Ô Cameroun, pays de parieurs

Hier soir, il me fallait du crédit de communication dans mon téléphone portable. Il faut dire que depuis quelques temps une petite camerounaise cherche à se faire une place dans ma vie. Les échanges – notamment téléphoniques – devant être réciproques et soutenus, je dois souscrire au sacrifice de la recharge. Beaucoup plus souvent que d’habitude. Mais ça c’est une autre histoire. Donc, hier soir, j’avais besoin du crédit de téléphone. Près de chez moi, un jeune homme fait le call-box. Lui il a la particularité d’avoir fait un aménagement qui permet qu’en dehors de lui, quatre ou cinq autres personnes puissent trouver une place assise à son officine. Du coup, c’est l’un des points de villégiature favoris des jeunes du quartier. Quand j’y arrive et après avoir passé ma commande, je remarque que les garçons sont emportés dans une grande discussion. Le genre de discussion vitale dans l’existence d’un blédard oisif: DJ Arafat, je vous en avais déjà parlé ici. Les jeunes s’achoppaient sur un vers de l’une de ses chansons. Les premiers disaient que le premier mot du vers litigieux est « je », les seconds soutenant mordicus qu’il s’agit plutôt d’un « le ». Personnellement, je pensais qu’ils ne sortiraient jamais de l’auberge, vu que l’artiste a la particularité de parfois utiliser dans une même phrase deux, trois, ou parfois même quatre langues ou dialectes différents. Tout d’un coup, l’un des protagonistes demande aux autres : on met quoi ? (Ce qui en langage camerounais signifie : on parie quoi ?)








Mon bon ami et collègue blogueur Florian Ngimbis s’est fait proprement dézinguer lorsqu’il a publié il y a quelques semaines un billet aux accents hautement capillaires. Il s’était posé la question de savoir si les camerounaises avaient honte de leurs cheveux. Il s’est fait tailler en mille morceaux alors qu’il avait raison de bout en bout dans sa logique.
L’an dernier, je suis tombé sur une émission télévisée qui parlait des difficultés de la conduite automobile en France. Il était entre autres question de la hardiesse qu’il y a à obtenir un permis de conduire dans ce pays. On doit subir au moins une année d’apprentissage, les tarifs y sont prohibitifs, les cours de pratique dans les auto-écoles sont souvent facturées à l’heure (parfois jusqu’à 60 euros de l’heure – environ 39 000 F CFA), les chances de l’obtenir s’amenuisent au fur et à mesure qu’on échoue à l’examen du permis de conduire, lequel a la réputation d’être plus difficile que le baccalauréat. Pour ceux qui l’ont obtenu, ce n’est pas la fin de la course car le permis de conduire en France est à points. Une perpétuelle épée de Damoclès plane sur le conducteur en France, prête à s’abattre au moindre oubli de clignoter avant un changement de direction. Lire la suite…



Il est des petites bifurcations dans la vie, des petits écarts de trajectoire à première vue insignifiants, mais qui sont en fait des grandes occasions nous permettant d’en savoir un peu plus sur nous-mêmes, sur nos capacités, sur nos limites et sur l’importance qu’on peut avoir.
La fac! Ah! Comme on en rêvait! Mais être en fac dans nos universités n’est pas une sinécure. Moi, j’ai eu l’insigne honneur de me compter parmi les étudiants de l’Université de Douala. Mais rien ne nous préparait, mes camarades et moi d’un des collèges privés les plus sélectifs de la ville où nous étions traités comme des petits trésors à vivre ce qui nous attendait en faculté. Rien du tout. Aussi étrange que cela puisse paraître, malgré le standing de l’établissement que je fréquentais depuis sept années déjà, aucune journée d’orientation ne fût jamais organisée pour guider dans les méandres des filières de l’enseignement supérieur dans lequel nous nous apprêtions à entrer, tout élèves de la classe de Terminale que nous étions. De façon personnelle, mon année de Terminale m’avait paru tellement mauvaise, qu’au lieu de me préoccuper de mon point de chute après le bac, j’en étais à me questionner sur mes chances de même obtenir ce diplôme. J’allais vite être fixé, car j’ai eu le baccalauréat, et de surcroît, mes notes en classe étaient en fait loin d’être mauvaises. Il était désormais trop tard. Le temps de débuter les atermoiements, la rentrée académique était déjà là et je me suis retrouvé en faculté de Droit à l’Université de Douala.