responsables qu’on nomme à la tête des disciplines, qui ne connaissent pas la discipline, contactent les professionnels en la matière. Nous sommes à notre cinquième édition du championnat de côte d’Ivoire. Il y a plus de 57 athlètes ivoiriens qui font du free-style. La prochaine fois qu’ils fassent mieux en termes de sélection pour ne pas qu’on se retrouve dans ce genre de situation ; car un seul jongleur s’épuise en trois minutes ; Imaginez… Sinon je le dis aujourd’hui que je ne regrette pas qu’on ait la troisième place, mais on aurait pu empocher l’or ».

Fidèlement transmis à qui de droit !

 

 

 

 




En marche les jeux!

Il s’en est fallu de peu que l’on s’écrie sur les bords de la lagune Ebrié (entendez Abidjan), « en marche les balles ! » Tant l’actualité ces derniers jours laissait planer un sérieux doute sur le bon déroulement des jeux de la francophonie, quand bien même les autorités ivoiriennes, jouant la carte de la sérénité et de l’optimisme, assuraient aux populations et aux délégations, une maitrise parfaite de la situation.

Dans la nuit du mercredi 20 juillet, l’école de Police abritant un détachement du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles de Côte d’Ivoire (CCDO) et la Brigade Anti-émeute (BAE) sises respectivement dans les communes de Cocody et Yopougon avaient essuyé des attaques à mains armées, accentuant ainsi les craintes et les réticences des ivoiriens.

Et pourtant…

Loin de tous ces tracas, le top départ des VIIIème jeux de la francophonie a été donné par le président de la République de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, depuis le stade Félix Houphouët Boigny, où s’est tenue la cérémonie officielle. Céder à la peur, n’aurait-ce pas été faire « le jeu » de ceux qui jettent le trouble ?

Métamorphosé pour la circonstance, le stade promettait moult spectacles hauts en couleurs. A l’entrée, les foules se pressent, se bousculent, impatientes de prendre part aux diverses animations qui meublent la cérémonie.

A 16h30 à l’intérieur du stade, des artistes encore inconnus du grand public font découvrir pendant une quarantaine de minutes aux spectateurs des sonorités nouvelles. A 17h la fièvre monte avec le groupe Nigui Saff K Dance et son « Mapouka originel » danse mythique de la côtière. Même « Farot », la mascotte n’est pas en reste des festivités. Débarquant à 20h sur la scène elle se déchaîne au rythme endiablé du Décalé Coupé.

La force de l’amitié

L’amitié est visiblement le mot dédié aux jeux ! Scandé par la Secrétaire Générale de la francophonie Michaёlle Jean, pour qui ces jeux permettent de démontrer

« à la face du monde la force de l’amitié, la force de la fraternité entre les peuples, la force de la riche diversité de nos cultures et de nos langues, la force de la diversité de nos cultures et de nos langues, la force de la langue française qui est notre trait d’union, la force de pouvoir se lancer tous les défis à travers les arts et les sports ; c’est tout cela les jeux de la francophonie »

Diccours de la SG de la Francophonie Michaelle Jean

Le président Alassane Ouattara lui emboitant la verve, a dans un triple « Akwaba »  souhaité la bienvenue à tous, et dit toute sa fierté d’accueillir « cette fête de l’amitié… qui nous permet de nous rappeler ce que nous sommes, ce qui nous unit et ce qui nous rapproche… » Afin de mieux contribuer à l’épanouissement de nos peuples et au progrès de l’amitié.

Les chefs d’Etats Nanan Akufo-addo du Ghana, Hery Rajaonarimampianina de la République de Madagascar, Mahamadou Yssoufou du Niger et Faure Gnassingbé du Togo ont également pris part aux célébrations.

Les 4000 participants provenant de 84 Etats se sont pliés, chacune dans son style propre, au traditionnel défilé des délégations.  Le Congo Brazzaville, la République centrafricaine et la Côte d’Ivoire esquissent des pas de danses ; l’Egypte, le Burkina Faso, pays des hommes intègres, le Sénégal et le Cameroun sapés comme jamais ; Le Canada Québec, la fédération de Wallonie-Bruxelles et le Kossovo tout en sautillements, sans oublier le Mali criant à tue-tête sa « Pissanci » (puissance). Toutes ne peuvent être citées dans ces courtes lignes, mais toutes furent chaleureusement applaudies. Oubliées le temps des jeux toutes les formes d’animosités ou de suspicions quelles qu’elles soient.

Crédit photo Benjamin Yobouet

Pas de doutes la fête s’annonce belle et l’amitié plus que jamais renforcée ! Du moins… Le temps des jeux…


D’Abidjan à Paris, immoralité et politique font bon ménage… Ou pas !

Crédit photo François Fillon (Flickr)

Tu sens que ton pays est dans un very bad trip quand en France, des costumes à 48 500 euros ( 31 813 791 F CFA) gracieusement offerts par des amis « anonymes » à François Fillon, candidat « Les Républicains » à l’élection présidentielle 2017, déjà mis en examen par la justice française pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux, et manquement aux obligations déclaratives à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, relativement à une sombre histoire d’emplois fictifs, cause un tollé généralisé. En Côte d’Ivoire pourtant, pas une mouche ne volerait ; silence de mort !

Ces costumes, pulls et vestes forestières super chers de chez Arnys, la célèbre boutique rue de Sèvres, à Paris, dont fut arrosé l’ex premier ministre de Sarkozy, indigneraient les français. Le candidat, quelque peu las d’être scruté jusqu’au veston, exprime d’ailleurs son indignation ab imo tempore, dans une interview accordée à Les Echos : « Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors ? » A bas les jaloux ! On croirait entendre l’un des champions qui sévissent  au sommet de l’Etat ivoirien, viciés à leurs fauteuils ministériels, s’indigner de l’indignation des populations face aux grossiers scandales qui meublent leur quotidien.

Fâcheux parallèle

Le parallèle entre le branle-bas suscité au sein de la société française par le penelopegate et dernièrement par l’affaire des costumes, au sujet desquels, le parquet national financier (PNF) selon Paris Reuters « a délivré aux juges d’instruction chargés de l’enquête sur la famille Fillon un réquisitoire supplétif contre X pour « trafic d’influence » afin de prendre en compte ce cadeau vestimentaire », me fait cogiter sur le large faussé qui sépare la morale politique française de celle de la société ivoirienne.

En France, la règle à l’Assemblée nationale est de refuser les cadeaux de plus de 150 euros soit 98 393 F CFA. En côte d’Ivoire quelle est la règle ? En existe-t-il d’ailleurs une ?

Les cadeaux, les honneurs et les courbettes en tous genres, nos autorités en raffolent. Les populations, les plus pauvres sous les cieux ivoiriens, sont très généreuses envers leurs gouvernants. Et ceux-ci ne se gênent pas pour boire cette coupe de générosité jusqu’à la lie ; dérobant au passage le peu qui devrait profiter à leurs administrés… C’est le mot d’ordre semblerait-il ! On ment, on vole, on détourne et on rackette  peinard…

Des milliards sont effrontément gaspillés, voir détournés, sans que leurs auteurs ne souffrent d’aucune sanction. La réhabilitation en 2013 de l’université de Cocody par Cissé Bacongo à l’époque ministre de l’enseignement supérieur, pour plus de 100 milliards de francs CFA, dont on ne sait ce qu’est devenu l’audit, en est une belle illustration.

Les conditions d’études à l’université sont toujours aussi difficiles au point de susciter en 2015, la grande colère des étudiants en pharmacie, qui depuis plus de 6 mois n’avaient pas eu de cours, pas plus que des travaux pratiques depuis 2 ans. Une salle de laboratoire désespérément vide qui avait poussé ces derniers à la révolte au prix de coups de matraques, de gaz lacrymogènes et même d’emprisonnement.

Une affaire de cotisation

Maintenant, laissez-moi vous conter une histoire…

Mathieu Babaud Darret alors ministre des eaux et forêts, avait perdu son épouse le 22 janvier 2014 à Paris. Une circulaire sur papier en tête et portant le cachet du ministère des eaux et forêts (N°00019/ MINEF/CAB/DAAF/SDRH) avec pour objet « Participation aux obsèques de l’épouse de Monsieur le Ministre des Eaux et Forêts » émise par le chef de cabinet du Ministère des Eaux et Forêts Moussa Bamba, datée du mercredi 29 janvier 2014, avait imposée à tout le personnel, des cotisations en vue de la participation aux obsèques de l’épouse du ministre.

Si cette circulaire avait suscité une vive émotion au sein du ministère, l’ébranlement était encore plus grand à la découverte des montants imposés qui eux, ne figuraient pas sur la circulaire mais qui on été susurrés aux oreilles du bihebdomadaire satirique « L’Eléphant Déchaîné » qui avait dénoncé dans sa parution N° 225 du 07 février 2014 cette sainte collecte. 50 000 F pour les directeurs centraux, 25 000F pour les directeurs régionaux et départementaux, 10 000 FCFA pour les chefs de cantonnement, aux postes, et pour les collaborateurs directs du ministre ? La bagatelle de 100 000 FCFA par tête ! Halte aux mauvaises langues ! Ceci n’est ni du zèle, ni du rançonnage, c’est le traditionnel yako !

Quid des petites gens de l’administration et des autres opérateurs ? Message subliminal ! Ils ne doivent pas hésiter à faire un geste. Lesquels savent pertinemment que ne pas faire de geste du tout, est tout aussi préjudiciable qu’en faire un tout petit ! Ces cotisations avaient bien entendu une date limite le 04 février 2014 soit une semaine jour pour jour.

