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La Mauritanie sort au premier tour sans valeur ajoutée

Une défaite, deux nuls et un classement de dernier en termes de valeur marchande des joueurs. Pour leur première participation à la Coupe d’Afrique des Nations, les Mourabitounes sont sortis au premier tour des matchs de groupe. 

Ce billet a été publié originellement sur aidara.mondoblog.org.

Des performances face à l’Angola et à la Tunisie unanimement saluées, après la claque face au Mali 4 à 1, mais beaucoup de regrets face aux choix critiquables du sélectionneur français et certainement beaucoup de reproches adressés à la Fédération mauritanienne de football.

La lourde défaite face au Mali lors du premier match de la compétition peut s’expliquer par plusieurs facteurs, dont l’émotion du bleu faisant ses premiers pas dans une compétition continentale. Mais les deux matchs nuls face à l’Angola et à la Tunisie ont mis à nu la faiblesse et l’inefficacité d’une attaque érodée. L’entraîneur n’a pas eu l’intelligence de la renouveler, surtout pour le dernier match de qualification devant les Aigles de Carthage, alors que des valeurs sûres étaient sur le banc, à l’image du jeune Homoye Tandji, et pourquoi pas le rappel de Soudani ou l’entrée de Palaye.

C’est surtout l’occasion ratée de s’illustrer qui restera le plus grand regret de cette participation mauritanienne à la CAN, d’autant que c’est l’événement rêvé par les joueurs pour s’illustrer et se vendre auprès des grands clubs européens, du Golfe ou d’autres pays du monde. La CAN est l’un des marchés les plus suivis par les recruteurs. Au lieu de cela, les Mourabitounes ont quitté la compétition certes sans être ridicules, mais sans briller.

La Mauritanie, plus faible valeur marchande de la CAN

En effet, selon le classement des valeurs marchandes des 24 équipes de la CAN 2019, la Mauritanie vient en queue de peloton avec seulement 3,25 millions d’euros, contre 343 millions pour les Sénégalais ou encore 10,4 pour les Malgaches, 13,7 pour les Bissaoguinéen ou encore 17 pour les Béninois.

La Mauritanie peut cependant s’enorgueillir de sa petite performance, sans être l’équipe qui a créé la surprise, comme le supposaient plusieurs commentateurs avant la CAN. C’est Madagascar, pour sa première participation également, qui a finalement ravi la vedette.

Si on enlève à cette participation le satisfecit exagéré de la Fédération mauritanienne de football, qui a profité de l’événement pour offrir des vacances dorées aux frais de la princesse à une flopée de copains imperceptiblement glissés parmi les supporters et les journalistes, il ne reste qu’une équipe de Mauritanie qui a fait de la figuration à la CAN sans emballer le moins sérieux des observateurs sportifs.


Lait et Poisson, deux chaines de valeur pour lutter contre le travail des enfants en Mauritanie

«Raïb Masgoula» ! «Hout Masgoula» ! Deux labels que la Mauritanie pourrait avancer comme expérience-pilote dans deux filières clé, celle du Lait et du Poisson, où le travail des enfants devrait être banni. Cette réflexion était au centre d’un atelier de concertation entre les acteurs du travail autour du thème «Partenariat pour lutter contre le travail des enfants et les relations de travail pouvant entraîner un risque de travail forcé dans le secteur du lait et de la pêche artisanale ».

@Crédit Aïdara

Cet atelier organisé sous l’égide du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration, avec l’appui du Projet BRIDGE du Bureau International du Travail (BIT) et sur financement du Département d’Etat américain  au Travail, s’est déroulé le 28 juin 2019 à Nouakchott. Il a été présidé par le Conseiller du Ministre du Travail et point focal de l’Alliance 8.7 en Mauritanie, Hamoud Ould T’Feïl, en présence du Coordinateur du Projet BRIDGE en Mauritanie, Marc Ninerola, et la participation de représentants du Forum national des droits de l’homme (FONADH), l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG), la Fédération Nationale de la Pêche Artisanale (FNPA), l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM), PROMOPECHE  (projet du BIT), la Fédération des Mareyeurs, le Comité de Cogestion des pêches en Mauritanie, World Vision, Oxfam et Save The Children.

L’exemple ivoirien et l’approche chaîne de valeur

En choisissant deux filières clés de l’économie mauritanienne, la production laitière et la pêche artisanale, la Mauritanie qui fait de l’élimination du travail des enfants une priorité, s’inspire de l’exemple ivoirien qui fait école, à travers l’Initiative Cacao International (ICI) portée par la Première Dame et fédérant le Ghana et le Burkina Faso, pour bannir le travail des enfants dans la filière du chocolat. Doté d’un budget de 7 milliards de francs Cfa, l’initiative finance, avec l’apport des multinationales du chocolat, la scolarisation des enfants, la construction d’écoles et le soutien aux exploitants.

@Crédit Aïdara

Aussi, Marc Ninerola, suggère l’approche par les chaînes de valeur pour lutter contre le travail des enfants et les relations de travail pouvant entraîner un risque de travail forcé, ainsi que la mise en place de mécanismes de coordination solides.  Il s’agit, selon le lui, de faire en sorte que dans toute la chaîne de valeur du lait et du poisson, qu’il y ait zéro travail d’enfants. «Cela ne pourra se faire qu’avec la collaboration des producteurs et des consommateurs » a-t-il souligné.

La tradition comme défi

Certains intervenants ont évoqué la nature traditionnelle du métier d’éleveur et de pêcheur qui se transmet de père en fils par l’apprentissage, sans compter la pauvreté des parents obligés d’utiliser leurs enfants. La plupart des familles s’appuient sur la transmission du savoir-faire de père en fils comme garantie de l’avenir de leurs enfants face à une école qui n’offre plus de perspectives, à leurs yeux.

Autant d’arguments que le Conseiller du Ministre du Travail a balayés de la main, soutenant que le Plan d’Action National pour l’Elimination du Travail des Enfants en Mauritanie (PANETE-RIM) adopté le 14 mai 2015 et dont l’élaboration a été appuyée par le BIT et le gouvernement français, est une stratégie nationale intégrée qui touche tous les secteurs. Ce plan d’action, selon lui, prend en charge tous les problèmes posés par le travail des enfants, y compris l’aide aux familles pour leur permettre d’envoyer leurs enfants à l’école. L’Etat mauritanien a ainsi dégagé un budget de 5 milliards UM pour la mise en œuvre du PANETE-RIM avec l’appui du Projet MAP 16 du BIT qui prend en charge certains volets du programme.

Le travail des enfants n’étant plus mobilisateur de fonds, selon Hamoud Ould T’Feïl, il s’agira de conjuguer les efforts pour lancer les premiers pas dans deux secteurs pilotes, la production laitière et la pêche artisanale.

A la fin de l’atelier, un comité technique de suivi des recommandations de l’atelier a été mis en place.

Il faut noter que le Conseiller Technique du Ministre du Travail, Hamoud Ould T’Feïl, avait ouvert l’atelier sur un rappel du lancement de l’Alliance 8.7 en Mauritanie en mars 2019. Il s’agit selon lui d’un Partenariat mondial qui regroupe 15 pays pionniers dont la Mauritanie, dont l’objectif est de «mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite des personnes, d’interdire et d’éliminer les pires formes de travail des enfants, et mettre fin d’ici 2025, au travail des enfants sous toutes ses formes».

L’avis des participants

Djigo Abdoulaye (OXFAM) : «Nous travaillons sur la chaîne d’approvisionnement du lait au sein d’une coalition pour la protection du lait local qui regroupe les producteurs de lait du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad, en plus de la Belgique, accompagnés d’une large coalition composée d’organisations paysannes, de consommateurs, de chercheurs, d’ONG, de mini-laiteries, d’industriels locaux. Nous avons lancé plusieurs campagnes régionales pour la promotion du lait local, mais le travail des enfants, n’a pas jusque-là été un objectif. Cet atelier est pour moi une opportunité pour parler de cet aspect au sein d’Oxfam, et voir comment intégrer cette dimension travail des enfants dans nos prochaines campagnes».

 

Mathurin Dieng (Comité de Cogestion des pêches en Mauritanie) : «Il est difficile de demander à un pêcheur d’arrêter de faire travailler ses enfants. La pauvreté et le souci du quotidien font qu’il a besoin de bras pour l’aider à multiplier les revenus de la famille. Il a assez de soucis pour penser envoyer ses enfants à l’école».

Hamada Bneïjaa (ADIG) : «Pour éradiquer le travail des enfants, il faut des préalables vu le contexte de la Mauritanie, pays pauvre, rempli de contradictions, rongé par la malnutrition et exportant l’essentiel de sa consommation, malgré son potentiel agricole et pastoral. Le problème, c’est l’inadéquation des politiques de développement aux besoins des populations. L’Etat mauritanien doit améliorer la condition de vie des populations pour permettre aux enfants d’aller à l’école».

