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Acquisition de Tigo Sénégal par Wari, éclat d’un échec de l’État Sénégalais

Acquisition de TIGO par WARI, éclat d’un échec de l’ÉTAT du Sénégal

J’ai accueilli la nouvelle de l’acquisition de Tigo Sénégal du groupe MILLICOM par le Wari par un sentiment assez partagé.

D’abord une fierté de voir un entrepreneur sénégalais réussir si rapidement dans le monde affaires. Ensuite, je n’ai pu m’empêcher d’avoir un sentiment de dépit à l’égard de la gestion de nos ressources par les autorités de notre pays.

WARI a vu le jour il y a moins de dix (10) ans par l’ingéniosité d’un informaticien ayant pour ambition d’apporter de l’innovation dans l’économie du transfert d’argent. D’abord en collaboration avec l’opérateur historique – la Poste – longtemps dominateur dans le marché des transferts d’argents nationaux, il a pu démocratiser le transfert d’argent en le rendant accessible géographiquement et à toutes les bourses, un concours à l’épanouissement social notoire.

Le succès de WARI est tel qu’il est entré dans le mode d’expression et de vie de tous les sénégalais.

Son essor s’est poursuivi et progressivement, il s’est implanté un peu partout dans la sous-région. Récemment c’est le Nigeria, première économie et premier marché africain que WARI a investi.

Cette acquisition de TIGO est alors une suite logique d’une dynamique de progrès et de croissance qui doit inspirer plus d’un ; l’ensemble de mes compatriotes et en premier chef nos dirigeants.

Mon sentiment de dépit, à l’annonce d’une nouvelle si reluisante pour l’image du Sénégal et des Sénégalais, peut paraître incompréhensible.

Il est ainsi nécessaire de réinterroger l’histoire pour comprendre l’amertume qui m’assaille en ces instants.

WARI s’est appuyé sur le transfert d’argent pour connaitre un développement si fulgurant. Ce domaine il y a moins de dix (10) ans était l’apanage de La Poste, Société historique à capitaux entièrement détenus par l’État.

Il apparaît donc clairement que ce n’est qu’un domaine, un secteur bien défini du marché de La Poste que WARI a exploité pour aujourd’hui être ce qu’il est.

Parallèlement, La Poste est restée dans ces déboires, incapable d’exploiter le potentiel que renferment ses domaines d’activité.

Et, pourtant, WARI à son début, ce n’est que l’idée d’une personne, pas d’aussi grands moyens mais une volonté ferme et résolue d’aller de l’avant et de réaliser de belles choses pour soi et pour le pays surement.

La question à se poser c’est pourquoi La Poste n’a pas pu tirer avantage du potentiel de cet intéressant marché ?

Un résigné, certainement un postier te dirait, parce que la concurrence dans ce domaine est féroce.

Une réponse hilarante quant on sait l’avance dont disposait La Poste.

La réalité est simple, des entreprises comme La Poste, sous le contrôle de l’État, n’ont jamais eu d’objectifs. Elles n’ont servi jusque là qu’à caser le clan et la clientèle politique. Elles sont placées sous l’autorité d’hommes politiques dont le seul souci est de consolider leur leadership au niveau de leur base électorale. Ces entreprises sont donc des moyens d’assouvir des fins politiciennes.

Au su de l’État, elles accumulent les contre-performances, nécessitant même la mobilisation de nos maigres ressources pour les maintenir en existence.

C’est si écœurant, qu’une entreprise comme La Poste, avec un tel potentiel, pourrait comme l’est devenu WARI, être une entreprise multinationale, prospère pour le bien du Sénégal, des Sénégalais et du Postier.

L’État, au lieu d’injecter sans cesse de l’argent pour maintenir en vie La Poste en tant que instrument politique, devrait assainir la gestion des structures publiques et se limitant à un strict rôle de contrôle et se focaliser davantage sur ses fonctions régaliennes.

Cela sans doute éviterait que l’on aille jusqu’à ce que, aujourd’hui, La Poste doive plus de cent (100) milliards à l’État qui, lui, peine à doter toutes les populations sénégalaises d’une seule machine pour la Radiothérapie.


Sénégal : 48 heures de désillusions

Décidément les dieux ne sont plus du côté du Sénégal. Après avoir été écarté de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) samedi soir, la pilule n’était même pas encore passée que le lundi, l’information de l’élimination d’Abdoulaye BATHILY dès le premier tour pour le poste de président de la commission de l’Union Africaine est venue rendre beaucoup plus amer encore notre début de semaine.

L’équipe nationale de  football, un coutumier des faits

Au Gabon, l’équipe nationale était partie en quête du premier sacre continental. Après une phase de qualification inédite avec six victoires en autant de matchs, l’espoir quant à un exploit s’était accru. Le peuple entier y croyait. Un tel engouement n’avait plus été observé depuis 2002 avec l’épopée mémorable des « Lions » au Mali jusqu’en finale de la CAN,- ainsi qu’en Corée du Sud-Japon en coupe du monde où nous avions atteint les quarts de final.

La CAN 2017 avait bien été amorcée avec, notamment, un passage en quart de finale dès nos deux premiers matchs, conclus par des succès rassurants. On nous plaçait déjà comme un solide prétendant à la victoire finale. Cette situation de favoris était loin d’être anecdotique au regard de notre parcours en qualification et de la forme générale de l’équipe qui nous a valu la première place en Afrique au dernier classement FIFA.

En réalité, la dynamique de l’équipe était bonne depuis la dernière CAN ratée et l’intronisation d’Aliou CISSE, par ailleurs acteur de la glorieuse performance de la génération de 2002, comme coach. Bien plus que de bâtir une équipe compétitive, il a réussi à fédérer le pays entier autour d’elle. C’est donc avec beaucoup de ferveur et d’espoir que le pays a accompagné les « Lions » sans se douter que cette aventure aurait un goût d’inachevé.

Même si l’adversaire, en l’occurrence le Cameroun, était de taille compte tenu de son palmarès, il n’y avait pas l’ombre d’un doute que nous étions en mesure de franchir cet obstacle. Or, ce qui ne devait être qu’une simple formalité s’est révélé être cauchemardesque pour toute une nation.

Après le temps réglementaire et l’épuisement de la période des prolongations, l’heure de la séance de tirs au but était venue. Une série de tirs fatale à notre rêve de sacre. Notre joueur vedette, Sadio Mane, a raté son tir et condamné le pays à devoir patienter encore pour espérer soulever le trophée continental.

La désillusion fut énorme. Cela se remarquait et se sentait un peu partout. Dans toutes les conversations, il s’agissait toujours du principal sujet. Ce samedi, le Sénégal s’est endormi triste, avec une tristesse encore plus acerbe au réveil. On venait de rater une grande occasion de réaliser un parcours abouti, l’équipe était au niveau et le soutien de toute la nation acquis. Un rêve venait de se briser et il ne restait qu’à attendre patiemment de digérer cette déconvenue.

La diplomatie, longtemps un grenier de succès

Un dimanche calme et on s’apprêtait à entamer la semaine et nous tourner vers d’autre perspectives. Mais le dicton selon lequel «un malheur ne vient jamais seul» tenait sa promesse.

Lundi, alors que la journée de transition vers l’éloignement de ce mauvais surprise semblait bien commencée, la nouvelle de l’élimination de notre compatriote le professeur Abdoulaye BATHILY, à la course à la tête de la commission de l’Union Africaine est tombée.

Cette information pouvait être rangée dans la rubrique des faits divers si la candidature du Sénégal n’avait pas suscité tant d’espérance.

Le pays a de tout le temps brillé par sa diplomatie ; une expertise avérée et qui nous a valu de grandes consécrations au plan international. En outre, l’État du Sénégal s’est fortement investi dans la campagne pour conquérir la présidence de la commission de l’UA. Des moyens humains et financiers considérables ont été engagés dans la campagne qui n’a en aucun moment négligé d’exploiter les relations cordiales que le pays entretient avec les autres.

Le récent succès diplomatique au conseil de sécurité de l’ONU lors du vote de la résolution contre la colonisation des territoires de la Palestine par Israël et la gestion réussie de la crise en Gambie avaient renforcé l’espoir de succès de la candidature du Professeur BATHILY.

C’est donc un revers cuisant que cet événement symbolise pour la diplomatie sénégalaise et de façon générale pour tout le pays. La déception est encore plus grande à la lecture du résultat des votes. Seulement dix (10) voix alors que les pays de la Communauté Économique Des États de l’Afrique de l’Ouest –CEDEAO- sont au total quinze (15). Cela suppose par ailleurs que la cause communautaire a été «trahie».

En attendant de savoir quels pays de la région de l’Afrique de l’ouest n’ont pas adhéré au soutien fraternel promis, le Sénégal et les sénégalais tentent de se remettre de cette suite d’échecs cruelle.


Élection de Trump, une chance pour l’Afrique

Je paraîtrai saugrenu compte tenu du discours globalement entendu. Je me suis réveillé et mis au courant de l’information préférée des media. La nouvelle de l’élection de Trump, contrairement à beaucoup, je l’ai saluée.
J’étais indifférent du choix qu’effectueraient les américains.
D’abord, par principe, parce que je ne suis pas yankee et que je ne m’attends à rien de la personne qui sera élue.
 Ensuite, accessoirement, parce que je ne voyais pas véritablement de différence entre les deux protagonistes.
Trump a un tempérament et une personnalité, comme nous en avons tous et certes qui ne font pas l’unanimité. Mais il est clair qu’il a été caricaturé avec excès. Et, à ma totale indignation, pas par les américains, premiers intéressés, mais par des personnes dont l’acharnement m’était incompréhensible.

Madame Clinton a été peinte par ces mêmes observateurs comme un ange, à l’opposé du démon Trump. Une dame blanche comme neige et qui aime les couches vulnérables et oppressées. Ils ont fait en sorte de cacher sont coté obscure, son passé, la décrivant comme parfaite alors qu’elle n’est différente de Trump que dans la tenue.

Ces deux personnes ne sont en réalité différentes que par les apparences, au fond, dans leur tête, elles sont proches.

Trump, je lui reconnais le mérite d’avoir eu le courage de dire au su de tous sa pensée, contrairement à son adversaire qui a tenté de cacher sa nature à travers le mensonge et la duperie.

A tous ceux qui dans le monde croient ou craignent que le règne de Trump soit catastrophique pour l’humanité, je les rassure.

Il y’a huit (8) ans, un espoir et un engouement jamais vécus, habitaient l’humanité. En vérité, qu’est ce qui a changé entre temps ?

Les mandats de Barack Obama ont-ils changé le monde ? Vivons-nous plus en paix ? Ses promesses ont-elles été tenues ? Avait-il tout le pouvoir du succès de sa politique ?

Pour Trump, il n’y aura guère de différence.

Le monde évoluera, les menaces resteront constantes ou se proliféreront même, Trump n’aura pas le pouvoir de certaines politiques qu’il a promises de mettre en œuvre et le rêve américain se poursuivra.

A mon sens, aucune raison de paniquer ou de craindre quoi que ce soit.

Cette nouvelle est de mon point de vue une source d’espoir pour l’Afrique car, nous fils du continent devons tirer les leçons de ce qui se passe. Ce dénouement, ce choc que beaucoup semblent vivre, doit nous secouer et enfin nous sortir de notre long et profond sommeil.

Il est plus que temps que l’on se réveille. Que, comme je le disais il y’a près d’un an à d’autres jeunes de toute l’Afrique, nous ne devons plus rien attendre du monde et particulièrement de l’occident.

Le monde est à un tournant et, plus que jamais, les africains doivent s’en rendre compte.

Arrêtons de perdre du temps et de l’énergie pour des débats qui ne nous concernent pas véritablement. Notre seule préoccupation doit être de nous en sortir. Ce, pas en attendant un quelconque concours des États Unis ou de l’Occident, mais en travaillant dur comme eux ont eu à le faire et préalablement, en y croyant fermement.

Cette nouvelle doit nous rappeler que nous restons en dehors des États Unis. L’euphorie et l’attachement que nous prêtions à cette campagne n’avaient aucune raison dès lors que nous n’avions pas de carte pour choisir.

Le choix appartenait aux américains qui ont souverainement élu le candidat en qui ils portent leur confiance quant à la sauvegarde de leurs intérêts propres.

