aidara

Main basse sur le domaine foncier de la TVM

On se demandait bien pourquoi Abdallahi Ould Ahmed Damou avait été nommé à la Télévision nationale AlMouritanye en Décembre dernier. D’aucuns avaient pensé qu’il était là juste pour expurger cette institution d’opposants irréductibles comme Mouna Mint Dey ou de bloggeurs impertinents comme Sid’Ahmed Ould Tebakh. Mais apparemment, c’était juste de la diversion face à la mission véritable et fort « exaltante » qu’est la mise en vente de lotissements situés fort opportunément face au très « stratégique » stade olympique de Nouakchott.


Mais nos gouvernants ne sont jamais bien inspirés pour nous délester et ce faisant commettent des erreurs qui sont dues, surtout, à l’assurance de celui qui ne craint rien et est assurée d’une impunité perpétuelle.

La télé n’est pas une agence immobilière. C’est dire que la vente à laquelle va procéder al Mouritanya est illégale à bien des égards.

Mais avant de voir sa légalité, voyons sa pertinence. La télévision Nationale n’est pas une agence immobilière et en principe ce rôle est dévolu à Iskan. Pourquoi donc introduit-elle une demande de concession provisoire et concession définitive si elle a l’intention de mettre en vente pour réaliser une plus-value ? On est là, très loin des médias et de leur domaine classique!

Sur le plan légal, la TVM (Al Mouritanya) est toujours de fait un établissement public à caractère administratif. Son budget est toujours presque intégralement supporté par le budget de l’Etat et son premier responsable est toujours nommé par le gouvernement. Donc s’il ya lieu de vendre son patrimoine, cela est du ressort du Ministère des Finances comme cela fut le cas de la réforme, il y a quelques mois, de ses voitures qui étaient justement parquées sur ce terrain.

Violation des procédures

Qui plus est, la procédure légale d’attribution et notamment le décret N° 2000-089 du 17 Juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret N° 90.020 du 31 Janvier 1990 portant application de l’Ordonnance 83.127 du 5 Juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, n’a pas été respectée.

Ainsi le Conseil des Ministres dans sa réunion du Jeudi 07 Mars 2019, a examiné et adopté le projet de décret portant concession provisoire d’un terrain à Nouakchott Ouest au profit de la Télévision El Mouritaniya. Trois semaines plus tard, le Conseil des Ministres du Jeudi 28 Mars 2019, a examiné et adopté le projet de décret portant concession définitive d’un terrain à Nouakchott, au profit de la Télévision EL MOURITANIYA (TVM). Alors que la loi prévoit un délai minimal d’un an. Bien entendu, aucune mise en valeur n’a été opérée entre ces deux dates.

Première entorse, aucun plan de lotissement n’a été adopté en conseil des ministres. Alors que la loi prévoit « Article. 137 – En concertation avec le Ministre des Finances et les autorités Territoriales et municipales compétentes, les services de l’Habitat et de l’Urbanisme établissent les plans de lotissement d’après l’état des lieux levés par les services de la Topographie et de la Cartographie, en tenant compte des constructions en dur édifiées sur des terrains appartenant à des personnes privées et des concessions déjà accordées, mises en valeur et non encore titrées.

Article 138 – Le dossier du projet de lotissement comprend, outre les avis des services visés à l’article précédent, le cahier des charges définissant la destination des diverses zones, le minimum de mise en valeur exigée, les servitudes de reculement, le pourcentage et le volume des constructions et, de façon générale, les règles d’urbanisme imposées. Le projet de lotissement est approuvé en Conseil des Ministres, sur l’initiative du Ministre chargé de l’Urbanisme. »

Deuxième entorse, l’Article 144 du même décret le N° 2000-089 dispose : « Dans les centres urbains qui ont fait l’objet de plan directeur, les demandes de concession en zone résidentielle sont examinées par une commission consultative composée comme suit :

– le Wali ou l’autorité qui en tient lieu, Président,

– le Directeur des Domaines qui assure le secrétariat de la commission,

– le Hakem territorialement compétent,

– le Directeur de l’Urbanisme ou son représentant régional,

– le Maire de la Ville concernée.

Cette commission adresse au Ministre des Finances la liste des personnes proposées. Le bénéficiaire s’engage, sous peine de déchéance, à clôturer le terrain dans un délai de deux ans à compter de la date de l’acte de concession, et à y réaliser, dans un délai de cinq ans à compter de la même date, une mise en valeur conforme aux prescriptions du cahier des charges. »

Au moins deux des membres de cette commission que nous avons pu interroger ont affirmé qu’ils n’ont pas été consultés pour cette attribution. Pour quoi attribuer à la télé un terrain dont elle n’a nul besoin ?

A partir de là il est tout a fait légitime de se poser la question de savoir pourquoi attribuer à la TVM un terrain dont elle n’a pas besoin ? Pourquoi l’Etat ne vend-il pas lui-même le terrain et ensuite donner à la TVM la subvention qu’elle demande ?

Terrains de la télé, école marché, école de police…mêmes bénéficiaires

Il est quasiment certain que les bénéficiaires de cette vente attribution ne seront autres que ceux là même qui ont bénéficié par le passé des ventes de l’école marché, de l’école de Police, de l’école Justice de l’Escadron de Gendarmerie, de la Cité Police et des écoles de TevraghZeina. Il s’agit de Zein Abidine Ould Ahmed Mahmoud et son épouse Meyté Mint Abdallahi, Sidi Ould Ely Kory, Ahmed Ould Yehdhih, Mohamed LimamOuld Benné, Ould Amara et Mohamed LemineOuld Bobatt.

C’est dire que la mission de Ould Ahmed Damou à la TVM n’est autre que de profiter de la précampagne pour permettre à quelqu’un de précis de mettre la main sur cet important patrimoine foncier quitte à tordre le cou à la loi en chemin. Entre l’annonce de la vente et la fin du délai pour prendre connaissance du cahier de charge, moins de 15 jours ont été accordés et bien sûr la vente effective qui devrait avoir lieu le 02 Mai prochain c’est la procédure du pas de charge qui a été adoptée.

Source : B.C- Mauriweb

 


Au Trarza comme au Brakna et au Gorgol, des foules en délire accueillent Birame Dah Abeid

Parti de Nouakchott le mercredi 17 avril 2019 pour une tournée régionale d’une semaine, le candidat à la présidentielle de juin 2019, Birame Dah Abeid et la délégation qui l’accompagne ont été accueillis durant leur périple au Trarza, puis au Brakna et au Gorgol, par des foules en délire.

Arivée dimanche de Birame à Kaédi (Crédit SD)

Après Tiguint, Mederdra, Keur Macène, NDiago, R’Kiz et Rosso, ainsi que dans plusieurs localités du Trarza, comme Tékane, Gani ou encore Tiabène pour ne citer que ces localités, la délégation est arrivée samedi à Boghé, au Brakna,  puis dimanche 21 avril à Bababé, MBagne, où des foules de plus en plus denses l’ont accueilli ainsi qu’au Gorgol, notamment dans la capitale régionale Kaédi.

Durant tout son périple, Birame Dah Abeid a harangué les populations, après des difficultés monstres à se frayer un chemin entre les forêts de corps qui scandaient son nom à tue-tête. Le candidat indépendant qui en est à sa deuxième tentative pour briguer la Magistrature Suprême après 2013 a déroulé son programme électoral qui s’articule essentiellement autour de la réunification des Mauritanien sous l’autel de l’égalité, de l’équité et de la justice sociale.

Birame à R’Kiz

Soutenu par le parti SAWAB et plusieurs mouvements de jeunes, dont l’Initiative de résurgence du mouvement abolionniste (IRA) qu’il préside et qui a déjà prouvé son extraordinaire pouvoir de mobilisation, Birame Dah Abeid s’annonce comme un concurrent sérieux à la présidence de la République et pourrait constituer selon ses partisans, la surprise de cette joute électorale malgré la modestie des moyens dont il dispose.

Le candidat qui a fait tabac lors de son arrivée à Kaédi, achèvera son premier périple le mardi 22 avril. Une pause avant d’entamer une deuxième tournée qui pourrait le conduire dans les régions de l’Est et du Nord.

Cheikh Aïdara

Programme de visite de la pré campagne du candidat Biram Dah Abeid

DateVille/ LieuHeure de départHeure d’Arrivée
Mercredi 17/04/2019Tiguent10h 00
Mederdra15 h11h
Keur Macène18 h
Ndiago19 h passer la nuit
 Jeudi 18/04/2019Rosso8 h10 h
Rkiz19 h Passer la nuit
Vendredi 19/04/2019Douze douze/ Hsey Amar /Taichtayatt/Nasra/Sekamat/Dar Rghaiwat/Jidrel Mohguen18 hPasser la nuit
Samedi 20/04/2019Tékane/ Oumoul Ghoura/Gani/Medina/ Thiambène/BoghéPasser la nuit18 h Passer la nuit
Dimanche 21/04/2019Bababé10h
Mbagne11hMidi
Kaédi17 h Passer la nuit
Lundi 22/04/2019Djéol8h
Toufoundé Sivémidi
Maghama18h
Mounguel / LexeibaPasser la nuit
Mardi 23/04/2019Mbout8h

 

Nouakchott le 16/04/2019                        La commission de communication


Bios Diallo, trait d’union entre les peuples

Il est écrivain, poète, journaliste. Bios Diallo est surtout porteur de valeur de tolérance, de partage et de fraternité. À l’occasion de son passage en France pour participer à des rencontres littéraires, il a répondu à nos questions sur son parcours, ses projets culturels et son pays, la Mauritanie. Sans oublier de nous faire part de son regard sur la France d’aujourd’hui.

Bios Diallo, lors du festival littéraire « Les voix d’Orléans » en avril 2019. Photo (c) Bios Diallo
Vous venez d’assister aux « Voix d’Orléans » où vous avez participé à une table ronde sur la liberté de la presse. Quelle est votre vision de cette liberté actuellement?
Aujourd’hui, il est difficile de parler de la liberté de la presse à cause de l’infiltration des réseaux sociaux et de l’importance donnée à « l’instantané ». On fait la course au scoop et au sensationnel… Il devient difficile de discerner la vérité de la fake news. Informer est une chose, diffuser la « bonne » info, c’est autre chose. L’information n’est plus utilisée pour alerter mais pour faire du sensationnel. Certains organes de presse gardent encore un esprit professionnel mais il faut rester prudent et ne pas tomber dans le piège de l’instrumentalisation. Certains États et lobbies utilisent encore la presse pour garder leur suprématie ou détourner l’information.Comment aider les populations à acquérir un esprit avisé et critique?
En développant la culture. La culture domine toutes mes activités. Celles que je réalise avec l’association des Traversées Mauritanides, que j’ai créée en 2006. Celles que je développe aujourd’hui en tant que directeur de la Formation au ministère de la Culture et de l’Artisanat.

Quels sont les projets que vous avez concrétisés?
Depuis 2010, j’organise les Rencontres littéraires des Traversées Mauritanides qui rassemblent des écrivains et des personnalités de la culture de Mauritanie mais aussi des pays limitrophes tels que le Sénégal, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et le Mali. Depuis, nous avons aussi invité des auteurs du monde entier. L’invité d’honneur de la dernière édition était le franco-marocain Tahar Ben Jelloun, ancien prix Goncourt. L’an passé, c’était l’écrivaine ivoirienne Marguerite Abouet. Ces noms attestent de l’importance et de la notoriété de ce festival. Le matin, les écrivains rendent visite aux jeunes dans les écoles et l’après-midi, ils participent à des conférences. L’objectif est de donner aux enfants l’envie d’ouvrir des livres et pourquoi pas, de susciter des vocations.

 

« J’ai écrit parce que j’avais besoin d’exprimer des situations qui m’étaient insupportables »

Affiche des rencontres littéraires de Nouakchott, organisées par l'Association Traversées Mauritanides, en janvier 2019. Photo (c) Association Traversées Mauritanides

Affiche des rencontres littéraires de Nouakchott, organisées par l’Association Traversées Mauritanides, en janvier 2019. Photo (c) Association Traversées Mauritanides
Vous êtes vous-même écrivain et poète. Quels sont les thèmes qui vous inspirent?
J’ai écrit parce que j’avais besoin d’exprimer des situations qui m’étaient insupportables. En 1989, un conflit entre la Mauritanie et le Sénégal a fait de nombreux morts. Il y a eu des déplacements de communautés vers le Sénégal et le Mali. J’étais jeune et mes ouvrages étaient des cris de révolte. J’ai rédigé un recueil de poèmes, « Les pleurs de l’arc-en-ciel », en mémoire des Noirs et des Blancs tués. Pour moi, un homme mort est un mort de trop, quelle que soit sa couleur de peau. Toutes les communautés ont pleuré. La Mauritanie ne méritait pas ça. Plus tard, d’autres évènements ont entraîné l’emprisonnement et la mort de nombreux Mauritaniens. Un drame qui a inspiré mon deuxième livre, « Les os de la terre ». Puis j’ai écrit un troisième livre, « Une vie de sébile », sous la forme d’un roman, un style que je considère plus accessible que la poésie. Tout ça pour dire que nous pouvons tous vivre ensemble et en paix. C’était aussi une manière de dire: on nomme les choses pour qu’elles ne se reproduisent plus. Par la suite, j’ai publié un ouvrage sur Aimé Césaire, que j’ai eu la chance de rencontrer en Martinique, en 2002. J’avais réalisé une interview où il était question de la négritude et que j’avais appelée: »Quand petit nègre rencontre grand nègre ». J’ai ensuite participé à des livres traitant des questions migratoires et des conflits au Mali.L’écriture fait partie de votre vie. Elle vous a permis de découvrir le monde, et notamment la France…
J’avais écrit un article sur le poète congolais Sony Labou Tansi que j’avais ensuite envoyé à l’une de ses amies, directrice des Francophonies en Limousin. Le texte lui a plu. Elle m’a alors invité à participer à leur festival. J’ai découvert la France… et j’y suis resté 10 ans. J’y ai poursuivi mes études à la Sorbonne, puis j’ai collaboré en tant que journaliste à Jeune Afrique, Afrique Magazine, L’Autre Afrique. J’ai aussi participé à des évènements littéraires et je me suis impliqué dans le secteur social.

En 2006, vous revenez en Mauritanie. Pour quelle raison?
Au départ, j’étais revenu pour des vacances… Sur place, je me suis aperçu du faible intérêt des jeunes pour les livres. Il y avait aussi une méconnaissance de la littérature mauritanienne, pourtant en plein essor, de la part des élèves. Je me suis dit que je serais plus utile dans mon pays qu’en France. Pendant quatre ans, j’ai animé une émission littéraire sur la télévision locale tout en dirigeant l’association Traversées Mauritanides. En 2010, j’ai organisé la première édition du festival des rencontres littéraires. En octobre 2018, j’ai ouvert une maison de quartier à Nouakchott (capitale de la Mauritanie NDLR) dédiée à la culture et aux actions sociales. Une bibliothèque, des espaces de rencontres et de découverte des nouvelles technologies sont mises à disposition de la population.

