Issa Balla Moussa Sangare

Lettre d’un jeune panafricaniste au président du Faso

C’est avec un insigne honneur que, j’ai décidé de prendre la plume pour vous adresser cette lettre son excellence, M. Blaise Compaoré, président de la République du Burkina Faso.

Blaise Compaore, President du Burkina Faso, credit:telegraph.co.uk
Blaise Compaore, Président du Burkina Faso, crédit photo :telegraph.co.uk

Son Excellence, à dessein, le choix porté sur ce timing pour vous adresser cette lettre n’est nullement fortuit. À l’orée d’une éventuelle révision constitutionnelle, chose qui, ne laisse indifférent aucun panafricaniste en général, aucun Africain en particulier et singulièrement aucun Burkinabè, alors, en tant que panafricaniste, j’ai décidé à travers ces quelques lignes d’interpeller votre sens élevé d’homme d’Etat.

En marge du sommet Etats-Unis/Afrique, vous avez tenu à répondre au président Barack Obama qui, lors de son discours d’Accra en 2009, avait déclaré que l’Afrique n’avait pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes. Au micro de Nicolas Champeaux (RFI), votre réponse était la suivante : « Barack Obama nous parle de l’histoire de l’Amérique. Nous, nous avons notre histoire du Burkina. L’histoire de chaque pays africain, c’est différent. Il n’y a pas d’institution forte s’il n’y a pas, bien sûr, d’homme fort. L’Amérique a dû traverser des épreuves. Je vois la ségrégation raciale, je vois l’esclavage… Pour la suppression de ces pratiques, il a fallu des hommes forts. Il n’y a pas, aussi, d’institutions fortes s’il n’y a pas une construction dans la durée ».

Je partage une partie de votre réponse (Il n’y a pas d’institution forte s’il n’y a pas, bien sûr, d’homme fort), mais il me semble que votre définition ‘d’homme fort’ diffère de la mienne. Ainsi, je profiterai, également, via cette lettre adressée à votre personne, pour répondre, à grands traits au président Barack Obama.

Je dis au président Obama que les institutions ont en amont, besoin d’hommes forts pour jalonner et niveler les soubassements de celui-ci et, en aval, pour arriver avec le temps à des institutions fortes. Le président Obama oublie que l’Amérique a connu des hommes forts pour jalonner les rouages de leurs institutions fortes. Des hommes forts, je parle sous la protection Abraham Lincoln, le seizième président des États-Unis, pour n’en citer qu’un. Il est le père de l’abolition de l’esclavage, décision qui lui a coûté la vie. C’est grâce à cet acte posé par ce grand homme, homme fort et homme d’Etat, qu’un Afro-Américain du nom Barack Obama a eu la chance d’aller à l’école comme tous les autres enfants du pays de l’oncle Sam sans distinction de couleur. C’est grâce à la bravoure, la vaillance, la fermeté et le courage de ce leader, il y a deux siècles de cela, qu’un Barack Obama, a  pu être, respectivement sénateur et le 44e président des Etats-Unis d’Amérique. Je dis au président Obama que, l’Afrique a, aussi, besoin d’hommes forts pour donner le tempo et poser les premières pierres de ses institutions fortes dignes de ce nom.

Son excellence, à l’horizon, une révision de l’article 37 de la Constitution du Faso fait bon trait. Pour mémoire, c’est cet article qui limite le mandat présidentiel à deux.

Rappelez-vous d’un certain  capitaine Jerry Rawlings qui, après ses deux coups d’Etat, critiqués à tort ou raison,  a su laisser le pouvoir pour faire place à l’alternance politique.  Son leadership a su booster son pays sur les rails de la démocratie, de la bonne gouvernance et de l’alternance politique. Le Ghana est une référence en matière de démocratie dans la sous-région ouest-africaine. Et pourtant,  le capitaine Rawlings ne s’est pas éternisé au pouvoir pour que son pays ait des institutions fortes, en corollaire, il a seulement tracé la voie à suivre. C’est ce genre de leader que je considère comme un exemple d’homme fort qui sait dire non au pouvoir avec tous ses avantages. Regardez comment, ce pays anglophone parvient à se tenir debout tout seul, tout en rayonnant politiquement et économiquement,  au bon milieu des pays francophones. Qu’il me soit, également, permis de rappeler que,le capitaine Rawlings avait les moyens nécessaires  pour se maintenir au pouvoir par le biais de révisions constitutionnelles. Cependant, il a choisi d’être grand, pour partir grand, tout en restant grand dans la mémoire de ces peuples africains victimes de ses autres leaders, de surcroît très faibles.

Rouvrons les pages récentes de l’histoire de la démocratie africaine. Ici et ailleurs,  nul ne saura parler d’un leader politique africain, démocrate et fort, sans mentionner le nom, l’icône internationale Nelson Mandela alias Madiba. Il a renoncé à briguer un second mandat. Il a voulu être le vecteur du changement de mentalité, en tant que leader charismatique, il a jalonné la voie de l’alternance politique pour que, ses successeurs puissent suivre le même sillage. Je suis, également,  dans l’obligation de souligner que, Madiba, malgré sa santé fragile et sous le poids de l’âge, avait les moyens nécessaires de se maintenir au pouvoir. Cependant, il a accepté d’être fort en ne pensant pas qu’il était indispensable. Sous d’autres cieux, c’est tout le contraire, nous sommes témoins, des présidents maladifs, avec l’âgé avancé en train de tout faire pour se maintenir au pouvoir, comme si, le fait de rester ou de mourir au pouvoir est une fin en soi.

Son Excellence, du haut de vos 27 ans comme chef d’Etat du Faso, vous devez être fort en admettant qu’il, est temps que vous arrêtiez de penser que, vous êtes le seul ou le plus intelligent au Burkina Faso. Soyez fort en acceptant que l’heure de la retraite, voulue ou forcée, est sur le point de sonner. Elle ne doit ni être négociée, ni obligatoire, car vous la méritez TOUT SIMPLEMENT.

Un proverbe bambara nous dit que : « La pintade observe la nuque de sa devancière », en modifiant l’article 37 de la Constitution pour briguer un troisième mandat, quel héritage politique et idéologique allez-vous laisser à vos successeurs ?  A la jeunesse burkinabè ? africaine ?

Martin Luther King nous disait que « La mesure ultime d’un homme n’est pas où il se trouve dans les moments de confort, mais où il se trouve en période de défi et de la controverse », renoncer à la modification de la Constitution vous permettra de faire preuve d’une autre grandeur de votre personnalité, une spécificité de cet homme fort qui réside en vous.

Un sage proverbe mossi nous dit que : « Mieux vaut un caleçon aujourd’hui qu’un pantalon demain », M. Blaise Compaore, président de la République du Burkina Faso, par la présente, je viens, humblement, au nom de la jeunesse africaine, solliciter la grandeur de l’homme d’Etat fort qui réside en vous, afin de renoncer à ce projet de loi « portant révision de la Constitution ». Son excellence, il faut tout faire pour ne pas rater ce dernier rendez-vous avec l’histoire, car, il est, vraiment, temps de tirer votre révérence politique.

 

« Nos descendants ont droit sur nous »

Washington DC, le 23-10-2014

Issa Balla Moussa Sangaré

Panafricaniste


Modibo Kéita 1964 : la rébellion, le socialisme

 Le 21 Août 1964, à l’issue de son triomphal séjour en République Algérienne Démocratique et Populaire, et peu avant la signature du communiqué Algéro-Malien, le Président Modibo Keita a donné dans le grand salon du Peuple à Alger, une importante conférence de presse à laquelle ont pris part les représentants de la presse algérienne et internationale.
Plusieurs questions se rapportant à la politique de l’US RDA et de son Gouvernement, tant sur le plan national, Africain qu’International, ont été posées au Chef de l’Etat Malien.
Le Président Modibo Kéita avec sa verve habituelle, a longuement développé et expliqué les aspects, tous les aspects de la politique malienne d’alors.
Le texte intégral très instructif est encore de nos jours sur :
– le mouvement de rébellion au Nord Mali
– l’option socialiste du 22 septembre 1960
– les rapports avec la Mauritanie
– le problème Congolais
– les rapports avec la France Gaulliste.
Modibo Keita, crédit photo: histoireafricaine.com
Modibo Keita, crédit photo: histoireafricaine.com

«Je répondrai tout d’abord à la première question ayant trait a la situation du Mali au sujet de mouvement de rébellion dans l’extrême Nord de notre pays, ou plus singulièrement dans le cercle de Kidal.
«Vous savez que de tout temps cette région a été le théâtre d’opérations militaires des troupes françaises, en raison des difficultés que la France avait rencontrées — alors que la République du Mali était le Soudan Français – pour intégrer ses populations accrochées a leurs montagnes dans le cycle normal de la vie du territoire. Et les derniers événements entre ces rebelles et les troupes françaises datent de 1958. C’est vous dire donc que pendant les 78 ans de domination coloniale, cette région n’a jamais été totalement pacifiée.