L’évidence c’est que notre mot importait très peu. Les citoyens américains se sont choisis le meilleur pour incarner leurs aspirations, le meilleur à leurs yeux pour les conduire vers leurs souhaits.

Et, que l’image de Trump ne nous choque pas plus que celle des américains. Les dirigeants ne sont qu’à l’image de leur peuple. A nous d’en choisir qui répondront à nos aspirations ; si réellement elles portent les noms développement et émergence.


Danger sur les routes de Dakar

Danger sur les routes de Dakar
Danger sur les routes de Dakar

Quelqu’un pour qui il s’agit du premier séjour à Dakar est sans doute déboussolé par beaucoup de choses. Naturellement, comme cela arrive à tous ceux qui quittent un lieu de résidence habituel pour fréquenter de façon définitive ou temporaire, brièvement ou longuement un autre endroit.

Dakar, comme par ailleurs toute autre capitale ou ville a ses déterminants, des caractéristiques qui font qu’il soit unique et spécial. Certainement qu’une personne qui l’aborde pour la première fois est impressionnée par la ferveur sur les routes à certaines heures mais aussi et surtout la coloration et l’aspect atypique de certains véhicules de transport en commun.

L’attitude des conducteurs peut également troubler la sensibilité d’un visiteur comme celle de quelqu’un qui a résidé pendant une longue durée au Sénégal.

Être sénégalais et avoir passé la majeure partie de mon existence à Dakar ne m’a pas permis de m’habituer aux excès constamment constatés dans la circulation automobile.

Entre véhicules en état désastreux et comportements irresponsables, les passagers et même les passants côtoient en permanence un danger manifeste.

La détresse guette à tous les niveaux. Que ce soit au carrefour en présence ou non de feux tricolores, au niveau d’un passage piétons, à un arrêt lors de la descente…

Les conducteurs de véhicules de transport en commun et des taxis sont ceux qui s’illustrent le mieux dans cette transgression des règles. La constatation est qu’ils sont les plus impliqués dans les incidents sur les routes et sont notoirement reconnus pour leurs manquements au respect du code de la route.

L’on ne dénombre plus les cas d’accident dans lesquels ils sont impliqués. Les statistiques font froid dans le dos.

Chaque fois que d’importantes pertes sont déplorées, le traitement qu’en fait la presse, le raisonnement qui s’en suit, produit chez le comportement des chauffeurs un effet réducteur, balayé aussi rapidement que disparait l’écho du son émis par les radios et télés.

Aucune conséquence n’est tirée de tous les drames survenus sur les routes. Ni par l’état ; par des mesures exemplaires et efficaces, ni par les chauffeurs ; par un comportement plus accompli.

Et, comme souvent, c’est au malheur de pauvres personnes que s’abattent tous ces actes irresponsables.

C’était le cas il y a moins d’un mois, lorsque tranquillement installé, sur un banc de l’espace public aménagé près de chez moi, pour fuir la chaleur de l’intérieur de la maison après une journée chargée, mon téléphone sonna.

Un cousin m’informait qu’il avait fait un accident et qu’il a été évacué à l’hôpital. Aussitôt nous nous précipitâmes à son chevet que nous fumes édifiés sur le déroulement de sa mésaventure. Il descendait de ces fameux cars « rapides ».

Alors qu’il descendait, le véhicule est soudainement reparti. Il est tombé sur la chaussée, inconscient, la tête ensanglantée par une hémorragie, et seul. Ses bourreaux, le chauffeur et « l’apprenti », n’ayant même pas eu la décence de s’enquérir de sa situation qui aurait pu être encore plus grave si les sapeurs pompiers, promptement alertés par des passants n’étaient pas arrivés assez vite.

Malheureusement, aucun témoin n’avait pu relever le numéro de la plaque d’immatriculation du car.

Combien de personnes se sont retrouvées confrontées à de pareilles expériences ? Combien d’entre elles s’en sont sorties ? Des victimes dont les bourreaux ne seront jamais inquiétés.

La passivité des autorités par rapport aux maux de la route est déconcertante. Il semble que l’anarchie y prédomine et l’injustice, la règle.

Les incidents qui ont suivi la mort d’un chauffeur de taxi, tué d’une balle par un autre conducteur le 27 octobre 2016, sont révélateurs qu’au Sénégal, les chauffeurs de transport méprisent les lois.

Loin de vouloir défendre ou justifier le crime commis par l’autre chauffeur, j’estime qu’un tel acte ne peut et ne doit être jugé et puni que par les autorités judiciaires.

Qu’est ce qui justifie que les autres chauffeurs barrent des routes ? Est-ce pour eux une façon de venger leur collègue ? Protester oui mais quand même en respectant au minimum les règles. En plus, qu’est ce que ceux qui se sont retrouvés piégés dans les bouchons ont à faire avec cette histoire ? Ils dénoncent de l’injustice en sapant le respect et la considération dus à leurs concitoyens.

Vraisemblablement, sur les routes à Dakar, les chauffeurs de transport ont pris le pouvoir.


Sénégal : Karim Wade libéré

En détention depuis plus de trois années enrichissement illicite et condamné à une peine d’emprisonnement ferme de 6 ans suite au verdit de son jugement du 23 mars 2015, Karim Wade a été libéré dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juin 2016. Il bénéficie ainsi d’une décision de grâce Président de la République à son endroit mais aussi à l’endroit des ses compagnons Bibo Bourgi et Alioune Samba Diasse.

Des bruits courraient déjà depuis quelques semaines quant à sa libération prochaine. Le doute s’était d’un coup affaibli avec l’intervention du Président de la République sur RFI et qui, en ces termes « …il ne faut pas désespérer que cela puisse avoir lieu » confirmait ce qui est une évidence aujourd’hui.

Seuls les noctambules ont eu la chance d’avoir eu l’information avant de dormir. D’autres comme moi, n’ont été au courant que le vendredi au matin. Le plus célèbre prisonnier du Sénégal a quitté la maison d’arrêt et de correction de Reubeus très tard dans la nuit, à 1h45 d’après certaines sources.

Ensuite, selon encore des sources, Karim Wade a quitté le pays dans la nuit par vol spécial en compagnie d’un de ses avocats et fidèle de son père Maitre Madické Niang et du procureur général du Qatar.

L’épilogue de cette affaire s’apparente à celle d’une série tragi-comique à bien des égards.

D’abord, l’arrestation de Karim Wade à la suite de la réactivation de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI) jugée alors comme une doléance exprimée par les Sénégalais lors de la seconde alternance politique.

Le procès qui s’en est suivi avait fini par exaspérer pratiquement tout le monde tant il était visible que le droit était bafoué. De plus, l’objet même de la CREI semblait détourné car seul Karim Wade a été inquiété. D’autres dignitaires de l’ancien régime en transhumance dans l’autre camp ont vu leurs soucis dissipés. Pourtant certains d’entre eux figuraient bien comme Karim dans la première liste du procureur de la CREI.

Ensuite, les tractations qui ont eu lieu de la prononciation du jugement à sa libération. Le camp du régime à la tête duquel le Président de la République a toujours clamé sa distance par rapport aux affaires relevant de la justice.

Il était clair dans leurs raisonnements que Karim Wade vivait le sort qu’il méritait. Certains d’entre eux n’avaient pas hésité, au moment du procès avant même que le verdit ne tombe à le qualifier de coupable.

Ainsi, la probabilité d’une liberté avant le terme de la peine paraissait très loin d’être réaliste.

Et, d’un coup, tout a basculé. Les acteurs ont semblent-il changé de position et le discours est devenu moins virulent dans les deux camps.

Enfin, à la stupéfaction de tous, la grâce du Président de la République est sortie. Celui là même qui parlait au début du mois d’une possibilité que Karim Wade soit libre d’ici la fin de l’année s’est vraisemblablement empressé de signer cette grâce pour prendre de court toute l’opinion.

La date également est à plus d’un titre symbolique. Le pays venait de commémorer le cinquième anniversaire de la révolte du 23 juin. Cette date historique symbolise le refus par les Sénégalais d’une violation constante de la loi fondamentale et d’une dévolution monarchique du pouvoir.

Cette date était le début d’un espoir de rupture conquis au prix du sang, un espoir que plus rien ne serait comme avant.

Mais, comme pour nous rappeler que nous n’étions que dans une parfaite illusion, pour nous rendre compte que définitivement cet espoir n’est qu’une leurre, la grâce est sortie à cette date.

Certainement pour nous convaincre résolument qu’eux, les professionnels de la politique, ne fondent qu’une famille. Qu’ils soient libéraux, socialistes, communistes, quel que soit leur horizon, ils ne sont qu’un.

Et, nous prouver à nous autres pauvres Sénégalais que nous ne devons en aucun moment nous mêler de ces histoires de famille.

Une nouvelle fois, les hommes politiques semblent réussir leurs manœuvres mais cette fois, pas au détriment du peuple comme espéré, mais à leur propre perte.


Sénégal : Rapport de l’ OFNAC, le Président SALL mis à l’épreuve

Le 24 mai passé, l’Office Nationale de Lutte contre la Fraude et la Corruption OFNAC rendait public son rapport d’activité 2014-2015. Ce dernier étant le premier depuis le démarrage effectif de ses activités en 2014 suite à sa création par la loi n° 2012-30 du 28 décembre 2012.

Tel que dit dans la présentation de l’institution dans son site internet ; sa mise en place consacre la volonté politique du Président de la République de promouvoir la probité dans la gestion des affaires publiques. Et de poursuivre en précisant que sa création résulte d’une forte exigence populaire de transparence mais aussi d’une volonté politique d’instaurer une gouvernance vertueuse.

Ainsi, la mission de l’OFNAC précisée, l’institution s’est rapidement attelée à la poursuivre.

La déclaration de patrimoine des autorités et agents publics a été pendant un bon moment vue comme l’activité principale de l’OFNAC. A part quelques apparitions lors de certaines cérémonies ou rencontres religieuses (Maoulouds, Magal…) l’institution paraissait n’exister que de nom jusqu’à la publication de son premier rapport d’activité.

Il a ainsi été découvert qu’un gigantesque travail d’investigation est mené depuis le début de son fonctionnement effectif.

Au lendemain de la diffusion du rapport, la réaction de la presse, celle des hommes politiques, de la société civile mais aussi et surtout celle des citoyens ont témoigné de l’ampleur des résultats qui ont découlé des enquêtes menées par l’institution.

Parmi les faits ayant le plus suscité de réactions, des indices graves et concordants d’infractions de faux et usage de faux, de détournement de deniers publics et de dysfonctionnements décelés au niveau de certaines structures publiques.

Le cas du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) et du Groupe la Poste a surtout marqué l’attention de l’opinion.

Les révélations de l’enquête en ce qui concerne le COUD sont graves à plus d’un titre.

D’abord des faits de détournements de deniers publics relatifs aux subventions d’un montant de 89 millions que le COUD a attribuées à l’occasion de la visite du Président de la République le 31 juillet 2015 à l’Université Cheikh Anta Diop.

Ces subventions ont été accordées le 13 août 2015 soit, postérieurement au déroulement de la manifestation. Aussi, l’enquête révèle qu’il n’existe aucune trace de l’effectivité des dépenses annoncées et que ces montants ont été accordés et décaissés sans suivre la procédure réglementaire qui prescrit que toute subvention doit être autorisée par le Conseil d’Administration. Le directeur ayant donc agi en méprisant absolument toutes les règles.

Par ailleurs, ces subventions relatives à la visite du chef de l’Etat n’ont pas été les seules dont le COUD n’a pas été en mesure d’apporter les pièces justificatives s’y référant. Des dizaines de millions de francs ont ainsi été soutirées des caisses du COUD sans suivre les formalités réglementaires relatives aux pièces justificatives, à l’identification des bénéficiaires et à l’objet de ces subventions.

Aussi, l’enquête dans ses résultats révèle que pour une vente aux enchères des matières reformées, le procès-verbal présente le montant de 150 161 720 francs CFA comme produit de la cession des diverses matières. De ce montant, le Commissaire-priseur n’a reversé au COUD que 59 391 480 francs CFA. Les divers frais de la procédure de vente facturés par le Commissaire-priseur représentent le montant 90 770 240 francs CFA.

Ce qui est quand même déraisonnable.