Mamadou Bâ (FNPA) : «la pêche traditionnelle en Mauritanie, c’est une corvée familiale et un apprentissage de père-enfant. Il faudrait déployer des efforts de sensibilisation et de renforcement des capacités pour changer la donne. La pêche est une activité traditionnelle et un métier où tout est prioritaire pour les ménages. Ce qu’il faut, c’est une professionnalisation du secteur pour briser le cercle vicieux de la tradition».

Cheikh Aïdara

 


De Nouadhibou, à la fin de sa campagne, Ould Maouloud promet de recoller les morceaux brisés de la Mauritanie

Pour la clôture de sa campagne électorale à Nouadhibou, ce jeudi 20 juin 2019, Mohamed Ould Maouloud qui représente l’opposition radicale traditionnelle, l’UFP et le RFD ainsi que l’UNAD, a déclaré que son programme politique va sauver la nation et le peuple mauritanien, soulignant que «le pays a été soumis à une destruction méthodique, son peuple soumis à un régime d’appauvrissement pendant la décennie écoulée».

Il a promis de sauver les agriculteurs, les éleveurs, les employés, notamment les travailleurs de la SNIM dont l’entreprise a été soumise au cours des dix dernières années à un sac continue qui l’a conduit aujourd’hui au bord de la faillite. «Mon programme politique comporte une stratégie spéciale de sauvetage de la SNIM pour assurer sa pérennité à travers une gestion rationnelle qui permettra au pays de continuer à profiter de ses potentialités » a-t-il déclaré. Une autre stratégie spécifique est prévue selon lui dans le programme politique qu’il propose aux Mauritaniens, visant à sauver également le secteur des pêches qui serait selon lui dans un état critique, à travers des crédits qui seront accordés aux pêcheurs et à travers la protection de leurs droits ainsi que ceux des sociétés nationales face à la concurrence déloyale des multinationales.

Mohamed Ould Maouloud a enfin promis de dégager un budget de 100 milliard d’ouguiyas pour lutter contre le chômage des jeunes et prendre en charge la question de la femme pour assurer sa présence renforcée dans les instances de décision.  Sur ce plan, il promet une discrimination positive  à leur égard dans le recrutement. Ould Maouloud promet aussi en cas de victoire à la présidentielle de juin 2019 de relever le SMIG, ainsi que le salaire des fonctionnaires, notamment les enseignants du primaire et du secondaire, celui des professeurs d’université, des médecins et des agents de l’Etat.

Mohamed Ould Maouloud qui a mis en garde contre la fraude électorale, appelant ses partisans à la vigilance, a effectué une tournée électorale réussie à travers le pays. Partout, ses meetings ont attiré les foules, notamment à Nouakchott, dans la Vallée, les régions de l’Est et du Nord, notamment à Atar, Zouerate et Nouadhibou.

Cet universitaire qui totalise près de quarante ans de combat politique, déjà au sein du mouvement «Kaddihine » des années 60 sous le parti unique, puis sous les couleurs du MND, mouvement maoïste des années 70, a l’opposition dans les veines. A la tête de l’Union des Forces du Progrès (UFP) depuis des années, il a combattu tous les pouvoirs qui se sont succédé en Mauritanie. Il est soutenu dans cette présidentielle par le doyen des opposants mauritaniens, Ahmed Daddah, président du parti Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), premier parti d’opposition, le seul à avoir mis en ballotage un candidat des militaires. C’était lors de la présidentielle de 2006. En 1992, il avait remporté, dit-on, une victoire confisquée contre le colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya. Atteint par la limite d’âge constitutionnelle (75 ans), il est l’un des plus fervents du candidat Ould Maouloud.

Cheikh Aïdara


La CVE remplit le stade de Basra lors de son meeting de clôture

Situé dans l’une des poches de pauvreté de Nouakchott, le Stade de Basra a affiché plein lors du meeting de clôture organisé jeudi 20 juin 2019 par la Coalition Vivre Ensemble (CVE). Un conglomérat de plusieurs partis politiques, qui soutient la candidature du Dr. Kane Hamidou Baba.

Cette soirée de clôture qui a rassemblé toute cette jeunesse, toutes ces femmes et ses hommes qui croient au programme de la coalition, est venue clore en apothéose la tournée riche en rassemblement populaire, notamment dans le Fouta, le Trarza, le Guidimagha et l’Assaba, mais aussi à Zouerate et à Nouadhibou où Kane Hamidou Baba a fait carton plein.

Dans le discours qu’il a prononcé devant des milliers de partisans, le candidat de la CVE a qualifié le candidat du pouvoir, Mohamed Ould Ghazouani, de «candidat de la sécurité extérieure», alors que le peuple mauritanien, selon lui, a plutôt besoin de sécurité intérieure, de sécurité alimentaire, d’unité, de progrès et de prospérité.

Pour Kane Hamidou Baba, la Mauritanie a besoin aujourd’hui d’un grand et urgent changement, demandant aux citoyens mauritaniens de profiter de l’opportunité offerte par cette élection présidentielle pour concrétiser ce choix. «Notre pays a besoin d’une armée républicaine, d’une armée qui nous protège. Pour cela, l’armée doit retourner dans les casernes et y rester, loin de la politique. Une armée soumise aux ordres de la République sous un régime civil, voilà ce qu’elle doit être» a-t-il déclaré.

Il faut dire que l’image du meeting de la CVE au Stade de Basra était impressionnante. Des milliers de têtes hétéroclites, et pas un doigt à pouvoir mettre sur terre, tellement la densité était au millimètre près. «Même dans leur plus folle épopée politique, aucune des formations formant la CVE n’avait pu à lui seul atteindre le quart d’une telle performance», confie un jeune activiste.

La ferveur des foules drainées par la CVE durant sa tournée de campagne et ce meeting final a fini par galvaniser les foules. «Notre candidat passera au premier tour Inchallah » lâche un membre du directoire de campagne, avec une telle conviction que pour lui, «le scrutin du 22 juin ne sera qu’une simple confirmation».

Beaucoup de folklore du Fouta, danses, musiques, cris d’hystérie, avaient chauffé la scène avant l’arrivée de Kane Hamidou Baba à la tribune. La fin fut encore plus attractive.

Cheikh Aïdara


Ould Ghazouani choisit la fin de sa campagne électorale pour s’attaquer à ses adversaires

Mohamed Ould Ghazouani, le candidat du pouvoir, de la continuité et de la pérennité du système Aziz – du moins tel que le présentent ses partisans – a choisi l’ancien aéroport de Nouakchott pour son dernier meeting électoral. La majorité y a concentré ses forces, à coups de bus déversant des paquets humains, des centaines de véhicules tout terrain avec leurs flots de passagers, sous le son de la musique de campagne.

C’est dans cette atmosphère pleine de déjà vu, avec tous les ténors du régime Aziz, ses ministres, ses directeurs centraux, ses hauts fonctionnaires, ses hommes d’affaires, ses chefs de tribu et de clans ainsi que ses lobbies, que Mohamed Ould Ghazouani, qui s’est abstenu pendant les quinze jours de campagne électorale de toute attaque contre ses adversaires, a choisi de livrer sa dernière cartouche contre ses opposants. «Ces candidats pendant toute leur campagne électorale n’ont avancé que des discours pleins de contradiction et de mots creux » dira-t-il, soulignant que «les Etats ne se construisent pas à coup de paroles vides et de manipulations, mais par des plans de développement et l’intelligence». Certains candidats profitent selon lui de l’occasion pour des règlements personnels.

Il a envoyé une pique à Sidi Mohamed Ould Boubacar lorsqu’il déclare que «parmi les candidats, il y a ceux qui ont servi l’Etat, mais n’ont pas pu exploiter leur expérience au service du peuple». Plus tard, il dira que «d’autres n’ont pas d’expérience mais cherchent à semer la haine et la division entre le peuple».

Dans sa critique acerbe contre ses adversaires, Ould Ghazouani a déclaré «nous ne voulons pas de radicaux et ne tolérons pas l’injustice, mais nous visons l’intérêt national, et nous repoussons les agendas extérieurs, nous n’accepterons pas une Mauritanie raciste, mais une Mauritanie unie et fraternelle».

Et de rappeler que pendant toute sa tournée électorale, il n’a jamais attaqué aucun des candidats en lice, par respect au pacte signé dans ce sens par un certain nombre d’entre eux et pour relever le niveau des débats, loin des langages de caniveaux. «Tous les candidats, à part Birame, ont signé ce pacte de non agression et personne ne l’a respecté sauf moi» a-t-il rappelé.

Candidat du système pluriséculaire qui sévit depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en 1978, Mohamed Ould Ghazouani est un pur produit de l’institution militaire, ayant gravi les échelons jusqu’au grade de général de division. Chef d’Etat-major des forces armées pendant toute la décennie, il prendra sa retraite comme ministre de la Défense, poste à partir duquel il annoncera sa candidature à la Magistrature Suprême tout en siégeant en conseil des ministres pendant quelques jours. Il est celui que Mohamed Abdel Aziz a imposé à sa majorité pour lui succéder, malgré quelques grognes, avant que tout le monde ne rentre dans les rangs. Il a derrière lui la puissance de l’Etat, celle du chef de l’Etat qui ne cache pas son soutien puisqu’il a assisté aussi bien à son meeting de lancement de campagne qu’au meeting de clôture, tout en participant activement à sa campagne dans quelques régions sous couvert de visites officielles. C’est lui naturellement qui capte les grands électeurs, l’administration publique et militaire et la classe économique. Il part comme favori du scrutin présidentiel de juin 2019. Le président sortant a maintes reprises affirmé, et encore lors de sa conférence de presse du 20 juin, à deux jours du scrutin, qu’il n’y aura pas de second tour, et que Ould Ghazouani passera au premier tour.

