Owarindé Jacob

Unis par la langue française

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Logo de l’université Senghor

Derrière les grands murs de l’université Senghor d’Alexandrie, se côtoient 194 auditeurs en Master de 25 différentes nationalités. La langue nationale et la culture sont exhibées sans pour autant empêcher la langue française de jouer son rôle d’unificateur.

La diversité culturelle ne saurait trouver sa preuve la plus probante ailleurs qu’à l’université Senghor d’Alexandrie, opérateur directe de la Francophonie: 194 auditeurs en  master venus de 25 pays avec plus de 40 langues ou idiomes parlés. Le « créole » d’Haïti, le « mina » du Togo,  » le fongbé » du Bénin  » le Lingala » et  » le Swahili » du congo ou encore « l’arabe », raisonnent quotidiennement dans les couloirs du 10ème étage ou même autour des repas de midi. Chaque communauté vante bien son prestige et son identité culturelle. Les béninois le font aussi bien. A table un midi au restaurant de l’université, leur « fongbé » mélé d’éclats de rire ne passe pas inaperçu. Le halo qu’ils créent autour de cette langue nationale parlée surtout au sud et au centre du Bénin, retient toutes les attentions. Aucun regard quel qu’il soit ne semble les dérouter,  mais plutôt les rend fiers comme Abatant : « c’est notre langue, on l’adore comme vous adorez les vôtres », échange MR, une béninoise, contre le léger sourire des uns et des autres. De l’autre côté du restaurant, non loin de leur table, le créole des haïtiens monte en décibel. personne ne se plaint des « Se mwen menm ki plen» «Mwen tès demen», « M ‘ale nan dòmi». et pour la simple raison, rappelle, didi (pseudonyme), étudiant en gestion de l’environnement, « ils sont libres de parler leur langue entre eux. J’en fais pareil avec mes compatriotes. Mais quand on se retrouve en dehors de nos communautés, le français reprend place ».

Le français les rapproche les uns des autres…

La langue officielle de l’université Senghor reste le français. Tous les étudiants en sont pratiquants. Avaient-ils d’ailleurs le choix ? Même les trois égyptiens de cette 15ème promotion savent bien ranger leur précieux arabe quand il le faut.  Saloua Ibrahim, l’une d’entre eux, semble parfois parler en moyenne plus le français que l’Arabe. diplômée d’une licence en littérature française, elle enseignait déjà le français dans une école publique à l’ouest de l’Egypte avant son admission à  l’Université Senghor depuis Septembre 2015. L’usage assidu et quotidien de la langue  française, ne lui arrache nullement sa liberté de s’exprimer en langue Arabe et mieux encore  ses habitudes culturelles. Toujours vêtue de son voile comme le font la plupart des femmes musulmanes en Egypte, Saloua partage bien de forts et intéressants moments de discussion en langue Arabe. Ses longues causeries avec sa compatriote Hoda, ses échanges régulières avec le personnel du restaurant, ou encore sa prestation culturelle lors du 25ème anniversaire de l’Université Senghor, en sont des preuves. Loin d’être une barrière, la langue française est selon elle une chance. elle en parle d’ailleurs avec une assurance mêlée d’un style presque poétique : «  Par la langue française, je vais découvrir la culture des autre et eux aussi viennent découvrir ma culture. C’est grâce à cette même langue que je vais vers eux et eux aussi viennent vers moi ». Sur ces mots, elle n’a certainement pas tort. son libre choix d’appartenir au groupe musical de l’université Senghor reste sa source première d’inspiration. L’accointance entre Saloua et les autres étudiants non arabes est visiblement bonne malgré son caractère taciturne : « Je suis un peu renfermée et je ne parle pas trop, mais comme les autres m’approchent grâce au français que je comprends aussi, je m’ouvre à eux », confirme-t-elle. On ne s’étonne pas de la voir avec les malgaches au marché de Manchéya, où la jeune égyptienne joue modestement un rôle d’interprète.- elle traduit souvent les prix de l’arabe en français-. Ou encore la surprendre au service d’un étudiant béninois pour  une indication géographique.

Grâce au français en commun, les relations entre auditeurs de l’Université Senghor d’Alexandrie semblent  moins compliquées même si parfois certains se sentent plus à l’aise dans leur langue d’origine.

Le français n’a pu leur voler leurs langues nationales…

Le français est certes la langue officielle à l’Université Senghor d’Alexandrie, mais elle n’arrache pas aux uns et aux autres leurs identités culturelles. Le 15 mars dernier à Alexandrie, un accent est mis sur cet aspect lors de la conférence animée par  Philippe Bélaval, président des Monuments Nationaux de France. -la conférence a pour thème : Le patrimoine, de l’identité à l’universel et a connu la participation des étudiants – . « La diversité culturelle ne peut effacer l’identité culturelle, et l’identité culturelle ne peut effacer la diversité culturelle», a rappelé ce jour Albert Lourde, le recteur de l’université Senghor.

Le « wolof » des sénégalais illustre bien la situation. Ils sont 15 auditeurs à l’université Senghor et à leurs bouches, le wolof, -langue la plus parlée au Sénégal- est un leitmotiv. En salle de cours, au restaurant, à la pause, dans le bus de transport commun, le wolof se fait entendre ici au point d’irriter certains. Dans l’anonymat, un camerounais, auditeur au département santé de l’US, ne cache pas ses impressions : « avec les sénégalais ici, c’est un peu exceptionnel. Tu constitues un groupe de trois personnes avec eux et ils n’hésitent pas à se mettre à parler leur wolof. Ta présence ne les dérange même pas. Vraiment je ne comprends pas qu’ils soient autant attachés à cette langue ».

Parler le wolof malgré la prédominance du français, extrapole un simple reflexe. « Au Sénégal, tout le monde parle le wolof. Mais au-delà de cela, il y a des expressions qui ne sont pour nous bien audibles qu’en wolof.  C’est très fort », explique  Gnas avant de préciser : « nous sommes tellement attachés au wolof au point où nous le parlons partout avant de se rendre parfois compte qu’on est avec des gens qui ne viennent pas de chez nous. Et dans ces situations, on se ressaisit en passant rapidement au français pour ne pas frustrer notre entourage ». Les sénégalais ne sont pas les seuls d’ailleurs tous les autres usent librement aussi de leurs langues nationales quand l’occasion s’offre à eux.

A l’université Senghor les langues nationales ont une place. Leur usage n’est pas entériné certes, mais aussi, il n’est pas prohibé. Cela ne saurait l’être lorsqu’on se fie aux propos d’Albert Lourde le 20 mars, jour consacré à la célébration de la journée internationale de la Francophonie. « la francophonie ne menace pas les identités culturelles. Pas de diversité culturelle sans diversité linguistique. La diversité linguistique est ce qu’est le multipartisme dans la démocratie», a-t-il rappelé.

Désormais puînée de leurs langues nationales, la langue française facilite à cette jeunesse, la vie en communauté.


La pluie teste Alexandrie

 

Photo: Owarindé Adéyèman/ Egypte Octobre 2015
Le quartier Mancheya inondé après la pluie du 25 octobre 2015

 

Alexandrie, la ville où est implantée l’université Senghor, craque sous une petite pluie ce dimanche 25 octobre 2015.

On se croirait quelque part en Afrique de l’Ouest; bon à Cotonou pour ceux qui connaissent l’état de certaines rues de la capitale économique du Bénin après une pluie. Ici, les rues sont également inondées, surtout le quartier Mancheya, non loin de l’université Senghor d’Alexandrie, et juste derrière le consulat de France. Depuis le 10e étage, à travers les glaces, la scène est mieux vécue. Nul n’est épargné : les taxis  peinent à circuler, les tibias de quelques piétons intrépides trempent dans l’eau et du coup, c’est un moment de nostalgie pour certains auditeurs de l’université Senghor : «Il y a aussi des inondations ici ! » grande est la surprise pour un groupe de Camerounais qui plaisantent : « Il nous faut donc des bottes ici quoi? Allons déjà lancer nos commandes de bottes sur Jumia» [Jumia un site d’achat en ligne très fréquenté par les auditeurs en master de l’Université Senghor d’Alexandrie]. En effet, cette pluie fait suite à de violents vents qui ont soufflé sur la ville ces trois derniers jours.

Quand on sort des locaux de l’Université Senghor, on constate que les « Alexandrins », si je puis me permettre ce gentilé [gentilé bien utilisé entre auditeurs de l’université pour désigner les habitants de la ville d’Alexandrie], n’ont rien à envier aux « Cotonois ». Ils maîtrisent eux aussi les astuces pour circuler, surtout quand on est piéton. Une gymnastique indescriptible pour quitter un point A vers un point B ou pour esquiver une flaque d’eau. Et je me suis bien marré quand un Béninois est venu me susurrer à l’oreille : «On dirait la grande voie pavée de Gbégamey à Cotonou». Pour l’anecdote, cette voie est l’une des plus inondées du centre-ville de Cotonou.

L’inondation existe bel et bien ici aussi en Egypte, et cette pluie du 25 octobre a servi de testeur.


Sur les traces des chasseurs d’internet de Cotonou

Au Bénin, les jeunes s’adonnent à une chasse aux points wifi non sécurisés, pour contourner les prestations onéreuses des fournisseurs d’accès à internet.

Les points wifi non sécurisés sont recherchés à Cotonou. Les jeunes ont du flair en tout cas pour ça. Farid, un jeune étudiant en a découvert deux depuis plusieurs années et il en profite gratuitement. « Pauvre étudiant que je suis, ma bourse ne permet pas de me procurer un forfait internet régulier. C’est trop cher pour moi », explique-t-il.

