Traoré Awa

GRET: zoom sur le fourneau amélioré Fayda du projet FARIM2

« Fourneau Fayda, une production locale, une ferté nationale », tel est le slogan de ce projet FARIM 2 du Gret d’une durée de trois ans et qui vise à lutter contre : « la précarité énergétique et la déforestation par la diffusion et le développement d’une offre pérenne de fourneaux améliorés en milieu urbain en Mauritanie ». Ce fourneau est protégé pour une durée de 10 ans par l’Organisation Africaine de Propriété Intellectuelle(OAPI). Pour mieux connaitre ce foyer, nous nous sommes entretenus avec Salimata Ba chargée de marketing au projet Farim2 du Gret .

Awa Seydou : Parlez-nous de ce foyer amélioré du GRET

Salimata Ba : C’est un fourneau, une production locale « une fierté nationale » comme on dit c’est un produit fait en Mauritanie par des mauritaniens, nous avons  un atelier école  à Dar el beida, qui a été ouvert, fonctionnel et qui produit depuis le mois de juillet dernier de manière autonome. Ces fourneaux sont faits par des jeunes qui sortent du centre de formation de Caritas et centre de perfectionnement et formation professionnel, donc ce sont des jeunes qui sont soudeurs  à la base mais qui sont formés à la spécialité du fourneau fayda,  produit  pour répondre aussi à un besoin local.

Awa Seydou : Quels sont les atouts de ces fourneaux ?

Salimata Ba : Il est économique, il contient une chambre de production   qui  peut prendre maximum   600 Gramme de charbon, la manière dont il est conçu fait qu’il contribue à l’économie de charbon, il contient une porte à deux niveaux qui participe à l’économie de charbon également ;

Awa Seydou Traoré : Comment les citoyens ont accès à ce produit ?

Salimata Ba : La production est centralisée et garantie, on a un atelier qui produit, pour que la population ait accès, on travaille et appuyons des organisations, l’ONG n’a pas vocation à vendre mais à appuyer et créer une filière qui sera pérenne après ce projet, on travaille avec des coopératives, des mutuelles des groupements  pour accéder au tissu social. Chacun a accès à ces fourneaux en fonction de ces moyens à 6500 à 7000 UM à travers aussi le système des tontines des femmes,  à long terme, elles pourront acheter le fourneau ;

Awa Seydou Traoré : le coût n’est –il pas chèr pour le citoyen lambda ?

Salimata Ba : Cela peut être cher ou non, ça dépend, de ce qu’on peut utiliser, selon nos études,   on s’est rendu compte que 25% des populations de Nouakchott, utilisent quotidiennement du charbon de bois, on a fait le calcul, chaque famille qui utilise jusqu’à 2,5 kg de charbon par jour, avec ce fourneau économique, jusqu’a 45 % de charbon,  on voit qu’il est économique,  cela encourage,  une femme donc à acheter cet outil. A travers cette utilisation, une utilisatrice peut économiser 8000 um par mois. Quand on pense à cette économie, l’investissement vaut le coût.

Awa Seydou Traoré : Il va falloir miser sur la sensibilisation d’où votre présence au marché hebdomadaire de Zeinart ?

Salimata Ba : C’est une sensibilisation carrément à plusieurs niveaux, on veut que ce fourneau soit accessible à tous pour lutter contre la précarité énergétique car se sont des familles démunis qui utilisent le fourneau, on veut que les gens parlent de ce produit.

Awa Seydou Traoré :   Quel appel lancez –vous au profit des populations ?

Salimata Ba : C’est un produit mauritanien, il nous appartient, il est important de s’approprier ce produit qui se nomme Fayda, il faut en parler à tous les niveaux pour le faire connaitre pour que tout le monde ait accès à ce fourneau.

Source Awa Seydou Blog Reines d’Afrique


Patrick Elis : un accompagnateur des jeunes en Mauritanie

A Nouakchott, rares sont les associations de jeunes n’ayant pas travaillé avec Patrick. Je le surnomme notre Patrick car il est à l’écoute de tout demandeur, de ces nombreuses associations de jeunes dont il est le coach, le guide, le conseiller, le perfectionniste, bref l’homme de l’ombre. L’assistance de cet homme  à la main magique a permis à nombre de leaders de jeunes de se frayer un chemin dans la société civile mauritanienne. Rencontre avec ce congolais pour qui l’entrepreneuriat est une alternative aux chômage des jeunes.  On y apprend aussi comment Patrick arrive à répondre à ces multiples sollicitations sans téléphone portable, et pourquoi:


Panel Blog Reines d’Afrique : « Femme & volontariat, un parcours d’action »

Le blog reines d’Afrique via www.awaseydou.mondoblog.org de la plate forme www.mondoblog.org de RFI organisera  le 23 décembre prochain à 17h à l’espace Diadié Camara à Nouakchott, son panel dédié cette année à l’apport du volontariat des femmes.

Une occasion de découvrir des parcours de femmes engagées, à œuvrer pour la citoyenneté à travers,  l’engagement, le volontariat au quotidien. Des figures féminines évoluant dans le domaine de la santé, des médias, social, témoigneront des atouts et contraintes de leur métier, une façon de faire découvrir ce parcours aux plus jeunes qui seront invités à cette rencontre.

