Issa Balla Moussa Sangare

Hommage au camarade Amadou Seydou Traore dit Amadou Djicoroni

Jour pour jour, voilà une année celui-là que nous considérions comme notre grand père, notre père, notre camarade de lutte Amadou Djicoroni nous quitta. En toute honnêteté ou plutôt au sens noble du terme notre maître à penser Amadou Djicoroni était pour nous une éducation, un état d’âme, un enseignement, un monument vivant, une référence, une autorité culturelle et morale…

Amadou Seydou Traore dit Amadou djicoroni. Crédit Photo: Facebook

Le sage Amadou Hampate Bah nous dit : « La vie sur cette terre n’est pas sans fin, nous sommes tous des étrangers de passage, avant qu’ils ne regagnent leur dernière demeure, hâtons-nous d’aller recueillir la parole de nos aïeux, car en Afrique lorsqu’un vieillard meurt c’est comme une bibliothèque qui brûle. »  Nous avions suivi ce sage conseil à la lettre, nous nous sommes empressés pour aller à l’écoute du Camarade Amadou Djicoroni.

Le camarade Amadou Djicoroni était pour nous un homme d’ensemencer, ils nous ensemencer l’esprit c’est à dire il nous rendait intelligent. Il nous a enseigné la droiture, le désintéressement, l’amour de la partie, à travers lui nous avons connu le Soudan d’alors, le Mali d’aujourd’hui, le Mali de Mamadou Konaté, de Modibo Kéita, ce Mali qui était connu et respecté à l’échelle internationale, ce Mali qui avait une voix et une place dans le concert des nations, ce Mali que nous, la jeunesse malienne, regrettons jusqu’au plus profond de nous-mêmes.

Selon Martin Luther King : « Si un homme ne trouve pas un idéal pour lequel il veuille mourir, il a perdu le sens de la vie », cet idéal notre camarade-père l’avait trouvé et c’était de défendre la cause du Mali. N’eût été le courage et l’engagement du camarade Amadou Djicoroni, nous, la jeune génération malienne, allions rester dans ce blackout total sur les œuvres des libérateurs de la République du Mali qui sont le Président Modibo Keita et ses illustres compagnons. Et, ayons le courage de le dire les moyens du camarade Amadou étaient très modestes mais il a su se battre avec abnégation et les moyens de bord pour nous éditer des livres sur les combats menés par Mamadou Konate, Modibo Kéita et leurs illustres compagnons, leur lutte pour la libération nationale et africaine, leurs projets pour l’édification de la nation malienne. Les livres du Camarade Amadou Djicoroni sont à lire et relire de la première à la quatrième couverture.

En ce qui me concerne, le camarade Amadou Djicoroni faisait partie en dehors ma famille, les peu de personnes à qui j’avais fait la promesse d’écrire sur le Président Modibo Keita. Et, malgré ces 88 ans sonnés, il avait lu le draft de mon ouvrage ‘Modibo Keita, La Renaissance Malienne’ 160 pages format A4. Dans ses commentaires, il a écrit : « Bon courage et encore une fois toutes mes félicitations car tu m’as administré la preuve que tu es un relais sûr de la pensée des pères fondateurs. La perfection n’est pas de ce monde. Ton mérite est grand. Tu pourras guider ceux qui veulent aller de l’avant en s’appuyant sur la vérité et en s’inspirant des meilleurs exemples. Bravo !!!!!!!! »

Veuillez honorer la mémoire du camarade Amadou Seydou Traore dit Amadou Djicoroni

A travers ces lignes, l’auteur demande humblement au gouvernement Malien ainsi qu’au Président Ibrahim Boubacar Kéita d’honorer la mémoire du camarade Amadou Djicoroni. Avant sa mort l’un des derniers vœux du doyen était : ‘pas de décoration a fortiori des funérailles nationales’. Malheureusement, ses désirs n’ont pas été respectés par les autorités maliennes le jour de son enterrement. A notre humble avis, pour remédier ce fait, le Président IBK et son gouvernement doivent honorer la mémoire du camarade Amadou Djicoroni. Selon nous, la manière la plus noble pour honorer la mémoire de ce grand esprit, de ce patriote serait d’attribuer son nom à la Bibliothèque nationale qui changera pour devenir « Bibliothèque nationale Amadou Seydou Traore ».

En effet, la motivation derrière cette requête auprès du gouvernement malien est loin d’être fortuite. En réalité, la grande majorité de la population malienne ignore notre histoire pré et post-indépendantiste et surtout celle de l’édification du Mali postcolonial. Pour mémoire, avant que le Mali n’accède à la souveraineté nationale Amadou Seydou Traore était le propriétaire d’une librairie et son enseigne d’alors était : « Librairie de l’Etoile Noire»[1]. Selon les propres termes de Pierre Campmas : « (…) Une librairie, où l’on pouvait trouver, choses alors rares en Afrique, tous les classiques du marxisme-léninisme.[2] »

En janvier 1961, soit cinq (5) mois après l’après l’accession à la souveraineté nationale le camarade Amadou Djicoroni l’en fait don à l’État malien avec un actif de 52.000.000 F C.F.A. et un véhicule. En février 1962 l’Assemblée Nationale du Mali a consacré l’acceptation de ce don par le vote d’une loi portant sur la création d’une Société d’État dénommée : Librairie Populaire du Mali[3] avec des succursales un peu partout dans le Mali.

A la lumière de ce qui précède, nous pensons qu’il sera juste et sage d’attribuer le nom de ce digne fils du Mali à notre bibliothèque nationale. A n’en pas douter, le camarade Amadou Djicoroni était un patriote, il avait le Mali dans son cœur et non sur ses lèvres et il a donné tout ce qui était à son pouvoir, tangible ou intangible, pour cause la malienne.

Honorer la mémoire du camarade Amadou Djicoroni en attribuant son nom à la bibliothèque nationale est pour nous la manière la plus juste pour récompenser ce digne fils du Mali, ce combattant anticolonialiste, ce nationaliste fervent, ce héro de l’indépendance qui fut avec certains de leurs camarades, le Président Modibo Kéita à leur tête, trainés dans la boue après le coup d’Etat du 19 novembre 1968. Comme beaucoup de ses compagnons, le camarade Amadou Djicoroni fut arbitrairement détenu pendant 10 ans sans jugement dans les geôles infernales de Kidal.

Ainsi, par la présente nous demandons aux autorités publiques d’immortaliser le camarade Amadou Djicoroni pour ce qu’il a été et ce qu’il a fait pour le Mali. Et, nous pensons comme susmentionné que la manière la plus juste serait d’attribuer son nom à la bibliothèque nationale.

Merci pour tout tonton Amadou Seydou Traore dit Amadou Djicoroni.

04 septembre 2017

Atlanta, Georgia

Issa Balla Moussa Sangaré

Simple citoyen malien

[1] Issa B.M. Sangare, Modibo Kéita, La Renaissance Malienne, l’Harmattan, Paris, p.115.

[2] Pierre Campmas, L’Union Soudanaise R.D.A., Communication Intercontinentale, Paris, p.97.

[3] Amadou Seydou Traoré, Le Salaire des Libérateurs du Mali, Bamako, La Ruche à Livres, 2008, p.260


Interview du Pr André Bourgeot, préfacier du livre: « Modibo Keita, La Renaissance Malienne »

Issa Balla Moussa Sangaré nourrissait depuis un certain temps le projet d’écrire sur le premier président de la République du Mali. C’est chose faite. Son livre «Modibo Keita, la renaissance malienne», édité par L’Harmattan Mali, paraîtra début octobre. Né en 1984 à Bamako, Issa Sangaré est parti aux Etats-Unis en 2009 dans le cadre de ses études. Diplômé de plusieurs universités américaines, ce jeune blogueur vit à Washington D.C. Il est fréquent qu’un auteur sollicite une préface d’une autorité dans le domaine dont son ouvrage relève. C’est vers André Bourgeot, anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS, et grand connaisseur du Mali, qu’Issa Sangaré s’est tourné. Nous avons rencontré André Bourgeot à ce sujet.

Pr André Bourgeot anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS
Pr André Bourgeot anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS

Ecrire la préface d’un ouvrage, c’est en être le préfacier. Qu’est-ce que cela signifie, Professeur ?

Un ouvrage doit avoir de la valeur en tant qu’ouvrage. Ce sont l’auteur et ses propos qui sont déterminants. Le nom, ou la notoriété, de celui, ou celle, qui accepte de préfacer un livre ne modifie sa valeur ni en bien, ni en mal. Le préfacier peut corroborer les valeurs intrinsèques de l’ouvrage et son auteur, mais ce n’est pas lui, ou elle, qui en fera la valeur. Un livre doit avoir sa propre vie. Lorsqu’un auteur m’envoie son manuscrit, et me sollicite pour le préfacer, habituellement,  j’ai tendance à refuser.

Pourquoi avez-vous accepté de préfacer le livre d’Issa Sangaré ?

Lorsqu’il m’a demandé de préfacer son livre, j’ai hésité, comme toujours.  Mais, plusieurs raisons m’ont amené à prendre la décision d’accepter. D’une part, c’était le premier livre qu’il allait publier. Il est jeune, il vit aux Etats-Unis, et pourtant il s’implique dans les réalités de son pays de naissance. J’ai pensé nécessaire de soutenir un jeune qui prend ce genre d’initiative. D’autre part, à la lecture de son manuscrit, j’ai trouvé que sa démarche se voulait objective. Certes, son style est un peu narratif, mais son travail est très référencé, c’est important. J’ai estimé qu’il était pertinent d’épauler ce genre d’ouvrage  dans le contexte malien actuel. Je parle de démarche objective, car dans son livre, Issa Sangaré n’omet pas d’aborder les faiblesses du régime de Modibo Keita. Il renvoie, par exemple, aux exactions perpétrées par la milice populaire de l’époque Modibo. Ce n’est pas négligeable d’oser le faire dans un livre consacré au Père de l’Indépendance du Mali. Issa Sangaré écrit avec beaucoup de sérénité, de conviction et de sincérité, trois qualités que j’ai appréciées. Préfacer signifie soutenir un ouvrage qui le mérite. C’est ce que j’ai souhaité faire en acceptant d’être le préfacier du livre d’Issa Sangaré.

Sans trop la déflorer, qu’avez-vous écrit dans cette préface, André Bourgeot ?

Je me suis permis d’y faire le lien entre  les valeurs véhiculées à l’époque de Modibo Keita, et ce qui se passe actuellement au Mali. Les Pères des Indépendances étaient des militants, au sens noble du terme. Ils défendaient des valeurs. Ils avaient un projet politique et un projet de société. Chacun était réalisable. Malgré le contexte néocolonialiste, Modibo Keita, comme d’autres, était porteur d’une certaine éthique. À ma connaissance, même s’il devait bien y en avoir un peu dans le Mali de l’époque, Modibo et ses compagnons n’ont jamais été accusés de corruption ou d’enrichissement. Cela fait longtemps que les valeurs militantes ont volé en éclats, au Mali comme ailleurs en Afrique. Elles ont disparu de la sphère politique.

Aujourd’hui, les présidents, leur entourage, et ce qu’on appelle l’Elite, instrumentalisent les partis politiques à des fins personnelles, pour arriver au pouvoir et s’enrichir. La Politique est devenue une marchandise à se partager au sein d’un cercle très restreint, au détriment des populations. C’est une rupture radicale avec ceux qui ont fondé les jeunes Etats indépendants.

Dans son livre, Issa Sangaré n’a pas de grandes prétentions, il fait preuve de modestie. Il décrit les valeurs d’une époque révolue. Il dresse une liste de faits indiscutables. Il ne cherche pas à analyser le bien et le mal de l’ère Modibo Keita, ce n’est pas son propos. Son livre fera l’objet de critiques, il doit s’y attendre, comme toute personne qui publie. Mais si les gens se saisissent de ses propos, ce jeune auteur pourra être satisfait d’avoir contribué à alimenter la réflexion politique. Quelque soit le devenir de cet ouvrage, je ne regrette pas de l’avoir préfacé.

Françoise WASSERVOGEL

 


Sortie du livre: « Modibo Keita, La Renaissance Malienne »

Livre: « Modibo Keita, la renaissance malienne »

En 1946 le vent du panafricanisme souffle sur l’Afrique francophone avec la création à Bamako du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). La branche Soudanaise (Malienne) du RDA naquit et Modibo Keïta est désigné secrétaire général. Avant-gardiste de l’indépendance de la Fédération du Mali, il conduira ensuite à la souveraineté nationale, la République du Mali. Au-delà, du parcours politique de l’homme, ce livre nous fait un exposé sur : le référendum gaulliste de septembre 1958, l’éclatement de la Fédération du Mali, la monnaie coloniale (F CFA) mais aussi sur la présence, de nos jours, des forces de défense Française dans la grande majorité des pays de l’ex-A.O.F. et ex-A.E.F. qui est une recolonisation qui ne dit pas son nom. Il nous relate également certains moments de gloire comme l’indépendance du Mali, la création de l’Union des États Africains (U.E.A.), le départ du dernier soldat Français sur le sol malien, l’année des réformes au Mali (1962) avec l’enseignement et la monnaie ou encore la création de l’OUA le 25 mai 1965.


Hommage à Tonton Amadou Seydou Traore

Moussa Sow, un grand lecteur du Blog  « La Plume de Issa » a tenu à rendre un dernier hommage à son camarade Amadou Seydou Troaré, dit Amadou Djikoroni, un des derniers camarades de lutte de Modibo Keita pour la libération nationale.

Amadou Seydou Traore dit Amadou djicoroni. Crédit Photo: Facebook
Amadou Seydou Traore dit Amadou Djikoroni. Crédit Photo: Facebook

Le 4 septembre 2016, notre père, notre camarade Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djikoroni, est retourné à Allah, le Tout Puissant, le Tout Miséricordieux. Puisse Allah, Soubhana Wa Ta’Allah, l’accueillir en Son Royaume et lui accorder sa grâce et Sa Miséricorde.

Amadou Djikoroni restera à jamais une figure éminente du pouvoir de Modibo Kéita. A la suite du coup d’état du 19 novembre 1968, il fut déporté dans le Nord du Mali où il resta embastillé  pendant dix ans (jusqu’en avril 1978), aux côtés du grand Madeira Keita, premier Secrétaire général du PDG et du docteur Konimba Plea. Dès leur sortie de prison après 10 ans de détention arbitraire, sans aucun jugement, ces dirigeants investirent leur énergie dans la lutte clandestine contre la dictature militaire, incarnée par le général Moussa Traoré. Une dictature obscurantiste, qui succomba sous les coups de boutoir de l’insurrection populaire généralisée du 26 mars 1991. Ma génération a eu la chance extraordinaire de connaître cette classe exceptionnelle de dirigeants qui ont conduit le Mali à l’indépendance et qui l’ont porté au firmament des Nations les plus respectées de la planète. J’ai connu Amadou Djikoroni sur le chemin du militantisme, dans ma quête de formation politique et idéologique. Je l’ai croisé chez Madeira Keita. Dès lors, nous avons noué des liens qui se sont raffermis au fil des années jusqu’à mon installation à Washington en 1992.

Je garde de lui l’image d’un homme d’une grande droiture intellectuelle et morale, d’un militant passionné au sens noble terme. Il était sincère à l’image des premiers dirigeants de l’US-RDA qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour libérer notre pays du joug colonial et qui se sont attelés à bâtir une société de justice sociale et de liberté tout en militant pour l’unité de l’Afrique et la réhabilitation de la dignité de notre continent. Sous la conduite éclairée du président Modibo Keita, ces dirigeants ont écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du Mali et de l’Afrique indépendante. Depuis Washington, j’ai maintenu le contact avec Amadou Djikoroni via Internet, puis à travers des entretiens téléphoniques hebdomadaires et parfois quotidiens. Nos discussions portaient sur tous les sujets d’actualité politique nationale et internationale. Ces échanges fructueux et féconds m’ont permis de mesurer toute la densité et la profondeur du savoir d’Amadou Djikoroni: le professeur, l‘historien, le politologue, l’écrivain… mais aussi, le marxiste pragmatique.