Mais, à mon sens, ce qui ne pourrait être toléré et qui se trouve rapporter par l’enquête ce sont les tentatives d’intimidation, les menaces ouvertes à l’endroit des membres de l’équipe d’enquête, les actes d’intoxication et l’ordre intimé aux travailleurs du COUD de ne pas déférer aux convocations de l’OFNAC dont le directeur de la structure a été responsable.

Ce type de comportement, indigne d’un manager d’une entité publique doit être vigoureusement puni et en ce sens, les recommandations de l’OFNAC au chef de l’Etat pour que le directeur du COUD soit relevé de ses fonctions et qu’il ne lui soit plus confié la responsabilité de la gestion d’une structure publique doivent être observées.

Pour ce qui est du Groupe la Poste, contrairement à ce qui a le plus été relaté par la presse et s’agissant d’indices graves et concordants d’infractions de faux et usage de faux et de détournement de deniers publics ayant trait à un marché de fourniture de rames de papier, l’autre révélation de l’enquête m’a le plus indigné. Elle est relative à l’existence d’arriérés de paiement d’un montant de plus de quatre-vingts milliards (80 000 000 000) de francs CFA dus au Trésor public par le Groupe La Poste, dans le cadre de la compensation du paiement de chèques postaux.

L’importance de ce montant m’a le plus surpris.

Il n’est un secret pour personne que les entreprises nationales sont globalement dans des situations financières assez délicates. Il est donc compréhensible qu’elles puissent bénéficier du concours financier de l’Etat.

Mais, il est important que cela puisse suivre des critères et règles stricts et très bien définis.

Comment comprendre qu’une entreprise puisse vivre ou fonctionner sur la base de fonds du Trésor ; donc de l’argent du contribuable ?

Si leur rentabilité ne peut être garantie à quoi bon de les maintenir aux frais des contribuables ?

Surtout si l’on sait qu’aucune mesure quant à la rationalisation des charges de ces entreprises n’est prise pour au moins réduire leur dépendance aux contributions de l’Etat.

Les structures publiques ont été et ne cessent d’être des abreuvoirs et des lieux d’assouvissement des militants et de la clientèle des partis politiques qui sont aux affaires.

Elles sont rares à générer des résultats positifs mais ne cessent de recruter et d’alourdir les charges nécessaires à leur fonctionnement.

Chaque Directeur Général qui passe ne réussit qu’une mission ; celle d’enrôler les membres de sa famille, de sa base politique, ses camarades de parti et les multiples personnes recommandées par les autorités politiques et religieuses.

Aucun objectif n’est assigné à ces sociétés qui continuent de nous coûter une importante part à nos maigres ressources.

Peut-on comprendre que les autorités étatiques tolèrent que, malgré des bilans catastrophiques, ces sociétés poursuivent encore des recrutements qui ne répondent à aucun besoin en ressources humaines et pis, que les recrutements ne soient basés que sur l’appartenance ou la proximité aux partis au pouvoir ou aux familles de ses membres ?

Un Etat aspirant à l’émergence et à la rupture doit-Il laisser de telles pratiques se perpétuer aux yeux de tous et au mépris notoire des diplômés des universités et établissements d’enseignement et de formation supérieurs qui croupissent au chômage ?

Au nom de quoi une entreprise comme la Poste doit pouvoir devoir plus de quatre-vingts milliards au Trésor public ?

Nous sommes-nous demandés combien d’hôpitaux cette somme pourrait servir à équiper ? Combien d’écoles pourraient être construites et équipées avec ? Cette somme n’aurait-elle pas pu solutionner le problème que les enseignants ont avec l’Etat ?

Au moment où ce conflit occasionne de très sérieux dommages et qu’il bloque autour de dus que les enseignants réclament à l’Etat qui avance des problèmes de ressources, doit-on tolérer que l’Etat, à coté, investit des dizaines de milliards pour entretenir des sociétés publiques qui ne mènent aucune politique pour s’en sortir ?

Les priorités dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures… semblent passer après celles des services à la clientèle politique.

Je me demande si des fois les autorités pensent à ce que leurs politiques et agissements produisent comme effets chez leurs concitoyens. Combien de personnes meurent par défaut de soins au niveau des structures hospitalières ? Combien d’accidents sur des routes en très mauvais état ? Combien de blessés d’accidents de la route ne sont pas évacués à temps à cause de l’insuffisance des équipements d’urgence.

Pourtant, l’argent que l’on perd par la faute des politiques pourrait nettement contribuer à améliorer les conditions d’existence des sénégalais.

Je suis déçu comme beaucoup de personnes qui ne voient ce qui se passe que d’un œil de Patriote.
Mais, nous risquons d’être davantage déçus si nous poursuivons à croire qu’il est encore possible que le Président s’attache à ses promesses d’antan.

S’il a passé plus de quatre années à renier ce pour quoi nous avions placés nos espoirs en lui, je doute fort qu’il parvienne à renverser la tendance.

Il suffit d’être tout simplement réaliste pour voir qu’on est aux antipodes de ce qui nous a été promis. Et ainsi prédire que la rupture tant annoncée n’est pas pour demain.

Cependant, je prie fort que le tort soit de mon côté et que l’optimisme de certains ne se mue en une énième déconvenue.

En tout état de cause, la patrie avant le parti, ce slogan tant chanté par le Président République au moment de son accession à la magistrature suprême est aujourd’hui, plus que jamais, mis à l’épreuve et dans les prochains jours on saura véritablement s’il s’agissait simplement d’une propagande à des fins démagogiques ou d’une conviction profonde.


2015 : voyages, rencontres, découvertes

L’on entame très souvent une nouvelle année avec plein de projets, un certain nombre de résolutions, des souhaits et vœux que l’on aspire tous accomplir ou voir leurs réalisations effectives.

Très souvent, ces souhaits ont une affinité avec notre passé et surtout, notre passé récent.

L’année écoulée est prise en référence afin de se fixer de nouvelles missions. C’est donc, tout le temps, le point de départ, le support de nos résolutions.

Un bilan de l’année défunte est alors nécessaire pour déterminer les bons objectifs.

Il est donc aisé de comprendre que je doive effectuer une brève rétrospection pour mieux formuler mes vœux en ce nouvel an.

Je commençais 2015, habité d’une tristesse qui d’une certaine façon réside encore au fond mon cœur. Je venais justement de perdre un être très cher, mon oncle.

Cet événement qui m’a profondément marqué, constituait une épreuve qui ne pouvait que me laisser perplexe quant à l’aboutissement de l’année qui venait à peine de débuter.

Mes premiers moments en 2015 furent difficiles. J’avais très mal.

Cependant, je fus soulagé par l’élan d’union de toute ma famille lors de ce malheureux épisode de notre vie mais aussi par la compassion que mon entourage m’a témoigné.

Le début de l’année 2015 correspondait également à mon retour à l’Ecole Nationale des Postes.

Ce séjour a considérablement marqué mon année de par les nombreuses et importantes rencontres que j’y ai vécues mais aussi de par l’occasion que ce cadre m’a offert afin d’accomplir certaines choses qui n’avaient pas une relation particulière avec la formation.

Je garderai à jamais dans mes souvenirs les cours qui nous suivions ainsi que les enseignants qui les dispensaient.

Ces hommes et femmes, au delà des enseignements dont ils avaient la charge de nous transmettre, n’ont en aucun moment hésité à partager avec nous leurs expériences respectives tant sur le plan professionnel que dans d’autres domaines encore plus vastes. Et le tout, dans une atmosphère constamment détendue et amicale.

L’Ecole des Postes, c’est également un personnel, une administration qui ne s’est jamais lassée de s’investir afin que notre séjour soit des plus confortable, des plus agréable.

Je ne peux oublier mes camarades de promotion que j’ai tant importunés. Ils ont marqué ce passage par leur gentillesse, par les diverses manifestations qu’on a eu à vivre ensemble, par nos moments de délires mais surtout par les conversations et débats que l’on a tenus sur la Poste et son avenir. Ce fut comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire plus qu’un honneur d’avoir été de la même promotion que tant de gens au niveau intellectuel et à l’humanité si élevés.

Je ne cesserai d’être reconnaissant à l’endroit de tous ceux que j’ai croisé à l’Ecole Des Postes ; le personnel administratif, les enseignants, mes camarades de promotion. Que ce soit en 2009 ou en 2015, ils ont, chacun en ce qui le concerne, contribué à enrichir mes connaissances et mon expérience mais, ils ont surtout participé à forger ma personnalité.

La formation à L’Ecole Nationale des Postes comportait un stage pratique qui m’a conduit à EMS Sénégal et au Centre Autonome de Distribution de La Poste.

Ce stage m’a permis de découvrir un peu plus La Poste et de me rendre compte de la qualité de ses ressources humaines. Toutes les personnes par qui je suis passé m’ont agréablement accueilli en partageant leurs connaissances et expériences, leurs bureaux et repas et n’ont pas manqué de formuler des vœux heureux pour ma personne.

La fin de la formation m’a consacré une période de vacances que j’ai rarement eue. Et c’était pour moi le temps d’en profiter au maximum.

Mais, avant ces vacances, nous avions déjà bénéficié d’une pause de deux semaines correspondant à la fin du premier trimestre.

J’avais sauté sur l’occasion pour entreprendre le premier voyage que je décidais de mon propre chef. Et, je découvris Saint-Louis.

Il s’agissait aussi d’une très vieille promesse que j’avais faite à des amis, particulièrement à Bassamba chez qui j’ai passé l’ensemble de mon séjour.

Ce voyage me marquera à jamais. Je n’oublierai jamais ma rencontre avec le Pont Faidherbe.

Sur un virage de la corniche, marchant tranquillement pour me rendre à La Poste, j’étais surtout occupé à m’affairer sur mon téléphone. D’un coup, comme si on me demandait de quitter mon gadget, je levai les yeux pour apercevoir ce bel édifice. Je fus stupéfait. Je ne l’avais jusque là vu que sur des photos ou à la télévision. Je puis à cet instant me rendre compte de la différence entre le réel et le virtuel.

La traversée fut excitante. Je savourai chaque instant et surtout, l’immensité du Pont.

A Saint-Louis, j’avais aussi rencontré un climat doux et agréable, des personnes douces et aimables dont je me souviendrai toujours.

Ce voyage avait fait surgir en moi de nouvelles sensations, une nouvelle façon de voir et d’apprécier.

La sortie organisée avec mes camarades de promotion à Ndangane et dans les îles du Saloum allait davantage renforcer mon envie de découvrir encore d’autres lieux, plus de choses.

C’est ainsi que j’entrepris dès la fin du stage pratique des voyages.

D’abord je me suis rendu à Sibassor puis à Kamatane où j’ai eu l’occasion de séjourner quelques semaines.

C’était une occasion inespérée de me ressourcer et de savourer tout ce qui fait que j’aime ces endroits ; la famille, le calme, la nature.

Je me suis remémoré des époques où je passais mes vacances à ces endroits. Tout me rappelait quand j’étais encore plus jeune, tout.

Quand je me promenais sur les sentiers le matin en direction du lieu où notre troupeau de vaches se trouve, quand je dégustais le couscous accompagné de lait, quand la nuit je pouvais observer sans encombre le ciel et les belles étoiles, le chant des oiseaux tôt le matin, tout me ramenait à des années en arrière et, je savourai.

Mais le moment était venu pour moi de partir.

Je devais assister à la session de formation de Mondoblog à laquelle j’étais invité.

Je fus dubitatif quant à ma participation. J’appréhendais cette rencontre avec des hommes et femmes d’autres horizons, d’autres cultures.

Je sortis enrichi de cette semaine où je pus côtoyer et apprécier toutes ces nationalités réunies pour la circonstance.

C’était pour moi une occasion de voyager un peu partout dans le monde. Car, à travers ces différentes rencontres et histoires, j’avais eu connaissance de la façon dont on vivait ailleurs. Et, à force d’entendre les comparaisons qui étaient faites avec le Sénégal, je puis imaginer comment étaient les pays des participants tant sur les plans économique et social que sur le niveau de la liberté démocratique.

Mondoblog 2015, c’était pour moi de belles rencontres, des liens amicaux qui se sont tissés et tout naturellement, un moment inoubliable.

J’ai gagné à participer et j’aurais été malchanceux de rater une si belle occasion de découvrir le monde.

