Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

TCHAD: Airtel et tigo pillent les tchadiens

Quand une entreprise veut s’investir dans un pays, des études préalables sont faites;
D’abord, une étude de masse démographique, un climat des affaires économiques mouvementé et une étude de population basée sur le taux d’alphabétisation.

Les deux compagnies ont su tirer leur marge de manœuvre avec un taux d’alphabétisation très faible et un système éducatif alarmant.

Airtel et Tigo se positionnent en premier plan sous une nouvelle forme de néocapitalisme notoire. Des milliards en dividendes, sans compter les appels , les SMS et l’ensemble des transferts internes liés au paiement des prestations de services et autres frais de gestions facturés, ces deux compagnies hautement qualifiées en marketing profitent de l’ignorance de peuple tchadien en matière technique de communication exploitent et pillent derrière nos dos pour s’enrichir.
Après avoir mis à mort tout un segment de l’économie locale qui profitait du développement de leur communication, aucune compagnie n’a eu l’opportunité de s’investir au Tchad pour leur concurrencer .
Elles se sont attelées systématiquement à un pillage des maigres ressources des tchadiens à travers un système de publicité en grande envergure pour nous faire croire qu’elles sont là au service des tchadiens pour faciliter la communication et de l’Internet .
Une cerise sur le gâteau : ces deux compagnies octroient ensuite des fréquences 4G à un prix exorbitant qui est contraire à toute considération morale et d’éthique économique.
Au Cameroun la compagnie orange ne peut et ne pourra en aucun cas , contrôler le marché de communication et, ni encore fixe unilatéralement le prix de communication et d’Internet.
Avec une somme modique de 200fr vous gagnez 200MB de connexion , alors au Tchad le 200Mb coûte a peu près 2000FCA voir parfois 3000fr avec un ajout forfaitaire de 56 MB .
Cette manœuvre d’exploitation doit cesser
Oui!.. l’ignorance est un outil de dissuasion commerciale, mais le mouvement des masses s’orientent vers une culture technologique de communication qui se positionnent vers le savoir faire en Afrique. La force de l’Afrique n’est pas seulement démographique ,mais elle est aussi une force de savoir.
Nos dirigeants africains, incapables de travailler dans la transparence pour préserver les intérêts nationaux. Le seul et l’Éternel perdant sont les africains dans ce lobbying commercial des multinationales.
A défaut d’un arsenal juridique capable de contraindre les abus économiques des multinationales
et d’une manque de vision criarde de nos autorités, le Tchad vient d’être dépossédé pour plusieurs années d’un instrument de politique économique, sociale et culturelle, susceptible de jouer un rôle-clé dans sa stratégie de développement vers l’émergence.
Ces mêmes compagnies qui ne cessent de nous humecter avec leur fameuse puce 4G « une pluie de Mbs », une publicité bâclée à outrance, vient encore une fois de nous démontrer que les milliards des frcs amassés par ces compagnies proviennent des tchadiens lambdas et des commerçants .
Airtel et tigo continuent de faire du Tchad sa vache laitière et du Peuple tchadien son pigeon.
Elles se frottent déjà les mains et s’empressent de commercialiser dès cette année, la 4G alors qu’il n’y a aucune mesure d’accompagnement prévue, ni par les autorités encore moins des opérateurs que pour les utilisateurs.
Les tchadiens n’ont pas encore en majorité des téléphones portables compatibles 4G. La puce 4G, qui pouvait être donnée gratuitement, est vendue à 500 FCFA dans la rue et ceux qui sont offertes par ces compagnies sur place n’est qu’une publicité de profit pour faire croire à ces clients, qu’elles sont là à leur service pour améliorer une connexion de qualité.
Par rapport au niveau de vie des tchadiens, les tarifs de Mbs en 4G sont exorbitants et , sans pour autant compter le prix de Giga Octets (Go) des données mobiles, qui s’épuisent beaucoup plus rapidement qu’en mode 2G et 3G.
Les deux compagnies tout en n’offrant pas une 3G de qualité aux tchadien, leur propose le réseau 4G. Nous ne nous faisons aucune illusion quant à la qualité déclarée. En réalité, c’est une simple publicité pour éveiller des sus pince.
Pire encore leur fameux 4G ne couvre pas la totalité du territoire sauf les grandes villes telles que : Ndjaména ,Moundou, Abéché ect..).
Tout citoyen épris de justice et de bonne gouvernance devrait se poser les bonnes questions en ce qui concerne l’intérêt commun de la Nation. Accepterons-nous de continuer à être considérés comme des vaches à lait, qui ne réagissent jamais à temps et qui excellent dans la lamentation, ou déciderons-nous de nous lever pour mener ensemble ce noble combat ?
La privatisation et la libéralisation du secteur des télécommunications étaient présentées par les économistes libéraux comme le gage d’une plus grande efficacité économique et la condition sine qua non d’une entrée réussie d’un État dans la société de l’information.
Espérons que les autorités prennent enfin conscience des enjeux véritables et des conditions de réussite de la mise en œuvre de la 4G et veillent pour une fois aux intérêts du Peuple tchadien pour une alternative d’une nouvelle compagnie de réseau mobile .


ETHOSISM: lettre de divorce au Capitalisme

Le chemin révolutionnaire commence par la destruction, ouvrant ainsi de nouvelles voies pour le progrès. Cependant, la révolution ne s’arrête pas à la destruction. Il ne peut y avoir de destruction sans construction; pas de construction sans destruction … Dans l’esprit du révolutionnaire, ces deux sont indissociablement liés: la destruction, la construction ergonomique.  »
– Shin Chae-ho

Je suis si nerveux pendant que j’écris cette lettre. La nature inconsciente de l’auto-tromperie peut embrouiller nos rêves à nos risques et périls. Parfois, notre lien semblait être la meilleure chose qui m’était jamais arrivée. Quand tu étais adolescent, je fais semblant d’apprécier tes abus physiques et mes insultes. Je ne sais pas ou je ne comprends pas pourquoi vous êtes devenu mon identité et pourquoi les méchants de ma famille vous adorent. Mes pensées et mes sentiments n’étaient pas des reflets précis de la réalité.

Dernièrement, tout s’est mal passé. Revivre nos souvenirs est devenu quelque chose de douloureux. Le clochard ivre qui avait l’habitude d’énerver dans notre rue, Karl Marx, m’a prévenu de vous. Cependant, il était trop tôt trop tard. De toute évidence, vous ne vous souciez que de vous.

Même après d’innombrables séances de thérapie avec John Kenneth Galbraith et Rudolf Alfred Meidner, vous n’arrivez pas à comprendre pourquoi vous traitez les gens que vous prétendez n’avoir que de l’affection pour votre façon de faire.

Deux siècles plus tard, j’étais toujours en larmes tous les soirs, mais trop peur de laisser aller et être seul. J’ai appris à la dure à ne pas avoir un sentiment permanent pour les émotions temporaires.

Au cours des dernières débâcles mondiales du commerce et du commerce, j’ai réalisé que vous ne mûrirez jamais et ne cesserez jamais. Je ne peux pas rester dans une relation où il n’y a pas d’admiration mutuelle ni de considération; J’ai décidé de me donner l’opportunité de vivre. Ce n’est pas facile de te le dire, mais j’ai récemment commencé à passer du temps avec quelqu’un du boulot. Parce que vous êtes toujours dans ma vie, je me sens anxieux, en colère ou effrayé quand je suis avec un nouveau compagnon.

Il y a quelque chose entre toi et moi que je ne peux plus prétendre n’exister plus, la répugnance. Laisser dehors toutes les ordures stockées à l’intérieur de mon cerveau était un exercice cathartique. Je sais dans mon coeur que je te détesterai pour toujours.
Ce n’est pas juste de prétendre que notre relation va marcher. Je me souviendrai toujours de notre temps ensemble comme le pire moment de ma vie. Mon départ est la meilleure chose pour tout le monde. Je n’ai peut-être pas la bonne clé pour ouvrir une nouvelle porte, mais les clés sont inutiles quand il s’agit de faire éclater des rêves. S’il te plaît, ne m’appelle pas. Ne me texte pas. Ne murmure même pas mon nom.

Va au diable,

Sane Humain

Notez à moi-même, rappelez-moi de poster cette lettre demain.


Tchad : quand l’ignorance est une bénédiction

ob_775914_image« L’ignorance est une bénédiction, mais pour que la bénédiction soit complète l’ignorance doit être si profonde, qu’elle ne se soupçonne pas soi-même» Écrivait Edgar Allan  l’une des principales figures du romantisme américain.

Si je devrais en quelque mot présenté l’état de conscience et le niveau d’intelligence de notre jeunesse, la citation d’Edgar y représente parfaitement.

Et pourtant, le milieu intellectuel tchadien regorge de gros talents enfouis, souterrains, repliés voire répulsifs à une société « culturellement » dépravée de ses mœurs, détournée de son identité ancestral, réprimer, ignorer voire  marginaliser par la médiocrité, passionnée par le matériel et totalement coupée du spirituel.

Cette situation entretenue avec les temps par une classe politique sans scrupule et une société détournée de ses valeurs morales a contraints nos génies à se replier sur eux-mêmes, à entretenir leur passion en solo ou en cercle restreint et hermétique et au pire des cas à émigrer très loin dans l’espoir de trouver des espaces fertiles à ce savoir débordant, assoiffé d’éclosion et d’interaction pour croitre, pour continuer vers le meilleur.

Cette particularité proprement tchadienne qui tue le génie et la créativité, qui soustraite le pays de la marche du monde, qui étrangle nos motivations, qui conduit nos artistes à se sentir enclaver dans leur pays, nos intellectuels et esprit de valeur d’emprunter le chemin de l’exile ou se ronger en silence, nos étudiants à l’étranger de ne plus vouloir retourner, nos professionnels de santé à voyager ailleurs pour sentir des égards sincères, impulsifs, admirateurs et reconnaissants des atouts.

C’est le prix qu’il faut payer pour éviter la risée des autres, conduisant à s’enfermer sur soi pour protéger ses innovations, ses découvertes et ses exploits, son potentiel, à ne les extérioriser que partiellement et temporairement à des prochains inoffensifs, ouverts, chez lesquels on ressent une partie de nous, pour partager ensemble ce qu’on a de commun, pour s’assurer d’être dans les repères sociaux ainsi que pour se libérer momentanément du fardeau intellectuel.

Dans cette richesse culturelle, l’élite intellectuel tchadien contraint à l’exil montre régulièrement à travers des intellectuels de haute gamme du monde entier, qu’il est omniprésent, qu’on se trompe à son endroit, en le diabolisant, le harcelant sans cesse et le dénigrant au profil des illettrés et semi-analphabète improductifs, incapables de se hisser à la vie mondaine, pour prouver ses dons et ses facultés de faire mieux.

Ces hommes et femmes intellectuels et intègres en même temps font des miracles partout ailleurs dans le monde et qui aussi font valoir leur mérite durement acquis quand ils ne sont pas les bienvenues dans leur propre pays, dans leur famille, auquel ils ne trouvent pas leur place.

Avec un régime politique obscurantiste et une société qui refuse malgré la richesse considérable et la force d’attraction des œuvres des ses intellectuels, à s’épanouir et d’éclore au grand bonheur de milliers des jeunes nostalgiques et en quête des champs intellectuels. Ils errent derrières les «voleurs de chameaux» et des querelles de clocher perdant  leur génie et l’essentiel de leur potentiel à servir des intérêts de particulier médiocres et malhonnêtes.