J’ai en mémoire ces conversations stimulantes qui me permettent de garder confiance en l’avenir de notre pays qui traverse actuellement la crise la plus grave de son existence contemporaine. Grâce à Amadou Djikoroni, la jeunesse d’aujourd’hui connait le président Modibo Keita, son idéal, ses œuvres que les prétoriens du 19 novembre 1968 avaient sciemment voulu ternir et effacer de la mémoire collective. A travers les nombreuses publications d’Amadou Djikoroni, la vérité a jailli et balayé la montagne de mensonges et de calomnies érigées par la dictature militaire du général Moussa Traoré. Amadou Djikoroni était comme une citadelle du savoir politique et historique du Mali chez qui les uns et les autres venaient se ressourcer et s’informer sur l’histoire de l’Afrique contemporaine. C’était une sorte d’encyclopédie vivante au service de tous. Amadou Djikoroni nous a quitté; mais son enseignement demeurera grave en notre mémoire. Il appartient désormais à la jeunesse d’aujourd’hui, qui baigne présentement dans un environnement de médiocrité et de confusion inouïe de connaitre le parcours de ce combattant intrépide de la liberté qui était animé par un amour profond pour le Mali. La jeunesse doit apprendre à aimer sincèrement le Mali car c’est dans l’amour de la patrie qu’elle réalisera pleinement son destin.

 Washington DC ,USA

Moussa Sow


Droit de réponse d’un descendant des colonisés au Premier Ministre François Fillon

Monsieur le Premier Ministre François Fillon, suite à votre exposé en date du dimanche 28 août 2016 dans votre fief à Sablé-sur-Sarthe, étant un descendant des colonisés, je me suis senti interpellé. C’est d’ailleurs, ce qui motive ce droit de réponse.20160316_153145_1
De prime abord, je dois vous remercier pour avoir soulevé ce débat sur la colonisation. En effet, l’histoire réelle non biaisée doit être enseignée aux enfants français, non pas pour qu’ils aient honte de leurs ascendants mais, au contraire qu’ils puissent connaître ce que, nous les africains, nos arrière-grands-parents et grands-parents ont enduré pendant les 70 ans de colonisation et les 400 ans d’esclavage. D’ailleurs, Pr Sekené Mody Sissoko nous enseigne : « Qu’un peuple n’est grand en assumant tout son passé, quelle que soit l’opinion, bonne ou mauvaise, qu’on puisse en avoir[1].» L’enseignement de la vraie histoire Africaine est doit être dans les programmes scolaires Français surtout lorsqu’on sait que « l’apprentissage des civilisations de l’Afrique en classe de 5e a été discrètement retirée des programmes». Libération dans sa livraison « Enseignement de l’Afrique à l’école, un oubli coupable » du 9 octobre 2015 nous relate l’indignation de Jean-Pierre Chrétien, Historien et Pierre Boilley, Professeur d’histoire de l’Afrique contemporaine à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne sur cet oubli. Ces universitaires Français disent que :  « le retrait de la question d’histoire africaine en classe de 5e résonne comme un signal de repliement, d’ignorance et de mépris. Les responsables de la rédaction de ces programmes doivent reprendre leurs esprits, ne pas se laisser intimider par des préjugés d’un autre âge et rectifier cet étrange ‘oubli’

A lire aussi: D-Day 6 juin 1944 – 6 juin 2014: l’Afrique oubliée en Normandie

Monsieur le Premier Ministre, c’est avec un intérêt pointu que j’ai regardé et écouté votre déclaration. Vous dites : « que la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord». Tout d’abord, je constate ici que vous avez des propos révisionnistes, n’est-ce pas René Dumont qui nous dit : « l’enseignement colonial, (…), éliminait les langues locales, sous-estimait les cultures africaines et faisait l’éloge de la colonisation[2]». Dumont qui fut, d’ailleurs, un des professeurs de Jacques Chirac, ancien de Président de la République Française. Quant à Aimé Césaire, il nous dira : « partout où la colonisation fait irruption, la culture indigène commence à s’étioler et, parmi les ruines, prend naissance non pas une culture, mais une sorte de sous-culture, une sous-culture qui, d’être condamnée à rester marginale par rapport à la culture européenne[3]». Mieux, Frantz Fanon pensait que : « le colonialisme ne se satisfait pas d’enserrer le peuple dans ses mailles, mais de vider le cerveau colonisé de toute forme et de tout contenu. Par une sorte de perversion de la logique, il s’oriente vers le passé du peuple opprimé, le distord, le défigure, l’anéantit.[4]» Ces témoignages ci-hauts ont été exprimés par d’une part un Français témoin de cette période sombre de notre histoire et d’autre part par des colonisés d’alors que l’écrivain noir Américain, Richard Wright appelle « les méprisés, les insultés, les dépossédés… les opprimés de la race humaine[5]

Monsieur le Premier Ministre, pour vous aider à vous débarrasser de cette idéologie révisionniste, dotée d’une représentation inexacte de la réalité sur la colonisation, et surtout pour ne pas « déformer » l’histoire je vous invite humblement à lire la préface de votre compatriote Jean-Paul Sartre, dans le livre « les Damnés de la Terre» de Frantz Fanon. Il dit, je cite : « (…) Avec le travail forcé, c’est tout le contraire : pas de contrat ; en plus de ça, il faut intimider ; donc l’oppression se montre. Nos soldats, outre-mer, repoussant l’universalisme métropolitain, appliquent au genre humain le numerus clausus : puisque nul ne peut sans crime dépouiller son semblable, l’asservir ou le tuer, ils posent en principe que le colonisé n’est pas le semblable de l’homme. Notre force de frappe a reçu mission de changer cette abstraite certitude en réalité : ordre est donné de ravaler les habitants du territoire annexé au niveau du singe supérieur pour justifier le colon de les traiter en bêtes de somme. La violence coloniale ne se donne pas seulement le but de tenir en respect ces hommes asservis, elle cherche à les déshumaniser. Rien ne sera ménagé pour liquider leurs traditions, pour substituer nos langues aux leurs, pour détruire leur culture sans leur donner la nôtre ; on les abrutira de fatigue. Dénourris, malades, s’ils résistent encore la peur terminera le job : on braque sur le paysan des fusils ; viennent des civils qui s’installent sur sa terre et le contraignent par la cravache à la cultiver pour eux. S’il résiste, les soldats tirent, c’est un homme mort ; s’il cède, il se dégrade, ce n’est plus un homme ; la honte et la crainte vont fissurer son caractère, désintégrer sa personne. L’affaire est menée tambour battant, par des experts : ce n’est pas d’aujourd’hui que datent les “ services psychologiques [6] (…)»

Monsieur le Premier Ministre, Kwame Nkrumah dans son livre « L’Afrique doit s’unir» nous dit que : « vous êtes venus en Afrique sans y être invités» et, nous le savons y compris votre personne que la France n’était pas la bienvenue alors d’où vient ce partage de cultures avec le continent noir ? Pour corroborer l’allégation de Kwame Nkrumah, qu’il me soit permis de citer ici Jules Ferry, qui avait laissé entendre le 28 juillet 1885 devant la chambre des députés : « Si la déclaration des droits de l’homme a été écrite pour les Noirs de l’Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas[7] ».

Monsieur le Premier Ministre François Fillon, vous dites : « Non, la France n’a pas inventé l’esclavage» certes mais son apport fut d’une grandeur inquantifiable. Mieux, nous savons également qu’elle faisait partie des 14 pays représentés à la Conférence de Berlin de 1884-1885, conférence à l’issue de laquelle des coups de sabre ont été assignés, de manière scientifique et délibérée à l’Afrique pour la scinder entre les pays occidentaux.  Suite à  cette balkanisation du continent, la France agrandira son empire colonial en ayant officiellement comme colonies l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française) et l’A.E.F. (Afrique Equatoriale Française). Durant la colonisation dans les écoles de l’A.O.F. et l’A.E.F. était imposé un livre de lecture : « MOUSSA et GI-GLA ». Et, il était préfacé comme suit : « Ce livre a été conçu pour aider à l’éducation de l’enfant noir et lui faire connaitre et aimer la France, lui montrer la France comme le plus glorieux pays, comme le pays le plus avancé en civilisation, le premier de tous autant par le courage de ses soldats et que le mérite de ceux qui l’ont illustré et particulièrement de ceux qui ont apporté à l’Afrique la prospérité et le progrès. L’Afrique produisait des hommes disait Faidherbe, faisons de ces hommes des français heureux et fier de l’être.[8]» M. le Premier Ministre est-ce cela que vous mettez sous le vocable de partage de cultures ?

Monsieur le Premier ministre, la colonisation française est synonyme des 400 000 morts en Algérie, 90 000 morts lors de la « pacification » malgache en 1947, et les 70 000 morts de la guerre du Cameroun[9]. C’est aussi les morts des deux guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945 dont l’effort de « Mama Africa» fût énormément énorme mais jusque-là non apprécié à sa juste valeur. En 1947 n’est-il pas le général Leclerc, le prestigieux chef de la 2e division blindée, qui avait réclamé : « que la France s’acquitte pleinement et sans marchander de la dette d’honneur qu’elle avait contractée auprès des tirailleurs.» Nous pouvons, également, lire sur la première de couverture du merveilleux livre : « Des Tranchées de Verdun à l’Eglise Saint-bernard» de Pr Bakary Kamian : « 80000 maliens au secours de la France (1914-18 et 1939-45) ». Mieux, Pr Bakary Kamian nous apprend que pendant la première guerre mondiale 11,403 Maliens sont morts pour la cause de la France et, la seconde guerre mondiale 7,000 Maliens ont trouvé la mort en défendant le drapeau tricolore Bleu-Blanc-Rouge et 4,535 étaient dans les camps de concentration.

Monsieur le Premier Ministre, l’Afrique est aussi l’empire du Ghana, l’empire Songhaï, l’empire du Mali… Elle est aussi le Roi Kankou Moussa, le grand richissime de tous les temps de la planète terre, le Roi Samory Touré, le Roi Soundjata Kéita qui, avec ses compagnons chasseurs établiront en 1236 la première constitution du monde : la Charte de Mande ou de Kourougafoukan avec ses 44 articles, qui fût d’ailleurs reconnue par l’UNESCO comme patrimoine mondial immatériel. Elle est aussi l’université de Tombouctou, la première université Arabe dans le monde. Elle est également Nelson Mandela, Diallo Telly, Sylvanus Olympio, Thomas Sankara, Amical Cabral, Félix Houphouët-Boigny…

Monsieur le Premier ministre ce droit de réponse est pour la mémoire des dignes fils de la mère des terres qui se sont battus contre de la pénétration coloniale, pour la mémoire de ces révolutionnaires qui se sont rebellés contre la domination coloniale et qui ont été tués par la répression coloniale : Steve Biko, Chris Hani, Ruben Um Nyobè, Patrice Lumumba j’en passe. C’est également pour la mémoire de nos prédécesseurs intellectuels Africains, Alioune Diop et ses compagnons, qui avaient investi le quartier Latin, entre la Rue Descartes à la Rue des écoles, par la création de Présence Africaine pour jalonner la présence de l’Afrique et de l’homme Africain dans l’histoire et la civilisation mondiale physiquement et intellectuellement. Il est aussi pour la mémoire de Joseph Zi-Zerbo et ses compagnons, ce premier africain agrégé en histoire et qui est, d’ailleurs, reconnu comme le père de l’Histoire générale de l’Afrique. C’est aussi pour honorer la mémoire de Cheick Anta Diop et ses compagnons, avec son livre : « Nations Nègres et Cultures» qui avait l’effet d’une bombe après sa publication. Il nous démontra que la civilisation grecque dont l’Europe réclame comme la mère de la civilisation mondiale est une falsification de l’histoire. Nos valeureux Egyptologues l’ont démontré que c’est l’Egypte Antique, je précise l’Egypte Noire, qui a été l’institutrice de la Grèce dans toutes mes matières (la philosophie, la mathématique…). Les savants grecs sont venus chez nous pour s’instruire à savoir Pythagore qui a passé 22 ans en Egypte, Thales, qui a introduit la géométrie en Grèce, était venu se cultiver en Egypte… Platon… j’en oublie. C’est aussi pour la mémoire de nos pères de l’indépendance Africaine et leurs compagnons, grâce à qui, nous la jeune génération africaine, sommes nés étant des hommes libres, il s’agit notamment de : Kwame Nkrumah, Modibo Kéita, Julius Nyerere, Sékou Toure, Léopold Sedar Senghor, Gamel Abdel Nasser, Hamani Diorie, Ahmed Ben Bellah… la liste est encore longue.

Monsieur le Premier ministre, votre apologie de la colonisation nous fait mal jusqu’au plus profond de nous-mêmes, d’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls. Dans sa publication : « Colonisation : le Cran demande à ce que François Fillon soit exclu du parti Les Républicains » du 02 septembre 2016, Jeune Afrique nous raconte le communiqué du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), dont son président, Louis-Georges Tin, qualifie vos propos : ‘d’ «odieux » et « révisionnistes ». « La première colonisation, mise en place par la monarchie, explique le communiqué, a été marquée par l’esclavage des Africains déportés en Amérique. La seconde colonisation, au 19e et au 20e siècle, a été marquée également par les massacres et le travail forcé, qui tua à la tâche des millions d’Africains. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agissait de crimes contre l’humanité.»’

Enfin, terminons ce droit de réponse  par l’amende honorable faite par Ségolène Royale sur la colonisation. Cité par Le Point dans son article « Pardon pour l’esclavage et la colonisation» du 19 mai 2009, l’ex-candidate à la présidentielle Française de 2007 a dit, je cite : « Pardon pour l’esclavage et la colonisation, merci pour tout ce que l’Afrique a apporté à l’Histoire et pour sa participation à la libération de la France.»

« Nos descendants ont des droits sur nous »

Washington DC, le 13 septembre 2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Descendant des colonisés d’Afrique

Panafricaniste d’obédience Modibo Keita, Kwame Nkrumah et Julius Nyerere

[1] Pierre Campmas, L’Union Soudanaise R.D.A., Communication Intercontinentale, Paris, p.9.

[2] René Dumont, Démocratie pour l’Afrique, Edition du Seuil, Paris, 1991, p.191.

 

[3] Aimé Césaire  citation extraite de Steve Biko, Conscience Noire, Paris, Editions Amsterdam, 2014, p.111.

[4] Ibid. p.110

[5] Cité par Amady Aly Dieng dans « Les Grands Combats de la FEANF, De Bandung aux indépendances 1955-1960, p.  88»

[6] Préface de Jean-paul Sartre dans le livre « Les Damnés de la Terre » de Frantz Fanon

[7] « Africains, levons-nous ! » Paris, Editions Points, 2010, p.43

[8] Préface de Moussa et Gi-gla, Colin 1936, citée par  Amadou Seydou Traoré dans  « L’école Malienne hier… ! Et Aujourd’hui ?, p. 15»

[9] Jeune Afrique, du 02 septembre 2016 consulté 10 septembre 2016


L’an III du régime d’IBK : de mal en pire

 

Comme à l’accoutumé, chaque année nous avons toujours esquissé quelques lignes sur l’exercice annuel du régime d’IBK et ce présent billet s’inscrit dans la même logique.