Justement, dans cette quête de découvrir le monde, je sentais que je devais commencer par le Sénégal.

Et puisque je n’avais plus de temps à perdre, je décidai de me rendre dans un premier temps en Casamance et dans un second temps au Fouta. Le tout, après un voyage express à Touba qui ne dura que 24 heures.

Ces 24 heures ont largement suffi pour que je puisse me rendre compte de l’immensité de la ville. Touba était déjà très grand lors de mon dernier voyage il y’a plus de 10 ans mais, entre temps, beaucoup de choses avaient changé.

La ville était encore plus grande, son rayon s’est étiré de plusieurs kilomètres. La mosquée était aussi de plus en plus belle et je pouvais constater les belles et grandes constructions présentes partout, près de la mosquée comme à la périphérie de la ville.

Malheureusement, pour des contraintes de temps, je ne pouvais attendre le grand Magal.

J’avais déjà planifié le voyage pour la Casamance et je m’étais déjà fait enregistrer pour le départ.

Mon planning pour la Casamance était un peu chargé pour un voyage d’une semaine. J’avais prévu de commencer par Ziguinchor, puis de me rendre à Sédhiou, ensuite à Bignona et Sindian pour terminer par un retour à Ziguinchor.

J’avais décidé de prendre le bateau pour les déplacements Dakar-Ziguinchor et Ziguinchor-Dakar.

Ce fut une expérience particulière et très excitante car étant une première.

Je fus dès mon entrée dans le bateau émerveillé par l’ordre, la propreté et la sécurité présents à bord.

Il y’avait vraiment tout pour un voyage en toute quiétude et je n’avais pas tardé à tomber amoureux du bateaux.

Le départ s’était fait comme convenu à 20 heures pile. La majeure partie du voyage s’est faite la nuit.

Le lendemain, à l’aube, nous quittions l’océan pour nous engager dans le fleuve Casamance.

Ce fut un spectacle impressionnant de beauté.  L’on pouvait observer le levé du soleil, le jour domptant la nuit. Tout autour du bateau, des dauphins semblaient nous souhaiter la bienvenue. De loin, on pouvait déjà apercevoir la mangrove dont la beauté s’intensifiait à force que l’on s’en approchait.

L’escale sur l’île de Carabane était aussi un des temps fort de ce voyage et cela témoignait également que Ziguinchor n’était plus très loin.

Il était 10h45 lorsque le bateau arriva à destination.

Juste après avoir quitté le navire et récupéré mes affaires, je me suis dirigé à la gare routière pour me rendre à Sédhiou.

Durant ce voyage, je puis me rendre compte de la beauté de la Casamance.

Je n’avais de mon vécu jamais vu quelque chose de telle. Le paysage est totalement différent de ce que l’on rencontre dans les autres parties du pays.

Une belle verdure, des arbres de taille impressionnante, de l’eau un peu partout… c’était réellement le contraire de nos localités au centre du pays.

J’eus une pensée à l’endroit des pasteurs de nos contrées, pour tout le mal qu’ils rencontrent à certaines périodes de l’année pour alimenter et abreuver correctement les bêtes. Ces abondants pâturages m’avaient tout bonnement donné envie de déménager en ces lieux pour exercer ma plus chère passion.

J’étais émerveillé et ceux avec qui je voyageais n’eurent pas de mal à s’en apercevoir. Je les assénais de questions. Et l’un d’eux me demanda si c’était la première fois que je venais en Casamance. Avec ma réponse, ils comprirent mieux mon étonnement.

Arrivé à Sédhiou, je puis constater que le paysage n’était pas différent de ce que j’avais pu voir tout au long du voyage.

J’étais toujours en pleine zone forestière, le fleuve était toujours là, et j’allais continuer à prendre plaisir.

Ainsi, jusqu’à la fin de mon séjour à Sédhiou, je savourais chaque moment.

Bignona était ma prochaine destination.

Il s’agissait toujours du même type de paysage. De l’eau et de la verdure.

Bignona est une très grande ville, plus grande que Sédhiou d’où je venais de séjourner.

Je n’eus pas comme à Sédhiou l’occasion d’effectuer de longues promenades. Pas parce que j’étais fatigué ou paresseux mais parce que je risquais bien de me perdre.

J’avais eu du mal à prendre des repères. Cette ville était grande et à mon sens ses rues étaient un peu compliquées à fixer.

N’empêche, j’ai profité de mon passage pour effectuer un crochet à Sindian, une localité située à un peu plus de 20 kilomètres de Bignona.

Lors de ce voyage en moto, il fallait traverser un bois long de plusieurs kilomètres et tellement touffu que le soleil n’apparaissait plus.

Là, j’étais en plein milieu de la forêt et j’avais de très fortes sensations. Tout était sombre et il faisait tellement frais, les arbres étaient si hauts…

Ce fut un voyage mémorable.

Mon séjour en Casamance tirait à sa fin et je ressentais de la mélancolie. Je semblais avoir vécu de nombreuses années sur cette terre dont j’étais véritablement épris.

Je me sentais à l’aise, en parfaite harmonie avec cet environnement, ce paysage fantastique.

J’avais un pincement au cœur de devoir quitter toutes ces merveilleuses personnes avec qui j’ai passé ces agréables jours.

Mais, l’envie de prendre à nouveau le bateau avait quelque peu atténué cette tristesse que je ressentais.

J’ai quitté Bignona après un très bon petit déjeuné ; du café citronné. Il y’avait un citronnier au centre de la maison et j’en cueillais à chaque occasion. Les fruits étaient exceptionnellement murs et ils donnaient un jus superbement délicieux.

Je suis arrivé tôt le matin à Ziguinchor. Je devais être au port à 11h45 au plus tard. J’avais donc un instant pour découvrir un peu ce qu’était cette ville.

Je fus aidé dans cette tache par mon cousin Youssoupha qui y réside.

Nous avons fait un tour. J’en ai profité pour aller visiter à un ami, nous nous sommes rendus au marché, et le temps filait tellement vite que je faillis rater l’embarquement.

Ziguinchor est une ville vivante, malgré qu’il s’agissait d’un dimanche matin, les rues étaient toutes animées et le marché, plein de monde.

J’étais arrivé au port à 11h45 pile et aussitôt entré, les gendarmes sur place fermèrent la porte. Je fus soulagé car il fallut très peu pour que je rate le bateau.

Nous avons quitté à 13h. Comme à l’aller, nous avons fait une escale à Carabane.

Je pouvais à nouveau profiter de la beauté de la mangrove, des dauphins qui cette fois nous disaient au revoir et des multitudes d’iles aux paysages paradisiaques.

Le coucher du soleil était le moment le plus sublime de ce voyage. Je ne pouvais plus tenir tranquille. J’étais surexcité.

C’était si beau, si sublime que je souhaitais que le temps s’arrête.

Progressivement, le soleil disparaissait de l’autre bord et la nuit dominait le jour.

Nous allions entamer un long voyage pendant la nuit.

Epuisé par tout  ce que j’avais accompli dernièrement, je ne tardai à m’endormir. Nous devrions arriver vers 5h du matin à Dakar. Et, déjà à 4h, les notifications que je reçus de mon téléphones et qui me réveillèrent, témoignaient que nous n’étions plus très loin.

La couverture du réseau était revenue et je compris que nous étions aux abords de Dakar.

Nous sommes arrivés juste avant 5h. Ce fut la fin d’un voyage mémorable, une aventure que je garderai à jamais dans mes souvenirs.

Après mon arrivée, je suis resté 2 jours avant de repartir à Kamatane.

C’était le lieu adéquat pour récupérer de toute cette fatigue.

Pourtant, je n’ai pas pu me reposer comme espérer.

Dès le lendemain, je me suis rendu à Goudem pour rendre visite à une tante et à ses enfants.

Le lendemain, j’ai passé la journée à Passy chez une autre tante. Et le Surlendemain, c’était au tour de Mbam de m’accueillir. Là également je rendais visite à la famille.

Après ces étapes, je pouvais profiter pleinement du calme de Kamatane afin de récupérer au maximum.

J’ai regagné Dakar une semaine plus tard après un bref crochet à Sibassor.

Au moment où mon entourage pensait que j’en avais fini avec ces interminables déplacements, je leur annonçais mon intention d’aller au Fouta, à Agnam Thiodaye.

C’était une promesse que j’avais faite depuis très longtemps à des amis qui y sont originaires.

Je voulais profiter des derniers jours qu’il me restait pour me décharger de cette dette que j’avais à leur égard.

 Je m’apprêtais sans m’en douter à effectuer le plus long voyage depuis mon existence.

Nous avions quitté Dakar dès 5h du matin pour n’arriver à Agnam qu’à 16h. Je savais que c’était loin mais pas à ce point.

Pendant le voyage, j’ai pu admirer les paysages du nord. Ils n’avaient rien à avoir avec ceux du sud. Là, c’était, à des endroits, presque désertique.

Tout au long du voyage, nous dépassions de nombreux troupeaux. Ils étaient tous impressionnants de par leur taille. On pouvait dénombrer des centaines de têtes.

Certains étaient constitués de moutons, de chèvres, d’autres de vaches et il y avait même des troupeaux de dromadaires.

En amoureux de l’élevage, j’étais émerveillé.

Le voyage était excessivement long et la fatigue commençait à me gagner.

Heureusement, chaque fois, sur la route, il y avait quelque chose qui attirait mon attention et qui m’aider à supporter la durée du voyage.

Agnam est une localité en plein cœur du Fouta. Naturellement, les populations s’expriment en pular et c’était compliqué pour moi de communiquer avec tout le monde.

Cependant, mon séjour là bas, bien que bref a été plus que plaisant.

J’ai eu la chance d’assister à leur marché hebdomadaire qui est un important lieu d’échange. Plusieurs marchandises produites dans ou en dehors du terroir y sont commercialisées.

La veille de mon départ, nous sommes allés en charrette à quelques kilomètres d’Agnam, là où passe le fleuve. Des activités agricoles y sont développées grâce à l’irrigation des terres en période de crue.

C’était le moment de faire des découvertes inédites.

En effet, je n’avais encore jamais vu cette façon de faire de l’agriculture. J’étais étonné de voir les cultures pousser et grandir sur un sol visiblement sec. La terre était craquelée, la surface dure et desséchée.

Nous étions au mois de décembre et aucune pluie n’était espérée, le fleuve également s’était rétréci et il n’était pas possible que ces terres reçoivent en cette période de l’eau.

Pourtant, ces populations depuis toujours sèment et récoltent dans ces terres. Je me demandais d’où venait l’eau dont les cultures avaient besoin pour grandir.

Je trouvai la réponse en creusant un peu. Je me rendis compte que l’eau était emmagasinée dans la terre. Elle était gardée dans l’argile qui la préservait jalousement. Les cultures avaient ainsi de quoi se développer jusqu’au moment de la récolte.

Nous profitâmes du coucher du soleil, au bord du fleuve, pour immortaliser les moments que nous venions de passer en prenant des photos.

Le lendemain à l’aube, je devais rentrer et avec ce dernier trajet, clore une aventure aussi époustouflante qu’excitante.

Une aventure qui m’aura permis d’enrichir un peu plus mon expérience sur la vie. Je pus me rendre compte qu’il y avait d’autres types de cultures, d’autres modes de vie.

J’ai aussi pu constater que le Sénégal était un pays où il y avait beaucoup de choses à accomplir. Ces voyages ont été une occasion de voir que l’état des routes n’était pas du tout conforme aux normes. Même si je dois reconnaitre que dans ce domaine, le gouvernement s’investit pleinement.

Les routes Dahra-Linguère, Kaolack-Fatick, Passy-Sokone sont en train d’être réhabilitées.

De même, j’ai vu qu’à Touba les infrastructures routières étaient de qualité.

Au sud, j’ai constaté un déficit criard d’infrastructures. A Sédhiou, nouvellement érigé en région administrative, il n’existe rien qui témoigne qu’on est dans une capitale régionale.

La route entre Ziguinchor et Sédhiou constitue également un problème car elle se dégrade petit à petit. Les tentatives de colmatage que j’ai constatées restent une solution pour le court terme et il devient nécessaire que les autorités y pensent.

La route Bignona-Sindian est dans un état catastrophique. Et les populations comme le potentiel économique de cette zone méritent qu’elle soit réhabilitée.

