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Afrique : « La croissance ne profite qu’à une minorité »

L’économiste et écrivain Sylvie Brunel revient sur les discours positifs qui entourent l’essor de l’Afrique aujourd’hui. Continent de demain, avenir du monde… la presse ne cesse de clamer une Afrique qui revient sur le devant de la scène. Dans son livre, l’Afrique est-elle si bien partie, l’économiste française prend du recul face à ces discours et interroge la durabilité de l’embellie africaine.

Pourquoi avoir écrit un tel livre?

Parce que j’étais gênée par cette espèce d’engouement sur le continent. Aujourd’hui, l’Afrique est la nouvelle frontière, c’est l’eldorado dont tout le monde parle et tout le monde s’ébaudit des  taux de croissance africaine. Pour moi qui ai une longue expérience en Afrique et concernant l’Afrique, j’ai trouvé qu’il fallait expliquer au grand public qu’autant le pessimisme des années 90 n’était pas de mise, autant l’optimisme excessif d’aujourd’hui ne l’est pas plus.

Qu’est-ce qui a changé depuis le livre de René Dumont ? L’Afrique noire est mal partie.

Quand René Dumont écrit l’Afrique noire est mal partie en 1962, il stigmatise le désintérêt vis- à-vis des paysans, les bureaucraties, la balkanisation du continent et il préconise que malgré les taux de croissance qui étaient déjà élevés l’Afrique ne puisse se développer puisqu’elle néglige sa paysannerie. Depuis, l’Afrique a connu 20 ans de croissance, des choses importantes ont été faites. Ensuite, elle a connu la crise de la dette et les plans d’ajustement structurel. Après la guerre froide, elle a connu la décennie des conflits, le multipartisme imposé par l’ extérieur. A partir des années 2000, c’est l’engouement de la Chine pour l’Afrique qui provoque ces taux de croissance élevés. La Chine est en quête de souveraineté. Elle découvre un continent avec des terres émergées importantes, continent qui suscite le désintérêt du monde et lui paraît continent d’avenir. Elle va donc s’y investir et provoquer cette embellie qui repose très largement sur le prix très élevé des matières premières.

L’Afrique est le 1er marché du mobile au monde et pourtant vous dites qu’elle n’est pas si bien partie ?

Concernant l’exemple du téléphone mobile, l’Afrique a fait un progrès extraordinaire car elle est passée à quasiment pas de lignes fixes à près de 700 millions de téléphones mobiles en circulation pour un peu plus d’un milliard d’hommes.

Mais les opérateurs de téléphonie mobile, après des taux de croissance de l’ordre de 60 % par an se sont rendu compte que les consommateurs étaient très pauvres d’où la nécessité de faire appel à des cartes prépayées. Et puis la majorité de ces opérateurs sont dans une phase aujourd’hui de concentration, car les taux de croissance se sont ralentis. Il y a une sorte de saturation du marché qui oblige les opérateurs à se tourner vers d’autres services comme le paiement mobile ou la vente de smartphones. Des problèmes de pauvreté et de faiblesse du pouvoir d’achat subsistent. Finalement, quand on parle de la classe moyenne africaine, des 350 millions de personnes qui représentent une opportunité économique, il faut se rendre compte que sur ces 350 millions, il y a près de 200 millions qui ont entre 2 et 4 dollars par jour. Ce sont des gens à la limite de la pauvreté, et donc font attention à leurs dépenses. Cette classe moyenne est vulnérable.

Comment expliquez-vous que les médias prônent l’afro optimisme ?

Que l’Afrique bouge et que l’Afrique soit le continent de demain c’est une réalité ne serait ce parce qu’elle est le continent le plus jeune du monde et que demain, elle aura le dividende démographique:  plus d’un quart des jeunes du monde vivront sur le continent d’ici 2050.

En revanche, les médias occidentaux qui montrent aujourd’hui un certain engouement vis-à-vis de l’Afrique,  ont besoin de belles histoires, de sucess stories et sur un continent de plus d’un milliard de personnes, il y a beaucoup de belles histoires. Mais c’est un peu un filtre. On affuble le lecteur de lunettes roses. On gomme un certain nombre de choses qui sont inquiétantes et qui montrent que si les dirigeants africains ne font pas preuve de bonne gouvernance, d’intégrité, le continent peut basculer dans des conflits terribles parce que paradoxalement, l’émergence attise les frustrations.

Les taux de croissance grimpent, pourtant il existe une déconnexion entre ces taux de croissance et réalité ?

L'Afrique est elle si bien partie?

Les taux de croissance sont supérieurs à 5 % depuis le début des années 2000, mais souvenez-vous que les points de départ sont très bas. Sur les 54 pays, 27 ont un PNB par habitant inférieur à 1000 dollars par an. Même si vous mettez un taux de croissance de 10 %, ça ne va faire que 100 dollars. En combien de temps les pays africains vont-ils rattraper les 30 000 dollars des pays riches. C’est un progrès lent. Pendant ce temps le reste du monde continue à progresser. Ces taux de croissance très rapides cachent également d’énormes disparités sociales. Le continent africain est l’un des plus inégalitaires au monde avec l’Amérique latine. Or comme aujourd’hui, les gens ont des téléphones et ont accès aux  réseaux sociaux, ils prennent conscience de tout ce qui leur manque. Ces taux de croissance ne touchent par ailleurs,  que les jeunes urbains. Quant aux chefs d’Etat, ils mettent l’accentautour des métropoles littorales où la modernité est à portée de main et oublient les régions périphériques où les populations vivent dans la plus grande pauvreté. La croissance ne profite qu’à une partie, mais l’émergence change la perception de la pauvreté.

Dans une interview, vous montrez l’Angola et l’Ethiopie comme modèle. Est-ce un aveu des limites de la démocratie ? Dictature et développement sont-ils donc compatibles ?

La démocratie ne fonctionne que lorsque vous avez une classe moyenne alphabétisée. Si les adultes sont encore très peu alphabétisés, c’est la porte ouverte au clientélisme et aux beaux discours. Pour les investisseurs extérieurs, la stabilité politique est un critère essentiel pour investir. Deng Xiaoping disait “Peu importe la couleur du chat, pourvu qu’il attrape la souris”. Ce qu’on constate en Afrique, c’est que la prime est donnée plus à la stabilité qu’à la démocratie. Ce qui n’empêche que des pays démocratiques comme le Botswana s’en sortent très bien alors que d’autres comme le Rwanda de Paul Kagame réussissent au prix de la négation des droits individuels à remettre le pays sur les rails. Cependant, les mouvements comme yen a marre et balai citoyen montrent qu’il y a une aspiration de la jeunesse africaine qui est souvent éduquée,  à une vraie démocratie qui reconnaîtrait ses droits. C’est insoutenable pour cette jeunesse africaine de voir l’ampleur des sommes qui sont détournées. 6 % du PIB du continent africain est envoyé à l’étranger sur des comptes privés, près de 250 milliards de dollars. Quand vous ramenez ce montant au 60 milliards d’aide publique au développement, 70 milliards envoyés par la diaspora et aux 80 milliards d’investissements directs, on peut en conclure qu’une partie de la richesse ne bénéficie pas ou profite seulement à un tout petit nombre d’Africains.

Vous soulevez aussi la responsabilité des sociétés d’exploitation dans votre livre.

Les sociétés qu’elles soient africaines ou étrangères bénéficient de contrats favorables en contrepartie de financements occultes. C’est un vrai problème. Le deuxième  problème, c’est qu’il faut réaliser l’ampleur des défis à relever pour les dirigeants africains. Aussi bien dans l’éducation où les classes sont surchargées du fait d’une population beaucoup trop jeune en majorité. C’est une difficulté technique qu’un ministre de l’Education nationale en France rencontrera aussi. En plus, les jeunes formés à grands frais vont exercer leurs compétences ailleurs. Il y a donc aussi l’exode des cerveaux.

La seule faute aux dirigeants ? Et les populations ?

Il y a une tendance à attendre des dirigeants qu’ils redistribuent à leur sphère familiale et privées. Quand on a un poste, tout le monde vient demander son dû. C’est difficile d’être intègre et de ne pas faire de traitement de faveur quand tout le monde vous demande au quotidien de rendre des services ou de donner quelque chose. Mais vous pouvez tout à fait être généreux pour vos proches sans pratiquer une corruption paralysante, or, c’est un peu le problème. Tout le monde est un peu responsable car les populations elles-mêmes ne respectent pas le bien public ou la chose publique. Quand elles peuvent se servir, elles se servent. Je crois qu’il faudrait dès le début de l’école apprendre aux gens que la chose publique doit être respectée et qu’on doit payer ses impôts.

Le système D (ndlr: débrouillardise) est le poumon de certaines économies. Vous pointez quand même du doigt le système informel. Pourquoi ?

Le système informel joue un rôle d’amortisseur social car il permet que le chômage ne soit pas insupportable. Mais quand vous avez deux tiers des richesses nationales qui sont produites dans le système informel, ça veut dire que l’Etat ne perçoit pas d’impôt donc il se rabat sur la TVA préjudiciable aux pauvres. L’autre problème du système informel c’est que le glissement entre l’informel et l’illicite, voire le criminel, est très teigneux, d’où la libre circulation des drogues ou des faux médicaments puisqu’il n’y a pas de contrôle officiel.

Votre discours aussi n’est-il pas à nuancer également ?

L’Afrique se modernise, se transforme, la pauvreté régresse. Il y a des exemples beaucoup plus encourageants que d’autres et d’autres pays qui alternent. Le Bénin est un pays exemplaire même si il y a  toujours la contrebande et les dangers de Boko Haram. Il est donc important de toujours nuancer les discours.

Pourquoi l’Asie a réussi là où l’Afrique a échoué ?

Les revenus par habitant de la Côte d’Ivoire et de la Corée du Sud en 1990 étaient identiques. Ceux du Nigeria et de l’Indonésie aussi. C’est très intéressant parce que vous avez d’un côté deux pays pétroliers. Il y a en a un,  le Nigeria,  qui va “manger” son pétrole (sic), va sacrifier son agriculture, provoquer une économie de rente et ne va pas investir. Et l’autre, l’Indonésie, qui va devenir un pays émergent puisqu’il va mettre en place une véritable structure industrielle transformée. D’autre part, vous avez la Côte d’Ivoire et la Corée du Sud. Au départ, c’est la Corée du Sud qui est la moins bien partie. Le rapport Pierson de 1969 dit que la Corée du Sud est indéveloppable. Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire prend en main l’économie du pays et valorise les agriculteurs, c’était un modèle. La Corée du Sud, quant à elle va remonter la filière industrielle et devenir un vrai pays développé. La Côte d’Ivoire va subir la crise de la dette, la mort d’Houphouët-Boigny, “l’ivoirité” et puis le mandat cadeau de Laurent Gbagbo. Mais est-ce qu’il est acceptable que les forces rebelles venues du nord soient légitimées par la communauté internationale? On peut aussi se poser la question.

Quelles sont vos pistes de réflexion?

J’estime que les Africains sont souverains et pleins d’intelligence. Ils peuvent trouver eux-mêmes des solutions à leurs problèmes. L’Afrique est un laboratoire pour le développement durable. Elle a inventé beaucoup de solutions à des problèmes de notre monde aujourd’hui tels que la nécessité de la réutilisation et le respect de la nature qu’on voit notamment dans les sociétés animistes. La capacité à s’emparer de l’innovation si elle est intéressante. L’Afrique est un cimetière de projets. Si le projet n’intéresse pas les Africains, ils le laissent tomber. Elle a la capacité d’adopter très rapidement les innovations, même les innovations les plus élaborées. Elle peut donc tout apprendre au reste du monde. Mais encore faut- il qu’elle décide de s’unir et de donner le bon exemple à sa propre population. C’est de la responsabilité de tous. Chaque Africain incarne une parcelle de l’Afrique. C’est à chacun de balayer devant sa porte. “Le balai citoyen” nous concerne tous!

Sinatou Saka


Ethiopie : « L’Omo est devenu une fabrique d’images »

Le documentaire de Jean Queyrat sur les pratiques dans la vallée de l’Omo en Ethiopie a été diffusé le 22 février 2015 sur France 5. Vaguement au courant des pratiques des populations de cette région, ce documentaire inédit m’a fait froid dans le dos.

Ces images dont témoigne le documentaire continuent à s’imposer à mon esprit de façon imprévisible, au détour d’un geste, d’une pensée ou d’une rencontre. Je me décide donc aujourd’hui à vous en parler, non pour vous en informer tout simplement, mais susciter chez vous un élan d’esprit critique face aux images qui proviennent de l’Afrique.

Il y a dix ans, lorsque Jean Queyrat se rend pour la première fois dans la vallée de l’Omo, cette région reculée du Grand Sud éthiopien n’est guère connue que des paléontologues, de quelques anthropologues et d’une poignée de voyageurs intrépides. Mais aujourd’hui, à cause des images qu’il a prises notamment, les touristes affluent et les autochtones se mettent naturellement en scène pour offrir un spectacle, des plus pittoresques aux invités. Près de ceux qui sont habillés normalement dans les marchés, une partie des peuples de l’Omo ont fait de leur image, un véritable commerce.

« Ici, tout le monde sait qu’on prend des photos » affirme un guide qui négocie le tarif d’une photo pour une touriste allemande.