Un débat d’échange animé par Ali Mhaimid, placé sous la modération de Patrick Elis. Ainsi comme panélistes, Il y aura : Fatma ELKORY OUMRANE,  promotrice du site www.maurifemme.org et co- présidente du réseau Genre en Action,  Thilo Ly (Directrice du groupe scolaire Diamly), Djeinaba Touré présidente de Je m’engage), Salma Ely Lajrab , Présidente ONG  BELVIOFIC ( Bien Etre de l’enfant, Lutte contre la violence faite à la jeunesse et à l’immigration ) par ailleurs membre de l’Espace Femme à Vision Croisée, et Tabara Gaye ,Coordinatrice Régionale Sports du Groupe CONFEJES pour la participation des femmes aux activités de jeunesse et des sports (GTCF), par ailleurs, 1er femme prof d’ESP de la Mauritanie.

Ce panel qui se veut, un moment  d’écoute, de partage, d’information  des atouts du leadership féminin mauritanien sera marqué par une projection des moments forts de la 1er édition de cette initiative dénommée : Panel Femmes d’exception dont les invités étaient : Aissata Kane(1e Femme ministre de la Mauritanie) ; Maimouna Saleck (Directrice Biodiversité), Dr Néné Kane (Spécialistes Entrepreneuriat Féminin), Tabara Mbodj (Présidente AISER), Mariem Derwich(Poète), Oumou Kane(Présidente AMAM).

Ce panel, sera marqué par une projection un témoignage vidéo de femmes leaders dont celui de Fatouma Harber, blogueuse, activiste malienne, Co-fondatrice de Sankorélabs.

Source : Awa Seydou Traoré


Entretien : Tabara Gaye, première prof d’EPS mauritanienne

Passionnée, Tabara Gaye peut passer des heures à vous parler de son parcours dédié à l’amour du sport au féminin. Rencontre avec cette femme d’exception pour qui le sport est un fortifiant de santé. Elle est la première femme prof d’EPS (Education Physique et Sportive) de la république Islamique de Mauritanie. Nous l’avons rencontrée lors d’une réunion de l’Espace Femme mauritaniennes, à Vision Croisées, dont elle est membre. Entretien vidéo avec un symbole du sport féminin mauritanien, pour parler des difficultés d’un métier en quête de renommée :


Concours International de plaidoiries pour les droits de l’Homme de Mauritanie (Cinquième édition)

L’Ordre National des Avocats de Mauritanie et l’Institut international des droits de l’Homme et de la paix – sous le haut patronage du Ministère de la Justice et avec le soutien de l’Ambassade de France en Mauritanie, de l’Union Européenne, de l’Agence Française de Développement de Justice Coopération Internationale, du Conseil National des Barreaux et de la Banque Islamique de Mauritanie. – ont organisé la cinquième édition du Concours international de plaidoiries pour les droits de l’Homme le mercredi 6 décembre 2017 à Nouakchott.


Au cours de la cérémonie d’ouverture SEM. L’ambassadeur de France à Nouakchott Joël MEYER avait prononcé le discours d’ouverture que vous trouverez-dessous

Le résultat du concours est le suivant :

1) Julien Martin avec « Une peine éternelle » – France.
2) Mog Nan Kembetia de avec « La peine de mort et la lutte contre le terrorisme : le cas de Boko Haram au Tchad » – Tchad.
3) Garandi Lega Ibrahim avec « le droit à l’objection de conscience »- Tchad.

Ce sont au total huit défenseurs des droits de l’Homme qui ont plaidé le mercredi 6 décembre 2017 au Palais de Justice de Nouakchott.
Les intitulés des 8 plaidoiries sont dans le dossier de presse.

Discours d’ouverture de l’ambassadeur de France M. Joël MEYER :

(PDF – 138.4 ko)

DP_CIPMauritanie2017 :

(PDF – 3.3 Mo)
Source Ambassade de France Mauritanie


COP23 : La Mauritanie membre du Comité de Conformité Afrique

La Mauritanie comme tant d’autres pays du Sahel et de l’Afrique subit de plein fouet les changements climatiques. Lors de la 21e conférence à Paris, 195 pays ont aboutis à un accord sur la réduction du gaz effet de serre, afin de maintenir le réchauffement global à moins de 2° d’ici 2100. Les pays ont présentés leur plan d’action pour vulgariser la stratégie d’adaptation face aux changements climatiques et mieux encore contribuer à l’atténuation du réchauffement climatique avec comme ambition numéro UN, réduire la production du gaz à effet de serre.

Crédit photo H.K

Même si les pays africains ne sont pas reconnus comme les plus grands pollueurs dans le monde, cela n’a pas failli à l’engagement de chaque Etat, de présenter sa contribution pour réduire sa production de GES. A nos jours, la Mauritanie réitère son ambition de réduire les GES à hauteur de 22,30 % d’ici 2030, pour atténuer les risques des réchauffements climatiques. Cependant, le souhait de toutes les parties prenantes est que cet accord de réduction soit contraignant pour tous, afin que nul ne ternisse son engagement.

