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Le Roi Mthimkhulu III soutient la cause des migrants africains

A la faveur d’une conférence de presse organisée par l’African Diaspora Forum (Adf) dans ses locaux le 2 juin 2016 à Yeoville à Johannesburg en Afrique du Sud, le Roi Mthimkhulu III de Hlubi dans le Kwazulu natal (Kzn) apporte son soutien à la cause des migrants en Afrique du Sud. Ce qui constitue une première pour qui connaît la nature des relations entre les étrangers et les têtes couronnées dans le pays arc en ciel par le passé. Explication

C’est une lapalissade, les relations entre les migrants et la chefferie traditionnelle ne sont pas au beau fixe au pays de Nelson Mandela. Et c’est en cela que la déclaration du Roi Mthimkhulu III de travailler dorénavant avec la diaspora africaine pour promouvoir l’intégration des migrants africains dans son pays dérange. Au lendemain des évènements tragique de 2008…La suite, on la connaît.

Mais serein, le roi Mthimkhulu III persiste et signe qu’il veut dorénavant travailler avec les migrants. A travers un ambitieux projet qui ramener la paix, la quiétude et la sérénité dans son pays et sur le continent. « Nous sommes tous des Africains, la xénophobie, la persécution des migrants ne doivent exister ni en Afrique du Sud, ni dans aucune autre nation de notre continent. Aussi,  d’entrée de jeu, a-t-il invité l’assistance à faire preuve d’autocritique au cour de la conférence de presse organisée à son intention par l’Adf.  Car, « il est fondamental que nous pensionsprofondément à qui nous sommes, en tant qu’Africains ». D’après le roi de Hlubi, «nous descendons de grands rois et de grandes reines qui ont laissé des empreintes indélébiles sur cette terre, à jamais !

En tant que dignes fils de l’Afrique, comme l’a si bien souligné le poète sud africain Ingoapele Madingoane, «Au commencement était l’Afrique et à la fin également… ».

 Ainsi, cette rencontre de sa Majesté royale avec la diaspora africaine, vise à «reprendre notre identité, érodée chaque jour dans la pléthore du colonialisme et de l’impérialisme occidental, de  l’oppression et des tendances engendrés par toutes ses formes de pouvoir de domination».D’où la nécessité de faire une pause pour « reprendre notre identité perdue, en nous rappelons que nous sommes d’abord et avant tout des Africains et que nous devons nous unir si nous voulons aller de l’avant, évoluer… ».

Pourle roi Mthimkhului IIl, il est impératif que nous établissions cette unité. Comme monarques et autorités traditionnelles, et particulièrement en tant que roi de la nation d’Ama Hlubi, qui a des racines dans la République démocratique du congo (Rdc), l’unité de toutes les filles et fils de ce continent est la seule manière de préserver notre continent et notre héritage commun.

AMTA

(Crédip photo:babylas25)
Le Roi Mthimkhulu III raccompagné par le Président de l’Adf, Marc GBAFFOU
(Crédit photo:babylas25)
Le Roi Mthimkhulu III (en tenue d’apparat) aux côtés du Président de l’Adf lors de la conférence de presse

« C’est en cela que se justifie mon engagement et ma détermination à associer tous les monarques, toutes les personnes de bonnes volonté à ce projet qui me tient à cœur », et, que je compte piloter avec le Forum de la diaspora africaine (African Forum Diaspora (Adf)), dixit le roi MthimkhuluIII ». Cette organisation sera connue en tant qu’une association des monarques et autorités traditionnelles de l’Afrique (Amta).

À cet effet, plusieurs consultations avec tous les dépositaires de la tradition africaine sont en cours et continueront jusqu’à ce que les objectifs de départ soient atteints. A cet effet, une ébauche de constitution est produite comme document de de travail de base. Et, pendant que nous obtenons l’adhésion de plus de rois, plus de structures compétentes à bord, les contours de l’Amta commencent par se dessiner et à s’adapter aux vues des dépositaires intéressés par ce projet novateur.

 « Nous envisageons lancer Amta le 8 septembre prochain. Que Dieu bénissent l’Afrique, garde ses enfants, guide ses chefs et leur donne la paix ».

Par la voix de son président, Marc Gbaffou, l’Adf s’est félicitée de ce partenariat avec la royauté et à invité tous les migrants, tous les refugiés de la diaspora  africaine à se joindre à eux pour le triomphe de cet ambitieux projet.


AFRIQUE DU SUD/La diaspora commémore l’intégration africaine

 

Dans le cadre de la célébration de la journée de l’Afrique le 25 mai, le Forum  de la diaspora africaine «l’African diaspora forum (Adf) », en partenariat avec Channel Africa, a organisé des activités culturelles, récréatives et éducatives du 25 au 28 mai 2016, à Yéoville à Johannesburg en Afrique du Sud.

L’Organisation de l’unité africaine (Oua) a été créée le 25 mai 1963 et a cédé la place en 2000 à l’Union africaine (Ua). C’est en souvenir de cette importante date que, les pays africains commémorent, avec des fortunes diverses, le 25 mai de chaque année, la journée de l’Afrique.

Elisabet BARBIER, Ambassadrice de France en Afrique du Sud
Elisabet BARBIER, Ambassadrice de France en Afrique du Sud

Le Forum de la diaspora africaine, une fédération d’associations de migrants étendue à des ressortissants Sud africains vivant en Afrique du Sud, de concert avec ses partenaires, a mis les petits plats dans les grands pour marquer d’une pierre blanche, la grand’messe de l’intégration africaine.

Pour le gouverneur de la Province de Gauteng, l’honorable David Makhura, «les migrants ont également leur place en Afrique du Sud parce que bon nombre d’entre eux sont talentueux et compétents…De la même manière, les Sud Africains, peuvent se rendre dans n’importe quel pays en Afrique pour y faire des affaires….Seulement, voilà, les criminels ne sont pas les bienvenus et ceux qui sont en position irrégulière doivent régulariser leur situation pour pouvoir mener une existence pacifique dans et s’insérer dans le tissu économique sud africain.  Grâce à des activités en conformité avec les lois et règles du pays.

Le décor ainsi planté, l’ambassadrice de la France en Afrique du Sud, Mme Elisabeth Barbier se félicitera du choix porté sur Yéoville pour abriter les manifestations de la semaine de l’intégration africaine. Pour la diplomate française, « l’on ne pouvait mieux choisir, à cause du caractère cosmopolite et panafricain par excellence de ce quartier de Johannesburg. Au demeurant populaire, vibrant et riche en couleurs avec une forte identité locale, abritant une communauté de migrants en provenance de divers horizons et du reste de l’Afrique ».

De la nécessité d’explorer de nouvelles pistes pour promouvoir la cause des migrants et des réfugiés…

Mais il n’en demeure pas moins que « les migrants sont souvent confrontés à des conditions d’extrême violence mettant leurs vies en danger. Souvent parce qu’ils se sentent rejetés par le pays d’accueil à cause du racisme et de la xénophobie ». D’où la nécessité d’explorer de nouvelles approches de solutions pour soutenir, protéger et promouvoir la cause des migrants et des réfugiés. Ce qui demande plus d’engagement de la communauté internationale et des plateformes de la société civile.

La France soutient les organisations de la société civile à travers le Fonds de développement de la société civile qui aide à la réalisation de petits et moyens projets contribuant à la consolidation des droits humains et au renforcement de la démocratie locale.. Ainsi, depuis 2013, 20 organisations ont pu bénéficier de ce fonds.

Depuis 2010, l’ADF travaille avec les institutions sud africaines au niveau national, provincial et local pour promouvoir la cohésion sociale et l’intégration de toutes les communautés africaines en luttant contre toutes les pratiques incitant à la xénophobie, l’exclusion et la violence vis-à-vis des migrants, d’après Marc Gbaffou, le président de l’African Diaspora Forum.


BÉNIN/TOURISME/Sur la route de l’esclave

Dans ce nouveau billet, j’invite à une promenade sur la route de l’esclave, le sentier original emprunté par des milliers d’esclaves, en partant de la place Chacha au centre ville de Ouidah au Bénin jusqu’à la côte, sur un trajet de 4 kilomètres pour embarquer à bord de navires en partance pour les Amériques…

C’est avec beaucoup de plaisir que je refais, cette fois-ci à pied, en compagnie d’un vieil ami natif de Ouidah comme moi, guide touristique à ses heures perdues, la promenade sur la route de l’esclave pour mieux en cerner le sens et la portée sur un itinéraire traversant trois grands villages. Et débouchant à la plage de Ouidah, où se trouve la porte du non retour,  monument dédié par l’Unesco à la mémoire de toutes celles et tous ceux qui ont quitté leurs différents pays à partir de cet endroit. Morceaux choisis.

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Place Chacha à Ouidah au Bénin

La place des enchères

Selon plusieurs sources orales concordantes, c’est le lieu par excellence du négoce d’esclaves par troc. Situé devant l’ancienne maison du négrier brésilien don Francisco Félix de Souza alias Chacha, mon ancêtre, la place des enchères est la première étape de la route des esclaves. Une place qui a vu le jour en 1717 à la suite de la défaite du royaume Houéda (Ouidah) face à celui de Danxomè (Abomey). Devenu un territoire sous protectorat, le roi Guézo, roi d’Abomey d’alors, confia à son ami, le négrier don Francisco Félix de Souza alias Chacha, l’administration et la gestion de cette nouvelle contrée annexée. Ainsi, au lieu de tuer les prisonniers de guerre, les victimes de razzias, ou ceux ayant commis l’adultère au sein de la communauté sont vendus comme esclaves aux Européens, aux Américains sur cette place dénommée place des enchères. Avec l’essor prodigieux de la traite, le grand négrier en vint à élargir son entonnoir d’esclaves. Des bras valides furent troqués contre des marchandises de peu de valeur, tels que canons, alcools, fusils, miroirs, chapeaux, pacotilles…

L’arbre de l’oubli

« Pour empêcher les esclaves d’avoir leurs regards, leurs pensées toujours tournés vers l’Afrique », aux dires de mon guide touristique. Aussi, à une partie du parcours se trouve un arbre qui revêt un sens particulier dans la culture des populations du sud Bénin, l’arbre de l’oubli. Cet arbre matérialise la deuxième station après celle de la place des enchères. A cette étape, les esclaves sont contraints de se livrer à un rituel. Les femmes, considérées comme ayant sept côtes selon la tradition, font sept fois le tour de l’arbre de l’oubli et les hommes, neuf fois le tour puisque la tradition leur attribue neuf côtes.

L’importance de ce rituel, c’est d’amener les esclaves à oublier leur passé, leur culture, leur origine, leur identité. Derrière ce mystère, difficile à élucider, pointe la main de quelques gardiens du temple, au sein de la chefferie traditionnelle locale connaissant la vertu de cet arbre, qui ont pactisé avec l’envahisseur pour mener à bien ce honteux trafic. Une fois le rituel accompli, les esclaves sont conduits à Zoungbodji, village situé non loin du quartier Brésil pour être parqués dans des concessions de fortune en attendant l’arrivée des cales.

La case de Zomaï

Cette case représente tout un symbole. C’est à cet endroit que, tard dans la nuit, les esclaves sont ramenés en attendant l’arrivée des cales de l’Europe et parqués dans des petites cases de fortune hermétiquement closes, où régnait une obscurité totale dès leurs arrivées. Afin de les désorienter en coupant court à toute velléité de fuite ou de rébellion. Zomaï veut dire « là où ne va pas ». Le mémorial de Zougbodji représente aujourd’hui le cimetière des esclaves. Sous l’égide de l’UNESCO, en 1992, il a été opéré une fouille archéologique où beaucoup d’ossements et d’instruments authentiques ont été découverts. Actuellement, tous ces instruments (chaînes…), sont exposés au musée de Ouidah Quant aux ossements trouvés, ils ont été enterrés de nouveau et sur ceux-ci se dresse aujourd’hui le mémorial de Zoungbodji ayant une profondeur de 4 mètres et 6 mètres de hauteur. Ce mémorial en dit long sur la tragédie qu’il y a eu en ce lieu. Après avoir enterré ceux qui ont rendu l’âme, le reste des esclaves s’ébranle en direction de l’arbre de retour. Cap sur l’arbre de retour

L’arbre de retour, le souffle y demeure

Ici, s’annonce un autre rituel résultant d’une multitude de questions que les esclaves se posaient. Où allons-nous ? Que feront-ils de nous ? A quel destin nous vouent-ils ? Ainsi, fort convaincus de leurs croyances et des cultes des divinités, ils font alors trois fois le tour de l’arbre pour marquer le retour effectif de leur âme après leur mort sur la terre de leurs aïeux. Ce retour dont il s’agit n’est pas le retour physique mais le retour mystique. C’est de là qu’est partie l’idée de la réincarnation. Cet arbre est demeuré tel depuis le 16 ème siècle et n’a pas disparu. Communément appelé dans la langue fon « Hountin », les gens le nomment vulgairement le kolatier sauvage. Il porte des fruits assez symboliques aidant à la préparation d’infusion qui servent à guérir l’éléphantiasis. Aussi, c’est une place sur laquelle s’organisent régulièrement la danse des «Egungun», danse des revenants ou cluito. Car l’adage demeure « les morts ne sont pas morts ». Après ce rituel, les esclaves prenaient la route de la plage qui traversaient les marais et acheminés par la lagune de Djègbadji pour être embarqués sur les navires négriers. Ainsi, l’embarcadère de Djègbadji était le lieu de départ des esclaves pour les Amériques, il est situé sur la pelouse littorale.

La porte du non retour, l’embouchure de la route du retour

C’est la dernière étape de la route, la dernière marche vers l’ailleurs. C’est l’étape de la désespérance et de la désolation. Arrivés au bord de la mer, les esclaves qui n’en pouvaient plus, prenaient du sable et en mangeaient. D’autres s’égorgeaient au moyen de leurs chaînes, préférant ainsi la mort sur la terre de leurs aïeux à l’esclavage. Pour atteindre les bateaux qui les attendaient, la traversée se faisait grâce à de petites pirogues. Dans les bateaux, ils sont parqués et alignés en position sardine.

De nos jours, cette étape est symbolisée par un monument appelée « la porte du non retour ». C’est un monument érigé sur la plage de Ouidah en mémoire des Africains qui ont pris départ de ce lieu pour les travaux forcés en Amériques. Ce monument est tourné vers la ville de Ouidah, ce qui traduit le dernier regard jeté par les esclaves avant l’embarquement sur les bateaux. Au Bénin et précisément à Ouidah, le concept du retour est très fort.

Crédit photo: wikipedia
Porte-du-non-retour à Ouidah au Bénin

La case de Zomatchi, la case de la réconciliation

Étymologiquement, Zomatchi dérive de deux mots « Zo » qui veut dire feu, lumière et « matchi » qui signifie ne s’éteint pas. Donc, Zomatchi veut dire le feu qui ne s’éteindra jamais. Ainsi, Zomatchi est le nouveau monde des retrouvailles ; étape de soulagement pour que le passé reste gravé dans l’esprit de la génération montante. Afin qu’elle ait l’esprit de solidarité, de la coopération internationale. Zomatchi est situé à la nuque de la case Zomaï (où étaient parqués les esclaves, où le feu, la lumière n’atteignait pas). Le b as relief de la case Zomatchi retrace toute la route de l’esclave et présente les sept sénateurs noirs américains puis les diverses inventions des noirs aux différents stades de la lumière. Un mémorial du repentir a été également construit. Il fait face à l’entrée de la case de Zomatchi.

Un  mémorial du repentir, demander pardon

Le mémorial du repentir est le lieu de recueillement après la longue marche du repentir qui a lieu le troisième dimanche du mois de janvier. En effet, c’est en 1998 plus précisément le 18 janvier que les notables de la ville de Ouidah, se sont agenouillés pour demander pardon à Dieu et à leurs frères et sœurs de la diaspora pour les péchés de leurs ancêtres qui ont collaboré avec les acheteurs d’esclaves. Ceci a eu lieu après une longue marche de 3 kilomètres.

La porte du retour, le retour sur la terre des aïeux

Elle représente le retour de très nombreux afro-américains sur la terre de leurs aïeux. Située sur la piste à droite du mémorial, cette porte d’une composition simple est un passage symbolique pour ceux qui veulent faire un retour aux sources.