Ce que nos jeunes doivent comprendre est que si le diplôme est la reconnaissance de la connaissance, donc c’est un aveu de totale ignorance !

 


Djarma Acheikh Ahmat Attidjani

Activiste politique, Analyste indépendant


Le français: vecteur de pauvreté en Afrique?

Dans les 54 pays qui composent le continent africain, les pays francophones sont les lauréats en matière de sous développement et champion de la mal gouvernance. S’il y a bien un facteur commun entre ses pays horriblement pauvres, c’est qu’ils ont eu la malchance d’être colonisés par la France et la Belgique. Aujourd’hui et sans aucune honte, ceux-ci se postulent en donneurs de leçon en matière de démocratie et de justice aux Africains, oubliant leur propre histoire. Les ouvrages en ce sens ne manquent pas mais les critiques faites en français n’ont pas la même dimension que celle faite en d’autres langues. J’écris ce texte après un constat fait dans le milieu francophone, moi y compris.

Lors d’un voyage en 2014 au Cameroun, j’ai découvert un peuple complémentent soumis pour un « maître » qui n’a même plus besoin d’être présent pour les contrôler. La soumission est devenue un état d’esprit, une culture que le Camerounais cherche à noyer dans l’alcool. Même constat au Tchad et dans tous les ex-colonies françaises.

Le paradoxe est que plus on est « éduqué », plus on est soumis. Le modèle de l’école française et de la langue française sont les moyens le plus direct et rigide de domination et d’appropriation de l’esprit africain. La langue de Molière est un outil de contrôle de l’esprit par excellence, malgré son caractère peu scientifique. Je vois souvent des jeunes afro-francophones fassent l’éloge plus qu’elle même.

La langue français a été imposé après les années des indépendances comme une langue officielle en Afrique de l’Ouest et en Afrique Central.
Il faut reconnaitre qu’à l’époque, elle avait permis aux africains d’avoir accès aux savoirs conventionnel après que celle-ci a démoli l’éducation pré-colonial qui existait, accès principalement sur la religion, les savoirs traditionnels et les valeurs africaines.

Au cours d’un voyage de formation à Dakar en 2015, là, j’ai découvert un pays meurtri. Des étudiants et des enseignants incultes qui ressemblent aux zombies.  Au delà des questions politiques, économiques et stratégiques. Depuis plus de 200 ans d’éducation francophone, le sénégalais cherche à être plus français que le français lui-même. Véhiculer par la langue, ce pays était le premier victime d’esclavage du temps moderne (Commerce triangulaire) et force est de constater qu’il en est toujours ainsi.

Cette remarque, je l’ai faite aussi chez les étudiants tchadiens au Sénégal. Ils sont nombreux ces «francophones exclusifs» qui se vantent d’avoir des diplômes élevés les uns les autres allant parfois à se déclarer même intellectuels parce qu’ils ont écris un livre ou parlant impeccablement la langue de Molière.  De ce faites, des esprits programmés à la servitude intellectuelle et morale d’un ordre de pensée des temps ancien.

L’apprentissage d’une langue dans le temps est une sorte de reprogrammation de l’esprit, de façon à penser et d’observer le monde extérieur d’un angle. Lorsqu’on se limite à une seule, on ne peut percevoir le monde autrement que ce que l’on pense.  On ne comprend que ce que cette langue veut nous faire comprendre et on ne voit que ce qu’elle veut nous faire voire.
Il me plaît, à ce propos, de citer ces lignes de l’historien et juriste tunisien arabophone Ibn Khaldoun:

«Les vaincus veulent toujours imiter le vainqueur dans ses traits distinctifs, dans son vêtement, sa profession et toutes ses conditions d’existence et coutumes. La raison en est que l’âme voit toujours la perfection dans l’individu qui occupe le rang supérieur et auquel elle est subordonnée.

Elle le considère comme parfait, soit parce que le respect qu’elle éprouve (pour lui) lui fait impression, soit parce qu’elle suppose faussement que sa propre subordination n’est pas une suite habituelle de la défaite, mais résulte de la perfection du vainqueur. Si cette fausse supposition se fixe dans l’âme, elle devient une croyance ferme.

L’âme, alors, adopte toutes les manières du vainqueur et s’assimile à lui. Cela, c’est l’imitation(…) Cette attraction va si loin qu’une nation dominée par une autre nation poussera très avant l’assimilation et l’imitation.» Il avait écrit cela en 1377.

La langue est une institution pelliculaire. Elle mène jusqu’au cœur des gens. Lorsqu’un individu parle plusieurs langues,  se libère de ses chaines et se retrouve capable de voir et en déduire de lui-même.
Vous comprendriez ainsi donc qu’il est difficile de faire raisonner les francophones exclusifs. Les valeurs sont crées et transportées à travers le langage. Qui diffère d’une langue à une autre.

Toutes les valeurs de la société ont des relais de langage pour les connecter afin de fonctionner correctement dans la société. La culture africaine n’a rien de similaire à la culture française ainsi, les afro-francophones ne s’épanouissent pas dans la langue française.

Les sanctions de l’occident envers des pays comme l’Iran ou le Soudan provenait d’une part du refus de l’envahissement culturelle et idéologique par le biais linguistique occidentale au détriment de leur propres valeurs culturelles et éducatives. En Afrique, les liens privilégies entre certains ethnies soumis à impérialisme français ou belge et d’autre l’ayant combattu font l’objet d’une stratégie politique minutieusement scruté pour bien garder  les intérêts colonialistes.

Parfaitement bilingue (arabe – français) avec deux autres langues supplémentaires en actives (perse et l’anglais), le complexe et la limite de l’enseignement en français est bien plus profonde. L’un des problèmes majeurs de l’éducation, d’intégration et des inégalités en France proviennent de la langue française elle-même qui véhicule une compréhension contraire aux valeurs qu’elle veut incarné. Celle-ci est devenu obsolète et incompatible avec l’évolution du temps par le rattachement historique et identitaire de la France.
Aujourd’hui, l’état de pensée de la jeunesse afro-francophone donne de tournis. Les analphabètes et illettré sont parfois même plus raisonnable et mieux éclairer que les universitaires.

Malheureusement, on continue à enseigner dans nos écoles les ouvrages des écrivains africains comme Senghor, Cheikh Anta Diop, Ahmadou Kourouma, Hampâté Bâ, etc… Certes, ces personnalités ont marqué leur temps même si encore certains de leur contenu est à revoir.  Cependant considéré comme un Bible, on participe à la cristallisation de l’esprit de la jeunesse et ainsi les soustraires de l’évolution de la marche du monde. Si les afro-francophoniste sont à la recherche d’une fierté africaine, ils ne font ainsi qu’étouffer le génie et la créativité africaine. Et telle est le but.

Les ouvrages et mentalité du siècle précédent ne sont pas compatibles aux besoins de nos jours. La langue française ne produit que des chômeurs et des intellectuels mentalement handicapés.

Il a fallu un génocide pour que le Rwanda se libère de cette emprise et  décide de voir ailleurs. Le salut de la jeunesse des pays afro-francophones viendra lorsque celle-ci pensera autrement que de ce que l’on l’appris.

C’est en ce moment que commencera le changement pour aller en avant.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Blogueur; Activiste

 


La psychologie du dictateur tchadien Idriss Deby

L’observation des comportements du dictateur africain nous amène à faire un exercice psychologique c’est-à-dire essayer de se mettre dans sa tête afin de déceler ce qui l’empêche à agir normalement comme on attendrait de lui. Les dictateurs africains viennent généralement des couches pauvres de la population, peu éduqués et le plus souvent militaires de bas rang.

À la différence des grands hommes qui militent pour un idéal et qui voient leur accession au pouvoir comme l’aboutissement des années de lutte et qui désormais ont la chance de réaliser leurs desseins et ambitions pour leurs peuples, les dictateurs africains accèdent au pouvoir grâce aux forces étrangères colonialistes.

C’est ici qu’il faut dénoncer l’intelligence cynique de ces forces qui généralement portent leurs choix sur des hommes faibles de caractère, cupides, facilement manipulables manquant d’idéal et d’affection pour leurs peuples et qui le plus souvent appartiennent à des ethnies minoritaires. L’objectif poursuivi par les forces colonialistes est à tout prix d’avoir à la tête des anciennes colonies des hommes pouvant préserver leurs intérêts, qu’importent les conséquences pour les populations autochtones.

Comme un cadeau donné à un enfant qui le tient jalousement pour que les autres enfants ne le lui arrachent, le dictateur africain n’est plus prêt à lâcher le pouvoir. Vu son rang et son niveau, il n’a jamais auparavant songé d’accéder à la présidence de son pays. Ceci est un facteur psychologique important. Il est donc très reconnaissant à ceux qui lui ont rendu possible l’accès au pouvoir. Le complexe d’infériorité aidant, il prend le colon pour un dieu et pour lequel il se met très volontiers au service au point même d’exterminer son peuple s’il le faut. Il semble percevoir le pouvoir comme une bénédiction divine tout d’abord sur sa personne, sa famille voire sur son ethnie. Il se convainc donc y être pour servir à part ses maîtres étrangers, principalement les hommes et femmes de son ethnie. Lui qui ne valait rien devient tout d’un coup le premier homme important du pays. Lui qui n’avait aucune considération particulière même dans son pays se fait dérouler le tapis rouge dans les grandes capitales des pays des Blancs qui l’appellent Monsieur le Président. Quel honneur de s’entourer d’hommes blancs comme conseillers qui semblent lui accorder de l’importance ! pense-t-il.

Il ne se croit donc plus être au même rang que ses concitoyens qui dorénavant doivent être contraints de gré ou de force à l’adorer comme un Dieu. Parfois sa docilité même surprend ses maîtres étrangers qui par leur observation sont encore plus convaincus de l’infériorité des hommes dits de race noire. Lui qui n’avait jamais eu dans ses mains une centaine de milliers de FCFA peut maintenant avoir à son actif des milliards pour lesquels les comptes bancaires sont ouverts partout en Europe, principalement en Suisse mais aussi en Asie et en Amérique.

Désormais c’est tout l’argent même du pays qui parfois est sur son compte privé. Les recettes du pays au lieu d’être versées dans les caisses de l’État vont d’abord se faire compter dans sa maison de résidence. On utilise le pronom personnel : mon, ma ou mes au lieu de notre ou nos quand il s’agit des ressources nationales, tel mon pétrole comme un président d’Afrique centrale aime, toute honte bue, à parler. Complètement dépassé par la fonction qu’il n’est pas en mesure d’exercer, il démissionne à s’y investir. Plutôt, ce sont les vices de toute sorte qui prennent le dessus sur sa conscience, comme la cour à des femmes d’autrui, l’administration des gifles à des ministres, les ordres détestables de tout genre dont on peut ici épargner le récit pour ne pas choquer les lecteurs nouveaux au thème. En plus, il vit dans l’obsession de perdre son pouvoir qu’il sait bien démériter. Encouragé par les faux conseils que lui donnent les hommes du sérail et appuyé par ses hommes dans l’armée, il cherche à éliminer tous ceux-là qu’il croit lui constituer un danger potentiel.