Crédit photo: inconnu
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L’amateurisme continue au sommet de l’état  « La suspension du Mali à l’ONU »

Après vingt-quatre heures de silence du gouvernement Malien, le Premier Ministre Modibo Keïta via l’ORTM nous déclare : « Je présente les excuses du gouvernement à ce peuple si fier. L’erreur est injustifiable. On l’assume. Je prends l’engagement que tout sera réglé dans les plus brefs délais.» Le plus grave dans cette histoire de suspension est l’argumentaire du PM Modibo Keita qui avait pour objectif de nous faire dormir debout. En effet, Il affirma, je cite : « le 3 juin 2015, à la demande du ministère des affaires étrangères, un ordre de transfert de 200 millions de FCFA (305 000 euros) en faveur des Nations unies a été donné au Trésor public. Mais, le numéro de compte communiqué n’était pas le bon. L’argent est donc retourné au Trésor. Les fonctionnaires qui ont reçu ce retour n’ont pas pris les dispositions qui s’imposaient pour corriger l’erreur. Notre diplomatie a failli.» A rappeler que cette suspension est une première dans l’histoire du Mali depuis son adhésion dans la Société des Nations. Par ailleurs, les allégations du PM Modibo Keita n’étaient point fondées. Au lendemain de sa déclaration, le secrétaire général du syndicat du Trésor National, Aguissa Zouladéini Maïga, dira sur Malijet : « qu’après renvoi des ordres de transfert par la BCEAO le 05 Juin 2015, le 08 Juin, le Trésor a saisi par lettre officielle l’ordonnateur, la Direction du budget, pour qu’elle transmette les numéros de compte corrects. Cela n’a pas été fait. Le 27 août 2015, le Trésor a adressé une nouvelle correspondance à l’ordonnateur pour alerter encore.» Vous êtes témoins de ce rejet de responsabilité entre les hauts cadres de notre nation, avons-nous des cadres suffisamment pointus pour bien faire fonctionner notre administration ? Ce fait lamentable est-il la preuve patente de l’amateurisme du gouvernement d’IBK ? Ces cadres ont-ils une conscience élevée de leur tâche ? Sont-ils aminés d’une bonne foi dans l’exercice de leur fonction ?

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La mue de l’accord de la paix en accord de la guerre

De la signature finale de l’accord de la paix entre le pouvoir central de Bamako, les groupes armés et le rebelles, soit le 20 juin 2015 à nos jours, on comptabilise plus de morts en comparaison avec l’intervalle : l’élection du président IBK (4 septembre 2013) et la signature de l’accord d’Alger (20 juin 2016). Tiébilé Dramé le président du PARENA, dans sa réponse à la lettre ouverte de Issa Balla Moussa Sangaré, nous informe : « qu’entre le 1er janvier et le 31 mai 2016 au moins 250 personnes ont été tuées lors de divers incidents: attaques, explosions de mines, assassinats ciblés, violences intercommunautaires….. Parmi les victimes, des Maliens, civils comme militaires et des étrangers, civils comme militaires. » A ce total de 250 morts à la date du 31 mai, si nous jetons un regard sur le trimestre suivant (juin, juillet, août 2016), nous pouvons déduire que le nombre de personnes tuées avoisine le chiffre fatidique de 300 ou plus. Nous nous rappelons du nombre de morts des soldats maliens après l’attaque contre le camp de Nampala (17 morts), les trois (3) décédés de Gao après l’insurrection de la jeunesse de Gao contre l’instauration des autorités intérimaires, ceux de Tenenkou, selon Maliweb le bilan était de trois (3) morts après l’attaque contre cette ville, à tout ceci s’ajoute les pertes de vie humaines ici et là suite aux affrontements récurrents entre le GATIA (groupe armé pro-gouvernemental) et la CMA (Coordination des Mouvements de l’Azawad) pendant le trimestre susvisé. En plus, dans la même tranche de période il y a eu plusieurs violences intercommunautaires qui ont également occasionné des pertes de vies humaines. L’insécurité grandissante dans le nord n’en parlons pas, arrêtons-nous seulement sur le cas du Sud et du centre du Mali, où nous sommes témoins de l’assassinat à bout portant des paisibles citoyens…  cette liste est loin d’être exhaustive car il y a aussi les disparus, les otages, les déplacés etc. Ce sombre bilan post-accord de la paix ou accord d’Alger nous pousse à nous poser la question si sa signature ne s’est-elle pas muée en accord de la guerre.

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Les voyages interminables : 99 voyages hors du Mali soit 3 voyages en moyenne par mois

De son élection à la magistrature suprême à l’heure où j’écris ces quelques lignes, le président IBK a effectué 99 voyages hors du Mali. En divisant ce chiffre record de 99 par 3, nous nous retrouvons avec 33 voyages par l’an. Continuons avec le calcul mental afin de connaitre la médiane du nombre de voyages que notre président fait par mois : 33 divisé par 12 nous 2,75 donc en arrondissant nous avons 3 voyages en moyenne par mois, mais comment peut-on régenter un pays de la sorte ? De surcroît un pays qui traverse une crise multidimensionnelle. Nous ne cesserons jamais de le dire, on édifie un pays par 3 T (travail, travail, travail) et non par 3 V (voyages, voitures, villas). Racine Thiam, le Directeur de la communication de la Présidence, nous a une fois laissé entendre lors de la rencontre avec Koulouba initié par lui-même, que le président IBK fut ces derniers temps le président le plus sollicité. Après ses allégations, je me suis amusé à revoir la liste des voyages de notre président. La plupart sont des déplacements qui ont peu d’intérêt pour le Mali d’aujourd’hui et sa sortie de crise. Citons quelques-uns de la troisième année de son pouvoir : novembre 2015 Malte (sommet sur la migration), 13 décembre 2015 Guinée (investiture Alpha Condé), le même mois 22 décembre (Mauritanie enterrement du fils Président), le 28 décembre 2015 (Investiture du Président Roch Kabore). Comme nous l’avons si bien mentionné ci-haut (3 voyages en moyenne par mois), vous pouvez le constat pendant le seul mois de décembre 2015 il a effectué 3 voyages hors du Mali. Continuons, 8 février 2016 Togo (11e anniversaire de la mort d’Eyadema) en son temps j’ai dit à un frère Togolais notre président est chez vous pour la commémoration du décès du président Eyadema, il me répondra en disant « mais ça c’est un non évènement chez nous». Le 1er avril 2016 Niger (investiture de Mamadou Issoufou), 11 mai 2016 Ouganda (investiture de Yoweri Museveni), 19 mai 2016 Guinée Equatoriale (investiture présidentielle), bon je m’arrête là la liste encore longue. C’est sur cette base qu’on nous avance que notre Chef de l’Etat fut le sollicité.

Halte ! La liberté d’expression est-elle en danger ?

Le 17 août 2016 suite à la pression de la jeunesse dans les rues de Bamako pour la libération l’activiste et animateur de radio Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath, nos gouvernants d’aujourd’hui, pour montrer leur muscle, n’ont rien trouvé comme moyen de dissuasion si ce n’est pas le blocage des réseaux sociaux (Facebook et Twitter…) à travers tout le Mali et cela pendant plus de 48 heures. La liberté d’expression ou la liberté tout court est-elle déjà en danger sous le régime IBK ? Nous avons également mémoire de la disparition mystérieuse d’un journaliste d’investigation, du nom de Birama Touré depuis le 29 janvier 2016. Cette disparition est-elle en lien avec son métier ? Aucune hypothèse n’est à écarter, une enquête a été ouverte depuis mais nous sommes toujours sans nouvelle Birama Toure celui-là même qui s’apprêtait à faire son mariage civil.

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Le nouveau code électoral : attention à ne pas brader notre démocratie si chèrement acquise

Un jour en discussion avec un aîné, ce dernier me dira qu’il n’est pas fan de notre ancien Président Alpha Oumar Konaré, mais le fait qu’il a pesé de son poids pour que IBK ne soit pas son successeur en 2002 à la présidence de Koulouba est vraiment à saluer. Il déduira que si IBK était devenu le président d’alors il était fort probable que la constitution de la république allait être révisée pour qu’il puisse se maintenir au pouvoir à jamais. En prenant connaissance du nouveau projet de code électoral, je n’ai pas pu m’empêcher de me rappeler des propos de cet aîné. En effet, un des articles du code électoral stipule que « chaque candidat à la présidentielle doit recueillir la signature légalisée d’au moins quinze députés et de cinq conseillers nationaux ». Si en 2012 le président ATT avait initié le même projet, IBK n’allait, probablement, pas pouvoir se présenter à l’élection présidentielle. RFI dans sa livraison « Mali : polémique autour du projet de loi du code électoral » du 2 septembre 2016 nous apprenne que : « seulement trois partis politiques maliens disposent chacun de plus de quinze députés à l’Assemblée nationale. En clair, si l’actuel texte est voté, il risque de n’y avoir que trois candidats à la future élection présidentielle.» Ainsi, les hommes d’états comme les  Premiers Ministres : Dr Soumana Sako, Modibo Sidibé ou encore Moussa Mara, l’opposant éternel Dr Oumar Mariko et Tiébilé Drame, j’en passe, se verront dans l’obligation de ne pas se présenter pour les prochaines échéances électorales en 2018. Ils sont des hommes d’état, des politiciens avérés, mieux ce code électoral sous-entend que le Mali et la fonction de présidence appartiennent, dorénavant, aux hommes politiques seulement, car pouvoir avoir 15 députés et 5 conseillers nationaux il faut au moins être un politicien, avec une base solide, un parti politique etc.  Non, nous sommes contre cette loi, nous récusons cet article du nouveau code électoral car la nation Malienne nous appartienne à nous tous, civiles, politiciens, hommes de caste… Cette révision de la loi électorale est sélective, restrictive et exclusive, elle exclu la grande majorité de la population malienne à briguer la magistrature suprême. Mieux, elle est anticonstitutionnelle car l’article 2 de la constitution de février 1992 nous stipule : « tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée.» Ainsi, si ce nouveau code électoral est voté par l’Assemblée Nationale, le montant de la caution qui était juste-là 10 millions, sera 35 millions de Franc Cfa soit une augmentation de 350%.

 

Les dépenses inutiles et ostentatoires 

Le Prétoire, dans sa publication du 15 octobre 2015 sur Maliweb, nous informe que le budget de la présidence est passé de  9 milliards 300 millions à 14 milliards 600 millions de Franc CFA, soit une augmentation de 57% Pourquoi faire dans un pays qui est guerre ? La même publication a fait un le parallèle entre le budget de Koulouba et celle du budget 2015 des 10 principaux hôpitaux du Mali (Point G, Gabriel Touré, Hôpital du Mali, Kati, hôpitaux régionaux de Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao). Le constat est cinglant, il s’avère que le premier budget cité est supérieur au second, pour les hôpitaux le montant s’élève à 14 milliards 400 millions. Mieux, elle fera une comparaison plus saignante : le budget de la sécurité alimentaire de tout le pays en 2015 est de 500 millions de FCFA contre 300 millions pour l’alimentation de Koulouba qui était de 61 millions en 2013. Comme si tout cela ne suffisait point, notre président adore le luxe, ainsi le 14 Février 2016 Air IBK était à l’aéroport de Bâle en Suisse pour une rénovation de l’intérieur de la cabine et une retouche du décor extérieur, la République du Mali qui était écrit en gros caractère a visiblement été changée par des caractères plus petits. Tout ça pour quoi faire ? Alors que les gens ne parviennent pas manger trois fois par jour.

Conclusion :

Dans notre conclusion du bilan de l’an I du président IBK, nous avions dit : « faire des erreurs n’est pas grave mais ne pas apprendre de ses erreurs est inadmissible. Nous osons croire que le Président la République et son Gouvernement sauront se ressaisir et apprendre de leurs erreurs, d’écouter la population, d’accepter les critiques  afin de changer le cap, de mettre la nation Malienne sur les rails de l’excellence, de redonner de l’espoir à cette jeunesse meurtrie et égarée et afin pour une sortie de crise honorable. » La mort dans l’âme, nos gouvernants aujourd’hui n’ont rien appris des erreurs du passé, à savoir même s’ils veulent bien apprendre de leurs erreurs. Après trois (3) ans de mandat nous sommes toujours à ce niveau, nous pensons qu’il ne faut plus rien attendre de ce régime qui a montré ses limites et qui est déjà dans la dynamique pour la préparation de la réélection du président IBK, les deux (2) années, à venir, seront pour eux la période précampagne électorale et tous les autres dossiers dans les oubliettes.

Washington DC, le 04-09-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Maliden Kura

 

 


Mali : IBKature, la censure de l’ORTM, le Silence Radio de Koulouba, Censure des réseaux sociaux…

Crédit photo: Facebook
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Comme une malédiction au lieu que nos forces de sécurité ou de la défense utilisent leurs balles contre les rebelles, djihadistes… non ce sont des paisibles citoyens qu’ils tuent avec.

Le 12 juillet 2016 à Gao dans la septième région du Mali, lors d’un attroupement de la société civile contre l’installation des autorités intérimaires conforment à l’annexe 1 de l’Accord de la Paix issu du processus d’Alger, les FAMA (Forces Armées du Mali) ont tiré à balles réelles sur des paisibles citoyens faisant trois (3) morts et près de trente (30) blessés selon le site d’information en ligne « notre nation ».

Nous nous rappelons également, une semaine après le lancement du mouvement « Bamako ville propre ou opération Ami Kane » pour déloger les commerçants détaillants des voies publiques, nos forces de l’ordre avait tiré encore à balle réelle sur un marchand détaillant. Il avait été opéré avec succès mais sur le réseau social ‘facebook’ ses proches sollicitaient de l’aide afin de les aider à couvrir les frais de médicaments et d’hospitalisation.

Comme on le dit jamais deux sans trois, hier 17 août 2016 à Bamako, les forces de la sécurité ont emboîté les pas de leurs frères d’armes de la septième région en tirant à balles réelles sur les membres de la société civile faisant selon « maliweb » deux (2) morts et plusieurs blessés, ce bilan est encore provisoire. Cette manifestation trouve son essence dans l’arrestation dans la nuit de lundi 15 août 2016 d’un jeune activiste surnommé Ras Bath qui est connu civilement sous le nom de Youssouf Bathily. A noter que Ras Bath est le fils de l’actuel ministre des domaines de l’Etat et des affaires foncières, Mohamed Ali Bathily. En effet, Ras Bath devait comparaître devant le juge du tribunal de la commune IV de Bamako, et cela c’était sans compter sur la génération de Ras Bath qui était massivement sortie, un rassemblement sans précédent, pour réclamer la libération de leur activiste.

Est-ce une malédiction ? Au lieu que nos forces de sécurité ou de la défense (déjà cantonnés avec les armes sous pieds) tirent sur les rebelles, djihadistes… non ce sont des paisibles citoyens qu’ils tuent. Il y a lieu, sans hésitation, de se demander des questions si nos forces de l’ordre, de la sécurité ou de la défense ont été ou pas formées pour assurer le maintien de l’ordre d’une manifestation pacifique, pour canaliser un attroupement sans tirer à balle réelle sur les citoyens. En posant cette question sur twitter un internaute m’a répondu en disant je cite : « Si, ils ont été formés mais comme toujours très mal formés »

La censure de l’ORTM (Office de Radiodiffusion-Télévision du Mali)

Décidément, nous ne finirons jamais de soumettre l’ORTM en cause de son habitude de monopole et de censure, moyens les plus efficaces pour détourner le malien des vrais problèmes de la citée. Depuis l’ascension des néo-démocrates au pouvoir, il n’est un secret pour personne, qu’au Mali pour être sous-informé, déconnecté avec les maux qui rongent la société, déphasé par rapport aux choses sérieuses… j’en oublie il te faut juste être un inconditionnel de notre chaîne nationale de Télévision. L’ORTM a osé diffuser le journal de 20h (GMT) sans un seul mot sur les événements liés à l’arrestation de Ras Bath dont le bilan provisoire est deux (2) morts et plusieurs blessés. Sommes-nous dans un état démocratique ? Nos gouvernants d’aujourd’hui ont-ils un minimum de respect envers nous les fils et les filles de ce pays? J’en doute très fort.

Le Silence Radio de Koulouba

Après l’annonce du décès de deux (2) manifestants, sur Twitter, j’avais prophétisé que ça sera improbable que le président IBK s’adresse à la nation sur cet événement tragique qui a coûté la vie à deux (2) de nos compatriotes. Sous d’autres latitudes, même si c’était un seul mort, leur Chef d’Etat, en bon père de la nation s’adressera à son peuple. Malencontreusement, les administrés ainsi que les dirigeants sont divergents d’une nation à une autre. Mais il y a une lecture de deux poids et deux mesures lorsqu’il s’agit d’un mort de nationalité Malienne ou Française, nous avons mémoire d’avoir vu le président IBK versé les larmes pour la mort de deux français, par contre depuis le début de cette crise soit l’année 2012 jusqu’à nos jours, c’est à peine si notre chef de l’état rend hommage aux défunts Maliens civils et militaires.