L’escale du retour

Elle est localisée sur la route de l’esclave à Ouidah . C’est un complexe de 50 chambres, un maquis, un musée, une galerie, une salle de conférence et un restaurant. C’est un chef-d’œuvre qui redynamise la route des esclaves.

 

 


Ana : une nouvelle voix pour l’Afrique

Une page importante de l’histoire africaine s’écrit au pays de Nelson Mandela. A travers la mise en service d’une agence de presse, « the Africa News Agency (Ana) »qui ambitionne dorénavant, de donner la parole à l’Afrique pour raconter ses propres histoires, informer le reste du monde, de manière beaucoup plus équilibrée et responsable. Explications.

Ladislas Prosper Agbesi, PCA Agence Africaine de Presse (ANA)
Ladislas Prosper Agbesi, PCA Agence africaine de presse (Ana)

L’initiative de Cape Town est une première en Afrique et pourrait déboucher sur un nouvel ordre de l’information. Ce qui permettrait de corriger le déséquilibre observé jusque-là dans le traitement et la diffusion des informations sur l’Afrique. Autres avantages considérables, certains prismes déformants,  clichés et apriorismes qui ont la vie dure sans pourtant rendre compte des réalités africaines dans leur complexité, dans leur diversité, seront amoindris. Et pour cause.

Donner aux Africains la possibilité d’avoir désormais voix au chapitre, «pour raconter leurs vécus quotidiens, pour informer le reste du monde de ce qui marche bien et de ce qui ne va pas chez eux… », c’est ouvrir une nouvelle ère, c’est créer de nouvelles perspectives en matière d’information. Contrairement à la pratique en vigueur jusque-là où, de puissants groupes étrangers continuent par dicter leurs lois. Et, s’apitoyer au passage sur le sort de populations qui n’intéressent qu’à cause de leur extrême pauvreté, de leur misère abjecte, de leurs difficultés, pour le montrer de façon spectaculaire au monde entier. Comme ce fut récemment le cas lors du feuilleton Ebola, récemment,  hélas !

Avec la naissance de ce bébé, le visage du paysage médiatique africain changera…

« Les Africains pourront s’exprimer désormais, avec beaucoup d’autorité, de crédibilité et de responsabilité sur des sujets qui les concernent », à en croire Ladislas Prosper Agbesi, le président du Conseil d’administration de l’Ana. Mais pour en arriver là il aurait fallu mobiliser 11 milliards de dollars soit près de 20 milliards de francs Cfa dans une première opération de levée de fonds.

Par le passé, l’Agence sud-africaine de presse (Sapa) avait brillé par la vétusté de son équipement, l’obsolescence du matériel et la démotivation d’un personnel. Et c’est en cela que la nouvelle de la cessation d’activité de la Sapa le 31 mars 2015 prochain, est sans surprise pour tout observateur averti du pays arc-en-ciel.

Pour le président de l’Ana, Ladislas Prosper Agbesi, «cette opération constitue une première en ce sens que «les nouvelles provenant de l’Afrique sont dans la demande croissante d’informations globales et nous espérons tirer profit de cela ».
Quant à Chris Borain, cadre supérieur d’Ana, il estime que, c’est une occasion fantastique pour les Africains de donner des informations plutôt que d’en recevoir par des non-Africains avec des distorsions évidentes. Dorénavant, au lieu d’être abreuvés par des récits faits par des étrangers, nous raconterons notre histoire. »
Convaincu que, la mise en service de l’Ana offre aux Africains la possibilité de prendre leur place parmi les principales voix sur le continent dans un monde de plus en plus interconnecté, le président de l’Ana pense qu’avec la naissance de ce nouveau bébé, le visage du paysage médiatique africain changera.

L’Ana dont les activités ont officiellement démarré le 1er mars 2015, sera présente dans 15 pays africains avant juillet 2015. Ainsi, «pour la première fois nous disséminerons des nouvelles au sujet de notre continent de notre propre voix, interprétant nos propres informations pour le monde entier », dixit Ladislas Prosper Agbesi .

Quant à Borain, convaincu qu’au bout de la vieille que se tire la nouvelle, il compte tirer le meilleur parti «du service de qualité jamais égalé de la Sapa qui a su couvrir les quatre coins de l’Afrique du Sud en son temps et  l’expérience, le savoir-faire du personnel. Ce qui n’empêchera pas de recruter,  une équipe éditoriale expérimentée pour les besoins de la cause.


MONDIAL 2014/Carton rouge à la Société béninoise d’énergie électrique

(Crédit: Photo google images)
carton rouge à la Sbee

Les amateurs du football de passage ou vivant au #Bénin,  sont mécontents de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) pour ses coupures d’électricité intempestives au moment même où, la grande messe du football, la Coupe du monde 2014 (#Cdm2014) se déroule au #Brésil.

Depuis quelque temps, il ne se passe de jour sans coupure d’électricité au #Bénin. A telle enseigne que, ce dysfonctionnement dans la fourniture de l’énergie électrique, est entrés dans les habitudes, se substituant à la norme.  Ce qui ne manque pas de perturber le cours normal de la retransmission des matchs du #Mondial 2014. Surtout que ces coupures d’électricité durent parfois plusieurs heures. Privant de nombreuses personnes, de la retransmission de la coupe du monde.

Pour la petite histoire, pour suivre certaines rencontres des huitièmes de finale comme #France-#Nigeria, #Algérie-Allemagne et #Argentine-Suisse, j’ai dû sortir de chez moi et parcourir des kilomètres pour dénicher un bar possédant un groupe électrogène et un écran géant où vous avez l’obligation de consommer une plusieurs bouteilles de bière pour avoir droit au spectacle, faute d’électricité. Un luxe que beaucoup ne peuvent se permettre par ces temps de morosité économique, hélas !

Quand on sait que pour résorber son déficit énergétique, le #Bénin lorgne les énergies renouvelables. A travers l’arrimage au Programme régional de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Prodere) de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Programme ayant pour vocation de réduire d’ici 2017, le déficit énergétique dans les pays membres de l’institution panafricaine, grâce aux énergies renouvelables, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, loin s’en faut !

Encore que le gouvernement est à la recherche de 3.000 milliards de francs Cfa (environ 4.573.483 Euros) pour relancer l’économie nationale. Espérons que la fourniture de l’énergie électrique ne connaîtra pas d’interruption au cours des prochaines rencontres du #Mondial pour permettre enfin aux nombreux fans et inconditionnels du ballon rond de donner libre cours à leur commune passion. En suivant toutes les péripéties de cet événement qui n’arrive que tous les quatre ans.


LIBERTE DE LA PRESSE AU BENIN: Le raz le bol des journalistes en formation

Pendant que la communauté internationale commémore ce jour la journée internationale de la liberté de la presse, les journalistes en formation à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) du Bénin poussent un cri de désespoir et expriment leur amertume. Face aux conditions difficiles dans lesquelles se déroulent leur formation. 

(Crédit photo: google images)
La liberté de la presse entravée

Le 12 mai 2013, le Président de la République, le Dr Boni Yayi recevait à son cabinet, une délégation du bureau exécutif de l’Association des journalistes formés et en cours de formation à l’Enam-Uac (Rjeb). Le Pr. François Abiola, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le Pr. Maxime da Cruz, vice-recteur, chargé des affaires académiques de l’Université d’Abomey-Calavi(Uac), le Pr. Nicaise Mede, Directeur de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) et M.Pelu Diogo, Coordonnateur technique de la filière journalisme à l’Enam, ont également pris part à cette rencontre, de sources dignes de foi.

Dans le désir de s’enquérir des difficultés qui minent la formation des journalistes à l’Enam dans l’optique d’une recherche de solutions appropriées, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) serait à l’origine de cette démarche. Pendant 45 minutes environs, toutes les parties prenantes de ce dossier sensible ont pris la parole pour exprimer de vive voix leurs préoccupation au Chef de l’Etat qui a demandé au ministre François Abiola et à l’équipe rectorale ‘’de tout mettre en œuvre pour que cette formation s’achève en toute quiétude et dans les délais’’

(Crédit photo: google images)
Des dysfonctionnements de la liberté de la presse sont encore légion sous nos cieux

 A cet effet, le Président Boni Yayi aurait exhorté le Ministre de l’enseignement supérieur de faire examiner et adopter en conseil des ministres le mercredi suivant l’audience, une communication relative au financement complémentaire devant conduire à terme cette formation à l’Enam. Toujours à l’endroit du même Ministre, il a été demandé de voir avec son collègue de l’économie et des finances, M. Jonas Aliou Gbian, la mise à disposition de l’Uac d’une enveloppe financière de 130 millions de francs Cfa, pour mener à bien cette formation de journalistes au Bénin

Seulement voilà, malgré les instructions du Chef de l’Etat, c’est un mois plus tard en juin 2013 que le conseil des ministres va adopter la communication relative au budget complémentaire devant permettre le financement de la suite de la formation. L’appel de fonds a été fait par le ministre Abiola en octobre 2013, soit, six mois après les instructions du Chef de l’Etat. Dans le souci d’aider à accélérer le processus de décaissement et vue le risque que courait la filière, faute de moyens financiers, des correspondances ont été adressées à qui de droit par les apprenants en son temps. Sans suite. Hélas !

 Le Ministres de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et son homologue de l’Economie et des Finances ont été également sollicités par les journalistes en formation pour faire avancer ce dossier, en vain.

Depuis six mois, la 2ème promotion des journalistes attend la programmation de leur soutenance de fin de formation. Quant à la 3ème promotion elle se trouve à la maison depuis bientôt trois mois, espérant une programmation de cours pratiques devant mettre un terme à leur formation à l’Enam.

En ce jour de la commémoration de la journée mondiale de la liberté de la presse dans le monde entier, la situation des journalistes en formation à l’Enam-Uac du Bénin est sombre et interpelle le gouvernement à bien des égards. Et pour cause.

Quand on sait que, depuis deux ans, les Enseignants et les différents prestataires de services intervenant au niveau de cette filière à l’Enam n’ont pas été payés, il faut s’intéresser sur les motivations qui sous-tendent la mise en place de cette structure de formation de journalistes par les autorités béninoises. D’autant que la liste des créanciers est longue et  les maisons de production et chaînes de télévisions qui assurent l’encadrement pratique des journalistes ont leurs factures impayées jusque-là.

Nonobstant les recommandations des deuxièmes états généraux de la presse en février 2014 relatives au financement complémentaire pour l’achèvement de cette formation à l’Enam et les instructions fermes du Président de la République, la situation est restée inchangée.

Le Bureau exécutif de la Rencontre des Journalistes énarques du Bénin (Rjeb) prendre l’opinion publique à témoin de la situation et en appellent à aux autorités nationales à faire preuve de plus de responsabilité, plus d’humanisme dans la gestion de cette situation pénible.


MAEP/Enquête sur malversations financières et dysfonctionnements

Le Maep devrait servir de référence en matière de gouvernance démocratique, de transparence dans la gestion des affaires des Etats, de moralisation de la vie publique et de bonne gouvernance. Seulement voila, dans les hautes sphères de cette institution de référence, sont tapis quelques individus sans foi ni loi n’hésitant pas à commettre des détournements de fonds et autres actes répréhensibles, sûrs de leur impunité. Eclairage à travers cette investigation inédite et palpitante de Ramata Sore, journaliste engagée.

(Crédit: google images)
Logo du Maep

 

Conflit entre instances du Maep

De nos jours l’efficacité du Maep est remise en cause. Un organe non prévu dans ses documents de base, le Comité  des points focaux, Cpf, met  à  rude  épreuve son indépendance. Selon les textes du Maep, le Forum des Chefs d’Etat est l’organe suprême du Mécanisme. Il en définit les politiques et les orientations générales. Actuellement, sa présidente pour  deux ans, est Ellen  Johnson Sirleaf. Puis viennent ensuite, le Panel des Personnalités  éminentes. Son indépendance est sensée assurer l’intégrité et  la crédibilité  du processus d’évaluation des pays. Quant au Secrétariat, il apporte un appui administratif au Panel et au Comité des points focaux, composé des représentants de chaque pays membres.Ces structures ont fonctionné plus ou moins en harmonie, jusqu’  à ce qu’en 2012,  Mélès Zenaoui, Président du Forum des Chefs d’Etat et son  Point focal ,  pour avoir plus de regard  sur les finances et les actions du Panel,  créent le Comité des Points focaux,  Cpf,  qui par la suite  s’est  érigé  en  organe  de gestion du Maep.  Ainsi “Depuis 2012, le  Panel  n’a  plus en charge les affaires administratives et financières »  du Maep, affirme Akere Muna, Président du Panel des personnalités éminentes du Maep. Cette nouvelle structure, le Cpf, est constituée de ministres et hauts cadres. Dans leurs différents pays, ils sont des  affidés  du pouvoir en place, donc enclin  à  défendre les  intérêts  des présidents qu’ils représentent au sein du Maep explique cet expert du Maep. Or, ce sont ces politiciens qui supervisent le Secrétariat du Maep, sensé  les  évaluer, poursuit notre interlocuteur.
Mais pour le Mauricien, Joseph Tsang Mang Kin, membre du Panel, la création du Cpf „n’a pas été prévu dans les documents de base du Maep, donc sa création a suscité beaucoup de remous parce qu’il se présentait de part sa composition et ses fonctions comme  juge et partie  dans le processus.“  Désormais, ajoute-t-il, “Le Cpf se considère comme supérieur hiérarchique du Panel qui ne serait qu’un organe technique.” Alors que, bien avant la création du Cpf, le Panel avait la charge de superviser le Secrétariat. Pour  Joseph Tsang Mang Kin, l’imposition du Cpf a porté atteinte à la crédibilité du processus d’évaluation des pays, puisque l’autorité morale et l’intégrité du processus que garantissait le Panel directement nommé par les chefs d’Etat, se sont envolées.  Outre cela,  le Maep ne dispose toujours pas de personnalité juridique. Il fonctionne depuis 2002 sur la base d’un Accord de siège provisoire, précise Akere Muna. Cette situation retarde depuis 10 ans donc l’intégration du Maep  à  l’Union africaine en tant qu’agence. Le Maep, organisation qui voulait se faire chantre des questions de transparence, de participation  des parties prenantes de la société, pour trouver un consensus sur les priorités nationales, est lui-même, impliqué dans le tourbillon de la mauvaise gouvernance

Assefa Shifa, l’Ethiopien par qui le scandale  arriva

C’est en  2006  que le Programme des nations unies pour le développement (Pnud), organisation qui soutient le Maep, affecte Assefa Shifa au  Secrétariat du  Maep. D’abord, il est recruté  comme technicien de gestion de base de données.  Mais déjà,  la Banque de développement sud africaine(Dbsa),  effectuait  cette  tâche, affirment plusieurs sources proches du Maep.
Malgré cela, Assefa Shifa, environ 1m 90 cm, svelte, arrive  à  s’imposer, même s’il est perçu d’emblée  comme un homme inoffensif. C’est un homme doux. Je ne pensais pas qu’il puisse faire du mal  à  une mouche,” se souvient Marie-Angélique.  En fait, assure un partenaire du Maep qui connait très bien ses acteurs, la timidité de ce père de 5 enfants est manifestée  pour  dissimuler le fait qu’il parle un anglais approximatif, pas plus qu’il ne maîtrise le français, l’arabe ou le Swahili. Or, selon les textes du Maep/Ua, parler quelques unes de ces langues est l’une des conditions pour obtenir un emploi au sein de l’institution.  Si acculé, assure un membre du jury qui a assisté au recrutement de Assefa Shifa en 2006 au Maep, cet époux dont l’élégance vestimentaire le dispute  à  la timidité,  sait s’adapter à toute situation.

Votre Cv indique que vous avez occupé des fonctions de direction  à  Ibm et géré un grand nombre de personnes. Mais le poste ici au Maep est celui d’un débutant qui sera appelé  à  toute heure pour dépannage. Etes-vous prêt  à  faire cela ?”  “Je le ferai. Ce que je cherche, c’est du travail, » Assefa Shifa aurait-semble-t-il répondu selon l’ancien membre du jury.