Cheikh Aïdara


Sidi Mohamed Boubacar appelle à mettre fin au «système boutiquier » et sa suite

Au cours du meeting de clôture de sa campagne électorale, jeudi 20 juin 2019 au Stade Cheikha Boidiya du Ksar, le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar, auteur d’une tournée électorale élogieuse, a déclaré qu’après la «décennie du boutiquier, on veut nous obliger à une décennie du gérant». Il soutient que la décennie que nous venons de vivre fut une décennie où tout a été vendu, tout a été commercialisable et commercialisé. 

Selon lui, l’armée mauritanienne n’est la propriété de personne, que c’est l’armée du peuple mauritanien, qui doit se tenir à équidistance entre tous les acteurs sans ingérences dans les affaires politiques. Et de reprendre en leitmotiv, «après la décennie du boutiquier, non à la décennie du gérant » en allusion au président Mohamed Abdel Aziz et son dauphin, compagnon d’armes, qu’il veut refiler au peuple, Mohamed Ould Ghazouani.

Dans son mot de clôture, après une tournée populaire qui l’a mené dans les quatre coins du pays, parvenant  à fédérer des masses populaires si impressionnantes que d’aucuns lui prédisent déjà l’une des deux premières places dans cette course à la présidentielle, il a promis de revoir les prix des denrées de première nécessité, les coûts de l’électricité, de l’eau et du carburant, soulignant que les prix ont atteint ces dernières années des sommets inégalés.

Il a aussi promis d’augmenter le salaire des fonctionnaires, des soldats et des officiers de l’armée, ainsi que celui des retraités militaires et civils. Il s’est dit solidaire des familles mauritaniennes confrontées au chômage, de ces centaines d’employés licenciés suite à des faillites provoquées de plusieurs sociétés d’Etat durant ces dernières années, notamment les travailleurs de la SNIM. Des travailleurs qui sont sortis selon lui, par masse, à Nouadhibou et à Zouerate, pour dénoncer la mauvaise gestion au sein de la plus grande société nationale. Il a promis d’augmenter d’une manière spécifique leur salaire, rappelant que depuis la transition 2005-2007, ils n’ont jamais connu la moindre augmentation.

Il faut dire que le meeting de Sidi Mohamed Ould  Boubacar au Stade Cheikha Boidiya était si impressionnant que quelques observateurs ont déclaré que Nouakchott a été divisé entre son meeting et celui de son adversaire, Ould Ghazouani.

Cheikh Aïdara


Fin de la campagne présidentielle, Birame pour une dernière démonstration de force

Après une campagne électorale qui a fait trembler bien de certitudes parmi les ténors les plus indéboulonnables de la majorité présidentielle,  effarouchés dans leurs propres fiefs, Birame Dah Abeid, a tenu un dernier meeting populaire à la Foire de Nouakchott, ce jeudi 20 juin 2019, dernière journée de la joute électorale.

Birame Dah Abeid

C’est en effet par milliers que les partisans du candidat se sont massés dès les premières heures de l’après-midi, galvanisés par leur innombrable nombre et la ferveur des slogans brandis. Il a fallu plusieurs heures pour que Birame Dah Abeid, parvienne à se frayer un chemin au milieu de ce dense paquet de chaires humaines et atteindre la tribune où trônaient déjà les membres de sa direction de campagne. Son arrivé avait soulevé une ferveur dont les échos se sont répandus comme une houle à des centaines de mètres à la ronde.

Face à la foule massée à ses pieds, les mains levées, entourés de ses partisans, Birame Dah Abeid est resté plusieurs minutes à savourer le spectacle qui s’offrait à pertes de vues. Des milliers de visages rayonnants, tannés par l’harmattan qui souffle sur Nouakchott depuis quelques jours, portables en l’air pour des selfies ou  des images immortalisant le moment solennel.

Dans son discours de fin de campagne, le militant antiesclavagiste, lauréat de plusieurs prix internationaux et candidat récidiviste à la présidentielle après une expérience en 2014 dont il fut la grande surprise, avait repris ses thèmes fétiches, la lutte contre l’esclavage et les inégalités sociales, contre le racisme d’Etat et les discriminations, prêt à un nouveau pacte fondateur de la République bâti sur l’égalité, la citoyenneté, le partage équitable des richesses et la bonne gouvernance. Il a fustigé le «système boutiquier » qui a prévalu jusque-là, avec ses lots de corruption, de malversations financières, d’immoralité, et qui cherche à se perpétuer par un passage à témoin pour pérenniser le sac de la Mauritanie.

Fort des masses que ses meetings ont drainé dans tous les coins et recoins de cette vaste République qu’il a sillonné à pas de charge au cours des quinze derniers jours, Birame Dah Abeid a déclaré que le duo Aziz-Ghazouani, a perdu la bataille de la présidentielle et que c’est lui que le peuple mauritanien a choisi pour le diriger pendant les cinq prochaines années. «Ces milliers de Mauritaniens qui se sont rassemblés partout sur l’ensemble territoire pour me plébisciter adhèrent à mon programme politique, car c’est le seul capable d’opérer le changement dont ils ont besoin » devait-il conclure, demandant au peuple mauritanien de voter pour lui massivement le 22 juin prochain.

Cheikh Aïdara

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Forum sur le dividende démographie, l’autonomisation des femmes et des filles, l’artiste Coumba Gawlo donne le ton

Du 26 au 29 juin 2019, la Diva de la musique sénégalaise, Coumba Gawlo, organise, avec l’appui de certains partenaires dont le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), un Forum sur le dividende démographique, l’autonomisation des femmes et des filles. Ce sera en marge du «Festival Chant des Linguères».

Festival Chant des Linguères (édition 2018), la Diva y anime une séance de sensibilisation (Crédit Gomedia)

 

Si le dividende démographique a son Champion, en la personne de Mabingue Ngom, Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, il a sa Star, Coumba Gawlo Seck, l’artiste sénégalaise qui cartonne sur les sujets de développement. Elle s’apprête en effet à organiser du 26 au 29 juin 2019 à Dakar, un Forum sur le Dividende démographique, l’autonomisation des femmes et des filles. Ce sera en marge du «Festival Chant des Linguères» pour lequel elle a convié des artistes en provenance de la Mauritanie, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Tchad.

«Le programme sera riche en évènements, avec des conférences de presse, des forums de débats, des concerts populaires, et une soirée gala» nous confie Pape Boubacar Samb, chargé de communication de Coumba Gawlo.

Ce festival est devenu presque un rituel que l’artiste organise depuis quelques années, avec certains partenaires tels que l’UNFPA. En mars 2018, l’artiste avait déjà soutenu le combat autour de la sensibilisation et le plaidoyer pour l’autonomisation des femmes et la capture du dividende démographique. Plusieurs artistes africains de renom y avaient pris part, tels que Babani Koné du Mali, Fati Mariko du Niger, Rocky Gold de la Côte d’Ivoire, Mourat du Burkina Faso, Mouna Mint Dendeni de la Mauritanie et Mounira Mitchala du Tchad, sans compter quelques célébrités de la musique sénégalaise, à l’image de Fatou Guewel et Kiné Lam, qui ont joint leurs voix à celle de la diva de la chanson mondiale, Coumba Gawlo.

«Le Festival Chant des Linguères se veut une plateforme d’expression mettant la musique au service du développement, une des stratégies mises en œuvre par l’UNFPA pour renforcer l’information, la sensibilisation et le plaidoyer autour de la santé de la mère, des adolescents jeunes, les pratiques néfastes»  soutient Coumba Gawlo.

Déjà, le 16 juin 2019 au Théâtre National, elle avait organisé, à travers son «Association Lumière pour l’Enfance-Coumba Gawlo», une journée de commémoration à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain. «Intense moment de communion entre la Diva à la voix d’or et plus d’un millier de jeunes, venus des établissements scolaires de Dakar » titrait la presse sénégalaise.

Lors de la Journée de l’Enfant Africain 2019 (Crédit Gomedia)

 

Autre combat, plaidoyer pour le respect des droits des enfants et récompenses aux élèves méritants ont été les faits marquants de cette journée.

Artiste engagée et convaincue que le sort de l’Afrique repose dans sa capacité à profiter de sa jeunesse, surtout les femmes et les filles qui constituent l’écrasante majorité de la population africaine, Coumba Gawlo a élargi son combat au-delà des frontières sénégalaises. A Niamey, Abidjan ou encore à Nouakchott, elle a planté sa graine, en y ouvrant des représentations pour créer le consensus et l’esprit de cohésion autour des idéaux qu’elle défend. L’idée est de fédérer les énergies africaines pour que le dividende démographique, l’autonomisation des femmes et la scolarisation des filles soient de véritables portes d’entrée pour l’émancipation des peuples et l’émergence d’Etats forts.