Les femmes et les enfants ont beaucoup de succès auprès des touristes étrangers. Dès neuf heures du matin, tout le monde se pare et s’affuble d’ornements aberrants (clous – piercing) et de tout ce qui leur tombe sous la main.  Le village est transformé en « village studio ».

« Quand les touristes arrivent, nous sommes contents. Ils payent pour nous prendre en photo et quand ils finissent, on enlève tout » affirme une jeune femme mursi (une communauté de la région).

Certains proposent une vision exécrable et sauvage de leur vie. La plupart des touristes veulent ainsi croire que c’est l’expression de la culture locale. A croire que les touristes ne demandent qu’à se laisser berner. Le spectacle est poussé très loin et le travestissement encore plus.

Loin de cette scène, parfaitement banale au pays de l’Omo, une soixantaine de touristes filment « le saut du taureau »: un rituel d’initiation à l’âge adulte. Les guides commentent comme ils peuvent, dans un anglais balbutiant. L’appareil photo et la caméra sont des filtres qui tiennent l’émotion à distance. Ils n’ont pas les clés pour comprendre la cérémonie.

Une savoureuse comédie de dupes dans une région très pauvre.  » On ne vit pas sans les touristes » dit un sage de la région. D’autre part, ce que les touristes ignorent, c’est que les femmes se font mutiler pour l’argent. Cet argent pour lequel, même les élèves deviennent encore plus sensibles au tourisme. Le documentaire montre un groupe de touristes qui demandent à de jeunes élèves de peindre sur leurs corps des motifs précis.

Alors si on considère que le tourisme permet aux populations de survivre et au pays de se développer, quel est l’intérêt pour les touristes de dénaturer une réalité? Le voyage a coûté cher, il faut le rentabiliser? Sans accuser quiconque, cette question reste ouverte…

Je vous invite à regarder le documentaire pour essayer d’y répondre.


Congo – réparons les femmes de l’est

Les Rendez-vous de l'OIF-Docteur Denis Mukwege
Les Rendez-vous de l’OIF-Docteur Denis Mukwege

Je ne peux pas me taire. Je dois faire savoir. C’est la réaction que j’ai eu après avoir assisté ce soir à la projection privée du film de Thierry Michel, l’homme qui répare les femmes. Certes, nouveau travail, nouvelle maison, nouvelle vie oblige, j’ai délaissé mon blog ces derniers mois. Mais cette soirée bouleversante nécessite que je reprenne ma plume. C’est de ma responsabilité de femme tout simplement.

Mardi 31 mars, je suis invitée par l’OIF à suivre en comité très restreint, au cinéma des Champs Élysées de Paris,   le film sur ce médecin congolais emblématique: le docteur Denis Mukwege. Thierry Michel consacre un documentaire à ce docteur qui soigne des jeunes femmes violées dans le nord-Kivu. La secretaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean, est présente et le docteur assiste en personne à cette « avant-première » en France.

J’ai des à priori sur ce film dont j’ai peur qu’il véhicule encore une image désastreuse de l’Afrique.

Dix minutes plus tard, après les mots de bienvenues des illustres invités, la première séquence me choque: c’est une petite fille de neuf ans environ qui s’inquiète de ce que ses bourreaux ont détruit à l’intérieur de son corps, s’inquiète d’avoir le virus du sida et souhaite que ses violeurs ressentent sa douleur. Ce premier témoignage me bouleverse et mon état d’esprit n’est plus le même: l’Afrique fait sans doute des efforts actuellement mais des drames persistent. Des abominations subsistent. Nous ne pouvons plus le nier et surtout, nous ne pouvons pas progresser avec des handicaps aussi troublants et des populations qui ne se sentent plus dignes d’elles –  mêmes.

Tout a commencé avec le génocide au Rwanda. Les populations Hutus se réfugient au Congo. Les populations autochtones leur offrent hospitalité, sécurité et assurance. Quelques années plus tard, les hutus enlèvent leurs femmes et violent leurs enfants. Le massacre commence et les femmes sont emmenées comme esclaves sexuelles dans la forêt. D’autres femmes sont mutilées ou subissent des crimes ignobles. Le gynécologue Denis Mukwege se retrouve devant des organes génitaux déchiquetés par des balles ou des objets tranchants. Les images sont choquantes. Je me refuse de regarder l’écran, tellement je suis bouleversée. Nul n’est épargné par ces exactions, de la petite fille de 2 mois, oui, deux mois, à la jeune femme qui se fait violer par des milices, des rebelles, son époux et son fils, de force, devant toute la famille.

Face à tous ces événements, cet éminent médecin n’en peut plus de faire face aux conséquences d’une guerre entre les soldats rwandais, les réfugiés rwandais, anciens génocidaires hutus, et l’armée régulière qui a trop duré. Il s’inquiète encore plus de la situation lorsqu’il réalise qu’il opère une fille née d’un viol qui s’était faite à son tour violée. Denis Mukwege sort donc de son mutisme et informe le monde de la situation actuelle. Il dénonce le viol comme une arme de guerre et comme une stratégie avérée et efficace pour les belligérants. Sa voix se fait  entendre au niveau des organisations internationales et il reçoit notamment le prix Sakharov à Strasbourg pour son travail auprès de 40.000 femmes dans l’est du Congo.

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Quant aux autorités locales, c’est le silence totale face à ces femmes qui souffrent dans leur chair et dans leur âme. Le viol? un simple fait divers au Congo. Mieux, le Docteur Mukwege a été victime, il y a quelques années, d’une tentative d’assassinat suite à une invitation des Nations Unies pour parler de la situation des femmes dans l’est du Congo. Cette délicate situation obligera le docteur à s’exiler pour revenir sur ses terres suite à une forte demande des femmes de l’est. Les comptes de l’hôpital de Panzi ont par ailleurs été bloqué en janvier 2015. Aujourd’hui, le docteur Mukwege est sous protection très forte des casques bleus de la MONUSCO. Ils lui permettent de se déplacer dans l’Etat du Kivu en toute sérénité pour soigner ses dizaines de femmes. « Je ne pourrais pas vivre ici, si à cause de la peur, je ne pouvais m’occuper de ces femmes qui habitent dans les zones reculées. » dit le docteur dans le film.

Un film qui pointe aussi du doigt les causes économiques de la situation atroce que vivent ces femmes. Ces événements se déroulent dans une zone de non-droit, qui paradoxalement regorge de minerais d’or exploités par les multi-nationales. Les autochtones ne jouissent donc pas des richesses de leur localité. Celles-ci sont pillées par des milices et rebelles qui n’ont peur de rien, s’éternisent sur place, violent femmes et enfants et vendent leur butin sur le marché noir ou à des entreprises commerciales motivés par le profit.

Après? après, rien. Ils ne sont ni poursuivis, ni punis pour leur faute. Pourtant, les victimes sont présentes et peuvent les reconnaître. Vous avez compris, le problème n’est pas simple et l’ensemble représente un système qui impliquent des enjeux très importants.

Mais quels enjeux peuvent être importants au point de laisser des femmes subir de telles atrocités? quels enjeux peuvent autoriser le droit d’arracher un avenir à ces jeunes filles? Je continuerai bien de m’indigner mais comme nous l’avons tous convenu à cette soirée, l’heure n’est plus à l’indignation. Si vous lisez ce papier, vous aussi, vous êtes au courant désormais de la situation dans l’est du Congo. Imaginez qu’un inconnu viole une de vos connaissances, votre sœur ou votre fille, comment réagirez vous? imaginez qu’on lui détruise le vagin au point de susciter chez le médecin des paroles comme « Je n’ai jamais vu ça, on l’a détruite », comment réagirez-vous? pour finir, imaginez ces femmes détruites, rejetées par leur communauté, leur entourage, comment se reconstruire? Alors, pour ce qui me concerne, j’écris pour que vous sachez, mais vous, agissez, parlez en, partagez l’information avec votre entourage. Il faut une mobilisation générale pour que les choses changent. Le film « L’homme qui répare les femmes – la colère d’Hippocrate » n’est pas très diffusée en France malheureusement. Si vous avez une quelconque responsabilité dans ce domaine, diffusez- le dans les salles, sinon, allez le voir s’il sort dans les salles de cinéma. Ce film est aussi un outil d’éducation.

Ce film m’a ébranlé mais m’a conforté aussi. Malgré ce qu’elles subissent, ces femmes restent courageuses et souriantes. Elles vivent, grâce au docteur Mukwege, certaines se reconstruisent et restent debout. Quel bonheur d’entendre cette femme nommée Alphonsine,  qui a subi successivement des opérations génitales suite à des viols  dire « Tant qu’on vit, il y a de l’espoir ».

Il est donc nécessaire pour nous, qui avons de la chance d’être épargné, d’être responsables, tous ensemble. Il faut agir contre l’impunité. L’indifférence est un désastre aujourd’hui pour l’humanité. Je suis certaine que si nous le voulons, les autorités congolaises agiront.

Ce film a été réalisée avec la collaboration très précieuse de la journaliste belge Collette Braeckman.

Je vous invite à lire très attentivement le rapport de l’ONU (tombé dans l’oubli aujourd’hui), dénommée Rapport Mapping sur les crimes en République Démocratique du Congo.


Docteur Denis Mukwege : Au Kivu, le viol… par

 


A la rencontre d’amoureux du Bénin à Grenoble

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En ce soir du 26 novembre, mon téléphone sonne. C’est Mme Giovanetti qui m’appelle pour discuter. Elle  fait suite à ma demande de lui rendre visite au siège de son association qui mène des actions au Bénin. Des personnes comme Mme Giovanetti, pour une raison ou pour une autre, j’en croise de plus en plus. Certainement parce que leur nombre ne cesse de croître et leurs domaines d’intervention de s’élargir. Certaines interviennent dans l’éducation, d’autres dans la santé ou encore dans la formation. Il y a quelques jours, on a été mis en contact grâce à une connaissance commune. Je leur avais promis de passer les voir à leur siège à Fontaine, une ville à l’ouest de Grenoble. Ils étaient heureux de trouver une béninoise à Grenoble qui s’intéresse à leurs activités et moi, j’étais curieuse de savoir ce qu’ils font depuis 5 ans au Bénin et quelles sont leurs motivations. En fait, je crois qu’au fond de moi, je cherchais cette source d’espoir qui allait me permettre de penser un avenir meilleur pour mon pays parce que dernièrement je désespère.

Nous sommes en fin de journée,Mme Giovanetti m’explique que de main en main est « une association de rien du tout ». Pourtant, les réalisations de cette associations sont très encourageantes. Avec son époux, ils ont une cinquantaine d’années et aujourd’hui à la retraite. Le couple me raconte son histoire quand je leur demande pourquoi le Bénin?

« Nous avions envie de voyager autrement, de partir en quittant habitudes et certitudes. En partant vers l’inconnu en 2009, nous n’aurions pas imaginé l’impact sur nos mémoires des moments vécus avec chaque personne rencontrée, ni prévoir que notre vie s’orienterait jusqu’à présent autrement. Ni comprendre qu’un certain regard nous permettrait de voir l’utilité de créer une synergie entre nous » répondent-ils.

Cette réponse m’interpelle et je questionne le couple sur les conséquences de ce voyage solidaire.

« C’est vrai qu’en ne manquant de rien, nous constatons tout ce qu’il y a de superflu, voir que l’on a vraiment besoin de moins et cela nous aide à voir et à comprendre ceux qui n’ont vraiment rien d’où l’idée, les actions de recherche et de récupération du matériel ici, d’envoi et d’installation du matériel là bas » disent-ils.

A ce niveau de la discussion, je ne comprends toujours pas pourquoi ces français ont décidé d’agir au Bénin plutôt qu’au Togo ou au Sénégal. Ils m’expliquèrent donc qu’il s’agissait avant tout de rencontres  humaines marquantes qui vous changent et orientent votre avenir. Je suis touchée par ces phrases à l’endroit des miens et tellement ravie de voir comment Mme Giovanetti présente les dernières activités de l’association au Bénin. Elle me parle avec enthousiasme et fierté du centre BETHESDA de LOKOSSA que l’association a contribué à réhabiliter, de l’installation de mobiliers dans les écoles et de  l’opération « Toutes les filles à l’école » en cours actuellement pour soutenir 21 jeunes filles.

Malgré toutes ces belles actions,Mme Giovanetti me parle d’un projet qui semble lui tenir très à coeur, reconstruire le toit d’une école à Tozounmé. Le collège de Tozoumé est fréquenté par 429 élèves et 42 enseignants qui viennent de 5 villages différents. La distance à parcourir est de 1 h à 1h 30 de marche pour tous les enfants de la 6ème à la 3ème. Cependant, le toit de l’école s’effondre à la saison des pluies en janvier 2014 et aucun représentant de l’état, des médias, ne s’informe de l’état de santé des enfants, des enseignants – ne se déplace pour constater les dégâts.

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 « Qu’on ne soit pas toujours leurs porte-parole »

« C’est génial tout ce qu’ils font » me dis-je lorsqu’elle m’informa  que l’association « DE MAIN EN MAIN » expose actuellement au Collège Jules Valles de Fontaine, 110 poèmes et dessins sur le thème « DESSINES-MOI OU RACONTES-MOI TA VILLE ». 110 enfants et jeunes béninois de 2 collèges de LOKOSSA témoignent et confient leur espérance dans ces poèmes. C’était l’occasion de donner la parole aux enfants clame-t-elle.