Avant 2010, il se contentait des services d’un cyber café où il naviguait contre 300 ou 500 francs CFA l’heure. Il y allait toutes les deux ou trois semaines. Mais la fréquence a changé à partir de 2011. Internet est devenu très important dans sa vie et dans celle de tous les jeunes Béninois d’ailleurs.

« Avec l’avènement des smartphones au Bénin, l’arrivée de Facebook et surtout de Whatsapp, je devais me connecter presque tous les jours, et je ne pouvais plus continuer à injecter quotidiennement 300 à 500 francs CFA. Il me fallait donc de l’internet moins cher ou gratuit. J’ai fini par trouver par la grâce de Dieu ! »

Dieu a exhaucé ses prières. Du moins c’est ce que pense le jeune homme depuis qu’il use gratuitement de la connexion internet de deux différentes institutions.  « Quand je ne suis pas en cours, je vais me connecter au wifi non sécurisé du ministère de l’intérieur, [non loin de la Présidence de la république]. Mais quand je dois être à l’école, je patiente et le rendez-vous est pris la nuit devant la Bourse du travail à Gbégamey [un des quartiers les plus populeux de Cotonou] », s’exulte-t-il, avant d’ajouter d’un air narquois : « Cela n’a pas été facile quand même. Je me promenais tout le temps avec mon smartphone en main dans l’espoir de détecter un wifi non sécurisé. Partout je le faisais, quelque soit le quartier. Et finalement je suis tombé fortuitement sur deux wifi à la Bourse du travail. Le premier était verrouillé, mais le second était libre. Et c’est ce que je recherchais ».

Risquer la vie pour internet…

Farid prend d’habitude son rendez- vous à partir de 20h 30 devant la Bourse du travail. Mais avant son arrivée, d’autres jeunes gens squattent déjà le territoire. Parmi eux, Christian, un étudiant en deuxième année à l’Ecole Nationale d’Economie Appliquée et de Management. Il y était depuis 19 heures et ne compte pas s’éclipser avant 2 heures du matin.

A l’entendre sa mission est lourde ce soir. « Je passerai presque toute la nuit ici parce que j’ai d’importants téléchargements à faire. Cela va prendre assez de temps. Mais j’y parviendrai. J’ai une batterie de secours pour mon téléphone », se rassure-t-il. Christian est certain de ne pas subir le moindre effet de la solitude. Rodhès, Janot et Horacio lui tiendront compagnie toute la nuit. A croire qu’ils sont venus ensemble.

Chacun est là dans un but précis, mais est obligé de sympathiser avec l’autre afin d’instaurer une ambiance de sécurité sur les lieux. « Certes on a accès gratuitement à internet ici, mais le risque est aussi grand. Quand c’est la nuit et que vous êtes seul ou à deux, les voyous vous agressent facilement. Cela m’était déjà arrivé une fois où on m’a arraché mon téléphone Samsung. Mais, il est impossible qu’un petit voyou vienne s’en prendre à un groupe de 10 à 13 personnes », entame Janot avant d’acheve r: « Pour nous qui sommes souvent là, les nuits pour nos téléchargements, on risque beaucoup nos vies. C’est ce qui incite sûrement la police à nous renvoyer par moment ».

Le gouvernement et les réseaux de téléphonie mobile indexé

Les jeunes Cotonois ne peuvent plus se passer d’internet. Facebook, Whatsapp ou encore Youtube et autres sites de téléchargement ont conquis leurs cœurs. Ils adorent internet, mais ne disposent pas de moyens pour s’activer régulièrement un forfait. Cette ambivalence selon eux, a son sens du fait que le gouvernement n’a pas œuvré pour l’accès facile à internet au Bénin.

« Dans certains pays, l’Etat a créé des zones wifi gratuit au niveau des grandes villes. Si je ne me trompe pas, l’Etat rwandais l’a fait à Kigali. Ici, le gouvernement ne s’en préoccupe pas. Alors qu’il n’ignore pas l’importance d’internet à cette ère de mondialisation », illustre Farid.  « On a eu recours aux réseaux de téléphonie mobile mais c’est coûteux, surtout avec leur 3G », regrette aussi Horacio.

MTN, l’un des réseaux de téléphonie mobile offrait des Méga Octets à chaque rechargement d’unité  [recharge de crédits à partir de 500 francs CFA.] Cet avantage ne tient plus depuis la fin de l’année 2014. Et les jeunes s’en indignent sans pouvoir y changer grand-chose


Cotonou, la capitale du bric-à-brac

Objets de tous genres et tous de la brocante occidentale font la coqueluche des habitants de la capitale économique du Bénin. Ici, on les appelle « les venus de France ». Ordinateurs, téléphones portables, cuisinières, matelas, et même des produits alimentaires sont exposés à tous les coins de rue de Cotonou.

A Zongo, un quartier populeux et réputé pour sa brocante bien sélectionnée, l’affluence n’est pas moindre. Tous les jours, du matin au soir, on y voit des fans. « Si vous m’avez aperçu ici à Zongo, ce n’est pas un hasard. Je suis un habitué des « venus de France » », se félicite Florentin (nom changé), un restaurateur. Visiblement, c’est une mode de s’adonner à la brocante. La plupart des acheteurs et vendeurs misent surtout sur le coût, qu’ils estiment moindre et la qualité des produits. Florentin surexcité brandit les 2 poêles qu’il vient de sélectionner et les couvre de propos dithyrambiques : « Ces 2 poêles coûtent au minimum 10 000 francs dans les boutiques et au marché,  alors que dans les venus de France, je les ai eues à seulement 4 mille francs malgré leur grande qualité. Ici, les prix sont abordables, mais aussi la meilleure qualité est au rendez-vous ».  Au-delà du coût « moindre » et la « bonne qualité », la brocante doit sa réputation à ce que ses fans appellent :  » mauvaise qualité des articles en boutique ». « Nos commerçants n’importent plus des produits de qualité. Tout ce qu’on trouve dans les boutiques n’est rien d’autre que de la dernière catégorie. Certes, les produits issus des » venus de France » ne sont pas neufs, mais ils ont encore une qualité de survie », explique Dieu-donné d’un air bien sérieux. Pour lui, tant que les commerçants ne prendront pas conscience de la situation, la population n’ira jamais vers leurs produits neufs de mauvaise qualité, mais plutôt vers la brocante.

Un produit promu par les Africains…

L’origine et le parcours des « venus de France » sont loin d’être mythifiés. Les clients le savent et en parlent aisément. « Ce sont des produits déjà utilisés en Occident que nos frères africains importent » reconnaît Dieu-donné. Selon lui, « le bric-à-brac en Afrique en général et à Cotonou en particulier, est promu par les Africains eux-mêmes ». Des hommes d’affaires ou des importateurs, vivant ou ayant une connaissance à l’extérieur, y participent activement. « Je sélectionne ma marchandise auprès des importateurs dès l’arrivée de leurs navires au port autonome de Cotonou. C’est donc grâce à eux qu’on reçoit notre marchandise », confirme Kader, un jeune brocanteur.

Kader n’est qu’un simple revendeur. Il a opté pour ce commerce depuis 2007 et cela ne semble plus l’arranger. Les objectifs visés à l’origine ont pris un coût vu le caractère vieillot de certains objets. « Je revends spécialement : des matelas, des vélos et télévisions. Mais avec le numérique qui est en train de s’imposer, les clients n’achètent plus mes télévisions et cela ne m’arrange plus du tout », se plaint-il. La solution pour Kader est très simple : passer du statut de simple revendeur au statut de grossiste. « Je pense devenir un grossiste. Ça ne va plus tarder parce que j’ai un ami qui vient de bouger pour l’Europe et il a bien l’intention de faire comme ces importateurs. Donc il est là-bas et il m’envoie les conteneurs que je me chargerai de distribuer aux revendeurs », projette-t-il.


Can 2015 : Drogba portait-il la poisse ?

La 30e édition de la CAN s’est achevée ou du moins bien achevée pour les Eléphants de la Côte d’Ivoire. Cette équipe connue pour sa pléthore de stars et qui a échoué déjà deux fois lors des finales 2006 et 2012, s’est imposée face aux « black stars », et sans leur attaquant fétiche : Didier Drogba.

Ce 8 février les Eléphants se sont imposés face aux Black stars comme il y a 23 ans. Ce remake de la finale 1992 une fois encore couronnée de 11 tirs au but est autrement interprété au Bénin. Plusieurs sont ces fans ivres de joie qui pensent que le départ de Didier Drogba en est pour quelque chose. « Je savais que sans Didier Drogba, la Côte d’Ivoire va remporter cette compétition. Il est très malchanceux ce gars » explique Maurice [nom changé]. A l’entendre, il n’est pas pour autant heureux pour Drogba, l’attaquant de Chelsea. Sa voix qui ne portait presque pas reflète toute sa tristesse à l’endroit de son joueur favori. Il n’est pas le seul à penser ainsi. On est en Afrique où la plupart croient finement au mystère. Et le mystère dans le cas d’espèce tourne autour de Didier Drogba. Tundé, la quarantaine environ, a toujours soupçonné le soi-disant « mal » avec l’attaquant ivoirien. Et quand il en parle, il est muni de son air narquois. « Didier Drogba porte la poisse. Depuis 2008 ; lors de cette finale de la league des champions qui opposait son club Chelsea à Manchester United, je l’ai remarqué. Avec ce même Drogba, la Côte-d’Ivoire a raté naïvement deux finales de la CAN. Il a fallu qu’on s’en débarrasse pour que ces Eléphants soient récompensés aujourd’hui », argumente-t-il. On est certes en Afrique, mais apparemment tous n’ont pas bien assimilé cette notion de « mystère », ou du moins pas en matière de football.

Drogba ou Avram Grant ?