A coté des ces faits regrettables, il faut dire que le Sénégal est un pays avec d’énormes potentialités dans le domaine agricole et pastoral.

Au sud comme au nord, l’eau est en abondance. Les populations également tentent tant bien que mal de faire de leur maximum afin de tirer profit des conditions environnementales propices au développement de l’agriculture et de l’élevage.

Malheureusement, ils sont freinés par un manque de moyen que l’Etat se doit de dénouer.

Je ne pouvais faire un peu le tour du Sénégal sans garder un œil sur La Poste, mon entreprise.

Ces voyages ont attesté que La Poste occupait une place véritablement importante dans la vie des sénégalais.

Elle est la seule institution financière à être présente dans toutes les localités du pays.

J’ai pu visiter les bureaux de Kaolack, Sédhiou, celui de Sindian et des Agnams.

Le constat était que de nombreuses populations se rendaient au quotidien à la Poste afin de recueillir des prestations qu’elle était seule à fournir.

 La mission de service public était un peu plus claire dans ma tête. Je compris que l’Etat se devait de soutenir davantage la Poste dans cette tache.

Cette période de vacance aura été plus que bénéfique pour moi. Elle m’a permis de m’épanouir pleinement.

Mais, pas seulement, 2015 dans sa globalité a été une année très riche.

Toutes les expériences que j’y ai vécues ont été intéressantes.

J’ai pu relever de nouveaux défis, acquérir de nouvelles connaissances, faire d’innombrables rencontres…

Je pus également comprendre le sens de la famille. Tout le bonheur et l’amour que l’on ressentait à proximité de personnes avec qui l’on partage des liens sanguins.

L’amitié avait trouvé un nouveau sens avec ces voyages. Je compris qu’il n’était pas seulement obligatoire d’être de la même famille pour entretenir une relation fraternelle.

Je compris que le bonheur se trouvait dans des choses très simples, tellement simples qu’on peut être amené à les juger futiles.

Pourtant, le sens même de la vie se découvre dans des choses à priori primitives. Il s’agit de la famille, de l’amitié, de la sincérité dans les relations et surtout, de la sincérité, de l’honnêteté vis-à-vis de sa propre personne.

Il n’y pas un autre chemin pour s’épanouir, pour profiter assez confortablement de ce passage sur terre.

Je remercie en cette année toutes les personnes qui en 2015 m’ont témoigné leur sympathie.

Mes parents, ma sœurs, mes frères, ma famille, mes amis et collègues.

Mes camarades de promotion ainsi que l’ensemble du personnel de l’ENP ainsi que tous les enseignants.

Mon frère Abdourahmane Ndiaye alias Ndiaye Konior ou Ndiaye Mokal avec qui j’ai également effectué un voyage à Sibassor au mois de mars.

Mon ami et frère Bassamba chez qui j’étais lors de mon séjour à Saint-louis ainsi que ses voisins M. et Mme Darry qui ont été d’une gentillesse qui m’a profondément touché, Diouf, Jean et sa famille.

Tous les collègues de la DRP, du Centre Financier et du bureau de Poste de Saint-Louis.

Mme Fall de l’ENP à travers qui nous avons découvert Ndangane et rencontré toutes les merveilleuses personnes que je tiens à remercier.

Tout le personnel d’EMS Sénégal et du Centre Autonome de Distribution.

Mon cousin Boubacar Kounta et son épouse ainsi que ma cousine Khadidiatou Kounta qui m’ont témoigné une hospitalité particulière lors de mon séjour à Sédhiou.

Mon cousin Abdoulaye Mbengue et son épouse Maguette qui m’ont accueilli à Bignona et qui se sont occupés de moi comme un trésor.

Mon oncle le Colonel Diouma Sow que j’étais allé voir à Sindian et qui pour l’occasion m’a manifesté une affection pas nouvelle et qui est d’une réciprocité entière.

Le receveur du bureau de Poste de Sindian M. Gassama pour sa courtoisie et son dévouement dans sa tache de faire que la Poste replisse pleinement son rôle.

Mon cousin Youssoupha Mané pour sa disponibilité et son altruisme.

Mes belles sœurs Sagar et Thioro qui se sont occupées de moi comme un bébé à Kamatane.

Ma tante Aissatou Diouf à Goudem ainsi que ses enfants particulièrement Serigne Assane Gueye pour la gentillesse qu’il ne manque jamais d’exprimer à mon égard.

Mon cousin Sory Sow qui m’a conduit à Mbam, Passy et Goudem lors de mon séjour à Kamatane. Il a été d’une disponibilité exceptionnelle.

Toute la famille Ka à Agnam, mon frère Abdarahmane particulièrement que je ne saurais remercier suffisamment.

Je remercie Serigne Moustapha Mbacké Abass et ses épouses pour leur hospitalité lors de mon passage à Touba.

Je dis vraiment Merci à tout le monde. A tous ceux que j’ai rencontré durant cette année écoulée et je souhaite à tous une excellente année 2016.

Qu’il soit pour nous et notre entourage une année pleine de rencontres, de découvertes, une année riche en nouvelles expériences. Le tout dans une santé inébranlable, un succès dans tous nos souhaits, une grande prospérité, beaucoup de bonheur et d’amour.

Dewenaty


Logements sociaux, un business sans scrupule au Sénégal

De nos jours, l’acquisition d’un logement s’avère rude pour la plupart des sénégalais.

Au delà des difficultés liées à l’obtention de la propriété d’un terrain, la disposition de moyens nécessaires à sa construction constitue un obstacle qui tourmente pas mal de sénégalais à revenus moyens.

Des politiques d’habitat social avec plus ou moins de succès

L’on est très souvent contraint à faire avec les institutions financières dont les conditions de prêts sont exorbitantes pour des personnes qui peinent à s’en sortir avec leurs gains.

Par le passé, une telle situation a sans doute poussé l’Etat, dans sa mission sociale, à contribuer à favoriser la possession par les ménages de logements pour leur bien-être.

Des sociétés telles que la SICAP (Société Immobilière du Cap Vert) ou la SN HLM ont ainsi vu le jour avec pour vocation de doter les ménages à revenus moyens de foyers.

Des générations de sénégalais ont à cette occasion eu la chance de disposer à des coûts raisonnables de terrains viabilisés ou encore de logements prêts à habiter.

Des quartiers tels que Sacré Cœur, Liberté, HLM, Parcelles Assainies… sont des exemples de réussite de ces programmes qui ont facilité l’accès au logement aux sénégalais de la classe moyenne.

Malheureusement, avec les différents changements de régimes, ces programmes ne se sont pas poursuivis et une spéculation foncière sans précédent a pris le relais.

Les réserves foncières ont été spoliées par les membres de l’élite : politiques, marabouts, artistes, personnes d’une certaine influence…

On a alors assisté à une hausse des coûts des terrains et les conditions d’acquisition de logements ont étaient encore plus complexes. La situation s’est empirée telle que certaines zones dans Dakar n’étaient plus accessibles par un certain type de sénégalais. Il faut disposer d’importantes ressources pour prétendre à un logement dans Dakar même.

La majorité des sénégalais, ceux dont les revenus étaient moyens, s’est ruée à la périphérie de Dakar (Keur Massar, Rufisque extension, Malika…) où les prix ont très rapidement grimpé à des niveaux ahurissants.

Disposer d’un logement pour le sénégalais lambda s’est trouvé laborieux.

Une nouvelle politique de logements tout sauf sociaux

L’actuel régime, conscient de ce problème si sensible, s’est attelé à apporter une solution.

Ainsi, dans le PSE (Plan Sénégal Émergent), il est prévu la mise en œuvre d’un programme de construction de logements sociaux accessibles au budget des sénégalais à revenus moyens.

Le nouveau pole urbain de Diamniadio consacre une place de taille à l’érection de logements à la portée de la plupart des sénégalais. Sur ce site, d’innombrables projets immobiliers sont en cours d’exécution. A terme, des milliers de logements devraient être construits pour permettre aux familles sénégalaises de disposer d’un toit.

De prime face, un programme immobilier d’une telle ampleur, aussi ambitieuse, apparaît venir soulager les sénégalais qui sont confrontés au coût excessif du loyer.

Cependant, lorsqu’on s’y intéresse de plus près, on constate que l’esprit même de ces projets est autre que faire du social.

Une quête de renseignements sur les conditions et prix de cession auprès de beaucoup de structures chargées de la commercialisation de ces logements m’a laissé consterné.

Le premier constat a été le coût de ces logements dits sociaux.

Une maison bâtie sur 150m² avec trois pièces principales (2 chambres et un salon) par exemple est cédée au comptant entre 12 et 15 millions de francs CFA.

Ces prix semblent raisonnables d’un certain point de vue car le coût des matériaux de construction est un peu élevé et qu’il eut fallu au préalable engager d’importants moyens pour la viabilisation des zones concernées.

Mais, le problème se situe à un autre niveau ; les conditions d’acquisition. Pour des sénégalais dont le niveau des revenus permet à peine de joindre deux fin de mois, est-il envisageable d’épargner jusqu’à disposer de telles sommes ?

Les autres solutions proposées par les promoteurs consistent : soit à verser un apport minimum et à s’acquitter du reste en plusieurs mensualités (10 à 15 ans) en tenant bien entendu compte des intérêts qui peuvent facilement allonger le montant de plus de 50%. Soit, à négocier au niveau d’une banque le prêt du montant du logement et à se résoudre à payer en intérêt une somme sensiblement égale au montant emprunté sur une période allant de 10 à 20 ans.

Or, de telles solutions sont hors de portée pour la plupart des sénégalais dont les revenus ne peuvent supporter des engagements de la sorte. Ceux qui pourraient satisfaire aux conditions risqueraient de précariser davantage leur situation avec des engagements non seulement lourds mais surtout, à inscrire dans la durée.

L’autre constat est lié aux types de logements mis en vente.

J’ai pu voir qu’il y’avait aussi des appartements dont les prix comparés à la superficie étaient plus qu’abusifs.

On nous parle de confort, d’appartements se trouvant dans des cadres enchanteurs et répondant aux normes environnementaux, mais est-ce suffisant pour justifier qu’un studio de 60 m² environ soit vendu à plus de 10 millions de francs CFA ? Et surtout qu’on continue à parler d’habitat social ?

La configuration même des familles sénégalaises exige plus d’espace que ce qui est proposé ; des logements avec aucune possibilité d’extension horizontale ou verticale.

D’où le manque de pertinence du choix de ces appartements dans des programmes de logements sociaux.

Le constat qui m’a le plus indigné et qui justifie sans doute cette situation est qu’au niveau du nouveau pole urbain, l’ensemble des promoteurs sur place, était du secteur privé.

Les sociétés nationales jadis très engagées dans la viabilisation de terrains et la construction pour l’accès à la propriété des ménages à revenus moyens n’ont aucun projet dans la zone.

Les terres ont été cédées à des privés pour dit-on, des programmes de logements sociaux.

Ce qui est complètement aberrant quand on sait que le profit est la raison d’être des entreprises privées.

On ne peut espérer faire bénéficier aux sénégalais à revenus modestes de logements en les mettant en rapport avec des entreprises dont le souci fondamental reste la rentabilité.

Pourquoi n’avoir pas cédé aux sociétés nationales (Sicap, SN HLM…) des terres, les accompagner et les surveiller afin qu’elles s’acquittent de leur mission ?

Ces sociétés, par le passé, ont joué au rôle très important en facilitant l’accès à la propriété via des programmes spéciaux qui ont permis aux sénégalais avec de faibles revenus et même aux sénégalais sans revenu fixe l’acquisition de logements.

En plus, avec ces sociétés nationales, le format était encore plus simple. Il n’y avait aucun intermédiaire entre celui qui souhaitait acquérir un logement et la société. Des contrats de location vente permettaient de manière souple de disposer d’un toit sans se soucier de toutes les contraintes qui peuvent naître des relations avec les institutions financières.

Avec le temps, ces mêmes sociétés nationales ont durci leurs modalités de cession des logements. Elles se sont de plus en plus détachées de leur missions sociales et cela devant l’indifférence absolue des autorités étatiques.