Une note de service avec papier en tête du ministère des eaux et forêts imposant des cotisations pour les obsèques de l’épouse du ministre… Je me demande bien si les simples fonctionnaires sont traités avec autant d’égards ! Et dire que le président allemand, Christian Wulff, reconnaissant « avoir commis une faute » avait dû démissionner de son poste de président en 2012, pour avoir bénéficié d’un prêt immobilier à un taux préférentiel. « Un président doit être porté non seulement par la confiance d’une majorité, mais aussi par celle d’une très large majorité d’Allemands… Les développements des dernières semaines ont irrémédiablement porté atteinte à cette confiance. C’est pourquoi j’ai pris la décision de me retirer » Quel contraste ! Chez nous un président n’a pas peur de perdre la confiance du peuple… Même si tu es fâché, qu’est ce que tu vas faire ?

Pour les démissions, il faudra repasser plus tard. Seulement deux scandales (les plus retentissants) ont provoqués non pas la démission mais le limogeage de leurs auteurs, qui par ailleurs ne se sont jamais excusés pour leurs forfaits et qui continuent de couler des jours heureux dans l’arène politique.

Le très controversé Adama Bictogo empêtré dans les nombreux scandales liés au détournement des fonds visant à l’indemnisation des victimes des déchets toxiques déversés par la multinationale pétrolière Trafigura dans les eaux ivoiriennes en août 2006, démis en mai 2012 par décret, de ses fonctions de ministre de l’intégration africaine. S’en est-il jamais excusé ? Le rêve est permis !

L’honorable Alain Lobognon grand twitto devant l’Eternel, limogé en 2015 de ses fonctions de ministre des sports, suite au scandale retentissant de la disparition des primes des éléphants dans laquelle il avait enfoncé bien profonds les crocs… Pardon! Les dents…

A ce jour, il clame toujours son innocence… « Cette décision salutaire me permet de faire face aux accusations diffamantes visant ma probité, mon honneur et celui de ma famille »… Il a osé tweeter ça en effet…

A part ça, tout roule au pays des éléphants ! Les travaux publics sont mal réalisés, des routes mal construites au point de nécessiter des travaux de réhabilitations avant l’heure ? Ce n’est pas bien grave ! C’est une pratique reconnue et certifiée made in Côte d’Ivoire. On ne demande compte à personne.

Une droiture bien bancale

A l’instar de François Fillon, le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, fait lui aussi jaser il parait. Il présentait le mardi 21 mars sa démission suite aux révélations sur l’emploi de ses filles à l’Assemblée nationale par l’émission « Quotidien », qui questionne la réalité d’une partie du travail effectué par celles-ci…

Chez nous, employer sa famille, c’est le train-train quotidien. Birahima Téné Ouattara alias « photocopie », le jeune frère du président anciennement Directeur des affaires administratives et financières de la présidence, est le tout puissant ministre des affaires présidentielles. Nina Keita nièce du président, anciennement mannequin à New York, égérie de plusieurs marques de cosmétiques comme Black up ou de lignes de vêtements telles que Old Navy avait rejoint en 2014 le ministère du budget comme conseillère chargée de la communication du ministre Abdourahmane Cissé.

Masséré Touré autre nièce du président, femme chérie du ministre de la communication Bruno N. Koné, règne en maitresse à la tête de la direction de la communication de la présidence. Mais ce n’est pas tout ! Elle est membre du Conseil d’administration du journal gouvernemental «Fraternité Matin», de l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication (ISTC), de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) et que sais-je encore ?

Et pour ceux qui seraient tentés de grogner, prière se souvenir de ce vieux proverbe africain : « On ne regarde pas dans la bouche du grilleur d’arachides » ok ?

Shalom !


L’interview imaginaire d’Henri Konan Bédié

 

Henri Konan Bédié président du PDCI-RDA

C’est dans sa gigantesque et somptueuse demeure sise à Daoukro, que me reçoit monsieur Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, ancien président de Côte d’Ivoire. Il avait été éjecté un 24 décembre en deux temps trois mouvements du fauteuil présidentiel qu’il affectionnait tant, par le balai magique d’un certain Guéi Robert, général putschiste, rebaptisé par les ivoiriens « Guéi Noël ». Ne le cherchez pas. Il n’est plus… RIP.

Je le retrouve dans son salon privé, sirotant avec un plaisir limite orgasmique un verre de vin ; un Romanée Conti Grand Cru, offert par son jeune frère Alassane Ouattara, en guise de remerciement pour l’appel de Daoukro, qui lui a permis d’obtenir un second mandat à la tête de la Côte d’Ivoire. Quelle reconnaissance ! L’homme vénère le vin, il lui voue un amour inconditionnel. C’est connu de tous ! Dans sa main gauche, un cigare « El Behike » de la célèbre marque Cohiba, l’un des plus chère au monde. Commandé spécialement de Cuba sur initiative de sa chère et tendre épouse Bomo qui, depuis toutes ses années de vie commune, connait bien les goûts de son homme.

Il m’invite à prendre place en face de lui.

Humeurs Nègres : Bonjour Monsieur le Président.

Henri Konan Bédié : (Il lâche une fumée en l’air et me répond entre deux gorgées de ce merveilleux cru qu’il tient en main) Bonjour madame…

HN : C’est mademoiselle…

HKB : Peu importe…

HN : (Je suis choquée ! Mais je garde mon calme) Comment se porte le PDCI-RDA ?

HKB : Comme un charme…

HN : En êtes-vous sûr ?

HKB : (Le visage se crispe signe que l’homme contient son agacement naissant) Venez-en au fait !

HN : J’ai l’impression que, depuis l’appel de Daoukro, lancé en septembre 2014 dans le Iffou, lors de la visite du président Alassane Ouattara, de manière unilatérale et ce à la surprise générale, proclamant ce dernier, candidat unique du RHDP (Coalition du parti au pouvoir) donc par ricochet du PDCI-RDA, plus rien ne va ! D’ailleurs que s’est-il passé ce jour-là ? (Le vin vous était monté à la tête ? Je n’ose pas l’exprimer audiblement, j’ai trop peur !)

HKB : Mademoiselle, lâche-t-il, quelque peu agacé par cette question un peu trop directe. Il n’y a rien à expliquer. Mon jeune frère Alassane a accompli des prouesses et des merveilles pour la nation, il ambitionne de nous rendre émergeant d’ici 2020. C’est l’homme de la situation. En plus, il a donné mon nom au troisième pont ! Ça se récompense !

HN : Par le sacrifice du PDCI à l’autel du Rassemblement des Républicains (RDR) ?

Il tire une bouffée de son cigare couteux, les yeux rivés sur son jardin et ne pipe mot.

Après un moment d’hésitation, je poursuis mon interview…

HN : Les élections législatives sont prévues pour ce dimanche 18 avec des centaines de candidats indépendants issus des rangs du PDCI. Pour cause, ils ne digèrent pas le rejet de leurs candidatures par le parti, qui privilégie constamment la candidature de cadres qui sévissent au sommet de l’Etat et dans les institutions depuis des décennies. N’est-ce pas un signe de mal être ?

HKB : Je n’ai qu’une chose à leur dire.  Qu’ils se ressaisissent et rejoignent les rangs…

HN : Sinon ?

HKB : Ils en subiront les conséquences. De plus, j’ai bien demandé à Guikahué, le secrétaire exécutif du parti, d’avertir la base. Je ne veux voir aucun jeune soutenir un candidat indépendant ! La parole du chef est sacrée. Je suis un Akan : le respect du chef avant tout…

(J’ai du mal à contenir le rire qui m’étrangle… Il s’en doute d’ailleurs)

HN : En effet, j’ai lu cette déclaration. C’est d’ailleurs celle-ci qui motive cette entrevue. Mais qu’en est-il de porter la jeunesse dans les institutions, de laisser de plus en plus de place à la jeunesse dans le parti alors ?

HKB : Il y a les jeunes vieux et les vieux jeunes… Tout dépend de la manière dont on voit les choses! J’ai 81 ans mais je suis jeune. Demandez au soldat perdu KKB, il en sait quelque chose.

HN : Ça veut dire ?

HKB : Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !

HN : Mais, vous n’avez pas peur que la base du parti ne se révolte et ne désavoue votre choix ? Elle grogne de plus en plus et exprime désormais sa colère face à un parti qui n’a cure de son bien-être et ne la considère que comme un bétail électoral.

HKB : Je vais vous répéter ce que j’avais déjà déclaré lors du premier bureau politique après le 12ème congrès du PDCI RDA. On entre en politique comme on entre en religion. On oublie trop souvent qu’un militant est un soldat et que le soldat obéit d’abord à sa hiérarchie avant même d’interroger celle-ci. La discipline, dit-on, est la force des armées. Comment peut-on réussir une opération, s’il y a plusieurs centres de commandement, si l’on se sent libre d’obéir ou pas?

HN: Wohhh! J’avais oublié que vous étiez un grand sage ! Mais…

HKB: Ça suffit (Coupe t-il sec) ! Vous pouvez disposer. Il retourne à son vin sans me jeter un seul regard

HN: Mais…

HKB: C’en est assez jeune fille!