La retraite de Drogba n’explique pas du tout le triomphe des Eléphants à cette 30e édition de la CAN. « Drogba n’est pas le seul à partir quand même. C’est toute une génération qui s’est éclipsée. Zokora, Boka, Kader Keita… Qu’est-ce qu’on dit de ceux-là ? », rechigne Samuel, un fan des Eléphants. Selon lui, il était grand temps pour Drogba, vu son âge. A 36 ans, Drogba n’a plus l’énergie adéquate pour alimenter deux équipes à la fois (Chelsea, Côte d’Ivoire). La preuve est Yaya Touré qui semblait épuisé avant le début de la compétition. N’est-ce pas assez suffisant pour exclure Didier Drogba en raison d’un quelconque mystère ? « Drogba n’a-t-il pas offert un trophée de la League des champions européenne à Chelsea ; le seul du Club ? », se demandent certains. Et quand on fait un petit rapprochement, les réactions en faveur du « porteur de poisse » ne manquent pas. « Pourquoi parle-t-on ainsi ? Pourquoi on veut faire porter à Drogba les échecs précédents des Eléphants. On nous parle de l’Afrique et ses mystères. S’il y a mystère, pourquoi Drogba et pas Avram Grant ? Cet entraîneur a toujours perdu lors des tirs au but. Je me rappelle la finale 2008 de la League des champions», s’insurge Parfait… Et d’ajouter « tout ça n’est que le fruit du hasard, mais si on s’obstine à croire au mystère, alors toutes les équipes vont perdre comme les Black Stars avec un Avram Grant ». Entre mystère et pur hasard, se trouve aujourd’hui le nom de l’emblématique attaquant de Chelsea. Mais quelle tête le grand éléphant a-t-il présentement ? On l’ignore. Triste ou heureux ? On se le demande. Mais ce dont on est sûr, est qu’il a été de cœur avec ses anciens coéquipiers lors de ce remake 1992. «  Déçu de ne pas faire partie de cette aventure mais content et soulagé d’avoir arrêté à temps pour que vous puissiez grandir ! Faites de ce jour, Votre jour, Votre victoire et le reste ‘will be history’ », avait-il écrit à l’endroit de plusieurs de ses coéquipiers, quelques heures avant la finale.


[ Je ne suis pas Charlie ; je ne suis pas Terroriste non plus ]

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Une image qui illustre les propos du jeune musulman

« Je ne suis pas Charlie ; je ne suis pas terroriste non plus »Cette phrase ne vient absolument pas de moi. Je n’ai d’ailleurs pas le vocabulaire adéquat pour la produire. Parce que d’une part j’aime le dessin et ma liberté de presse me garanti d’en faire ce que je veux ; et d’autre part, ma religion n’a rien avoir avec mon métier. Mais si je me suis permis de reprendre cette phrase sur mon blog, c’est parce que son auteur m’a dit à la fin de son message « Please ! Divulgue ce message ».

Ledit message m’est parvenu ce matin plus précisément à 7 h 31. Je l’ai ignoré lorsque mon téléphone portable a vibré, parce que je m’étais promis de profiter de ma grâce matinée. Et c’est ce que j’ai fait jusqu’à 9 h 50. Après mes exercices physiques, je jette un coup d’œil dans mon téléphone et il était affiché 3 messages. Un venant de ma chérie adorée, un du réseau mobile MTN et le dernier de mon cousin nigérian, Ibrahim. J’avoue que je n’avais pas voulu lire son message à lui pour la seule raison qu’il est roi des lazzis via SMS. Quoi de plus normal que de lire en premier le message de « My Darling » ? oui ! C’est sur ce sobriquet que j’ai fait enregistrer le nom de ma chérie. J’ai été anormal ; j’ai lu Ibrahim en premier et j’espère que « My Darling » me le pardonnera. Pour ça, elle me sortira un nouveau chapitre de sa jalousie après avoir lu ce billet. Mais chérie, mon smartphone m’a permis de voir le début du message de Ibrahim : « Je ne suis pas Charlie… ». J’ai tiqué et c’est sûr que tu viens d’avoir la même réaction parce que il y a 2 jours, tu me chantais dans notre fastfood préféré : « je suis Charlie ». Tu es toujours prioritaire, tu es toujours « Charlie » et tu es curieuse de lire en intégralité le message de mon cousin. Ibrahim vous a laissé à toi et tous les autres lecteurs du monde entier  ceci : « je ne suis pas Charlie parce que je n’accepte pas qu’on caricature mon prophète bien aimé, MOHAMMAD (SAW) et je ne suis pas non plus Terroriste parce que ma religion (ISLAM), m’enseigne et m’ordonne le pardon, la paix et la Tolérance »… Et d’ajouter « Divulgue ce message ». Et c’est ce que j’ai fait sans chercher à savoir sa source d’information.

Ibrahim ! Je ne sais pas si selon toi j’ai accompli ma mission, mais  avec grande conviction, je viens de prouver ma liberté de presse. « je suis Charlie ».


Can 2015 : A Cotonou, la communauté ivoirienne a eu 80 minutes de stress

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La grande déception des supporters ivoiriens

Pour leur deuxième match, les éléphants de la Côte d’ivoire, n’ont pas trop rassuré. A Cotonou, le stress des fans a été pire que celui du premier match. Il leur a fallu 80 minutes de jeu avant de croire encore à une suite de la compétition. Une suite qui dépend visiblement du dernier derby face aux lions indomptables.

86ème minute de jeu, Max Gradel libère les siens sous le regard d’un Gervinho bien énervé dans les tribunes. « Ouf !»,  ont poussé les supporters des éléphants de la côte d’Ivoire. Mais avant ce soulagement, l’ambiance était tendue. Tous réunis dans un bar, ces supporters  étaient frappés presque d’une apoplexie dès la 7ème minute de jeu : 1-0 pour le Mali. « que se passe-t-il avec ces ivoiriens ? », grommèle Habib, un jeune étudiant. Les deux mains sur la tête, il regarde autour de lui et tout son monde s’écroule. Ces compatriotes ivoiriens, mines bien serrées, plongent dans le désespoir. « On est éliminé », affirment-ils ensemble. Le temps de jeu évolue, la domination ivoirienne est infructueuse. A la mi-temps, la nervosité prend de l’ampleur dans le camp des supporters, surtout lorsque le résumé des 45 premières minutes survole leurs esprits. « 3 occasions manquées avec 68% de possession de Ball. Ce n’est pas ça on veut, on veut une victoire pour une qualification », s’escrime à expliquer Boubac, un grand fan des éléphants. Le stress devient plus flagrant à la reprise. Boubac ne tient plus. Ses mains tremblent et cela se ressent même dans sa voix. Il s’éclipse de la scène, parce que débordé par les sarcasmes d’un supporter malien [vous les ivoiriens, vous serrez éliminés malgré cette carrure de joueur que vous détenez au sein de votre équipe depuis plus de 3 ans]. Un silence absolu s’est imposé aux supporters ivoiriens. Ils n’ont  leurs bouches que pour susurrer de petites prières.  Lesquelles prières n’ont rien pu faire jusqu’à la 80ème minute de jeu. C’est à ce moment précis que Boubac revient sur les lieux juste pour faire une caricature de Yaya Touré, le capitaine des éléphants : « Yaya n’a même pas justifié son ballon d’or ; il est nul », se moque-t-il. Journée vraiment difficile pour le milieu de terrain de City, qui est mené en Guinée pendant que son club a perdu au même moment en Angleterre.

A la 86ème minute de jeu, un gros plan sur Gervinho dans les tribunes, fait extérioriser la colère des fans. Tous ceux qui se sentaient dans cet instant ivoirien, se sont mis à crier : « si les éléphants sont en grande difficulté c’est à cause de Gervinho. Pourquoi s’énerve-t-il. Son indiscipline l’a conduit là et cela pénalise toute une nation». Ce n’était pas quand même la fin du périple. Une minute après les dieux du foot ont exhaussé les prières et Gradel égalise pour les éléphants. 1 but partout et tout le bar est en ébullition ; cries et émotions surgissent. « Nous sommes sauvés. Je savais que cela arriverait ; mais à quel moment ? J’ai stressé grave pendant 80 minutes », s’exalte Habib. L’attente a été longue et le stress incontrôlable avant le soulagement signé Max Gradel à la 87ème minute. Une victoire arrangerait les poulains d’Hervé Renard et les fans s’en sont rendus compte plus tard dans la soirée après le match nul 1-1 entre  les lions indomptables et le syli national. « Un grand doit tomber et j’ai bien peur que ce soit nous les éléphants vu la contre performance de nos joueur et surtout l’absence d’un grand attaquant à l’image de Didier Drogba ; vraiment il manquera à l’équipe lors du derby Cameroun – Côte-d’Ivoire », se plaint d’avance Boubac. Visiblement la crispation est restée dans les visages et cette atmosphère de « 80 minutes de stress » risque de régner demain 28 janvier  face au Cameroun. Wait and see.


CAN 2015 : en quoi la présence d’un arbitre marocain gêne ?

Au Bénin, nombreux sont les férus du cuir rond qui disent ne plus vouloir entendre parler du Maroc avant la fin de la CAN 2015. Ils reviennent sur le sujet parce que déçus par la présence d’un arbitre marocain à cette compétition rejetée par le pays des Lions de l’Atlas.