«Le deuxième élément, c’est que pendant longtemps, ce secteur a été sous une administration militaire, et que certains officiers français, devant la poussée du nationalisme en Afrique et la perspective du rêve de constituer un Etat Saharien autonome comprenant le Sud Algérien et le nord des pays situés au sud de l’Algérie, avaient tente de créer un sentiment anti-Noir dans cette région. En effet on faisait croire à ces Touareg qu’ils étaient des ”Blancs » et qu’il était impensable qu’ils puissent accepter une domination noire.
«Le troisième facteur qui a surgi après notre indépendance, c’est qu’en raison de notre option, nous avons tenu à éliminer tous les vestiges de la féodalité dont l’aspect le plus inacceptable comme système était une forme déguisée de l’esclavage et de l’exploitation des populations par les féodaux.
«Enfin le quatrième point, c’est que ces populations nomades, précisément celles de I’Adar des Iforas, vivaient en marge de la Société Malienne et n’étaient pas accessibles a notre option d’une Nation Malienne s’étendant du Sud Algérien aux limites avec la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire et la Guinée au Sud.
«D’autre part, l’exercice et I’édification économique d’un jeune pays devenu indépendant imposent à chaque citoyen des charges qui sont en proportion avec ses moyens. Or, les nomades de cette région avaient été habitues a vivre en dehors de toute réglementation ; c’est vous dire en d’autres termes qu’ils ne payaient pas d’impôts. Donc, lorsque la République du Mali a été proclamée et que notre Parti l’Union Soudanaise- R.D,A, au cours de son Congres du 22 Septembre 1960 a opté pour l’édification socialiste de notre économie, nous avons en priorité mis un terme au système du servage, liquidé la féodalité dons les régions du Sud où les populations sont concentrées, et soumises à un contrôle du Conseil de Fraction et de Tribu les Chefs de Fraction et de la Tribu. Les membres des conseils de la Fraction et ce la Tribu, étant élus par l’ensemble de la population de la Fraction ou de la Tribu, le Chef de la Fraction ou de la Tribu ne peut rien décider sans qu’a préalable il y ait l’accord d’une majorité du Conseil de la Fraction ou du Conseil de la Tribu.
«Par ailleurs, nous avons estimé qu’il était tout a fait normal de connaître les biens que possèdent chaque Malien, qu’il soit commerçant, fonctionnaire ou éleveur, d’où un recensement rigoureux du cheptel concernant les milieux nomades. Nous avons également exige que chaque citoyen, contribue à l’édification Économique du pays selon ses ressources; et partant pour les populations de I’Adar des Iforas qui avaient vécu en marge de toute société, une telle discipline leur était difficilement supportable. En outre, comme a I’extérieur il y a des éléments français qui vivaient eux aussi en marge de la Société Française parce qu’ils ne sont pas d’accord avec l’indépendance algérienne comme ils ne sont pas d’accord avec la politique du Général de Gaulle, éléments qui, par conséquent, sont restes fixes sur leurs anciennes positions. Pour eux, il fallait désormais et nécessairement créer dons les parties du Nord de notre pays et du Sud de l’Algérie, et plus tard des autres Etats riverains du Sahara une instabilité permanente, en suscitant des mouvements de rébellion, et parfois même en apportant a ces mouvements un appui en équipements et matériels militaires. C’est ainsi donc dis-je que vers la fin de l’année 1963 a été déclenché un mouvement de rébellion dont le principal instigateur était le fils de celui qui, en 1958, déclenché la même sorte de mouvement de rébellion contre l’administration coloniale française. Ayant pu rassembler autour de lui des repris de justice qui étaient poursuivis pour meurtres, brigandages etc, etc, Ils se sont réfugiés dons les montagnes de I’Adar des Iforas.
D’autre part, pour avoir un certain appui logistique tant ou point de vue population qu’au point de vue approvisionnement, par la menace et par la terreur, ils ont rançonné certaines populations et obligé certaines fractions à les suivre dans leur repli en Algérie devant la poussée de nos forces de sécurité. Fort heureusement, grâce à la compréhension du Peuple et du Gouvernement algériens, ces rebelles, traqués par nos forces de sécurité qui les poursuivaient jusque dans les grottes, n’ont pas pu trouver sur le territoire Algérien l’appui et la complicité sur lesquels ils comptaient pour maintenir le foyer de leur rébellion. Cela n’a pas été possible grâce à la bonne compréhension Peuple algérien dont le Gouvernement a été informé par moi-même par diverses missions de ce que nous attendions de lui.
« Nous pouvons donc dire maintenant, puisque le dernier chef rebelle a été abattu en juillet dernier, que pratiquement le mouvement a été liquidé, et les autres comparses se sont rendus soit aux unités de sécurité algériennes, soit aux unités de sécurité maliennes.
« Nous devons dire également que notre action a été appuyée par les populations qui ont refusé de céder au chantage de ces rebelles. Certains jeunes et certains vieux de ces populations ont même aide nos unités de sécurité à poursuivre les rebelles et n’ont pas hésite à voisiner avec ces mêmes unités contre des rebelles.
« II est évident que si ces résultats ont été obtenus, alors que comme je vous le disais tout à I’heure, un état permanent de troubles et d’insécurité régnait dons cette région, ce fut certes grâce à la qualité de nos troupes, mais aussi à notre organisation politique, parce que pendant que les forces de sécurité œuvraient contre les rebelles, le Parti, par les tournées des responsables politiques et administratifs, poussait les contacts jusque dans les moindres centres où il éclairait les populations sur la réalité de notre conception socialiste, et c’est ainsi que, très rapidement, le mouvement a été liquide.
Par conséquent, si nous parlons d’interventions étrangères, il s’agit bien d’éléments français agissant selon leurs instructions personnelles, en dehors de toutes directives de leur chef hiérarchique ou du Gouvernement Français. D’ailleurs, lorsque j’ai eu à discuter de cette question avec la Représentation Française à Paris, la réplique a été : «Ce sont des aventuriers qui n’ont rien de commun avec le Gouvernement Français».
Vous avez maintenant la réponse à la question posée ou sujet de mouvements de dissidence fomentes par une minorité de nomades dons l’extrême Nord de la République du Mali.
La deuxième question sur le Mali, c’est : comment nous construisions le socialisme ou Mali ?
II est bon tout d’abord de préciser pourquoi nous avons choisi la voie du développement socialiste de notre pays. II y a des raisons d’ordre économique et d’ordre politique.
Raisons économiques :
Notre pays est un territoire intérieur, éloigné des ports maritimes africains, au climat rude. Or, vous savez que la domination coloniale avait d’une part un aspect économique puisque (‘administration était bien souvent appuyée dons son action par les colons, les commerçants et les industriels dans les territoires ou il y avait des possibilités d’exploitation des ressources du sol et du sous sol et comme d’autre part ces entreprises avaient pour objectif essentiel la réalisation de bénéfices substantiels, il reste évident que Ies territoires intérieurs au climat rude étaient plus handicapés que les territoires côtiers, puisqu’on sait que les transports maritimes sont de loin moins coûteux que les transports par voies routière et ferroviaire, surtout qu’il s’agissait, non pas de la transformation sur place des matières premières, mais plutôt de l’exportation de celles-ci vers des métropoles ou elles devaient faire fonctionner des usines.
« Donc, les territoires intérieurs ne pressentaient pas d’intérêt parce que, quelle que soit la qualité de leurs matières premières, celles-ci ne pouvaient supporter les prix de transport des lieux de leur extraction aux ports d’embarquement et de ces ports d’embarquement jusqu’à I’usine. Par conséquent, en République du Mali ou le commerce était un commerce de traite, c’est-à-dire qu’après les récoltes il s’agissait tout simplement d’acheter les produits, d’en exporter les quantités exportables, et de conserver les quantités prévues pour la consommation locale dons les magasins, jusqu’aux moments les plus difficiles pour les populations rurales, (moments appelés périodes de soudure) Ensuite ces quantités stockées étaient reversées dans la consommation à des prix doublant ou, quelquefois selon les difficultés des années, triplant les prix d’achat aux producteurs. Ces activités commerciales, si on peut les appeler ainsi, étaient tenues par des sociétés a majorité françaises qui, seules avaient vocation à l’importation et à I’exportation. Aussi, autour de ces grosses sociétés étrangères vivaient plus ou mains en parasites des petits commerçants, des traitants autochtones ou non français qui étaient donc les intermédiaires entre les grosses sociétés et les producteurs. II est évident que cette catégorie de traitants de second ordre vivaient davantage de I’exploitation de l’ignorance des paysans que des bénéfices qu’ils pouvaient retirer de leur rôle d’intermédiaires. Je viens donc de vous donner ce qu’était I’économie de la République du Mali. Vous vous rendez compte facilement qu’il n’y avait pas de capitalistes maliens, pas d’industries, pas de sociétés commerciales maliennes.
Raisons Politiques :
«Des 1945, à la création de notre Parti, nous avons eu a nous battre au premier plan contre les féodalités et certaines catégories de fonctionnaires qui étaient les agents directs de répression de l’administration coloniale; et en second plan contre cette même administration coloniale qui employait arbitrairement toutes sortes de moyens (truquage des élections, arrestations, déportations, révocations, emprisonnements des responsables et des militants du Parti, etc.
«De 1945-46 jusqu’à l’indépendance, nous nous sommes battus contre les forces de la féodalité, de l’exploitation et de (‘administration coloniale. Nous avons été aides dons le développement du Parti, en particulier par les masses rurales qui constituent plus de 90% de la population du Mali et en général par les cadres conscients de I’administration, qu’ils soient de I’Enseignement, de la Santé ou de l’Administration générale tout court.
«Après la victoire de notre Parti nous devions tirer les leçons de l’héritage que nous a légué l’administration coloniale sur le plan économique et des conditions dons lesquelles nous avons accédé à l’indépendance, c’est-à-dire grâce à la lutte des populations rurales qui constituaient l’énorme majorité de la population et qui constituaient également les catégories les plus défavorisées.
«Il nous fallait donc tirer des leçons de toutes ces expériences et c’est pour cela que nous avons opte pour l’édification socialiste de notre pays, parce que nous avons estime qu’ayant eu des devoirs égaux face a la lutte de domination, il était normal que les droits fussent de même égaux après la victoire, normal aussi que les catégories relativement privilégiées qui avaient plus profité, par le fait qu’elles ont pu fréquenter I’école ou qu’elles ont été plus ou mains associées aux activités commerce Tales puissent à leur tour renoncer à certains privilèges, pour diminuer dune part les charges de I’Etat et permettre d’autre part d’investir dons le secteur le plus défavorisé : le secteur rural.
«Nous devons reconnaître que ces catégories nous ont compris, parce que nos fonctionnaires ont subi deux ou trois fois des retenues très importantes et que de I’indépendance à maintenant, il n’y a pas de fonctionnaire qui puisse toucher le tiers de ce qu’il gagnait avant I’indépendance. Le Mali et les responsables maliens tirent leur inspiration de l’édification socialiste de la théorie du Marxisme¬ Léninisme. Mais nous n’adaptons pas sa philosophie matérialiste, nous n’adaptons pas son athéisme parce que nous sommes croyants.
«D’autre part, nous estimons qu’il ne peut pas y avoir de contradictions entre la pratique d’une religion et l’adhésion a une définition socialiste des rapports sociaux entre les diverses couches d’une population. Etant donne que nous pouvons titre croyants, que nous pouvons titre musulmans, que nous sommes convaincus d’une part que nous appartenons à une société, que nous sommes des chaînons de cette société et que, d’autre part, appartenant tous a une même nation, a une même société, nous devons nous considérer comme frères, des lors il est impensable que nous puissions, nous, par le fait que nous avons etc plus ou moins dotes par notre naissance ou par la chance d’avoir fréquents l’école, il est impensable que nous construisons Ie pays a notre profit exclusif, au détriment des couches les plus défavorisées parce que celles-la n’ont pas été dotées comme nous par la naissance ou par la fréquentation de l’école, et aussi parce qu’elles n’ont pas, pour Ie moment, le moyen de s’exprimer. Nous estimons donc, quant a nous, qu’on peut tirer profondément socialiste tout en restant croyant. Du fait même que toutes les couches de la population ont été mobilisées pour la conquête de I’indépendance, il était normal que les ressources du pays appartiennent à toutes ces couches et qu’elles soient équitablement reparties entre ces couches, entre tous les éléments productifs du pays.
«Pour nous, c’est une question de justice sociale, et nous pensons en croyants qu’il n’y a pas de religion qui ne repose pas sur la justice sociale, qu’il n’y a pas de religion qui ne mette en avant le respect des principes de justice sociale, qu’il n’y a pas de religion qui ne mette pas en avant les sentiments de fraternité et de solidarité à l’égard de ses frères. C’est pour ces raisons donc que nous disons que, croyants musulmans, nous édifierons le socialisme. Nous nous sommes aussitôt attaques en premier lieu à l’organisation par le développement; puisque n’ayant du capitalisme, n’ayant pas de commerçants maliens prives, n’ayant pas d’industries, nous n’avions donc pas de nationalisation à opérer. II nous fallait donc partir de l’organisation de notre société qui déjà avait des habitudes de vie communautaire, il fallait partir des réalités de notre société pour (‘organiser rationnellement dons la voie du socialisme, afin de tuer dons l’œuf, si elles pouvaient exister, toutes tendances vers la thésaurisation, vers I’accaparement pour une minorité des ressources du pays.
«L’organisation socialiste du Mali touche donc les paysans, touche en particulier le domaine économique.
«Au niveau des villages nous avons créé ce que nous appelons les Groupements Ruraux. Ces Groupements Ruraux, dans leur développement doivent être de véritables coopératives villageoises, de véritables communes villageoises ayant une vie autonome, c’est-à-dire possédant leur budget de fonctionnement et d’investissement, et possédant aussi leurs sources de revenus. Les Groupements Ruraux reposent sur les champs collectifs, parce que chez nous le problème de la reforme agraire ne se pose pas : ce qui se pose surtout, c’est le manque de bras pour cultiver les terres. II y a en effet plus de terres que de bras pour les cultiver. Nous ne nous sommes jamais battus entre nous pour avoir des terres cultivables. D’autre part nos paysans sont tous propriétaires de leurs terres qu’ils travaillent, propriétaires de la terre qu’ils cultivent aujourd’hui parce que si le paysan cultive une terre pendant deux, trois ou quatre ans et que cette terre s’appauvrit, il I’abandonne pour aller s’installer plus loin. La première parcelle devient jachère. Après quelques années d’exploitation, il va s’installer ailleurs. Pour nous, en plus du problème des bras, il y a comme vous le voyez, celui de la fixation du paysan.
«Donc comme je I’ai déjà dit, le problème de terre ne se pose pas; mais ce qui se pose ou contraire, c’est le problème de la fixation du paysan et l’exploitation rationnelle de la parcelle sur laquelle il est installe, et cela pour éviter cette nomadisation traditionnelle préjudiciable d’une part à une action sociale, et d’autre part à la conservation de la végétation du pays.
«Nous avons pour cela créé des champs collectifs qui sont travailles en commun par les populations. L’attention, I’aide et (‘assistance du Parti et du Gouvernement sont portées dons les villages sur les champs collectifs en priorité, et cette assistance multiforme répond toujours aux normes d’étendue et d’entretien exigées par le Parti, alors qu’autrefois les paysans étaient aides soit individuellement, soit collectivement (rarement d’ailleurs d’une manière collective, c’était plutôt individuellement par I’ancien système). Les ressources des champs collectifs sont versées à la caisse du Groupement Rural.
«Deuxième point : je vous ai indique au début de mon expose que la commercialisation des produits agricoles était effectuée par les grosses sociétés étrangères avec des Maliens comme intermédiaires.
« Aujourd’hui avec le système du Groupement Rural, les paysans sont invités à commercialiser directement eux¬-mêmes leurs produits avec les sociétés nationales maliennes chargées de cette commercialisation en l’occurrence la SOMIEX, et l’Office des Céréales. La ristourne qui était naguère consentie aux intermédiaires, est ainsi versée directement a La caisse du Groupement Rural. Cela constitue donc une deuxième source de revenus pour les paysans.
« Troisième source de revenu : Au niveau de chaque Groupement Rural, il a été recommande de construire un magasin de stockage des articles de première nécessité.
«Et justement pour favoriser les populations rurales handicapées par les distances des grands centres d’approvisionnement nous avons fixe des prix nationaux : c’est dire que les marchandises vendues dons les grandes villes subissent une partie des frais de transport c’est-à-dire supportent une partie des frais de transports des marchandises vendues aux populations rurales, pour que celles-ci puissent les acheter a un prix relativement normal, à la portée de leurs moyens au même prix d’ailleurs pratique dons les grands centres. Ces articles de première nécessité sont dons les grands magasins des Groupements Ruraux, et les bénéfices réalisés par leur vente sont versés également a La caisse des Groupements Ruraux.
«Selon le niveau politique et les ressources des populations dont certaines régions et sur recommandation du Parti, les populations de certains villages versent une cotisation qui constitue la quatrième source de revenus pour les Groupements Ruraux.
«Au fur et a mesure que les champs se développent et que se créent les fermes du Groupement Rural ainsi que d’autres activités plus ou moins rémunératrices, le Groupement Rural se développe donc parallèlement ses ressources s’accroissent. Notre action tend a ce que, petit a petit, ces «Groupements Ruraux prennent a leur charge une partie des dépenses des institutions sociales ainsi qu’une partie des dépenses d’urbanisme des villages. A cet égard, notre Parti a lance la politique des chantiers d’honneur, c’est-à-dire que les organismes du Parti : les comités au niveau du village ou de la fraction, les bureaux politiques d’arrondissement ou de section, mobilisent les populations vers des objectifs bien définis en dehors des champs collectifs qui constituent une institution permanente.
C’est ainsi qu’entre autres elles entreprennent la construction d’écoles, de dispensaires, valorisant ainsi toutes les ressources. De la sorte, cette organisation de plus en plus appréciée par les populations rurales, a eu une telle répercussion dons certaines circonscriptions qui étaient en retard, qu’en mains de deux mois certaines circonscriptions, certaines sections sont arrivées avec la conjonction des champs collectifs et des magasins de stockage, à créer partout les Groupements Ruraux.
«Je disais que ces villages doivent arriver a s’administrer eux-mêmes, parce qu’au niveau de chaque village nous avons mis en place ce que nous appelons le Conseil d Village qui est élu par l’ensemble des électeurs (hommes et femmes) du village. Le Président du Conseil de Village est nomme chef du village. C’est La même organisation qu’au niveau de la Fraction ou de la Tribu. Donc, de la base au sommet, l’organisation démocratique de l’administration se trouve ainsi sauvegardée. Cela a permis aux ruraux qui étaient opprimes par des chefs de canton et des féodaux sous l’administration coloniale d’affirmer leur personnalité et de s’élever a la notion de responsabilité, non seulement dons l’administration du village, mais aussi dons le développement économique de celui-ci. Voila comment nous organisons les paysans.
Toutefois nous n’avons pas supprime les champs familiaux parce que nous estimons que le champ familial est un facteur de stimulation, et surtout parce que nous savons que la collectivisation intégrale avant d’être obtenue, doit nécessairement tenir compte des étapes à franchir. Nous aurons beaucoup fait déjà en suscitant l’intérêt des paysans en faveur des champs collectifs tout en ménageant l’existence des parcelles familiales.
«Dans le secteur économique notre tâche a été facile au niveau du gros commerce par la création de la Société Malienne d’Importation et d’Exportation que nous appelons la SOMIEX. Elle a le monopole de toutes les exportations et celui d’importations des articles les plus essentiels, c’est-à¬-dire des articles qui sont de large consommation. En outre la SOMIEX importe, en concurrence avec les sociétés privées les autres articles. II est évident que cet organisme commercial a considérablement réduit l’intervention des secteurs commerciaux étrangers dons la vie économique du pays.
Les derniers documents de la Chambre de Commerce précisaient qu’en République du Mali, l’Etat contrôle 80 % des activités économiques.
«Nous avons créé dons tous les secteurs économiques des sociétés maliennes qui n’ont pas de monopoles : Air-Mali, Régie des Transports Routiers, Société Nationale des Travaux Publics, la Pharmacie Populaire, a Librairie Populaire, etc. Mais nous avons cependant un problème, c’est l’existence de cette catégorie plus ou moins parasitaire qui s’est formée autour du gros commerce étranger, je veux parler des petits commerçants et des Dioulas. Ils sont nombreux et nous estimons que c’est une faiblesse de notre système. Cependant toutes les dispositions sont prises pour éliminer corriger cette faiblesse. C’est ainsi qu’au niveau des grands centres, puisque déjà les villages ont leurs Groupements Ruraux et leurs magasins de stockage, (donc la il n’y a pas de traitants, pas de petits commerçants qui interviennent), nous avons créé des coopératives de consommation que nos sociétés d’Etat approvisionnent en priorité. S’il reste encore des stocks de marchandises après cette première opération, ces sociétés d’Etat peuvent les livrer aux petits commerçants que nous avons organisé au niveau de chaque grand centre en « Société de Caution Mutuelle ».
«Toutefois il reste évident qu’au fur et a mesure que les coopératives de consommation se développeront parce qu’elles ne seront pas chargées exclusivement de prendre les marchandises pour les céder a leurs membres, elles doivent aussi prospérer pour avoir ou niveau des quartiers une vie autonome comme au niveau des villages. Le problème des petits commerçants se résorbera progressivement. Déjà certaines coopératives de consommation sont assez avancées puisque sur leurs ressources elles ont un plan de développement sur trois ans ou quatre ans au tours desquels elles construiront des écoles, des maternités, maisons de jeunesse etc, etc.
«Voila donc, dons le secteur économique, comment nous construisons le socialisme.
«Donc à échéance, plus ou moins brève, les intermédiaires seront supprimés entre nos sociétés commerciales et les villages et les activités commerciales mercantiles réduites et éliminées grâce au développement des Coopératives de consommation.
«Alors nos camarades Maliens qui se livraient a ces activités commerciales mercantiles seront obligatoirement orientes vers d’autres secteurs de la production, au besoin vers le secteur de la production agricole. A cet égard, notre budget prévoit un fonds de reconversion pour les Maliens qui désirent se livrer a ces activités agricoles. Ils seront organises et groupes en coopératives villageoises lesquelles seront fédérées en coopératives villageoises qui seront aidées a leur tour par le Gouvernement jusqu’à ce que leur organisation puisse subvenir a leurs propres besoins.
«Dans ce domaine nous avons déjà réalisé plusieurs reconversions.
«Il y a un secteur qui n’est pas très étendu, c’est celui de l’exploitation agricole de I’Etat. Nous n’avons qu’une exploitation agricole : l’Office du Niger, qui, malheureusement, est déficitaire, mais c’est un déficit qui nous honore, parce que quand nous prenions la gestion il plafonnait à I milliard et demi, alors qu’actuellement, depuis deux ans, avec les efforts de la direction ainsi que les mesures économiques que nous avons prises, I’exercice 1963 n’a accusé qu’un déficit de 120 millions. Cette année, la Direction pense même parvenir à une gestion équilibrée. C’est donc dire que nous nous acheminons vers une gestion bénéficiaire de cette grande entreprise qu’est (‘Office du Niger).
«A côté, nous avons des fermes d’Etat qui ont plus d’expérimentation que d’exploitation. «Mais toutes nos sociétés, qu’elles soient commerciales ou agricoles doivent intervenir sur leurs bénéfices dons le budget d’équipement de notre plan de développement. Et ces sociétés et entreprises, ces industries que nous avons créées ou qui sont en tours de création sont gérées par les employés eux-mêmes d’ou leur autogestion.
«Leurs Directeurs sont nommes par le Gouvernement. De plus en plus, nous nous acheminons vers la formule selon laquelle les travailleurs seront payés en fonction des ressources des Sociétés et Entreprises qui les utilisent. Mais pour éviter une certaine anarchie, surtout la tendance au repliement des Sociétés et Entreprises sur elles-mêmes et toute velléité de ne pas insérer ainsi leurs actions dons le cadre national du plan de développement, les ressources, les bénéfices des Sociétés et Entreprises d’Etat sont ainsi repartis : un certain pourcentage pour les salaires, un certain pourcentage pour les œuvres sociales au sein de la société de I’entreprise, et un certain pourcentage pour I’approvisionnement du budget d’équipement.
«Voila donc un autre aspect de la construction du socialisme au Mali.
«Nous devons vous dire que malgré que nous n’ayons pas eu au départ un capitalisme malien à affronter, nous avons rencontré des difficultés, puisque vous vous souvenez qu’en 1962 il y a eu un mouvement de subversion qui est parti justement du milieu des petits commerçants et appuyé par certains éléments de I’ancienne option en politique. Mais très rapidement, ce mouvement de subversion a été éliminé.
«Nous devons reconnaître aussi qu’il n’est pas facile de modifier fondamentalement les habitudes de vie, de pensée de ceux qui, sous le système colonial, avaient une situation relativement plus aisée, plus confortable que celle de la majorité des populations. II s’agit des fonctionnaires, des petits commerçants, etc. II est évident que les mesures que nous prenons pour adapter progressivement leurs revenus aux récoltes économiques du pays et qui réduisent ces mêmes revenus, suscitent certes en eux des crises de mécontentement, mais qui, loin de s’étendre a une large échelle, se limitent a des individus et, très rapidement, avec l’organisation politique, nous arrivons a dissiper ces mécontentements.
«Je crois avoir ainsi répondu aux questions qui ont été posées sur La construction du socialisme au Mali.
«J’aborde maintenant les questions ayant trait aux problèmes africains.
« Je commencerai par ceux qui touchent aux relations entre la Mauritanie et le Mali.
«Dès son indépendance en 1960, et d’ailleurs avant la conférence qui a donne naissance a la Charte de Casablanca, la République du Mali avait reconnu la République de Mauritanie. Nos relations sont excellentes, puisque nous avons pu, grâce à la rencontre que j’ai eue à Kayes avec le Président en 1963, liquider le contentieux qui existait entre nos deux pays, contentieux dont nous avons eu à supporter hélas tous les aspects négatifs, puisque ce sont nos populations qui avaient été tuées, qu’on avoir razziées, des villages incendies, les troupeaux razzies, et ramenés en Mauritanie et un soldat et deux agents des forces de sécurité tués, etc.
«Nous pensons que nous avons donné là quand même une leçon parce qu’il est évident que si nous avions été un pays à réaction rapide, nous aurions tenu à réparer par les armes les attaques dont nos populations avaient souffert. Nous avons heureusement pu ramener très rapidement à la raison nos unités militaires stationnées dans le secteur intéressé et qui voulaient donner la réplique.
«Mais au cours de la réunion de Kayes, nous sommes arrivés a une délimitation sur carte de nos frontières. Nos chefs de circonscriptions sont à I’oeuvre pour matérialiser ces frontières. Les populations sont a reconnaître, et depuis sur le plan extérieur, nous n’avons pas eu un seul instant à nous plaindre des représentants de la République Islamique de Mauritanie. Donc en résumé, nos relations sont excellentes.
« Une autre question qui touche le Mali et un autre pays africain, la teneur de l’accord économique algéro¬malien. «Cet accord est un accord de coopération économique du genre de celui que nous avons signe avec bon nombre de pays : échanges commerciaux, accord de paiement, etc. Dans l’application, le Gouvernement Algérien et le Gouvernement Malien s’emploieront à ce que ces accords, ne soient pas des accords symboliques sans lendemain. Et nos délégations au cours de notre séjour se sont rencontrées, pour préciser les produits, les marchandises que nos deux pays doivent échanger. Du côté algérien, les produits industrialisés, les fruits.
« Du côté malien, des produits agricoles et éventuellement de la viande. Telle est la teneur de l’accord algéro¬malien.
«Une autre question, c’est notre point de vue sur le Transsaharien.
«Je dois vous dire que s’il ne dépendait que de la République du Mali, le Transsaharien entrerait dons le domaine des réalisations, parce que vous savez, le Sahara était présenté autrefois comme une barrière d’où l’expression Afrique du Nord, Afrique Blanche et Afrique Noire ! Le Sahara était considéré comme infranchissable.
«Mais au contraire, maintenant le Sahara est devenu un élément de liaison. Pour nos deux pays, il I’a d’ailleurs toujours été. En effet jadis des échanges traditionnels s’effectuaient. Ils s’effectuent aujourd’hui avec un volume de plus en plus croissant entre le Mali et I’Algérie. Donc I’application de nos accords serait facilitée si le Transsaharien existait, et leur volume s’accroîtrait également si cette vole devenait une réalité. C’est pour vous dire combien la République du Mali souhaite que le Transsaharien puisse être réalisé dons le meilleur délai.
«J’aborde maintenant les questions posées sur le Congo.
«Vous savez qu’après I’assassinat du Premier Ministre Patrice Lumumba, le Congo a connu une période d’instabilité permanente malgré la présence des troupes de l’O. N. U. II appartiendra à l’histoire de préciser si la présence et l’intervention des troupes de I’O. N. U. ont été bénéfiques ou non pour la République du Congo.
«Je dois vous dire que la République du Mali n’a jamais accepté de verser sa contribution au Fonds d’Intervention du Conseil de Sécurité de I’O.N.U. Par ailleurs jusqu’ici n’ont pas été définies les circonstances de la mort du Premier Ministre Patrice Lumumba, ni situées les responsabilités autour de son assassinat; cependant I’O. N. U. avait bien envoyé au Congo une mission qui avait pour objet essentiel de situer les responsabilités et les circonstances de I’assassinat du Premier Ministre Patrice Lumumba. Je pense également qu’il est bon de rappeler les circonstances qui ont facilite au Congo I’assassinat du Premier Ministre Lumumba. II a été démissionné par un Chef d’Etat, d’où violation de la Constitution malgré qu’il était fort de I’appui du Parlement Congolais. Cela a pu passer inaperçu. II s’était ensuite placé sous la protection de I’O. N. U. «Et vous qui suivez de très près la vie internationale, je voudrais vous poser une question dont je ne vous demande pas aujourd’hui la réponse, mais a laquelle je vous demande de réfléchir :  » Qui a mis fin a cette protection de l’O. N. U. dont bénéficiait Patrice Lumumba ? et comment a-t-on mis fin à cette protection ?  » Un autre point sur lequel je voudrais vous demander de faire la lumière :  » Par qui Lumumba et ses amis ont-ils été arrêtés ?  » A cet égard je vous signale un film qui, je crois, a été réalisé par les Soviétiques, film dons lequel on voit Lumumba et ses amis les mains liées au dos, jetés comme des paquets dans un véhicule avant d’être embarques à bord d’un avion qui devait tous les conduire au Katanga. Et dans le film on voit des gardes frapper à coups de crosse et de pieds Lumumba et ses amis, et même arrachent la barbe à Patrice Lumumba. Ces événements se produisaient à Léopoldville !
«D’autre part, lorsqu’il y a eu le Gouvernement d’Adoula qui a fait dissoudre le Parlement parce que ce parlement a demandé la libération d’Antoine Gizenga«Auparavant qui avait arrêté Gizenga et les centaines de nationalistes congolais ? Qui a demandé l’intervention Américaine au Congo ? En vérité nous pensons que dans le problème congolais il y a encore beaucoup de responsabilités qui n’ont pas été situées. Mais est-ce qu’il faudrait pour autant ne pas rechercher dont ce chaos ou Congo une solution qui puisse permettre a son peuple de pouvoir enfin s’exprimer librement ? Non ! Nous avions espéré que, quels que soient les hommes, il arrive un moment où ils peuvent connaître une crise de conscience par la confrontation de leur passé avec ce qu’ils souhaiteraient titre devenir. Aussi nous avions pense que Tschombe avait traversé cette crise de conscience et qu’il se donnait comme objectif la reparution du mal dont il a été un des instruments contre les nationalistes congolais. Je ne dis pas (‘instrument, mais un des instruments parce que les autres sont là-bas, occupant même des postes de responsabilité, de sorte qu’il ne faut pas dissocier le problème Tschombe des problèmes Kasavubu et Adoula.