Aujourd’hui, il est temps que l’Etat, si son unique volonté est que chaque sénégalais qui le désire puisse acquérir un toit à un coût raisonnable, se rectifie en veillant aux conditions et aux prix de cession de ces logements sociaux. Il est de son devoir de s’assurer que tout citoyen, ayant un revenu régulier, puisse si tel est son souhait, avoir un toit qui puisse lui assurer confort et sécurité.

Au moment où l’émergence est le mot en vogue, au moment où toute l’attention est braquée sur la ville naissante à proximité de Diamniadio, il serait regrettable que le sénégalais lambda ne puisse jouir de la propriété d’un logement décent dans cette zone.

L’Etat a tout intérêt à revoir sa politique afin que l’accès à un logement ne soit plus l’apanage d’une certaine catégorie de sénégalais. Son engagement auprès des citoyens doit être plus ferme et il ne doit plus être question de les laisser à la merci des promoteurs immobiliers et des institutions financières dont les procédés restent sans scrupule.


Au Sénégal, sommes-nous prêts pour l’émergence ?

« Émergence », voici un mot que l’on ne reste plus une journée sans l’entendre ou le lire à travers les supports médiatiques. C’est, si je peux dire, un mot en vogue, à la mode. On l’entend de toutes les bouches, celles des leaders d’opinion surtout. Les hommes politiques, du pouvoir comme ceux de l’opposition structurent les discours et leurs réactions autour de ce terme qui pourtant est bien plus qu’un mot.

Il s’agit en effet d’un concept, d’un projet devant mener le Sénégal au développement. Mais ce mot perd de plus en plus de son essence pour se muer à une simple notion servant à agrémenter les discours.

Pourtant, l’enjeu est bien plus important qu’une astuce pour entretenir une démagogie qui a fini par attarder notre progression sur la voie de l’émergence.

Au-delà de cette incompréhension du sens profond de ce concept, il est nécessaire de se demander si les Sénégalais sont prêts à embrasser le développement.

Deux événements survenus récemment me laissent dubitatif.

Le premier concerne le caillassage du cortège du président de la République lors de sa visite à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Cet incident intolérable m’a indigné pour principalement deux raisons : le lieu où cela s’est passé mais aussi ses auteurs.

Il est difficilement concevable qu’au temple du savoir, en un lieu où doivent être formés les futurs dirigeants, l’espoir de toute la nation, des actes d’une telle barbarie soient perpétrés.

Ce qui m’a encore le plus choqué c’est qu’un geste aussi ignoble puisse émaner d’étudiants.

Comment des personnes, à priori, espoirs pour un avenir meilleur du pays, peuvent avoir une telle réaction ? Si des personnes instruites et censées porter le projet d’émergence de notre pays peuvent se comporter aussi inconsciemment, il y’a lieu d’être inquiet pour l’avenir de notre très chère nation.

Pourquoi devons-nous en permanence manifester nos divergences d’opinion et de vision par des actes de violence ?

L’histoire du Sénégal l’a clairement montré. La violence n’a jamais pu résoudre un problème. Les changements politiques auxquels on a pu assister ont tous été l’œuvre d’une expression libre de la volonté populaire à travers les élections.

Donc, la force des arguments et de la persuasion doit l’emporter sur celle de la violence verbale ou physique.

Le deuxième évènement est survenu durant le week-end avec les fortes pluies enregistrées sur Dakar et provoquant l’inondation de certaines routes.

Il est difficile de l’imaginer mais certains automobilistes n’ont rien trouvé de mieux pour éviter les interminables embouteillages dans la capitale que d’emprunter les passerelles pour personnes à mobilité réduite.

Véhicules sur la passerelle pour piétons
Véhicules sur la passerelle pour piétons

Des actes d’indiscipline aux antipodes de la conscience citoyenne que requiert le chemin vers l’émergence.

Il est essentiel que l’on se le dise, nous sommes encore très loin du niveau standard pour prétendre atteindre l’émergence.

Nos actes de tous les jours ne plaident pas en faveur du développement de notre pays. La dégradation de notre environnement qui est la résultante de nos gestes d’indiscipline en est témoin.

On jette n’importe où nos ordures, pisse aux coins des rues, traverse les grandes routes sans passer par les passerelles. Sur les routes, les priorités ne sont jamais respectées, on stationne comme on veut et maintenant on contourne les embouteillages par les passerelles construites pour les piétons.

Tant d’attitudes à bannir si l’on veut véritablement emprunter la voie de l’émergence.

Je le disais récemment à un ami ; le niveau de développement d’un pays, selon moi, se mesure par rapport au niveau de la population. C’est l’état d’esprit général de la population qui détermine si un pays est oui ou non développé ou en voie de développement. Et actuellement, il est triste de constater que nous sommes encore loin de l’émergence.

Véhicules sur la passerelle pour piétons
Véhicules sur la passerelle pour piétons
Véhicules sur la passerelle pour piétons
Véhicules sur la passerelle pour piétons
Véhicules sur la passerelle pour piétons
Véhicules sur la passerelle pour piétons


Sénégal, résultats catastrophiques au baccalauréat

Comme souvent, depuis le début de mon séjour à l’Ecole nationale des postes, j’observe une petite sieste après le déjeuner.

Ce dernier lundi, je n’ai pu compter sur la quiétude habituelle qui règne tout autour de l’établissement.

Tout près de trouver le sommeil, un bruit particulier m’alerta. Je quittai le lit pour voir à travers la fenêtre l’origine du vacarme. Il s’agissait d’un attroupement élèves en attente de la proclamation des résultats du baccalauréat. Le lycée Abdoulaye Sadji, en face de l’école faisait partie des centres où se déroulait l’examen. Une fois la porte de l’établissement ouverte, tout ce monde s’est rué à l’intérieur pour le moment redoutable de la proclamation des résultats.

J’eus de nombreux souvenirs à cette occasion. Je me rappelais que moi aussi j’avais dû patienter pour écouter si mon nom serait prononcé. Je repensais à l’anxiété qui caractérise de tels moments et de toutes les scènes auxquelles on assiste lors des délibérations.

Le lendemain, j’ai constaté à la lecture et à l’écoute des médias que le taux de réussite était très faible.

Dans certaines localités, des centres d’examen n’ont pu obtenir le moindre lauréat au premier tour. A Kaffrine par exemple, une région au centre du pays, les résultats sont particulièrement catastrophiques. Dans toute la circonscription régionale, la série L2 n’a enregistré qu’un seul admis au premier tour.

La situation est encore plus alarmante que le nombre de candidats admis à se présenter au deuxième tour est faible. Il est certain que le taux de réussite entrera dans les annales comme ceux des plus faibles de l’histoire.

Aussi, le taux de réussite ne cesse de s’affaiblir depuis de nombreuses années; ce qui est globalement inquiétant pour un pays avec des ambitions de croissance à moyen terme.

Il est à noter que paradoxalement, certains établissements ont affiché un taux de réussite excellent. La maison d’éducation Mariama Ba de Gorée par exemple a encore brillé avec un taux de réussite de 100%.

Les établissements d’enseignement privé s’en sortent également mieux que les écoles publiques qui apparemment, ont souffert des nombreux dysfonctionnements lors de l’année scolaire écoulée.

Le bilan est effroyable et les autorités ne doivent plus tarder à prendre des mesures afin de sauver un système au bord de la faillite. L’école sénégalaise vit une situation préoccupante et il urge de la soulager de ce malaise qui à terme pourrait ébranler notre espoir de rejoindre le cercle des nations émergentes.


Sénégal : le dilemme de l’interdiction des Cars Rapides

On ne peut vivre à Dakar sans les remarquer. Ils font parti du décor de la capitale sénégalaise. Pourtant, l’avenir des Cars Rapides est menacé…

Leur existence remonte déjà à de nombreuses décennies et ils constituent en cela un patrimoine historique réel pour le Sénégal. Les « cars rapides » semblent traverser les générations.

Cependant, les dérives fréquentes dont ils sont coupables remettent perpétuellement à jour le débat sur le danger qu’ils représentent et la nécessité de les rayer de la circulation. Les accidents dont ils sont la cause ne cessent de se multiplier et il parait nécessaire que des mesures urgentes soient prises. Certaines personnes plus radicales soutiennent tout bonnement que leur ôter le droit de circuler.

Ces véhicules sont par ailleurs une menace pour l’environnement, étant considérés comme de très grands pollueurs.

Les conséquences d’une suppression pure et simple

C’est vrai qu’il s’agit d’une question très sérieuse. Seulement, il ne faut pas se limiter à dire que les véhicules de ces types ne doivent plus circuler ou ne doivent plus être utilisés à des fins de transport en commun. Mais a-t-on imaginé l’effet que leur interdiction immédiate produirait ?

Combien de Dakarois se réveilleraient incapables de gagner leurs lieux de travail ou même de se mouvoir sans difficulté ?

Je me souviens que lorsque les minibus « tata »  sont arrivés, on parlait de la disparition progressive des « cars rapides » et autres « ndiaga ndiaye » du parc automobileLeur arrivée a été d’une contribution essentielle mais a-t-elle était suffisante ?

Si elle l’était, les gens ne s’amuseraient plus, ne se suicideraient plus devrais-je dire à prendre ces véhicules au dépend de leur vie. Personne ne monte dans un car rapide par simple plaisir, comme par ailleurs ils ne prennent pas les minibus surchargés juste parce qu’ils en rêvent. S’ils trouvaient mieux, ils n’entreraient plus dans ces véhicules et du coup, ceux qui sont dans ce business seraient obligés de retirer leurs véhicules et de se conformer aux normes.

Le Dakarois prend ce qu’il trouve

Le véritable problème à mon sens est qu’il n’y a pas assez de véhicules de transport en commun à Dakar. Et la population se résout à prendre ce qu’on lui propose.

Le gouvernement de Wade l’avait à un moment compris, avec la création de Dakar Dem Dik et l’installation de l’usine de montage des bus « tata ». Cela avait véritablement soulagé les populations mais nous n’étions pas allé au bout de la démarche.

Dakar Dem Dik a même perdu plus de la moitié de son parc à cause d’un défaut de renouvellement et de l’obsolescence de ses véhicules. Les « tata » ont également ont été victimes des surcharges excessives pour se muer en cousins des « cars rapides ».

Récemment, la capitale sénégalaise a assisté à l’arrivée de nouveaux bus Dakar Dem Dikk et de « tata ». Mais une fois encore, la tâche est grande et il convient que l’Etat y mette du sien.

Dans ma conception des choses, on peut tuer les « cars rapides » et autres « ndiage ndiaye » sans pour autant proclamer ou décréter leur disparition. Il suffit juste de donner aux Sénégalais des moyens beaucoup plus sûrs et accessibles pour se déplacer.

  • Car Rapide : véhicule de transport en commun utilisé pour les trajets urbains.
  • Car Ndiaga Ndiaye: véhicule de transport en commun utilisés autant pour les trajets urbains que pour les grandes traversées nationales.
  • Dakar Dem Dikk : Société de transport en commun dans la capitale sénégalaise.
  • Tata : Bus de marque indienne montés au Sénégal même.


Sénégal : an 3, seconde alternance

Le 25 mars 2012, le Sénégal vivait sa seconde alternance politique. Le président Macky Sall allait succéder au président Abdoulaye Wade et ce changement à la tête de l’État avait suscité un enthousiasme et un espoir d’une envergure nationale. Trois ans après, on est tenté de se demander si cet espoir nous habite encore et si réellement, la rupture tant chantée est enfin arrivée.

Ils se sont souvenus du 25 mars 2012, moi, j’ai surtout en mémoire le 2 avril.

Je me rappelle avoir été alerté par un vacarme inhabituel. Aussitôt, je me précipitai pour sortir du bureau et voir ce qui se passait.

Je le voyais sobre et serein. Etait-il stupéfait par toute cette foule qui l’acclamait? Etait-ce parce qu’il mesurait l’ampleur de la tâche qui l’attendait ? L’espoir que tout ce monde portait en lui ? Il est seul à pouvoir répondre.

Pour ma part, cet événement avait un sens particulier. Pour la première fois, j’ai eu l’impression de pleurer alors que je n’avais enduré aucune peine.

Je l’apercevais poursuivre son chemin sur l’avenue Ponty, la foule toujours en train de l’ovationner.