Lors de la COP23 à BONN en Allemagne, la Mauritanie a été désignée membre du Comité de Conformité Afrique qui se chargera de renforcer l’intégrité environnementale et soutenir la crédibilité et la transparence dans la réduction des gaz à effet de serre. La représentation Mauritanienne sera assurée par Monsieur Bâ Moussa Abdoulaye Conseiller juridique du Ministre de l’Environnement et du Développement Durable.

Ce comité se chargera de déterminer le respect des engagements pris par les parties dans leurs objectifs d’émissions, leurs exigences méthodologiques, et de déclarations pour les inventaires de gaz à effet de serre et toutes les conditions d’éligibilités. Ce comité sera dans une dynamique de facilitateur mais aussi de conseiller pour que chaque pays puisse respecter son engagement et promouvoir l’atténuation face aux risques des changements climatiques.

A la question du rôle et de l’apport de la Mauritanie dans ce comité, Bâ Moussa Abdoulaye répond : il faut préciser qu’il s’agit là d’un poste pour l’Afrique. C’est donc une représentation régionale et africaine. Tout au moins, on peut considérer que ce poste occupé par un mauritanien devrait amener vers plus d’exigences quant au respect des engagements de réduction de gaz à effets de serre. La Mauritanie étant l’un des pays les plus éprouvés par ce phénomène.

Cette instance fait partie des systèmes de conformités les plus complets et rigoureux pour un accord environnemental multilatérale.

Par Houleye Kane depuis Bonn (Allemagne)

 


Mauritanie : formation de journalistes à la production de contenus vidéo via smarphone

Voici l’illustration d’une initiative de la plateforme Slipe Up. Cette opération est une grande première, elle est à l’origine de la formation d’une dizaine de journalistes à l’utilisation de la vidéo : technique de production, de montage et de diffusion de contenus via le téléphone mobile. Elle a eu lieu début novembre (6-12 nov) et elle est soutenue par l’Ambassade de France en Mauritanie.

A cette occasion, j’ai pu réaliser deux courts reportages que je vous présente ici :
– Un premier reportage sur le défilé de mode de Médina Ibrahima Ndiaye, création événementielle qui s’est tenue le 10 novembre dernier à la galerie Sinaa à Nouakchott.
– Une deuxième vidéo qui est une ambiance de rue sur la vente d’eau, dans la commune de Basra.

 

 

 

 


FAJR 2017: promotion l’expression des jeunes, appels à projet

Appel à propositions d’initiatives

Dans le cadre de son fonds d’appui FAJR,  le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France lance un appel à propositions d’initiatives auprès de la société civile mauritanienne.

crédit photo

FAJR vise à promouvoir les dynamiques collectives en faveur de la participation et de l’expression de la jeunesse mauritanienne.

Pour soumettre une proposition d’initiative, merci de télécharger le dossier complet de l’appel à propositions FAJR, d’en prendre bien connaissance et de suivre les indications détaillées dans les Lignes directrices : https://www.ambafrance-mr.org/

Les dossiers peuvent être soumis en langue française ou en langue arabe. La date limite de dépôt des propositions est le jeudi 14 décembre 2017 à 12h00 à l’Ambassade de France.

Contact : +222.45.29.96.14

fajr.mauritanie@gmail.com

 

دعوة لتقديم عروض ومبادرات

في إطار برنامج الدعم (فجر)، قررت مصلحة التعاون والعمل الثقافي بالسفارة الفرنسية استقبال المبادرات والعروض الصادرة عن المجتمع المدني الموريتاني.

يهدف برنامج (فجر) إلي تطوير ديناميكية جماعية لصالح المشاركة والتعبير لدي الشباب الموريتاني.

ولتقديم مقترحات وعروض في المجال الرجاء تنزيل الملف الكامل المتعلق بتقديم المبادرات لبرنامج (فجر) بغية الاطلاع عن كثب علي المعلومات والإشارات المفصلة في الخطوط العريضة.

https://www.ambafrance-mr.org/

يمكن تقديم العروض باللغة الفرنسية أو باللغة العربية. وآخر موعد لتقديم العروض 14 ديسمبر 2017 عند الساعة 12 ظهرا كآخر أجل.

لاتصال : +222.45.29.96.14

fajr.mauritanie@gmail.com

 


Foot féminin : « POURQUOI PAS NOUS ? »

Ce film de Medina Ibrahima Ndiaye, est une plongée dans l’univers du sport féminin à travers le regard de Fatou 24 ans, une amoureuse du ballon rond en république islamique de Mauritanie. Pour cette footballeuse d’une dizaine d’années d’expérience, le départ fut « très difficile » à cause notamment du manque de reconnaissance de cette discipline sportive de phase de structuration aujourd’hui. Découvrons le parcours , de ce talent du foot féminin,fille d’un ancien arbitre international.


Migrantes en Mauritanie : Femmes venues d’ailleurs, sentiments d’ici

C’est avec un réel plaisir que je partage cet article encore dédié au dynamisme des femmes , primé dans la catégorie Presse Ecrite le 3 mai dernier lors de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse. Une initiative du Club des Jeunes Journalistes(CJJ) en Mauritanie, saluant la mémoire de Feu Cheikh Oumar Ndiaye, 1er président et membre fondateur de ce club créée en 2013.

