Ecclésiaste Deudjui

Comprendre l’arrestation de Maurice Kamto

Cela fait cinq mois exactement que Maurice Kamto a été incarcéré dans la prison centrale de Kondengui. Et cette arrestation ne fait que soulever de nombreuses interrogations.

 

protestation contre l'arrestation de Maurice Kamto
Les militants du MRC en pleine protestation devant une cathédrale à Yaoundé. Image:_ agora-mag.net /Photo reproduite sous autorisation

 

Qui est Maurice Kamto ?

Maurice Kamto est un juriste de renommée et de réputation mondiales, né le 15 février 1954. Il a servi comme ministre délégué à la justice pendant sept ans, de 2004 à 2011 (il avait démissionné avant un remaniement). Il s’est notamment fait remarquer lors de la rétrocession de Bakassi à l’État camerounais, puisqu’il était en première ligne lors des négociations devant les juridictions internationales.

Cependant, c’est en créant son parti le MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) que Maurice Kamto s’est érigé en égérie politique camerounaise, et depuis lors il se revendique comme étant le leader indiscutable de l’opposition. Il est d’ailleurs arrivé en deuxième position derrière Paul Biya, lors de la dernière consultation présidentielle qui a eu lieu ici au Cameroun le 7 octobre 2018.

 

Pourquoi l’a-t-on arrêté ?

À mon avis il n’avait jamais été question de le faire arrêter (c’est aussi l’avis de Pierre La Paix Ndamè). Parce que quoi qu’on dise, et même si Kamto s’est revendiqué vainqueur du scrutin présidentiel, il n’est jamais judicieux pour un régime en place de se faire remarquer par les arrestations de ses contestataires.

Mais. Maurice Kamto a osé franchir le Rubicon : une marche interdite, puis une autre marche interdite, puis une autre marche interdite encore. Et surtout que ces marches interdites-là avaient pour objectif de contester la « victoire volée » du président Paul Biya, et de mettre ainsi en branle sa légitimité. Ces marches interdites ont connu des débordements dans les représentations diplomatiques camerounaises à l’étranger, notamment à Berlin et à Paris. Et ce sont ces casses-là qui ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Sans oublier que Maurice Kamto s’est fait entourer par des faucons (Penda Ekoka, Célestin Djamen, Albert Dzongang, Valsero, Paul-Éric Kingué) qui ne rêvent que de la violence, et qui pensent qu’il faut semer la zizanie et le désordre en instiguant un mouvement de rébellion généralisée…

 

Paul Biya en train de votre lors de la présidentielle du 7 octobre 2018
Le président Paul Biya en train de voter lors du dernier scrutin présidentiel. Source: afriqueeducation.com /Image reproduite sous autorisation

 

Va-t-on le libérer ?

À mon avis, pas du tout ! Car Maurice Kamto est devenu beaucoup plus « dangereux » après son arrestation qu’avant son arrestation. Il est devenu plus « important » surtout. Il a été involontairement transformé en martyr. Et sa libération risquera de faire de lui un Nelson Mandela à la camerounaise, ce qui ne serait pas du tout du goût de notre chef de l’État taciturne.

Non. Maurice Kamto fera probablement encore de longs séjours derrière les barreaux, sauf si la communauté internationale France se mettait à accentuer la pression pour sa libération. Car Paul Biya est réputé pour être un monstre froid, sans émotion et sans états d’âme. Il l’a déjà démontré à plusieurs reprises en laissant pourrir ses propres collaborateurs en prison pendant des décennies, à l’exemple de Titus Edzoa qui a passé dix-sept ans au cachot alors qu’il avait pourtant été le médecin personnel de son futur tortionnaire…

 

Qui profitera de ce crime ?

Personne ! Car de jours en jours le MRC ne fait que se radicaliser même s’il s’effrite, et de jours en jours le Cameroun ne fait que se subdiviser en sardinards contre les tontinards.

Personne ne profitera de ce crime. Surtout pas le gouvernement du RDPC, qui n’avait mais alors pas du tout besoin de ce caillou à l’aspect tribalistique dans sa chaussure. Et comme j’ai dit, si Kamto est libéré, il deviendra incontestablement un héros, et s’il reste en prison il continuera de constituer une véritable menace pour la stabilité de notre Cameroun.

 

Que faire alors ?

Parce que si moi j’étais à la place de monsieur Paul Biya, j’allais faire ce qu’il aurait dû faire depuis le début avec les anglophones, avant que la crise du Nord-Ouest-Sud-Ouest ne dégénère. C’est-à-dire que j’allais appeler Maurice Kamto et j’allais le faire assoir devant une table ronde, puis j’allais lui demander de me détailler tranquillement chacune de ses revendications.

 

Maurice Kamto s'adressant à la nation camerounaise
Maurice Kamto s’adressant à la nation en tant que chef de l’Etat élu, puisqu’il continue de contester la victoire du RDPC. Source: ocameroun.info /CC0

 

Comment comprendre l’arrestation de Maurice Kamto ?

Donc cela fait cinq mois exactement que Maurice Kamto a été embastillé dans la prison centrale de Nkondengui. Et pourtant cette arrestation n’arrête pas de soulever de nombreuses interrogations.

 

Comprendre l’arrestation de Maurice Kamto, c’est se demander si c’est normal dans une République qui se veut démocratique, de faire incarcérer la personnalité qui symbolise le leadership de l’opposition.

Comprendre l’arrestation de Maurice Kamto, c’est aussi chercher à comprendre pourquoi le MRC a basé toute sa stratégie sur la déstabilisation et la violence.

Comprendre l’emprisonnement et l’incarcération d’un juriste de renommée intercontinentale comme Maurice Kamto, c’est surtout s’inquiéter pour l’avenir politique du Cameroun qui s’annonce des plus inquiétants.

 

Parce que depuis le 28 janvier 2019 et cette arrestation en grandes pompes, c’est presque l’équilibre du Cameroun qui est sur le point de basculer à tout moment. C’est toute notre stabilité qui est remise en cause. C’est tout le peuple camerounais qui est en train de s’inquiéter et de s’interroger au jour le jour, puisque certains ont même déjà commencé à me demander en tremblotant que « Je dis hein, Ecclésiaste ! Est-ce que tu comprends même exactement pourquoi est-ce qu’ils avaient fait arrêter Maurice Kamto ? »

 

Ecclésiaste DEUDJUI, il faut plutôt comprendre Paul Biya

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Pourquoi est-ce que les Camerounais préfèrent les ex ?

Quand je vois comment je suis retombé amoureux d’une fille que j’avais pourtant déjà abandonnée, moi-même-ci ça me dépasse ! Pourtant je ne l’aimais même plus hein ! Mais c’est parce que parfois dans la vie d’un homme, ou alors d’une Camerounaise, il y a toujours un moment où tu auras forcément envie de te retrouver dans les bras de l’un(e) de tes ex…

 

Dessin d'une femme qui pleure son ex
C’est souvent difficile de se remettre s’une séparation amoureuse. Source: diariste.fr /Dessin reproduit sous autorisation

 

Il y a la solitude

Parfois c’est parce que tu es tout seul. Pas parce qu’il n’y a personne autour de toi hein, mais c’est parce que tu n’as pas de relation amoureuse sérieuse. Il n’y a pas une fille qui peut t’appeler pour te dire que « Pierre La Paix Ndamè, comment a été ta journée ? » Parfois tu retournes vers ton ancienne copine parce que tu es effrayé par la solitude. Parce que tu es fatigué de dormir toujours seul. Parce que tu aimerais aussi que quelqu’un t’attende quelque part comme la merveilleuse Anna Gavalda. Parce que tu as souvent peur de vieillir comme un singleton, et c’est pour cette raison que tu risques retourner définitivement dans les bras de l’une de tes ex !

 

Il y a les périodes de dépression

La dépression n’est pas une maladie honteuse. C’est un état que tous les hommes qui sont normalement constitués devraient ressentir à plusieurs reprises. C’est un mélange entre le pessimisme, la frustration, la déception et le désespoir. C’est comme si tu voyais tout en noir. C’est comme si ta vie n’avait plus aucun sens et que tu t’interrogeais jusqu’à sur l’utilité et la nécessité de ton existence…

Quand moi je suis en dépression par exemple, je repense toujours à l’une de mes ex (pas la même hein). Je lui téléphone et elle me dit que « Ça fait longtemps hein, Clesio ! » Je lui écris et elle me dit que « Je pense souvent à toi, Ecclésiaste ». Je lui fais des message vocaux pour lui demander si elle va bien et si elle a bien dormi, et parfois j’en profite pour lui demander si on se remettra encore un jour ensemble.

 

Couverture du roman "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part", de Anna Gavalda
Couverture du roman « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », de Anna Gavalda. Source: lillyetseslivres.canalblog.com /CC0

 

Il y a la nostalgie des bons souvenirs

La raison pour laquelle les gens se remettent souvent avec leurs ex, c’est parce qu’ils ne repensent qu’aux bons souvenirs. C’est parce qu’ils ne se rappellent que de leurs bons câlins, de leurs discussions intimes, de leur complicité intuitive et de leurs nombreuses promesses de vie commune… Tsuip !

Quand moi je me rappelle de l’une de mes ex (pas forcément la même hein), je ne repense jamais comment elle me donnait souvent les maux de tête ! Je ne repense jamais comment on se chamaillait. Je ne me souviens que des nombreux moments de tendresse qu’on partageait entre nous deux, et je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi est-ce que nous nous sommes séparés.

Je pense que tous les couples dureraient plus longtemps, si on se concentrait uniquement sur le positif comme nous le faisons si parfaitement après la séparation.

 

Il y a la crainte du recommencement

Vous savez comment c’est difficile d’aborder une fille dans la rue, de gagner sa confiance et ensuite de lui accorder aussi votre confiance en retour ? Hein ? Vous savez comment c’est énervant d’être déjà très avancé avec une Camerounaise, et puis de se séparer et de devoir tout recommencer à zéro avec la prochaine conquête ?

C’est pour cette raison que les Camerounais préfèrent souvent les ex : elles te connaissent déjà bien, elles t’aimaient t’aiment déjà, elles connaissent déjà ton entourage immédiat et elles maîtrisent parfaitement tes performances sexuelles ! Elles te font gagner en temps et en argent. Car au lieu d’aller recommencer ton baratin auprès d’une nouvelle fille dont tu n’es même pas certain qu’elle va finalement accepter de supporter tes sales habitudes, mieux encore tu reviens en arrière et tu pars tranquillement « toquer à la porte » dans la maison familiale de l’une de tes ex.

 

Une femme couchée sur son ex
C’est très réconfortant de se réconcilier avec son ex. Source: afrikmag.com /Image reproduite sous autorisation

 

Pourquoi est-ce que les Camerounais préfèrent toujours les ex ?

Donc quand je vois comment je suis revenu vers une fille que j’avais pourtant déjà complètement laissée tomber, moi-même-ci je suis dépassé ! Et le pire c’est que je ne l’aimais même plus hein

 

Pourquoi est-ce que les Camerounais préfèrent les ex ? C’est parce que celles-ci ne sont plus exigeantes, elles n’ont rien à te cacher et surtout qu’elles se rappellent aussi de vos bons souvenirs.

Pourquoi est-ce que les Camerounaises préfèrent les ex ? C’est parce qu’elles ont compris que tous les hommes camerounais sont pareils, et donc que ça ne servirait à rien de vouloir tous les essayer.

Pourquoi est-ce que les hommes et les femmes préfèrent-ils souvent revenir à leurs anciennes amours, alors qu’ils avaient pourtant divorcé en catastrophe ?

 

Mais c’est parce que parfois dans la vie d’une femme, ou bien d’un homme, il y aura forcément un moment où tu te sentiras tout seul. Il y aura des moments où tu seras complètement déprimé. Il y aura des périodes où tu te souviendras de tous les merveilleux moments passés avec ta dulcinée, et que tu auras vraiment peur de tout recommencer avec une autre personne.

Voilà pourquoi certains Camerounais préfèrent souvent retourner dans les bras de leurs ex.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je préfère l’actuelle

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Revoir le pont de la Sanaga et mourir…

J’avais quitté Edéa en 1997 lorsque je venais d’avoir quinze ans. Et il fallait que je retourne sur les lieux de mon enfance avant de mourir…

 

Ecclésiaste Deudjui au lycée bilingue d'Edéa
Je suis retourné visiter le lycée bilingue d’Edéa, où j’ai fréquenté entre 1993 et 1997. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Revoir le quartier Mbanda

Je suis retourné sur les lieux de mon enfance, dans le quartier Mbanda où j’avais vécu de 1990 à 1997. Mais malheureusement tout a changé. Le quartier est devenu tellement silencieux, certaines maisons sont devenues des broussailles et la plupart des habitants que j’avais connus ont déjà quasiment disparu !

Je suis retourné devant la maison de mon enfance. J’ai retrouvé notre portail, notre véranda et notre jardin… 22 ans après ! Je suis aussi parti vers le stade de football que l’on appelait « Le camp ». Il est toujours là. Et puis j’ai visité la maison de papa Nkouatchang (il était décédé), j’ai visité le bar de M. Maki (il était décédé lui aussi) et j’ai regardé la villa de monsieur Bellè Moundourou qui est complètement tombée dans le délabrement depuis qu’il était décédé…

Je suis enfin retourné dans la vieille cabane d’une vieille grand-mère qui vendait de la pâte frite au quartier lorsque nous étions tout petits, et que nous appelions affectueusement « Mama Bons Beignets ».

