Richard Konan

La couleur des franc-maçons

La couleur des franc-maçons… Ce billet m’a été inspiré par le client d’un restaurant où j’ai l’habitude de manger entre midi et deux. J’ai tellement été surpris par les propos débités par ce compagnon d’un jour qu’il me fallait les coucher sur du papier sur l’écran de mon ordinateur.

Après plusieurs heures de boulot, il est bien normal que je marque une pause afin de donner à mon estomac tous les droits qui lui reviennent. Au moment où je m’apprête à abandonner l’ordinateur, chaise confortable (Qu’est-ce que vous croyez ? Mon bureau est bien équipé.), articles de presse, un collègue me demande de l’attendre.

Je crois que dans chaque entreprise, il y a toujours un collègue doté d’un véritable talent pour retarder les autres. Figurez-vous qu’alors que je me préoccupe à donner à mon estomac ce qu’il veut, ce cher collègue me lance : « Attends-moi hein ! On mange ensemble ce midi« . Comme s’il avait pour cynique intention de me laisser dévorer par la faim qui me tenaillait, ce collègue ne s’empressait pas de me rejoindre au portail. Finalement, au bout de plusieurs minutes d’attente, le voici pointant son nez avec un sourire dont le mérite était de m’énerver davantage.

La franc-maçonnerie, c’est quoi au juste?

Mon fameux collègue n’a pas réussi à m’ôter la faim qui me tenaillait. Malgré sa lenteur, nous sommes enfin au restaurant qui grouille déjà de monde. Comme si le sort avait décidé de s’acharner sur moi, les serveuses du restaurant m’ignorent complètement. Rassurez-vous, je ne mange pas à crédit. « Ma chérie, je peux avoir un plat de riz accompagné de la sauce graine. ». Elle me jette un regard qui en dit long et disparaît.

Finalement, un plat atterrit devant moi. Je le contemple. Le parcours de combattant est digne de RAMBO I (je n’exagère pas hein.). Au moment où je me prépare à me lancer sur ce fameux plat, un autre client me déconcentre.

Un gobelet m’a inspiré ce billet.

« Madame, donnez-moi un gobelet ! « , hurle-t-il. Il a sûrement plus de poids que moi. À peine a-t-il ouvert la bouche que son ordre a été exécuté. L’une des filles lui apporte un gobelet rouge. Elle tourne le dos.

Le client la rappelle avec force. « Change-moi ce gobelet. Le rouge, c’est la couleur des franc-maçons. Ils l’utilisent pour faire leurs cérémonies-là », ordonne-t-il. Surpris, tous les clients jettent discrètement un coup d’œil sur leurs godets. Le mien est de couleur jaune.

D’où sort-il ? Comment sait-il que les franc-maçons préfèrent le rouge. Tête baissée, j’ai fait honneur à mon repas. Au moins j’ai quitté le restaurant en apprenant que « le rouge, c’est la couleur des franc-maçons ». En plus, sans débourser un sou.


Avril, ce mois où le mensonge est autorisé!

Ah nous sommes en avril! J’adore ce mois parce que le mensonge est « légalisé ». On peut mentir tranquillement et s’écrier cinq minutes après « POISSON D’AVRIL »!


Climackathon 2018 : tous d’accord pour sauver le climat !

 

Le Climackathon 2018 a connu son apothéose le vendredi 28 septembre 2018. Journalistes, spécialistes, blogueurs, acteurs de la société civile se sont donné rendez-vous pour parler du climat.

Ils ont échangé autour du thème « La Côte d’Ivoire face au changement climatique, état des lieux et solutions ».

L’Agence française de développement (AFD), initiatrice du Climackathon, peut se réjouir d’avoir permis la réflexion sur le climat. D’ailleurs, Emmanuel Debroise,  directeur de l’agence d’Abidjan,  a indiqué que « la gestion du climat est intervenue très tôt dans la stratégie » de son institution. Il a encouragé le débat public sur le climat en Côte d’Ivoire.

E. Debroise: « Tous les projets financés par le Groupe soient cohérents avec un développement de long terme bas-carbone »

 

Au cours de la cérémonie, le témoignage émouvant de Michel Segui à propos des impacts du réchauffement climatique sur le village de Lahou Kpanda a montré l’impact que peut avoir le climat sur notre environnement.

Le président de la Société coopérative des artisans pêcheurs de Grand-Lahou a dressé un sombre tableau de la situation dans sa région.

« Nous sommes surpris par les houleuses marées, car elles sont fréquentes et sporadiques toute l’année », a-t-il révélé non sans mentionner la disparition de quatre pêcheurs en 2016.

C’est avec de la tristesse dans la voix que Michel Segui a annoncé que « Lahou-Kpanda est menacé de disparition par l’embouchure non endiguée qui ronge quarante mètres de terre chaque année ».

Michel Segui a attiré l’attention sur le danger qui guette Lahou-Kpanda

Un panel a réuni des spécialistes autour du thème « s’adapter, atténuer: quelles solutions? » Ils se sont penchés sur l’adaptation de l’agriculture ivoirienne au changement climatique, la gestion d’alerte précoce, le transport vert, la sensibilisation par les médias, la préservation des forêts et réduction des émissions de CO2 et la mise en oeuvre de la stratégie REDD+.

Les panélistes ont clairement fait ressortir l’urgence de sauver le climat. Cela s’est fortement ressenti au cours des échanges avec les participants.

La seconde édition du Climackathon qui a porté sur « La Côte d’Ivoire face aux changements climatiques, Etat des lieux et solutions » a posé les jalons du débat sur le climat. Le plus important est que les discussions se poursuivent au-delà de cet événement.

 


Le changement climatique en cinq citations

Abidjan accueille la seconde édition du Climackathon du 27 au 28 septembre 2018. Je sais, vous allez me dire que c’est une belle initiative. Oui, en fait c’est même une très bonne initiative (nos vies sont liées au changement climatique, figurez-vous).

Mais nous ne sommes pas les premiers (et sûrement pas les derniers) à nous y intéresser. Bien avant, il y a eu des personnalités, et non des moindres, qui ont jeté un regard ou formulé une pensée sur le changement climatique.