A ce moment précis, entre Adjoumani, le fidèle parmi les fidèles. Il apporte du champ’ qu’il cultive spécialement pour l’ex-président des ignames, pour un bon plat d’Akpessi.  Hmmmm j’en ai l’eau à la bouche…

Mais congédiée, je dois m’en aller… Mince il pleut!

Shalom!

 


Législatives 2016, les baratineurs de la république dans les starting-blocks !

Georges Ouegnin soutenant sa fille aux dernières législatives
Georges Ouegnin soutenant sa fille aux dernières législatives Crédit photos AFP

La politique, c’est comme partir à la conquête d’une vierge qu’on n’aime pas… Vous-même vous savez,  heumm ! Les courtisans, enjôleurs nés, n’hésitent pas à promettre monts et merveilles, pour se frayer subrepticement, un sentier entre ces cuisses chastes, que dis-je ! Immaculées ! Et s’abreuver a cette source virginale. S’arrogeant ainsi la  primeur du nectar… Une ambroisie d’autant plus prisée que les vierges de nos jours, sont aussi rare que les cheveux sur le crâne dégarni d’un chauve. Eh bien ! Il en va ainsi de la politique. Elle regorge d’hommes séducteurs, susurrants aux oreilles du peuple des paroles douceâtres, dont ils savent pertinemment qu’elles sont une pierre d’achoppement. 

Le premier en lice ? Mon président, l’empereur Ouattara II, le Guide ivoirien ; toujours licolo ; continuellement imité, mais jamais égalé. Je crois avoir moult fois fait étalage, éhontément d’ailleurs, de l’admiration que j’ai pour lui. Oui ! Ado solution moi je l’aime bien. Ses discours donjuanesques, sont l’une des principales qualités qui me font frémir d’amour pour lui. Car parfois, en l’écoutant, je me demande s’il vit dans la même Cote d’Ivoire que moi…

Quand Ado s’indignait

Le 1er mai 2016, entre deux promesses, sous une standing ovation, l’empereur Ouattara II vitupérait contre la hausse du coût de l’électricité, dont au passage il ignorait… Tout ! Comme d’habitude !

Il promettait même sous les hourras des adorateurs, claquant bruyamment des doigts, que ledit coût baisserait, dans la mesure où l’impétueuse Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE), n’avait pas appliqué les décisions du gouvernement et avait procédé à des augmentations injustifiées. «L’augmentation des prix au-delà de 5% n’était pas ce que nous avions décidé. Cela est inadmissible. J’ai donc décidé de l’annulation pure et simple de l’augmentation de janvier 2016… Les factures seront corrigées et le trop perçu sera rendu à tous les abonnés ou étalé sur une période, en déduction de vos prochaines factures d’électricité. » Et pour boucler la boucle, il avait déchaîné ses auditeurs en déclarant sentencieusement : « Il faut mettre fin au monopole de la CIE et de la SODECI ». C’est irréfragable! L’empereur Ouattara II sait bien comment toucher le petit cœur suprasensible de ses sujets !

Il était ainsi évident pour ces populations euphoriques, qu’elles reposeraient les mois à venir dans de verts pâturages, broutant l’herbe verte et s’enivrant à la source du Guide ivoirien, dont les promesses s’accomplissent … Presque toujours…

Pour une surprise…

La grâce impériale tant attendue par les applaudisseurs infatigables, qui croient sans avoir vu, affichant ainsi leur différence d’avec Thomas qui exigeait de voir le Christ avant de croire en sa résurrection, a plutôt sonnée comme un coup de grâce !

Un coup de théâtre auquel les sceptiques comme moi bien entendu s’attendaient ; mais que les acclameurs universels n’ont point digéré. Deux factures en moins de trois semaines d’intervalle dont l’excès de sel, laisse les populations sans goût. Tant et si bien que les rouspétances habituellement cantonnées dans les salons, se sont purement et simplement déportées dans les rues. Des marches de protestations contre la CIE dans plusieurs villes ivoiriennes, Yamoussoukro la capitale en tête.

Ceux qui avaient applaudi à bras déployés le discours très accrocheur et séducteur de l’empereur lovelace, tout comme ceux qui n’y ont accordé le moindre crédit, ne sont pas du tout contents et comptent bien le faire savoir pour le plus grand bonheur des casseurs et des pilleurs qui joyeusement sont sortis de leurs bauges.

En effet, ces marches de protestations ont tôt fait de virer aux pillages en tous genres (banques, mairies etc.) ; si bien que j’ai fini par m’interroger sur les réelles motivations des marcheurs.

Le bruit fut assez retentissant pour faire reculer d’un petit pas la Compagnie Ivoirienne d’Electricité, mais la faire rebondir de cinq grands pas ! Les nouvelles factures se signalent déjà… Une chose est certaine ! Protestations ou pas, elles seront toutes honorées ; car d’une manière ou d’une autre, la CIE percevra son dû ! Et nos politiques alors que la grogne monte de plus en plus, continuerons vendre aux populations une Côte d’Ivoire ou tout va bien même si celles-ci crèvent de faim; le tout sur fond de louanges a l’empereur. Mais on s’en fout ! Comme le souligne Eric Fottorino les enjeux de pouvoir sont de ceux qui vous font perdre des amis et gagner des courtisans…

Pendant ce temps-là…

Les législatives approchent à grands pas. Comme à chaque élection, les élus régionaux et autres cadres multiplient les actions sociales dans leurs fiefs, histoire de s’assurer pour les uns une réélection et pour les autres une élection. A Port-Bouët, deux ambulances ont d’ailleurs été offertes par un certain ministre qui ambitionnerait de s’y présenter comme député… heumm si c’est vrai, ça va se savoir…

Des réunions sont organisées avec la base des partis politiques, qui n’en finissent pas de se plaindre d’abandon de la part des cadres « qui mangent seuls » et ne permettent même pas aux pauvres de grignoter les miettes qui tombent de leurs tables.

A l’intérieur du pays on en fini plus d’honorer les chefs de villages. Dans le secret espoir qu’ils donnent des consignes de votes ? C’est malheureusement la coutume dans ce pays.

Et moi tous les soirs, je joue à la martyre en m’infligeant le JT de 20h de la RTI1 qui fait le tour de toutes ces opérations séductions au lieu de traiter les vraies questions d’actualité…

Au milieu de ce tumulte, en face (terme désignant l’opposition), on se frotte les doigts ! Ces mouvements d’humeurs de plus en plus récurrents, face  à la cherté de la vie,  aux difficultés rencontrées à l’université, au chômage et j’en passe, donnent du grain à moudre a l’opposition. Il y a sans aucun doute matière à battre campagne. Brandir l’argument massue qui consiste à rappeler que sous Gbagbo, tout n’était pas rose « mais on trouvait un peu pour manger quand même » comme disent certains histoire des s’offrir un siège à l’assemblée nationale… Ça c’est ma Cote d’Ivoire elle est belle n’est-ce pas ?

Shalom !

 


Chine-Côte d’Ivoire: SEM Yu Zhengsheng en visite officielle

 

Délégation chinoise et ivoirienne dans la salle de conférence
Délégations chinoise et ivoirienne dans la salle de conférence. Crédit photo: B.B.

Le président du comité national de la 12ème conférence consultative politique du peuple chinois est en visite officielle du 13 au 16 avril en Côte d’Ivoire. Renforcer et consolider les relations entre l’institution qu’il préside et l’Assemblée nationale, tel est le sens de cette visite.

Une séance de travail entre la délégation chinoise et l’assemblée nationale présidée par son Eminence Soro Guillaume a été au programme de ce jeudi 14 avril au parlement ivoirien. La situation politique nationale de la Côte d’Ivoire et les axes de coopération entre les deux institutions ont été les principaux sujets abordés au cours  des échanges à l’issu desquels les deux leaders ont tenu une conférence de presse commune.

SEM Yu Zhengsheng s’est dit touché par l’accueil chaleureux dont il fut l’objet. « Dès notre descente de l’avion nous avons fait l’objet d’un accueil chaleureux de la part du président Guillaume Soro et de l’assemblée nationale ivoirienne. Ils m’ont accueilli avec la danse et les chants et malheureusement je ne sais pas aussi talentueux qu’eux. Sinon j’aurais dansé moi-même pour exprimer toute la chaleur que j’ai ressenti ». Il a par ailleurs signifié que le partenariat avec la Côte d’Ivoire est un partenariat profitable aux deux parties ; aucune ne devrait être lésée. « La coopération entre la Chine et la Côte d’Ivoire est avant tout une coopération mutuellement avantageuse. Plus on développe une coopération avantageuse basée sur l’égalité plus on crée l’opportunité de développement dans plusieurs pays du monde et plus on crée des conditions favorables à l’amélioration des conditions des populations. Cela est dicté et décidé par la loi économique fondamentale. Nous coopérons avec la Côte d’Ivoire non pour défendre nos propres intérêts mais pour les intérêt de nos deux pays ».

Plusieurs activités devraient meubler cette visite pour les deux derniers jours en l’occurrence la visite au palais de la culture d’Abidjan, l’entretien avec les ressortissants chinois en Afrique et une audience avec le président de la république clôturera cette visite officielle. Désormais, aux dires du président de l’Assemblée nationale, la Côte d’Ivoire est une destination privilégiée pour la Chine.


Droits de l’homme en Côte d’Ivoire, quel bilan?

Lancement régional du rapport annuel d'Amnesty International. Crédit photos: Vendome A.
Lancement régional du rapport annuel d’Amnesty International. Crédit photos: Vendome A.