Je suis émerveillée par l’engagement de ce couple mais une interrogation me taraude sans cesse l’esprit et j’ose finalement la poser à mes interlocuteurs: N’est ce pas un peu de l’assistanat tout ça? 

« Non, nous leur donnons les moyens dont ils ont vraiment besoin » . Elle me fait comprendre qu’il est très facile pour moi de parler d’assistanat, moi qui ai la chance de poursuivre mes études en France. « Ces enfants ont soif d’apprendre, ils sont heureux de recevoir ce qu’on leur apporte » ajoute-t-elle. A t-elle tort de penser ainsi? Ma position de « privilégié » me joue t-elle des tours? On en parle une prochaine fois…

L’association de Main en Main participe à l’entrepreneuriat en  récupérant du matériel professionnel, des machines, des outils pour soutenir les initiatives locales en améliorant les ateliers existants.

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La discussion se poursuit, nous parlons de mes projets, de mes envies, des leurs et au bout d’une demi-heure, je vais mieux, je n’ai pas plus confiance en l’avenir mais je suis persuadée qu’ « Un chemin de mille lieues commence toujours par un petit pas ».


Comment se profile l’avenir du Bénin..selon les expatriés?

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Il y a quelques jours, en faisant ma veille numérique, je suis tombée sur un site fort intéressant nommé Expat Blog. Comme on peut lire dans cet article, il s’agit d’une sorte de réseau « social  » d’expatriés. Expatrié lui même, Julien Failu explique dans l’article que « L’idée,  c’était de créer l’enveloppe, et de laisser les gens apporter leur vécu, partager leurs expériences à l’étranger…faire le pont entre les personnes qui veulent partir et celles qui sont déjà sur place ».

Jusqu’ici,  nouveau comme concept mais rien d’extraordinaire. Comme vous l’avez compris, les expatriés partagent simplement leurs expériences dans des pays étrangers mais se posent aussi des questions sur leur vie au quotidien et notamment sur l’avenir de leur pays d’accueil.
J’ai ainsi découvert sur le site, un forum où plusieurs personnes (des Français surtout)  partageaient leurs avis sur le futur du Bénin. J’ai passé des heures à lire ces points de vues tellement lucides que je me suis demandée comment se profilait alors l’avenir de la France vu que je suis moi même expatrié comme on dit.
A cette question, j’aurai tellement de réponses à donner comme par exemple: « Si la France continue de vivre au dessus de ses moyens, sa situation économique ne risque pas de s’améliorer ».
Ne me sentant pas légitime pour porter cependant de tels jugements, c’est donc avec étonnement que j’ai découvert ce site où des étrangers s’exprimaient autant librement mais également avec prudence et sincérité sur la situation dans mon pays. Je vous propose ci-dessous quelques avis. Je ne citerai bien sûr personne dans la mesure où chaque utilisateur du site témoigne  sous pseudonyme.
Avant que vous ne commencez la lecture, je précise que ces personnes ne veulent pas donner des leçons , encore moins construire un pays à l’image du leur. Maintenant, bonne lecture!
1- je pense que le pays ne va pas évoluer, ni régresser, ni se valoriser. La barre entre les riches et les pauvres va continuer à s’accroître. Majc, tu es bien optimiste quand tu dis que la population va se prendre en main, à mon arrivée aussi je le pensais mais je n’y crois plus. La population vit dans une acceptation générale de tout ce qui se passe « dieu a voulu », « dieu fera ». Dieu ne fait rien et la population attend. Les plus riches vont peut-être bouger mais pour leur bien personnel, les autres vivront comme ça. Tant que la corruption sera le maître mot de tout le monde et non pas seulement des politiciens rien ne pourra fonctionner. Les agents administratifs se tournent les pouces et prennent un salaire. 3 personnes sur 10 qui ont un job sont en trop dans l’entreprise car si les 7 autres travaillaient un peu plus ils pourraient faire tout le travail et avoir un meilleur salaire et augmenter leur pouvoir d’achat. Mais les 10 préfèrent discuter que de travailler. Et les chômeurs attendent bêtement qu’un travail leur tombe dessus ben oui « Dieu fera ». J’ai pas dit que trouver un travail est facile mais c’est pas à attendre dans un cyber ou devant la TV que ça vient. Tant que la jalousie sera l’état d’esprit des béninois, rien n’avancera. Au lieu de mettre des bâtons dans les roues de celui qui avance, aides-le un jour il t’aidera aussi pour que tu avances. Et le pays ainsi se développera. Mais affaiblir ton voisin ne te rend pas plus fort. Tant que aider quelqu’un devient presque à coup sûr un harcèlement ou pire après alors tu ne peux et ne veux plus aider. Ce matin, un garçon est venu taper à ma porte pour du travail, mon cœur me disait « aides le » mais le risque qu’il vienne pour ensuite te voler est trop grand, je ne peux pas le faire entrer chez moi. J’avais plein d’espoir pour ce pays il y a 5 ans, mais ma vision était erronée.

2-Je me retrouve au milieu d’une jeunesse béninoise conservatrice. Oui conservatrice de tout! la paresse,l’envie démesuré,conservateur des rêves sans espoir. C’est vrai , c’est la faute à personne car du béninois à l’africain on attend que l’heure de Dieu sonne. Mais malheureusement le délai d’attente pour la solution miracle est inimaginable. On dirait que c’est héréditaire (même si j’ai du mal à croire). Nous vivons sans le savoir avec ces maladies dans la plus belle des crises. Le problème c’est que tout le monde africain attend le blanc. Que dis-je ? le Dieu. Si non comment se fait il que le noir considère aussitôt le blanc comme la richesse debout, le développement ambulant sans vouloir chercher à comprendre la réalité de chez lui.
Même si tu quittes Cotonou pour visiter la famille ou un parent à Porto-Novo, Ouidah…je ne sais où encore, le premier constat c’est qu’on attend de voir ce que tu as ramené de la ville. C’est bien dommage au niveau local,alors si déjà tu arrives à aller en France (le pays des riches dans le standard africain bien sûr) c’est que t’es aussitôt riche. Or en Afrique la religion c’est l’argent,malheur à toi donc si tu reviens de la France sans manifester le moindre geste de…tu seras traité de tous les noms. La route du développement est longue certes ,mais l’avenir reste sombre.

Et moi je ne condamne pas la télé. Le siège des feuilletons qui donne envie d’agir et de vivre comme les acteurs et autres personnages de série télévisé.
¿¿Je me demande bien où est ce que les arnaqueurs puisent leurs idées et autres modes opératoires??

Que font les autorités quand les victimes sont comptées par trentaine au CNHU  pour faute de moyens aux soins,pendant qu’on vote des soixantaine de milliards pour les microcrédits?

Nous sommes dans un système qui ne forme que des chômeurs. Que direz vous quand des personnalités du pays essaient d’acheter votre silence,ou de vous corrompre et quand vous n’êtes pas ouvert il revient vous dire que c’était un « test »?

Les jeunes attendent de trouver un boulot dans leur domaine d’étude ,ce qui est bien rare. Donc on continue d’attendre l’heure de Dieu. L’heure de nos dieux bien sûr.
Le pays est un sac à problème. Des problèmes héréditaires et tout le peuple attend la solution miracle. Vivement que le ciel nous envoi la formule magique. Amen.

 

3-Rien ne changera tant qu’on continuera à mettre des gens incompétents à des postes importants parce qu’ils connaissent quelqu’un. J’ai un beau-frère alcoolique qui tient a peine debout mais il a un poste dans un ministère. Il ne va jamais au boulot, est ce qu’il se souvient même comment on travaille… Ce genre de personnes est une double perte pour l’état: 1-le travail n’est pas fait, 2- le salaire est payé. Faut faire un très grand ménage d’abord dans toutes les institutions d’état et placer de jeunes diplômés qui risque de fuir le pays en quête d’une vie meilleure. L’Afrique a besoin de ses jeunes pour se développer mais les pousse vers l’étranger en gardant des vieux pervers voleurs à la tête des institutions. Si le pays veut vraiment il peut. C’est facile d’aller à l’improviste dans les ministères et de virer tout ceux qui ne sont pas en poste. Tu fais ça 3 fois, il n’y aura plus personne. Et une grande vague d’embauche avec menace à l’appuie (retard inacceptable, absences justifiées (attention les docteurs n’ont pas le droit de faire du faux sinon plus de licence d’exercer). Il y  a des règles mais personne pour les faire appliquer alors c’est l’anarchie et la corruption.

Même si je côtoie des béninois courageux, combattants et qui font des choses pour leur pays, je dois reconnaître que ça reste une minorité de la population. Je me retrouve alors assez bien dans ces trois points de vue sur mon pays malgré le fait que ça vienne de personnes étrangères. Je ne connais pas votre avis sur le sujet mais vous pouvez laisser vos points de vue en commentaires. Je pense qu’il  n’y a pas à avoir honte de tares dont nous sommes tous conscients qu’ils existent alors ces remarques me semblent complètement positifs. Ne dit-on pas que c’est du débat que jaillit la lumière? Tout le monde y est donc invité!


Et si Facebook nous rendait narcissique ?

« This is why you shouldn’t take people’s Facebook lives seriously », c’est le titre d’un article que j’ai lu ce matin sur Gizmodo, un site anglais (malheureusement). D’ailleurs en parlant d’anglais, vous vous y mettez quand à l’apprendre ? Sinon, vous pouvez toujours vous contenter  comme moi de la médiocrité de Google Translate en attendant.

Bref on s’éloigne là !

Alors je me demande aujourd’hui si Facebook nous rend narcissique, ou devrais-je dire plus narcissique pour ceux de nature « grosse tête ».

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Je ne vous le cache pas, j’ai mes hypothèses sur le sujet et même une théorie mais commençons par clarifier les concepts ! Narcissique ça veut dire quoi ? Petite recherche sur Wikipédia et voilà la définition du terme du jour : Le narcissisme est le fondement de la confiance en soi. Lorsqu’il est défaillant, le terme peut désigner l’importance excessive accordée à l’image de soi. Le dictionnaire commun le définit comme « contemplation de soi ou attention exclusive portée à soi. »

Ok ! Facebook nous donne-t-il cette impression ? Mais bien sûr !

Au fond, je suis même persuadée que c’est l’une des valeurs imaginaires et utopiques (comme on dit en recherche) accordée à l’objet Facebook. M. Zuckerberg voulait certainement donner à des milliers de gens la « sensation » d’être des gens importants et suffisants. S’il n’a pas conscientisé cette volonté, elle s’explique très bien quand on se rappelle du personnage qu’il était avant de créer Facebook. Seul et mal dans sa peau (ou pas-je n’étais pas là).

Pourquoi ne mettrait-il pas en place un outil pour donner de la valeur à l’individualisme, à la mise en scène de soi vis-à-vis des autres?

Ma théorie n’est pas très claire, j’avoue mais j’ai lu Gozlan Angélique, qui dit ceci :

« Sur Facebook, les adolescents livrent, par statuts, commentaires ou images, leur conquête de la découverte du monde et leur bataille pour s’inscrire dans un lien social…. Cette mise en ligne d’images et de textes sur soi, par laquelle le narcissisme œuvre, participe à la formation d’une image réfléchie de soi-même.

Les médias sociaux sont à la fois un lieu d’exposition de soi, narcissique et un lieu de rencontre d’objets ».

Une étude menée par Gonzales et Hancock, « Mirror, mirror on my Facebook… » en 2011 a montré que lusage de Facebook influençait lestime de soi. 

« Les résultats de leur étude révèlent que prendre conscience de soi, en regardant son propre profil sur Facebook, en améliore l’estime. L’article indique que choisir la manière dont on se présente sur les médias numériques conduit à accroître son potentiel relationnel et influence également l’aperception. Ainsi selon ces auteurs, la page Facebook investie fonctionne comme soutien, étayage de l’estime de soi. »

Vous voyez ? On y est pour rien ! C’est la faute à Facebook ! Même ceux qui n’aiment pas la télé réalité théâtralise comme dirait l’autre leurs profils Facebook.

Et puis, que pourrait-on faire d’autre sur ce réseau dont l’objectif est « d’échanger des nouvelles entre proches » ? Sur le site, je lis :

« Facebook vous permet de rester en contact (comment ? de quel type de contact on parle ?) avec les personnes qui comptent dans votre vie (je ne suis pas sûr que mes 2 500 amis comptent dans ma vie et ma mère n’est pas sur Facebook !). »

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Remarque, même le vocabulaire du slogan est flou.

On est donc d’accord que la sphère privée n’est absolument pas une obligation sur Facebook alors n’est-ce pas laisser libre cours à la création d’une large « communauté » de fans. En terme plus simple et c’est tout à fait logique, plus j’ai d’amis inconnus dans mon réseau, plus j’essaie de « me vendre ».

Tout le monde ne peut certainement pas se vendre (quand même, il y a des gens super intelligents sur Facebook).

Qu’est-ce qu’ils font?

Partager des articles intéressants ? Une personne normale passerait  pour un intello assurément et ça flatte l’orgueil (reconnaissons-le) de voir des likes sur un post dit non « égocentrique ».