 

Revoir mon école primaire

J’ai fréquenté à l’école publique de Mbanda-Bissèkè entre 1990 et 1993. Du CE2 au CM2. Et quand je suis retourné sur les lieux de mon école primaire, je me suis rappelé comment on jouait au football dans la vaste cour de récréation. Comment j’avais une camarade de classe qui était handicapée et boîteuse. Comment je m’asseyais régulièrement au bord de la fenêtre, et tandis que notre maître parlait moi j’étais inconsciemment en train de m’interroger sur le sens ou le non-sens de notre existence…

Je suis aussi retourné au lycée bilingue d’Edéa, où j’ai fréquenté entre 1993 et 1997. À l’époque ce lycée avait la meilleure équipe de handball de tout le département. À l’époque mon père partait souvent nous y déposer en voiture. À l’époque il y avait une femme qui vendait de gros lefombos avec du jus naturel pendant la récréation, et nous ingurgitions ces beignets-là avec une telle délectation…

C’est au lycée bilingue d’Edéa que j’ai fréquenté avec Régis Talla, Ken Nyobè Ange-Edouard, Nzidjouo Clovis Dubois alias « Cocorico », Xavier Mbotè, Goued Claude Yannick Samuel, Cyrille Mananga, Junior Matig, Ndjiki Anne-Marie (j’étais follement amoureux d’elle), Meyo Onana Armelle Babette, Nguimbous Paule Mado, Soulemanou Hamoa et beaucoup d’autres personnes encore. C’est là-bas que j’avais un brillant professeur de mathématiques qui s’appelait monsieur Tedga. C’est là-bas que j’ai pratiqué le théâtre avec monsieur Bayigbedeg qui était en même temps mon professeur de langue française. C’est là-bas que j’avais commencé à interpréter Michael Jackson durant les kermesses. C’est au lycée bilingue d’Edéa que j’avais commencé à forger mon adolescence, et il fallait inéluctablement que j’y retourne au moins une fois avant de mourir !

 

Les amis de mon enfance Vieux Dissongo et Aimé Ntamack
J’ai retrouvé des amis de mon enfance. Vieux Dissongo (à gauche) et Aimé Ntamack. Crédit: Ecclésiaste Deudjui /CC-BY

 

Retrouver mes amis d’enfance

J’ai aussi revu Aimé Ntamack dans le quartier de mon enfance, à Mbanda. J’ai un peu parlé avec Laure Nkouatchang qui était une fillette auparavant mais qui est devenue aujourd’hui une mère de plusieurs enfants. J’ai rencontré Vieux Dissongo dans la maison où il a grandi, et c’est lui qui m’a informé que son petit-frère Merci était parti s’installer définitivement aux États-Unis…

Les autres, ils sont tous morts pour la plupart : Régis Talla,  Prisca dans un accident de la circulation, Ngan Yves, Mama Julienne qui était la mère de mes amis, TBC, Rambo, Mr Malép, etc. Certaines connaissances ont disparu dans la nature et je suis presque certain que je ne les reverrai plus jamais. Ceux qui sont encore vivants ont sérieusement vieilli, comme Vieux. Pourtant à l’époque c’est lui qui nous emmenait au vidéo-club en ville, lorsqu’il avait un peu d’argent. C’est lui qui nous protégeait lorsque des étrangers voulaient s’attaquer à nous. C’est avec lui qu’on simulait le jeu de football avec des capsules de bière. C’est lui qui nous procurait parfois à manger, lorsque nous lui disions que nous désirions spécialement du pain chargé avec du chocolat… Tsuip !

Et je n’ai presque reconnu personne dans le quartier parce que je n’ai pas revu mes amis Mahop, Nwaha Parfait, Nlend Jean-Ruben, Beaufort, Gary Kelly, Jusquart, Kadhafi, Florence, Laurentine, Ferdinand, Mimbili Stevenson, Nathalie, Maxime Akamba, Thierry Ngoss, Nadège Assongmo, Janvion, Duplex, Ndjapat, Giovanni, Tchatat, Pendolan, Nanou Koumiss, Maki Fils Emmanuel, Kouakou, Henri Bellè, les nombreuses filles de la famille Pombè, etc.

 

Repartir…

Et je suis reparti sur le pont de la Sanaga, avant de mourir. Parce que c’était un pont que nous observions de loin, lorsque nous étions encore tout petits. C’était la carte postale de la ville d’Edéa. C’était en même temps un miroir et un mirage. C’était un pont qui me faisait tellement peur à l’époque et qui me fascinait en même temps…

Je suis reparti de là ! En revoyant le Cabanon, ce snack-bar où je fuyais la maison pour venir me cacher et regarder quelques matches de Champions League. J’ai aussi revu Ciné-Ration qui était notre salle de cinéma à l’époque, mais qui aujourd’hui est devenu un repère de prostituées. J’ai revisité la boutique où j’achetais le magazine Onze Mondial et grâce auquel je suis tombé amoureux de l’écriture la littérature. Et enfin j’ai parcouru le hangar du marché où on organisait nos bals de jeunesse, j’ai repéré l’ancien bureau de mon père puisqu’il travaillait à la Sonel, et je me suis rendu au club de Nanbudo où ma maman nous avait inscrits lorsque je venais d’avoir treize ans.

Je suis nostalgique.

Pierre La Paix m’a filmé devant le pont de la Sanaga et ensuite j’ai décidé de repartir…

 

Ecclésiaste Deudjui à Edéa avec le magazine Onze Mondial
Dans la cour de notre maison, à Edéa, avec le magazine Onze Mondial. Année: 1996 Crédit: Anonyme /CC0

 

Revenir sur le pont de la Sanaga avant de mourir…

J’étais arrivé à Edéa le 8 juin 1990 et j’en suis reparti le 17 juin 1997, lorsque je venais d’avoir mes quinze ans. Donc il fallait que je retourne sur les lieux de mon enfance avant qu’il ne soit trop tard…

 

Revoir le quartier Mbanda avant de mourir ! C’était une promesse que je m’étais faite il y a bientôt dix ans, et désormais je crois que je peux vous dire adieu sans ne plus jamais rien regretter.

Revoir mon école primaire et mon lycée avant de mourir ! Car c’est là-bas que j’ai passé les plus belles années de mon adolescence, et c’est là-bas que je suis probablement devenu l’homme que je suis aujourd’hui.

Retrouver mes premiers amis avant de disparaître, puisque beaucoup parmi eux ont déjà commencé à nous devancer petit-à-petit…

 

Parce que quand je suis arrivé à Edéa la semaine dernière, je me suis retrouvé devant un spectacle de désolation et de dégradation indescriptible. Et j’ai compris comment le temps il avance, et j’ai compris comment il ne retournera jamais en arrière. Et j’ai compris que nous sommes collectivement en train de vieillir. Et j’ai compris que bientôt nous serons finalement tous morts. Et j’ai subitement pensé à vous tous, lecteurs, parce qu’il fallait absolument que je vous parle de la merveilleuse enfance que j’avais vécue là-bas à Edéa avant de mourir…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai revu Edéa

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Prochainement nous serons tous morts…

J’ai perdu un ami la semaine dernière et il s’appelait Régis Talla Kamga. Mais ce n’est pas bien grave puisque prochainement nous serons tous morts…

 

Régis Talla devant sa caméra
Régis Talla était l’un des meilleurs réalisateurs camerounais de sa génération. Crédit: R. Talla Films /CC0

 

Prochainement la vie continuera

Régis Talla est décédé le mardi 4 juin 2019 vers 5h du matin, à l’hôpital de district de Déido. Mais depuis qu’il a rendu l’âme, le monde continue de tourner normalement comme si rien de tout ça ne s’était jamais passé.

Bien sûr qu’il y a eu quelques « Rip » sur son mur Facebook. Mais ce matin j’ai acheté mon pain comme d’habitude, ma voisine a séché ses perruques comme d’habitude et les Camerounais ont vaqué à leurs occupations comme à l’accoutumée.

Prochainement la vie continuera ! Puisque ça a toujours été comme ça depuis la nuit des temps. Puisque les gens continueront de mourir pendant que d’autres personnes continueront de venir au monde. Mais ce n’est pas parce que la vie continuera que ça voudra dire qu’on aura déjà oublié tous ceux qui nous avaient précédés…

 

Prochainement nous perdrons un proche

Peut-être même ce soir ou alors demain matin ! Car ce qu’il y a de pire avec la mort, c’est qu’elle ne nous avertira jamais lorsqu’elle viendra nous enlever l’une de nos personnes les plus importantissimes !

Prochainement ce sera comme moi quand j’ai revu Régis Kamga il y a environ deux semaines, dans mon nouveau quartier ici à Logpom. Ce sera comme le signe de main qu’il m’avait envoyé en souriant, et que moi j’avais bien capté et pourtant je ne pouvais même pas imaginer que c’était la dernière fois que moi je le voyais

Que c’est triste !

Parce que quand nous marchons souvent avec nos proches, avec nos amis ou alors avec les membres de notre fratrie, nous ne savons pas exactement à quel moment le ciel va nous les arracher pour toujours. Mais nous soupçonnons qu’un jour ou l’autre on nous annoncera la mauvaise nouvelle, et que ce sera comme ça régulièrement avec la disparition de Célestin Kengoum, Javis Nana, Charles Ateba Eyené, Koulibaly System, Régis Talla Kamga qui était mon ami d’enfance, etc.

 

Me Célestin Kengoum
Me Célestin Kengoum, décédé le 16 mai 2019 de maladie. Source: lebledparle.com /CC0

 

Prochainement ce sera notre tour

Je sais que je vais bientôt mourir, mais je ne sais pas encore quand. Je sais que ça viendra probablement d’un accident de la circulation ou alors d’un empoisonnement. Je sais que ça pourrait aussi provenir d’une maladie, d’une malabsorption ou tout simplement d’un malencontreux malaise cardiaque…

Régis Talla Kamga est officiellement décédé d’un AVC ! Mais avant de s’en offusquer, il faudrait qu’on attende notre tour. Peut-être bien que nous lui survivrons encore pendant longtemps, mais peut-être aussi que nous le suivrons bientôt dans les prochains jours ou au plus tard dans les toutes prochaines semaines […]

Je sais que vous allez bientôt mourir ! Mais j’ignore seulement quand. Et je ne souhaiterais même pas le savoir. Mais tôt ou tard des gens écriront « Rip » sur votre fil d’actualités Facebook, et quand vous regarderez de près vous constaterez qu’il s’agit de la disparition de mon ami Pierre La Paix Ndamè.

 

Prochainement la mort continuera

De même que la vie continuera de suivre son cours, de même la mort continuera de perpétuer ses ravages. Et tandis que les morts seront déjà morts et que les vivants seront encore vivants, il y aura ceux qui ne sont pas encore nés et qui naîtront bientôt, mais qui ne survivront que quelques années avant de définitivement disparaître…

La mort est une imbécile qui s’est chargée de nous importuner durant toute notre existence, mais peut-être aussi que c’est à cause d’elle que la vie est probablement la plus belle chose qui nous soit jamais arrivée. Parce que malgré les nombreuses gens qu’elle nous aura enlevées, la mort ne nous retirera jamais les bons moments qu’on avait passés en leur compagnie.

Et elle n’empêchera pas à Régis Talla de continuer à exister dans mon imagination et dans mon esprit !

 

Maahlox LeVibeur et Régis Talla
Régis Talla a réalisé de nombreux clips vidéo pour le chanteur Maahlox. Crédit: R. Talla Films /CC0

 

Prochainement nous serons tous partis !

La semaine dernière j’ai perdu un génie qui s’appelait Régis Talla Kamga, et avec qui j’avais fréquenté au lycée bilingue d’Edéa entre 1993 et 1997.

Mais ce n’est pas très grave puisque prochainement nous serons tous morts…

 

Prochainement nous aurons disparu ! Notre durée de vie est limitée ici sur la Terre, et on commence à profiter de nos amis quand on a compris que nous ne serons pas éternels ici au Cameroun.

Prochainement nous serons des cadavres ! Quelle que soit notre place dans la société. Quel que soit notre talent. Quelle que soit notre grandeur ou alors notre petitesse, nous reposerons inéluctablement dans un cimetière.

Prochainement nous ne serons plus parmi vivants, alors à quoi ça sert de se chamailler avec le MRC ou alors de se disputailler avec les sécessionnistes ?

 

Parce que quand moi je regarde la vie de mon camarade Régis, je me dis qu’il n’a pas vécu longtemps (il était né le 14 juin 1981) mais qu’il a quand même pu accomplir des choses intéressantes. Il avait remporté de nombreuses récompenses dans le milieu du cinéma africain, et il a aussi réalisé de supers clips vidéo (notamment pour Maahlox) qui ont porté en lumière la musique urbaine camerounaise.

Et voilà que je me retrouve déjà en train de parler de ses funérailles et de son enterrement…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, repose en paix Régis !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Nous devons recommencer la lecture

Il y a un jeune blogueur ici au Cameroun qui s’appelle Junior Haussin, et qui se bat au quotidien pour la promotion de la littérature. Et moi aussi je pense comme lui que nous devons recommencer la lecture.

 

Le blogueur camerounais Junior Haussin
Junior Haussin est un blogueur qui a créé le mouvement #JeLis pour favoriser la littérature au Cameroun. Image: kulturemasteronline.com /CC-BY

 

Nous devons apprendre à lire les journaux

Nous devons cesser de regarder la Une des journaux et de raconter partout-partout que nous avons correctement lu la presse écrite. Nous devons apprendre à acheter le journal (ça coûte seulement 300 FCFA) ! Nous devons nous habituer à lire les articles qui sont en pages intérieures en profondeur, afin d’en comprendre parfaitement la quintessence. Nous ne devons plus nous contenter de suivre les rumeurs et de les relayer sans réfléchir, ou alors de commenter les fake news qui pullulent sur Facebook et que beaucoup de Camerounais considèrent à tort comme la vraie information.

 

Nous devons bien lire les manuels scolaires

Je parle surtout pour nos enfants. Parce que quand je les regarde aller à l’école, ils se contentent de feuilleter les manuels scolaires du moment que ça leur permet d’obtenir la moyenne générale en classe, et puis ils oublient toutes les leçons qu’ils ont apprises dès l’année suivante.