Ce billet, tel un prisme, a pour objectif de vous faire découvrir le changement climatique sous plusieurs angles. Pour m’aider dans cette tâche, j’ai fait appel à des citations de quelques personnalités.

Selon le dictionnaire en ligne Wikipedia, le changement climatique, ou dérèglement climatique, correspond à une modification durable (de la décennie au million d’années) des paramètres statistiques (paramètres moyens, variabilité) du climat global de la Terre ou de ses divers climats régionaux.

Ban Ki Moon, ancien secrétaire général de l’ONU, pense que « le changement  climatique s’est produit à cause du comportement humain, donc il est naturel que ça soit, aux êtres humains, de résoudre ce problème. Il se peut qu’il ne soit pas trop tard si nous prenons des mesures décisives aujourd’hui ».

Barack Obama appelle à une action d’urgence (crédit ph: Christopher Dilts )

Le problème du changement climatique peut être résolu selon Ban Ki Moon. Les humains ont intérêt à réfléchir à une solution rapide car, comme dit le Pape François, « le changement climatique… constitue l’un des principaux défis actuels pour l’humanité. »

Il faut faire  vite! C’est aussi le conseil que nous donne John Kerry, ex-secrétaire d’État des Etats-Unis, car « le changement climatique est réel. La science en est convaincue. Et plus nous attendons, plus le problème sera dur à résoudre ».

Surtout, il ne faudrait pas nier l’existence du changement climatique. Barack Obama prévient : « Nos enfants n’auront pas le temps de débattre des changements climatiques. Ils devront vivre avec les effets. De simplement nier le problème trahit l’esprit de notre pays. »

Les pays africains sont déjà confrontés au problème du changement climatique. Jacob Zuma, précédemment président de l’Afrique du Sud, n’a pas manqué de le souligner lors du sommet de Copenhague en 2009.

« Le changement climatique est une question concrète pour les pays en développement (crédit ph: GovernmentZA)

« Le changement climatique est une question concrète pour les pays en développement, notamment l’Afrique. Pour des pays comme l’Afrique du Sud, les phénomènes climatiques ont déjà eu des conséquences dévastatrices pour les habitants des provinces côtières ; ce problème est donc une réalité à laquelle nous faisons déjà face… », a dit l’ancien chef d’État.

Il est à souhaiter que la deuxième édition du Climackathon apporte des réponses concrètes à cet épineux problème que constitue le changement climatique. Alors chers spécialistes de l’environnement, journalistes, blogueurs…vos contributions sont très attendues.


Au secours! Mon caniveau se « plein »

 Au moment où la seconde édition du Climackathon se tient à Abidjan du 27 au 28 septembre 2018, mes pensées se dirigent tout droit vers un caniveau qui meurt sous les regards indifférents des passants.

A son arrivée quelque part à Abobo (commune d’Abidjan), le caniveau en question faisait notre fierté. « Voilà, maintenant l’eau va couler jusqu’à dans le gros trou qui est là-bas », se réjouissait une ménagère dans un vocabulaire approximatif.

Cette brave dame était convaincue qu’avec l’arrivée de ce caniveau, l’eau de ruissellement coulerait doucement vers un lieu propice. D’ailleurs, elle n’était pas la seule à nourrir un tel espoir. Les habitants du quartier se laisser aller à rêver d’un environnement sain.

Ce pauvre caniveau subit les assauts des humains (crédit ph: Richard Konan)

Si seulement ces braves gens savaient qu’ils seraient témoins d’un « crime contre la nature » que la Cour pénale internationale n’oserait juger. Mon caniveau, jadis réservé à l’eau, est aujourd’hui un vrai dépotoir. Ce caniveau dont les louanges ont été chantées par les habitants du quartier se « plein ». Il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Plein de boues, papiers, sable et plusieurs immondices, le caniveau se plaint. Apparemment, nul ne semble entendre ses complaintes. Au contraire, sa douleur fait sourire certains passants qui laissent volontiers un bout de papier ou un sachet d’eau. Sans doute un souvenir de leur présence. Quel paysage désolant!

Le plus triste c’est que l’avenir de ce cher caniveau est un sombre tableau. Plus rien ne sera comme avant! Si seulement nous pouvions mesurer les conséquences du « décès » de ce caniveau sur l’environnement. En Côte d’Ivoire, chaque année la saison des pluies endeuille des familles.

Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 juin 2018, les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville d’Abidjan ont fait 19 morts. Le pays était choqué, les autorités ivoiriennes sont montées au créneau en prenant des mesures vigoureuses, les populations se sont indignées. Mais on oublie ce qu’on fait à ce pauvre caniveau! Déverser des ordures, des ordures et encore des ordures. Où diantre voulons-nous que l’eau de ruissellement…ruisselle! On prend un malin plaisir à boucher toutes les canalisations.

Encore un autre désastre (crédit photo: Richard Konan)

Le caniveau se « plein » dans l’indifférence totale. Ses larmes de tristesse emportent des vies. A l’occasion de la seconde édition du Climackathon, à Abidjan, souvenons-nous de mon caniveau!

 


Climackathon 2018 : on pense climat à Abidjan!

Selon le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Amadou Koné, la Côte d’Ivoire est  classée 147ème sur 178 parmi les plus vulnérables au changement climatique. Ceci pour dire qu’il faut vraiment tirer la sonnette d’alarme. Alerter et informer, c’est justement la noble mission du Climackathon qui aura lieu fin septembre à Abidjan.

 Climackathon : les 27 et 28 septembre 2018 à Abidjan, sous l’impulsion de l’Agence française de développement.

Placée sous le thème «La Côte d’Ivoire face aux changements climatiques – Etat des lieux et solutions», la seconde édition de Climackathon réunira experts, journalistes, influenceurs et éco-citoyens. Leur mission : faire l’état des lieux du changement climatique en Côte d’Ivoire, faire le point sur les conséquences de ce changement climatique au niveau local mais aussi présenter les avancées et les acquis locaux. Bref, susciter la réflexion et lancer le débat sur la question de l’évolution du climat.