«Pour nous, c’est en effet le même problème. Nous avions donc espéré que si l’intervention étrangère se développait au Congo, étant donné le processus qui se pose dans ce pays et que beaucoup d’entre nous ne connaissent pas (les oppositions tribales) le Congo serait un foyer d’instabilité et de subversion permanentes en direction des pays africains qui auraient opte pour un système d’édification de leurs pays sur le plan politique et sur le plan économique; un centre de conceptions pour les grandes puissances, et de proche en proche, on assisterait à une tuerie, à des révolutions sans contenu révolutionnaire, plutôt avec un contenu rétrograde, et I’Afrique deviendrait une seconde Amérique Latine ou les règnes se succèdent à la cadence que vous connaissez selon le bon vouloir des puissances d’argent. Donc pour éviter cela à I’Afrique, il fallait absolument que puisse prendre fin l’intervention étrangère qui a été sollicitée et créée par le Président Adoula ; il fallait donc que les Congolais, oublient le passé et si tous sont réellement nationalistes et engagés à la sauvegarde de I’indépendance de leur pays, puissent, ne serait-ce que dans un premier temps, se réconcilier afin que puisse prendre fin l’intervention étrangère. Qu’ils puissent eux Congolais, résoudre leurs problèmes, même si plus tard ils devraient, dans le règlement intérieur de ces problèmes en arriver à s’affronter.
«Nous sommes persuadés que ce qui sera mortel pour I’Afrique, donc pour nous tous, ce sera le développement de l’intervention étrangère. Or, nous savons qu’aucun peuple ne peut accepter d’être humilié, de se sentir chaque fois sous la domination d’une puissance étrangère, d’un autre peuple. C’est le cas actuel du Congo. Personnellement je dois vous dire que je suis très inquiet de cette situation, non seulement pour le Congo lui même mais aussi pour les Etats voisins et plus tard pour nous tous. A cet égard, avec mon ami Ben Bella, nous avons procédé à des échanges de points de vue et nous avons estimé que I’O.U.A. devra se saisir du problème congolais. Ce ne sera pas une ingérence dans les affaires intérieures du Congo, parce que le problème congolais n’est plus le problème congolais. S’il était seulement le problème congolais, il n’y aurait pas d’étrangers, II n’y aurait pas eu d’intervention étrangère. Donc si des étrangers au continent africain peuvent intervenir au Congo, nous estimons nous aussi qu’en tant qu’Africains, nous avons plus de droit que ces étrangers pour intervenir dans le problème congolais. Aussi, avons nous estimé que l’O.U.A. devra se saisir de la question pour le Congo lui-même, pour la sécurité des Etats voisins, pour notre propre sécurité et pour la dignité africaine.
«La dernière question, c’est mon opinion, celle du Mali sur la politique de la France envers les pays en voie de développement, en particulier les pays africains.
«Cette politique française, vous la connaissez. Elle a été définie par le Général de Gaulle. La France, dans l’aide aux pays africains, donnait plus qu’elle ne prêtait, c’est¬à-dire donc qu’il y avait plus de subventions que de prêts. Or, malheureusement la plupart du temps, tout au moins clans certains pays, ces subventions n’ont pas été judicieusement utilisées ou profit des populations. Et La France, en raison de sa vocation universelle, pense qu’elle ne devra pas limiter son assistance aux seuls pays africains, mais  l’ensemble des pays sous-développés en dehors même du cadre de l’organisation de la Communauté Économique Européenne.
«Personnellement, j’estime que la position actuelle de la France est La meilleure parce qu’elle oblige les Etats africains en particulier, et les pays sous-développés en général, a avoir un plus grand souci de la gestion des fonds qui ne leur sont plus donnés, mais qui leur sont dons une large proportion prêtés.
«La République du Mali, quant a elle, souscrit entièrement à cette forme, parce que comme vous le savez, nous ne sommes pas pour les solutions de facilité. Je vous ai parle des événements de 1962. Je dois préciser qu’en aucun moment nous n’avons mis en cause le Gouvernement Français, mais nous savions que les Maliens qui avaient été à la base de ce mouvement étaient soutenus par certains éléments français. Nous savons aussi que maintenant, après I’échec du mouvement de rébellion organise dans l’extrême Nord de notre pays, après un premier échec, ces éléments français ne se consolent pas d’avoir été vaincus Ils révisent leur stratégie et pensent pouvoir nous encercler par la création d’un foyer de subversion. Ils se préparent également à introduire des armes au Mali. Evidemment le Gouvernement Français est en dehors du coup. Mais qui peut dire que cette réprobation contre ces Français ne pourrait pas dans une certaine mesure, porter atteinte à I’amitié et à la confiance du Peuple Malien pour le Peuple Français, même si ce peuple, même si le Gouvernement Français n’en assument pas les responsabilités ? Voila pourquoi nous estimons qu’il est essentiel que le Gouvernement Français prenne toutes ses responsabilités et considère que ces éléments qui organisent la subversion dans les Etats africains travaillent contre lui et travaillent contre le Peuple Français.
«Voila, Mesdames, Messieurs, les réponses que j’ai pu apporter à vos questions, et je vous remercie très sincèrement de l’attention avec laquelle vous avez suivi mon expose. Je suis convaincu que vous pourrez les exploiter pour une meilleure compréhension de la politique intérieure de la République du Mali, de sa politique africaine et internationale.
« Je vous remercie ».Modibo KEITA

 

Texte initialement publié par Amadou Seydou Traore dit Amadou Djicoroni


Mali : le Pays Ya Foye (Ya rien)

Drapeau du Mali, crédit photo: flagartist.com
Drapeau du Mali, crédit photo: flagartist.com

Au pays Ya Foye, c’est toujours le même dicton, du président de la République au ministre de la justice en passant par le premier ministre c’est toujours et encore toujours le même récital : « nul ne sera au-dessus de la loi ». À forcer d’être joué le CD « nul ne sera au-dessus de la loi » est rayé.

Au pays Ya Foye, le sens des mots ‘nul’ et la ‘loi’ diffère lorsqu’il s’agit d’un simple citoyen et un politicien ou d’un pauvre et un riche.

À Ya Foye, lorsqu’on dit « nul ne sera au-dessus de la loi», ce ‘nul’ ne concerne que vous et moi, le simple citoyen lambda. Ainsi, les ministres, les conseillers, les politicards, les opérateurs économiques, les séparatistes et découpeurs des pieds et mains du MNLA (Mouvement National de la Libération de l’Azawda) etc. sont tous exonérés du fameux récital «nul ne sera-dessus de la loi».

À Ya Foye, ce sont des simples citoyens incarcérés pour des sommes modiques ou des délits négligeables qui croupissent dans le lycée technique de Bamako-Coura (prison centrale de Bamako).

Rouvrons les pages de l’histoire récente du pays Ya foye !!!!!

Tout juste en 2011, le Mali avait été exclu par le Fonds mondial de lutte contre la tuberculose, le paludisme et le sida suite aux détournements opérés sur ses subventions au niveau du ministère de la Santé. Suite du rapport d’audit du BVG (Bureau du Vérificateur General), le ministre de la santé d’alors Oumar Ibrahim Touré, avait été mis en examen. La suite on la connait, au pays Ya Foye c’est toujours Ya Foye, l’ex-ministre de la santé  et toute son équipe, à l’exception du comptable,  ont été purement et simplement blanchis. Comme susmentionné, à Ya Foye, le sens des mots ‘nul’ et la ‘loi’ diffère  d’une personne à une autre. Dans une affaire de détournement de fonds de plusieurs dizaines de milliards F CFA, seul le comptable a été reconnu coupable et les autres (ministre et operateurs économiques) ont tous été acquittés. Selon la presse locale, l’ex-ministre de la santé avait même demandé  un dédommagement.

Le pays Ya Foye sous l’ère IBK!!!!!!

À Ya Foye, seul le régime a changé avec quelques hommes, sinon c’est le système mafieux et anti-développement qui est en place avec des politicards véreux, sans scrupules, animés d’une cupidité sans borne.