D’aucuns affirment que la préoccupation principale et journalière de certains Présidents est de répertorier les citoyens qu’il doit abattre soupçonnés du fait de leur intelligence ou volonté de contestation de faire un coup d’Etat. C’est ainsi qu’une pluie d’assassinats tombe souvent sur le pays. Les têtes pensantes y compris les professeurs, les éminents intellectuels, les avocats, les journalistes mais aussi les grands entrepreneurs et même les officiers de l’armée sont surveillés de près et assassinés au gré des soupçons souvent non fondés. Ceux parmi eux qui craignent pour leur vie se trouvent obligés de s’exiler à la grande satisfaction des dictateurs, laissant le champ libre à des hommes incompétents, corrompus et désireux de s’enrichir rapidement et qui ont mis à sac nos pays.

Souffrant d’un complexe d’infériorité intellectuelle, il se fait délivrer par les universités des diplômes souvent achetés ou comme objets de flatterie oubliant que détenir des diplômes sans la qualification requise ne peut jamais combler la fierté qu’on a quand on les mérite vraiment. Sachant régner sur un peuple qui ne les a pas choisis, les dictateurs africains s’appuient sur des services secrets corrompus, mal formés mal éduqués, arrogants et impolis comprenant parfois même des alcooliques en leur sein, qui au lieu d’offrir leurs services pour la protection du pays retournent justement ceux-ci contre les citoyens paisibles. C’est ici qu’il y a lieu de dénoncer le rôle cynique des soi-disant fils de président de la République dont seulement l’évocation de leur nom crée la panique au sein de la population.

Généralement militaires de formation, ces fils du président souvent à la tête des milices armées indisciplinées, mal habillées, sales et manipulées pour des considérations ethniques. Avec une étonnante capacité de nuisance et de destruction de vies humaines, ceux-ci se convainquent d’être dans l’avenir les successeurs de leurs pères et considèrent toute opposition à ceux-ci comme une attaque personnelle contre eux.

Il faudrait aussi signaler qu’il n’est pas rare que le dictateur africain, par pure ignorance et manque de clarté d’esprit, et surtout du fait qu’il recherche de tout ce que peut l’aider à se maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible, entre dans les loges de la Franc-maçonnerie occidentale avec des buts et pratiques complètement étrangers à notre culture. Par cette adhésion le dictateur africain confirme sa disposition à être un disciple de la loge au lieu d’être l’avocat des intérêts de son peuple. Tous ces comportements ne rentrent malheureusement que dans la logique des forces colonialistes et impérialistes soucieuses de préserver leurs intérêts. Il s’agit notamment d’assurer l’approvisionnement en matières premières dont le continent africain regorge en abondance mais aussi préserver les anciennes colonies comme marchés pour la surproduction des biens et produits de la métropole. Pour que ces objectifs vitaux soient réalisés, il faut à tout prix à la tête des anciennes colonies des hommes complexés, peu clairvoyants, dociles et manipulables. Sans qu’ils ne s’en rendent comptent, leur fonction est d’empêcher l’industrialisation de leurs pays pour pérenniser la domination coloniale. En les choisissant des ethnies minoritaires, les forces colonialistes entendent créer et exacerber les antagonismes nationaux dans le but cynique de déstabiliser les pays.

C’est pourquoi elles voient de mauvais oeil les revendications des populations africaines pour l’instauration de la démocratie, la vraie démocratie. Convaincus que les Africains sont des sous-hommes, donc des esclaves qui n’ont pas le droit de décider de leur propre sort, les dirigeants des pays occidentaux notamment les Français parlent cyniquement de la démocratie comme d’un luxe pour les Africains. Et pour joindre l’acte à la parole, les dirigeants français, poussés par leurs milieux d’affaires, continuent de soutenir les dictateurs sanguinaires tel un Bongo au Gabon qui sans honte demeure au pouvoir depuis plus de 38 ans. Ce qui apparaît à un non Africain anormal, absurde voire stupide est fêté en Afrique comme une sagesse ou une doyenneté. Pire, avec l’élection frauduleuse de Faure à la présidence du Togo, ils venaient d’inaugurer le règne des fils des présidents qui, selon leur logique, doivent prolonger la dictature dans les États francophones d’Afrique sous des formes dissimulées d’une démocratie de façade, malgré les contestations de plus en plus fortes des populations africaines soutenues par la diaspora.

Ainsi les Constitutions sont réécrites par des membres du parlement issus des élections législatives généralement frauduleuses et aménagées à ce qu’elles permettent à des potentats de se porter candidats et donc de se faire réélire par l’intimidation, le crime et la force des armes. Il sied de rappeler que les Occidentaux réclament la démocratie dans les anciennes républiques de l’Union soviétique. Par exemple, il y a quelques mois, les ambassadeurs plénipotentiaires des pays occidentaux notamment la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont pris part à des démonstrations en Biélorussie pour y protester contre les fraudes électorales. Au Togo, au Tchad, au Congo Brazza, au Gabon, au Cameroun etc. ; ils maintiennent un silence de cimetière face aux fraudes électorales et aux crimes de ces dictateurs souvent détestés par leurs peuples. Au Zimbabwe où leurs frères de race se sont vus déposséder des hectares de terres par la politique de redistribution des terres, les Occidentaux ont tous dénoncé la dictature de Robert Mugabe en condamnant les élections présidentielles zimbabwéennes comme non transparentes. Ils ont même imposé des sanctions contre le régime de Harare. Ailleurs où les dictateurs sont à leur service, ils font comme si rien de grave ne s’est passé même si ces dictateurs ont commis des massacres contre leurs citoyens.

Pour l’observateur perspicace, il est clair que les forces colonialistes et impérialistes, notamment françaises, ne sauraient voir de gaîté de coeur l’enracinement de la démocratie en Afrique. C’est ici qu’il faut signaler que seule la lutte sera payante pour mettre fin à ce système inhumain qui prive les Africains de leur liberté depuis des siècles. Aucun peuple ne saurait accepter les souffrances que notre race endure depuis des siècles. Au Tchad, les forces colonialistes françaises soutiennent militairement le président Deby face à une rébellion armée et contre la volonté populaire.

En Côte d’Ivoire, elles dépensent volontiers des millions d’euros pour leurs contingents militaires et ne manquent d’espoir pour l’accession au pouvoir en Côte d’Ivoire des hommes qui seront à leur service. Ces préfets nègres sont loin d’appréhender la psychologie de leurs maîtres étrangers. Ils n’arrivent non plus encore à saisir les grands enjeux de ce monde et confondent la direction de leurs pays tout juste avec une position de jouissance de délices. Se faire appeler Chef d’État, ressembler à d’autres chefs d’État (tel un Faure du Togo dont l’idole est selon ses propres affirmations, le jeune roi du Maroc), se faire dérouler le tapis rouge en visitant d’autres pays étrangers, recevoir des honneurs, se faire aduler par les  » madu madu  » de toute sorte, donner des ordres, s’enrichir, avoir la facilité d’approcher de jolies femmes, jouer l’homme important, bref jouir des délices du pouvoir et tout ceci pour une durée indéterminée. Parce que cela ne semble possible avec la vraie démocratie et le choix du peuple, il faut utiliser la force des armes et les fraudes électorales pour se maintenir au pouvoir. Et les garanties abondent de l’extérieur. Voilà ce sont ces amuse-galeries qu’on appelle malheureusement chez nous en Afrique particulièrement celle dite francophone des chefs d’Etat.

Par Kofi Asike (Vienne)
Congo-liberty.com
2011


Tchad: Quand la première dame se prend pour une starlette

C’est formel, notre armoire en dit beaucoup plus sur nous que tout autre chose. Notre façon de nous habiller reflète notre histoire, nos désirs conscients ou inconscients, nos émotions, nos habitudes, etc.

Tout a commencer lorsque j’ai vu défilé sur mon fil d’actualité facebook une image de Saleh Kebzabo candidat malheureux à la présidentielle au Tchad du 10 Avril 2016 (voir Image). Comme vous avez constaté, cette personnage est pour moi loin d’être un idole ou une référence politique. Tout de même, je me force à la limite du possible lui accorder un semblant de crédibilité en dépit de tout. Mais cette fois-ci ce n’est pas une question de politique, mais de comportement et d’habillement.  Cette photo était très choquante pour passer inaperçu.  Elle était comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

les tapettes
les tapettes de Kebza

Vue l’épreuve difficile que travers actuellement les tchadiens, parler des habitudes vestimentaires de ceux qui  gouvernent ou qui parlent en leur nom serait le dernier de leurs soucis. Cependant, on se retrouve dans un cercle vicieux d’une crise de confiance et de crédibilité aux personnalités  politiques et de la société civile.
Les deux prototypes qui sont sujet dans cet article, identifie de passage toute la classe politique tchadienne homme et femme en la matière.

Prenons le chef de file de l’opposition Saleh Kebzabo par exemple. Nul en communication comme tous d’ailleurs. Malgré ses échecs politiques perpétuelles, son ennemi majeur n’est pas Idriss Deby mais sa propre-personne. Loin de nous faire perdre dans le labyrinthe de la pensée politique qu’il prône et la vision restreinte et étriqué dont-il a toujours fait preuve, on n’est plus malin lorsque les gens y prennent conscience.

Pendant qu’il passe l’essentielle de son temps à amadouer ses militants au Tchad et les activistes de circonstance en France, il se fait trahi par lui-même. Par ses faits et aussi ses vêtements. Se présentant depuis 15 ans comme une alternative à Idriss Deby, au delà des critiques et va-et-vient entre Paris et N’Djamena, le président de l’UNDR est tout sauf présidentiable. Il manque cruellement d’élégance, d’authenticité et de charisme. Comme un certain Deby au Japon.

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Le combat politique ne se livre pas qu’à travers les discours même si creux soient-ils. Au-delà de la bataille des idées, du verbe ou de poche: le look, le style, les vêtements, les images, sont autant de stratégies de communication qui s’affrontent.

Mais lorsque l’on s’habille comme un farceur de discothèque ou parler comme un colombien de souk choléra du rue de 40m, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. Pendant que vous vendez des rêves aux oreilles qui vous écoutent, votre apparence lui véhicule tout autre chose de ce que vous voulez dire. En faite, vous faites passez pour un menteur. Les dirigeants politiques ou ceux qui aspirent à l’être doivent apprendre à jouer avec habilité à la séduction politique. S’ils excellent parfaitement dans l’art de la médiocrité ne doivent-ils pas au moins pour l’image collective soigner leur apparence?

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Quant à la première dame Hinda Deby, il est tout à fait logique qu’elle continue à faire chavirer les cœurs de ceux dont la beauté ne se limite qu’à la couleur de la peau. Il y a même tout une panoplie des jeunes femmes  formant une galaxie qui tourne autour d’elle. Mais la beauté d’une femme n’est rien par rapport à son intelligence, à son talents, son élégance ou la classe. Une femme qui manque de la classe se démarque très vite par ses frasques et/ou son insalubrité.
Lorsqu’on est surtout une première dame d’un Etat, il y a des réglés à s’y tenir.  Il faut avoir un minimum de condescendance, se distinguer des autres non pas par la vulgarité et l’indécence mais par son personnage.