La Mauritanie est finalement peu connue en France. Pourriez-vous nous la présenter?
C’est un pays charnière entre le sud de l’Afrique et l’Afrique du nord. Entre l’entité arabe et l’entité africaine. Aussi, les cultures sont très différentes d’une région à l’autre, avec de nombreux peuples: Wolofs, Soninkés, Maures, Peuls, Bambaras… tous se retrouvent dans cet espace géographique multiculturel. C’est un pays de brassage.

 

« Si elle veut conserver sa place sur l’échiquier international, la France doit rester LA patrie des droits de l’homme »

Vue de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Photo (c) Laminesall96 Wikimedia

Vue de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Photo (c) Laminesall96 Wikimedia
Les Arabes l’appellent le « pays au million de poètes ». Pourquoi ce penchant pour la poésie?
Il est vrai que la poésie fait partie de nos rythmes quotidiens. La poésie se déclame lors d’événements festifs, mariages, baptêmes, rencontres de jeunes dans des lieux de réjouissances… C’est aussi un moyen de contourner certains interdits: les élèves d’écoles coraniques les utilisaient à l’intention de l’être aimé. Certains intellectuels s’en servaient aussi pour transcender des interdits, en utilisant des tournures poétiques pour ne pas dire ouvertement les choses et risquer des sanctions.Quel regard portez-vous sur la France d’aujourd’hui?
La France essaie de s’adapter comme elle peut à une crise mondiale et identitaire. Le danger serait que des leaders politiques tombent dans le piège du populisme. Il faut rester prudent sur les questions liées à la religion et à l’immigration et éviter toute instrumentalisation. Parler de l’immigration comme la cause des problèmes des Français est un faux-fuyant. La présence d’immigrés n’ajoute rien au mal-être des Français. Il ne faut pas les leurrer en leur disant que leur malheur vient des gens qui arrivent dans leur pays. Tenir ce discours, c’est dresser les peuples les uns contre les autres. La vraie question à se poser est: comment offrir du travail aux populations. La France a toujours été une grande nation par sa diversité culturelle, son ouverture au monde, ses idéologies et son respect des droits de l’homme. C’est sa carte d’identité. Si elle veut conserver sa place sur l’échiquier international, elle doit rester LA patrie des droits de l’homme.

Pour conclure, quels sont vos projets à venir?
Nous commençons déjà à préparer les prochaines Rencontres littéraires des Traversées Mauritanides qui se tiendront en décembre 2019. Ce sera sans doute l’occasion de continuer à évoquer les questions migratoires qui sont toujours d’actualité. En tant que directeur de la Formation au ministère de la Culture et de l’Artisanat, je vais développer des ateliers d’écriture, de théâtre et de communication au sein de la nouvelle Maison des quartiers à Nouakchott. Nous allons créer des synergies et des partenariats avec des journalistes et acteurs culturels français d’Orléans, de Nantes, de Paris… où j’ai rencontré divers acteurs et structures intéressés à des collaborations. Nous mettons aussi en place des formations pour les journalistes et les écrivains, en lien avec des écoles françaises d’Orléans, de Nantes et de Paris. Je vais aussi bientôt publier un recueil de poésies consacrées aux conflits en Afrique, aux questions religieuses et identitaires. Je ne lésine pas sur les moyens qui peuvent rapprocher les peuples africains, maghrébins et européens car le monde est un village: tout le monde est concerné !

Par Rédigé le 20/04/2019


L’UE et l’UNICEF aux chevets des enfants de MBerra

«Sans assistance en éducation et protection, les enfants du camp seraient livrés à eux-mêmes et exposés à de grands risques créant ainsi des conditions propices à la délinquance, aux mariages précoces, et à toute forme de violence à l’égard des enfants . Ces propos de SEM. Hervé Périès, Représentant de l’UNICEF en Mauritanie, sont cités dans un communiqué de presse conjoint publié le 18 avril 2019 (Voir communiqué ci-dessous) par son organisation et l’Union européenne qui vient d’octroyer à travers le service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes une enveloppe de 52,6 millions d’ouguiyas (1, 3 million d’euros environ) aux populations réfugiées et à la communauté hôte de Bassiknou qui abrite le camp des réfugiés maliens depuis 2012.

Lors du déclenchement de la crise dans le Nord Mali, la Commission européenne avait pourtant mis en garde dès le 11 avril 2012 contre le risque d’une « catastrophe humanitaire majeure qui pourrait se répercuter sur les pays voisins», annonçant dans la foulée le déblocage immédiat de 9 millions d’euros supplémentaires.

Aujourd’hui, les deux organisations réitèrent leur volonté à placer en priorité l’éducation et la protection des enfants de MBerra, comme l’a souligné Pierre Yves Scotto, chef du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’Aide Humanitaire de l’UE qui affirme que «l’éducation en contexte d’urgence est l’une des priorités de l’aide humanitaire de l’UE », précisant que «la part du budget humanitaire européen consacrée à ce secteur extrêmement sous financé est passé de 1% en 2015 à 10% en 2019».

Depuis 2012, l’aide humanitaire d’urgence n’a cessé en effet d’augmenter, l’UE restant de loin le principal pourvoyeur de l’aide internationale et l’UNICEF la première agence des Nations Unies actives sur le terrain.

Ainsi, le soutien financier de l’aide humanitaire européenne, selon le communiqué, a permis la scolarisation de 5 100 élèves au primaire, dont 2 540 filles pour l’année scolaire 2018-2019. «Outre les distributions trimestrielles de kits scolaires individuels, ce projet a également permis la réinsertion de plus de 319 élèves à l’école (dont 148 filles) et la formation de 130 enseignants » est-il précisé, soulignant qu’un «nouveau lycée comptant dix salles de classes a été construit et une bibliothèque est en cours de construction» et que «dans le cadre de l’éducation non-formelle, plus de 2 000 jeunes ont été alphabétisés et 75 formés en métiers».

Cheikh Aïdara

COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT

L’UNICEF et l’Union Européenne assistent près de 22 500 enfants en situation d’urgence au camp de réfugiés de M’berra

Nouakchott, le 18 Avril 2019, L’UNICEF et l’Union Européenne se sont engagés à renforcer la résilience et réduire les risques de protection auxquels sont confrontés les enfants et adolescents au camp de réfugiés de M’Berra. L’engament de l’Union Européenne, à travers leur service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes, se matérialise en 2019 avec l’octroi d’une enveloppe de 52.6 millions d’ouguiyas (près de 1.3 million d’euros) accordée à l’UNICEF pour les populations réfugiées et la communauté hôte.

« Sans assistance en éducation et protection, les enfants du camp seraient livrés à eux-mêmes et exposés à de grands risques créant ainsi des conditions propices à la délinquance, aux mariages précoces, et à toute forme de violence à l’égard des enfants », explique M. Hervé Périès, Représentant de l’UNICEF en Mauritanie.

« Les enfants sont parmi les plus touchés par les crises. Leur éducation est systématiquement interrompue lors d’un déplacement de population. Au niveau mondiale, 50 pourcent des enfants réfugiés en âge d’aller à l’école primaire ne sont pas scolarisés. Notre mandat est de les protéger », a affirmé Pierre Yves Scotto, chef du bureau régional pour Afrique de l’Ouest de l’Aide Humanitaire de l’UE. « L’éducation en contexte d’urgence est l’une des priorités de l’aide humanitaire de l’UE. La part du budget humanitaire européen consacrée à ce secteur extrêmement sous financé est passée de 1 pourcent en 2015, à 10 pourcent en 2019 », a-t-il poursuivi.

En effet, depuis janvier 2012, la Mauritanie continue à subir les conséquences du conflit armé dans le nord du Mali et reçoit sur son sol, les réfugiés maliens qui ont fui leur pays. Aujourd’hui encore, le camp de M’Berra en Mauritanie accueille plus de 57 000 réfugiés dont un sur deux sont des enfants. En dépit des avancées politiques et la signature des accords de paix en 2015, la volonté de retourner dans leur pays d’origine reste très faible parmi les réfugiés en raison de la situation d’instabilité et d’insécurité qui perdure au Mali. Par ailleurs, le camp de M’Berra, se trouve dans une région au sud-est de la Mauritanie particulièrement défavorisée et qui connaît un faible développement tant en termes économiques qu’en termes d’offre de services sociaux de base.

Dans ce contexte, la vie des enfants, et particulièrement celle des filles, est exposée à toute sorte de risques incluant la faible offre d’éducation, l’exploitation, l’abus, le mariage des enfants et le viol. La proximité du camp avec le nord du Mali où une situation d’insécurité persiste, favorise également l’apparition de nouvelles problématiques de protection, notamment l’utilisation des enfants par les groupes armés, mais également les risques liés à la présence d’engins et munitions non explosées dans les zones de retour.

« Compte-tenu d’un contexte de crise qui perdure, le renforcement de l’offre des services sociaux de base pour une prise en charge de qualité des enfants et des adolescents, aussi bien dans le domaine de la santé, de l’équilibre psychosocial que de l’éducation s’impose », a également souligné M. Périès.

Le soutien financier de l’aide humanitaire européenne a permis la scolarisation de 5 100 élèves au primaire, dont 2 540 filles pour l’année scolaire 2018-2019. Outre les distributions trimestrielles de kits scolaires individuels, ce projet a également permis la réinsertion de plus de 319 élèves à l’école (dont 148 filles) et la formation de 130 enseignants. Un nouveau lycée comptant dix salles de classes a été construit et une bibliothèque est en cours de construction. Dans le cadre de l’éducation non-formelle, plus de 2 000 jeunes ont été alphabétisés et 75 formés en métiers.

Par ailleurs, 1 813 enfants ont bénéficié d’un paquet intégré de services de protection comprenant l’accès à l’état-civil, l’appui psychosocial et l’appui en activités génératrices de revenus. Les capacités des enseignants, des membres du conseil pédagogique et des acteurs de la protection de l’enfant ont été renforcées en termes de consolidation de la paix et gestion des cas de protection. L’implication des enfants des communautés hôtes a contribué à réduire les tensions et consolider la paix entre les deux communautés du Département de Bassikounou, l’un des plus vulnérables du pays. 2

A propos de l’UNICEF

UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant. Avec ses partenaires, UNICEF travaille dans 190 pays et territoires pour traduire cet engagement en action concrète, en déployant des efforts particuliers pour les enfants les plus vulnérables et les plus marginalisés, pour le bien de tous les enfants partout dans le monde.

A propos de l’aide humanitaire de l’UE

L’Union européenne, avec ses États membres, est le premier bailleur au monde de fonds humanitaires. L’aide d’urgence constitue une expression de la solidarité européenne avec les populations dans le besoin à travers le monde. Elle a pour objectif de sauver des vies, d’éviter et de soulager la souffrance humaine, et de préserver l’intégrité et la dignité humaine des personnes affectées par les catastrophes naturelles ou dues à l’activité humaine. L’Union européenne, par le biais de son service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes (DG ECHO) aide des millions de victimes de conflits et de catastrophes chaque année.

Pour davantage d’informations, veuillez contacter :

Zahra Cheikh Malainine, Manager de la section communication & plaidoyer à l’UNICEF, zcmalainine@unicef.org

Mohamadou Ly, chargée de presse, Délégation de l’Union européenne en République Islamique de Mauritanie, +222 45 25 27 24 / mohamadou.ly@eeas.europa.eu


Après Nouakchott, la Caravane du Partenariat de Ouagadougou au Niger et au Mali

Après Nouakchott en avril 2018, la Caravane des bailleurs du Partenariat de Ouagadougou (PO), dans sa 5ème édition, se rendra au Niger et au Mali du 24 au 30 avril 2019.

La caravane des bailleurs est arrivée en Mauritanie pour y séjourner du 17 au 20 avril 2018 (Crédit PO)

L’objectif de la 5ème Caravane des bailleurs du PO au Niger et au Mali, tel que présenté par le communiqué de presse ci-dessous cité, est d’élargir les échanges entre les parties prenantes et offrir l’opportunité de soutenir les pays dans leurs efforts de mise en œuvre des Plans d’Action Nationaux Budgétisés (PANB), d’analyser les facteurs inhibiteurs des progrès en matière de planification familiale et de réfléchir sur les solutions. L’occasion aussi de faire le plaidoyer auprès des parties prenantes, notamment les autorités des deux pays, pour le respect des engagements pris auprès du PO et de PF 2020.

Comme la plupart des pays visités lors des précédentes caravanes, le Niger et le Mali souffrent de retards dans le nombre de femmes additionnelles pour atteindre l’objectif du PF 2020. Le Niger doit en effet combler un retard de 41.000 femmes (141.000 recrutées sur 182.000 femmes ciblées), et le Mali, 48.000 femmes (113.000 sur 161.000). Le communiqué de presse rappelle que «lors de la 7ème réunion annuelle du PO à Dakar en décembre 2018, l’ensemble de la communauté du PO a noté la performance de 1.330.000 femmes additionnelles mises sous contraceptifs modernes en 3 ans », soulignant qu’à mi-parcours de la Phase d’Accélération, «les 9 pays du PO ont collectivement atteint 63 % de l’objectif de 2,2 millions de femmes additionnelles visées en 2020 ».

Parmi les  problèmes auquel le Niger est confronté pour la mise en œuvre de son PANB, le renforcement de la chaîne d’approvisionnement, l’insuffisance du suivi et de coordination, l’absence de données actualisées, entre autres. Pour le Mali, les difficultés se situent notamment au niveau de la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement des produits contraceptifs, la mauvaise répartition du personnel, l’insuffisance du suivi et de la coordination des acteurs.

Près de 50 personnes participeront à la caravane, dont des bailleurs de fonds, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des représentants des gouvernements. Les principaux partenaires et bailleurs sont le Canada, le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères de la France, l’Agence Française de Développement, la Fondation Bill & Melinda Gates, la Fondation William et Flora Hewlett, le Royaume des Pays-Bas, l’OOAS, l’UNFPA et l’USAID.

Selon le communiqué, le groupe sera élargi à des Jeunes Ambassadeurs pour la PF et des représentants des autres pays du PO. Plusieurs personnes seront dans l’agenda des rencontres, plusieurs ministres (Santé, Femme/Affaires Sociales, Jeunesse, Education, Finances/Budget), les acteurs locaux de la SR/PF (bailleurs, équipes techniques nationales et internationales, OSC, jeunes, parlementaires).

Le groupe de la Caravane procèdera aussi à des visites de terrain pour apprécier l’adéquation entre les politiques et les activités mises en œuvre

Il est attendu aux termes de cette tournée au Niger et au Mali, que les progrès réalisés dans la mise en œuvre des PANB/PF soient mieux connus, que les contraintes soient identifiées, que le rôle et la contribution de chaque acteur soient mieux appréhendés, qu’un soutien soit mieux apporté au plaidoyer des jeunes et de la société civile dans le financement des produits contraceptifs, que les autres défis (coordination, alignement sur les priorités, mobilisation des ressources) soient discutés et les mesures de correction identifiées.

Cheikh Aïdara

 

 COMMUNIQUE DE PRESSE

Dakar, le 01 Avril 2019

Le Niger et le Mali accueilleront la 5ème caravane des bailleurs du PO du 24 au 30 Avril prochain.