Non ! Nous devons dire à nos enfants que la lecture de leurs manuels scolaires c’est capital, et que ce n’est pas seulement pour accéder à la classe supérieure. Que dans ces outils qu’ils utilisent, ils vont non seulement perfectionner leur lecture, mais en plus ils vont aussi améliorer leur culture. Car c’est dans les manuels scolaires que j’avais découvert la géographie, la biologie et l’histoire. C’est dans les manuels scolaires que nous appréhendons les mathématiques et la physique. C’est dans nos précieux manuels scolaires que nous pouvons expérimenter la littérature, et qu’ensuite nous nous orienterons vers le blogging ou pourquoi pas vers le journalisme d’investigation…

 

DesCamerounais devant les kiosques à journaux
Les Camerounais sont habitués à commenter les Unes des journaux. Source: journalducameroun.com /Reproduction sous autorisation

 

Nous devons exploiter les documents numériques

Ça ne sert à rien de posséder tous les documents en version numérique qui existent dans votre disque dur, si vous ne les ouvrez jamais et à fortiori que vous n’avez même pas encore envisagé de les parcourir…

Ça ne sert à rien !

Car depuis que la révolution digitale nous a emportés, j’ai constaté que tous les Camerounais peuvent désormais accéder à toutes les bibliothèques du monde. Et pourtant ils ont téléchargé ces documents et pourtant ils ne les lisent pas. Et pourtant ils ont des tablettes et des liseuses. Et pourtant ils connaissent généralement le nom de presque tous les auteurs, mais ils ne connaissent nullement et aucunement le contenu de leurs ouvrages respectifs. Et pourtant les documents électroniques sont devenus de plus en plus gratuits et accessibles sur internet, que ce soit au format EPUB, DOC, PDF, HTML, RTF, TXT, etc.

 

Nous devons aussi un peu écrire

Un peu hein, pas beaucoup. Parce que j’ai déjà constaté que les Camerounais n’aiment pas beaucoup pratiquer la lecture. Alors l’écriture…

Nous devons aussi pourtant écrire. Nous devons remplir les blogs, les journaux intimes, les journaux tout court, les sites internet, les librairies, etc. Nous devons devenir des écrivains et des essayistes. Nous devons partager nos connaissances et nos expériences. Nous devons cesser de nous contenter de dire que « On nous avait dit que… », alors que nous pouvons tout simplement écrire nous-mêmes notre propre roman.

Nous devons laisser des marquages sur notre passage, et c’est l’ensemble de ces marques-là que l’on appellera ici l’Histoire. Nous devons aussi faire rêver les autres Camerounais à travers la poésie, et c’est ce que fait parfaitement mon meilleur ami qui vit à Dibombari et qui s’appelle Pierre La Paix Ndamè.

 

Charles Ateba Eyené
Charles Ateba Eyené (1972-2014) était un Camerounais qui lisait et écrivait beaucoup. Crédit: Youtube /CC-BY

 

Nous devons re-commencer la lecture

Donc il y a un jeune journaliste ici à Douala qui s’appelle Junior Haussin, et qui se bat au quotidien pour la progression de la littérature. Et moi aussi je pense comme lui que nous devons dorénavant recommencer la lecture.

 

Nous devons recommencer la lecture ! C’est-à-dire que nous ne devons plus survoler les articles, et que nous devons nous documenter sur un sujet avant de pouvoir en émettre un avis dans un milieu public.

Nous devons recommencer la lecture ! Nous devons cesser de multiplier les citations pour arrondir nos fins de phrases, alors qu’on n’est même pas capables de déterminer les œuvres dont ont été issues ces citations.

Nous devons impérieusement recommencer la lecture, afin de mettre en lumière les quelques rares écrivains qui essaient de se faire un nom ici au Cameroun.

 

Parce que quand nous on fréquentait au secondaire, il n’y avait pas encore toutes ces histoires de mondialisation et de réseaux sociaux. Alors nous on partait à l’école en lisant, on prenait la récréation en lisant et on rentrait à la maison en lisant encore. On découvrait des écrivains majestueux comme Guillaume Oyono Mbia, Ferdinand Oyono, Francis Bebey ou encore Sévérin-Cécile Abega.

De grands auteurs qui constituent le patrimoine culturel de notre Cameroun, et c’est aussi un peu pour eux que je suis absolument persuadé que vous devez immédiatement recommencer la lecture…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai recommencé l’écriture

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


J’ai la crise de la bloguantaine

Aujourd’hui j’ai trente-sept ans mais ce n’est pas la quarantaine qui me fait peur. Je suis plutôt inquiet parce que j’ai décidé de ne plus continuer à bloguer.

 

gâteau d'anniversaire avec bougies
Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Image: mycrazystuff.com /Reproduction sous autorisation

 

Je n’ai plus le succès comme auparavant

Auparavant tous mes articles étaient des best-sellers. Les gens me contactaient à travers les réseaux sociaux, et certains blogueurs me considéraient littérairement comme un phénomène !

À l’époque on racontait que j’étais très drôle. De nombreuses lectrices me demandaient si j’étais réellement célibataire. De nombreux lecteurs me comparaient parfois à Guy Bedos, à Edmond Devos ou encore à Jean-Miché Kankan. Les gens qui me lisaient appréciaient les caricatures que j’utilisais pour mes illustrations, et il y en a qui me préféraient plutôt pour mes onomatopées et pour mes exclamations.

Auparavant quand je commençais dans le blogging, mes articles étaient lus à la radio par Cyrille Bojiko sur Balafon, et par Didier Kouamo sur Nostalgie FM. Mes analyses étaient reprises dans les médias internationaux et dans des thèses universitaires. Et pour la première fois que je suis passé sur une télévision camerounaise (c’était sur Canal 2), j’avais été reçu par Soflane Kengne qui ne cessait de me répéter que « Monsieur Ecclésiaste Deudjui, je suis vraiment impressionnée par ce que vous faites ! »

 

On me demande de me réinventer

Pourquoi est-ce que je devrais me réinventer ? Hein ? C’est parce que je suis devenu politiquement engagé alors que je ne l’étais pas auparavant ? C’est parce que mes articles sont devenus légèrement plus longs et pourtant je sais parfaitement que les Camerounais n’aiment pas pratiquer la lecture ? Hein ? C’est parce que mes plaisanteries sur Facebook sont vraiment très hilarantes, alors que sur mon blog je n’accumule que des observations psychosociologiques qui vous paraissent vraisemblablement un peu trop intellectualistes ?

On me demande de me réinventer ! Et pourtant quand j’avais créé mon blog, j’avais pour leitmotiv de l’identifier à un style particulier d’écriture. J’avais décidé de parler des « Camerounaiseries » et de m’en approprier le terme. J’avais voulu ressembler à Nasr Eddin Hodja et à Till l’Espiègle (merci Claude Derhan) parce que ce sont des auteurs qui avaient produit des dizaines et des dizaines de récits, et pourtant tous leurs récits portaient invariablement la même architecture. Et c’est pour cette raison que tous mes articles ont strictement la même structure, mais voilà qu’on me demande déjà de la réinventer. On veut me faire croire que je suis devenu complètement prévisible, que mes figures de style ne sont plus inénarrables et que les titres que j’utilise ne sont plus aussi communicatifs comme ils pouvaient l’être auparavant…

 

dessin d'un homme devant son ordinateur
Il arrive toujours un moment où on se demande à quoi ça sert de bloguer. Dessin_ coxandforkum.com Source: laquetedekiaz.wordpress.com /Dessin reproduit sous autorisation

 

Je n’ai pas envie de devenir un blogueur-sandwich

Je n’ai pas envie de devenir un « influenceur » qui va aussi créer son www.ecclesiastedeudjui.com. Je n’ai pas envie de raconter d’étaler ma vie privée et de partager mes moindres émotions sur votre fil d’actualités. Je n’ai pas envie que la qualité de mes selfies soit plus intéressante que la qualité de mes publications. Je n’ai pas envie d’être obligé de participer à des concours, de m’auto-promouvoir et de me « vendre » comme c’est à la mode actuellement, afin que les gens qui me suivent puissent définitivement me considérer comme un excellentissime blogueur.

Non. Je n’ai pas vraiment une nature exhibitionniste. Je ne suis pas venu sur internet pour que vous me considériez comme une personnalité narcissique. Je ne suis pas entré dans le blogging pour chercher l’argent et encore moins les femmes. Je ne suis pas devenu un mondoblogueur pour rédiger des articles sponsorisés alors que je ne vais jamais monétiser mes opinions. Je ne vends même pas d’espace publicitaire sur mon blog et pourtant je suis sollicité par de nombreuses entreprises. Je ne rédige pas non plus des autoportraits sur commande. Et ne comptez jamais sur moi si vous escomptez un jour que je vais m’asseoir pour vous confectionner une hagiographie.

 

Je n’ai plus envie de devenir un martyr

Quand je débutais dans le blogging, je m’attaquais personnellement à tous les personnages qui commettaient une mauvaise action ici dans notre Cameroun. Jusqu’à je tutoyais même souvent Paul Biya, je condamnais Richard Bona au sujet du visa camerounais, je fustigeais Maahlox pour ses obscénités et j’ai même vilipendé Patrice Nganang alors que je suis certainement l’un de ses lecteurs les plus admiratifs…

Mais j’ai constaté que les Camerounais sont en réalité des lâches. Ils sont avec toi aujourd’hui, mais demain matin ils vont te lâcher ! Il y en a même qui m’ont bloqué sur Facebook dès qu’ils ont appris que j’étais surveillé par les renseignements généraux. Il y en a qui m’ont proféré des menaces de mort ! Il y en a qui m’ont renié publiquement alors qu’ils étaient pourtant mes followers assidus, mais c’est parce que j’avais refusé de partager leurs opinions bellicistes à propos de la crise sécessionniste.

Je n’ai plus envie de devenir un leur martyr. Auparavant j’écrivais pour réveiller mes compatriotes, mais dorénavant je vais écrire pour moi-même. J’ai l’impression que les Camerounais et les Camerounaises ne me comprennent pas. J’ai l’impression qu’ils n’ont jamais compris le réel sens de ma démarche. J’ai le sentiment que les gens d’ici ne s’intéressent qu’à des futilités. J’ai la sourde intuition que malgré tous les conseils que j’ai déjà prodigués à travers mes centaines d’articles, il y a encore des individus ici qui vont me balancer à la figure que je n’avais jamais rien réalisé pour notre République !

 

Ecclésiaste Deudjui qui sourit
Je suis devenu blogueur parce que j’aime beaucoup le Cameroun. Crédit photo: Pierre La Paix Ndamè /CC0

 

J’ai la crise de la bloguantaine

Donc aujourd’hui j’ai trente-sept ans hein, mais ce n’est plus la quarantaine qui me fait peur. Je suis surtout inquiet parce que j’ai finalement décidé de ne plus continuer à bloguer.

 

J’ai la crise de la bloguantaine. Car auparavant je déjeunais avec des ambassadeurs. Je voyageais beaucoup pour l’étranger. Je collaborais avec des artistes et c’est comme ça que j’ai rencontré mon ami Pierre La Paix Ndamè.

J’ai le syndrome de la page blanche. C’était déjà arrivé à des blogueurs comme Éric Leeuwerck et Aphtal Cissé. Mais moi c’est parce que j’ai réellement peur qu’on ne me reconnaîtra qu’à titre posthume.

J’ai également la crise de la quarantaine, évidemment, parce que mine de rien je suis né le 27 mai 1982.

 

Mais lorsque je suis devenu blogueur le lundi 22 septembre 2014 à quatorze heures, j’étais vraiment très motivé et surtout très déterminé. J’avais sincèrement envie de changer le Cameroun, et je voulais vraiment devenir un éducateur des consciences. Je voulais devenir un écrivain qui allait profiter de son blog pour corriger les mœurs camerounaises en s’amusant, mais je ne savais pas que ça allait m’attirer autant d’incompréhension et aussi autant de critiques.

Et que j’allais finalement tout abandonner le jour de mon anniversaire…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai la trente-septaine !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Le 20 mai au Cameroun ou le paradoxe de l’unité nationale…

La fête du 20 mai sera encore célébrée au Cameroun durant toute cette semaine. Et pourtant l’unité nationale est déjà en train de devenir un paradoxe.

 

Paul Biya pendant le défilé du 20 mai
Le président Paul Biya effectuant la revue des troupes lors d’un défilé du 20 mai. Source: actu-plus.cm /Photo reproduite sous autorisation

 

Il n’y a pas d’unité nationale entre les riches et les pauvres

Il n’y a même pas d’unité tout court ! Puisque sur une chaîne de télévision à audience internationale, le ministre du travail (il s’appelle Grégoire Owona) est venu déclarer en mondovision que « le Camerounais moyen peut parfaitement s’en sortir avec les 36 000 FCFA que représente le SMIC. Il peut payer son loyer normalement, rationner son épouse, envoyer ses enfants à l’école et il lui restera même encore de quoi alimenter son épargne. »

Wandaful !

Et c’est pour ça que je dis qu’il y a un énorme fossé entre les riches Camerounais qui sont extrêmement riches, et les pauvres Camerounais qui vont rester indéfiniment pauvres. Puisque les premiers sont non seulement déconnectés et méprisants, mais en plus ils sont si cyniques… Ils disent qu’on a les meilleurs hôpitaux mais ils se soignent toujours à l’étranger. Ils disent qu’on a les meilleures routes mais ils préfèrent se déplacer en aéronef. Ils déclarent qu’on peut « parfaitement s’en sortir » avec seulement 36 000 FCFA de revenu mensuel, et pourtant ça ne paye même pas leur petit-déjeuner lorsqu’ils vont dans un restaurant de luxe avec l’une de leurs petites amies…

 

Il y a la désunion nationale entre le MRC et le RDPC

Elle est même déjà devenue internationale, puisque les Nations-Unies s’en sont saisie, l’Union européenne s’en est saisie, les chancelleries occidentales s’en sont préoccupées jusqu’à le gouvernement camerounais a déjà commencé à demander pardon, pardon, pardon, pardon…

Il y a une désunion irréversible entre le MRC (parti de l’opposition) et le RDPC (parti du président) ! Les deux partis parties ont déjà atteint le point de non-réconciliation. Le président du MRC a déjà commencé à s’acclimater à sa privation de liberté qui dure depuis le lundi 28 janvier 2019, et le président du RDPC n’est pas prêt à l’en désacclimater. Toute l’intelligentsia de l’un a été embastillée par toute l’intelligentsia de l’autre. Et ceux qui sont en liberté sont soit en exil comme le brillantissime Wilfried Ekanga, soit ils écument les plateaux de télévision ꟷet de radio !ꟷ et ils répètent à l’envie que « Maurice Kamto reste et demeure le président élu de la République du Cameroun ».