 

Juste après la publication de la liste des 44 arbitres de la CAN 2015, Hamadou, un jeune entrepreneur et passionné des questions footballistiques, se fond en déception. « Merde ! La CAF ne devait pas. Pourquoi un arbitre marocain à la CAN ? », a-t-il crié en jetant sa fourchette dans le copieux plat de spaghetti qu’il dégustait dans une cafétéria. L’appétit n’y est plus. Place au téléphone et à Internet pour vérifier cette information venant d’un de ses amis proches. 6 minutes se sont écoulées et Hamadou n’a pas gain de cause. L’information de son ami est bien confirmée. Tout furieux, il quitte les lieux laissant derrière lui ces mots :  « Ils ont refusé la CAN de la façon la plus mauvaise. Pourquoi n’empêchent-ils pas leur arbitre d’y participer. L’arbitre serait-il vacciné contre le virus Ebola ? La CAF a tort d’avoir mis un seul arbitre marocain sur la liste ».

Visiblement la simple question « Pourquoi un arbitre marocain à la Can », préoccupe des fans du football africain au point ou certains en sont tourmentés. Le plus étonnant est de voir des Béninois discuter de la CAN 2015, comme si les Ecureuils y participaient. Dans plusieurs rues de Cotonou, les débats autour de la question sont très vifs et poussent certains à vouloir donner des leçons à Hayatou et son équipe. « La CAF devait couper tous liens avec les Marocains du moment où ils ont laissé tomber tout le peuple africain à la dernière minute. Côté arbitrage, côté équipement et sur tous les autres plans on ne devait plus avoir à faire au Maroc. La sanction des Marocains devait déteindre sur leurs arbitres. C’est ce que Hayatou aurait dû faire », suggère Ulrich à la CAF. Pour lui, Issa Hayatou aurait fait semblant de sanctionner les Lions de l’Atlas après leur refus d’accueillir comme prévu sur leur terre, la CAN 2015. « La CAF n’a vraiment donc pas sanctionné le Maroc, qui a trahi le foot africain puisque Bouchaïb El-Arach, un marocain sera bel et bien en Guinée pour officier des matchs d’une compétition rejetée par son pays. Même si Bouchaïb est un bon arbitre, il n’a pas sa place sur la liste des 44. Quelqu’un pour le remplacer ne devrait pas manquer »  explique-t-il dans son esclandre.

L’arbitre marocain a bien sa place…

« Bouchaïb El Arach n’a pas sa place sur la liste des 44 arbitres de la CAN », selon ces fanatiques. Mais ce n’est pas tout à fait ça. Bien d’autres arguments soutiennent rondement la présence de l’arbitre marocain. La réaction, l’explication et le décryptage du sujet sont autres. Intéressé par la question, Sabin Loumédjinon, journaliste sportif au quotidien La Nation [quotidien de service public] est catégorique. « Ce n’est parce que le Maroc a refusé l’organisation de la CAN, qu’il ne faut plus associer un arbitre marocain à la chose. D’ailleurs, la CAF n’a pas de façon officielle sanctionné le Maroc ».

Sur d’autres plans, la convocation d’un arbitre marocain, illustre, le côté fairplay du football. « Le Maroc a évoqué le virus Ebola pour abdiquer à l’organisation de la compétition, et malgré cela, la CAF a convoqué un des leurs à la CAN ; je veux nommer l’arbitre Bouchaïb El-Arach. Eh bien ! je pense que c’est une façon de montrer aux autorités marocaines et à tous que le football est un sport qui se bat contre toutes les formes de discrimination. Si c‘est ainsi, Bouchaïb El Arach a une place à cette CAN. C’est ça le fairplay », explique Stephen, un Nigérian vivant à Cotonou.

Les avis s’affrontent toujours autour de la question, alors que la CAN a bien démarré. Le vin est tiré il faut le boire. Ou encore, essayer d’appliquer les dernières phrases de Stephen : « Donc, gardons l’œil sur l’arbitre marocain, et à la fin chacun pourra parler. Au-delà de tout, c’est sur la qualité des arbitres qu’on mise le plus ».

Owarindé Adéyèman


Coup de gueule : Au pays des « écureuils »; un « gros éléphant » est roi

crédit photo : Owarindé Adéyèman
Le chantier du nouveau siège de l’Assemblée Nationale du Bénin

A l’entrée de la ville de Porto-Novo, la capitale administrative du Bénin; ni l’étroitesse de la voie, ni la vétusté du pont n’attire plus l’attention de qui que ce soit. Depuis quelques années, un gigantesque bâtiment inachevé est devenu le point de mire de tous. Eh bien! C’est le nouveau siège de l’Assemblée Nationale du Bénin qui loge dans ce marais. Quel coup de gueule !

Démarrés en 2009, les travaux de construction de cette infrastructure sont bloqués depuis quelques années, pour des problèmes que les politiques justifient par le biais des galimatias. Rien n’est élucidé, si ce n’est l’inadéquation du site, évoquée par le gouvernement en 2013 ; d’où il faut une délocalisation. D’aucuns répondront: « Médecin après la mort » tout en se demandant si c’est la nature qui a imposé ce marais pour la construction du Palais des gouverneurs du Bénin. L’inadéquation du site ne saurait être la véritable entrave. Si on a bonne mémoire, le mercredi 09 janvier 2013, des présumés fautifs ont été présentés au procureur de la république près le Tribunal de première instance de Cotonou. Et les charges retenues contre ces présumés ne sont rien d’autres que: « détournement de derniers publics, corruption, complicité de détournement de derniers publics ». Voilà les véritables raisons qui justifient l’abandon de ce travail de titans, devenu aujourd’hui le plus gros des «éléphants blancs» du Bénin. 5 ans après le démarrage des travaux, le siège de l’Assemblée Nationale n’est pas construit. Mais c’est sa délocalisation qui tient à cœur à l’Etat béninois qui, frappé d’apoplexie, a déjà oublié que cet « éléphant blanc » est le fruit d’environ 14 milliards francs CFA, défalqués de l’économie béninoise. Ceci sous-entend que le contribuable devrait investir à nouveau 14 milliards, si la délocalisation était approuvée par les députés. «Où trouver un nouveau site ?», «comment trouver le financement de ce nouveau chantier?», «quel est le sort réservé au chantier abandonné?», sont autant de questions qui ont même poussé certains députés à refuser la délocalisation dudit chantier. Des « éléphants blancs », le Bénin en compte une myriade, mais celui de Porto-Novo demeure aujourd’hui le plus contesté et même le plus paradoxale. Entre délocaliser le Palais des gouverneurs, ou le laisser dans un marais, le choix devient difficile pour les autorités, prouvant ainsi leur «talon d’Achille». Quel coup de gueule!!!


Dans un bidonville de Cotonou, l’énergie électrique à 100 FCFA

Dans un bidonville de Cotonou, où la précarité de l’énergie électrique est flagrante, les habitants ont la chance de faire charger leurs portables à partir de 100 francs CFA.

Donès Adjiou est un jeune élève de 18 ans. Les conditions de vie ne lui permettent pas d’avoir l’énergie électrique chez lui. Il ne s’en plaint pas, du moment où son téléphone portable est toujours bien chargé. Ceci est possible grâce au génie d’Armand Aloman, un ancien exploitant forestier. « Je viens charger mon portable chez pas à pas depuis des années, parce que je n’ai pas le courant électrique chez moi», décrit Donès. Tout a commencé il y a quatre ans, où Armand a eu cette idée de créer un petit commerce juste à partir de son compteur électrique SBEE (Société béninoise d’énergie électrique) : « charger les batteries des portables à partir de 100 francs CFA ». Son flair lui a permis de savoir, ce dont les habitants du quartier Gbégamey, avaient le plus besoin, était l’énergie électrique. Durant un bon moment, il a ignoré les avantages pécuniaires que cachait son compteur électrique. Pour lui, le fait de charger un portable n’est rien d’autre qu’une simple assistance aux amis et proches du quartier : « Au départ, ce n’était qu’une simple cabine téléphonique. Je commercialisais des produits GSM lorsque certains venaient faire charger gratuitement leur téléphone portable dans ma baraque, puisqu’ils ne disposaient d’aucune source d’énergie dans leurs maisons. Jusque-là, c’était à mon insu. Mais le jour où mon employé me l’a dit, je n’ai pas hésité à transformer tout ceci en business. Et c’est en ce moment précis, que j’ai surnommé ma baraqu, la baraque bleue : Société Pas à pas et Fils », révèle-t-il. L’affluence au tour de sa baraque peinte en bleu, a donc tout changé et le pousse aujourd’hui à passer d’une simple assistance à un business.

