René Nkowa

Ô Cameroun, pays de parieurs

Hier soir, il me fallait du crédit de communication dans mon téléphone portable. Il faut dire que depuis quelques temps une petite camerounaise cherche à se faire une place dans ma vie. Les échanges – notamment téléphoniques – devant être réciproques et soutenus, je dois souscrire au sacrifice de la recharge. Beaucoup plus souvent que d’habitude. Mais ça c’est une autre histoire. Donc, hier soir, j’avais besoin du crédit de téléphone. Près de chez moi, un jeune homme fait le call-box. Lui il a la particularité d’avoir fait un aménagement qui permet qu’en dehors de lui, quatre ou cinq autres personnes puissent trouver une place assise à son officine. Du coup, c’est l’un des points de villégiature favoris des jeunes du quartier. Quand j’y arrive et après avoir passé ma commande, je remarque que les garçons sont emportés dans une grande discussion. Le genre de discussion vitale dans l’existence d’un blédard oisif: DJ Arafat, je vous en avais déjà parlé ici. Les jeunes s’achoppaient sur un vers de l’une de ses chansons. Les premiers disaient que le premier mot du vers litigieux est « je », les seconds soutenant mordicus qu’il s’agit plutôt d’un « le ». Personnellement, je pensais qu’ils ne sortiraient jamais de l’auberge, vu que l’artiste a la particularité de parfois utiliser dans une même phrase deux, trois, ou parfois même quatre langues ou dialectes différents. Tout d’un coup, l’un des protagonistes demande aux autres : on met quoi ? (Ce qui en langage camerounais signifie : on parie quoi ?)


Bernard Arnault, deviens camerounais, c’est tout bénef’ !

Auteur : Baudry

Pour ceux qui du côté de Douala ou de Yaoundé ne suivent pas ce genre d’actualité et qui n’ont rien à secouer de ce qui se passe du côté de chez nos cousins français (mais qui hypocritement souhaitent y voir leur parenté s’établir, même clandestinement et qui ne laisseront plus les habitants de leur quartier tranquilles avec les « mon fils/neveu/cousin/ami  est à mbeng* »), sachez que – selon Wikipedia – Bernard Arnault est un homme d’affaires français, propriétaire du groupe de luxe LVMH, il est à la tête, entre autres, du Groupe familial Arnault, du Groupe Arnault, ou de la holding Christian Dior. Bernard Arnault est la première fortune française, la première au niveau de l’Unioneuropéenne et la 4e fortune mondiale en 2012 avec un patrimoine estimé à 41 milliards de dollars selon Forbes. Je vois que vous retournez les têtes les filles. Mais ce n’est pas tout. Cet homme en gros possède tout ce que vous aimez : Dior Couture et Parfums, Moët et Chandon, Louis Vuitton, Givenchy, Kenzo, Make Up For Ever, Guerlain, Loewe, Marc Jacobs, Sephora, Fendi, DKNY et j’en passe. Vous avez la tête qui tourne ? Sachez que j’ai omis de citer les innombrables marques de champagnes (que sans doute vous ne boirez jamais car ils sont hors de prix), les sociétés de location des yachts… C’est bien loin de nos réalités ou les besoins sont plus terre à terre, centrés qu’ils sont sur les satisfactions stomacales. Je le conçois. Mais il faut toujours viser plus haut et c’est peut-être l’occasion ou jamais de souffler un ponte à la France et à la Belgique du même coup et d’en faire profiter… Le Cameroun ! Oui oui, le Cameroun! Ah, je vois que vous avez déjà les étoiles plein les yeux, les filles !

Lire la suite


Au fait, elle est de quelle tribu ta fiancée ?