Pour ce dernier, la réponse du candidat Shifa l’avait laissé perplexe: “Comment comprendre qu’une personne qui dit avoir occupé une fonction de Direction  à  Ibm accepte un tel poste?”  Une fois employé, le zèle, dont Assefa Shifa a fait montre lors de son entretien d’embauche tarde à se manifester. Et ses actions en tant que gestionnaire de données se font désirer. La direction du Maep dit n’avoir pas bénéficié de son expertise. D’ailleurs, elle assure que de 2006  à  2008,  et bien après, c’est la Dbsa qui s’est chargée de l’entretien du réseau informatique du Maep. Malgré cela, Assefa Shifa touchait mensuellement son salaire. Et de temps  à  autres, assurait l’intérim, en cas d’absence, du directeur du Maep.
Mais en juillet 2008, après le départ de ce directeur, le Panel des personnalités éminentes, invoque le fait qu’il était le plus âgé du personnel et le désigne, pour trois mois, comme intérimaire. A partir de là, les choses s’enchaînent. Car s’il est timide, Assefa Shifa s’avère très  rusé. En 2010, il amadoue le Panel des personnalités éminentes. “Il promet au Panel de plaider sa cause auprès du Président du Forum, feu Mélès Zenaoui, Premier ministre éthiopien” se souvient  ce partenaire familier du Maep. Assefa Shifa fait cette offre  à  un moment où il existait un bras de fer entre le Panel et les Points focaux. Ce bras de fer visait  à  déterminer  qui des deux aurait le  contrôle  sur le Maep. Alors, le Panel pensant que l’intervention de Assefa Shifa leur sera  salutaire, l’a confirmé Directeur intérimaire.Et “C’est cet intérim qui dure jusqu’à  ce jour !” déplore ce partenaire du Maep.  Et sous la direction de Assefa Shifa, confie l’un de ses  employés,  “il fait  régner  la peur et la servitude. Il donne des contrats de deux à trois mois  aux employés et rappelle à quiconque que c’est lui qui les signe.” Ce chantage, affirme notre interlocuteur, permet de tenir aux carreaux tous contestataires.Et si c’est bien lui Assefa Shifa qui signe les contrats, il a tout l’air  de s’octroyer  également certains diplômes.  Dans son Cv,  il dit posséder  un MbaI, année universitaire  2007-2008.  Et l’Unisa, une université sud africaine, serait celle qui lui aurait délivré ce diplôme. Contactée, l’université affirme qu’elle n’a jamais délivré un tel diplôme. Ainsi, népotisme, gabegie, favoritisme, détournements de fonds sont devenus règles courantes au sein de la direction du Maep en Afrique du sud. Pire, des structures internationales sensées veiller et guider  son  bon fonctionnement, couvrent cette mauvaise donne. Et pour cause.

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Vue partielle des participants à un sommet

 

Le Pnud et l’Union européenne encourageraient-t-ils la mauvaise gouvernance?

C’est la question que l’on est en devoir de se poser. Ces deux institutions internationales, depuis plusieurs années sont au parfum des malversations qui ont  cours  au sein du Maep. Mais, leur  léthargie  face à cette situation a  nourri  un terreau propice à la décrédibilisassions du Maep, de ses dirigeants, et par extension du continent africain.Addis Abeba. Il est 5 heures 20 du matin ce 30 janvier 2014. Une grande partie de la capitale de l’Ethiopie, par ailleurs de l’Afrique sommeille toujours. Très  peu de véhicules  circulent. Sur le trottoir pour piétons, des jeunes filles  vêtues  courts rentrent, peut-être à la maison. Quelques vigiles se font visibles  à  la devanture des boutiques joliment achalandées. Vestes, robes, Jeans, jupes, de couleur rouge, bleu, noir, et jaune attirent le regard. Ces boutiques longent Bole avenue. Une avenue dont les palmiers artificiels scintillent dans le froid mordant.  C’est près du rond point de cette avenue que nous rencontrons notre interlocutrice. Elle semble aux aguets. Son regard est perçant. Ses yeux brillants.“J’espère que personne ne me reconnaîtra ”dit-t-elle. Son anglais est teinté  d’un doux accent. Un accent de l’une des langues de l’Afrique australe. Avec sa capuche sur la tête, elle nous intime l’ordre de ne pas la regarder.“Marchez droite et collée  à  moi. Ainsi, les gens nous considéreront comme des noctambules qui rentrent”. Nous nous  exécutons  donc.

La loi du silence

J’ai peur pour mon boulot en vous parlant,” commence-t-elle. Puis silence.D’ailleurs, elle n’est pas la seule  à  avoir peur de s’exprimer sur les scandales qui minent le Maep. Un ministre du Cameroun a refusé  de s’exprimer sur le sujet. “Chaque  Etat  ayant ses propres cadavres dans son placard,” il dit donc craindre que s’exprimer  engage  la responsabilité  et des  représailles    contre son pays. Amara Konneh, Ministre des finances du Liberia et Président du Forum des points focaux, que nous avons plusieurs fois joint au téléphone s’est toujours fait passer pour quelqu’un d’autre.  Aux différents courriels et appels téléphoniques, il n’a donc jamais donné  suite. Cette  même peur  de s’exprimer taraude l’une des anciennes personnalités  éminentes du Panel. Auparavant, ayant accepté de parler, elle se désiste, puis revient à la charge avant de complètement exclure toute idée de se prononcer.  Et il en est de  même  pour ce ministre ressortissant d’un pays l’Afrique de l’Ouest.“Mais mon boulot n’est rien comparé  au devenir du continent  à  travers le Maep,” ajoute après quelques secondes de silences, notre interlocutrice  à  la capuche. En s’exprimant ainsi, elle enfonce de plus belles ses mains dans les poches de son pull, comme pour se protéger d’un vent fort venant de face.“Je vous ai vu la dernière fois parler au Directeur par intérim. J’ai vu comment lui et sa chargée de communication vous ont rabrouée,” mentionne notre compagnon. Il est 17 heures, ce 28 janvier 2014. Dans les anciens locaux de l’Union africaine (Ua), nous approchons Assefa Shifa, le Directeur par intérim du Maep. La raison? Lui demander de nous accorder une interview. Cet entretien porterait sur la mal gouvernance dont un bon nombre de ses collaborateurs  et des rapports  d’audit  qui circulent sous les manteaux l’accusent. Assefa Shifa, ce jour-là, vêtu d’un costume de couleur noire, se dit occupé. Pourtant, il  était isolé et assis tout seul.  Il nous renvoie donc  à  sa chargée de communication, Selela Liziwe. Elle se propose donc de nous aider, mais s’étant enquis de l’objet de notre demande, elle finit par affirmer,  à son tour,  être occupée:  “Prendre soins des membres du Panel des personnalités éminentes,” nous précise-t-elle. Elle refuse aussi de nous donner rendez-vous ou ses coordonnées pour toute autre rencontre.  Alors, nous insistons  auprès  du directeur. “Pouvez-vous m’obliger à  vous les donner…?” nous lance-t-il, nerveux. Pendant ce temps, avec sa main droite, il pianote son  cellulaire. Sa gauche, elle, posée  sur la vitre du bâtiment,  fait face  à  un jardin.  Si Assefa Shifa semble ainsi préoccupé, c’est à  cause  d’une péripétie d’événements. En juillet 2013,  Abdoulaye Mar Dieye, nommé, Directeur Afrique du Pnud, lui adresse    un message électronique  le 13 décembre 2013, ensuite une lettre le 8 janvier 2014. Dans ces courriers, Assefa Shifa, à  compter du 31 décembre 2013, est déchargé de ses fonctions de Directeur par intérim du Maep qu’il assurait depuis 2010 et donc  rappelé  à ses fonctions originelles au Pnud à Addis Abeba en tant qu’agent de maintenance du parc informatique.  Copie de l’original  de la lettre du 08 janvier est faite  à  Amara Konneh. Ce dernier est le Président du Comité  des Points focaux. Par ailleurs, il est Ministre du plan et des affaires  économiques du Libéria. Akere Muna, Président du Panel des personnalités éminentes, en est également ampliataire. Dans ces courriers donc, le Directeur Afrique du Pnud explique que son institution avait accepté qu’Assefa Shifa occupe temporairement le poste de Directeur par intérim pour une seule raison: Il avait  été  prévu de recruter un directeur permanent, plus tard.

Amara Konneh viole le règlement du Maep

Mais la décision de rappeler Assefa Shifa déplaît fortement,  A la suite du message du directeur du Pnud du 13 décembre, Amara Konneh envoie une lettre aux membres du Panel pour leur rappeler qu’il n’est pas de leur ressort de demander le rappel de Assefa Shifa. Mieux, il précise qu’ à ce sujet le Pnud sera contacté au plus haut niveau. En effet, selon une source bien introduite au Pnud, Ellen  Johnson Sirleaf, Présidente du Forum des chefs d’Etat et par ailleurs Présidente du Libéria, enjoint, au téléphone, Abdoulaye Mar Dieye de revenir sur sa décision. Mais ce dernier refuse.Ainsi donc, le 13 janvier 2014, le libérien  Amara Konneh, dans un courrier officiel autorise Assefa Shifa  à  reprendre ses fonctions au Maep et promet de lui octroyer un contrat. Dans le courrier, le ministre libérien justifie sa décision par le fait que Assefa Shifa se doit de préparer les réunions du Comité des points focaux et du Panel des personnalités éminentes qui auront lieu en marge du 22e sommet des Chefs d’état à Addis Abeba. Outre cela, il affirme qu’Ellen  Johnson Sirleaf  en est informée.Pour le Mauricien,  Joseph Tsang Mang Kin, l’une des Personnalités  éminentes du Panel, la décision prise par Amara Konneh est illégale et illégitime, vue les dispositions régulant le Maep. Cette analyse, Akere Muna la partage.  Puis comme débordé par la situation, il réfléchit à haute voix.“Le Pnud a pris la décision de rappeler Assefa Shifa depuis le 13 décembre 2013. On avait donc deux mois pour préparer les réunions du  sommet. Mais pourquoi c’est  pendant  la  dernière  semaine  avant l’organisation du sommet que cette histoire est revenue? ». Dans un soupir, il confirme qu’Assefa Shifa  a fini par démissionner du Pnud afin de pouvoir réoccuper son poste de Directeur par intérim au Maep.Au nouveau siège de l’Union africaine,  ce 30 janvier 2014, lors de son discours, la Présidente du Forum des Chefs d’état du Maep, Ellen  Johnson Sirleaf, confirme le retour  à son poste du directeur par intérim et le  renouvèlement pour 4 mois, de son contrat et de celui des membres du personnel du Secrétariat. A la fin du discours, de petits groupes se forment. Les critiques et les questionnements fusent.“L’Afrique ne va jamais décoller avec ce type de gestion des affaires,” entendons-nous par-là.“Qui nomme le Directeur par intérim et quelle est la procédure?“ percevons-nous par-ci. C’est l’ensemble des chefs d’Etat membres du Maep, constituant le Forum, qui nomme pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois, le directeur. C’est l’article 51 du manuel de procédure du Maep qui le précise. Mais quel nature revêt le contrat attribué  à  Assefa Shifa et qui viole déjà  l’une des règles du Mécanisme et par ailleurs de l’Union africaine (Ua)? Le Maep  étant une agence de l’Union africaine, il adopte les procédures de recrutement que valide cette institution affirme  Joseph Tsang Mang Kin. Or les textes sur le contrat Maep/Ua s’agissant du recrutement du directeur dit que l’âge  limite pour être  recrute    à ce poste  est de 60 ans. Or  Assefa Shifa né  le  11 septembre 1952, a plus de 60 ans.  Jusqu’  à  ce que nous publiions ce dossier,  Erastus  Mwencha, Vice-Président de la Commission de l’Union africaine, en charge des questions relatives au Maep n’a pas répondu  à notre questionnaire lié à ce sujet.
Pour  une  partenaire du Maep qui a suivi l’institution depuis sa création, cette nomination de Assefa Shifa s’avère une stratégie pour mieux dilapider les ressources de l’institution. “Johnson Sirleaf cherche   à  protéger Shifa pour empêcher l’audit du  Trust Fund  qui pourra exposer Amos Sawyer,” confie ce  même  partenaire du Maep. Amos Sawyer a  été  Président du Panel de janvier  2012  à  mai 2013. S’agissant du Trust Fund, c’est un fonds que les organisations et institutions internationales alimentent pour subventionner les activités du Maep. Il  existe depuis 2003, et ses documents de projet entre le Pnud et le Maep ont  été  signés en 2005.

Deloitte dénonce la gestion du Secrétariat

Déjà  en 2012, le Rapport que le Cabinet Deloitte a rédigé, après son audit comptable du fonds de contribution des états membres du Maep, recommande un audit concernant ce Trust Fund. Le Cabinet justifie sa recommandation par le fait qu’il a observé des anomalies graves de gestion au niveau du fond de contribution qu’abrite la Banque de développement d’Afrique du sud( Dbsa) et certaines malversations observées font références au Trust fund dont l’accès a été refusé aux auditeurs. Assefa Shifa est celui au niveau du Maep qui a  l’autorité de  gestion de ces deux fonds. Et par rapport au Trust fund, Akere Muna dit avoir  perçu  des agissements suspects.Aussi, nous il explique-t-il que lorsqu’il a  été  nommé en mai 2013 en tant que Président du Panel des personnalités éminentes, il constate qu’en avril 2013, Amos Sawyer avait écrit au Pnud pour demander la prorogation du contrat de Assefa Shifa et du Trust fund duquel est payé le salaire de Shifa.  “Tout cela est contraire aux textes du Maep et de ceux réglementant le Trust Fund,” assure Akere Muna.Concernant, Amos Sawyer qui a été également Président par intérim du Libéria de 1990  à  1994, une lettre du 21 mai 2011, émanant du département Finance du Maep lui exige le remboursement 58 837 rands, soit 5 465 dollars.  Cette somme représente le surplus que le Maep a engagé pour un achat de billet d’avion entre Monrovia – Indianapolis- Maputo. Pour le service financier,  pour prendre part  aux activités du Maep au Mozambique, le trajet direct se devait d’être: Monrovia-Maputo, avec un  coût  de 39 012 rands soit 3 623 dollars, somme que doit couvrir le Maep. Le  tronçon  Indianapolis obéissait  à  une exigence d’Amos Sawyer. Il est passé par les Etats-Unis afin de rester quelques jours avec son épouse, confie une source au fait de cette histoire. Puis, cette personne de renchérir, “vous savez, il a fait pire que ça. Même  ses notes de frais privés  de chez le dentiste, il a les fait payer par le Maep.” Dans le même élan, notre source mentionne que des  9 000 dollars  pour frais de secrétariat qu’Amos Sawyer a perçu en tant que Président du Panel, il n’a jamais présenté de justificatifs.Pour de nombreuses personnes, la mal gouvernance qui mine, actuellement, le Maep a  d’énormes ramifications et implications. Et le népotisme et le laxisme ont nourrit cela également.  “Pourquoi le Pnud a laissé son employé Assefa Shifa  être  Directeur par intérim pendant tout ce temps. Alors qu’ en tant qu’employé du Pnud, il n’avait  pas  qualité pour traiter des affaires du Maep pour le compte du Secrétariat”  dit Akere Muna. En fait, le népotisme a permis cela, nous susurre une personne bien introduite au sein du Maep. Entre 2009 et 2013, l’Éthiopien Teggen Gettu est Directeur du Pnud Afrique à New York. C’est à lui que Zemenay Lakew, personnel du Pnud, qui a géré le Trust fund jusque à sa retraite le 31 décembre 2013, rend compte. Zemenay Lakew, était donc celle qui approuvait ou non les dépenses qu’exprimait le Maep et son Secrétariat.“Les personnes qui  étaient en charge de ces institutions étaient tous des Éthiopiens. Quoi de plus normal qu’ils se couvrent”  confirme  un ancien consultant du Maep. Le scandale est loin de  s’arrêter  là. Et le Pnud est loin d’être le seul  impliqué dans cette situation de mauvaise gestion. L’Union européenne aussi, y est pour quelque chose.