Faire une analyse sur un sujet ? Tu passes pour un donneur de leçon et ceux qui partagent le même avis que toi viennent vite te le faire savoir.

Et si la responsable c’était moi plutôt que Facebook ? Qu’est-ce que je fais déjà sur Facebook ?

Petit aperçu de mon identité numérique agissante comme dirait Fanny Georges !

1-Je partage ce que j’écoute avec « mes amis » en ajoutant le petit smileys « déterminé » à côté : Jusque-là rien de grave, à part que je suis très à jour en matière de dernière sortie musicale.

2-Je partage l’image d’une campagne sur la scolarisation des filles au Bénin : Jusque-là, rien de grave à part que je suis sensible à la cause et je sensibilise mes « amis » sur la situation.

3-Je demande à mes amis de me donner les moyens d’avoir une série de journaux normalement archivés du Bénin : Jusque-là rien de grave à part que je suis curieuse et je vais certainement mener une recherche sur les médias au Bénin

4-Je partage un de mes articles : Jusque-là rien de grave, non mes amis vont certainement apprendre beaucoup de choses en le survolant rapidement pour passer à autre chose, à part que dans l’article j’indique que je suis à Paris et que j’ai été sélectionné parmi des candidats pour suivre cette formation.

On continue ? Non, je pense qu’on va s’arrêter là ! Trop de « Je » dans tout ça !

Je viens de me rendre compte que mon profil Facebook réflète une image de moi que je ne suis pas réellement (mise en avant de ma personne, moi ?).

Je disais à l’instant que l’objet Facebook portait des valeurs, fantasmes imaginaires et utopiques (vous me suivez ? C’est comme quand on vous dit qu’internet est gratuit, c’est faux !).

En fait, pour Facebook, il s’agit du pouvoir, de l’hégémonie, de la perfection. Facebook nous vend du rêve pour faire prospérer la plateforme. Je lisais dernièrement sur un blog que j’aime beaucoup :

Quand on tient une position hégémonique, toute la difficulté consiste à se maintenir. Se maintenir implique d’occuper l’histoire, et quand on est un réseau social ça signifie occupe l’espace des petites histoires singulières (nos histoires qui doivent être fortes), individuelles, autrement dit monopoliser les moyens numériques du récit de soi. En l’occurrence il faut inscrire les usagers dans le temps long, créer de la nostalgie (les fils d’actualités que des milliers d’utilisateurs remontent pendant des heures)

En conclusion,vous faites Facebook et si vous avez l’impression d’aimer cette vie où vous faites votre autopromotion plutôt que de rester en contact avec vos amis, sortez de chez vous et vivez le moment présent (laissez les activités passées de vos amis sur Facebook), vous verrez la différence !

 


Bernard WANNOU: « Les jeunes possèdent une force de transformation énorme ».

Dans la mise en place d’un projet à venir (vous en saurez plus bientôt), je vais à la rencontre des béninois de l’extérieur très actifs. Celui que j’interroge aujourd’hui est Bernard WANNOU, il est envoyé aux questions de la jeunesse africaine auprès du programme des Nations Unies pour la jeunesse [UN YOUTH] et organise ce samedi 22 mars en collaboration avec l’association des étudiants de Sciences Po pour l’Afrique une discussion consultative sur le thème de la Migration des jeunes en Afrique.

 TWITTER HANGOUT [Agenda de développement de l’apres-2015 des Nations Unies]

TWITTER HANGOUT [Agenda de développement de l’apres-2015 des Nations Unies]
Sinatou Saka: Pourquoi avez vous choisi comme thème de consultation : JEUNES, MIGRATION ET DÉVELOPPEMENT?

Bernard WANNOU:  Nous avions décidé de consulter la jeunesse africaine sur une question les plus urgentes que rencontre l’Afrique en ce moment ; celle de la migration des jeunes. Le but de cette consultation est d’analyser l’impact de cette migration massive des jeunes sur le futur de l’Afrique et d’en dégager les causes. L’agenda doit proposer des solutions aux gouvernements africains  pour freiner cette migration de jeunes vers l’Europe ou l‘Amérique du nord, car c’est une autre sorte de pauvreté. Les pays qui connaissent le plus de migrant sont des pays  où l’emploi reste un problème, où la pauvreté et la corruption sont de taille, où carrément un pays où les jeunes sont généralement déçus par la politique mise en place par le gouvernement. L’agenda doit mettre en place des stratégies permettant aux pays africains de réaliser des politiques mieux adaptées aux espérances des jeunes. 

Sinatou Saka: Quel est le rôle de la jeunesse dans l’agenda post 2015? Pourquoi doit-elle y prendre part?

Bernard WANNOU: Nous avons la ferme conviction que  les objectifs de développement  ne peuvent être atteints qu’avec l’implication des jeunes. Il est indéniable que les jeunes possèdent une force de transformation énorme lorsqu’ils sont impliqués et lorsqu’ils peuvent participer au façonnement de la société. Une dynamique se développe grâce aux perspectives d’avenir et aux opportunités d’évolution pour les jeunes et elle profitera globalement à l’Etat comme à la société en général. Car la génération des jeunes détient aujourd’hui la possibilité de créer de nouvelles opportunités, d’ancrer les valeurs fondamentales de l’Etat de droit et de la démocratie dans la société et de rompre avec l’ancienne dynamique de conflit.

Et pour atteindre ce but, les Nations Unies travaillent avec les gouvernements, la société civile et d’autres partenaires pour exploiter la dynamique dégagée par les OMD.

Le 18 février 2014, le président de l’assemblée Général des nations unies , en collaboration avec le secrétaire générale du programme des nations unies pour la jeunesse [UN YOUTH ] ont émis une idée très remarquable et innovatrice , celle d’accorder une place spéciale à la jeunesse du monde dans l’agenda post 2015. Ce qui classe comme priorité la participation de la jeunesse à l’agenda, une nouvelle politique des nations unies de mettre au cœur de toutes actions la jeunesse car elle représente le futur, donc plus de chance doit lui être accorder pour construire ce futur. 

Sinatou Saka: Comment la jeunesse peut-elle participer à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement?

Bernard WANNOU/ Photo Facebook
Bernard WANNOU/ Photo Facebook

Bernard WANNOU: La plus belle manière de permettre à la jeunesse de participer à l’atteinte des objectif du millénaire est de mettre en place une politique inclusive. Donnez la chance à cette jeunesse de créer elle même l’avenir dont  elle rêve. Nous ne devons plus décider à la place des jeunes car eux seuls peuvent décider ce qui est judicieux pour leurs communautés. Seul un dictateur impose un futur à son peuple. Elles doivent se retrouver entièrement  dans l’agenda, c ‘est à dire être en mesure de choisir quel genre de système de sante , quel genre d’éducation répondra le plus à leur attente et quel politique de travail l’état doit mettre en œuvre pour leur faciliter un accès à l’emploi. C’est uniquement avec une politique inclusive que la jeunesse peut atteindre les objectifs. Et c’est dans ce sens que je travaille avec la jeunesse africaine pour que nous soyons au centre des politiques.

 Sinatou Saka: A quel niveau sommes-nous quant à la progression des OMD?

Bernard WANNOU: Le Rapport 2013 indique que des progrès importants ont été faits vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Même ceux des objectifs qui n’ont pas encore été atteints restent à portée de main. La réduction de moitié du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté et la généralisation de l’accès à des sources d’eau potable sont déjà réalisées. Les objectifs de VIH, paludisme et tuberculose sont en bonne voie. Par contre, il reste de gros progrès à faire pour réaliser les objectifs de lutte contre la faim, d’accès universel à l’éducation et de développement durable. Le contexte de la crise économique mondiale qui s’est traduite par des millions de chômeurs supplémentaires et a réduit le montant de l’aide au développement pour les pays qui en ont le plus besoin, complique la situation, mais en intensifiant ses efforts, la communauté internationale peut réaliser les objectifs et construire un avenir plus juste, sûr et durable pour tous.

Sinatou Saka: Comment prévoyez-vous d’associer les jeunes à l’atteinte des OMD.

Bernard WANNOU: Nous avons dans presque tout les pays du monde des organisations de jeunes des nations Unies pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement, ces jeunes travaillent pour rendre possible ces objectifs dans leurs communautés, leurs régions et dans tout le pays en générale.

La mission du programme des Nations Unies pour les jeunes est d’assister ces jeunes dans leur démarche et les impliquer d’avantage dans les actions des nations unies. Chaque année les nations unies organise une assemblée générale en septembre pour faire le point sur l’avancement des travaux avec les jeunes, ce que nous appelons [YOUTH DELEGATE AT THE UN]  et par la même occasion mettre à leur disposition des moyens pour une bonne poursuite de la mission.

Sinatou Saka: Comment les jeunes peuvent-ils faire face aux difficultés dont ils sont l’objet?

Bernard WANNOU: Le plus important n’est pas ce qui vous arrive dans notre vie, mais ce que vous faites avec ce qui vous arrive. Les difficultés font partie de l’existence  mais nous devons aller au delà de cela. Les jeunes doivent beaucoup plus croire en ce qu’ils font , avoir confiance en l’avenir et bien faire ce qu’ils font. La meilleure manière de faire face à ces difficultés est de changer sa société et de construire une société plus équitable. Une société qui pourra donner une chance égale à tout le monde de réussir et ce changement commence par chaque jeune.  

Vous êtes jeunes africains et vous avez décidé de quitter le continent pour construire un projet professionnel ou d’étude ailleurs, rejoignez la conversation pour apporter votre contribution au débat. Sur Twitter : @BGINIT, HASHTAG: #NODEUNPOST2015


Soutenons Les Toiles enchantées

Mes occupations quotidiennes ces derniers mois m’ont sans doute énormément éloigné de mon blog mais quand j’aurais des mots plus forts que le silence et un message à passer, je ne manquerais pas d’y faire un tour.
LesToilesEnchanteesV3PriceMinister – Rakuten s’associe aux Toiles Enchantées pour offrir grâce aux blogueurs des séances de cinéma aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés.

Du 03/02 au 28/02  je m’associe donc à cette noble cause pour publier sur mon blog un article qui se transformera en un don de 15 euros de Price Minister- Rakuten aux Toiles Enchantées afin de les soutenir dans leur merveilleuse démarche d’offrir gratuitement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés les films à l’affiche sur grand écran, comme au cinéma !

Pour l’action, je réponds donc à l’interview.

  • Quel est votre premier souvenir du cinéma ?

 

Le cinéma n’est pas très développé dans le pays où j’ai grandi. Pour le coup, j’y suis donc jamais allé avant de venir poursuivre mes études supérieures en France. Cependant, le premier film que j’ai vraiment regardé en condition de cinéma est « Kung Fu Panda ». Je me souviens encore de ce Panda nommé Po qui fascinait par son courage, son caractère et son humour.

  • Quel est selon vous le meilleur film pour enfants de tous les temps ?

Je ne sais si c’est le meilleur film de tous les temps mais je dirais l’Age de Glace. Ces animaux hilarants qui se confrontent à des difficultés dans un univers parfaitement inconnu sont pour le coup très attachants.

  • Une machine à voyager dans les films vient d’être inventée. Vous avez la possibilité de vivre les aventures d’un de vos héros cinématographiques d’enfance, dites nous qui ? (ex : Elliott dans E.T…)

Alors, il y en a tellement! Mais je pense que petite fille, j’aurais voulu vivre les aventures de Giselle dans « Il était une fois… »

  • Dites nous en une phrase pourquoi vous aimez les Toiles Enchantées !

Pour voir un sourire sur les visages de ces enfants malades.

Vous aussi participez à la chaîne de solidarité en participants à #1Blog1Séancehttps://bit.ly/1d7Og1o ou en faisant directement un don si vous n’avez pas de blog. (ça vous prendra que quelques secondes)

Comment participer et soutenir Les Toiles Enchantées ?

C’est très simple ! Il suffit de :

  • Répondre à l’interview « cinéma et enfance » (voir les questions plus haut) sur votre blog en mentionnant que vous participez à #1Blog1Séance.
  • Faire un appel aux dons à vos lecteurs.
  • Envoyer un e-mail à oliver.moss[at]priceminister.com avec l’url de votre article.

Votre article se transformera automatiquement en un don de 15€ pour les Toiles Enchantées ! Soit une séance de cinéma pour trois enfants hospitalisés.

  • Vous pouvez aussi inviter d’autres blogueurs à participer sur Twitter en utilisant le tweet suivant :

Je viens de participer à #1Blog1Seance @[xxxxx] participe aussi et @PriceMinister donnera 15€ à @LesToileEnch https://bit.ly/1d7Og1o

Les Toiles Enchantées en quelques mots

Depuis 17 ans, l’association Les Toiles Enchantées sillonne les routes de France pour offrir gracieusement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés des séances de cinéma dans leur établissement, en projetant les films dont tout le monde parle, au moment même leur sortie en salle, voire parfois en avant-première, en présence des comédiens ou des réalisateurs !

Grâce à cette immersion dans des films de tout genre soigneusement sélectionnés, Les Toiles Enchantées permettent aux jeunes malades ou handicapés de briser leur quotidien, de s’évader, d’accéder à la culture et au divertissement des jeunes de leur âge, et de « se sentir comme tous le monde ».