Un business au service des indigents…

Pour Armand, tout suit désormais les traces d’une entreprise. Du matin au soir de tous les jours ; enfants, jeunes, adultes, femmes et hommes attendent devant la baraque bleue dans l’espoir de voir la batterie de leur portable chargée. « La baraque bleue nous sauve ; nous qui n’avons pas le courant électrique dans nos domiciles. Raison pour laquelle je suis ici cet après-midi. Je pense que comme moi, tous ceux qui sont là cet après-midi n’ont pas la possibilité de s’offrir une source d’énergie chez eux», affirme Hyppolite Ahouangan, un conducteur de taxi-moto. A l’intérieur de la petite entreprise bleue, c’est aussi l’affluence malgré la touffeur qui y règne. Moudjibath en fait fi pour demander son service habituel contre 100 francs. Dans cette pièce rudimentaire d’environ 4m², sont installées près de 30 prises (électriques), alimentées par un compteur de 10 ampères. A tout cela, s’ajoutent des chargeurs de portable de tout type et un groupe électrogène de 3 KVA pour faire tourner la petite entreprise pendant les éventuelles coupures. Le matériel n’a rien de high-tech, mais il permet amplement à son propriétaire de faire des recettes et par ricochet, d’en faire sa principale source de revenu : « Cela me rapporte et, est presque ma première source de revenus. Mais je tiens à dire que je mène d’autres petites activités afin de m’assurer pour les périodes où mon activité à la baraque va freiner», explique-t-il. Même si Armand se retient de parler de ses finances, il laisse entendre que son bénéfice mensuel est considérable avec une moyenne de 30 batteries chargées par jour. Les finances restent néanmoins moins importantes pour lui. Savoir qu’il aide une catégorie sociale lui procure une grande satisfaction. Son effort est d’ailleurs salué par ces clients : « J’ai confiance en lui donc soit je lui laisse ma batterie, soit c’est le portable même que je laisse. Je le fais deux fois par semaine et je suis très satisfait. Mon frère et mon père aussi font pareil. Ça nous aide énormément », témoigne Donès. Débourser juste 100 francs CFA pour donner vie à son moyen de communication le plus en vogue du moment ne leur fait ni chaud ni froid. D’autant plus qu’ici l’énergie électrique est d’une extrême rareté, voire un luxe. Telle une véritable entreprise, la « baraque bleue » fonctionne mais indépendamment des services de la SBEE. Son propriétaire, très méfiant de l’énergie vacillante de la SBEE, a prévu un groupe électrogène afin d’éviter tout litige avec ses clients.

copyright-Owarindé
Un pléthore de chargeurs pour faire tourner la baraque bleue

Quand la SBEE fait défaut; on peut compter sur la baraque bleue

La baraque bleue n’est pas utile qu’aux habitants du bidonville. Le coin est connu du grand public. Même des gens de passage sollicitent les services d’Armand. Moudjibath n’est pas du quartier et pourtant, elle vient faire charger son portable. Toute souriante, elle s’explique brièvement : « Parce qu’aujourd’hui la SBEE a coupé le jus dans mon quartier, je suis venue charger ma batterie et celle de ma sœur. Cela permet d’avoir nos portables en marche malgré la surprise désagréable de la SBEE». La présence d’Hyppolite dans la baraque est différente : « Moi je ne vis pas en pleine ville. Il n’y a que mon travail qui m’amène en ville. Donc grâce à ‘’Pas à pas‘’, je n’attends pas de rentrer avant de faire charger mon téléphone. Surtout avec les coupures intempestives de la SBEE. S’il ne mettait pas ses services à notre disposition, alors moi je serais hors zone à chaque fois que je suis en ville.», relate-t-il.  Les habituelles coupures de la SBEE, font visiblement les bonnes affaires d’Armand qui est de plus très apprécié.


Can 2015 : comme un phénix, la Guinée équatoriale renaît de ses cendres

Guinéee

Jetés par la fenêtre lors des éliminatoires pour la Can 2015 (l’autre Can du Maroc), les Équato-guinéens sont accueillis aujourd’hui en héro. Les disqualifiés prématurés sauvent la Can 2015 et deviennent pays hôte. Coup de chance, astuce ou simplement un « grand merci » au moins courageux de Maroc ?

 A moins de 2 mois, c’est à la Guinée équatoriale qu’on pense pour pouvoir sauver la Can. Laquelle Can est rejetée à la dernière minute par le Maroc. « Rira bien qui rira le dernier », dira donc la Feguifut (Fédération équato-guinéenne de football) à la Caf. Une Caf qui a été obligée de passer l’éponge sur les erreurs pourtant graves du nouveau pays hôte de cette 30ème édition de la Can.

Plus que jamais les équato-guinéens croiront ad vitam aeternam au miracle. Disqualifiée le 3 juillet 2014 par la commission d’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations, l’équipe du fameux Thierry Fidieu Tazemeta, retrouve la gloire d’organiser la Can 2015.

« A quelque chose, malheur est bon », dit-on souvent. Rien ne prouve que le Nzalang Nacional serait qualifié, si il avait achevé les éliminatoires. Sa brusque disqualification lors de ces éliminatoires l’a conduit aujourd’hui de la façon la plus facile à la Can 2015. Mieux encore, il la vivra à domicile. Quel coup de chance !

La Guinée équatoriale doit-elle dire un merci au Maroc ou juste considérer d’ores et déjà les décisions de la puissante Caf de Issa Hayatou comme du laxisme ? Aujourd’hui, on sanctionne et demain on lève la sanction par contrainte. Le Maroc fautif d’aujourd’hui pourrait donc aussi ne pas finir de purger ses prochaines sanctions. L’instance africaine de football peut s’applaudir d’avoir sauvé la Can. Tous les fans sans doute qualifieront le pays de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, de superman.  Le président de la Caf et son comité exécutif n’ont peut être pas eu le choix face à l’astuce équato-guinéenne : « ils ont les moyens, la Caf a des problèmes. La Caf a besoin de leurs moyens et eux, ils veulent jouer la Can bien qu’étant disqualifiés ». Là encore, rien ne nous rassure que cette Can marocaine devenue brusquement équato-guinéenne sera d’une réussite. Le défi est grand.  Moins de 2 mois pour faire vivre à toute l’Afrique une belle compétition. Moins de 2 mois pour prouver au Maroc qu’il a manqué d’un peu de courage. Moins de 2 mois pour permettre à la Caf de prouver à Michel Platini et autres, que rien ne peut arrêter le football africain.   Le défi n’est vraiment pas moindre. Et quiconque veut oser dire « gare à toi Guinée équatoriale », doit pouvoir ajouter : « gare à toi Hayatou ».

Par Owarindé Adéyèman


Maroc 2015, fichue CAN !

Le plus grand événement qui fait vivre, que dis-je ; qui fait survivre le football africain meurt de la psychose délirante des frères marocains.  

Eh bien ! Ils s’en moquent si actuellement Hayatou a chaud non pas dans la tête, mais aux « fesses ». Le président de la CAF et tout son comité exécutif, courent dans tous les sens pour sauver une compétition prise en otage par le Maroc. La prochaine Coupe d’Afrique des Nations aura-t-elle lieu en janvier 2015 ? Si la CAF répond « oui »,  le Maroc penche plutôt pour un : « non ! En tout cas pas chez nous ».

Tout commence par l’apparition d’Ebola, cette épidémie, qui sévit en Afrique de l’Ouest. Cette épidémie, qui a surpassé la chose humaine avant de tenir tête au sport roi. Le 5 septembre 2014, match Guinée -Togo (comptant pour la 2e journée des éliminatoires CAN Maroc 2015), est délocalisé sur Casablanca à cause d’Ebola. Le 11 octobre 2014, lors de la 3e journée des qualifications de la CAN 2015, Ebola impose son verdict. Par ricochet, la confrontation Guinée-Ghana, est accueillie toujours par le Maroc. Jusque-là le football africain reste inébranlable et ne fléchit devant aucune tempête moins encore devant une prétendue épidémie. On pourrait toujours rester dans ce registre et se focaliser sur nos belles et fortes passions. Mais non ! Les Marocains ont trahi le foot africain au dernier moment, laissant et autorités et fans du foot africain dans une léthargie totale. Le fait de voir la haute instance du football africain vêtue d’humilité aux pieds du pays des Lions de l’Atlas, n’a point écœuré. Le fait de voir le pays des Bafana bafana refuser de voiler la   » lâcheté  » du Maroc, l’autre pays hôte, n’a pas désolé. Mais une chose est certaine, la brusque décision marocaine à la veille de la compétition, a frappé les uns et les autres de stupeur. Stupeur totale, parce que ce même Maroc a sauvé par deux fois le bon déroulement des éliminatoires de  sa  » CAN « , juste en accueillant des matchs de la Guinée ; un pays où l’épidémie d’Ebola a eu raison du foot à un moment donné. Les voix se sont élevées, la CAF s’est mise à genoux ; la Fifa, (la très puissante) Fifa de Blatter est restée presque muette laissant la parole à l’UEFA de Platini, qui n’a pas caché son  » soutien  » aux Marocains : « Je pense que la santé des gens est prioritaire. Moi aussi je me pose la question si je dois aller dans les congrès de nos amis africains, un vrai problème. Il faut contacter les instances mondiales de la santé pour obtenir davantage de renseignements concernant la propagation du virus Ebola et l’éventuel danger de l’organisation d’une compétition sportive ». Sur ces mots, avouons-le : le clou est enfoncé, le Maroc a détecté un lourd soutien et peut se permettre à partir de cet instant-là de refuser l’organisation d’une CAN qu’il convoitait pourtant. Mais deux choses ont sûrement échappé à l’intelligence marocaine : les Lions de l’Atlas manqueront la 30e édition de la CAN en plus d’une avalanche de sanctions. Au-delà de ça, comme tous les Africains, les Marocains devaient savoir que rien ne pourra arrêter une compétition européenne de la sorte. Je me permets donc de leur dire ceci : le jour où la coupe d’Europe est annulée ou reportée d’une seule année, c’est qu’il y a une 3e guerre mondiale. Eh bien ! C’est facile de dire : le Maroc ne veut plus de sa CAN, mais a-t-on idée des conséquences ? Cela doit être dur pour ces fans qui ont réservé leurs billets d’avion et leur hôtel pour l’événement ; ou encore les complexes hôteliers marocains qui ont tout investi pour une CAN confortable. Je n’imagine pas la désolation des grandes firmes qui ont déjà préparé des services, gadgets et articles à l’effigie du Maroc 2015. Et j’en passe.

Le vin est tiré, il faut le boire. Le Maroc ne veut pas de la CAN parce que le cuir rond est tacheté d’Ebola. L’Afrique du Sud n’endossera sûrement pas cette responsabilité. Mais qui la veut enfin cette compétition, qui fait survivre le football africain ? Le Nigeria ? Mal parti pour sa qualification, le tenant du titre va sans doute courir pour faire passer sa candidature, dans l’espoir d’être qualifié d’office.  Ebola ne fait pas peur au Nigeria, mais devrait-on craindre la secte Boko Haram.