Maurice Kamto contre Paul Biya
La réconciliation n’est plus possible entre Maurice Kamto (à gauche) et Paul Biya. Montage: lebledparle.com /Image reproduite sous autorisation

 

Il y a une division nationale entre les tontinards et les sardinards

C’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. Car au départ il s’agissait des militants du MRC contre les nombreux sympathisants du RDPC, mais dorénavant c’est devenu un combat d’échecs entre les partisans pour le changement et les sympathisants pour la perpétuation de notre système…

C’est devenu un combat de chefs ! D’abord sur les réseaux sociaux, mais aussi sur la scène artistique à travers la création de la Brigade Anti-Sardinards (BAS). Et puis il y a des manifestations de la diaspora camerounaise installée là-bas en Europe, et qui réclame le remplacement immédiat et sans conditions de monsieur Paul Biya. Il y a aussi des gens ici qui manifestent pour son maintien ad vitam aeternam au pouvoir. Et on les appelle ici les sardinards. Et on dit que c’est parce qu’ils profitent indirectement de ce régime. Et on dit que parfois ils sont prêts à justifier l’injustifiable (ils disent qu’il n’y a AUCUN problème au Cameroun !). Que tous les tontinards sont originaires de la même et unique région, et d’ailleurs c’est pour cela qu’ils soutiennent majoritairement et inconditionnellement le leader politique qui a été incarcéré…

 

Il y a même la sécession entre les Anglophones et les Francophones

Je suis désolé de le dire, mais il n’y a pas une vraie unité nationale entre les Anglophones et les Francophones au Cameroun ! Sinon, pourquoi est-ce qu’on les appellerait alors les « Anglophones » ? Hein ? Et même si je ne cautionne pas forcément leurs velléités sécessionnistes, je peux bien comprendre qu’ils puissent être frustrés et revendicateurs par moments. Et je me dis qu’on aurait pu éviter cette sale guerre au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, si et seulement si on les avait écoutés dès le départ. On aurait pu s’épargner ces dizaines de milliers de déplacés et ces 1 850 morts présumées (même si certains les minimisent), si au lieu de la condescendance et de l’arrogance affichées, notre administration leur avait plutôt opposé des propositions de dialogue. Car l’unité nationale commence par la prise en compte de toutes les couches sociales existantes, y compris celles qui sont minoritaires. Et le non-respect de cette condition peut systématiquement nous entraîner vers la sécession !

 

John Ngute à Bamenda
Le premier ministre John Ngute (en tenue traditionnelle) en déplacement au Nord-Ouest. Source: newsducamer.com /CC0

 

Le 20 mai 2019 au Cameroun ou le paradoxe de l’unité nationale…

Donc cette année encore, la fête du 20 mai va être célébrée sur toute l’étendue du territoire camerounais. Et pourtant l’unité nationale ne ressemble plus réellement à une évidence…

 

Le paradoxe de l’unité nationale ! Tous les Camerounais sont des amis et des frères dans la vie courante, mais il y a des politiciens qui veulent les diviser à travers un favoritisme qu’on appelle « l’équilibre régional ».

Le paradoxe du tribalisme ! Chacun d’entre nous connaît les plaisanteries qu’on raconte sur les autres tribus en rigolant, mais certains manitous sèment la haine en voulant stigmatiser la population bamiléké.

Le paradoxe de la stabilité nationale, puisque nous vivons dans une fausse paix que Pierre La Paix Ndamè a qualifié de « pax camerounaisa ».

 

Parce que depuis 1972 que cette célébration existe, jamais la fête du 20 mai ne m’avait paru aussi incohérente. Puisque nous vivons actuellement dans la désunion nationale, nous vivons dans la suspicion et nous flirtons régulièrement avec le spectre de la désobéissance et de la guerre.

Autant de choses qui me font penser que le Cameroun est déjà complètement devenu un paradoxe.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, bonne fête du 20 mai

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


On a tous un peu en nous quelque chose de Paul Biya…

Depuis le 22 avril, le chef de l’État s’est métamorphosé en twittologue et en conseiller spirituel pacificateur. Et pourtant chacun d’entre nous connaît parfaitement les défauts de monsieur Paul Biya.

 

tweet de Paul Biya
Un exemple de tweet pacificateur de Paul Biya. Illustration: camer.be /CC0

 

On est tous un peu égoïstes comme Paul Biya

Il n’y a pas plus égoïste que monsieur Paul Biya. Tout pour lui, et rien pour les autres ! Il n’y a pas plus prévaricateur et thésaurisateur que « notre » président de la République. Parce que depuis 1982 qu’il est au pouvoir, il a toujours éliminé systématiquement tous les adversaires qui se sont rapprochés de son strapontin. Et nous sommes quand même un peu tous pareils, nous les Camerounais à vrai dire, surtout lorsque nous occupons une responsabilité prestigieuse. Et c’est encore pire lorsque nous sommes trempés dans la Mangeoire comme mon ami de Dibombari Pierre La Paix Ndamè

Chacun d’entre nous est aussi un peu égoïste. On veut toujours tout contrôler tout seul, et cela le plus longuement possible. On ne délègue pas trop nos prérogatives. On ne part jamais à la retraite de notre propre chef. On ne désigne jamais nos propres remplaçants ni successeurs. On aurait chacun fait trente-sept ans au pouvoir (et même plus) si jamais on s’était retrouvés à la même place et au même fauteuil présidentiel que monsieur Paul Biya.

 

On est généralement des népotistes

On travaille seulement avec notre propre famille. On ne fait que rarement confiance aux inconnus (sauf si ce sont des Blancs). On ne donne jamais les gros marchés aux étrangers, et d’ailleurs si on donne un gros marché à un étranger ça voudra dire qu’on obtiendra systématiquement des rétro-commissions par derrière…

Paul Biya est le plus grand des népotistes ! Il a fait intégrer ses propres enfants à l’ENAM. Il a nommé ses petits neveux à des postes stratégiques. Il a positionné ses amis à des postes qui sont autrement plus stratégiques encore. Il s’est fait entourer par des séniles qui ont généralement son âge, ou en tous cas qui ont la même longévité que lui mais chacun à son poste respectif. Je pense ainsi à Moudiki (81 ans), à Cavaye Yéguié (79 ans), à Niat Njifenji (85 ans), à Bello Bouba Maïgari (72 ans), etc.

Sans oublier les dirigeants du RDPC qui sont habituellement des proches intimes et des amis personnels de notre président de la République.

 

Maurice Kamto en visite à Yaoundé
Le leader du MRC Maurice Kamto (au centre de l’image, en veste) fait partie des ennemis politiques du président Paul Biya. Source: journalducameroun.com /Image reproduite sous autorisation

 

On est parfois très rancuniers comme Paul Biya

Paul Biya ne pardonne jamais ! Même si c’est après trente-sept ans, il va sauf que te rendre ! Parce que c’est un séminariste qui sait digérer sa colère calmement, et qui prend toujours son temps pour te punir puisque de toute façon il sait qu’il sera inévitablement encore président.

Alors il sait ruminer ses frustrations et ses rancœurs, sans prononcer un seul mot. Il sait supporter les humiliations comme celle qu’il a endurée récemment avec le retrait de la Coupe d’Afrique 2019, alors qu’il en avait pourtant « pris l’engagement ». Et c’est comme ça que quand il va réagir il réagira systématiquement avec la plus sévère des violences…

Paul Biya ne nous pardonnera jamais ! Et surtout pas aux militants du MRC. Il est comme tous les Camerounais que j’ai rencontrés au quotidien, et qui savent sourire devant leurs ennemis mais qui sont pourtant en train de leur réserver une vengeance qui sera des plus dévastatrices ! (cf. Nyangono du Sud)

 

On est tous un peu méchants aussi

Et donc tout ce que j’ai dit se résume à ceci : nous sommes méchants, nous les Camerounais. Nous sommes insensibles à la souffrance de nos compatriotes. Nous sommes de mauvaise foi. Nous sommes prêts à tous les vices de la Terre pour atteindre nos objectifs qui sont généralement malhonnêtes et toujours opportunistes.

Paul Biya est très méchant lui aussi. Un peu, beaucoup, à la folie. Il est même sévèrement méchant. Parfois il envoie des gens en prison et il les oublie là-bas dedans pendant des années décennies. Il est même presque sans cœur ! Puisque depuis que la crise anglophone s’est amplifiée, il n’a jamais pris la parole publiquement pour nous faire part de sa contrition ou du moins de son désarroi. Il n’a jamais déploré les nombreuses victimes parmi les populations civiles. Il s’efforce plutôt de rester froid et impassible comme c’est recommandé dans ses anciens manuels militaires, mais lui il va loin jusqu’à en oublier la dimension humaine.

Je pense que Paul Biya est devenu sadique et machiavélique lorsque la conservation du pouvoir est devenue sa seule et unique préoccupation.

 

portrait de Paul Biya
Paul Biya en 1984. Source: sinotables.com /Photo reproduite sous autorisation

 

Nous avons tous un peu en nous quelque chose de Paul Biya…

Donc depuis le lundi 22 avril 2019, « votre » chef de l’État s’est métamorphosé en twittologue et en chantre philosophique en faveur de la pacification. Et pourtant tous les Camerounais connaissent parfaitement les défauts de ce monsieur qui s’appelle Paul Biya.

 

On est tous un peu usés et fatigués ! On passe notre temps à déléguer permanemment notre signature, parce qu’on ne veut peut plus travailler mais il est hors de question que nous abandonnions la place à une autre personne.

On est tous un peu paresseux également. Puisque nous détestons les séances de travail. Nous passons notre bon temps au village ou bien en Suisse. Nous ne visitons même pas les chantiers que nous avons pourtant nous-mêmes commandités.

On est tous aussi un peu des fraudeurs électoraux, parce que sinon nous ne serions même plus là pour vous le dire…

 

Puisque quand monsieur Paul Biya accédait au pouvoir le 6 novembre 1982, il apparaissait aux yeux des Camerounais comme un tout petit agneau inoffensif. Mais avec le temps il est devenu cruel, politiquement pervers, vicieux, et c’est comme ça qu’il est devenu impitoyable voire quasiment méphistophélique.

Et je pense qu’on a tous un peu en nous quelque chose qui nous vient de ce mauvais président.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je n’ai rien de Paul Biya

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


[Vidéo] Mon avis sur la longévité

Grâce à la fondation Denis & Lenora Foretia, je me suis amusé à donner mon avis sur la cause des problèmes démocratiques qui sévissent actuellement au Cameroun.

N’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne YouTube et de laisser vos commentaires et suggestions.

 

 

 

Prises de vue et montage :

Ecclésiaste Deudjui

 

Musique

Musicscreen.be

 

Remerciements :

Pierre La Paix Ndamè

Ulrich D’Pola Kamdem

 

Ecclésiaste DEUDJUI, abonnez-vous !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Au Cameroun il n’y a pas le travail, mais il y a le « travaillement »

Bientôt c’est le 1er mai et vous allez voir la jeunesse camerounaise en train de célébrer la fête du travail. Et pourtant dans notre pays il n’y a que le « travaillement »

On « travaille » sur les malades

Ça ne veut pas dire qu’on les embauche hein, attention ! Mais ça veut dire qu’on les éloigne de l’hôpital. Ça veut dire qu’on n’a plus du tout confiance en la médecine occidentale, et qu’on va emmener nos patients chez les faux pasteurs, les marabouts, les prêtres, les guérisseurs traditionalistes, etc.

Je sais de quoi je parle. Puisque j’ai une voisine en face de mon portail qui « travaille » sur les épileptiques. On raconte aussi qu’elle peut réhabiliter les handicapés et les sourds-muets ; qu’elle peut redonner la vue aux aveugles, et qu’elle peut aussi te permettre de te débarrasser définitivement de toute ta malchance…

Au fait, le « travail » sur les malades veut simplement dire que tu es un charlatan et que tes techniques de guérison sont totalement inintelligibles ! Mais nous on s’en fiche, puisque mes compatriotes vont simplement te vénérer et ils vont raconter partout que tu es un spécialiste du « travaillement ».

 

On « travaille » sur les artistes

Ça ne veut pas dire qu’on leur remettra leurs droits d’auteur hein, attention ! Rien à voir ! Surtout que la plupart de nos artistes sont des chômeurs endurcis en réalité, et que certains parmi eux s’étaient carrément autoproclamés musiciens… Tsuip !

Mais on « travaille » sur les artistes. Ça veut dire que si tu es un humoriste de rue ou bien de bars, il y a certains soûlards qui vont te verser des piécettes dans ta casquette si tu réussis à les faire sourire. Si tu es un dessinateur ou bien un peintre, eh bien tu n’auras rien ! Si tu es un poète comme mon ami Pierre La Paix Ndamè on pourra peut-être te recruter à la Maison de la Culture. Si tu es un cinéaste ou bien un réalisateur qui vend ses propres CD-DVD au marché central en compagnie de ses acteurs histrions, eh bien ton long-métrage ne vaudra que le prix de la bière ! Et si par bonheur tu es un griot, un rappeur de sous-quartier ou encore un hurluberlu comme le pseudo-chanteur Nyangono du Sud, tu auras peut-être quelque chance d’être invité à un éventuel mariage ou alors à un enterrement.

