Andriamialy

Madagascar : faut-il en finir avec les Jeux des îles de l’océan Indien ?

Après ces jeux des îles 2015 de La Réunion, tellement honteux, et je parlerais bien de l’histoire du drapeau malgache arraché et presque jeté par terre, il faut se demander s’il est encore indispensable, voire utile d’en organiser davantage pour le futur.

C’est quoi les JIOI?

Les Jeux des îles de l’océan Indien est une compétition omnisports, des mini-Jeux olympiques regroupant les îles du sud- ouest de l’océan Indien à savoir Les Maldives, les Seychelles, les Comores, Madagascar, Maurice et la France de l’océan Indien (La Réunion et Mayotte). La première édition, sans Madagascar, s’est déroulée en 1979. Mayotte n’est entrée qu’en 2003 aux côtés de La Réunion sous le même drapeau français. Il y a en moyenne 13 épreuves qui changent toutes les éditions selon le bon vouloir des organisateurs. L’île hôtesse avantage souvent les disciplines où elle est forte et délaisse les autres où elle n’a aucune chance de médaille.

A quoi ça sert?

Et bien…bonne question.

Dans la page Wikipédia, il est dit qu’historiquement, c’est le Comité régional olympique et sportif de La Réunion qui en a eu l’initiative. Hum hum ! Mais ce n’est pas une réponse à ma question. Moi, je n’ai pas de réponse. A mon avis, avant d’organiser des trucs comme ça, il faut d’abord lui donner une philosophie, une âme. Et dites-moi si j’ai tort, les jeux des îles en manquent. On sait bien que nous sommes frères et sœurs des Maldives à Fort Dauphin. On flotte tous sur le même aquarium. Les Malgaches, les Indiens, les Africains, les Chinois ont peuplé ces îles et chacun a de la famille, des amis à La Réunion ,  Maurice,  Mayotte, Madagascar. Cela est naturel. Mais pourquoi, presque jamais, les jeux des îles sont une fête ?

Je vais emprunter le célèbre Dama de Mahaleo qui chante son idée des jeux des îles en 1990:

Hiaraka hanangana Érigeons ensemble
Tranobe iombonana Une grande maison commune
Firaisan-kina no hajoro Bâtissons sur la solidarité
Fa io no vato fehizoro Car c’est la pierre angulaire

Pourquoi la mayonnaise ne prend pas? (et solutions)

Je vais être franc pour cette partie de mon article, au risque de vous choquer. Je m’en excuse d’avance.

1- Beaucoup d’entre nous, Indianocéaniques sont encore racistes

Je le dis en ayant déjà passé du temps à La Réunion et à Maurice et en ayant parmi mes connaissances des Comoriens. Dans une de ces îles, pas plus tard que l’an passé, on a eu cette mauvaise expérience de gens à qui on demandé la route et qui au lieu de vous répondre vous regarde d’un air dédaigneux et vous tourne les talons. Un autre nous parle de Madagascar et dit que « votre problème à Madagascar, c’est la sorcellerie et en plus vous mangez du porc ». Le Malgache qui y habite nous racontait que lorsqu’il jouait au foot et qu’il se faisait durement tacler, on lui disait « fais attention, ici, c’est pas Madagascar ». Et à Madagascar, aussi, la question du racisme est encore posée, ceci un « basy atifi-kavana » (fusil qu’on pointe sur sa famille), il ne faut pas être hypocrite et dire le contraire. Ce n’est pas « on est tous racistes », mais on a toujours trop de racistes parmi nous.

La conséquence, c’est que les jeux perdent leur esprit olympique. Il ne s’agit plus de jouer, se mesurer pour savoir qui est le meilleur, mais plutôt de démontrer qui est supérieur à l’autre. La course aux médailles en devient une maladie pour certains alors que l’important c’est de participer. Il faut apaiser les passions autour des jeux des îles. Même si elles sont très importantes pour certaines îles, car c’est à peu près, le seul événement sportif où ils peuvent ratatiner d’autres pays, ce n’est pas, non plus, le toit du monde. Et même si en tant que fier Malgache, tu te fais botter les fesses par un Seychellois sorti de nulle part, par exemple, tu n’es pas, pour autant déshonoré à vie. Pourtant, il n’y a qu’à voir les noms des athlètes pour voir que le Réunionnais est en fait un Malgache ou un Mauricien; le Mahorais ou le Malgache est aussi un Comorien, et vice-versa.

https://www.zinfos974.com/photo/art/default/8102707-12634065.jpg?v=1438701917
Tout un symbole, 3 Mahorais qui brandissent un poing des black power pendant les jeux des iles de 2015 (cliquer pour accéder à la page)

 

2- La France de l’océan Indien, ça n’existe pas, ça ne doit pas exister dans ces jeux

La Réunion a été à l’initiative de ces jeux. Je loue cette initiative car, une fois de plus, il faut que tous comprennent qu’on nage dans la même piscine et qu’on a intérêt à jouer ensemble au lieu de faire comme dans certains bassins où les uns nagent tandis que d’autres jouent au ballon et d’autres flirtent et d’autres encore pissent dedans. La Réunion, territoire français, c’est vrai, devait bien se créer des compagnons de jeux parmi ses voisins, car la France se trouve à 10 000 km de là. Vous imaginez comment ce serait si un club de foot réunionnais accédait un jour à la Ligue 2 ? Un week-end de vacances à La Réunion par an pour toutes les équipes de L2. Pensez-y.

Et justement, on a appelé ces jeux : « jeux des îles » et non jeux de l’océan Indien parce que nous sommes toutes des îles, pas tous des pays, ni des nations. Depuis le début, La Réunion en tant que département français a posé un problème tant que l’on considérait les autres délégations comme étant des pays. Et le problème s’est complexifié avec l’entrée de Mayotte, île restée française des Comores. Il ne faut, donc, plus considérer les pays mais uniquement les îles. Si Mayotte gagne, que ce soit Mayotte et non la France. Si Madagascar gagne, que ce soit l’île de Madagascar et non le film. C’est pour y remédier, je pense, que la nouvelle règle, excluant drapeaux et hymnes a été adoptée cette année et a provoqué ces incidents dont je parlerai ci-dessous. Si on ne parvient pas à trouver la formule qui permettrait à Mayotte d’avoir sa propre délégation, même si ça devient un foutoir complet avec des délégations de Nosy-Be et de Rodrigues, après, le problème restera. Dans le cas contraire, on risquera, vraiment d’ouvrir la voie à la participation de la France aux prochaines Coupe d’Afrique des Nations de football, ce qui n’est pas un mal mais qu’est-ce qu’on va rigoler.

3- Madagascar s’en fout

Madagascar est un pays pauvre, parmi les plus pauvres du monde. Malgré un manque de moyens évident, je dirais que le sport ne va pas si mal. On sait bien qu’à participants égaux, en nombre, Madagascar disputera à chaque fois la première place de ces jeux. La preuve est la razzia de médailles malgaches à domicile en 1990 et 2007. Mais Madagascar snobe trop souvent ces jeux.  La vraie concurrence est entre les îles sœurs, presque jumelles des Mascareignes : La Réunion et Maurice. Ce qui importe pour la Réunion c’est de battre Maurice et ce qui est crucial pour Maurice c’est d’être devant La Réunion. Pour Madagascar, 1er, 2e ou 4e, ça ne veut rien dire, du tout. Tant que les jeux ne se déroulent pas à domicile, rien ne les annonce dans les médias malgaches. On a juste quelques résultats et c’est tout.

Pourtant, pour Madagascar, ce sont toujours des compétitions internationales. Elle peut les utiliser comme baromètre pour ses champions ou comme tremplin pour ses jeunes. Comme ils ne se déroulent que tous les 4 ans, on peut mieux se préparer et ne pas avoir des soucis, idiots, comme être bloqués à l’aéroport faute de visas, par exemple, puisque La Réunion est aussi la France, dans ce domaine. J’imagine que si Maurice où La Réunion ou pourquoi pas les Seychelles parviennent à battre une Madagascar complète et motivée, ce serait, vraiment, une info.

Ces incidents dont on parle, c’est juste idiot

Voici les exemples d’incidents qui ont émaillé cette édition.

Les Malgaches et les Comoriens ont d’abord eu des problèmes de visa. Il paraît que c’est souvent le cas pour déstabiliser les adversaires mais même si c’est écrit dans la page Wkipedia, je ne crois pas que ce soit mesquin à ce point.

Dès la cérémonie d’ouverture, les Comores n’ont pas apprécié de voir Mayotte défiler derrière le drapeau français comme en 2003 quand ils étaient dans la délégation France-océan Indien. En effet, selon la charte des jeux, Mayotte est un observateur. Les Comores se sont retirées des jeux. Cruels jeux pour les athlètes comoriens qui sont venus en retard et partis trop tôt.

Les organisateurs ont décidé, alors, d‘interdire hymnes et drapeaux afin d’éviter toute polémique, ce qui a agacé les athlètes et les spectateurs et quelques fortes têtes, autres malins ou peut-être non avertis ont décidé de braver l’interdiction. C’est ainsi que Mme P. Catherine, a voulu maladroitement appliquer cette règle à la lettre en arrachant le drapeau malgache des mains d’une médaillée d’or et en le mettant de côté (finalement, il sera rendu à l’athlète, voir la vidéo dans le lien suivant)). La vidéo ayant fait le tour du web gasy à la vitesse de son internet, Catherine, une autre qui ne comprend pas, se fait maintenant insulter de tous les gros mots malgaches connus. Ce tollé est parvenu jusqu’au ministre malgache des Sports qui a fait lui-même une condamnation de l’acte.

Ayant vu ce qui est arrivé à la Malgache, les 3 Mahorais de la photo ci-dessus ont quand même réussi à sortir le drapeau français sur le podium en le cachant dans le maillot. Geste qu’il ont conclu avec ce point levé de la photo, plus haut.

Conclusion

Bref, les jeux des îles, c’est compliqué. Madagascar doit vraiment se poser la question s’il lui faut toujours, oui ou non y participer. Moi, je pense que oui. Mais pour cela, que la participation soit forte. Il faut que l’on s’impose, depuis l’organisation à la participation jusqu’à la victoire dans les épreuves. Mais l’important, c’est de participer. Cela devra être la même motivation pour tout le monde. La Réunion et Maurice peuvent rester aussi rivales que fraternelles comme elles savent bien le faire. Les Comores doivent s’en inspirer. Les autres petites îles, même les lointaines Maldives sont déjà de très bons élèves. Elles ne se posent pas de questions. Peut-être parce qu’elles n’ont pas d’autres ambitions que de… participer.


Vodiondry, le mariage traditionnel malgache

Il y a quelques jours, j’ai, pour la première fois, assisté, en intégralité à un mariage traditionnel malgache, le Vodiondry.

Celui de mon petit frère. Comme je n’ai presque pas trouvé de description de cette cérémonie en français sur le web, j’ai décidé de faire ce petit dossier.

De nos jours, le mariage traditionnel fait office de fiançailles pour de nombreux couples malgaches. Mais dans la pratique, c’est le véritable mariage malgache et si beaucoup font l’impasse sur la bénédiction divine et souvent sur le oui devant le maire, il est inconcevable de se mettre en ménage avec l’amour de sa vie sans le consentement des parents, matérialisé par la dot (vodiondry, sens litt. croupe de mouton) et officialisé par le mariage traditionnel, du même nom. Le proverbe malgache, de circonstance, prévient : « Mitari-bady tsy lasa vodiondry henatra eo amin’ny tany ama-monina”. Ce qui se traduirait par : Trainer avec une épouse pour laquelle on n’a pas encore donné le vodiondry est une honte auprès de la société.

Ce clip est un rap de Ganstabab fabriqué à partir des proverbes malgaches autour du mariage pour dissuader les jeunes filles de se mettre en ménage trop tôt et sans le consentement des parents. La fille martèle : « Je vais me marier « et le père répond « non, tu ne te marieras pas ».

Je me souviens qu’il y a déjà plus d’une décennie, j’ai aussi été fiancé de la sorte à ma femme un an avant notre mariage civil et religieux. Mais en ce temps-là, on avait un peu simplifié les choses. En effet, les 2 parties, c’est à dire les familles de la fille et du garçon peuvent, et même devraient, se voir à l’avance pour convenir des dépenses, du déroulement des festivités et surtout des fameux kabary dits am-panambadiana (lors d’un mariage).

Le kabary, un des piliers de la culture malgache est une suite de discours, prononcés en diverses occasions comme les naissances, les décès, les veillées funèbres, les mariages, etc. Il existe le kabary tsy valiana, c’est-à-dire « sans réponse » lorsqu’il est destiné à être dit par une seule personne et qu’il n’y a pas de réponse attendue. Pour le reste, il y a toujours 2 participants, au moins, presque adversaires selon les cas qui se renvoient la parole selon un code établi depuis les temps ancestraux. Véritables joutes verbales entre 2 mpikabary (professionnels ou amateurs du kabary), le demandeur et le demandé, l’attaquant et le « défendeur », le kabary am-panambadiana (kabary du mariage traditionnel) est des plus fascinants.

Pour mon mariage, on avait fait simple, mais ce n’est pas toujours le cas.

Certaines régions, certaines familles de Madagascar qui sont réputées comme étant conservatrices continuent d’exiger le respect à la lettre de toutes les étapes du kabary am-panambadiana. On dit que certains kabary peuvent durer des dizaines d’heures. Et ce qui peut compliquer l’affaire c’est que les 2 familles ne se mettent pas préalablement d’accord de l’issue des « négociations ». Il peut, donc, arriver que la famille du garçon rentre bredouille faute d’avoir « battu » l’autre partie en kabary ou faute de vodiondry (dot) satisfaisante ou faute de consentement des parents ou de la fille demandée.

Comment cela se passe normalement ?

Disons seulement qu’un garçon veut épouser une fille. Ce sont aux parents de ce garçon de demander la main de la fille à ses parents. Mais, disons que les 2 jeunes gens sont déjà des amoureux, des « mpisipa » (flirts) et sont déjà décidés à faire le grand saut. Dans la plupart des cas, donc, on aura des conversations de la sorte dans les 2 familles :

– Papa, Maman, je veux me marier.
– Mon fils, qui veux-tu épouser?
– Soa, la fille du voisin.
– Es-tu sûr de vouloir l’épouser, mon fils?
– Ah! je serais le plus heureux des hommes si je l’épouse.
– D’accord, mon fils, nous allons aller là-bas demain.

– Papa, Maman, Koto le fils du voisin et sa famille vont venir demain
– Ah oui ? Pourquoi faire ?
– Je ne sais pas trop…
– Allez, dis-nous ce qui se passe ma fille.
– Je pense que Koto veut m’épouser.
– Quel Koto ?
– Le fils du voisin.
– Et tu l’aimes vraiment?
– Euh…oui, je pense!
– Qu’ils viennent alors et on verra.

Quand la famille du garçon entre pour la première fois chez la fille, ce n’est pas tout de suite le mariage traditionnel, c’est juste le fisehoana (présentations). C’est là, donc, que les familles acceptent officiellement que les 2 jeunes gens se fassent la cour après avoir bien pris connaissance les uns des autres; puisqu’il faut élucider tous les risques et dire tout de suite si c’est le cas que « … cette fille est ta sœur et ta mère ne le sait pas… », par exemple. C’est aussi à ce moment ou plus tard que commencent les discussions sur la suite des « choses ». On fixe les différentes dates, le nombre des invités, etc.. Et c’est là que je disais que les 2 parties se mettent d’accord sur l’intensité des kabary à faire.

Pour mon cas, les kabary ont été des plus simples. On a fait juste ce qui était essentiel. Ainsi, pour le cas de mon frère, c’était vraiment inédit pour moi d’assister à un mariage traditionnel pendant lequel tout a été fait et respecté à la lettre selon les coutumes malgaches sans pour autant en faire trop. Je n’avais pas apporté un dictaphone ou une caméra, alors je ne me souviens pas de tout. Je ne suis pas spécialiste, non plus, alors je m’excuse déjà si je fais quelques erreurs, mais je me suis un peu renseigné pour compléter cette description.

Le jour du mariage traditionnel, en résumé, il y a les étapes suivantes :

Étape 1

D’abord, les membres de la famille du garçon, généralement les plus proches, arrivent et restent debout dehors sans rien dire jusqu’à ce qu’on les invite à entrer et ne s’assoient pas avant qu’on les invite à s’assoir. C’est la politesse.

La fille à marier n’est pas présente. C’est vrai qu’elle est la raison de toute la cérémonie, mais elle ne doit pas savoir ce qui se passe là. Elle va attendre sagement que son père la cherche. Si cela n’arrive pas, c’est que ça ne s’est pas bien passé. Et si, par bonheur, on vient la chercher, elle ne saura pas (jamais) comment ( et combien) elle a été négociée. Voilà pourquoi la fille ne doit pas être présente au début.