Les séances de cinéma aident aussi à lutter contre l’isolement et le découragement en créant des rencontres et des connivences entre les enfants au travers des projections.

Le “vrai” cinéma à l’hôpital, c’est un pied-de-nez à la maladie, une fenêtre ouverte sur la vie.

Faites-un-don


L’Afrique est le continent de demain : et après ?

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/06/04016-20110606ARTFIG00811-l-afrique-subsaharienne-continue-de-croitre.php
https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/06/04016-20110606ARTFIG00811-l-afrique-subsaharienne-continue-de-croitre.php

L’Afrique est aujourd’hui le continent le plus convoité. Selon Afrique Renouveau, l’Afrique a la population la plus jeune du monde avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans.  Et cette croissance démographique va continuer de croître. La population en âge de travailler  » devrait exploser en nombre absolu, passant de 430 millions à 960 millions entre 2000 et 2030, pour dépasser celle de l’Inde dans les années suivantes », estiment Jean-Joseph Boillot et Stanislas Dembinski. Selon le FMI (Fonds monétaire international), 22 pays subsahariens atteindront à l’horizon 2015 un PIB par habitant suffisant pour voir s’y développer une consommation de masse  des produits étrangers. 

Devant ce flou de prévisions aussi positives les unes que les autres, on a tendance à oublier que toutes ces statistiques restent des possibilités qui peuvent se voir modifiés en fonction des aléas aussi bien politiques que sociétaux dans chaque pays. Des risques comme la stagnation de l’économie ou des problèmes budgétaires dans les pays existent bel et bien. Pour exemple, le rapport annuel du FMI, Perspectives de l’économie mondiale, a présenté une évaluation très encourageante de l’économie mondiale. Il prévoyait un produit intérieur brut annuel (PIB) d’environ 4,5 % bientôt. Cependant, le FMI a régulièrement revu ses projections économiques à la baisse. Les prévisions concernant la reprise économique de l’Inde, en forte baisse et qui tarde à rebondir, illustrent bien les limites de cette inondation de chiffres concernant l’Afrique dont nous sommes l’objet qui repose essentiellement sur des agents économiques très fluctuants.

Mais là n’est pas la problématique de cet article, mais soyons prudents face à tout ceci.

Au cours d’une discussion avec un proche à moi, ce dernier a attiré mon attention sur un point très important que vous n’ignorez pas, mais dont on parle très peu. J’ai donc décidé de réfléchir à la question.

Cette Afrique mirobolante va être dirigée par qui ? Qui sont ceux qui seront à la tête de ce continent plein de ressources, épargné par la crise économique et au taux de croissance le plus élevé. Qui sont ceux qui auront « la chance » d’être à la tête de cette dynamique d’importation que connaît l’Afrique actuellement ? Les Africains eux-mêmes ou vont-ils rater le coach une fois encore et se laisser dominer par les autres ? Rien n’est moins sûr…

Nous sommes à l’ère où l’Afrique est envahie de toutes parts et au cours de laquelle les intellectuels africains proposent même des solutions pour permettre à des investisseurs étrangers de mieux pénétrer ce marché où ils sont tous en pleine concurrence acharnée.

En effet, il est question de savoir comme il y a quelques siècles qui aura la plus grande part de marché sur le continent. Et les stratégies pour atteindre cet objectif ne sont pas des moindres. Récemment, je lisais dans un rapport, «  Les atouts de l’Hexagone sont nombreux. Ce que la France peut apporter au continent est considérable. Ce qu’elle peut en retirer l’est tout autant. » Peut-on être plus clair dans ces cas et nous dire ce que la France à travers Areva a apporté de « considérable » aux Nigériens depuis qu’elle exploite les ressources de leur pays ? La réponse à cette interrogation nous aiderait fortement à mieux comprendre ces nouveaux partenariats qui s’ils ne sont pas bien négociés ne profiteront qu’à une élite ou une classe privilégiée dans les pays concernés.

Il faut savoir que nous ne sommes pas dans un monde de bisournous et que les plus forts dévoreront les plus faibles. C’est la loi du marché…

La Chine et compagnie

Savez-vous que les Chinois  qui sont aujourd’hui les principaux maîtres d’ouvrages des grandes infrastructures en Afrique-qui surenchérissent les coûts des travaux au nom du partenariat avec les pays- apprennent les langues autochtones ? Nous refusons de croire que nos amis, les Chinois apprennent le fon ou le yoruba au Bénin par exemple pour se fondre dans la masse.

Les  Indiens, les Brésiliens, les Américains, les Turcs ont défini des stratégies africaines très claires qu’ils mettent méthodiquement en oeuvre. Ces derniers ont bien compris que pour avoir du pouvoir dans un avenir proche, il fallait prendre de la place en Afrique, ce continent qui regorge de ressources.  On distribue notamment de plus en plus de bourses d’études aux étudiants africains. Les Indiens exportent avec succès leurs films Bollywood un peu partout en Afrique  et s’appuient  sur un réseau d’Organisations non gouvernementales (ONG). Le chercheur Daya Thussu nous parle à ce sujet du « Soft Power » de l’Inde en Afrique. Les Etats-Unis ne sont pas en reste. Derrière les discours pro démocrates, ils prônent des partenariats gagnant-gagnant avec les Africains.

L’Agro-Business représente aussi un pan non négligeable de cette situation :

Pendant que les paysans peinent à s’investir pour différentes raisons notamment économiques, les terres africaines sont rachetées par des investisseurs étrangers.

Tout ceci n’étant pas à condamner puisque c’est la résultante de l’incapacité de chaque Etat africain à exploiter lui-même ses propres ressources.

Inversement des tendances

Les mouvements migratoires changent, les jeunes Espagnols vont de plus en plus en Afrique  et si cette tendance tend à se généraliser, elle aura certainement les mêmes conséquences que tout mouvement migratoire. Reconnaissons-le, c’est une belle bien revanche, mais voyons de plus près, si les emplois restent précaires aujourd’hui malgré la croissance de certains pays, qu’adviendrait-il avec un flux migratoire important soutenu par le clientélisme et les facteurs culturels qui pèsent encore dans certains pays ?

Enjeu important

Loin de prôner un protectionnisme absolu, mais visant sensiblement au changement de certaines « règles du jeu », nous refusons surtout tout déterminisme qui tend à dire que l’Afrique est le continent de demain sans prendre en compte tous les aspects notamment le plus important, celui de ceux qui vont diriger ce continent et pas seulement.

D’ailleurs, dans un classement récent, le Botswana était présenté comme le  pays africain le plus prospère. Mais comment apprécier cette situation alors que le Botswana traverse en ce moment une pénurie d’eau très forte.

Pour certains, « Avec la démocratisation et la stabilité, beaucoup d’Africains de la diaspora rentrent au bercail ». Ce qui n’est pas erroné, mais d’une part la démocratisation n’étant pas effective dans tous les pays, qu’en est-il des autres Africains de la diaspora? et d’autre part leur donne-t-on les moyens d’agir et de développer leurs compétences une fois rentrés comme ils l’auraient souhaité ? Et combien parmi eux, suite à des échecs renouvelés ne retournent pas d’où ils viennent pour soit se reconstruire là-bas ou repenser leurs stratégies ?

Il est clair également que la situation géopolitique très instable en Afrique risque de ralentir cette croissance dont parle tout le monde. Avec des dirigeants despotes ou les situations catastrophiques comme celles qui se déroulent aujourd’hui au Congo ou en Centrafrique cela ne favorisera certainement pas la croissance dans ces pays mouvementés. D’où une inégalité de la croissance puisque certains pays seront exclus.

Arrêtons de généraliser  

Evitons de parler de façon globale quand il s’agit de parler de la croissance en Afrique. Les réalités sont très injustes sur le continent. Le Nigeria, grand pays pétrolier ne partagera pas demain ses richesses avec le Bénin, pays  sans ressources minières. Il contribue certes fortement à l’économie de ce dernier. Chaque pays se construit en fonction de ses ressources. Il en est de même pour le Kenya qui connaît une dynamique prospère ces dernières années.

Il est bien trop facile de dire l’Afrique a le meilleur taux de croissance alors qu’on sait très bien que le Ghana évolue peut-être mais le Niger reste l’un des pays les plus pauvres au monde  et que très peu de choses changeront pour la majorité s’il n’y a pas une vraie refonte du système politique. Encore que, le fameux taux de croissance  sans développement a beau croître, le chômage flambe et les commerçantes se plaignent constamment.

Le but de cet article n’est pas d’éloigner tout espoir du continent, mais de vous permettre de saisir des enjeux. Car c’est avant tout les ressources du continent qui sont convoitées et il vaut mieux que les Africains se mettent à les exploiter au lieu de se ravir de l’arrivée d’investisseurs étrangers qui apportent des fonds certes, mais servent avant tout leurs intérêts économiques.

L’Afrique ne fera pas de miracle si les Africains ne se mettent pas à la tâche.

Le débat reste ouvert car même si nous souhaitons des pays mieux dirigés, il s’agit de se demander déjà comment mieux dirigés et que mettons-nous dans ce terme, quelles sont les priorités où nous serons tous unanimes.  

Il y a quelques mois, je disais avoir de la chance d’être africaine, aujourd’hui je ne sais pas si j’aurais la chance de travailler sur ce continent.

Les discussions doivent aussi se tourner vers ces enjeux-là. Certains l’ont  compris comme on peut le découvrir dans l’intervention de ce jeune entrepreneur africain.    


Entre Journalisme et Recherche…

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Que vais-je vous apporter dans cet article ? C’est assez bizarre mais c’est la question que je me pose. En effet, pour moi aujourd’hui, il serait inutile d’écrire sans être certaine que la lecture de ce texte vous apportera quelque chose.

Je ne sais pas si j’avais la même démarche systématiquement avant ma formation en recherche. Je ne pense pas. Le but était d’abord de poser entre les lignes des émotions.

Émotions, voilà un bien grand mot duquel je m’éloigne sérieusement dernièrement car j’ai compris une chose. L’émotion sans doute importante aussi fait de l’ombre à l’ « objectivité » si celle-ci existe bien sûr.

Apprenti journaliste, continuer à écrire comme avant quand on entame une formation en recherche est loin d’être chose aisée. Certains d’entre vous ne verront pas le lien entre ces deux situations et pourtant il existe bien et je pense même utile.

La recherche cette année m’a bouleversé, le moins que l’on puisse dire est que je m’y attendais pas du tout si déjà j’avais du mal à trouver mes marques au début de cette formation.

Mais aujourd’hui, rien n’est plus pareil, j’en ai peur certes mais c’est tant mieux !

Je m’en vais vous expliquer tout le processus que j’ai eu à mettre en place et qui m’a éloigné de mon blog pendant ces derniers mois.

Mettre de côté son à priori, faire fi de ses préjugés :

Quand on entame une formation en recherche comme ce fût le cas pour moi cette année, soit tu te laisses emporter par le virus de la recherche et tu n’en sors jamais. Tu découvres la construction d’un modèle, d’une théorie, la vie des grands auteurs, leur immense capacité d’analyse et tu commences à t’identifier à eux : imaginer une théorie, la reprendre, l’améliorer, l’abandonner.
Soit tous ces discours n’ont aucun effet sur toi et tu te dépêches de quitter le milieu à la prochaine occasion.

Mais pour ça, il faut être ouvert d’esprit et mettre de côté ce qu’on a pu considérer toute sa vie comme juste.

Pour une personnalité comme moi, ce n’est pas la chose la plus facile à faire mais je dois reconnaître que ce nouvel environnement m’a permis d’accueillir ces nouveaux savoirs et d’être fascinée…

Vous imaginez bien qu’apprendre qu’un fait relaté par un journaliste peut être  aussi contesté qu’un théorème anodin car « le fait » en soi est complexe à définir, déconstruit bien de valeur que vous accordez à ce métier.

Mieux, le plus difficile à accepter est de découvrir que le «noble » métier de journaliste est consciemment ou non acteur du système qu’il condamne.

Par exemple, la moitié des informations traitées par les médias proviennent des services de relations publiques de différents acteurs du système qui ont pour seul objectif de communiquer.

Autant de limites qui posent qu’on le veuille ou non quelques problèmes éthiques…

Valeur de mon ancien discours

Ensuite, vous vous rendez vite compte que ce que vous avez pu écrire ou dire ces dernières années est loin d’être aussi juste sous toutes les coutures, que cela devient fortement discutable et vous vous demandez quel sujet réexpliqué en premier aux lecteurs.

Mais la question qui vous pèse surtout est : vos lecteurs comprendront-ils ce nouveau langage ? Pas qu’ils condamneraient la remise en question mais étant en dehors de la recherche, comprendront-ils vos explications ?

Vous arrivez donc à vous demander s’ils comprendront vos articles.

Tenez, si je vous dis que la fracture numérique (terme que j’ai souvent utilisé sur ce blog) n’est peut-être qu’une représentation partielle puisque dans les pays du Sud, dits victimes de cette fracture, les populations développent des alternatives technologiques très innovantes et n’existant pas dans les milieux développés, qu’allez-vous en penser ?

La mise en question de mon travail m’a permis de mieux réfléchir sur mes motivations premières sur le type de texte que j’ai envie d’écrire.