Cheikh Aïdara


Le Représentant de l’’UNFPA en Mauritanie remet les clés d’un véhicule à l’AMPF

Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Mauritanie, à travers son Représentant résident, SEM. Saïdou Kaboré a remis les clés d’un véhicule à la présidente de l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la Famille (AMPF) et ancienne ministre de la Femme, Mme Marième Mint Ahmed Aïcha. La cérémonie a eu lieu mercredi 19 juin 2019 dans l’enceinte de la représentation des Nations Unies à Nouakchott.

Le Représentant de l’UNFPA et la présidente de l’AMPF paraphent les documents validant de don du véhicule (Crédit Aidara)

Auparavant, SEM. Saïdou Kaboré et Mme Marième Mint Ahmed Aicha avaient procédé à la signature des documents validant le transfert du véhicule, lequel selon la présidente de l’AMPF est d’une grande importance pour son association. «L’AMPF, première ONG mauritanienne, est présente dans plusieurs régions du pays, d’où notre impérieux besoin en moyens de locomotions pour nos nombreuses activités en faveur des populations pauvres et déshéritées du pays» a-t-elle déclaré. Elle a remercié l’UNFPA, notamment SEM. Saïdou Kaboré, pour le palier qu’il a fait franchir à la coopération entre son institution et l’Etat mauritanien, mais aussi pour l’intérêt qu’il accorde lui et son staff à la société civile. Selon elle, les besoins restent encore énormes en termes de services de santé de la reproduction et de planning familial, soulignant que les  femmes continuent de mourir, les grossesses non désirées et les avortements à risques guettent encore les adolescentes, sans compter les fistules obstétricales, les femmes et les enfants abandonnés.

Le staff de l’UNFPA et celui de l’AMPF pour une photo de famille devant le véhicule, don de l’UNFPA (Crédit Aidara)

SEM.Saïdou Kaboré, à l’entame de la cérémonie de signature avait évoqué la bonne côte dont jouit l’AMPF auprès des autorités mauritaniennes, mettant en exergue la diligence avec laquelle le Ministère de l’Economie et des Finances, ainsi que le ministère de la Santé, à travers le Coordinateur du Projet National de la Santé de la Reproduction (PNSR), ont donné avis favorable au don que son institution vient de lui faire. Il a salué le courage, l’engagement et le sens du bénévolat de la présidente de l’AMPF, qui consacre son temps et son énergie, «sans aucun salaire, a-t-il précisé, en sauvant la vie de plusieurs femmes et enfants». Il a noté l’excellent travail qu’abat l’AMPF à Nouakchott et dans les régions reculées du pays, notamment au Trarza, à Dakhlet-Nouadhibou, au Gorgol, en Assaba, au Brakna, au Hodh Charghi, notamment dans le camp de Mberra à Bassiknou.

A noter que la cérémonie s’est déroulée en présence de l’ensemble du staff de l’UNFPA, ainsi que de M.Oscar Koalga, consultant et ancien de l’IPPF, en mission en Mauritanie. La présidente de l’AMPF était accompagnée par son Directeur Exécutif, son Directeur de Programmes et son Directeur administratif et financier.

Cheikh Aïdara

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Le véhicule, don de l’UNFPA à l’AMPF (crédit Aidara)


La Plateforme des OSC contre l’extrémisme violent forme 20 jeunes animateurs et observateurs électoraux

La Plateforme des OSC contre l’extrémisme violent, sous la houlette de Seyde Mint Yenge, présidente de l’ONG ASPOM, a organisé mardi 18 juin 2019 à son siège à Nouakchott, un atelier de formation sur les techniques d’observation et d’animation du vote électoral. Cette formation dispensée par Mme Haoussa Mamadou Ndiaye et Bekaye Sy, ainsi que l’ancienne député Vatimetou Mint Saleck, a ciblé 20 jeunes hommes et filles.

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Pendant une journée, les futurs observateurs et animateurs qui seront appelés le 22 juin prochain à superviser l’élection présidentielle, ont été largement édifiés sur le rôle qui sera le sien le jour J.

Pour Seyde Mint Yenge, initiatrice de cette formation, «c’est là notre contribution citoyenne à l’élection présidentielle du 22 juin 2019 et notre rôle de témoins oculaires du scrutin nous permettra de participer, on l’espère, à la garantie de son déroulé dans la plus grande transparence et équité».

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D’autres intervenants, tels que Mme War de l’USAID, ou encore notre confrère Kissima Diagana, sont intervenus pour souligner que «la situation actuelle est très sensible ; déjà les discours électoraux commencent à prendre des relents inquiétants, d’où le rôle que nous avons tous à jouer, surtout vous les jeunes, pour ramener un esprit de tolérance et d’apaisement».

La fin de l’atelier a été marquée par la traditionnelle photo de famille et la distribution des attestations aux participants.

Une demande a été adressée auparavant par la Plateforme à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), pour accorder aux jeunes qui viennent d’être formés, des badges leur permettant d’accéder aux bureaux de vote afin de remplir pleinement leur devoir.

Cheikh Aïdara

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@crédit AIDARA
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Birame Dah Abeid, extraordinaire percée dans les régions de l’Est et du Nord

Pendant une semaine, du 7 au 13 juin 2019, le candidat à la présidentielle sous les couleurs du changement, Birame Dah Abeid, a conquis les habitants des villes, localités et hameaux des villes de l’Est et du Nord de la Mauritanie. C’est par milliers que les populations assoiffées de liberté, de justice sociale et de prospérité, sont en effet sorties pour l’accueillir, lui et la forte délégation qui l’accompagnent.

Ce dimanche 16 juin à Kaédi (Crédit S.Diagana)

Du Hodh Charghi au Tiris-Zemmour, en passant par le Hodh Gharbi, l’Assaba, le Tagant, l’Adrar et l’Inchiri, ce fut la même ferveur et le même accueil triomphant. Des marées humaines qui ont drainé, vieillards impotents, jeunes filles et garçons, femmes et hommes. Des visages rayonnants où se lit l’espoir pour des lendemains meilleurs, tels que véhiculés par le programme ambitieux du candidat. Les «Vives Birame !», les Youyous stridents de milliers de femmes. Accueilli comme un libérateur, Birame a multiplié partout les promesses d’une Mauritanie nouvelle où tous les citoyens seront réellement égaux en droits et en devoirs, en opportunités de chances et de richesses.

Ces partisans, pris dans la ferveur de cette déferlante humaine dans toutes les cités traversées durant ce périple fait à pas de charge, à la Hussarde, prédisent déjà une victoire au premier tour. La lutte contre l’esclavage, les discriminations, les inégalités, le racisme et l’exclusion, toutes réalités vécues par les Mauritaniens depuis le règne des militaires, de 1978 à nos jours, servira selon Birame Dah Abeid, comme cheval de bataille de son magistère, si les Mauritaniens lui accordent leur confiance le 22 juin 2019, jour du scrutin. Cette percée dans les régions orientales et septentrionales de la Mauritanie des profondeurs, lieux d’extrêmes pauvretés et de dénuement en dix ans de sac perpétrés par le régime finissant de Mohamed Abdel Aziz, leur a même fait dire que Birame a gagné des points inestimables et a pris une longueur d’avance sur les autres candidats.

Les populations semblent en effet avoir adhéré à son programme politique, économique et social qu’il leur propose et qui cadre en tous points à leurs aspirations et attentes. La confiance semble d’autant plus établie entre le candidat et les habitants des zones visitées, que sa tournée est précédée par son parcours de combattant de la liberté et son statut de militant qui a le plus payé de sa liberté, le triomphe de ses idéaux émancipateurs.

Après une brève escale à Nouakchott où il a animé le vendredi 14 juin, un meeting populaire à Tevragh-Zeina, Birame Dah Abeid a repris son bâton de pèlerin, à la conquête des voix de la Vallée et du Centre mauritanien. A Rosso, Boghé, et Kaédi  dont les images ont déjà défilé,  l’apothéose d’une tournée encore plus spectaculaire s’annonce déjà. Les populations de la Vallée semblent en effet avoir déjà dit OUI à Birame.

Cheikh Aïdara


Journée Mondiale des Océans, l’ONG BiodiverCité innove en festivités

La Journée Mondiale des Océans a été célébrée du 8 au 10 juin 2019 par l’ONG BiodiverCité que préside Maïmouna Mint Saleck sous le thème «Une mer sans objets plastics». C’était en collaboration avec le BACoMaB (Fonds Fiduciaire du Banc d’Arguin et de la Biodiversité Côtière et Marine), un mécanisme de financement durable mis en place en 2009 pour la sauvegarde de la biodiversité côtière et marine en Mauritanie. Nettoyage de la plage de Nouakchott, expositions photos sous la khaïma, sketchs, soirée cinéma et remise de prix aux lauréats du concours Journalistes Reporters de la Mer étaient au menu.