Renald et Evelyne vivaient une douce idylle depuis bientôt deux ans. Etant tous deux encore étudiants, ils avaient engagé une relation amoureuse que tout le monde autour d’eux enviaient, tant ils s’entendaient et semblaient être en phase sur tout. C’était le couple modèle. Ils devaient bien entendu avoir des anicroches comme tous les couples, mais personne n’entendit jamais une quelconque embrouille provenant d’eux. Ils disaient à qui voulait l’entendre qu’ils s’étaient mutuellement trouvé la personne avec laquelle il et elle feraient leur vie. Ainsi, tout le monde crut défaillir quand on apprit qu’ils avaient mis un terme à leurs fiançailles. Après de longues investigations, il en ressortit que c’est d’Evelyne que la rupture provenait. Elle avait parlé de Renald à ses parents et ces derniers avaient plus que tiqué quand ils avaient su de quelle tribu était originaire le fiancé. Les palabres avaient été rudes. Difficiles. Infructueuses. Après de longs jours d’une guerre tantôt à fleurets mouchetés, tantôt à lance-roquettes, les parents tenant aussi fermant leur position qu’une statue sur son piédestal, car valait mieux mourir que de voir leur fille épouser « quelqu’un qui vient de là-bas », Evelyne capitula. Elle mit son fiancé au courant de la rupture et disparut.

Lire la suite


Ne pas se faire détrousser à Douala en 5 tactiques

Source: Creative Stock Images

Douala a bien changé. Pendant plus de deux ans j’ai bossé dans une structure où je ne quittais pas mon poste avant que le soleil n’ait parcouru la moitié du chemin qui sépare le couchant du levant. Et jamais, ô grand jamais je ne fus inquiété par les personnes au caractère sanguin qui, si je me fiais à mes propres expériences, n’écumaient plus nos rues. Que nenni ! Pendant deux ans, je ne me suis pas fait braquer au boulot (ce qui est surprenant, vu qu’en face de l’officine où j’officiais, se trouvait l’un des snacks les plus courus de la ville où se retrouvaient entre autres les plus grands experts en maniement d’armes blanches en tous genres). Pendant deux ans, je suis rentré chez moi à des heures indues sans jamais avoir entendu la phrase de tous les dangers : « Hé, petit frère, viens ici ». Et dire qu’il y a des années, planait sur la ville de Douala une atmosphère de couvre-feu que personne n’avait décrété. Le conseil qui était donné était celui-ci : « si 23 heures te trouve quelque part, reste-y ». Seuls les suicidaires ou les je-m’en-fous-la-mort osaient pointer leur nez dehors à partir d’une certaine heure. Mais en restant chez soi on n’était pas plus protégé, car les délinquants, ayant écumé les rues sans trouver quelque individu à détrousser, finissaient leur course dans les demeures… N’ayant moi-même jamais été victime de la furie des maîtres de nos nuits – et de nos journées –  je vais m’appuyer sur les expériences vécues par les autres pour prodiguer les recommandations qui suivent.

Lire la suite


Tu sais que tu es à Douala quand…

La ville de Douala, comme toutes les autres villes du monde, se démarque des autres par des particularités et par des choses qui lui sont propres. Ne pouvant toutes les recenser et les expliquer dans un seul et unique billet de blog, je me propose d’entamer par cet article une série intitulée « Tu sais que tu es à Douala quand… » On y retrouvera les petits trucs totalement vrais ou pas du tout vrais qui singularisent la cité et ses habitants. Alors pour ne plus attendre plus longtemps, on sait qu’on est à Douala…