Abidjan, la perle des lagunes a abrité le 24 février dernier le lancement régional du rapport annuel d’Amnesty International. L’occasion de faire le point sur la situation des droits de l’homme dans le monde. Un peu de kpakpatoya ne faisant pas de mal, je m’y suis également rendue ; histoire de connaitre la situation des droits de l’homme en Afrique de l’ouest et en Côte d’Ivoire en particulier.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que sur le continent africain, l’on assiste impuissant à une restriction généralisée de la liberté d’expression et au culte de l’impunité. Idem pour le droit des femmes et des filles à l’éducation et aux services de santé sexuelle et reproductives.
L’exemple de la Sierra Leone où des milliers de jeunes filles enceintes ont été interdites de fréquenter les lycées ou de participer aux examens, relevé par monsieur Alioune Tine Directeur exécutif du bureau régional de Dakar illustre bien cette situation.
Il y a tellement à dire… Mais je me limiterai à la Côte d’Ivoire…

Procès et arrestations arbitraires

Monsieur Kokou Hervé Delmas, Directeur exécutif d’Amnesty international Côte d’Ivoire est revenu sur le fonctionnement de la justice, les arrestations arbitraires et les atteintes à la liberté d’expression et de réunion.
Le procès en assises des 78 pro-Gbogbo, dont 18 ont été acquittés, a fait l’objet de critiques dans ce rapport. L’observateur d’Amnesty international s’est en effet insurgé contre le fait que la seule voie de recours proposée aux condamnés soit le pourvoi en cassation, qui porte uniquement sur les faits de droit; ce qui est contraire au droit d’interjeter appel auprès des juridictions supérieures pour les condamnations pénales. « Il y avait trop de compromis dans cette affaire et la Cour d’Assises n’a pas fourni de textes à l’égard de la décision. Le droit de recours a été d’autant plus compromis dans cette affaire que la cour d’assises n’a pas fourni le texte intégral de sa décision».
Le second point qui a retenu mon attention porte sur les arrestations arbitraires. « Il y a eu beaucoup d’arrestations et de détentions arbitraires au cours de l’année 2015 ». L’ONG en a retenu trois : l’arrestation au cours du mois de mai de trois cadres du FPI. Le ministre Danon Djédjé, et Justin Koua responsable de la jeunesse du FPI ; tous deux inculpés pour violation d’une décision de justice, violation et voie de fait sur les forces de l’ordre, rébellion et atteinte à l’ordre public. Ils avaient organisé la fameuse Assemblée Générale de Mama qui avait élu Laurent Gbagbo président du Front Populaire Ivoirien (FPI).
Si le ministre Danon Djédjé est en liberté provisoire, Koua Justin, à ce jour, est toujours en détention au camp pénal de Bouaké dans l’attente d’un jugement.
Le ministre Hubert Oulaye quant à lui a été accusé d’homicide de militaires de l’Onuci en 2012. Il est à ce jour incarcéré à la prison de Dabou.
De septembre à octobre 2015, Amnesty International a dénombré une cinquantaine d’arrestations dues à des manifestations pacifiques mais non autorisées. A ce jour, une vingtaine d’entre eux croupissent dans les prisons ivoiriennes. « Nombre d’entre elles ont été victimes de mauvais traitements et maintenues en détention au secret pendant plusieurs semaines ». Peut-on lire dans le rapport.
Le cas le plus marquant est celui de Samba David président des indignés de Côte d’Ivoire qui avait également organisé des marches pacifiques. Arrêté à son domicile, saccagé au passage, il a été détenu au secret pendant deux jours, sans pouvoir consulter un avocat ni bénéficier de soins médicaux.
Inculpé pour atteinte à l’ordre public, discrédit d’une décision judiciaire et complicité dans la destruction de biens, il a été jugé et condamné à six mois de prison. Puis, détenu une nouvelle fois au secret pendant deux mois, avant d’être transféré à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), où il purge sa peine.

Liberté d’expression, de réunions et état des prisons ivoiriennes

Amnesty International dénonce l’interdiction de plus d’une dizaine de manifestations organisées par des ONG et le principal parti d’opposition. « Des gaz lacrymogènes et des matraques ont été utilisés pour disperser les manifestants ». 80 personnes ont été arrêtées à travers toutes la Côte d’Ivoire. Une bonne partie des personnes arrêtées sont encore en détention dans l’attente de leur procès.
Le bilan des prisons ivoiriennes n’est pas des plus reluisants. « Les prisons ivoiriennes sont surpeuplées. A commencer par la Maca et les autres prisons. Il y a un nombre élevé de prisonniers dans ces endroits. Les conditions sanitaires sont défavorables, sont à déplorer. Il y a une absence totale d’infrastructures médicales dans toutes ces prisons. La non séparation des enfants et des adultes et la forte surpopulation ».

Une bonne nouvelle

Au milieu de ce chaos, l’approbation par le Parlement à l’unanimité, en mars, de deux projets de loi visant à supprimer la peine de mort du Code pénal et du Code de procédure pénale. Elle avait été abolie en Côte d’Ivoire par la Constitution adoptée en 2000.
Ouf ! Une bonne nouvelle ! J’ai eu peur !
Shalom !


Côte d’Ivoire : la justice de mon pays me fait peur

Tribunal militaire d'Abidjan, box des accusés
Tribunal militaire d’Abidjan, box des accusés. Crédit photo Babeth B.

« Quand on t’envoie, faut savoir t’envoyer ». Cette célèbre maxime bien connue des Ivoiriens, sortie tout droit de l’esprit luxuriant de l’intrépide Gbagbo écroué à la Haye, n’a jamais été aussi vraie. J’ai assisté à plusieurs procès liés la crise post-électorale. Ils m’ont tous laissée sans voix. La justice de mon pays… Wallaye… Elle me fait peur…

J’ai tellement peur que j’ai décidé de mettre balle à terre et de tendre la joue gauche à celui qui me frappe sur la joue droite ! C’est une grande décision quand on sait que mon affaire ne reste jamais à l’étranger… Enfin… Quelquefois…
J’ai passé près d’un mois au tribunal militaire d’Abidjan sis à l’Etat-major, immergée dans le procès des assassins présumés du Général Guéi Robert, qui a eu la bonne idée d’offrir en 1999 comme cadeau de noël aux ivoiriens, un coup d’État émergeant, qui lui a d’ailleurs valu le surnom de Guéi Noël.
Ma conclusion est la même ! Dans ce pays, tu peux te faire arrêter, et jeter en prison sur un simple kpakpatoya mal placé… !?

Des inculpations sur Ouï-dire

Le fait m’avait déjà frappé pendant les assises qui ont débouchées sur la condamnation des ténors du Front Populaire Ivoiriens (FPI) au rang desquels figure l’ex première dame Simone Ehivet Gbagbo qui s’est vu offrir un aller simple pour la gendarmerie nationale pour un séjour de 20 ans, tous frais payés bien entendu. Une pléthore de griefs ; à savoir atteinte à la sûreté de l’État, atteinte à la défense nationale, rébellion, constitution de bande armée, xénophobie, tribalisme ont été instruits à charges puis rapidement abandonnés par le parquet général, face au manque criard de preuves.
Des témoignages contradictoires basés dans leur grande majorité sur des « je ne l’ai pas vu, mais je sais que c’est elle », « Je crois que c’était elle », « On m’a dit qu’il était là » ; c’était hallucinant ! Drôle par le ridicule, mais tout de même hallucinant et révélateur des pratiques et des lacunes de la justice ivoirienne.

Le plus incroyable, c’était l’histoire des anonymes. Ceux dont les médias n’ont cure. Des jeunes gens arrêtés parce que désignés par une voisine rancunière, qui attendait l’opportunité de tirer vengeance des rivalités politiques dans le quartier. Ces trois frères, de jeunes étudiants qui se sont vus embarqués dans ce procès pour avoir voulu porter secours à l’un des leurs arrêté par les FRCI pour on ne sait trop quel crime.Ou encore ce policier, avouant à la barre avoir incriminé son collègue et ami, pour sauver sa vie des FRCI qui s’apprêtaient à l’immoler à condition qu’il cite un pseudo complice avec qui il aurait commis une hypothétique infamie. Une histoire tellement glauque que le juge lui avait ordonné de demander pardon à cet ami qui avait quand même passé trois longues années en prison pour cette charge . Des gens inconnus, innocents, victimes de calomnies…

Le même scénario s’est déroulé au tribunal militaire dans l’affaire de l’assassinat du Général Guéi Robert, déniché des sous-sols de la cathédrale Saint Paul du Plateau, de son épouse Doudou Rose Guéi assassinée à leur domicile et des éléments de sa garde rapprochée le 19 septembre 2002 en plein Coup d’Etat.

L’histoire se répète avec des acteurs différents

Vingt-quatre militaires avaient été mis en accusation pour ces crimes. Parmi eux, deux vedettes. Notamment, le Général Dogbo Blé Bruno, surnommé par ses fans « Général courage », avec deux condamnations post crise à son actif et le Commandant Séka Yapo Enselme dit Séka Séka, déjà condamné à 20 ans de prison ferme, qui selon le rapport d’un certain Ouattara Moustapha, médecin psychiatre « a une dextérité à dévier les choses, a une personnalité de mythomane, n’a aucun sentiment envers les autres et a tendance à les rabaisser plus bas que terre continuellement. Il est prêt à tout pour arriver à ses fins. Il a un comportement impulsif et ne ressent aucune culpabilité. Le mensonge est son oxygène, il a besoin de ça pour exister… ». Il était très fâché après la lecture de ce rapport…

Commandant Séka Yapo Enselme dit Séka Séka à la sortie du tribunal. Condamné à la prison à vie pour la Mort du Général Guéi, de son épouse et des élément de sa garde rapprochée. Crédit Photo Babeth B.
Commandant Séka Yapo Enselme dit Séka Séka à la sortie du tribunal. Condamné à la prison à vie pour la Mort du Général Guéi, de son épouse et des éléments de sa garde rapprochée. Crédit Photo Babeth B.