L’Union européenne et le Pnud, complices de mal gouvernance

En 2010, l’Union européenne fait un don de 2 millions d’euros au Maep. Cette somme, comme toutes les autres contributions des institutions et organisations non africaines sont versées dans le Trust fund. Selon, la chargée de communication de l’Union européenne,  Maria Sanchez,  des 2 millions  déboursés; « un total de 1,3 millions de la contribution de l’Ue avait été dépensé.» Mais  à  quelle fin?  Maria Sanchez, avec laquelle nous avions  plusieurs fois échangé, refuse de donner les détails. Toutefois, les détails, une lettre du 30 avril 2013 de Amos Sawyer le dévoile, en partie. Une part de l’argent du Trust Fund a servi  à  payer le salaire de Assefa Shifa. Or selon les dispositions de Maep et du Pnud, cela ne devrait pas  être le cas. Contacté, le Pnud, par le biais de son chargé de communication Nicolas Douillet, s’est refusé  à tout commentaire sur la gestion du Trust fund et la situation de Assefa Shifa.  Mais selon  un partenaire du  Maep, il existe un réseau opaque de transfert de fonds. Et cela consiste à “transférer de l’argent du Trust fund sur le compte  Standard  Bank abrité à la Dbsa. Puis de là, ré transférer l’argent sur un compte ouvert par Shifa à  NedBank.  Ainsi, ce dernier fond permet de payer des consultants faisant des travaux fictifs ou mal ficelés.” A ce sujet, un membre d’une des différentes commissions de l’Union africaine, qui  a  effectué une mission au Secrétariat du Maep, dit être ahuri. Ahuri, par les disparités des salaires au sein du personnel. Ces salaires allaient du simple au double.Mais dans cette vague de malversations, la palme ne revient pas seulement  à  ces institutions et aux ressortissants  éthiopiens.  L’Afrique du sud n’est pas en reste.En 2012 d’abord, l’audit juri comptable du cabinet Deloitte, énumère des nombreuses irrégularités dans la gestion des fonds détenus par la Dbsa, institution bancaire sud africaine.  “Ce rapport d’audit judiciaire n’a jamais été rendu public ni porté à la connaissance du Forum et des Points Focaux. Il a été présenté seulement au Panel en septembre 2012 en Afrique du Sud. Sans suite !“ dénonce Joseph Tsang Mang Kin.Toujours en 2012, la DBSA verse 4 millions de Rands soit  506 000  dollars  à Reneesance, un service traiteur. La raison? Frais de service pour une réunion de deux jours à Durban, en Afrique du sud. Cette rencontre a regroupé 30 Points focaux. Et les frais payés, sans que Reneesance  ait signé un contrat au préalable, exclus les perdiems des participants tout comme leurs frais de déplacement lors de la rencontre tenue du 13 au 14 avril 2012, nous confie une source, partenaire du Maep. Puis de préciser “en fait, cette somme est l’argent du contribuable sud-africain.  Le défunt ministre de la fonction publique sud africaine,  Roy Padayachie, a fait recours  à  la municipalité  de Durban pour financer le dîner et le transport des participants et à procéder au partage, avec ses collaborateurs impliqués  dans la passation de marché, du budget alloué  à son  ministère  en début d’année pour  les activités du  Maep. ».  Le rapport préparé par une Commission anti-corruption supervisée par le Point focal de l’Afrique du sud, sur cette affaire de Durban, est resté dans les tiroirs.  Contactés, certains des anciens collaborateurs du défunt ministre ont refusé  de s’exprimer.

L’Afrique du sud et l’Ethiopie mises  à  l’index

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Vue globale des participants à un sommet du Maep

 

L’autre côté des actions qui reste en travers de la gorge de certains membres du Panel des personnalités  éminentes, c’est le Rapport annuel 2012 du Maep. «J’ai mis un embargo là-dessus car publier tel  quel, cela allait  être  la honte du Maep» dit Akere Muna. Mais pourquoi penser ainsi? “C’est un projet qui a  été  tracté  pour  l’appât  du gain, en plus d’être truffé  de fautes et d’inexactitudes,”  affirme le Président du Panel des personnalités  éminentes. Par exemple  à  la page 27 de ce rapport, dont nous avons eu copie,  il est mentionné  que le président de l’Ouganda s’appelle Denis Sassou NGuesso. Aux pages 28 et 30, le drapeau de l’Ile Maurice est attribué à la Mauritanie   et au Mozambique.
Notre dame à  la capuche de Bole avenue tout comme un Think tank qui s’intéresse  à  la gouvernance, ont confirmé  les inquiétudes qu’Akere Muna a  émis sur le Rapport 2012. Et tous ont soutenu qu’Assefa Shifa, sommé par le Panel de s’expliquer sur le règlement financier entourant la production et la reproduction de ce Rapport, a détruit, avec la complicité  de sa chargée  de communication, Selela Liziwe, toutes les preuves concernant le marché  du Rapport fait en 500 exemplaires.   En parcourant ce rapport, l’on se rend compte qu’il n’y a aucune trace des coordonnées de l’imprimerie qui a reproduit le document. Néanmoins, nous avons fini par trouver l’adresse du manageur de l’imprimerie, Jimmy Andetowa auquel nous avons adressé plusieurs demandes d’interview qui sont restées sans suite. “Tous les pays membres et les partenaires sont au courant de toutes ces malversations. Mais personnes ne dit rien. Le comble, c’est que même le pays de Mandela est dans le secret. Il protège Shifa qui en sait trop,“ fait remarquer notre interlocutrice à la capuche.Halte. Il faut observer le feu rouge. Des voitures passent. Au vert, la marche continue.  En effet, durant la réunion du 30 janvier 2014 qui a rassemblé  tous les membres et acteurs du Maep, Ellen  Johnson Sirleaf  a intimé l’ordre  à  Akere Muna de faire uniquement le bilan des actions du Maep.“Aucune mention, assure Akere Muna, ne devait  être  faite  de la mauvaise gestion au niveau du Secrétariat du MaepJe m’en suis tenu donc aux ordres,” se justifie-t-il, dans un sourire jaune. Mais que pense la Présidente Johnson Sirleaf de toute cette situation?  Ce 31 janvier 2014,  à la suite d’une interview sur le paludisme avec des journalistes sud africains, nous  saisissons  l’opportunité  pour lui poser une question sur ses rapports avec sa co-lauréate du prix Nobel de la paix 2011, Lemah Gbowie. Surtout que cette dernière l’a critique inlassablement sur la mauvaise gouvernance qui sévit au Libéria. Notre intention  étant  bien sûr  de glisser vers la situation que vit le Maep. A peine répond-t-elle  à notre question sur ces rapports avec Lemah Gbowie, qu’elle s’éclipse. Fin de l’interview. Le monde se disperse.  Puis, quelques minutes plus tard, une voix s’élève.
Vous n’êtes  pas une journaliste professionnelle  !!!!” nous lance l’une des collaboratrices de Johnson Sirleaf. “ Vous manquez d’éthique.” Puis comme pour justifier cette attaque, elle renchérit “Je vous le dit au nom de la liberté d’expression.”  Il est 6 heures 48 du matin. Le soleil pointe ses rayons. Dans les rues, les gens déambulent maintenant par dizaines. “Il faut que je m’en aille, » avertit notre source à la capuche.Mais avant de nous tourner le dos, elle lance: “L’Afrique doit renaitre. Et cela doit commencer par le Maep.»Akere Muna  adhère  totalement à cette initiative. Il affirme qu’il y a  même  urgence à le faire. L’assainissement  financier  du Maep, espère-t-il, va redonner l’assurance aux Etats que leurs contributions sont bien gérées. Par ailleurs, il soutient qu’il faut équiper le Secrétariat d’un personnel compétent et motivé. Chose qu’acquiesce un Point focal d’un pays de l’Afrique de l’ouest. Pour lui, la mise en application de ses directives ferait revenir certains pays pionniers du Maep.

Le désintérêt des chefs  d’Etat gangrène  le Maep

Le Maep, initiative du  Comité des Chefs d’Etat chargé  de la mise en œuvre du Nouveau partenariat économique pour le développement de l’Afrique- Nepad, veut, pour réaliser l’épanouissement des Africains, allier démocratie, gouvernance politique, économique, et développement. Car le Mécanisme prévoit qu’au bout du compte, cette “bonne gouvernance pourrait œuvrer  à  la réduction de la pauvreté”  assure le mauricien, Joseph Tsang Mang Kin, Personnalité éminente du Panel.Mais pour  être certain de l’existence de cette bonne gouvernance, souligne un Point focal d’un pays de l’Afrique de l’ouest, le Mécanisme  évalue donc “les forces et faiblesses des pays membres  dans les divers domaines de la gouvernance. Par la suite, et selon les résultats de l’évaluation, les pays bénéficient d’un accompagnement financier et technique de la Communauté internationale.“ Et selon  Kojo Busia, Responsable en charge du Maep  à  la Commission  économique des Nations Unies pour l’Afrique  à  Addis Abeba,  à  ses débuts, le Mécanisme a fait un très bon travail. Il a pu par exemple, dit Kojo Busia, prévoir les révoltes qui allaient se dérouler  au  Kenya. Il a mis en garde les autorités sud-africaines contre la montée de la xénophobie dans le pays, et les responsables maliens, sur la crise de partition qui  adviendrait dans le Nord de leur pays.  “Mais certains de ces pays, affirme l’expert des Nations Unies,  n’ont pas voulu des solutions  que  l’équipe d’évaluation proposait  pour contrecarrer les manquements observés. Ce qui fait que les autres pays ayant peur des  évaluations, hésitent  à adhérer  au Mécanisme.”  De ce fait, sur le 54 pays du continent, seulement  34 en sont membres.  Si les  20  autres pays  n’expriment pas  grand  intérêt  pour le Maep, il faut dire qu’il en de même pour ceux qui en sont membres. “Du 1er au 20 forum du Maep, on a jamais vu plus  18  chefs d’état présents. A l’avant-dernier sommet seulement  05  présidents sur les 34 étaient là,” déplore, ce Point focal d’un pays de l’Afrique de l’ouest.
L’absence aux réunions n’est pas le seul manquement observé. Les textes du Maep stipulent que les chefs d’état  élisent le Président et le Vice-président du Forum. Mais, en réalité, ces derniers  n’  ont élu  jusqu’ici que le premier. Et cela, pose un problème de gouvernance. Car “lorsque le président n’est pas disponible, il y a dysfonctionnement au sein de la structure,” note Marie-angelique Savané, l’une des pionnières dans la mise en place du Maep. Pour elle, “le Nepad et le Maep se devaient d’avoir le  même  président parce que le Maep a pour but d’instaurer des conditions propices  à la  mise en oeuvre  des programmes du Nepad or  la pratique actuelle ne repond plus  à  cet esprit.” Outre cela, tous les pays africains sont membres du Nepad or l’adhésion au Maep est volontaires. Cette situation a crée un imbroglio préjudiciable au Maep

.Le Maep offert sur un plateau !

  En 2007, au départ de Olesegun Obasanjo du Nigéria de la présidence du Forum, le poste, selon les textes du Maep, devait revenir à  l’un des deux Vice-présidents du Forum ressortissant soit de l’Algérie soit du Sénégal. Contre toute attente, le Comité des Chefs d’état a proposé  Mélès Zenaoui, l’ancien Premier ministre de l’Ethiopie. Outre cet enfreint, son mandat qui devrait se limiter   à  une année, conformément aux décisions du Forum de Kigali de 2004, Mélès a donc dirigé  l’institution de 2007  à  2012.  Et pendant sa gouvernance, il a désigné  Gebreab  Newai, son conseiller,  comme Président  du Comité  des Points focaux,  de 2007 et 2013.  Pendant près de  six ans donc, Mélès a décidé du sort des membres du Panel et également de  l’administration du  Maep sans que personne ne dise mot affirme Akere Muna.
L’autre fait est que depuis  la création des Fonds de contributions du Maep en 2002, “Aucun chef d’Etat n’a jusqu’  à  présent, exigé  un audit  juriscomptable,” affirme  Joseph Tsang Mang Kin.
Cette personnalité éminente  assure que depuis que le Maep a  été crée  en 2003,  à  l’exception des rapport d’audit de 2005 et 2006, aucun autre audit  juriscomptable  n’a  été  examiné. “Pire, depuis 2oo6, c’est une seule et unique  structure, le  Cabinet d’audit PWC  qui fait l’audit du Maep. Le comble, ces auditeurs ne  viennent  plus sur le terrain.  Ils appellent simplement.  C’est la routine”  déplore-cet autre partenaire du Maep.
Le fait que Mélès soit resté  longtemps est la cause de cette mal gouvernance,”  conclut Akere Muna.

Guerre intestine pour le contrôle du Maep

C’est dans cette ambiance de mal gouvernance  que s’est créée des accointances entre Etats et se font des coups fourrés. Au 21e sommet qui a vu la célébration des 50 ans de l’Union africaine, les Chefs d’état devaient voter un seul et unique président pour diriger le Maep et le Nepad. Macky Sall, Président du Sénégal et déjà  celui du Nepad devait  être candidat unique. En cette soirée  électorale donc de mai 2013, dans les coulisses de l’hôtel  Sheraton  où  nous  étions, un ministre proche du président sénégalais avait confirmé  que ce dernier serait le seul  à  postuler ce soir-là. Notre source nous avait dit que Macky Sall aurait obtenu le soutien du Libéria  à  cet effet,  être candidat unique. Mais qu’elle n’a  été  la surprise de Macky Sall, une fois dans la salle, de voir le Liberia  postuler. “Ses collaborateurs lui avaient donné de mauvaises informations. Ils avaient omis de lui dire que c’était un coup monté entre Libériens et Ethiopiens pour qu’il baisse la garde,” confie un diplomate familier des arcanes de la Cedeao. Puis, d’ajouter, “Macky ne voulant pas de grabuges, a jeté l’éponge et le poste est revenu au Libéria.


SCANDALES AU MAEP/Malversations sur fond de népotisme

(Crédit: google images)
Logo du Maep

src= »https://babylas25.mondoblog.org/files/2014/03/LOGO3.jpg » alt= »(Crédit photo: google images) » width= »640″ height= »480″ class= »size-full wp-image-408″ /> Vue partielle des participants à un sommet[/caption]Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep) est mal en point. A l’heure actuelle, cette structure devant servir de référence en matière de gouvernance démocratique, de transparence dans la gestion des affaires des Etats, de moralisation de la vie publique et de bonne gouvernance est ébranlée par des malversations financières commises par des individus sans foi ni loi tapis dans ses rangs. Explication.
C’est une vérité de La Palice, l’Afrique dispose de ressources humaines, matérielles et technologiques, ainsi que des compétences nécessaires pour promouvoir en son sein, le développement et réduire la pauvreté. Et pourtant, en cette veille du 21 ème siècle le continent est toujours à la recherche de ses marques.

(Crédit photo: google images)
Vue globale des participants à un sommet du Maep

Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad)a été créé par des chefs d’Etats africains dans la perspective de faire bénéficier les filles et les fils des immenses potentialités de ce continent. Mais pour ce faire, cette structure doit évoluer dans un environnement pacifique, stable, où sécurité, état de droit, et bonne gouvernance sont pérennes. Mais comment s’en assurer au regard des multiples foyers de tension et de conflits qui existent en Afrique? Les chefs d’Etat et de gouvernements membres de l’Organisation de l’unité africaine (Oua) mettent sur pied le Mécanisme africain d’évaluation par le Pairs (Maep). En mars 2003, lorsque les présidents Tabo Mbeki de l’Afrique du sud, Olusegun Obasanjo du Nigeria, Abdelaziz Bouteflika de l’Algérie, Abdoulaye Wade du Sénégal, posaient les jalons de cette institution, ils avaient réellement espoir de voir une Afrique dépourvue de corruption et émergente. Et pendant un moment, ils y sont parvenus. Car, à ses débuts, la crédibilité du Maep reposait sur un Panel composé de personnalités indépendantes et compétentes.
C’est ce Panel qui conduisait les évaluations des pays membres de l’institution. Et cette évaluation se faisait à l’abri de pressions et manipulations politiques. Et dans ses actions, le Panel était appuyé par un Secrétariat techniquement compétent et motivé. Ainsi, les rapports d’évaluation sur la gouvernance ont permis à de nombreux citoyens africains, comme le dit la sénégalaise Marie-Angelique Savané, l’une des anciennes tête de proue de cette structure, de participer aux débats politiques dans leurs pays respectifs. La suite on la connaît.Les scandales qui ébranlent le Maep à un échelon supérieur donnent aujourd’hui du grain à moudre à tous ceux qui pensent que les Africains ne sont pas mûrs pour la démocratie, la gouvernance économique et l’Etat de droit. A cause de leur incapacité à lutter contre la corruption, le népotisme et autre pratiques répréhensibles ne faisant pas bon ménage avec le processus démocratique et l’Etat de droit. C’est en cela que pour garder toute sa saveur à cette enquête menée sur terrain par notre consœur Ramata Sore, journaliste engagée, je vous la déroule en six épisodes à raison de trois par semaine. A mercredi pour la suite…


BENIN/CULTURE/Dialogues inévitables : un projet artistique novateur

Dialogues inévitables (DI), projet artistique réunissant artistes, associations et opérateurs culturels de différents horizons, tous engagés dans le dialogue interculturel, dans le domaine de la coopération interculturelle, retient toute notre attention aujourd’hui.
Lancé par l’Association Sonagnon du Bénin en 2005, au fil des ans, ce projet a acquis une dimension qui dépasse les limites des frontières béninoises. D’où son pilotage par trois associations culturelles de grande renommée : Associazone CQB de Gênes en Italie, Créations Entrelacées de Paris en France et Sonagnon de Ouidah au Bénin. Et, cerise sur le gâteau, de nombreux partenaires africains et européens sont intéressés. Explication.