La caravane des bailleurs du PO de cette année, tout comme les précédentes, répond à l’ambition d’élargir les moments d’échange entre les parties prenantes du PO. Elle offre un moment exceptionnel pour soutenir les pays dans leurs efforts de mise en œuvre des PANB de célébrer les succès, d’analyser les facteurs qui entravent l’accélération des interventions et de convenir des solutions à y porter. C’est aussi l’occasion de faire un plaidoyer auprès les diverses parties prenantes du PO dont les hautes autorités du pays pour le respect des engagements pris auprès du PO et de FP2020.

Cette édition sera la 5ème du genre.La caravane visitera 2 pays: le Niger du 24 au 26 Avril et le Mali du 29 au 30 Avril.

La contribution du Niger durant ces 3 années est de 141 000 femmes additionnelles sur 182 000 attendues en 2018. Ainsi, le défi pour le Niger est de résorber ce retard de 41 000 femmes additionnelles et d’intensifier les interventions pour atteindre son objectif de 2020.

En effet, la mise en œuvre du PANB du Niger fait face à plusieurs difficultés parmi lesquelles : le renforcement de la chaine d’approvisionnement, l’insuffisance du suivi et de coordination des acteurs et des interventions, l’absence de données actualisées pour la prise de décision, et l’insuffisance de mobilisation des ressources.

En ce qui concerne le Mali, il a pu avoir 113 000 femmes additionnelles sur 161 000 attendues en 2018. Le pays doit donc rattraper un retard de 48 000 femmes additionnelles pour atteindre les objectifs collectifs d’ici 2020.

Parmi les difficultés que rencontre le Mali dans la mise en oeuvre de son PANB, on peut noter: la sécurisation de la chaine d’approvisionnement produits contraceptifs, la mauvaise répartition du personnel résultant de la crise sécuritaire, l’insuffisance du suivi et de coordination des acteurs et des interventions, la faible implication des jeunes, les occasions de PF manquées dont la faible utilisation de la PF postpartum, et l’insuffisance de mobilisation des ressources.

Les priorités des acteurs de la SR/PF au Niger et au Mali sont similaires. Elles comprennent l’importance de la prise en compte des jeunes avec des besoins non satisfaits ; le renforcement de la collaboration avec le ministère de la jeunesse afin que les CECOJE, les infirmeries d’écoles et d’universités intègrent les services adaptés aux besoins des jeunes ; le renforcement de la chaine d’approvisionnement ; le passage à l’échelle de la délégation des tâches y compris l’expansion de DMPA-SC ;

Plus spécifiquement pour le Mali, l’intégration effective de la PF/SMNI/Nutrition y compris dans la vaccination et pour le Niger, le renforcement des structures sanitaires avec des agents de santé qualifiés en l’offre de services de qualité (SONU, Soins infantiles/vaccination…) y compris la  PF postpartum.

Près de 50 personnes participeront à cette caravane parmi lesquelles des représentants des bailleurs de fonds, des partenaires techniques, des organisations de la société civile et des représentants des gouvernements. Ils séjourneront pendant 3 jours au Niger et 2 jours au Mali dans pour y avoir de larges concertations sur les progrès, les défis et perspectives dans la mise en œuvre des diverses composantes des Plans d’Action Nationaux Budgétisés de PF.

A propos du Partenariat De Ouagadougou

Le Partenariat de Ouagadougou a été lancé lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso en février 2011 par les 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers pour accélérer les progrès dans l’utilisation des services de planification familiale au Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo.

Le Partenariat de Ouagadougou est basé sur deux principes. Il mise sur une meilleure coordination entre les bailleurs de fonds pour optimiser leurs soutiens aux pays et également sur une collaboration et coopération aux niveaux national et régional pour remédier au taux élevé des besoins non satisfaits en matière de planification familiale.

Contact Presse

Marie Ba, Directrice intérimaire de l’UCPO

Tel : (221) 33 869 70 29

Email: mba@intrahealth.org


« L’appui aveugle et sans réserve » ou cette « hypocritologie » de l’élite intellectuelle mauritanienne

La longue dictature militaire qui gouverne la Mauritanie depuis plus de quarante ans est en fait entretenue par une élite intellectuelle qui a créé une nouvelle science politique, « l’hypocritologie », qui fait des émules génération après génération. C’est même devenu un métier, avec ses directeurs de conscience, ses experts, ses stagiaires, un métier qui rapporte autant d’argent frais que celui de parent du «Président de la République » ou celui « d’obligé d’un généralissime de l’armée ». Des oisifs privilégiés qui vivent à l’œil sur le dos de la communauté, dont la volonté a longtemps été confisquée.

L’indécence générale de cette philosophie érigée depuis quelques années en raccourcis pour « non doués » empuantit l’air et fait de l’intellectuel arriviste un modèle qui a fini par vider de sa substance le mérite et la bonne conscience professionnelle. Résultat, l’idée de toute réflexion a déserté les esprits de la plupart de nos cadres, formatés à ne plus cogiter mais à se faire téléguider et robotiser par celui qui manipule les commandes à partir de la présidence de la République. Le mot de ralliement de ce nouveau type d’intellectuel scotché aux mirages de « l’Etat vache à traire » est « l’engagement sans faille, inconditionnel et sans réserve » qu’il profère au début de tout discours courtisan. Une fois bénie par son Totem à qui il offre son destin sur le plateau de ces ambitions, offrant par la même occasion le destin de sa fratrie et celui de sa famille, il peut alors tout se permettre, dut-il vouloir détruire la nation, comme si le reste du peuple, par cette prostitution de l’élite, devenait du coup un corps sans idée, sans avis et sans vision pour son avenir et celui de son pays. Le Manitou, devant qui la République intelligente et pensante a fait allégeance, le fait très bien à sa place.

Aussi, l’intellectuel imbu « d’hypocritologie » ne se pose pas de question sur la personne à qui il se donne comme une offrande, et cela apparait de manière plus claire en période électorale, comme cette présidentielle décisive dont les Mauritaniens vivent déjà les prémisses, et qui va déterminer leur avenir dans les cinq ou dix ans à venir. Ce Manitou pour qui on s’est dépouillé et à qui on a offert notre âme au Diable, quel type d’homme est-ce, quel est son programme, quel est son background, qui sont les hommes qui l’entourent ?

Ces questions, capitales dans les démocraties conscientes et nimbés de patriotisme, nos intellectuels « intestins digestifs » ne se la posent pas. Ils sont comme la grenouille de Pavlov. Ils ne répondent qu’à une seule stimulation, la voix de leur maître.

Cheikh Aïdara


Rôle de la Société civile dans l’emploi et l’entreprenariat des jeunes en Mauritanie

L’ONG ECODEV a organisé, à l’occasion de ses vingt-ans et en marge de son Assemblée générale annuelle des 10 et 11 avril 2019 à l’hôtel Mauricentre de Nouakchott, un débat très animé sur «le rôle de la société civile dans l’emploi et l’entreprenariat des jeunes en Mauritanie ». Ce débat a été animé par un panel composé de Diop Zeynabou Coulibaly, Directrice de Programmes à OXFAM, Mohamed Bakar Teïss, Ingénieur, directeur général de Helma Forage et président du Club des entrepreneurs de Mauritanie, Mohamed Lemine Atigh qui a dirigé des centres de formation professionnelle (CFPP) dans plusieurs régions du pays et Sidi Khalifou, entrepreneur et Président d’ECODEV.

Les panélistes (Crédit Aidara)

D’entrée de jeu, Haroun Ould Sidatt, expert en entreprenariat et modérateur du débat, a campé le contexte mauritanien et son paradoxe, avant de baliser le terrain pour les panélistes. Auparavant, Mohamed Lemine Ould Abde, membre du Conseil d’Administration d’ECODEV avait adressé, au nom de l’ONG, ses remerciements aux invités et aux participants.

Le paradoxe de l’emploi en Mauritanie

La population mauritanienne est majoritairement jeune, a souligné Haroun Sidatt, soit 60% âgée entre 16 et 35 ans. Une population qui serait selon lui un potentiel extraordinaire de développement si elle est bien utilisée mais aussi une bombe sociale si elle est délaissée, surtout dans un Etat en construction comme la Mauritanie dont les structures sont encore faibles. Il dira que le problème de préparation de cette jeunesse à prendre le relais dans la conduite du pays se heurte aujourd’hui à des défis majeurs sur le plan de l’éducation, de la formation et de l’insertion professionnelle, autant de facteurs qui ne suivent pas selon lui la forte cadence de l’évolution démographique du pays, avec une masse de 50.à 65.000 jeunes, dans la plus optimiste projection, qui rejoigne chaque année un marché du travail qui ne peut en absorber que 12.000.

Cette jeunesse, selon le modérateur, souffre du dysfonctionnement d’un système éducatif, formatif et socioprofessionnel biaisé, marqué par l’absence d’homogénéité dans le parcours des jeunes, avec des jeunes diplômés, des jeunes instruits sans diplôme, des sans éducation, des recalés de l’enseignement. Et toute cette masse de jeunes n’a que trois solutions, rejoindre le secteur public qui recrute au compte-goutte, juste pour remplacer les fonctionnaires partis à la retraite, le secteur privé en construction, sans diversité et sans capacité compétitive, ou créer sa propre entreprise. Le tout est  cependant servi par un cadre d’investissement national peu attractif, avec des déficits criants en infrastructures dans toutes les régions de l’Intérieur, faisant de Nouakchott, le point de ralliement de tous ceux qui veulent ouvrir une entreprise viable.

Le paradoxe de la situation mauritanienne en matière d’emploi et d’entreprenariat a été ressorti, selon Haroun Sidatt, par une étude qui a comparé le nombre exorbitant de jeunes sans travail en Mauritanie et les possibilités offertes par le secteur agropastoral qui serait capable d’absorber 100.000 jeunes chaque année et le secteur halieutique qui pourrait faire travailler annuellement  300.000 jeunes. Ceci sans compter le secteur des Nouvelles technologies, le modérateur citant en exemple le nombre d’emplois créés à Nokhta Sakhina, mais aussi les Start Up de plus en plus nombreux, et le tourisme, un secteur qui reprend de la vigueur. «En réalité, nous n’avons pas de problème d’emplois» dira le modérateur, faisant ressortir encore davantage le paradoxe de la Mauritanie.

Il a cité les initiatives prises par l’Etat pour créer de l’emploi à travers la création d’entreprises  Jeunes, comme la Caisse de Dépôt et de Développement (CDD), mais aussi des initiatives prises par le secteur privé, comme les incubateurs. «Mais pendant qu’on avance à petits pas pour mettre en place des stratégies et des plans de mise en œuvre pour l’employabilité des jeunes, la bulle sociale continue d’augmenter sous la poussée démographique» dira Haroun Sidatt.

La société civile a un rôle important à jouer, dira-t-il, par son expertise, sa proximité des populations et sa capacité de mobilisation de fonds, dans la capture du potentiel national et dans l’optimisation de l’impact emploi chez les jeunes.

Zeynabou Coulibaly, «le problème de l’emploi est dû en grande partie à un manque de volonté politique»

Mme Diop Zeynabou Coulibaly a de prime abord soulevé le caractère contraignant de la géographie de la Mauritanie, située dans la zone sahélo-saharienne avec un territoire à majorité désertique et soumis aux aléas d’un climat cyclique rude, avec des successions de sécheresse, la poussée de la désertification, la dégradation des sols et les érosions côtières, entre autres. S’ajoute à ces facteurs naturels, l’absence de valorisation de l’existant, comme les terres arables, 1% de la surface du pays, où seuls environ 50.000 hectares sont valorisés par année, sur un total de 502.000 hectares disponibles et prêts à l’emploi.

C’est le même constat qu’elle fera dans le domaine de l’élevage, avec un potentiel extraordinaire, mais mal valorisé, car basé sur un élevage extensif et souvent de prestige, avec une absence totale de visée économique et de rationalisation. Elle citera à titre d’exemple, les quantités innombrables de lait que les éleveurs déversent par terre, parce que représentant une surconsommation qu’ils ne peuvent ni utiliser, ni commercialiser faute de route et d’outils de conservation. Et cela, ajoute-t-elle, malgré l’existence aujourd’hui d’usines de transformation des produits laitiers, déjà confrontés à la rude concurrence du lait importé.

Mme Zeynabou Coulibaly ramène ainsi l’absence de valorisation des richesses agropastorales, à un manque de volonté politique pour protéger et booster la production nationale. Elle a évoqué ainsi, la faible part du budget de l’Etat, moins de 5%, accordée au secteur primaire, malgré les deux engagements faits à Maputo puis à Malabo, de consacrer 10% du budget dans le secteur agropastoral. Le constat du désengagement de l’Etat dans ce secteur se lit, selon elle, par la situation dégradée dans laquelle se trouvent aujourd’hui les Délégations régionales de l’Agriculture et de l’Elevage, par rapport à leur situation il y a plusieurs années.

Elle a ramené ses défis par le fait de politiques et de stratégies sectorielles concoctées sans aucune participation des populations, les véritables acteurs de développement ; ce qui débouche, dira-t-elle en substance, sur des problèmes de mise en œuvre. Elle a également évoqué la non adaptation des systèmes de production agropastorale au contexte actuel, notamment dans les domaines de l’agrobusiness et de l’innovation technologique. A cela s’ajoute, souligne-t-elle, l’absence de conscience citoyenne, d’éveil et de sens de l’initiative, déplorant l’attitude attentiste des communautés rurales, en particulier les jeunes.

Mohamed Bakcar Ould Teïss, «absence de données et de système d’information fiable, facteurs de blocage dans l’accès des jeunes au secteur privé»

Mohamed Bacar Ould Teïss a centré son intervention sur la forte demande des jeunes chercheurs d’emploi auprès d’un secteur privé embryonnaire et offrant peu d’opportunités de travail. Selon lui, l’Etat reste le principal employeur, mais aussi l’acteur principal de l’emploi à travers ses stratégies et ses politiques qu’il doit, selon lui, bâtir avec la participation du secteur privé et de la société civile, mais pas seulement les experts, pour empêcher la bulle sociale d’exploser.

L’intervenant estime que le problème d’embauche reste problématique en Mauritanie, les directeurs d’entreprise faisant peu confiance «aux inconnus ». Ce qui fait du secteur privé, selon une participante, un ensemble d’entreprises familiales, bâties sur la parenté et les connaissances. «La plupart de ceux qui se trouvent sur le marché du travail sont en général peu qualifiés, ou présentent un profil qui ne correspond pas à celui recherché. Nous sommes en tant qu’entrepreneurs confrontés à un problème d’information sur les ressources humaines disponibles » a-t-il déploré. Et d’ajouter «je reçois surtout des CV d’étrangers, et peu de CV de Mauritaniens ». Selon lui, c’est à l’Etat de créer un système efficace et crédible d’informations dans ce domaine, malgré l’existence de l’Agence nationale d’emploi des jeunes (ANAPEJ, sensée s’occuper de ce volet emploi-jeunes, et que certains participants ont critiqué pour la qualité de ses données.

En résumé, Mohamed Bakar Ould Teïss trouve que l’information sur la ressource humaine disponible sur le marché du travail est le meilleur outil que l’Etat peut mettre à la disposition du secteur privé pour lui permettre de créer plus d’emplois.