La mise en cause permanente

La recherche est donc un outil de mise en cause permanente sans aboutir à de véritables solutions mais au moins à une prise de recul nécessaire face aux concepts que l’on pense maîtriser.

En un mot, rien n’est affirmatif. Il n’y a que des réflexions qui naissent. Qui servent à quoi ? A tenter d’expliquer et solutionner au plus près certaines situations.

Pour une passionnée de journalisme comme j’ai pu me décrire sur ce blog, vous remarquerez la difficulté mais aussi le choc des méthodes, sans parler de mon acclimatation lent dans mon nouveau cadre de vie et de ses réalités particulières. Au lieu de me ranger d’un côté de la balance, cela m’amène à chercher le juste milieu, à m’adapter coûte que coûte (le plus dur) et à chercher à comprendre les disparités dans la société actuelle.

La recherche qui intervient donc à point nommé pour ça exige de la patience, le journalisme, de la rapidité quelques fois. Je serai ni l’une, ni l’autre mais n’espérez plus de moi un article par semaine ou par mois. Désormais, je vous servirai le fruit de mes réflexions quand j’en aurais vérifié la validité et que je les jugerais assez mûres ou pas loin.

Cela pourrait paraître ennuyeux pour certains mais je tends vers quelque chose  d’assez diversifié et qui permet d’apprendre régulièrement de nouvelles choses. De se poser des questions et d’aider humblement  les gens à être moins passif par rapport à ce qu’on leur présente, à développer l’esprit critique.

Je suis consciente que tout ceci est vraisemblable (je m’étonne moi-même) mais que dire, j’ai envie de  «creuser».

Quant à vous, n’ayez pas peur de l’aventure, essayer des choses qui vous paraissent fascinantes sur le coup.

Vivez vos rêves ! « Il ne faut surtout pas hésiter à emprunter des chemins détournés, ni à saisir les opportunités qui se présentent. »

Vous n’avez pas l’âge des regrets, vous ne perdez donc rien..


Mohamed.Rencontre avec un immigré marocain

Trois jeunes migrants originaires d'Erythrée, rescapés du naufrage du 3 octobre au large de la petite île italienne, ne veulent pas être reconnus : ils ne souhaitent pas demander l'asile aux autorités italiennes, l'Italie n'est pas leur destination finale.Crédits : Olivier Jobard / MYOP pour Le Monde
Trois jeunes migrants originaires d’Erythrée, rescapés du naufrage du 3 octobre au large de la petite île italienne de Lampedsa.
Crédits : Olivier Jobard / MYOP pour Le Monde

Commençons par être sincère, j’en avais un peu assez d’entendre parler de cette actualité scandaleuse : le drame de Lampedusa sur toutes les chaînes d’infos ou sur les réseaux sociaux. Cependant, quel journaliste ne se réjouirait pas de discuter avec l’acteur principal d’un événement.

Vous l’avez compris, je suis tombée sur un immigré ! Coup du sort ou une actualité qui me poursuit tout simplement. J’ai rencontré tout à fait par hasard Mohamed -que j’ai nommé ainsi- puisque son français n’était pas très aisé pour que je déchiffre exactement son prénom.

Lyon 16 h 14, départ du train en partance pour Grenoble, j’essaye de finir inlassablement un bouquin qui a trop traîné sur ma table d’étude. Trois hommes d’origine arabe apparemment cherchent une place dans le train et s’avancent alors vers moi. L’un deux , Mohamed demande à s’asseoir à côté de moi.

Au moment où j’allais me replonger dans la lecture, le voilà qui me demande si je travaille en France ou si je suis étudiante. Sans même me laisser le temps de répondre à cette question , il m’apprend qu’il est marocain et qu’il est venu en France en bateau depuis seulement trois jours. A ce moment, je réalise que j’avais le sujet de mon prochain billet de blog. Je dépose alors mon bouquin pour en apprendre plus sur ce jeune homme.

Mohamed, jeune Marocain âgé de 25 ans a rejoint l’Espagne du Maroc  sur une embarcation de fortune avant d’entrer clandestinement en France. Il me confie que ce trajet sombre et effrayant qui l’a conduit en Espagne avec ses amis a duré plus de 10 heures. Depuis, il passe ses nuits dans les rues….

 

Mais pourquoi prendre un tel risque ?

Mohamed que je découvris bien intéressé par la suite me raconta qu’au Maroc , la richesse était très peu partagée.  « Le roi est le plus riche» dit-il et la plupart des jeunes avaient des emplois précaires.

«Au Maroc, je gagnais 50 euros et on m’a dit qu’ici je pourrais gagner dix fois plus».

(Mais qui t’a fait une telle promesse et t’a fait miroiter cette image de l’Eldorado? ) Le passeur certainement…

Voulant mieux comprendre cette expérience de migration, je lui demandais s’il était au courant des Africains morts en voulant atteindre l’Italie.

Gêné et soulagé, il répondit par l’affirmatif.

Où sont les policiers?

Je sais ! Souhaiter la présence des forces de l’ordre n’est pas très conventionnel pour des immigrés sans papiers. Cependant, quand je pose la question à Mohamed à savoir s’il n’avait pas été repéré, il me confia qu’il y avait très peu de policiers à son arrivée en Espagne…Aller comprendre pourquoi ?

Il put alors filer en douce vers la France.

Les Français ont un coeur de pierre !

Rassurez-vous, ce n’est pas moi qui le pense, mais Mohamed.

Pendant qu’il m’explique son parcours, Mohamed me parle de ses difficultés depuis son arrivée. Il m’informe qu’il a demandé 4 euros aux voyageurs dans la gare pour se nourrir et que toutes les personnes lui répondaient qu’elles n’avaient pas d’argent. Réponse qui lui a fortement déplu. 

« Ici, ils ne font pas  la zakat » conclut-il.

Pourquoi demander 4 euros? Je demande alors à Mohamed s’il avait au moins pris un billet pour monter dans ce train.

Naturellement non ! Clandestin jusqu’au bout, Mohamed avait pris tous les risques et espionnait à chaque minute le contrôleur du train.

Comment peut-on vivre avec la peur au ventre ?

Je vous épargne mes sempiternelles leçons de morale à l’endroit de Mohamed lui rappelant qu’il vaut mieux souffrir dans son pays que de vivre dans la clandestinité sous d’autres cieux.

Que vas-tu faire à Grenoble?

Chercher du travail répond Mohamed.

Un hypothétique travail que peinent à trouver ceux qui sont en situation régulière?

C’est déjà beaucoup mieux que d’où je viens, poursuit Mohamed…

Et dormir où? Dans les mosquées, s’il y en a…

Le moment où tout a basculé…

A mon insu, on était trois dans le train à vivre ce discours d’immigré au cours de la première heure du trajet.

Trois jeunes femmes à observer d’authentiques inconnus se glisser dans les toilettes quand le contrôleur s’approchait ou changer de wagon à chaque fois qu’ils sentaient un danger.

Mais le pire, c’est que ces inconnus avaient un objectif bien précis.

Nous amener à nous apitoyer sur leur sort et ainsi leur venir en aide ou mieux les ramener chez nous…

Une fois, la narration de son histoire finie,le voici qui me demande si j’étais mariée ? Quel âge avais-je? si je vivais seule à Grenoble?

Ne comprenant plus la tournure de cette discussion, je lui réponds bien gentiment que ces détails ne le regardent point, mais il poursuivait ces questions.

-Pourrais-tu m’aider à découvrir Grenoble? me lança-t-il.

-Je veux rester avec toi. J’ai peur a-t-il ajouté.

Stupéfaite et désarmée, j’hésite entre me demander si je dois toujours suivre mon instinct de journaliste qui me pousse à parler à un parfait inconnu ou faire comme si je n’avais rien entendu.

« Je ne vais pas retourner au Maroc. »  reprit-il souriant ou devrais-je dire ricanant pour répondre à ma dernière question.

Il est 17 heures, nous sommes au premier arrêt. Je suis malgré moi replongée dans mon bouquin.

Notre «fugitif immigré» tente d’aller dire un mot à ses deux autres amis dans le couloir. 

Je respire profondément. Je crois que je suis soulagée que cet homme se soit levé ne serait-ce qu’une seconde.

Je regarde autour de moi s’il est assez loin. 

Oui, il est descendu à l’arrêt juste avant la gare de Grenoble. Oppressé par le passage du contrôleur de train qui risque de mettre fin à son voyage à peine commencé je crois…

Je le regarde alors s’éloigner en me demandant combien de Mohamed il y a en France aujourd’hui et que font-ils?

J’ai pensé aux  plus de vingt mille morts qui ont tenté de traverser la Méditerranée.

Peut-on en vouloir à ces victimes qui n’ont même pas eu droit aux hommages de leur propre pays?

Qu’adviendrait-il de ces pays sans ressources humaines ou de ces destinations européennes envahies par des jeunes qui pratiquent  bon ou de mal gré des activités illicites pour s’en sortir ?

« Saurions-nous un jour donner le véritable espoir à la jeunesse de notre continent? »

Des questions éternellement sans réponse.

 


J’ai décidé de me rapprocher de mon rêve

Déjà un an ensemble !

Certains me connaissaient déjà sur mon premier blog (que je néglige énormément en ce moment), mais il y a un an d’autres me découvraient et ont appris à me connaître article après article sur Mondoblog. Ce beau projet dont je ne vais pas faire l’apologie aujourd’hui, mais grâce auquel cette année fut tout simplement extraordinaire. Pas seulement à cause des multiples opportunités que j’ai eu le courage de prendre, mais surtout parce qu’on y éprouve de la solidarité, de la fraternité, bref de l’attachement pour vous, chers lecteurs, mais aussi pour tous ces jeunes gens qui partagent la même passion que vous.

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Vous l’avez compris, cet article est très particulier. Aujourd’hui, je ne vous parlerai pas de mes déboires au Bénin, de politique nationale ou internationale, de numérique ou de jeux de la Francophonie (mon épisode préféré), mais d’un changement très important qui influencera toute la ligne éditoriale de ce blog.

Depuis quelques jours, je ressens comme un devoir de vous tenir informés, car cette aventure, on l’a commencé ensemble.

Pour commencer, j’ai eu du plaisir à vous faire vivre pendant toute cette année et presque 100 articles, mon quotidien au Bénin. J’ai ressenti par moment de la fierté, de la haine envers nos dirigeants, mais surtout de l’amour pour ce pays. Ces articles m’ont fait remporté bien de mérites, celui de femme leader béninoise désignée par l’Organisation internationale de la Francophonie ou encore ma sélection pour la formation Mondoblog à Dakar : un moment fort de mon existence.

 

Ma passion pour le journalisme m’a fait faire bien des sacrifices, mais le risque en a valu la peine. Merci à Mondoblog !

Au cours de cette belle année, j’ai donc rencontré des personnes formidables et le blog a atteint de belles performances au niveau statistiques. Je me refuse souvent à regarder les chiffres, mais pour une fois, je suis vraiment heureuse d’être lue de partout sur la planète avec des reconnaissances très sympathiques. France 24, RFI, Le Monde, L’Express, Global Voices, Vox Africa, Afrikarchi, Africaweblab, WomenandAfrica, OIF et bien d’autres ont à un moment ou à un autre relayé ou publié l’un de mes articles. D’agréables moments de joie qui vous font oublier bien vite toutes les difficultés que vous pouvez rencontrer dans ce milieu.

A présent, une page se tourne !

On dit qu’une vie humaine se motive par le besoin de rendre encore plus fiers les siens et de vivre son rêve. Alors, j’ai décidé de me rapprocher un peu plus du mien et de le vivre pleinement (même si je laisse derrière moi des êtres chers et des blessures… ).

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Ainsi, au cours des prochaines années, j’écrirai mes billets de blogs depuis Grenoble en France où j’étudie en ce moment avec enthousiasme et réalisme, les sciences de  l’information et de la communication en second cycle.

Quel avenir pour ce blog ?

Cette question, je me la pose depuis plusieurs semaines déjà. Aujourd’hui encore, je ne saurais vous donner une réponse exhaustive. Malgré mon attachement à mon pays, il me serait assez difficile de continuer à vous abreuver de la vie béninoise. D’ailleurs, avec plusieurs autres amis, je coordonne à présent une plateforme où vous pourrez toujours lire des articles intéressants de jeunes blogueurs sur l’actualité béninoise que nous accompagnons. C’est un peu ma manière à moi d’aider et d’entretenir le journalisme participatif au Bénin. (Nous en sommes encore au début, mais nous progresserons !)

Aussi, je lancerai bientôt mon site internet personnel qui sera avant tout un lieu où vous pouvez retrouver tous mes articles mis en ligne. Ceci afin de centraliser les choses.

Pour ce qui concerne Daily Sinath, j’aimerais bien vous faire découvrir ma vie à Grenoble, mes rencontres et certainement poursuivre des critiques objectives de l’actualité au pays. Les différentes cultures qui s’entremêlent ici m’interpellent également.

Au-delà de tout ça, je pense aussi à la possibilité de faire de ce blog, un espace littéraire. Plusieurs questions se bousculent dans mon esprit et vos suggestions sont vivement souhaitées.

Je reste très ouverte, n’hésitez donc pas à laisser vos propositions en commentaires.