… quand on est mort, mais pas tout à fait : comme je l’avais déjà expliqué ici, à Douala on a une façon bien particulière de donner des noms à certains lieux ou quartiers. Le plus souvent, il s’agit d’entreprises qui sont soit mortes, soit qui n’exercent plus au Cameroun. Les plus gros pourvoyeurs de noms de quartier à Douala sont les stations-service. Ainsi, on a des endroits qui en 2012 s’appellent toujours BP-Cité, Shell Axe-lourd, Texaco Axe-lourd, Carrefour Agip, Mobil Guinness. Le lieu de villégiature le plus fréquenté de la ville, au bord du fleuve Wouri, se nomme la Base Elf. Les entreprises Elf, Texaco, British Petroleum (BP), Shell, Mobil, Agip, si elles existent toujours pour la plupart, n’exercent plus au Cameroun, leurs actifs ayant été acquis par d’autres. Mais les points où étaient installées leurs stations-service ont gardé leur nom. C’est aussi le cas d’entreprises autres que pétrolières. Aussi, on retrouvera dans le langage des habitants de la cité des noms de lieux-dits qui ont pour préfixe « ancien- » : ancien-Dalip, ancien-aéroport, ancien-cinéma le Concorde, ancien-Bernabé, ancien-Camair , ancien-Compagnie Soudanaise

… quand on voit des motos partout : la première chose que l’œil du visiteur qui arrive à Douala remarque c’est le nombre impressionnant de motos qui y circulent. Les estimations avancent en effet le chiffre de deux-cent mille qui arpentent la ville. La photo ci-dessus vous aura permis de vous faire une idée. Mais le gouvernement a décidé de donner un grand coup de pied dans la fourmilière (ceci vaut tant au propre qu’au figuré). Depuis quelques jours, les motos-taxi ont interdiction de circuler dans certaines zones de la ville et il a été décidé de la réduction drastique des quantités de motos importées en provenance de la Chine. Et il n’était que temps.

Lire la suite

 


Où on va après la compo?

Nous vivons une époque trouble. Très trouble. Et ce trouble s’en va crescendo avec la multitude des habitudes d’autres lieux qui nous sont inculqués à travers la télévision et le cinéma. L’un des points d’orgue de cette période trouble est, selon le cinéma américain, les bals de promo ! Aaah ! Le bal des finissants. Nous en rêvions déjà dès la classe de troisième, de devoir s’acheter un costume tout neuf, d’entrer dans la voiture d’un ami ou dans celle de nos parents, d’aller chercher la petite boutonneuse qui aurait accepté d’être notre cavalière, d’affronter la joie démesurée de sa mère et le regard plein d’avertissements de son père, de la voir déboucher tous sourires du haut de l’escalier. De la prendre dans les bras et de sourire pour la photo, de remonter dans cette voiture, de se rendre au lieu de la soirée, de danser avec elle en la regardant dans les yeux, de voir un ami se faire jeter par celle qu’il croyait en béate admiration devant sa personne, de voir un autre vomir à en perdre les boyaux. Et puis, au bout de la nuit, on se retrouverait avec la belle dans une chambre, elle prête à offrir le cadeau qu’elle n’avait jamais offert – enfin, on l’espérait. Rien de plus terrible pour un bleu que de tomber sur une nana déjà rôdée – et nous tout autant anxieux qu’excités à l’idée de le recevoir.

Autant mettre rapidement les choses au clair, ça ne s’est pas passé du tout comme ça. Alors pas du tout. On a eu entre-temps la lucidité de se rendre compte que le costume, en de pareilles circonstances, était réservé aux clowns. Et les cavalières, on n’en avait pas. Malheureusement, je faisais partie de la classe des nabots. Mon sex-appeal ne se révéla et ne fit énormément de dégâts que bien plus tard, mais ça c’est une autre histoire. Pour la voiture, nul besoin de rappeler que c’est une denrée inexistante chez le collégien ou lycéen camerounais. Mon père en possédait une, mais c’aurait été bien plus judicieux de se tirer soi-même une balle dans la tête que de lui poser la fatale question : « papa, est-ce que tu peux me prêter ta voiture pour le bal ? » Primo, aucun de mes coreligionnaires n’avait déjà son permis de conduire. Moi-même je ne l’ai obtenu cette année, vous vous en rappelez… Secundo : au niveau des notes, ça avait été loin, très loin d’être brillant. Du coup, on a évité le regard courroucé du père de la belle, la joie et les photos de sa mère après la scène de l’escalier. Mais pour le reste…