Étape 2

Tout de suite le mpikabary de la famille du garçon, le mpangataka (demandeur, seuls les 2 mpikabary prendront la parole tout le long de la cérémonie) se présente et offre une première enveloppe contenant une certaine somme en tant que « mbay lalana » (demande courtoise de parole). L’enveloppe n’est pas obligatoire. Il expose les raisons d’une telle réunion de famille. Bien entendu, on est là pour un mariage traditionnel. Ensuite, il demande des nouvelles à la famille de la fille.

Étape 3

La famille de la fille, c’est-à-dire son mpikabary, le mpamoaka (celui qui « sort » [la fille]) répond, donc, qu’elle va bien. Il accepte aussi le « mbay lalana », c’est-à-dire qu’il permet au demandeur de parler, ce qui marque la fin du préambule (Fanatsafana). Le préambule est obligatoire dans tous les kabary.

(Je me souviens d’un ami qui s’en est indigné un jour lors d’une présentation de condoléances. En effet, lors des kabary de condoléances, il est de coutume aussi de se saluer de la sorte : – Comment allez-vous? – Nous (en) sommes là! – On vient présenter les condoléances – Merci beaucoup. Pour lui, c’est idiot, voire mesquin de demander « comment allez-vous? » puisqu’on sait déjà qu’il y a un mort dans la maison. Alors, il est juste entré et a dit, à la surprise générale : « On vient présenter nos condoléances s’il vous plaît! »)

Étape 4

Ensuite, vient l’autre partie obligatoire dans tous les kabary, le ALA-SARONA (enlever le couvercle), ALA-TSINY (enlever les fautes) ou AZAFADY (enlever les tabous). Il y a d’autres noms possibles.

Dans tous les kabary, l’orateur doit demander la permission de parler à tout le monde et à chacun. Aux personnes âgées parce qu’ils sont plus expérimentés, aux mères qui nous ont portés dans leur ventre, aux femmes parce qu’elles sont les princesses du ciel et la parure de la Création, aux jeunes parce qu’ils sont la force de la société, etc.

Étape 5

Une fois cette partie effectuée, le mpikabary s’estime en droit de poursuivre la parole. C’est seulement là qu’il effectue les salutations à tous les niveaux. Believe it or not*, après avoir remercié Dieu tout puissant, Andriamanitra Andriananahary, tout le monde pourrait y passer selon le bon vouloir du mpikabary : à commencer par le président de la République Malgache, l’homme le plus honorable de l’île, même s’il n’est pas présent, le premier ministre, les ministres, les députés, les généraux, tous les militaires, les religieux surtout si un prêtre ou un pasteur est présent, le peuple malgache, les femmes, les hommes, les personnes âgées, les jeunes, tout le monde à qui il souhaite paix, prospérité, santé et succès.

Étape 6

Le demandeur, appelons-le ainsi, va ensuite présenter le prétendant qu’il peut mettre en exergue en le sortant de la foule. Il présentera ses parents, ses origines et il demandera à la famille de la fille de se présenter également afin qu’une fois encore, il n’y ait aucun malentendu.

Maintenant, Il va faire les louanges du garçon. Un peu. Beaucoup. Passionnément! Presque à la folie! Il va utiliser des expressions comme

« Ce monsieur est à la fois du taviny et du volony« .

« Taviny » se traduit par le gras, parce qu’autrefois dans la culture africaine et asiatique, le gras était synonyme de richesse. Le « volony », je ne sais pas comment le traduire parce que « volo » a plusieurs sens : cheveux et équivalents (poils, plumes, etc.), couleur et sens figurés (figure, météo, etc.). Disons qu’il fait comprendre de manière subliminale que ce garçon est à la fois beau et riche. Il dira que ce serait une perte pour la fille et sa famille de ne pas accepter ce garçon comme époux, gendre. Mais, en bon malgache qu’il est, il va tempérer en disant que ce n’est pas pour autant qu’il est sûr et certain que l’autre partie va accepter. De toute façon, la fille, telle qu’il en a entendu parler n’est pas non plus une laide, une moins que rien que la famille veut se débarrasser. Et ce n’est pas toujours vrai que « demandes et tu recevras ».

https://www.youtube.com/watch?v=DaV_kJ8tuQQ

Exemple de mariage traditionnel malgache (Vodiondry)

Étape 7

Le mpikabary de la famille de la fille, le « sorteur » si vous aimez cette appellation, va prendre la parole. Si vous suivez bien, la seule fois où il a ouvert la bouche auparavant c’était pour répondre aux salutations il y a 30 minutes ou une heure de cela.

Donc, il va aussi être « obligé » de passer par les azafady et les arahaba (salutations), étapes 4 et 5, lui aussi. Une fois qu’il a obtenu son droit de discourir et salué présidents, ministres, députés et petit peuple, il va demander les fameux « tokim-pitiavana » (preuves/promesses d’amour).

Moi, mes promesses d’amour, je les ai dits moi-même, mais, dans le cas de mon frère, il a délégué cette tâche au mpikabary. Les deux cas sont possibles, mais le sorteur pourra exiger que des mots sortent de la bouche du prétendant. Mon frère, lui, on lui a demandé d’affirmer ses preuves d’amour, prononcées par son mpikabary, par un hochement de tête convaincu.

Étape 8

Ah, les tokim-pitiavana! C’est une source intarissable d’inspiration pour poètes et auteurs. Peut-être que les amoureux se sont déjà dit tout ça en se promenant dans les bois, mais les dire à haute voix devant tout le monde, c’est une autre paire de manches. Et pourtant, il le faudra. Et il y a plusieurs styles. Il y a ceux qui promettent Soleil, Lune et étoiles, monts, vallées et plaines et ceux qui se contentent de promettre amour, respect et bonheur. Il y a ceux qui comparent leur amour à tout et n’importe quoi.

« Je t’aimerai comme on aime une fleur,
car tu en as le parfum et la beauté.
Je ne t’aimerai pas comme on aime les portes,
on les aime, mais on les (re)pousse.
Je ne t’aimerai pas comme l’argent,
car si jamais j’ai faim je pourrai le troquer contre de la nourriture.
Je t’aimerai comme un potiron,
encore frais, j’en mangerai,
déjà sec, j’en ferai une calebasse
et même cassé j’en ferai des pièces pour ma valiha (instrument de musique)
dont je jouerai tous les soirs. »

En tout cas, le demandeur va tout faire pour rassurer la famille sur les capacités du garçon à bien s’occuper de la fille. Il va promettre qu’il va la protéger et lui donner tout ce dont elle aura besoin dans la vie. Ce garçon ne sera pas seulement un mari, mais deviendra aussi membre de la famille de la fille où il fera ses adidy** (obligations) avec entrain et responsabilité. De la même façon, la fille sera reçue dans sa belle famille comme une nouvelle sœur, fille.

Étape 9

Après, et comme pour matérialiser ces preuves d’amour, on offre le vodiondry (dot).

Donc, autrefois partout à Madagascar et aujourd’hui dans certaines familles et régions, il faut vraiment offrir la dot qu’il faut pour espérer avoir la fille. Vodiondry signifie littéralement croupe de mouton, la partie jugée la plus succulente et grasse parce qu’il y a eu un temps où la coutume était d’offrir un mouton comme dot et la partie avant allait à la famille du garçon tandis que la croupe allait à celle de la fille.
On dit que du temps d’Andrianampoinimerina, notre Salomon, Roi Soleil à nous, il a été décidé d’uniformiser la valeur du vodiondry en la changeant en une pièce de monnaie appelée Voamena (litt. : pièce en or au milieu) appelée aussi solom-bodiondry (en remplacement d’une vraie croupe de mouton). Cette pièce n’existant plus, certains offrent des exemplaires de tous les billets et pièces de monnaie qui existent : les billets de 10 000, 5 000, 2 000, 1 000, 500, 200 et 100 ainsi que les pièces de 50, 20, 10, 5, 4, 2, 1, 0,40, 0,20 c’est-à-dire exactement en ariary 18 892,60 s’il trouve encore une pièce de 4 ariary à la banque ou sur les escaliers d’Ambondrona. Mais, les mpikabary préviennent qu’actuellement le cours du vodiondry se situe au minimum vers Ariary 50 000 (environ 15 euros).

Alors, n’insultez pas la famille de la fille avec moins que cela. Il faut marteler lorsqu’on le donne et qu’on le reçoit que ce n’est pas la preuve d’amour parce que la fille n’est pas du tout à vendre, mais c’est le voninahitra ifanomezana (la gloire, l’honneur qu’on se donne). Mais on continue encore à donner du bétail, des terres, des maisons, des voitures, des millions d’ariary pendant des vodiondry aujourd’hui.

Étal d'un vendeur de pièces.
Étal d’un vendeur de pièces (pour les touristes, collectionneurs et futurs mariés)

Étape 10

On peut donner le vodiondry en une seule fois, une seule enveloppe. C’est ce qu’on a fait il y a des années de cela pour ma femme. Mais, on peut le donner en plusieurs fois (plusieurs enveloppes).

On l’appelle, alors, « maro rantsana » ou « maro sampana » (à plusieurs branches). Pour cela, on donne des « Ala fady » (levés de tabou) aux membres mâles de la famille de la fille : son oncle, son frère ou son cousin préféré. Cette « Ala fady » a été depuis longtemps surnommée à tort « Tapi-maso » (œillères), si vous voyez ce que ça veut dire.

Non? si vous ne voyez pas, j’explique le tapi-maso
Les frères ou oncle ont peut-être déjà vu les amoureux se fréquenter auparavant et Dieu sait si les hommes malgaches sont jaloux de leurs sœurs/filles. Si on ne les amadoue pas, ils sont capables de vous « casser la gueule » avant de dire quoi que ce soit. Pour payer leur silence, on offre le tapi-maso.

Ce n’est pas le but de l’Ala fady car là, on est censé être, déjà, au moment du mariage, quoique traditionnel. Là, on est en train de marquer le transfert entre l’amour fraternel/paternel que la fille a toujours partagé jusque-là avec les membres de sa famille vers l’amour envers le mari qui est une tout autre chose. Donc, le « Ala fady » est un vodiondry mais le tapi-maso se donne avant même de fréquenter la fille. Mais comme le mariage traditionnel est devenu les fiançailles malgaches, on a confondu les 2.

Ensuite, on donne des vodiondry, des parts, à la famille de la mère et du père de la fille avant de donner l’enveloppe pour la fille à ses parents. Ce qui fait au total combien d’enveloppes? L’oncle, le frère, la famille du père, de la mère, et les parents de la fille : 5 enveloppes, mais les possibilités sont infinies.

Une fois les enveloppes données, le mpikabary demandeur espère que c’est suffisant et demande maintenant que la fille se montre pour la suite de la cérémonie.

Étape 11

Recevoir cette (ces) enveloppe (s) n’est pas seulement une joie pour la famille, c’est vraiment un honneur. Le mpikabary, le sorteur, va alors faire les remerciements et va dire que vodiondry ou pas, la famille avait déjà accepté de donner leur fille, vu le garçon et sa famille, si belle et respectable et entendu les tokim-pitiavana prononcés tout à l’heure. Ils acceptent les vodiondry, jamais comme le prix de leur fille, mais plutôt comme preuve de cet honneur partagé.

Étape 12

Et c’est seulement là que le père cherche sa fille qui va être conduite au milieu de l’assemblée, auprès de son fiancé. Il arrive que la famille de la fille propose d’abord d’autres filles célibataires qui vont défiler devant le garçon. On demande au garçon si c’est la fille qu’il est venu chercher et il répondra non à chaque fois.

Bon, vous imaginez bien qu’en 1 000 ans de mariages malgaches, il y a bien eu des cas où le garçon tombe amoureux d’une belle petite sœur ou cousine de sa petite amie et qu’il change d’avis à ce moment précis. Alors, cette manœuvre, un peu taquine de la famille de la fille n’est pas sans risque. Mais quand le père arrive avec la fille, la bonne, le garçon ne peut qu’être émerveillé devant cette beauté, bien préparée et parée pour la grande occasion.

Étape 13

On expose à la fille tout le tenant et aboutissant des pourparlers. On lui dit :

« Fille, on a reçu ces gens qui sont venus te chercher. Ils ont parlé, ils se sont présenté, ils ont présenté ce beau et charmant garçon. Il a donné des preuves d’amour et il a offert le vodiondry en bonne et due forme. Tes parents ont accepté de te donner, ma fille« .

Oh, quelle joie pour la fille!

Mais, oui, il est déjà arrivé dans l’histoire que la fille dise non à ce moment précis. Peut-être que le garçon qui est là n’a jamais été son amoureux et qu’elle ne l’aime pas. Dur, dur pour le garçon! Normalement, ce n’est pas les parents qui décident à la fin. Mais il est vrai, aussi, que les cas de mariages forcés passent par ces vodiondry.

Pour le cas de mon frère, j’avoue qu’après quelques heures de discours, j’étais content que l’issue fût favorable, car même si c’était convenu d’avance, les kabary étaient tellement élaborés … et longs que cette finale en apothéose où la fille a répondu « oui » à la question fatidique, est-ce que tu acceptes ? était digne d’une grande pièce de théâtre.

Étape 14

Maintenant, on fait la cérémonie de la bague de fiançailles. C’est le mpikabary demandeur qui la conduit. « Que fait une bague dans une cérémonie traditionnelle? »; diront certains puristes. C’est vrai que les Malgaches ne connaissaient pas l’utilisation de bagues lors des mariages auparavant et après le vodiondry, on passait tout de suite au repas. C’est le repas qui scelle l’union. Mais depuis l’utilisation de la bague de fiançailles, puisque le mariage traditionnel est assimilé à des fiançailles, on procède comme suit :

Le garçon offre un bouquet de fleurs à la fille. La fille fouille le bouquet pour trouver la bague et le garçon le lui met. Il est possible que la bague ne s’y trouve même pas et c’est le garçon qui va le sortir de sa poche ou l’épingler près de son cœur. Ici, le garçon peut dire, en enfilant la bague sur le doigt de sa promise, encore des promesses d’amour.

Il est aussi de coutume pour la fille qui s’est mariée avant une sœur ainée de lui offrir, à ce moment, un saronankarona (coffret en osier, contenant un cadeau).

C’est ici que les kabary se terminent. Pendant le mariage de mon frère, ils étaient 2 mpikabary amis, membre de l’association des mpikabary de Madagasikara qui se sont affrontés.Ce qui explique le haut niveau des débats.

Si vous voulez contacter l’un d’eux, il s’appelle Rado ANDRIANANTENAINA et il a le numéro 00 261 33 14 255 24 ou 00 261 34 16 214 99. Ce n’est pas pour faire de la publicité gratuite, mais le jeune monsieur a tellement bien fait les choses et il délivre même un Certificat pour l’accomplissement d’un mariage traditionnel en bonne et due forme et que peut-être vous aurez besoin d’un mpikabary parce que vous voulez vous marier avec une Malgache, un jour. Je pense que les jeunes mpikabary professionnels ou apprentis, et ils sont nombreux, sont des gages pour la perpétuation de nos us et coutumes.

Étape 15

Enfin, car les ventres commencent à gargouiller, on passe à table. C’est le sorteur qui formule l’invitation. Mais attention, le repas de fêtes est la partie la plus importante de toutes. On l’appelle le « tsy hanin-kahavoky fa nofon-kena mitam-pihavanana« . C’est-à-dire que ce n’est pas un repas pur vous rassasier mais un morceau de viande qui scelle le fihavanana.

Le fihavanana est l’autre pilier de la société malgache qui fait que tous les Malgaches sont une même famille.

Quand c’est possible, on tue un zébu, sinon, il faut un bon repas. Au moins, il faut quelque chose à manger! Parfois, lorsque le couple ne veut pas de période de fiançailles, on offre le vodiondry rapidement le matin avant d’aller à la mairie, avant d’aller à l’église. C’est dans ces cas que du jus et des biscuits ou des bonbons suffisent pour marquer le moment, car le festin attendra les autres cérémonies.

Banquet de mariage
Banquet de mariage

Étape 16

Pendant le repas, on procède à la cérémonie du gâteau. Là, encore, je précise que les Ntaolo (Malgaches d’autrefois, les ancêtres) ne mangeaient pas de millefeuilles ou d’éclairs au chocolat. Il faut faire l’analogie avec le vary tondrahan-dronono sy tantely. Cette recette me fait penser aux petits déjeuners des jeunes Français. Allez! Donnez-moi les fonds et j’en fais le Corn Flake du futur. On cuit le riz avec du lait et du miel en un mélange pâteux, c’est tout. Et on le partage avec tous les invités présents. Mais bon, un bon gâteau aussi c’est pratique.