Censure des réseaux sociaux (facebook et twitter…)

Dans la foulée vu l’ampleur des dégâts et de la mobilisation sur l’internet, nos décideurs ont simplement décidé de réduire l’accès pour ne pas dire bloquer certains réseaux sociaux tels que : facebook, twitter… Nous ne pouvons que qualifier cet acte comme une atteinte à la liberté d’expression ou à la liberté tout court. Faisons-nous face à une sorte de dictature que nous pourrons appeler ‘IBKature’ ? De surcroît sous le régime de celui qui laisse toujours entendre qu’ils, avec ses compagnons, ont combattu la dictature pour l’instauration de la démocratie au Mali. Est-elle cette démocratie si chèrement acquise en péril ?

Au grand dam du gouvernement d’IBKature, une fois que certains activistes et blogueurs se sont rendu compte de ce fait ignoble dont le but était de réduire l’accès aux réseaux sociaux, ceux de la diaspora singulièrement : d’Amérique et de la France commencèrent à balancer sur twitter des liens pour le téléchargement des applications ou des sites électroniques sur lesquelles les internautes pouvaient surfer sans aucune censure de réseaux sociaux.

Il est vraiment temps que nos dirigeants du haut d’en haut, le président IBK et son gouvernement, sachent que les temps ont changé. Sans hésiter, il est impérieux pour eux de comprendre qu’ils doivent se mettre dans cette dynamique de changements. Mieux, il est plus que nécessaire pour eux de s’adapter à ce changement, de reconnaître qu’avec la révolution technologique, il n’est plus question de régenter le bas peuple comme si nous étions dans les années 90’. Non, votre manière de gouverner est révolue.

 

Washington DC, le 18-08-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Fils du Mali

 

 


USA : le candidat Donald Trump, le G.O.P. doit se remettre en question!

Donald Trump, le candidat des Républicains. Crédit photo: sun-sentinel.com
Donald Trump, le candidat des Républicains. Crédit photo: sun-sentinel.com

None of us will vote for Donald Trump

Donald Trump, le très controversé candidat du G.O.P. (Grand Old Party) à la présidentielle Américaine de novembre 2016 n’arrête plus de battre des records, surtout dans le mauvais sens. Depuis 40 ans il en va sans dire qu’il sera le premier candidat d’un parti politique à ne pas rendre publique ses déclarations de taxes, motif avancé le sieur Trump et ses multiples entreprises sont actuellement sous le contrôle d’un audit. Le dernier des records est celui de la lettre des 50 Républicains, tous anciens officiels de la sécurité nationale, à New York Times le 8 août 2016. Dans cette déclaration de huit (8) pages dont les deux (2) premières constituent la lettre en question et sur les six (6) autres se trouvent les signatures (les noms et prénoms et les titres), ces Républicains qui ont eu à exercer d’importantes fonctions dans l’appareil de l’Etat Américain surtout dans la sécurité nationale disent que ‘None of us will vote for Donald Trump’ autrement dit ‘aucun d’entre nous ne votera pour Donald Trump’. Ils n’ont pas été tendres envers le candidat choisi par leur parti, en effet, ils disent que « Donald Trump pourrait devenir le président le plus dangereux de l’histoire américaine », Ils affirment que « M. Trump n’a ni le caractère, ni les valeurs, ni l’expérience pour devenir un président ». Sur la politique étrangère, ils le déclarent : « non qualifié pour être président et commandant en chef des armées» et sont convaincus « qu’il sera un président dangereux qui mettra en péril le bien-être et la sécurité nationale en dangers.»  Bien avant eux, on peut citer le Père et le fils Bush, tous deux anciens Présidents des Etats-Unis qui ont décidé de ne pas soutenir la candidature de M. Trump, dans la même foulée l’ancien candidat malheureux de l’élection présidentielle de 2012, le républicain Mitt Romney emboîta les pas de la Famille Bush en renonçant de soutenir le très sulfureux Donald Trump, la liste est loin d’être exhaustive mais arrêtons-nous là.

Le G.O.P. doit se remettre en question!

Les membres du G.O.P. doivent se remettre en question avec cette candidature de Donald Trump pour représenter les Républicains à l’élection présidentielle de novembre 2016. Cet outsider est venu déjouer tous les pronostics pendant les primaires républicaines. Ce businessman, un vrai novice en politique a mis a nu la vieille classe politique républicaine. Ce monsieur, qui n’a même pas la maîtrise du béaba de la politique, a su se défaire des vrais enfants du G.O.P. lors des primaires pour devenir le candidat de ce grand parti. Ces vrais enfants qui ne sont rien d’autre que les produits finis du G.O.P. éduqués et élevés par lui et qui cherchaient à être son candidat sont entre autres : le Sénateur de Texas Ted Cruz un conservateur jusqu’aux ongles, Marco Rubio le Sénateur de Florida, qui fut long temps considéré comme l’avenir du parti républicain, Jeb Bush ancien Gouverneur de Florida qui a son père et son frère tous deux anciens Présidents des Etats-Unis, John Kasich Gouverneur de l’état d’Ohio et un réactionnaire jusqu’à la moelle épinière ou encore le Gouverneur de l’état de New Jersey, Chris Christie. Face au leadership de Donald Trump, ils ont tous renoncé à devenir le candidat du G.O.P. et cela bien avant la Convention Nationale des Républicains pour la désignation officielle du candidat de leur parti.

La classe politique républicaine doit se poser des questions, comment un outsider comme Donald Trump peut-il venir de nowhere (nulle part) pour se hisser à la tête du parti comme ça ? Et nous le savons, les poids lourds du G.O.P. ont tout fait pour mettre les bâtons dans les roues de Trump dans sa chevauchée lors des primaires, mais ont tous échoué.

A mon humble avis, le cas Trump est une leçon pour cette classe politique, et ils ont l’obligation d’apprendre de cette leçon pour l’avenir. Malgré tout ce qu’ils ont manigancé contre ‘l’ouragan Trump’, l’électorat républicain est resté dernière Trump, ça veut tout simplement dire qu’ils sont déçus de ces politiques là et ils aspirent au changement. D’ailleurs c’est ce que Trump disait tout le temps : « les gens veulent le changement », mieux encore il affirmait que « les politiciens sont tous des menteurs, on peut les acheter et je l’ai déjà fait, ce qu’ils disent et ce qu’ils font sont complètement différents »  et pendant un débat lors des primaires, il s’était tordu de rire lorsqu’un sénateur avait traité un autre sénateur menteur, Trump avait laissé entendre « au moins cela ne vient pas de moi, ils (les politiciens) sont en train de s’appeler menteurs »

Que ce revers de la ‘tempête Trump’ serve de leçon dans l’avenir pour les politiciens d’ici et ailleurs notamment ceux de l’Afrique.

Washington DC, le 10-08-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

 

 


Non, le saccage des kiosques des commerçants détaillants n’est pas synonyme de développement

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Le Panafricaniste Issa Balla Moussa Sangare

Ces dernières semaines nous assistons au Mali à ce qu’on a étiqueté : « Opération Ami Kane » portant le nom de Madame le gouverneur du district de Bamako et l’initiateur du mouvement « Bamako ville propre ou déguerpissement des commerçants détaillants.» Tous les moyens sont utilisés pour rendre Bamako une ville propre car elle abrite le prochain sommet France-Afrique en janvier 2017, et sans préavis ni concertation entre les parties les autorités saccagent les kiosques et les stands des commerçants détaillants sur les grandes artères de la capitale Malienne y compris ceux des rues des quartiers périphériques.

Ainsi le 4 août 2016, l’ancien directeur de cabinet du président IBK, non moins l’ancien ministre de la communication et le désormais propriétaire du Journal du Mali nous dit dans son Edito ‘Dura lex Sed lex’ : « (…) Et si l’action en cours va à son terme, elle pourrait marquer pour l’État le début de la reconquête de pans entiers de son autorité perdue ». Nous disons tout simple Mahamadou Camara, que la reconquête de l’autorité de l’état commencera d’abord par la réinstallation de l’administration Malienne à Kidal. Pis, selon lui les stands détruits ont été construits dans l’illégalité, non Mahamadou Camara, si un bon nombre a été construit sans autorisation légale, par ailleurs plusieurs propriétaires ont leur autorisation d’occupation.

A lire aussi : Mali: Ma réponse au ministre de la communication M. Mahamadou Camara

Dans cette foulée, Mandela Keita un journaliste de l’Agence Malienne Presse sur son compte facebook nous dit : « Ami Kane a le soutien total du président de la République et de tous les Maliens soucieux de l’avenir du Mali. Aucun pays ne s’est construit dans l’informel, synonyme de désordre. Le commerce dans l’informel ne profite à personne à commencer par les commerçants eux mêmes. Je suis étonné de la réaction de certains intellectuels qui essayent de défendre l’indéfendable parce que tout simplement ils veulent que toute action initiée par le régime soit un échec. Honte à eux.» Je me demande quelle définition Mandela Keita donne à l’informel ou le commerce informel. Certes, une partie est dans informel mais la grande majorité de ces commerçants détaillants qui ont eu leurs emplacements détruits ne font point du commerce informel.

  1. Analysons de près cette histoire, qui sont les propriétaires de ces kiosques et qu’est-ce qu’ils exercent dedans, ont-ils des autorisations d’occupation ? Très généralement ce sont : la masse laborieuse, propriétaires des cabines téléphoniques qui vendent des cartes téléphoniques (prépayées), qui font le commerce des produits cosmetiques, des denrées de premières nécessitées ou encore des pièces rechanges des voitures ou des motos etc. En amont, posons-nous la question s’ils ont des autorisations d’occupation ces commerçants ?  La réponse est oui, la mairie donne une « autorisation provisoire d’occupation du domaine public », dans sa recherche l’auteur de ces quelques lignes a pu prendre connaissance du contenu de quelques copies. Cette autorisation exige de l’occupant du domaine public à cotiser annuellement une taxe municipale qui peut varier entre 10.000F CFA et 60.000 CFA ou plus. Il est également stipulé sur l’autorisation qu’elle est provisoire, précaire, révocable à tout moment sans indemnisation et renouvelable par an.
  2. Je m’inscris en faux contre les propos de Mandela Keita, car plusieurs de ces revendeurs ne sont point dans l’informel. Primo, ce qu’ils revendent très généralement sont des produits qui ont déjà été dédouanés par le paiement d’une taxe à l’entrée des frontières du Mali et c’est ce qu’on appelle la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée). Secundo, comme stipulé ci-haut, ils s’acquittent annuellement de la taxe municipale pour occupation du domaine public. Tertio, ils utilisent l’électricité et l’eau, ces détaillants payent mensuellement les factures des fournisseurs du courant directement par eux-mêmes ou bien de manière indirecte proportionnellement à ce qu’ils ont consommé lorsqu’ils partagent la consommation avec une tierce personne. A noter également ici qu’ils sont assujettis au moment du paiement à une autre taxe sur les factures de l’électricité.  Alors d’où vient ce commerce informel que Mandela Keita nous parle ?

Non, le saccage des kiosques des commerçants détaillants n’est pas synonyme de développement

Bon nombre de Maliens pensent que ce déguerpissement des détaillants est le début d’un soi-disant développement. Non, le saccage des stands des revendeurs ne peut point être synonyme de développement, les indicateurs sont là pour évaluer le niveau développement d’un pays qui sont connus de tous. Prenons juste l’exemple sur le PIB (Produit Intérieur Brut), il est défini comme « un indicateur économique qui permet de mesurer la production économique intérieure réalisée par un pays.  Il s’agit donc d’un indicateur qui reflète l’activité économique interne d’un pays. La variation du PIB d’une année sur l’autre permet de mesurer le taux de croissance économique d’un pays. Le PIB mesure la valeur de tous les biens et services produits dans un pays sur une année. » Si seulement si nous avions un baromètre crédible pour évaluer les conséquences économiques de la démolition des stands des marchands, nous saurions su, contrairement à ce que pense beaucoup de gens, que ce mouvement déguerpissement rabaisse notre taux de croissance économique qui est l’opposé du développement.

A lire aussi: Lorsque chez soi devient « un sens interdit »

Conséquences

Déjà à cause de la crise multidimensionnelle que nous vivons depuis 2012, plusieurs entreprises ont été fermées ou ont réduit de manière drastique l’effectif de leurs employés. Ont-ils mesuré la portée de leurs actions nos gouvernants ?  Combien de pères ou de mères famille sont désormais au chômage dans un pays où la masse laborieuse est presque à l’agonie ?  Et si tous ces désormais sans emplois se reconvertissent en bandits armés dans la Capitale Bamakoise ? Veulent-ils augmenter le nombre de nos disparus ou de morts des jeunes Maliens dans la méditerranée ? En 2015 ce nombre était à plus 300. On nous a longtemps dit qu’un des moteurs de succès de recrutement des jeunes par des djihadistes est le chômage, ont-ils mesuré que la démolition de ces petits commerces, dont les propriétaires n’ont que leurs yeux pour pleurer, pourront être facilement incités vers l’intégrisme, le terrorisme ou la rébellion ?

Dans tout ça, ce qui ne me fait saigner de l’intérieur est l’objectif et la raison de ces démolitions : « L’organisation en janvier 2017 du sommet France-Afrique à Bamako, capitale du Mali. » J’allais être heureux si c’était un programmé de développement bien déterminé et structuré pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) ou Petites Moyennes Industries (PMI) en les relocalisant sur d’autres sites dans le but de décongeler la capitale et de la rendre fluide. L’absence de programme de développement ou de société de nos actuels gouvernants a été béante une fois de plus. Comment peut-on prendre de telles mesures draconiennes sans les procédures d’accompagnement ? Cela nous prouve encore que ce pays là est actuellement régenté par tâtonnement, par amateurisme. Sinon, le bon sens allait pousser nos autorités à une concertation préalable, à donner un délai de préavis aux commerçants détaillants de déguerpir de ces lieux publics, mieux, de les donner nouveaux sites pour faciliter leur réinstallation, mais au lieu de ça on saccage et on détruit tout, la ville de Bamako doit être propre et le reste ne nous regarde point, débrouillez vous. Quel Etat ! Qui est de, surcroit, digérer par un socialiste !

Conclusion

« L’intellectuel ne c’est pas le diplômé, l’intellectuel c’est l’homme intelligent qui étudie autour de lui et qui cherche des réponses aux problèmes concrets de sa communauté, de nation. » Jacqueline Ki Zerbo

En tant qu’intellectuel nous nous donnons très souvent le devoir de réfléchir et d’essayer de solutionner les problèmes auxquels notre continent fait face de manière générale et singulièrement notre pays le Mali. En réalité, faire de Bamako une ville propre n’est mauvais en soi, mais c’est le principe, la manière et le timing qui dérangent dans ce contexte social si tendu, où le tissu social est déjà si fissuré, où tous les indicateurs de développement sont en Orange pour ne pas dire en Rouge, où l’insécurité et le chômage ont atteint un niveau sans précèdent.

Même aux Etats-Unis il y a des stands sur les grandes artères, allez-y à Washington DC sur l’Independence Ave ou la Constitution Ave, non loin du Capital ou la White House vous trouverez des kiosques certaines ambulantes, d’autres fixes ou des charrettes appartenant tous à des petits commerçants. Allez faire un tour à New York dans les rues de Bronx il y a des stands fixes et des kiosques mobiles, allez-y à Accra ou à Dakar, il existe également des stands dans leur Centreville,  sommes-nous plus développés que le Ghana ou le Sénégal ? Oh que non, mais et pourtant il y a des kiosques dans leur capitale.

Que les autorités en charge arrêtent les démolitions afin les propriétaires puissent démonter leurs stands qui, de facto, seront réutilisables ailleurs. Nous proposons que des nouveaux sites soient donnés aux commerçants détaillants pour leur réinstallation dans les brefs délais. Partout dans le monde, nous savons tous que c’est dans le Centreville que l’équation l’offre et la demande est plus accentuée, dans l’avenir, que nos revendeurs fabriquent des stands mobiles, remorquables pouvant être amenés de chez eux aux grandes artères et vice versa avant et après les heures de pointes.