La journée du 27 septembre sera consacrée aux productions et aux publications de journalistes et de blogueurs sur le sujet. Elles seront publiées et donc accessibles sur le site https://www.climackathon.org.

Le 28 septembre, on aura droit à un panel portant sur le thème : S’adapter, atténuer : quelles solutions ?, avec des témoignages et des discussions.

A travers cette seconde édition de Climackathon, l’Agence française de développement (AFD) confirme sa volonté d’accompagner la Côte d’Ivoire vers une croissance durable et inclusive.

Et ce, à l’aide de subventions, prêts à l’Etat et aux entreprises publiques, garanties aux banques, assistance technique et dialogue stratégique.

Le changement climatique est sujet majeur, il mérite donc toute notre attention.

On se donne rendez-vous à Abidjan pour le Climackathon 2018 ? Venez nombreux !

 


Ce vocabulaire si propre à l’Ivoirien

Je suis originaire de la Côte d’Ivoire, pays situé en Afrique de l’Ouest. En écrivant ce billet, mon intention n’est pas de vous conter l’histoire de cet Etat de 322 462 km2 (peut être une autre fois, sait-on jamais). Je voudrais plutôt vous promener à travers le vocabulaire propre à ce pays.

L’étranger francophone qui débarque en Côte d’Ivoire aura fort à faire avec cette manière de parler des Ivoiriens que j’appelle « l’ivoirien ». Il lui faudra un interprète… ivoirien. En fait, vous avez beau être Français de France, vous ne comprendrez pas forcément le français parlé sur les bords de la lagune Ebrié. Quoi vous en doutez? Lisez ce qui suit.

En Côte d’Ivoire, une causerie entre deux amis. Quand vous entendez l’un dire « bon » et l’autre répondre « bon »  c’est qu’ils sont sur le point de se dire au revoir. Voici quelques expressions en « ivoirien ».

On dit quoi?: manière très singulière de saluer

Etre dans pain: avoir des difficultés

Si mon argent tombe: si j’ai une entrée d’argent

Se défendre: se débrouiller pour vivre

Gagner temps: partir

Se laisser: régler une affaire au plus vite

« Manger son piment dans la bouche de quelqu’un »: pousser une personne à dire quelque chose de pas gentil.

Tu es dans quoi?: que fais-tu (lorsqu’une personne met du temps à exécuter une quelconque action)

Ce vocabulaire se retrouve dans tous les domaines de la vie. Un élève qui n’a pas cours vous dira « y’a pas école chez nous », quand il est congé, c’est plutôt « on nous a laissés » (cela traduit parfaitement le côté contraignant de l’école, n’est-ce pas?).

Je parie que dans votre entourage, il y’a un individu super intelligent. Ici, on dira qu’il est « trop esprit » . Et si jamais je dois vous recommander un endroit chic pour vos vacances à Abidjan, je vous dirai que cet endroit « ne ment pas » , c’est-à-dire qu’il a des services de bonnes qualités.

Le charme c’est que ce langage typique aux Ivoiriens s’enrichit à la moindre occasion. Surtout ne me demander pas qui valide ces expressions avant leur utilisation. Bon je crois que mois je vais « gagner temps ».

 

 

 


Egypte-Uruguay, coup d’envoi du Mondial 2018 pour les Africains

Le coup d’envoi du Mondial 2018 a été donné jeudi 14 juin, mais nous Africains n’avons pas encore débuté notre « mondial ». Sur le continent qui a vu naître et mourir Nelson Mandela (clin d’œil à l’Afrique du Sud, seul pays du continent à avoir organisé une Coupe du monde), le ballon s’est mis à rouler quand le premier représentant africain est entré en lice, c’est-à-dire aujourd’hui face à l’Uruguay. Place à l’Egypte !

Ce billet a été publié originellement sur souslebaobab.mondoblog.org.

Oui on le sait, la Russie a démarré en trombe : 5-0 face à l’Arabie Saoudite. Normal, c’est « sa » Coupe du monde. Mais comme on dit à Abidjan, « à l’heure-là, c’est Egypte qui est bon ! »

Entre l’Uruguay et l’Afrique, il y a un air de revanche (sans rancune hein). Souvenez-vous du quart de finale qui a opposé Ghanéens et Uruguayens en 2010, et aussi du penalty manqué par Asamoah Gyan. Je pense que nos amis de l’Uruguay l’ont un peu senti.

Fernando Muslera, gardien de l’Uruguay, l’a confié à France Football. « Nous ne pensons pas être les grands favoris […] Rien n’est défini avant les 90 minutes du match», a dit le dernier rempart de la « Celeste ». Il l’a dit, «rien n’est défini. »

Les Pharaons d’Egypte sont un peu comme les éclaireurs du continent africain. La raison est toute simple : Mohamed Salah et ses « frères » ont la lourde mission de donner le ton pour l’Afrique. D’après le site Africatopsports.com, l’Egypte est logée dans une poule « largement à sa portée ». Oui, les gars y croient dur comme fer. Ils pourraient avoir raison ! Les Pharaons ont tout de même remporté sept fois la Coupe d’Afrique des nations. Ça pourrait faire peur à leurs adversaires.

Les Pharaons sont privés de leur star Mohamed Salah

Le journal ivoirien Le Jour Plus partage l’optimisme d’Africatopsports. Sous la plume d’André Haba, ce quotidien nous rappelle que «l es Pharaons ont obtenu leur ticket avec autorité, en éliminant le Ghana, un habitué des derniers mondiaux ». Le média prend le soin de mettre en lumière Mohamed Salah, la pépite égyptienne. Le joueur de Liverpool porte l’espoir du peuple égyptien et celui de tout un continent qui rêve de franchir le cap des quarts de finale. Eh oui ! Aucune nation africaine n’a réussi à atteindre la demi-finale de coupe du monde. Ah ce rêve-là. On a l’impression qu’il nous file entre les doigts quand on est à deux pas de le réaliser.