Parfois, on dirait qu’elle est à la recherche d’un amant ou une mature ayant raté sa vie de jeune fille. Ultra-maquiller à la limite de la vulgarité dit-on à une fête d’Halloween, on ne peut pas s’habiller sur le mode de la séduction quant on est responsable d’Etat. Cette dernière étant réservée à la sphère privée et non publique, nécessite un petit peu de la hauteur pour faire la part des choses. Être séduisante, c’est avant tout une manière d’être, une façon de se bouger. Trop de sexualité peut nuire à une femme. Les très hauts talons, les grandes boucles d’oreilles renvoient à des métiers peu valorisants pour une femme. Il est impérativement nécessaire  d’avoir une image, une identité visuelle porteuse de sens qui se construise. On ne naît pas avec une identité, on se la construit. Alors pourquoi se voulant cout que cout ressembler aux soudanaises dans leur corps, leur style et leur culture?

Rappelons-nous que c’est la princesse qui fait l’habit et non l’habit qui fait la princesse. Il faut donc être une princesse dans sa tête, responsable, porteuse de sens et d’énergie. Si les habilles extravagant, les tonnes des bijoux en or sur le corps ou encore les mots grotesques sont selon vous une affirmation de richesse et du pouvoir, vous êtes en vérité qu’une pauvre demoiselle cherchant désespérément à se venger de ses années de misérè et combler un sentiment de manque insatiable.

Malheureusement, cette tendance démesuré se trouve dans tous les niveaux de la société au Tchad: des journalistes à la télé trop laid et très mal habillé, des blogueurs en manque d’intelligence, des acteurs et personnalité politiques puant l’alcool, des artistes en manque d’imagination et des homme d’affaire littéralement bête.

Nos paroles, nos écrits et ce que nous portons sont une marque de personnalité qui demande une recherche, une patience, un goût synonyme d’intelligence, une intelligence du propos et de la mesure. Les femmes responsables doivent apprendre à constituer une garde-robe aussi convaincante qu’en adéquation avec leur propos et leur ambition. Tout en tenant  compte du facteur culturel et professionnel.
Pas comme ces jumelles des derniers heurs à la peau coloré comme le drapeau zimbabwéen par les produits qui leur dépigmente la peau.

Il ne faut pas en avoir peur, mais simplement en être conscient. Une texture, un tissu, c’est une manière de coordonner son apparence avec ses idées et ses projets. Beaucoup des personnalité de la classe politique tchadienne et surtout des nouveaux richesses sont incapables de se hisser à la vie mondaine. Ils sont beau à être dans les grandes métropoles et faire des achats dans les boutiques de luxe ou même se targuer à avoir un diplôme Bac+5, la classe est une question d’éducation comme le charisme en est pour le savoir. On peut enlever une personne du village, mais on ne peut pas enlever le village de la personne. Si ce villageois se prend pour le connaisseur du tout alors l’ignorance qui le caractérise se transforme en orgueil qui conduit souvent à la folie.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Mondoblogueur, activiste.

 


Le Drian et Oumar El-bechir à l’investiture de Deby

La Cour pénal Internationale a-t-elle lâché la poursuite du président soudanais Oumar El-Bechir ?  Le 8 aout 2016, l’autocrate soudanais Oumar El-Bechir poursuivi pour crime de guerre et crime contre l’humanité est invité prendre part à l’investiture pour un 5eme mandat du tchadien Idriss Deby. Rappelons que El-Bechir s’est échappé à deux doigts d’une arrestation en Afrique du Sud lors d’un sommet de l’UA à la demande de la CPI.

Généralement, les déplacements à l’étranger d’Oumar El-Bechir sous le coup d’un mandat d’arrêt international est suivi par un communiqué de la CPI rappelant au pays  Hôte son engagement vis-à-vis de la Cour. Le 8 aout 2016, El-Bechir assiste sans inquiétude à l’investiture d’Idriss Deby dans la même salle que le ministre français de la défense Jean Yves LeDrian.

Une présence qui ne semble pas du tout gênée la France moins encore la CPI. Au delà d’une question protocolaire, se remette en cause les valeurs et les principes démocratiques et de droit de l’homme défendu par ce pays. Il est claire que la France est très regardante aux droits des dictateurs du Moyen-Orient en Afrique, par ses positions intransigeantes dans les salles de Genève à New York que sa soi-disant guerre contre le terrorisme.

Une farce imaginaire d’un État en perdition de plus en plus rejeter même par ses alliées. La présence de ce ministre est encore une preuve de plus des liens étroites et discrètes entre Paris et Khartoum comme fut un temps avec la Libye de Gaddafi. Un terrorisme d’État dont les conséquences embrasseront toute la région à laquelle la France n’est pas innocente.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste indépendant


Tchad: l’intronisation d’un dictateur incendiaire

De plus en plus des pays dans le monde organisent des élections au suffrage universel pour élire leur président. En Afrique c’est un peu compliqué. La relation entre les gouvernants et les gouvernés est rythmé de tension et des guerres. Mais on y organise quand-même des élections. Cette initiative est sensé encourager la démocratie que chacun à sa propre conception.

Au Tchad par exemple, depuis plus d’un demi siècle, c’est-à-dire depuis son indépendance en 1960, aucun président ne s’est fait élire. Mais ils parviennent quand-même à s’accrocher au pouvoir plus ou moins longtemps. Propulser du jour au surlendemain par un coup d’État, les tchadiens ont eu le cauchemar de vivre l’expérience d’un président affreusement inculte et politiquement abject.

Le dernier espoir d’une véritable transition démocratique au Tchad est officiellement volé en éclat par l’investiture ce 8 août d’Idriss Deby. Une investiture à la quelle ont pris part les «royalistes» de l’Élysée représenté par  Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Tout cela par le concours des opposants qui ce sont joyeusement pris part au jeux. Comme disait leur chef de file: le contrat est rempli.

Investi pour un cinquième mandat devant un parterre des dictateurs africains comme Oumer El-Bechir ou l’Ougandais Yoweri Museveni.  Il est à noter l’absence des deux présidents, le sénégalais Macky Sall et l’ivoirien Alassane Ouattara qui sans l’aide d’un Deby seront de l’autre coté de l’Atlantique selon le PR de l’UA.  Presque tous les pays limitrophe du Tchad sont présent à l’exception du «suisse-camerounais» Paul Biya. L’homme fort égyptien Abdel Fattah el-Sisi annoncé en tambour et trompette avait lui compris le jeux. L’Égypte n’a pas d’argent pour aider le Tchad. Finalement, Caire est représenté par une simple délégation.

D’autres grand figure respectueux du continent comme le Nigérian Buhari, le Béninois Talon ou encore le Rwandais Kagamé vont se demander de ce qu’ils peuvent bien faire là. Bien qu’ils auront de quoi se moquer dans leur avion au retour, ils vont quand même constater d’eux-mêmes la médiocrité d’Idriss Deby et avoir de quoi se glorifier pour leur effort.

Anyway, les intimidations de la société civile, le contrôle des médias par le pouvoir, la censure d’internet, le truquage des votes, la privatisation et l’appropriation de l’opposition, le régime autoritaire ne manquent pas  d’inventivité pour s’assurer des résultats électoraux pour assener sa légitimité.

Tout observateur avisé de la scène politique tchadienne en conclura que l’échec de l’élection du 10 Avril 2016 conduira inéluctablement à une guerre. Une guerre qui emportera Deby et son régime vue les crises socio-économiques délicates que traverses le pays. Quant à cette investiture au delà de son caractère folklorique est l’annonce de la fin d’un régime.  Une fin que ni le Tchad, ni les Tchadiens ne seront épargnés.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste politique


Tchad: Idriss Deby serait-il entraine de préparer une guerre civile ?

L’actualité nationale ne rassure point depuis un certain temps. Mieux, elle nous donne du tournis lorsqu’on souhaite faire des projections à long terme, contraints que nous sommes de vivre sans scruter l’horizon. Et donc de gratter le sol comme des pauvres poules qui convoitent pourtant l’aigle, défiant les hauteurs.

Cette grisaille ne passera pas aussi facilement qu’un sale hiver. Née du manque de rêve et de vision de nos gouvernants qui gèrent la chose publique au quotidien comme les épices de la ménagère. Les conséquences de cette bévue retentiront longtemps sur la vie de la nation toute entière. Un présent rempli de douleur et d’amertume, un avenir incertain et définitivement compromis, tant que ceux qui nous gouvernent seront encore là. La décrépitude s’est durablement installé au point de faire mourir massivement de chagrin, de rendre malades quelques-uns et de mettre en péril  les efforts déployés pour nos progénitures, sinon leur vie même. Pendant qu’il est possible, si l’on s’en donne un tant soit peu les moyens et  si l’on accepte un dépassement de soi, de faire vivre à la communauté nationale des temps paisibles.

Nous ne le diront jamais assez, nos malheurs viennent de la mal gouvernance érigée par le MPS en système. Et cela est connu de tous, même de nos dirigeants. Quand même ceux qui conduisent notre destinée feignent d’avoir un programme politique, il est un devoir pour les citoyens que nous sommes d’avoir un droit de regard sur leur façon de nous diriger, et de les interpeller dès lors que la lisibilité de leur action ne rassure plus. Y’a-t-il adéquation entre leur parole et leur action ? Ne veulent-ils pas d’une chose et de son contraire à la fois ? Il est permis d’en douter et pour des raisons évidentes. Ils beuglent de tous leurs poumons qu’ils sont des constructeurs et démocrates. Dans les faits, ils détruisent la nation et entretiennent la dictature. C’est ce que nous sommes obligés de décrier tant : oui, entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font, il y’a des années lumières.

Les journaux locales se livrent à une analyse déchirante sans équivoque du mal qui mine la cohésion sociale de la nation. Il semble qu’il a été voué aux gémonies par ces esprits obscurs qui ne supportent pas la critique constructive. Ils y ont vu l’invocation des démons de la division. Loin s’en faut. Ce journal rapporte là une infime partie de ce que nos gouvernants nous font vivre au quotidien. Le mal est tel qu’il fait des victimes dans le cercle même de la famille du Président de la République.

Les zaghawa, puisque c’est d’eux qu’il s’agit le plus, sont aujourd’hui stigmatisés au point qu’on en vient à penser qu’ils ne font pas partie de la communauté nationale. Les raisons sont simples. Celui qui a pensé et mis en musique cette ségrégation destructrice s’appelle Idriss Déby Itno lui-même. A cause de lui et de son incapacité à convaincre les tchadiens sur ses réelles motivations à faire renaitre le Tchad des cendres de la guerre et à l’engager sur la voie du développement durable, il a plutôt excellé dans l’art de la diversion, de la division, et de la destruction au point de faire voler en éclats tout ce qui fait une nation : des institutions fortes.

Pour finir, il a inculqué aux zaghawa, l’idée qu’ils sont des surhommes et que les autres composantes de la nation leur sont tributaires. Aujourd’hui, les zaghawas, se sachant minoritaires, vivent à part et dans la peur. Lorsque nous parlons même de la communauté spirituelle musulmane dont ils font partie, certains de leurs coreligionnaires nordistes s’en méfient, faisant d’eux des parias. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les richesses qu’ils ont accumulées sous l’œil complice d’Idriss Déby Itno, ne sont pas investies dans le pays, mais mises en sureté quelque part, dans la crainte que, livrés à la vindicte populaire, ils y perdraient vie et biens. Ils se sont exclus de facto de la communauté nationale, quand même un grand nombre pensent qu’ils ne gagnent rien à faire bande à part. La méfiance ayant achevé de faire voler en éclat le peu de ciment qui nous tenait encore ensemble, fait qu’ils sont rejetés, et obligés à vivre en autarcie. La menace est pire que ce qui a fait éclater la guerre civile en 1979, puis qu’une génération entière a vécu ainsi les méfaits du manque de vision et l’incapacité à nous engager à vivre ensemble, qu’incarne la gouvernance débyenne. Les années qui viennent seront plus que difficiles.