(Crédit photo: Association Sonagnon°
Le groupe sur scène

« Dialogues Inévitables est créé dans l’intention d’ouvrir de nouveaux espaces de rencontre et d’échange entre individus et cultures ; de favoriser la création artistique, en tant qu’opportunité de réflexion collective ; et, de reconnaître le dialogue comme seul moyen de résister et de survivre dans la société contemporaine… ». Dixit Francesca Pedullà, danseuse et chorégraphe italienne, co fondatrice de l’association Sonagnon du Bénin. De l’autre côté, Eric Acakpo, musicien, co fondateur de Sonagnon pense que, « trop d’idées fausses sur l’Afrique sont vendues en Europe… ». Et pour cause.
De la rencontre des deux fondateurs de Sonagnon en 2005, va naître une collaboration artistique, une dynamique qui a va transcender les différences interculturelles, les clivages et les clichés. Ainsi, chaque année, des résidences de création, des ateliers pour danseurs et musiciens professionnels, des activités socio culturelles ouvertes au public sont organisées par l’association.
Dialogues inévitables
En effet au cours de la première phase du projet, le spectacle de danse, théâtre et musique Du mythe du Dieu Argent a été créé et constitue le cœur du projet Dialogues inévitables VII- Escales atypiques.
En parcourant différentes villes d’Europe et d’Afrique, l’équipe du projet aux côtés des artistes invités animent les «escales» à travers des activités socio culturelles et artistiques à l’instar de débats, projections, ateliers, expositions et concerts organisés autour de la relation complexe entre l’Afrique et l’Occident, le Nord et le Sud.

(Crédit photo:Association Sonagnon)
Vue partielle d’une scène

A travers l’art, ce projet se propose d’observer l’homme et les collectivités, de témoigner avec tendresse et ironie de leur terrible incapacité à vivre ensemble, mais aussi du besoin inné des rapports et des dialogues qui caractérisent l’humanité.
La compagne Dialogues Inévitables est un groupe multiculturel composé de danseurs, musiciens et artistes visuels de différents horizons (Afrique, Europe et Amériques). Le travail artistique est le résultat d’une recherche autour du thème du dialogue interculturel et des relations complexes entre Afrique et Occident entre Sud et Nord du monde.
Les artistes apprennent à se connaître eau fur et à mesure du processus de création, découvrent leurs similitudes et leurs différences. Leur aspiration est de poursuivre la recherche d’un possible nouveau dialecte commun et de construire les bases d’un dialogue interculturel plus sincère et conscient.
Parcours
La compagnie Dialogue Inévitables est née dans le cadre du projet homonyme conçu et dirigé par la danseuse et chorégraphe italienne Francesca Pedullà et le musicien béninois Eric Acakpo, fondateurs de l’Association Sonagnon. Leur rencontre en 2005 marque le début d’une collaboration artistique qui trouve son inspiration dans les réflexions générées sur le rôle de l’art contemporain africain et sur les dynamiques générées par son exportation en Europe.
Les premières éditions du projet d’échange culturel ont été réalisées dans la ville de Cotonou au Bénin, avec le soutien du Centre Culturel Français (CCF) d’alors actuel Institut français de Cotonou. Pendant trois années, le projet se donne comme objectif prioritaire la mise en valeur de la culture béninoise et le soutien de sa production artistique.
En 2007, le premier spectacle de l’association, Dans la Ville près de la Mer, dédié à Cotonou et ses contradictions en tant que métropole africaine, est présent au CCF.
En 2008, le début de la collaboration avec l’association italienne CQB et l’association française Créations Entrelacées a marqué l’ouverture à une plus grande participation d’artistes non africains dans le projet, sa pleine expression en tant que projet d’échange, la naissance du concept de ‘dialogues inévitables’ et donc de la compagnie. Dialogues inévitables débuté au Théâtre de Verdure du CCF de Cotonou avec Malentendus … et d’autres choses : violence, peur, ironie, instinct de protection mutuelle et de partage ont été représentés en jouant avec le langage et les malentendus causés par la rencontre entre différentes cultures, spécifiquement les langues et les traditions différentes.
Le travail de recherche a ensuite été dédié au thème global de »la ruée vers la consommation » exploité comme dénominateur commun, annulant ou mettant en évidence les différences de genre, de race, de nationalité et régulant les relations entre les individus et les collectivités. Le dialogue est donc considéré comme une conséquence inévitable, mais est aussi proposé comme le seul moyen de partager le désir de résister dans la société contemporaine, qui réduit tout à l’état d’objet, de marchandise.
Pendant la 5ème édition du projet, en avril 2009, Dialogues inévitables-Large Size a été créé : avec 25 artistes sur scène, le spectacle a été représenté au CCF de Cotonou et a été programmé à la dixième édition du Festival international du théâtre du Bénin (FITHEB) en mars 2010.

(Crédit photo: Association Sonagnon)
Un tableau de la présentation sur scène

Au cours de cette même année, la compagnie voyage pour la première fois en Europe, grâce au soutien de WBI-International et du Fonds d’Aide à la Culture Bénin. La 6èmeédition du projet a fait l’objet d’une résidence artistique et culturelle qui a eu lieu au Centre Culturel Cité Culture dans le quartier populaire de Cité Modèle, à Bruxelles (14 août au 12 septembre 2010. Le « Work in Progress » Du Mythe du Dieu Argent a été créé et présenté au Centre Chorégraphique Trois C-L de Luxembourg et à Bruxelles en septembre 2010.
Le spectacle a été retravaillé pendant une période de résidence à Gênes en Italie et présenté au public en février 2012 au Théâtre de l’Archivolto dans le contexte de la manifestation- Dialogues inévitables VII- Escales atypiques- Geneva/Dynamiques de Migration ». Cet événement pluridisciplinaire a été réalisé avec le soutien de Ville Gênes, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), le Service culturel de l’Ambassade de France en Italie, le Goethe Institute-Geneva, la Fondazione per la Cultura Genova, Palazzo Ducale, le Teatro dell’ Archivolto, Teatro della Tosse, la Fondazione Banca Carige, la FNAC, l’Alliance Française Galliera de Gênes, l’Axis Syllabus International Research Community.
La deuxième phase du projet a été réalisée en Allemagne, en collaboration avec AfricAvenir International e.V et avec le soutien de Aktion Afrika des Auswärtigen Amtes (Action Africa- Ministère Allemand des Affaires Culturelles Etrangères). En novembre 2012, Du Mythe du Dieu Argent a été présenté à la Biennale Passage 2012 à Bielefeld et à la Haus der Berliner Festspiele de Berlin.
Traces
En 2013-2014, le concept Traces – opère une véritable révolution à travers la mise en place d’une école de formation en danse et composition chorégraphique pour danseurs et musiciens professionnels. Et ce, sous les auspices d’Artisttik Bénin et Axis Syllabus International Research Community en collaboration avec l’association Sonagnon.

(Crédit photo: Association Sonagnon)
Le musicien Eric Acakpo sur scène

Traces offre aux danseurs et musiciens béninois et étrangers, l’espace et le temps pour travailler leurs idées créatives. A charge pour l’équipe pédagogique de les assister, de les conseiller en leur donnant les outils indispensables à leur évolution.
Traces offre également aux artistes nationaux, en matière de danse contemporaine, une opportunité pour développer leurs compétences techniques à travers l’Axis Syllabus et d’acquérir des outils créatifs pour leur évolution artistique. L’objectif de Traces est de stimuler chez les artistes émergents l’indépendance nécessaire à la production et à la promotion de leur propre travail.
In fine, l’analyse des danses et des musiques traditionnelles constitue le point de départ du travail que nous proposons. Le processus de recherche et de création se base sur le désir d’exprimer la complexité du Bénin contemporain, un terrain riche, contradictoire, novateur, résultat de continuelles adaptations qui dérivent des rencontres et des combats entre la culture du Bénin et l’influence des cultures occidentales. Le but étant de créer un espace dans lequel les danseurs et les musiciens puissent rechercher et structurer un nouveau langage à partir de leur propre expérience professionnelle. D’où l’optimisme te la sérénité d’Eric Acakpo, « le succès des expériences passées, l’enthousiasme des participants, et l’intérêt porté par les associations partenaires et des artistes de différentes provenances ont souligné la nécessité et l’urgence de poursuivre ce parcours de jonction entre les arts traditionnels et contemporains ».


Bénin: une saga présidentielle avant la lettre

L’élection présidentielle aura lieu en 2016 au Bénin, soit dans deux années bien comptées. Mais déjà, les candidatures se bousculent. Des états-majors rongent leurs freins et piaffent d’impatience… Fatigués par les turpitudes d’un pouvoir friand des épreuves de force et qui a tendance à monter au créneau trop souvent pour montrer ses muscles au goût de certains concitoyens. En dépit d’un contexte défavorable où, supputations et spéculations vont bon train sur la volonté du chef de l’Etat de passer la main en 2016.

Qui succédera à Boni Yayi en 2016. Difficile de répondre à cette question à l’heure actuelle. L’équation est d’autant plus compliquée qu’à ce jour, on ne connaît pas de dauphin déclaré ou virtuel à l’ancien patron de la Banque ouest-africaine de développement (Boad), après huit ans d’exercice solitaire du pouvoir. Et quand on sait que périodiquement l’homme est habitué à faire le vide autour de lui, pour se débarrasser d’anciens « amis » politiques devenus gênants, l’hypothèse d’un passage de témoin en douceur est à abandonner tout simplement. En ce sens que, Boni Yayi, encore maître du jeu restera aux commandes jusqu’en 2016. Même si cela déplaît à nombre de ses compatriotes qui ne ratent aucune occasion de le faire savoir. Obligés d’en faire leur deuil et de se tenir à carreau jusqu’à la prochaine présidentielle. Par respect au processus démocratique en cours chez nous depuis plusieurs décennies. Par ces temps de vaches maigres sur fond de grève et de débrayages tous azimuts au plan social.

 Même si l’opposition se donne déjà des leaders pour 2016 quand elle ne force pas des candidatures à s’exprimer sans que celles-ci en aient véritablement le désir. Tout comme si la présidentielle se déroulera le mois prochain.  A la vérité, le bilan de Boni Yayi parle de lui-même. Quand bien même son style de gouverner crée beaucoup de frustration, beaucoup de mécontentement au sein des populations des villes et campagnes qui attendent toujours  » l’émergence économique et la prospérité partagée » promises par le Dr Boni Yayi dans l’euphorie de la campagne électorale. En panne de repère, l’opposition ne sait plus à quel saint se vouer.

Des candidatures potentielles ou virtuelles qui ne sont point à sous-estimer toutes, certes. Car, certains parcours, certains profils forcent le respect et l’admiration. Comparaison n’est pas raison, certes ! Mais de là, que «tous les anciens ministres, technocrates en mal de publicités, retraités à l’ennui se lancent dans l’aventure de 2016 en caressant le rêve de diriger d’une manière ou d’une autre le Bénin », comme le dirait l’éditorialiste Philippe d’Almeida, il y a un pas à ne pas franchir. Loin s’en faut.

Les candidats potentiels

On ne prêtre qu’aux riches, dit-on souvent. Pour l’heure, on entend parler d’Aurélien Agbénonci, haut fonctionnaire des Nations unies, peu connu au pays, mais par son engagement pour la démocratie et le développement, il pourra être appelé à jouer un rôle majeur plus tard.

Autres profils majeurs qui s’imposent et qui seront forcément aux starting-blocks en 2016, l’ancien ministre des Finances puis premier ministre de Boni Yayi, Pascal Irénée Koukpaki . Cadre supérieur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), il est né le 1er mai 1951 à Cotonou, c’est un homme d’Etat béninois. Il a occupé le poste de premier ministre du 28 mai 2011 au 8 août 2013, sous la présidence de Boni Yayi. Auparavant il était ministre du Développement depuis mai 2006. L’homme est bien connu sur les rives de la lagune Ebrié puisqu’il a occupé les fonctions de chef de cabinet de l’actuel président ivoirien Alassane Dramane Ouattara alors qu’il était le premier ministre du président Félix Houphouët-Boigny, dans le gouvernement de transition d’alors.

 Abdoulaye Bio Tchané est le deuxième personnage de cette saga présidentielle avant la lettre. Visiblement, l’homme a une carte de visite bien chargée.

À 27 ans, il fait son entrée à la Bceao en tant qu’économiste pour finir chef du service des études de la banque à Cotonou au Bénin. En mai 1998, alors qu’il est directeur des études de la Bceao, le président Mathieu Kérékou l’appelle au Bénin pour s’occuper du portefeuille ministériel de l’Economie et des Finances, comme son père l’avait fait juste dans les années 1960.

Assistant du gouverneur de la Bceao dirigé Charles Konan Banny dans les années 1994, il est désigné le 10 janvier 2002, par le directeur général du Fonds monétaire international, Horst Köhler, au poste de directeur Afrique de cette institution à Washington, DC aux États-Unis. La plus haute fonction qu’un Béninois ait occupée sur le plan international. Après son premier mandat, Abdoulaye Bio-Tchane a bénéficié d’un second qui prit fin en janvier 2008. C’est après avoir été reconduit pour un troisième mandat qu’il quitte le Fonds monétaire international pour prendre la tête de la Banque ouest-africaine de développement.

Il est nommé en janvier 2008 par la conférence des chefs d’État de l’Uemoa à la présidence de la Banque ouest-africaine de développement (Boad) pour succéder à son ancien président, Thomas Boni Yayi. Le 4 janvier 2011, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle du 6 mars 2011. Après une campagne reconnue comme dynamique, il se retrouve en troisième position.

On parle aussi de Fernand Amoussou, l’ex-chef d’état-major de l’armée béninoise au riche parcours. Morceaux choisis : le général Amoussou a rejoint l’armée béninoise en 1975. Au cours de sa carrière, il a suivi avec succès une série de formations dans certaines des académies militaires les plus renommées, en France et en Chine.

Formation d’officier à l’École polytechnique Qinghua de Beijing, Chine, il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en électronique. Cours d’application et de perfectionnement de l’Infanterie à l’École d’application de l’infanterie de Montpellier, France,

Qualification d’officier parachutiste à l’École des troupes aéroportées de Pau, France,

Qualification d’instructeur commando à l’École nationale d’entrainement commando Montlouis, France. Cours d’état-major à l’École d’état-major de Compiègne, France. Le général Amoussou est breveté de l’enseignement militaire supérieur à l’École supérieure de guerre française. Il a participé à de nombreuses reprises à des initiatives régionales visant le renforcement des capacités de maintien de la paix au sein de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Il est auditeur au Centre des études stratégiques des États-Unis pour l’Afrique et à l’Institut des hautes études de défense nationale de Paris. Il parle le français, l’anglais et le chinois.

Autre grosse cylindrée de l’armée béninoise dont le nom circule, le général à la retraite Robert Gbian. L’ancien chef du cabinet militaire du président Boni Yayi.

Les anciens collaborateurs du président Boni Yayi que sont Richard Sènou, Célestine Zanou, Marie-Elise Gbèdo, et quelques autres célèbres inconnus jouent la carte de la figuration utile dans l’optique d’un positionnement avantageux sur l’échiquier politique national. Qui est fou!