Sur la présence de Salah, blessé au cours de la finale de la Ligue des champions face au Real Madrid, le site Sportsivoire.ci se lance dans la comparaison. « En 2010, en préparation de la coupe du monde en Afrique du Sud, l’attaquant ivoirien Didier Drogba, grièvement blessé en amical face au Japon, fut incertain pour la compétition. La première organisée sur le continent. Finalement présent dans la liste de Sven Goràn Erikson, Drogba, le bras dans un plâtre, avait évolué diminué durant tout le mondial. Pour l’entrée en lice des Éléphants, l’ex-capitaine n’avait pas débuté la partie face au Portugal », écrit le média en ligne.

Au Sénégal, igfm.sn prévient : si Mohamed Salah joue, « gare aux chocs ». On est aussi un peu inquiet pour la star de Liverpool. « Dans quel état sera Mohamed Salah ? C’est la question que se posent les fans de foot du monde entier depuis le 26 mai et la finale de la Ligue des champions lorsque le crack de Liverpool, nouvelle star du foot mondial, s’est blessé à l’épaule gauche, pris en tenaille par Sergio Ramos », s’interroge le site.

Au final, Salah a commencé le match sur le banc. Reste à savoir si les Pharaons pourront tenir le choc sans leur star… La rencontre Egypte-Uruguay compte beaucoup pour les Africains. La première sortie des Pharaons est peu comme un ballon d’essai lancé par tout un continent. C’est un match à suivre en famille, au bureau (gare à l’arrivée du patron), au restaurant (tenez compte de l’addition). L’Afrique espère, pour cette fois, franchir le cap des quarts de finale. On ne sait jamais, Vladmir Poutine et les siens pourraient porter chance aux cinq représentants du continent.


Mondial 2018 : Egypte-Uruguay, coup d’envoi pour les Africains

Le coup d’envoi du Mondial 2018 a été donné jeudi 14 juin, mais nous Africains n’avons pas encore débuté notre « mondial ». Sur le continent qui a vu naître et mourir Nelson Mandela (clin d’œil à l’Afrique du Sud, seul pays du continent à avoir organisé une Coupe du monde), le ballon s’est mis à rouler quand le premier représentant africain est entré en lice, c’est-à-dire aujourd’hui face à l’Uruguay. Place à l’Egypte !

Oui on le sait, la Russie a démarré en trombe : 5-0 face à l’Arabie Saoudite. Normal, c’est « sa » Coupe du monde. Mais comme on dit à Abidjan, « à l’heure-là, c’est Egypte qui est bon ! »

Entre l’Uruguay et l’Afrique, il y a un air de revanche (sans rancune hein). Souvenez-vous du quart de finale qui a opposé Ghanéens et Uruguayens en 2010, et aussi du penalty manqué par Asamoah Gyan. Je pense que nos amis de l’Uruguay l’ont un peu senti.

Fernando Muslera, gardien de l’Uruguay, l’a confié à France Football. « Nous ne pensons pas être les grands favoris […] Rien n’est défini avant les 90 minutes du match», a dit le dernier rempart de la « Celeste ». Il l’a dit, «rien n’est défini. »

Les Pharaons d’Egypte sont un peu comme les éclaireurs du continent africain. La raison est toute simple : Mohamed Salah et ses « frères » ont la lourde mission de donner le ton pour l’Afrique.

D’après le site Africatopsports.com, l’Egypte est logée dans une poule « largement à sa portée ». Oui, les gars y croient dur comme fer. Ils pourraient avoir raison ! Les Pharaons ont tout de même remporté sept fois la Coupe d’Afrique des nations. Ça pourrait faire peur à leurs adversaires.

Le journal ivoirien Le Jour Plus partage l’optimisme d’Africatopsports. Sous la plume d’André Haba, ce quotidien nous rappelle que «l es Pharaons ont obtenu leur ticket avec autorité, en éliminant le Ghana, un habitué des derniers mondiaux ». Le média prend le soin de mettre en lumière Mohamed Salah, la pépite égyptienne. Le joueur de Liverpool porte l’espoir du peuple égyptien et celui de tout un continent qui rêve de franchir le cap des quarts de finale. Eh oui ! Aucune nation africaine n’a réussi à atteindre la demi-finale de coupe du monde. Ah ce rêve-là. On a l’impression qu’il nous file entre les doigts quand on est à deux pas de le réaliser.

Sur la présence de Salah, blessé au cours de la finale de la Ligue des champions face au Real Madrid, le site Sportsivoire.ci se lance dans la comparaison. « En 2010, en préparation de la coupe du monde en Afrique du Sud, l’attaquant ivoirien Didier Drogba, grièvement blessé en amical face au Japon, fut incertain pour la compétition. La première organisée sur le continent. Finalement présent dans la liste de Sven Goràn Erikson, Drogba, le bras dans un plâtre, avait évolué diminué durant tout le mondial. Pour l’entrée en lice des Éléphants, l’ex-capitaine n’avait pas débuté la partie face au Portugal », écrit le média en ligne.

Au Sénégal, igfm.sn prévient : si Mohamed Salah joue, « gare aux chocs ». On est aussi un peu inquiet pour la star de Liverpool. « Dans quel état sera Mohamed Salah ? C’est la question que se posent les fans de foot du monde entier depuis le 26 mai et la finale de la Ligue des champions lorsque le crack de Liverpool, nouvelle star du foot mondial, s’est blessé à l’épaule gauche, pris en tenaille par Sergio Ramos », s’interroge le site.

Au final, Salah a commencé le match sur le banc. Reste à savoir si les Pharaons pourront tenir le choc sans leur star… La rencontre Egypte-Uruguay compte beaucoup pour les Africains. La première sortie des Pharaons est peu comme un ballon d’essai lancé par tout un continent. C’est un match à suivre en famille, au bureau (gare à l’arrivée du patron), au restaurant (tenez compte de l’addition). L’Afrique espère, pour cette fois, franchir le cap des quarts de finale. On ne sait jamais, Vladmir Poutine et les siens pourraient porter chance aux cinq représentants du continent.


Souvenir de la classe de 6ème

« Quand la mémoire va chercher du bois mort, elle ramène le fagot qui lui plaît », disait l’écrivain et poète Birago Diop.

J’ai eu envie de partager avec vous ce billet tout en laissant libre cours à ma mémoire de retourner dans mes années collèges et ramener « le fagot qui lui plaît ».