Si donc Idriss Déby Itno, n’a en tête aujourd’hui que sa propre sécurité et celle de sa descendance immédiate, il importe bien d’attirer l’attention des autres composantes de la nation, et particulièrement ses zaghawa, sur ce qu’ils perdent tout à suivre Déby dans son égarement et sa logique suicidaire. Car 4 choses ruinent irrémédiablement la notoriété et la probité d’un homme. L’argent, le plaisir, la gloire et la réputation. Déby a goûté à toutes ces choses et cela l’a rendu débile. Rempli d’orgueil, il est devenu plus qu’arrogant.  Il n’a cure de la souffrance présente et future de ses compatriotes, fussent-ils de son ethnie. Une seule préoccupation le hante : continuer à vivre dans l’opulence insolente, les honneurs indus et l’isolement regrettable. Il ne cessera d’ignorer la réalité de cette vie difficile dans laquelle il a entrainé la nation entière, compromettant par là même l’espoir de voir le pays vivre la renaissance qu’il prône par méprise.

Il manque une voix au chapitre : celle qui appelle à sauver le Tchad de la destruction qui l’attend. A une seule condition que les Tchadiens s’entendent que seule la cohésion sociale et l’entente cordiale sont le ciment d’un lendemain qui chante. Cela est possible. Il nous faut regarder nos faiblesses en face, les admettre, les analyser, les assumer et les combattre. Il nous faut évaluer les défis, cultiver et aimer la vérité et le patriotisme. Il nous faut apprendre et respecter le droit à la différence. Il nous faut apprendre à garder le rang que nous ont procuré nos efforts à tous égards. Il nous faut apprendre à respecter la séparation des pouvoirs et l’expression du suffrage du peuple. Il nous faut être affranchi de la peur. Il nous faut oser penser un mode de société qui nous garantisse un avenir meilleur. Il nous faut oser demander à Déby et à ses acolytes de balayer le plancher. Nous n’en avons que trop souffert et cela ne saurait continuer. L’on ne saurait admettre qu’un individu, à cause de son égoïsme, hypothèque irrémédiablement l’avenir de toute une nation. Seul un sursaut national peut consacrer des efforts réparateurs des torts que chacun de nous et sans exception a vécu dans sa chair et dans son âme des affres de plus de 20 ans d’obscurantisme et de concupiscence.

Vourboubé Pierre


L’opposition tchadienne: une élève brillante de l’école de la Francafrique

Au Tchad, le président sortant Idriss Déby Itno est réélu au premier tour avec 61,56% des suffrages exprimés. Officiellement, le résultat est contesté par l’opposition. Mais sous la table, un compromis est trouvé entre le pouvoir et le chef de file de l’opposition qui nous offre depuis deux ans un spectacle digne d’un Frank Underwood.

La dernière pseudo élection présidentielle au Tchad, est un holdup électoral du siècle, surpassant les précédentes par ses subterfuges tout autant ignobles que supercherique. Après l’échec de la démocratie au Tchad, le voila nous assistons à une véritable imposture intellectuelle et électorale orchestrée par les prétendus « défenseurs » des droits de l’Homme et de la démocratie.

L’élection du 10 Avril 2016 aurait eu au moins le mérite de mettre en exergue les accointances suspectées entre l’opposition dite « démocratique » et le régime du tyran Déby. En effet, tous les acteurs  imposteurs politiques  tchadiens, appartiendraient incontestablement à la criminelle école de la Françafrique. Non seulement ils sont complice du tyran Deby, mais aussi perpétuent l’ordre colonial et l’asservissement des masses populaires, par la synchronisation de la division du travail  stratégique  au sein de cette pseudo démocratie françafricaine. En 6 mois, le chef de file de l’opposition Saleh Kebzabo entreprend plus de 6 visite à Paris en France. Ses conférences de presse à Paris sont soigneusement ignorer par la presse française, face à peine une dizaine de personne.

Comme en 1996 lors du premier scrutin présidentiel au deuxieme tour alors qu’il était poursuivi de détournement de fond de la compagnie camerounaise Air-Camer dont il était le directeur de l’agence à N’Djamena, Saleh Kebabo se rallie arme et bagage abandonnant l’opposition pour soutenir le candidat du MPS, Idriss Deby au second tour  moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes à fin de restituer l’argent volé à Camer et un poste de Ministre d’Etat évitant ainsi la prison.

Au niveau législatif et face au menace d’une guerre civile, la DGSE (le service français d’espionnage extérieur) propose au pouvoir du dictateur Deby une théorie aussi saugrenue que maladroite dite la DCP: (Démocratie Consensuelle et Participative). Elle consiste à faire élire un pouvoir minoritaire aux urnes et majoritaire à l’assemblée par un dialogue entre l’opposition et le pouvoir. Une forme de dictateur adapté. Étant que tous les parties sont les élèves de l’école de la francafrique, la DCP est naturellement un compromis de camaraderie. Vingt-ans après, nous voila comme en 1996, les élèves se retrouvent dans la même classe après une recréation agitée.

Ainsi comprend t-on pourquoi les Leaders de l’opposition dite démocratiques n’ont pas  soutenu  les multiples manifestations  organisées par les jeunes  dans différentes villes au Tchad , et qui, par ailleurs , étaient réprimées dans le sang par le tyran Déby. Le masque est tombé. 

Comment pourrait-on faire confiance aux dirigeants de l’opposition dite démocratique , qui ont abandonné ,la jeunesse, seule face à la tyrannie?  S’ils avaient eu le moindre courage en prenant  activement  part dans les cortèges des manifestants à l’instar du Burkina Faso, l’histoire de notre pays aurait alors pris une tournure nouvelle  plus sereine vers la démocratie . Force est de constater avec amertume que le salut de la jeunesse et du peuple tchadien ne viendra certainement pas des chefs des files de l’opposition tchadienne des États-Unis en France ou du Qatar à N’Djamena.

Le peuple Tchadien n’a pas d’autre alternative que d’exercer son droit à la légitime défense  face à aux massacres armés  dont-il est victime depuis 26 ans, de la soldatesque du despote Deby,  avec la complicité de la France. Les Masses populaires ne croient plus  jamais à ces imposteurs  politiciens de l’école françafricaine, incarnation du mal tchadien depuis plus de 40 ans.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activsite politique


Afrique : Hissein Habré reconnu coupable d’esclavage sexuel forcé

Ce lundi 30 mai 2016, les chambres africaines extraordinaires établies au sein du système judiciaire sénégalais ont donné le verdict du procès historique de l’ancien dictateur du Tchad, Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre.

La Chambre reconnaît qu’Hissène Habré est coupable d’avoir ordonné des crimes contre l’humanité. Selon le juge, l’ex-président tchadien participait parfois lui-même aux interrogatoires ou aux tortures, infligeant lui-même les sévices ou donnant des directives dans ce sens. Il est considéré coupable de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, de viols et de situation d’esclavage sexuel dans un camp militaire au nord du Tchad.

L’ancien chef d’Etat tchadien a été reconnu coupable d’esclavage sexuel forcé, d’homicide volontaire, de pratiques massives et systématiques d’exécutions sommaires, d’enlèvements de personnes suivi de leur disparition et de crimes autonomes de torture pendant tout le temps de son régime, c’est à dire de 1982 à 1990.

Sur un des points les plus sensibles du procès, le tribunal s’est dit convaincu par le témoignage de Khadija Hassan Zidane, cette femme avait affirmé pendant le procès avoir été violée par Hissène Habré lui même. Le Président du tribunal, Gberdao Gustave Kam a fait état de «rapports sexuels non consentis à trois reprises et un rapport buccal non consenti». Selon le verdict, «Hissène Habré a joué un rôle central de chef d’orchestre dans la répression».

« Hissène Habré, la Chambre vous condamne à la peine d’emprisonnement à perpétuité », a déclaré le président Kam. Une décision accueillie par des cris de joie des parties civiles ou militants des droits de l’Homme, et par les pleurs des partisans de l’accusé.

Une délégation de la Cour pénale Internationale – CPI-, le juge espagnol Baltasar Garzon, l’ambassadeur des Etats-Unis à Dakar et d’autres personnalités ont assisté au tribunal à Dakar pour le verdict.

Ce procès est le premier au monde dans lequel un ancien chef d’Etat est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits de l’Homme. Une commission d’enquête tchadienne estime le bilan de la répression sous le régime d’Hissène Habré à quelque 40.000 morts. Il est accusé de milliers d’assassinats politiques et de l’usage systématique de la torture.

Le procès Habré a débuté le 20 juillet 2015. C’est la première fois que les tribunaux d’un État jugent l’ancien dirigeant d’un autre État pour des supposées violations des droits humains.
Après une longue campagne menée par les victimes, les Chambres ont inculpé Habré en juillet 2013 de crimes contre l’humanité, torture et crimes de guerre et l’ont placé en détention provisoire.

Après une instruction de 19 mois, les juges d’instruction des Chambres africaines extraordinaires ont statué qu’il y avait suffisamment de preuves et ont renvoyé Habré en jugement le 13 février 2015 après 25 ans d’exil doré à Dakar.

Ce procès est un message ferme contre le club des dictateurs africains qui se permettent toutes les violations de droit humains sur leur peuple. Contre tout attente, Habré est innocenté pour les accusation de massacre commis au Sud durant son règne dont un certain Idriss Deby est le commanditaire. L’accusé a 15 jours pour faire appel.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique


Idriss Deby: un intrus malveillant au G7

Les frasques du président tchadien n’en finissent pas. Pendant que certains se demandent ce qui pourrait bien cacher son Kaptani, l’habile traditionnel tchadien, Idriss Deby semble totalement rompre avec le costume et le treillis militaire. A coté des chefs d’Etat des pays de G7 auquel il n’a rien en commun, incapable de se hisser à la vie mondaine tel un berger, l’Afrique est incontestablement malade d’elle-même.

Invité en tant que Président en exercice de l’Union Africaine au 42e édition du forum du G7 au Japon; y figure parmi les invités entre autres Banki-moon, Secrétaire général de l’ONU, Christine Lagarde, Directrice de la FMI, Jim Yong Kim, Président de la Banque mondial, José Angel Gurria, Secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et autres chef d’État de l’Asie du sud-est.

Comme une mouche dans la soupe, les tchadiens se demandent ce dont pourrait bien faire un certain Deby à un tel endroit, se rappelant encore avec son coupe-ongle à Abuja. Contre toute attente et contrairement au sommet sécuritaire du Nigeria, il y a quelque semaine, on découvre cette fois-ci un président à bout de souffle. Ses jambes pouvaient à peine tenir son corps. Sa maladie est un secret de polichinelle  malgré les rumeurs qui se tournent au tour. Mais celle-là ne l’empêche pas à conduire le Tchad tout droit au mur. Bien dommage.

En quête de légitimité internationale depuis le holdup électoral d’Avril 2016, Deby peine à trouver une reconnaissance gracieuse et généreuse dans sa posture «hypocrite» dans la lutte contre le terrorisme. C’est durant un mois que des agents du ministère des affaires étrangères du Tchad et le cabinet présidentiel y travaillent pour ce sommet.