Je vais parler un peu de la jeune feuille de banane. Autrefois, dit-on, on mangeait sur des nattes à même le sol, comme les Asiatiques que nous sommes. On utilisait des couverts en argile. Mais le riz au lait et au miel, là, on le mettait sur de jeunes feuilles de bananes qu’on a durcies au feu. Après la cérémonie, les mariés emportent la feuille qu’ils ont partagée en guise de contrat de mariage.

Et voici pourquoi le mariage traditionnel est devenu les fiançailles de nos jours.

Les mariés d’autrefois, après cette cérémonie, avaient le droit de se séparer, sans problème tant que la feuille était verte. Ce n’est pas pour autant qu’il y avait des divorces puisque se marier était, vous l’avez compris, assez fastidieux et cher payé. Mettons cela en scène. Les mariés sont, après la cérémonie, partis dans leur maison pour vivre leur nouvelle vie. Mais après quelques mois, il y a une grande dispute ou mésentente. Celui ou celle qui se sentira lésé(e) va, alors, sortir la feuille de banane en témoin et dire « cette feuille n’est même pas sèche que déjà tu me trompes avec un (e) autre« , par exemple. Le souvenir de la cérémonie, évoqué par cette feuille fera réfléchir l’autre, sinon, il y aura séparation.

De la même manière, de nos jours, on peut rompre des fiançailles et c’est beaucoup moins préjudiciable tant qu’il n’y a pas eu de mariage civil et religieux.

Voilà, c’est le déroulement, en moyenne, je dirais, d’une cérémonie de mariage traditionnel malgache, plutôt de ma tribu. Je m’excuse (azafady) si j’ai fait des erreurs ou omissions. Je rappelle que je n’en suis pas spécialiste. C’est sûr qu’il y a des variances dans toutes les régions, familles et confessions. C’est aussi certain que cela va évoluer encore plus dans le temps. J’espère que ça ne va pas se rallonger. Ce qui est sûr c’est que le prix du vodiondry augmentera en valeur, alors, je vais devoir travailler dur pour marier mes 5 fils. N’y pensons pas tout de suite quand même. La bonne nouvelle, c’est que cette coutume perdurera pour longtemps encore.

* Believe it or not : Croyez-le ou non
** la société malgache est régie par les 3 pierres qui forment le foyer (du feu) : le fihavanana, c’est-à-dire la famille, tous les Malgaches sont une même famille, les adidy, les obligations et les fady, les interdits.


Aïd-El-Kebir et Aïd-El-Fitr fériés pour les musulmans à Madagascar

Le décret est un additif mais pour la 3e année consécutive, deux grandes fêtes musulmanes sont déclarées fériés pour les musulmans cette année 2015 à Madagascar.

De la place de l’islam à Madagascar

« PRÉAMBULE
Le Peuple Malagasy souverain,
Affirmant sa croyance en Andriamanitra Andriananahary, »

Tels sont les premiers mots de la Constitution de Madagascar. Alors, que personne n’ose affirmer que Madagascar est un pays chrétien ou musulman ou autre chose encore puisqu’il n’est pas question ici de YHWH, Christ ou Mahomet ou Siddhartha ou Ramahavaly. Mais qui est Andriamanitra Andriananahary?

Andriamanitra a permis aux Malgaches de traduire le mot Dieu. Pourtant, littéralement, cela signifie « prince parfumé ». Et cela renvoie à la mort d’un Malgache de sang noble (Andriana). En effet, les Malgaches veillent leurs morts et lorsque cela prend du temps, le corps commence à pourrir et à devenir nauséabond. Mais personne n’a le droit de dire que le roi ou la princesse sent mauvais. Il ou elle est « manitra » (sent bon). Andriana+manitra = Andriamanitra. Andriamanitra est le mot qui affirme la présence du culte des ancêtres à Madagascar. Alors, désolé cher malagasy monothéistes, mais si vous voulez interpréter cette préambule comme l’affirmation de l’attachement du pays à votre religion, le contraire est tout à fait démontrable. Surtout, il y a le 2nd nom Andriananahary qui est un qualificatif, et cela peut sous-entendre qu’il y a d’autres dieux dans la croyance malagasy actuelle, des sampy.

Andriananahary. Vous connaissez déjà Andriana (Prince ou Princesse) et le reste du nom est Zanahary (Izay nahary =celui qui a créé, le créateur). Zanahary a peut-être coexisté au début avec d’autres dieux de la mythologie malgache, héritée de la culture austronésienne avec le culte des ancêtres. Mais musulmans, juifs et chrétiens l’ont tout de suite identifié à Allah ou Jehovah pour faire accepter ces derniers aux Malgaches.

Il y a très longtemps (dès le VIIe siècle), les Arabes ont apporté la culture arabe, peut-être une forme de l’islam mais aussi des idoles et ont constitué le « foko » (la tribu) Antaimoro, berceau du papier malgache Antaimoro, du sorabe (Grandes Lettres) la première écriture du malgache proche de l’arabe, des chiffres, des jours de la semaine, d’un calendrier lunaire, de certaines sciences et de nombreux rituels apparentés à l’islam ancien. Lors des prémices du royaume de Madagascar, les idoles de toute l’île ont été « capturées » par les merina (tribu du centre et des quelques rois et reines de Madagascar au 19e siècle). Ikelimalaza (le petit mais renommé), sampy des Antaimoro a été jugé comme le plus puissant de tous et déclaré sampy royal. Les Européens, Anglais et Français, en influençant puis en colonisant Madagascar ont changé la vision de Dieu. Le catholicisme, qui a maintenant le plus d’adeptes dans la Grande Île a vite été accepté en faisant l’analogie entre Zanahary et le Dieu catholique, les ancêtres (razana) et ses saints, intercesseurs auprès de Dieu, les sampy et ses statues et grottes sacrées.

Les musulmans sont, à Madagascar, composés des communautés orientales, proche-orientales, africaines, de personnes originaires des Comores et des Malgaches traditionnellement musulmans ou convertis. Si les Antaimoro sont dans le Sud-Est, à cause de la route des navires dans l’Océan Indien dans les siècles passés, les régions considérées comme à forte densité musulmane depuis le siècle dernier sont le Nord et le Nord-Ouest du fait des échanges avec le continent et les îles Comores. Mais dernièrement et comme partout dans le monde, cette religion offre une alternative attirante au christianisme et les conversions sont nombreuses. Le prosélytisme des musulmans à Madagascar est aussi assez fort. Je me souviens de cette fille qui distribuait des tracts sur les marches d’Antaninarenina il y a quelques mois. Mais il suffit de comptabiliser les très nombreuses écoles islamiques partout sur le territoire pour se rendre compte de l’essor de cette religion à Madagascar. Lors de notre voyage vers Fénérive-Est de l’année dernière, on a fait cette remarque en voyant les centres et écoles par dizaines sur la route. Avant, c’était les « Jesosy Mamonjy » (Jésus sauve), les mormons, les « Vahao ny oloko » (libère mon peuple), maintenant ce sont des mosquées et des écoles islamiques. Ce n’est pas pour comparer des églises et de sectes à l’islam mais ce sont sur le bord des routes nationales qu’on peut voir les nouvelles « tendances », faute de statistiques sérieuses.

Alors, si les fêtes musulmanes sont fériées, je dirais que c’est tout à fait normal. Mais pourquoi, « diable », le gouvernement l’a-t-il réservé seulement aux musulmans?

Franchement, comment considérez-vous le message du gouvernement lorsqu’il attribue ces 2 jours de congé aux musulmans?

C’est une reconnaissance, c’est déjà ça. La reconnaissance que la communauté musulmane à Madagascar est de plus en plus influente dans les affaires, dans la politique, dans la vie sociétale. Les musulmans ont des radios, des émissions télévisées et sont de mieux en mieux compris par la population. Ce n’est pas, non plus, même si cela ne doit pas compter, la communauté la plus pauvre du pays.

C’est un message de tolérance, aussi. Les Malgaches se disent chrétiens et ont, comme le monde entier, peur de l’islamisme radical et du terrorisme. Il y a les rumeurs d’existence de camps d’entraînement à Mada ou de recrutement de combattants islamistes parmi les jeunes Malgaches. Je dis bien « rumeurs ». Mais les rumeurs font plus peur que la réalité (voir Boko Haram dans les commentaires de l’article dans ce lien). C’est, donc, une bonne communication pour signifier que l’Etat malagasy est aux côtés des musulmans lors de ces grandes fêtes.

Malheureusement, en réservant ces jours de fête aux seuls musulmans, l’État est en train de les marginaliser. C’est peut-être une vision qu’ils n’ont pas eue lors de leur décision, mais dans la pratique, c’est le cas. Déjà, dans les bureaux, lors de la lecture du décret, on se regarde les uns les autres pour savoir qui aura le droit ou non de ne pas travailler 2 jours de plus. Comment savoir qui est musulman et qui ne l’est pas? Faut-il une lettre de l’imam ou un badge où il est écrit « Musulman »? J’ai fait cette blague : »je suis circoncis et je ne mange pas de porc, je peux, donc, rentrer ? ». Et quand Farid et Akmar travailleront parce qu’ils sont baptistes bibliques, par exemple, ne vont-ils pas recevoir des remarques de la part de leurs collègues comme : « On vous croyait silamo vous! ». Excusez-moi, mais malgré les bonnes intentions, lorsqu’on divise comme ça la communauté, c’est idiot.

Et puis, accorder deux jours fériés aux musulmans, c’est bien. Mais, pourquoi ne pas avoir accordé un jour férié aux Malgaches qui remercient Andriamanitra Andriananahary d’une nouvelle année lors de l’Alahamadibe (Nouvel An malgache) par exemple?  Le Nouvel An malgache n’est même pas un rituel païen, c’est une fête traditionnelle malgache. Même si pour faire du chichi, je pourrais dire que question d’adeptes, la religion traditionnelle a encore plus de pratiquants que toutes les autres, mais on les dénigre tellement qu’ils n’iront pas faire du lobbying. Excusez-moi, mais il faut être logique dans la vie. J’ai déjà parlé de l’exemple de Singapour où toutes les fêtes de toutes les communautés sont fériées pour tout le monde. C’est ce qu’il faut appliquer à Madagascar, pour marquer l’unité du peuple, le fameux fihavanana tant que l’on considère que les musulmans sont aussi malgaches à part entière.

Bref, trois ans que les deux fêtes les plus importantes de la religion musulmane sont fériées à Madagascar, mais seulement pour les musulmans. Vivement le temps où l’on pourra aussi faire la fête avec eux.


Vive les vacances à Madagascar

Le mois de juillet, ce sont les vacances scolaires qui commencent à Madagascar, sauf pour les classes d’examens dont les CEPE, BEPC et BAC sont programmés jusqu’en mois d’août cette année. Que faire? Où aller? Entre partir en vacances et rester à Antananarivo, c’est un dilemme cornélien pour les petits Tananariviens sans écoles pour 3 mois.

En fait, il y a 3 endroits pour passer des vacances à Madagascar, pour un petit Malgache : Antananarivo, la campagne et la côte.

La côte

Plage de Foulpointe
Plage de Foulpointe, à l’est de Madagascar

Madagascar est une île, elle est entourée de plages infinies. Alors, si par « habitude », on parle d’aller sur la côte, c’est en réalité l’embarras du choix. Les destinations phares restent la plage de Foulpointe (Mahavelona) à l’est et de Mahajanga à l’ouest du fait de leur relative accessibilité et de la présence des plages aux eaux calmes.Il nous arrive d’y aller, mais en décalant nos vacances parce qu’on n’apprécie pas trop les bains de foule par rapport aux bains d’eau de mer. Mais c’est chacun son choix. Il y en a pour qui vacances riment avec rencontres. Ces « stations balnéaires » offrent plus de choix en termes de logement, de restauration et d’activités.

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Toamasina (Tamatave), sur la côte Est

La mer, la plus proche d’Antananarivo, par la route est Vatomandry qui a connu ces dernières années une transformation après que le tronçon de 45 km la reliant à la route nationale a été goudronnée et reçoit de plus en plus de visiteurs. Donc, si vous suivez mon raisonnement, on allait beaucoup à Vatomandry avant que la route ne soit refaite. On parcourait ces 45 km en une demi-journée ou plus. Sinon, les autres destinations sont Morondava, Mahanoro, Tuléar, Fort-Dauphin, Ambanja, Antalaha, Sambava, Diégo, Nosy-Be, etc. Je ne connais pas tout ça. Il faudrait être riche et prendre l’avion ou être riche et patient pour passer une ou plusieurs journées entières sur les routes. J’ai quand même cela quand j’étais petit grâce aux colonies de vacances et aux camps. En ce temps-là, j’ai déjà effectué les 3 jours de voyage vers Fort-Dauphin (Taolagnaro). Pour voir la mer, c’est quand même cher payé. Heureusement, la diversité des paysages et les sites touristiques font de chaque région de Madagascar une destination unique.

La campagne

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Vers Anjeva, à l’est de Tana

Quand un citadin parle de « sa » campagne, c’est pour désigner la bourgade d’origine de lui-même ou des ses parents ou grand-parents. En effet, à cause de l’exode rural, Antananarivo reçoit des centaines de milliers de nouveaux occupants chaque mois. Chaque grande occasion, comme les fins d’années, les fêtes religieuses, les mariages, les enterrements et les vacances sont des moments où on descend dans « sa » campagne. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Il y a quelques uns qui, comme nous, n’ont pas de campagne. C’est soit parce qu’on habite Tana depuis trop de générations ou parce que notre campagne était trop proche et a été incluse à la ville.

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Sur la route du Sud, vers Antsirabe

Les vacances à la campagne, lorsqu’on n’ a pas de maison comme moi, c’est chez les autres. C’est rester dans une maison souvent sans eau ni électricité, à ne rien faire de la journée, au son d’une radio à pile nasillarde. Avec les gadgets chinois, c’est de moins en moins le cas. Aujourd’hui, le courant arrive loin grâce à de petits panneaux solaires, de petites éoliennes et on peut entendre de gros sons fournis par des ampli-baffles radio/lecteurs USB. Sinon, quoi faire? Faire la sieste, sans le bruit des voitures, faire des randonnées, regarder les gens qui s’affairent autour des animaux et des champs, les aider un peu. Juste un peu mais pas trop. C’est-à-dire que trop souvent, on nous traite comme des citadins que nous sommes, et comme des princes que nous ne sommes pas. C’est parce qu’on croit que les gens de la ville vivent dans le luxe et qu’à la campagne, on vit trop simplement. Alors que c’est le contraire qui est vrai.

Rester à Antananarivo

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Vue d’Antananarivo depuis Andohalo

Cela paraît bizarre et pourtant, Antananarivo reçoit beaucoup de vacanciers. Venir dans la grande ville permet aux petits « campagnards » de découvrir plein de « choses » qu’ils n’ont pas l’habitude de voir. Le parc zoologique, les palais, les musées, les parcs d’attractions, les magasins, etc. Rien que le fait d’avoir une télé avec une dizaine de chaînes, c’est déjà un dépaysement assuré. Alors, souvent, on a un cousin, une cousine ou des amis qui viennent passer les vacances à Tana.

Dans la pratique, personne de nos jours, ou presque, ne va en vacances pendant 3 mois. Partir une semaine ou 2, une ou 2 fois pour les plus aisés et les plus chanceux d’entre nous peut-être. Mais le reste du temps, il faudra encore rester à Tana. Pour « tuer » le temps, voici quelques propositions pour vos enfants.

Faire des cours de vacances

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Les vacances, ce sont les moments pour s’améliorer sur les matières dont on n’a pas eu de très bonnes notes pendant l’année scolaire. Mais, pour ne pas blaser vos enfants avec les matières scolaires, c’est aussi le temps pour explorer ses talents. On peut l’inscrire pour des activités artistiques comme la danse, la musique, la peinture, le dessin. On peut l’inscrire pour faire du sport. On peut même choisir des matières qualifiantes comme les langues, la conduite, les travaux manuels dans ces nombreuses écoles qui proposent des certificats après juste 2 ou 3 mois de cours. Il faut seulement bien choisir parmi les plus sérieuses. Malheureusement, les grandes vacances se passent en hiver à Antananarivo, alors, pas de piscine à Tana sauf si elle est chauffée.

Faire des découvertes

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Maki (Lemur Catta) du zoo de Tsimbazaza

Dans Tana et dans les alentours, il y a des lieux à visiter gratuitement ou avec un petit prix d’entrée. Je pense aux palais royaux, aux musées, aux parcs, aux jardins.

 

Même juste pour se balader, il y a des coins sympa comme la ville haute, le zoo, les centres commerciaux (La City, Zoom, Smart Tanjombato, etc.), pourquoi pas Behoririka le Chinatown de Tana ou Tsaralalana le Little India, Les arcades d’Analakely, Antaninarenina, le by-pass, etc.