Le moment qui nage immédiatement dans l’océan de mes souvenirs est le premier jour de l’année scolaire. Je venais d’être orienté au collège moderne Nangui Abrogoua d’Adjamé en classe de 6ème. Pour rallier la maison et mon nouveau temple du savoir, je devais emprunter un bus de la Société des transports abidjanais (SOTRA). Il me fallait monter à bord de l’autobus numéro 08, assurant la ligne Abobo-Adjamé (deux communes de la ville d’Abidjan).

Élève cherche école ! 

Imaginez un élève d’un peu plus de dix ans n’étant presque jamais sorti de son Abobo natal, tout seul pour son premier jour d’école. Je n’ai pas eu de mal à m’engouffrer dans l’un des bus arrivé en haletant au terminus. Mais là où les choses se gâteront pour moi, c’est quand j’ai oublié l’arrêt auquel je devais descendre. Avec du recul, cela me paraît étrange de n’avoir pas pu simplement me renseigner. Bref, le mal est déjà fait. Par peur de rater l’arrêt, je décide de descendre au pif. Et là, débute ma galère.

Je me mets à marcher comme un automate jetant le regard ça et là, priant le ciel que le collège moderne Nangui Abrogoua surgisse devant moi. Mais oh non ! Je ne vois que des marchands et des magasins. Le pauvre élève de 6ème se met à transpirer à grosses gouttes. Il marche, marche et marche. A un moment, je jette un coup d’œil sur la montre que m’avait offerte mon père. Lui devait se dire que son fils suivait avec attention les premiers cours de la classe de 6ème. S’il savait !

La longue marche vers le savoir

De grosses gouttes de sueur ruisselaient sur mon visage. A cette époque, je ne portais pas de lunettes pharmaceutiques alors, ces fameuses grosses gouttes empruntaient directement le chemin menant à mes yeux. Le chemin vers le savoir était aussi jalonné de rayons de soleil ? Il était déjà 8 heures. J’avais cours à 7 heures 15 si ma mémoire ne me trahit pas. Tout en longeant le boulevard Nangui Abrogoua, je jetais des regards en quête de mon école. Les minutes se sont écoulées et le temps est passé. Toujours pas d’école. Mon uniforme kaki, bien repassé par le blanchisseur de mon quartier, souffrait le martyre, malmené par la sueur. Quel calvaire !

J’ai débarqué au collège moderne Nangui Abrogoua après 9 heures. Comment ? N’en pouvant plus, le jeune élève s’est adressé à un monsieur assis devant un magasin. Ce gentil monsieur a mandaté l’un de ses vendeurs pour m’accompagner et me montrer le chemin.

Quand je suis arrivé dans mon nouvel établissement, précisément à la salle 9, madame … (ma prof de français) était en plein cours. J’étais tout en sueur. Surprise, elle m’a demandé: « tu es de la classe ? » J’ai respiré un grand coup avant de répondre « oui, madame ». Ma réponse fait rire des élèves. Un regard de la prof a vite fait d’imposer rapidement le silence.

En souvenir de tous les élèves de la 6ème 9 avec qui j’ai passé d’agréables années.


« Femme du 8 mars » ? Non merci.

Bonsoir chers amis. Le 8 mars  on est censé rendre hommage aux femmes non?

Assis paisiblement sous le baobab, je me suis mis à penser à cette célébration dédiée à la femme. J’ai l’impression que quotidiennement la femme n’est pas assez vue. Et quand arrive le 8 mars, hop! on la couvre de baisers, de compliments, de qualificatifs sortis des plus beaux livres de citations. On fabrique une « femme du 8 mars ». Cette femme-là est sans défaut. Pleine de qualités, elle plaît à tout le monde. Tous l’aime et l’adore. Tellement que certaines en sont jalouses. Imaginez-vous, les gouvernements du monde entier (particulièrement les ministères qui lui sont dédiées) pondent des messages à son honneur !

Il y a seulement quelques jours, les départements créés pour elle étaient tellement muets que le silence faisait plus de bruit. Mais aujourd’hui, les médias se mobilisent pour elle. Des soirées nec plus ultra sont organisées. Le décor est à couper le souffle. Tout est beau, juste pour le plaisir de la « femme du 8 mars », qui vit un vrai conte de fée. Le monde entier n’est-il pas à ses pieds? Si. Mais pour combien de temps?

Quand le lendemain du 8 mars, un nouveau soleil se lève, la « femme du 8 mars » retombe sur terre, désillusionnée. Tous ses admirateurs ont disparu. Plus personne ne parle d’elle. Ou peut-être que si, mais désormais au passé. Les habits somptueux qu’elle avaient revêtus perdent de leur couleur. Son visage hier si radieux n’attire plus personne. Le monde a repris ses habitudes, la vie son cours normal.

Et pourtant, il y a à peine un jour, la « femme du 8 mars » cristallisait les regards et l’attention. Maintenant, elle peut bien mourir dans un hôpital au cours d’un accouchement ou encore subir les violences sexuelles d’individus dépourvus de honte, cela n’émeut plus personne. Sa vie n’intéresse plus. On attend le 8 mars prochain pour passer la pommade sur ses blessures. La « femme du 8 mars » n’a pas le droit de souffrir à cette date. Elle a toute l’année pour le faire. Pas un « 8 mars », si précieux.

Ce tableau si pâle ne trouvera aucun acheteur. Pour la simple raison que la femme qui y figure est une métaphore de la tristesse et de la souffrance. Arrêtons de ne la célébrer que le 8 mars. Et si nous faisions en sorte que le 8 mars soit tous les jours. Qu’elle se sente aimée et entourée de personnes qui la comprennent. Que sur terre disparaisse la « femme du 8 mars » pour faire place à la femme. Tout simplement. A bientôt!


Que font-ils à Mandela?

Le pays de Nelson Mandela va mal. Jacob Zuma vient de rendre le tablier après neuf ans à la tête de l’Afrique du Sud. Une seconde démission dans l’histoire de la nation arc-en-ciel, suite à celle de Thabo Mbeki, le 21 septembre 2008.