Bref ! À la fin de la phase d’instruction, et des débats, une seule question m’est venue à l’esprit : Les missions exécutées par des militaires sur ordre de leurs supérieurs hiérarchiques en temps de crise, sont-elles constitutives d’infractions ? Cette question était l’une des problématiques de ce procès. Au regard de l’article 7 du Code de la fonction militaire, qui dispose que « le militaire doit à ses chefs une obéissance entière et de tous les instants ». En outre le militaire qui n’obéit pas aux ordres de son chef, court le risque d’une poursuite pour violation de consignes.

Je me suis posée cette question parce que la majorité des personnes accusées de complicité d’assassinat (13 au total) sur la personne du feu Général et de ses proches, l’ont été pour leur présence effective ou supposée à la cathédrale ou au domicile de ce dernier le jour de leur arrestation.
Le juge Tahirou lors de leurs différents passages durant l’instruction, avait reproché aux dénicheurs du Général Guéi de l’avoir remis au Général Dogbo Blé comme ils l’affirmaient. En vérité, il leur reprochait de ne pas avoir su s’envoyer. « Vous auriez dû dire que vous ne l’avez pas trouvé ! Ah ! Quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer…». Ah bon !? Alors que l’on exige du militaire une obéissance entière et une soumission de tous les instants à son supérieur ? Alors que les décisions dudit supérieur doivent être exécutées sans hésitation ni murmure ? Alors que la réclamation n’est permise au subordonné que lorsqu’il a obéi ?

Général Dogbo Blé Bruno condamné à la prison à vie pour complicité d'assassinat sur la personne du Général Guéi Robert, de Son épouse et des éléments de sa garde rapprochée, son avocat après le verdict. Crédit photo Babeth B.
Général Dogbo Blé Bruno condamné à la prison à vie pour complicité d’assassinat sur la personne du Général Guéi Robert, de Son épouse et des éléments de sa garde rapprochée, avec son avocat après le verdict. Crédit photo Babeth B.

S’il est interdit d’exécuter des ordres manifestement illégaux, se retrouver lors d’une mission de ratissage dans la commune du Plateau en plein coup d’État, à la cathédrale ou au domicile du Général avec ses supérieurs, avoir été sur les lieux de l’arrestation de celui-ci (apparemment soupçonné d’avoir trempé dans ce coup d’État) fait-il de ces militaires des coupables ?
La réponse du commissaire du gouvernement Ange Kessi de qui l’on a entendu des vertes et des pas mûres, m’a laissée sans voix ! « On ne peut pas être là où son patron était et dire que l’on n’a rien fait » ! Ah bon ? C’est un raisonnement juridique ça ? Mais est ce que moi je lis dans cœur de mon patron ?

Je l’ai vu ! Ah bon ? Hop ! Au goulag

Mais pourquoi ai-je été surprise ? Un procès dans lequel la preuve testimoniale fut seule maitresse des débats. Des témoignages parfois incohérents qui ont désorienté l’assistance. Des accusés inculpés sur la parole d’une seule personne prétendument à Tunis ; que le parquet a été incapable de faire comparaitre même par téléconférence alors que l’administration ivoirienne en a les moyens.
Des accusés s’accusant et se récusant au gré du vent et selon leurs humeurs. Déclarant tantôt que les aveux devant la gendarmerie doivent être ignorés ou que ceux devant le juge d’instruction étaient mensongers. Ou même attestant avoir signé des dépositions sous la contrainte et par peur pour leur survie…

Maplé Gnéka avait piqué une crise d'hypertension à la barre traumatisé par l'interrogatoire du juge. Il a participé au pillage de la résidence du Général mais à été déclaré non coupable pour les faits de complicité d'assassinat
Maplé Gnéka avait piqué une crise d’hypertension à la barre traumatisé par l’interrogatoire du juge. Il a participé au pillage de la résidence du Général mais à été déclaré non coupable pour les faits de complicité d’assassinat. Crédit photos Babeth B.

Des militaires mis en accusation pour excès de zèle.

C’est le cas de Kouamé Jean Koudou accusé de complicité d’assassinat sur la personne du Général, alors qu’au moment des faits, il sirotait du Koutoukou (boisson ivoirienne) dans une buvette de son quartier. L’un de ses coaccusés, Koné Kilogninama aurait assuré devant le juge d’instruction que ce dernier était avec lui à la cathédrale. Appelé à la barre pour une confrontation, ce dernier nie les faits. « Monsieur le président quand on m’a demandé, j’ai dit je ne sais pas s’il était là-bas ». Propos confirmés par les procès-verbaux.
Le Sergent Sokoudé par ailleurs son supérieur avait également déposé comme témoin contre lui devant le juge d’instruction : « Koudou, je ne l’ai pas vu là-bas. Mais il faisait partie des ténors qui faisaient du zèle à la garde républicaine ». Et on arrête quelqu’un pour ça ? Eh bien oui ! Dans la Côte d’Ivoire émergente à l’orée 2020 et peuplée d’Ivoiriens nouveaux, c’est possible. Il est d’ailleurs resté en prison jusqu’au verdict final qui l’a innocenté, lui et 12 autres militaires qui n’avaient pas su s’envoyer… Pourtant si le commissaire du gouvernement avait bien fait son travail, ils n’auraient pas perdu tout ce temps en prison…
Quand je vous dis que je ne fais plus palabre là, c’est pour ça là.

Un selfie pour la route? Après le verdict avant de purger sa peine de prison à vie . Crédit Photos Babeth B.
Un selfie pour la route? Après le verdict avant de purger sa peine de prison à vie . Crédit Photos Babeth B.

Je vous mettrai toutes les images sur la fan page du blog.
Shalom !


Port autonome d’Abidjan, tous pour un et rhume pour tous!

Zone portuaire Vridi
Zone portuaire Vridi

Le navire Ivoire en a fini avec l’élection présidentielle, les campagnes furent très édifiantes, les débats télévisés un peu complexes par moments, et certains projets de société nous ont bien niqués! Sans grande surprise, Mon très très Président, le Bâtisseur du pont qui vaut deux mandats, est réélu avec un score qui n’en finit pas de faire jaser les jaloux de sa victoire. Confortablement réinstallé sur le trône présidentiel, qui lui aura coûté la bagatelle de 83, 66 % des suffrages exprimés, il ne boude point son plaisir! Que croyez-vous? Avec ADO, la Côte d’Ivoire « est devant » comme le disent ses thuriféraires, à Abidjan.

Avec ADO, les fonctionnaires mangent à leur faim, c’est la santé pour tous, et l’économie vibre sur haute fréquence. Mais avec ADO, c’est surtout une affaire de routes et de ponts! Le pays est en chantier pour un relooking complet. Une si longue liste de grands travaux et de rénovations que son premier fan le jeune Bédié a fini par le surnommer le grand bâtisseur! Et vous n’avez encore rien vu! Car le président compte bien étonner davantage son peuple! Je ne demande qu’à voir… Il n’y a pas que moi, d’ailleurs! La zone portuaire et ses routes dégradées ne demandent que ça! Une bonne dose de goudron de qualité pour mettre fin au cauchemar des usagers de cette route ferait du bien.

Un retour émergent à la case départ

Le spectacle offert par les principales voies d’accès au port d’Abidjan notamment celles du Chu de Treichville à la zone industrielle de Vridi comme détaillé par la blogueuse Yehni Djidji est des plus prodigieux! Et le mot est bien faible, eu égard aux ambitions affichées par le gouvernement ivoirien, pour ce port qui brasse des milliards et contribue gracieusement au budget de l’État. Être la référence en Afrique ne se réalisera pas à coup de beaux discours.

Mise en bouche à l'entrée de Vridi en venant de Treichville
Mise en bouche à l’entrée de Vridi en venant du Chu de Treichville

L’état de dégradation de la route est tel que l’on aurait peine à croire que la voirie avait été refaite quelques années en arrière. La durée minimale de vie d’une route étant en principe de 15 ans selon les experts, je me demande par quel miracle celle-ci n’aura même pas tenu cinq ans. A qui la faute? Aux intempéries? Aux poids lourds dont le ballet de va-et-vient est désormais inscrit dans le patrimoine de la zone portuaire? Nos grands ingénieurs en travaux publics fabricants de goudron longue durée, n’ont pu prévenir cela? Eh bien, la conséquence est que ce tronçon est le meilleur moyen de rater un rendez-vous, voire même d’endommager votre véhicule. C’est un retour garanti à la case tracas, embouteillages, nids de poules et autres emmerdes, qui doivent arracher des rictus constipés aux nombreuses entreprises concentrées dans cette zone portuaire. Les industriels et autres prestataires, les entreprises pétrolières, les cimenteries, les concessionnaires automobiles à savoir UNILEVER, SANIA,  SHELL, TOTAL, SIMAT AFRICAUTO, SOCIMAT et même le géant Bolloré -qui engloutit sans modération aucune les marchés les plus juteux de Côte d’Ivoire-, pour ne citer que celles-là, doivent certainement rire jaune! Car un tel désastre (c’en est un) dans une zone aussi stratégique a obligatoirement des conséquences néfastes sur l’efficacité de ces entreprises. La journée d’un camionneur dépeinte par Droville en est l’illustration parfaite.