Washington DC, le 05-08-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Analphabète Bambara, ne sait ni lire correctement sa langue nationale, ni l’écrire

 

 


Après les nouvelles attaques contre le Camp de Nampala, je me pose des questions

Nous sommes le 22 décembre 2008, le quotidien national L’Essor dans sa livraison n°16348 nous relate que le Camp de Nampala fut attaqué par les bandits armés. C’est une première en son genre, et les insurgés étaient dirigés par un chef rebelle Ibrahim Ag Bahanga. L’attaque a commencé aux environs de 3 heures du matin, toujours selon l’Essor les insurgés étaient à bord de 16 véhicules de type 4X4 bien équipés, et qui transportaient une cinquantaine d’hommes. Le bilan est lourd du côté de nos forces de défense, les combats ont fait 15 morts et 13 blessés et pour le camp adverse pas de chiffre.

Lundi 5 janvier 2015 tôt le matin, le même camp a reçu la visite des assaillants. Le journal Le Républicain avance le chiffre de sept (7) morts en plus des dégâts matériels. Cet assaut avait été revendiqué par AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique).

Lundi 3 août 2015, Studio Tamani nous informe que « vers 15H00 » qu’une escorte des forces armées du Mali est tombée dans une embuscade sur l’axe Diabaly-Nampala, à 6 km de Toulé, commune de Nampala, dans la région de Ségou. Bilan deux (2) soldats morts et quatre (4) autres blessés.

Nous sommes le mardi 19 juillet 2016, tôt le matin on nous apprend pour la énième fois que le fameux camp de Nampala fut visité par les assaillants. Le décompte des morts du côté des FAMAs (Forces Armées du Mali) est lourd : 17 morts et 35 blessés. Cette attaque a été revendiquée par l’Alliance Nationale pour la Sauvegarde de l’Identité Peulh (ANSIP), le tout dernier né des mouvements au Mali.

A lire aussi: In memoriam capitaine Sékou Traore alias « Bad »

Credit photo: Compte twitter Salif Sanogo
Crédit photo: Compte twitter Salif Sanogo

Les attaques récurrentes contre le Camp de Nampala, « je pose me des questions »

Je me pose la question de savoir si nous avons réellement appris des leçons du passé

Sun Tzu  nous enseigne dans son livre ‘’L’art de la guerre’’ page 109, que : « nous devons étudier avec soin les leçons qui ont été apprises lors des guerres passées au prix du sang et qui nous ont été léguées ». Je me pose la question de savoir si nous avons réellement appris des leçons du passé. Des différentes et multiples attaques contre le camp de Nampala en particulier, et en général de tous les autres camps militaires de Mopti à Aguelhok : avons-nous tiré des leçons suite à ces attaques ? Avons-nous évalué et pris des mesures régaliennes pour contrecarrer d’éventuels assauts des assaillants ? Avons-nous changé de mode opératoire pour la protection de nos camps militaires ?  J’en doute.

Sun Tzu dans ‘’L’art de la guerre’’ pense que « la seule constante dans la guerre est le changement constant ». Je me pose la question de savoir si réellement nos stratèges ont lu Sun Tzu, car le même camp de Nampala de manière récurrente est le théâtre des attaques des groupes armés ou djihadistes. Contrairement à ce que l’art de la guerre nous enseigne, au Camp militaire de Nampala de 2008 à nos jours la seule constante est l’immobilité constante,  le non changement de nos tactiques et techniques.

Dans le même livre page 170, Sun Tzu nous dit que: « Etre assuré de prendre ce que vous attaquez, c’est attaquer un point que l’ennemi ne protège pas ». Je me pose la question de savoir si les assaillants sont au fait que les FAMAs ne protègent pas leur camp de manière statique, de surcroît en période de guerre !

Je me pose la question : où sont nos services secrets ?

Chia Lin, un disciple de Sun Tzu dit : « qu’une armée sans agents secrets est exactement comme un homme sans yeux ni oreilles ». Je me pose la question : où sont nos services secrets ? À plusieurs reprises le camp est attaqué presque avec les mêmes techniques. De nos jours, avec tous ces moyens de communication, nos services secrets ne parviennent pas à appréhender en amont ces multiples attaques contre le camp militaire de Nampala. Lorsqu’on remonte le temps, nous nous rendons compte que nos arrières-grands parents avaient des moyens de communication pour alerter le danger venir vers le camp ou le village, à  titre d’exemple nous pouvons citer : le feu, le tambour, le sifflet etc. des agents secrets étaient en permanence stationnés dans des coins stratégiques pour alerter le quartier général par les moyens sus-visés. Nos grands parents étaient-ils plus habiles que nous ? Avec tous ces moyens de communication que nous avons : internet, téléphone, voiture, moto, radio… nous ne parvenons pas à égaler nos ascendants : il y a lieu de se remettre en cause.

Les assaillants ont-ils été à l’école de Sun Tzu ? car ce dernier nous apprend que : « Le moral de l’ennemi est l’objectif prioritaire entre tous. Il est primordial de le saper préalablement au choc des armées ». Du Camp d’Aguelhok dans la région de Kidal à celui de Nampala dans la région de Ségou (500 kilomètre de Bamako), nous assistons depuis 2012 à des assauts contre les camps militaires des FAMAs, et très généralement l’objectif des rebelles et de leurs acolytes djihadistes reste le même, c’est de tuer le maximum de soldats maliens pour saper le moral des survivants.

En conclusion, l’auteur souscrit entièrement à la proposition de la CNAS-Faso Hèrè (Convention Nationale pour une Afrique Solidaire) qui invite les autorités compétentes à procéder à une évaluation sérieuse de l’efficacité des programmes de formation dispensés dans le cadre de la remise à niveau de nos Forces Armées à la lumière des menaces immédiates et futures pesant sur la sécurité et l’intégrité territoriale du Mali.

Je termine cet article en m’inclinant devant la mémoire de tous les FAMAs tombés sur le champ d’honneur.

 

Washington DC, le 20-07-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Malien d’aujourd’hui à la quête des ses valeurs ancestrales et sociétales


Réponse de Tiébilé Dramé à la lettre ouverte de Issa Balla Moussa Sangaré

Tiébilé Dramé, président du PARENA. Crédit Photo:maliweb.net
Tiébilé Dramé, président du PARENA. Crédit Photo:maliweb.net

Cher frère, Issa Balla Moussa Sangaré,

Je vous remercie très sincèrement de m’avoir interpellé sur la grave crise que traverse notre pays et sur ses répercussions hors de nos frontières.

Permettez-moi de vous dire combien je trouve rafraîchissant et rassurant que de jeunes maliens se préoccupent du présent et de l’avenir de notre pays.

En vous remerciant de l’appréciation positive que vous faites de l’action du PARENA et avant d’en venir  à l’objet de notre échange, je souhaite rectifier vos informations: le PARENA n’est pas un parti extra-parlementaire. A l’issue du dernier scrutin législatif en 2013, nous avons obtenu trois sièges. S’il est vrai que deux de nos élus nous ont quittés, il nous reste un député qui siège sur les bancs de l’opposition.

À Lire aussi: Lettre ouverte d’un jeune Malien à Tiébilé Dramé, président du PARENA

Venons-en à l’objet de votre lettre ouverte: mon propos qui vous a ému découle d’un simple constat et, je ne le fais pas de gaieté de cœur. La situation sécuritaire est très dégradée. Des centaines de personnes ont perdu leur vie au Mali depuis la signature de l’Accord d’Alger. Entre le 1er janvier et le 31 mai 2016 au moins 250 personnes ont été tuées lors de divers incidents: attaques, explosions de mines, assassinats ciblés, violences intercommunautaires….. Parmi les victimes, des Maliens, civils comme militaires et des étrangers, civils comme militaires.

 

Le constat, je ne suis pas le seul à faire, est que nous sommes incapables de stabiliser notre pays et nous exportons l’instabilité chez nos voisins. Quand je dis  » nous », je parle du Gouvernement de la République du Mali (GRM).

Comme vous le savez, dans tout pays, la responsabilité première de maintenir ou de restaurer l’ordre et la loi, la paix et la sécurité incombe d’abord et avant tout au gouvernement.

Si le gouvernement éprouve des difficultés à s’acquitter de cette mission primordiale, s’il éprouve des difficultés à contrôler le territoire national, à y déployer l’administration, les forces armées et de sécurité au point que des foyers hostiles incontrôlés s’y créent et que cette instabilité déborde chez nos voisins, devons- nous nous taire là-dessus par chauvinisme grand-malien? Comment corriger, remédier à une telle situation si d’emblée on choisit de ne pas en parler? Le rôle, le devoir de tous ceux qui sont attachés à ce pays est de mettre le doigt sur ces réalités afin d’amener les pouvoirs publics à se ressaisir.
J’ai l’impression que vous préférez les hommes politiques et la société civile qui voient bien toutes les anomalies de la gouvernance actuelle et qui choisissent de se taire pour ne pas déplaire au Président et au gouvernement et à leurs défenseurs stipendiés qui crachent sur tous ceux qui osent exercer leurs droits démocratiques à la critique.
Mon interview sur RFI qui a duré cinq minutes ne portait pas sur les origines de l’instabilité au Mali mais sur la situation, un an après la signature de l’Accord d’Alger.

Vous évoquez la guerre de Libye. Elle est une des causes de l’effondrement du Mali en 2012. Mais il y a aussi des causes internes. Mais tout cela n’était pas l’objet de l’interview.

Je suis désolé si mes réponses à RFI vous ont fait passer une nuit blanche. Mettez vos nuits blanches à profit pour regarder la réalité en face: les autorités actuelles peinent  à stabiliser le pays. Kidal échappe toujours au contrôle de l’État, il n’y a pas d’État à 10 kms de Tombouctou. Toute la région de Mopti est entrain de basculer…L’absence de l’État dans de nombreuses zones du territoire entraîne la création de sanctuaires pour des groupes et des forces hostiles.  Cette instabilité se répand, malheureusement, dans la sous -région comme l’attestent les attaques contre Ouagadougou et Grand-Bassam et les incursions répétées de groupes armés au Burkina.

La dernière remonte à la nuit du 31 mai au 1er juin quand trois policiers sont morts à Intagom dans l’Oudalan, à 4 kms du Mali. Devons-nous nous taire et tourner ailleurs le regard comme beaucoup le font par commodité ou par calculs politiques?
Le nouveau président burkinabé vient d’informer ses compatriotes qu’il avait sollicité les Nations-Unies et le président malien afin qu’une partie des 850 soldats burkinabé déployés sous mandat de l’ONU au Mali soient affectés à la surveillance de notre frontière commune.

D’autres démonstrations sont-elles nécessaires après cette annonce?

Vous m’invitez  à savoir « raison garder car à force de trop vouloir marquer des points, on risque de tout rater ».Ce membre de phrase de votre lettre ouverte a barré la « Une » du principal journal de la présidence de la République, « Info-Matin » ( numéro du mardi 7 juin). Ce journal est aux avant-postes d’une campagne de lynchage médiatique déclenchée par le gouvernement après mon interview sur RFI. Son porte-parole dûment mandaté pour, semble t-il, me « recadrer » a obtenu un droit de réponse sur RFI (3 juin). Puis, divers journaux, radios et internautes ont pris le relais pour me traiter « d’apatride » « jetant l’opprobre sur son pays ». Certains de ces journaux sont animés par des membres de cabinets ministériels.

Mais revenons à vous, croyez-vous que je cherche à « marquer des points » quand je m’acquitte de mon devoir démocratique de citoyen et de responsable politique en critiquant la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion du dossier du Nord? Nous ne sommes pas dans  un jeu où on « marque des points », mais dans une lutte pour éviter que le Mali ne coule à nouveau.

Bien fraternellement à vous et à toutes celles et à tous ceux qui prendront le temps de lire ces lignes.

Entre nous, vous avez été imprudent en disant que vous ne vous attendiez nullement à une réponse parce-que les politiques maliens que vous connaissez n’ont que de l’indifférence pour le citoyen.

Maintenant vous avez la preuve qu’il existe une autre catégorie de politiques maliens qui respectent leurs concitoyens.

Bonne nuit.
Tiébilé Dramé

Le 09-06-2016


Lettre ouverte d’un jeune Malien à Tiébilé Dramé, Président du PARENA

M. le président du Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA)

Qu’il me soit permis, nonobstant que ce ne soit pas le but de cette lettre de vous féliciter en amont, votre parti et votre personne, pour le travail que vous êtes en train d’abattre dans la sphère politique et cela depuis l’élection du Président de la République Ibrahim Boubacar Keita jusqu’à nos jours. L’honnêteté intellectuelle m’oblige à vous donner ce crédit, ce crédit en ce sens que vous nous démontrez que d’aucuns peuvent jouer sa partition même n’ayant aucun élu au sein de l’hémicycle nationale à fortiori un groupe parlementaire pour interpeller l’exécutif dans le but répondre et solutionner certaines questions brûlantes de notre société. On se rappelle également qu’à cause des dénonciations incessantes de votre parti, le président IBK vous avait donné le sobriquet de ‘Petit Homme’.

Tiébilé Dramé, président du PARENA. Crédit Photo:maliweb.net
Tiébilé Dramé, président du PARENA. Crédit Photo:maliweb.net

M. le président du PARENA,

Le 26 mai 2016 sur Invité Afrique de RFI, vous avez laissé entendre : « Un an après  la signature de l’accord d’Alger, il n’y a malheureusement ni paix, ni réconciliation nationale (…) Nous n’arrivons pas à stabiliser notre situation intérieure, à mettre fin aux attaques. Et c’est sentiment que les choses ne bougent pas, qu’on n’avance pas, le processus de paix est dans l’impasse. Et comme conséquence, nous exportons l’instabilité chez nos voisins. Les attaques contre Le Cappuccino à Ouagadougou en janvier, l’attaque contre Grand-Bassam sont de toute évidence parties du Mali et perpétrées par des Maliens. Vous voyez, il y a comme une sorte de métastase de la situation au Mali. »

M. le président du PARENA,

Après avoir écouté vos propos en direct sur RFI à une heure du matin (heure locale de Washington), ce fils du Mali que je suis a malheureusement passé une nuit blanche. Vous dites : « nous exportons l’instabilité chez nos voisins » mais M. Tiébilé Dramé, je ne vous apprends pas que ce qui sévit dans le septentrion Malien a également été exporté par d’autres personnes. Certes, au Nord du Mali il y avait le banditisme, le kidnapping des touristes européens, la rébellion mais point le terrorisme, le djihadisme ou encore l’extrémisme qui étaient totalement méconnus chez nous. Si le Nord du Mali est instable aujourd’hui c’est par ce que d’autres pays ont également exporté leur instabilité chez nous, le terrorisme ne connaissant point de frontière. Mieux encore, n’avons-nous pas arrêté dans le nord du Mali un djihadiste français (Toubab)? des terroristes ne parlant que l’arabe ou l’anglais seulement? que dire des multiples attaques terroristes et enlèvements revendiquées de manière récurrente par AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) et le groupe Al Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar? Ici encore, l’essence de ce vous désignez comme la métastase se trouve ailleurs, à l’extérieur du Mali.

M. le président du PARENA,

Par ailleurs, ayons le courage d’appeler le chat par son nom, l’instabilité du Mali en un mot de toute l’Afrique de l’Ouest n’est rien d’autre que les effets collatéraux de la guerre de Lybie, si des personnes doivent être indexées ce sont les présidents : Barack Obama, Nicolas Sarkozy, David Cameron et les chefs d’Etat des pays africains : Gabon, le Nigeria et l’Afrique du Sud qui ont voté pour ‘OUI’ le 17 mars 2011 pour la ‘Résolution 1973 de No-Fly-Zone’ du conseil de sécurité de l’ONU qui s’est transformée en bombardement. N’est-il-pas  Béchir Ben Yahmed du Jeune Afrique dans sa livraison ‘Mea culpa d’un président’ du  22 avril 2016 qui nous relata les confidences du président Obama à Jeffrey Goldberg dans le magazine The Atlantic« Nous n’avons pas planifié l’après-Kadhafi. Le lendemain même de la chute du régime, nous ne nous sommes plus occupés de la Libye, l’avons laissée sombrer dans le chaos, glisser entre les mains d’extrémistes. Le jour d’après était crucial et, ce jour-là, il n’y avait plus personne ! Beaucoup payent le prix de cette carence en ce moment même et l’on risque de le payer encore à l’avenir.»