Le 14 février 2018 restera éternellement gravé dans la mémoire de mes frères sud-africains. Ils retiendront que ce jour-là, Jacob Zuma, leur président, a démissionné. Il est  vrai que ce n’est ni la première encore moins la dernière fois qu’un chef d’Etat africain démissionne. Mais pour moi, jeune africain,  fasciné par le passage sur terre de Nelson Mandela, je suis meurtri par les couleurs que prend l’arc-en-ciel en Afrique du Sud.

Nelson Mandela représente à mes yeux un véritable symbole. Je me suis toujours dit que mes frères sud-africains ont de la chance de compter ce personnage historique dans leur rang. « Madiba » avait sûrement ses défauts mais il a su comprendre que faire la politique c’est se dévouer à la cause des autres, surtout des plus faibles. Les portes de la geôle lui ont grandement ouvert les bras à cause de ce choix. Pourtant, l’homme n’a nullement été ébranlé par vingt-sept années de prison.

Incarcéré parce qu’il voulait d’une Afrique du Sud où Blancs et Noirs pourraient rire et pleurer ensemble, Mandela a continué de croire en l’Homme. Quand il accède à la magistrature suprême le 9 mai 1994, ce héros tend la main à ses ennemis d’hier. Mandela n’a accordé aucune place à la rancœur.

« Je suis ici devant vous non pas comme un prophète mais comme votre humble serviteur. C’est grâce à vos sacrifices inlassables et héroïques que je suis ici aujourd’hui. Je mets donc les dernières années de ma vie entre vos mains. (…) Aujourd’hui, la majorité des Sud-Africains, noirs comme blancs, reconnaissent que l’apartheid n’a aucun avenir. Ce système doit être aboli d’un commun accord afin de reconstruire la paix et la sécurité. (…) La situation qui nous avait poussés à prendre les armes existe toujours aujourd’hui. Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer », s’était prononcé le nouveau président de l’Afrique du Sud multiraciale (cf. Lemonde.fr).

Nelson Mandela, après une existence bien remplie, dédiée au service des autres, a quitté l’enveloppe charnelle le 5 décembre 2013, à l’âge de 95 ans. L’Afrique entière a pleuré son fils.

Depuis la lagune Ebrié, j’ai été pris de compassion pour mes frères et sœurs sud-africains, désormais orphelins. Ils venaient de perdre Nelson Mandela. Après les hommages et l’inhumation de « Madiba », je faisais partie de ceux qui s’inquiétaient pour l’Afrique du Sud.  Avec du recul, je pense n’avoir pas eu tort.

Comme dans bien de pays africains (dont le mien), à la disparition du « père de la nation », la guerre des héritiers plonge nos nations dans le désespoir. Les « enfants » de Mandela n’ont pas assuré. A en juger par les démissions de deux présidents successifs: Thabo Mbeki et Jacob Zuma. Avec la même ferveur qu’hier, Cyril Ramaphosa est accueilli.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on devrait à mon sens s’attendre à une triste répétition d’événements.

Le président qui a remplacé le président est venu aux affaires comme l’autre président…

Pourvu que l’histoire me fasse mentir, pourvu que l’avenir me fasse dédire, pourvu que Mandela les inspire !


Mon cher Trump…

Cher Trump, désolé d’avoir mis tout ce  temps pour te répondre. Tu sais, chez nous, on a tellement de problèmes que j’avais complètement oublié de t’accorder une réponse à ton récent message.

Regarde, par exemple, la dernière fois, le petit Kouadio a…Non je ne vais pas te prendre la tête avec nos soucis.

Mais qu’as-tu encore fait? Il parait que tu t’es attiré la foudre de certaines personnes pour avoir dit des énormités? Non Trump, on t’a pourtant toujours dit de « tourner ta langue sept fois avant d’ouvrir la bouche ». Voilà que maintenant tu as réussi à nous mettre dans l’embarras. Comment t’arranges-tu pour causer autant de dégâts? On ne traite pas les autres de m… tout de même ! Trump, il ne faut surtout pas te laisser emporter quand tu prends la parole en public.

Pour tout te dire, je n’ai pas cru quand les gens m’ont rapporté tes propos. « Non, Trump ne peut pas dire de telles choses. Cela ne lui ressemble pas », ai-je répondu à tous ces individus. Je les voyais simplement comme tes détracteurs, tes ennemis.

C’est avec tristesse que j’ai constaté que tu avais effectivement lancé ces paroles…Je n’ose même pas les répéter. Pourquoi donc?

Désormais, tes détracteurs et ennemis ont de l’eau dans leur moulin. Tu sais pertinemment que lorsque tu as revêtu les habits de président de la République de la plus puissante des nations au monde, des personnes ont annoncé l’apocalypse. Mon cher Trump, cherches-tu à leur donner raison? Je suis surpris par tes propos. C’est quoi le problème? Ne parle pas aux ressortissants des autres pays comme tu le fais avec tes nombreux employés. Cela ne peut pas marcher.

Tout ce que tu as déjà réussi à obtenir et que tu obtiendras encore si tu persistes, Donald, ce sont de vives réactions. Les individus que tu as traités de m… ont été choqués, tes compatriotes ont aussi été choqués. J’ai cru entendre que tu as démenti avoir utilisé de tels mots (j’en doute fort).

Je t’en conjure, dorénavant, remue sept fois ta langue dans la bouche avant de prendre la parole. Ensuite, inspire puis expire au moins cinq fois, redis en ton cœur les mots que tu t’apprêtes à prononcer et s’ils te semblent toujours opportuns, libère-les. Dans le cas contraire, tu nous auras à tous épargner de passer des heures sombres.

 

Cordialement.

 


Cinq chansons d’Alpha Blondy à la carte

En ce second jour de l’an 2018, je me propose de vous faire  (re)découvrir cinq chansons d’Alpha Blondy.

  1. Brigadier Sabari

Cette chanson d’Alpha Blondy sortie en 1982 sur l’album Jah Glory marque le début de la glorieuse carrière du reggaeman ivoirien. Le chanteur y implore la clémence du brigadier et dénonce les brutalités policières. La chanson est chantée en Malinké, une langue du nord de la Côte d’Ivoire.