Vridi route portuaire le gravat repend la poussière dans l'air. Crédit photos Babeth
Vridi route portuaire le gravât repend la poussière dans l’air. Crédit photos Babeth

Mais n’allez surtout pas croire que les autorités s’en foutent! Un cocktail de gravats est la solution alternative offerte par je ne sais trop qui depuis environ une semaine aux dires des riverains, en attendant qu’un cœur compatissant se penche sur la cause de cette voie. Pour avoir effectué ce trajet quotidiennement pendant près de six mois, au cours de l’année 2011-2012, je sais qu’elle pose un vrai problème de santé publique.

Cette mixture de graviers et de sable distille dans l’air une poussière ingurgitée à longueur de journée par les pauvres ouvriers et autres camionneurs qui n’ont point de voiture climatisée dont ils pourraient remonter les vitres le temps de passer au frais la route du calvaire; encore moins sortir de leurs boîtes magiques le sésame qui donne accès aux raccourcis offerts par le port à ceux qui en ont les moyens! Cette détresse est certainement l’une des raisons qui a fait s’étrangler le blogueur Abidjanais et pour laquelle le blogueur Daouda Coulibaly n’a pu se contenir.

N’en demandez surtout pas le goût aux usagers! Puisque ce breuvage passe directement des narines aux poumons sans laisser au palais l’occasion d’en apprécier la saveur, comme les narines en apprécient l’odeur. Habituellement cette route est très poussiéreuse mais avec cette poussière additionnelle dont on aurait pu se passer, bonjour les infections pulmonaires, bronchites, méningites, les allergies, les rhumes à répétition et la cerise sur le gâteau, les sinusites avec en prime un défilé gracieux à l’infirmerie! Mais ce n’est pas bien grave! N’est-ce pas?

Qui en est le responsable?

Zone portuaire Rue Inno à droite de Tedis Pharma Camion et autres poids lourds très fréquents Crédit photos Babeth B.
Zone portuaire rue Inno à droite de Tedis Pharma. Camions et autres poids lourds très fréquents
Crédit photos Babeth B.

A qui doit-on crier dans une telle situation? Les camionneurs et autres chauffeurs de taxi avec qui dans mon kpakpatoya j’ai échangé, espèrent que l’Etat fera quelque chose. Mais qui dans l’appareil étatique en a la responsabilité? Ce tronçon d’à peine quelques kilomètres quotidiennement emprunté par les poids lourds et légers des nombreuses entreprises dont les business sont des plus florissants restera-t-il sans solution? Ou l’Autonomie du port autonome d’Abidjan qui est le poumon de l’économie ivoirienne fait-elle peser sur lui la responsabilité de réparer cette voie? Beaucoup d’interrogations, diront certains…. En effet; je ne suis pas une experte en route. Je pose juste des questions…

Je les pose à dessein, car ce port très autonome est placé sous la tutelle du ministère des Transports, du ministère de l’Economie et des Finances et de celui des infrastructures économiques. A moins que les mairies de Port-Bouet et Treichville ne doivent s’en occuper… C’est le cas? A qui doit-on en appeler au juste dans cette affaire? Car cette situation nécessite que quelqu’un mette la main à la poche. Fort heureusement, la rondelette somme de 125 milliards de francs CFA sera bientôt mise à la disposition de l’Etat dans le cadre du 2e contrat de désendettement et de développement (C2D) signé le lundi 2 novembre 2015. Le premier ministre affichant un large sourire affirmait à cette occasion que «l’infrastructure de qualité devrait contribuer à la lutte contre la pauvreté qui reste la priorité de l’Etat».  Il ne croit pas si bien dire!

La réhabilitation de la route du Nord Bouaké-Ferkéssedougou, du pont Félix Houphouët-Boigny, la construction du port de Bettié, dans l’est de la Côte d’Ivoire, sont au menu de l’usage de ces 125 milliards. Il y a même des imprévus, tiens! La réalisation de 14 ponts métalliques, sur des axes ruraux ; 400 km de réhabilitation de routes interurbaines revêtues; plus que quelques mois et toutes ces merveilles, verront le jour ou du moins, un début de réalisation. Génial! La zone portuaire ne fait pas partie des imprévus? Oui? Non? En attendant, qu’est-ce qu’on fait? Dans tous les cas, pour tous ceux qui aiment inhaler la poussière, nous avons une solution pour vous. Tous pour un, rhume pour tous!

Shalom!


La recette de PEACE-CI pour des élections apaisées en Côte d’Ivoire

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Meet up pour des élections apaisées en Côte d’Ivoire Crédit Photos Dadouda Coulibaly Sa Majesté

Les élections présidentielles 2015, sont prévues pour ce dimanche 25 octobre. Eu égard à la crise qui a suivi celles de 2010, les initiatives se multiplient afin que plus jamais l’on ne connaisse dans ce pays pareil désastre.

La Plateforme des organisations de la société civile pour des Élections Apaisées, Crédibles et Equitables en Côte d’Ivoire (PEACE-CI) qui s’inscrit dans cette dynamique, a organisé le mercredi 21 Octobre à l’espace Welly sis au II Plateaux, un tweet up avec la communauté web ivoirienne, en vue d’échanger sur l’engagement du citoyen web 2.0 en période électorale : le cas de la Côte d’Ivoire. Un thème développé par monsieur Fernand Dédeh journaliste sportif, blogueur et web activiste qui a à cette occasion donné aux acteurs web la conduite à tenir durant les élections.

Le blogueur un acteur incontournable

S’adressant aux inconditionnels des réseaux sociaux en général et aux blogueurs en particulier il a rappelé que ces derniers ont une grande force et une avance certaine sur les médias traditionnels, car ayant l’avantage de l’exclusivité du fait qu’ils sont leur propre chefs et ne sont soumis à aucune espèce de procédures dans la diffusion de l’information.

Le blogueur n’est certes pas un journaliste (qui est un professionnel de l’information assujetti aux règles d’éthique de déontologie de son métier qui est payé pour collecter l’information, la recouper la vérifier et la publier) mais il n’en demeure pas moins qu’il est tout autant acteur de l’information que le journaliste. De ce fait, il a la responsabilité de respecter certains principes surtout pour la couverture des élections présidentielles car un seul tweet erroné peut être source de polémiques et même entacher la crédibilité du scrutin.

  • Cinq règles de conduite

– Le blogueur ou le web activiste qui veut couvrir les élections doit se préparer. Connaitre l’organe qui organise les élections et surtout maîtriser les textes régissant les élections, les pratiques et les usages afin de s’assurer de dénoncer les vraies irrégularités.

– Faire du repérage, identifier les responsables des bureaux de votes que nous souhaitons visiter. Identifier les personnes ressources à contacter en cas de couac. Connaitre bien entendu les sites internet des différents candidats pour avoir plus d’informations et recouper celles en notre possession. Connaitre l’identité du président du bureau de vote, du superviseur dudit bureau et des scrutateurs des partis politiques. Se souvenir que tous peuvent informer mais c’est celui qui est au plus près de l’information qui l’a.

– Le blogueur doit être un acteur du vivre ensemble et ce, avant, pendant et après les élections. Ses billets, post et tweets doivent aider à faire comprendre le processus électoral ce qui signifie que lui-même le maîtrise suffisamment pour l’expliquer et le critiquer.

– Il doit prendre conscience de la responsabilité éthique et sociale qui incombe aux professionnels et faire preuve comme le journaliste de bon sens dans la relation des faits.

–  Le blogueur comme le journaliste doit respecter les faits quelles qu’en soient les conséquences pour lui-même et en raison du droit que le public a de connaitre la vérité. Il doit se faire un devoir de publier des informations dont l’origine la véracité et l’exactitude sont établies. Ce qui signifie qu’il doit avoir un carnet d’adresse bien fourni.

En conclusion, la communauté web doit garder en mémoire le fait que nous sommes dans une période extrêmement sensible ou une rumeur suffit à engendrer des troubles, des peurs, des angoisses et des frayeurs.

PEACE-CI une plateforme qui veille

Mariam Dao Gabala Coordinatrice de Peace-ci  Crédit photos: Daouda Coulibaly
Mariam Dao Gabala Coordinatrice de PEACE-CI
Crédit photos: Daouda Coulibaly

La coordinatrice de PEACE-CI, Mariam Dao Gabala à la suite du journaliste Fernand Dédeh a partagé avec l’assistance la vision de la plateforme qu’elle dirige avec le soutien financier de la fondation OSIWA (Open Society Initiative for West Africa).

Composée de 800 organisations de la société civile, regroupés autour de 22 réseaux d’organisations de la société civile qui se sont engagés pour de élections crédibles transparentes et apaisées.

PEACE-CI s’est confiée pour mission de faire de la  veille afin de suivre le processus électorale et veiller à ce qu’il n’y ait aucun incident susceptible de mettre à mal ce processus. Deux mille observateurs ont été déployés sur toute l’étendue du territoire ivoirien pour remonter l’information au niveau de la plateforme. Ces deux mille observateurs couvrent environ 10% des bureaux de vote; ce qui est suffisant pour être crédible dans les chiffres et les statistiques lorsque l’on couvre une élection.