Migrer pour un lendemain meilleur, rejoindre un mari. Voilà des raisons qui amènent parfois des femmes d’Afrique de l’ouest à vivre loin de leur terre natale. Un séjour fait de hauts et de bas. Maimouna, Awa et Nouha, Mauritaniennes de cœur, racontent leur quotidien dans ce pays.

crédit photo

« Mai » pour ses intimes, de son vrai nom Maimouna Diédhiou, elle est Sénégalaise. Originaire de Casamance, elle a quitté cette ville du Sénégal il y a une dizaine d’année pour gagner sa vie en Mauritanie « le pays au million de poètes ». Cette Mauritanie d’où partent les subsides avec lesquels elle subvient aux besoins de son fils devenu footballeur professionnel dans son pays.

Mai a commencé par travailler comme domestique. Depuis 2004 cependant, elle est cuisinière au restaurant du Centre Culturel Français (CCF), devenu Institut français de Mauritanie (IFM). Sur ses tables passent toutes les cuisines africaines, avec cet art consommé que lui a transmis sa mère. Mai en témoigne en toute fierté, vibrant constamment au rythme de la musique de son terroir qui sert de fond sonore à cet entretien.

Son départ du Sénégal ne fut pas facile à accepter pour ses parents. Mais c’était sans compter avec sa détermination. « Il me fallait partir pour me battre ». Une façon aussi de faire des « économies » tout en se prenant en charge. « Aujourd’hui je fais ce que je peux pour la famille, dans la mesure du possible », confie-t-elle. Avant tout passe la scolarité de son fils, aujourd’hui à l’Université et joueur professionnel.

Mai mène « une vie simple » et juge son salaire « acceptable ». Le montant elle préfère ne pas le dévoiler, mais assure qu’il s’agit d’un revenu qui lui permet de se « débrouiller ». Partagée entre son pays natal et le pays qui l’accueille, elle déclare vouloir « parfois quitter la Mauritanie », mais les liens qui le retiennent résistent à cette envie. « Je suis attachée à ce lieu », confesse-t-elle. Autour d’elle des amitiés se sont tissées. Avec le personnel de l’IFM surtout.

Tout n’est cependant pas rose en Mauritanie. Ses déplacements à Nouakchott, Mai les a « réduits » face aux menaces de rafle et d’expulsion pour les non détenteurs de carte de séjour. L’accès à ce document relève d’un parcours du combattant pour de nombreux migrants. Pour contourner ces difficultés, Mai se rend à la frontière avec le Sénégal, à Rosso, pour trouver une « carte devise » renouvelable tous les trois mois. De quoi vivre tranquillement en République Islamique de Mauritanie. En attendant le prochain renouvellement.

Awa Métro, le savoir faire culinaire malien à Nouakchott

Ses clients lui ont donné, le nom du restaurant de son mari dont elle est la co-gérante. « Awa Métro » s’appelle en fait Awa Camara. Elle vit en Mauritanie depuis 2003, année où elle est venue rejoindre son mari. Son labeur quotidien a commencé par la vente de jus locaux, avant que la restauration ne finisse par le happer en 2007. Des spécialités maliennes aux autres plats africains vendus à 300 ouguiyas mauritaniens (Um), elle a fini de faire sa publicité dans le landerneau de Nouakchott. Son restaurant situé au Quartier 5e est opérationnel de jour comme de nuit. Elle anticipe même pour déclarer « qu’à l’avenir il n y aura plus de place pour le repos ».

Ce restaurant où ses clients se bousculent est « une fenêtre sur le Mali. On se sent au Mali en étant au Métro et on y côtoie différentes nationalités », souligne Awa. Quand elle quitte les fourneaux, c’est pour s’investir dans la vie des mouvements de femmes maliennes (tontine, baptêmes, mariages etc.). Au fil du temps, ses parents qui résident au Mali ont pu s’épanouir grâce aux subsides qu’elle leur envoie de ce « savoir-faire » qui est une forme d’autonomisation. « On y gagne des fois, mais ça ne marche pas tout le temps du fait qu’il y a beaucoup de restaurants. C’est notre métier. On ne peut pas le laisser tomber », confie-t-elle.. Quand les clients désertent son restaurant, c’est pour défaut de carte de séjour. Il leur faut se cacher en attendant d’en trouver. Pour elle aussi il est difficile d’en trouver. Notamment pour ses enfants qui ont des « scolarités compliquées une fois arrivés au brevet », car « le manque de connaissance de la langue (arabe) constitue un problème ».

Nouha Traoré, Une passion pour la teinture
Nouha fut coiffeuse, mais cette vie de salon appartient désormais au passé. Depuis vingt ans qu’elle a investi la teinture, elle a pu se faire un « trou » à Aïoun El Atrouss, une ville du sud de la Mauritanie, dans la région Hodh El Gharbi. Les rudiments lui viennent d’une famille mauritanienne qui l’a initiée à la technique, aujourd’hui elle en a fait un art. Spécialisée dans la couleur unique, elle ramasse entre 1500 et 3000 Um par habit. Avec la couleur multiple, ses tarifs peuvent monter à 4 000 Um et plus. « La teinture est plus rentable que beaucoup de boulots », mais elle ne manque pas de « contraintes », note-t-elle. Les intrants tels que les teintures peuvent devenir rares sur le marché. Il arrive aussi que les clients ne passent qu’à compte-gouttes. Sans compter l’inconfort causé par l’utilisation de produits chimiques dans le processus de teinture. Le plus difficile, cependant, c’est quand on perd les habits déposés par les clients et qu’il faille les rembourser.