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Parc de loisirs éphémère du By-pass en 2013

Rester à la maison

Les enfants peuvent s’amuser et s’instruire en restant à la maison. Pour cela, les parents doivent un tant soit peu encadrer leurs activités. Il faut leur proposer des alternatives saines aux longues heures devant la télévision. Et puis, quoi de mieux que de passer quelque temps avec eux? Bricoler, construire une cabane, voir un film ou jouer. Ce sont des moments de partages en famille qui peuvent devenir inoubliables.

Justement, je me souviens que lorsque j’étais petit, ma famille adorait jouer aux jeux de société. Et on en avait à la maison. Des jeux de plateaux aux jeux de cartes en passant par le loto (bingo) et tous les autres. On mettait en jeu des biscuits et des bonbons comme lots à gagner puisqu’on nous avait interdit de jouer avec l’argent. Et on passait des heures entre les jeux de l’oie, des serpents et des échelles, du dada, des dames, par exemple. C’était le temps d’avant les consoles de jeux et les tablettes, c’est sûr. Et il faut dire qu’on avait ces jeux-là, qu’on nous a offerst ( des Ravensburger), alors que la majorité des petits malgaches ne pouvaient pas se les acheter. Heureusement, les jeux de plateaux gasy (malgache) peuvent être créés à même le sol avec des traces sur le sol, des graines ou des petits cailloux. Il s’agit des fanorona et du katro par exemple.

Et pourquoi pas faire vivre à nos enfants la joie des jeux de société en famille?

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Tableau initial du fanorona à 9 colonnes

Vos enfants gasy ou zanatany ou même étrangers, ne devraient-ils pas connaître les règles des fanorona et du katro. Fanoron-3 (à 3 colonnes) ressemble beaucoup qu tic-tac-toe. Les fanorona 5 et 9 sont de vrais jeux de stratégie. Et le katro est un héritage commun avec les autres pays africains.

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Jeu de scrabble classique

Les jeux classiques sont maintenant vendus dans la rue de Tana pour une valeur 5 000 à 25 000 Ariary. Il s’agit des scrabbles, 1000 bornes, échecs, dames et autres. Des produits fabriqués sous licence, surement.

Et si vous voulez l’authenticité et la modernité, il faut jouer aux nouveaux jeux que les petits Malgaches ne connaissent pas forcément encore. Ils sont vendus chers dans les magasins spécialisés et les grandes surfaces. Il y a aussi des endroits qui les proposent à la location sur place comme dans certains restaurants ou à emporter chez soi comme chez Smartana Games, par exemple.

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Cliquer sur l’image pour accéder à la page Facebook de Smartana Games

En effet, il y a beaucoup de nouveaux jeux qui sont à découvrir pour les petits Malgaches. Mais côté parents, il peuvent être jugés trop chers pour un investissement à long terme. Personnellement, vu les tonnes de jouets et de jeux que mes 5 garçons amassent, abiment et éparpillent, j’ai depuis longtemps décidé de ne pas trop investir dans ces produits-là. Le fait est que les jouets sont à profusion dans les rues de Tana de nos jours et les enfants s’en lassent un peu trop vite. Et puis lorsqu’on leur achète des jouets plus chers de chez Vtech ou équivalents, ils s’y intéressent, mais cela ne fait pas longtemps le poids face aux dessins animés et autres jeux sur tablettes. C’est pour cela que ce système de location de jeux me semble intéressant.

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Jeux du catalogue de Smartana

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Bref, l’idéal serait des vacances en famille à la campagne, puis sur la côte, et entre les deux des activités sur Tana agrémentéés de moments de partage et de jeux. Évidemment, on ne peut pas tout avoir. Ceux qui ont les moyens n’ont pas forcément les êtres aimés avec qui s’amuser. Ceux qui veulent bien n’ont pas toujours les possibilités. C’est à chacun de mesurer et s’adapter afin que tout le monde, surtout les enfants puissent se ressourcer avant de repartir à l’assaut des salles de classe.

Moi, je suis d’avis que les meilleures vacances sont celles que l’on passe avec ceux qu’on aime, qu’importe l’endroit, qu’importe ce qu’on fait du moment que c’est quelque chose qui nous permet de nous évader et nous recharge les batteries pour revenir au travail avec, toujours autant la flemme, mais avec de bons souvenirs dans la tête. Alors, bonnes vacances!!!

 

 

 

 


Cours de malgache : « Tsy hiala aho »

J’aime bien vous apprendre des mots et des expressions malgaches. Aujourd’hui, et comme c’est la nouvelle tendance, je vais vous expliquer ce que signifie l’expression : « Tsy hiala aho« .

Interprétation et variantes

« Tsy hiala aho » est traductible par « Je ne partirai pas ». « Tsy » est la marque de la négation en malgache, à mettre devant un mot ou une expression. « Aho » c’est la première personne du singulier. « Hiala » est la forme future du verbe « Miala » qui signifie selon le contexte s’enlever, se détacher, partir, se distancer de, etc.

Dans le contexte d’un mandat, d’une poste de responsabilité ou d’une quelconque position, « Tsy hiala aho » signifie : « Je ne démissionnerai pas ». C’est à dire « Tsy hametra-pialàna aho ». « Hametra-pialàna » est la réunion de « hametraka » forme future de déposer et « fialàna », le nom dérivé de « miala » et donc, signifie ici « démission » (déposer ma démission).

Mais il y a des moyens plus subtils pour dire cette même chose sans utiliser un mot proche de « miala ». On peut dire : »Hotohizana ny asa » (On va continuer le travail) ou « Mila fitoniana isika » (On a besoin de calme, de stabilité) ou « Tsy fotoana hanaovana fiovana izao » (Ce n’est pas le moment de faire des changements). C’est à dire qu’au lieu de parler de démission, il faut axer son discours sur la stabilité, la continuité.

Comment dire cette expression

Comme les terminaisons en voyelles sont muettes, la plupart du temps, en malgache, la prononciation se fait comme [tsi hial ah]. Pour insister, il faut ajouter « hoy aho » (je le dis) qui est contracté dans le parlé en « hoah ». Ce qui donne sur les tags et les titres de journaux satiriques « Tsy hiala ah hoa ! ». Pour insister un peu plus, on ajoute au début « Efa hoe » (je répète que) pour donner « Efa hoe tsy hiala aho hoah ».

Hiala ve ianao ? (partirez-vous ?)
Tsy hiala aho.
Tena tsy hiala ve ianao ? (Vraiment, vous ne partirez pas ?)
Tsy hiala aho hoah.
Tena tsy hiala mihitsy ve ianao ? (Vous ne partirez pas du tout, donc ?)
Efa hoe tsy hiala aho hoah.

L’attitude compte beaucoup pour faire passer cette phrase. Il faut se montrer déterminé, le regard droit, le poing levé. Mais il faut aussi se montrer décontracté, inaccessible, intouchable. Un petit sourire en coin, dédaigneux peut dédramatiser votre situation mais cela va accroître la colère de votre adversaire. C’est vrai, tant que vous êtes sur votre fauteuil, vous pouvez jouer à « j’y suis, j’y reste ».

Quand utiliser cette expression

Comme dit plus haut, il est utilisable tant que vous êtes sur le siège.

  • Si une personne vous suggère de vous en aller, parce qu’elle ne vous apprécie pas beaucoup, répondez : « Tsy hiala aho« 
  • Si quelques personnes vous juge incapable, incompétent, voire idiot, dites-leur : « Tsy hiala aho hoah« 
  • Même si toute l’assemblée vous rejette, vous somme de vous en aller, répliquez par : « Efa hoe tsy hiala aho hoah« 
  • Et même si le peuple vous siffle et vous hurle dessus, dites : « Efa hoe tsy hiala mihitsy aho hoah« .

Voilà pour l’expression « Tsy hiala aho« . Je conseille uniquement de ne pas en abuser car même si le ridicule ne tue pas, l’Histoire retient trop bien toutes les fois où l’on utilise cette expression à tort ou à raison.


Comment respecter le code de la route à Antananarivo

Normalement, qui sait diriger sa voiture et respecte le code de la route s’épargne de gros ennuis. A Antananarivo, un petit plus est nécessaire pour éviter tout accident.

La règle de la priorité

C’est déjà une gageure de s’en souvenir. La priorité à droite, la priorité au sortie d’un rond point, les voitures prioritaires, etc. Maintenant que vous maîtrisez tout, voici les conseils pour l’appliquer dans la ville d’Antananarivo.

A- Vous avez la priorité

Vous approchez à pleine vitesse du croisement, vous regardez à droite (ou à gauche) et vous voyez la voiture qui doit « normalement » vous céder le passage. Et vous ralentissez. Au moment d’arriver, vous avez 3 choix pour passer en sécurité :

  1. Vous accrochez le regard de votre vis-à-vis et vous lui faites comprendre que vous tenez à votre priorité et qu’il ou elle ferait mieux de s’arrêter tout de suite.
  2. Vous lancez des avertissements sonores (klaxon) ou visuels (appels de phares) au cas où l’autre automobiliste semble vous ignorer.
  3. Vous vous arrêtez. Normalement, l’autre s’arrête aussi et vous redémarrez en sécurité.

Dans ces 3 cas, seul le troisième garantit qu’il n’y aura pas d’accrochage. Même si la situation est idiote.

B- Vous n’avez pas la priorité.

Vous cédez, simplement le passage. Mais il arrive parfois que l’on soit pressé, très pressé. Et puis, on est parfois en retard, donc forcément énervé. Lorsque l’on arrive à un croisement, sans avoir la priorité, on a tendance à ne s’arrêter qu’au dernier moment, si et seulement si, il y a une autre voiture en face. Dans tous les cas, il faut ralentir et avoir son pied sur le frein. Mais il y aura toujours un « con » qui malgré sa possession de la priorité va s’arrêter au croisement. Peut-être que c’est un prudent qui applique le A-3 de cet article mais souvent, c’est surtout une personne qui ne connait pas les règles de priorité. Souvent, c’est une aubaine, surtout quand on est si pressé.

A certaines heures de la journée, que l’on appelle « heures de pointe », les ronds points, les carrefours et les simples croisements sont pleins de ces gens « pressés ». Alors, il ne faut plus leur parler de priorité. Il faut juste faire avancer sa voiture en évitant de se faire rayer la portière ou emboutir le clignotant. Si vous avez peur, faites confiance aux conducteurs de Tana, ça passera, au millimètre près.

Normalement, vous devez vous poser des questions. Comment peut-on ne pas savoir qui est prioritaire ou non ? C’est facile mais répondons avec des questions précises. Est-ce qu’il n’y a pas de règle générale? Si, mais il y a des exceptions et souvent, la commune décide de changer. Est-ce que ce n’est pas indiqué sur les panneaux ? Si, jusqu’à ce que les panneaux se fassent voler par les ferrailleurs. Comment savoir alors ? Il faut connaître l’historique, demander ou se faire prendre une fois.

La vitesse

Il n’y a souvent pas de panneaux pour indiquer la vitesse. De toute façon, il n’y a pas trop d’occasion pour aller vite dans la ville, entre les embouteillages, les voitures vétustes et les nids de poules. C’est rare de se faire arrêter pour excès de vitesse. Les agents n’ont pas  de radar, ils n’ont pas de véhicule d’interception. Cela me fait penser à l’anecdote d’avant la ceinture de sécurité. En ce temps-là, la ceinture n’était pas obligatoire. Un ami s’était fait contrôler par un agent : « Alors, on met sa ceinture ? On compte aller vite ?« . C’était, donc, un contrôle pour excès de vitesse anticipé.

Aujourd’hui, il faut éviter de rouler vite pour éviter plein de choses :

  • Abîmer son moteur : rouler à plein régime avec 2 ou 3 vitesses seulement, ce n’est pas bon pour son entretien.
  • Abîmer sa suspension : l’état des routes d’Antananarivo va très vite tout casser si vous roulez un peu vite dans ces trous, ces gros trous.
  • Tamponner d’autres véhicules : voitures, camions, bus, taxi, motos, bicyclettes, pousse-pousses et charrettes sont les noms de vos adversaires. Il faudra être très agile pour rouler vite entre eux.
  • Faucher des piétons qui marchent dans la chaussée car les trottoirs, s’ils existent, sont pleins de vendeurs.

Les passages cloutés

Justement, les piétons d’Antananarivo ne traversent pas entre les clous (ou les passages piétons). Ils traversent n’importe où et n’importe comment. Ils ont une vision exceptionnelle, un instinct naturel développé, une capacité de calcul mental très étonnante. Enfin, c’est ce qu’ils croient. Ils jaugent la vitesse des voitures en une fraction de seconde et décident promptement, voire soudainement, de traverser en marchant ou en courant. Parfois, ils traversent en 2 temps. Un peu comme dans ces films américains ou dans ce jeu où l’on fait traverser une grenouille entre les flots de voiture.

Alors, attention aux piétons qui se tiennent au milieu de la route en attendant l’opportunité de traverser l’autre des deux voies.

Je suis assez bon piéton, je trouve. J’ai marché dans la rue depuis presque 30 ans et je n’ai jamais eu d’accident. L’astuce pour traverser est, encore une fois, d’accrocher le regard du conducteur en lui faisant savoir que l’on traversera, de toute façon. Je sais combien c’est énervant depuis que je suis passé de l’autre côté du volant. Mais presque toujours, le conducteur est obligé de ralentir pour éviter l’irréparable. C’est comme si s’il y avait accident, ce serait la faute d’un mauvais piéton. Et pourtant, ce sera toujours le conducteur qui ira (ou non) en prison.

En théorie, le conducteur doit laisser les piétons traverser. Dans la pratique, le conducteur, il est juste tenu de ralentir lorsqu’il approche un passage piéton. Il ne s’arrêtera pas (sauf en bas des escaliers d’Antaninarenina). Si toutes les voitures devaient s’arrêter chaque fois qu’un piéton de Tana pose un pied dans la chaussée, aucune voiture ne pourrait plus bouger. Tout ceci, je le rappelle, parce qu’il n’y a pas de trottoir libre pour le piéton. Ainsi, tant que le piéton tananarivien n’arrive pas à ré-conquérir les trottoirs, il devra, toujours, s’imposer devant les voitures.

Proposition de jeu vidéo : faites traverser la route du Marais Masay à votre bonhomme au chapeau malgache
Proposition de jeu vidéo : faites traverser la route du Marais Masay à votre bonhomme au chapeau malgache

Autres astuces obligatoires

Klaxonner

Il y a plusieurs façons de klaxonner (valable aussi avec les appels de phares)

  • Un petit coup c’est pour demander gentiment à un autre auto de vous laisser passer (avec ou sans la priorité).
  • Quelques petits coups d’avertisseur vont faire écarter les piétons de votre passage
  • Un bon coup de klaxon, prolongé, c’est lorsque vous affirmez votre droit de passage ou pour faire bouger un « con » qui obstrue la voie en faisant son créneau comme un débutant ou en chargeant/déchargeant ses passagers pour un bus ou un taxi, etc. Si on vous accompagne, soyez-en encouragé et allez-y pour votre petit concert de klaxon. Gare à vous si vous êtes la source des problèmes.

Sortir la main (gauche) de la fenêtre

Ce geste multi-sens est à utiliser à profusion. De toutes les façons, l’autre va comprendre. Tantôt c’est pour demander le passage, tantôt c’est pour remercier l’autre qui a cédé le passage. Ne vous agacez pas quand il y en aura qui vont « forcer » le passage tout en sortant la main gauche pour s’excuser, d’avance, des boules qu’il va vous donner. Attention, d’autres messages peuvent être délivrés. Justement, comme c’est l’ancêtre du clignotant, il peut le suppléer lorsque le conducteur se veut être plus précis sur sa direction. Enfin, les possibilités sont nombreuses : saluer, donner des instructions (dépassez, arrêtez-vous, restez derrière) insulter, etc.

Se garer

Les places de parking ne sont pas nombreuses à Antananarivo mais il y aura toujours un « gardien de parking » pour vous en dénicher. Il faudra le payer lorsque vous quittez les lieux. Qu’est-ce qui vous y oblige ? Rien. Peut-être que, par ailleurs, vous payez déjà un ticket de parking, alors, vous pensez que c’est trop de se faire « racketter » également par ces « jeunes ». Mais je répète, il faudra le payer, sauf si vous êtes sûr de ne plus jamais revenir là plus tard.

Attention aux créneaux. Le gardien de parking est capable de vous proposer de faire rentrer votre véhicule dans un mouchoir de poche. Et les malgaches tiennent à leurs pare-chocs. Ces pièces font partie intégrante de la voiture alors, la moindre éraflure et il demandera un constat en bonne et due forme.