De retour au bureau, l’émotion ne me quitta pas de sitôt. Je me mis à penser à tout ce qu’on avait dû subir pour en arriver à ce jour. Je revis les instants où il fallait braver les forces de l’ordre pour manifester notre désir de changement : ces nombreuses fois où il a fallu inhaler les gaz lacrymogènes pour poursuivre notre combat, quand nous prenions le risque de sortir la nuit en étant conscients qu’une balle perdue pourrait faire de nous la prochaine victime. Nous restâmes sourds à ces dangers, seulement motivés par le besoin rupture.

Trois années après, on peut être tenté de se demander si la rupture tant espérée est là ou en bonne voie, si ce combat en valait vraiment la peine…

Le postier que je suis portait un grand espoir sur ce combat. J’estimais que mon entreprise était étranglée par une certaine gestion dont le régime antérieur était complice. Aujourd’hui, la situation de la poste comme des postiers ne s’est guère améliorée ; elle est de plus en plus déplorable.

Au vu de ce qui fait l’actualité, on ne peut qu’être dubitatif. Quand la transhumance continue à se pratiquer sans gêne et qu’elle est acceptée par ceux-là qui promettaient la rupture, on ne peut qu’être déçu.

Il nous avait promis une gouvernance sobre et vertueuse, une réduction du train de vie de l’Etat et beaucoup d’autres mesures. L’annonce de son premier gouvernement avec seulement 25 ministres et un ministre d’Etat suscitait plein d’espoir. Ils sont peu à pouvoir dire avec exactitude combien de membres compte l’actuel gouvernement.

Le favoritisme ainsi que l’impunité continuent à persister et les raisons qui nous poussent à ne plus croire à la rupture tant chantée sont hélas là. Quand même, elles ne peuvent à aucun moment être en mesure d’entamer notre amour pour notre pays ni d’ébranler notre volonté à le défendre.


Sénégal : Procès Karim Wade, une autre justice

Palais de justice de Dakar
Palais de justice de Dakar

Depuis plus de deux ans, le Sénégal est marqué par l’affaire dite de la traque des biens mal acquis. Cette poursuite, amorcée par la réactivation de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI) par l’actuel régime, fut appréciée par la majorité des sénégalais qui en voyaient un moyen de punir ceux qui s’en prennent aux biens publics. L’arrestation de Karim Wade, fils de l’ancien chez de l’Etat Abdoulaye Wade sonnait comme le déclin de l’impunité dans le pays. Cependant, les conditions de son arrestation et celles du déroulement de son procès remettent aujourd’hui considérablement en cause l’équilibre et l’indépendance de notre justice.

Nous avions appris à l’école primaire et tout au long de notre cycle secondaire qu’il existait trois pouvoirs au Sénégal : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Chacun était dit indépendant de l’autre. Cette règle reconnue dans la constitution est censée entre autre garantir l’égalité entre les citoyens et prémunir le pays d’une gestion partisane.

Il s’avère pourtant que cette indépendance entre les pouvoirs n’a d’existence que dans les cours que l’on nous dispensait à l’école. La réalité est toute autre.

Le procès de Karim Wade pour enrichissement illicite est venu remettre à nu l’immiscion de l’exécutif dans les affaires judiciaires.

D’aucuns me prendront comme un partisan de Karim ou comme un opposant à l’actuel régime. Je leur réponds tout simplement que je fus et je reste parmi ceux qui se sont indignés de voir des personnes en très peu d’années amasser une fortune qu’un salaire de ministre ne saurait justifier.

Je fus également content de l’arrestation de Karim Wade car il s’agissait pour moi d’une occasion pour qu’il rende compte de sa gestion de l’ensemble des responsabilités que nous lui avions confiées.

Il ne s’agissait nullement de vouloir le punir tout simplement parce qu’il fut ancien membre du régime ou un prétendu prétendant aux suffrages des sénégalais.

Il s’agit seulement de reconnaître que le déroulement du procès dans le fond comme dans la forme révèle des incohérences que tout homme épris de justice et de liberté ne saurait cautionner.

Tout d’abord, Karim Wade n’était pas la seule personne sous le coup d’une enquête de la CREI. D’autres dignitaires de l’ancien régime étaient également cités et accusés d’enrichissement illicite. Pourtant, depuis plus de deux ans, personne d’autre n’a était autant inquiété qu’il ne l’est.

Aussi, il faut reconnaître que le même système a permis à des gens comme l’actuel président ou d’autres comme Idrissa Seck, aujourd’hui opposant au régime, de s’enrichir au point d’avoir assez de moyens pour aller à la quête des suffrages des sénégalais. Et, la CREI, jusque là ne s’est jamais intéressée à enquêter sur l’origine de leur fortune.

Ensuite, la célérité de l’arrestation de Karim Wade laisse penser qu’elle était préméditée. Il aura fallut au procureur que deux heures de temps pour étudier un dossier dit-on de plus de 2000 pages et décider de son inculpation pour enrichissement illicite présumé.

On nous disait au tout début de l’histoire que Karim Wade était soupçonné d’avoir détourné plus de 2000 milliard de nos francs. Ce montant est finalement descendu à environ 117 milliard et tous les biens dont on lui attribue la propriété ont été réclamés par d’autres personnes. En plus, 47 milliard supposés lui appartenir et dormant dans un compte à Singapour n’ont jamais été retrouvés malgré une commission rogatoire.

Nous n’avons peut-être pas fait des études en droit mais tous les spécialistes s’accordent à dénoncer le non respect des droits de la défense lors du procès.

Le renvoi en plein procès du procureur spécial de la CREI, la démission d’un des accesseurs du juge, également en plein procès, sont entre autres des faits qui ne plaident pas à la faveur de ceux qui croient que cette cour est légitime.

Il s’y ajoute que le prévenu a déjà été brutalisé devant le public par les gardes pénitentiaires sur ordre du juge. Ce qui est aux antipodes de notre législation et des droits de l’homme.

Enfin, il y’a l’agitation de ceux qui sont aux affaires maintenant. Il semblerait qu’ils aient déjà condamné Karim tant on sent dans leur déclaration leur volonté de voir ce dernier passer un bon moment derrière les barreaux.

Apparemment tous les ingrédients sont réunis pour ne plus douter que ce procès a pour unique but de maintenir Karim Wade en prison. Il semble loin d’avoir pour objectif de rendre justice. Ce qui est tout simplement dramatique pour notre démocratie que nous traitions de mature. L’indépendance de la justice tant chantée n’est-elle pas qu’un leurre ? Quand on se rend compte qu’il existe vraiment un principe d’un poids deux mesures dans cette traque des biens mal acquis, on ne peut qu’être dubitatif. Et la justice sénégalaise gagnerait à ne plus se laisser manipuler par des hommes dont les ambitions restent la perpétuité au pouvoir.


Football sénégalais, eternel recommencement

Equipe nationale du Sénégal à la coupe du monde 2002
Equipe nationale du Sénégal à la coupe du monde 2002

Considéré comme le sport numéro un au Sénégal, le football a rarement valu au pays une satisfaction à la mesure de ses nombreux inconditionnels. La récente déconvenue de l’équipe nationale lors de la Coupe d’Afrique des Nations a une nouvelle fois témoigné des difficultés quant au rayonnement de notre football au niveau international.

 

L’engouement du sénégalais pour son équipe nationale n’est pas nouveau. Je me souviens, étant plus jeune, que les matchs de football de l’équipe était toujours suivis avec un certain intérêt. Chez moi, tout le monde se mettait devant le téléviseur. Aucun membre de la famille ne manquait. Tous concentrés, quelquefois contents à la fin des matchs, le plus souvent consternés au coup de sifflet final. Et comme aujourd’hui, les matchs se poursuivaient sous forme de commentaires dans la rue, dans les places publiques, dans les transports, les services…

Pourtant, le Sénégal a rarement rayonné dans les compétitions internationales. On nous raconte qu’en 1986 en Egypte, nous avions une équipe de rêve et que, plus que jamais, nous croyions remporter notre premier trophée continental. Tout avait très bien commencé avec un succès d’entrée face au pays organisateur. L’espoir fut éphémère car nous n’arrivâmes même pas à sortir de notre groupe. A la fin du tournoi, l’Egypte que nous avions battue d’entrée s’est retrouvée sacrée. L’histoire de notre football a été donc globalement terne.

Lueurs au début du millénaire

Malgré la présence de brillants footballeurs comme Jules François Bocandé, meilleur butteur du championnat de France en 1986 l’équipe nationale du Sénégal n’est jamais parvenue à s’illustrer dans les grandes compétitions internationales.

La situation a perduré jusqu’au début des années 2000. d’abord à la CAN organisée par le Mali en 2000 où l’équipe avait réussi à se hisser jusqu’en quart de final. Ce fut le début d’une épopée fabuleuse.

En 2002, nous avions manqué de justesse la coupe, nous inclinant aux tires aux buts en final contre le Cameroun. Pour la première fois, nous étions revenus d’une compétition de cette envergure avec une médaille. Nous étions deuxième en Afrique et la même année, les joueurs allaient réussir l’improbable en nous qualifiant en quart de finale pour notre première participation à un mondial de football.

La ferveur était à son maximum et l’engouement pour l’équipe encore plus fort. Cette année fut historique pour le football sénégalais qui venait d’atteindre un niveau qu’il n’a jamais pu retrouver.

Mongomo pas très loin de Bata finalement

On ne pouvait se douter que 2002 était une année toute particulière et que nous allions très rapidement retrouver notre rang d’antan.

Le bilan de l’équipe fut mitigé les années qui ont suivi les exploits de 2002. Mais, il était clair que nous nous étions nettement éloignés du niveau avec lequel nous nous étions hissés jusqu’en quart de finale de la coupe du monde. On ira même jusqu’à manquer la qualification à la phase finale de la CAN en 2010 et en 2013.

En 2012, nous engagions la CAN en Guinée Equatoriale avec un statut de favori. En effet, nous avions survolé la phase éliminatoire avec 16 points sur 18 possibles. L’équipe semblait reconstruite et avait derrière elle, tout un peuple.

Nous étions très loin d’imaginer que nous allions vivre la pire coupe d’Afrique de notre histoire. Nous fûmes sortis de la compétition dès le premier tour sans le moindre point enregistré.

2015 a marqué le retour du Sénégal sur la scène continentale. Avec une équipe jeune et compétitive, l’on pensait revenir en Guinée Equatoriale, 2 ans après, pour laver l’affront de Bata.

Cette fois, c’est à Mongomo où l’équipe était basée mais personne n’avait oublié Bata, ville qui nous avait accueillis en 2013. Ce ne fut guère différent et comme en 2013 on est sorti de la compétition dès le premier tour. Cependant, cette fois, on parvient à gagner un match et à avoir un nul.

Éternel débat sur le choix coach

Cette dernière désillusion, comme toujours devait avoir son responsable. La majorité des sénégalais a pointé du doigt le sélectionneur national Alain Giresse qui quitta son poste quelques temps après l’élimination.

Et aux sénégalais de replonger dans un vieux débat, celui du choix du sélectionneur.

Un expatrié ou la préférence nationale ? C’est la question après chaque campagne ratée.

L’équipe a généralement été prise en charge par des sélectionneurs étrangers mais ces dernières années, ce choix a été vivement critiqué et certains techniciens sénégalais ont eu la chance de tenir les rênes de l’équipe nationale.

Cependant, les résultats n’ont jamais réellement variés au point que les acteurs étaient à nouveau d’accord qu’il fallait l’expertise étrangère.

Aujourd’hui, on semble à nouveau d’accord qu’il faut confier l’équipe à un sénégalais.

Ce cycle est désormais régulier et il convient de comprendre qu’après un étranger, ce sera un national.

Chacun venant avec sa philosophie, sa méthode, son équipe et nous, nous assistons à un éternel recommencement.


Non au terrorisme

L’attaque du journal satirique français Charlie Hebdo qui a fait plusieurs victimes suscite une vague de réactions dans le monde entier. Tous, contre le terrorisme.

Il s’agit effectivement d’un fait regrettable à dénoncer et à combattre.

C’est fou de voir jusqu’à quel point l’homme peut perdre de son humanité.

Au nom de quoi de tels actes ?

Au nom d’Allah ? Certainement pas. Il a à lui toute La Puissance et reste Le Meilleur des Juges.

L’islam est une religion qui prône la paix.

Comment aller jusqu’à se départir des enseignements du Prophète ?