Mais tout cela n’est pas pour lui gâcher sa vie en Mauritanie. Mariée à un mauritanien, mère de huit enfants, Nouha se rend chaque année au Mali. Loin de Nouakchott, à Aïoun El Atrouss, la vie s’écoule ici tranquillement. « Avec des hauts et des bas, mais on sent moins la pression de la carte de séjour ».

Accompagner le migrant

Pour l’Association mauritanienne des Droits de l’homme (AMDH) qui travaille dans l’accompagnement et le suivi judiciaire des migrants, cette question de « la carte » demeure un défi. Par ailleurs membre de Loujna-Tounkaranké, un collectif pour la défense des droits des migrantes au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, sa présidente, Me Fatimata Mbaye, récente lauréate du prix Goralska, juge « difficile la situation des migrants en Mauritanie où on assiste à un blocage lié au renouvellement du titre de séjour. Les migrants et migrantes sont confrontés parfois à des violations de droit, mais aussi à des violences de la part de leurs employeurs, leurs salaires ne sont pas parfois payés, ils n’ont pas toujours droit au congé et n’osent rien réclamer de peur d’être virés. Quand ils sont dans la rue, c’est avec la peur de finir dans des « bus séjour » ou des « bus horaires », avec les rafles de la police », assure Me Mbaye.

L’encadrement des migrants en Mauritanie est une tâche qui mobilise ainsi l’AMDH avec la nécessité d’une veille constante. Chaque mois, à son siège de Nouakchott, une réunion du Comité de concertation et de communication se tient avec les communautés « tounkaranké » (migrants). Celles-ci exposent leurs difficultés, bénéficient d’un accompagnement au niveau du Centre d’écoute et profitent d’une assistance judiciaire. Tout cela se prolonge à travers Migrant Scène, un espace où cette communauté trouve l’occasion de faire connaitre les conditions de vie des migrants et de mettre en valeur, par exemple, les parcours et savoir faire des migrantes comme Maimouna Diédhiou, Awa Camara et Nouha Traoré.

La situation des migrants s’avère difficile en Mauritanie, mais la mobilisation qui se développe autour de cette question demeure importante. Notamment avec le Forum des organisations nationales de Droits Humains (FONADH) qui regroupe dix-neuf associations (dont l’AMDH) et mène des actions de « plaidoyer pour attirer l’attention des autorités sur la situation de ces personnes ». Si le secrétaire exécutif de cette organisation, Mamadou Sarr dépeint la Mauritanie comme « un pays d’accueil et de transit », il témoigne aussi qu’il s’agit d’un pays où « les migrants sont vulnérables » mais « essentiels au développement du pays ». Ce sont eux qui acceptent de faire « les travaux que les Mauritaniens n’acceptent pas de faire ». Il faut donc leur « réserver un accueil leur permettant d’évoluer » plus librement.

Enquête de Awa Seydou Traoré

Rimweb

En collaboration avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest(IPAO)


Mauritanie: des femmes présentent le journal en rappant

C’est la première fois que la présentation de cette édition d’information, lancée il y a près de deux ans, est confiée aux dames. Le journal est toujours présenté en rappant.  Depuis Nouakchott, je vous invite à débuter cette semaine avec un plateau d’information en plusieurs langues.

crédit photo :  Journal Chi Taari rappé

J’ai eu un coup de cœur, en suivant ce journal à la sauce rappée, où des mauritaniennes prennent le micro pour nous raconter leur actualité, l’actualité de ce pays où la chaleur s’installe peu à peu, sans doute à cause du réchauffement climatique. Un numéro spécial  du journal rappé qui célèbre à sa façon le 8 mars 2017, journée de la femme.

Un autre talent de mes collègues dames qui se fait découvrir à travers un concept repris en Mauritanie par Liman Kane alias Monza, un des tenors du rap national. Voilà le menu de cette édition présentée dans une ambiance rappée, avec humour, classe, à voir ici donc ce spécial JT consacré en bref à entrepreneuriat et foot féminin:

 


Mauritanie: des cours pour lutter contre les violences faites aux femmes

En République Islamique de Mauritanie, des cours d’auto-défense sont désormais proposés par l’application ProjetTaxisecure aux femmes pour se prémunir des violences.

Des séances de self défense. Crédit photo : Projet Taxisecure Self Défense.

Pour lutter contre les violences faites aux Mauritaniennes, les initiateurs du projet Taxisecure au départ une application mobile, un des lauréat de la 1ère édition de Mauri app Challenge initié par l’Association Hadina Rim TIC, ont mis en place cette initiative dénommé Taxisecure Self Défense en Mauritanie.

Ce sont des cours d’initiation à des techniques d’art martiaux pour se protéger devant d’éventuelles menaces. Certaines jeunes filles y prennent goût, et suivent des séances de formations gratuites, depuis sept mois, dans le but de devenir de futures formatrices. Cette idée fait son chemin.

Sall Harouna Ibrahima du haut de ses 26 ans d’expérience en tant que prof d’arts martiaux mise sur ces talents, afin de montrer que l’auto-défense est aussi un sport féminin dans une république islamique comme la Mauritanie.