Vraiment ! Quel dilemme. Le Maroc a tout faussé. J’aurais dû être un chiromancien, et je vous aurais dit, ce jour où vous aviez désigné le Maroc comme pays organisateur de la CAN 2015 : « la CAN 2015 pour le Maroc ? Putain de Can ! »


Une petite pluie, et Cotonou est inondée

Juste après la petite pluie de ce 05 novembre, toute la ville de Cotonou succombe à l’eau. A Gbégamey, un des quartiers populaires de la ville, la situation est pénible pour certains et dans le même temps, profite à d’autres. Le résumé en 6 photos.

 

1-

Crédit photo Owarindé Adéyèman

Gbégamey, un quartier populaire de la ville de Cotonou, a connu la pénible inondation juste après la pluie matinale de ce 5 novembre 2014. La voie principale (entièrement pavée), qui permet de sortie dudit quartier est totalement inondée.

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Crédit photo Owarindé Adéyèman

L’eau déborde dans les rues et rend plusieurs maisons inaccessibles. Et pire empêche les habitants de sortir.

 

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Crédit photo Owarindé Adéyèman

Les rares personnes qui ont pu mettre les pieds dehors, sont contraints à marcher dans l’eau depuis leur maison jusqu’à la voie principale.

 

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Crédit photo Owarindé Adéyèman

Automobilistes et motocyclistes n’ont pas aussi le choix. Ils subissent tout simplement.

 

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Crédit photo Owarindé Adéyèman

Mêmes des écoliers et élèves, bravent les difficultés de l’étang pour se rendre à l’école.

 

 

6-

Crédit photo Owarindé Adéyèman

Tous se plaignent de cette situation souvent récurrente à Cotonou, sauf ces messieurs en jaune qui en profitent pour donner un bain hâtif à leurs engins 2 roues.

 


Déscolarisation au Bénin: le phénomène prend le dessus sur la volonté politique

crédit-photo Owarindé Adéyèman

A 1 an de l’évaluation de l’initiative « Education Pour Tous » (EPT), plusieurs enfants exclus du système éducatif, traînent dans les rues de Cotonou comme si l’EPT n’avait jamais été lancée 14 ans plutôt.

 Une balle de foot en main, Jean-Baptiste N’kan, un jeune garçon de 12 ans, comme un vacancier traîne sur le terrain de sport du quatrième peloton de Cotonou. Et pourtant, ce n’est pas la période des vacances. On n’est lundi où des milliers d’enfants de son âge sont à cette heure-là, dans des salles de cours. Que fait-il donc là en ce moment ? « J’attends des amis avec qui je joue à pareille heure », répond-t-il. quelques minutes plus tard, on aperçoit 5 jeunes garçons au portail dudit terrain de sport. Ce sont les amis de Jean-Baptiste : des enfants déscolarisés vivant dans la rue. Après quelques minutes passées à taper dans le cuir rond, le groupe ne pouvant plus supporter les effets du chaud soleil, va se trouver un abri au ras des murs servant de clôture au quatrième peloton. Une pause on croirait, mais non « on est fatigué et certains doivent aller travailler », martèle Jean-Baptiste.

Les travaux que font ces enfants….

Le jeune Jean-Baptiste comme plusieurs autres enfants de rue, vit de petits travaux (parfois pénibles). tôt le matin, il aide quelques revendeuses dans leurs petits commerces. Et cela lui permet de satisfaire ses besoins : « ça me permet de me nourrir et de m’habiller », confirme-t-il tout en mettant l’accent sur les difficultés qu’il rencontre en vivant ainsi : « certaines dames me traitent mal et me récompensent en dessous de ce que je leur ai fait comme travail. Mais moi j’ai la chance de dormir dans le domicile de l’une de ces dames, sans quoi ce serait plus pénible ». Contrairement à Jean-Baptiste, certains vivent une situation moins fameuse. Sur le chantier d’une construction, un jeune garçon surnommé « américain », fait des allers et retours. Un sceau rempli de sable marin sur la tête, son visage reflète sa peine. « C’est très pénible et j’ai mal un peu partout alors que je dois recommencer la même chose demain matin », confie-t-il.

Personne ne semble être sensible aux peines de ce garçon de 14 ans. Le chef chantier se justifie d’ailleurs : « je n’y suis pour rien si cet enfant travaille ici. Il est venu avec un maçon que moi j’ai engagé ». au tour de monsieur Alphonse Adjaï, maître maçon du chantier de décliner toute responsabilité : « personne n’a obligé le jeune « américain » à travailler sur ce chantier. Il est venu de son propre gré »« d’ailleurs, cela lui permet de ne pas se livrer à une quelconque forme de délinquance », ajoute-t-il avec conviction.

Des enfants à la porte de la délinquance…

« Ces enfants sans domicile, représentent un véritable danger pour, nous habitants de ce quartier ». c’est le point de vue de Valdéramane Zola, transitaire vivant dans une rue du quartier Zongo. Dans ladite rue, près d’une quinzaine d’enfants déscolarisés se sont réfugiés et affichent quotidiennement leurs vices. Au nombre de ces vices, Salifou Massaoud, un gestionnaire immobilier se réfère aux petites querelles ; aux petits cambriolages et à la débauche. Nicole Sakpènou, psychologue, tente néanmoins de justifier le cas de ces enfants: « certes ils sont un peu différents des enfants qui vivent encore avec leurs parents, mais ils ne sont pas exactement des délinquants. Toutes formes d’agressivité chez eux, est liées soit au choc qu’ils ont reçu en famille, soit au fait qu’ils sont livrés à eux-mêmes ». face à cette justification, Salifou reste réticent : « ils grandiront avec ces vices puisse qu’ici, personne ne se préoccupe de leur éducation. On les voit souvent comme des étrangers avec des traits de délinquance parce qu’on ne sait même d’où ils viennent ».

Ils viennent souvent des zones reculées du Bénin…

« Si un enfant devient « enfant de rue », soyez sûr qu’il vient d’un village : Abomey, les brousses de Ouidah et villages de Porto-Novo… La plupart avec qui moi je traîne ici depuis l’âge de 11 ans, ne sont pas natifs de Cotonou », déclare Mario Orphé, un « enfant de rue » de 17 ans. Sur une quinzaine d’enfants déscolarisés du quartier Zongo, 10 proviennent des coins reculés du Bénin. Les départements du Mono, du couffo, de l’Ouémé et du plateau sont les plus représentés. Dans ces départements, la pauvreté, l’indifférence des parents ou encore l’apprentissage forcé font fuir certains enfants de leur domicile. Etienne, 11 ans à peine est originaire d’un village de l’Ouémé. Tout seul, il s’est retrouvé à Zongo loin de ses parents et ceci depuis près de 6 mois. Et pour justifier cette villégiature, il raconte : « j’ai voulu être un coiffeur, mais mes parents m’ont contraint à apprendre le métier de vulcanisation. Cela ne me plaisait pas et j’ai pris la fuite un jour ». Le phénomène de pauvreté favorise aussi l’abandon de domicile chez ces enfants.  Etienne confirme cet état de chose : « mes parents m’ont dit qu’ils n’ont pas les moyens pour me signer un contrat dans un salon de coiffure. comme le patron du garage de vulcanisation est un parenté, il n’a rien réclamé comme sous pour le contrat ».

A Cotonou, les campagnes sensibilisatrices et publicitaires, et les actions de l’Unicef ralentissent le phénomène. Ce qui n’est pas le cas dans ces zones reculées où l’indifférence de certains parents ne favorise aucunement la lutte contre la déscolarisation et l’abandon de domicile chez l’enfant. Cela se confirme quand on se réfère à l’une des déclarations du petit Etienne : « depuis, mes parents ne sont même pas venus me chercher. Cela veut dire qu’ils ne m’aiment pas du tout ».


Le football : un sport sucré-salé

Le foot fait sourire Messi, mais fait pleurer David Luiz

Il y a 11ans [26 juin 2003], Foé s’écroulait sur le stade Gerland de Lyon et le monde footballistique n’a eu d’yeux que pour pleurer la mort de ce lion indomptable. En 2014, Albert Ebossé, un autre joueur camerounais, s’est fait tué en Algérie, et encore la consternation totale. Pour le football des milliers de fans ont coulé des larmes. Pour ce même foot un certain Lionel Messi s’est régalé avec 4 ballons d’or ; les français ont jubilé en 1998 et récemment les allemands ont retrouvé le sourire. Enfin, le cuir rond n’est-il pas un sport à la fois sucré et salé ?

« Goal » !!! Ce mot anglais souvent, se relie à un des plus fréquents cris des férus du cuir rond dans les grands stades. Nul ne se retient de manifester ces moments de gloires. Mêmes les journalistes ivres de joie, crient « goal ! » et ne se retiennent plus. Ceci illustre bien le côté sucré du sport roi. La plus probante des illustrations reste peut-être la finale de la coupe du monde 1998. Ils raisonnent comme si c’était hier, dans la tête des 80 mille spectateurs présents ce 12 juillet 1998 au stade de France, la jubilation de Thierry Roland : « je crois qu’après avoir vu ça, on peut mourir tranquilles. Enfin, le plus tard possible, mais on peut. Ah c’est super ! Quel pied ! Ah quel pied ! Au putain, oh la la la la la ! » . Et quand est venu le moment opportun pour  Didier Deschamps, le capitaine de l’équipe de France à l’époque de soulever la belle sculpture de Silvio Gazzaniga, la joie de Zizou, Petit, Djokaef, Thuram,  Vieira, Désailly, Barthez et autres était incommensurable. L’effervescence du stade Saint-Denis reflétait une fois de plus ce côté sucré du football.