Les factions en présence

Enfin, pour finir, et sans vouloir trop vous mettre la pression, il faut quand même vous signaler que des véhicules à Tana agissent comme des gangs. Les taxibe (minibus) s’entraident ou se battent entre eux selon leurs affinités. C’est comme les taxis. Si vous êtes derrière un taxi à un croisement et que vous êtes prioritaire, le taxi devant vous est capable de faire passer 5 de ses collègues avant de s’y engager. Tout le monde craint les 4×4. On ne sait jamais s’il y a dedans un député ou un Colonel, capable de vous emm*** pour un clignotant oublié. Et de toute façon, s’il peut s’acheter un 4×4, ce n’est pas une bonne idée de le défier devant la justice. Les 2 roues sont solidaires. Ne vous embrouillez pas avec l’un d’eux. Mais les pires, ce sont, encore une fois, les piétons qui vont jusqu’à lyncher les conducteurs fautifs.

Bref, conduire à Tana n’est pas la mer à boire. Mais, dans tous les cas, conduisez prudemment.


Participez au #baoritrachallenge #madagascar

#baoritrachallenge ? C’est quoi cette folie du web gasy? Photographier un carton avec toute sa fortune dedans, c’est la nouvelle tendance des réseaux sociaux à Madagascar. Je vais vous expliquer ce phénomène.

Origine du phénomène

Le 08 juin 2015, un peu avant minuit, la voiture de la député malgache Lanto Rakotomanga, accompagnée d’une autre femme, est arrêtée par la police pour, soit-disant, un contrôle de routine. Une contrôle qui incluerait, bizarrement, une demande verbale de perquisition de la voiture. La député aurait évoqué son immunité parlementaire et aurait refusé le contrôle. Devant l’insistance des policiers, elle aurait demandé à être perquisitionnée devant un grand hôtel d’Antananarivo. Mais sur les lieux, elle serait partie en trombe et une course poursuite (pas rapide comme dans les films, hein) aurait eu lieu jusqu’à un endroit appelé Namontana. C’est là que des éléments cagoulés, fortement armés de l’EMMOREG, la force mixte de maintien de l’ordre de la région l’auraient « coincée ». La député aurait, entre-temps ameuté d’autres parlementaires de son parti ainsi que les journalistes.

Le reste de l’histoire est visible sur le net actuellement. Mais venons-en au « baoritra ». Lorsque les forces de l’ordre ont réussi à déloger les deux occupantes de la voiture, ils ont saisi 2 cartons (baoritra) contenant 200 millions d’Ariary, à peu près 58 000 Euro.A un moment, on entend le grand chef présent demander au PST présent (Police scientifique) de sortir son petit appareil photo pour prendre des photos des cartons. Mais ce n’est que dans le poste, lorsque les cartons sont ouverts que le PST ainsi que tous les journalistes présents ont pu prendre des photos de son contenu, des liasses de 10 000 et 5 000 Ariary. A Madagascar, cette somme de 200 000 000 d’Ariary représente 2 gros 4×4 neuves ou un grand villa ou 500 000 tickets de bus ou 2 000 000 beignets (mofo gasy) ou exactement 666 666 baguettes avec 200 Ariary de monnaie rendue. Et pourtant, ce ne sont que 58 000 malheureux Euro, même pas la moitié d’un appartement à Paris.

Les réactions sont diverses. Il faut se rappeler que les députés sont actuellement dans un bras de fer avec la Présidence et le Gouvernement. Et on dirait que le gouvernement se félicite d’avoir pris une député « les mains dans le baoritra ». Ce gros montant aurait pu servir à des manœuvres douteux. De l’autre côté, les députés évoquent le non-respect des lois quant à la perquisition sans mandat d’une député accompagné de l’usage de la force. De plus, pour eux, il n’y a aucun mal à avoir 200 Millions dans son coffre, à minuit, dans les rues de Tana. Je citerai même, pour sourire un peu, l’intervention à la télé du député Raholdina Naivo qui rappelle que pour faire élire Rajaonarimampianina, son parti a aussi déboursé des sous (plus que cela) et qu’il fallait, en  ce temps-là les sortir de jour comme de nuit.

Le rêve de la richesse

Mais cette politique à la malgache ne nous intéresse pas pour cet article. Les malgaches, quand ils voient ces cartons remplis de billets, en direct, à la télé, ils ne peuvent que rêver. On appelle cela « Ariary zato am-pandriana » (Cent Ariary dans les rêves) du temps où 100 Ariary valait ces 200 millions là. Cette expression désigne ces rêves éveillés que l’on fait si on était riche d’un milliards de Francs Malgache (1 Ariary=5 anciens Francs Malgaches). On s’achèterait ceci ou cela. On irait ici ou là-bas. On ferait des trucs…Ah si seulement!

Dure réalité et premières photos

Pauvres malgaches, les voitures avec des millions dans le coffre, cela ne court pas les rues de Madagascar. Les cartons, que les malgaches utilisent et réutilisent à la maison ne contiennent presque jamais de « blé ». Au contraire, beaucoup sont vides.

La première photo que j’ai vu sur facebook vient de Ta Ramses qui ironise sur le carton vidé par la police et qui ne contiendrait plus qu’une pièce.

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Photo de Ta Ramses

Mais depuis ce matin du 10 juin, d’autres photos sont visibles sur le réseau avec toujours, une ironie et un humour indéniable. Et avec elles, certains ajoutent ce nouveau mot dièse (hashtag) #baoritrachallenge (challenge du carton)

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« Ny ahy zao voanjo no ato anaty baoritra » (Pour moi, ce sont des cacahuètes qui sont dans le carton)

Celui-là est un petit carton contenant des cacahuètes que le célèbre présentateur télé Christian Ratovonony a posté.

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« …tsisy vola #baoritrachallenge » (pas d’argent)

 

Cette photo vient du profil de Dago Urban Wear dont le carton ne contiendrait qu’un peu de miel et du pain rassi.

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« izay milalao ihany no mahazo » (seuls ceux qui jouent gagnent)

Venant de Jade Legacy sur la page de Hery Serasera, celle-là est déjà ma préférée de toutes. Elle contient un bout de papier avec la phrase « Mbola ho avy ny anjaranao » (votre tour viendra ou votre jour de chance arrivera); la même que celle que l’on voit sur toutes les cartes à gratter de tous les paquets d’une certaine marque de piles malgaches alors que la pub promet depuis belle lurette des lots fabuleux.

Eh oui, peut-on rire de tout? Peut-être que oui, peut-être que non. Aujourd’hui nos cartons sont presque vides et de cela, il faut en sourire car, peuple malgache,  « Mbola ho avy ny anjaranao ».


Le j’aime N°2

J’ai toujours pensé à faire une suite à l’un de mes premiers articles : le j’aime. Mais cette suite est plutôt une proposition.

En effet, si un j’aime, un +1 ou une étoile est aujourd’hui si recherchés, je les trouve un peu autoritaires. On n’a pas droit de réponse. Car si on en avait, on aurait peut être des choses à répondre

 

Imaginez que vous publiez une photo de vous (ou autre chose). Cette fois-ci, vous ne comptez plus seulement les j’aime de votre photo. A la place, vous recevez des notifications du genre : »Marie demande à j’aimer votre photo, cliquez ici pour approuver ». Vous passez alors à la « modération » de vos j’aime entrants. Ceux-ci vont à leur tour recevoir des notifications diverses selon vos affinités respectives.

Lucie a approuvé  votre j’aime sur sa photo de profil
Lucie a commenté votre j’aime :  « je t’aime aussi 🙂 <3 :* »

Lucie a approuvé votre j’aime sur sa photo
Lucie a commenté votre j’aime : « mercii »

Lucie a approuvé votre j’aime sur son statut

Et vous continuez votre « modération » des j’aime. Vous aurez évidemment des choix pour certains cas afin d’éviter les j’aime hypocrites, dénonciateurs et lèches…

– Judith demande à j’aimer votre photo
– Désapprouver
– Voulez-vous désapprouver le j’aime de Judith?
– Confirmer

– Nadine demande à j’aimer votre statu : »Il me manque… :'( « 
– Signaler comme indésirable
– Nadine ne pourra plus j’aimer vos photos/statut à l’avenir
– Annuler
– Désapprouver
– Voulez-vous désapprouver le j’aime de Nadine?
– Confirmer

– Jean Chrysostome demande à j’aimer votre photo
– Signaler comme indésirable
– Jean Chrysostome ne pourra plus j’aimer vos photos/statut à l’avenir
– Confirmer

– Vente de voitures d’occasion demande à j’aimer votre photo de profil
– Bloquer cette personne
– Voulez-vous bloquer Vente de voitures d’occasion? Vous ne verrez plus ses notifications et son profil.
– Confirmer

Et même pourquoi on ne pourrait pas créer de nouvelles formes de modérations en « jugeant »  directement les j’aime qu’on reçoit.

– Lucie trouve votre j’aime sur sa photo de profil comme « hypocrite »
– Lucie trouve votre j’aime sur son statut : »mon grand père est mort RIP Papy » comme malsain
– Lucie trouve votre j’aime sur son partage comme « courageux »

Je sais qu’à partir de 100 j’aime par statut, cela devient impossible de faire ce que je dis là. Et puis, qui n’aimerait pas recevoir des j’aime, même de son pire ennemi? C’est ainsi qu’est fait notre vie sociale moderne, alors, faisons avec même si souvent ce n’est pas le vrai reflet de la réalité.

 


Madagascar : les 5 dernières minutes

Restons en haleine devant ce combat de titans auquel se livrent les politiciens malgaches. Nous sommes à la fin du film, le scénario s’emballe. Ce sont les 5 dernières minutes.

Image : moraingy, la boxe traditionnelle malagasy

Bien sûr, ce sont 5 minutes « prophétiques ». Vous savez bien que dans les films d’action, on aime étirer le temps pour le suspense. Même cette demande de déchéance du président que les députés ont décochée il y a plusieurs jours, on aura droit au ralenti pour suivre sa trajectoire. Et elle ricochera au niveau de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) mais qui sait déjà vers où?

Et maintenant, on parle de coup double de la part des députés qui veulent en même temps faire tomber le gouvernement. En effet, en l’absence de Sénat, c’est le gouvernement qui doit prendre la place du président si celui-ci n’est plus en poste. Leur but serait, donc, de faire tomber, en même temps les deux institutions et rester seul debout, pour régner.

Soudain, l’armée prévient qu’elle ne tolèrera pas tout changement inconstitutionnel et antidémocratique de régime. Elle s’en remet donc entièrement à la HCC. Est-ce que cela signifie qu’elle acceptera tout? En effet, il n’y a pas de plus démocratique que des citoyens, qui de plus sont des députés, qui votent. Ainsi, si la HCC rejette ce vote, que fera-t-elle? Et si la HCC l’entérine et fait tomber leur chef suprême, que fera-t-elle?

Quand tout à coup,  Ravalomanana déclare être contre la déchéance du président, il dément en être l’instigateur mais comprendrait ses députés qui agissent de corps avec les autres députés. Pour les observateurs, il ferait un double jeu. Quand on le voit intervenir comme ça dans les médias et quand il parle des ambassadeurs, des politiciens et des autres qui le visiteraient, on se demande si sa fonction de président de parti n’est pas prise un peu trop au sérieux. En tout cas, à l’instar d’un certain Sarkozy, Ravalo is back.

Pendant ce temps, les partis politiques, les associations, les groupements, les individus défilent à la télé, à la radio et dans la presse écrite pour réagir. Je dirais « pour exister ». Sinon, quels partis politiques malgaches seraient assez organisés pour, par exemple, avoir un siège qui ne soit pas aussi le logement ou le local d’entreposage de quelqu’un? ou des employés ? ou d’autres structures plus ou moins palpables? Très peu, je pense. Alors, dès qu’une tribune se met en place, il faut se montrer. C’est vrai! A les entendre et à les voir, on penserait même que dans certains foyers on aurait cette conversation-là :

– Le papa : Les enfants, Maman et moi, on pense qu’il faut défendre notre idée. Ainsi, on va tous aller à la Radio aujourd’hui.
– La maman : Oui, Papa va parler au nom de son parti politique Vivent les Gasy. Moi, je vais réagir à travers mon association des femmes au foyer actives et patriotes et toi mon fils, tu vas réagir pour le nom de ton Association des jeunes dynamiques du Fokontany d’Ambohitsifantatranarana
– Le fils : Oh, non! Je laisse ça à ma sœur, je préfère parler au nom du club de Hand Ball.
– La fille : J’appelle tonton et tantine? E les cousins?

Mais suspense! Le président a fait déposer le 2 juin 2015 sa mémoire de défense face aux accusations des députés. Il reste à peu près 10 jours à la HCC pour statuer. Vous verrez, cela passera vite. Et voici le plus étrange, dans cette mémoire, 60 députés signent en faveur de président. C’est-à-dire que dans la sainte politique malgache, le miracle fait que 151 = 121+60. Un imbroglio que l’on a l’habitude de voir.

Mais personne ne sait encore ce qui va se passer. Il y en a qui font les devins, d’autres font des calculs et des analyses. Il y a des indices, mais on ne peut pas encore tout comprendre pour dire, déjà, ce qui est la vraie vérité derrière tout ça. Ce feuilleton est « passionnant » mais l’issue est incertaine. Dans les bonnes séries policières, le téléspectateur comprend souvent tout bien avant que le héros ne s’écrie « Bon Dieu ! Mais bien sûr !… ». A Madagascar, tout reste mystère.

 

 


Madagascar, déchéance de Rajaonarimampianina : le mal est fait

Voici les évènements d’hier et les autres infos sur la nuit du 26 mai 2015 sur la base des journaux télévisés malgaches que j’ai pu suivre.

C’est long. Et même si on ne peut pas encore prévoir les vraies conséquences de cette situation, on peut imaginer un peu ce qui peut arriver.

 

La cacophonie a existé

On l’a vu à la télé, les députés ont eu des échanges musclés avant le vote de la déchéance du Président. Les paroles étaient incisives et les gestes ont failli dégénérer. On a vu les forces de l’ordre intervenir pour séparer les belligérants, empêchant notre hémicycle d’être le théâtre de matchs de boxe comme dans d’autres Parlements démocratiques du monde entier.

On a vu qu’il y avait des députés, en nombre, présents. On n’a pas pu compter rapidement sur les images. On a vu le camp du Président dehors pendant le vote. Ils n’étaient pas 3 ou 4 comme l’image qu’un député à la télé a évoqué, mais ils étaient peu nombreux.

Mais tout était joué d’avance

Oui, ils ont débattu pour faire le vote ou non mais une fois les dés jetés, l’issue était déjà connue.

Le TIM, parti de Ravalomanana, dont il est à nouveau le Président national, aurait reçu des consignes (de lui-même) pour faire passer le vote. Kolo TV a rapporté que pendant 2 heures, Ravalomanana a été reçu par Rajaonarimampianina avant ce vote. On suppose que c’était pour « négocier » les voix du TIM. La tête de file du TIM à l’Assemblée est parmi les portes paroles des députés ayant dit OUI à la déchéance du Président, donc, quoi qu’il s’est dit dans cette soi-disant réunion, on peut dire que Ravalomanana et Rajaonarimampianina montrent une nouvelle fois un tournant de leur relation.

Actuellement, il y a 3 MAPAR dans l’Assemblée. Le MAPAR 1 aurait voté OUI et les MAPAR 2 et 3 auraient voté NON. C’est ce qui a été dit à la télé (Qu’est-ce qu’on rigole, puisque MAPAR est le sigle pour « Avec le [Miaraka Amin’ny] Président Andry Rajoelina ». Donc, les 2 sectes MAPAR 2 et 3 ne seraient plus d’accord avec le MAPAR 1 mais gardent la dénomination MAPAR. C’est pas sérieux). Si c’est vrai, le MAPAR 1, qui est fidèle à Rajoelina montre que ce dernier règle ses comptes avec le Président qui l’a mis à l’écart alors que c’est lui qui a « permis » son accession au pouvoir en 2013.

Les partisans du OUI disent avoir des preuves qu’on a acheté des voix du côté des partisans du Président. C’est, une réponse aux accusations de l’autre camp. Les chiffres sortent de partout allant de 5 000 000 à 10 000 000 ariarys c’est à dire moins de 3 000 euros par député. Si jamais c’était la vérité, ce n’est pas du tout cher payé pour l’avenir du pays.