M. le président du PARENA,

Vous dites : « Les attaques contre Le Cappuccino à Ouagadougou en janvier, l’attaque contre Grand-Bassam sont de toute évidence parties du Mali et perpétrées par des Maliens». En ce qui concerne l’attaque contre Le Cappuccino à Ouagadougou, le site d’information ‘Sud-Ouest’ dans sa publication ‘Attentat au Burkina Fasa : au moins 29 morts, dont 3 français’ du 16 janvier 2016, nous relate que : « l’attaque a été revendiquée dans la nuit par le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI)qui l’a attribuée au groupe Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar ». M. Tiébilé Dramé, avez-vous fait des investigations pour affirmer que ces attaques ont été perpétrées par des Maliens ? Oui si où sont les résultats ? Quelles sont les personnes qui ont mené cette investigation ? Ou bien vous vous êtes seulement contentés de ce que dise la presse locale et internationale qui véhiculent les membres de ces commandos avaient des passeports ou des cartes d’identités nationales. Cela ne saura être en aucune manière une source fiable car nous savons que les pièces d’identités nationales du Mali se vendent comme des sucettes chez le boutiquier du coin de la rue. Pour cela, je n’en veux pour preuve la carte d’identité nationale et le passeport avec lesquels Charles Blé Coude, l’ancien de président de la jeunesse de la Côté d’Ivoire, avait arrêté. Il était avec des papiers Maliens sous le nom de ‘Ousmane Coulibaly’. Est-ce que cela lui fait Malien ? Non, pour dire que nul ne saurait dire avec rectitude qu’un terroriste avec une pièce d’identité Malienne est forcement Malien, non M. le président du PARENA. Mieux, RFI dans sa publication ‘Terrorisme: réinstauration du visa entre le Mali et le Cameroun’, nous informe : « qu’une des astuces des combattants de Boko Haram est d’obtenir de faux passeports camerounais moyennant de fortes sommes afin de partir de l’Afrique Centrale. Ils arrivent ensuite à Bamako, où ils n’ont alors pas besoin de visa. Une fois sur place, ils se débrouillent pour obtenir un passeport malien, qui leur permet de se rendre librement dans des pays comme l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, situés aux portes de l’Europe. » Ici également, RFI avance que les terroristes obtiennent des faux passeports camerounais, et une fois à Bamako ils se débrouillent pour acquérir le passeport Malien. Ici encore, c’est pour réaffirmer qu’un individu détenteur d’un passeport Malien ne saurait être forcement Malien.

Passeport Malien de Charles Blé Coudé. Crédit photo: maliactu.info
Passeport Malien de Charles Blé Coudé. Crédit photo: maliactu.info
Carte d’identité Malienne de Charles Blé Coudé. Crédit photo: maliactu.net
Carte d’identité Malienne de Charles Blé Coudé. Crédit photo: maliactu.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M. le président du PARENA,

Sachons raison garder car à force de trop vouloir marquer des points, on risque de tout rater. A part ces objections susvisées, je souscris entièrement au reste de votre interview surtout lorsque vous dites au  président de la République « de rester un peu plus à Bamako pour gérer ses affaires (…) Et c’est pourquoi nous voulons qu’ils sortent de cet autisme-là et qu’ils se rendent compte que le pays va mal et que le peuple a des aspirations » A noter que le Président IBK tend vers son centième voyage hors du Mali pour très bientôt.

Par ailleurs, je ne m’attends nullement à une réponse de votre part car sachant bien les politiques Maliens, s’ils ont une caractéristique c’est leur indifférence envers le citoyen Lambda comme nous surtout lorsque ça vient du bas d’en bas. Mais grâce à l’internet je suis sûr vous aurez l’occasion de lire cette modeste contribution de la part d’un fils du Mali.

M. Tiébilé Dramé président du PARENA, je vous prie de bien vouloir recevoir l’expression des mes encouragements les plus sincères.

 

Washington DC, le 06-06-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Simple citoyen Malien

Issa Balla Moussa sangaré
Issa Balla Moussa sangaré


Lettre d’un jeune africain à Son Excellence Patrice Talon, président du Bénin

Son excellence Patrice Talon

De prime abord, je tiens à vous féliciter pour votre victoire lors de l’élection présidentielle Béninoise du 20 mars 2016, pour la sobriété avec laquelle les cérémonies d’investiture et de passation de service se sont déroulées, enfin pour la promptitude par laquelle vous avez formé votre gouvernement qui nous prouve, d’ailleurs, que vous avez la voracité de vous mettre au travail pour faire de votre projet de société une réalité durant les cinq (5) prochaines années à venir. En tant que panafricaniste, je vous considère comme mon président également, par ailleurs, l’auteur de ces quelques lignes avec d’autres bloggeurs africains ont indirectement fait campagne pour votre personne. A la veille des élections j’ai fait une publication sur mon blog « La Plume de Issa » dont le titre est « Oui, Lionel Zinsou, ce blanc-noir a raison. L’Afrique n’appartient pas aux Africains… » Elle a été reprise par un site d’information en ligne du Bénin : www.beninto.info et lue 1189 fois sur ce même site.

Président Patrice Talon,  crédit photo: facebook.com
Président Patrice Talon, crédit photo: facebook.com

Son Excellence,

Ceci étant dit, le 26 avril 2016 lors de votre conférence de presse avec le président français François Hollande, vous avez laissé entendre : « (…) nous voudrons pouvoir compter sur vous pour nous apporter de la compétence tout de suite parce que le Bénin aujourd’hui est comme un desert de compétences. Notre administration aujourd’hui manque de compétences de manière criarde et en cela nous voudrons pouvoir compter sur la coopération française pour nous appuyer, pour nous donner les moyens d’acheter, de payer, de rémunérer la compétence quel que soit le prix. Malheureusement, il est difficile d’avoir la compétence gratuitement et c’est pour ça que  nous utilisons ce terme, nous voudrons avoir les moyens de payer, nous voudrons pouvoir compter sur vous pour nous apporter, nous donner des cadres, pour nous apporter de l’assistance technique pendant quelques mois, quelques années le temps que nous parvenons nous-mêmes à former les cadres que nous avons besoin (…)» Mon président, en tant qu’un panafricaniste convaincu, vos propos ne pouvaient nullement me laisser indifférent et c’est pour cela que j’ai décidé de la prendre la plume pour vous adresser ces quelques lignes.

Son Excellence,

Au lieu de se tourner vers la France pour rémunérer la compétence quel que soit le prix, nous ,la jeunesse africaine, nous aurions aimé d’autres alternatives qui ne vont sûrement pas mettre la souveraineté du Bénin en péril, pour cela nous dessinons les alternatives suivantes :

  1. Faire venir des cadres français pour épauler l’administration béninoise sera trop facile comme solution, en amont il doit y avoir une évaluation, situer les responsabilités et prendre des mesures nécessaires pour que les mêmes erreurs ne se reprennent point dans l’avenir. Nous devons nous poser des questions comment sommes-nous arrivés là, après 50 ans d’indépendance notre administration recèle un déficit de compétences. Au Mali en 1960 l’année de l’indépendance, ce pays ne recelait que quinze (15) cadres. Le président Modibo Keïta et ses compagnons ont su faire preuve d’intelligence pour mettre leur pays sur la voie du développement tel que par la création de la compagnie aérienne du Mali dont tout le staff était tous des maliens, la réforme de l’enseignement de 1962 qui fut salué par l’UNESCO comme étant l’un des meilleurs projets pour l’éducation crée par un jeune Etat, j’en passe. En 1952 Julius Nyerere rentre d’Edimbourg comme le premier diplômé de Tanganyika, selon Nyerere c’est en 1959 qu’ils se sont vus confiés des responsabilités dans le gouvernement et le 8 décembre 1961 Julius Nyerere et ses compagnons ont conduit le Tanganyika à l’indépendance. Il faut voir le travail abattu par ces hommes en Tanzanie sur le secteur de l’éducation et de l’économie etc. En République Démocratique du Congo, au moment de l’indépendance, le pays ne comptait qu’un seul cadre. Au Ghana, il faut regarder les réalisations du président Kwame Nkrumah et ses compagnons. Pour moi, je perçois la compétence comme le leadership, ce n’est nullement le nombre de cadres ou de diplômés. Si le leadership Africain des années 60s a su abattre des réalisations au lendemain des indépendances de nos pays africains, et que de nos jours nous ne parvenons pas à marcher dans leur sillage, à dépasser leurs limites, la mort dans l’âme, nous appelons la France, l’ancienne métropole à venir à notre secours pour combler le déficit de compétences dans notre administration c’est que le leadership africain de notre époque a échoué, singulièrement celle notre classe politique. René Dumont, dans son livre ‘L’Afrique noire est mal partie’ nous disait : « Je n’ai pas envie de vexer mes amis africains, mais dans la course au développement l’Afrique noire n’a pas couru les premiers mètres et je ne crains qu’elle ne soit pas mal partie.» Mal partie était même mieux car au moins nous avions démarré, en faisant appel au service de la France pour les cadres, je me demande si nous ne sommes pas retournés à la case de départ avec toutes ces universités, docteurs, techniciens, avocats… Je dis qu’il lieu d’évaluer d’abord.
  2. On nous fait savoir que le nombre de médecins béninois en fonction en France est deux (2) fois plus élevé que ceux-là qui vivent et travaillent au Bénin. Mon président, comme vous l’avez tantôt dit « Malheureusement, il est difficile d’avoir la compétence gratuitement », pourquoi ne pas faciliter le retour au pays de ces enfants de l’Afrique dans leur pays natal qui est le Bénin pour combler le déficit de compétences. Faciliter le retour de ces cadres africains qui vivent en occident a également un prix, un prix en ce sens que qu’il faut mettre en œuvre des programmes d’incitations tels que : des meilleurs salaires, des garanties pour l’accès à des postes administratifs, des bénéfices etc. Ils sont nombreux ces jeunes béninois dans différents secteurs, pour nous il sera sage de puiser dans nos propres ressources humaines d’abord.
  3. Certes, la France est une puissance, mais il faut avoir le courage de le dire, aujourd’hui, elle est stagnante. Au lieu de demander des cadres français pour quelque mois, quelques années, en tant que panafricaniste, j’aurais aimé que vous vous tourniez vers d’autres pays africains émergents pour que le Bénin puisse apprendre d’eux, de leur progrès, leur développement en un mot leur émergence économique. Cela est faisable, car nous nous rappelons des propos de Kwame Nkrumah qui nous dit dans son livre ‘l’Afrique doit s’unir’ : « (…) en 1958, le Ghana et la République de la Guinée instituâtes un système d’échange de ministres résidents, qui étaient reconnus membres des gouvernements à la fois Ghana et de la Guinée.» Je ne prétends pas dire de copier servilement cet échange de ministres mais de nous inspirer de ce qu’ils ont fait. Mon président, je ne vous apprends pas qu’au lendemain de l’indépendance de ces pays qu’il y avait une sécheresse de cadres, mais ils ont su faire preuve d’intelligence pour inventer des solutions aux challenges auxquels qu’ils faisaient face. Ces pays africains émergents lesquels je fais allusion sont : par exemple le Rwanda, le Ghana, le Kenya, l’Ethiopie j’en passe. Regardez comment le Ghana parvient à se ternir debout sur le plan politique, économique, éducatif au bon milieu des pays francophones qui sont d’ailleurs, à la traine. Regardez la métamorphose imposante du Rwanda en quelques années, que ce soit sur le plan politique, économique et social. Je suis sûr que le président Paul Kagamé sera en chanté de travailler en concert avec vous pour combler le déficit de compétences de cadres dans votre administration et cela pour un coût sûrement négligeable en comparaison au prix que vous êtes prêts à payer pour la France. Regardez la réforme de l’administration Tanzanienne initiée par le gouvernement du président John Mogafuli en un temps record. Pourquoi je privilégie ces pays africains par rapport à la France, la réponse est très simple : nous avons presque les mêmes histoires, les mêmes réalités socio-économiques, les mêmes défis à relever, la lutte contre la corruption, le sous-développement, l’alphabétisation etc. Je reste convaincu qu’il sera plus aisé pour un cadre africain compétent de servir le Benin qu’un cadre français, en sens le dernier ne connait les problèmes qui sont les siens que sur le papier contrairement au premier qui a le même vécu que ses frères du Bénin. C’est le Pr Issa N’Diaye qui nous dit que : « Nous avons été formatés pour devenir des consommateurs de modèles, il nous faut nous transformer en producteur de modèles (…) il faut un réveil des intelligences, le principal défis de l’Afrique, de nos pays, est le défis de l’indépendance théorique. Nous avons le devoir d’être indépendant théoriquement, d’avoir une conscience nationale, une conscience patriotique

 

Son Excellence,

Le panafricaniste Cheick Anta Diop a longtemps parlé de la ‘Renaissance Africaine’, contrairement à ce que beaucoup de gens pense, cette renaissance que prétendait Cheick Anta Diop était la renaissance du génie créateur de l’Afrique et de l’Africain. Ce génie créateur avant la science et la technologie qui construira les pyramides d’Egypte, ce génie créateur qui créa la première université Arabe en Tombouctou où les gens venaient des quatre (4) coins pour apprendre, cette Afrique qui était organisée en société comme où les toutes couches de la société étaient présentées sous nos palabres pour statuer sur les problèmes de notre société, ce génie créateur de l’Afrique qui établie la première constitution de notre planète terre : ‘La Charte de Mandé ou Kouroukan Fouga’ en 1236 avec ses 44 articles qui fut, d’ailleurs, reconnue par l’UNESCO comme patrimoine immatériel mondial le 19 mars 2009. Dans son livre ‘Où est ma société civile ?’ Dr Abdoul Diallo nous fait savoir que quatre (4) femmes ont participé à l’élaboration de la Charte de Mandé pour dire les femmes ont toujours eu une place dans notre société.

Mon président, il n’y pas un modèle commun universel pour aller copier-coller celle de la France, nos réalités sont différentes. A des moments historiques de notre vie nos ascendants ont su créer des modèles propres à eux-mêmes pour face aux défis de leur temps, l’auteur de ces quelques lignes pense que nous avons l’obligation intellectuelle, morale d’inventer des solutions endogènes aux problèmes qui sont les nôtre. Il y a les ressources humaines, nous avons reçu les mêmes enseignements, il nous suffit de réveiller ce génie qui se trouve dans les fils de l’Afrique, ce génie qui dort en nous et pour cela il nous faut juste un nouveau leadership couronné par la volonté politique de nos gouvernants que vous êtes.

Son Excellence,

Vous souhaitant bonne chance pour la réalisation de votre projet de société en réalité pour le bonheur des Béninois, je vous prie de bien vouloir agréer l’expression des considérations panafricaines.

 

 

 

 

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Le Panafricaniste, Issa Balla Moussa Sangaré

Washington DC, le 04-05-201

Issa Balla Moussa Sangaré

Panafricaniste d’obédience Modibo Keita, Kwame Nkrumah et Julius Nyerere.

 


Avec le Franc CFA, la monnaie coloniale, nous ne sommes pas souverain économiquement

Alassane Ouattara, un laudateur de la monnaie coloniale

Dans sa parution du  08 avril 2016 « Pourquoi la France fixe-t-elle le taux du CFA ? » Le journal Le monde nous dit que le Franc CFA est la dernière monnaie coloniale en activité.