Maïmouna Mint Saleck au micro (Crédit BiodiverCité)

C’est dans ce cadre que le Village de la Biodiversité, sis au Musée de Nouakchott, a abrité le samedi 8 juin 2019 une soirée ludique où les tous petits, nationaux comme expatriés, se sont divertis au même titre que les nombreux adultes qui avaient fait le déplacement.  Soirée durant laquelle, BIG BABA, le fameux comédien mauritanien, rendu célèbre par sa publicité pour l’opérateur téléphonique Mattel, «Ma Ndor Couscous» a ravi la vedette comme attraction numéro UN.

Onze productions journalistiques ont été primées durant l’évènement, en présence de plusieurs partenaires, comme le  PRCM (Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine) qui regroupe sept pays africains dont la Mauritanie, la Jeune Chambre de Commerce, l’Alliance Franco-Mauritanienne, l’ONG Citoyen Debout et la Fondation Sahel, entre autres.

Le premier prix du concours a été décerné à trois journalistes, dont deux ayant travaillé en duo. Il s’agit de Khdeïja Mouchtaba et Marième Abass pour leur production vidéo, «Hoffman», en hommage à Luc Hoffman Hans, ornithologue, conservateur, philanthrope suisse décédé en juillet 2016, fondateur de la Fondation MAVA et du Banc d’Arguin.. Elles partagent ce prix avec Houleye Kane.

Ce prix remis aux trois journalistes lauréats est constitué d’une enveloppe de 20.000 MRU, d’une immersion de six mois au Centre mauritanien d’innovation plus quatre mois de formation gratuite en français à l’Alliance Franco-Mauritanienne.

Tous les journalistes ont été primés. Mohamed Lemine Ould El Mamy pour l’interview auprès des différents candidats à la présidentielle par rapport aux enjeux posés par l’environnement marin, les deux bloggueuses,  Najia Mahfoudh et Emira Moulaye Hassane, Hidi pour son reportage à Nouadhibou, qui a reçu des livres offerts par Céros plus deux mois de langue à l’Alliance, Ahmed Mohamed Salem Kekoub, Awa Bâ, Tabara MBodj, El Aliya Abass, Baliou Mamayari Coulibaly.

A noter que les journalistes lauréats de ce concours sur la mer avaient suivi auparavant, une session de formation et de renforcement de capacités de plus d’une semaine sur le journalisme reporter de mer. Le public surtout jeune a suivi par la suite les prestations de BIG BABA, puis la projection des vidéo primés.

Cheikh Aïdara

 


Journée internationale pour l’élimination de la fistule, la Mauritanie s’engage à y mettre fin maintenant !

La Mauritanie a célébré le mardi 11 juin 2019, la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale sous le thème «la fistule est une violation des droits humains, mettons-y fin maintenant». Cette journée, organisée par le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a été marquée par un échange de discours et la remise de soutiens financiers à des victimes ainsi que la distribution de dix kits d’accouchements pour 30.000 bénéficiaires au profit de dix centres de santé, don de l’UNFPA.

Table officielle (Crédit UNFPA)

Célébrée le 23 mai 2019 par la communauté internationale, la Journée pour l’élimination de la fistule obstétricale l’a été en Mauritanie le 11 juin 2019, en présence du Secrétaire général par intérim du Ministère de la Santé, M.Ahmedou Jiddou Ould Zeine. Dans son mot d’ouverture, il a indiqué les efforts déployés par son département pour mettre fin à cette tragédie. «Le Ministère de la Santé a mis en place depuis 2005, la Stratégie Nationale pour l’Elimination de la Fistule. Des campagnes de dépistage régulières des victimes ont été lancées depuis ainsi que leur prise en charge, avec l’appui de l’UNFPA et l’ONG française «Equilibre et Population» a-t-il indiqué. Selon lui, «plusieurs cadres de la santé ont été formés pour la prise en charge des cas, preuve des efforts déployés par l’Etat dans ce cadre, à travers le renforcement du système sanitaire». Il considère par ailleurs que la commémoration de cette journée est la preuve de l’importance que le gouvernement accorde à la fistule comme priorité sanitaire.

Auparavant, le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM.Saidou Kaboré, avait souligné que la commémoration de cette journée sous le thème choisi cette année, «intervient dans un environnement marqué par la volonté grandissante des nations à prendre en compte les femmes dans tous les secteurs de développement afin d’assurer l’atteinte des ODD à l’horizon 2030». Rappelant que «l’apparition de la fistule obstétricale est principalement liée à un travail difficile lors d’un accouchement prolongé ou l’absence de soins obstétricaux de qualité», SEM.Saidou Kaboré a indiqué que «l’OMS estime à plus de 2 millions le nombre de femmes vivant avec une fistule obstétricale non traitée en Asie et en Afrique Subsaharienne». La fistule touche en général selon lui, les femmes jeunes et pauvres, vivant dans des contextes où le statut d’une femme dépend du mariage et de la capacité à avoir des enfants.

Une partie de l’assistance (Crédit UNFPA)

En Mauritanie, 150 à 300 femmes sont touchées, situation qui aurait pu être évitée selon le Représentant résident de l’UNFPA, s’il était mis fin au mariage des enfants, si l’âge de la première grossesse avait été repoussée, si les besoins des femmes en planification familiale étaient satisfaits, si les mutilations génitales féminines étaient éradiquées et si les femmes avaient accès à temps à des soins obstétricaux de qualité. Il a précisé que «le thème de la journée s’inscrit parfaitement dans la vision du gouvernement, et plus particulièrement dans sa volonté de réduire la mortalité maternelle (582/100.000 naissances vivantes) » par des accouchements assistés par un personnel qualifié et l’utilisation des méthodes contraceptives.

Le Secrétaire Général du Ministère de la Santé et le Représentant de l’UNFPA (à sa gauche) se serrent la main après la remise de 10 kits d’accouchement, don de l’UNFPA (Crédit UNFPA)

Enfin, il a rappelé le mot de la Directrice Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem à l’occasion de la célébration de la journée. «Il est temps que le monde entier tienne compte de l’appel lancé par les Etats membres de l’ONU dans la résolution 2018 des Nations Unies sur l’élimination de la fistule dans laquelle ils s’engageaient à éradiquer la situation en une décennie» avait-elle déclaré, soulignant, «aucune «femme ou fille ne devrait être privée de sa dignité, de ses espoirs et de ses rêves. La fistule est une violation des droits humains, mettez-y fin maintenant !»

La journée a été marquée par plusieurs communications présentées par des experts de la santé, en présence d’acteurs clés du secteur, telles l’Association des Sages-femmes de Mauritanie, l’Association mauritanienne des gynéco-obstétriciens, et plusieurs membres de la société civile actifs dans le domaine.

Témoignages de quelques acteurs de la santé et d’anciennes victimes qui ont reçu une aide financière offerte par le PNSR.

Mimi Mint Moulaye Driss, Sage-femme, Point focal de la fistule au PNSR.

«La fistule obstétricale est une malveillance de l’accouchement compliqué. Elle touche en particulier les femmes pauvres et analphabètes. La stratégie mise en place depuis 2005 par le Ministère de la Santé pour y mettre fin, a permis de mener des missions de dépistages et la prise en charge des victimes. Avec l’appui de l’UNFPA et de certains partenaires comme l’ONG WAHA, le PNSR a pris en charge les victimes et leur accompagnant (transport, hébergement, nourriture, frais d’opérations chirurgicales, soins pré et postopératoires, médicaments). La fistule est une réalité en Mauritanie et les victimes se cachent encore. D’où l’intérêt de décupler les efforts pour les dénicher. Le PNSR leur offre aussi des appuis financiers pour leur insertion. Les régions les plus touchées sont le Gorgol, le Hodh Charghi, le Trarza et le Guidimagha».

Aïssata Diop, Sage femme d’Etat, Point Focal Fistule et Surveillante générale à l’Hôpital Mère et Enfant

«Mon numéro de téléphone est disponible auprès de toutes les sages-femmes du pays qui m’alertent dès qu’un cas se présente. Quand les femmes sont acheminées à l’hôpital, je les examine d’abord, puis je les conduis en consultation gynécologique, puis auprès du Dr.Diagana, l’urologue qui détermine s’il s’agit d’une fistuleuse qui doit être opérée ou pas. Avec la prise en charge de l’UNFPA pour ces cas, je m’occupe des restes des formalités postopératoires (bilan, programmation, etc.) jusqu’à la sortie de la malade. Cela fait plus de dix ans que je travaille dans le domaine de la fistule. Parfois, on dénombre jusqu’à quinze à vingt cas par année, lors des missions de dépistage menées en général en décembre».