Dioully Diallo Oumar du projet Taxisecure Self Défense, espère une forte adhésion des parents des bénéficiaires de cette action au nom du droit à l’autodéfense.Un outil aussi de promotion du sport féminin.

Ce projet sera t-il un outil redoutable de protection des jeunes filles et des femmes en général en Mauritanie? Un souhait important, promesse de reines d’Afrique.


Mauritanie: Mariage, les castes ont la peau dure

Voilà le titre d’un reportage vidéo réalisé par la consœur Halima Diagana sur les problèmes de mariage entre caste en Mauritanie.Un reportage réalisé dans le cadre d’une série de formation des journalistes sur les droits humains en Mauritanie, initiée en 2006 par la GIZ. Une production qui livre des témoignages exprimant souvent la complexité du mariage entre deux amoureux de caste différents, pour qui pourtant, l’amour n’a pas de frontière, ni couleur et odeur.

La photographe Medina y raconte son idylle . Alors qu’elle rêvait de se marier avec son homme, elle a été conseillée par sa grande sœur qui lui fait savoir qu’avant de se marier avec un homme, « il faut savoir s’il est noble ou non ». Un conseil qui la touchant et l’agaçant à la fois selon sa confidence. Par peur de confrontation, elle renonça à son amour, pour ne pas « perdre » sa famille. La journaliste Zeynebou y relate, la bataille d’une de ses proches pour l’homme qu’elle aime, après de nombreux difficultés, la famille accepta cette union. Salimata Sy de l’Association des Femmes Chefs de Famille(AFCF) fait savoir que le problème de mariage entre caste en Mauritanie est « un phénomène de société qui affecte profondément nos populations ».

Face au poids de la tradition, souvent, certains renoncent à cet amour si rêvé au profit de l’entente familiale. Je vous invite à suivre ce reportage qui donne des frissons tellement les témoignages sont poignants.

 


Mauritanie : « Selfie mbalite » une initiative contre l’insalubrité

Voici, un concept qui fait le buzz actuellement sur le réseau Facebook mauritanien. Une semaine après son lancement sur la toile, le mouvement « Selfie mbalite » enregistre près de 400 like.

crédit photo « Selfie mbalite »

Selon ses initiatrices, Médina Ibrahima Ndiaye, créatrice de mode, photographe et Aminétou Mint Bilal, géologue, sont les conceptrices de cette initiative qui se veut une contribution citoyenne à l’assainissement de la ville de Nouakchott, en attendant que l’action se décentralise un jour.

Crédit photo « Selfie mbalite »

Dans un 1er temps, c’est un engagement, une alerte virtuelle qui consiste à travers le hashtag « Selfie mbalite » à montrer des dépôts d’ordures via son selfie, et à faire aussi une géo localisation des ordures pour faciliter « la tâche » à la CUN (Communauté Urbaine de Nouakchott) chargée du ramassage de ces déchets.

Ce mouvement qui se mobilise volontairement selon ses dires pour apporter sa touche à l’édifice entend aussi contribuer à l’éducation environnementale dans les écoles.

L’équipe de « Selfie mbalite »  descendra sur le terrain, à travers une journée de nettoyage ce 11 février. Ce mouvement aura-t-il un effet durable sur nos habitudes ?

A vos selfies !


Mauritanie : une bataille contre le cancer

Le cancer, un des maux des mauritaniennes est au cœur de l’actualité de ces derniers jours. Le monde a célébré la journée de lutte contre cette maladie le 4 février dernier. En Mauritanie, malgré le manque d’étude sur cette maladie, des voix se font entendre pour sortir de l’ombre cette maladie qui trouble le sommeil de beaucoup de femmes.

crédit photo via google

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) : « Le cancer qui constitue la deuxième cause de décès dans le monde a fait 8,8 millions de morts en 2015« . Une raison de plus pour inciter à la prévention par le dépistage précoce , cheval de bataille de l’Association Mieux Vivre avec le Cancer Gynécologique (l’AMVCG) sous la houlette de Aissa Fall depuis 2007.

Avec les moyens du bord, l’AMVCG a pu célébrér cette journée mondiale ce 7 février en tenant une conférence thématique en allant à la rencontre des étudiants de l’école de santé pour débattre du dépistage précoce du cancer. Ces échanges pourront t-ils freiner  « l’évolution » du cancre comme le souhaite de tous ses vœux, la patronne de l’AMVCG?


Mauritanie : Associations de migrants Entre défense de migrants et défis de reconnaissance

Entre le devoir d’association, la défense des droits des migrants et la nécessité d’une reconnaissance légale, le chemin des associations de migrants en Mauritanie reste semé d’embuches. Les secours aux membres sont difficiles du fait des  difficultés de survie financières, car au «pays d’un million de poètes», ces ressources sont aussi rares que l’eau dans le désert. Dans ces conditions, un leitmotiv traverse toutes les associations : «l’union fait la force».  Mais depuis des années les tentatives de regroupement qui sont menées se heurtent aux défis de la reconnaissance juridique par les autorités.