Le Président a minimisé

Il a affirmé qu’il reste en fonction de Président de la République. Il a qualifié la décision des députés d’irréfléchie et pour lui il y a des irrégularités dans le vote. Il a brandi la menace de la dissolution de l’Assemblé. Vous vous souvenez du truel Président – Premier Ministre – Assemblée dont je vous ai parlé? Malheureusement pour Rajaonarimampianina, les députés ont tiré les premiers. Il ne lui reste plus qu’à espérer qu’ils ratent leur coup. Une petite partie de son discours :

« Les députés ont le droit dénoncer les fautes du président de la République. Ils servent également de contrôleur des réalisations du gouvernement et aussi de contrepoids par rapport à l’exécutif, mais ne devraient pas pour autant demander la déchéance du Président.
Le président peut à tout moment dissoudre l’Assemblée nationale à tout moment, et d’ailleurs c’est écrit dans l’article 60 de la Constitution, recommandations ou pas, du sommet d’Ivato. Mais Madagascar a besoin actuellement d’apaisement et non de créer de nouvelles crises. Nous sommes en train de chercher toutes les solutions pour éviter d’en arriver à cette situation. »

Et la « plainte » a été déposée

Et finalement, les députés ont pu déposer la plainte auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Car, il faut bien l’expliquer, ils ne peuvent pas, sur un vote destituer le Président. Ils ne peuvent que l’attaquer en justice pour des faits jugés graves et pouvant l’empêcher de poursuivre son mandat. Voici l’article 131 de la Constitution :

Article 131.
Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis liés à l’exercice de ses fonctions [version de l’AN : des actes accomplis dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions] qu’en cas de haute trahison, de violation grave, ou de violations répétées de la Constitution, de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat.
Il ne peut être mis en accusation que par l’Assemblée nationale au scrutin public et à la majorité des deux tiers de ses membres.
Il est justiciable devant la Haute Cour de justice. La mise en accusation peut aboutir à la déchéance de son mandat.

Pourquoi finalement? Parce que hier, j’ai dit que la Haute Cour était gardée par les éléments mixtes de sécurité régionale. On avait craint qu’on empêche la venue des députés. Ce n’était pas le cas. Pourtant, des députés seraient actuellement en train de se cacher sur le territoire ou à l’étranger suite à des menaces qu’ils auraient reçu. On a vu à la télé le député Rossy faire appel à l’armée et aux forces de l’ordre pour « protéger » ces députés menacés.

Ensuite, il est dit que la plainte comporte 3 pages et qu’elle est signée par 115 députés. Ce qui rajoute du poids à cette démarche et exclut, en partie, l’irrégularité du vote. La présence, en masse des députés pour apporter les documents à la Haute Cour est aussi impressionnante.

Mais pourquoi?

D’abord, politiquement, on comprend que le radeau de Rajaonarimampianina s’est désolidarisé. Rappelons-le, il n’a pas de député à l’Assemblée et a dû composer avec les indépendants et le soutien de Rajoelina puis de Ravalomanana pour avoir un semblant de majorité.

Mais a-t-il vraiment commis des fautes? Il y a 3 pages dans la plainte et je ne l’ai pas encore lue. Les députés évoquent des violations répétées de la Constitution. Entre autres, la Haute Cour de justice n’a jamais été mise en place et la désignation des Premiers Ministres grâce à son montage de députés indépendants n’a jamais été du goût des partis politiques.

Enfin, les motivations réelles de ce coup dépassent peut-être ma compréhension de la politique à la malgache. Qui vivra verra, donc.

La France et les États-Unis disent la même chose?

Les deux puissances qui sont les plus influentes à Madagascar ont toutes les deux affirmé qu’elles ne soutiennent personne, mais seulement la stabilité.

Je dois vous expliquer comment les Malgaches considèrent la position de ces deux pays. Je dis bien que c’est la considération générale. Ce n’est pas une affirmation. Les Malgaches pensent que la France soutiendrait Rajoelina qui est franco-malgache, rappelons-le. Cette pensée est confortée par le fait de Rajoelina est basé dans ce pays et que pendant sa présidence, il est allé là-bas à plusieurs reprises et surtout avant les évènements majeurs (réunions au sommet, etc.). La France, a été le premier pays à reconnaître la transition, faut-il le rappeler, aussi?

Ravalomanana a toujours clamé l’appui de plusieurs pays dont les États-Unis. Il dit tout le temps que les Américains lui parlent. Soit, c’est vrai, soit il entend des voix. Quoi qu’il en soit, son affirmation que c’est lui « la clé », cela semble se vérifier. La coopération des U.S.A. a paru être conditionnée par la situation de l’ancien président. On note aussi les visites, nombreuses, entre lui et l’ambassadeur américain.

Bien sûr, personne n’ira confirmer cela haut et fort. Madagascar possède des richesses incommensurables que nous, Malgaches, ne sommes pas capables d’exploiter : mines, pétrole, terres agricoles, main-d’œuvre bon marché, etc. Cela ne m’étonne pas que les puissances de ce monde veuillent participer à l’exploitation de cette richesse. La France et les Etats-Unis sont, actuellement, parmi les plus engagés dans « l’aide » à Madagascar. Certains Malgaches pensent que la crise depuis les années Ravalo est l’image d’un bras de fer de ces 2 puissances.

Voir le TIM de Ravalomanana et le MAPAR main dans la main pour ce vote de destitution est totalement incompréhensible pour ces Malgaches qui avaient cette image d’affrontement Rajoelina/Ravalomanana (France/USA) dans la tête.

Les Malgaches s’expriment à la télé mais la TVM n’a qu’une seule corde à son arc

Les télés on tous fait du micro-trottoir hier. C’est logique, c’était une occasion à ne pas rater. Les Malgaches sont pour la plupart excédés par la politique. Ils ont appelé à faire cesser ces simagrées et à s’occuper des problèmes sociaux, car le peuple est de plus en plus en difficultés. Je ris encore avec la personne qui qualifie les députés de « députés affairistes » qui ne s’occupent pas de leurs électeurs comme ils devraient le faire. Malheureusement pour elle, pour réussir en politique à Madagascar, il faut avoir réussi en affaires aussi.

Mais ce n’était pas très intéressant de regarder le micro-trottoir fait par la TVM, la télévision nationale. En effet, tous les interviewés ont donné tort aux députés. Ce n’était pas une mise en scène pour que, par exemple, 9 personnes sur 10 ou une grande majorité affiche le soutien au Président et une faible partie fait semblant de soutenir gauchement ses adversaires. Non, c’était unanimement des « ras-le-bol des députés » et des « il faut soutenir le Président ». C’est triste si l’on sait que seule la TVM est diffusée en VHF sur tout le territoire. Mais, heureusement, les autres chaînes ont des antennes dans les provinces et sont aussi reçues en qualité HD via le satellite.

LE MAL EST FAIT

Sur France 24, la journaliste a dit qu’une nouvelle crise vient de commencer. C’est vrai. Aujourd’hui, la HCC doit choisir entre les Président ou l’Assemblée. C’est comme choisir entre l’amputation de l’un de ses deux bras.

Mais aux yeux des Malgaches, aux yeux de la communauté internationale, l’instabilité du pays est affirmée ainsi que l’augmentation du tempo des crises. Je l’ai déjà noté ici, quand j’ai proposé une révolution lente pour Madagascar. On a perdu notre crédibilité.

Qu’est-ce qui va se passer maintenant?

La HCC a tout son temps pour statuer sur la demande de déchéance par les députés. Mais quoi que le Président dise, tout est maintenant en suspens à cause de cette plainte. Ainsi, la HCC doit, probablement, trancher dans les 2 semaines.

La HCC est présidé par Jean Eric Rakotoarisoa, ami « proche » du Président. Alors pourquoi les députés ont-ils pris le risque de déposer la plainte? A cette question, je ne vais pas répondre qu’ils croient à l’impartialité de la justice malgache (« i3 », comme qui dirait). Je vais répondre par une autre question : « ceux qui ont initié cette action ne savent-ils pas depuis le début que le Président a nommé 3 juges dont le Président actuel de la HCC? »

Le rêve des Malgaches

Je finirai ce long article par un rêve. Un rêve que beaucoup de Malgaches font chaque nuit. On rêve qu’on n’est plus pauvre. On rêve qu’on a de l’argent dans les poches, à manger sur la table, un véhicule sur le parking, même une bicyclette. On rêve qu’on a des projets et qu’on peut les réaliser : « Je vais prendre l’avion pour l’étranger », « moi, j’ai encore une réunion avec mes associés », « moi, je pars en vacances sur la côte », … Alors, Président, gouvernement, députés, ambassades, médias, blogueurs, faites ce que vous voulez, dites vos discours, vos analyses, on n’en moque tant que notre rêve se réalise, un de ces jours proches…sinon…

 

 


Madagascar, l’Assemblée vote la déchéance du Président?

Les députés malgaches auraient voté la déchéance du Président Rajaonarimampianina le 26 mai, tard dans la nuit. Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel? Moi, je n’ai rien compris. Peut-être que vous, vous avez plus de compréhension de la situation. Lisez plutôt!

Les députés

121 députés contre 4 auraient voté la destitution du Président malgache dans un vote qualifié de cacophonique, leur nombre étant de 151 élus, 121 constitue une grande majorité. Seulement, des voix contraires s’élèvent, dont celle du Président de la République lui-même dénonçant que seulement 80 députés étaient présents hier soir. Ce qui rendrait impossibles ces résultats.

Pour ma part, je ne sais pas ce qui s’est réellement passé. Si on me demande, je répondrai comme le porte-parole de la FIFA dans sa conférence de presse de ce matin : « A cette heure, j’ai dormi ».

Le Président de la République

Le Président Rajaonarimampianina a fait une élocution ce jour, vers 13 h. Il a souligné l’importance de la stabilité, de l’apaisement dans le contexte actuel du pays tout en brandissant la menace de l’article 60 de la Constitution : la dissolution de l’Assemblée.

La Haute Cour constitutionnelle (HCC)

C’est cette cour qui doit recevoir la requête de déchéance de la part des députés pour l’examiner. En ce moment où j’écris, leur cour est gardée par les éléments de la force mixte de maintien de l’ordre, l’EMMOREG et aucun député n’est en vue pour amener ladite lettre.

Si cela devait se faire, on sait qu’il y a 9 juges dont 3 ont été désignés par le Président lui-même.

Les médias français

Quand je me suis levé, ce matin, des médias français : RFI, France 24, le Monde, entre autres, ont déjà largement diffusé et commenté la destitution du Président malgache. Cet empressement, ainsi que le ton, quelque peu définitif de leurs titres, est, comme souvent, assez intriguant. Ils ont donné presque 8 heures de retard aux journaux et sites malgaches tandis qu’aucun média anglophone ne semple s’intéresser à cette histoire.

Googlisation de "Madagascar députés" à 8h du matin.
Googlisation de « Madagascar députés » à 8h du matin.

L’Ambassade américaine

L’ambassade a envoyé un communiqué de soutien au gouvernement en place un peu avant le vote de l’Assemblée :« Les Etats-Unis soutiennent les efforts entrepris par le Président Rajaonarimampianina et le gouvernement malagasy afin d’émerger de la crise de 2009 et permettre à Madagascar d’atteindre tout son potentiel… La clé pour l’avenir de Madagascar – pour développer l’économie, pour attirer les investissements, et pour créer des emplois – est la stabilité. Ceci requiert des efforts de tous les leaders du pays, travaillant ensemble vers l’objectif commun de continuer le chemin positif sur lequel s’engage Madagascar… Nous exhortons toutes les parties prenantes en position de leadership – dont les membres de l’Assemblée nationale, en tant que représentants des populations de leurs circonscriptions respectives – à placer en tant que leur première priorité le bien-être du peuple, et à garantir la stabilité nécessaire à l’avenir du pays »

Les Malgaches et les rumeurs

Les Malgaches commentent, analysent et réagissent sur ces évènements et informations.On fait des pronostics sur ce que va faire le Président, les députés, la HCC. Sur les réseaux sociaux, certains osent parler de corruption, de malversations. D’autres imaginent des théories du complot, des mains derrière la scène qui tirent sur les fils. Ceux qui ne se manifestent pas sont évoqués; Rajoelina et Ravalomanana en font partie, bien entendu tout comme les puissances étrangères. On  oppose les uns contre les autres. Ce ne sont que des rumeurs, mais qui sait?

Voilà ce qui se passe, c’est un bordel! Je ne sais pas ce que vous en pensez. Moi, j’attends pour voir.

 


Fan d’Arnaud Tsamère à Madagascar

Je suis devenu fan d’Arnaud Tsamère grâce à « On ne demande qu’à en rire » de France 2 sur Canal Sat Madagascar.

J’adore ce que fait cet artiste parce que quelque part, je me retrouve un peu chez lui. Il fait de l’absurde et de la répétition et c’est le genre d’humour que je préfère. C’est pour cela que j’aime aussi Ben l’humoriste. Je suis fan de tous les « Y a-t-il un flic…« , Spaceballs, Hero Corp, justement, et même des moins réussies parodies comme les « Scary movies ». Cet humour ne m’a pas contaminé, c’est déjà en moi depuis toujours. En effet, j’étais le mec de la classe qui faisait des jeux de mots pourris sur tout ce que le prof disait. Je le fais toujours. Par exemple, je dirais au président de la France : « Sois franc, Hollande! ». Et là, ma femme me dira : « c’est ridicule ».

L’autre particularité de l’humour de Tsamère c’est que lors de ses sketchs, il parle d’une chose, puis une autre, puis revient sur le premier sujet avec insistance. Quand il le fait, c’est drôle. Moi, je le fais depuis toujours dans la vraie vie et c’est juste déroutant. Mais j’aime quand je trouve quelqu’un qui arrive à me comprendre lorsqu’au milieu de nulle part, je m’exclame : »en fait c’était bleu », quand bleu est la réponse à une question qui s’est posé beaucoup plus tôt dans la conversation, ou dans la journée, ou dans la semaine…C’est cette fâcheuse habitude qui m’a, d’ailleurs, inspiré la forme de mon précédent article.

Arnaud Tsamère, donc, est un comédien et humoriste français qui s’est fait connaître grâce à l’émission de France 2 « On ne demande qu’à en rire » (ONDAR) produit par Laurent Ruquier et Catherine Barma. Mais si ce passage à la télévision l’a propulsé parmi les stars de l’humour francophone et les stars tout court, il faut noter qu’il a été professionnel bien avant.

Attention, quand je dit : « s’est fait connaître dans le monde francophone », je parle du monde francophone en enlevant certains pays comme Madagascar. Parce que dans l’Île Rouge, on n’est pas nombreux à savoir son nom. Il est, en fait, particulièrement difficile de découvrir des talents comme Arnaud Tsamère si on vit à Madagascar.

Arnaud de Tsamère, est devenu professionnel de l’humour après ses études, pour lesquels il a obtenu une maîtrise en droit (eh oui) et une période dans le théâtre amateur. Il est aussi membre de la ligue d’improvisation dans laquelle il livre des batailles d’impro.

Sauf si comme certains malgaches, et pas tous, on a un abonnement au satellite, alors, on peut regarder France 2 et on peut regarder ONDAR.

Mais le talent d’Arnaud Tsamère ne se limite pas à son humour décalé. Il a aussi une très grande mémoire qui lui permet de faire ce sketch épique d’un de ses spectacles ou il joue 27 personnages d’une pièce de théâtre Vaudeville. C’est un exercice qu’il aime faire de jouer plusieurs personnages à la fois comme dans son sketch à 99 points sur 100 dans ONDAR : « l’avocat de la frite et de la salade« .

Mais avoir un abonnement ne suffit pas, en fait, pour voir Arnaud Tsamère à la télé. Il faut avoir le bon fournisseur et le « bouquet » qu’il faut. Parce que des antennes paraboliques, à Tana, on peut en acheter à tous les coins de rue (façon de parler). Mais c’est avec des abonnements qu’on a accès aux chaines du câble et aux chaines nationales comme France 2. Et selon le prix qu’on est prêt à payer, on a plus ou moins de chaînes à dispositions.

En revenant à Arnaud Tsamère, son autre atout est une forme physique exceptionnelle qui lui permet, à part de jouer 27 personnages à la fois dans un rythme effréné, d’exécuter des gestes épuisants comme dans « la fourrière embarque ma voiture avec ma femme dedans » où il court sur place pendant tout le sketch.

Mais le problème des bouquets, à mon avis, c’est qu’il y a beaucoup trop de chaînes et on est vite noyé sous les programmes proposés et, souvent, on rate les meilleurs. A la maison, par exemple, il faut se batailler avec certaines qui veulent leurs séries et les enfants qui pleurent pour des dessins animés. Compte tenu qu’Arnaud Tsamère ne passe pas, non plus, tous les jours dans ONDAR, il y a vraiment très peu de chance pour que beaucoup d’autres habitants de Mada le connaissent comme moi.

Et pourtant, il faut se demander si cela en vaut la peine, d’acheter des chaines satellites quand on vit à Antananarivo. Hier, j’ai fait le compte. On a droit, gratuitement, à TVM (la télé nationale), MaTV, Dreamin’, Kolo TV, TNTV, RTA, TV Plus, Record, VIVA, La télé de la Commune, UTV et MBS. Comptez, cela fait 12 chaines. Si elles n’émettent, disons, que 10 heures en moyenne par jour, cela fait bien 120 heures d’émissions. Vous n’en aurez pas assez d’une vie pour tout regarder, comme le dit un fameux slogan.