2. Cocody Rock

C’est en 1984 que le titre Cocody Rock d’Alpha Blondy est mis sur le marché. J’adore le roulement de batterie dès l’entame de la chanson, puis la belle mélodie qui sonne tel un hymne à la vie. C’est l’une des plus belle chansons de Jagger (surnom donné à la méga star ivoirienne).

3. Téré

Comment ne pas tomber sous le charme de « Téré » (soleil en langue malinké) ? Alpha Blondy a réussi avec brio à nous communiquer sa foi en la vie. Koné Seydou (de son vrai nom) déclare avoir pour ami l’infatigable soleil. A l’image de cet astre, Alpha Blondy se bat sans relâche pour se faire une place… au soleil. Le rythme langoureux de la chanson est trop charmant !

4. Bory Samory

Véritable hommage au conquérant Samory Touré, cette chanson nous fait voyager dans le passé avec Alpha Blondy. L’artiste veut à tout prix prévenir ce grand guerrier africain de l’arrivée des Blancs. « Bori, bori Samory, Toubabouhou bikôh oko obi faga, Bori, bori Samory, Nazarou bikôh oko obi minan. ». Le chanteur demande à Samory Touré de prendre la fuite pour éviter de se faire prendre.

5. Come back Jesus

Dans ce joyau, Alpha Blondy supplie Jésus de revenir car la lumière et la paix et l’amour on disparu de la surface de la terre. Jagger a de la peine quand il voit les hommes se faire la guerre. « Oh come back Jesus, come back light, come back Jesus, my Lord, come back love », chante Alpha Blondy.


Les Africains aiment trop « porter des coups » à l’Etat

Je le sais, nous Africains, sommes tous « proud to be African ». Mais reconnaissons que certains de nos frères exagèrent! Pour si peu, ils « portent des coups » aux États. Non mais ce n’est pas possible.

Un président mène tranquillement sa vie; il se sert peinard dans les caisses et non pardon, il profite dans la quiétude de son budget de souveraineté. Il faut toujours que des gens se lèvent pour lui porter un coup. Quelle jalousie!

Ces gars-là viennent un matin et ôtent le pain de la bouche du dirigeant. « Ne faites pas aux autres ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse. » Pourquoi vous êtes comme cela même? Si nos dirigeants servent dans nos caisses, pardon (qu’est-ce que j’ai à la fin?), profitent de leurs avantages, n’est-ce pas normal? Et pour cela, des individus, avec la complicité de certains étrangers (où est leur problème?) « portent un coup à l’État ». Pour si peu.

La plupart des pays africains ont connu des « coups portés » contre eux. Un matin, des gens se lèvent, foncent en direction de la télévision nationale (ils ne peuvent pas créer leur propre télé?) et proclament « un coup porté contre l’État ». Il faut que cela cesse. Laissez nos Etats tranquilles! Surtout que les coups, ça fait terriblement mal. Cela dépend de l’endroit où tu le prends. A la tête, tu risques de taper un vertige; au bras, la fracture n’est pas loin. Imaginez que vous recevez un coup au ventre! Le mal remontera dans votre estomac ou peut être ira se loger dans un de ces nombreux organes de cette partie du corps (je vous épargne l’anatomie). Dans tous les cas, un coup ça fait mal.

Un coup porté à l’Etat fait tout aussi mal. Oui bien sûr que croyez-vous? L’Etat ressent les douleurs, les peines et les joies. Tout comme vous et moi. Quand on lui administre un coup, c’est sûr que on lui fait terriblement mal…économiquement, culturellement, sociologiquement, politiquement…


Dans mon pays, on ne chante pas sous la douche…

J’ai grandi avec une liste de superstitions que je viens vous partager à travers ces billets. Selon le dictionnaire Larousse, une superstition est  » une croyance fondée sur la crainte ou l’ignorance qui prête un caractère surnaturel ou sacré à certains phénomènes, à certains actes, à certaines paroles ». Et pour tout vous dire, j’en connais une tonne.

On ne siffle pas la nuit!

On nous l’a toujours dit. C’est surtout lors de mes vacances scolaires au village auprès de mes grands-parents que j’ai mesuré l’ampleur de cette injonction. Des cousins ont subi le courroux du pépé pour avoir siffloter alors que la nuit noire avait revêtu le village de son drap. J’ai ouï dire plus tard que le son que l’on émet en sifflant la nuit attire les serpents. Je n’ai jamais eu envie de vérifier…

Ne chante pas sous la douche

Dans mon pays, la douche n’a rien à voir avec la musique. Alors là pas du tout! Tu te sens un talent de chanteur? Attends de sortir de ta salle de bain. Si tu t’entêtes, un revenant apparaîtra et tu en auras pour ton audace. C’est ce qu’on nous a toujours dit donc…

Évitez de vous faire couper les cheveux…la nuit

Je ne suis malheureusement pas à mesure de vous dire la raison pour laquelle il est interdit de se faire couper les cheveux la nuit. Une chose est sûre, cette interdiction est prise au sérieux dans mon village. Gare à celui qui sera traversé par l’envie de se rendre beau quand la lune pointe dans le ciel!

On ne saute pas les pieds d’une femme enceinte

Ne vous avisez pas à passer par dessus les pieds d’une femme qui porte un bébé. Elle vous demandera dare dare de refaire le même geste mais dans le sens contraire. Il est fort possible que quelqu’un d’autre crie: « Qu’est-ce que tu fais comme cela? Viens sauter son pied encore! »

L’argent ne se donne pas avec la main gauche

Si vous avez le malheur de tendre de l’argent avec la main gauche, je n’ose pas imaginer la surprise, peut-être la colère même, de celui à qui vous tendez le billet ou la pièce. Voulez-vous lui porter malheur? Vite, changez de main.

 

Le plus intéressant, c’est que personne ne peut dire d’où proviennent toutes ces interdictions. On se contente juste de les respecter.


Ah ces écouteurs!

J’aime bien écouter la musique en me baladant tranquillement dans les rues de mon quartier. Pour ce faire, je fais appel à mes écouteurs. Connectés à mon téléphone portable, ces petits engins magiques me distillent de la bonne zik à l’oreille. Je peux également faire la navette entre les différentes stations radio pour suivre les infos. Par exemple, je peux sauter de Rfi à Bbc en passant par les radios locales. Moi qui croyais adorer les écouteurs, j’ai été surpassé par un monsieur de mon quartier.