Il est question pour le président tchadien de profiter lors de ce rencontre à rappeler au Secrétaire général de l’ONU le dossier concernant l’engagement du Tchad au Mali. Rappelons que le Tchad réclame 320 millions de dollars des Nations-unis dans la guerre que les FATIM, Force tchadienne d’intervention au Mali, ont mené contre les djihadistes d’AQMI pour libérer le nord Mali tomber aux mains des islamistes en 2012.

Selon l’évaluation faite par le ministère tchadien des Finances et du Budget, le Tchad a décaissé plus de 400 millions de dollar. Les autorités tchadiennes se disent depuis lors prêtent à saisir qui de droit, à savoir les bailleurs de fonds, pour que la somme leurs soit remboursée. L’ONU de son coté réponde que l’intervention de FATIM n’est pas sous sa résolution mais s’engage à payé les dépenses en carburant au titre de soutien. En réalité c’était le prix à payer pour ne pas se faire éjecter par les socialistes de François Hollande fraichement installé à l’Élysée.

Il est aussi une occasion de demander une faveur auprès de Lagarde à la FMI pour un prêt à fin de pouvoir payer les salaires des fonctionnaires à l’approche du fin de mois de Ramadan. Selon les indiscrétions du palais rose, le lobby parisien ne répond plus aux requêtes incessantes en matière de finance auprès des institutions internationale. Les caisses de l’Etat sont littéralement vide. Tout les grands secteurs de revenue du pays sont en rouge sauf la téléphonie mobile. Il y a plus de liquidité dans les banques alors Idriss Deby n’a qu’autre choix que de se tourner vers l’extérieur dans un contexte économique compliqué.

Dans la foulé, son état de santé déplorable comme un dealer sicilien interpelle plus d’un. Son ventre grossit de plus en plus comme s’il était atteint de la maladie de kwashiorkor. L’imposant ainsi une tenue vestimentaire pour cacher sa  grosses de ventre. Peut-être que son cauchemar se réalise. Lui qui en 2006 répondait aux critiques acerbes des opposants qu’ils ne leur restent que de dire un jour Deby enceinte. Ils auraient peut-être raison.

Face au mystère bien gardé qui entoure son état de santé, chacun va dans sa spéculation. Certains voient une atteinte, d’autres un moyen plus sur de se libérer de l’oppression d’un dictateur qui n’a fait que trop duré. Poursuivant son objectif, il serait au Émirat Arabie-Unis pour de quoi éviter la foudre des fonctionnaires du secteur public.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste politique


Tunisie: l’impossible reconversion d’Ennahda

Le parti islamiste tunisien Ennahda, l’ancien parti au pouvoir, tient son 10e congrès à Radès, près de Tunis, du 20 au 22 mai 2016. Le mouvement a dirigé le pays après la révolution qui a provoqué la chute de Ben Ali entre octobre 2011 et janvier 2014. Lors de ce congrès, il pourrait ainsi réviser sa doctrine et ne plus se définir comme un mouvement religieux. Une reconversion risquée et dangereuse.

Symbole de la révolution des peuples arabes qui a précipité la chute les régimes dictatoriaux et corrompus au Maghreb et au Moyen-orient, la Tunisie est le seul pays dans la région à avoir réussi à éviter l’anarchie libyenne, le désastre syrien ou encore l’impasse égyptienne.
Dans tous les pays où le vent de la révolution a soufflé, celui-ci a servi aux mouvements et groupes islamistes plus ou moins radicaux. Très vite, le printemps arabe s’est transformé en un véritable cauchemar.

Les acteurs de la révolution se sont retrouvés dans une lutte perpétuelle contre les islamistes propulsés au pouvoir. Comme une épée de Damoclès, la gouvernance tumultueuse des islamistes en Tunisie est rythmée d’assassinats des leaders politiques de l’opposition, de corruption et de tentative de « saoudisation » de la société tunisienne. Après une expérience chaotique, le parti islamiste Ennahda perd le pouvoir lors d’un scrutin électoral face à un bloc issu des partis d’oppositions libéraux et de la société civile. Mais elle est contre toute vraisemblance un exemple de démocratie par rapport aux d’autres pays tels que la Libye, l’Égypte, le Yémen, le Bahreïni ou le Liban.

Du religieux au civil : pas vraiment

Fondé sur une doctrine de l’islam omeyyades, elle est l’expression du rejet du colonialisme occidental dans la région. Une forme de guerre idéologique et confessionnelle moderne. Qu’elle soit pacifique ou djihadiste, l’objectif est le même : gouverner selon leurs interprétations de l’islam.

En toute logique, les délégués du parti devraient lors ce congrès restreindre l’activité du parti sur la seule action politique. Ainsi, ses activités de prédication religieuse seront prises en charge par un réseau associatif extérieur au parti, mais idéologiquement proche. Les discours politiques seront de nature plus laïcs. Selon les textes, Ennahda pourra dès lors se définir comme un parti « civil », mais dans les faits, ce n’est que la continuité plus belle de l’islam politique.

Inspiré par la Taquiya chiite, les islamistes sunnites développent dans les années 90 une stratégie similaire pour faire face aux mouvements libéraux et leurs alliés occidentaux.
Critiqués sur leur posture religieuse ostentatoire et l’exclusion voire l’oppression des minorités religieuses, ceux-ci se trouvent contraints de se convertir à un modèle beaucoup plus ouvert et civique.

Les islamistes au Soudan étaient les premiers à se lancer dans une telle reconversion pour essayer de répondre aux critiques, notamment des populations du sud majoritairement chrétiennes et athées, et faire face aux groupes armés séparatistes du sud.  L’aile civique des islamistes est alors appelé le Congrès National, beaucoup plus ouvert, qui prend en compte la diversité socio-religieuse du Soudan.
Le parti islamo-conservateur turk -AKP- s’est lancé dans la même logique en 2002 pour contrer les critiques des libéraux laïcs et s’ouvrir plus à l’imposante chrétienté en Turquie.

Chez les islamistes, gouverner par la charia, ce n’est pas simplement une question de statut juridique et constitutionnel. Leur lutte s’inscrit dans une volonté divine, la foi. Elle peut prendre des formes différentes selon les exigence du moment et du lieu, avec des moyens diversifiés. Renoncer à cette doctrine c’est renoncer à l’islam, à la parole de Dieu et à soi.

Chez les islamistes comme en politique, tous les coups sont permis.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique, passionné des études islamique


Me Pierre Haïk: Conseil-avocat du diable

La justice est universelle et même les diables s’en servent. Eux qui sont les sources de malheur et tant de cruauté pour la société. Comment une personne qui gouverne par une injustice inacceptable, qui tue et à famine son peuple et qui favorise l’impunité totale peut-t-il se caché sous la toge du droit?

Aussi paradoxale et controversé que cela puisse paraitre, il y à, ceux du droit, des avocats, qui n’aménagent aucun effort pour nous maintenir dans un cycle infernal de la souffrance. Si la justice veut que chacun soi défendu, certains en tenu noir, pour peu qu’ils puissent empocher vont jusqu’à endosser le rôle au lieu de défendre . N-à-t-on pas vu des magistrats et des avocats corrompus? Si le métier d’avocat exigeait un sens morale, nombreux sont ceux qui seront derrière les barreaux ou se convertir en seigneur de guerre. Après sa tentative désespérer de m’extrader vers le Tchad, voila une autre aussi désastreuse que la précédente. Et pourtant,  je ne fais qu’écrire.

Me Pierre Haïk est un avocat à la cour de Parie et conseil du dictateur tchadien Idriss Deby. Il demande dans un courriel qui m’a été jointe de supprimer un article qu’il estime  illicite. Retiré de cette plateforme mais disponible sur «Qui succédera le dictateur tchadien Idriss Deby s’il succombe à la maladie?», selon l’avocat, cet article «contient de propos au contenue manifestement illicite,…., diffamatoire et injurieux a l’encontre de son (mon) client» à savoir le president dictateur Idriss Deby Itno.

Pour Me pierre, l’article renferme «des imputations dénuées de tout fondement […] former de manière direct ou allusive, de nature porter atteinte à son honneur.» La messe est dite mais en plus, il me reproche d’avoir traité son client de «dictateur».

Cela s’appelle dans le jargon ecclésiastique «advocatus diaboli», avocat du diable. Celui-ci est sensé selon le droit défendre des accusés ou parfois des supposés coupables ou des causes qu’ils sont très difficile de défendre tellement la culpabilité est certaine, l’atrocité des crimes choquante et/ou la cause amorale.
Et pourtant, tout le monde doit pouvoir être défendu, même ce satané diable et dictateur, responsable de tant d’infâmes vilenies.

Mais laissons le diable dans son palais et penchons sur son avocat, son défenseur. En effet, il est aussi controversé et paradoxale que son client.

Me Pierre, est l`avocat et conseil de Michel Roussin, un haut retraité de la DGSE (Service extérieur de l’espionnage français ), responsable Afrique de Bolloré, et le patron du MEDEF-International. C’est-à-dire le lobby puissant d’Idriss Deby en France. Deby étant l’élève chéri du service secret français, il est tout à fait naturel de mettre à son service l’un des meilleurs avocat de France. Pas pour lui défendre ses crimes, tortures, trafiques et faux-monnayage, mais contre les écrits d’un simple blogueur.

Brillant pénaliste, Haïk a fait ses armes en défendant les trafiquants de stupéfiants et la pègre avant de devenir un fin connaisseur des rouages de la Françafrique peut-on lire dans les colonnes d’un journal français.
Il est aussi l’avocat de Nicolas Sarkozy l’ancien president français et de l’ex president ivoirien  Laurent Gbagbo. C’est curieux, non!

Me Pierre Haïk s’était rendu à l’Elysée en 2009 pour recevoir la légion d’honneur. Vive les valeurs françaises de la république et de la démocratie.

Visiblement, il y a des défenseurs des droits de l’homme et des défenseurs contre les droits de l’homme. Mais contrairement au client, je ne souffre pas d’une phobie de justice, ni d’un déni de droit.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Activiste politique


Interview: l’impact de la guerre contre Boko Haram sur la population locale

Après le Nigeria et le Cameroun, le Niger subit à son tour les attaques de Boko Haram sur son territoire. Les insurgés contrôlent depuis novembre 2013 un chapelet de villages côté Nigeria sur une bande frontalière de 350 kilomètres. Les jihadistes ont mené des incursions tactiques, des exactions, et des opérations de recrutement avant de passer à un mode réellement offensif en février : tirs d’obus, tentatives d’action de sabotage, incursions au sol et attentats suicides.

Invités :
Françoise Wallemacq: Journaliste

Georges Berghezan: Chargé de recherche au Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité – GRIP

Présenté par : Fabienne VANDE MEERSSCHE – Radio Télévision Belge Francophone-rtbf

 

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Interview: Présidentielle du 10 avril au Tchad- Radio Amandla

Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, les observateurs dépêchés par différentes organisations sous-régionales et/ou de la société civile dressent un bilan quelque peu contrasté du scrutin du 10 avril. Tous évoquent un climat calme, qui a permis de mobiliser un grand nombre d’électeurs dans les grandes villes. Mais ils pointent par ailleurs un certain nombre d’irrégularités durant l’élection.

Invité:

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani: Blogueur, activiste

Présenté par: Leatitia J Radio Amandla – Canada

Réalisé le 13 Avril 2016

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Idriss Deby : un invité encombrant à Abuja

Samedi 14 mai 2016, le Nigeria a accueilli un sommet international sur la sécurité pour lutter contre le groupe armé islamiste radical, Boko Haram. Onze chefs d’Etat participaient à ce sommet parmi lesquels figurait le président français François Hollande, seul Chef d’Etat non africain.