Mohamed Mahmoud Ould Atigh, «la société civile peut jouer un rôle important dans la fixation des jeunes dans leur terroir»

Pour Mohamed Mahmoud Ould Atigh, la situation de l’emploi est explosive en Mauritanie, citant la Stratégie sur l’Emploi de 2003 qui n’avait pas pu voir jour, puis la Stratégie 2018-2030 qui consacre une bonne partie à la politique d’emploi des jeunes. Comme son prédécesseur, il a ramené le problème de l’emploi dans le pays à un problème de communication

Il a été complété dans son intervention par le modérateur qui est revenu sur certains créneaux innovants mis en route depuis quelques années, comme le Marathon de l’Entrepreneur dans lequel la plupart des soumissionnaires sont des jeunes qui ont présenté des projets technologiques innovants dans le domaine de l’agriculture de la pêche à l’intérieur du pays, comme celui qui a présenté un projet sur la pisciculture au Gorgol.

Sidi Khalifou, «la société civile est une bonne école de passage pour les candidats à l’entreprenariat»

Selon Sidi Ould Khalifou, «la société civile est une bonne école de formation pour les politiciens électoralistes, et ceux qui veulent se lancer dans l’entreprenariat », donnant son propre parcours comme expérience.

Il a mis en exergue le nouveau rôle que la société civile veut aujourd’hui endosser, loin des sentiers battus du bénévolat social et de l’urgence humanitaire, pour prospecter des domaines comme la formation de richesses au profit des actions sociales, ou encore l’aspect d’agent économique qui cherche à s’installer dans la durabilité et la pérennité.

Aujourd’hui, dit-il à titre d’illustration, ECODEV cherche après des tentatives infructueuses dans les petits financements au profit des jeunes et des populations, à s’orienter vers l’entreprenariat et l’employabilité des jeunes à travers la création d’incubateurs sur l’étendue du pays.

Ce riche débat a été suivi d’interventions pertinentes de la part de l’assistance, parmi lesquels beaucoup d’experts.

Cheikh Aïdara


7 ans après la création du «Camp Mberra», l’aide humanitaire d’urgence dans sa forme classique reste-t-elle d’actualité ?

Pour la 7ème année consécutive, le «Camp de Mberra » qui reçoit quelques 50.000 réfugiés maliens continue de vivre sous perfusion de la communauté internationale. Une gestion par l’aide humanitaire d’urgence de plus en plus décriée par plusieurs spécialistes des Etats fragiles et des crises multidimensionnelle à longue durée. L’équipe Pays de la Mauritanie doit-elle poursuivre dans cette même démarche d’assistanat en se substituant à l’Etat et aux acteurs nationaux, ou doit-elle chercher une autre méthode plus inclusive et participative, en se fondant sur le nouveau paradigme basé sur la «fragilité de la résilience » qui consiste à renforcer les capacités nationales pour gérer les crises à durée indéterminée ?

Crédit OIM

Pour la septième année consécutive, le camp de Mberra situé au Hodh Oriental, revient au devant des préoccupations des agences des Nations Unies et des ONG internationales qui les accompagnent (voir communiqué de presse ci-dessous).

En bon gestionnaire de ce pré-carré en terre mauritanienne sous perfusion internationale, l’Equipe humanitaire pays continue comme un letimotive à se poser une question récurrente depuis le déclenchement de la crise malienne et l’arrivée des réfugiés en 2012 : «comment améliorer les conditions de vie des réfugiés et des communautés hôtes ? »

Cette question a fait l’objet d’une réunion tenue le 11 avril 2019 en présence des représentants du gouvernement mauritanien et de l’ambassadeur des Etats-Unis, SEM. Michael Dodman, dont le pays finance le projet de l’OIM en charge de ce dossier, par le biais du Bureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’Etat.

Ce projet exécute le même toolkit qu’il y a sept ans : AGR, accès à l’eau, aide à l’élevage familial, dialogue intercommunautaire.

Un modèle de gestion de l’aide humanitaire de plus en plus décriée par les analystes des Etats fragiles et des crises qui lui préfèrent une nouvelle approche.

Crédit OIM

Vers la gestion humanitaire par «Fragilité à la résilience »

Dans un article publié par «The New Humanitarian», un organe spécialisé dans le journalisme au cœur des crises, Jonathan Papoulidis, Conseiller exécutif sur les États fragiles pour World Vision US, livre une analyse sur le caractère obsolète d’une industrie de l’aide qui s’est trop appuyée à son goût sur l’aide humanitaire d’urgence, pour s’attaquer aux crises de longue durée, aux institutions en ruine et aux besoins essentiels dans les Etats fragiles. (Voir lien : https://www.thenewhumanitarian.org/opinion/2019/04/10/fixing-fragility-why-it-s-time-rewrite-rulebook?utm_source=The+New+Humanitarian&utm_campaign=28c3596331-RSS_EMAIL_CAMPAIGN_ENGLISH_AID_AND_POLICY&utm_medium=email&utm_term=0_d842d98289-28c3596331-75503301)

Des enfants réfugiés au camp de Mberra (Photo PAM/Justin Smith)

«Bien que la réponse par défaut d’un modèle humanitaire d’assistance humanitaire à court terme par les donateurs ait sauvé d’innombrables vies, elle s’est également dégradée face aux crises prolongées et récurrentes de conflits, de catastrophes et de misère» a-t-il constaté. Il citera à titre d’exemple, la RDC et son «camp d’urgence » pour les déplacés qui entrent dans leur deuxième décennie, expliquant comment ce modèle a érodé les capacités de réaction et a accru les griefs des personnes déplacées et les communautés d’accueil. Idem pour la Somalie où ce même modèle d’intervention s’est transformé en un mode improvisé de prestation de services à long terme pour la santé, l’éducation, l’eau, l’assainissement et l’assistance alimentaire. Une sorte de dépendance entretenue qui verrouille les opérations humanitaires.

A la place de cette forme classique de l’aide humanitaire, l’auteur préconise une nouvelle approche basée sur le retour sur les principes primaire de l’aide au développement, à savoir la promotion de la croissance économique des Etats pour les aider à résorber la pauvreté, plutôt qu’à les aider à gérer des risques complexes et des crises indéfinies aux causes profondes, parfois structurelles et institutionnelles.  Le nouveau paradigme de l’aide doit se baser, selon Jonathan Papiloudis, sur la notion de «fragilité à la résilience». Cette stratégie vise à identifier les risques complexes et interactifs de conflits, de catastrophes et de dénuement dans les Etats fragiles et à aider à soutenir et à renforcer diverses capacités nationales à y faire face.

Elle se base sur la croissance des économies «inclusives » pour répondre aux besoins humains, alors que l’aide d’urgence classique se concentre sur la satisfaction des besoins et la gestion des risques, des causes et des crises multidimensionnelles. Ce nouveau paradigmes suscite de plus en plus, selon lui, l’intérêt de la communauté internationale, citant en exemple le rapport «Parthways for Peace » publié par l’ONU et la Banque Mondiale en 2018, ou encore l’OCDE qui, en 2018,  a redéfini le concept de fragilité conformément à l’accent mis sur la résilience, notant que «la fragilité s’est définie comme la combinaison d’une exposition au risque et d’une capacité d’adaptation insuffisante de la part de l’Etat, du système et/ou des communautés pour gérer, absorber ou atténuer ces risques».

Cette notion de résilience est également revenue dans l’étude menée par un groupe de réflexion basée à Maastricht, le Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM) qui montre comment le mécanisme de coordination de pays a joué un rôle important dans la résolution des problèmes d’action collective entre le gouvernement, les donateurs et les parties prenantes afin de faire progresser le plan de développement national, comme en atteste l’expérience menée en Somalie. En conclusion, Jonathan Papoulidis pense qu’il n’est pas sûr « si la communauté de l’aide aura suffisamment d’appétit politique et de risque pour soutenir les États fragiles dans la longue marche d’un véritable changement ». Mais ce qui est certain, «c’est que le statu quo ne peut pas être maintenu si nous espérons respecter l’engagement mondial pris de ne laisser personne derrière dans les situations les plus difficiles ».

Cheikh Aïdara 

Amélioration des conditions de vie des communautés d’accueil des réfugiés en Mauritanie

Nouakchott – La région du Hodh Ech Chargui, en Mauritanie fait face à des défis liés à l’accès à l’eau et à la santé animale, vu que l’élevage est le seul moyen de subsistance. Plus de 50 000 réfugiés qui vivent dans le camp, et les communautés d’accueil sont éleveurs de bovins.

Pour aborder certains de ces défis, des représentants du gouvernement mauritanien, des agences des Nations Unies et des ONG se sont réunis le 11 avril 2019 pour répondre à la question « Comment les gouvernements et la communauté humanitaire internationale peuvent-ils améliorer les conditions de vie des réfugiés et des communautés d’accueil ? ». Le gestionnaire du projet de l’OIM, Momme Ducros, a présenté, au cours de la réunion, les sultats de ce projet à trois phases, « Augmentation des opportunités de subsistance pour les réfugiés maliens et des communautés hôtes sélectionnées au Hodh Ech Chargui« , financé par le ureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’État méricain, et mis en œuvre en Mauritanie.

Exécuté depuis 2015, le projet a permis d’améliorer sensiblement les conditions de vie des réfugiés et des populations hôtes en établissant des mécanismes pour prévenir et gérer les conflits liés aux maigres ressources de subsistance.

Au total, près de 20 000 réfugiés et 35 000 personnes parmi les populations d’accueil ont bénéficié d’un appui aux activités génératrices de revenus, ont eu accès à l’eau, à un appui à l’élevage familial et à un dialogue intercommunautaire, dans le cadre des activités du projet.

En Mauritanie, l’OIM s’est installée dans la Wilaya du Hodh Ech Chargui pour répondre à l’afflux de réfugiés maliens après le déclenchement de la crise en 2012. Les activités de l’OIM dans la région comprennent la stabilisation des communautés et la promotion du dialogue intercommunautaire.

En ouvrant la séance, l’Ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Mauritanie, Son Excellence M. Michael Dodman, a souligné que :« notre compréhension des approches mises en œuvre nous permettrait d’avoir un impact dans notre façon de servir et d’aider les populations dans le besoin à Mbéra, dans le Hodh El Chargui, et au-delà ».

Pour les représentants du gouvernement mauritanien et de la communauté humanitaire internationale travaillant en Mauritanie, la réunion a été une occasion pour partager les meilleures pratiques sur la stabilisation, la résilience et le rétablissement des moyens de subsistance de ces populations dans un pays au centre de l’action humanitaire, de la paix et de développement.

« L’appui constant fourni par les États-Unis d’Amérique, à travers le Bureau PRM, démontre leur prise de conscience des besoins essentiels des réfugiés et des populations hôtes dans le Hodh Chargui, qui ont, aujourd’hui plus que jamais, besoin d’améliorer leurs moyens de subsistance et de prévenir les conflits sur les ressources naturelles.

 ‘‘Je saisis cette occasion pour lancer un appel aux contributions des donateurs pour combler les manques importants dans le secteur de subsistance, à l’intérieur comme à l’extérieur du camp de réfugiés de M’bera.« , A déclaré Laura Lungarotti, Chef de Mission de l’OIM en Mauritanie.

Le projet, financé par le Bureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’État Américain, est essentiel pour fournir un appui à la fois aux réfugiés et aux Communautés Hôtes et réduire les tensions liées aux ressources rares comme l’eau et la santé du bétail.

Pour plus d’informations, veuillez contacter : Momme Ducros, Chef de projet de l’OIM, Tél :  +222 42 88 89 44, Email : mducros@iom.intou visiter www.rodakar.iom.int


Education Primaire en Mauritanie, quel rôle pour les Associations des Parents d’élèves (APE) ?

En marge de son 20ème anniversaire et de son Assemblée générale annuelle tenue dans la foulée, l’ONG de développement ECODEV a réuni jeudi 11 avril 2019, un panel d’experts pour débattre des problèmes de l’enseignement en Mauritanie et dégager des pistes de solution.

Panel sur l’éducation (Crédit Aidara)

Le panel était composé de l’ancien ministre, ancien Président de l’Université de Nouakchott, Dr.Bekaye Ould Abdel Maleck, NGaïdé Alassane, Conseiller du Ministre de l’Education Nationale, Cheikh Ould Maata, ancien maire de Riadh et Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Pédagogiques (CERP), El Hadj Ould Rabani, expert planificateur COGES (Conseil de Gestion des Ecoles), Mohamed Ould Tolba de la Banque Mondiale et Dr.Abdallahi Ould Ewah, professeur d’université et gérant du Projet TOME (Transparence dans le budget de l’Education). La rencontre a été modérée par Dr.Mohamed Lemine Hamady, Expert au CERF et professeur d’université.

Survol général

Introduisant le débat, le modérateur a fait un survol de la situation globale de l’enseignement en Mauritanie, avec chiffres et données à l’appui, comme l’amélioration des infrastructures  permettant une capacité d’absorption de tous les enfants en âge scolaire, avec 600.000 enfants qui vont à l’école (statistique de 2018), pour 15.000 enseignants. La Mauritanie compte, selon lui, 4.000 écoles dont 600 pour le privé, avec un ratio de 33 élèves par enseignant et un taux de plus de 100% de scolarisation. Seulement, relève-t-il, le taux d’inscription est de 80%, le taux de déperdition scolaire de 24% , avec un déficit de 145.000 tables-bancs, et 80% des écoles ne disposant ni d’aire de jeu ni de terrain de sport.

Pour Mohamed Lemine Hamady, la société civile, notamment les parents d’élèves, sont un partenaire incontournable dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement, soulignant la nécessité pour chaque école de disposer d’une association de parents d’élèves. «Tout le monde est aujourd’hui conscient de la crise de l’école en Mauritanie » a-t-il déclaré, ajoutant que la solution est une solution globale qui interpelle tous les acteurs.

Rappelant l’évaluation qui a été réalisée sur la performance du système éducatif, le modérateur a souligné que l’Etat a dépensé des milliards dans l’enseignement sans résultat qualitatif, soulignant que le taux d’admission dans tous les examens nationaux n’a pas dépassé 35%, que 40% des enseignants ne sont pas passés par l’Ecole Nationale des Instituteurs, que sur l’ensemble des enseignants en arabe, seuls 14% maîtrisent la langue, comme seuls  4% des enseignants en français maîtrisent le français. Cela s’est répercuté, a-t-il souligné sur les résultats, avec 26% d’admission à l’entrée en sixième, 29 % au brevet et 15% au baccalauréat. S’il y a dépenses exhaustives sur les infrastructures, cela s’est traduit de l’autre côté par la baisse de la qualité, a-t-il affirmé, pointant du doigt le système dirigiste et non inclusif qui a jusque-là prévalu, en l’absence de toute implication des acteurs de l’enseignement que sont les parents d’élèves, les centres d’études et les experts indépendants dans la confection des programmes, dans les modèles de gestion de l’enseignement et les programmes pédagogiques. Selon Mohamed Lemine Hamady, toutes les études ont montré que la non implication des APE dans les politiques éducatives sont l’une des causes essentielles de l’échec du système éducatif.