Mais au fait, le « travail » sur un artiste c’est lorsqu’il monte sur le podium pour effectuer sa prestation, et que des inconnus lui balancent de l’argent comme pour se démontrer à eux-mêmes qu’ils sont réellement de vrais mélomanes…

 

Georgette Eto'o farote Belka Tobis
Georgette Eto’o, l’épouse de Samuel, en train de « travailler » sur l’artiste Belka Tobis. Source: cameroonweb.com /Image reproduite sous autorisation

 

On met les gens au travail

De quel travail je vous parle au juste ? Parce que depuis que je courtise certaines Camerounaises, il y en a qui ne font que me tourner comme le couscous et c’est cette manœuvre-là qu’on appelle aussi ici « mettre quelqu’un au travail. »

Il ne s’agit pas d’un emploi en réalité. Il s’agit de quelqu’un qui te fait réfléchir ou bien qui te donne de faux espoirs. Il s’agit d’une épreuve que l’on te soumet pour t’embrouiller. Il s’agit de la vengeance d’une araignée ou bien d’une panthère. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une manipulation perverse, entre quelqu’un qui veut te faire stresser avant de te promettre une récompense, ou alors quelqu’un qui veut te faire galérer durablement avant de ne pas te doter de la moindre compensation…

 

On ne nous donne pas le vrai travail

Et donc, on ne nous donne pas du tout de vrai travail ici au Cameroun. On ne nous paye pas bien. On ne nous paye pas régulièrement. On ne nous assure pas. On ne nous rassure pas. On ne nous augmente pas. On ne nous promeut pas. On ne nous distingue pas. On ne nous donne pas le vrai travail, tout simplement…

Au Cameroun il y a surtout le recrutement par népotisme. Il y a encore beaucoup d’entreprises qui sont restées tribalistes. Il y a les licenciements abusifs qui ne sont presque jamais réparés. Il y a de nombreux Camerounais qui sont rémunérés au simple SMIG (environ 50 euros), et il y a surtout de nombreux employés qui ne sont pas reconnus par la CNPS et qui ne vont jamais bénéficier de notre succédané de sécurité sociale…

Et donc, on ne nous donne pas le vrai travail. Le chômage est devenu majoritaire. Les jeunes ne choisissent plus leur profession de leur propre gré. Les plus courageux se lancent dans l’entrepreneuriat ou la création d’entreprise, et même si ça ne marche pas ça flattera au moins leur égo surdimensionné. Les Camerounais sont de véritables bosseurs mais ils n’ont pas de vrai métier puisqu’ils sont des bendskineurs, des sauveteurs, des call-boxeuses, des serveuses, des ménagères, des vendeuses de piment, des laveurs de voitures, des pasteurs, des démarcheurs, des jongleurs, des blanchisseurs, des photocopieurs.

Ils n’ont pas de vrai métier puisque certains sont même devenus des blogueurs.

 

jeunes commerçants camerounais
Les Camerounais commencent à travailler dans l’informel dès leur plus jeune âge. Photo: actucameroun.com /Image reproduite sous autorisation

 

Au Cameroun il n’y a pas de travail hein, mais il y a toujours le « travaillement »

Bientôt ce sera le 1er mai et vous allez voir la jeunesse camerounaise en train de célébrer la fête du travail. Et pourtant dans notre pays il n’y a que le secteur informel…

 

Au Cameroun il n’y a pas le travail car de nombreux jeunes sont des contractuels, des temporaires, des personnels intérimaires voire des prestataires individuels.

Au Cameroun il n’y a pas le travail puisque l’âge de la retraite dépend de la personnalité de celui qui occupe le poste fictif.

Au Cameroun il n’y a pas réellement de l’emploi à vrai dire, puisque la majorité de mes concitoyens sont exclusivement des débrouillards.

 

Mais le 1er mai vous les verrez en train de défiler avec un t-shirt luisant sur les épaules, et vous les rencontrerez dans la soirée avec de nombreuses bouteilles de bière. Certains salariés seront en train de féliciter leur employeur (surtout les fonctionnaires), mais la plupart des gens que vous croiserez seront très certainement des opportunistes et des chômeurs.

Et pourtant dans ce pays-ci il n’y avait pas seulement le travaillement auparavant…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, bonne fête du travail !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Communication de crise

J’ai assisté la semaine dernière à un atelier de sensibilisation sur le traitement de l’information en période de crise. Et le Cameroun était notre champ d’expérimentation…

 

formation sur la communication de crise
En pleine séance de travail pendant l’atelier sur la communication de crise. Crédit photo: Nkafu Policy /CC-BY

 

Le contexte

L’atelier s’est tenu sur un seul jour. Il a été organisé par le collectif « Emerging leaders » qui regroupe les futurs leaders de demain, et il a été chapeauté par la Nkafu Policy qui est un think tank de la fondation Denis & Lenora Foretia basée à Yaoundé.

Les travaux se sont déroulés à l’Institut Panafricain pour le Développement en Afrique Centrale (IPD-AC), sis à Bassa en face du collège Saint Charles Borromée. L’ordre du jour portait sur la « communication de crise » comme je l’ai dit plus haut, et le programme était axé sur la définition de cette communication ; sur son rôle dans la construction du vivre-ensemble, sur les dérives à éviter, sur ses enjeux, ses défis, ses interlocuteurs illégitimes, etc.

 

Les intervenants

Hormis le panel des futurs leaders qui était complété par le représentant personnel de la Nkafu Policy, à savoir Ulrich D’Pola, les intervenants prévus étaient Olivier Kinguè Moli et la présentatrice Carole Yemelong. Mais ces deux-là ont été remplacés au pied levé ꟷet avec brio !ꟷ par un certain Joseph Itotè qui travaille à la CRTV et dont j’ai immédiatement profité pour faire la connaissance.

À part eux, il y avait une bonne quinzaine de journalistes dans la salle (presse écrite, radio, télévision, web). Il y avait une demi-dizaine de blogueurs (dont Junior Haussin, Didier Ndengue et moi-même). Il y avait un commissaire de Police qui était dans l’assistance pour superviser surveiller nos travaux, et aussi un élément des renseignements généraux qui ne faisait que rédiger méticuleusement son rapport. Et quand ce dernier prenait la parole, il demandait aux gens d’éteindre leur smartphone et d’arrêter immédiatement le moniteur de leur caméscope électronique…

 

Ulrich D'Pola Kamdem
Ulrich D’Pola, représentant de la Nkafu Policy durant cette formation. Crédit photo: Emerging leaders /CC0

 

La période de crise

Alors, c’est quoi la période de crise ? Parce que depuis que les Camerounais bavardent sur internet, certains n’ont pas encore compris que l’heure est devenue grave ! Certains n’ont pas remarqué que moi j’avais directement cessé mes plaisanteries tribalistes à la veille des élections, et que dorénavant même j’évite de mélanger des mots comme « Maurice » et « Kamto ». Les gens ne comprennent pas encore que l’heure est devenue gravissime, et que le Cameroun se retrouve actuellement sur des braises ardentes. Car non seulement il y a les histoires de Boko Haram là-bas au Nord, mais en plus il y a la guerre civile (il faut bien l’admettre) dans nos régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Sans compter que toute l’intelligentsia du MRC se retrouve enfermée derrière les barreaux à Nkondengui, et que ses militants qui sont dehors ne cessent d’exhorter le peuple à la sédition et au soulèvement.

Sans oublier que la haine tribalistique est en train de se propager sur les réseaux sociaux, et qu’il suffit d’une petite étincelle (entre les tontinards et les sardinards par exemple) pour que notre pays se retrouve consumé comme la majestueuse cathédrale Notre-Dame de Paris…

 

Les enseignements

Les enseignements que j’ai tirés de cet atelier sont simples : on ne veut pas tout dire en situation de crise. On ne peut pas tout dire en situation de crise. On ne doit pas tout dire en situation de crise…

Parce qu’en tant que faiseurs d’opinions, nous les blogueurs et les journalistes devons apprendre à pratiquer un recoupement de l’information responsable. Nous devons toujours pouvoir confronter et vérifier nos sources. Nous ne devons pas sombrer dans la désinformation comme certains internautes, ni dans la recherche du buzz à travers les fake news, ni dans l’exagération, ni dans la victimisation, ni dans la manipulation politique, etc.

En tant que boussoles comme mon ami Pierre La Paix Ndamè, nous devons restituer les faits lorsqu’ils sont détournés. Nous devons éduquer les populations qui n’ont pas accès à la vraie information. Nous devons soutenir les pouvoirs publics (sans pour autant les encourager) afin qu’ils puissent rétablir l’ordre public. Nous devons toujours condamner ce qui est condamnable, mais surtout défendre ce qui est défendable et systématiquement applaudir ce qui est applaudissable.

Nous devons favoriser la Paix, tout simplement, car c’est d’abord ça la responsabilité citoyenne. Et elle est d’autant plus indispensable en ce moment puisque nous nous retrouvons dans une situation de crise.

 

Ecclésiaste Deudjui reçoit son parchemin
J’ai reçu une attestation à la fin de la formation. Crédit: Nkafu Policy /CC-BY

 

Communications de crise

Donc la semaine dernière hein, j’ai bénéficié d’une formation journalistique sur la communication en période de crise. Et c’est le Cameroun qui était notre champ d’expérimentation…

 

Communication de crise. Avant de publier une information, il faut d’abord vérifier si c’est le bon moment ; ou alors si cette information sera bien correctement interprétée par ceux qui vont la recevoir.

Communication de crise. Les mots ont un sens. Les images sont des armes. La façon de dire les choses est parfois plus importante que le message que l’on veut faire passer lui-même.

Communication camerounaise de crise, car le véritable problème c’est que tout le monde ici pense qu’il possède également le même droit de s’exprimer.

 

Et même si cela peut paraître tolérable dans une situation normale, il en devient critique lorsque l’atmosphère se révèle non-maîtrisable. Et dans le cas du Cameroun qui traverse actuellement une sérieuse turbulence socio-politique, nous devons faire très attention aux mots que nous prononçons et surtout surveiller les informations que nous divulguons.

Et c’est cette vertu-là qu’on appellera alors la communication de crise.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je communique en crise

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


J’ai décidé de ne plus regarder le porno

Il y a une chaîne sur mon décodeur qui ne fait que diffuser des films pour adultes pendant 24h/24. Et c’est peut-être à cause d’elle que j’ai décidé de ne plus regarder le porno !

 

addiction au porno
L’addiction au porno est une véritable pathologie. Crédits: Youtube /Illustration reproduite sous autrisation

 

J’ai décidé de ne plus montrer la pornographie aux filles

Je n’invente rien. Puisque c’est bien connu que quand un Camerounais invite une Camerounaise à l’intérieur de sa chambrette, c’est généralement pour lui projeter des films pornographiques !

Auparavant je pratiquais aussi cette technique, afin d’exciter la demoiselle. Puisque quand tu commences à caresser une fille et qu’elle veut déjà te menacer en te disant que « Ne me touche pas ! », Tu es bien obligé de passer à la vitesse supérieure. Et c’est comme ça que je leur disais que je partais mettre du makossa, et pourtant j’allumais mon lecteur DVD et je diffusais plutôt les classiques de mon acteur préféré qui s’appelait Rocco Siffredi…

 

J’ai décidé de ne plus travailler en regardant le porno

Ça me déconcentre ! Vrai-vrai. Puisque quand tu es sur ton ordinateur en train de regarder un film pour adultes alors que tu as des dossiers urgents à traiter, comment est-ce que tu vas encore pouvoir te re-concentrer ? Surtout que même si tu cliques sur « Pause », tu auras toujours envie de connaître la suite de la scène (et pourtant tout le monde la connaît) et donc tu vas immédiatement re-cliquer sur « Play ».

C’est un classique.

Donc pour être plus sérieux hein, le porno au bureau c’est très dangereux. C’est très contre-productif. C’est très déroutant. C’est très excitant lorsque tu viens de consommer ton grand déjeuner à l’heure de ta pause, et si tu ne fais pas attention tu vas aller bondir sur l’une de tes collègues […]

C’est très perturbant. Ça m’empêchait même souvent de rédiger mes rapports, de faire de bons mails professionnels, de me concentrer sur mes camerounaiseries alors que je suis un blogueur à la base ; et que je ne suis pas spécialement à la recherche d’une relation sexuelle avec toutes les nouvelles stagiaires qui arrivent…

 

Rocco Siffredi, acteur porno
Rocco Siffredi, l’un des plus grands acteurs pornos de sa génération. Source: malpensa24.it /Photo reproduite sous autorisation

 

J’ai décidé de ne plus regarder le porno sur les réseaux sociaux

La seule solution pour éviter ça, c’était de sortir de mes groupes WhatsApp ! Puisque sur Facebook, heureusement, il y a un Juif qui s’appelle Mark Zuckerberg et qui a décidé de supprimer toutes les publications contenant une sexualité intempestive…

Mais sur WhatsApp, il n’y a pas de contrôle ! Tu peux même reconnaître ta sœur parmi les nombreuses vidéos pornographiques qui circulent librement sur cette plateforme. Tu peux voir comment un gars se connecte chaque matin et il vous balance cinquante vidéos pornographiques à la seconde ! Tu peux voir des filles qui sont complètement dévergondées, et qui vous partagent leurs POV (Private Own Video) en version originale. Tu peux avoir des gars qui organisent des partouzes presque tous les weekends, et qui vous expédieront le résultat final au format MP4. Tu peux même décider ꟷcomme moiꟷ que tu vas sortir de tous tes groupes WhatsApp, mais est-ce que cela va alors empêcher certains individus malveillants de continuer à t’envoyer leurs vidéos pornographiques en privé ?

 

J’ai décidé de ne plus adopter un comportement pornographique

Le comportement pornographique, c’est lorsque tu as déjà trop regardé les films pornos (comme Pierre La Paix Ndamè) au point où c’est même déjà devenu comme une drogue ! Et les symptômes les plus visibles sont : masturbations à répétition, addiction aux prostituées, dragues intempestives dans la rue et sur les réseaux sociaux, mémorisation des aphorismes tels que « Même l’eau sale éteint le feu », etc.