CULTURE/BENIN/  »Les Soleils ne sont pas morts », une invite à l’espoir pour l’homme en proie à l’angoisse et au désespoir

Face à la presse à la faveur d’un déjeuner dans un restaurant à Cotonou, Innocent Sossavi, écrivain béninois atypique parle brillamment de son livre « Les Soleils ne sont pas morts », comme une rengaine passionnante pour illustrer la «poésie sossavienne », devant les journalistes très heureux d’être les illustres hôtes de leur confrère.

L'auteur présentant son ouvrage à la presse
L’auteur présentant son ouvrage à la presse

« Paru en le 15 février 2012 aux Editions françaises Mon Petit Éditeur, ″ Les Soleils ne sont pas morts″ signale cette poésie à l’avantage de l’homme, et non à son encontre. L’homme en proie à l’angoisse et au désespoir. Cet homme pour qui  ″Les Soleils ne sont pas morts″ est une invite à l’espoir à travers ses quarante trois poèmes répartis en quatre cahiers que sont ″ Corridas ″, ″ Fanaisons ″, ″ Ces mamelles où je dors ″ et ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ de qui l’œuvre tient son intitulé. »

Éclairant la lanterne des hommes de la presse sur le sens et l’essence de la « poésie sossavienne », il en souligne les contours à travers une définition qui laisse penser à un nouveau courant littéraire. « Comme définition à donner de ma poésie, affirme-t-il, je suis tenté d’affirmer que la poésie sossavienne est la poésie de l’auteur que je suis, épanchée aux vers libres, au décor pathétique. Émotion oblige. Puisque on ne saurait parler de la poésie sossavienne indépendamment de l’émotion à flots qui la fonde. Car, dans le fond, la poésie sossavienne est fille de l’affect foisonnant, l’émotion en démesure pour la liberté. Mais la poésie, chez moi, ne se limite pas seulement au genre poétique ;  elle est une démarche littéraire imprégnée d’émotion à flots pour la liberté. Le genre poétique l’étaie, tout comme le roman, l’essai, le théâtre, la nouvelle, l’épistolaire et le discours. Non figée, par essence, cette poésie s’illustre par la fluidité du délire, le refus de la fixité que signale le refus de la rime et des contraintes métriques, la pluralité contre l’unité, la variabilité tous azimuts. En tout, la poésie sossavienne est iconoclaste dans son affirmation et son désir de liberté. Parce que l’espoir est au centre de ma poésie, le titre ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ est ma manière de signifier que l’espoir n’est pas perdu pour l’homme en proie à l’angoisse et au désespoir ».

Il  précise que sa poésie est l’objet d’une lettre adressée à son amie Kéleth Kalézie, une éditrice française qu’il a connue en Suisse en 2004. « Le sens et l’essence de ma poésie sont évoqués dans une longue lettre en date du 25 mars 2006, intitulée ″Lettre à Kéleth Kalézie″ à paraître en 2014. L’option du genre épistolaire répond à mon souci de mieux imprégner le lectorat pour une appréhension aisée de la poésie sossavienne ».

Il rend par ailleurs hommage à Jérôme Carlos pour la préface à son œuvre : « il me paraît impérieux de remercier Jérôme Carlos pour sa préface dont le titre ″ couleur et odeur d’éternité pour une résurrection ″ résume le sens et l’essence de la poésie sossavienne. De tout mon cœur, je lui rends hommage pour son soutien à ma carrière littéraire que lance ″ Les Soleils ne sont pas morts ″ »

 L’écrivain béninois Innocent Sossavi annonce des conférences aux quatre coins du monde pour mieux imprégner l’opinion du sens et de l’essence de la poésie sossavienne. Ce qui répond à l’objectif de ce déjeuner de presse qu’il a donné pour marquer la 21ème journée internationale de l’écrivain africain.

L’auteur

L'écrivain béninois Innocent Sossavi
L’écrivain béninois Innocent Sossavi

Innocent Sossavi est né le 25 mars 1965 à Cotonou d’un père agent de constatations des douanes et d’une mère couturière. Son enfance est marquée par des situations absurdes qui lui inspireront l’indignation et la révolte, tout comme le dégoût de la vie.

Après des études de droit et de philosophie, il embrasse le journalisme que son passage au Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal, et au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes (Cfpj) de Paris en France, aguerrit en expériences, outre ses collaborations à la presse béninoise et étrangère.

Féru de lettres, il fait une entrée triomphale en littérature par la  poésie en signant Les Soleils ne sont pas morts paru pour la première fois en 2012 aux Éditions Mon Petit Éditeur, et qui consacre sa volonté de revitaliser la poésie qui, à ses dires, se meurt. Les Soleils ne sont pas morts témoigne du talent lié aux éclats de l’écriture, prémices d’un sacre en perspective.

Innocent Sossavi et Kéleth Kalézie firent connaissance en août 2004 à Genève en Suisse. Tandis que Kéleth Kalézie dirige une maison d’édition en France métropolitaine, Innocent Sossavi est auteur béninois de langue française. Son œuvre de prémices  » Les Soleils ne sont pas morts » achevée, il écrivait à Kéleth Kalézie pour l’en informer et l’avertir d’un éventuel désir de sa diffusion. Mais l’ouvrage ne paraîtra plus chez Kalézie, les modalités de cette dernière n’ayant plus agréé Innocent Sossavi qui s’est finalement replié sur les Éditions Mon Petit Éditeur en France.

Versé dans l’humanisme, Innocent Sossavi partage sa vie entre le droit et les sciences politiques, parallèlement à ses activités littéraires.


Des journalistes de la liberté sacrifiés sur l’autel de la lucidité

Je me permettrai de paraphraser Victor Hugo : ceux qui sont morts pour leur profession ont droit qu’à leur cercueil, la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau…

Oui, Gislaine et Claude sont morts pour leur métier ; ils sont morts pour les valeurs du journalisme ; ils sont morts aussi, et ce n’est pas négligeable, pour leur passion pour l’Afrique.

Fauchés par l’obscurantisme des forces imbéciles qui donnent encore du crédit à la violence et à la haine comme autant de solutions possibles. FRANCE-MALI-KIDNAPPING-MEDIA-COMBOJe m’incline devant leur mémoire comme l’ont fait avant moi beaucoup d’internautes, beaucoup d’auditeurs et beaucoup d’Africains.

Je veux dire à ceux qui les ont aimés, à leurs parents, à leurs amis, qu’ils ne sont pas morts pour rien ; leur disparition tragique ouvre davantage les yeux du monde sur les plaies de notre temps. « Il faut que notre sang s’allume, dit Kheteb Yacine ; que nous prenions feu, que les yeux du monde s’ouvre non pas sur nos dépouilles, mais sur les plaies des survivants… Car, des survivants, il en reste au Nord Mali ; les survivants de l’intolérance, les survivants de la peur, les survivants du sang et du silence.

Paix à ton âme, Ghislaine !

Paix à ton âme, Claude !

Qu’il me soit cependant permis de dire ici que ce qui est arrivé est la résultante d’une faute du gouvernement français ; on ne s’explique pas qu’aux premières heures de la libération  du nord Mali, l’opération Serval ait en quelque sorte concédé aux Touaregs du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) que l’armée malienne ne puisse pas pénétrer à Kidal. Sans l’écrire de façon formelle, la France a permis au MNLA et à toutes les forces satellitaires de cette entité absconse d’établir leur ordre à Kidal en comptant sur la mise à l’écart de l’armée malienne, sur la réduction au silence et en inaction de la MINUSMA (les forces de l’Onu) et enfin, absurdité suprême, sur l’éloignement géographique des troupes SERVAL qui au fond, se cantonnaient aux portes de Kidal.

Quel arrangement a pu prévaloir à une telle absurdité ? La conséquence est que les forces qui ont agi samedi sur les journalistes de Radio France internationale (Rfi) ont compté sur cette géographie de la bêtise pour perpétrer un double crime auquel elles savaient qu’au moins temporairement, elles échapperaient.

Mais qui a tué ? Les jihadjistes  d’AQMI ou du MUJAO (Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’ouest) ? L’absence de revendication jusqu’à ce jour semble infirmer cette hypothèse sans parler du modus operandi qui tient généralement de la prise d’otages à des fins de rançon. Il eût été assez inconséquent que d’une main on libère et que de l’autre on tue, sachant la possibilité ouverte depuis, de prendre des otages et de se faire payer une rançon.

Des rebelles du MNLA hostiles à l’état malien et opposé aux accords de paix ? Tout à fait possible, et cela me paraît l’une des pistes les plus plausibles.

Mais l’hypothèse que des factions Touaregs favorables aux accords de paix et ne comprenant pas le statut particulier accordé à Kidal est tout à fait envisageable. Elles auraient alors commis ce crime pour contraindre la France à changer de posture et à amorcer un virage radical dans l’approche de la problématique Kidal. Approche qui jusqu’ici a été menée dans l’ignorance de la mentalité Touareg et des problématiques diverses qui s’y déployaient depuis plus de quarante ans.

Demain, Kidal ne sera plus ce qu’il est. Constat terrible qui aura nécessité le sang de Ghislaine et de Claude… Des journalistes de la liberté sacrifiés sur l’autel de la lucidité…


Les blogueurs, nouveaux hérauts de la liberté d’expression

Les blogs passionnent, interpellent, dérangent, inquiètent. Certains les méprisent, pendant que d’autres les adulent, les considérant à tort ou à raison comme émanant de prophètes d’une nouvelle révolution : celle de l’information. Une chose est sûre, les blogs ne laissent plus indifférent. Loin s’en faut ! Mais entre diabolisation et adoration, que penser de ce phénomène qui transforme le paysage médiatique de pays aussi différents que les Etats-Unis, la Chine ou l’Iran ou beaucoup plus modestement le Bénin…

(Crédit photo: RFI/Mondoblog)
Les Mondoblogueurs (Crédit photo:RFI/MONDOBLOG)

Nous ne disposons pas encore de tous les éléments pour résoudre définitivement cette équation. Tant il est vrai, que nous sommes lecteurs de presse, auditeurs et téléspectateurs depuis des décennies. Sans en être conscients pour autant. Pour preuve nous disposons de grilles de lecture nous permettant de faire la part des choses, de différencier, à première vue, à première lecture ou à première écoute, un commentaire d’une information, un journal «people» d’un magazine sérieux, un programme de divertissement d’un documentaire… Sans pour autant être des professionnels chevronnés, des spécialistes de l’information ou de la communication. Seulement voilà, en matière de blog nous sommes désarmés. Ne disposant pas des mêmes facilités, n’ayant véritablement pas des outils adéquats pour une analyse, un décryptage digne de ce nom. Sommes-nous désorientés par la nouveauté du phénomène, l’avènement des blogs ne datant pas de si longtemps? C’est de l’ordre des possibles. Mais il n’en demeure pas moins que cette approche soit très réductrice quand on sait que tous, ces «blocs-notes en ligne » sont encore plus hétéroclites que la presse conventionnelle qui nous paraît si familière pourtant.

Dans ces conditions, difficile donc pour l’internaute lambda de faire le tri entre les publications d’information, les tribunes personnelles, les vraies enquêtes et les témoignages bidon rencontrés sur Internet. Difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Encore que certains blogueurs développent peu à peu leurs propres standards éthiques, pour renforcer leur crédibilité et gagner la confiance de leur lectorat. D’autres, se prenant pour des abstracteurs de quintessence en puissance, ont une logique qu’ils sont les seuls à maîtriser. Ce qui n’arrange pas l’affaire des pauvres internautes face ces « gourous du numérique ».

Crédit photos: archives Baba Mahamat
Blog

 Le blog, outil formidable pour la liberté d’expression

Comparaison n’est pas raison dit-on souvent, les fausses informations, les insultes, les injures et autres calomnies fleuriront toujours sur le Net. Le blog donne à chacun, quelles que soient sa formation ou ses compétences techniques, la possibilité de devenir éditeur… Ce qui est extraordinaire au regard de l’ordre établi par les médias conventionnels. Mais le hic, c’est que cette liberté ne va pas sans risques et les blogs sans intérêt, voire nauséabonds, vont se développer au même rythme que les publications de qualité. Hélas !

Toutefois, reconnaissons que les blogs constituent un formidable outil pour la liberté d’expression. Ils ont délié les langues des citoyens ordinaires. Ceux qui jusqu’à présent n’étaient que des consommateurs d’information sont devenus les acteurs d’une nouvelle forme de journalisme, un journalisme « à la racine » selon les termes de Dan Gillmor (Grassroots journalism), c’est-à-dire fait « par le peuple et pour le peuple».

Certes, certaines communautés, certaines plateformes à l’instar de RFI/Mondoblog offrent des conseils, des outils et des astuces techniques à travers des tutoriels pour lancer et animer dans de bonnes conditions son blog à ses membres. Ce qui oblige à une certaine qualité au niveau de la plateforme et crée la saine émulation. A toutes fins utiles, Mondoblog est une plateforme qui regroupe des blogueurs francophones sélectionnés par un concours initié par l’Atelier des Médias, la web émission participative de Radio France Internationale (Rfi). A ce jour Mondoblog compte 350 blogueurs et «combine un média avec un projet de formation international pour favoriser l’émergence d’une blogosphère internationale et dynamique. L’enjeu étant de contribuer au développement d’un contenu francophone de qualité sur Internet », comme c’est précisé sur la charte des blogueurs de cet espace convivial et professionnel. Pour émerger du lot, le blogueur, doit faire preuve d’originalité et de créativité, pour border souvent dans ses billets des angles ou des informations délaissées par les médias conventionnels.

Dans certains pays, la principale préoccupation des blogueurs est de rester en liberté. Pendant que dans d’autres, ils cherchent à asseoir leur crédibilité et à s’imposer comme une source fiable d’information. Encore que tous ne sont pas logés à la même enseigne et moins encore confrontés aux mêmes difficultés, même si à leur façon, ils sont aujourd’hui en première ligne du combat pour la liberté d’expression.

mondoblog dakar 2013

Mondoblog une expérience qui force l’admiration

Les blogueurs de la plateforme Mondoblog de l’Atelier des médias de Radio France Internationale (Rfi) gagneraient à se fixer de nouveaux objectifs, de nouveaux défis pour viabiliser et pérenniser une expérience qui édifie et se bonifie à chaque saison tel un bon vin. En réfléchissant par exemple sur les conditions de bloguer dans nos contrées déshéritées du Sud en dehors des avatars d’une connexion Internet, il faut intégrer la donne du blogueur manquant parfois du « minimum social commun » comme on le dit chez moi au Bénin pour recharger sa clé de connexion ou se rendre dans un cybercafé pour négocier quelques heures de connexion à crédit avec force sourire afin de pouvoir mettre son billet en ligne. Cela interpelle et nous devons réfléchir à des innovations majeures, à des valeurs ajoutées pour faciliter la tâche aux amoureux et passionnés de ces nouveaux médias. Car,en Afrique, bloguer ne nourrit pas encore son homme. Et il va falloir faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et de ruse pour exister en tant que blogueur dans nos pays démunis. Et pourquoi pas, prospérer.

 


Le Bénin peut-il reconquérir sa place d’antan au niveau du palmier à huile ?

Par le passé, le Bénin, à travers la filière palmier à huile, avait pour vision de produire suffisamment de matières premières pour les usines créées dans les blocs agro-industriels pour se maintenir dans le cercle fermé des producteurs d’huile de palme. A l’époque, il était question surtout d’assurer une croissance économique.  Mais hélas, la donne a changé…

(Crédit image google)
Un palmier à huile portant un régime de noix de palme mûr

Hisser, à partir de l’agriculture, l’économie béninoise au rang des économies prospères. Telle était la logique à laquelle répondaient les efforts de financement et de modernisation du secteur agricole dans l’ex-Dahomey l’actuelle république du Bénin, dès les années 1960, selon Barnabé Hounkanrin, auditeur et doctorant en géographie à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), « à l’époque, cette logique s’appuyait sur la coopérative agricole, modèle jugé le plus apte pour mener le pays au développement socio-économique. C’est ainsi qu’ont été créées, par l’Etat, les Coopératives d’aménagement rural (Car), autour du palmier à huile dans plusieurs localités du sud-Bénin telles que Houin-Agamè, Grand Agonvy, Hinvi… Le palmier à huile était à la base de la première filière d’exportation du pays. En s’appuyant sur cet arbre, l’Etat avait fait des coopératives, son outil de développement économique pendant plusieurs décennies, sans réussir à atteindre les objectifs de départ ». Les résultats obtenus par ces coopératives sous le contrôle de l’Etat sont en deçà des attentes. Les quantités de régimes de palme récoltées n’ont jamais permis aux usines de tourner à plein régime ni aux coopératives de prospérer. L’autonomie de gestion, obtenue en janvier 1998, n’a pas amélioré pour autant la situation financière et sociale de ces coopératives. Bien au contraire, la mauvaise gestion et les conflits entre coopérateurs ont «tué» la filière qui a du mal à retrouver ses lettres de noblesse.