Pour remédier à cette situation, il a suggéré la nécessité d’adopter une stratégie de gouvernance sociale avec les APE comme partenaires centraux, soulignant qu’une étude menée en 2018 a démontré que l’implication des APE encourage la scolarité et le suivi pédagogique.

Cheikh Ould Maata, l’apport des centres d’études et le rôle des APE

Partant de l’expérience du Centre d’études, le CERP, qu’il dirige, l’ancien maire de Riadh à Nouakchott, Cheikh Ould Maata a mis l’accent sur la recherche, la formation et la sensibilisation pour améliorer la qualité de l’enseignement, mais surtout sur l’implication des APE. Ce débat devrait permettre selon lui, de tirer des recommandations qui pourront faire l’objet d’une stratégie capable de recentrer l’apport des parents d’élèves dans le système pédagogique national, ce qui n’est pas encore le cas, a-t-il déploré en substance :

Le Président de la Fédération nationale des associations de parents d’élèves et étudiants, Ahmed Ould Sghaïr, s’est pour sa part félicité du rôle joué par ECODEV dans le domaine de l’éducation, citant les actions à résultats déjà palpables sur le terrain,  comme au niveau de Riadh à Nouakchott et de Tidjikja au Tagant, où l’ONG a formé en 2018 quelques 40 bureaux de parents  d’élèves dans le suivi pédagogique.

Dr.Bekaye Ould Abdel Maleck et les Zones d’Education Prioritaires (ZEP)

Concept nouveau développé en France dans les années 80 pour harmoniser l’enseignement et offrir une éducation de qualité égale à tous les enfants notamment ceux issus de familles défavorisées, les ZEP servent à renforcer le système éducatif à tous les niveaux et sur l’ensemble du territoire, car comme l’a souligné Dr.Bekaye Ould Abdel Maleck, le système éducatif est un tout, tant et si bien que toute faiblesse dans une des chaînes peut compromettre le fonctionnement de l’ensemble. La ZEP sert ainsi, selon lui, à corriger les incohérences et  les disparités dues à des problèmes économiques ou sociaux des parents.

Pour Dr.Bekaye Ould Abdel Maleck, la ZEP est créée selon plusieurs principes et critères, la discrimination positive, la prise en charge totale des enfants des familles défavorisées (bourse, trousse), la faible capacité d’accès, la fragilité socioéconomique, la forte déperdition scolaire. La ZEP est administrée à travers des conseils comprenant l’administration, les communes, les APE, avec des commissions spécialisées, comme celles chargées de lutter contre la violence et la délinquance en milieu scolaire, contre les stupéfiants, etc. La ZEP a besoin ainsi, selon l’intervenant, d’enseignants payés plus que leurs autres collègues et plus motivés, avec des primes de suggestion spéciale. Des bourses doivent être octroyées aux élèves ainsi qu’une prise en charge totale sur le plan de l’alimentation dans les cantines scolaires et en fournitures, pour compenser des parents dont ils constituent le plus souvent les seules forces de travail. Dr.Bekaye a suggéré d’ouvrir dans une première phase des ZEP modèles dans les localités les plus pauvres, puis généraliser l’approche dans une seconde étape.

Pr.El Hadj Ould Rabani et l’expérience de COGES

Le Conseil de participation communautaire et de gestion des écoles (COGES) est bâti selon Pr.El Hadj Ould Rabani sur un décret qui donne une place centrale aux APE. Il est composé, conformément à l’article 3 du décret, d’un président élu, d’un Secrétaire général et d’un gestionnaire, plus un représentant de la commune, un représentant des APE, un représentant du personnel enseignant et un représentant des élèves. Il se réunit une fois par mois et discute de tous les problèmes scolaires.

Dr.Abdallahi Ould Ewah et le Projet TOME

Le Projet TOME (Transparency Of Mauritanian Education Budget) liant l’ONG ECODEV et le GPSA (Global Partenership For Social Acountability) de la Banque Mondiale a été lancé le 18 janvier 2017 pour une durée de quatre ans. Son objectif est d’améliorer la transparence du Budget et la qualité de l’éducation primaire à travers les outils de la redevabilité sociale dans les Wilayas cibles, Nouakchott Sud et le Tagant.

Sur la base du diagnostic de la stratégie nationale de l’éducation et du Plan national 2001-2011 puis 2012-2020, il est apparu selon Dr.Abdallahi Ould Ewah que le budget alloué à l’éducation représente 4% du PIB, dont 44 % pour l’enseignement fondamental. «Il y a certes une forte augmentation dans l’accès à l’éducation, beaucoup d’écoles ont été construites, beaucoup d’enseignants recrutés, beaucoup plus d’élèves scolarisés, mais la qualité de l’enseignement a continué à baisser, avec des élèves souffrant de faiblesse générale dans toutes les matières. Un résultat catastrophique » a-t-il arrêté.  Et de poursuivre «100 % des enfants mauritaniens entrent à l’école, mais 90% ressortent dans la rue durant leur parcours scolaire et une fois aux portes du baccalauréat ». Et  de se demander «ces enfants vont où ?».La plupart vont alimenter les gangs, versent dans la délinquance, la drogue, à la merci des premiers recruteurs djihadistes. Avec des enseignants mal formés (non intéressés par leur métier), mal payés, évoluant dans des classes souvent délabrées, sans aucun matériel didactique, le résultat ne peut être que celui offert par le système actuel, dira-t-il en substance.

La solution réside selon lui dans la redevabilité sociale, telle que préconisée par le Projet TOME, à travers un comité de suivi participatif au niveau de chaque école. Ce principe repose sur le fait que l’éducation est l’affaire de tout le monde et que la solution doit venir aussi bien de l’Etat, du secteur privé, des mécènes, des parents d’élèves, de la société civile, des partenaires, dans un même élan coordonné et planifié.

NGaïdé Alassane, encore sur le rôle des APE

Conseiller du Ministre de l’Education Nationale en charge de la Promotion du Partenariat avec les syndicats et les APE, NGaïdé Alassane, est revenu sur le rôle des APE, comme partenaire essentiel du système éducatif. Il a évoqué l’institutionnalisation de ce partenariat entre le Ministère et les APE à travers la révision en cours du Décret 137-1999, soulignant que les parents d’élèves disposent pour leurs actions de prérogatives tirées du circulaire du ministre, de la mise en place de comités de veille, entre autres mécanismes d’intervention.

Des discussions, questions et interventions pertinentes de la part des participants ont par la suite émaillé les débats.

Cheikh Aïdara


ECODEV, le bilan de 20 ans d’actions pour le développement

Créé en 1999, ECODEV vient de fêter ses 20 ans. C’était en marge de l’Assemblée générale annuelle organisée à Nouakchott les 10 et 11 avril 2019, en présence de délégués venus de plusieurs régions du pays. L’occasion pour l’ONG de présenter une vidéo retraçant ses vingt-ans d’actions en faveur du développement local et communautaire, dans des localités rurales et semi-urbaines  dans les Wilayas de l’Assaba, du Gorgol, du Trarza, des deux Hodhs, du Tagant, notamment.

De G. à Dr. directrice au Ministère de l’Intérieur, Directeur de la Société Civile et Président ECODEV (photo Aidara)

Ouvrant la cérémonie officielle, le Directeur des relations avec la société civile au Commissariat aux droits de l’homme, Mohameden Ould Horma, a félicité les organisateurs pour leur «engagement soutenu pour le développement.» Il a indiqué que les autorités «apprécient l’engagement de l’ONG ECODEV à améliorer les conditions de vie des populations», tout en rappelant les efforts menés par le gouvernement pour encadrer et faciliter la contribution de la société civile dans l’élan de développement.

Auparavant, le Président d’ECODEV, Sidi Ould Khalifou, a rappelé que l’ONG avait «mis en place dès ses débuts une approche méthodologique basée sur la compétence, le respect des engagements et la rigueur». Ce qui va lui attirer au fil des ans la confiance des bailleurs et des partenaires au développement,  notamment l’Union européenne, la Banque Mondiale, les Coopérations française, allemande et espagnole, la Principauté de Monaco, Kosmos Energy, BP, Tasiast, etc.

Stand en marge de la manifestation (Crédit Aidara)

Selon Sidi Khalifou, ECODEV qui a acquis une expertise certaine dans le domaine du développement, s’oriente vers la consolidation des objectifs qu’elle s’est tracés dans sa Stratégie 2016-2020, en parfait alignement avec les ODD et la SCAPP, avec un accent particulier sur deux nouveaux créneaux, l’éducation primaire de base avec l’implication des Associations de Parents d’élèves et d’étudiants (APE), mais aussi l’entreprenariat et l’emploi des jeunes. Ces deux thèmes ont d’ailleurs fait l’objet de deux débats animés par des experts le 11 avril 2019.

La première journée de ces «20 ans d’Engagement pour le Développement de la Mauritanie » s’est ainsi achevée par l’élection d’un bureau, avec maintien de Sidi Ould Khalifou à la tête de l’ONG. Un stand présentant les différents projets menés par ECODEV, a été organisé dans les coulisses.

Cheikh Aïdara 

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Birame Dah Abeid : «le G 5 Sahel, c’est le choix entre les dictatures d’Etat et le terrorisme, et je refuse de choisir entre le choléra et la peste»

Au cours d’une conférence de presse animée lundi 8 avril 2019 au siège du parti Sawab qui soutient sa candidature à la Magistrature suprême dont l’élection est prévue en juin 2019, l’antiesclavagiste et député Birame Dah Abeid a décrit le G 5 Sahel comme le club des dictatures imposées aux peuples de la sous-région au nom de la lutte contre le terrorisme.  Selon lui, ce regroupement informel qui navigue hors des structures des Nations-Unies et de l’Union Africaine sert comme marketing politique à des Chefs d’Etat honnis par leur peuple dont ils sont loin des préoccupations. «Pourquoi les pays du G 5 Sahel n’ont pas dénoncé le génocide des Peuls au Mali, ou la situation des esclaves et la question négro-mauritanienne en Mauritanie ?» s’est-il interrogé.

Au cours de cette rencontre avec la presse, Birame Dah Abeid a abordé plusieurs autres questions, dont la détention des deux blogueurs Ould Wedadi et Ould Jidou, «des détenus d’opinion dont le seul tort est d’avoir répercuté des informations faisant état du gel aux Emirats Arabes Unis de plus de 2 milliards de dollars déposés par des proches du locataire du Palais présidentiel » a-t-il souligné.

Il  a évoqué l’élection présidentielle à venir et l’impérieuse nécessité pour les candidats de l’opposition de coordonner leurs actions dès maintenant en vue du second tour qui serait selon lui, inéluctable. «Aucun des candidats en lice ne peut passer au premier tour, si le scrutin se déroule dans la transparence et l’équité » a-t-il déclaré. «Avec ma candidature, celle de Sidi Mohamed Ould Boubacar, de Mohamed Ould Maouloud et de Kane Hamidou Baba, la boucle est bouclée pour les candidats de l’opposition » a-t-il énuméré. Selon Birame, l’opposition doit planifier sa participation de sorte à se faire représenter dans l’ensemble des bureaux de vote et sur toute l’étendue du territoire, soulignant que les populations ont un grand rôle à jouer dans la lutte contre la fraude électorale et la transparence du scrutin. «Le peuple doit barrer le chemin au candidat du pouvoir qui n’est en réalité que le prolongement d’un système qui veut se perpétuer sous la fausse couverture d’un candidat nouveau derrière lequel il va continuer à tirer les ficelles » a-t-il prévenu.

Pour Birame, il n’y a pas eu de coup d’Etat blanc de la part de l’armée contre Mohamed Abdel Aziz, comme le prétend ses soutiens. «Mohamed Abdel Aziz continue d’avoir les pleins pouvoirs de nuisibilité, lui qui vient d’apporter un nouveau coup dur contre des associations qui œuvrent pour la cohésion sociale, l’unité nationale et les actions humanitaires, comme «Main dans la Main » et «El Islah » qu’il vient de faire interdire » a-t-il ajouté.

Sur la question des parrainages imposée par la loi électorale aux candidats à la présidentielle, à savoir la caution morale d’au moins cent conseillers municipaux dont cinq maires, Birame Dah Abeid a déclaré détenir plus que ce que la loi exige. «Le problème, ce ne sont pas les parrainages, mais le refus des autorités compétentes à recevoir les parrainages à mon profit, comme les quatre conseillers municipaux de Mâle (Brakna) qui se sont vus refoulés par le commandant de brigade de gendarmerie lorsqu’ils se sont présentés à lui pour cautionner ma candidature » a-t-il mentionné. «La logique actuelle du pouvoir est de m’empêcher de participer à l’élection présidentielle en vue, mais je vous dis que cela ne se passera pas aussi facilement comme le veut les tenants du système » a-t-il prévenu.

Birame est revenu une nouvelle fois sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qu’il qualifie de structure dépendante, avec un directoire acquis au candidat du pouvoir. Selon lui, les tenants du système sont aux abois, car ils ne font confiance ni aux prétendus soutiens qui les entourent actuellement ni aux membres du parti-Etat qui  ont déployé tout leur arsenal pour accueillir leur candidat au cours de sa récente tournée, qui se poursuit encore. «Sinon, pourquoi refuser de faire de la CENI, une structure réellement crédible pour gérer en toute impartialité et transparence l’élection présidentielle, comme ce fut le cas en 2009 et en 2013 où la présidence de la CENI a été confiée à l’opposition ? » s’est-il interrogé.

Cheikh Aïdara


Birame Dah Abeid, «le refus par le pouvoir de procéder à la recomposition de la CENI, procède d’un manque de confiance du pouvoir et de son candidat à se prêter au jeu démocratique »

Birame Dah Abeid, président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), candidat à la présidentielle de 2014 et député à l’Assemblée Nationale, a annoncé le 25 mars dernier sa candidature à l’élection présidentielle de juin 2019. C’était au cours d’un meeting populaire organisé à l’Ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott, en présence des ténors de l’opposition et de Sidi Mohamed Boubacar, ancien Premier Ministre et candidat au même scrutin. Dans cet entretien, il est revenu sur sa première expérience en 2014, mais aussi sur ses soutiens, sur le refus du pouvoir de reconstituer la CENI, sur ses relations avec les autres candidats de l’opposition, notamment Sidi Mohamed Boubacar, mais aussi sur le programme de société qu’il propose aux Mauritaniens.

Birame Dah Abeid lors de l’annonce de sa candidature (Crédit Aidara)

Par rapport à votre déclaration de candidature à la présidentielle de 2014, qu’est-ce qui a changé selon vous en 2019 ?

Birame Dah Abeid : beaucoup de choses  ont changé en 2019, par rapport à ma première déclaration de candidature à la magistrature en 2014, qui n’était en réalité qu’une candidature test faite à l’improviste, que nous jugeons positive et qui nous a aidés à préparer les échéances actuelles. Entre 2014 et 2019, j’ai passé la moitié de cette période confronté à  de multiples exactions et emprisonnements, dont la dernière, lors des dernières élections partielles, où on m’a emprisonné pour m’empêcher de battre campagne en tant que candidat à la députation. Se sont ajoutées à ces exactions, les interdictions qui nous ont frappés, interdiction de sortir de la Capitale, interdiction d’organiser des rassemblements et de rencontrer les populations. Je pense que nous avons remporté le bras de fer qui nous a opposé au pouvoir et qui voulait nous éradiquer avant 2019. Nous sommes encore plus présents sur la scène, mais surtout nous sommes les plus présents et les plus forts en termes de contenus et de soutien populaire. Je pense que 2019 sera l’année de la victoire.