Certains lecteurs m’ont confié leurs craintes, mais je vous rassure, ce que je partage avec vous est  très fort et je suis certaine qu’ensemble, on relèvera bien de défis.

Le meilleur reste à venir… Ce serait bête de s’arrêter ainsi.

En définitive, je pense que ce morceau de Zaho résume bien tout ceci ! » Je laisse ma plume me porter…. »

Sinathlafricaine !

 


Enquête après le drame de Porto-Novo : Comment vont nos infrastructures routières ?

Minibus écroulé dans la lagune de Porto-Novo
Minibus écroulé dans la lagune de Porto-Novo.

Suite à l’accident de Porto-Novo survenu le 30 juin 2013 sur le pont de la ville, bien de Béninois se sont posés la question de savoir quelles sont les causes du drame. Vétusté du pont ou imprudence du conducteur, beaucoup se sont plus penchés sur la première position. Nous avons mené l’enquête …

 

Dimanche 30 juin, un minibus s’écroulait dans la lagune de Porto-Novo.  Bilan du drame : pas connu…

Juste deux corps retrouvés après les fouilles.

Comme explication, la population n’a eu droit qu’à des « suppositions ».

Aucun expert n’a réagi pour éclairer les lanternes des populations. Aucune enquête n’a été ouverte pour situer les responsabilités.

Ce drame a ouvert un débat sur l’entretien effectif de nos infrastructures routières en général.

Chimène habite Akpakpa, mais bouge régulièrement du côté de Porto-Novo donc a souvent emprunté le seul pont qui donne accès à la ville. Pour elle, même si la responsabilité du conducteur est remise en cause, l’état du pont y ait pour quelque chose. « C’est vrai que le conducteur à une part de responsabilité, mais il y a aussi l’état de l’infrastructure. Les garde-corps sont très vieux et pas du tout solides. S’ils étaient au moins en bon état, ils auraient pu empêcher le véhicule de se retrouver dans la lagune », affirme-t-elle.

Pour d’autres usagers, les piliers des ponts s’usent et les rails se dégradent, pourtant nous avons très peu de circulation de trains.

A tort ou à raison nombreux sont les citoyens usagers qui ont pensé comme Chimène. Tous accusaient les autorités compétentes du domaine pour n’avoir pas assuré la sécurité des usagers et prévu ce drame en entretenant l’infrastructure ne serait ce que les garde-corps.  A commencer par le maire de Porto-Novo qui une fois sur les lieux du drame avait confié à la presse que la mairie avait plusieurs fois demandé un audit de ce pont.

Il s’était aussi exaspéré face du fait que la ville capitale ne soit reliée au reste du pays que par un seul pont. « Imaginez que l’incident soit plus grave, Porto-Novo serait coupé du reste du monde », avait-il affirmé.

Les explications de l’administration publique

Selon des chiffres au niveau de la Direction des Travaux publics l’état des infrastructures routières en est pour moins parmi les causes d’un accident, il est généralement d’ordre de 12 % lors de la survenue d’un accident.  « Il existe trois facteurs responsables d’un éventuel accident. Bien sûr l’état des infrastructures, du véhicule et de l’humain. C’est-à-dire la personne responsable de la conduite. Le plus souvent, la plus grande part de responsabilité tourne autour de ce troisième facteur, l’humain », nous explique Lucien Houssa ingénieur des Travaux publics (TP) au niveau de la Direction générale des Travaux publics (DGTP). 

« Evidemment, le conducteur doit adapter sa  vitesse à l’état de la voie. Pour ce qui est de l’incident de Porto-Novo, l’on ne va pas incriminer l’état du pont. Le conducteur du minibus était en excès de vitesse. Et ce n’est pas parce qu’il y a un accident sur un pont ou qu’un train déraille que l’on va remettre en cause sa fiabilité sa résistance. Le pont de Port-Novo c’est environ 12 000 véhicules par jour et depuis bien des années, voyez-vous ! »

Au  Bénin, les infrastructures routières ne font souvent pas l’objet d’entretiens réguliers. Nous avons l’exemple de l’axe Akassato-Bohicon. « Que les autorités entretiennent les infrastructures ou pas, je m’en moque. Ce qui peut me déranger moi, c’est peut-être la route Akassato-Bohicon parce que cela m’empêche d’aller vers le nord », nous confie un cadre du ministère de la Famille.

Cependant il est bien sûr légitime pour les citoyens de se questionner après l’accident de Porto-Novo sur l’entretien de nos ponts. Est-ce que l’on n’aurait pas pu éviter le drame si ces garde-corps étaient résistants ? Est-ce que l’on peut avoir confiance en nos  trois ponts de Cotonou ? Du moins les deux premiers : l’ancien pont construit en 1930 et le nouveau pont achevé au début des années 1980.

« Les garde-corps ne sont pas faits pour des chocs semblables à la projection d’un minibus sur ces derniers. Ils n’y résisteront pas. Et dans aucun pays au monde vous ne verrez des garde-corps installés pour ces genres de situation. Ils sont faits juste pour la sécurité des piétons », explique Albert Avocegamon, Directeur des entretiens routiers (DER) au niveau de la DGTP.

Pour ce dernier, si les garde-corps retenaient les véhicules, ceci provoquerait inéluctablement d’autres accidents.  

«  Pour ce qui est de l’entretien et du suivi de nos infrastructures routières nous faisons avec les ressources dont nous disposons. Il faut dire qu’il existe des structures et services. D’abord au niveau national (la Direction des entretiens routiers), mais aussi au niveau départemental où nous avons de structures pour s’occuper des infrastructures au niveau de chaque département. Il existe un fonds destiné à l’entretien des infrastructures. Mais les ressources sont limitées. Il  est très difficile de faire à chaque fois des suivis réguliers ». Henri Doutetien, ingénieur expert en travaux publics et Directeur général du cabinet ETRICO spécialisé en ingénierie-conseil, ira plus loin : « L’entretien régulier d’un pont est pratiquement nul. Un pont est construit pour durer tout au moins 100 ans. On peut l’ausculter ou faire des études pour voir s’il est toujours résistant ou s’il est toujours dans les normes. A la limite faire une surveillance pour voir s’il y a des effritements dus à des accidents ou à un quelconque incident. Les garde-corps ont besoin d’être badigeonnés. II faut faire une lutte antirouille en sachant  bien sûr qu’ils sont présents pour la sécurité des piétons et non des moteurs.  Mais rien de plus. Mieux si c’est en aluminium avec système composite comme Porto-Novo, il n’y a rien à faire ».

A l’exception des routes qui, elles, doivent bénéficier de beaucoup plus d’attention « une couche complète  de goudron tous les cinq ans à cause de l’eau ». Précaution qui n’est bien sûr pas prise par les autorités béninoises.

Henri Doutetien s’est aussi penché sur les besoins de rénovation d’un pont. Mais rénovation ne serait pas le mot qu’il utiliserait. « Rénovation non ! On ne doit la construction d’un  nouveau pont qu’à un besoin de nécessité de trafic. L’on ne construit pas un pont par plaisir. C’est quand l’on voit que le trafic est dense, qu’il est bouché que l’on décide de réaliser un nouveau pont juste pour décongestionner le précédent. C’est ce qui peut expliquer la présence de plusieurs ponts dans une même ville ».

Comme Cotonou aujourd’hui qui en a déjà trois et qui devrait en avoir un quatrième.

Aujourd’hui, les glissières sur le pont de Porto-Novo ont été réparées, mais l’insécurité sur nos routes reste un problème crucial.

Quelle leçon avons-nous retenue de ce drame ? Pourquoi les conducteurs de bus en commun ne sont pas enregistrés auprès d’un organe et sensibilisés sur les dangers de la route tels que l’abus d’alcool au volant ?

Pourquoi la plus grande route en direction de Porto-Novo après le carrefour Sèmè reste encore sans éclairage la nuit malgré la présence vérifiée de bandits sur cette voie.

Plusieurs questions restent sans réponses !

Alors même si les autorités n’en sont pas pour beaucoup dans le drame de Porto-Novo, plusieurs faits peuvent leur être imputés.

Enquête réalisée avec Herman BOKO.


Mes jeux de la Francophonie : rencontre avec Clément Duhaime, administrateur de l’OIF

Clap de fin! C’est fait! Le rideau est tombé hier à 18 h au stade Charles-Erhmann de Nice sur les Jeux de la Francophonie 2013.

Dans une ambiance festive et pleine de convivialité, après le passage des bénévoles et des différentes délégations participantes, l’émotion était de mise lors de la cérémonie de passation de drapeau entre la ville de Nice et la Côte d’Ivoire.

Après la première partie de soirée, place à la fête au cours de laquelle différents artistes  tels que Jean Jean Roosevelt, Dédé Saint-Prix, ont enflammé la scène.

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Cette semaine magnifique que j’ai vécue grâce à RFI Mondoblog et à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui m’ont invitée sur les lieux se termine alors en beauté.

Je m’en voudrais si je ne remerciais pas chaleureusement le personnel de ces deux organismes en général et Raphael Moreau, Ziad Maalouf, Raphaelle Constant, Yvan Amar, Virginie Aubin-Dubille, Isabelle Finkelstein en particulier qui ont été là du début à la fin.

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Je pars de Nice avec de beaux moments qui resteront gravés dans ma mémoire.

Et au nombre de ces moments forts finaux, ma rencontre avec Clément Duhaime, administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Cette interview que le numéro 2 de cette grande organisation a bien voulu nous accorder était portée sur les actions de la Francophonie en Afrique et sur son bilan personnel des 7e Jjeux de la Francophonie.

Je vous propose d’écouter l’intégralité de l’échange ici.

En outre,voici quelques points forts de notre conversation:

Sinatou Saka: En parlant d’impact de la Francophonie, quel est l’impact de cette organisation en Afrique?

Clément Duhaime : Effectivement, vous devrez constater que votre continent est le plus jeune du monde. Et c’est ce continent qui a pour la francophonie, le plus d’importance. Encore plus que par le passé parce que notre avenir va se jouer là. L’avenir de la francophonie va se jouer sur le continent africain à cause de la démographie mais à cause aussi du défi considérable que représente la réussite de l’éducation et de la scolarisation et également du fait que la langue française permet un accès à l’universel. Elle permet l’accès à des réseaux internationaux. 

Le Continent africain était là au départ.  Je le rappelle souvent, la Francophonie est née en Afrique. Elle n’est pas née au Nord, en occident. Elle est née sur le continent africain de la volonté de chefs d’Etats africains qui ont voulu ce regroupement. Et aujourd’hui, l’Afrique est toujours notre zone prioritaire d’intervention même si on intervient partout.

Sinatou Saka: Ces interventions peuvent être classées dans quels domaines?

Clément Duhaime: On a avec le temps, recentrer autour de 4 grands axes nos actions: Paix, Démocratie et Droits de l’homme, Renforcement et Prévention des crises, Accompagnement des sorties de crises que nous faisons présentement avec l’ Egypte et la  Guinée pour des élections législatives rapides. Aussi avec le Mali où nous avons été très présent. Le pilier très important qui est celui de la langue évidemment française et de la diversité des cultures avec toutes nos actions en faveur des cultures et de la promotion de la langue française. Le pilier aussi du développement durable avec toutes les questions d’énergies, d’environnement qui est extrêmement important avec notre institut au Quebec qui est dirigé d’ailleurs par une femme du continent, Madame Touré qui vient du Sénégal et qui dirige admirablement bien cet institut. La dimension économique aussi qui est très importante et vous avez des axes qui couvrent tous les secteurs: les jeunes, la conditions des femmes. Pour permettre aux femmes de se regrouper en réseau pour défendre leurs droits et aller vers l’égalité hommes-femmes. Et enfin, la question des nouvelles technologies, la révolution numérique qui est entrain de bousculer tous nos programmes d’actions parce qu’on y voit un avantage, un outil qui va nous permettre de faire des progrès considérables.

Sinatou Saka: L’Afrique étant majoritaire au sein de la Francophonie, quelles sont les actions à son actif et à son initiative pour promouvoir celle-ci?

Clément Duhaime: Notre action sur le continent s’est très bien développée. Les centres de lecture et d’animation en milieu rural. La majorité, on en a 300 dans 19 pays mais la plupart sont sur le continent. L’accompagnement pour le numérique. Que ce soit au Tchad où on envoie dans les prochains mois une mission de très haut niveau pour accompagner le Tchad qui souhaite devenir en Afrique un des pôles de développement pour les nouvelles technologies. Donc ce sont des initiatives africaines qu’on accompagne fortement. Nous sommes au service des Etats membres. La majorité de nos jeunes volontaires par exemple viennent d’Afrique et vont apporter leurs expertises en Asie, en Amérique,en  Europe.

Sinatou Saka: Parlons à présent des jeux de la Francophonie, quelles sont les innovations de la présente édition et quel était le défi à relever.

Clément Duhaime: Le défi tout d’abord c’était celui de réussir aussi bien que Beyrouth parce que les jeux de Beyrouth avaient été une très grande réussite dans un contexte difficile et le Liban avait remarquablement bien relevé ce défi. L’Etat Français avait vu comment les jeux s’étaient déroulé et l’objectif c’était effectivement de grimper plus haut. Je pense qu’on fera le bilan les prochaines semaines mais déjà, on peut constater que ces jeux sont réussis, ils se sont bien déroulés. Il y a certainement des améliorations qu’on peut apporter comme dans toute initiative. On peut faire mieux encore.