Ah oui, c’est vrai. On a 12 chaines à Tana mais ce sont 12 chaines « génériques ». C’est à dire 12 chaines qui vont faire à peu près la même chose. Quand c’est les dessins animés, c’est dessins animés partout. Quand c’est journal télévisé, c’est journal télévisé partout et quand c’est film, etc. Et il y a une chance sur 1000 pour voir un sketch d’Arnaud Tsamère, même si c’est pas partout.

Mais je suis idiot, ONDAR a été arrêté depuis longtemps par France 2. Si vous voulez le découvrir quand même, ce Arnaud Tsamère, chers malgaches, il est dans plusieurs chaînes d’humour sur internet, et jusqu’à aujourd’hui, c’est gratuit.


Madagascar : un, deux, trois, soleil

Ce jeu s’appelle 1, 2,3  soleil. Un joueur se place contre un mur, c’est le meneur de jeu. Les autres joueurs se placent à environ 20 m derrière lui. Lorsque le meneur est face au mur, il dit « un, deux, trois… », les autres peuvent avancer.

Cette histoire commence en 1980, je n’ai pas vécu ce qui était avant. Je me souviens que j’étais encore très jeune lorsque les produits Tiko ont commencé à apparaître sur le marché malgache avec le célèbre slogan « vita Malagasy » (Fabriqué malgache). Moi, j’étais, je pense, un enfant précoce. Je m’en rends compte aujourd’hui quand je me souviens que j’ai regardé la chute du Mur de Berlin à la télé à l’âge de 9 ans et que j’avais compris tout l’enjeu de cet évènement. En ce temps-là, je regardais la fin du communisme dans le monde. Nous, à Madagascar, on allait en pâtir, durement. Sous la période Ratsiraka, on a vécu la pénurie, les crises comme l’épisode Kung Fu et d’autres mystères typiques d’un régime quasi dictatorial. Mais, ce n’était pas la dictature. Pas du tout. Les intéressés le diront.

J’étais, je l’avoue, déçue que la « Révolution socialiste » n’ait pas marché à Madagascar. Moi, qui étais bercé par les slogans de l’Arema (Parti révolutionnaire socialiste malgache), qui lisais de jolis livres illustrés de la Corée du Nord et qui étais gavé de films russes et allemands de la TVM (qui diffusait à partir de 19 h). Mes maîtresses en primaire étaient visiblement Arema et la veille de la fête nationale, avec nos lampions on chantait « may may may, ‘zay tsy faly manao aminay, Ratsiraka ihany ny anay » (ça brûle x 3, celui qui n’est pas content aura affaire à nous. Nous c’est toujours Ratsiraka!)

Et lorsque le meneur du jeu dit « soleil », il se retourne et tous les autres doivent s’immobiliser sinon celui ou celle qui bouge encore doit revenir au point de départ.

J’étais fier de la position que tenait la Grande île sur la scène internationale. J’étais fier du Tolom-piavotana (le 747 d’Air Madagascar, devenu Ankoay sous la 3e République), des MIG-21 et tout l’attirail militaire, réel ou imaginaire qu’on avait et des produits malgaches : Karenjy, Hitsikitsika, savons Madio, produits laitiers Tiko, le fameux lait de soja Salsa, les boissons Star, les biscuits JB et Socobis, les tissus Cotona et Sotema, les cahiers Papmad, etc. Je me souviens avoir visité toutes ces usines avec l’école ou les colonies de vacances. Il y avait, à Toamasina, en 1988, cette usine qui fabriquait des casseroles et des marmites en aluminium, je ne sais pas si elle existe toujours. Madagascar était alors un pays non aligné. À vrai dire, il faisait un grand écart, mais avait trop de poids sur son pied à l’Est.

La crise des années 1980, je l’ai vécue avec mes yeux d’enfant. L’image la plus forte reste ce moment où je mangeais du vary amin’anana (soupe de riz aux brèdes) à la cantine à midi. Une journée sans le vary maina (cuisson normale du riz), c’est une mauvaise journée pour un Malgache. Sinon, on habitait dans ce qui était encore une banlieue lointaine, la campagne avec des épisodes dans la périphérie de Tana. Et perdu dans mes jeux d’enfant, je n’avais pas encore une vision d’adulte pour voir la misère et la décadence de la ville. Il faut dire que nous étions « privilégiés » du fait qu’on pouvait voyager en France régulièrement pour s’approvisionner en produits « importés ». C’était grâce au pied gauche toujours en France. Les Malgaches y allaient sans avoir besoin de visa pour 500 000 francs malagasy, et on avait le GP (billet valant 10 %, faites le calcul).

Et donc, le meneur du jeu a intérêt à ruser pour surprendre les joueurs et les renvoyer au point de départ.

A un moment donné, Tiko a connu un essor considérable et est devenu un fleuron, sinon le fer de lance, de l’industrie malgache. Son PDG et fondateur est devenu maire d’Antananarivo et puis président de la République. Ceci ne devant pas du tout expliquer cela, on a vu la naissance, dans les années 2000, du groupe Tiko. Ce groupe œuvrait toujours dans les yaourts mais aussi tous les autres produits laitiers, le riz, l’huile, les boissons hygiéniques, le transport, l’audiovisuel, le pétrole… bah, presque partout quoi!

Les amoureux de l’an 2000 ont tous dans leurs souvenirs les glaces Iko qu’on partageait lors des « mampiaraka » (flirt).

Par exemple, il peut varier la rapidité des 1, 2, 3 pour tantôt se retourner vite, tantôt se retourner après un temps de pause indécis. Comme cela, il piège ceux qui démarrent trop vite ou ceux qui ne savent pas s’arrêter.

Je peux dire que les produits Tiko me rendaient toujours aussi fier de Madagascar, comme tous les autres. Mais comme j’ai toujours de l’empathie pour les challengers et les outsiders, la mainmise de Tiko sur l’économie locale m’a de moins en moins été sympathique. A côté, il y avait quoi pour l’affronter? Rien, quasiment. Même la Star devenue Coca-Cola company et Air Mad étaient en danger. Tiko pouvait se permettre d’avoir une flotte aérienne pour ravitailler tous les coins de l’île en quelques heures.

Dans la mentalité des Malgaches, il y a de mauvaises choses à changer. Le premier est ce qu’on appelle le « Ory hava-manana » (jalousie envers celui qui a réussi) et le second est le « mifampitsipaka toy ny valala an-karona » (se donner des coups de pied comme des sauterelles sans un panier). Certains Malgaches n’aiment pas voir les autres réussir et leur réaction lorsqu’ils voient une dénivellation entre les niveaux de vie, ce n’est pas d’essayer de hisser les faibles vers le haut, mais plutôt de tirer sur les jambes des plus haut placés pour les ramener plus bas.

Et ceci est exacerbé par le mauvais comportement de ceux qui ont su tirer leur épingle du jeu. Même si, souvent, ceux qui réussissent à Madagascar sont issus de la masse, ont déjà vécu la misère ou les difficultés, ils oublient la plupart du temps leur situation antérieure et se comportent en seigneurs. Ce n’est pas toujours le cas, mais lorsque ton ancien ami t’ignore depuis qu’il est député ou DG ou chef de service, tu as bien le droit de le traiter de parvenu, d’arriviste ou d’autre chose.

La critique que j’ai sur ce jeu est sa trop grande subjectivité. Le meneur cumule un trop grand pouvoir puisque c’est lui qui donne le rythme, c’est lui qui anime et c’est lui qui juge.

Jamais je ne dirais que la destruction du groupe Tiko pendant la crise de 2009 est une réaction normale, un retour de manivelle, la roue qui tourne. C’était une faute partagée et tous ont, j’espère, compris leur faute et les conséquences de la crise, déjà 7 ans passés.

Aujourd’hui, Tiko va reprendre ses activités. On entend déjà MBS la radio du groupe réémettre. Les nostalgiques rêvent de remanger les fameuses glaces et produits laitiers. Les agriculteurs en manque de débouchés et de subventions se frottent déjà les mains. Les chômeurs voient déjà les opportunités que cela représente. Et bien entendu, il y a des mécontents, c’est pour cela que je fais le pari que d’ici peu on va avoir des titres de journaux comme « 5 membres d’une famille empoisonnés par du beurre Tiko » ou « Du papier toilette flottait dans la bouteille de soda ». C’est déjà arrivé, si vous vous en souvenez, le papier d’un bonbon dans la bouteille de soda, et le démenti de l’entreprise.

Voilà, je vous ai raconté une tranche de ma vie et un peu de l’histoire du groupe Tiko aussi. C’est à peu près la même chose que pour beaucoup de Malgaches et certaines entreprises malgaches. On avance, on espère, on est déçu, mais on continue quand même.

Quelquefois je me dis que les Malgaches jouent avec l’Histoire du pays comme à un, deux, trois soleil. Je sais que le peuple perd toujours, comme beaucoup d’entreprises locales. La vraie question serait de savoir qui est le meneur de jeu ?


Les 5 règles de la révolution Moramora

Aujourd’hui, je vais donner les 5 règles qui doivent régir la révolution dite Moramora que j’ai esquissée il y a quelques jours.

Appelez cela comme vous voulez : top 5, manifeste ou utopie. Mais avant cela, je vais exposer quelques arguments pour la mise en place de ce bouleversement.

 

Il faut juste se rendre compte que Madagascar a tout raté depuis ces deux derniers siècles. Mais ce n’est pas le moment de s’apitoyer sur notre sort. Ce n’est pas le moment de réécrire l’histoire. Effectivement, lorsqu’on sera assez fier de nous, on pourra mettre en avant nos succès passés. On dira qu’on a vaincu la France dans notre première guerre contre une nation étrangère. On dira que les Malgaches n’ont jamais baissé les armes depuis le début de la colonisation (V.V.S.) jusqu’à la victoire du M.D.R.M.. On verra de bons côtés à toute l’histoire récente du pays. Mais aujourd’hui, c’est la « honte » qui remplit certains Malgaches. J’ai ajouté « certains » parce que des fiers, il en existe. Ils ont de la gueule aussi et ne permettent pas que l’on montre nos faiblesses aux autres. Mais fier de quoi?  Ce pays est assurément le plus pauvre du monde.

Dans un concours sur Facebook, on nous demande d’imaginer Madagascar dans 15 ans. Moi, je l’ai déjà fait. Pourtant, ce qui est le plus poignant c’est d’imaginer ce que serait Madagascar en 2015, si on a bien fait les choses. Et c’est facile à faire lorsqu’on se compare à d’autres pays comme l’île Maurice ou d’autres qui ont vécu des problèmes bien pires comme le Rwanda.

Aujourd’hui, si on n’avait pas fait toutes ces erreurs, on aurait pu faire le voyage Tana-Toamasina en 2 heures grâce à l’autoroute (au lieu de 6 à 8 heures). On aurait fait le trajet de la maison vers la station de taxi-brousse en tram ou en bus climatisé. Nous aurions des vacances, au moins une fois par an. Parce qu’on travaillerait, tous ou presque, dans des entreprises malgaches ou étrangères, dans le secteur primaire, secondaire ou tertiaire. Oui, je pense à des plantations, des mines, des usines, des médias internationaux, des banques internationales, des ports, des aéroports. Avec nos salaires, on habiterait dans des villas, des appartements, des H.L.M., mais pas des bidonvilles. Les maisons auraient l’eau courante et des latrines à moins de 20 m. Et on enverrait nos enfants dans des écoles aux normes strictes, mais cool à leurs yeux. Ils iraient là-bas le cœur en joie et en toute sécurité.

Et… que j’arrête de rêver. Ce n’est pas le rêve qui est mal, c’est de ne rien faire pour le réaliser. C’est pour cela que j’ai proposé une révolution qui serait adaptée aux Malgaches : la révolution Moramora. Mon top 5 d’aujourd’hui en sera les bases :

1- La situation sociale de tous les Malgaches doit être améliorée, constamment.

2- Les Malgaches sont responsables de l’amélioration de leur situation sociale. Ils doivent aspirer à vivre dans de meilleures conditions. Ils doivent faire des actions pour l’amélioration de leur situation. Les bénéficiaires des améliorations doivent être proportionnellement plus nombreux que les éventuels et inévitables lésés. Dans tous les cas, il faut l’acceptation du plan d’action par les parties concernées.

3- Chaque action entreprise afin d’améliorer la situation sociale des Malgaches doit être pensée dans la durée. Il faut que l’amélioration apportée dans le court terme ne devienne pas plus préjudiciable dans le moyen ou long terme. Il faut appliquer l’économie des moyens et rechercher l’efficacité.

4- Il faut sauvegarder toute avancée obtenue et repartir sur les bases des ces avancées à chaque fois.

5- Le citoyen malgache doit faire de sa priorité l’amélioration de sa situation sociale. L’homme politique, en tant que tel et en tant que malgache doit avoir le même but. Face à une contradiction avec la politique, le citoyen doit poursuivre ses actions dans le but d’améliorer la situation sociale des Malgaches. Il ne cherchera pas à changer la politique.

 

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5 Faux amis surprenants de la langue malgache dans le monde entier

Un faux-ami est un mot qui est tout à fait ou presque de même forme dans des langues différentes et pourtant est totalement divergent dans les sens. Avec le malgache, une langue très syllabique, il est facile d’en trouver. Voici 5 faux amis de la langue malgache dans d’autres langues.

1- Re

C’est à cause de « re » que j’ai fait ce top 5. Mon fils, me disait que « re » en malgache signifie « entendu » alors qu’en français, il y a la raie, le rez, le ré, et les autres. J’ai du alors lui expliquer la différence entre les homonymes dans une langue comme ré et raie et les faux amis comme ré en français et re en malgache. En français, ça veut dire autre chose. En l’occurrence, ré, c’est la deuxième note de la gamme de Do.

2- Manga

Ce mot est le faux ami de beaucoup beaucoup de mots malgaches. En effet, en malgache, ce mot est très polysémique (plusieurs sens). On peut même faire des jeux de mots avec. Mais comme le lien est en malgache, je vais juste citer quelques sens en malgache du mot manga :

– manga, le style de bande dessiné dont on a adopté le nom
– manga, la malgachisation de mangue, le fruit.
– manga, la couleur bleue, sens littérale
– manga, tout ce qui est beau, sens figuré par rapport à la couleur

3- Vahiny

Vahiné est un mot français, issus du tahitien vahine qui désigne la femme tahitienne. Quelle coïncidence puisqu’en malgache vahiny désigne l’étranger, l’invité. Les deux langues appartiennent à la même famille des langues malayo-polynésiennes (austronésiennes), donc, c’est peut-être un peut moins spectaculaire comme coïncidence. Mais le mystère serait de savoir comment les significations ont divergé dans le temps. Pourquoi les tahitiens ont fini par dire « vahine » et les malgaches « vaiavy » (ou vehivavy, femme) et de l’autre côté les tahitiens ont fini par appeler les invités « manihini » et les malgaches « vahiny » de telle sorte qu’aujourd’hui, ce sont vahine et vahiny qui sont proches, à l’écriture.

C’est le mystère du tour de Babel mais on peut philosopher un peu en se posant la question : Est-ce que la femme est une étrangère pour l’homme? « Vahiny amin’ny lehilahy ve ny vahine? »

2- Tonga

Dans le même registre, on a Tonga, le nom d’une ile du Pacifique. Il désignerait le pays d’un peuple fort et pacifique puisque les habitants de Tonga ont jadis occupé une grande partie des îles alentours.

Ah oui, « tonga » a des significations dans d‘autres langues. En Inde, c’est une charrette. C’est aussi un type de terrain (dans un pays nordique). Je ris avec le truc des anglophones africains là :
T: The
O: Organ
N: No
G: Guy
A: Avoid

Ces anglophones, ils disent parfois n’importe quoi! Qui eut cru par exemple que TONGA peut aussi être la contraction de : « Take Longer » pour « vas-y, prends ton temps » sur le ton de l’ironie.

En malgache, le mot signifie tout simplement « arrivé » ou « venue » et se lit comme toungue. Bah, sans plus de philosophie, on peut l’appliquer partout. On peut être tonga sur une île. On est tonga en charrette. Et même avec le truc des anglophones là, on peut aussi être tonga, à la fin même si on a pris notre temps.

1- Kafara

Enfin, je termine avec KAFARA. C’est un mot presque perdu qui revient à la mode, grâce aux efforts des linguistes malgaches, comme tatasika, hery jika, etc. En malgache, il signifie plainte, murmures, mécontentements, notamment envers les dirigeants. Mais avec son utilisation actuel, il est utilisé pour tous les gens qui n’arrêtent pas de se plaindre.