A part le parti SAWAB qui soutient votre candidature, y a-t-il d’autres forces politiques ou mouvements qui vous soutiennent ou qui comptent vous soutenir dans ces élections de 2019 ?

Birame Dah Abeid : nous sommes restés dans la même projection d’une opposition sociale populaire droits de l’hommiste qui s’appuie sur la force populaire. C’est ce qui a été la base de la force d’IRA. Cette candidature s’appuie sur la forte opposition des populations mauritaniennes au régime de prédation économique, d’injustices, de racisme et de discrimination, qui a appauvri la population. C’est sur cette opposition populaire que nous nous basons et non pas sur des oppositions institutionnelles comme les partis politiques. Ces derniers n’ont pas pu réussir au premier test que leur dicte la situation exceptionnelle actuelle, en ne parvenant pas à s’accorder sur un candidat unique, alors que l’occasion d’un changement radical qui s’offre à eux aujourd’hui, risque de ne pas se répéter de sitôt. Je pense que la seule opposition, c’est l’opposition populaire, les partis politiques ayant été affaiblis et dégarnis par des années d’usure de la part du pouvoir en place. Ce qui fait que depuis l’avènement de Mohamed Abdel Aziz au pouvoir, la vraie opposition a vécu dans l’illégalité, que cela soit dans les mouvements de jeunes et de la société civile, dont IRA est le fer de lance. C’est cette opposition qui détient réellement la légitimité populaire et électorale. Je pense que nous détenons cette légitimité car nous fédérons toute cette opposition non institutionnelle, ce courant populaire qui traverse tous les pans de la société. C’est de là que nous tirons notre force, et non de la somme de soutiens de partis politiques qui se sont éparpillés entre soutiens au pouvoir et soutiens à d’autres candidats indépendants.

On vous a vus très proches de l’ancien Premier ministre et candidat comme vous à la Magistrature Suprême, Sidi Mohamed Ould Boubacar. Qu’est-ce qui vous rapproche de ce candidat ?

Birame Dah Abeid, entouré de Sidi Mohamed Boubacar (à gauche) et du président de Sawab (à droite) (Crédit Cridem)

Birame Dah Abeid : notre mot d’ordre est de rassembler au maximum toutes les forces qui s’opposent, même de façon conjoncturelle, au pouvoir de Mohamed Abdel Aziz et à la reconduction de ce pouvoir pour une nouvelle décennie pendant laquelle Mohamed Abdel Aziz va continuer à tirer les ficelles dans le dos de son pantin, Mohamed Ould Ghazwani. Nous pensons qu’il est urgent et juste de rassembler toutes les forces, mêmes celles qui sont issues de la désagrégation des groupes qui étaient dans le pouvoir et qui nous ont rejoins dans notre combat contre le système en place dans cette phase conjoncturelle. Je pense qu’il faut aussi unir nos forces, au sein de cette grande opposition, pour barrer le chemin au candidat du pouvoir qui ne ferait que prolonger la souffrance des populations et maintenir les injustices. Le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar est parvenu à rassembler une partie des forces qui étaient au sein du pouvoir et qui veulent se démarquer dans cette phase des présidentielles ainsi que des forces de l’opposition représentées par des partis politiques, comme Tawassoul. Il faut donc s’engager dans ce jeu de l’alternance qui ne peut se faire sans susciter des fissures au sein des groupes dominants.

Le gouvernement, par le biais du Ministère de l’Intérieur, vient de rejeter la principale revendication de l’opposition, c’est-à-dire la recomposition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), qu’en pensez-vous ?

Birame Dah Abeid : le pouvoir par son refus de permettre la recomposition de la CENI selon les principes fondateurs de la loi électorale, enfreint le jeu démocratique, ce qui constitue un argument de moins à la charge du pouvoir qui n’a pas pu s’apprêter au jeu de la transparence même dans ses principes les plus élémentaires. La CENI doit être constituée de personnalités issues de l’opposition et du pouvoir, alors que tous les membres de la CENI actuelle ont déjà déclaré allégeance et soutien au candidat du pouvoir, Mohamed Ould Ghazwani, à part un seul membre qui est de l’opposition, l’Alliance Populaire Progressiste (APP), parti qui n’a pas encore déclaré sa position. Ce refus du pouvoir de recomposer la CENI, est une aberration tranchée par rapport au sentiment victorieux qu’avait Mohamed Abdel Aziz en 2009 lorsqu’il avait confié la CENI à l’opposition. La position actuelle du pouvoir tranche aussi avec l’esprit de 2013 lorsque Mohamed Abdel Aziz avait accepté de confier la direction de la CENI à un membre de l’opposition, Ould Soueid’Ahmed de l’APP, qui a été nommé par Messaoud Ould Boulkheïr. Nous pensons que cette fois-ci, Mohamed Abdel Aziz et son candidat Ould Ghazwani ne sont pas en confiance par rapport au vote libre des électeurs mauritaniens, mais aussi, ils ne font pas confiance à ces vagues de soutien et de Moubadarat qui semblent ne pas les convaincre. C’est pourquoi ils tiennent à maintenir cette CENI qui est à leur solde et dont les membres leur obéissent au doigt et à l’œil. Une conférence de presse sera d’ailleurs animée ce mardi 2 avril et le décor sera planté pour un mouvement de résistance contre cette tentative de faire élire le candidat du pouvoir avant l’heure par le biais d’une CENI inféodée.

Certains affirment que le candidat Ould Ghazwani utilise les moyens de l’Etat dans sa tournée actuelle, qu’en pensez-vous ?

Birame Dah Abeid : l’utilisation par le candidat Ould Ghazwani des moyens de l’Etat n’est qu’un signe de panique qui s’empare du pouvoir et sa tentative de vouloir confisquer le vote des électeurs en s’accaparant les symboles de l’Etat, l’administration et l’armée. Mais cette fois-ci, le morceau sera dur à faire avaler au peuple mauritanien.

L’argent est le nerf de la guerre dans toute élection. Avez-vous reçu d’aides ou de soutiens de la part d’hommes d’affaires mauritaniens ?

Birame Dah Abeid : nous ne sommes soutenus par aucun homme d’affaires. D’ailleurs, tous les hommes d’affaires craignent les représailles pour oser soutenir un opposant. Ils sont tous sous la coupole du régime de Mohamed Abdel Aziz qui n’hésite pas à suspendre sur leur tête l’épée de Damoclèes de la répression fiscale, mais aussi celle de l’exclusion de tout marché public, sans compter les entraves à leurs activités. Ils sont tous tenus également de financer les campagnes du pouvoir pour ne pas subir de sanctions et des représailles. Aussi, aucun d’entre eux n’ose s’afficher ou aider un candidat opposé au pouvoir.

Quel est en résumé, le programme de société que vous proposez aux Mauritaniens ?

Birame Dah Abeid : dans une formule très ramassée s’agissant de mon programme, je compte restaurer la moralité de la vie publique et assurer une meilleure gouvernance, restaurer la confiance entre la nation et sa classe politique, entre l’administration et ses administrés, assurer l’égalité de tous devant la loi, restaurer l’existence et l’action des structures d’inspections et de contrôles crédibles des finances publiques, garantir l’exercice d’une presse libre et responsable.  Ces paramètres doivent être résolument ramenés. Il faut aussi maintenir les hommes politiques, les cadres de l’administration publique et parapublique dans le strict respect de l’éthique républicaine et de la bonne gouvernance. Toutefois, ce thème de bonne gouvernance peut donner l’impression d’être un critère purement exogène imposé par les institutions internationales, à la limite de l’ingérence pudiquement revêtue de la notion de droit d’ingérence. Il faut bien se persuader que la bonne gouvernance est faite d’abord pour nous-mêmes pour garantir à moyen et long terme les conditions de vie de nos populations.

Propos recueillis par
Cheikh Aïdara


Restructuration et mise aux normes des centres de santé en Mauritanie, l’expérience pilote du «Tab Sweisra» d’El Mina

Le Ministère de la Santé, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a entamé depuis plus d’une semaine une expérience pilote au Centre Mère et Enfant d’El Mina, connu populairement sous le nom «Tab Sweisra ». Ce projet, mené avec l’aide d’un expert de l’UNFPA, est destiné à la réorganisation et à la restructuration du centre, sur un modèle qui a donné des résultats au Mali, en Côte d’Ivoire, et ailleurs dans le continent. Cette expérience sera généralisée par la suite à toutes les structures de santé de la Mauritanie.

Entrée principale du Centre Mère et Enfant d’El Mina (Crédit Aidara)

Comment rendre un centre de santé plus attractif en facilitant le circuit patient, en améliorant la qualité des services et en réduisant le temps d’attente des clients ? Une telle expérience, qui a déjà fait ses preuves ailleurs, est en cours depuis près de dix jours au Centre Mère et Enfant d’El Mina, plus connu sous le nom «Tab Sweisra» à Neteg.

 De la réorganisation des services de santé

Les locaux du Centre de santé (Crédit Aidara)

 

Dr.Jules YAO

Selon Dr.Jules YAO, Chargé de Programme Santé de la Reproduction et Jeunes au Bureau UNFPA de Côte d’Ivoire, qui apporte son expertise au projet, «l’approche s’appelle Réorganisation des Services de Santé, particulièrement la Santé de la Reproduction. Elle vise le renforcement du système de santé et repose sur trois éléments inclusifs : Disponibilité, Intégration, Qualité des services ». Parlant de l’expérience en cours au Centre Mère et Enfant d’El Mina, il a déclaré que «depuis une semaine, plusieurs étapes ont été franchies, notamment l’analyse situationnelle du centre, l’élaboration du Plan d’Action par unité de soins, la formation du personnel en normes et gestion ». Il souligne que pour «assurer une prestation de qualité selon les normes et permettre une meilleure utilisation des services, une journée de salubrité a été organisée, jeudi 14 mars 2019 » précisant que cette journée sera institutionnalisée par le centre de santé. En Côte d’Ivoire, l’expérience a été généralisée sur plus de cent (100) centres de santé, dira-t-il en substance, ajoutant qu’il restera, pour ce qui est du centre d’El Mina, la finalisation des outils de gestion (organigramme, fiche de poste, gestion de l’espace et calendrier de travail), la fourniture d’équipements médicaux et le suivi de l’initiative.

Dr.Mohamed Vall Boubacar

Dr.Mohamed Vall Ould Boubacar, médecin-chef du Centre Mère et Enfant d’El Mina, a décrit une situation peu reluisante du centre, situé dans une poche de pauvreté et qui n’a connu comme amélioration qu’un bâtiment neuf construit avec l’aide de l’ONG «Terre des Hommes » il y a quelques mois. Il a déploré le peu d’intérêt accordé au centre qui manque selon lui de tout, notant l’absence de fonds de fonctionnement, avec un laboratoire en panne malgré la présence d’un technicien qualifié, la disponibilité d’un personnel compétent mais manquant de toute motivation, l’absence de matériel et de fournitures essentiels.

Les patients déplorent quant à eux la cherté des prestations, avec un forfait obstétrical à 900 MRU, sans compter l’achat de médicaments et les consultations. Selon Dr. Mohamed Vall Boubacar, le centre enregistre par jour 10 à 30 consultations prénatales et environ 150 accouchements par mois.

De la formation du personnel

Le 11 mars 2019, après plusieurs jours de formation sur les principes de la restructuration du centre, le personnel a assisté à une restitution qui a porté sur le diagnostic situationnel et les améliorations enregistrées. Pour les consultations prénatales et postnatales (CPeN/CPON) et la maternité, beaucoup d’insuffisances ont été notées, comme le manque de matériel, la cherté des prestations, la qualité médiocre de l’accueil, l’insuffisance du personnel sage-femme (une seule pour la vaccination), malgré l’affluence, la non motivation du personnel, l’absence d’hygiène et de toilettes. La maternité souffre aussi de l’absence de table gynécologique avec deux seules tables d’accouchement, alors que la pharmacie est confrontée à des problèmes d’approvisionnement et l’absence de climatisation.

Séance de formation du personnel (Crédit Aidara)

En résumé, il a été constaté que le Centre Mère et Enfant d’El Mina est mal organisé, avec des locaux délabrés, et qu’il manque de matériels et d’équipements essentiels, avec l’absence d’hygiène.

A la lumière de l’analyse situationnelle, un Plan d’Action des unités de soin a été proposé, avec indication des points faibles, des points forts, les responsables chargés de la mise en œuvre des actions envisagées et les solutions avancées. Le Plan d’Action propose aussi un circuit pour faciliter le passage des patients d’un service à l’autre, ce qui va réduire le temps d’attente, par le regroupement de services, comme les CPeN, les CPON et la vaccination dans une même salle, le déplacement de la salle de garde près de la salle d’accouchement, l’externalisation du service échographie, etc.

Il faut souligner que l’ensemble du personnel, les sages-femmes, les infirmiers, les accoucheuses, les bénévoles, et même les plantons et gardiens avaient assisté à toutes les sessions de formation.

L’UNFPA apportera non seulement son expertise, mais contribuera également à la fourniture de matériels et équipements manquants, ainsi que la rénovation des locaux du centre.

Journée de salubrité

Exceptionnelle a été la Journée de Salubrité, organisée au Centre Mère et Enfant d’El Mina, jeudi 14 mars 2019, en présence du Représentant Résident de l’UNFPA, Saidou Kaboré, le Médecin-chef de la Moughataa d’El Mina, Dr.Mohamed Yahya Ould Sidi, le Président du Comité de Santé, Saad Bouh Ould Ahmeida et le 1er Adjoint au maire d’El Mina, Mohamed Mélaïnine Ould Mohamed Vadel, mais aussi Moussa Ould MBareck, président de l’ONG «Jeunesse A l’Heure d’El Mina JAHE» accompagné de ses jeunes bénévoles.

Lancement de la journée de salubrité par Adjoint au Maire, Représentant UNFPA, Médecin-chef et Président du Comité de Santé (Crédit Dr.YAO)

Pendant toute une journée, le personnel du centre avec les responsables cités, ont nettoyé, récuré et balayé les salles de soin ainsi que la cour du centre. Tout le monde a mis la main à la pâte, le Représentant de l’UNFPA et son staff, le médecin-chef de la Moughataa, le président du Comité de Santé, le maire adjoint, le médecin-chef du centre, les sages-femmes, les infirmiers, les accoucheuses, les bénévoles, les jeunes et la population avoisinante. Le tout dans une ambiance bon enfant.