Le plaisir de jouer dont fait preuves les 22 acteurs sur un terrain est souvent bien accueilli par le plaisir des milliers de spectateurs à les suivre. C’est au tour du football que, se croisent et se vivent les passions les plus fortes et les plus belles. « il n’y a que la musique et le football qui peuvent attirer 80.000 personnes dans un stade, mais dans un concert il n’y a qu’un artiste, alors qu’ils sont 22 dans le football », en témoigne Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA, lors de sa déclaration au stade Maracana. L’évidence est que grâce au football un certain Didier Drogba a arrosé de joie le cœur des supporteurs de Chelsea en 2012 [ndlr : finale de la league des Champions entre le Bayern de Munich et Chelsea FC. Chelsea remporte ce match après les séances des tirs au but. 1-1 à la fin des prolongations]. En ces instants là, des centaines de supporters (hommes et femmes), faisant fi de leur différends et différences sociales, ont extériorisé leur joie et on dansé au son du football. Pour eux « Drogba nous a enfin donné ce qu’on a tant cherché ».  Ce jeu, a marqué dans le sens positif du thème, au tant les supporters que les pratiquants eux-mêmes. On se rappelle sans doute l’état d’âme de Lionel Messi, quand il est monté à 4 reprises au sommet du foot mondial. Lionel messi ballon d’or 2009, Lionel messi ballon d’or 2010, Lionel messi ballon d’or 2011, et encore Lionel messi ballon d’or 2012. On a aussi les souvenirs de France 98. Joueurs, supporters et même téléspectateurs ont goûté à la faveur offerte par la FIFA. C’est tout un monde qui a joué comme l’a prophétisé d’ailleurs le slogan de France 98 : « C’est beau un monde qui joue ».

Mais loin d’être que du miel, le foot sous d’autres cieux est très (très) amer, et a fait pleurer plus d’un.

Bien sucré, mais également salé…

Marc Vivien Foé reçoit une médaille à titre posthume
Marc Vivien Foé meurt lors de la coupe des confédérations (2003) ,laissant tous dans la consternation.

On a vu plusieurs fois, des supporters et mêmes des joueurs pleurés après une défaite. L’amertume dans ce cas n’est que superficielle et reste en quelque sorte une partie du jeu. « Ça fait partie du football », dit-on souvent. Mais il y a des blessures plus profondes qui, marquent à vie. Des actes à l’image du hooliganisme et des agressions tout azimut à l’encontre des joueurs et supporteurs, provoquant parfois leur mort, font-ils partie du football ?  Eh bien ! Kamel Yesli, milieu de terrain de la JSK (Club de première division Algérienne) répond non. Ecoeuré par la mort de son coéquipier Albert Ebossé, Kamel Yesli a expliqué au micro de RFI que : « quand il y a mort d’homme, ce n’est plus du foot »Bien avant Albert Ebossé, mort le 23 août 2014 après avoir reçu une ardoise tranchante sur la nuque ; d’autres joueurs ont malheureusement goûté au côté salé du cuir rond. Coupe du monde 1994 ! la fête n’a pas manqué d’être l’une des plus belles. Sauf qu’à la 34ème minutes de jeu du match USA-Colombie, Andrés Escobar coupe dans sa surface un centre venu de la gauche et du coup fait trembler ses propres filets : 2-1 pour les USA et les colombiens sont éliminés. Cette erreur « footballistique » va pourtant être funeste pour Escobar. De retour au pays et précisément le 2 juillet 1994, le défenseur colombien est sauvagement assassiné dans sa ville natale, pendant que les huitièmes de finale de la coupe du monde suivent leur cours aux Etats-Unis. Pour le foot, Andrés Escobar a affronté 12 balles et en est mort. Pour le foot, Marc Vivien Foé est mort. Et toujours pour ce foot, un certain Kodjovi Dodji Obilalé est resté collé dans une chaise roulante pour le reste de sa vie, après l’agression dont ont été victimes les éperviers du Togo le 8 janvier 2010 dans l’enclave angolaise de Cabinda. La CAN 2010 s’est ainsi achevée pour Emmanuel Adébayor et ses coéquipiers, mais c’est toute une carrière qui est partie en fumée pour Obilalé, l’ancien gardien de but de la GSI Pontivy (France). «Je ne dors plus la nuit. J’ai encore des séquelles. Là, j’ai mal au dos et au pied. Cela arrive souvent. Je fais des malaises régulièrement. Je suis fatigué… Aujourd’hui, j’ai encore mal. Je suis déjà mort, un mort-vivant.»,a-t-il confié à Slate Afrique

Emmanuel Adébayor en larme, juste après le drame de Cabinda

Mohamed Aboutreika, le milieu de terrain d’Al Ahly ne pourra aussi jamais oublier ce 1er février 2012 ; jour où un simple match de football a tourné en tension. Des supporteurs d’Al Masri lancent des pierres, des bouteilles et des fusées éclairantes contre ceux d’Al Ahly, déclenchant des émeutes dans les tribunes et sur la pelouse. Bilan : 77 personnes trouvent la mort à Port-Saïd. Frappé de stupeur, Mohamed Aboutreika n’a pas hésité à décrier ce comportement. «Ce n’est pas du football, c’est la guerre. Des gens meurent devant nous. Il n’y a pas de dispositif de sécurité, pas d’ambulances», a-t-il raconté sur la chaîne de son club. Quand on se réfère à ces propos, il manque visiblement des dispositions de la part des autorités et instances du football pour éviter empêcher le hooliganisme par exemple. Et les questions que se posent les observateurs et amoureux du foot sont sans doute : Comment les supporteurs pénètrent-ils les stades, munis de projectiles ? les stades ne sont-ils pas sécurisés ? La CAF et les fédérations n’allouent-t-elles pas un budget considérable à la sécurité à l’intérieur et autour des stades ? le hooliganisme n’a-t-il pas fait trop mal au foot pour qu’on y mette grande fin ? les hooligans se croient-ils amoureux du sport roi ?

Ce dont-on peut être sûr, est que les vrais amoureux en ont marre. Et depuis la récente mort de Ebossé, tous ont eu la confirmation de la maxime qui stipule qu’ « il n’y a pas de métier sans risque ». Le football comme tout autre métier, est un métier à risque. Bien sucré mais également salé.

Par Owarindé Adéyèman


Ces soldats qui attendent pour Kidal

crédit photo-Owarindé Adéyèman
Les soldats béninois se préparent pour les exercices physiques

Peur au ventre, arme en main, tête ailleurs, 140 soldats béninois s’apprêtent pour Kidal.

La crise malienne, à son stade, réclame-t-elle toujours des soldats ? Tout compte fait, Kidal ne s’est pas encore débarrassée de tous ces hommes appelés pour le maintien de la paix. L’objectif semble se poursuivre surtout lorsque le Bénin s’apprête à envoyer 140 autres hommes formés pour la cause. Mi-septembre 2013, le quatrième peloton du camp Guézo à Cotonou est pris pour base. Au total, 140 soldats béninois y logent. Loin d’être une caserne, c’est un simple camp d’entrainement pour leur prochaine mission sur Kidal. Tous sont assidus et motivés quelque que soit la taille des exercices à maîtriser avant le départ pour la nouvelle poudrière d’Afrique de l’Ouest. Les 140 soldats ont bel et bien consommé le menu des exercices et le bilan est riche et pas mal selon Rako [pseudonyme], un maréchal des logis-chef de l’armée béninoise. Il raconte : « Le bilan a été vraiment positif. Nous constituons une troupe de jeunes éléments qui assimilent vite afin de mieux s’aguerrir avant d’aller pour cette mission de paix. Il fallait cette étape pour se préparer psychologiquement aussi ». Comme il le dit, durant une longue période, ces « futurs hommes » du Mali ont tous eu leur dose. Déjà, l’étape « quatrième peloton » n’est qu’une parmi tant d’autres. Avant leur arrivée au camp Guézo, les 140 soldats ont connu les préalables qu’implique toute mission onusienne. Dans un style laconique, Rako explique l’avant-quatrième peloton : « Pour toutes les missions onusiennes, il y a des préalables à prendre et des mises en condition. Aussitôt appelés, nous avons fait l’ACOTA (Africa Contingency Operation of Training and Assistance). Après cela, nous sommes allés au camp de cohésion avant d’entamer les préparations matérielles ».

Les réalités du quatrième peloton…

Au quatrième peloton, les préparations matérielles suivent leur cours. Elles consistent à mettre en place les véhicules roulant à 4 pieds, les gros engins, les armes et munitions sans oublier « l’alimentation qu’il faut mettre en place avant d’aller sur le théâtre des Nations unies », a rappelé Rako. Concrètement, l’étape du quatrième peloton vise la cohésion des forces au niveau du maintien de l’ordre et des interventions professionnelles. Il s’agit en effet de « mettre tous les éléments en condition. Ici on n’a pas l’intention de travailler en binôme. Nous constituons une troupe qui va intervenir sur un terrain. Par rapport à ce terrain, il faut une cohésion au sein de notre troupe », explique Rako. A l’aube, tous en uniforme, les soldats se dirigent vers le terrain de sport du quatrième peloton pour un long épisode de footing. S’en suivent les exercices de maintien de forme dans une ambiance de chants traditionnels « dans l’espoir de se débarrasser du stress », à en croire les propos de Rako. L’après-midi est plus spectaculaire. Les 140 hommes font fi de l’accablant soleil et enchaînent les exercices purement physiques, et techniques. Et quand le maréchal des logis-chef Rako s’en souvient, il mentionne surtout les « interventions professionnelles ». « A travers ces multiples séances sur les interventions professionnelles, on a revu : comment frapper les coups de main, comment aller enlever les barricades. Comment intervenir par des engins lourds… »

On se rapproche pas à pas de Ki-dal. Et plus que jamais, nous sommes tous convaincus de ce départ quand on sait qu’à la base, la logistique est prête. Pas moins de 22 véhicules mis à disposition : 6 camionnettes blindées, 6 géants pick up, 9 petits pick up et un camion-citerne qui seront tous transportés par un cargo onusien.