Sous l’ère IBK, une affaire rocambolesque de gabegie financière  vient d’éclater au  sommet de l’Etat à la suite de l’acquisition de l’avion de la discorde et des équipements et matériels pour les FAMA (Force des Armées du Mali).  Les rapports du BVG et de la cour suprême sont cinglants, ils donnent froid dans le dos. D’après les anglais c’est du « Never Seen » (jamais vu). Des surfacturations qui avoisinent 30 milliards F CFA, des contrats gré à gré, la violation des procédures de passation des marchés publiques. La presse locale nous relate que 4 ministres sont également impliqués dans ces malversations.

Mais diantre, que c’est doux à Ya Foye, où Ya Foye n’est qu’un morceau de viande pour ceux-là qui ont le couteau tranchant. Les rapports d’audit nous rapportent que les paires de chaussettes ont été facturées à 22500 F CFA, mon Dieu !!!!

Dans même la foulée, on apprend la démission du conseil spécial du président de la république non moins directeur général de la société Guo Star sarl et, pour rappel, c’est cette société qui, a eu le contrat d’équipements et de matériels des militaires sans appel d’offre et, dans lequel il y a une surfacturation de 29 milliards F CFA.

Cette démission est un non événement et sans effet, c’est de mettre la poudre dans les yeux de la population de Ya Foye.

À Ya Foye, c’est comme ça Ya Foye, tout est négociable.

Washington DC, le 15-10-2014

Issa Balla Moussa Sangaré

 


Surfacturations au Mali: 29 Milliards F CFA (29*1.000*1.000.000F CFA)

Présidence de la République du Mali, Crédit: google.com
Présidence de la République du Mali, Crédit: google.com

Y’a-t-il une malédiction qui court après le Mali?

Le 4 décembre 2009, l’agence de notation Fitch a décidé, de ne plus perdre son temps à évaluer les efforts du Mali. Fitch estime que les dirigeants de notre pays ont abdiqué toute volonté de construire un destin honorable à notre nation pour se consacrer à l’auto enrichissement et à l’enrichissement illicite.

Le 1 décembre 2011, l’ONG Transparency International a rendu public le classement de l’Indice de perception de la corruption (IPC). Comme à l’accoutumée, le Mali se classe parmi les pays les très corrompus. Sur une échelle de 10, la note du Mali se situe dans une fourchette de 2 à 2,9. Selon Transparency International, les pots-de-vin versés à des politiciens et à des fonctionnaires sont estimés à 40 milliards de dollars par an dans les pays en développement.

Les rapports annuels du Bureau du Vérificateur General (BVG) n’ont jamais cessé de tirer la sonnette d’alarme.  Après l’audit des comptes de divers services et entreprises publiques du Mali, il dénonce annuellement des manques à gagner  pour l’État, des sommes qui avoisinent 98 milliards de F CFA (150 millions d’euros), dont 40 % imputables à des fraudes.

D’aucuns comprennent pourquoi les politiciens sans scrupules et leurs acolytes des operateurs économiques véreux veulent  à tout prix la fermeture de cette entité qu’ils, jugent budgétivore.

Surfacturations : 29 Milliards F CFA (29*1.000*1.000.000F CFA)

Pour mémoire, c’est à la suite de l’acquisition du nouvel avion présidentiel pour un coût de revient de 20 milliards F CFA et la passation des contrats gré à gré de fournitures d’armement entre le gouvernement et à un conseillé du président IBK pour une valeur de 69 milliards F CFA que, le FMI (Fonds Monétaire International)  suivi de la Banque Mondiale (BM) et l’Union Européenne (UE) décident, une à une, de suspendre leurs aides budgétaires à l’état malien. Le FMI exige alors un audit financier sur toutes les dépenses afférentes à ces  deux décaissements du gouvernement. Les rapports d’audit sont cinglants, ils donnent froid dans le dos, c’est du ‘Never seen’ (jamais vu) au Mali. Le Bureau du Vérificateur Général (BVG) vient de mettre à nu des surfacturations à hauteur de 29 milliards F CFA soit 29*1.000*1.000.000F CFA. Les rapports audit nous rapportent que les paires de chaussettes ont été facturées à 22500 F CFA, mon Dieu !!!!

Des surfacturations de 29 milliards F CFA soit une majoration de 73% de la valeur dudit contrat de fournitures d’armement. La presse locale nous relate que 4 ministres sont également impliqués dans ces malversations.

Une promesse est une dette

Au lendemain de son élection à la tête de la magistrature suprême de l’état, ses propos incarnaient le changement, ce divorce tant entendu avec la corruption, l’enrichissement illicite, la mauvaise gestion du denier public. En novembre 2013, n’est-il pas celui qui disait : « Le Mali a trop longtemps saigné ; il est temps d’arrêter l’hémorragie. Pour ma part, je vous le redis ici : nul ne sera au-dessus de la loi. Nul ne s’enrichira impunément sur le dos du Mali. Nul ne se soustraira à l’obligation de rendre compte. C’est la loi d’airain des pays de progrès. C’est ce pays que j’ai promis. C’est ce pays qu’il m’incombe de délivrer.»

Un espoir naquit chez les non-avertis, ils ont cru aux propos du président de la république. En janvier 2014, il récidiva en laissant entendre :« Nul ne s’enrichira plus illégalement et impunément sous notre mandat, Incha’Allah». Cette fois-ci, même les plus avertis ont failli croire à sa bonne volonté. La volonté redresser le cap, de mettre fin à la délinquance financière et la gabegie dans l’administration publique.

En vertu de vos propos antérieurs, M. le président de la république, vous êtes débiteur envers votre peuple car vous nous aviez fait la promesse : «Nul ne s’enrichira impunément sur le dos du Mali. Nul ne se soustraira à l’obligation de rendre compte

Ici et là, devant Dieu et les hommes, M. le président de la république, vous avez l’obligation morale d’honorer votre promesse. Qu’attendez-vous de vous débarrasser de ces ministres sans scrupules et des les mettre à la disposition de la justice.

Ici et maintenant, devant l’histoire et les faits, M. le président de la république, votre honneur est en jeu, votre crédibilité à l’échelle nationale comme internationale est engagée.

Ici et ailleurs, urbi et orbi, M. le président de la république, c’est l’image de toute une nation qui est ternie. Vous avez le devoir et l’obligation en votre qualité de chef de l’Etat de laver cet affront.

Des sanctions pénales exemplaires

La constitution de la république à son article 95 stipule : « la Haute Cour de Justice est compétente pour juger le Président de la République et les Ministres mis en accusation devant elle par l’Assemblée Nationale pour haute trahison ou en raison des faits qualifiés de crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’Etat. »

Nous exigeons et demandons des sanctions pénales exemplaires. La Haute Cour de la Justice (HCJ) vient de voir le jour. Nous attendons impatiemment que cette affaire de surfacturations atterrisse dans les offices des membres de cette institution.

Que ce dossier soit le baptême de feu la Haute Cour de la Justice (HCJ).

Washington DC, le 03-10-2014

Issa Balla Moussa Sangaré


Bilan de l’an 1 de l’ère IBK

I.  Introduction 

En effet, nous allons prendre l’entreprise comme une métaphore pour faire un commentaire sur cette première année de la présidence IBK. Dans une entreprise après chaque exercice (année civile) il y a lieu de dresser un bilan. Le bilan est un document qui nous fait ressortir l’actif et le passif d’une entreprise et,  pour cette première année à travers ce bilan de  « l’an 1 de la présidence IBK« , nous allons faire le bilan des 12 mois du président Ibrahim Boubacar Keita à la tête de l’Etat du Mali.

Tout d’abord, nous sommes conscients que l’héritage politique était particulièrement lourd à cause de la crise sociopolitique que le Mali a traversé, malgré cela nous estimons que le bilan de cette première année de l’ère IBK n’est pas la hauteur du souhait du peuple. D’après le Pr Issa N’diaye : « En observant le comportement actuel du Président du Mali, on constate que l’enthousiasme populaire de départ a cédé la place au plus grand désarroi. Et s’il existait un baromètre fiable de l’opinion publique nationale, nul doute qu’il battrait le record d’impopularité de l’actuel président français ». Et pourtant, il y a lieu de souligner qu’il a été plébiscité  par une écrasante majorité (77% du corps électoral).

 

Blogueur Issa Balla Moussa Sangare, credit photo: Issa
Blogueur Issa Balla Moussa Sangare, credit photo: Issa

IIQu’est ce qui n’a pas marché pendant cette première année selon vous ?

Il y a un nombre incalculable de choses qui n’ont pas marché pour cette première année. Pour cela, nous nous efforcerons de souligner les faits  les plus notoires.

1. La déclaration publique des biens : ‘Dura Lex sed lex’

Nous estimons que de l’article 37 de la constitution de la République du Mali de février 1992 a été violé deux fois : dans le temps et dans la forme.  Dans le temps : un communiqué de la présidence nous avait fait savoir que le président de la cour suprême avait reçu la déclaration des biens du président IBK le 9 septembre 2013. L’article 37 stipule qu’après la cérémonie d’investiture et dans un délai de 48 heures, le président de la cour suprême reçoit publiquement la déclaration publique des biens du président de la république. Le 4 septembre 2013 fut la date d’investiture, 48 heures après devrait être le 6 septembre et non le 9 septembre 2013. Dans la forme : c’est le même article 37 de la constitution de la République du Mali qui précise que le président de la cour suprême reçoit publiquement et non en catimini la déclaration publique des biens du président de la république. Un leader est supposé donner de bons exemples, d’inspirer sa population et ses élites pour suivre son sillage de bon leadership et de la bonne gouvernance.

 2. La lenteur accusée sur le règlement de la crise septentrionale avec les rebelles

Malgré les imperfections de l’accord de Ouagadougou, nous estimons qu’il était à notre faveur. A notre faveur en ce sens que l’accord stipule à son l’article 10, 11 et 12 : le cantonnement des groupes armés, le déploiement des forces de défense et de sécurité maliennes et de l’administration générale dans la région de Kidal, le déploiement d’éléments de la gendarmerie et de la police nationale à Kidal, favoriser le retour volontaire des personnes déplacées et des réfugiés etc. Urbi et orbi, le président Ibrahim Boubacar Keita et son gouvernement aurait dû faire de l’accord préliminaire de Ouagadougou leur cheval de guerre.

3. La libération et la levée des mandats d’arrêts nationaux et internationaux sur les  rebelles et chefs rebelles.

Nous jugeons que l’Etat du Mali a jeté du lest pour en recevoir rien contrepartie dans la résolution de la crise du Nord,  notamment: la libération des combattants du MNLA,  la levée des mandats d’arrêts,  le cantonnement de l’armée Malienne à Kidal, le non respect de l’accord de Ouagadougou et du cessez-le-feu par les groupes rebelles. Pour mémoire, ces gens ont violé nos mères et nos sœurs, tué les paisibles citoyens, coupé les pieds et les mains des innocents, sommairement assassiné nos militaires. Ils se sont associés avec le diable pour  créer ce que nous appelons l’apocalypse dans le septentrion Malien. Et au non de quelle réconciliation nationale ces individus mal intentionnés qui ont les mains souillées du sang malien méritent la libération. Il ne saurait y avoir aucune réconciliation nationale sans justice.

4. La diplomatie Malienne n’a pas été à la Hauteur

Nous estimons également que notre diplomatie n’a pas été à la hauteur de nos attentes. Depuis juin 2012, la résolution 2056 du conseil de sécurité des Nations Unies réaffirmait son rejet catégorique des déclarations du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) relatives à une prétendue « indépendance » du nord du Mali et réaffirmant en outre qu’il considère de telles annonces comme étant nulles et non avenues.  Ne serait ce qu’avec cette résolution, la diplomatie malienne aurait dû gagner la guerre médiatique contre les rebelles du MNLA d’une part et d’autre part surmonter le lobbying de ces rebelles dans les chancelleries occidentales.

5. L’achat du nouvel avion présidentiel

Que ça soit en amont ou en aval, nous n’avons pas fait d’économie pour dénoncer par des écrits la non nécessité de l’achat de cet avion. Un pays qui sort d’une crise sans précédent dont les caisses de l’Etat étaient vides, qui est toujours en guerre contre les jihadistes et les narcotrafiquants, qui est sous perfusion internationale, peut se permettre d’acquérir un avion pour un cout de revient de 20 milliards F Cfa. Nous estimons et réitérons que c’était inopportun l’achat de cet avion. Les corollaires cinglants de l’acquisition de cet avion et d’autres dépenses publiques ont causé à l’Etat Malien la suspension des aides budgétaires de la part de certains partenaires financiers tels que : le FMI (Fonds Monétaire International), la Banque Mondiale et l’Union Européenne. Nul n’est censé ignorer, que ça soit sur le plan social, politique et économique les conséquences insidieuses  à court et à long terme de la suspension de ces décaissements.

6. L’accord de coopération de défense entre la France et le Mali

Nous jugeons que la signature de cet accord de coopération de défense n’est mauvaise en soi. Ici et ailleurs, nous avons demandé en amont que le draft de cet accord  fasse l’objet d’un débat public au sein de l’Assemblée Nationale avant toute signature éventuelle des deux parties. A notre grande tristesse, nous avons appris que le gouvernement du Mali et celle de la France ont signé, le 16 juillet 2014 un accord de coopération de défense. A la date d’aujourd’hui, nous n’avions pas encore pris connaissance du contenu de la version officielle de cet de accord de coopération, la version se trouvant en ligne n’étant pas paraphée. Il est impératif aussi de signaler que la version de l’accord de coopération de Franco-malien qui est en ligne et qui, est supposée être la version officielle avait été publiée par la presse locale une semaine en avance avant la date de la signature (le16 juillet 2014).

 III. Que faut-il faire pour que le Mali avance ?

1. La diminution des dépenses publiques

Que nos élites renoncent aux avantages et dépenses somptuaires dans la capitale et les grandes villes, qu’elles subordonnent les intérêts personnels au profit de l’intérêt général et qu’elles servent l’Etat en lieu et place de se servir de l’Etat. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais ce n’est pas impossible à réaliser également. Une diminution des dépenses publiques apparaît nécessaire et même indispensable pour un pays comme le Mali.

2. La révision à la baisse des salaires et avantages des députés

Le Mali étant classé parmi les Pays les Pauvres et Très Endettes (PPTE), il est inconcevable que le président de l’Assemblée Nationale et les parlementaires du Mali gagnent respectivement 25 millions et 2 millions F Cfa par mois. Ici et maintenant, nous demandons sans délai la révision à la baisse des salaires et avantages de nos parlementaire.

3. La lutte contre la corruption, l’incivisme et le népotisme

Dans une de ses adresses à la nation, le Président Ibrahim Boubacar Keita avait laissé entendre : « ….Qu’il place l’année 2014 sous le signe de la lutte contre la corruption et que, nul ne saurait s’enrichir illicitement sur le dos de l’Etat… ». Malencontreusement, ce fut l’arroseur arrosé, nous avons été témoins de la suspension des aides budgétaires de certains partenaires financiers due à de prétendues : mauvaise gestion et malversation du denier public. Ici et là, nous lançons un cri de cœur au président Ibrahim Boubacar Keita et son gouvernement de faire de la lutte contre la corruption et le népotisme des piliers de leur engagement pour la bonne gestion du dernier public et de la bonne gouvernance.

4. Reconstruire une armée républicaine

Nous demandons au président de la République, de doter nos FAMA (Forces des Armées du Mali) de toutes les ressources nécessaires pour qu’elles soient sur le long terme une armée digne de ce nom, une armée prête à défendre dans sa mission régalienne la population malienne et l’intégrité du territoire malien. Nous suggérons également le recrutement des milices volontaires au sein de l’armée du Mali, et singulièrement celle du Ghanda Iso.

5.   La réforme de l’école Malienne : ‘Nos descendants ont des droits sur nous.’

Jadis, l’école malienne était réputée être celle de l’excellence, aujourd’hui nous sommes dans le regret  de constater qu’elle forme tout sauf des intellectuels et des cadres digne de ce nom. La majorité de la jeunesse est inculte, il y a une sécheresse de ressource humaine dans tous les secteurs, une reforme draconienne du système éducatif apparait nécessaire car l’avenir d’un pays repose sur sa jeunesse. Pour cela, nous suggérons des reformes à tous les niveaux du primaire jusqu’au supérieur et, singulièrement celle de l’enseignement privé.

6. La société civile et la classe politique

A l’heure là, tous les feux de signalisation clignotent, et très bientôt ils seront en rouges. Avant que cela  n’arrive, quiconque pense avoir quelque chose à dire doit vider son sac ; quiconque pense avoir quelque à faire doit l’initier sans délai. Le Mali à l’instant présent à besoin de tous les fils de l’intérieur comme de la diaspora, de l’ensemble de l’intelligentsia Malien, les maliens de tout bord de Kayes à Kidal pour la reconstruction d’un  nouveau Mali. Ce que le Mali traverse aujourd’hui n’est pas une exception car toutes grandes les nations de cette terre enregistrent des pages noires dans leur histoire.