Et lorsque tu discutes avec une inconnue sur internet, la première photo que tu lui envoies c’est celle de ton bangala. Lorsque tu invites une copine un bois blanc chez toi et que la fille te permet de la déshabiller, tu as exclusivement envie de jouir dans sa bouche ! Et c’est comme ça que toutes les femmes qui passent devant toi te paraissent subitement comme des masochistes soumises. Tu deviens un pervers qui s’ignore. Si tu ne te contrôles pas tu risques de devenir un pédophile. Tu ne penses plus au missionnaire mais tu veux seulement pratiquer le Kâma-Sûtra. Tu crois que la vie est comme un film porno parce que dès qu’une voisine arrive chez toi pour te demander les allumettes, tu es directement en train d’imaginer que votre conversation va se terminer à l’horizontale…

 

jetons formant le mot SEX
L’industrie du porno a pour but de nous rendre accros au sexe. Source: sexo06.fr /Image reproduite sous autorisation

 

J’ai finalement décidé de ne plus regarder le porno

Donc depuis que j’ai acheté mon décodeur, il y a une chaîne dessus (canal 149) qui ne fait que diffuser des films pour adultes pendant toute la journée ! Et elle risque même de me pousser à adopter un comportement irréversible.

 

J’ai décidé de ne plus regarder le X ! C’est sale, c’est crade, c’est irréel, c’est humiliant pour la gent féminine et ça déconstruit la représentation sociétale de la sexualité.

J’ai décidé de ne plus pratiquer la sauvagerie ! Car ce ne sont pas toutes filles qui supportent la sodomie. Ce ne sont pas toutes les femmes qui avalent le sperme. Ce ne sont pas toutes les positions qui sont forcément indispensables.

J’ai décidé de ne plus jamais conserver les contenus à caractère pornographique dans mon ordinateur, que ce soient des films, des e-books, des audios, des sites web, etc.

 

Car l’industrie du porno est une industrie qui a pour seul objectif de nous démolir, et de nous abrutir. C’est une industrie qui est savamment et machiavéliquement pensée. C’est une industrie qui recrute de belles salopes qui vont facilement nous faire fantasmer, mais aussi des acteurs qui sont performants et qui sont tellement bien équipés que ça m’inspire parfois de la jalousie.

Et je crois que c’est aussi à cause d’eux que j’ai finalement décidé de ne plus regarder le porno.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’arrête le porno !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Le dictionnaire « Camerounaise » des mots-clés

J’ai déjà remarqué que quand je discute avec une Camerounaise, il y a certains mots-clés qui peuvent me mettre dans les problèmes. Et je préfère les lister ici afin que chacun d’entre vous soit responsable de ses propres turpitudes…

 

homme avec une femme triste
Les mots que nous prononçons peuvent modifier l’humeur d’une Camerounaise. Image: freepik.com /CC0

 

Il y a les mots-clés sur le travail

C’est-à-dire que si tu dis à une Camerounaise que tu « travailles » à Dibombari, ne lui dis surtout pas que tu possèdes un grand « bureau » et que cet espace de travail est alimenté par plusieurs « climatiseurs » ! Sinon la fille va penser que tu es un « boss » comme mon ami Pierre La Paix Ndamè (c’est lui qui gère la Maison de la Culture), et elle va immédiatement commencer à te soumettre tous ses problèmes d’argent.

Et même lorsque tu es un « chômeur », évite de dire à une Camerounaise que tu veux aller à la « banque » ou bien que tu souhaites ravitailler ta « carte de crédit ». C’est suicidaire ! Surtout que les gens qui touchent un gros « salaire » ou alors qui effectuent quelques « missions » à l’étranger, leur copine ne se gêne pas pour aller fouiller turlupiner leurs « collègues » et pour leur demander si tu n’avais pas encore reçu une « nomination » entre-temps…

 

Il y a les mots-clés sur la nourriture

Je vous avais déjà expliqué ici que la petite vient en mangeant. Surtout les petites camerounaises. Mais pour qu’elle vienne manger en courant, il y a certains mots-clés que si tu prononces hein, ce sera comme si la fille n’avait jamais entendu ces mots-là auparavant…

Sérieux ! Il y a d’abord les mots-clés « chawarma », « brochettes de porc » et « poisson braisé ». Il y a les mots comme « glace à la vanille » et aussi « plaquettes de chocolat ». Il y a la locution « gâteau d’anniversaire ». Il y a les expressions de type « plantain-vapeur » ou encore « dakéré sénégalais ». Il y a des mots que si tu prononces au téléphone comme « poulet DG » ou bien « Tchop et Yamo » par exemple, tu vas voir comment la fille va atterrir devant toi alors que tu n’avais même pas encore terminé de lui téléphoner hein !

 

filles africaines en boîte de nuit
Les filles camerounaises adorent les ambiances. Source: Facebook /CC0

 

Il y a les mots-clés sur les ambiances

Les filles d’ici aiment trop le « mouvement ». Sans blague ! Elles adorent la grande vie, surtout que ce ne sont jamais elles qui dépensent. Alors si elle te dit qu’elle boit les « Heineken » et que toi tu pars commander une grosse « cuvette » de bouteilles et de canettes qui sont bien fraîches, elle va subitement te trouver intéressant intelligent. Et si en sirotant tu lui parles du « whisky », du « vin rouge », du « champagne » et de toutes ces liqueurs frelatées qu’on retrouve déjà dans n’importe quelle « cave » ici à Douala, la fille va sauf que venir dorénavant à tous tes rendez-vous !

Si tu dis à une Camerounaise que tu vas l’inviter au concert de « Dadju », et que d’ailleurs tu es même l’ami personnel de « Fally Ipupa » en chair et en os, elle va aussi commencer à te regarder comme une demie star. Elle aura souvent envie d’effectuer plusieurs sorties en ta compagnie. Elle sera ravie lorsque tu seras le commandant de votre « bateau », et que la « chicha » ne sera pas non autorisée. Elle souhaitera même que vous ayez suffisamment de « carburant » pour faire le tour des snack-bars, et que de temps en temps tu lui donnes un peu de « farotage » pour qu’elle aille le glisser dans les écouteurs de votre « disc-jockey »…

 

Il y a les mots-clés sur les arts de vivre

Ou comment toi tu vis chez toi. Parce que c’est bien beau de discuter avec une fille sur WhatsApp ou alors de l’inviter en boîte de nuit pour faire sa connaissance (je sais, c’est bizarre), mais ça ne la renseigne pas sur la manière dont tu vis exactement lorsque tu te retrouves chez toi.

Alors, il ne lui reste plus que les mots-clés « Canal+ » que tu peux prononcer lorsque tu commences à déblatérer sur ton « écran plasma ». Il lui reste des mots comme « Tommy Hilfiger » lorsque tu lui parles de ton dernier « shopping ». Il lui reste ta montre « Rolex ». Il lui reste ton « jogging » hebdomadaire. Il lui reste ton « appartement » ou bien ta « villa » où tu résides. Tes « hôtels » lorsque tu es hors de la ville. Tes appareils électroménagers qui vont de ton « réfrigérateur » à ta « machine à laver », sans parler de la « domestique »  que tu viens de recruter et qui ne travaille que trois jours sur sept durant toute la semaine…

 

dessin cerveau de femme
Il y a trop de connexions neurologiques dans le cerveau d’une Camerounaise. Source: villagesante.ht /Dessin reproduit sous autorisation

 

Le dictionnaire « cameruineuse » des mots-clés

Donc depuis un certain moment hein, il y a certains mots-clés que j’évite ABSOLUMENT de prononcer lorsque je discute avec une Camerounaise.

Sinon ils vont dangereusement me mettre dans les problèmes !

 

Il y a les mots comme « héritier » ou bien « successeur ». Ce sont des mots que les Camerounaises adorent entendre, puisque leur réelle passion se trouve dans l’administration et la gestion de tout ton patrimoine.

Il y a le verbe « construire ». Car même si c’est votre relation que tu veux bâtir, la fille va d’abord s’imaginer que tu as déjà acheté un terrain quelque part et que tu veux déjà commencer à lancer les travaux sur votre chantier.

Il y a le mot-clé « mariage ». Et pour moi c’est même lui le mot-clé le plus dangereux !

 

Parce que quand je ne maîtrisais pas encore ce vocabulaire, je sortais les mots de ma bouche sans même mesurer l’effet de bombe atomique qu’ils produisaient dans le cerveau calculateur de nos Cameruineuses. Je me livrais en pâture sans même m’en rendre compte. J’exprimais naturellement mes sentiments parce que je pensais que c’était ce qui les intéresserait en premier lieu, et pourtant elles ne retenaient que mes mots-clés : « Blogueur », « Voyageur », « Célibataire ». Et c’est comme ça que les filles du Cameroun m’ont sérieusement déplumé, mais je ne leur en veux pas puisque chacun d’entre nous doit être responsable de ses propres turpitudes.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je n’utilise plus ce dictionnaire

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Un lycéen a été tué à Douala !

Vendredi dernier pendant la remise des bulletins au lycée de Déido ici à Douala, il y a eu un affrontement sanglant entre plusieurs élèves. Et un lycéen de 17 ans a été assassiné par son camarade de classe !

 

le lycéen Rosman Blériot Tsanou
Blériot Rosman Tsanou, le jeune lycéen assassiné au lycée bilingue de Déido. Source: Facebook

 

Les faits

D’après les dernières informations rumeurs, la scène s’est déroulée à l’intérieur du lycée bilingue de Déido ! Puisque pendant la cérémonie de remise des bulletins, il y a un ancien élève (il avait été renvoyé au premier trimestre) qui a pénétré dans l’enceinte de l’établissement en arborant une fausse tenue de lycéen, puis qui s’est dirigé vers la salle de classe de la future victime en compagnie de ses deux acolytes.

Apparemment, leur querelle datait de la veille. Une histoire de téléphone portable il paraît. Toujours est-il qu’ils se sont violemment bagarrés pendant plusieurs secondes, et ensuite l’ancien élève a sorti un long poignard qu’il a planté dans le thorax de Blériot Rosman Tsanou qui était pourtant son ancien camarade de 2nde C…

 

Les réactions

On ne peut pas vraiment dire qu’elles ont été spontanées. Hormis l’attroupement des élèves qui s’est grossi comme à l’accoutumée, puisque les Camerounais adorent les faits divers qui sont macabres au même titre que les histoires qui sont sanguinaires. Et il y a aussi la fuite de l’adolescent-assassin qui a été vraiment spontanée, puisque ce dernier a déguerpi des lieux tout de suite après avoir commis son homicide.

Par contre, la réaction des éducateurs a été indolente. Idem pour les secours puisqu’il n’y en avait pas. Idem également pour la Police qui n’a pas réagi à temps après l’alerte des élèves, et pourtant il y a le commissariat du 9ème arrondissement qui est situé juste de l’autre côté de la route…

Bref, ce sont les camarades de la victime qui ont dû transporter sa carcasse jusqu’à l’hôpital le plus proche, avant de s’apercevoir qu’elle avait déjà rendu l’âme ! Et au même moment le fugitif était rattrapé par les populations prévenues, et ensuite transféré entre les mains de la gendarmerie. Puis c’est la proviseure qui a téléphoné pour s’enquérir de la situation, puisqu’elle était à Yaoundé pendant qu’on remettait les bulletins dans son propre établissement ! Et il y a aussi la mère du petit Blériot qui est tombée évanouie (mais elle n’est pas morte hein !) parce qu’on venait de poignarder son fils adoptif, tandis que les enseignants de l’enfant étaient tranquillement assis en train de consommer leurs beignets-haricot…

 

lycée bilingue de Déido
L’intérieur du lycée bilingue de Déido. Image: lyceebilinguedeido.com /Image reproduite sous autorisation

 

Les explications

Quelles explications vous donner encore, alors que tout ici semble aussi clair que de l’eau de roche ? Hein ? Puisque nos adolescents sont déjà des drogués (ils consomment des amphétamines à vil prix), ils sont déjà des addicts invétérés pour les jeux de hasard (ils jouent au Parifoot comme Pierre La Paix Ndamè), et ils sont aussi des acteurs de vidéos pornographiques qu’ils réalisent avec la caméra de leur téléphone portable…

Quelles explications vous donner encore ? Puisque les bars sont alignés aux alentours de nos universités et de nos collèges, mais également aussi de nos internats ! Quels commentaires pouvons-nous encore ajouter ici au Cameroun, lorsque l’on sait que nos enfants regardent des programmes qui sont d’une violence inouïe à la télévision, et qu’ils vivent dans un climat de brutalité urbaine qui a manifestement tendance à les déshumaniser ?

Et puis c’est quoi cette histoire qu’il n’y a aucune sécurité dans nos établissements et que n’importe qui peut y pénétrer avec un long couteau ou bien avec une arme blanche ? Hein ? C’est quoi ces enceintes sans trousses de secours, sans infirmiers, sans extincteurs, sans caméras de surveillance ? Hein ? Comment pouvons-nous confier notre descendance à un ministère qui brasse pourtant des centaines de milliards de francs CFA par saison, mais qui n’arrive même pas à assurer l’éducation ni la sécurité de sa propre jeunesse ?

 

Le contexte

Et puis, il ne faut pas se cacher, chaque nation n’a que les adolescents qu’elle mérite ! Chaque République n’a que les hommes et les femmes qu’elle aura fabriqués. Chaque peuple n’a que la classe dirigeante qui lui est équivalente et ressemblante, à la réalité…

Puisque dans notre pays le Cameroun, il y a la guerre en zone anglophone avec des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, mais cela ne choque personne ! On vient d’incarcérer toute l’intelligentsia du premier parti d’opposition qui reste le MRC, mais cela n’offusque personne ! Il y a des administrateurs qui ont détourné (et qui continuent encore de détourner) des dizaines de milliards de francs CFA dans notre modeste argent du contribuable, mais ils sont plutôt considérés ici au Cameroun comme des demi-dieux !

Alors, dans un tel environnement de violence entre les tontinards et les sardinards, comment pensez-vous que nos élèves ne vont-ils pas aussi reproduire ce qui se passe là-bas en haut au sommet de notre société ?

 

infirmières qui font des selfies
Les infirmières de l’hôpital de Déido en train de filmer le lycéen agonisant au lieu de le réanimer. Source: Facebook

 

Un lycéen camerounais a été tué à Douala !

Donc le vendredi 29 mars 2019 pendant la cérémonie de remise des bulletins, il y a eu un affrontement meurtrier au lycée bilingue de Déido ici à Douala.  Et un jeune lycéen de 17 ans a été assassiné par son propre camarade !