Aïcha Mint Mohamed Mahmoud, 30 ans, originaire de Mbout (Gorgol)

«J’ai eu la fistule suite à mon premier accouchement très difficile aux termes duquel j’ai été acheminée à Kaédi. J’avais 15 ans et J’ai traîné la maladie pendant dix ans, avant que je ne sois détectée lors d’une mission du PNSR et conduite à l’Hôpital national de Nouakchott. J’ai subi huit opérations de réparation chirurgicale d’abord à l’hôpital national puis à l’hôpital Cheikh Zayed. Aujourd’hui je suis totalement guérie. Je me suis remariée, car mon premier mari m’avait divorcée dès que je suis tombée en état de grossesse, avant même ma maladie. J’ai été entourée de tout l’amour de ma famille, qui ne m’a jamais abandonnée ni isolée. Mais par honte, je préférais toujours rester dans ma chambre pendant toutes ces longues années de souffrance. Je ne pouvais assister à aucun rassemblement populaire (mariage, baptême), ni rendre visite à qui que ce soit. Maintenant, je suis heureuse et mère d’un enfant avec mon deuxième mari».

Houlèye Niane, 35 ans, originaire de Bagodine (Brakna)

«Je me suis mariée à l’âge de 24 ans. J’ai eu la fistule suite à un accouchement très compliqué. On m’avait déjà conduit à Kaédi, mais comme je n’arrivais pas à me délivrer, on m’a acheminée à Nouakchott où j’ai subi un accouchement au forceps. Ce sera le début d’un calvaire qui a duré une année au cours de laquelle je me déplaçais avec des béquilles. Je restais toute la journée debout. Je ne pouvais pas m’asseoir sans déclencher selles et urines. Pendant tout ce temps, mon mari ne m’a jamais abandonnée. C’est lui-même qui lavait mes habits et me faisais des couches, avant d’aller au travail. Ma famille aussi est restée très solidaire et ne m’a jamais abandonnée. J’ai été guérie après avoir subie quatre opérations. J’avais, selon les médecins, une fistule compliquée (fistule vésico-vaginale : Ndlr sage-femme). Aujourd’hui, grâce à l’aide du PNSR et de l’UNFPA, ma vie a changé».

Koueidi Sidi Niang, 34 ans, originaire de Kaédi (Gorgol)

«Je me suis mariée à l’âge de 26 ans et j’ai quatre enfants. J’ai eu la fistule lors de l’accouchement pour mon troisième enfant à l’hôpital de Kaédi. Pourtant, on m’avait averti dès mon deuxième enfant. On m’avait demandé de revenir après le baptême mais par négligence, je  ne suis pas revenue. Et après l’accouchement pour mon troisième enfant, j’ai constaté la perte d’urines et de selles. Je ne savais pas ce qui m’arrivait. Je suis restée dans cet état pendant cinq ans. C’est ainsi que le PNSR m’a repérée et je fus conduite à Nouakchott, au Centre de santé de Sebkha où je fus prise en charge. Je n’ai jamais rencontré de problème. Suivie médicalement et nourrie avec une tante, j’ai été opérée par des blancs (les chirurgiens de l’ONG Equilibre et Population : ndlr). J’ai subi trois opérations avant d’être complètement guérie. Pendant tout ce temps, mon mari est resté avec moi, jusqu’à l’instant où je vous parle. Lui et ma famille ne m’ont jamais abandonnée».

Marième Mint Mohamed, 26 ans, originaire de Oualata (Hodh Charghi)

«Je me suis mariée à l’âge de 17 ans. Au début, après accouchement pour mon premier enfant à l’hôpital de Néma, je perdais involontairement mes urines et mes selles. Je changeais mes habits tous les instants et je passais le temps à pleurer. Je suis restée comme ça pendant cinq longues années de souffrance et de honte. Je ne savais pas que c’était une maladie. C’est après que ma mère a pris contact avec le PNSR qui m’a amenée à Nouakchott, à l’Hôpital Mère et Enfant. Une seule opération a suffi et j’ai été guérie. La plus grande joie de ma vie. Je remercie le PNSR, l’UNFPA, Mimi, Aïssata Diop, les chirurgiens qui m’ont soignée».

Cheikh Aïdara


Tarissement de la mare de Kankossa, un rapport alarmant sur la situation des populations

La ville de Kankossa est en danger. Ses populations sont atterrées par le tarissement de la mare autour de laquelle s’organisait leur vie économique, sociale et culturelle. C’était l’appel de détresse lancé par les populations. C’est ce qu’un rapport d’évaluation rapide menée par le Réseau des Organisations pour la Sécurité Alimentaire (ROSA) et l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG), aux termes d’une mission effectué du 22 au 27 mai 2019 sur financement de World Vision, vient de confirmer. Ce document disséminé au sein de la société civile mauritanienne, dont copie a été remise aux autorités nationales et au Coordinateur du Système des Nations Unies en Mauritanie, SEM.Anthony Kwaku Ohemeng, tire la sonnette d’alarme sur la précarité d’une population exposées aujourd’hui à l’insécurité alimentaire, à la malnutrition et à l’exode massif.

Image de désolation de la mare de Kankossa après son assèchement (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

Répondant aux appels pressants des populations de Kankossa, face au tarissement de la mare dont elles tirent toute leurs subsistances, ROSA et ADIG, sur financement de World Vision, ont effectué, du 22 au 27 mai 2019,  une mission d’enquête basée sur le manuel édicté par le Bureau de la Coordination des Nations Unies pour les affaires humanitaires (OCHA) et l’institut chargé de l’évaluation rapide initiale multi-grappe par secteur (MIRA) qui développe un outil commun d’évaluation des besoins.

Le rapport publié le 3 juin 2019 indique que la situation des populations est devenue très vulnérable, en particulier les femmes et les enfants de moins de cinq ans dont la situation nutritionnelle avant l’assèchement de la mare de Kankossa était des plus préoccupantes du pays, avec un taux de malnutrition aiguë sévère de 6% et un taux de malnutrition aiguë grave de plus de 20%, dépassant ainsi les seuils d’urgence. Cette situation, selon le rapport, pourrait s’aggraver avec le début de la période de soudure qui s’annonce. Plusieurs centaines de ménages sont ainsi menacés et ont besoin d’assistance rapide.

La mare du temps de l’abondance (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

En effet, selon le rapport, les populations de la Moughataa de Kankossa, zone essentiellement agro-sylvopastorale, vivaient depuis toujours des opportunités offerte par la mare du même nom qui régule leur vie économique, sociale et culturelle. Aujourd’hui, cette mare est à sec, compte tenu d’un cumul de sécheresse, mais aussi de la construction mal adaptée de plusieurs ouvrages qui ont ralenti par endroit ou détourné à d’autres endroits les eaux de ruissellement provenant de plusieurs cours d’eau qui alimentaient la mare, en plus de l’ensablement et du mauvais entretien des ouvrages.

Du temps de la navigation sur la mare (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

Conséquences, les populations qui vivaient d’agriculture, de maraîchage, de pêche et de transport, grâce à la mare de Kankossa, ont perdu leurs activités, ce qui risque d’impacter sur leurs conditions de vie. La situation a débouché, selon le rapport, sur la disparition des eaux de surface, l’abaissement du niveau de la nappe phréatique et la remontée des eaux usées provenant des fosses sceptiques, exposant gravement la santé humaine.

Ce sont ainsi 9.750 personnes, soit 74% de la population qui sont directement touchées par l’assèchement de la mare de Kankossa, avec 3.453 personnes, soit 41,68% de la population qui sont aujourd’hui dans le besoin humanitaire. D’où un besoin de réponse multisectorielle coordonnée et urgente, pour éviter la perte du cheptel, l’insécurité alimentaire et l’exode massif des populations.

Selon le rapport, «aucune réponse humanitaire n’est en cours et rien n’a été fait pour les populations de Kankossa». Dans l’immédiat, les populations ont besoin d’une assistance alimentaire, de l’apport des boutiques EMEL, de la mise en place d’un programme nutritionnel et de l’accroissement à l’accès à l’eau potable. Dans le moyen terme, la création d’activités génératrices de revenus (AGR) pour les femmes, le cash transfert pour les ménages en situation précaire et la sécurisation des moyens d’existence, pourraient donner de l’espoir. Dans le long terme, le rapport suggère d’organiser les populations, de mettre en place un système d’alerte précoce, d’aménager les bassins versants, de procéder au curage de la mare, de rectifier les ouvrages en amont de la mare, lesquels ouvrages ont contribué à la déviation des cours d’eau et à l’affaiblissement des apports hydriques qui alimentaient la mare.

Cheikh Aïdara
Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJMD)

 


«C’est Demain la Paix et la Prospérité (CDPP)», l’initiative de Khattri Ould Dié en soutien à Ghazouani

L’ancien directeur de publication du journal «Maghreb Hebdo», non moins homme d’affaires, politicien chevronné et président de l’Association mauritanienne du tir à la cible, Khattri Ould Diét, a annoncé que son initiative, CDPP (C’est Demain la Paix et la Prospérité), ouvrira sa campagne parallèlement à celle de son candidat, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ghazouani. «Je le fais sans soutien d’aucun homme d’affaires, mais à partir de mes moyens personnels, par conviction pour le candidat à qui me lie des liens d’amitié et de fraternité ». C’est en ces mots que Khattri Ould Dié a ouvert le point de presse auquel quelques journalistes triés sur le volet ont été conviés. C’était en marge d’un somptueux F’Tour organisé dimanche 2 juin 2019 au siège de l’Association du tir à la cible à Nouakchott.