 IV. Conclusion :

Faire des erreurs n’est pas grave mais ne pas apprendre de ses erreurs est inadmissible. Nous osons croire que le Président la République et son Gouvernement sauront se ressaisir et apprendre de leurs erreurs, d’écouter la population, d’accepter les critiques  afin de changer le cap, de mettre la nation Malienne sur les rails de l’excellence, de redonner de l’espoir à cette jeunesse meurtrie et égarée et afin pour une sortie de crise honorable.

Washington DC, le 03-09-2014

Issa Balla Moussa Sangaré

Blogueur, activiste, panafricaniste

 


IBK-Moussa Mara; un duo inattendu

Robert Greene dans son livre The 48 laws of power nous définit en ses termes 48 lois de la puissance de psychologie. En effet, Law 2 (loi numéro 2) de Robert Greene : « Never put too much trust in friends, learn how to  use enemies » qui veut dire en français : « Ne jamais trop faire confiance en ses amis, apprendre à utiliser ses ennemis » nous donne une explication limpide sur le choix du président Ibrahim Boubacar Keita sur son premier ministre Moussa Mara.

Président IBK et son PM Moussa Mara, crédit photo: maliweb.net
Le président IBK et son premier ministre Moussa Mara, crédit photo : maliweb.net

Dans sa law 2, M. Greene nous dit : « Se méfier des amis, ils vous trahissent plus rapidement, car ils sont facilement excités à la jalousie. Ils deviennent également gâtés et tyranniques. Mais, embaucher un ancien ennemi et il sera plus fidèle qu’un ami, parce qu’il a plus à prouver. En fait, vous avez plus peur des amis que des ennemis. Si vous n’avez pas d’ennemi, trouver un moyen de vous en faire. »

Pour mémoire, pendant les législatives de 2007, Moussa Mara président du Yelema (le changement) était en ballottage favori contre l’actuel président de la République. IBK était alors à la tête de l’Assemblée nationale, et n’eut été le concours de l’ensemble de la classe politique, Moussa Mara à l’époque candidat indépendant allait battre un ancien premier ministre et un président d’un parti politique. Dès lors une vraie guerre était déclenchée entre ces deux politiciens dans leur circonscription.

Après l’élection présidentielle de juillet 2013 qui a amené IBK au pouvoir Moussa Mara demeurait toujours une menace.
Le président IBK du haut de ses 69 ans et de ses 20 ans d’expérience politique va bien se servir de la ‘Law 2’ de Robert Greene. Après la démission de son premier ministre Oumar Tatam Ly, dans la même nuit, et c’est une première au Mali, il nomma Moussa Mara dans la foulée chef du gouvernement.

Robert Greene dans sa Law 2 nous demande « d’embaucher un ancien ennemi qui sera plus fidèle qu’un ami, parce qu’il a plus à prouver », c’est exactement ce qui se passe au Mali. IBK met Moussa Mara  au-devant de la scène.  Si tout fonctionne, il pourra dire que tout ce que son premier ministre a entrepris émane de lui, et dans le cas contraire il n’hésitera pas à le  sacrifier, l’accusant de tous les maux du pays.

Washington DC, 02-09-2014
Issa B.M Sangaré


Journée mondiale du blog: la parole à Issa Balla Moussa Sangare

Le blog est une abréviation de weblog. Il peut être défini comme un journal sur Internet, un espace individuel d’expression. Accessible et facile à administrer, il constitue pour bon nombre de jeunes Africains, un moyen de promotion et de défense des droits humains et de la liberté d’expression. A l’occasion de la journée mondiale du blog, DROIT LIBRE TV a donné la parole au blogueur Issa Balla Moussa Sangare.

Blogueur Issa Balla Moussa Sangare, credit photo: Issa
Blogueur Issa Balla Moussa Sangare, crédit photo: Issa

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Issa Balla Moussa Sangare : Répondre à cette question a été toujours difficile pour moi. Bref, Je suis Issa Balla Moussa Sangaré, un étudiant malien qui vit aux Etats-Unis depuis 2009 et précisément à Washington DC. je suis titulaire du diplôme universitaire de technologie (D.U.T) en finance-comptabilité et d’une maîtrise en science technique et comptabilité financière (M.S.T.C.F) de l’université de Bamako (Institut universitaire de gestion), d’un Master in Business Administration (MBA) avec concentration en finance de Wilmington University et candidat pour l’obtention d’un certificat en gestion des Projets à University of Maryland Baltimore County (UMBC) pour le mois de novembre de cette année. En plus de cela, Issa est un blogueur, activiste et un panafricaniste convaincu.

En été 2013 à la suite d’un concours mondial organisé par l’Atelier des médias pour la sélection de 100 blogueurs dans le monde, j’ai eu la chance d’être parmi les lauréats. Et du mois d’octobre 2013 à nos jours, j’ai l’honneur d’avoir mon blog sur la plateforme de « Mondoblog » initié par l’Atelier des médias une émission de RFI (Radio France Internationale). J’ai également l’immense plaisir de voir certaines de mes publications sur le site de renom du Droitlibre TV.
Enfin, je suis également membre du RCAM  (Réseau de citoyens actifs du Mali). Un regroupement de Maliens (jeunes diplômés, sans emplois, professionnels, étudiants enseignants).

DLTV : Pourquoi avoir choisi de bloguer et quels sont vos objectifs ?

Issa Balla Moussa SANGARE : Comme un grand nombre de blogueurs par amour pour la plume,  une certaine avidité pour la recherche de la connaissance et de l’information, sans oublier le partage de l’information. En effet,  nous jugeons qu’une information à temps réel n’a de prix que diffusée. Notre objectif est de véhiculer l’information, et à temps réel pour qu’elle puisse servir. Nous estimons qu’avec la bonne information à temps réel on peut gagner une guerre. L’information au bon moment a une valeur inestimable.

Le credo de notre motivation est principalement la conscientisation de la jeunesse africaine et singulièrement francophone. Nous nous fixons des objectifs pour la bonne cause, la recherche l’information, l’analyse et le recoupement sont les corollaires logiques de notre source motivation pour la rédaction nos billets. Nous ne cherchons ni argent, ni se faire du nom, tout ce qu’on cherche c’est de participer à l’édifice du continent noir, c’est de pousser la jeunesse africaine à se poser des questions, à réfléchir, à se demander pourquoi ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Que doit-on faire pour aider les fils de la terre commune pour sortir de cette ornière ? Que doit-on éviter pour ne pas se trouver dans le même sillage que nos actuels politiques ? Que doit-on faire pour assurer un avenir radieux pour nos descendants ? Que doit-on faire aussi pour infléchir les comportements de nos politiques ? Que peut-on faire pour changer l’image de cette Afrique ? Créer une synergie virtuelle ou physique pour le déclic, pour une Afrique sans famine, sans guerre civile, sans coup d’Etat, une Afrique prospère, une Afrique avec de l’alternance politique.

Notre devise et philosophie est : « Nos descendants ont des droits sur nous ». On n’a pas hérité d’une Afrique en lambeaux, désunie, ni à genoux. Dans un esprit patriotique et panafricaniste, nous nous donnons l’objectif et le devoir de rassembler notre Afrique par nos contributions modestes, de l’aider à se remettre debout pour qu’elle puisse continuer son bonhomme de chemin et récupérer le retard qu’elle accuse.  En un mot, nous voudrions doter cette Afrique de moyens nécessaires pour qu’elle fasse partie du peloton de l’excellence. Et pour cela, en puisant nos idées dans notre patrimoine. De la même manière que nous faisons l’éloge de nos pères de l’indépendance, de Modibo Keita à Julius Nyerere, en passant par Kwame Nkrumah, Sékou Toure j’en passe, et également nos élites comme le capitaine Thomas Sankara, Jerry Rawlings, Patrice Lumumba. Nous aimerions que nos descendants sachent que  nous sommes battus pour eux et pour la terre commune qui est notre chère Afrique.

Nous estimons et sommes convaincus qu’une autre Afrique est possible !!!!!

DLTV : Quel est selon vous le rôle social du blog et sa contribution dans la promotion et la défense des droits humains et la liberté d’expression ?

Issa Balla Moussa SANGARE : En réalité, le blog n’a pas un rôle social spécifique et son objectif diffère d’un blogueur à un autre. Le blog ou le blogging est très généralement motivé par un objectif très souvent personnel. L’essence de cet objectif peut être le cas social, la défense des droits de l’homme et de la liberté d’expression, le sport, etc.
Le blog en question est lancé dans le but d’atteindre cet objectif à court et long terme.
Pour notre part, nous estimons que le blog peut beaucoup contribuer dans la promotion des droits humains et de la liberté d’expression. Et nous pensons qu’il a le devoir de s’inscrire dans cette logique vue les menaces, les incarcérations etc. des blogueurs dans le monde.

DLTV : A l’occasion de la journée mondiale du blog, avez-vous un cri de cœur particulier à lancer ?

Issa Balla Moussa SANGARE : C’est d’attirer l’attention de nos gouvernants d’Afrique sur le respect de la liberté d’expression et la défense des droits de l’homme,  car il ne saurait y avoir une bonne démocratie sans le respect des droits de l’homme et la liberté d’expression.


Mali : des projets morts nés

Présidence de la République du Mali, Crédit: google.com
Présidence de la République du Mali, Crédit: google.com

En économie et en marketing le cycle de vie d’un produit est de quatre phases: le lancement (launch), la croissance (growth), la maturité (maturity) et le déclin (decline), force est de reconnaître qu’il existe également des produits dont le cycle de vie ne dépasse pas deux phases : le lancement et le déclin, du lancement ils vont directement au déclin. Ces genres de produits s’appellent des produits morts nés. Plusieurs facteurs peuvent être les causes de cette mauvaise expérience : manque d’études de faisabilité, méconnaissance des habitudes, de la culture et des besoins de la clientèle visée etc.

Qu’est ce qu’un projet ? Nous pouvons définir le projet comme étant un ensemble de moyens matériels, financiers et humains mis en œuvre en vue de répondre à des objectifs précis. Il est en général limité dans le temps et dans l’espace.

Un second projet mort né: la commission dialogue et réconciliation

Après un premier projet mort né qui était la mise en place des organes de la transition à savoir: Un Haut conseil d’Etat (HCE); un Conseil national de transition (CNT); et une Commission nationale aux négociations (CNN), un second projet mort avait vu le jour : la commission de dialogue et réconciliation.
Suite à la publication du décret N° 2013-325/P-RM du 10 avril 201, portant nomination des commissaires de la commission de dialogue et réconciliation, les réactions n’avaient pas tardé à tomber de part et d’autre. Du COREN (collectif des ressortissants du Nord), à l’association des veuves et victimes guerre et à la COPAM (Coordination Nationale des Organisations Patriotiques du Mali), tout en passant le COPA (Collectif des patriotes) c’était le même slogan « non à la composition de la commission dialogue et réconciliation ». Malgré la divergence entre ces associations et mouvements, force est de reconnaître qu’ils étaient tous unanimes sur le mauvais choix des membres de la dite commission et la non-représentativité des communautés ou couches sociales pouvant mener à bien cette commission de dialogue et réconciliation.

Le choix des membres de la commission

Nous ne savons pas sur quelle base ou bien quel genre de consultation ils avaient fait au sommet de l’état pour arriver au choix du président de la commission M. Mohamed Salia Sokona et ses vice-présidents.
Etait-il pour autant l’homme de la situation ? M. Mohamed Salia Sokona ancien ministre de la Défense (1997 à 2000). Nous savons tous qu’une grande partie de la société civile tient pour responsable bon nombre d’anciens ministres des 2 dernières décennies de la débandade de l’armée nationale, d’autant plus un ancien ministre de la défense sous l’ère Alpha Oumar Konaré .
Une autre remarque de taille sur les membres de la commission dialogue et réconciliation est l’absence des religieux Mahmoud Dicko et Cherif Ousmane Madani Haidara du haut conseil islamique et enfin de l’archevêque de Bamako Jean Zerbo. Et pourtant depuis le début de la crise jusqu’à nos jours ils ont été associés à tout, ils étaient même parmi le lot de Malien qui ont fait le déplacement sur Ouagadougou pour le dialogue inter-malien.

La commission dialogue et réconciliation pèse 25 millions de FCFA par an

1 650 000F Cfa par mois pour le président de la Commission dialogue et la réconciliation, 1 200 000F Cfa pour chacun des deux vice-présidents, 550 000F Cfa pour chacun des trente commissaires par mois. Un an après la mise en place de la dite commission aucun impact sur la crise sociopolitique, aucun rapport, aucune feuille de route, aucune action digne de ce nom qu’on peut mettre à son actif… Et le changement de statut de dénomination de la dite commission qui, sera dorénavant ‘Commission Vérité, Justice et Réconciliation’, est-il un présage pour nous dire que le projet est déjà mort ?

Et cette nomination de l’ex Premier Ministre M. Modibo Keita comme le Haut représentant du Président de la République dans le dialogue inter-malien, est-elle un signe pour se démarquer de la commission dialogue et réconciliation mise en place par le président intérimaire?
Pour mémoire ils ont été investis pour une durée deux ans, les membres de la commission dialogue et réconciliation perçoivent- ils régulièrement leurs salaires ? Si oui pourquoi aucun rapport après un an de travail ? Si non, la commission est-elle officieusement dissoute ?

Le premier projet mort né

Le président de la transition le Pr Diouncouda Traore après sa convalescence en France, était retourné à Bamako avec un projet. Son projet était de mettre sur place les organes de la transition à savoir : Un Haut conseil d’Etat (HCE) constitué du président de la République par intérim et de deux vice-présidents; un Gouvernement d’union nationale (GUN) composé par des les représentants des forces vives; un Conseil national de transition (CNT) composé des représentants des partis politiques présents ou pas à l’Assemblée Nationale, avec un rôle consultatif; une Commission nationale aux négociations (CNN). Il avait par ailleurs affirmé que ces organes citées ci-haut verront le jour deux (2) semaines après la formation du gouvernement d’union national (GUN). Ce gouvernement d’union national tant espéré avait vu le jour le 21 aout 2012 et, jusqu’aux élections présidentielles de juillet 2013 mais aucun autre organe n’avait vu le jour.

Un projet mort né tel la qualification qu’on peut donner à ce projet que voulait entreprendre notre président de la transition le Pr Diouncouda Traore. Quel allait être le statut et le pouvoir de ces vice-présidents vis-à-vis du premier ministre et du président de l’assemblée nationale? La création de ces postes de vice président n’allait-elle pas être un enfreint à la constitution de février 1992 étant donné qu’elle ne fait point référence à un poste de vice-président ? Quels allaient être les avantages de ces vice-présidents avant et après la transition ? Et quel statut allaient-ils garder après la transition ? Ancien chef d’état ou ancien vice-président ?

Du haut de ses 72 ans et de ses quarante années de vie politique, c’est difficilement concevable des telles erreurs de la part d’une référence en politique et en enseignement au mali qu’est le Professeur Dioncouda Traoré.

Vivement des projets dignes de ce nom pour un Mali Meilleur !!!!!!

Washington DC, le 19-08-2014
Issa Balla Moussa Sangaré


Les non-dits du sommet américano-africain

Le président Barack Obama, crédit: google.com
Le président Barack Obama, crédit: google.com

Lors du sommet Etats Unis-Afrique, le président américain Barack Obama a annoncé la mobilisation de plus 30 milliards de dollars à titre d’aide publique et d’investissements privés à destination de l’Afrique. La promesse de cette coquette somme a été reprise en grande pompe par les sites d’information en ligne, des réseaux sociaux, des blogueurs, etc. C’était le titre de phare de la semaine dernière : ‘Obama promet 30 milliards USD pour l’Afrique.

Pour investir un centime en Afrique, pour faire des dons, pour l’allocation des subventions… on mobilise tous azimuts la presse, les médias, la télé et la radio dans le but d’immortaliser l’événement. C’est l’Afrique qui reçoit tout le temps, c’est l’Afrique qui tend toujours la main, depuis la nuit des temps c’est l’Afrique qui se fait aider.