Lire la suite

 


Découvrez et rejoignez les « Blogueurs camerounais »

Logo Blogueurs Camerounais

La première question que je me posai quelques mois après avoir créé mon blog – plus précisément au terme de la formation et du stage sur le thème Mondoblog lancé par l’Atelier des Médias de Radio France Internationale (RFI) – ce fut celle de savoir s’il y avait d’autres camerounais qui se passionnaient pour les blogs et qui, bonheur supplémentaire, en tenaient un. Je n’avais pas beaucoup d’espoir, vu que les seuls que je connaissais étaient Florian Ngimbis et Salma Amadore qui comme moi participaient au projet Mondoblog. Mais j’occultais involontairement une chose : les camerounais ont de la ressource à en revendre. Comme le disait toujours une personne qui m’est très chère, si cheminant tu trouves sur ta route le cadavre d’un camerounais, cherche dans le bosquet alentour. Tu trouveras à coup sûr deux ou trois qu’il a réussi à vaincre avant de se faire terrasser. Une façon de louer la détermination, la perspicacité et le talent des Camerounais. Fort de cet empirisme et de la volonté, sinon de mettre sur pied un regroupement d’échange entre les blogueurs camerounais, d’en trouver un et d’en faire partie, j’ai établi des connexions et laissé le temps faire son œuvre. Un peu moins d’une année après (en mars 2012), suite à une idée de la blogueuse Danielle Ibohn et grâce à l’aide de Florian, je créai le groupe « Blogueurs camerounais ».

Avant d’entreprendre cette démarche, j’ai bien pris soin de parcourir le Web pour débusquer tout ce qui pouvait s’apparenter à un blog tenu par un Camerounais. Nul n’est besoin de dire ici quelle fut ma surprise en constatant après quelques semaines de recherches que mes résultats se rapprochaient du zéro tout rond. J’en discutais régulièrement avec Florian qui semblait lui aussi perplexe. Nous faisions nos recherches chacun de son côté, lui à Yaoundé et moi à Douala. Notre hébétude ne décroissait pas, car étant étudiants, nous essayions d’en parler avec les camarades pour lesquels le mot « blog » évoquait un phénomène obscur quand ils ne n’assimilaient pas au compte sur Facebook ou Hi5!

Lire la suite


Le Cameroun est une bombe à retardement

Dimanche dernier, le 20 mai, était célébrée la 40ème fête nationale du Cameroun, pour la commémoration du Cameroun fédéral devenant Etat unitaire. Une fête que d’ailleurs j’avais oublié car ce n’est que dimanche dans la soirée que je me suis souvenu que c’était la fête nationale. Ce qui a d’ailleurs été le cas de beaucoup de gens à première vue, car passant énormément de temps sur les réseaux sociaux avec des centaines de camerounais, aucun n’a eu la bonne idée de mentionner les jours précédents ou le jour même la fête nationale. Cette célébration de l’Etat Unitaire du Cameroun venait en tout cas mettre pour moi un terme à une semaine pendant laquelle un faisceau d’évènements m’ont mis face à une évidence, que j’ai toujours farouchement refusé de voir : mon pays, le pays que j’aime, celui dans lequel je vis et que je n’ai jamais quitté une seule seconde est assis sur un monticule de napalm. Explosif dont le détonateur se trouve entre les serres d’un volatile auparavant de mauvaise augure pour les seuls poussins, mais qui par la force des choses est devenu un véritable menace pour le Cameroun tout entier : l’Epervier. Oui, camerounaises et camerounais, l’Opération Epervier nous dirige tout droit vers de jolies emmerdes et d’autres facteurs installés depuis l’y aident.