Elle représente à ce jour la plus grande plateforme de veille électorale à ce jour en Côte d’ivoire.

Vous pouvez tous alerter la plateforme si d’aventure vous êtes témoins d’un incident ou de tout fait susceptible selon vous d’entacher la régularité du scrutin. Un seul Hashtag #JeSuisPeace, un compte Twitter @peace_civ.

Shalom!


Présidentielle 2015, la République en panne sèche !

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Crédit photos: @AvecADOPr

J’adore la période électorale. Elle me procure la même sensation que la Coupe d’Afrique. Malheureusement cette année, l’ambiance n’est pas la même. La propagande électorale officiellement lancée depuis 11 jours sur fond de retrait de candidature et d’appel au boycott intéresse visiblement peu les Ivoiriens qui se foutent pas mal des jeux auxquels se livrent les grands seigneurs de la République. La tiédeur de la campagne n’arrange pas non plus les choses.

Il faut bien l’avouer, en matière de campagne électorale, la Côte d’Ivoire a connu mieux tant sur le plan de la communication que sur celui de la mobilisation.

Des slogans peu parlants

Il suffit de faire le tour des slogans prônés par les prétendants à la magistrature suprême, pour réclamer de toute urgence des secouristes à leurs côtés ! Moi j’attendais des slogans qui décoiffent, qui font briller des étincelles d’illusions dans les yeux des Ivoiriens ! Des slogans, dont la seule mention redonne de l’espoir à la veuve et l’orphelin, guéri l’âme des affligés, fait pousser des mains aux manchots, des pieds aux estropiés, redonnent la vue aux aveugles, la voix aux sans voix et ressuscitent même les morts par leur incongruité! Si, si, ça existe ! La Côte d’Ivoire est une terre de miracles n’en doutez point ! Mais je ne vois rien ! Les directions de campagnes sont en panne sèche ou quoi ? Elles traversent un désert ?

Nous sommes bien loin de l’époque où les gbagboïstes convaincus, sillonnaient le pays avec le célèbre « c’est comment commennnnnt, Laurent Gbagbo il est sur terrain, devant c’est Maïs ! Pays-là, c’est comment commennnnt, Laurent Gbagbo il est sur terrain, devant c’est maïs.…» Où ADO-Solution en une seule affiche, transportait directement les Ivoiriens dans une Côte d’Ivoire émergente où coulent le lait, le miel et surtout les milliards !

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Affi N’guessan candidat du FPI

Pendant que le tout puissant président-candidat, le bâtisseur du pont qui vaut deux mandats, Sa Majesté Ouattara premier sillonne (à nouveau) la Côte d’Ivoire en précédant chacune de ces phrases et promesses de son désormais « Avec Ado », le prince du Moronou, Pascal Affi N’Guessan, président toujours contesté du Front populaire ivoirien (FPI), a trouvé judicieux de marcher sur les traces de François Hollande en arborant sur ses rares affiches dans la ville « Le changement maintenant ».

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Charles Konan Banny candidat indépendant et membre du PDCI RDA

Charles Konan Banny dit « Banny zéro mort » comme il se baptise lui-même, continue sur le terrain, le travail qu’il n’a pu accomplir à la tête de la Commission dialogue vérité et réconciliation (CDVR). En vérité il espérait se servir du succès de cette mission pour se poser en réconciliateur et augmenter ainsi sa cote de popularité au plus bas. Malheureusement ce fut un échec cuisant, dont il fait porter la responsabilité au président candidat qui aurait saboté sa mission. Il affirme ne pas savoir être autre chose qu’honnête; ne riez pas hein… « S’unir pour réussir ensemble » est le slogan qu’il a choisi pour fédérer autour de lui, les Ivoiriens aspirants au changement et à la réconciliation nationale.

Une campagne qui a peiné à décoller véritablement parce qu’après de timides meetings et visites dans certaines localités, de l’intérieur du pays, il n’a dévoilé son projet de société décliné en 12 points que le mercredi dernier. A t-il enfin pu rassembler autour de lui ses copains de la Coalition nationale pour le changement (CNC) ? Parce Mamadou Koulibaly président du Lider, initiateur de la CNC après avoir empoché les 100 millions « offerts » par Sa Majesté, qu’il estime être une avance des millions ? Milliards ? Que lui doit l’Etat, s’est tout bonnement retiré pour entamer une campagne de boycott. Son slogan ? #Osons !

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Konan Kouadio Siméon candidat

La réconciliation, Konan Kouadio Siméon dit KKS, celui qui fait une campagne pédestre, optant pour du porte-à-porte, en a fait comme en 2010, son cheval de bataille avec pour devise le « Neutre réconciliateur ». A cette allure, il n’aura pas parcouru la seule zone de Cocody que les résultats seront connus ! Ses principales armes ? Le refus des 100 millions qui est rappelé à la mémoire des Ivoiriens à chaque spot publicitaire, et sa qualité d’« homme probe ».

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Gnangbo Kacou candidat indépendant

Kacou Gnangbo député d’Adiaké, comme tout parlementaire est « Pour le peuple, avec le peuple ». Toujours flanqué de son petit blanc, des trémolos pleins la voix, Il a fermement décidé de ne point donner dans les slogans creux. Libérer l’intrépide Gbagbo de La Haye est l’un de ses ambitieux projets. « Quand je serai élu, on va fêter pendant quatre jours et après, je vais aller libérer Gbagbo». Il est sérieux ?

Il a résolu de commencer sa campagne par convaincre ses amis du Sud-Est où ses affiches foisonnent. Au moins il devrait avoir la reconnaissance des siens et ne pas faire piètre figure…

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Henriette Adjou Lagou candidate du RPC PAIX

Que dire des femmes dans cette campagne ? Henriette Lagou, la candidate qui conditionne la paix en Côte d’Ivoire à l’élection d’une femme à la présidence de la République, propose « Une femme pour le changement ». Un changement dans la continuité aussi ? Qu’elle demande à Catherine Samba Panza si le statut de femme à lui seul suffit à ramener la paix et la stabilité dans une nation… « Je m’offre en sacrifice comme Abla Pokou qui a sacrifié son fils » a-t-elle affirmé le jour de l’annonce officielle de sa candidature à la place Figayo de Yopougon.

Candidate Kouangoua Claire __ San Pedro
Kouangoua Jacqueline candidate indépendante à la présidentielle 2015

Sa rivale Kouangoua Jacqueline n’a véritablement commencé sa campagne qu’après avoir reçu les 100 millions pour lesquels elle a, je cite « béni le Seigneur ». Ne me demandez pas ce qu’elle projette; moi-même j’ai du mal à la suivre… Pour ce que je sais, elle veut bâtir une nation forte et faire du bien aux Ivoiriens à travers la réforme de la santé, l’éducation, l’agriculture et le social. Le problème avec tous ces candidats, c’est qu’ils veulent tous réformer, mais ne nous disent pas comment…

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Konan Kouadio Bertin dit KKB memebre du PDCI-RDA mais candidat indépendant

N’oublions pas Konan Koudio Bertin dit KKB, le jeune vieux, l’ex-fils bien_aimé du président Henri Konan Bédié, qui n’a de cesse d’inonder les réseaux sociaux pour amener ses followers à faire table rase du pouvoir en place, en pensant à la seule alternative qui se réduit à sa personne. « C’est le moment » est le slogan dont il se sert pour draguer les électeurs.

Mon constat général ? En dehors de Sa Majesté Ouattara premier qui semble avoir mangé du cheval et qui gambade à travers le pays avec les moyens qu’on lui connait, les autres ne sont véritablement pas prêt… Parlons justement de Sa Seigneurie !

Ouattara déroule son rouleau compresseur

campagne ADO
Le président Alassane Ouattara candidat à sa propre succession pour le compte du RHDP

Sur le terrain, mon président est littéralement en phase d’étouffer l’adversaire. Accroché au bras de Fanta Gbè sa tendre épouse dont les pas de danse ne cessent de m’émerveiller, Sa Majesté, à bord de son jet privé se déplace plus vite que son ombre. C’est sûr qu’il fera en moins de deux semaines ce qu’il a fait en trois ans avec ses visites d’Etat campagne. Son nouveau concept ? « L‘Ivoirien nouveau ! »

La ville d’Abidjan est inondée d’affiches publicitaires chantant ses ponts, ses routes et ses nombreux bienfaits envers ses sujets. Le candidat qui a lancé sa campagne à Yamoussoukro en hommage à Felix Houphouët-Boigny, fait la navette entre la capitale économique et l’intérieur du pays. Drainant la foule à chacune de ses étapes. Tellement assuré de gagner que la direction de campagne du RHDP coalition politique qui le soutient, a fait fondre comme neige au soleil, le budget de certains DDC et DLC.

Quand on lui pose des questions embarrassantes sur ses échecs, notamment, l’emploi des jeunes, à qui il prétend avoir offert deux millions d’emplois (quand deux ans en arrière il confiait ne pas pouvoir atteindre le million d’emplois), la cherté de la vie, la santé et la réforme de la justice qui a vraiment souffert sous son mandat, il applique la bonne vieille tactique du « ce n’est pas de ma faute » si chère à Laurent Gbagbo.

Face aux électeurs le 13 août dernier, l’on aurait cru entendre les lamentions du Woody de Mama en 2010, qui répétait à l’envi, que ses échecs dans sa gestion des affaires étaient le fait de « la guerre », une guerre que lui a imposée pendant dix longues années Saint Soro Guillaume et ses compagnons de kalachnikovs. La performance de Sa Majesté, candidate à sa propre succession, en la matière a tout bonnement surpassé celle du locataire de La Haye.