crédit photo https://amelochevoyage.com

En 2010, les toukaranké (migrants en bambara) se sont mis ensemble pour faire naitre la Fédération des associations de migrants de l’Afrique de l’Ouest (FAMAM) en Mauritanie. Les membres étaient ressortissants des 15 pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ils s’étaient retrouvés avec pour objectif de faire entendre les voix des communautés migrantes de cette région et leur première action a été des plus symboliques. Ce fut d’organiser un don de sang, comme pour mêler leur liquide vital à celle de la population d’accueil. Depuis lors, tout s’est arrêté. La FAMAM s’est engagée dans un processus de reconnaissance administrative,  mais ses responsables n’ont pas pu dépasser l’étape de « l’enquête de moralité qui n’a jamais eu lieu. On ignore jusqu’ici pourquoi», explique Ibou Badiane. En tant que secrétaire général de cette fédération, il est installé en Mauritanie depuis plus de 20 ans,  où il s’est intégré, il peine à trouver les raisons de ce blocage.

L’objectif de la FAMAM n’a cependant rien de subversif. Il s’agit simplement de sensibiliser les migrants sur les conditions de vie de séjour en Mauritanie et défendre leurs droits « sur la base des bonnes relations avec nos pays». Depuis six ans cette procédure peine à aboutir et la Fédération se meurt à petit feu faute d’activité. Peut-être la démarche a pu susciter des inquiétudes, dans la mesure où « on avait à défendre certains droits », explique une source proche de l’organisation. Car la situation des migrants n’est pas toujours idyllique ici.

La FAMAM n’étant pas reconnue et ne pouvant pas agir ouvertement, les abus de droit et leurs conséquences s’accumulent au fil des ans. Un des moments difficiles reste sans doute celui des rafles, que certains migrants qualifiaient de « périodes dramatiques». Au bout de six ans d’attente d’une régularisation qui tarde à se faire jour, l’absence de concertation a entrainé un découragement au sein des membres. Premier vice-président de la FAMAM, Dr Cheikh Tidiane Thiongane estime que l’idée de la création de cette fédération «était une bonne idée. Il fallait se réunir, car les Ouest Africains étaient les plus fatigués parmi les immigrés. On a donc eu un bon départ». Chaque communauté était représentée dans cette instance qui fut la première du genre en Mauritanie. Son action devait englober la promotion des droits des migrants, l’assistance dans les contentieux juridiques, mais surtout une sensibilisation destinée à faciliter leur insertion.

Un docteur d’Etat établi à Nouakchott, qui fut membre de l’Association des ressortissants sénégalais en Mauritanie (ARSM), la première associations du genre dans ce pays, note que le travail à réaliser à l’époque était important. «Il fallait autant lutter contre l’analphabétisme des migrants que contre le manque de représentativité et de crédibilité des présidents d’association». La FAMAM s’était donc organisée «pour avoir un leadership fort et éviter les influences politiques. La Fédération devait aussi se prendre en charge financièrement, en mettant en place des activités génératrices de revenus et éviter la dépendance de la main tendue à nos ambassades».

Mais la FAMAM n’a pu faire toutes ses preuves et peine à rester crédible. Ressortissant malien, laveur de voiture, Oumar trouve que «ces associations ne peuvent résoudre aucun problème, pas plus que l’ambassade. Elles ne sont pas solides. Elles doivent faire respecter les conventions liant nos pays à la Mauritanie, mais avec elles aucun de nos problèmes n’est résolu. Il faut apprendre à se défendre soi-même en cas de soucis. Le principal problème qu’on rencontre tient à l’obtention de la carte de séjour ou à l’appui pour le retour des ressortissants n’ayant pas de moyens ou qui sont malades. Deux problèmes qui sont là, entiers».

Restée longtemps en léthargie,  la FAMAM se meurt. Les réunions se sont arrêtées, ouvrant la porte à la traversée du désert. «Pourtant elle aurait bien pu travailler avec les autorités mauritaniennes pour l’allègement des conditions d’obtention du titre de séjour. Elle aurait pu aussi palier aux problèmes internes des associations ayant souvent des leaders contestés pour manque de confiance», note Ibou Badiane. Pour que le vide ne s’installe pas trop autour des migrants, les laissant sans organisation, l’Association Mauritanienne de défense des Droits de l’homme a créé un Comité de concertation et de communication à travers lequel ils discutent dans des réunions mensuelles. «C’est un créneau à exploiter», témoigne Ibou Badiane. Car, face aux entraves à « la libre circulation des personnes et des biens, quel que soit leur statut, il y a un besoin important de suivi, de plaidoyers et d’assistance juridique ».

La FAGSEM au secours des sénégalais

Faute d’avoir ce regroupement régional à travers la FAMAM, les communautés ne sont pas restées inactives. Des tentatives émergent çà et là. La  Fédération des associations et regroupements des Sénégalais (FAGSEM) existe ainsi depuis février 2014. A sa tête, Assane Guèye. Une des priorités de son organisation est de faire face aux «nombreux problèmes sociaux » qui assaillent la communauté sénégalaise. Les ressources financières proviennent des frais d’adhésion (5000um), des cotisations mensuelles (2000um) et du soutien de bonnes volontés à travers la vente de carte de solidarité, ce qui permet de panser bien des «plaies». «L’ambassade du Sénégal est maintenant  plus à l’écoute», avec des avancées liées à la gratuité de la déclaration de naissance, note la vice-présidente de la FAGSEM chargée de la condition féminine, Yacine Dibo, mais pour le vice président Souleymane Ndiaye il faut rester en veille constante car les urgences se manifestent tout le temps. La dernière en date est relative à l’obtention de la carte d’identité biométrique de la CEDEAO. Elle fait office de carte électeur et permet la circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire.