Lorsque ce dernier s’est rendu à Taëf et y a été chassé par des jets de pierres, le Prophète PSL a répondu : « Laisse-les, ils ne savent pas ce qu’ils font » à Allah qui lui avait demandé : « Que veux-tu que JE fasse d’eux ? ».

Lorsqu’il a repris la Mecque, le Prophète a demandé aux Mecquois qui l’avaient combattu : « Que pensez-vous que je vais faire de vous ? ». Ces derniers lui répondirent qu’ils ne savaient pas, mais qu’ils savaient que c’était un homme juste. IL leur dit « Alors allez en paix »

C’est donc triste de voir à quel point l’être humain perd de plus en plus sa raison, ce qui faisait son essence.

Il importe, toutefois, de ne pas se limiter à dénoncer les actes terroristes qui ont perpétrés en Occident ou dont sont victimes que des Occidentaux.

Chaque jour, dans le monde entier, des hommes et des femmes innocents, qui n’ont été coupables d’aucun abus, ne sont nullement mêlés aux problèmes confessionnels, des hommes et des femmes de toute religion et pour la plupart musulmans sont massacrés par ces êtres maléfiques.

Et pourtant, l’expression de notre indignation n’est pas aussi vive, notre volonté à s’investir à mettre fin à une telle barbarie n’est pas aussi intense.

Il ne se passe pas une journée sans qu’au Nigeria, en Irak, en Syrie, en Israël, en Palestine, en Centrafrique… de tels actes ne soient commis. Chaque jour, ce sont des centaines de personnes, des centaines de vies humaines, des centaines de vies innocentes qui sont perdues.

J’entends par là qu’il ne faut pas seulement se limiter à dénoncer les crimes perpétrés contre des journalistes ou des Occidentaux, mais à lutter tout simplement contre toute forme de terrorisme, tout acte dont sont victimes de simples innocents dans le monde entier.

Je m’associe aux condamnations des actes commis en France le 7 janvier et par la même occasion, exprime ma compassion à l’encontre des blessés et des familles des disparus.

A bas le terrorisme.

Taëf : ville d’Arabie saoudite où s’était rendu le Prophète Mohamed pour trouver du soutien.


Vivre chaque jour comme le dernier

Les résultats ne valent du succès que lorsqu’on peut les partager dans l’allégresse avec l’ensemble des gens que l’on porte dans le cœur. Meilleurs Vœux !
Les résultats ne valent du succès que lorsqu’on peut les partager dans l’allégresse avec l’ensemble des gens que l’on porte dans le cœur. Meilleurs Vœux !

En 2013, je terminais mon message de vœux de nouvel an par cette phrase : Excité d’en finir avec cette si longue année. »

J’étais effectivement tout excité. Je voyais en 2013 une année à oublier, une année qui partirait avec tous nos manques, toutes nos désillusions.

Quelque chose me faisait croire que cette année était maudite. Donc, c’est tout naturellement que je fus très pressé qu’une nouvelle année vienne enterrer celle que j’avais considérée comme pire que toutes celles que j’avais vécues jusque là.

Aux premiers instants de 2014, je fus le plus heureux sur terre. Je me mis à sauter, à crier, j’avais un visage plus que radieux, une immense sensation de bonheur m’avait envahi. Je ressentais comme un soulagement, comme si l’on venait de me délivrer.

2014 était pour moi une année où il fallait se rattraper, une année où il fallait combler toutes les carences de l’année écoulée.

Je croyais intimement qu’il serait l’année du déclic, que tous les projets de réaliseraient, que tous les vœux s’exauceraient.

Je ne fus pas du tout déçu. 2014 a été une année très riche en expérience, en rencontre, en joie.

Je fus heureux d’avoir contribué à transmettre de la joie à mes proches, à ceux que j’aime et qui me portent dans leur cœur.

Je fus également heureux de voir certains projets prendre forme.

Pourtant, au moment où j’estimais avoir réalisé une année pleine, une année comme je souhaitais, je me suis retrouvé rattraper par une évidence dont je n’avais en aucun moment pris compte.

Je m’étais trompé depuis le début et tout ce qui s’apparentait à du succès n’en était pas véritablement.

J’avais complètement ignoré que les résultats ne valent du succès que lorsqu’on peut les partager dans l’allégresse avec l’ensemble des gens que l’on porte dans le cœur.

Si seulement une personne que l’on aime manque à l’appel, si seulement elle n’est pas dans les conditions de s’associer à une joie, cette dernière devient fade, elle devient tout simplement insignifiante.

J’ai commis la maladresse de croire que 2013 fut maudite tout simplement parce que je n’étais pas arrivé à rencontrer le succès sur le chemin de certains projets.

Je n’avais en réalité pas tout à fait compris ce qu’était le succès. J’avais confondu le sens profond de ce mot.

Je croyais que la réussite consistait seulement à gravir des marches sur le plan professionnel, des études et sur le coté social.

Je me suis réveillé quand, au moment où je pensais réaliser une année parfaite, au moment où un vœu intime venait de se réaliser, un être très cher, que je porte au plus profond de mon cœur nous a quitté.

Je me suis alors rendu compte que ce semblant de succès n’est qu’un leurre dès lors qu’il ne m’a point permis d’être heureux.

Que vaut le succès si l’on ne peut le partager avec nos amours ?

En plus, je me rends aujourd’hui compte que je ne fus qu’un simple ignorant en ayant été pressé de voir 2013 partir, en l’ayant qualifié de «si longue année». Aujourd’hui, plus que jamais, je suis conscient que le temps perdu ne se rattrape jamais.

2013 que je considérais comme une année à oublier se révèle finalement, avec peu de recul, comme une très belle année.

Ses échecs et carences ont été le socle de ce que l’on prétend aujourd’hui comme du succès. Il a en plus été une année supplémentaire à vivre avec mes proches, une année où j’ai eu l’occasion de partager de la joie avec mes amours, une année pour leur témoigner mon affection.

Ainsi, à l’orée de cette nouvelle année, j’aimerais vous présenter mes meilleurs vœux et vous prier de profiter au maximum de chaque instant de la vie, de donner le meilleur de nous à nos amours et surtout de ne cesser de leur témoigner notre affection.

Car en fin de compte, on ne sait pas exactement à quel moment se terminera cette aventure si fantastique.

Je vous aime et prie que 2015 soit une année heureuse, pleine d’amour et de joie.

En hommage à mon oncle Assane Mbengue qui nous a quitté ce 26 décembre. Une personne d’une bonté singulière qui m’a profondément marqué et dont la disparition est une énorme perte pour moi et pour toute ma famille. Qu’il repose en paix au paradis.


Sénégal : la patrie aux couleurs du parti

Les usagers des autobus de la société de transport Dakar Dem Dikk (DDD) l’auront certainement déjà constaté. Les arrêts bus sont en train d’être peints en marron et beige, des couleurs autres que celles du parti du président Macky Sall.

L’on se souvient du slogan la patrie avant le parti. Il était venu comme pour sonner une ère de rupture, une ère où l’on dissocierait le caractère sacré de l’Etat de futilités que constitue un attachement à une quelconque organisation politique.

Hélas, il semble que l’on s’éloigne de plus en plus de cette rupture tant chantée et semble-t-il, si chère au le président de la République.

La volonté des autorités de la Société Dakar Dem Dikk de peindre les arrêts bus aux couleurs du parti au pouvoir n’est qu’une illustration qu’on est encore très loin de notre espérance d’assister à un changement positif concernant la gestion des affaires publiques.

Elles répondront certainement qu’elles ne sont pas les pionnières en la matière. Elles nous diront que le régime d’Abdoulaye Wade s’était aussi inspiré des couleurs de leur parti pour peindre les véhicules et arrêts bus de Dakar Dem Dikk. Elles iront certainement plus loin encore, nous racontant que la défunte Société des transports en commun du Cap Vert (Sotrac) était aux couleurs du régime socialiste. Bref, elles ne manqueront pas d’arguments pour tenter de justifier le projet dans lequel elles se sont lancées.

Ce que ces gens ignorent ou feignent d’ignorer c’est que la société Dakar Dem Dikk n’est nullement une propriété du parti au pouvoir. Aussi, cette société a vu le jour avec l’arrivée à la tête de l’Etat d’Abdoulaye Wade, donc à un moment où l’APR n’existait même pas encore.

Alors, vouloir en faire le symbole d’un groupement d’individus n’est qu’aberrant.

Il faut aussi dire que cette démarche n’est ni pertinente, ni respectueuse des Sénégalais.

A un moment où le temps d’attente près des arrêts bus est de plus en plus long, le souci devrait plutôt être de trouver un moyen de renouveler le parc de véhicule dont la vétusté est un frein certain au développement de l’entreprise.

Malheureusement, au Sénégal, on confond très souvent les priorités et on préfère mettre en avant les intérêts du parti au détriment de ceux de la patrie.

Dakar Dem Dikk : nom de la société de transport en commun concessionnaire de l’exploitation du réseau de transport public de personnes par le biais d’autobus dans la région de Dakar


Sénégal : le PDS interdit de meeting

L’actualité politique du Sénégal est dominée depuis une certaine période par l’interdiction du meeting du Parti démocratique sénégalais (PDS) et de ses alliés prévu pour ce 21 novembre.

En effet, le gouverneur de la région de Dakar a sorti un arrêté interdisant toute manifestation publique du 10 novembre au 5 décembre 2014, en raison du Sommet de la Francophonie. Cette mesure dénoncée par l’opposition, la société civile, les organisations des droits humains et même des membres de la majorité remet en cause le respect des libertés fondamentales au Sénégal.

Nous étions nombreux à combattre le régime d’Abdoulaye Wade.

Ce que les gens perdent de vue, c’est le fait que ce combat n’était pas dirigé contre un homme, mais contre un système qui était là et qui dans une certaine mesure n’est pas encore complètement démantelé.

Notre objectif premier fut d’instaurer au Sénégal une démocratie à toute épreuve. Un système où la liberté d’opinion et d’expression serait garantie.

Nous avions combattu avec ardeur pour le départ de Wade et de son régime. Je fus heureux qu’on ait gagné et je reste convaincu comme beaucoup de gens que c’était la meilleure attitude à adopter.

Seulement, pour le combat que j’ai mené, je ne peux comprendre encore moins tolérer que des citoyens ne puissent pas manifester leur souhait d’organiser un meeting politique.

Alors, j’estime que c’est tout simplement un recul démocratique que de restreindre la liberté de certaines personnes.

Surtout que cette interdiction est tout simplement basée sur des raisons purement fallacieuses.

Le trouble à l’ordre public  » redouté  » par le régime ne saurait être un motif pour interdire cette manifestation.

Le Sénégal manque-t-il de forces de l’ordre assez compétentes pour encadrer un tel rassemblement ?

Quand on sait que nos policiers et gendarmes sont déployés un peu partout dans le monde pour maintenir l’ordre dans les zones post-conflits, le doute quant à leur compétence ne saurait être valable.

Aussi, le sommet de la Francophonie, une organisation qui prône le respect des libertés démocratiques, pourrait-il servir de prétexte pour interdire toute manifestation sur une période aussi large ?

On le voit tous les jours dans les médias, les peuples des pays de grande démocratie profitent d’événements de cette envergure pour manifester, sans contrainte, aux yeux du monde entier.

Donc, un pays comme le Sénégal, dont la démocratie est qualifiée de mature, devrait trouver mieux à faire que d’interdire des libertés constitutionnelles.

Il faut également souligner un fait que je trouve indiscutable. Abdoulaye Wade reste un citoyen de ce pays; autant que nous tous. Il a ainsi le droit, comme tous, d’être présent sur le territoire national, de se mouvoir comme il souhaite et de participer au débat politique. Dire qu’il doit rester en dehors du pays et se taire est pour moi inacceptable.

Je trouve que tout citoyen de ce pays a parfaitement le droit et au-delà, l’obligation de participer de par son expertise au développement du pays. Tout citoyen est libre de donner son opinion sur la manière dont marchent les choses.

Le gouvernement au lieu de perdre du temps et de l’énergie sur ce  » non-événement  » devrait se concentrer encore plus sur la mission que nous lui avons assignée.

Et surtout, se souvenir que la marche tout comme le meeting sont des libertés prévues et garanties par la Constitution sénégalaise. Les interdire constitue tout simplement une flagrante violation de la loi constitutionnelle.