Le président qui est « satisfait » de ses ministres, mais « pas encore satisfait » a répété à maintes reprises avoir trouvé un pays en « totale déconfiture, en ruine, un pays quasiment en banqueroute… Le pays était dans un état catastrophique dans tous les secteurs… La Côte d’Ivoire était dans un état de quasi-arrêt… Le taux de chômage était parmi les plus élevés au monde… ». Je donnerais cher pour savoir ce que Gbagbo Laurent en a pensé moi…

Face à lui, ses adversaires peinent à se rassembler sur l’ensemble du territoire. A Abidjan, outre les affiches de la CEI, seuls Affi N’guessan, Charles Konan Banny et KKB ont des panneaux d’affichage à leur effigie sporadiquement…

Hélas, Affi N’guessan et ses camarades sont bien sur le terrain, mais l’adversaire semble avoir une bonne longueur d’avance et surtout les moyens de sa politique. Il aurait apparemment fallu offrir plus que 100 millions à ces derniers !

Allez faites vos choix mes chers compatriotes c’est pour ce dimanche les élections ! Allez voter heinnn…. Heummm

Shalom !


Drague au pays de la Teranga

La statue de la libération de l'esclavage. Crédit photos: DD l7 (e blog de DD 17)
La statue de la libération de l’esclavage. Crédit photos: DD l7 (e blog de DD 17)

J’avais oublié de vous conter mon aventure au pays de la Teranga à l’occasion des assises de l’Union de la presse francophone à Dakar. Ou du moins, l’avais-je enfoui bien loin dans mon esprit, comme à mon habitude lorsque je n’ai nullement envie d’évoquer mes histoires embarrassantes.

Mais la lecture récente du billet de Manon m’a rappelé cet incident…

Comme d’habitude dans ce genre de conférences, il y a ceux qui se concentrent sur le séminaire et ceux qui recherchent en plus des ateliers et autres tables rondes, le plaisir de la chair. D’autant plus que dans ces rencontres, où s’entremêlent le brassage des peuples, des couleurs et des intelligences aussi, il y a également le panachage de la plastique. Minces, tailles mannequins, courts, grands, ventrus, yeux revolvers, bref ! Il  y en a pour toutes les esculences. Alors ça drague fort.

Round 1 : Séduction sénégalo-congolaise

Je rêvais d’un séjour riche en émotions ? Eh bien les gars j’ai été bien servie. A peine mes pieds foulèrent-ils le sol sénégalais, que j’avais à ma disposition deux gentlemen. Un Sénégalais, lancé dans une drague ouverte et assumée dont j’ai assez rapidement calmé les ardeurs (la polygamie ce n’est pas mon truc) et un sexagénaire congolais, beaucoup plus difficile à brider, qui  après avoir porté ma valise, m’avoir enregistrée à la réception de l’hôtel et accompagnée devant ma chambre a sorti non sans un regard de latin lover la phrase qui tue !

– Je suis amoureux ! Euye ! Attaque de front ! Pourquoi les gens ne respectent pas l’amour même ? Ça fait deux secondes que tu m’as vue et tu m’aimes déjà ?

 Je vais t’emmener chez moi à Brazza…

Vous savez, moi j’ai une affection particulière pour les Congolais. Ils sont propres, beaux avec un teint basané et des lèvres pulpeuses. Le Congo, c’est le Ndomolo, c’est l’Atalaku c’est la rumba quoi… Les Congolais ont la bouche sucrée, ils savent séduire la femme… Bref ! Ce sont des « loveurs ». Vous-même vous savez que « les hommes ont de grands yeux et les femmes de grandes oreilles ». Ce qu’on nous murmure à l’oreille ne reste pas sans effet… Ce n’est pas moi qui l’ai dit. Les Congolais savent user de la langue de Molière et du lingala aussi… Rien que pour ça ; je l’ai repoussé avec politesse en l’appelant « tonton » durant toutes les assises. Ça l’a fait ch*er, mais il a fini par comprendre.

Round 2 : Drague française sur fond de harcèlement

J’avais à peine contenu les ardeurs de mon Brazzavillois qui persistait dans son rôle d’amoureux transi, qu’un « pointeur » (pour parler des dragueurs en Côte d’Ivoire) d’un tout autre genre se révèle à moi.

De retour de la résidence de l’ambassadeur de France, qui au passage, en a courroucé plus d’un dans son discours, je m’étais laissée choir dans le siège du car qui nous ramenait à l’hôtel. Lasse et impatiente de rejoindre ma chambre, je rêvais de bain chaud et d’une bonne nuit de sommeil, lorsqu’un homme blanc, d’une petite taille et d’un âge avancé, s’approche de moi et me demande poliment :

-Je peux m’asseoir ?

-Oui bien sûr… ai-je répondu (est-ce que, car là c’est pour moi ?)

L’homme prend place à mes côtés. Quant à moi, je profite du trajet pour admirer le paysage, lorsque je sens sur ma cuisse gauche une caresse grassement offerte du revers de la main… Intérieurement je me dis « Non. Ça ne peut pas être ce vieux qui fait ça… » Quand ce dernier impavide me demande :

– Ça va ? C’est bon ? Ça t’excite ? Heum ??? Il a fumé un joint ou quoi ? Il vient vraiment de me poser cette question ? Quoi ? C’est comme ça qu’on drague en France ? On caresse sans gêne les cuisses des demoiselles en leur demandant si elles sont excitées ?

Je ne sais pas si l’ambiance feutrée et la lumière tamisée du bus, étaient à la hauteur érotique des attentes lubriques de cet homme, dont le cerveau de vieux pervers, imaginait surement nos corps, s’entremêlant dans toutes les positions du kamasutra. J’étais pétrifiée sur mon siège incapable de réagir. Les mots refusaient de parvenir à mes lèvres. En vérité, c’était la première fois qu’un inconnu se permettait une telle indélicatesse envers moi… De surcroît un petit vieux… Je vais commencer à me poser des questions sur mon sex appeal ! Ayi ?? Wallaye j’attire les vieux comme des abeilles ou bien c’est un signal ?

Et moi, avec un air hébété et un sourire constipé vicié sur mes lèvres, je lui réponds :

– Non ça ne m’excite pas. Une voix intérieure me hurle dessus « Tu ne peux pas le gifler ? »

L’homme engage la causerie, me raconte sa vie, me parle de ses enfants, des différents postes occupés au cours de sa carrière, etc. Qu’est-ce que j’en ai à foutre moi ? Puis se remet à me caresser la cuisse toujours avec la même question et pire encore :

T’es sûre que ça t’excite pas ? Je suis déjà chaud là, j’ai très envie, ah dans le pantalon c’est debout là… Tu veux pas t’es sûre ? 

Et moi, telle une godiche, arborant toujours cet air stupide et ce sourire idiot, je lui donne toujours la même réponse : « Non merci » et cette voix intérieure qui se fait encore plus insistante, plus oppressante : « Mais qu’est-ce qui va pas dans ta tête ? Tu vas écouter ce vieux pervers te débiter ces insanités sans broncher durant tout le trajet ? » Et c’est ce qu’il a fait !

Coup de grâce

Lorsque notre bus pénètre enfin l’allée de l’hôtel, je pousse un « ouf !» de soulagement, puis m’empresse dans la file de descente. Et juste derrière moi (ce n’est pas une plaisanterie), je sens sa virilité, chatouillant et importunant mon fessier. Son corps pressant le mien ne laissait aucun doute quant au désir qui l’étreignait et l’embrasait. Excité, oui, il l’était ! Apparemment résolu à se nicher ce soir dans le terrier douillet de mon entrecuisse… Vieux dégoûtant, qui, le sexe contre mes fesses me susurre dans un souffle à l’oreille :

– En plus je suis là la bonne hauteur là… Safroulaye !!! Il est sérieusement sérieux ?

Mon sang n’a fait qu’un tour ! Je me retourne empoigne dans ma paume pénis en érection, testicules enfin… Tout ce que ma main trouve dans l’entrejambe du Toubabou. Je lui presse violemment tout ce qu’il a entre les cuisses et m’écrie :

– Quoi ? C’est ce que vous voulez ? Enc**er une négresse, une pute noire ? Tu te crois dans des préliminaires de film porno?

Silence dans le car, regards effarés, rictus en coin, murmures d’indignation. L’homme suant à grosses gouttes me dévisage. L’air confus, honteux, me suppliant du regard de mettre fin à son supplice puisque mes mains tiennent solidement ses bijoux de famille, afin de lui offrir une émasculation gratuite quand… Stop ! Attendez un instant! 

On rembobine… En fait ça c’est dans ma tête…

J’ai fermé ma gueule ; je suis descendue du car sans un mot, m’engouffrant précipitamment dans le hall de l’hôtel, comme si les pensées perverses de ce vieux dégoûtant étaient ma faute. Pfff !!!

« Espèce de lâche ! » Me suis-je dit, une fois dans ma chambre. Toi qui habituellement joue les grandes gueules… Finalement il t’a bien enc*lé le vieux…

J’ai encore mal au cœur rien qu’en me remémorant la scène… Allez, Shalom…

PS : Mes mots sont à la limite de la vulgarité, comme était la scène ce jour-là… Esprits sensibles, give me a break!