 

Un lycéen a été tué à Douala ! Et ce n’est même pas la première fois, puisque de telles histoires se sont déjà déroulées à Yaoundé, à Garoua, à Bafoussam, à Mbalmayo, à Bertoua…

Un adolescent a été tué à Douala ! À cause d’une simple histoire de téléphone portable. À cause d’un phénomène dangereux qui existe au Cameroun et que nos jouvenceaux appellent « le retour ».

Un Camerounais a été tué ici à Douala, mais moi je regarde ça comme si c’était la mort de toute la société camerounaise.

 

Puisque si on veut bien regarder hein, le Cameroun se porte vraiment très mal. Les Camerounais se portent encore plus mal en général. Les enfants camerounais sont livrés à eux-mêmes. Les parents camerounais n’ont pas le temps de bien s’occuper de leur progéniture, puisqu’ils sont préoccupés par la débrouillardise. Et lorsqu’un événement comme celui-ci vient de surgir, il ne faut surtout pas que vous le preniez à la légère ! Parce que le Cameroun de Paul Biya repose sur une dynamite et que cette dynamite-là va bientôt finir par nous faire exploser.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, repose en paix, Blériot !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Tu ne perdras jamais une femme en courant derrière l’argent…

J’étais couché dans mon lit avec une femme l’autre jour et quand ma patronne a téléphoné, je lui ai répondu : « Bonjour madame, je ne viendrai pas au travail aujourd’hui parce que je suis gravement malade. »

Et voilà comment j’ai failli perdre mon travail parce que j’étais en train de batifoler avec une Camerounaise…

 

un homme poursuit l'argent
Il ne faut quand même pas être obstiné par l’argent. Source: lesevangiles.net /Dessin reproduit sous autorisation

 

Tu ne perdras jamais une femme en étant sincère

Le problème avec les hommes camerounais, c’est qu’ils sont tous des menteurs ! Et surtout les dragueurs. Puisque quand un Camerounais se place devant une Camerounaise pour lui faire la cour, il va commencer à lui mentir jusqu’ààààààà… Alors que tout le monde sait pourtant que le mensonge n’a jamais porté de longues jambes.

Donc messieurs, il faut redevenir sincères ! Vous ne perdrez jamais une femme parce que vous lui aurez dit toute la vérité. Vous ne perdrez jamais une femme parce que vous aurez été francs et véridiques avec elle. Vous ne perdrez jamais une Camerounaise parce que vous seriez restés authentiques et honnêtes, simples, naturels, dignes de confiance, etc. Plutôt que de vous embrigader dans des fumisteries et qu’elle finisse par se rendre compte que vous n’êtes pas si magnifique que vous le prétendiez…

 

Tu ne perdras jamais une femme en étant fidèle

Oui, je sais, ça a l’air un peu utopique comme ça, mais ça existe ! Je sais que tous les hommes camerounais sont des hommes infidèles (et pas seulement en religion hein) ! Je sais que tous les hommes mariés ont des deuxièmes voire des quatrièmes bureaux*, mais : tu ne perdras jamais une femme en restant un homme fidèle !

Puisque dans la réalité hein, c’est vraiment difficile de s’investir dans plusieurs relations en même temps. Car non seulement cela engendre plusieurs dépenses, mais surtout ça demande beaucoup de temps et parfois beaucoup d’implication personnelle. Alors que tu peux utiliser tout cet « investissement » pour la seule femme que tu préfères, même si parfois elle va te trouver un peu collant et que tu vas commencer à t’imaginer que la solution serait de la tromper.

 

un homme rit avec une femme
Il faut être sincère et naturel avec sa partenaire. Source: leblogdugriot.over-blog.com /Image reproduite sous autorisation

 

Tu ne perdras jamais une femme en étant attentionné et romantique

Certains Camerounais prennent cela pour de la faiblesse, alors que ça n’a rien à voir ! Alors que c’est plutôt une force. Alors que les femmes ne demandent que ça. Alors que les femmes aiment bien les hommes qui aiment bien les femmes et qui ne se gênent pas quand il faut le démontrer…

Il faut donc être romantique. Il faut être patient. Il ne faut pas écouter tes amis qui te disent que « Tu es un dormeur ». Il ne faut pas écouter les araignées qui te considèrent comme un peureux ou bien un lâche, alors que tu es simplement un garçon romantique et que tu es toujours intéressé par les préliminaires.

Car tu ne perdras jamais une femme en étant un homme doux, en étant tendre et en étant sensuel et câlin. Mais tu risques de la perdre si tu ne fais pas attention à ses caprices et si tu n’écoutes jamais ce qu’elle te raconte.

 

Tu ne perdras jamais une femme en étant un travailleur

Quoi qu’on dise hein, les femmes nous aiment d’abord pour ce que nous représentons. Ou alors pour ce que nous pourrions devenir, ce qui reviendrait alors à la même chose…

Les femmes nous aiment parce que nous sommes souvent occupés, et parce que nous avons quelques projets. Parce que parfois elle peut te téléphoner à plusieurs reprises, et que toi tu lui répondes que « On ne peut pas se voir maintenant parce que je suis encore au travail, chérie. »

Donc, il faut être un travailleur ! Il faut être un créateur, un débrouillard, un « scienceur ». Il faut devenir un « chercheur d’argent » comme mon ami Pierre La Paix Ndamè. Il ne faut pas penser que comme tu es avec la petite, tu vas d’abord mettre de côté tes business. Non ! Il faut expliquer à ta compagne que tu ne peux pas te contenter de votre amour et de l’eau fraîche. Il faut lui dire que vous aurez toute la vie pour vous regarder les yeux dans les yeux et pour vous dire des mots d’amour. Mais que hein, pour le moment hein, il faut d’abord qu’elle te laisse courir derrière ton argent !

 

Aliko Dangote
Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, est très admiré par les Camerounaises parce que c’est un travailleur. Source: congolaisdebout.blogspot.com /Image reproduite sous autorisation

 

Tu ne perdras jamais une Camerounaise en courant derrière l’argent…

Donc c’était un jour ouvrable hein, mais moi j’étais tranquillement couché sur mon matelas avec une nouvelle conquête. Et quand ma patronne a téléphoné, je lui ai répondu que « Bonjour madame, je ne viendrai pas au travail aujourd’hui parce que je suis complètement grippé… »

 

Tu ne perdras jamais une femme en étant respectueux ! Ça veut dire que tu dois rester poli envers ta propre famille et que tu ne dois pas vraiment changer envers tes propres amis.

Tu ne perdras jamais une femme en étant honnête ! Donc c’est mieux de dire la vérité, même si tu avais déjà fait plusieurs enfants auparavant.

Tu ne perdras jamais une Camerounaise si tu es toujours concentré devant ton ordinateur, si tu es toujours au téléphone ou alors si tu es toujours enfermé dans ton bureau.

 

Parce que ce qui effraie vraiment les filles de notre pays-ci, ce sont surtout les hommes qui viennent de perdre leur travail. Ce sont aussi les hommes qui ne font rien. Ce sont les types qui ne savent même pas rêver, ou alors ces hurluberlus qui n’ont aucun projet pour leur avenir. Et c’est pour ça que les femmes n’aiment pas les hommes fainéants qui sont obligés de toujours mentir pour se donner de la valeur, surtout que tu peux perdre beaucoup-beaucoup d’argent en courant derrière une femme alors que tu ne perdras jamais une femme parce que tu avais couru derrière l’argent…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, je cherche d’abord l’argent !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org

*avoir un deuxième bureau : expression qui signifie avoir une maîtresse


Voici alors les hommes qui nous gâtent le dehors…

Pendant que nous on emmène nos copines au tourne-dos, il y a des gars ici qui les emmènent dans les grands restaurants de Bastos ou bien de Bonapriso. Pendant que moi j’invite mes petites dans les beignetariats et quelquefois aussi dans les sans-caleçons, il y a certains Camerounais qui les invitent plutôt dans les glaciers et dans les lounges.

Et voilà comment ces hommes-là ont fini par nous gâter le dehors…

 

un homme avec une femme sur le lit
Certains hommes couchent avec votre femme parce qu’ils lui donnent ce que vous ne pouvez pas lui offrir. /CC0

 

Il y a les vieux pédophiles

Les vieux pédophiles qui ont de l’argent hein, je précise. Pas n’importe quels vieux ! Je parle là des vieux qui sont « capables ». Je parle de ces détourneurs de fonds publics et de ces escrocs qui sont capables de dépenser cinq cent mille francs CFA sur une midinette camerounaise, juste pour qu’elle vienne passer le week-end avec eux leur donner le piment au bord de la plage là-bas à Kribi.

Je vous parle de ces séniors qui viennent souvent garer leur Mercedes rutilante devant le portail de certaines universités, et qui disent à ta petite amie que « Bonjour Mademoiselle ! Ça te dirait qu’on aille faire du shopping ? » Alors que quand la même petite vient te voir pour te demander un minguili argent pour se coiffer, toi tu es toujours en train de fouiller le fond de tes poches et ça ne lui donne même pas l’envie de te demander de lui acheter de nouvelles paires de chaussures…

 

Il y a les Biafrais

Je ne sais pas si c’est parce qu’ils ont trop d’argent ou alors si c’est parce qu’ils sont vraiment stupides (ça peut aussi être les deux hein). Mais quand je vois comment un Biafrais entretient une Camerounaise, je n’ai même pas un peu envie de tenter de le challenger. Puisque là où toi tu vas donner mille francs CFA à la fille, lui il va donner cinquante mille francs CFA ! Là où toi tu discutes les mèches de 950 FCFA qu’on vend là-bas au marché Mboppi ou bien à Nkoulouloun, lui il va carrément lui commander des mèches vénézuéliennes ! Là où toi tu mènes toujours les enquêtes lorsque ta petite amie te dit qu’elle est enceinte, ou bien qu’elle est malade, ou bien quand elle veut t’escroquer lorsqu’elle te dit qu’elle vient de perdre l’un des membres de sa famille, le gars Biafrais lui il ne va même pas réfléchir (c’est le cas de le dire) : il va seulement donner l’argent en espèces et si elle est à distance il va directement lui expédier un Orange money.

 

les hommes du BIR
Les hommes du BIR sont très admirés par les Camerounaises. Source_ camer.be /Image reproduite sous autorisation

 

Il y a les gars du BIR

Ici ce n’est pas vraiment une histoire d’argent. Parce que même si on cumule les soldes d’un gars du BIR sur les vingt-quatre derniers mois, je ne suis pas sûr que cela peut atteindre ce que j’ai dépensé personnellement durant les trente derniers jours !

Par contre, ce sont des gars qui nous gâtent le dehors parce qu’ils aiment trop ya’a qu’ils sont trop forts. Ils aiment trop mimbà. Ils aiment trop faire le sissia quand ils vont en boîte de nuit avec leur pantalon en treillis et avec leurs bottillons bien cirés, et ce qui m’énerve c’est que les filles adorent ça. Parce que les femmes camerounaises aiment trop la provocation, et donc elles sont fascinées lorsque leurs petits amis (elles en ont plusieurs) viennent pour les défendre. Elles aiment aussi parfois quand leur propre compagnon les bastonne en public. Elles adorent quand elles se baladent en plein milieu des nangas bokos ici dans les ruelles dangereuses de Douala, et que personne n’ose leur arracher leur sac à main puisqu’elles sont en compagnie d’un gars du BIR ! Alors que si c’était moi hein, on allait plutôt laisser la fille tranquille et on allait me demander de déposer tous mes téléphones portables et mon argent, puisque je n’aurai même pas eu assez de courage pour essayer de me protéger moi-même…

 

Il y a les bamendas

Pas la tribu hein, le comportement ! Parce que je connais aussi des Bamilékés qui sont des bamendas. Je connais des Ewondos qui sont de bons bamendas. Je connais des Toupouris qui sont des mougous. Je connais des hommes que quand la fille lui dit seulement que « J’ai faim », le gars est capable d’effectuer le tour du Cameroun pour aller lui chercher son chawarma et venir le lui livrer à domicile…

Non, sérieusement, ce n’est pas bien d’être un bamenda ! Enfin, un mougou ! Ce n’est pas bien d’être un kengué. Ce n’est pas bien que tu charges le téléphone de la fille avec un crédit de cinq mille francs CFA, et que c’est encore toi qui doives l’appeler pour qu’elle te confirme si elle l’a reçu. Ce n’est pas subtil d’envoyer les mégas à une Camerounaise alors que tu sais pertinemment qu’elle t’a bloqué sur son WhatsApp. Ce n’est pas bien que tu chauffes le tam-tam jusqu’à la fumée sort, alors que les vrais musiciens sont cachés dans l’ombre. Ce n’est pas normal d’être un rythmeur. Ce n’est pas correct que tu saignes sur la nga, que tu lui donnes presque tout ce qu’elle te demande (et même ce qu’elle ne demande pas), que tu lui fasses des cadeaux, des surprises, des anniversaires grandioses, et que quand tu as fini de dépenser comme ça elle vient te dire un jour que « Pierre La Paix Ndamè, c’est fini entre nous deux ! »

Et pourtant tu n’avais même pas encore réussi à apercevoir son caleçon hein !

 

deux sapeurs africains
Les femmes camerounaises aiment les hommes naïfs qui sont prêts à tout leur offrir pour rien. Source: camer.be /Illustration reproduite sous autorisation

 

Voici alors les Camerounais qui nous saccagent le dehors…

Donc pendant que vous, vous comptez l’argent de la ration avant de venir le déposer sur le chevet de votre lit, il y a des hommes ici qui disent à ton épouse que « Chérie coco, est-ce que tu peux m’aider à faire le marché pour les trois prochains mois ? »

 

Voici les hommes qui nous gâtent le dehors ! Je parle de ces mbeinguètaires et de ces feymen qui embrouillent nos petites lorsqu’ils viennent en congés ici au Cameroun, et qui les font même parfois voyager sans décoller.

Voici les gens qui nous pourrissent le dehors ! Parce que si un Blanc ou un Métis vient pour draguer ta copine, elle va commencer à te mentir qu’elle ne peut plus coucher avec toi parce qu’elle ressent déjà le mal d’estomac.