Malheureusement, on ne nous fait jamais apercevoir l’apport que l’Afrique mobilise pour les autres continents que ça soit en numéraire, en nature ou en espèce. Ils sont nombreux les contributions du continent noir, à savoir : les cultures d’exportation cacao, café, le coton, la banane, l’arachide, etc. Et nous allons nous permettre de paraphraser René Dumont qui disait que « les cultures d’exportation constituent un des piliers du pillage du continent noir. » Nos ressources rares et non renouvelables à savoir : l’or, le diamant, le pétrole, les ivoires, les bois, etc, nos minerais : le zinc, le phosphate, l’aluminium, l’uranium constituent tous des apports de l’Afrique pour les autres continents. Mais, malheureusement ils sont toujours passés sous silence. Rien : ni  à la télé, ni à la radio,  ni dans les journaux écrits, ni sur les sites d’information en ligne on ne mentionne l’apport non négligeable du continent noir pour les autres continents. Et pourtant, l’Afrique contribue beaucoup à la croissance et à l’émergence des autres continents.

Comment peut-on inviter quelqu’un et le faire dépenser ?

Pour une promesse de 30 milliards USD, il fallait pour le continent noir, via ses chefs d’Etat et gouvernements, payer à l’avance une facture sans bon de commande, ni bon de livraison. En d’autres termes, pour une promesse de 30 milliards UDS pour son développement l’Afrique devrait payer une caution, une garantie aux Etats-Unis.

Dans son article titré : « Sommet USA-Afrique : mépris et condescendance des Etats-Unis envers les chefs d’Etat africains » du 6 août 2014, Le HUFFINGTON POST, nous fait savoir que l’administration Obama n’a pas, pris en charge les chambres d’hôtel de leurs invités. Quid des autres délégations ? À savoir : les différents ministres et leurs conseillers, les conseillers et protocoles de nos chefs d’Etat, la presse locale pour la couverture de l’événement, etc.

Ils nous invitent chez eux dans le but de nous aider, mais en réalité ils nous ont fait dépenser l’argent du contribuable africain. Investir en amont dans l’économie américaine comme une sorte de caution ou de garantie pour avoir la promesse de 30 milliards UDS. Comment peut-on inviter quelqu’un et le faire dépenser ? Il fallait aux chefs d’Etat africains  booster l’économie américaine pendant au moins pendant une semaine.

Plus de 50 chefs d’Etat africains dans les suites présidentielles dans le « Downtown « (Centreville) du District of Columbia, les endroits les plus chics de Washington, DC. Une ville dans laquelle le coût de la vie est réputé parmi les plus élevés des Etats-Unis. Certains présidents africains sont arrivés avec plus de 10 ministres, des entrepreneurs étaient également dans le grand lot, la presse, les conseillers, les protocoles … Imaginez toutes les personnalités venues de plus 50 différents pays africains dépensant l’argent du contribuable dans les salons feutrés du Downtown du District of Columbia et ses banlieues le Bethesda et Chevy Chase.

La bizarrerie dans cette histoire est que les Occidentaux ne ratent jamais l’occasion de reprocher aux chefs d’Etat africains de dépenser sans compter l’argent public, mais cette fois-ci cet acte des dirigeants africains est passé sous silence. .

L’Afrique mon Afrique !!!!

Washington DC, le 15-08-2014
Issa Balla Moussa Sangaré


Le statut juridique de l’opposition au Mali

L’Assemblée Nationale du Mali, crédit: malijet.com
L’Assemblée nationale du Mali, crédit: malijet.com

« Nous voulons un statut juridique pour l’opposition malienne », réclament certains membres de cette mouvance ? Pourquoi une telle demande comme si l’opposition au Mali n’a jamais eu de statut. A noter que les partis de l’opposition au Mali sont dotés d’un statut juridique depuis l’année 2000. Le 18 juin 2000, l’Assemblée nationale du Mali a délibéré et adopté en sa séance la loi n°00-047 du 13 juillet 2000 portant statut des partis politiques de l’opposition en République du Mali (lire annexe).

L’Etat reste encore la seule vache à lait pour nos politiques

Vraisemblablement, le statut juridique de l’opposition malienne de juin 2000 n’est pas conforme ni à leurs idéaux, ni à leurs statures. De ce fait, la nouvelle opposition malienne s’est battue bec et ongles pour bien réformer, enjoliver, en un mot niveler ce fameux statut juridique à la hauteur, l’aspiration et la manigance de cette opposition.

Qu’est-ce qui a changé ?

En réalité rien n’a changé si ce n’est pas les avantages accordés au chef de l’opposition qui rendra encore notre Etat encore plus budgétivore. Selon le statut révisé : « Le chef de l’opposition est assimilé au 1er vice-président de l’Assemblée nationale. À titre exceptionnel, il dispose d’un cabinet dont la composition, les modalités d’organisation, de fonctionnement et les avantages sont fixés par décret pris en Conseil des ministres. Les crédits nécessaires à la prise en charge du chef de l’opposition et de son cabinet sont inscrits au budget de l’Etat. »

Pour mémoire, une marge non négligeable du budget national est accordée annuellement aux politiques. La loi N°05-047 du 18 août 2005 portant Charte des partis politiques en République du Mali stipule : qu’une aide financière à hauteur de 0, 25 % des recettes fiscales du pays soit versée annuellement aux partis politiques par l’Etat. Cette allocation annuelle peut souvent avoisiner souvent 2 milliards de F Cfa.

En plus du financement annuel des partis politiques, le président de l’Assemblée nationale reçoit mensuellement la coquette somme de 25 millions de F Cfa et chaque parlementaire gagne 2, 5 millions de F Cfa par mois.

Comme quoi, l’Etat reste la seule vache à lait pour s’enrichir licitement ou illicitement. La bizarrerie est que, le Mali est classé par les institutions de Bretton Woods parmi les pays pauvres et très endettés (PPTE).

Bien évidemment, La démocratie, vue comme la forme de gouvernance la plus appropriée de nos jours, ne sert que de moteur à la montée en puissance progressive de plus de manigances politiques et financières au profit des représentants et soi-disant défenseurs de nos populations.

Dès lors, l’individu ordinaire malien pense que la seule mission de la démocratie malienne n’est que de renforcer le fossé de l’injustice, et de l’inégalité sociale. Pire, certains continuent à la concevoir comme une machine de destruction massive des citoyens ordinaires, et d’autres le regardent comme le moyen plus efficace pour perpétuer l’asservissement des plus vulnérables.

Washington DC, le 12-08-2014
Issa Balla Moussa Sangaré

Annexe :Loi n°00-047 du 13 juillet 2000
Portant statut des partis politiques de l’opposition en République du Mali
L’Assemblée nationale a délibéré et adopté en sa séance du 18 juin 2000 ;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Chapitre 1 : Objet et définition
Section 1 : Objet
Article 1er : La présente loi a pour objet de conférer à l’opposition un statut juridique dans un cadre démocratique et pluraliste aux fins de contenir le débat politique dans les limites de la légalité et d’assurer l’alternance démocratique au pouvoir.
Section 2 : Définition
Article 2 : On entend par Opposition un ou plusieurs partis représentés ou non à l’Assemblée nationale, distincts du parti ou de la coalition de partis politiques qui soutiennent l’action gouvernementale.
Article 3 : Elle constitue un élément essentiel de la démocratie pluraliste.
A cet effet, elle est politiquement reconnue, juridiquement protégée et a, en conséquence, des droits et des devoirs.
Chapitre 2 : Droits et devoirs de l’opposition
Section 1 : Droits
Article 4 : Il est reconnu à tout parti ou coalition de partis politiques le droit à l’opposition.
Ce droit s’exerce aussi bien au sein qu’en dehors du Parlement.
Article 5 : Toutefois, tout parti politique appartenant à l’opposition peut participer à la formation du gouvernement ou soutenir l’action gouvernementale. Dans ces cas, il perd d’office sa qualité de parti de l’opposition.
Article 6 : Les partis politiques de l’opposition participent de plein droit à la vie des institutions publiques où ils siègent.
Article 7 : Les partis politiques peuvent être consultés sur les grandes préoccupations nationales sur lesquelles ils doivent se prononcer.
Article 8 : Les partis politiques de l’opposition ont un libre accès aux informations par voie d’audience spéciale dans les ministères et administrations publiques.
L’audience est accordée à la requête des partis politiques de l’opposition ou sur invitation des autorités.
Dans tous les cas, il ne peut y avoir dérogation aux dispositions relatives au secret professionnel et secret défense.
Article 9 : Les dirigeants des partis politiques de l’opposition peuvent recevoir ou être reçus par les membres des missions diplomatiques consulaires et des organisations internationales accrédités au Mali ainsi que les personnalités étrangères en visite régulière au Mali.
Toutefois, ces entretiens ne doivent pas comporter d’engagement contraire aux lois et aux intérêts de la République du Mali.
Article 10 : A l’occasion des cérémonies publiques, les responsables des partis de l’opposition ont droit aux considérations protocolaires et aux honneurs conformément aux textes en vigueur.
Article 11 : Il est reconnu aux partis politiques de l’opposition le droit d’établir des liens et d’entretenir des relations de coopération avec des partis étrangers ou associations politiques internationales dans le respect strict de la souveraineté nationale, des lois et règlements en vigueur,
Article 12 : Les partis politiques de l’opposition ont le droit de s’exprimer publiquement. A ce titre, ils ont accès aux médias d’Etat dans les mêmes conditions que les partis de la majorité. Ils exercent librement leurs activités de presse dans le respect des lois et règlements en vigueur.
Article 13 : Les droits de l’opposition sont inaliénables et imprescriptibles. Ils sont d’ordre public.
Section 2 : Devoirs
Article 14 : Sans préjudice des dispositions de la loi portant charte des partis, les partis politiques de l’opposition, comme tout parti politique, doivent agir en tous lieux et en toutes circonstances dans le respect de la Constitution, des lois et règlements de la République.
A cet effet, ils doivent en particulier :
– respecter les autorités légalement établies ;
– œuvrer à l’instauration d’une culture démocratique par l’information, la formation et l’éducation des citoyens militants ;
– veiller au respect des principes de la souveraineté nationale, de l’intégrité du territoire, de la forme républicaine de l’Etat, de l’unité nationale et de la laïcité de l’Etat ;
– cultiver le principe de la conquête démocratique du pouvoir, l’usage de la non-violence comme moyen d’expression de la lutte politique et le respect des biens publics et privés ;
– cultiver l’esprit républicain et le respect de la règle de la majorité.
Article 15 : L’opposition a le devoir de suivre l’action gouvernementale, de la critiquer de façon objective et constructive dans le sens du renforcement de l’idéal démocratique et du progrès,
Chapitre 3 : Dispositions particulières
Article 16 : L’Etat reconnaît que le choix politique est une affaire strictement personnelle et un droit inaliénable.
Article 17 : Nul ne peut faire l’objet de discrimination ou de sanction administrative en raison de son appartenance à un parti politique de l’opposition.
Article 18 : A la demande du Président de la République, un rapport annuel lui est adressé sur l’application des dispositions de la présente loi. Ce rapport est publié au Journal officiel.
Article 19 : La présente loi abroge toutes dispositions antérieures contraires.

Bamako, le 13 juillet 2000
Le Président de la République,

Alpha Oumar KONARE

Loi 00-047 Statut des partis politiques de l’opposition


Mali: Ma réponse au ministre de la communication M. Mahamadou Camara.

Pour mémoire, ces derniers temps, les rumeurs faisaient bon trait comme quoi le Boeing 737 du président de la république du Mali avait été saisi aux Etats Unis. D’après la presse locale et les internautes des réseaux sociaux, c’est la suite d’une visite technique que l’avion présidentiel aurait été saisi par le fisc américain pour les raisons non élucidées.
A l’accoutumé, ce gouvernement nous avait habitué à des démentis, des confirmations. Cette fois-ci, c’était le silence radio au palais de Koulouba, à la primature et chez les membres du gouvernement. Aucun communiqué officiel pour infirmer ou confirmer la prétendue saisie de l’avion de présidentiel.

Hier le 01 Août 2014, Le peuple malien a appris avec stupéfaction et indignation les propos non orthodoxes du Ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication du Mali sur son compte twitter :« Voyage en Mauritanie et aux usa à bord du Boeing 737 de la république du Mali. Contrôle technique OK. Dommage pour les aigris…. »

le tweet du Ministre Malien de la Communication
le tweet du Ministre Malien de la Communication

Monsieur le ministre, vous nous traitez d’aigris, nous sommes d’accord et nous en sommes fiers.

Oui il y a quoi être aigri, lorsqu’on se permet d’acquérir un nouvel avion à un coût de revient de 20 milliards de F cfa étant donné son pays est sous perfusion internationale.
Oui il ya quoi être aigri, lorsqu’on se permet d’acheter un nouvel avion étant donné le pays possède déjà un autre avion et dans une bonne condition.
Oui il y a quoi être aigri, lorsqu’à Mopti le Ministre de la communication nous dit que l’ancien avion présidentiel n’était pas en bon état, à l’Assemblée Nationale le PM nous dit que le Mali n’a pas un seul document officiel attestant que l’ancien avion présidentiel est une propriété du Mali. Tout le monde connait la suite, Mali est bel et bien propriétaire de l’ancien avion et, il se trouve dans un très bon état avec une assurance qui court jusqu’à en 2015.
Oui il y a quoi être aigri, lorsqu’à cause de l’acquisition de ce nouvel avion le FMI (Fonds Monétaire International, la BM (Banque Mondiale) et l’UE (Union Européenne) ont tous suspendu leurs différents décaissements pour le compte jusqu’au mois de septembre 2014.

Oui il y a quoi être aigri, lorsque le FMI conditionne un décaissement de fonds qu’à la suite d’un audit financier sur les dépenses publiques.
Oui il y a quoi être aigri, si l’état se permet d’acheter un nouvel avion alors ses soldats au front n’ont pas d’hélicoptère, pas d’avion de transport et il s’avère que nous sommes toujours en guerre contre le terrorisme et les narcotrafiquants.

Oui il ya quoi être aigri, lorsque le coût de revient total du nouvel avion présidentiel pouvait nous trouver 3 hélicoptères pour notre armée nationale.
Oui il y a quoi être aigri, lorsque vous les hauts d’en haut pensent que ce pays là vous appartient plus nous les bas d’en bas.
Oui il y a quoi être aigri, si vous-même M. le ministre vous êtes entrain de donner raison à vos détracteurs qui vous traitent d’amateurs et qui disent la jeunesse malienne n’est pas prête pour la gestion du pays.

Oui M. le Ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication, il y a quoi être aigri.

Amadou Hampate Ba nous disait : « La vie n’est pas sans fin sur terre nous sommes des étrangers de passage hâtons-nous de recueillir la parole des aïeux avant qu’ils ne rejoignent leur demeure car un vieillard qui meurt c’est comme une bibliothèque qui brûle.»

Alors M. Le ministre, je vous prie de bien vouloir prendre conseil auprès notre ancien président de la république M. Alpha Oumar Konaré pour que vous puissiez apprendre de sa personne et de son expérience. Pendant ses 10 ans à la tête du Mali, on a tout dit sur le monsieur, il avait été traité par tous les noms, mais le monsieur n’a jamais infirmé ou confirmé quoi se soit. Un vrai démocrate, et le jour de son de Koulouba, il a tout simplement laissé entendre : « Beaucoup de choses ont êtes dites sur le monsieur, mais le monsieur là a beaucoup travaillé. »

Washington DC, le 02-08-2014
Issa Balla Moussa Sangaré


Mali : ATT avait-il raison ?

ATT avait-il raison ?

Oui le général Amadou Toumani Touré avait raison, oui ATT n’a pas été compris. Reconnaître la vérité c’est aussi une grandeur, c’est aussi être homme.

A travers ces quelques lignes, j’aimerais rendre hommage à ce grand président incompris, à ce général visionnaire qui avait presque tout prédit avant de quitter le pouvoir dans les conditions que nous connaissons tous.

Lors du débat africain de RFI (Radio France Internationale) de mars 2012 ,tout juste avant le coup d’Etat, le général ATT était l’invité d’Alain Foka. Il affirmait qu’il avait été l’initiateur du pacte national de 1992, de l’accord d’Alger de 2006  et qu’il était prêt à signer un autre accord.

Mais qu’est-ce que le Mali est allé chercher en Alger le 16 juin 2014 ? Cette rencontre entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord n’a-t-elle pas pour objectif de trouver un nouvel accord entre les belligérants de la crise du Nord-Mali ? L’accord préliminaire d’Ouagadougou n’est-il pas un accord entre l’Etat malien et les rebelles du nord du Mali ?