Mardi le 15 mai, j’ai vécu de bout en bout un évènement historique : l’investiture de François Hollande et ses premières heures en tant que président de la république française. Il est inutile de signaler que ce genre de péripétie de la vie d’un pays est une denrée rare sur le Continent, encore moins dans mon pays. Pays dans lequel la dernière passation de pouvoir a eu lieu quand je n’étais pas encore né. N’en déplaise à ceux qui nous disent portés vers l’extérieur, on est bien obligés de regarder dehors pour vivre ce genre de chose. Deux sentiments ont dominé chez moi ce jour-là : d’abord, je me suis senti pour la première fois lié à ce pays, la France, et à sa culture. Puis, j’ai été subjugué par l’importance que prenait l’histoire de ce pays dans son évolution et dans le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. 

Lire la suite


Le saint fouet

Dernièrement, je regardais une émission télévisée sur une chaîne internationale qui parlait des sévices dont sont victimes les enfants. Ca va paraître étrange, mais ce document a plutôt suscité chez moi un certain amusement, surtout au moment où il a été question du désarroi d’une maman qui élevait seule son enfant, qui avait dû se battre contre les services sociaux de son pays parce qu’elle avait commis le tort d’enfermer son fils de dix ans – un idiot fini, un roitelet qui se croyait tout permis – pendant plusieurs heures dans sa chambre. On accusait la pauvre maman de séquestration sur mineur, elle qui ne savait plus à quel saint se vouer avec un enfant qui lui donnait tous le temps du fil à retordre et qui minait chaque jour le peu de liant psychologique qui permettait à la dame de tenir encore debout. Je crois qu’il n’est pas nécessaire de préciser que ceci se passait dans un pays occidental, l’un des empires de l’enfant-roi. Il est encore plus inutile de dire que vu depuis nos contrées tropicales et équatoriales, tout cela n’est que folklore. Le châtiment corporel est l’un des éléments cardinaux de la panoplie qui sert à bâtir des hommes et des femmes dignes de ces noms sous nos chaudes latitudes.

Lire la suite


Scalpons-les, elles le méritent!

Mon bon ami et collègue blogueur Florian Ngimbis s’est fait proprement dézinguer lorsqu’il a publié il y a quelques semaines un billet aux accents hautement capillaires. Il s’était posé la question de savoir si les camerounaises avaient honte de leurs cheveux. Il s’est fait tailler en mille morceaux alors qu’il avait raison de bout en bout dans sa logique.

Les camerounaises ont-elles hontes de leurs cheveux ?
Oui, et ce sans conteste. Pour vérifier cela, il n’y a qu’à mettre son nez dehors, dans n’importe quelle rue ou ruelle de la ville de Douala. Sur 100 femmes ayant atteint ou dépassé l’âge de procréer, 97 portent des extensions capillaires.
Pourquoi ? Je me suis longtemps posé la question. La réponse qui revient chaque fois de la part des charmantes représentantes du sexe dit faible est simple : pour plaire aux hommes et se sentir belles. Quel sacrifice pour le ravissement oculaire de ces bons mâles ! Non, trop peu pour moi.[…]

Lire la suite…


Vous avez dit permis de conduire ?

L’an dernier, je suis tombé sur une émission télévisée qui parlait des difficultés de la conduite automobile en France. Il était entre autres question de la hardiesse qu’il y a à obtenir un permis de conduire dans ce pays. On doit subir au moins une année d’apprentissage, les tarifs y sont prohibitifs, les cours de pratique dans les auto-écoles sont souvent facturées à l’heure (parfois jusqu’à 60 euros de l’heure – environ 39 000 F CFA), les chances de l’obtenir s’amenuisent au fur et à mesure qu’on échoue à l’examen du permis de conduire, lequel a la réputation d’être plus difficile que le baccalauréat. Pour ceux qui l’ont obtenu, ce n’est pas la fin de la course car le permis de conduire en France est à points. Une perpétuelle épée de Damoclès plane sur le conducteur en France, prête à s’abattre au moindre oubli de clignoter avant un changement de direction. Lire la suite…