En Swahili, ce mot signifie « sacrifice ». C’est aussi à peu près le même en arabe, je crois. Mais en Islandais, ce mot désigne des plongeurs…bah, c’est ça, des plongeurs, il n’y a aucune explication.

Il se prononce en malgache comme « cafard » mais je le précise, à nouveau, c’est juste un faux ami.

 

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Les 5 attaques du dragon les plus mortelles

Eh non, cet article ne parle pas des dragons qui ont attaqué des villages au moyen-âge et qui ont fait le plus de victimes. Il ne concerne pas, non plus des techniques du Kung Fu, que je ne connais pas du tout. C’est juste un recensement des « attaque du dragon » que j’ai vu dans ma vie d’avant selon leur force et efficacité.

Bruce_Lee_Stencil1-Bruce Lee

Tout le monde connaît cette scène où le petit dragon danse autour de sa proie en faisant des « ouuuuh », « ouuuuh ». Puis le dragon frappe avec ses griffes, puis avec sa queue. C’était impressionnant. Après avoir vu ça, tous les petits malgaches dans toutes les cours de récré ont déjà joué à Bruce Lee Bruce Lee. Ah oui, leçon de malgache : la répétition, dans la langue malgache sert surtout à atténuer (mafy = dur, mafimafy =un peu dur) ; à amplifier en ajoutant kokoa (haingana = vite, haingakaingana kokoa = un peu plus vite) ; et à désigner les jeux de rôle chez les enfants (jouer à la maîtresse = mpampianatra mpampianatra).

 

shiryu_and_ryu_by_saint_seiya_power-d375fwy2- Saint Seyia : Shiryû

Personnellement, c’était mon Chevalier du Zodiaque préféré, Shiryû, Chevalier du Dragon. Il avait, cependant un point faible lors de son attaque quand sa garde, de la main gauche, quittait le devant de son cœur, le seul endroit vulnérable de son corps pendant quelques millièmes de secondes. En effet, lorsqu’il a reçu une douche de sang du dragon qu’il a tué, une feuille s’est posé sur son cœur, empêchant le sang de le recouvrir en entier. C’est pour cela qu’il a perdu son combat contre Seyi qui le tua et le réanima et ils sont devenus amis pour la vie.

inazuma3- Olive et Tom

Le foot en manga, c’est spectaculaire mais c’est aussi invraisemblable. Dans Olive et Tom (ou dans École des Champions), on pouvait passer une épisode entière sur une seule attaque. Les joueurs couraient des dizaines de minutes pour aller d’un but à l’autre. Si les feintes et les passes étaient anecdotiques, les tirs étaient devenus des monuments. Pendant les tirs, des sortes d’auras, des images, apparaissaient derrière le joueur comme un pouvoir surnaturel donnant à la balle une force et une trajectoire spéciales, un précurseur devenu un modèle. En effet, c’est sur le même principe que sont basés d’autres séries comme « L’école des Champions », des films du genre « Kung Fu Soccer » et des jeux comme Inazuma Eleven.

Pour le héros de ce manga, l’arme fatale s’appelle « le tir du tigre ». Celle de son rival, devenu coéquipier pendant les championnats du monde est « le tir du faucon ». Le tir du dragon appartient à un certain Sho qui est juste un méchant de passage dans la série.

dragon4- Age des empires 3

Je ne sais pas du tout ce que ce jeu fait dans ce top 5. Dans ce jeu de stratégie temps réel, les soi-disant dragons sont des cavaliers que l’on peut entrainer dans l’étable vers l’Age des Forteresses. Et donc, pour avoir des dragons assez tôt, il faut utiliser la nation portugaise.

Ce sont des troupes que j’aimais utiliser pour leur rapidité même s’ils sont assez fragiles dans les combats. Ma stratégie dans ce genre de jeu est souvent de vite monter en niveau pour avoir une défense assez solide. J’utilise alors mes moyens pour me défendre pendant que quelque part, je prépare secrètement une armée. Lorsque les attaques de l’adversaire se raréfient, je présume qu’il est temps de passer à l’attaque. Je lance alors une attaque massive. Les dragons, je les utilise tout au long de ce combat final comme des renforts que j’envoie un à un en remplacement des troupes décimés.

Et c’est ainsi que je passais des heures et des heures devant le PC en négligeant le sommeil réparateur et en mettant en péril les prochaines journées de travail.

ssj4_or_ssj_god_by_darkuchihasharingan-d5y24jt5- Dragon Ball

Dans le film « Tapion », Sangoku étrenne une nouvelle attaque pour se débarrasser d’Hildegarde, un monstre qui poursuit le guerrier flutiste Tapion. L’image d’un dragon apparait à ses côté lorsque Son Goku transperce le ventre du monstre géant. A cet instant, c’est l’une des attaques les plus puissantes jamais utilisées dans l’univers du manga. D’autant plus, c’est un Son Goku super guerrier de niveau 3 qui l’exécute, niveau qu’il atteint en premier si on omet le Trunk du futur lors de son combat contre Cell.

Mais, avez-vous remarqué la similitude entre Tapion et le Surfeur d’Argent du film Les 4 Fantastiques? Tapion a son Hildegarde et le Surfeur d’Argent a son Galactus. Hildegarde a terrorisé les habitants de la planète de Tapion et Galactus tient en otage la famille du Surfeur d’Argent. Depuis, Tapion garde en lui une partie d’Hildegarde alors que le Surfeur d’Argent est devenu le serviteur de Galactus. Et bien sur, c’est sur Terre que ces héros vont trouver la liberté grâce à Son Goku pour le premier et aux 4 fantastiques pour le second. Comme quoi, c’est toujours la même histoire.

 

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Cinq étapes de l’affranchissement du mondoblogueur

Ceci raconte les étapes que suit le (la) mondoblogueur (se) en particulier et tout autre blogueur membre d’une plateforme en général depuis ses premiers pas jusqu’à son indépendance. Cet article a été motivé par le suivi des nouveaux. Dès lors que je fais partie de la saison précédente, donc, je suis ancien, si je puis dire. Les débutants sont enthousiastes, mais parfois angoissent en s’interrogeant sur leur situation. Je lai vécu, moi aussi, deux fois (sur unblog et mondoblog), donc, je comprends. Voici, donc, les étapes jusqu’à l’affranchissement total

1- Dépendance totale

conduire un enfantPendant cette période, le (la) blogueur (se) est totalement à l’écoute de sa plateforme. Il ou elle écrit ses premiers articles et essaie les différentes possibilités techniques qui lui sont offertes. Il ou elle rêve de faire le buzz, de devenir célèbre, d’être vite reconnu (e) pour son talent. Ainsi, il peut y avoir une trop grande assurance; hélas, souvent le soufflet tombe très vite puisque le démarrage est lent, trop lent à son goût.

Ainsi, être mis en avant sur sa plateforme est très important pendant cette période. Cela marque déjà une forme de reconnaissance. Les critères pour être à la Une diffèrent selon la plateforme. Quand j’ai débuté sur unblog, il y avait une partie « les dernières publications ». Pour le reste il fallait être, soit prolifique (le plus d’articles) soit performant (le plus de commentaires). Sur Mondoblog, le choix des articles en Une est fait selon la qualité du billet, de la forme et du fond. La pertinence et d’autres critères que je ne connais peut-être pas semblent aussi compter, et ça, c’est plus gratifiant.

En termes de retombées, si on analyse, on verra que les articles passés en Une seront beaucoup plus performants que les autres. C’est-à-dire qu’au lieu de dizaines de clics, ces articles font une audience de centaines ou quelquefois des milliers de visiteurs. On comprend mieux pourquoi certains mondoblogueurs convoitent tant cette place.

 

2- Découverte des premiers fans

Thumb-upLes premiers fans que l’on remarque sont ceux qui commentent chaque article publié. Dans les outils d’analyses également, on peut savoir que la fréquentation augmente et que certains lecteurs reviennent. Parmi ces premiers fans se trouvent d’autres mondoblogueurs. C’est une tradition, presque une obligation de se lire lorsque l’on est de la même plateforme. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que les 300 anciens se ruent sur tous les nouveaux. Il faut aussi leur taper dans l’œil et souvent ceux qui se ressemblent s’assemblent.

Donc, l’impact de la Une est encore palpable ici. C’est parmi les autres mondoblogueurs et les fidèles de la plateforme qu’on recrute nos premiers lecteurs assidus.

 

3- Mise au point du style et des outils

outilsOn commence à connaître les articles qui marchent bien et ceux qui marchent moins. On commence à être suivi par plusieurs lecteurs. Ainsi, on tend à garder un style particulier qui contenterait notre lecteur type. D’autre part, on a découvert l’impact des outils qu’on a essayés : les réseaux sociaux, les annuaires de blogs, les widgets (le code en général), etc. Par contre, les blogueurs ( ses) qui en sont là prennent conscience de l’utilité d’être bon, voire irréprochable dans la forme. En effet, il ou elle comprend qu’on écrit pour ses lecteurs et surtout pour soi-même. Ainsi, l’exigence devient naturelle. Je me souviens que j’ai eu 2 fois cette réaction pour mes 2 blogs. Le premier n’ayant pas servi d’expérience pour le second. En effet, après environ une année où j’ai multiplié les publications à la chaîne, est arrivé un temps où j’ai  décidé de tout relire et de tout corriger depuis le premier article.

A ce stade, les articles font à peu près le même score, qu’il soit en Une de Mondoblog ou pas, grâce aux fidèles du blog. On trouve alors nos apparitions en Une juste comme une confirmation de notre prise de maturité.

 

4- Fidélisation et expansion

croissanceMaintenant, on a « très » confiance en soi. On a imposé son style et on n’a plus peur de l’échec. A contrario, les blogueurs (ses) qui n’ont pas atteint ce stade ont déjà abandonné soit à l’étape 3 ou 2 , faute d’avoir trouvé leur style ou bien leur style n’a jamais trouvé (assez) d’adhérents. Mieux, celui ou celle qui se sent être à ce stade commence à expérimenter de nouvelles choses, à explorer de nouvelles voies. C’est à la fois un moyen d’éviter la monotonie et une conquête de nouveaux espaces. A noter que ce n’est pas toujours le cas. Il y a des blogs qui ne bougent pas du tout, année après année, et qui font toujours aussi bien.

Apparaître à la Une n’est plus, du tout, une priorité, un but. De toute façon, en termes de visiteurs, cette Une ne drague que moins de 5 % du flux total (mon cas). Le reste est amené directement, ou par les sites de recherches qui reconnaissent bien le blog, ou par les réseaux sociaux suivis par des centaines de fans.

 

5- Indépendance et envol

envolLes blogueurs (ses) ont une certaine renommée. Ils ou elles sont reconnu (e) s. Ils ou elles gagnent des prix. On les sollicite pour leurs avis. Ils ou elles deviennent même des prescripteurs (ses) sur le web ou dans la société. Ils ou elles n’ont plus des fans, mais des adeptes qui considèrent leurs écrits, non pas comme des opinions, mais presque comme des Evangiles. Ces blogueurs (ses) sont la hantise des sites d’informations, les bêtes noires de certains gouvernements, des héros et des héroïnes.

La Une de Mondoblog? Elle aurait plutôt « intérêt » à mettre les articles de ces blogueurs(ses), si elle voulait uniquement du flux de visiteurs. D’autant plus que ces blogueurs (ses) postent de plus en plus rarement. Ils ou elles ont quitté le nid et prennent leur envol. Heureusement, la Une de Mondoblog ne cherche pas à faire du buzz. Son objectif : mettre en avant le talent et le travail.

 

Bref, ce sont les 5 étapes à passer lorsque l’on est nouveau sur une plateforme comme Mondoblog. Il y a les as qui les brûlent et aussi les autres qui n’arrivent pas à franchir les paliers. Dans tous les cas, bloguer nécessite du talent, de la persévérance et de la rigueur.


5 marques ou produits ou autres aux noms d’origine malgache

Ce n’est pas commun, alors, cela mérite un petit top 5 . Il y aura noms de marques que vous reconnaitrez ou pas. Il y a des évidences sur l’origine de certains mais d’autres vous seront des surprises. Voici le top 5 des noms de choses qui sont inspirés de mots malgaches mais que vous saviez déjà ou pas du tout.

Fastidieux comme Top 5. Les noms malgaches, de personnes, d’animaux, de plantes ou de lieux ne sont pas très inspirants pour désigner des marques. Ce n’est pas comme Lamborghini, Maranello, Paris, Quechua, Ushuaïa, Tahiti, Vahiné, Karité, Jojoba, etc. Quand bien même, un malgache trouverais un produit révolutionnaire ou un étranger voudrais associer Madagascar à une trouvaille, j’imagine mal qu’on puisse appeler le truc : « la voiture berline Antananarivo », « le parapluie Rakotozafy » ou « Indiana Jones et le secret de Tsiroanomandidy ». Mais c’est possible, quand même. Quoi qu’il en soit, il existe des marques ou des associations qui ont misés sur des noms malgaches (ou d’origine malgache).

5 – Madagascar, le film

Je ne m’attarderais pas sur ce sujet. Vous mesurez, déjà à l’évocation de ce nom que c’est la marque qui a supplanté Madagascar, le pays, dans les hashtags. Maintenant, pour faire la différence, il faut préciser, « Madagascar, le pays ». Maintenant, il y a même des « pingouins de Madagascar », c’est tout vous dire.

Le mot malgache à l’origine de cette marque est, bien entendu Madagasikara, le nom du pays. Mais la signification du mot est inconnu pour tout le monde. Il faut souligner, quand même, que Madagascar a un certain succès dans les films pour désigner un endroit exotique, très lointain, très sauvage, « le bout du monde », là où on peut se cacher de la CIA, du FBI, de la NSA. Cela fait des répliques comme : »Je vais faire un dernier coup, après je m’envole pour Madagascar » ou « Fais-toi oublier, va à Madagascar et restes-y quelques temps. »

4- Fitiavana

Fitiavana Gospel Choir est le nom d’une chorale de Gospel français que j’ai découvert, par hasard, sur Youtube.

Le mot malgache « fitiavana » signifie amour (suivez le lien).

3- Madecassol

Le Madécassol est une excellente pommade que l’on utilise en appoint du traitement des brûlures et certaines plaies (dont post-opératoires en prévention de chéloïdes) à cause de sa propriété cicatrisante. L’agent de ce médicament est l’hydrocotyle (Centella Asiatica) qui est une plante utilisée par les malgaches pour diverses onctions et tisanes. C’est, d’ailleurs, le Professeur et Prince Ratsimamanga qui met au point ce médicament tout comme le Vitascorbol. Il a fait sa thèse sur la Vitamine C, alors.

Et donc, le mot vient de Madécasse, qui est le synonyme archaïque de « malgache ». C’est à dire, que madécasse peut désigner le peuple (« Madagascar est peuplé par les madécasses ») et la langue (« le madécasse est la langue parlée par les habitants de Madagascar ») et ça, vous ne le saviez (peut-être) pas. Mais qu’est-ce que cela signifie? Comme pour le N°5, personne ne sait. Cependant, Madécasse et Madécasse-car, il y a une certaine logique. Oui? Laquelle?

2- Cilaos

C’est à la fois le nom d’une cirque (géographie), d’un département français situé à La Réunion et d’une Entreprise de Cosmétiques et d’Eau minérale.

Le mot vient du Malgache Tsilaosa (lieu où l’on est en sécurité). Mais à la Réunion, il y a plusieurs lieux dont le nom provient du Malgache (Comme Mahafaty-Be par exemple) du fait que des esclaves malgaches ont, jadis, peuplé l’île. L’archipel des Comores aussi contient beaucoup de lieux dont le nom est malgache. Aux Comores, il y a quand-même une langue parlée par 39000 personnes qui est un type de Malgache : le Shibushi (Kibushi).

Nosy_Be1- Nocibé

C’est la, désormais connue, marque de cosmétiques.

Le nom provient, sans nulle doute du nom de l’île de Nosy-Be (Nossi-Be pour les français) qui est la plus belle île d’Afrique selon tripadvisor et assurément l’une des plus belles au monde. Il se lit Nouss Bé et signifie « grande île ». C’est en effet la plus grande des îles qui bordent le Nord Ouest de Madagascar. Mais qu’est-ce qu’il est écorché, ce nom. J’imagine le processus. Prenons le nom de cet île, évocateur de bien-être, de repos, d’évasion et surtout de beauté naturelle.Puis, simplifions-le pour être facile à prononcer et à retenir. Et voilà, Nocibé, c’est exotique, c’est mystérieux, c’est génial.

 

Voilà pour mon Top 5. Il y en a surement d’autres qui ne sont pas listés ici. Et si vous cherchez un nom atypique pour votre prochaine marque ou produit ou autre chose, vous pouvez toujours utiliser un mot malgache, pas trop long.

 

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