Pour rappel, le général ATT avait laisse entendre lors du même débat africain : « Je n’aime pas le terme négocier, je préfère celui de dialogue. Un dialogue entre les Maliens, car les rebelles sont des Maliens. Je suis le président de tous les Maliens et même des rebelles. »

Quant au président IBK, il n’a pas expressément dit qu’il est le président des rebelles, mais nous avons été abasourdis de constater que certains rebelles se présentaient aux élections législatives sous les couleurs du parti présidentiel. De facto, ils sont devenus des parlementaires, et même membres de certaines commissions de l’Assemblée nationale.

Pour mémoire, ces rebelles ont les mains souillées de sang malien, ils ont violé nos mères et sœurs, ils ont coupé les mains et les pieds de nos frères et il sera difficile d’oublier ces ignobles faits.

Un commandement unique dans les pays sahélo-sahéliens

Lors de son second mandat, le général ATT s’est battu bec et ongles pour installer un état-major, un commandement unique, une coalition de défense et de traque contre le terrorisme dans les pays sahélo-sahéliens à savoir : l’Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Mali.

Il a dit à maintes reprises dit que la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-sahélienne ne saurait être efficace qu’avec une synergie  des 4 pays cités. Une synergie qui engendra des recueillements de renseignements, des échanges des informations, des patrouilles collectives, la sécurisation des frontières, le droit de poursuite des terroristes ou groupes terroristes au-delà des frontières, des formations conjointes, etc.

Il a toujours dit que le Mali seul ne peut pas combattre ce réseau, il alla plus loin en disant qu’aucun pays de la bande sahélo-sahélienne ne saura vaincre seul les terroristes et les narcotrafiquants.

L'opération Barkhane ne image, crédit photo: lepoint.fr
L’opération Barkhane  image, crédit photo: lepoint.fr

Le projet état-major des 4 pays sahélo-sahéliens et l’opération Barkhane?

L’opération Barkhane, si je peux me le permettre, n’est rien d’autre qu’un copier-coller du projet d’état-major ou de commandement unique de notre ancien président de la République le général ATT.
Le général s’est battu tant bien dit que mal pour mettre en place un projet semblable pour ne pas dire le même projet, mais malencontreusement comme toujours entre nous les Africains la devise c’est : « Ne jamais s’entendre ni s’unir ».

Il a fallu que la France s’implique pour qu’on puisse trouver un terrain d’entente afin de mettre sur place un dérivé du projet d’ATT. Pis, l’opération Barkhane couvrira 5 pays : la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad . En plus de ces 5 pays, l’opération Barkhane sera en partenariat avec l’Algérie.

Je me demande toujours comment la France a-t-elle réussi un tel projet là où notre le général ATT échoua. Et pourtant, il est un fils de la terre commune (l’Afrique de l’Ouest), et de surcroît pas n’importe lequel, car il était le président d’un Etat souverain, et de plus un ancien général 4 étoiles d’une armée. La question est de savoir si nous allons toujours rester sous le joug de l’ex-métropole.

L’Afrique mon Afrique, une vraie recolonisation. L’ébahissement est de taille, car l’opération Barkhane s’étend sur un rayon plus large que ce qu’avait voulu le général ATT.

Si longue soit la nuit, le jour va se lever

Le temps commence à donner raison au général ATT dans la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-sahélienne.

Washington DC, le 28-07-2014
Issa Balla Moussa Sangaré


16 juillet 2014 : le Mali se fait tirer à hue et à dia

Drapeau du Mali, crédit photo: flagartist.com
Drapeau du Mali, crédit photo: flagartist.com

Retenez bien cette date ‘le 16 juillet 2014’ car elle risque d’entrer dans les annales de l’histoire du Mali.

En ce mercredi 16 juillet 2014, le Mali se fait tirer à hue et à dia, par la France, l’Algérie et par les groupes rebelles du Nord-Mali.

Par les groupes armés

En effet, c’est aujourd’hui dans la capitale algérienne que les pourparlers inclusifs intermaliens ont lieu entre le gouvernement central de Bamako et les groupes rebelles du Nord à savoir : le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), le HCUA (Haut Conseil unifié de l’Azawad) et le MAA (Mouvement arabe de l’Azawad). Il faut impérativement souligner que ces groupes armés représentent tout sauf la population du nord du Mali, ils ne représentent qu’eux-mêmes.

Par l’Algérie

Après Ouaga I et II dans la capitale du Faso pour le dialogue intermalien, l’Algérie vient d’accaparer le dossier malien jusque-là dans la main du président du Burkina Faso Blaise Comparé, médiateur de la crise malienne désigné par la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). Ce sommet qui s’ouvre aujourd’hui à Alger prendra surement la désignation d’Alger II, car pour rappel c’est chez Bouteflika que l’Etat du Mali avait trouvé en 2006 un accord dénommé « Accord d’Alger » avec les groupes rebelles du nord-Mali.

Par la France

La signature de l’accord de défense entre la France et le Mali a lieu ce mercredi 16 juillet 2014, sauf rebondissement de dernière minute. Après le report du 20 janvier et celle du 25 mai 2014, le gouvernement du Mali a finalement trouvé une date qui convienne aux deux parties. Il faut également reconnaître que ce n’est pas fortuit le choix de cette date. Etant donné que tous les regards et attentions seront pointés sur Alger, le gouvernement du Mali et la France vont parapher en catimini un accord de défense. L’Etat du Mali n’a pas jugé nécessaire de faire passer le squelette de cet accord devant les élus de la nation et il sera contresigné par les deux parties étant donné son contenu est un total mystère pour la population.

Dire que c’est le Mali de Modibo Keita qui se fait tirer à hue et à dia

« Nos descendants ont des droits sur nous »

Washington DC, le 16-07-2014
Issa Balla Moussa Sangaré


Mali : futurs pourparlers avec les rebelles, attention aux terminologies !!!!

Coat of arms of Mali,via wikipedia
Coat of arms of Mali,via wikipedia

Après l’échec la proclamation d’indépendance de la République chimérique d’Azawad en 2012, les rebelles du MNLA (Mouvement National pour la Libération de l’Azawad) avaient jeté leur dévolu sur l’autodétermination. Constatant un autre revers à l’horizon, le MNLA avec leurs acolytes aspirent au fédéralisme. En effet, dans un article intitulé ‘Mali : Non à la décentralisation, Oui au fédéralisme’ publié par le quotidien Jeune Afrique du 24 juin 2014, le chargé de communication du MLNA, Attaye Ag Mohamed affirme : « Dans un Mali territorial, il faut un système fédéral sur la base de deux Etats établis suivant le schéma politique et historique du conflit. La fédération du Mali devra comporter deux Etats principaux qui seront l’Azawad et le Maliba avec la capitale fédérale à Mopti. »

A l’aube des futures négociations entre le gouvernement du Mali et les rebelles du nord qui, se tiendront dans la capitale Algérienne le 16 juillet 2014, il y a lieu d’élucider certaines terminologies qui ont une tendance récurrente depuis le début de la crise septentrionale à nos jours. Il s’agit des termes suivants : l’auto-détermination, la décentralisation poussée, le fédéralisme.

L’auto-détermination : le concept d’autodétermination s’oppose à celui d’intégrité territoriale et c’est l’autodétermination qui engendre l’indépendance.

La lutte d’indépendance des récents états Erythrée (1993), Kosovo (2008) et Soudan du Sud (2011) avait commencé par les mêmes aspirations : ‘ l’autodétermination’. Alors qu’est ce que l’autodétermination ? L’autodétermination initialement appelée droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, est le principe issu du droit international selon lequel chaque peuple dispose d’un choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère. Il s’agit d’un droit collectif qui ne peut être mis en œuvre qu’au niveau d’un peuple. Selon Rfi, le mouvement d’autodétermination fut très sollicité après la seconde guerre mondiale car bon nombre de pays et de peuples étaient encore sous la dépendance coloniale. Au vu de ce mouvement, c’est ainsi que le 14 décembre 1960, Assemblée générale de l’ONU (Organisation des Nations Unies) vota la Résolution 1514 (XV), dite « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux ». Les points à retenir de la résolution 1514 (XV) sont : 1-l’indépendance et la souveraineté, 2-libre association avec un État indépendant.

Qu’est ce que le fédéralisme ?

Le fédéralisme est un système d’organisation, d’administration et de gouvernement dans lequel l’État est organisé en fédération et partage avec les États fédérés les diverses compétences constitutionnelles : législatives, juridictionnelles et administratives. Un Etat fédéral peut être constitué par deux logiques verticales : Ascendante et descendante. La manière ascendante est que des États unitaires vont créer, par le biais d’une constitution, un État qui leur est supérieur, l’État fédéral (fédéralisme par agrégation). La façon descendante est qu’un État unitaire va se scinder en plusieurs entités fédérées (fédéralisme par désagrégation).

Que dit la constitution de la République du Mali à propos du fédéralisme ?

Elle stipule en son article 117 : La République du Mali peut conclure avec tout Etat africain des accords d’association ou de communauté comprenant abandon partiel ou total de souveraineté en vue de réaliser l’unité africaine. Le fédéralisme par la manière ascendante esquissé ci-haut est prévenu par la constitution de février 1992.
Le fédéralisme par la façon descendante qui est qu’un État unitaire se scinde en plusieurs entités fédérées, celle réclamé par le MNLA est et sera une violation de notre constitution, en un mot un enfreint de la constitution de février 1992 de la République du Mali.

Décentralisation poussée

Il existe également une différence entre le fédéralisme et la décentralisation, même si la décentralisation poussée est appliquée par certains Etats, avec un fonctionnement semblable à celui d’une fédération. La différence entre un État (unitaire) fortement décentralisé, et un État fédéral tient dans la source du pouvoir : dans un État décentralisé, il est délégué par l’État aux régions par une loi (il peut donc théoriquement le leur reprendre), tandis que dans un État fédéral, elle est prévue par une constitution et ne peut être modifiée facilement.

Que nos autorités fassent attention dans l’application des terminologies dans les futurs accords avec nos frères égarés, car l’avenir et le devenir de notre nation en dépendront.

À qui de droit.

Washington DC, le 14-07-2014
Issa Balla Moussa Sangaré

Bibliographie :
La constitution de février 1992 de la République du Mali

Websites :
www.jeuneafrique.com
www.larousse.com
www.rfi.fr
www.wikipedia.org


L’opposition Malienne

« Les partis politiques se sont mis à plat ventre devant un seul homme » nous disait vers la fin du régime du général d’ATT, Daniel Tessougué l’actuel procureur général près de la Cour d’Appel de Bamako. Il faut également reconnaitre que nos politiques de ces deux dernières décennies ont failli à presque tous les niveaux. Y inclus ma modeste personne, la classe politique malienne vers la fin du mandat d’ATT, avait été traitée par les tous maux d’Israël singulièrement par la société civile. Cela peut s’expliquer par beaucoup de choses : la gabegie qui, avait atteint son summum, la délinquance financière avait également touché son paroxysme avec des fonctionnaires milliardaires, l’école qui formait tout sauf des intellectuels, des chômeurs en puissance, une armée non républicaine et politisée etc. Par ailleurs, Il faut aussi souligner que ces maux esquissés ci-haut ne peuvent pas exclusivement être au débit de nos politiques, la societe civile à sa part de responsabilité dedans car, la classe politique et la société civile vont de pair.

Modibo Sidibe (FARE) et Soumaila Cisse (URD), credit: maliweb.net
Modibo Sidibe (FARE) et Soumaila Cisse (URD), credit: maliweb.net

Une Opposition constructive, républicaine et démocratique

Au lendemain de l’élection présidentielle de septembre 2013, M. Soumaila Cissé de l’URD (Union pour la République et la Démocratie), candidat malheureux au second tour avait laissé entendre que son parti n’entrera pas au gouvernement. Il a clairement dit qu’il ira dans l’opposition. Il a été suivi par M. Tiebilé Dramé du PARENA (Parti pour la Renaissance Nationale) et de M. Modibo Sidibé du FARE Aw Ka Wuli (Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence). Après tout, si ces hommes politiques décident d’aller dans l’opposition, à mon humble avis ils méritent ce crédit. Nous, la société civile, leurs doit ce crédit dans le but d’équilibrer leurs bilans individuels ou consolidés. Cette opposition, se veut constructive, républicaine et démocratique. Pendant les 10 ans du régime d’ATT, c’était la démocratie consensuelle sans opposition, et cet acte est resté à travers la gorge de la population malienne qui, leur rend responsables de la chute de notre Etat, le Pr Seydou Badian Kouyaté nous disait : « Le Mali est tombé plus bas que la terre». Maintenant, si ces mêmes politiques décident de se mettre debout au lieu de se mettre à plat ventre comme un seul homme, un contre-pouvoir et d’aller dans l’opposition, je trouve personnellement cela comme un acte à apprécier pour la consolidation des acquis de notre jeune démocratie, ils méritent ce crédit cette opposition Malienne.

La motion de censure

La constitution de février 1992 de la République du Mali, stipule à son l’article 78, alinéa 2 : l’Assemblée Nationale met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d’une motion de censure. L’article de 79 de la même constitution dit : Lorsque l’Assemblée Nationale adopte une motion de censure ou lorsqu’elle désapprouve le programme ou une déclaration de politique générale du Gouvernement, le Premier ministre doit remettre au Président de la République la démission du Gouvernement.
Nous les observateurs, on trouve qu’il y a eu une précocité dans le dépôt de cette motion de censure. Les raisons pour solidifier la motion de censure était : la cherté de la vie, l’insécurité grandissante dans Bamako et les autres régions, la mauvaise gouvernance, la mauvaise gestion des finances publiques, la lenteur pour une sortie de crise pour le problème septentrional etc.
Il est évident que l’Etat est une continuité, qu’en est-il d’un Premier Ministre et son équipe gouvernementale ? Du 5 avril 2014, la date de la nomination M. Moussa Mara à la tête de la primature au 13 juin 2014 date du dépôt de la motion de censure, on s’interroge si l’opposition Malienne n’a pas été un peu hâtive dans le dépôt de cette motion de censure. Hâtive en ce sens qu’on ne peut pas, en un seul trimestre, mettre tous les problèmes que la nation Malienne fait face dans le débit du Premier Ministre et son gouvernement. N’oublions pas que le pays sort à peine d’une crise institutionnelle, sociopolitique sans précédente et le tissu social était complètement déchiré.
Certes, il est évident qu’en trois mois le Premier Ministre et son gouvernement pouvaient faire mieux, mais dressé un bilan définitif en un trimestre est un peu précoce. Prenons l’entreprise comme une métaphore, et dans la vie d’une entreprise, on établit des bilans trimestriels, semestriels pour connaitre le fonctionnement de la boite et prendre des mesures appropriés au fur et mesure. Le bilan définitif n’est établit qu’après un exercice fiscal qui est une année. En un trimestre, M. Moussa Mara et son gouvernement ne peuvent pas être tenus responsable de tous les maux qui minent notre société, donnons le temps au temps.

L’accord de défense

On constate que l’opposition Malienne prend le soin de passer sous silence, pour ne pas dire d’éviter de donner son point de vue sur la signature imminente de l’accord de défense entre la France et le Mali. Le Collectif Pour le Changement (CPC), l’ancien premier ministre Ag Hamani et beaucoup d’autres personnalités, partis politiques et associations ont tous fait connaitre à l’opinion nationale et internationale ce qu’ils pensent de cette signature d’accord de défense entre la France et le Mali. Qu’en est-il de l’opposition républicaine Malienne ? On pense qu’il est temps qu’ils sortent de leur mutisme à propos cet accord, qu’ils nous fassent savoir si le draft de cet accord doit passer devant les élus de la nation pour un débat parlementaire avant qu’il ne soit paraphé par les deux parties ? Enfin qu’ils nous disent s’ils sont pour ou contre ?

Une contribution de
Issa Balla Moussa Sangaré
Washington DC, 07-07-2014


Mali : je pleure Modibo Keita

Modibo Keita, crédit photo: histoireafricaine.com
Modibo Keita, crédit photo: histoireafricaine.com

Aux abords du Ba Djoliba (le fleuve Niger), de l’Est à l’Ouest, entre pont de Sotuba et le pont Roi Fahd tout en passant le pont des Martyrs, et du Nord au Sud entre la colline du savoir et celle du pouvoir, je trempe ma plume dans l’eau du Ba Djoliba pour décrire mes larmes pour Modibo Keita, premier président de la république du Mali.