(Crédit image: Wikipédia)
Des noix de palme mûrs

Histoire d’une intervention inachevée

A l’indépendance, les Etats africains francophones ont manifesté le souci de se créer des instruments modernes de développement économique. Au Bénin, le secteur rural et principalement le palmier à huile a été celui qui bénéficia le plus des attentions de l’Etat. Les dérivés du palmier à huile contribuaient à plus de 70% aux recettes commerciales du pays. C’est  donc dans le but d’en faire une culture économiquement rentable pour le pays que le sous-secteur du palmier à huile, déjà organisée en filière sous la colonisation, a connu de grands investissements, avec la création des coopératives d’aménagement rural. La politique de développement agricole par les coopératives agricoles a amené à la création d’un ministère de l’agriculture chargé, par arrêtés, de mettre à exécution les différentes décisions prises par le gouvernement dans le secteur agricole. Mais la pertinence d’une telle politique de développement tarde à s’imposer. Les années de fonctionnement des coopératives agricoles sous le contrôle de l’Etat n’ont pas empêché la croissance du niveau de pauvreté monétaire des communautés rurales agricoles et la détérioration de leurs conditions sociales. Dans sa marche vers la rentabilité économique et sociale, le milieu rural béninois a connu des transformations structurelles et socio-économiques qui ont largement modifié les rapports de production, faisant du Sud-Bénin une zone économiquement tournée vers l’extérieur. La production, presque stable de 1960 à 1966 autour de 100 000 tonnes de régimes de palme, croît de façon spectaculaire entre 1966 et 1968 avant d’amorcer de 1970 à 1972 une descente en escalier jusqu’en 1973 où on observe une nouvelle remontée de la production. La filière du palmier à huile entama sa descente aux enfers avec les contre-performances de la Société nationale des industries de corps gras (Sonicog). Le déficit en matières premières était donc énorme quant à l’approvisionnement des huileries de Houin-Agamé, Hinvi et Grand Agonvy. De 31 957 tonnes en 1970, la production commercialisée de l’huile de palme n’était que de 15000 tonnes en 1980. Les coopératives d’aménagement rural étaient dans l’impasse économique et sociale, avec la résurgence de conflits et d’actes d’incivisme. Le Bénin a disparu de la liste des pays exportateurs d’huile de palme la décennie qui a suivi. C’est dans cette situation chaotique que le Bénin, au regard des exigences du Programme d’ajustement structurel(Pas), s’est désengagé en 1997 de la filière palmier à huile, laissant la gestion aux coopératives.

La récolte du vin de palme
Récolte de vin de palme

Les organisations paysannes autour du palmier à huile

Le désengagement de l’Etat a laissé le champ à d’autres acteurs locaux qui ont pris le contrôle des coopératives. Plusieurs organisations paysannes se partagent le secteur du palmier à huile. Mais les plus connues sont celles qui sont issues des coopératives jadis contrôlées par l’Etat. Les coopérateurs, avec l’assistance des partenaires au développement, ont créé les Unions régionales des coopératives d’aménagement rural (Urcar) qui sont des organisations faîtières de premier niveau. Ce désengagement de l’Etat a permis de rénover une partie des palmeraies et a remis en selle la production sur toutes les coopératives. Mais cette réhabilitation s’est effectuée sur des prêts avec intérêts accordés aux coopératives par la Banque mondiale, la Coopération suisse et les Japonais. Le désengagement en 1997 est intervenu sur cette relance de la production certes, mais aussi avec le démembrement de la structure de production : alors que les palmeraies reviennent aux coopérateurs, les unités industrielles sont cédées aux repreneurs privés qui ne partagent pas les mêmes intérêts qu’eux. Les milliers de paysans sont désormais livrés à leur capacité de production, aux textes et aux hommes chargés de les appliquer. S’adapter au nouveau contexte national, s’insérer dans le nouvel ordre mondial qu’impose la globalisation et, en retour, assurer le bien-être social et économique des sociétaires, sont les défis que devraient relever les organes de gestion des Car. Surtout que le retrait de l’Etat a favorisé l’émergence de groupes de pression qui contrôlent l’essentiel des activités des coopératives.

Car, ayant une histoire particulière parce qu’issues des entrailles de l’Etat avec des conflits originels, elles ne veulent accepter en leur sein d’autres membres.  Ces difficultés congénitales sont d’ailleurs doublées de situations socio-économiques complexes. Le secteur du palmier à huile s’est alors enrichi d’autres organisations paysannes, qui sont nées de la multiplication des plantations familiales. En effet, deux ans avant le désengagement de l’Etat, la filière du palmier à huile se trouvait dans une situation critique. Les coopératives accumulaient des arriérés de salaire, les palmeraies étaient envahies par des jachères, les récoltes volées par les sociétaires, une partie du patrimoine foncier vendue illégalement et certains palmiers abattus pour l’extraction du vin de palme. Le premier programme de réhabilitation est venu éviter, en 1995, la détérioration complète de la situation des Car.

Récolte d'un régime mûr sur un palmier à huile
Récolte d’un régime mûr sur un palmier à huile

L’économie du palmier à huile

La gestion de la production des palmeraies et sa commercialisation avaient conduit l’Etat à la création de la Société nationale des huileries du Dahomey (Snahda). Société d’économie mixte, dotée de la personnalité civile et de l’autonomie financière, elle a été créée en décembre 1961 pour la gestion des anciennes huileries. A partir de 1965, elle a assuré la commercialisation des produits du palmier à huile, à l’exception des palmistes non concernés par l’industrialisation. Il faut noter que les produits industriels que l’on tire du palmier sont multiples. Mais de tous les produits tirés du palmier à huile, l’huile de palme est la plus demandée. Le volume d’huile de palme destinée à l’exportation passa de 2 519 tonnes en 1946 à 16 015 tonnes en 1960, soit une augmentation de 486,04%. Le palmier à huile est devenu le pilier d’une économie de traite qui perdure encore. Il a révolutionné le système économique de tout le golfe de Guinée et a marqué de son empreinte les échanges commerciaux entre les souverains de la côte et les premiers comptoirs. Sa production et sa commercialisation ont enrichi des groupes de paysans qui en tirent encore des revenus substantiels. Selon une enquête de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) sur la consommation en huile au Bénin, il est noté une consommation nationale progressive passant d’environ 72 960 tonnes en 1992, à 80 200 tonnes en 1995 puis à 110 000 tonnes en 2005. Cette consommation est dominée par l’huile de palme qui représente au moins 44% des huiles alimentaires.

Les perspectives 

Les défis de développement auxquels était confronté le jeune Etat dahoméen étaient nombreux et il fallait des mesures hardies pour impulser, très vite, un développement agricole capable de soutenir durablement l’économie du pays. Les coopératives agricoles répondaient bien à cette ambition de bâtir un pays économiquement sûre et stable. Mais les résultats, trois décennies plus tard, ont été décevants. Il paraît alors évident que la logique d’Etat, au lieu de protéger les paysans et de favoriser leur bien-être à travers les coopératives agricoles, les a plutôt livrés aux contraintes de l’économie de marché, faites d’expropriation des terres et d’exploitation des forces de travail. Ces confits sont exacerbés par la mauvaise gouvernance économique et sociale, surtout après le retrait de l’Etat de la gestion directe des coopératives.

Une issue de sortie peut être un retour momentané à la gestion directe par l’Etat, le temps de mettre tous les acteurs sur le même pied d’égalité et de créer une nouvelle synergie autour des coopératives. Il n’y a peut-être pas de doute que les coopératives sont encore capables d’apporter le développement socio économique dans les zones rurales où elles sont implantées. Il faudra les aider à réorganiser la filière et leur faciliter l’accès aux services financiers pour leur permettre de replanter les milliers d’hectares qui sont présentement laissés à la jachère.

En 2006, à son arrivée au pouvoir le président Boni Yayi avait  déclaré que le palmier à huile ferait l’objet d’une grande attention autant que le coton. Il l’a annoncé au moment où le tout nouveau régime du changement investissait 14 milliards dans la filière coton pour son relèvement. Comme action pour matérialiser cette volonté du président Yayi, l’implication d’un expert malaisien. Cet expert qui aurait une bonne connaissance du palmier à huile. Quelques mois après son arrivée, il est reparti du Bénin sans que la filière ne décolle. A l’époque, on avait appris dans les coulisses que le Malaisien avait affirmé avant son départ que «le sol béninois n’est pas propice à la culture du palmier à huile». Argument à prendre avec des pincettes. Pour cause, dans les années 60, le Bénin était premier pays producteur de palmier à huile dans la sous-région.  Avec le palmier à huile, le rêve est toujours permis.


BENIN / L’économie maritime tourne au ralenti

Au moment où le port de Cotonou, appendice de l’économie maritime béninoise cherche à sortir la tête de l’eau à travers moult actions, le département ministériel chargé de son sauvetage quant à lui, prend abondamment de l’eau, empêtré dans des contradictions à n’en plus finir.

Comme dirait l’autre, plus rien ne va au Ministère béninois de l’économie maritime, des transports maritimes et des infrastructures portuaires. Selon des observateurs avertis, «on n’est plus loin de toucher le fond si des décisions hardies ne sont pas prises à temps». Surtout que, ce département ministériel, pourtant stratégique dans la politique de relance de l’économie nationale, depuis quelque temps, tourne au ralenti, faute de ressources humaines adéquates.

Le Port de Cotonou
Travaux de bitumage de route au Port de Cotonou au titre des réformes

Déjà cité parmi les ministères les moins lotis, avec un modeste budget annuel d’environ trois milliards de francs Cfa (4.615.385 Euros), il se contente aujourd’hui d’offrir un service minimum. Et il n’est pas exclu que la quasi-totalité des postes de responsabilités soient vacants d’ici à là. Si rien n’est fait pour freiner l’hémorragie.

N’y a-t-il plus de cadres compétents dans ce sous-secteur névralgique de l’économie nationale pour pourvoir aux postes vacants depuis des lustres, serait- on tenté de se demander en toute légitimité. Même si pour l’heure, la question reste sans réponse.

Une chose est sûre, le ministre Valentin Djènontin, devenu titulaire de ce strapontin à la suite d’un jeu de chaises musicales en 2012, avait de réels soucis à se faire, dans le temps. Privé de son directeur de cabinet, Ishola Bio Sawé, emporté dans les eaux troubles de la sulfureuse affaire du port sec de Tori. In fine, il était contraint de s’appuyer sur son directeur adjoint de cabinet, pour donner le change. Seulement voilà, entre les deux hommes, les relations n’étaient toujours pas au beau fixe, à en croire des travailleurs en service dans ledit ministère. Sans oublier que, d’autres cadres en poste dans ce département étaient partis pour diverses raisons sur lesquelles il serait vain d’épiloguer.

L’obligation de faire valoir leurs droits à la retraite, avait conduit le secrétaire général du ministère et son adjoint à quitter leurs fonctions respectives. Laissant du coup, sans titulaires, des services sensibles ayant à charge la gestion de la mémoire et l’administration du ministère. Aux dernières nouvelles, le ministre Valentin Djènontin, face à la délicatesse de la situation, aurait confié provisoirement cette fonction à l’assistant de l’ancien secrétaire général du ministère, Hugues Hounkponou.

Réformes portuaires au Bénin
Réformes au Port de Cotonou à travers de grands travaux

La saignée

Selon un cadre du ministère, entre temps, le ministre Jean-Michel Abimbola, actuel patron du département de la culture et de l’artisanat et ex-titulaire du portefeuille de l’économie maritime, avait repris dans son cabinet la quasi-totalité de ses anciens collaborateurs. Créant une situation dont on appréhende difficilement les contours.. Car, cette volonté affichée de Jean-Michel Abimbola de reconstituer son cabinet « perdu » avait fini par créer un vide autour de son successeur à l’économie maritime et prédécesseur à la culture. Et c’est en cela que se justifie le départ du directeur des ressources financières et du matériel(Drfm), de la directrice des ressources humaines(Drh), du chargé de mission et de quelques conseillers techniques vers de nouvelles destinations

« Récemment, sur les cinq conseillers techniques, seuls deux étaient en place au cabinet du ministre de l’économie maritime », déplore un responsable syndical, visiblement dépité. « En ce sens que, précise-t-il, dans la foulée celui qui occupait les fonctions de directeur de la prospective et de la programmation est aussi parti sans crier gare ». Résultat, tous les postes sensibles sont dépourvus de responsables. «Dans ce genre de situation, avertit le syndicaliste, on ne saurait attendre de notre ministère un travail sérieux à la hauteur de la mission qui lui est assignée ».

Pour éviter le naufrage annoncé de sa barque, explique une source proche du cabinet, le ministre de l’économie maritime a dû recourir aux services de Joseph Chaffa, un ancien cadre du département et précédemment directeur général du Port autonome de Cotonou. En attendant de pourvoir aux postes vacants, et remettre le navire à flots. Ce qui est loin d’être une gageure. Et pour cause.

Contre performance

Les experts maritimes s’accordent à le dire : le port de Cotonou reprend vie. De l’avis même du directeur général par intérim, Kassim Traoré, le trafic commence à être au rendez-vous. Mais cette reprise des activités, certes timide, ne saurait prospérer sans une bonne mise en exécution des réformes voulues et engagées par le gouvernement. Et c’est justement le ministère en charge de l’économie maritime qui est sensé conduire la conception et l’opérationnalisation de ces réformes tant attendues. Seulement voila, le ministère handicapé, éclopé, et dépourvu de ressources humaines suffisantes, a peu de chance de s’en tirer à bon compte, dans un environnement difficile et contre performant.

Une lueur d’espoir

Ministre de l'économie maritime

C’est dans cette ambiance délétère  que débarque, à la faveur du remaniement ministériel d’août 2013, un nouveau ministre en la personne de Martine-Françoise Dossa pour présider dorénavant aux destinées du Ministère de l’économie maritime, des transports maritimes et des infrastructures portuaires.  Espérons qu’elle prenne à temps la mesure de sa nouvelle mission pour apporter des solutions idoines et crédibles à des dysfonctionnements avérés déplorés depuis des lustres sans qu’une quelconque amélioration n’intervienne.

 Quand on sait que lors de sa prise de fonction, la nouvelle responsable du département de l’économie maritime n’a pas manqué de  fixer les orientations de sa nouvelle mission. Et se donner surtout comme priorités, «de veiller en permanence, avec méthode et rigueur, au maintien  et à l’amélioration des ratios de productivité portuaire, tant en termes de diversité de flux de trafic que de coûts et de délais de prestations portuaires ». Il y a de quoi espérer des lendemains meilleurs. Surtout que l’objectif principal de la ministre, « est d’assurer et de renforcer l’image de marque de la plate-forme portuaire de Cotonou, d’accentuer sa compétitivité et sa productivité, ainsi que le recouvrement du reliquat des trafics déviés vers les ports concurrents voisins ».Ce qui ne saurait se faire sans le déploiement d’un personnel qualifié et compétent, partageant la même vision. Mais comme le dit si bien l’adage, c’est à l’oeuvre que l’on connait l’artisan. Wait and see!


Bénin : des microcrédits pour lutter contre la pauvreté

du pain aux peuples
Du pain aux peuples

Le Bénin mise sur la microfinance pour lutter contre la pauvreté et développer le pays. Par le truchement d’un programme de microcrédits aux plus pauvres qui fait couler beaucoup d’encre et de salive à cause de ses performances remarquables. Explications.