Rappel. Répondant à l’appel du président camerounais Paul Biya, des troupes tchadiennes franchissent la frontière camerounaise en janvier 2015 pour combattre le groupe djihadiste nigérian Boko Haram. Puis, le 3 février 2015, l’armée tchadienne pénètre en territoire nigérian pour prendre le contrôle de la ville de Gamboru, rapidement reprise à la secte islamiste.  Le Tchad envoie trois régiments de 800 hommes chacun, appuyés par des hélicoptères de combat MI-24 et 700 véhicules, dont des blindés. Les militaires tchadiens considérés comme des «mercenaires» par la population locale et une franche partie des politiques nigérianes ont été en première ligne au champs de bataille face aux islamistes. Plusieurs dizaines de soldat tchadiens sont morts au front.

Après l’élection de Buhari à la présidence nigériane, ce dernier n’a pas apprécié l’activisme agaçant de son homologue tchadien Idriss Deby dans la région. Les militaires tchadiens sont alors chassés et interdits d’entrer en territoire nigérian.

Lire => Des soldats tchadiens quittent le Nigeria à la demande d’Abuja

En décembre 2015, à la demande d’Abuja, l’armée tchadienne quitte le Nigéria et se replie au Cameroun avant de rentrer au Tchad. La victoire de l’armée tchadienne au front contre Boko Haram est incontestable. Pourtant, le président tchadien Idriss Deby ne manque pas de se faire humilier voire ignorer par ses homologues régionaux à chaque rencontre. La presse internationale -notamment française – impute la victoire dans la lutte contre Boko Haram aux armées Camerounaise et Nigériane alors qu’en réalité les Tchadiens ont payé un lourd tribu.

Lors du deuxième sommet sur la sécurité au Nigeria ce week-end, le président en exercice de l’Union africaine – président du Tchad et acteur principal dans la lutte contre Boko Haram – s’est vu au grand dam de ses attentes être relégué au rang de second plan :
D’abord, accueilli à l’aéroport par le ministre de la défense ainsi qu’un un parterre des  »Boulamas » en grand boubou et des réfugiés, il a par la suite été conduit à l’hôtel ou devait avoir le sommet. Malgré la climatisation et le beau temps, le Idriss Deby transpirait de chaleur. Le président français, François Hollande, et le président béninois, Patric Talon, ont chacun été accueilli par leur homologue nigérian Mahamadu Buhari. Placé à l’angle mort des invités, comme s’il était atteint de choléra ou d’une maladie infectieuse, Idriss Deby avait alors décidé de ne plus cacher ses affres ; assis tout furieux en pleine conférence dans la salle devant le public, M. Deby a sorti un coupe-ongle et s’est mis à couper ses ongles en signe de protestation devant les cameras sans avoir l’air de se soucier du caractère solennel de la conférence.

Cette séquence, nous rappelle le spectacle de l’ex président du Bénin, Boni Yayi, sortir une crème et se la mettre au visage avec insistance et sans discrétion en pleine cérémonie lors de l’investiture du nouveau président du Burkina Faso (Roch Marc Christian Kabor) le 29 décembre dernier.

Le président tchadien s’est donc vu voler la vedette par le nigérian Buhari dans la lutte contre le terrorisme. En plus, Idriss Deby voulait coûte que coûte poser pour la photo avec le président François Hollande, il voulait ainsi affirmer ses liens forts avec la France depuis sa réélection vis à vis de l’opinion nationale tchadienne. Mais les services de protocole français et nigérians ont éclipsé tout rencontre en tête à tête entre Deby et Hollande.

Idriss Deby vient d’être réélu pour un cinquième mandat lors d’un scrutin contesté et entaché de plusieurs irrégularités. Ni la France, ni les États-Unis ne sont encore prononcés officiellement.

Djarma Acheikh Ahmat Attidjani
Analyste politique


Idriss Deby Itno: La réélection du mal

Après 26 ans au pouvoir, Idriss Déby est réélu pour un 5eme mandat. Durant tous ce temps, lui et son groupe ethnique se sont ingéniés à faire supplanter les normes d’un État normal par les us et coutumes de leur communauté tribale.

Cela s’appelle, dans le jargon prisé des chercheurs, « implémenter » ! Raillé, et avec lui son égérie de première dame, pour les fantaisistes titres de « doctor honoris causa  » à eux décernés, Idriss Déby Itno peut désormais se targuer d’avoir appliqué et généralisé les mœurs, us et coutumes Béri au Tchad entier. Donnant ainsi l’impression aux Tchadiens de vivre, non pas dans une jeune république plurielle tendant vers une nation, mais dans une république Zaghawa sortie tout droit de la féodalité. N’en déplaise à ceux qui se trompent des énormités fâcheuses, le pouvoir d’Idriss Déby Itno aura battu tous les tristes records dont cette implémentation, de loin le plus mauvais, qui consacre l’échec de la construction continue d’un Etat moderne. Les précédents pouvoirs, excepté la parenthèse anarchique du GUNT, ont œuvré, malgré leurs tares et avec les moyens de bord qui étaient les leurs – comparés aux énormes ressources disposées par le pouvoir MPS depuis 1990- à la difficile édification d’un Etat moderne et y ont préservé une marge nécessaire. Les décennies MPS auront servi, non pas à continuer cette œuvre en l’améliorant, mais à enterrer les acquis du jeune Etat tchadien. Lequel, depuis 1990, est voué à céder le pas à un Etat privé, insidieux, autrement plus féodal que moderne : celui des nouveaux princes Zaghawa qui ne font plus mystère de leur volonté de domination sans bornes sur le reste de leurs compatriotes et dont l’arrogance est sans commune mesure aujourd’hui.

Aussi péremptoire que cela puisse sonner, le Tchad républicain n’existe plus. De lui ne demeure que ce nom de baptême pour un « état » Zaghawa tenu par la parentèle des Itnos. Tout observateur, attentif et avisé de l’évolution cahoteuse du Tchad depuis l’avènement du MPS, aura noté la mise au pas de toutes normes républicaines d’Etat moderne. Lesquelles sont supplantées, au niveau institutionnel et plus largement, dans la vie politico-économique et socioculturelle du pays, par des règles féodales jadis en cours chez les peuples Béri des confins tchado-soudanais. Point d’élucubrations d’aigris, il faut convoquer quelques auteurs, essayistes politiques ou anthropologues, pour étayer ce que les Tchadiens expérimentent amèrement. De quoi ravir notamment une certaine Marie-José Tubiana dont les études sur le peuple Béri semblent ainsi généralisées par notre Itno national. Le Tchad, de 90 à aujourd’hui, donne, en effet, de la contenance à l’œuvre anthropologique de Marie-José Tubiana. Cette bretonne éprise du peuple Béri, nous donne éloquemment, dans « Des troupeaux et des femmes : mariage et transfert de biens chez les Béri (Zaghawa et Bidéyat) du Tchad et du Soudan »[1], une connaissance de nos princes d’aujourd’hui pour mieux comprendre la conduite de la destinée du Tchad entre leurs mains. Le titre de l’œuvre est assez illustrateur de ce qu’ils ont fait et font du Tchad jusque-là : le mettre sous coupe réglée, jouant de leurs liens matrimoniaux et ethniques pour s’accaparer le pouvoir et les richesses du pays.

Quand, les rezzous TGV du MPS fondaient courant novembre 90 sur la forteresse des FANT d’Hissein Habré pour la faire chuter le 1er décembre 90, les Tchadiens, euphoriques à l’idée d’être débarrassés de la dictature, ne se doutaient pas que la nouvelle ère promise était déjà chargée de désillusions. Sauf ceux qui savaient la nature et les mobiles des futurs maîtres à la tête d’un groupe à part qui s’est conjoncturellement allié aux autres (Mosanat, ex-FAP, etc.) pour forcer la porte du palais. Bien qu’ayant été toujours dans l’antre et l’ombre du pouvoir – de l’empire du Ouaddaï au royaume du Kanem-Bornou en passant par les pouvoirs postindépendance du Tchad- servant d’exécutants et de supplétifs aux princes, les Zaghawa sont restés un peuple à part tout en rêvant de l’entièreté du pouvoir. Leurs « difficultés et (…) réticences à s’intégrer dans un ensemble national », caractérisés qu’ils sont par « un irrédentisme toujours sous-jacent » [Tubiana ; 1985], ont contribué de fait à marquer leur mainmise sur le pouvoir – une fois l’objectif atteint- et creuser le fossé avec les autres composantes de la société tchadienne.

Tubiana, dans son œuvre qui privilégie «  l’alliance matrimoniale comme lieu de rencontre (…) de l’anthropologie de la parenté, de l’anthropologie économique et de l’anthropologie politique  » [Tubiana ; 1985 ; 355], nous donne une meilleure connaissance du peuple Zaghawa, permet de mieux saisir sa « complexe » articulation en « clans et lignages » ; une sorte de toile d’araignée qui semble tissée aujourd’hui sur tout le Tchad et donne du tournis aux Tchadiens agacés de les voir partout dans les rouages importants de l’Etat sans en présenter les compétences. De fait, structurant les jeux sociétal et politique, l’alliance matrimoniale est et reste, chez eux, l’indéniable moyen de transfert de biens. Au centre de tout et affaire de tous (père, mère, oncles, tantes, frères, sœurs, cousin(e)s, neveux et nièces), rendez-vous du donner et du recevoir, elle traduit dans les faits la solidarité familiale, étend ou renforce les liens communautaires. Les familles y acquièrent, accumulent ou grossissent leurs richesses. Aussi, tout bien appartenant à un des leurs et qui plus est au chef, appartient à toute la communauté qui peut en disposer comme bon lui semble. Ainsi le Tchad, sous Idriss Déby Itno qui ne fait rien pour qu’il appartienne à tous les Tchadiens, comme butin de guerre, est devenu leur bien exclusif. Par le fait du pouvoir, ils ont comme un sauf-conduit pour disposer de tout, de façon effrénée et en toute impunité. Il en est ainsi des fils et surtout neveux et nièces qui gravitent autour de leur père ou oncle de président. Chez les Zaghawa du Tchad, le rapport entre l’oncle maternel et son neveu est de loin le plus confiant pendant que chez les Zaghawa du Soudan, le rôle du père et de l’oncle maternel est indissociable. « (…) Si l’oncle est titulaire d’une position politique importante le neveu deviendra son homme de confiance, de préférence à ses propres fils », la croyance étant que ceux qui secourent l’enfant sont les frères de la sœur [Tubiana ; 1985 ; 243]. Mieux, ce sauf-conduit donne, par exemple, le droit au neveu de « s’emparer, en toute impunité, d’un certain nombre de bêtes dans le troupeau de son oncle » pour sa compensation matrimoniale. Les frères Erdimi auront ainsi été les éminences grises, ordonnateurs, dépositaires et « Raspoutine » du palais et du pouvoir. Ils auront disposé des sociétés d’Etat, de l’argent de l’or blanc et de l’or noir avant que leur grande envie du pouvoir les sépare de leur oncle.