Les ivoiriens ont été là durant toute la période des jeux, ils ont examiné, ils ont vu et ils feront avec leurs originalités, avec leurs personnalités de cette grande fête de la jeunesse, un événement réussi.

Sinatou Saka: Quel commentaire vous inspire, la disparition de certains athlètes africains?

Clément Duhaime: Il y en a toujours lors de toutes les manifestations sportives et culturelles. Vous avez des jeunes qui malheureusement pensent que leurs vies seront meilleures  ailleurs. Dans 20 ans, ce sera peut-être le phénomène inverse. Ce sont peut-être les délégations d’autres pays qui viendront en Afrique et qui justement voudront rester. C’est ce qu’il faut souhaiter. C’est la situation économique qui est à l’origine. C’est le rêve de se dire, » je ne peux pas réussir là où je suis, je vais réussir mieux… ». Comment va-t-on résoudre ça? Parce qu’il ne faut surtout pas empêcher la mobilité. Ce serait catastrophique. La force de la Francophonie, c’est de permettre à tous nos jeunes, de circuler, de se rencontrer sinon, on ne formera pas une famille. La seule solution, c’est donc le développement. Plus, on va accompagner le développement économique de l’Afrique pour que la richesse soit répartie, pour que tous profitent des fruits de la croissance, moins on aura ce phénomène. On aura le phénomène inverse. Il faut donc affronter cette donnée qui est reliée à la crise économique.

Sinatou Saka: Quels sont les chantiers d’avenir de l’OIF?

Clément Duhaime: Le Secrétaire Général aura l’année prochaine à dévoiler lors du Sommet de Dakar, en terminant son mandat, un nouveau plan d’action pour la période qui suivra: 2015-2018. Nous sommes entrain de revoir l’ensemble de nos dispositifs. Une nouveauté qu’on annoncera dans les prochains mois, c’est par exemple qu’en ce qui concerne , les jeux de la francophonie, nous allons dorénavant accompagner les lauréats dans les manifestations internationales par du parrainage notamment. La relance des marchés des arts africains est une nouvelle initiative et nous sommes entrain de voir avec le numérique, dans le domaine de la formation professionnelle, comment faire mieux en utilisant ces outils parce que maintenant il y a 6 milliards de téléphones mobiles dans le monde et votre génération est entrain là aussi de faire une autre révolution: C’est qu’elle utilise facilement ces outils. Les instructions qu’on a c’est prioriser les jeunes et les femmes.

Sinatou Saka: Votre Mot de fin

Clément Duhaime: Je vous remercie parce que ce que vous faites est très important et je vais remercier à travers vous justement, les jeunes qui s’engagent à construire, à entreprendre, à développer. N’hésitez-pas à nous donner de vos idées, adressez-vous à la jeunesse du monde francophone et à la jeunesse africaine pour nous dire où la Francophonie peut être encore plus à leurs côtés pour leur permettre de réussir dans la vie.

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Retrouvez la biographie de ce grand homme.

Vivement Abidjan 2017!

 

 

 


Nice 2013: Mes nuits francophones

Juste avant le dernier billet en direct de la Côte d’Azur (eh oui! les jeux sont presque finis malheureusement), je vous emmène au travers de mes virées nocturnes dans la belle citée du sud. En effet, pour suivre successivement les finales des épreuves de chanson et de danse, j’étais le jeudi et le vendredi dernier respectivement à l’Opéra et au théâtre National de Nice.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Commençons d’abord par l’Opéra…

Jeudi 12 Septembre, il est presque 21 heures et je dois me rendre à l’Opéra. Curieuse et très heureuse de découvrir ce lieu que j’ai toujours imaginé dans mon esprit à travers mes lectures ou aperçu dans les films, je m’empressais d’assister donc au spectacle où je fus installé très vite par les ravissantes hôtesses.

Salle somptueuse, lumière magique, ambiance sobre, l’Opéra était mieux que dans mes rêves.

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Toute suite émerveillée, à peine je me remettais de mes émotions que la chanteuse libanaise fût son entrée sur la scène.

Avec sa voix hors norme et sa technique vocale bien ficelée, la belle chanteuse emporta dans son pays effrayé toute l’assistance.

Et si certains lui donnaient déjà la médaille d’or, le chanteur haïtien viendra bouleverser tous les pronostics.

Avec son air timide , le jeune Jean Jean Roosevelt a complètement enflammé la salle. Et si certains spectateurs n’hésitaient pas à se lever de leurs sièges pour esquisser quelques pas de danses, la plupart avait envie de monter sur scène pour danser avec lui.

JJR

Il nous a parlé d’amour, de paix, bref il nous a touché et nous a pénétré au plus profond de notre âme.

Mais trêve de compliment pour le bel haïtien  médaillé d’Or de ses jeux, place à la chanteuse burkinabé qui elle aussi de part son originalité a fait vibrer l’Opéra de Nice.

Marietou Ouedraogo
Marietou Ouedraogo

Toute petite dans sa tenue traditionnelle, la belle Marietou Ouedraogo, nous a fait découvrir les rythmes, danses et musiques de son pays natal.

Même si elle faisait partie de mes chouchous de la soirée, elle n’a remporté aucune médaille. Ce qui n’est pas grave. Elle a donné un show extraordinaire et a une belle carrière devant elle.

A présent ,et si on dansait…

Le périple niçois continue. Vendredi, j’étais au théâtre national pour…danser ou devrais-je dire apprécier les meilleurs danseurs de la planète francophone.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Mais ce n’était pas seulement de la danse, ici il est question de danse de création!

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Pour ceux qui ne comprennent toujours pas, c’est un cheminement nécessaire d’un sujet ou d’un groupe pour aboutir à une production artistique. 

Cependant, fâcheusement pour moi, venue « en retard », j’ai raté la première prestation. C’était celle du Burkina Faso.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Apparemment très touchante puisque les spectateurs en avaient presque les larmes aux yeux.

Bon puisque je n’ai pas suivi ce beau tableau, passons.

Les canadiens étaient les suivants sur la liste.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Et vu que  ces derniers nous ont habitué depuis le début des jeux aux médailles, on s’attendait bien à un excellent travail.

Nous n’avons pas été déçus naturellement. Mélange de légèreté et de précision, le tableau canadien dans un style très classique nous a illustré les conflits entre personnes censés travailler ensemble.

Ces rapports à travers cette danse était accablants mais surtout très touchants. Les canadiens nous ont fait rêvé et nous ont donné une belle leçon de vie.

Sans revenir sur la France qui unanimement a été beaucoup trop parfaite et le Cameroun, vainqueur de cette épreuve avec du grand art, je voudrais revenir sur l’équipe ivoirienne, mon coup de coeur de cette soirée.

Je ne vais pas le cacher, je suis un peu déçue que ses filles qui représentaient la Côte d’Ivoire ne soit pas sur le podium. Elles étaient belles, droites, performantes et surtout originales. Elles nous ont emmené en Afrique où sorcellerie, jalousie, peines, misère et solidarité sont le lot quotidien des populations.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Personnellement,j’ai été séduite par cette créativité et l’innovation avec laquelle , leurs corps dans un silence nocturne nous bousculaient autant.

Cependant, le gagnant, il n’y en a qu’un seul! Félicitation au Cameroun.

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

 

 


Les enfants niçois passent le flambeau des Jeux à la Côte d’Ivoire

Maurice Kouakou BANDAMAN, Ministre de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire a reçu, ce jeudi  12 septembre 2013 à l’école élémentaire du Port de Nice, un présent des mains des enfants pour symboliser la solidarité francophone et le passage de flambeau de la ville niçoise à la ville d’Abidjan qui accueillera les jeux de la francophonie en 2017.

Crédit: Sinatou Saka
Crédit: Sinatou Saka

Ce moment particulier et  riche a été l’occasion de souligner le lien fort qui unit les deux continents et l’effort des acteurs de ces derniers à cohabiter ensemble pour faire briller la Francophonie à travers l’amitié entre les peuples. Le Ministre   a exprimé son attachement aux enfants  et a rappelé que cette belle oeuvre symbolisait l’espoir en un avenir meilleur .

Photo: Sinatou Saka
Photo: Sinatou Saka

Le Directeur de l’école a présenté le travail des enfants à l’occasion de la francophonie. Il a notamment réaffirmé que c’était un travail qui a été fait sur le thème de la diversité, de l’acceptation de l’autre dans le monde francophone et entre tous les locuteurs français.

Le Ministre en compagnie des officiels français et du Directeur de l'école Photo: Sinatou Saka
Le Ministre en compagnie des officiels français et du Directeur de l’école Photo: Sinatou Saka
Le Ministre dédicace un livre aux enfants Photo: Sinatou Saka
Le Ministre dédicace un livre aux enfants Photo: Sinatou Saka

 

 


Littérature: « Mon amour littéraire a commencé très jeune »

Sublimé : « Processus par lequel la pulsion déplace son but initial vers un autre but, visant des objets socialement valorisés »…Vous l’avez compris, hier, j’étais à l’épreuve de littérature qui se déroulait à la bibliothèque Louis-Nucéra de Nice.

En réalité, j’avais un peu peur d’assister à cette épreuve, pas seulement parce que les jeux de la francophonie se passe essentiellement dans cette salle silencieuse où dansent les mots mais parce que les lettres ont l’habitude de me « tuer de plaisir ».

Et cet assassinat a bien eu lieu au cours de ces deux heures pendant lesquels canadiens, suisse, tchadiens, sénégalais et même vanuatais nous ont fait partager joies, peines, douleurs et craintes de pays très lointains.

Rosine Kakou! Photo: Sinatou Saka
Rosine Kakou! Photo: Sinatou Saka
Sinatou Saka et Rosine Kakou
Sinatou Saka et Rosine Kakou

Entretien avec Rosine KAKOU(CI), passionnée par l’écriture depuis l’enfance et médaillée de bronze de cette épreuve de littérature.

Alors même si tout a été dit ou écrit dans ce monde, les jardiniers de la langue française continueront de l’arroser à leur façon, avec subtilité, aussi intensément comme s’ils avaient peur de perdre leur propre âme.

Ce n’était donc pas un concours mais une chaleureuse rencontre d’amoureux du Français.

 


Nice 2013 : les Africains réagissent face à la disparition des athlètes congolais

 

La délégation congolaise lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de la francophonie, à Nice, le 7 septembre. | AFP/VALERY HACHE
La délégation congolaise lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de la Francophonie, à Nice, le 7 septembre. | AFP/VALERY HACHE

Aujourd’hui, je suis allée au stade Méarelli de Nice. Pas pour suivre le match (même si j’ai beaucoup apprécié l’ambiance ), Burkina-Maroc dont le score est de 2-0 (soit dit en passant, oui je l’ai retenu) pour le Maroc mais pour rencontrer plusieurs Africains afin d’avoir leur avis sur la disparition soudaine des athlètes congolais au cours de ces jeux de la Francophonie. Cette actualité fait le buzz en ce moment sur la Toile et dans les couloirs, alors il était important de m’arrêter là-dessus.

En effet, qu’il vous en souvienne, au lendemain de la cérémonie d’ouverture, samedi 7 septembre à Nice, des 7e Jeux de la Francophonie, dix athlètes de la délégation de la République démocratique du Congo (RDC) se sont  tout simplement évanouis dans la nature. Sept joueuses de l’équipe de basket, deux cyclistes et un footballeur.

 Pour le premier officiel qu’on a rencontré, les athlètes concernés ont été très individualistes et ne font pas honneur à l’Afrique tout entière. Suivez son avis…

Quant à l’entraîneur de l’équipe nationale du Burkina Faso, il déplore cet événement et appelle tous les autres Africains à retourner en Afrique car les conditions sont bien meilleures selon lui…

Pour un autre Burkinabè de nationalité résidant en France, la faute incombe aux autorités congolaises qui « n’ont pas été fermes avec leurs athlètes »! Pourquoi ? Je vous invite à l’écouter.

Un autre spectateur d’origine sénégalaise nous donne son avis et nous parle des conséquences de ce genre d’événement.

En coulisses, un responsable africain qui a voulu garder l’anonymat nous a dit comprendre totalement cette situation du fait de la proximité de la France avec la Belgique où réside une forte communauté congolaise. Cependant, il appelle les autorités de l’Organisation internationale de la Francophonie à organiser constamment ces jeux en Afrique notamment pour éviter ces tristes situations et pour réellement participer au développement du continent noir puisque de nouvelles infrastructures seront érigées.

Par ailleurs, une enquête a été ouverte à la suite de cette plainte par la sûreté départementale des Alpes-Maritimes,  car pour la délégation congolaise,  il s’agit d’un complot mené par des agents « kidnappeurs ».

Si vous voulez écouter l’ambiance du match, je pense que ce bonus vous fera plaisir!

Burkina-Maroc vu des tribunes de la presse. Photo: Sinatou Saka
Burkina-Maroc vu des tribunes de la presse. Photo : Sinatou Saka
Les spectateurs du Match: Photo: Sinatou Saka
Les spectateurs du match. Photo: Sinatou Saka
Les commentateurs du Match: Photo: Sinatou Saka
Les commentateurs du match. Photo: Sinatou Saka