Voici alors les types qui nous ont complètement détruit le dehors ! Puisque comme les profs de gym et les faux pasteurs sont de bons parleurs, les filles camerounaises les poursuivent ici comme des abeilles.

 

Les filles camerounaises adorent tout ce qui brille. Les filles camerounaises veulent goûter aussi le bling-bling. Les filles camerounaises sont fatiguées de tes jolies promesses. Les filles camerounaises n’écoutent plus que les hommes qui ne parlent pas beaucoup, et qui chuchotent seulement en effleurant leur porte-monnaie lorsqu’ils leur demandent que « Tu auras besoin de quelle somme d’argent exactement ? »

Et voilà comment ces salopards-là ont gâté le peu de bonnes filles qui existaient encore ici au Cameroun…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne gâte pas le dehors !

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org


Comment une femme peut aimer un homme qu’elle n’a jamais vu

Je connais beaucoup de femmes qui me confient souvent : « Mon petit ami est à Mbeing », « Mon fiancé est aux États-Unis », « Mon futur mari se trouve du côté de la Côte d’Ivoire. »

Et pourtant ces dames-là n’ont même pas encore rencontré les amants virtuels dont elles me parlent hein…

 

un cœur sur un clavier d'ordinateur
Beaucoup d’histoires d’amour naissent à partir du clavier. Image: iStock /CC0

 

Son argent

Évidemment que c’est le premier moteur ! Parce que si tes poches sont trouées comme pour un habitant de Dibombari, tu ne pourras même pas sortir avec une fille qui est dans les villages voisins comme Bomono, Souza, Nkapa, Bekoko, Malèkè, etc.

L’argent c’est le nerf de la drague ! Et c’est pour cela que dans toutes les relations à distance, le mot de passe c’est « Western Union ». Si vous êtes dans le même pays comme les gars qui sont à Bafoussam et qui ont leur petite amie virtuelle à Yaoundé, le mot de passe deviendra « Express Union » (si, si, ça existe encore). Et si alors vous êtes dans la même ville comme les gars loubards qui baratinent les pimentières sur WhatsApp, le mot de passe se transformera en « Orange money » ou bien en « MoMo » (pas Jean de Dieu hein !). Mais ce qui est certain c’est que dans tous les cas hein, une Camerounaise ne peut pas aimer un homme qui vit à distance si ce type-là ne prend jamais la peine de lui transférer régulièrement de l’argent en liquide…

 

La liberté de le tromper

Évidemment que c’est le deuxième moteur ! Parce que quand tu sors avec un homme qui est dans la même région que toi, c’est souvent un peu compliqué de le tromper avec un autre Camerounais qui vit dans les parages. Puisque quand tu vas te rendre en boîte de nuit, il y a des détectives privés invisibles qui vont l’appeler pour lui dire que « Euh… Ecclésiaste ! Est-ce que tu sais qu’on vient d’apercevoir ta Marguerite ici au Cheval Blanc ? »

Alors que quand tu sors avec un Parigot que tu n’as jamais vu (et qui ne t’a jamais vue non plus), il va d’abord savoir que le Cheval Blanc c’est de quel côté ? Hein ? Tu peux même lui mentir que c’est le nom d’un hippodrome qu’on vient de construire en prévision de la CAN de 2021. Tu peux lui dire que tu étais à l’auberge pour siester avec l’un de tes meilleurs amis, et il ne va même pas comprendre ce que la « sieste » veut dire. Tu peux lui déclarer que tu es actuellement en train de voyager pour la ville de Nkongsamba. Tu peux lui faire accroire que tu venais récemment de déménager. Tu peux lui faire avaler que tu es enceinte. Tu peux lui mentir que tu ne te sens pas très bien, que tu es à l’église, que tu es dans une plantation en train de semer le haricot, etc.

Est-ce qu’il va même essayer de tenter de vouloir commencer à discuter ? Hein ? Est-ce qu’il aura les arguments pour déterminer si oui ou non tu es réellement en train de lui déclarer la vérité ?

 

une femme sort de l'ordinateur pour embrasser un homme
Les amants virtuels sont souvent plus attachants que les amants réels. Source: romainhubaut.wordpress.com /Image reproduite sous autorisation

 

Le temps de la discussion

En dehors de ces côtés matérialiste et opportuniste que les filles apprécient souvent toujours dans les relations à distance, il faut quand même reconnaître qu’il y aura aussi le temps de la discussion.

Parce que normalement quand un Camerounais rencontre une cameruineuse dans le monde réel, il va rapidement lui offrir le poisson braisé et ensuite il va chercher à la culbuter ! Alors que quand tu rencontres un baratineur sur les réseaux sociaux, il va au moins faire semblant de te donner un peu plus de considération. C’est vrai que son objectif majeur restera de te déshabiller, mais il y mettra quand même un peu de la manière ! Il va te réveiller tous les matins avec des baisers virtuels et il va te rendormir le soir avec des bisous et des jolis cœurs. Il sera généralement précautionneux lorsque vous déblatérerez. Il essaiera toujours au moins de faire semblant d’apprendre à vouloir te connaître. Il ne sera pas trop pressé de coucher avec toi puisqu’il sait parfaitement que vous êtes limités par la géographie.

Vous allez discuter au téléphone de vive voix assez régulièrement, et c’est comme ça que la fille va développer des sentiments pour cet inconnu qu’elle considère même déjà comme une connaissance…

 

Le fantasme

Moi j’appelle cela la suggestion. Parce que quand une fille me plaît virtuellement et que je ne l’ai jamais rencontrée encore, en général je l’imagine toujours plus fantasmagorique que ce qu’elle ne sera dans la réalité…

Puisque quand une fille te transfère sa photo de profil sur son WhatsApp par exemple, elle choisira sélectionnera toujours une image qui n’est pas très compromettante. Et puis toi aussi tu vas lui faire des Voice Notes en whitisant comme si tu étais un métis. Tu vas lui dire qu’elle est sublimissime alors que tu ne l’as jamais rencontrée physiquement, et c’est comme ça que petit à petit elle va commencer à t’envoyer des photos de sa poitrine puis de ses fesses. Nues ! Tu vas lui envoyer le portrait de ton bangala* qui aura l’air plus volumineux (plus long et plus gros) parce que tu vas le filmer en contre-plongée et avec une courte profondeur de champ. Elle va te le trouver adorable. Elle va commencer à fantasmer sur toi parce que les hommes qu’on n’a jamais croisés sont toujours mignons, forts, romantiques, et cætera, et toi aussi tu vas fantasmer sur elle parce que les femmes qu’on n’a jamais croisées sont toujours mignonnes, fortes, romantiques, etc.

Surtout que les femmes sont toujours jolies sur leur story Facebook, sur leur statut WhatsApp et sur leur fil d’actualité Instagram…

 

aimer avec le cœur
On peut aimer malgré la distance. Source: selmourconceptions.com /Image reproduite sous autorisation

 

Comment une Camerounaise peut-elle aimer un individu qu’elle n’a encore jamais rencontré ?

Donc comme je disais, je connais beaucoup de femmes qui me révèlent souvent que « Mon petit ami est au Maroc », « Mon fiancé réside à Dubaï », « Mon futur mari se trouve du côté de la zone anglophone »! 

Et pourtant elles ne les ont même encore jamais rencontrés hein !

 

Comment une femme peut-elle aimer un homme invisible ? Eh bien c’est simple, c’est parce qu’il ne sera pas là pour lui casser les oreilles ou bien pour observer ses innombrables et interminables défauts.

Comment une femme peut-elle aimer un homme qui vit sur un autre continent ? Eh bien c’est très simple, c’est parce qu’il sera là-bas en train de chercher leur argent pendant qu’elle sera ici en train de se chercher ses ndjombas*.

Comment une femme peut-elle aimer un homme qu’elle n’avait encore jamais rencontré dans la vraie vie, alors qu’il y a pourtant plein de dragueurs qui lui font la cour tout autour ?

 

Alors que ces baratineurs-là sont en général des opportunistes. Alors que tous les hommes qui lui ont dit « Je t’aime » en face n’étaient pas vraiment des personnes sérieuses. Alors que les mecs qui la côtoient au quotidien ont pour seul objectif de la renverser sur leur matelas. Alors que les garçons camerounais ne savent plus vraiment complimenter une femme, de nos jours. Ils ne savent plus la courtiser, ils ne savent plus la chouchouter, ils ne savent plus la flatter ni la séduire, bref, ils ne savent plus pratiquer ce qu’on appelle la galanterie et encore moins le romantisme.

Et c’est pour ça que les femmes préfèrent les hommes comme Pierre La Paix Ndamè même si elles ne vont certainement jamais le rencontrer…

 

Ecclésiaste DEUDJUI, j’ai aimé une femme que je n’avais jamais vue

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org

*sexe de l’homme en argot camerounais

*une femme qui a des ndjombas est une femme qui sort avec plusieurs hommes à la fois


Le phénomène Nyangono du Sud

À l’heure où je vous parle, la plus grande vedette de la chanson camerounaise se fait appeler Nyangono du Sud. Et ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour la réputation du Cameroun…

 

Nyangono du Sud en poster
On aime aussi Nyangono du Sud pour ses posters décalés. Image: kamerlyrics.net /CC0

 

Qui est Nyangono du sud ?

Nyangono du Sud est certainement le « musicien » le plus demandé sur toute l’étendue du territoire camerounais. Et pourtant il n’est même pas du Sud hein ! Mais les organisateurs de concerts se l’arrachent depuis quelques semaines, et même les médias se le disputent pour qu’il accepte de venir sur leurs plateaux de télévision.

Sur les réseaux sociaux, c’est grave ! Les publications de Nyangono du Sud font un tonnerre sur Facebook ! Et aussi sur Twitter. Et bientôt sur Instagram. « L’artiste » se considère lui-même comme la méga-star des méga-stars (d’ailleurs il se fait appeler le « Lion du Sud »), et je vous promets qu’on n’aura pas bientôt fini d’entendre parler de ce nouvel épiphénomène…

 

Quelle est sa carrière musicale ?

À vrai dire, pas grand-chose ! Quelques semaines tout au plus. Puisque ce trublion du bikutsi (si on peut appeler sa musique comme ça) a réussi à émerger à partir d’un seul single, intitulé « Minga ma ding ». Et même si les paroles de cette chanson sont totalement décousues et par moments dénuées de sens, c’est à partir de là qu’il a fait le buzz. Avant de produire quelques autres chansons tout aussi fausses, à l’instar de « Foup fap », « Bébé soulard » ou encore « Ça a déjà commencé ».

En attendant qu’il nous produise encore d’autres chansons onomatopées dont lui seul détient le secret…

 

Nyangono du Sud avec Moustik le Karismatik
Nyangono du Sud en compagnie de l’humoriste Moustik le Karismatik. Source: Twitter /CC0

 

Pourquoi fait-il autant le buzz ?

En réalité hein, c’est un peu difficile d’expliquer convenablement le succès de Nyangono du Sud. Puisque les gens ne l’aiment pas parce qu’il chante bien (c’est même le contraire, à vrai dire). Les gens ne l’aiment pas parce qu’il parle bien. Les gens l’adorent plutôt pour tout le contraire, puisqu’il donne parfois l’impression de débarquer d’une autre planète !

Je m’explique : il chante faux, il s’habille et il se coiffe comme un extraterrestre, il se prend pour une superstar, il danse très mal et il ne parle pas correctement la langue de Molière (c’est peu de le dire !). Sans oublier que ses lyrics sont incohérents comme j’ai dit plus haut, car en même temps il semble éducatif et puis subitement il devient pornographique. C’est même à cause de ce dernier point que j’ai pensé que ses chansons pouvaient être assimilées à du bikutsi…

 

Et la musique camerounaise dans tout ça ?

Le pire dans tout ça, c’est que la musique camerounaise se porte bien. Car de mémoire, je n’avais jamais assisté à une époque musicale aussi prolifique ! Je n’avais jamais eu autant de choix que dorénavant avec les Mr Leo, X-Maleya, Longuè Longuè, Charlotte Dipanda, Richard Bona qui ne veut plus se faire produire dans les quatorze États utilisant encore le franc CFA, ou encore les magnifiques divas que sont les chanteuses Blanche Bailly avec sa consœur Daphné.

Alors pourquoi se focaliser sur un « bouffon » tel que Nyangono du Sud, puisque c’est le mot que les gens ne veulent pas utiliser à propos de son personnage. Hein ? Pourquoi faire d’un si mauvais chanteur la plus grosse vedette de l’espace musical actuel camerounais ?

 

dessin représentant Nyangono du Sud
Nyangono du Sud est parfois représenté en super-héros sur ses pochettes. Source: camer.be Dessin: lq photographie /CC-BY

 

Le phénomène de foire Nyangono du Sud

Donc à l’heure où je vous parle, la plus grande star du show-biz camerounais se fait appeler Nyangono du Sud. Et ça ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle pour la réputation de notre Cameroun…

 

Nyangono du Sud ! Il n’est pas du Sud comme je vous ai dit (il s’appelle Tatchum Nyangono), puisque c’est un Bamiléké qui a grandi à Ebolowa et qui veut se faire passer pour un Boulou’ou.

Nyangono du Sud ! Il ne s’agit pas d’un musicien en réalité, puisqu’il possède un magasin au marché central de Yaoundé et que son vrai talent normalement c’est le commerce.

Nyangono du Sud est un phénomène qui a quand même réussi à devenir une véritable star, puisque la majorité des Camerounais l’apprécie malgré tout.

 

Puisque son nom est désormais sur toutes les lèvres. Puisque son look atypique est déjà devenu « international ». Puisque ses pas de danse auront bientôt une réputation « dévastatrice », puisque même Pierre La Paix Ndamè a aussi commencé à les exécuter. Mais ce succès en dit plus sur la société camerounaise que sur la personnalité de cet « artiste » qui nous vient certainement d’une autre planète.

 

Ecclésiaste DEUDJUI, moi je ne suis pas un phénomène

WhatsApp: (+237) 696.469.637

Tous mes articles sur https://achouka.mondoblog.org