Chronique de la CAN 2012

Chers lecteurs,

Vous avez dû remarquer que rien n’a été publié sur ce blog ces trois dernières semaines. Cette absence a une explication: depuis le début de la Coupe d’Afrique des Nations 2012 qui se tient actuellement au Gabon et en Guinée Equatoriale, je publie des chroniques quasi-quotidiennes sur la CANTalk, lancée par Les Observateurs de France 24. Pour vous occuper en attendant la fin de cette compétition ce dimanche 12 février 2012, je republie ici l’un de mes pamphlets présents sur cette autre plateforme.  Lire la suite…


Eau de caniveau à boire!

Des enfants ramassant de l’eau sale dans ma rigole

Je ne mangerai plus jamais le poisson braisé de ma voisine. Non, plus jamais ! Un véritable crève-cœur. Dans ma rue, il y a trois grilleuses de poisson, installées depuis des lustres et ne nous donnant pas vraiment de choix car elles avaient tout en commun : elles ne braisaient que du maquereau, le faisaient toutes très mal et pratiquaient des prix proprement indécents. Puis, il y a six mois, ma voisine la plus proche s’est mise à faire du poisson braisé. L’un des plus exquis qu’il m’ait été donné de manger. D’abord, son poisson (du maquereau mais aussi du bar) était dodu, pas comme ceux émaciés que les autres vendaient. Ensuite son piment, le mets qui fait que le poisson cuit à la braise devienne le poisson braisé, était délicieux. Généralement, les grilleuses de poisson ne maîtrisent pas l’art du piment. Quelquefois, j’ai acheté du poisson et le piment qui l’accompagnait était préparé de la façon la plus archaïque qui soit : il était écrasé et servi au client tel quel, sans assaisonnement aucun. Et dans ce cas au lieu de savourer le poisson, on se retrouvait palais en feu, les larmes dégoulinant des yeux et la morve pendouillant au dessus des lèvres. Le piment de ma voisine par contre contenait un savant mélange de piment bien sûr, mais aussi de diverses épices et assaisonnements qui faisaient le ravissement des  gourmets. Le prix de sa marchandise était plus qu’acceptable. Il aurait été plus élevé qu’il ne poserait aucun problème chez sa clientèle, vu le délice qu’elle en tirait et le prix qu’elle avait l’habitude de payer pour une qualité moindre. Non, c’était tout bénéfice, et le succès ne se démentait pas. Les autres grilleuses étaient carrément désertées alors que les rangs n’en finissaient pas devant la voisine. Parfois, j’étais de la partie. Mais ça c’était avant. Car je ne mangerai plus de son poisson.

Lire la suite…


Mondoblog en 2011, mes pépites

Mondoblog en 2011, c’est des centaines d’articles publiés, des milliers de commentaires déposés à leur suite, des dizaines de milliers de visites sur l’ensemble des blogs.  Mondoblog en 2011 c’est aussi les rencontres qui ont eu lieu à Dakar et à Yaoundé pendant le mois d’avril qui ont permis aux différents membres de ce microcosme blogosphérique de se rencontrer physiquement après de longues semaines de discussions échevelées sur le forum mis en place par l’organisation. Environ une centaine de candidats ont sélectionnés pour ce concours de blogueurs, un peu plus d’une trentaine ont été finalement admis à participer à ces stages qui avaient lieu dans ces deux capitales africaines. Je vais d’emblée adresser une pensée à tous les mondoblogueurs sélectionnés qui n’ont pu effectuer le déplacement de Yaoundé et pour Dakar. Il s’agit notamment de Boukary Konaté du Mali (pour des raisons familiales), de Nelson Deshommes d’Haïti (des problèmes consulaires), de Félicité Coulibaly du Burkina Faso (à cause d’obligations professionnelles) et de Suy Kahofi de la  Côte d’Ivoire (dû à l’instabilité qui régnait dans son pays à cette époque). Le dernier auquel  j’adresserai  vœux particuliers est un mondoblogueur dont je ne citerai pas le nom ici, pour des raisons de sécurité. Nous avons aussi été touchés sur notre plateforme par des atteintes graves à la liberté d’expression et notre blogueur, à cause de ses écrits, a été incarcéré pendant tout un trimestre. Il racontait la vie dans son pays de façon générale et la tonalité de ses articles n’était pas des plus virulentes. Il l’a malgré cela payé de sa personne. Je ne mentionne pas les menaces, les insultes et les quolibets auxquels beaucoup parmi nous ont dû faire face. Mais ne vous méprenez pas ! Tout n’a pas été triste sur Mondoblog durant l’année écoulée. Loin de là ! Lire la suite…