Je ne vous dis pas! Ce mec n’est jamais sorti de chez lui sans son casque. « On ne sait même pas ce qu’il écoute! », lancent certains habitants de mon bled qui assurément en ont assez de son idylle entre lui et ses écouteurs. Tenez! Le matin, ce monsieur-là est tout le temps  avec ses écouteurs. A cette heure-ci, l’on se dit qu’il écoute les informations.  Ce cher monsieur change même les modèles d’écouteurs: noirs, rouges, blancs (oui j’ai pris mon temps pour observer), tout y passe. Face à lui, je ne suis qu’un amateur. Cela m’a amené à penser aux dangers liés au port des écouteurs.

Attention! Écouteurs… danger

Un jour, sur le chemin du boulot, j’ai dû interpeller une jeune élève sur son imprudence. Cette jeune apprenante, vêtue de son uniforme bleu et blanc, n’entendait pas les cris d’un homme à vélo (il n’avait pas de klaxon) qui fonçait droit derrière elle. « Ma chérie, quand tu mets tes écouteurs baisse le son de la musique ou libère l’une de tes oreilles », lui ai-je lancé quand elle a retiré ses écouteurs à la vue des passants qui gesticulaient pour attirer son attention. Vous savez ce qu’elle a fait? Eh bien, elle a souri et a remis ses écouteurs à l’oreille. Sans blague!

Le pire c’est qu’elle n’est pas la seule dans ce cas. Ils sont nombreux ces férus de cet accessoire qui se transportent et se transposent dans un autre monde grâce aux écouteurs ou casques. Il y en a qui chantent en pleine rue à tue-tête comme s’ils étaient sous la douche. Ils n’entendent plus rien autour d’eux. J’ai fait un petit tour sur le dictionnaire en ligne Wikipedia.

Selon ce site, « les bruits extérieurs recouvrant parfois le son des écouteurs, les utilisateurs ont tendance à augmenter le volume de façon à toujours entendre le son ce qui peut mener à des lésions de l’oreille ». Toutefois, les écouteurs « mèneraient à un renfermement. Ils isolent plus ou moins des sons extérieurs ce qui peut mettre son utilisateur en danger, particulièrement lors de la conduite d’un véhicule ou la circulation dans des lieux publics, le bruit d’un danger approchant n’étant plus perçu ». En clair, l’écouteur peut nuire à l’être humain et le mettre en danger lorsqu’il est dans la rue.  Et cela peu de gens le savent.

Trop de rues pleine d’écouteurs

Ces petits objets peuvent être sources de problèmes de santé (crédit photo: Clément Delafargue)

Depuis que j’ai compris les risques encourus quand on flanque un écouteur dans ses oreilles, je me suis mis à comptabiliser les gens qui en portent dans les rues.

Le constat est frappant. Quelque soit la commune (Treichville, Marcory, Abobo, Adjamé), les habitants sont nombreux à adorer les écouteurs. La palme revient aux ados. Et ce sont bien eux qui ignorent le plus souvent les dangers. Pour eux, il faut être branché, « swag », « fashion », c’est tout. Chers amis, y’a problème dedans! Faire le malin d’accord mais la santé d’abord. En tout cas moi désormais, je fais très attention. Bon, je vous attend sous le baobab pour d’autres discussions amicales.


Esclave de mes frères

Esclave. Esclave. Ce mot me collera à la peau aussi longtemps que j’effectuerai mon voyage terrestre. Je ne le porte pas fièrement. Honte à moi! Pauvre esclave de mes frères!

 

Mes ancêtres ont porté les marques de l’esclavage dans leur chair. Ils m’ont laissé en souvenir la tristesse et les larmes. Ancêtres miens, qui connaissez les champs de canne à sucre et de coton. Ces braves hommes et femmes ont fait retentir leur belle voix en Amérique. Je me demande si leurs maîtres n’ont pas eu le cœur touché par ces mélodies.

 

Esclave descendant d’esclave, je le suis! Il paraît que ma couleur de peau est un fardeau que je dois porter durant toute mon existence. L’humanité m’a réduit au rang de simple animal. Il arrive que je sois classé derrière l’espèce animale.

 

Les années sont passées et les choses ont évolué. L’esclave a fini par revêtir des habits d’homme libre. Désormais, pour respirer il n’avait plus besoin de la permission de l’homme blanc. Allez-y dire cela à mes ancêtres! Vous recevrez une tonne d’injures capables de vous faire sentir un moins que rien.

 

Ah la liberté! Parler quand on veut dormir dès que les paupières s’alourdissent, rire sans peur. Jadis enchaînés tels de vulgaires bêtes, l’esclave peut aujourd’hui brandir fièrement ses deux mains, libres de tout lien. Ah la liberté! Je la sens, je la vie, je la communique.

 

Ma liberté a été, hélas, de courte durée. Moi qui croyais que les chaînes s’étaient éloignées de moi à jamais! Oh que non! Ma liberté n’était que provisoire. Le plus triste dans ce retour aux enfers, c’est que je suis le prisonnier de mes…frères. Comme les frères de Joseph, mes frères, après m’avoir pris ma liberté, m’ont vendu. Mes frères ont jugé utile de me reprendre ma liberté.

 

« Dieu fit la liberté, l’homme a fait l’esclavage”, disait  Marie-Joseph Chénier. Ô ces mots ont de la valeur à mes yeux! Le comptoir nègre est réapparu en Libye. Mes frères m’ont humilié. Ils m’ont transformé en un objet. Ils ont fixé mon prix. Mes frères libyens ont imité l’homme blanc. Mes ancêtres ont été réduits à l’esclavage par des étrangers Blancs…et moi par les miens, mes frères blancs. Dire que nous avons la même mère: l’Afrique.

 

J’ai honte d’être exhibé par des Africains en 2017. J’ai honte de ne valoir que quelques billets de banque. Le monde entier semble choqué par ce geste de mes frères libyens. Pure comédie…