Malgré tout, pour M. Ndiaye, Sénégalais vivant en Mauritanie depuis 1996, il reste toujours nécessaire « d’amener toutes les associations à se fédérer ». Actuellement, les énergies sont déployées vers la mise en place d’une Fédération des associations des communautés étrangères en Mauritanie. Un comité provisoire existe, sous la direction Soma Coulibaly, un Ivoirien. « On veut d’abord avoir le récépissé, ensuite tenir nos activités, confie-t-il. Ce sera une instance suprême de toutes les associations des communautés étrangères reconnues ». «Aventurier», comme il se définit, depuis sept ans, ex-président de l’Association de la communauté des ivoiriens en Mauritanie reconnue en 2009, il lui parait important de « s’unir pour parler d’une seule voie et plaider en faveur de  la grosse priorité qu’est l’allégement de l’obtention de la carte de séjour».

 Professeur de métier, M. Coulibaly a été à la tête de la communauté ivoirienne durant six ans. Sa mission qui était de « mettre en place une communauté des Ivoiriens et faire en sorte qu’elle soit une des plus vues et des plus actives » lui sert de repère dans ses nouvelles fonctions. A la tête de la communauté ivoirienne, il avait pu faire venir l’humoriste Michel Gohou et a contribué à la tenue du tournoi de football de l’intégration, dont la 4e édition s’est déroulée en août 2016 en collaboration avec l’Association Multiculturelle pour un Avenir Meilleur(AMAM).

Les Mauritaniens ne sont pas en dehors de toutes ces tentatives de regroupement, notamment L’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) qui, selon son secrétaire général Amadou Mbow, intervient notamment à travers  « Migrant en scène », une rencontre d’écoute et d’échange sur les attentes de ces migrants dont l’AMDH fait « remonter les préoccupations auprès des autorités ». Il note cependant une nécessité de « restructuration » de ces associations que  « les querelles de leadership empêchent d’évoluer», notamment avec les crises internes qui surgissent. Pour lui,  «les priorités résident dans la bonne organisation, une vision claire et des principes bien définis. Il faut que les associations se mobilisent pour avoir une influence et interpeller d’avantage la société civile», ajoute-t-il. Car sur le front associatif, il y a des urgences qui ne peuvent attendre plus longtemps. Ils interpellent aussi bien les migrants que les Mauritaniens. Ainsi, «la reconnaissance des associations en Mauritanie qui est régie par la  Loi n°64.098 du 9 juin 1964 est obsolète et a besoin de toilettage. La Stratégie nationale de gestion de la migration  date de 2010 mais elle est mal vulgarisée », note-il. Sur tout cela, il y a du travail à faire.

Awa Seydou Traoré

en collaboration avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest

source rimweb.net


Gambie: Jammeh aurait t-il accepté l’annulation des résultats si Adama Barrow était perdant contestataire?

Je ne sais pas pourquoi, mais l’acceptation rapide des résultats de la présidentielle du 1 er décembre dernier, par le président sortant, perdant, puis contestataire de l’échéance électorale,  Y.Jammeh, avait suscité d’intense questionnement en moi. Allait t-il se retirer sans faire d’histoire après 22 ans de règne si dénoncé ? cherchait t-il une porte de sortie à travers la reconnaissance de la victoire de son adversaire ?

Après avoir félicité son challenger, Adama Barrow, business jusque là, Yahya Jammeh qui avait reconnu sa défaite au lendemain du scrutin, est revenu sur ses propos une semaine après, dénonçant des irrégularités et demande ainsi la reprise de la présidentielle. Il défrayait ainsi la chronique et les réactions vives de l’ONU  se font entendre etc… . Depuis lors, tous les regards sont tournés vers Banjul. Cédera t-il pour une fois à la pression internationale ? Pas si sûr, après le recours déposé mardi dernier par son parti auprès de la cour suprême inexistante depuis un an selon des observateurs.

Aujourd’hui, encore « le président fondateur » conteste le résultat des urnes. Mais imaginons un seul instant, qu’elle aurait été la réaction de Y. Jammeh si c’est lui qui avait gagné cette élection du 1er décembre à la place de  Adama Barrow, est ce qu’il aurait toléré que ce dernier demande ré-comptage voire l’annulation des résultats ?

Non à mon avis.

 

 


Zeinebou Taleb Moussa, présidente de l’AMSME, lauréate mauritanienne du prix « Femme de Courage 2017 »

Un prix pour saluer le combat de l’AMSME ( Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant ) contre les violences sexuelles depuis une dizaine d’années. Une association dirigée par Zeinebou Taleb Moussa, une sage femme de formation à la tête de cette structure dont l’Ambassade des Etats-Unis présente la candidature au prix international de Femme de Courage 2017.

A l’occasion de cette remise de prix au plan national le 8 décembre dernier à l’Ambassade Américaine de Nouakchott, Reines d’Afrique vous propose l’allocution de Zeinebou T.Moussa tenue  à cette occasion.