Crédit Aidara

Khattri Ould Dié a profité de l’occasion pour appeler à une campagne propre sans méchanceté entre les candidats, interpellant les intellectuels qui s’en prennent d’une manière peu cavalière à son candidat. Il s’en est pris particulièrement à Ould Breidelil dont il accuse les virulentes attaques, donnant de l’homme à penser du Baathisme en Mauritanie, l’image d’un opportuniste qui de Ould Saleck à Ould Taya en passant par Ould Abdel Aziz s’est toujours tu quand on lui offrait un poste ou quelques privilèges. «Je respecte tous les candidats. Ce sont tous des citoyens mauritaniens qui aspirent légitimement à la Magistrature suprême, mais je n’accepterais jamais les coups bas. C’est à eux de dompter leurs services de communications pour qu’ils cessent cette campagne de dénigrement non fondé contre Ould Ghazouani. Car, nous pourrons faire de même et nous sommes prêts dans cette aventure à aller jusqu’au bout» a-t-il déclaré.

Pour cette aventure, Khattri Ould Dié a mis les moyens. La bagatelle de 200 millions MRO, plus un matériel de campagne sophistiqué importé d’Istanbul avec deux techniciens turcs à la clé. Il compte investir en solo les neufs départements de Nouakchott au cours de la campagne électorale, tout en développant durant les quinze jours qui s’ouvriront avant la fatidique journée du 22 juin 2019, jour de vote, des soirées de débat, des tournées de sensibilisation pour expliquer le programme du candidat et récolter des voix dans les quatre coins de Nouakchott.

A rappeler que l’initiative CDPP a été lancée le 14 avril 2019 dans l’enceinte du Palais des Congrès en présence de plus d’un millier de personnes, dont d’éminentes personnalités de la majorité. Une vidéo de ce lancement a été présentée au cours de la soirée. Avec toujours la même conviction. «Après la décennie Aziz, c’est Ghazouani qui prendra le relais pour parfaire cette somptueuse marche vers plus de paix, de progrès et de prospérité» a-t-il tenu à marteler.

Cheikh Aïdara


Commémoration de la journée mondiale du lait, la société civile et Oxfam maintiennent le flambeau

En l’absence de l’Etat qui a cessé de fêter la journée mondiale du lait depuis plus de trois ans, c’est la société civile mauritanienne, à travers la Coalition Mauritanienne du lait local, soutenue par Oxfam, qui vient de célébrer ce 1er juin 2019 à Nouakchott, la Journée mondiale du lait sous le thème «Promotion, Valorisation et Sécurisation du lait local».

De g. à dr. le Directeur Pays d’Oxfam, la présidente du REFPAM, le Directeur des Filières animales et le Coordinateur de ROSA (Crédit Aidara)

A l’instar de la communauté internationale, Nouakchott a abrité le 1er juin 2019, la commémoration de la journée mondiale du lait. Cette journée a été organisée, avec l’appui de l’ONG internationale OXFAM, par la Coalition Mauritanienne du Lait Local, qui regroupe l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en Savane (APESS), le Réseau des organisations pour la sécurité alimentaire (ROSA), l’Alliance Citoyenne (AC), le Réseau des femmes parlementaires mauritaniennes (REFPAM), le Groupement national agro-pastoral (GNAP), la société Tiviski, le Club des Jeunes Journalistes (CJJ) et ECODEV.

Le 28 novembre 2018 déjà, la Coalition mauritanienne du lait local avait participé à la foire de Néma sur les produits animaliers, avec comme slogan «Mon lait est local». Le stand organisé en partenariat avec l’ONG AMAD, avait été primé par le Ministère de l’Elevage, comme meilleur stand. En marge de cet évènement, la Coalition avait lancé une pétition signée par 600 personnes, dont le président de la République, Mohamed Abdel Aziz.

Promesses et défis du secteur laitier

Le deuxième anniversaire de la journée du lait célébré cette année par la Coalition a été marqué par un échange de discours, dont celui prononcé au nom du Ministre du Développement Rural, par Isselmou Ould Abdatt, Directeur des Filiales Animales. Auparavant, Sarr Mamadou, Coordinateur de ROSA avait mis en exergue les difficultés rencontrées par la filière lait en Mauritanie, citant la faible organisation des acteurs, la concurrence du lait importé, le déficit en aliments de bétail, l’absence de politiques commerciales et fiscales incitatives pour le secteur, la faible volonté politique.

Vue globale de la salle (Crédit Aidara)

Pour le Directeur Pays d’Oxfam, Dedeou Yahiya, la FAO célèbre chaque année, depuis 2001, la promotion du lait local, rappelant que la Coalition mauritanienne du lait local a été mise en place le 1er juin 2018. «Cette Coalition inscrit ses actions dans une campagne régionale portée par des organisations de producteurs, de la société civile et d’industriels du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Tchad et de la Belgique» a-t-il souligné. Ce sont 48 millions de familles de pasteurs et d’agropasteurs de l’Afrique qui sont ciblées par la Coalition, dira-t-il en substance, précisant que la «campagne a su fédérer une large coalition de 15 organisations régionales d’agriculteurs et d’éleveurs, 55 organisations nationales, une organisation faîtière de producteurs laitiers européens (European Milk Board) et 6 ONG internationales dans le seul but de provoquer la mise en place de politiques commerciales et fiscales favorables au lait local, afin d’assurer aux familles de pasteurs et d’agropasteurs, ainsi qu’à tous les autres intervenants de la filière des revenus conséquents leur permettant de vivre dignement».

Pour l’Honorable député Marième Baba Sy, présidente du réseau des parlementaires femmes, «nous sommes les plus gros consommateurs de lait de la région, mais l’essentiel de notre consommation vient de l’étranger», soulignant que la filière lait offre cependant de fortes opportunités économiques et sociales, notamment dans la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes et des femmes.

Une ossature institutionnelle favorable à la filière agropastorale

Les participants ont par la suite suivi une courte vidéo dans laquelle la Directrice d’Oxfam Internationale, Winnie Byanyima, adressait un mot à l’occasion de la célébration de la journée mondiale du lait. L’occasion pour Amadou Djigo d’Oxfam Mauritanie de dresser le bilan réalisé par la Coalition mauritanienne en 2018-2019 et les activités prévues pour l’année en cours.

Vue partielle des participants (Crédit Aidara)

Successivement, Mohamed Lemine Deida pour le compte du Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (PARIIS), la Délégation de l’Union Européenne à travers la plateforme de dialogue sectoriel du Projet RIMRAP, Mohamed Ould Brahim Ould Cheikh Sidiya au nom du Projet de développement des filières inclusives (PRODOFI), ont chacun présenté son projet, ses objectifs, ses défis et ses projections.

La journée s’est achevée par un large débat avec les questions, les commentaires et les contributions des participants, dont une brillante intervention du directeur de la société Tiviski qui a brossé 30 ans d’expériences de la première unité industrielle laitière en Mauritanie.

Une foire des produits laitiers locaux suivis d’un F’Tour a été organisé durant la soirée à l’intention des acteurs et des invités.

Cheikh Aïdara

Bilan de la Coalition Mauritanienne pour le lait local 2018-2019

Amadou Djigo (Crédit Aidara)

La Coalition Mauritanienne pour le lait local s’intègre dans une campagne régionale qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Belgique Ses objectifs tournent autour de l’accès à l’alimentation de bétail, l’amélioration du taux de collecte auprès des familles productrices, la mise en place de politiques commerciales et fiscales favorables à la promotion du lait local, la protection des produits locaux face à la concurrence du lait importé afin de booster les industries locales pour en faire le moteur du développement économique et social. A souligner que la consommation régionale, c’est 5 millions de tonnes de lait par an dont 85% importés.

D’autre part, la Coalition avait visé deux grands objectifs, à savoir l’élargissement de sa base de membres affiliés ou alliés. Un objectif atteint avec ECODEV, GNAP et APESS, qui ont rejoint la coalition. Deuxième objectif, renforcer l’ancrage de la Coalition avec tous les acteurs cibles. La Coalition a dans ce cadre entamé des discussions avancées avec le PRAPS, PARIIS, PRODOFI et RIMRAP. Des actions de communication basées sur des dates fortes, comme le 28 novembre, fête nationale de l’indépendance, ou encore le 8 mars, fête internationale de la femme, sont envisagées, ainsi que la pétition lancée en 2018 et qui reste ouverte pour la signature.

Les difficultés relevées concernent le manque d’intérêt de certains industriels, l’agenda des ministres des secteurs concernés (ministère du Développement Rural, Ministère du Commerce), la faible mobilisation des financements.

Pour la deuxième année, la Coalition vise à toucher les industriels et les fédérations nationales de la filière, mais aussi à travailler au renforcement de la plateforme de dialogue sectoriel (Task Force) pour une meilleure synergie entre les acteurs. Il s’agira aussi de travailler pour une approche favorable à la protection et à la promotion du lait local et à la recherche des financements.