Avec les récents reports de décaissement de fonds pour le compte du Mali par les institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM), je n’ai pu m’empêcher de me rappeler des propos Modibo Keita qui disait : « Notre liberté sera un mot vide de sens, si nous devrions toujours déprendre financièrement de tel ou tel pays.» C’est ainsi que mes larmes se sont mises à couler, car ce visionnaire hors normes, qui était doté d’une capacité d’analyse hors commun avait tout dit avant de s’éteindre.

Je pleure Modibo Keita, ce patriote né qui, avec ses élites nous conduisant à l’indépendance.

Je pleure Modibo Keita, cet érudit avec un sens élevé du devoir.

Je pleure Modibo Keita, ce panafricaniste convaincu, de renommée anoblie, qui envoyant 150 soldats maliens pour épauler l’Algérie dans sa guerre d’indépendance. Et ces militaires ne furent rappelés au Mali qu’après la proclamation l’indépendance Algérienne. En constatant la position de l’Algérie de 2012 à nos jours dans la crise septentrionale du Mali, mes larmes continuent de couler.

Je pleure Modibo Keita, ce grand facilitateur des crises inter-états. Le 29 et 30 octobre 1963 à Bamako, Modibo Keita reçoit le roi Hassan II du Maroc et le président Algérien Ben Bella, et facilite la signature d’un cessez-le-feu pour mettre fin à la « guerre des sables » (conflit frontalier entre l’Algérie et le Maroc). Avant l’intervention de Modibo Keita, il y avait eu plusieurs tentatives de négociation sans succès entre l’Algérie et le Maroc à savoir : celle du président tunisien, Habib Bourguiba, celle de l’empereur éthiopien Hailé Sélassié etc.

Je pleure Modibo Keita, ce nationaliste né, qui disait : « Nous avons fait, à la naissance de l’US-R.D.A (Union Soudanaise- Rassemblement Démocratique Africain), le serment de donner, s’il le fallait, notre vie à notre pays, notre Parti. Il est clair que donner sa vie, c’est aussi, accepter l’ultime sacrifice. » Si seulement si, nos leaders des partis politiques (plus de 150 partis) pouvaient faire tel serment au sein de leurs partis, il est fort évident qu’on aura d’autre types de politiques, des ‘Maliens Kura’ (des maliens de genre nouveau).

Je pleure Modibo Keita, à l’aube de la signature d’un accord de défense entre la France et le Mali. Ce nationaliste combatif qui, le 20 janvier 1961 convoqua dans la salle du Conseil des ministres de Koulouba l’ensemble des corps diplomatiques devant lesquels y compris l’ambassade de France. Il s’adressa au pouvoir français à travers son ambassadeur pour évacuer les troupes françaises du territoire malien. C’est la commémoration de ce discours de notre premier président prononcé devant les corps diplomatiques le 20 janvier 1961 que nous célébrons comme fête de l’armée.

Modibo Keita, crédit photo: afribone.com
Modibo Keita, crédit photo: afribone.com

Je pleure Modibo Keita et son armée face à la signature d’un accord de défense entre la France et le Mali. Le 5 septembre 1961 après la descente du drapeau colonial français, le dernier le soldat français quitta le Mali. Et c’est ce même jour à la base aérienne de Bamako que le général Soumaré (premier chef d’Etat-major de l’armée malienne et premier St Cyrien de l’Afrique de l’ouest) commanda à son tour la montée du drapeau malien pour l’éternité; moment de joie et de fierté.

Je pleure Modibo Keita, celui qui fait partie des rédacteurs de la charte de l’OUA (Organisation pour l’Unité Africaine) l’ancêtre de l’UA (Union Africaine).

Je pleure Modibo Keita, ce visionnaire hors normes qui rêvait des Etats Unis d’Afrique. La balkanisation de l’Afrique était le souci premier de Modibo Keita. Pour lui, il fallait faire l’unité africaine et former ainsi une grande entité face à l’Europe impérialiste et l’Amérique capitaliste.

J’essaie d’imagine la douleur de nos doyens encore vivants, mais malencontreusement cette imagination ne saurait ressentir ce qu’ils portent sur le cœur, il s’agit: du Pr Seydou Badian Kouyaté, auteur de sous l’orage et de l’hymne national du Mali, du Pr Bakary Kamian, en son temps censeur de l’unique lycée de Bamako « Terrasson de Fougère », aujourd’hui lycée « Askia Mohamed », du Pr Sididjé Traore, premier député de Goudam, et l’eternel compagnon de Modibo Keita Amadou Djicoroni pour ne citer quelques uns.

Sur les épaules de qui vais-je continuer à pleurer ? Sur celles de nos actuels politiques ? Non, car ils ont déjà trahie la mémoire de nos pères fondateurs. Sur celles de cette relève politique ? Non, car ils apparaissent déjà formatés par ce système mafieux en forme de spirale. De celles ma génération ? Non, tout sauf ça. Une génération perdue, sans repère. Sur celles de mes cadets ? Non, n’en parlons même pas d’eux. Une génération sacrifiée au profit de la télé, de l’internet et les réseaux sociaux par le narcissisme de Facebook et d’Instagram.

Nos descendants ont des droits sur nous

Je le dis et réitère, nos descendants ont des droits sur nous. Je suis convaincu que Modibo et ses compagnons étaient aminés par cette volonté, la volonté de léguer à leurs descendants une nation à part entière et non une république bananière.

« Jeunes du Mali, le Mali ne sera que ce vous en feriez» dixit Modibo Keita. Il faut des confrontations d’avis divers et même convergents pour arriver à des sorties de crise, à des propositions objectives. Il appartient désormais, à tous les maliens de tous les bords, du nord comme celles du Sud, l’intelligentsia des politiques, de la société civile, de la diaspora de conjuguer leur force, leur savoir-faire, leurs relations afin trouver une solution pour une paix durable, la quiétude et la cohésion nationale tant attendue.

Tous les feux sont en oranges, et bientôt ils seront en rouges. Avant que cela ne fasse, il est temps que nous fassions quelque chose, sinon nous seront devant Dieu et les hommes, rappelés par l’histoire et nos descendants.

Washington DC, le 30-06-2014
Issa Balla Moussa Sangaré


Mali : ma réflexion sur le Premier ministre M. Moussa Mara

De l’achat du nouvel avion présidentiel, en passant par la nomination de M. Moussa Mara à la tête de la primature et les récents événements de Kidal, voici ma part de réflexion.

Le PM Moussa Mara, crédit photo: maliweb.net
Le PM Moussa Mara, crédit photo: maliweb.net

La nomination de M. Moussa Mara à la tête de la primature

Ce soir là, il fallait être un adepte des réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter pour pouvoir contempler l’euphorie suscitée chez les Maliens après la nomination de M. Moussa Mara à la tete du gouvernement du Mali. Il faut également reconnaître que la logique politique aurait voulu un chef du gouvernement issu du parti présidentiel qui est le RPM (Rassemblement Pour le Mali), car M. Moussa Mara est le président du parti Yelema et avec un seul député à l’Assemblée Nationale. Malgré cette incohérence politique, la jeunesse malienne, y compris par ma modeste personne, fut enchantée de la désignation de ce jeune expert comptable comme Premier ministre, qui n’est d’ailleurs plus a présenté sur la scène politique. Ancien maire de la commune IV de Bamako, c’est ce natif de la capitale malienne qui avait mis en ballottage lors des législatives de 2004 l’actuel président M. IBK.

Premier constat : loyauté au président de la République

Tout juste après sa nomination au poste de Premier ministre, nous avons été ébahis par les propos M. Moussa Mara, qui demanda à plusieurs reprises « loyauté au président de la République » et non au pays ou à l’Etat. A mon humble avis, les membres du gouvernement doivent d’abord être loyaux à la nation et cela malgré qu’ils soient au service du président de la République. Je me disais également que le Premier ministre voulait mettre en œuvre des mesures de sincérité et d’honnêteté pour bien servir le pays et le président.

Deuxième constat : la déclaration de guerre

Après la visite ensanglantée et mouvementée du chef du gouvernement à Kidal le 17 mai 2014, M. Moussa Mara avait laissé entendre que : « le Mali est en guerre contre les groupes terroristes et leurs acolytes ». Pour rappel, la délégation gouvernementale avait été attaquée au gouvernorat de Kidal par les groupes armés et terroristes faisant plusieurs morts et blessés. Le chef de file de l’opposition malienne, à savoir M. Soumaila Cissé sur Rfi (Invité Afrique) affirmait, je cite : « Il a manqué de lucidité. On ne déclare pas la guerre à Gao de façon inconstitutionnelle (…) De façon constitutionnelle, le Premier ministre ne peut pas déclarer la guerre. »

Que dit la Constitution à propos de la déclaration de guerre ?

Elle stipule en son article 71 : que la déclaration de guerre est autorisée par l’assemblée nationale réunie spécialement à cet effet. Le président de la République en informe la Nation par un message.

La guerre elle-même étant définie par le dictionnaire comme un conflit armé entre Etats, pays clans… La Constitution n’ayant pas défini la guerre, il revient alors aux constitutionnalistes de nous édifier sur celle-ci.

Troisième constat : L’avion sans papier

Lors de sa déclaration de politique générale devant les élus de la nation, le chef du gouvernement a dit ne pas détenir un seul document qui prouve que l’ancien avion d’ATT est la propriété de l’Etat du Mali. C’était sans compté sur le jeune ingénieur aéronautique Tji Diarra et sur le journal d’investigation Le sphinx. Si le premier s’est arrêté avec une sortie médiatique sur les réseaux sociaux en affirmant que l’ancien avion présidentiel est bel et bien la propriété de l’Etat du Mali, et qu’il était revenu au Mali au mois de février 2012 après avoir passé sept mois à Miami pour une remise à neuf. Le second lui a emboîté le pas en amenant des preuves matérielles : un contrat de vente et d’achat d’aéronef entre Jetline International comme vendeur et l’Etat du Mali comme acheteur avec un certificat de livraison et d’acceptation.
On peut également comprendre que le Premier ministre Moussa Mara ne pouvait se dérober de la question relative à l’achat du nouvel avion présidentiel, car l’Etat étant une continuité. Du haut des ses dizaines d’années d’expérience en tant que expert comptable, c’est difficilement inimaginable que le Premier ministre n’ait pas demandé un audit sur l’acquisition de l’ancien avion acheté sous le régime ATT. Tout laisse à croire qu’on lui a dit que l’ancien avion présidentiel était sans papier mais par qui ?

Il n’est pas un seul car le président IBK dans le Jeune Afrique du 22 mai 2014, avait affirmé concernant la disponibilité de l’avion acquis le régime ATT : « Disponible peut-être, mais hors d’état de voler. Ce 727 a en effet été obtenu dans des conditions d’opacité telles que nous ne disposons d’aucun document ni d’aucune facture le concernant : il semble qu’il aurait transité par la Libye. »
Donc le Premier ministre ne serait pas le seul à donner des informations erronées à la population malienne !

Quatrième constat : l’Etat du Mali, le balayeur balayé

Le président de la République du Mali, M. Ibrahim Boubacar Keita, dans une ses allocutions au début de son mandait avait laissé entendre que « l’année 2014 serait placée sous le signe de la lutte contre la corruption. » L’état du Mali dans sa lutte contre la corruption, à contre-courant vient d’être épinglé par les institutions de Bretton Woods, particulièrement le FMI (Fonds Monétaire International). En représailles de l’opacité de l’acquisition du nouvel avion présidentiel et des contrats passés sans appel d’offres entre le gouvernement et des sociétés privées, le FMI a décidé de geler pour le compte du mois de juin le décaissement de ses fonds pour le Mali jusqu’au mois de septembre de 2014. Pis, le décaissement pour le mois de septembre prochain est conditionné à un audit préalable par les équipes du FMI d’après l’AFP (Agence France Presse) du 19 juin 2014.
D’apres Tiken Jah Fakoly, c’est le balayeur balayé.

Il ne faudra pas être expert en économie pour savoir qu’il était inopportun dans le temps, la forme et même la manière de l’acquisition de ce nouvel avion présidentiel. Notre pays sort d’une crise sociopolitique sans précédente, les caisses sont vides, l’Etat malien était est toujours sous perfusion internationale.

Conclusion

Cher M. Moussa Mara, Premier ministre et chef du gouvernement du Mali, l’appréciation d’un œil extérieur est souvent nécessaire dans le but d’une réflexion saine et objective. N’étant pas membre du parti Yelema qui est le vôtre, ni d’aucun parti d’ailleurs, je me suis donné une obligation de dresser une petite réflexion objective couronner par mes modestes propositions.

En corollaire, je vous prie de tenir compte des points esquissés ci-dessus, notamment dans le deuxième et troisième constat. S’il s’avère qu’il y a eu des écarts involontaires ou volontaires dans votre conduite de fonction, je pense tout humblement qu’il sera mieux de présenter vos excuses à vos partisans et à la population malienne.
M. Moussa Mara, vous êtes arrivé à la tête de ce gouvernement politiquement clean, et il faudra ressortir comme vous êtes arrivé tout clean également.
Vous devriez vous souciez de votre avenir politique, car il sera trop tôt et de le laisser étancher par quoi que ce soit.
M. le Premier ministre, qui est-ce politique malien pendant ces deux dernières décennies qui n’a pas délibérément ou spontanément dire des propos fallacieux ? Reconnaître son erreur c’est également une grandeur, c’est aussi être un homme.

Vos critiques et suggestions sont les bienvenues.

Une contribution de Issa Balla Moussa Sangaré

Washington DC, le 25-06-2014


Mali : Prison Break

Mohamde Ali Ag WADOUSSENE, Credit: maliweb.net
Mohamde Ali Ag WADOUSSENE, Credit: maliweb.net

Rassurez-vous, ce n’est pas Micheal Scofield et son frère Lincoln Burrows et le tout reste de leur groupe, mais c’est Mohamed Ali Ag Wassouden un Scofield à la malienne avec son groupe qui ont fait un vrai Prison Break. Le lundi 16 juin 2014, un Prison Break s’est déroulé dans la maison centrale d’arrêt de Bamako. Un scénario digne d’un film Hollywoodien. En effet, un jeune touareg de 25 ans, Mohamed Ali Ag Wassouden, le Scofield malien, a su minutieusement préparé son coup pour s’évader avec 23 prisonniers. Huit seront rattrapés et les quinze autres détenus se font toujours la belle dans la nature. Pour rappel, Le Scofield malien est en prison depuis 2011 pour avoir participé au rapt de deux ressortissants français (à Hombori dans le nord du Mali), pour le compte d’Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique).
Selon RFI, le Scofield malien détenait un pistolet automatique dans sa cellule, et c’est avec cette arme qu’il tira à bout portant sur un surveillant de prison qui rendra l’âme peu après à l’hôpital.

Un pays où tout est à refaire chez les porteurs d’uniforme

Au Mali tout est à reformater chez nos forces de l’ordre, de sécurité et de la défense. Comment un détenu peut-il se procurer une arme dans sa cellule ? Comment un supposé terroriste peut-il être enfermé comme un simple prisonnier ? Comment a-t-il pu quitter facilement son cachot pour se retrouver à la grande porte de la prison centrale ? Les surveillants de la maison d’arrêt ne sont-ils pas armés ? Y a-t-il un déficit de personnel ? Ce sont ces questions que le citoyen malien lambda se pose aujourd’hui.

On se rappelle également d’un autre cas plus cinglant, c’est le cas d’un apprenti terroriste pour reprendre les propos de la presse locale Malienne. En 2011, un apprenti terroriste de nationalité Tunisienne est arrêté à Bamako à la suite d’une tentative d’attentat devant l’ambassade de la France au Mali. Avec l’aide de la population il fut arrêté et placé sous le contrôle de la Direction générale de la sécurité d’état (DGSE). Ironie du sort, l’apprenti terroriste parvint à s’évader, et il fut appréhendé jusqu’à l’entrée de Gao (la septième région). Je ne vous raconte pas une histoire, c’est un fait réel. Le jeune Tunisien, l’apprenti terroriste s’était défait de la main de notre sécurité d’état et ces quelques jours plus tard qu’il fut arrêté à l’entrée de Gao. Mon Dieu!!!!
Si un apprenti terroriste parvient à s’évader de la main de la sécurité d’état, quid d’un vrai terroriste ?

Affaire à suivre….

19-06-2014
Issa B.M Sangaré