De g.à dr. Moussa MBareck, SaadBouh Ahmeida; Mohamed Melainine; Saidpu Kaboré; Dr.Yahya et Dr.Mohamed Vall (Crédit Dr. Yao)

Le 1Er adjoint au maire a remercié à l’occasion tous ceux qui ont participé à la journée de salubrité, en particulier l’UNFPA, pour son intervention judicieux et à point nommé, soulignant que ce «centre, situé dans une véritable poche de pauvreté, a eu à jouer un rôle prépondérant du temps où il était géré par une ONG étrangère, mais depuis que cette dernière s’est retirée, le centre a périclité au fil du temps, pour devenir ce qu’il est aujourd’hui».

Le Représentant résident de l’UNFPA a, à son tour, remercié la mairie d’El Mina, le médecin-chef de la Moughataa, le président du Comité de Santé, le président de JAHE et ses jeunes, le médecin-chef du centre et son personnel, soulignant que ce que «l’UNFPA apporte  en termes financiers n’est pas beaucoup, mais c’est ce que le gouvernement et la communauté apportent qui est le plus important. Ce que nous apportons, c’est l’expérience d’autres pays, mais votre engagement est déterminant. Car, pour apporter le changement, si ceux qui sont là n’en veulent pas, il n’y aura rien. Mais là, l’équipe du centre est engagée à améliorer, la mairie, la population, tout le monde est là, je vous félicite pour cela, en particulier, le Ministre de la Santé et son staff». Il a profité de l’occasion pour faire le plaidoyer sur la lutte contre la mortalité maternelle et les violences basées sur le genre, mettant l’accent sur la qualité des services et l’accueil des patients qu’il faut améliorer.

Le médecin-chef de la Moughataa a loué l’initiative du Ministère de la Santé et remercié l’UNFPA pour son apport considérable dans le domaine de la santé, précisant que «le centre Mère et Enfant d’El Mina servira de modèle de restructuration et de réorganisation et que son expérience servira à tous les autres centres de santé du pays».

Quant au Président du Comité de Santé de la Mairie d’El Mina, il a remercié lui aussi les autorités, les jeunes, mais en particulier l’UNFPA pour cette expérience pilote, qui selon lui, «permettra de redorer le blason du centre, qui a été presque délaissé par les populations», souhaitant qu’avec l’aide de l’UNFPA, «ce centre pourra retrouver son aura d’antan et récupérer ses patients, qui au lieu de se rendre dans d’autres structures de santé éloignées, pourront y retrouver ses qualités de soin historiques».

Moussa MBareck, président JAHE : «trois associations parmi celles qui composent le réseau Jeunesse A l’Heure, une cinquantaine de jeunes,  ont répondu volontairement à l’appel des autorités et de l’UNFPA pour cette journée de salubrité au Centre Mère et Enfant dit «Tab Sweisra » d’El Mina. Nous nous sommes engagés avec l’UNFPA, à assurer la salubrité du centre tous les trois mois».

Aïchetou Diallo, présidente adjointe JAHE : «nous sommes venus, comme d’habitude pour tout ce qui concerne la Moughataa d’El Mina, pour participer à la salubrité de ce centre où sont nés cinq parmi nos jeunes. Nous sommes venus surtout  car nous sommes, en tant que populations riveraines, les premiers concernés par cette restructuration que les autorités et l’UNFPA ont entamé, surtout que ce centre de santé est situé dans une des plus grandes poches de pauvreté de la capitale.»

Les jeunes de JAHE (Crédit Aidara)

Il faut noter que les sages-femmes formatrices du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) avaient bénéficié de deux jours de formation sur l’approche Réorganisation des services de santé, sous l’égide de l’expert ivoirien, Dr.Jules YAO.

Formation des formateurs du PNSR (Crédit Aidara)

Elles on participé à l’encadrement du personnel du centre qu’elles vont suivre durant tout le processus de restructuration.  La première journée de visite au Centre Mère et Enfant, le 6 mars dernier, a été consacrée à une inspection des différentes unités du centre et des échanges avec le personnel de santé.

Cheikh Aïdara

 

PHOTOS REPORTAGES

Session de plaidoyer du Représentant UNFPA (Crédit Dr.YAO)

 

Visite dans la salle des CPeN

 

Visite salle des CPON

 

Salle accouchement

 

Le Représentant de l’UNFPA et l’Adjoint au Maire avec une mère et son béné (Crédit Aidara)

 

 


«La Mauritanie D’Abord » honore la «Mère Exemplaire»

Dans le prolongement de la fête internationale de la femme, celle du 8 mars, l’ONG ASPOM et le groupe «La Mauritanie D’Abord», qui est un vaste mouvement citoyen, ont organisé une soirée d’hommage dédiée à la «Mère exemplaire ». Sous fond de plats et produits locaux, plusieurs personnalités ont été distinguées.

Mme Seyide remet son diplôme au maire de Nouadhibou (Crédit Photo)

La Présidente de l’ONG ASPOM, Mme Seyide Mint Yenge Ould Khyarhoum, initiatrice du groupe citoyen «La Mauritanie D’Abord » a organisé, dimanche 10 mars 2019 à l’hôtel Halima de Nouakchott, une grande soirée de distinctions en hommage, aux hommes et aux femmes qui selon elle, ont contribué par leurs actions à l’unité nationale et au développement du pays.

Plusieurs invités de marque dont le maire de Nouadhibou, El Ghassem Ould Bellali, mais aussi Marième Mint Ely Beiba, Directrice de la Condition féminine et du Genre au Ministère des Affaires sociales, des activistes de la société civile, des journalistes et quelques membres d’organisations internationales en Mauritanie.

Une partie de l’assistance (crédit Aidara)

La soirée a épousé les contours d’une exposition de produits locaux et de plats traditionnels, dans une ambiance bon enfant. Plus de soixante-dix distinctions ont été attribuées, sous forme d’attestation de reconnaissance pour services rendus à la Nation mauritanienne.

Il faut dire que l’ONG ASPOM et «La Mauritanie D’Abord » organisent chaque année, à l’occasion du 8 mars, une soirée particulière où des citoyens mauritaniens qui se sont distingués par leurs actions en faveur de la cohésion sociale, de l’unité nationale et du développement, sont honorés. Ces soirées ont toujours été associés à l’exposition de pans entiers de la culture mauritanienne, coiffure, habillement, plats et produits du terroir.

Pour Seyide Mint Yenge, «la Mauritanie compte beaucoup de cadres, des hommes et des femmes, qui ont loyalement servi ce pays et qui ont été oubliés par la Nation. Ces soirées que nous organisons ont pour objectif de rectifier le tir et de les distinguer » a-t-elle déclaré.

Cheikh Aïdara


Sécurité et Développement en Mauritanie : lancement des travaux au profit des écoles militaires de Rosso

Le Projet d’appui à la sécurité et au Développement en Mauritanie s’est rendue à Rosso, mercredi 28 février 2019, pour y être reçu par les commandants des écoles militaires de formation initiale de la gendarmerie, le colonel Dey Ould Bamba OuldYezid, et de la Garde nationale, le lieutenant-colonel Sidi-Mahmoud Taleb OuldJiyeb, à l’occasion du lancement des travaux d’infrastructures financée par l’Union européenne via le Fonds européen de développement (FED).

Adama Diallo et François-Xavier Pons, respectivement expert infrastructures avec le commandant de l’école (en tenue de sport)

Parmi les ouvrages dont la construction est prévue, les emprises de l’école de gendarmerie et de la Garde nationale vont de prime abord voir leur réseau d’assainissement des eaux usées réhabilité. « Une priorité », selon les deux commandants d’école.Un point en effet clef alors que la situation, d’autant plus difficile pendant les pluies et en période d’hivernage, impacte fortement les conditions d’instruction des soldats et sera donc ainsi prise en charge avant même d’entamer la construction de nouveaux édifices.

Les élèves gendarmes bénéficieront ensuite d’un nouveau bâtiment pour abriter une salle pédagogique dédiée à l’informatique, d’un amphithéâtre et d’un parking. Les élèves de la garde bénéficieront eux d’un nouveau parcours du combattant, d’une cafétéria, d’un amphithéâtre, d’une salle de sport, d’un parking, ainsi que d’une infirmerie mutualisée à l’ensemble de la garnison.

 

.Adama Diallo et François-­‐Xavier Pons, respectivement expert infrastructures et chef de l’assistance technique du Projet d’appui à la Sécurité et au Développement en Mauritanie, avec le colonel Sidi-­‐Mahmoud Taleb Ould Jiyeb, commandant l’école de la Garde nationale de Rosso.

L’ensemble des ces infrastructures devraient voir jour d’ici environ une année. D’autres installations suivront, à l’image du stand de tirs ur l’emprise du Bataillon d’infanterie motorisé (BIM 61) – dont la construction des murs balistiques implique l’utilisation d’une technologie mauritanienne innovante à base de matériaux locaux – ayant vocation à être mutualisé à l’ensemble de la garnison.

En sus de ces investissements au profit des recrues, d’autres projets viendront compléter ce dispositif à travers les formations spécialisées en matière d’anti-terrorisme, qui seront délivrées dans le cadre de l’Académie mauritanienne de la Paix et de la Sécurité, notamment à Nouakchott.Le chef de la coopération de la Délégation de l’Union européenne à Nouakchott, l’ambassadeur Giacomo Durazzo, s’est ainsi « réjoui du démarrage de ces travaux ».

Le Projet d’appui à la Sécurité et au Développement en Mauritanie bénéficie d’un financement duFED,est piloté par les autorités mauritaniennes en lien avec les forces armées et desécurité nationales. Il constitue le fer de lance d’une approche globale de l’Union européenne impliquant à la fois d’améliorer les conditions de vie des populations situées dans ces enclavées à la frontière malienne, d’y renforcer la présence de l’Etat, ainsi que d’accompagner plus généralement la montée en capacités des forces armées et de sécurité mauritaniennes, tant en matière d’équipement que de formation.

Communiqué de presse


Alliance 8.7, la Mauritanie 3ème pays au monde à adopter un plan stratégique

Classée parmi les 15 pays pionniers de l’Alliance 8.7, un Pacte mondial pour l’atteinte de l’objectif 8 cible 7 des Objectifs de Développement durable (ODD), pour  l’éradication définitive du travail des enfants, du travail forcé, de la traite des êtres humains et de l’esclavage moderne, la Mauritanie vient d’adopter son plan stratégique au cours d’un atelier de deux jours, tenu les 4 et 5 mars 2019 à Nouakchott. C’est le troisième pays, après Madagascar et le Népal.  L’occasion également de lancer le «Map’16 », un programme de plus de 17 millions de dollars U.S destiné à lutter contre le travail des enfants et le travail forcé.

Le Ministre du Travail lors de son allocution (à sa gauche Beate Andrees) Crédit Aidara

 

«Prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite des êtres humains, interdire et éliminer le travail des enfants sous toutes ses formes, y compris  le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, et d’ici 2025, mettre un terme à toutes les formes de travail des enfants ». C’est sur cet objectif 8 cible 7 des ODD, que la Mauritanie s’est engagée, les 4 et 5 mars 2019, aux termes d’un atelier où les principaux acteurs ont pris part. Etaient présent, le gouvernement, à travers le Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration, le Ministère de l’Education Nationale, celui des Affaires Sociales, de la Famille et de l’Enfance, le ministère de l’Economie et Finances,  la Jeunesse et les Sports, et le ministère de la Justice, en plus des partenaires, notamment le BIT/Projet Bridge, UNICEF, Terre des Hommes, Save The Children, des membres actifs de la société civile, les syndicats des travailleurs et le Patronat.

Communications et débats autour de l’Alliance 8.7

Pendant toute la journée du 4 mars 2019 les participants ont suivi plusieurs panels. Le premier panel a porté sur la présentation de l’Alliance 8.7. Il a été introduit par Hamoud Ould T’Feil, Conseiller du Ministre du Travail et Point Focal de l’Alliance 8.7 en Mauritanie et Beate Andrees, Cheffe du Service des Principes et droits fondamentaux au travail du Bureau Internationale du Travail (BIT) qui a fait le déplacement de Genève en compagnie de Jean-Marie Kagabo, Responsable technique pour l’Afrique au sein du même service.

Panel 1. De G.à Dr. Alimata Deme, Fadela Novak, Jean-Marie Kagabo -Crédit Aidara

 

Ainsi, l’Alliance 8.7 vise à atteindre l’Objectif N°8 et la cible N°7 des ODD, cet agenda mondial adopté en 2015 par les pays membres de l’ONU et qui renferme 17 objectifs et 169 cibles à atteindre.  Cette alliance porte sur la lutte contre le travail forcé, objet de la Convention 29 de l’OIT de 1930, la lutte contre la traite des êtres humains et son Protocole de Palerme de 2000, les pires formes de travail des enfants, objet de la Convention 182 de 1999. L’Alliance est en parfaite synergie, selon Hamoud Ould T’Feil, avec les autres objectifs des ODD, l’éducation de qualité, l’égalité des sexes, la lutte contre les inégalités, la lutte contre la pauvreté, l’instauration de la paix, la justice et la stabilité. Elle tente de répondre aux défis posés par les 21 millions d’êtres humains victimes de traite à travers le monde, dont 9,2 millions en Afrique. Selon Beate Andrees, ce mouvement a contribué à faire baisser de 100 millions le nombre d’enfants affectés par le travail forcé. Les victimes d’esclavage moderne sont 40,3 millions dans le monde, a-t-elle ajouté en substance.

Beate Andrees, lors de sa présentation -Crédit Aidara

 

L’Alliance 8.7 fonctionne à travers 4 groupes d’actions : le Groupe de la Chaîne d’Approvisionnement dirigé par l’OIT, le Groupe des Crises Humanitaires et des Conflits conduit par l’UNICEF, le Groupe Migration dirigé par l’OIM et le Groupe de l’Etat de droit et de la Gouvernance dirigé par le HCR. Le tout sous la coupole d’un Groupe de Coordination mondiale présidé par l’Australie avec une vice-présidence assurée par l’Argentine et un Secrétariat dévolu au BIT.

L’Alliance 8.7 en Mauritanie

La Mauritanie, pays pionner et 3ème à engager une stratégie de mise en œuvre de l’Alliance 8.7 se distingue, selon Hamoud Ould T’Feil, par «la forte volonté politique exprimée par ses autorités, à travers la désignation d’un Point focal et l’organisation de l’atelier de planification stratégique sur l’Alliance 8.7 en cours». Cet engagement sera bénéfique pour le pays, selon lui, en termes de bénéfices et avantages économiques, d’accès aux connaissances et informations sur les thèmes centraux de l’Alliance, en plus d’une bonne réputation.

Hamoud T’Feil -Crédit Aidara

Sur la base de cette adhésion, la Mauritanie se fixe comme perspectives la formulation d’actions prioritaires à entreprendre, la mise en place d’une structure de coordination, la mobilisation de ressources, l’accroissement de sa capacité de collectes de données sur le travail forcé, le travail des enfants, la traite et l’esclavage moderne.

Les quatre groupes d’action, Chaîne d’Approvisionnement, Crises Humanitaires et Conflits, Migration, Etat de droit et Gouvernances, ont été par la suite passés au crible à travers des communications exhaustives. Le panel a été animé par Jean-Marie Kagabo (BIT), Aniess (OIM), Fadela Novak (HCR) et Alimata Deme (UNICEF)..