La mort dans l’âme, en marge du forum des marchés émergents à Paris, sur RFI le président  Alassane Ouattara, un fervent réactionnaire à ce système monétaire coloniale, n’est pas parti par le dos de la culière pour faire l’avocat de la seule monnaie coloniale en activité, écoutons-le:

« J’ai été gouverneur de la BCEAO, je suis d’ailleurs encore gouverneur honoraire de la BCEAO. Et je peux vous dire que le Franc CFA a été bien géré par les Africains. Donc je demande vraiment aux intellectuels Africains de faire preuve de retenue et surtout de discernement. Si l’on regarde sur une longue période, 25- 30 ans, cette monnaie a été utile aux populations. Les pays de la zone Franc sont les pays qui ont eu la croissance la plus continue sur une longue période, ce sont les pays qui ont eu un taux d’inflation le plus bas, c’est l’une des rares zones où le taux de couverture de la monnaie est quasiment à 100%. Mais écoutez, qu’est-ce que nous voulons d’autre ? Peut-être que c’est le terme « Franc CFA » qui gêne, mais en ce moment-là qu’on le change. Mais sur le fond je considère que notre option est la bonne. »

Alors qu’est-ce cette monnaie coloniale ? Parlons-en!

Le Franc C.F.A. a été créé le « 25 décembre 1945 par la France selon l’article 3 du décret n° 45-0136 et publié au Journal Officiel français du 26 décembre 1945» Il  a officiellement vu le jour « le 26 décembre 1945,  jour où la France ratifia les accords de Bretton Woods et procéda à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire international (FMI).» Son appellation d’alors était « franc des colonies françaises d’Afrique ». Il devient « franc de la communauté française d’Afrique.», et sa toute dernière désignation est le « Franc de la Communauté Financière Africaine»  pour les pays membres de l’U.E.M.O.A. et «Franc de la Coopération Financière en Afrique centrale »  pour les pays de la C.E.M.A.C. Où se trouve le changement et le développement  avec le F C.F.A. ? Avec des petits jeux de mots ici et là ils parviennent  à faire dormir l’intelligentsia Africaine, l’élite Africaine nos gouvernants et leaders africains.

La Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (B.C.E.A.O.) et la Banque des Etats d’Afrique Centrale (B.E.A.C.), ont chacun un Conseil d’Administration (C.A.). Dans chaque C.A. nous pouvons noter la présence des français désignés par la France. Dans ce présent texte nous nous bornerons sur le cas des deux régions de l’Afrique de Ouest et Centrale avec leur banque centrale respective.

Sont-ils réellement indépendants les banques centrales, leur C.A.? Ont-ils les mains libres dans leur gestion politico-économique ? Peuvent-ils réellement répondre aux attentes des Etats membres de leurs banques centrales ? Peuvent-ils véritablement aider ces Etats à se développer ? Qui décide de la politique monétaire ?

Pour répondre à ces questions susmentionnées nous essaierons d’analyser le système bancaire de la Zone Franc dans son volet institutionnel et économique.

Un billet de 10.000 F CFA, crédit photo:planete-burkina.com
Un billet de 10.000 F CFA, crédit photo:planete-burkina.com

Le Droit de veto de la France au sein du Conseil d’Administration

À la B.E.A.C., le conseil d’administration (C.A.) comprend quatorze (14) membres, à raison deux (2) administrateurs pour chaque Etat membre et de deux (2) pour la France. Nous pouvons donc relever ici la présence de la France à travers ses nationaux au niveau d’un des organes de décision qui est: le C.A. Il administre la Banque Centrale et veille à son bon fonctionnement.

En outre de leur présence dans le C.A. de la banque centrale susvisée, la France détient un « droit de veto ». Droit de véto en ce sens que, le C.A. de la B.E.A.C., « délibère valablement lorsque chaque Etat y participant est représenté par au moins un Administrateur[1]» donc à la présence effective d’un Administrateur Français. Pire, ce droit véto  s’étend également dans la nomination du gouverneur de la B.E.A.C., car l’article 50, alinéa 1 des statuts  de la B.E.A.C. stipule : « le Gouverneur est nommé par la Conférence des Chefs d’Etat de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (C.E.M.A.C.), sur proposition du Comite Ministériel de l’UMAC, après avis du Conseil d’administration statuant à l’unanimité »

Au niveau de la B.C.E.A.O., le C.A. comprend : le Gouverneur de la Banque Centrale, un membre nommé par chacun des Gouvernements des Etats membres de l’U.M.O.A., un membre nommé par l’Etat (la France) assurant la garantie de la convertibilité de la monnaie commune.  En effet, c’est pratiquement le même scenario qu’à  la B.E.A.C., l’article 82 des statuts de la B.C.E.A.O. souligne que les modifications de ses propres statuts et les autres décisions capitales comme par exemple la création monétaire « doivent recueillir l’unanimité des membres de Conseil d’Administration.»

À la lumière de ce qui précède, nous apercevons que les banques centrales et leurs conseils d’administration n’ont nullement les mains libres dans leur gestion politico-économique, mieux, ils ne sont pas indépendants et la présence des français comme membre du conseil d’administration n’est nullement fortuit.

On peut conclure que la France a un droit de véto au sein des conseils d’administration des banques centrales, en d’autres termes, la France participe dans la politique la monétaire, car, sans aval de ses administrateurs aucune loi ne saura valablement être adoptée au sein du C.A. La France a toujours eu une mainmise sur l’économie et le développement des pays membres de la zone Franc, et cela depuis la création du Franc C.F.A. en 1945 jusqu’à nos jours. Doit-on laisser cette situation notoire de continuer ? C’est cette question qu’il faut se demander.

Les comptes d’opérations des banques centrales auprès du trésor français

Quittons le volet institutionnel, analysons un peu le volet économique et le partenariat entre les banques centrales de la zone Franc et le Trésor Public Français.

En effet, chacune des banques centrales ont un compte courant auprès du Trésor Français, ce compte courant est dénommé « Compte d’Operations ». Cependant, « Le compte d’opérations peut devenir débiteur sans qu’aucune limite ne soit assignée à ce découvert. Lorsque le solde est débiteur, le Trésor Français perçoit des intérêts[2] ». Et vice versa, lorsque le solde du compte d’opérations est créditeur, le Trésor Français verse des intérêts aux Africains.

De la création du Franc C.F.A. en 1945 jusqu’en 1973, les banques centrales africaines étaient tenues de verser sur ce compte la totalité des « avoirs extérieurs » qu’elles détenaient.  Pour mieux cerner ce phénomène jetons un coup d’œil sur deux articles de la convention entre la France et l’Afrique de la zone franc : « Les Etats membres conviennent de mettre en commun leurs avoirs extérieurs dans un fonds de réserves de change. Ces réserves feront l’objet d’un dépôt auprès du Trésor Français dans un compte courant dénommé compte d’opérations. [3]» Et « La banque versera au compte d’opérations les disponibilités qu’elle pourra se constituer en dehors de sa zone d’émission.[4] »

A partir 1973, au lieu du versement de la totalité de leurs avoirs, les pays de la Zone Franc étaient alors contraints de déposer au Trésor Français au moins 65% de leurs réserves de change. En d’autres termes, nous pouvons dire que la  convention de 1973 se voulait un peu plus tendre envers les pays membres de la B.C.E.A.O. et la B.E.A.C. Et depuis le 26 septembre 2005, ce taux est passé de 65% à 50%.

Intéressons-nous maintenant à la santé économique des comptes d’opérations des banques centrales de la Zone Franc, ont-ils des soldes débiteurs ou créditeurs ?

Les comptes d’opérations de nos deux banques centrales ont chacun des soldes créditeurs auprès du Trésor Français qui, sont théoriquement synonymes de versement d’intérêts aux Africains.  Ou sont-ils ces intérêts ? Nous ne sommes pas les seuls à faire cette interrogation. Le regretté Omar BOGON, l’ancien président du Gabon se demandait : « Nous sommes dans la Zone Franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent ? La France ». Mieux, en 2007 l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade n’a pas hésité à dénoncer  ce pillage de l’Afrique de l’Ouest : « La B.C.E.A.O. à des milliards placés dans les pays développés. Son rôle n’est pas de placer des fonds pour se faire des bénéfices. Elle n’est pas une banque commerciale ni une banque d’affaires… Elle a de l’argent qui dort. Il faut qu’elle le distribue aux actionnaires. Elle a les moyens de participer au développement des pays membres, mais elle ne le fait pas. Il faut qu’elle change de méthode… Nous allons poser le problème pour que le prochain gouvernement de la banque applique les décisions des chefs d’Etats des pays membres ».

 

Conclusion : Redevenons souverain monétairement

« Aussi loin que nous remontons dans le temps, l’histoire nous enseigne que le pouvoir politique s’accompagne toujours et nécessairement du droit régalien de battre monnaie, que le pouvoir monétaire est inséparable de la souveraineté nationale, qu’il en est le complément indispensable, l’attribut essentiel.[5] » Modibo Keïta

Les 15 pays de la zone Franc sont les seuls ex-colonies françaises en train utilisés la monnaie coloniale. Sous d’autre cieux, d’autres ex-colonies françaises : le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, tous des pays africains, ont leur devise monétaire nationale et cela depuis leur indépendance. Hors de l’Afrique, le Viêtnam, la Syrie tous des ex-colonies de la France ont également leur monnaie nationale, alors qu’est ce qui empêche les 14 pays de la C.E.M.A.C. et la C.E.D.E.A.O. à redevenir souverain monétairement.

En tant des panafricaniste,  nous déconseillons que chaque état de membre de la zone franc ait sa propre monnaie, nous proposons que les 14 pays de l’Afrique francophone battent une monnaie unique avec une banque centrale unique, cette monnaie sera garantie par la valeur synthétique des matières premières (Or, diamant, pétrole, le cacao, le chrome, le manganèse, le cobalt …) nous parlons ici sous le contrôle du Pr Nicolas Agbohou auteur du livre ‘la France et le F CFA contre l’Afrique’. Nous proposons également qu’il ait des symposiums  économistes africains, spécialiste à la matière pour l’établissement une feuille de route afin d’atteindre l’objectif fixé. Le gouvernement de Modibo Keïta, en 1962 avait tenté l’expérience avec la création du Franc Malien qui était garantie par l’or du Mali et une forte somme d’argent. Les avantages, succès et erreurs de cette aventure pourront servir de tremplin afin nous ayons notre souveraineté monétaire. Si d’autres ex-colonies françaises ont su le faire, nous n’avons point d’excuses, nous devons et pouvons devenir souverain monétairement.

 

Washington DC, le 18-04-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Panafricaniste d’obédience Modibo Keita, Dr Kwame Nkrumah et Julius Nyerere

 

 

[1] Statuts de la BEAC, Article 31.

[2] Institut Technique de Banque (I.T.B.), « La Zone franc », 3ème édition, P. 15. Initialement cité par Pr Nicolas Agbohou, la  France C.F.A. et le développement de l’Afrique

[3] Article 11 de la convention de coopération monétaire entre la France et les Etats membres de la B.E.A.C., 13 Mars 1973. Cité par Nicolas Agbohou

 

[4] Article 2 de la convention de compte d’opérations entre la France et les pays africains de la zone franc. Cité par Nicolas Agbohou.

[5] Discours du président Modibo Keïta à l’Assemblée Nationale le 30 juin 1962


Lorsque chez soi devient « un sens interdit »

« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent dans le cachot du désespoir (…) car un homme qui crie n’est pas un ours qui danse »  Aimé Cesaire

Le panafricaniste Issa Balla Moussa Sangaré
Le panafricaniste Issa Balla Moussa Sangaré

Lorsque chez soi devient un sens interdit : ne revient pas, reste là où tu es !

En disant à ses proches qu’on se prépare pour retourner au bled, tes amis, camarades, connaissances virtuelles même tes ennemis te supplient pour ne pas rentrer comme ni notre Faso (pays) est devenu l’enfer sur terre. Mais ce qu’ils oublient, personne ne viendra l’édifier à notre place. Il fut un temps, nos parents étaient aussi hors du pays pour diverses raisons : études, commerces… mais en un moment donné, ils sont rentrés pour contribuer à l’Essor du pays. En restant tous à l’étranger, nous allons laisser la place aux prédateurs, ils vont s’emparer de nos terres et nos biens et ça sera une recolonisation totale, j’ai peur que cela ne soit pas déjà le cas. Le jour que nous déciderons de renter, nous risquerons d’aller travaillé pour eux comme ce que nous faisons à l’occident. Comme le dit l’autre : « ça sera de revenir chez soi en étranger ou bien d’être un aventurier sur sa terre natale ».

Lorsque chez soi devient : tout le monde veut partir

Vieux, jeunes, hommes, femmes et enfants (la grande majorité) veulent quitter notre Faso comme si partir est la délivrance, synonyme de bonheur, de réussite. En réalité peu importe pour eux, qu’il soit synonyme de bonheur ou pas, tout ce qu’ils veulent c’est de partir, de tourner le dos à ce milieu infernal de paupérisation aigüe. Allez savoir pourquoi, les agences d’immigration pour le Canada sont si sollicitées, combien comptabilisent-elles comme chiffre d’affaire pour le montage des dossiers des candidats pour l’immigration ? allez savoir pourquoi les cliniques accréditées pour les visites médicales pour immigrer au Canada sont si sollicitées? Le cas du Canada ne concerne que les intellectuels, quant aux analphabètes, ils veulent juste partir peu importe la destination pourvu de quitter le faso seulement.

Lorsque chez soi devient : la même rengaine, ça ne va pas, hier était mieux qu’aujourd’hui

Seuls nos gouvernants et leurs acolytes disent que tout va bien, mais on le sait dans leur tréfonds, ils sont conscients de la réalité. Ailleurs, chez la masse laborieuse, la société civile, les porteurs d’uniforme en un mot les forces vives de la nation, c’est le même refrain : ça ne va pas, hier était mieux qu’aujourd’hui. Je n’ai pas pu oublier la phrase de cette mère de famille qui m’a dit : « ca ne va pas, nos filles sont là, elles ont terminé avec les études, elles n’ont pas de boulot, elles essaient tout par fini si elles n’ont rien elles se tapent le trottoir». Lorsqu’une mère de famille te regarde dans les yeux pour te dire cela, c’est que ça ne va vraiment pas.

Lorsque chez soi devient : le rêve n’est plus permis, il n’y a plus d’avenir

Le seul rêve pour mes contemporains c’est de partir, comme si le départ est synonyme d’une vie meilleure, plein de bonheur. Mais ceux qu’ils ne savent pas, la majorité d’entre nous, donc de la diaspora, ne raconte pas la réalité des choses et des faits, ici ce n’est pas l’Eldorado. Ma génération pense qu’il n’y a point d’avenir pour eux au faso, elle pense que leur avenir se trouve à ailleurs, donc il faut partir.  Rester là-bas est comme être possédé par les démons  et la délivrance n’interviendra en quittant le pays.

Lorsque chez soi devient une prison : l’avenir est scellé entre quatre murs.

Mes contemporains qui sont, volontairement ou involontairement restés au pays, pensent qu’ils sont emprisonnés, que leur avenir est scellé et le dernier recours pour la libération psychologique ou physique c’est de fuir, de partir, de quitter le faso pour de bon pour ne plus revenir. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ma visite de la Maison des Esclaves de l’île de Gorée, là-bas il  y avait un quai dénommé : ‘le chemin de non retour’. Avant nos parents et arrières-grands-parents étaient amenés de force sur ce quai pour le voyage en sens unique, donc pas de retour. De nos jours, la majeure partie de ma génération, de leur propre gré, veut quitter pour le voyage en sens unique, pour ne plus revenir : sommes-nous les damnés de la terre ? Non je refuse de croire à cela, une autre Afrique est possible.

Mon Chez moi, mon faso c’est le Mali, mais en tant panafricaniste, ayant visité plusieurs pays africains francophones, mieux encore avec l’internet et les réseaux sociaux, je suis en mesure de vous témoigner que ce n’est pas le Mali seulement qui souffre de nouvelle pandémie mais l’écrasante majorité des pays de l’Afrique noire, singulièrement de l’Afrique francophone.

Ce texte est un requiem pour les 300 jeunes maliens qui sont mort en 2015 dans la méditerranée selon le ministre malien des maliens de l’extérieur Dr Sylla, c’est pour également ceux dont les corps n’ont pas été retrouvés ou repêchés.