Je ne suis pas au pays donc c’est moi qui commande!

 

La fête de la Nativité avait été une réussite (du moins, de mon coté). Il y a eu des tonnes de nourriture à manger, des hectolitres de liquides en tous genres à boire, le tout entouré de la famille, des amis, même des inconnus et dans une atmosphère musicale quelques fois vulgaire, il faut l’avouer. Mais c’était bien. Assis sur notre banc, chacun essayait d’impressionner les autres avec les choses « magnifiques » qu’il aurait faites pendant les journées du 24 et du 25 décembre. Les débats, comme d’habitude, se déroulaient à bâtons rompus, chaque compère essayant de prendre l’ascendant verbal sur tous les autres. Mais quelque chose n’allait pas, malgré l’ambiance bon enfant. C’était Doyen qui posait problème, et cette fois pas de la plus loufoque des façons. L’ambianceur attitré du banc était curieusement muet. Il nous écoutait (?) en silence et semblait passablement irrité aussi. Nous lui avons donc fait la remarque. Cela a pris le temps que ça a pris, mais il a fini par nous expliquer qu’il venait de recevoir un savon monumental de la part de son frère cadet qui est actuellement en Occident pour une histoire de beignets au haricot que le petit dernier de la famille n’avait pas mangé.

Lire la suite…



Mémoires d’un étudiant de Faculté

La fac! Ah! Comme on en rêvait! Mais être en fac dans nos universités n’est pas une sinécure. Moi, j’ai eu l’insigne honneur de me compter parmi les étudiants de l’Université de Douala. Mais rien ne nous préparait, mes camarades et moi d’un des collèges privés les plus sélectifs de la ville où nous étions traités comme des petits trésors à vivre ce qui nous attendait en faculté. Rien du tout. Aussi étrange que cela puisse paraître, malgré le standing de l’établissement que je fréquentais depuis sept années déjà, aucune journée d’orientation ne fût jamais organisée pour guider dans les méandres des filières de l’enseignement supérieur dans lequel nous nous apprêtions à entrer, tout élèves de la classe de Terminale que nous étions. De façon personnelle, mon année de Terminale m’avait paru tellement mauvaise, qu’au lieu de me préoccuper de mon point de chute après le bac, j’en étais à me questionner sur mes chances de même obtenir ce diplôme. J’allais vite être fixé, car j’ai eu le baccalauréat, et de surcroît, mes notes en classe étaient en fait loin d’être mauvaises. Il était désormais trop tard. Le temps de débuter les atermoiements, la rentrée académique était déjà là et je me suis retrouvé en faculté de Droit à l’Université de Douala.

 

Lire la suite…


Gare aux magiciens des rues!

Il n’y a pas de cirque à Douala. Ou plus précisément, la fréquentation de la ville par des troupes de cirque est d’une sporadicité famélique. Il n’y a pas non plus de salle de spectacles digne de ce nom, pas de salle de cinéma, pas de stade de football remplissant les standards internationaux. De premier abord, on pourrait dire que le divertissement est mort par ici. Ce serait pourtant une grossière erreur de le faire!

Lire la suite…