Lancement du « MAP’16 » De G. à Dr. : Kagabo, Marc Ninerola (Bridge) et Hamoud -Crédit Aidara

 

Hamoud Ould T’Feil est revenu sur les dispositions prises par la Mauritanie pour la mise en place de son Alliance 8.7, citant le Conseil national du dialogue social (CNDS), la lutte contre la traite par la scolarisation et l’accueil des réfugiés maliens, la protection du droit des travailleurs migrants, l’éradication du travail des enfants dans deux secteurs pilotes, l’industrie laitière et l’agroalimentaire. Les prochaines étapes se déclinent dans une ébauche de plan d’action, l’organisation d’un atelier technique de programmation, la mise en place d’activités pilotes et celle d’un mécanisme de suivi.

Panel n°2 G.à Dr. Taleb Khyar, Mohamed Souleymane, Moulaye Abdallahi -Crédit Aidara

 

Un troisième panel a porté sur le système nationale de protection de l’enfance, le projet Tekavoul sur les filets de protection sociale et le cash transfert direct d’argent aux ménages les plus démunis, le dispositif légal d’accès à la justice avec en ligne de mire l’aide judiciaire, et enfin, la stratégie nationale sur la migration et le contrôle des entrées et sorties sur le territoire national. Ce panel a été animé par Mohamed Ould Souleymane, Directeur adjoint de la famille au Ministère des Affaires Sociales, Taleb Khyar Ould Cheikh Bouya de l’Agence Tadamoun, le magistrat Moulaye Abdallahi Baba du Ministère de la Justice et Mohamed Abdallahi Zeidane du Ministère de l’Intérieur.

Les débats ont porté ensuite sur une série de questions et d’interventions déclenchés par les participants.
Projet de Plan d’action pour la mise en œuvre de l’Alliance 8.7 en Mauritanie

Le 5 mars 2019, une équipe technique a peaufiné un projet de plan d’action sur la base des 4 groupes d’action de l’Alliance 8.7, avec description des actions, actions proposées, stratégie nationale de référence et instrument national ratifié, avec  désignation du chef de file côté gouvernement et côté partenaire, l’articulation sur la base du CPDD et de l’UNDAF ainsi que le projet porteur.

Sur la base des propositions avancées par les différents intervenants, un atelier d’adoption définitive de la Feuille de route pour la réalisation des objectifs de l’Alliance 8.7 en Mauritanie est prévu en avril prochain.

A noter que l’atelier nationale de planification stratégique sur l’Alliance 8.7 en Mauritanie a été ouvert par le Ministre de la Fonction Publique, Seydina Ali Ould Mohamed Khouna.

Cheikh Aïdara

REPORTAGE PHOTOS

 


AfriYan Mauritanie, une naissance dans l’égalité genre

Après les 22 pays couverts par le Bureau Régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du  Centre(WCARO), la Mauritanie vient d’installer sa section AfriYan, le Réseau Africain des Adolescents et Jeunes, créé en 2005 à Lusaka (Zambie) pour renforcer la capacité de leadership et de plaidoyer des jeunes et favoriser leur participation effective dans toute prise de décision les concernant au niveau de leur pays. Un bureau de 16 membres (8 filles et 8 garçons) a été élu, lors d’une Assemblée Générale constitutive qui s’est tenue samedi 2 février 2019 dans les locaux de l’Institut Supérieur de la Jeunesse et des Sports à Nouakchott.

Bocar Bâ, nouveau président AfriYan Mauritanie, lors de son allocution. A sa droite, le Représentant de l’UNFPA et le Directeur Général de la Jeunesse (Crédit Photo Aidara)

Si elle est la dernière née des sections AfriYan en Afrique de l’Ouest et du Centre, AfriYan Mauritanie se distingue par la parfaite parité de son bureau exécutif, avec 8 postes clés occupés à égalité par les garçons et les filles et 8 postes d’adjoint répartis avec la même parité. Bocar Bâ, membre influent du Secrétariat Exécutif de AfriYan au niveau régional depuis son lancement, a été coopté comme président de la section mauritanienne. Il devra conduire une transition de deux ans.

Pendant toute la journée du samedi 2 février dernier, ce sont ainsi près d’une trentaine de structures de jeunes (environ 100 participants), actives dans les thèmes liés au dividende démographique, qui se sont réunis pour adopter, article après article, les textes constitutifs de AfriYan Mauritanie, Statuts et Règlement Intérieur.

Au préalable, les participants avaient suivi deux communications. La première, intitulée : «Le dividende démographique dans la SCAPP», a été présentée par Bouh Yahya, Assistant technique au SWEDD. Il a abordé le profil démographique de la Mauritanie et mis en exergue la prise en compte du dividende démographique dans la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP) et dans la nouvelle Politique nationale de population.

Bocar Bâ (3ème à partir de la gauche) et Pape Arona (5ème) avec le staff de l’UNFPA Mauritanie et le Représentant (2ème) – Crédit Aidara

La deuxième communication, «Présentation de la Feuille de route de AfriYan alignée à la Feuille de route de l’Union africaine sur le dividende démographique » a été présentée par Pape Arona Traoré, Secrétaire Exécutif de AfriYan pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il a expliqué comment, sous l’impulsion du Directeur régional de l’UNFPA, Mabingue NGom, la notion «Young People First» est née, mettant les jeunes au cœur de l’Agenda de l’Union Africaine, «Investir dans la jeunesse». «La balle est désormais dans le camp de la jeunesse, pour booster la volonté exprimée par leur Chef d’Etat et de gouvernement, afin que les décisions prises en leur faveur soient mises en œuvre» a-t-il déclaré au cours de sa présentation.

A noter que la cérémonie d’ouverture et de clôture de l’Assemblée générale constitutive de AfriYan Mauritanie a été présidée par le Directeur Général de la Jeunesse, Moustapha Youmbaba et le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, Saidou Kaboré. Le Directeur général de la Jeunesse s’est réjoui de la constitution du réseau AfriYan Mauritanie, soulignant que le Ministère de la Jeunesse et des Sports est prédisposé à l’accompagner dans toutes ses actions. Quant au Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, il a insisté sur le rôle de la jeunesse dans la sensibilisation des populations et le plaidoyer sur les thèmes liés au dividende démographique, notamment la lutte contre la mortalité maternelle et infanto-juvénile, la lutte contre les violences basées sur le genre, l’accès à la Planification familiale et aux services de la santé de la reproduction, mais aussi l’éducation des filles et l’autonomisation des femmes.

Pour sa part, le nouveau président élu de AfriYan Mauritanie, Bocar Bâ, a tenu à remercier l’UNFPA Mauritanie, à sa tête SEM.Saidou Kaboré, qui a été, selon lui, le principal artisan de l’installation de la section.Il a également remercié le Ministère de la Jeunesse et des Sports qui a toujours accompagné les jeunes dans leurs différentes actions. Enfin, il a exhorté les jeunes à travailler d’arrache-pied pour accompagner les autorités, les acteurs et les partenaires, dans leurs efforts tendant à réaliser leur plein potentiel afin qu’ensemble ils puissent contribuer à l’atteinte des objectifs de la SCAPP, la feuille de route que la Mauritanie s’est fixé entre 2016 et 2030 pour réaliser ses cibles de développement.

A signaler que le Président du Haut Conseil de la Jeunesse a assisté à l’ouverture de la journée et a prononcé un discours où il a exprimé sa disponibilité et celle de sa structure à accompagner AfriYan dans ses actions.

Témoignage


Bocar MBaye, Chargé de programme SR/PF à l’UNFPA :
«je pense que cette journée est mémorable parce que la Mauritanie vient de mettre en place son réseau AfriYan et que les jeunes ont décidé de mettre leur avenir ensemble. La nouveauté par rapport aux sections AfriYan dans les autres pays, est que la Mauritanie a apporté une innovation, une composition mixte avec égalité de responsabilité entre filles et garçons dans le bureau exécutif. Nous espérons que ce bureau va impulser un souffle nouveau pour la vie associative des jeunes autour du dividende démographique ».


Pape Arona Traoré, Secrétaire Exécutif Régional AfriYan
 : «nous sommes contents d’avoir assisté à la mise en place de AfriYan Mauritanie et dire que nous sommes satisfaits de l’organisation de l’assemblée constitutive et de la mobilisation des associations de jeunes qui ont participé. Nous pensons que dans la même dynamique de la capture du dividende démographique, la Mauritanie joue un rôle très important, d’autant que le pays est membre du SWEDD, et qu’il a mobilisé beaucoup de moyens pour les jeunes, notamment dans l’autonomisation des femmes et des filles, dans leur scolarisation et dans la santé reproductive».


Bocar Bâ, président AfriYan Mauritanie
: «nous avons tenu ces élections pour mettre en place la section AfriYan de Mauritanie afin d’offrir à la jeunesse mauritanienne l’opportunité de se préparer pour la capture du dividende démographique, en passant par l’entreprenariat et par la santé qui est le point le plus important, mais aussi par les droits et la gouvernance qui présupposent l’implication des jeunes dans les prises de décision».


El Moctar Keïta, Président adjoint chargé de l’information et de la communication
 : «cette journée s’est passée dans d’excellentes conditions, en matière d’échanges entre élites de jeunes actifs dans la société civils et issus de divers horizons, mais aussi en matière d’organisation parfaite des élections, donnant un bel exemple de démocratie. Nous félicitions le nouveau bureau et lui souhaitons bonne chance».

Bureau Exécutif AfriYan Mauritanie

Photo de famille des participants -Crédit Aidara

Président : Bocar Bâ, «Jeunes Sahel sur l’Unité et le Développement»
Vice-Présidente : Saida Barikalla, «Mères et Sœurs contre l’extrémisme »

Secrétaire Général : Penda Oumou Diallo, «Jeunes A l’Heure »
Secrétaire Général Adjoint : Alioune Ould Cheikh, «Touche pas à ma sœur »

Chargé de l’Emploi et Entreprenariat :
Président
 : Abd Dayem Sidi Mohamed «Stop Pauvreté »
Adjointe : Magna Fall «Je m’engage»

Chargé de l’Education et du Renforcement des Capacités
Présidente
 : Maalouma Hamoud, «Child Hood Voice»
Adjoint : Tourad Sidi Aly, «RENAJ »

Chargé Santé et Bien-être
Président
 : Balla Diagne, «Jeunesse Consciente »
Adjointe : Marième Ciré Sall, «ASCOM»

Chargé Droit, Gouvernance et Autonomisation des Jeunes
Présidente
 : Khoudeidji Camara, «ONG Action »
Adjoint : Souleymane Niang, «MPL »

Chargé à l’Organisation
Président
 : Gacko Amadou
Adjointe : Diango Bâ

Chargé Information et Communication
Présidente
 : Roghaya Mint Yarhalla
Adjoint : El Mokhtar Keïta

 

Cheikh Aïdara


Les bandes criminelles dictent leur loi en Mauritanie

Avec le départ massif à la retraite ou pour d’autres raisons de la vieille école, celle qui a longtemps fait la fierté de la police nationale et de la gendarmerie, et avec l’arrivée d’une nouvelle génération de têtes peu formées, peu expérimentées et peu consciencieuses, les gangs et autres bandes criminelles se la donnent à cœur joie, livrant Nouakchott à une criminalité contre laquelle buttent nos traqueurs endimanchés. Résultat, des dossiers de crimes, cambriolages, viols et autres larcins non élucidés.

La police plus douée dans la répression de manifestants pacifiques que dans la lutte contre la criminalité (Crédit Aidara)

Les braqueurs de la banque Attijari de Bouhdida (juin 2018) courent toujours avec  leur butin. Beaucoup d’autres crimes sont restés des énigmes non élucidés, comme le meurtre du professeur Cheikh Ould Hormatallah (mai 2018) ou plus récemment celui du jeune cambiste Ould Berrou, enlevé, poignardé puis brûlé. C’est le cas encore de ces dizaines de disparitions mystérieuses d’enfants, de jeunes filles, la recrudescence des vols à mains armées en plein jour, des cambriolages organisés avec effraction, suivis souvent de viols crapuleux. La police ne sait plus à quel saint se vouer et les citoyens sous quelle citadelle se cacher, tellement la criminalité semble être l’activité la plus lucrative dans un pays où le taux de chômage des jeunes frisent les 70%, face à l’échec de toutes les politiques d’emploi.

Aujourd’hui, la population mauritanienne dans les grandes villes, Nouakchott, Nouadhibou, Rosso n’est plus la seule visée. Des localités jusque-là épargnées, celles de l’intérieur du pays, ne sont plus en sécurité face à une criminalité qui a étendu ses tentacules partout. Kiffa,Tintane, Aïoun, Timbédra, et récemment Sélibaby, à l’extrême pointe orientale et sud du pays, ont été frappées par des vagues d’insécurité et de viols d’enfants. Toute la Mauritanie semble aujourd’hui vivre dans une psychose sous l’assaut de bandes criminelles de plus en plus hardies, de plus en plus professionnelles, à l’heure où les appareils sensés les contenir s’empêtrent dans l’incompétence, l’absence de jugeote et de flair. Le gibier criminel semble ainsi avoir toujours une longueur d’avance sur ses traqueurs.

Cette peur latente et insidieuse qui sévit dans le pays a de quoi légitimer cette levée de boucliers et ces milliers de voix qui crient contre l’insécurité, face à une terreur nationale qui a étalé ses tentacules partout, jusqu’aux hameaux les plus reculés, bousculant des habitudes de vie bâtie jusque-là sur la quiétude et un sentiment de plénitude sécuritaire. Il est hélas fort probable que d’ici peu de temps, les campagnards qui avaient jusque-là l’habitude de dormir sous la belle étoile en laissant portes et fenêtres ouvertes n’aient plus cette même insouciance.

Conséquence de cet état de fait, ce sont les risques de voir s’organiser une justice parallèle, la justice personnelle et celle de la rue, avec une population de plus en plus surarmée pour se défendre et défendre leur famille, à l’heure où l’Etat semble avoir démissionné de ses pouvoirs régaliens, incapable qu’il est d’assurer la sécurité publique et garantir la paix sociale.

La Mauritanie, pays islamique, ne l’est en réalité que de façade. On n’y coupe ni les mains des voleurs, encore moins y exécuter les pires criminels sanguinaires. C’est un havre de paix pour les criminels de tout acabit qui ne courent comme risque, même au pire de leurs forfaits, qu’un séjour dans une prison où on ne leur demandera que de dormir, manger, s’engraisser, le temps de trouver une combine pour sortir et recommencer. Nouakchott est en passe de devenir la capitale la plus dangereuse du continent, au vu du rythme des crimes et délits qui y sont recensés chaque jour et chaque nuit. Pas un quartier n’est épargné, même si les trois quart de la population sont aujourd’hui armées, avec un marché d’arme aussi florissant qu’en Floride.  On y trouve toutes sortes d’armes, armes de poing, type 9 mm, des pistolets de fabrication turque ou russe, des Kalachnikov, des Seminov… Il y en a pour toutes les bourses. Certains vous vendent même une arme plus l’autorisation de son port. En face, de plus en plus de criminels aussi se ravitaillent dans ce marché d’armes. On est assis sur une poudrière.

Cheikh Aidara