Projet D’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS)

Mohamed Lemine Deida (Crédit Aidara)

Il s’agit d’un projet créé le 31 octobre 2013 à Dakar par les Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad, avec un fonds Banque Mondiale de 25 millions de dollars U.S et une coordination assurée par le CILSS. Ce projet touche plus de 7.000 ménages dont 53% de femmes. Il intervient dans le domaine agropastoral et le soutien aux producteurs.

Projet Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP)

Représentant de la Délégation de l’Union européenne (Crédit Aidara)

Le Projet Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP) financé par l’Union Européenne, entretient une Plateforme de dialogue sectoriel qui se veut pérenne et inclusive. Il intègre des acteurs étatiques et non étatiques pour s’impliquer dans des débats autour des défis du secteur rural et dans le renforcement des capacités institutionnelles. Son objectif est de renforcer la concertation avec les acteurs, de développer un plaidoyer envers les décideurs et d’aller vers des propositions concrètes face aux défis qui se posent au niveau de la résilience agropastorale.

Le projet se fixe d’autres objectifs, comme faciliter la coordination et la capacité des acteurs à proposer des solutions consensuelles. Il se déploie au Guidimagha, en Assaba et dans les deux Hodhs autour d’un groupe de travail dédié au monde rural, avec un chantier de développement du lait local par l’appui à la concertation entre les acteurs.

Projet de Développement des Filières Inclusives (PRODOFI)

Mohamed Brahim Cheikh Sidya (Crédit Aidara)

Le PRODOFI est financé sur fonds FIDA-ASAP à hauteur de 45,3 millions de dollars U.S pour une durée de 8 ans (2017-2024) dans l’objectif de soutenir l’important potentiel du secteur agropastoral encore mal valorisé. Ses activités sont orientées vers la lutte contre la pauvreté et la malnutrition, ainsi que l’insuffisance alimentaire. Parmi ses autres objectifs, la contribution à l’amélioration des revenus et de la situation des populations rurales.

Le PRODOFI s’active autour de trois axes : le développement des filières (45% des financements), le développement et la création de modules de productions (41% des financements), enfin, la coordination, le suivi-évaluation et la gestion du savoir (14% des financements). Le fonds ASAP (Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne) prend en charge le volet intégration les effets liés aux changements climatiques, ainsi que la mise en place d’approches techniques d’adaptation. Le PRODOFI privilégie le Faire-faire qui est un appui indirect par structures locales interposées.

Le projet intervient dans le maraîchage, le lait de chèvre, l’aviculture, les produits forestiers non ligneux et la pêche continentale au niveau de Foum Gleïta. Il couvre le Gorgol, le Brakna, le Guidimagha, l’Assaba et les deux Hodhs.  Dans la filière lait de chèvre, le projet offre des chèvres suitées, l’alimentation et la santé animale.

Parmi ses réalisations, le recrutement d’un opérateur technique, un atelier de lancement à Boghé, la signature de contrats producteurs et usines laitiers, avec 280 chèvres suitées distribuées. En 2019, il est prévu de disséminer 620 chèvres suitées et 80 boucs et de former des éleveurs, entre autres.

 


Chbih Cheikh Mélaïnine et le Front Populaire rejoignent Kane Hamidou Baba et la CVE

L’ancien président du Front Populaire, Chbih Cheikh Mélaïnine, devenu membre symbole de cette formation politique qu’il a fondé et qui a marqué la vie politique dans les années 90, a rejoint, avec toute la direction du parti, le candidat de la Coalition du Vivre Ensemble (CVE), Dr.Kane Hamidou Baba. C’était au cours d’un meeting populaire organisé par la section de Tevragh-Zeina, mardi 28 mai 2019 à «La Case» à Nouakchott.

Chbih entre le candidat Kane Hamidou Baba et son directeur de campagne (Crédit Aîdara)

«Vous avez devant vous le petit-fils de Cheikh Mélaïnine et de Souleymane Bal, un homme de principe qui a toujours honoré son double héritage et dont l’aura dépasse le Front Populaire et les frontières de la Mauritanie» a déclaré Dr.Kane Hamidou Baba, soulevant un tollé d’applaudissement qui doublera d’intensité lorsqu’il annonça, «ce soir, le Front Populaire a décidé de rejoindre la CVE. Il s’agit d’un choix réfléchi et personnel pris par Chbih Ould Cheikh Mélaïnine et le Front Populaire, sans aucune démarche de la part de la Coalition», a-t-il ajouté, dans une ferveur qui emporta celle des nombreux militants et sympathisants du candidat qui avaient empli l’enceinte de «La Case».  Prenant la parole pour s’adresser à l’assistance, Chbih dans une déclaration interrompue par la forte émotion qui l’avait envahi, devait regretter le fait que «nous avons tous été absents de la Mauritanie » avant de lancer,  «ce soir, je vois la Mauritanie».

Auparavant, c’est Samba Thiam, président des FPC, qui avait fait un hommage appuyé à Chbih Cheikh Mélaïne qu’il avait rencontré en France dans les années 90. «Vous avez  en la personne de Chbih Cheikh Mélaïnie, un homme de principe, qui m’avait dit lors de cette rencontre, comme vous avez eu le culot d’aller en prison pour avoir plaidé pour l’unité des Mauritaniens, j’aurais moi aussi le culot d’aller en prison» a-t-il cité. Et de poursuivre, «de retour en Mauritanie, Chbih a réuni la classe politique autour de la plateforme des FLAM, ce qui lui vaudra la foudre de Ould Taya, comme Sidi Ould Cheikh Abdallahi dont la démarche dans cette même cause d’unité des Mauritaniens, lui vaudra d’être destitué».

La direction  de campagne du candidat Kane Hamidou Baba au grand complet était présente lors de cette soirée, en l’occurrence son directeur de campagne national, Thierno Barro, le Coordinateur de la section de Tevragh-Zeina, Sadio Tandia, le directeur de la campagne pour la zone Nouakchott-Est, Mamadou Tall, la responsable des femmes, Sawadatou Wane, ancienne député. Les responsables des partis de la coalition étaient également présents, à l’image de Samba Thiam, Diop Amadou Tijane du FRUD, Bâ Mamadou Bocar, vice-président de AJD/MR, Bâ Hamady Soma dit Balas Arc-en-ciel, ainsi que d’autres acteurs de la société civile.

Les discours se sont voulu tous rassembleurs pour une Mauritanie égalitaire en droit et en dignité.

Cheikh Aïdara


Birame Dah Abeid appelle à une campagne électorale solidaire entre les opposants

«Mes amis, Samba Thiam, Ibrahima Moctar Sarr, Kane Hamidou Baba, ma victoire est votre victoire, mon énergie et mon apport sont pour moi et pour vous», a déclaré Birame Dah Abeid, député et candidat à la présidentielle de 2019. Dans cet appel où il a associé également les autres candidats, Sidi Mohamed Ould Boubacar et Mohamed Ould Maouloud, mais aussi les partis Tawassoul, Hatem, Mostaqbal, Ould Abeidi a tenu un discours rassembleur où il a invité les forces de l’opposition à éviter toute dislocation qui ne pourrait profiter qu’au candidat du pouvoir. C’était en marge de la cérémonie de présentation du livre «Message de Birame Dah Abeid à son peuple : ma vie, ta liberté», organisée lundi 20 mai 2019 à Nouakchott.

Dans le discours qu’il a prononcé après la présentation de l’ouvrage par un panel composé de Abdessalam Ould Horma, président du parti Sawab qui soutient sa candidature, Oumar Ould Yali, ancien ministre, Cheikh Tijane Dia, journaliste directeur de publication «Le Rénovateur» et Saadani Ould Khtour, député à l’Assemblée Nationale, Birame Dah Abeid a rendu un hommage appuyé aux militants et sympathisants de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) qu’il préside.

«J’ai résisté parce qu’il y avait derrière moi des hommes et des femmes qui ont résisté avec moi, contre les emprisonnements abusifs, contre les tortures, la diabolisation et les exactions qui ont parsemé notre long combat» a-t-il déclaré en guise d’hommage à ces compagnons. Il a tenu à inviter tous ceux qui avaient quitté le mouvement IRA pour une raison ou une autre, à revenir pour relever les nombreux défis qui se posent encore. «Ma victoire contre le système et contre mes ennemis est aujourd’hui évidente. En acceptant de recevoir ma candidature à la Magistrature Suprême, le Conseil Constitutionnel, qui est la plus haute juridiction du pays, m’en donne la plus grande preuve » a-t-il souligné

Il a aussi rendu hommage à Me Fatimetou MBaye, à Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, à Amnesty International, au FIDH, à Freedom House, l’UNPO, le Haut-commissariat des Nations Unis pour les droits de l’Homme, à certains gouvernements du monde, qui l’ont toujours soutenu dan son combat.

Il a invité par la suite les Mauritaniens à prendre conscience du contexte de l’élection présidentielle de 2019 pour assurer la rupture définitive avec le passé en prenant conscience de la nécessité du changement.

Cheikh Aïdara