Beaucoup d’autres Zaghawa, recyclés dans les affaires ou non, et qui roulent aujourd’hui carrosses, auront aussi disposé de toutes les ressources que leur confère le pouvoir tribal, clanique et familial. Les tout-puissants petits princes d’aujourd’hui jouent à fond leur partition de parvenus arrogants sans mérite. Les nièces ou sœurs, analphabètes, d’une ignorance et d’un obscurantisme maladifs, s’en donnent à « cœur-belliqueux ». S’autoproclamant transitaires attitrées de la République, installant leurs postes de douane parallèles, jusque dans la cour des douanes, elles arnaquent les autres tchadiens obligés de payer des droits hors normes et exorbitants. Aujourd’hui, comme achèvement de cette implémentation de leur anthropologie socio-économico-politique à l’échelle du Tchad et de l’Etat, ils sont à tous les postes « juteux » de la République et la plupart des sociétés ou entreprises sont entre leurs mains. Les postes de DGA de la plupart des succursales de banques étrangères au Tchad sont ainsi aménagés en partie pour eux. Qu’ils aient été instruits ou qu’ils soient d’illustres nullards ! Être Zaghawa étant un sauf-conduit suffisant et imparable !

Moyen de transfert de biens, l’alliance matrimoniale traduit aussi l’accommodation, par les Zaghawa, avec les pratiques répréhensibles. Le vol, le pillage, le crime, etc., sont, en effet, de loin des pratiques normales chez eux. Le bandit et les actes répréhensibles dans le monde moderne tels les razzias de bétail ou le rapt de jeunes filles ne sont pas condamnables chez les Béri. Ainsi, à défaut de pouvoir réunir les têtes d’animaux pour l’alliance matrimoniale, l’on opère des razzias de bétail dans ces contrées. Ces razzias, au-delà de la nécessité, constituent paradoxalement un fait d’héroïsme ancré dans les mœurs. Au point où les jeunes gens aspirant à l’union préfèrent organiser des expéditions pour voler du bétail chez les tribus ou ethnies voisines. « Les jeunes confèrent à ce genre de pratique un caractère héroïque et il suffit d’écouter les chansons des jeunes filles incitant les garçons au vol  » pour comprendre. Ce d’autant plus que « le voleur de chameaux n’est pas en rupture avec la société beri ; elle ne le blâme pas, au contraire. »[Tubiana ; 1985 ; 319]. Tous les moyens, répréhensibles soient-ils, sont bons pour accumuler les richesses et constituer la compensation matrimoniale. Même celle du bandit invétéré est reçue et acceptée. J.M Tubiana cite l’exemple du Mogdum Fodul qui donna en mariage une de ses filles à un bandit de grand chemin[2]. Condamné par la justice coloniale, ce genre d’individu est soutenu par la justice traditionnelle parce que « loin d’être au ban de la société, son courage, ses exploits aux dépens des populations étrangères et au profit de son groupe font de lui, au contraire, un personnage dont on veut rechercher l’alliance » [Tubiana ; 1985 ; 178]. Ceci semble un point non négligeable du système des « valeurs » Zaghawa. Il peut expliquer bien des comportements dans leur gestion des affaires publiques à un niveau plus large aujourd’hui. Bichara Idriss Haggar, intellectuel Zaghawa ayant occupé de hautes fonctions politiques et un des fils du patriarche Haggar, le confirme un peu. Il note que la razzia est une des activités favorites notamment du clan Biriyéra ou Biliat dont est issu le président actuel du Tchad : « C’est un groupe au sein duquel il existe un dédain de toute propriété d’autrui » et dont « les membres « tiraient gloire des vols au détriment d’étrangers » [Haggar ; 2003 ; 14-15][3].

Ceci expliquant cela, on comprend mieux pourquoi le pillage des ressources de l’Etat et le détournement des deniers publics sont impunis sous le pouvoir d’Idriss Déby Itno. Surtout quand ils sont le fait de ses parents Zaghawa. Tour à tour ou à la récidive, des barons du pouvoir auront connu les geôles de N’Djaména ou Moussoro. Mais aucun des parents du président Idriss Déby Itno, de loin grands pilleurs de l’Etat et nouveaux émirs argentés du pays, ne sera inquiété. Ainsi un certain Zakaria Idriss Déby Itno peut, par sa gestion singulière, calamiteuse et dispendieuse des ressources, mettre en faillite la compagnie aérienne nationale, Toumaï Air Tchad, sans que des comptes lui soient demandés. Et pousser l’outrecuidance à quitter l’oiseau en perte de vol pour atterrir au cabinet de son paternel de président ! Ou plutôt à en rester le pilote qui se ménage un poste d’atterrissage et de refuge au cabinet de son géniteur. Lequel ordonne simplement que le gouvernement renfloue les comptes déficitaires de la compagnie pour lui redonner de nouvelles ailes, les anciennes étant déclarées non sécurisantes. Pourquoi les siens ne doivent-ils pas rendre compte de leur gestion ? Sont-ils plus Tchadiens que les autres ? Atterrant et déconcertant… !

Ceci d’autant plus que la pratique semble, au contraire, encouragée, les voleurs et pilleurs de la République étant les plus promus. Au point où aujourd’hui, des plus jeunes aux plus grands, les Tchadiens n’aspirent qu’à accéder à un poste « juteux  » pour piller et détourner en toute impunité. Cela va sans dire, comme une gangrène, ce vice a gagné toute la société tchadienne. Avec cette différence que ceux, encore que mollement punis, pour illustrer le discours folklorique de l’assainissement public, sont les Tchadiens de second rang, ceux non Zaghawa. Comme quoi les règles sont faites pour ne s’appliquer qu’aux Tchadiens non parents du président. Ainsi la fin de la kermesse du désordre ou de l’impunité ne concerne que ceux-ci. Les Tchadiens n’ont jusque-là pas compris que les discours de Déby ne sonnent en bien que pour ses parents. Il en est encore le cas quand il prêche une certaine « renaissance » qui de fait est plutôt Zaghawa que nationale. Car dans son imaginaire et celui de ses parents, ils doivent renouer avec le temps des privilèges dans la cour des princes du Ouaddaï et du Kanem-Bornou dont ils étaient les supplétifs. Privilèges qui leur permettaient de contrôler le commerce de tout, du Sahara au Kordofan soudanais. On en est à constater que tout semble verrouillé à leur compte pour réaliser ce rêve de « renaissance Zaghawa », toutes les ressources de l’Etat pouvant être pillées par eux à cet effet.»»

Pour la petite histoire, le gouvernement et le parlement acquis à sa cause évitent, chacun, d’initier une loi contre l’enrichissement illicite et les biens mal acquis parce qu’elle ne toucherait en partie que les parents du président qui, à tour de bras, construisent des villas et immeubles à 500 millions ou 1 milliard de nos francs. La corruption n’est pourtant qu’un pan du problème et il faut ajouter au dispositif une loi contre ceux dont le train de vie et les investissements ne reflètent pas leurs salaires. Jamais pouvoir n’aura été aussi partisan dans l’histoire du Tchad ! Ce qualificatif qui aura valu à l’actuel communicant du Palais rose, ancien rédacteur en chef de N’Djaména Bi-hebdo, un passage à tabac, est plus encore vrai aujourd’hui que par le passé. Le pillage et le détournement des deniers publics ont donc encore de beaux jours devant eux…

Les auteurs de crime ne sont pas non plus au ban de la société béri. Aussi jouissent-ils, sous le pouvoir d’Idriss Déby Itno, plus que sous aucun autre précédemment, de l’impunité. Il n’est pas besoin, pour l’étayer, de rappeler les crimes et assassinats de tout ordre dont les auteurs, connus ou non, courent toujours… jusque dans les allées du pouvoir ! La République s’est même forgé un vocabulaire tout taillé pour les excuser et empêcher toute enquête criminelle : acte de bavure, crime crapuleux. Lequel vocabulaire rappelle à notre bon souvenir un certain monsieur « bavure », ex-tout-puissant ministre de l’Intérieur. Pis, comme la punition ne s’applique qu’aux autres, le prix du sang, la « diya  » a été élevée au rang de moyen républicain de coercition pour faire payer lourdement les auteurs d’acte de sang ou d’accidents mortels autres que Zaghawa qui, à l’inverse, ne payent pas grand-chose à leurs victimes d’autres communautés. Le prix du sang, la « diya » ou l’exil du criminel, moyens pour mettre un terme à la vendetta [Tubiana ; 1985 ; 179][4], s’imposent depuis à la justice républicaine. Ce qui se passe dans les cours de nos tribunaux l’atteste et dépasse simplement l’entendement.

Outre l’impunité qu’ils illustrent, ces rites répréhensibles, à travers l’alliance avec des bandits, traduiraient, chez les Zaghawa, une fonction politique : l’acceptation d’un personnage qui se met en marge de la légalité.

On comprend mieux pourquoi le pouvoir d’Idriss Déby Itno s’accommode bien des personnages sans scrupules qui courent les allées de son règne. Comme on le constate, le Tchad aurait évité cet énorme gâchis s’il était dirigé selon les normes de justice, de droit et de mérite qui caractérisent un Etat moderne impartial. Hélas, l’avènement d’Idriss Déby Itno au pouvoir en décembre 1990 a causé une cassure dans la continuité laborieuse de l’Etat impartial. Lequel est désormais supplanté par un « sultanat » Beri dont les us, mœurs et coutumes ont été transposés, en pratique, à l’échelle nationale et impriment dangereusement la marche d’un Etat devenu partial et injuste. Cela, avec la complicité d’une élite inféodée issue d’autres communautés, du sud comme du nord, qui, pour les miettes de la mangeoire, a donné de sa matière grise pour asseoir et pérenniser cette féodalité des temps modernes. De Mahamat Hissein à Nagoum Yamassoum, en passant par Mahamat Saleh Ibet, Mahamat Saleh Adoum, Kassiré Coumakoye, Guelengdouksia Ouaïdo, Mahamat Saleh Annadif, Emmanuel Nadingar, etc., ils sont nombreux à devoir se sentir responsables d’un tel recul.

A moins de revenir aux règles républicaines de l’Etat moderne, on ne voit pas comment la moralisation de la vie publique, clamée à cor et à cri, peut être possible dans ces conditions.

Sinon, l’on court droit dans le mur, vers l’implosion. Que l’on ne se méprenne pas, la militarisation à outrance du pouvoir, aux frais du contribuable, la reddition de toutes les rébellions aux confins du pays et la « bab-el-aziziation » du Palais rose tout au long du fleuve Chari, refrénée heureusement par les ambassades des Etats-Unis au sud et de France au nord, n’y feront rien. Après 40 ans de règne, Kadhafi et ses affidés ont quand même dû, comme des rats, s’effacer de la scène libyenne… Au sein de cette jeunesse pourrie par l’implémentation de l’Etat immoral et voyou, il y en a qui restent conscients des enjeux immédiats et globaux, prêts à porter le «  printemps » tchadien…

 

Tribune publiée sur le site Agoravox par Maxwell N. Loalngar

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[1] Tubiana, M-J., 1985, Des troupeaux et des femmes : mariage et transfert de biens chez les Béri (Zaghawa et Bidéyat) du Tchad et du Soudan, Paris, éd. L’Harmattan

[2] « Ambata », ainsi appelle-t-on ce bandit chez les Zaghawa, selon JM Tubiana

[3] HAGGAR, Bichara Idriss, 2003, Tchad : témoignage et combat politique d’un exilé, éd. L’Harmattan, Paris.

[4] Le prix du sang permet d’éviter la vengeance, au même titre que l’exil d’un meurtrier et de sa famille, chez les Zaghawa. P.179