Ce texte est une oraison pour tous les fils et les filles de Mama Africa qui sont mort en agonisant dans les forêts de Ceuta et Melilla, à la recherche du bonheur pour leurs ascendants et descendants.
Une oraison pour tous ces enfants de la mère des terres, qui ont rendu l’âme lors de la traversée du désert du Sahara en fuyant l’Afrique à la recherche d’un lendemain meilleur.

Washington DC, le 11-04-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Africain désabusé


Visa entre le Mali et le Cameroun, les non-dits

Elle est rentrée en vigueur le 8 Septembre 2015, on nous fait savoir que c’est parce que le Mali est devenu une passoire et le refuge des djihadistes, que les deux (2) autorités ont jugé nécessaire de la réinstauration du visa entre les deux (2) pays.

Le Panafricaniste Issa Balla Moussa Sangaré
Le Panafricaniste Issa Balla Moussa Sangaré

Mais apparemment, ce ne sont pas les seuls mobiles, le site d’information en ligne « La nouvelle expression » dans son article : Cameroun-Mali, Biya case un Texte d’Ahmadou  Ahidjo, relate que : « c’est à la demande pressante de la CEMAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Central) de manière générale et de la Guinée Equatoriale en particulier, se plaignant que les détenteurs du passeport et de la carte d’identité nationale du Mali s’adonnent à des activités illicites», que l’Etat Camerounais s’est vu dans l’obligation de réinstaurer le visa avec le Mali de commun accord.

Cela n’étonne guère, si le passeport et la pièce d’identité malienne se vendent comme des sucettes chez le boutiquier du coin de la rue. Avec des sommes modiques moins de 200.000F CFA, ce n’est pas seulement un africain (anglophone, lusophone…)  mais un occidentaux (un toubab blanc-blanc) a aussi la latitude d’être détenteur du jour au lendemain du passeport malien. Nos autorités ont démissionné, être malien ne veut simplement rien dire, l’Homme malien a été détruit, démantelé, il est prêt à tout pour sa pitance. Allez-y chez nos voisins de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso ou encore le Togo pour tenter de se procurer leur pièce d’identité. Ce sont des gens qui sont fiers d’être des Togolais ou des Ivoiriens, ils défendent leur patrie corps et âme pas comme nos les maliens, nous n’avons que le patriotisme que dans la bouche et non dans le cœur.

Quand à RFI dans sa publication ‘Terrorisme: réinstauration du visa entre le Mali et le Cameroun’, elle nous informe : « qu’une des astuces des combattants de Boko Haram est d’obtenir de faux passeports camerounais moyennant de fortes sommes afin de partir de l’Afrique Centrale. Ils arrivent ensuite à Bamako, où ils n’ont alors pas besoin de visa. Une fois sur place, ils se débrouillent pour obtenir un passeport malien, qui leur permet de se rendre librement dans des pays comme l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, situés aux portes de l’Europe. » Ici également, RFI avance que les terroristes obtiennent des faux passeports camerounais, mais une fois à Bamako contrairement au Cameroun, ils se débrouillent pour acquérir le passeport malien pas le faux mais le vrai passeport malien.

L’Homme malien qu’es-tu devenu pour vendre ton passeport à une autre nationalité ? Jadis, mû d’un patriotisme pointu. L’Homme malien pourquoi es-tu devenu si méconnaissable pour monnayer ta pièce d’identité nationale ? Dans le temps, réputé être un citoyen sincère, qui avait horreur du vol, du pot-de-vin. L’Homme malien qu’as-tu fait de tes valeurs sociétales et ancestrales ? Lesquelles faisaient la fierté d’être malien.

Rappelons que c’est le président Modibo Keïta, d’après Cheick Oumar Diarrah : « celui qui était l’incarnation réelle de la personnalité malienne, de la dignité nationale de ce peuple orgueilleux de son histoire » qui initia et facilita avec son homologue Ahamadou Ahidjo une convention de libre circulation des hommes et des biens entre les deux pays. Cette convention fut signée à Bamako le 6 juin 1964 par Mamamdou Madeira Keïta ministre de la justice et Benoît Balla alors ministre camerounais des Affaires étrangères. Avec la convention de 1964, les citoyens des deux (2) pays pouvaient faire le déplacement entre le Mali et le Cameroun et vice versa sans la contraindre d’un visa. Est-il encore nécessaire de dire que le Cameroun est un pays de l’Afrique Centrale et qu’il existait le visa entre les pays de cette région, et nonobstant que le Mali soit situé dans l’Afrique de l’Ouest, il n’existait pas de visa entre ces deux (2) Républiques.

Qu’avons-nous fait du Mali de Modibo Keïta ?

 

Washington DC, le 30-03-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Malien d’aujourd’hui à la quête de ses valeurs sociétales et ancestrales

 

 

 


Mali: La classe politique pèse trop lourd sur le dos du contribuable malien

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Le panafricaniste Issa Balla Moussa Sangaré

 

Le Mali, un pays malade de partout s’achète un nouvel avion présidentiel alors que le Malawi, un pays en meilleure santé revend le sien

Comparaison n’est pas raison, pendant qu’on assistait au Mali à l’achat d’un nouvel avion présidentiel à un coût de revient de 20 milliards de F CFA, de l’autre côté au Malawi, la présidente malawite, Joyce Banda décida de revendre le jet présidentiel acquis par son prédécesseur au prix de vente 15 millions de dollars. Dans son article ‘Le Malawi a vendu le jet présidentiel pour l’achat de maïs’ le magazine Jeuneafrique, nous relate la raison suivante c’est: « pour aider à nourrir les populations les plus pauvres et cultiver des légumes afin de combattre la malnutrition ». Contrairement au Malawi, le Mali sortait d’une crise socio-politique sans précèdent : le putsch militaire de 22 mars 2012, la partition du pays entre le Nord et le Sud par les rebelles et leurs acolytes djihadistes qui avaient pris le contrôle des 2/3 du territoire malien. Il faut également dire que nos gouvernants actuels ne rataient pas d’occasion pour nous dire qu’ils ont trouvé les caisses de l’Etat vides, mais qu’à cela ne tienne, en plus d’un premier avion acheté par son prédécesseur, le président IBK acquit un second jet présidentiel, pourquoi faire quoi étant donné le premier était en état d’assurer ses déplacements. A l’heure où j’écris ces quelques lignes, nous ne connaissons point le sort du premier avion, a-t-il été vendu ? Sa maintenance est-elle assurée ? Son assurance a-t-elle été renouvelée ? Est-il déjà considéré comme une épave tant de questions sans réponse.

Le Mali rehausse les émoluments de ses députés, le Burkina diminue pour les siens de 19%

Comme susmentionné, comparaison n’est pas raison, le Burkina Faso, qui a subit une crise doublement moins grave que celle du Mali, vient de diminuer le salaire de ses parlementaires. Le 19 janvier 2016, les élus du pays des hommes intègres ont décidé de rabattre  leurs émoluments de 19%, ils toucheront désormais mensuellement 960 397 francs CFA et d’après le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Bénéwendé Sankara : « C’est leur effort à la solidarité nationale». Comme si on vivait sous deux cieux différents, le Mali contrairement au Burkina qui est, d’ailleurs, sous perfusion financière dans les tous sens et sous tous les angles décida de réviser à la hausse les émoluments des députés et cela du président de l’Assemblée Nationale (AN) au questeur en passant par le député simple. Le site d’information en ligne Malijet, dans sa publication « Connaissez-vous désormais le salaire honorables députés ? » nous fait savoir que l’émolument mensuel du président de l’AN est 37 500 000F CFA contre 26 600 000F CFA pour la législature précédente, et celle du président des groupes parlementaires est 2 650 000F CFA contre 1 950 000F CFA pour la législature passée. Cela se comprend pourquoi tout le monde veut devenir politicien.

 Le statut du chef de file de l’opposition, une charge supplémentaire pour le budget annuel de l’Etat

« Le plus difficile pour un politicien c’est d’avoir la mémoire qu’il faut pour se rappeler de ce qu’il ne faut pas dire » nous disait Coluche

Lorsque les partis de l’opposition malienne manifestaient sur tous les toits le désir d’un statut pour eux, personnellement j’ai cru qu’au Mali qu’il n’y eut jamais existé un statut légal pour les partis de l’opposition.  Bien au contraire car c’est depuis Le 18 juin 2000 pendant le pouvoir du président Alpha Oumar Konaté, que l’Assemblée nationale du Mali avait délibéré et adopté en sa séance la loi n°00-047 du 13 juillet 2000 portant statut des partis politiques de l’opposition en République du Mali. C’est ici que les propos de Coluche susvisés prennent tous leur sens, l’opposition a eu la mémoire qu’il faut pour ne jamais dire à la population que leur lutte pour le statut n’était motivée que pour les raisons pécuniaires. En effet, le nouveau statut rend notre Etat encore plus budgétivore. Selon le statut révisé : « Le chef de l’opposition est assimilé au 1er vice-président de l’Assemblée nationale. (…) Les crédits nécessaires à la prise en charge du chef de l’opposition et de son cabinet sont inscrits au budget de l’Etat. » Le Décret n°2016-…P-RM du … fixant les avantages accordés au Chef de File de l’Opposition en son article 2 nous stipule : « Dans l’exercice de ses fonctions, le Chef de File de l’Opposition Politique bénéficie des avantages accordés aux ministres en fonction », comme si son statut de député ne suffit pas. Quant à l’article 3, il nous révèle : « Le Chef de File de l’Opposition Politique dispose d’un cabinet composé comme suit : quatre (04) assistants ; un attaché de cabinet ; un secrétaire particulier »,tout ce beau monde pourquoi faire ? Mieux encore l’article 5 nous relate : « Les collaborateurs du Chef de File de l’Opposition Politique bénéficient des avantages accordés aux membres des cabinets ministériels »

Rappelons de passage qu’une marge non négligeable du budget national est aussi accordée annuellement aux politiques. La loi N°05-047 du 18 août 2005 portant Charte des partis politiques en République du Mali stipule : qu’une aide financière à hauteur de 0, 25 % des recettes fiscales du pays soit versée annuellement aux partis politiques par l’Etat.

Est-ce ça notre démocratie? Les ressources de l’Etat sont utilisées par la classe politique comme une vache laitière à leur seul profit.

L’augmentation du budget de la présidence, malgré que le pays ne vive de que de dons, de subventions, d’aides…

« Un Etat quémandeur et budgétivore à la fois, quelle contradiction ! » 

Dans sa publication du 12 octobre 2015 ‘Présidence de la République : Le budget passe de 9 à plus de 14 milliards FCFA’ le site d’information en ligne maliweb, nous informe que : « le 1er budget préparé par l’administration IBK  a affecté à la présidence de la République la somme de 9 milliards 300 millions de francs CFA pour 2014. En 2015, ce budget a été porté à 14 milliards 600 millions, soit une augmentation de 57%. »

Un Etat quémandeur et budgétivore à la fois, trop d’incohérence,  l’on se rappelle tous de la levée de fonds de Bruxelles au nom du Mali par le biais des soi-disant amis du Mali : la communauté internationale avec à sa tête la France, des 1000 milliards soi-disant promu par la Chine … j’en oublie.  En outre, nous ne faisons pas un seul trimestre sans contempler au journal télévisé de 20h la signature de l’octroi d’un don ou d’un prêt entre le Mali et une institution financière internationale ou d’un pays du Nord, comme une relation de cause à effet, plus notre pays reçoit des dons et prêts, plus les dépenses de l’Etat augmentent.

Indemnité pour les Premiers Ministres

Dans son livre ‘la philosophie de Confucius’ page 67, Confucius nous dit : « Les richesses et les honneurs sont très ambitionnés des hommes ; si vous ne pouvez les obtenir par des voies honnêtes, ne les acceptez pas. La pauvreté et l’abjection sont en horreur aux hommes, si elles vous viennent, même sans aucune faute de votre part, ne le fuyez pas. »

Avec tous les respects que nous devons aux anciens PM, de Modibo Keïta qui fut le premier président du gouvernement du Soudan le Mali d’alors à l’actuel PM à un autre Modibo Keïta,  nous pensons cette faveur d’indemnités est trop élevée et ne saurait être justifiée en cette période difficile où l’existence même du pays est en danger. Ces anciens PM sans douter de leur engagement, ne saurait adhérer à une telle une folie gouvernementale doit tout simplement être récusée par eux. Malijet nous raconte que le 6 janvier 2016 lors du conseil des ministres à Koulouba, que le président  IBK a fait une communication orale, proposant une indemnité mensuelle de 2 millions de FCFA à tous les Premiers ministres vivants, soit treize (13) au total pour un pactole de presque 4 milliards de FCFA.

Conclusion

Le panafricaniste Dr Kwame N’Krumah, dans son livre ‘l’Afrique doit s’unir page 157’, nous dit : « L’Afrique a besoin d’un nouveau type de citoyen, dévoué, modeste, honnête et bien informé, qui renonce à lui-même pour servir la nation et l’humanité, qui ait la convoitise en horreur et déteste la vanité. Un homme nouveau, dont la force soit l’humanité et la grandeur, l’intégrité ». C’est ce type de citoyen, de classe politique, de dirigeants que le Mali a besoin, c’est-à-dire un Malien Kura (nouveau malien) d’une nouvelle espèce qui va servir l’état et au lieu de se servir de l’état, qui ne va pas faire la politique pour s’enrichir sur le dos contribuable malien. Un nouveau citoyen qui ne verra pas l’état comme la seule vache à lait pour s’enrichir de manière licite et illicite. Une nouvelle classe politique qui fera de l’amélioration de la condition vie du corps professoral, de la blouse blanche et des paysans son combat de tous les jours. Une classe politique qui se ne ménagera rien pour l’amélioration des conditions de travail des porteurs d’uniforme, des conditions de vie des veuves militaires. Des dirigeants qui feront la construction et l’équipement des hôpitaux, des écoles, des centres de formations d’alphabétisation les premières points de leur agenda à couvrir avant de s’octroyer des avantages colossaux, des gouvernants qui penseront d’abord à l’électrification et l’adduction d’eau potable pour amoindrir la corvée quotidienne de nos mères, de nos sœurs et de nos enfants dans les zones rurales.

Redevenons les maliens d’antan, ce malien reconnu à l’échelle internationale comme un citoyen jaloux de la chose publique, un leader orgueilleux de sa réputation et de sa fierté, une classe politique dévouée pour la cause des plus démunis, des sans voix et pour la construction du Faso (notre pays) à l’image des premiers dirigeants de ce pays, qui étaient connus pour leur engagement sans condition.

 

« Les générations futures ont des droits sur nous »

 

Washington DC, le 23-02-2016

Issa Balla Moussa Sangaré

Un Malien d’aujourd’hui à la quête d’être le Malien d’Antan


Niger : Niamey refuse de coller la petite

Programmé en concert  à Niamey le 13 février pour la fête des amoureux « Saint Valentin », l’artiste musicien Camerounais Franko s’est vu refuser le visa d’entré sur le territoire Nigérien par les autorités compétentes, raison principale : « Niamey ne veut pas coller la petite ».Après Abidjan et Conakry qui ont respectivement collé la petite le 27 décembre et le 31 décembre 2015, Niamey refuse d’emboiter leurs pas en disant ‘NIET‘ aux organisateurs du concert et à l’artiste en question.

Jeuneafrique dans son article Niger ‘le concert de Franko annulé à Niamey pour des raisons morales, selon la production’ nous relate : « que le gouverneur de la région de Niamey a signifié qu’il a reçu un groupe de marabouts qui lui ai demandé d’interdire l’arrivée de Franko pour des raisons religieuses et de société, (…).»

Ce tube de Franko « Coller la petite » avec ses 17 millions de vues sur Youtube fut, à n’en pas douter, la chanson africaine de l’année 2015 sur le continent noir et ailleurs.

Malencontreusement et au grand dam des mélomanes Nigériens, Niamey ne veut ni récupérer la petite, ni l’angoisser, ni l’embrouiller à fortiori « coller la petite». Dans le tube, Franko demande d’attendre son signal avant de coller la petite, les frères du Niger vont encore patienter pour ce fameux signal et j’en suis vraiment désolé.

 

Washington DC, le 16-02-2015

Issa Balla Moussa Sangaré