 Les instants d’avant embarquement…

Crédit photo-Owarindé Adéyèman
Le matériel roulant prêt pour Kidal

Les terrains de combat ne sont pas faciles à vivre. Les journalistes meurent, les soldats aussi. Mais ces derniers, une fois engagés, n’ont plus le choix quand bien même la peur de la guerre alimente les âmes. Dans l’anonymat, un adjudant des forces armées béninoises, revenu saint et sauf de la mission de l’Onuci, quelques années plus tôt, confie : « Quelle que soit votre passion, la peur vous alimente depuis le jour où vous embarquez ». Mais ici, au quatrième peloton, on est encore loin de l’embarquement et pourtant, les visages n’arrivent pas à cacher la crispation et l’anxiété des soldats retenus pour Kidal. Les raisons sont multiples. Les uns lient cet état d’âme au fait que la guerre n’est pas une chose facile. Et pour d’autres, « Kidal est une poudrière sans pareil pour le moment ; il faut s’en méfier ou carrément s’en abstenir ». Il y a peut-être de quoi se méfier de Kidal, la ville de tous les dangers. Se référant donc à la particularité de ce terrain de combat, où les djihadistes tirent sur tout ce qui bouge, Sédu [pseudonyme], un jeune soldat entraîné pour la cause, dévoile son embarras : « Certes, je suis prêt pour Kidal, mais j’avoue en toute franchise que j’aurais préféré la Centrafrique s’il fallait faire un choix ». D’une voix très convaincante suivit d’un léger sourire, il poursuit : « A Kidal, il y a des hommes sans cœur qui tuent tout le monde et surtout les soldats qu’ils soient d’ailleurs ou du Mali. Mais en Centrafrique, deux clans qui craignent les soldats se battent ». « Non ! », infirme dans l’anonymat, un membre du premier contingent au Congo en 2005. L’expérience congolaise lui fait voir autrement la situation : « La peur c’est le stress. Et parlant de stress, nous sommes aguerris et formés par rapport à ça. Ça ne nous dit absolument plus rien. Nous intervenons en tant que force des Nations unies, donc protégés par certaines conventions qui empêchent les forces armées rebelles d’agir sur nous. Nous sommes là juste pour la paix ».

Le stress, un compagnon inévitable…

La question du stress semble être inévitable. On compare même la situation à celle d’un match de football, où il y a toujours un coéquipier envahi par des moments de faiblesse. Face à ce cas, « il faudra juste de petites prières et surtout des chansons pour aider les peureux à surmonter la peur », a laissé entendre l’ex-membre du contingent congolais. Petites prières et chansons restent certes des remontants pour ces soldats, mais aucun remède jusque-là pour débarrasser leurs parents et proches des inquiétudes. « Au niveau de la famille, ça fait moche et elle nous met trop de pression. Ce qui répercute beaucoup sur notre moral » confie le maréchal de logis-chef, Rako. Parfois, on a envie de tout abandonner, surtout lorsqu’une partie des remontrances des proches, enfants et amis retraversent le cerveau. Même les expérimentés qui pensent être dotés d’un courage inébranlable, se retrouvent quelquefois soudés au stress comme des bébés siamois. Cette évidence est juste une confirmation des propos de l’ex-soldat de l’Oz « Quelle que soit votre passion, la peur vous alimente depuis le jour où vous embarquez ».

De peur que leur moral reçoive un grand coup, chacun prie vivement pour que le mystérieux jour d’embarquement vienne. Lequel jour, « est au secret des chefs », selon le maréchal des logis chef Rako.

 



Radio Foot Internationale : l’émission qui renforce la fraternité de 5 jeunes

Photos/Blackbery-Owarindé
5 frères attentifs autour d’un poste récepteur à l’heure de Radio Foot

Plus qu’une émission, Radio Foot Internationale reste pour certains un symbole d’unification qui renforce leur fraternité et amitié.

Leurs études ou encore leurs professions respectives éloignaient des frères les uns des autres jusqu’au jour où ils ont connu autrement « Radio Foot Internationale », une émission de RFI. Et depuis ce temps, chaque soir du lundi au vendredi, je les retrouve plus que jamais unis.

David, Timothée, Michael, Djos et Jacob sont 5 frères d’une grande famille. N’eut été Radio foot internationale, leur fraternité aurait pris un grand coup. « Des années plutôt, bien avant qu’on ne commence par suivre cette émission sport de RFI ensemble, je n’avais presque pas une occasion pour discuter avec mes frères.  Et vice-versa. Tôt le matin, chacun vaquait à ses occupations, moi j’aillais à l’université et le soir on rentrait tous fatigués, chacun dans sa chambre. La seule chose qu’on ne manquait pas de faire était : les salutations. Tout était entrain de devenir bizarre entre nous jusqu’au jour où j’ai arrêté de suivre Radio foot, seul dans ma chambre », raconte Jacob, le plus jeune.

Jacob connaissait Radio foot internationale depuis 2012, mais il l’écoutait tout seul via son téléphone portable avec des écouteurs dans les oreilles. Ses frères en faisaient pareil. A l’entendre, cette façon discrète d’être auditeur les a tous rendus distants pendant des années. Il s’explique : « entre 2012 et 2013, ce n’était plus trop la fraternité entre mes frères et moi. Je quitte les cours et déjà à 19h 30mn je suis à la maison. Juste après ma douche et le dîner, je retourne dans mon lit et toute mon attention est figée sur 21h 10 (TU), l’heure à laquelle commence la rediffusion de Radio foot international. Là, personne ne pouvait plus adresser la parole à l’autre. Et ça fait au lendemain pour un bonjour ou un bonsoir. Mais aujourd’hui il y a un grand changement». Le lien sacré entre ces 5 frères a pris un grand coup pendant presqu’un an avant que leur émission favorite ne vienne tout changer.  Tout a commencé un jour férié. « Ce jour, on était tous à la maison puisque c’était chômé. Donc on a eu la chance de suivre radio foot en direct à 15h 10 (TU) dans le grand salon et cette fois-ci, plus via nos téléphones portables, mais via un géant poste-radio qui faisait presque trembler les mûrs de la chambre (sourire…)», s’en souvient très bien David. « la vive voix d’Annie nous a tous sorti de nos chambres après que mon frère Jacob ait mis en marche le poste-radio du salon. Le volume était trop mais personne n’a pu résister. On a laissé nos égaux de côté et on a rejoint Jacob dans le salon. Depuis ce jour, que ce soit à 15h ou à 21h, on écoute ensemble Radio foot et cela a consolidé notre relation fraternelle », poursuit-il.

Il y a plus que jamais une forte union entre eux et cela ne passe plus inaperçue. Le mardi 7 octobre 2014, j’ai moi-même eu la confirmation. Sur rendez-vous, je me présente chez les 5 frères à 21h 13 (TU). Déjà, j’ai accusé un retard de 3 minutes. Je prends place et je fais le décompte : les 5 frères et 4 autres de leurs amis. Un calme total règne dans le grand salon. Même plus un mouvement de qui que ce soit. « eh ! Qui fait ça ? », a été la réaction de Djos, lorsque leur petit neveux traînait ses pas sur la terrasse de la maison. Il justifie cette brusque et vive réaction : « Quand on suit cette émission, c’est le calme total. Plus de geste, plus de va et vient dans la chambre et dans l’entourage. Les commentaires et autres sont réservés pour la fin ». La discipline s’impose, mais laisse quelques fois place aux rires.

Quand Annie Gasnier aborde par exemple le sujet « Wenger-Mourinho », tous sont bien concentrés mais n’ont pu retenir leurs rires et grimaces suites au propos de Mourinho en élément sonore : «C’est un spécialiste de l’échec, pas moiS’il a raison et que j’ai peur d’échouer, c’est parce que ça m’est rarement arrivé. Peut-être qu’il a raison, mais peut-être que je n’ai pas l’habitude d’échouer. La vérité, c’est que lui est un spécialiste. Huit ans sans le moindre trophée, ça c’est un échec. Si ça m’arrivait à Chelsea, je quitterais Londres et je ne reviendrais pas».

Place aux commentaires…

C’est déjà la fin de radio foot. Personnes d’entre ces jeunes ne rentre automatiquement chez lui. Tous se dirigent vers la cour. Les commentaires jaillissent de part et d’autre. Les 5 frères qui, des années plutôt ne s’adressaient presque plus la parole, retrouvent un sourire commun et ont la même opinion au sujet de Wenger et son Arsenal. Pour eux, Arsène Wenger en fait de trop. Dans une grande complicité, ils ont même traité le coach des Gunners de « récidiviste ». « ce n’est pas pour la première fois que Wenger agit de la sorte. Les journalistes l’ont dit tout à l’heure dans radio foot. Donc avouons qu’il n’a pas raison. Personne n’est contre lui, mais il est en faute », tentent de justifier David et Timothée. Là encore, on remarque l’unité des 5 frères, qui se soutiennent dans un débat contre 6 autres jeunes du quartier. Les esprits se chauffent et le débat devient plus bruyant. Dans un style sarcastique, Michael fait appel à ses frères : « Jacob, David, Timothée, Djos; allons discuter dans la chambre. Ceux là ne connaissent rien du football. On dirait même qu’ils dormaient quand l’émission passait. On y va ». Dans un style propre à eux, les 5 frères s’éclipsent de la scène avec toute la fierté d’être des accros de Radio foot Internationale.