5Crédit photo: FNM)
Des bénéficiaires avec le président Boni Yayi du Bénin

Le Programme de microcrédits aux plus pauvres (Pmcpp) relève d’un engagement du candidat Boni Yayi lors de la présidentielle de mars 2006 au Bénin, pour faire de la microfinance, un outil stratégique de développement et de lutte contre la pauvreté. La suite on la connaît. L’idée a fait boule de neige et six ans après sa mise en œuvre, partisans et adversaires sont unanimes sur la pertinence de cette intervention sociale inédite au Bénin. De partout, on vient apprendre des Béninois qui ont su trouver la formule pour «favoriser l’accès à des services financiers fiables et viables, à une majorité de ménages pauvres ou à faibles revenus ainsi qu’à des micro entrepreneurs traditionnellement exclus des circuits financiers classiques à cause de la faiblesse de leurs moyens. Et ce, sur l’ensemble du territoire national. Grâce à des institutions de microfinance (Imf) pérennes et pleinement intégrées au système financier».

Lors du démarrage du programme en 2007, le président de la République avait expliqué les tenants et les aboutissants de fort belle manière. « Lors de mes visites dans le Bénin profond, j’ai pu me rendre compte des conditions réelles de vie des populations. J’ai pu noter l’existence d’un fort taux de chômage des jeunes et un faible niveau du pouvoir d’achat tant en milieu rural qu’urbain. J’ai également pu constater que le manque de revenus a fait perdre espoir à bon nombre de nos compatriotes, particulièrement les jeunes et les femmes. Face à ce constat, vous comprenez dès lors mon engagement à développer les grands travaux à haute intensité de main-d’œuvre, à valoriser nos vallées, à diversifier notre agriculture, à promouvoir les logements sociaux et à créer les conditions d’un environnement favorable aux affaires, afin d’impulser les investissements privés, créateurs d’emplois », dixit Boni Yayi.

Pour le président béninois, « le développement de la microfinance, véritable outil de lutte contre la pauvreté, permet de toucher directement et à moindre coût ceux-là mêmes qui de par la précarité de leur situation économique et sociale, se sentent exclus de la vie nationale ». Pour rendre ces idées opérationnelles, un Fonds national de microfinance (Fnm), est créé pour piloter cet ambitieux projet et renforcer les capacités financières et opérationnelles des institutions de microfinance (Imf) afin de les rendre accessibles aux populations les plus démunies des villes et campagnes du Bénin. Lesquelles pourront dorénavant entreprendre des activités génératrices de revenus porteuses de croissance, d’espoir en des lendemains meilleurs.

Depuis son lancement en février 2007, le Programme de microcrédit aux plus pauvres (Pmcpp) bénéficie d’un engouement remarquable de la part des populations cibles. En août 2010, il représente 80 % des activités du Fnm, soit 40 milliards de francs Cfa (environ 62 millions d’euros) sur les 50 milliards de ressources placées au profit des bénéficiaires tous produits confondus. Avec près d’un million de bénéficiaires au 30 juin 2013, ce programme est sans doute l’une des concrétisations des ambitions du gouvernement pour l’amélioration des conditions de vie des populations cibles. Et pour cause. Six ans après son lancement,  l’évaluation globale du programme est positive au vu des changements réels observés au niveau des bénéficiaires toutes tendances confondues.

Une expérience qui fait école

En partant du constat que, près d’un million de nos compatriotes des deux sexes n’ont juste besoin que du minimum, trente à cinquante mille francs Cfa (45 à 90 euros) pour entreprendre une activité génératrice de revenus, le Fonds a développé une stratégie qui est payante aujourd’hui. Et pour cause. De la sous-région et d’ailleurs, on vient partout s’instruire de l’expérience béninoise pour en faire autant chez soi. Idem pour les partenaires techniques et financiers qui manquent des mots pour louer le génie béninois en matière dans cette innovation majeure en matière de microfinance et de lutte contre la pauvreté. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette expérience novatrice  fait école dans la sous-région et à l’étranger eu égard à la longue liste de ceux et celles qui sont venus de partout s’instruire.

Pour la petite histoire, 675 000 personnes ont déjà bénéficié de ce programme pour un cumul d’activités de trente-cinq milliards de francs Cfa (environ 539 millions d’euros). Cet encours de crédits constitue, selon le ministre béninois de la Microfinance et de l’Emploi des jeunes et des femmes, le volume d’activités menées par le Fonds national de la microfinance (Fnm) depuis sa création à ce jour. Quand on sait que la dotation de base du Fnm est de quatorze milliards de nos francs (environ 22 millions d’euros), force est de louer le dynamisme et la performance du Fnm  qui a pu grâce au système de réinvestissement des crédits remboursés, atteindre cet encours de crédits.

Ainsi, les 675 000 personnes impactées ont toutes reçu au moins une fois, le premier crédit de 30 000 francs (45 euros) pour un montant total de plus de vingt milliards de francs (plus de 30 millions d’euros). Parmi elles, 254.693 personnes ont reçu le premier renouvellement de 30 000 francs pour un montant total de de plus de huit milliards de francs (près de 13 millions d’euros) et 154 000 personnes ont déjà passé le cap des deux dernières fois 50 000 francs pour un montant de huit milliards de nos francs.Tous ces montants cumulés dépassent un encours de crédit estimé à plus de 35 milliards de francs (près de 54 millions d’euros).

Success stories

Selon un bénéficiaire au quartier Zongo à Parakou, avant il s’approvisionnait à crédit pour son petit commerce. Mais depuis qu’il est au programme, il achète désormais au comptant. Ce qui fait prospérer ses activités.

La main sur le cœur, une autre bénéficiaire dans la commune de Gogounou, dans l’arrondissement de Sori, observe, « avec les revenus issus des microcrédits, j’ai  pu constituer un capital personnel de plus de 65 000 francs Cfa (environ 100 euros) dans un intervalle de trois mois. Ce qui m’a permis de diversifier mes activités de vente de produits laitiers (Fromage et lait) ».

Pour une autre bénéficiaire dans la commune d’Abomey, « grâce aux microcrédits aux plus pauvres, j’ai pu renforcer mes étalages de marchandises ; ce qui m’a permis de faire beaucoup de bénéfices et par conséquent de meubler mon salon de coiffure ».

« Je suis vendeuse de poisson fumé. J’avais l’habitude de m’approvisionner auprès d’une autre dame et ceci me revenait très cher. Mais aujourd’hui, grâce au programme, j’ai pu avoir suffisamment de ressource pour m’approvisionner directement au bord de la lagune et  fumer moi-même le poisson. Je participe également à l’éducation de ma fille qui était à la maison. Ma vie au foyer s’est améliorée et je me sens épanouie », déclare Jeanne, bénéficiaire à Cotonou.

Pour le directeur du Fonds national de la microfinance Jean Comlan Panti, « la pauvreté et le chômage sont deux menaces permanentes majeures pour la paix durable et la stabilité de l’humanité…Personne ne doit ignorer cette réalité et chaque acteur, en fonction de son positionnement stratégique, de ses avantages comparatifs et de ses moyens, se doit à sa manière de contribuer à les combattre dans un élan de conviction, de détermination et d’innovation. Ainsi, les acteurs du système financier ne doivent pas se faire prier pour jouer leur partition, car sans paix, point d’affaires et sans affaires, point de profit ».

La vision ici étant notamment de construire dans le pays, un secteur financier solide répondant aux normes internationales et respectant les standards de l’espace de l‘Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa), aux dires du directeur général du Fnm.

Très satisfaite du travail abattu jusque-là, Mme Françoise Assogba, ministre de la Micro finance, de l’Emploi des jeunes et des femmes, a récemment exhorté les travailleurs du Fnm au cours d’une descente sur le terrain, « à porter le Fnm à un niveau plus élevé. En finançant par exemple l’agriculture pour garantir de l’emploi à la jeunesse ».

Grâce aux effets économiques du programme, on assiste à une augmentation des revenus du ménage, sous la direction de la femme, ce qui contribue à l’amélioration du bien-être familial.

Les femmes arrivent à contribuer aux charges familiales telles que, la scolarisation des enfants (55 % des cas) ; la prise en  charge des besoins de santé (42 %) ; l’amélioration de l’état nutritionnel (52 %) ; l’amélioration de l’état de logement (le revêtement du sol de l’habitat (37 %)) et l’accès à l’eau potable (32 % des cas).

Même si le secteur de la microfinance au Bénin a connu par le passé des performances remarquables pendant plus d’une décennie, il brille aujourd’hui par un dynamisme qui ne saurait occulter tout de même quelques manquements, quelques entorses à l’orthodoxie financière, à l’éthique et à la déontologie. Vivement des mesures pour assainir un secteur qui constitue tout de même, un créneau porteur voire une niche par ces temps de grisaille. Afin que ce beau ne soit pas galvaudé et dévoyé pour devenir un vulgaire outil aux mains des politiques.


BENIN /TIC / La société civile en guerre contre la cybercriminalité

Des juristes, officiers de police judiciaire, professionnels des Technologies de l’information et de la communication (Tic), de l’Internet, des journalistes, des chefs d’entreprises ainsi que des cadres de l’administration publique et privée sont en concertation depuis trois jours au Campus numérique de la Francophonie à Cotonou au Bénin pour réfléchir sur les voies et moyens pour lutter contre la cybercriminalité.

(Crédit photo: Cnfc)
Le Directeur du Campus numérique de Cotonou, le Dr. Abdoulaye Salifou échangeant avec les participants

 Dans son mot de bienvenue, le directeur du Campus numérique de l’Agence universitaire de la Francophonie au Bénin, le Dr. Abdoulaye Salifou, «face aux incessants bouleversements qu’enregistre le nouveau siècle  à propos des actes de cybercriminalités, s’interroge  sur l’avenir de ce monde ». A cause des actes de cybercriminalité, des forfaits des cyber délinquants depuis les cybercafés béninois en passant par l’Élysée dont le site Internet a été attaqué en 2012, le vol de  45 millions de dollars  aux banques américaines et des Emirats Arabes-Unis, nonobstant les révélations sur les pratiques douteuses de l’Agence de sécurité des Etats-Unis, alimentées par Edward Snowden, ancien consultant américain  en sécurité informatique, la preuve est faite  à profusion, que ni les Etats, ni les entreprises, ni les administrations et encore moins les individus ne sont  à l’abri des cybercriminels ». Et pour cause.

Pour le Dr. Abdoulaye Salifou, « les intrusion frauduleuse dans les systèmes de traitement automatisées des données, les usurpations d’identité, les utilisations frauduleuses de cartes de paiement, constituent des atteintes à la vie privée, de l’escroquerie «à la nigériane », aujourd’hui légion dans nos sociétés modernes ». Hélas ! Eu égard à l’ampleur du phénomène : comptes en banque pillés et autres délits, les experts sont unanimes pour reconnaître que de nos jours, « nous avons plus de chance d’être victimes d’un délit digital ».

Pour la petite histoire, l’observatoire de la sécurité des cartes bancaires évalue le préjudice à plus de 413 millions d’Euros en 2011 en France, soit plus de 12 % par rapport à l’année 2010. Ces statistiques sont à rapprocher avec les résultats de l’enquête Cadre de vie et sécurité INSEE-ONDRP selon laquelle plus de 2% des ménages français ont déclaré avoir été victimes d’au moins un débit frauduleux sur leur compte bancaire en 2011, soit 650 000 ménages.

(Crédit photo: Cnfc)
Le présidium à l’ouverture de l’atelier

De manière générale, dans le monde en 2011, les coûts induits directement par la cybercriminalité, ciblant majoritairement les particuliers, s’élèvent à 110 milliards de dollars (87,5 milliards d’Euros) selon une étude de la Norton Cyber crime des Etats-Unis. Les Tic, comme la langue d’Esope peuvent  être la meilleure et la pire des choses comme l’avait souligné à juste titre Son Excellence le Président Abdou Diouf, Secrétaire général  de la Francophonie le 20 mars  2008.

« Mal utilisées, confisquées, verrouillées par certains en particulier, les cybercriminels, les Tic peuvent devenir instrument d’asservissement des peuples et de contrôle des individus, générer de l’insécurité et de la criminalité, accroître la présence des plus forts, creuser le fossé numérique. Par contre, bien utilisées, et largement diffusées, elles peuvent au contraire servir à démocratiser l’exercice du pouvoir, faciliter l’accès à l’information scientifique et technique, améliorer la transparence des institutions, promouvoir la diversité des cultures, réduire la distance entre les individus et  accroître la solidarité entre les nations », dixit le Dr. Abdoulaye Salifou.

 Cas du Bénin

A en croire le directeur du campus de l’Auf au Bénin, « la cybercriminalité dans l’notre pays se caractérise essentiellement par des escroqueries qui sont commises par des internautes à partir des cybercafés. Les artifices et les supercheries utilisées par les cyber délinquants sont connues : promesse de véhicules de luxe, d’objets d’arts précieux, des espaces publics, des monuments historiques, de belles créatures majeures et mineures et naturellement de fortes sommes d’argent et j’en passe. Évidemment, les partisans de gains faciles et rapides tombent dans ces arnaques et pièges cybernétiques. La plupart de ces cyber délinquants, opèrent en réseau avec des complices en Afrique, en Amérique du Sud et du Nord, en Asie et en Europe.

Jusqu’à une époque récente, la police et la gendarmerie béninoises sont restées impuissantes faute de législation et de formation appropriées.  La loi N° 2011 – 20 du 12 octobre 2011 portant « Lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin », a semblé apporter une lueur d’espoir, sans fondamentalement constituée une véritable solution législative à la cybercriminalité au Bénin. Au cours du présent séminaire de formation, les conférenciers consacreront une partie de leurs interventions au chapitre 5 de cette loi de 2011 qui traite des infractions cybernétiques, informatiques et de leur répression en République du Bénin.

 Pour le ministre béninois de la Communication et des Technologies de l’information et de la communication, Komi Kouché, en tant que « nouveau fléau des temps modernes auquel s’adonnent les jeunes, la Cybercriminalité a besoin de riposte appropriée pour faire face aux risques et aux dangers de l’économie de la connaissance, qui sont directement liés à l’utilisation frauduleuse des Tic ». Car, «l’Internet et les Tic ont multiplié les possibilités de commettre des infractions économiques telles que la fraude, notamment l’escroquerie aux moyens de paiement, l’atteinte à la vie priée, le vol des ressources numériques. Les actifs gérés par des systèmes informatiques sont devenus des cibles de manipulations au même titre que les formes traditionnelles de propriété».

 Une approche novatrice

Animé par le Dr. Abdoulaye Salifou, spécialiste en Communication et en Droit des Tic, Directeur du Campus numérique de l’Agence universitaire de la Francophonie au Bénin, Chef de projets au bureau régional Afrique de l’Ouest de l’Agence universitaire de la Francophonie (Auf) à Dakar au Sénégal, entouré pour la circonstance du Dr. Arnaud Houedjissin, Enseignant-chercheur en Droit pénal à la Faculté de droit et des sciences politiques de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) et du Dr. Léon Josse, Enseignant-chercheur en Théorie du droit à la Faculté de droit et des sciences politiques, de l’Uac, cet atelier considère la cybercriminalité comme de nouvelles menaces pour la vie privée, les entreprises, les banques et les administrations privées et publiques. Aussi cherche -t’il à mieux outiller les membres de la société civile et toutes les parties prenantes à y faire face efficacement.

Du 17 au 19 septembre 2013, les participants ont pu réellement faire le point sur le droit encadrant la fraude informatique et les mécanismes de lutte contre la cybercriminalité.

En passant en revue la jurisprudence et l’actualité législative africaine et européenne sur la question. De manière à disposer au terme du séminaire, des repères nécessaires pour évaluer, anticiper la fraude informatique au Bénin et dans le monde.

Selon le Dr. Abdoulaye Salifou, pour protéger sa vie privée sur Internet, il faut connaître les mécanismes juridiques de lutte contre la cybercriminalité, se familiariser avec un large éventail d’infractions aux systèmes de traitement automatisé des données. Et pour cause. Au plan méthodologique, le programme du séminaire s’est appuyé pour une large part, sur des présentations méthodiques de cas pratiques illustrés de jurisprudences, dans une ambiance conviviale qui fait la part belle au débat et aux échanges entre participants. Ne dit-on pas souvent que c’est de la confrontation des idées que jaillit la lumière…